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Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 9 septembre 1899
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
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  • Nouveau samedi
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Le samedi, 1899-09, Collections de BAnQ.

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[" inn '\u2022*;,\u2022 »/.SVv jSlÇ Süg %s\\\\; \\W «sin* ÏÉïSi MB\u2014 : llfli mm Vol.XI.No 15 Montreal, 9 Septembre 1899 Journal Hebdomadaire Illustré de 32 Pages BEAUTÉ ESTAI, N O LE Prix du numéro, 5e 2 LE SAMEDI Sf^amsAju (Journal Hebdomadaire) PUIILICA TION LITTÉRAIRE, ARTISTIQUE ET SOCIALE OÏ23-ÉLITE ira FOTEH IOMESTIQVE R EDA CT EUR : LOUIS PE R RO N A-BONN-aMBUTT : TT 3NT -Ô.IT, #2.50 ; flTT MOIS, Sl.25 (Strictement payable d'avance) I*rijc clu NTnmeFO, S OexxtixxB Tarif d\u2019annonco \u2014 10c la ligne, mesure agate.POIRIER, BESSETTE k Cib, No 516 rue Craio, Montréal.\tÉditeurs-Propriétaires.MONTRÉAL, U SEPTEMBRE 1899 APTITUDES DIVERSES Tom (h chiai 'i(iutr.nr).Dis donc, Jerry.Voilà qui est curieux : ce ver peut se rendre tout à fait bossu.L\u2019AMOUR L'amour u\u2019est h ! à peu prî Si vous partiez, maintenant, à quell I >nd I tel, monsieur deux milles, cure seriez vous rendu RI Pt 1ST E Pomkin*.\u2014Comment si* fait-il que votre nez soit si rouge, l\u2019innl'ius.- Il brille avec orgueil, monsieur, cl c'est de ne fourré dans les allai res des autres.Tomkins ! s\u2019être jamais ELLE A ÉTÉ SATISFAITE (engageant nue narrante).Naturellement, je ne Madame aucun amoureux.La narrante.Je suis bien contente de savoir cela, madame mariée et à votre âge, il ne serait pas du tout convenable que vc dm s amoureux.permets Etant us aviez P PAS PRECISEMENT SON AMPdTlON Ainsi vous voulez être mon gendre, vous, dit le père du Ion féroce qu\u2019il pût prendre ! Monsieur, dit, sans s\u2019émouvoir, le jeune prétendant, ce n\u2019est pas parti culièremcnt cela que j\u2019ambitionne, mais je suppose pourtant bien que je le serai si j\u2019épouse votre fille.IL AURAIT DU EE VOIR Lui.Si j avilis su combien sarcastique vous étiez, jo no vous aurais jamais épousée, madame.Elle.\\ ous auriez pourtant pu le remarquer.Ne vous ai jo pas dit quand vous avez demandé' ma main : \u201c (\"est.si soudain \u2019\u2019 et il v avait deux ans que vous me faisiez la cour.CE QU\u2019TL CHERCHAIT UL.On dit que les personnes qui ont des qualités opposées font les plus heureux manages.Lai.( est pourquoi je cherche une femme qui ait quelque fortune.L\u2019ANIMAL OUBLIÉ /.institut.m.lu as nomme tous les animaux domestiques sauf un sold: celui qui liait le bain et qui se plaît dans la boue.Eh bien, Tom ?Lain (pitr iix.nu ut).C\u2019est moi.l\u2019oUlh.it ol LES ISRAÉLITES NE MANDENT PAS DE PORC I ne li gende llamumle assez pittoresque.Oiiand le Seigneur Jesus vint en Flandre, il rencontra une petite troupe de Juifs qui se mirent à rire et à railler en le voyant venir de loin.Attendes, dit lun d\u2019eux, nous allons bien voir ce que valent ses miracles et s\u2019il est vraiment sorcier.\u201c Alors un des leurs se cacha sous une tonne, et quand Jésus arriva, ils lui demandèrent : \u201c l'is nous ce qu'il y a là dedans ?,l \\ olontiors c\u2019est un cochon.'\u2022 La dessus N s Juifs rirent plus fort, pensant avoir attrapé Jésus : ils levèrent la tonne, mais ils n\u2019en crurent pas leurs yeux quand ils virent leur ami de tout a I heure, sous la forme d un porc, s\u2019échapper de la tonne aie des grognements furieux et courir se mêler à un troupeau de ces animaux qui passait sur la route.Lt ccst depuis n' temps-là que les Juifs ne mangent pas de viande de porc, dans la crainte de tuer et de manger un descendant de leur ami.SUJET AGRÉABLE Le /iliolu'/rafi/n Maintenant, monsieur, prenez l\u2019air le plus souriant que vous pourrez.Essuyez de penser à quelque chose de gai.Le et lent, lion \u2019 mais à quoi penser ! /.¦ /i/intm/ra/i/i- ( onsiderez, par exemple, que vous n\u2019allez me paver que sJ.par don.line, tandis que vous auriez payé- sl.au photographe d\u2019en face.UNE Sl't K ! EST ION DU \"SAMEDI TJ, y/, -â; Sy /¦ /D'-s, W/A \u2022 \u2014Il est évident quelle so méfie !.Elle se tient sur ses gardes.' Et Simon conclut avec un menaçant hochement de tête et dans les yeux une lueur sinistre : \u2014Il faut pourtant que la veuve de Chazay devienne Mme Simon Lowel.Les deux frères ne se trompaient pas, Aline éprouvait une très violente méfiance.Dans les yeux roux de son beau-frère, elle avait lu une indomptable résolution.Et sans plus dire, elle avais demandé à sa belle-mère : \u2014Ma mère ! Je vous en prie !.Ne me laissez jamais soûle avec Simon !.Il arriverait un malheur !.,, \u2014Je vous lo promets, mon enfant.Et durant tout le cours des jours, les deux femmes étaient devenues inséparables.Pour ce qui était dos visites à Françoise Cloarec, Alino no les faisait plus qu\u2019en voiture fermée.Cos précautions exaspérèrent promptement les deux frères qui voyaient qu\u2019ils avaient affaire à forte partie.Enfiu, n\u2019y tenant plus, à la suite d\u2019un dîner durant lequel Aline s\u2019était obstinée à tenir ses yeux fixés sur son assiotto et à ne répondre à ses deux beaux-frères que par monosyllabes, Simon, en sortant de table, passa à côté de sa mère, lui disant sur uu ton calme, qui cachait une colère mal concentrée : \u2014Ma mère, André et moi, nous voudrions avoir avec vous un entretien particulier.Mme de Chazay devint trè3 pâle, ses lèvres blêmos murmurèrent une vague prière ; \u2014 elle sentait venir le danger.\u2014Je suis tout à vous, mes enfants.Puis s\u2019adress t à Aline : \u2014Nous permettez, ma tille ?La jeune veuve répondit par un affectueux mouvement de tête.Et les deux frères devançèrent leur mère dans l\u2019un des grands salons du rez-de-chaussée, Mme de Chazay s\u2019était assise, faisant appel à tout son courage, car elle devinait bien qu\u2019elle allait eu avoir besoin.Simon et André avaient pris place en face d\u2019elle, et après un long silence, l\u2019aîné commença : \u2014Ma mère, vous pouvez nous rendre cette justice, à André et à moi, que nous ne vous avons jamais manqué de respect.tique, d\u2019un autre côté, nous ne vous avons jamais importunée cm nos doléances.\u2014Je ne vous comprends pas, me3 enfants.Vous ai-je donc jamais adressé des reproches ?.Me suis-je plainte ?.\u2014Des reproches, \u2014 répliqua vivement André, \u2014 mais je ne pense pas que nous en méritions.\u2014Laissez-moi parler, \u2014 lit l\u2019aîné.\u2014Nous constatons, \u2014 poursuivit-il, \u2014 que de votre aveu même vous n\u2019avez pas à vous plaindre de nous., Dont acte.De plus, ma chèro mère, vous nous accorderez également que nous vous avons toujours laissée parfaitement libre d\u2019agir à votre guise.Ne m\u2019interrompez pas.je vous en prie.Après la mort de notre père, vous avez trouvé bon do vous remarier, da vous créer une nouvelle famille, d\u2019avoir un autre enfant.sans vous soucier beaucoup.\u2014Oh! Simon! Simon! \u2014 s\u2019écria la mère profondément blessée au cœur par une ingratitude si noire.Relevant la tête, elle répliqua aussitôt : \u2014Vous oubliez tout!.Votre père m\u2019avait rendue profondément malheureuse.Far son inconduite, il avait dévore ma fortune, la sienne.En mourant, il me laissait absolument sans ressout ces, avec vous deux.qu\u2019il fallait élever.C'est alors que je rencontrai M de Chazay .C'était lo plus noblo, le meilleur des êtres.et j\u2019ai été fière de porter son nom ; de plus il m\u2019a rendue la plus heureuse des femmes, tandis qu\u2019il prenait soin de vous, vous élevait tout comme son propre üls, no cessant de se montrer pour vous le plus tendre, lo plus indulgent, le plus généreux des pères.Non seulement il vous a gâtés, tolérant toutes vos fantaisies, allant mi-devant de tous vos caprices, mais encore, vous qui n\u2019aviez rien, qui ne possédiez aucune fortune, il vous a donné à chacun une somme de cent mille francs, pour vous établir.\u2014Oh ! \u2014 s\u2019écria André en ricanant,\u2014 pour ce que ça lui coûtait, il ne faisait vraiment pas là un très grand sacrifice.Simon renchérissait.\u2014En vous épousant, en nous prenant notre mère, il ne pouvait réellement avoir la prétention Je planter là vos enfants et do les abandonner sur le pavé.\u2014Ingrats ! Ingrats !.s\u2019écria la mèro indignée, \u2014 voilà donc la reconnaissance qui vous reste dans le cœur !.\u2014Ob ! ma mère!.Si nous commençons les reproches nous n\u2019en finirons pas.Et les reproches n\u2019ont jamais servi à qui que ce soit.Nous voulons seulement vous rappeler qu\u2019une mère qui se remarie n\u2019a pas le droit de placer toutes ses affections dans sa nouvelle famille.\u2014Vous avez perdu votre frère.C\u2019est un très grand malheur., \u2014Mais il vous reste vos deux fils aînés, ma mère.\u2014Nous sommes là.J , 14 LE SAMEDI \u2014Nous devons compter pour quelque chose.\u2014Et nous avons voulu vous rappeler qu\u2019il est de votre devoir de vous occuper de nous.\u2014Et de ne pas nous mettre do côté, ainsi que vous l\u2019avez toujours fait.lout en parlant, ils s animaient, se coupaient la parole, précipitant leurs interruptions, s\u2019excitant l\u2019un l\u2019autre, et dévoilant une indignation outrée ) IA pauvre femme stupéfiée, assourdie par ce flux de paroles, n était pas maîtresse do ses sentiments ; elle laissait voir la colère, le mépris quo soulevaient chez elle ces violentes injustices.Aussi, poussée à bout, olie se leva brusquement, et croisant les brus sur sa poitrine : \u2014Que voulez-vous donc ?\u2014 demanda-t-elle à ses doux fils, Simon sourit, et d\u2019un ton mielleux.Veuillez ne pas vous emporter, ma mère, je vous en prie.La colère est mauvaise conseillère., et sous son empire on laisse trop souvent échapper des paroles cruelles qui vous poursuivent ensuite pendant tout lu cours de votre vie.Rasseyez-vous et écoutez-nous, posément, simplement, comme vous dovcz le faire, en songeant que ce sont vos doux enfants qui vous parlent, au lieu de deux ennemis, comme vous avez l'air de le croire.Parlez, je serai calme,.Mais en vous voyant si oublieux des bontés que.1 on a eues pour vous, tellement ingrats, tellement injustes, j ai senti tout mon cœur se révolter, en pensant à la mortelle injure que vous adressez à la mémoire de ceux qui ne sont plus !.-^-Oui, fit André, \u2014 encore et toujours des reproches.Simon l\u2019arrêta d\u2019un geste.-\tIl est evident que pour notre mère nous sommes de très mauvais lils, et que nous no méritons pa3 les quelques charités que l\u2019on a bien voulu nous faire.\u2014Je ne parle pas de charités, \u2014 protesta la pauvro femme, \u2014 mais bien d\u2019affection.\u2014Ma mère, \u2014 reprit l\u2019aîné, \u2014 vous nous demaudez ce que nous désirons, alors qu à notre avis vous auriez dû.le deviner toute seule, allant au-devant de nos intérêts, en pensant à vos deux enfants.\u2014Mais, une fois encore.i Nous ne possédons rieD, \u2014 continua Simon, \u2014 notre situation n est pas faite.Nous no sommes pas venus au monde, nous, en trouvant à 1 entrée de la vie, dans notre berceau, une fortune considérable.Nous vous avons donné les moyens, tous les moyens de vous créer une position.\" Soit.Mais la chance ne nous a pas souri, La veine a trahi nos efforts.Bref.nous sommes acculés, André et moi, au fond d\u2019une impasse.Car la froide, la glaciale hospitalité que l\u2019on veut bien nous accorder pour l\u2019instant à Chazay est tout ce qu\u2019il y a plus précaire.Elle peut meme nous être refusée d\u2019un moment à l\u2019autre.Oh! Simon! Oh! André!.Comment osez-vous ?.\u201d Voyons, ma mère, \u2014 fit André en ricanant encore,\u2014 il est bien évident quo notre belle-sœur no nous mettra pas brutalement à la porte, mais nous vous laissons juge, \u2014 et ne pensez-vous pas que la glaciale froideur, la sourde et latente aversion qu\u2019elle n\u2019a jamais cessé de nous témoigner n\u2019ont point d\u2019autre but que de nous indiquer le seul parti qui nous restera bientôt à prendre, \u2014 c\u2019est-à-dire à prendre le chemin de la porto.Cette fois, Mmo de Chazay ne trouva rien à répondre ; elle laissa donc son fils aîné reprendre la parole.i \u2014Votre mari possédait une très grosse fortune.Elle est venue a accroître et de la dot de Mlle de Ploslin et de successifs héritages.le tout so trouve réuni aujourd'hui sur la tête d'uno enfant chétive, faible, qui peut ^lisparuître d\u2019un moment à l\u2019autre.\u2014Oh ! Simon ! Simon !.Mais, pas de sensiblerie, ma mère !,.je vous en conjure, Les affaires sont les affaires.Les chiffres sont des chiffres.Nous avons perdu notre irère, nous le déplorons avec vous, et nous répétons encore que c\u2019est un très grand malheur.j \u2014Mais, comme dit le pioverbe, \u2014 interrompit André, \u2014 \u201c faute d\u2019un moine, l\u2019abbaye no chôme point \u201d._ \u2014Et nous ne pouvons penser sans une indignation excessivement violente, nous né pouvons songer que cette très grosse fortune de notre frère.vous entendez bien, ma mère.de notre frère,\u2014 j insiste, \u2014 pourrait un jour ou l\u2019autre, si Colette et sa mère venaient à mourir, \u2014 ce qui est, après tout, dans les choses possibles, puisque nous sommes tous mortels, \u2014 que cette très grosse fortune irait à des parents éloignés, a des collatéraux, des petit-cousins, que vous ne connaissez pas, et dont jamais nous n\u2019avons entendu parler.Et vo3 deux fils se trouveraient sur la route, sans un sou vaillant, sans ressources.san3 état.dans la plus noire des misères.\u2014\tNon ! car vous le savez, le comte do Chazay m\u2019a reconnu une dot de trois cent mille francs.\u2014Mais, ma mère, \u2014 s\u2019écrièrent cyniquement à la fois les deux misérables, \u2014 vous pouvez vivre très longtemps.S\u2019apercevant de l\u2019énormité qu\u2019il venait de laisser échapper, Simon s\u2019empressa d\u2019ajouter : \u2014Et nous souhaitons de tout notre cœur que la Providence vous accorde de loDgs jours, ma chère mère.La comtesse de Chazay leva douloureusement les yeux au ciel pour la prendre à témoin combien peu elle tenait à l\u2019existence, cette existence si torturée.Et Simon, jugeant le terrain préparé, résolut de porter le grand coup qu\u2019il méditait depuis longtemps.\u2014Eh bien ! ma mèro, le moment est venu de nous donner une preuve de votre affection.Jodis nous, car vous savez quelle étroite amitié nous unit, mon frère et moi.Aline est jeune, merveilleusement belle.Je ne vous dissimulerai pas plus longtemps que je ne puis vivre à côté d\u2019elle en demeurant insensible à tant de charmes.Ne me regardez pas, je vous en prie, ma mère, avec vos grands yeux indignés, Il n\u2019y a rien là qui puisse vous révolter, que je sache.On n\u2019est pas maître de son cœur.C\u2019est dans les choses absolument normales.Cela se voit tous les jours.Un beau-frère épousant sa belle-sœur!.Il n\u2019y a rien dans la loi qui l\u2019interdise.Et tous les jours une veuve se remarie.Vous en savez bien quelque chose.Alors, pourquoi cette réprobation, cette révolta.Vous parlez d\u2019injustice, ma mère, mais je trouve que vous avez réellement contre vos enfants un parti pris révoltant.Encore une fois, ma mère, qu\u2019avons-nous done fait pour mériter d'être traités ainsi ?\u2014Vous voulez épouser Aline, Simon ?.La comtesse prononça lentement ces paroles ; on eût dit qu\u2019elle se les adressait elle-même.L\u2019autre poursuivait encore : \u2014Oui, ma mère, j\u2019aime follement Aline, je l\u2019adore ; mon vœu le plus cher, c\u2019est de faire d\u2019elle la compagne de ma vie.Vous avez de l\u2019influence sur elle, ma mère., Elle vous aime beaucoup.Eh bien !.qu\u2019elle consente à m\u2019épouser.et vous aurez fait le bonheur de votre enfant.Tout cela était débité sur un ton ampoulé, exagéré et prétentieux, et sonnait faux ainsi qu\u2019un instrument discord.On eût dit d\u2019une leçon mal apprise, d\u2019un rôle mal étudié et récité avec effort.Mme de Chazay se bornait à secouer la tête en répétant : \u2014Vous avez tort, Simon, de rechercher la main d\u2019Aline.Aline ne vous épousera pas.pas plus qu\u2019un autre.Aline n\u2019a aimé et n\u2019aimera jamais que le pauvre enfant qq^ j\u2019ai perdu !.Aline ne se remariera jamais.\u2014Mais, c\u2019est de l\u2019exagération, ma mère !.C\u2019est stupide 1.Vous ne pouvez répondre ainsi d\u2019Aline.Elle est toute jeune !.Savez-vous ce qu\u2019elle pensera, ce quelle fera dans cinq ans, dans dix ans ?.\u2014Aline ne se remariera jamais, jamais ! \u2014Mais c\u2019est absurde ! \u2014C'est idiot !.\u2014Mais pourquoi prenez-vous parti ainsi contre vos fils !.Vous n'en avez pas le droit, ma mère !.\u2014Mais vous nous avez donc en horreur !.Une terreur plus grande encore étreignait le cœur de la comtesse.Ses deux fils se tenaient menaçants devant elle, les yeux étincelants, la face convulsée, hideux !.sinistres !.Et elle avait mis au monde C6s deux monstres!.C\u2019étaient là ses enfants !.\u2014Ma mère ! \u2014 reprit Simon, \u2014 vous ne pouvez pas nous abandonner ainsi, nous répudier.Je vous demande, au nom de la mémoire de notre frère, d\u2019user de votre influence pour qu\u2019Aline consente à devenir ma femme !.Pourquoi vous y refuserez-vous ?.La comtesse ferma les yeux, et devant elle se dressa l\u2019ombre du mort, l\u2019ombre de celui qui l\u2019avait tant aimée, celui à qui elle devait tout ; et surtout le bonheur qu\u2019elle avait connu sur cette terre où tout en dehors de lui, n\u2019avait été et n\u2019était encore que larmes, misères, douleurs !.Ah! ces conjonctures odieuses qui se déroulaient à cet instant, il les avait prévues, annoncées, prédites.\u2014Vos fils convoiteront la fortune de Roland.Jurez-moi que vous défendrez Roland comme votre fils !.Et elle avait juré 1.Et maintenant, l\u2019heure sonnait où il lui fallait tenir son serment.Tandis qu\u2019elle demeurait là, inerte, les yeux fermés, en proie à ses pensées amères, si torturantes, épouvanté par cette sommation suprême qui semblait surgir de la tombe, Simon l\u2019avait prise par le bras et, la secouant avec une brutalité énervée, sans respect pour celle qui lui avait donné le jour, il répétait : \u2014Mais répondez-moi donc, ma mère !.Vous n\u2019avez pas le droit de vous taire ! Votre devoir est de parler, de prendre les intérêts de votre fils !.Mais votre entêtement est odieux !.Vous ne le comprenez donc pas !.Et plus violent encore, la soulevant de force hors du fauteuil où elle demeurait écrasée : \u2014Il le faut, ma mère !.André.répète-le à notre mère !.qui nous montre bien, à cette heure, qu\u2019elle ne nous a jamais aimés*, LE SAMEDI * I : Et André de répéter avec son frère, d\u2019une voix qu\u2019enrouait une concentrée fureur : \u2014Vous le devez !.Vous le devez !.Il le faut !.Elle ouvrit les yeux, réprimant à grand\u2019peine un cri de lugubre effroi.Ils étaient toujours là, menaçants, terribles Et Simon : \u2014Ma mère !.Ecoutez-moi bien !.J\u2019exige que, ce soir même, vous mentendez bien !.pas plus tard que ce soir, vous adressiez une demande précise à Aline !.De la tête, la comtesse résista, d\u2019un énergique geste négatif.Alors, pour briser cette invincible résistance, plongeant ses fulgurants yeux roux dans coux de la pauvre femme angoissée : &i vous ne le faites pas, \u2014 et à le briser, il serrait le poignet de la comtesse, si vous refusez encore de le faire.rappelez-vous-le bien ! vous serez cause des plus grands malheurs !.Mmo de Oliazay porta les deux mains à son cœur, pour y étouffer une atroco douleur.Oui ! oui ! répétait Simon, \u2014 inutile de prolonger cette scène ; nous ne jouons ni la comédie, ni le drame.Vous n\u2019iriez pas nous dénoncer, n est-ce pas.ni mon frère, ni moi.Une mère ne dénonce pas ses fils.Mais.Vous m\u2019avez compris.Allez !.Mme de Chazay, chancelante, s\u2019accrochant aux meubles, sortait du salon, j -k®3 deux misérables, l\u2019oreille tendue, le cou courbé, l\u2019écoutaient s\u2019éloigner.\u2014La prise d\u2019armes a été chaude, \u2014 murmura Simon, \u2014 mais je crois qu\u2019elle y va tout de même.André hochait la tête.du as peut-etre été trop loin.Tu as eu tort de la menacer.Mais, dame, que veux-tu.J\u2019étais énervé ! C\u2019est crevant aussi, cet entêtement de buse !.\u2014Evidemment, qui veut la fin veut les moyens !.-Oui, c est exaspérant ! on ne sait jamais à quoi s\u2019en tenir avec les femmes.Aline trouve très joli, pour l\u2019instant, de jouer les veuves du Malabar.Mais survienne un godelureau quelconque.Et bonsoir les voisins.Toute ia fortune nous passera devant le nez.Tu as raison, mon pauvre Simon.Nous n\u2019aurions pas un rotin.\u2014Et alors, tout ce que nous avons fait déjà, ce serait peine perdue.Simon fronça violemment les sourcils.Ce que nous avons fait n\u2019est rien auprès de ce qui nous reste à faire.Ces mots passèrent entre ses lèvres serréos, pareils au sifflement d\u2019une vipère.Us se taisaient maintenant, écoutant.Dans le château, grand silence.Puis tout d\u2019un coup, le bruit strident des sonnettes électriques, et la voix d Aline, devenue perçante, sous le poids d\u2019une émotion angoissée.La comtesse en proie à un désespoir sans bornes, marchait avec lenteur, se dirigeant vers l\u2019appartement de sa belle-fille, Aline était déjà retirée chez elle.Colette venait de s\u2019endormir du doux sommeil des anges.Pareille à un spectre, la comtesse avançait au milieu du corridor, s appuyant à la muraille, s\u2019arrêtant pour reprendre encore le chemin du calvaire qu\u2019elle gravissait, le cœur déchiré d\u2019une inconsolable pitié.Une femme de chambre sortait de chez la jeune veuve.A la vue de la comtesse, elle s\u2019arrêta, étonnée.Madame la comtesse est souffrante?\u2014 demanda-t-elle avec intérêt: _\t\u2022\u2022 \u2022 \u2022 Non !.Je ne sais pas., \u2014 telle fut la réponse incons- ciente que reçut la servante.Puis, la pauvre torturée reprit : \u2014\tDemandez à madame.Demandez à ma belle-fille.Dites-lui que je voudrais lui par'er à .l\u2019instant même.Aline, avec ses précautions habituelles, s\u2019était déjà enfermée.Il fallut frapper longuement, parlementer à travers la porto.Cela demanda un certain temps.La femme de chambre insistait : \u2014\tC^est Mme la comtesse qui demande à parler à madame,\u2014 répétait-elle \u2014 et Mme la comtesse a l\u2019air souffrant.Aline tirait les solides verrous qui les défendaient, Colette et elle, contre toute surprise.Et s\u2019avançant alors : \u2014Vous désirez me parler, ma mère !.,.\u2014Oui, mon enfant !.Oui !.ma fille !.Vous pouvez vous retirer, \u2014 fit Aline à la femme de chambre.Et prenant la comtesse par le bras : \u2014Venez, ma mère ! Venez !.Lorsque les deux femmes furent seules : \u2014Nous avez du chagrin, ma mère ?.Beaucoup de chagrin !.La comtesse hochait la tête, Inconsciemment ello répéta, comme un douloureux écho : \u2014Beaucoup de chagrin.\u2014Venez! Venez!,.Vous allez rester avec moi, ma mère.Appuyez-vous sur moi.Pouvez-vous me dire ce qui vous cause tant de peine .Oh ! que nous sommes malheureuses !.toutes les deux !.Venez .Venez !.ma mèro !.Et quand toutes les deux elles furent arrivées dans la chambre de la jeune mère, elles s\u2019arrêtèrent.Un lit de milieu, un lit sombre, se dressait, droit, venant au milieu de la pièce.Devant le lit, bien en face, le portrait eu pied de Roland, en uniforme, une toile vivante, parlante.On eût dit que le glorieux officier allait sortir du cadre, tant ses yeux brillants illuminaient son beau et noble visage.A côté du lit de la mère, le berceau de Colctto qui reposait, adorable, sa tête blonde au milieu d\u2019un flot de dentelles.Ce ne fut pas à l\u2019onfanb qu\u2019allèrent les regards de la comtesse .Elle n\u2019écoutait plus sa belle-fille qui,doucement,avec des indexions de voix très tendres, insistait pour la faire asseoir.Elle demeurait droite, rigide, les yeux agrandis par une mortelle angoisse, ea face l\u2019image de celui qui lui avait été ravi, de l\u2019enfant si justement cher.Puis, joignant les mains, s'agenouillant devant le portrait, à haute voix elle prononça : \u2014Pardon, mon fils 1.Puis, perdai t connaissance, elle s\u2019écroula sur le tapis !.Aline s\u2019était précipitée sur une sonnette.Elle ouvrait la porte, elle appelait au secours, les domestiques accouraient.La comtesse demeurait toujours inerte, sans connaissance.Etait-elle morte ?La violente émotion qu\u2019elle avait été condamnée à subir lui avait-elle tellement déchiré le cœur qu\u2019elle en était arrivée à rompre brusquement le nœud de la vio ?Il n\u2019en faut pas davantage, bien plus fréquemment encore qu\u2019on ne le suppose, pour foudroyer une existence.Combien sont morts tués net par un mot, un geste, déchaînant une effroyable douleur morale, plus cruelle bien souvent qu\u2019une torture physique ! Aline donnait des ordres.\u2014Attelez une voiture, courez à Ballan et ramenez au plus vite le docteur Jourdain.Deux heures après, le docteur Jourdain, éminent praticien, bien connu et apprécié danfc toute la Touraine, arrivait à Chazay.La comtesse avait été déshabillée par une femme de chambre et sa belle-fille, et étendue sur le lit de sa chambre à coucher.Et elle demeurait là inerte, insensible, les yeux clos, dans une inquiétante rigidité cadavérique.Le docteur tentait des réoctifs, essayait dos sinapismes, et le traitement le plus énergique n\u2019amenait aucun résultat.A l\u2019anxieuse demande d\u2019Aline, il répondait cependant : \u2014Non ! La comtesse n\u2019est pas morte.Jo sens los battements, très faibles, il est vrai, et intermittents de son cœur.\u2014Et que craignez-vous, docteur ?\u2014Une congestion et une paralysie totale ou partielle.La comtesse a dû subir une émotion excessivement violente, et elle est tombée dans cet état léthargique, en lequel elle se trouve encore en ce moment.\u2014Souffre-t-elle ?\u2014Non !.Pas maintenant.Tout chez elle est devenu absolument insensible .Il y a une suspension complète de toutes les fonctions vitales .Leur fonctionnement reprendra-t-il ?.Je ne puis rien préciser, rien affirmer.La mort do son mari et celle de son fils avaient évidemment ébranlé tout son système nerveux .Il est à craindre, si elle revient à la vie, qu\u2019elle ne se ressento de cette attaque jusqu\u2019à la fin de ses jours.Et il faisait immédiatement appel aux plus puissants révulsifs.Vers quatre heures du matin, la comtesse ouvrait les yeux et revenait à la vie.Hélas ! Etait-ce la vie, ce reste de précaire existence qui renaissait en elle ?Etait-ce la vie, cette paralysie complète, ce mutisme, cette immobilité qui la mettait à la merci do soins mercenaires ?Les yeux vivaient seuls, agrandis, creusés, mais brillant encore d\u2019un intelligent éclat, au fond d\u2019orbites charbonnées.Ces yeux s\u2019animaient seulement,\u2014toujours plongés qu\u2019ils demeuraient dans une indifférence tristo et morne, \u2014 à la vuo d\u2019Aline, à celle de Colette.Les paupières battaient, des soupirs s\u2019échappaient de la gorge contractée de la malade, et des larmes, de grosses et lourdes larmes coulaient sur ses joues pâles comme une cire.Aline, avec une douceur infinie, les essuyait lentement, en disant de sa caressante voix: \u2014 Ne pleurez pas, ma mère, ne pleurez plus!.Colette et moi 16 LE SAMEDI noua sommes là., Nous vous aimons bien, nous prions pour vous.Dieu permettra que vous reveniez à lu santé.La bonheur des autres est la seulo joie de ceux qui ne peuvent plus être heureux.Aline, en présence chaque jour de cette misère humaine, se demandait parfois quelle satisfaction elle pourrait offrir à sa compagne de douleurs.Et elle finit par en découvrir une dans la délicatesse de son cœur.Un matin, par les soins des deux femmes de chambre attachées spécialement au service do la pauvre paralytique, les lourdes courtines du lit profond furent abattues.Et elle entendit des allées et venues, des conversations étouffées, le pas très lourd d\u2019ouvriers portant un objet embarrassant et nécessitant des précautions minutieuses.Puis co furent des coups de marteaux répétés, et enfin tout retombait dans l\u2019habituel silence do la chambre de la malade.Et alors, Aline elle-même releva les pesants rideaux, en disant avec un vibrant accent partant de son àme : \u2014Ma mère ! j ai voulu vous faire une surprise, la seule, je crois, qui pût vous être agréable.Oh ! oui ! La seule.Et une violente flamme envahit le visage pâli et impassible de la paralytique.Devant so3 yeux, bien en face d\u2019elle, elle avait une superbe copie du portrait de Roland de Ohazay, de ce portrait eu uniforme qui se trouvait dans la chambre à coucher d\u2019Aline.La jeune femme avait fait venir un artiste de Tours, et en quelques laborieuses journées, la copie avait été parachevée.Et à tout instant, désormais, elle aurait devant elle le visage de l\u2019aimé, de celui qui avait été la fils justement chéri.Maintenant, ses yeux, attendris et noyés, adressaient une muette et fervente action de grâces à celle qui avait eu cette attention si touchante, et la malheureuse mère ne pouvait parvenir à détacher ses regards du portrait frappant de son enfant adoré, A Ohazay, la vie se poursuivait doue tri.ite et lente, comme avant cette nouvelle catastrophe.Simon et André avaient cru devoir pénétrer dans la chambre de leur mère pour s\u2019informer de ses nouvelles.Et les yeux de la comtesse, fixés sur ses deux fils, avaient exprimé, dans leur affolement hagard, une intense terreur.Puis, à la suite de ces visites, la paralytique était agitée de mouvements nerveux, do contractions du visage.Elle souffrait, évidemment, en proie à une émotion e xtrême.Si bien que le docteur Jourdain, appelé à constater cos déplorables effets, avait conseillé aux deux f ; ères de renoncer à leurs visites.Us avaient haussé les épaules, protestant contre ce3 singeries, ces exagérations de malade.Depuis la catastrophe, Aline avait prétoxté des soins incessants réclamés par sa balle-mère pour renoncer à la vie intime avec Simon et André.Les repas n\u2019étaient plus pris en commun.Elle laissait, par contre, ses doux beaux-frères vivre à leur guise à Ohazay, et cela avec la plus entière liberté.Mais les rapports entre eux se bornaient aux plus correctes, mais aussi aux plus banales convenances.Cependant, un jour sur le perron d\u2019honneur, Simon, qui la guettait depuis longtemps déjà, avait rencontré sa balle-sœur.Et Colette s\u2019eiait accrochée à la jupe de sa mère, cachant sa jolie tête blonde pour ne point voir celui qui lui causait une instinctive horreur.Aline ne pouvait se retirer instantanément, sans échanger quelques paroles, d\u2019autant que Simon Lowel lui barrait la retraite.S'armant de courage, malgré l\u2019horrible frisson qui s\u2019emparait d\u2019elle, elle fit bonne contenance.Simon était tout cauteleux, tout mielleux, sa voix avait des adoucissements inaccoutumés.\u2014Ma chère sœur, je suis heureux du hasard qui me met sur votre route.car.nous ne le voyons que trop, hélas !.vous nous fuyez,., mon frère et moi.Aline ne savait pas feindre.Elle prétextait de la retraite à laquelle elle s\u2019était condamnée, de la maladie de Mme de Ohazay.Simon secouait la tête : \u2014Non ! \u2014répétait-il, \u2014 il y a autre chose.Mais si nous vous gênons.pourquoi ne nous le diriez-vous pas franchement ?.A aucun prix, mon frère et moi, nous ne voudrions être importuns, \u2014Ce n\u2019est pas bien, ce que vous diteslà.Tant que le séjour de Ohazay vous sera agréable, vous vous trouverez ici chez vous.Simon crut le moment venu de placer sa tant reculée déclaration.\u2014Oh ! \u2014 fit-il d\u2019nu ton pénétré, portant les mains à son cœur, \u2014 si vous vouliez, Aline, vous pourriez faire le bonheur de ma vie !.comme je tenterais tout au monde pour faire le bonheur de la vôtre.,.Je serais un père pour cette adorable enfant !.Je l\u2019obligerais bien à m\u2019aimer.Que vous dirai-je encore Tout net elle l\u2019arrêta.Le rouge de la pudeur offensée envahissait son visage.\u2014Ne dites rien, \u2014 fit-elle d\u2019une voix ferme, \u2014 et laissez-moi parler.N\u2019y songez pas.C\u2019est impossible.Dans mon cœur, je porterai toujours le souvenir de celui que j'ai aimé.Je ne me remarierai jamais.Et hautaine, très grave, emmenant Colette qu\u2019elle avait prise dans ses bras, et qui cachait so3 boucles blondes dans le giron maternel, tout en guignant du coin de son œil effarouché celui qu\u2019elle ne pouvait pas souffrir, elle brisa là, mettant un terme à tout entretien, et interdisant à Simon de revenir jamais sur ce sujet qu\u2019elle considérait comme injurieux, insultant pour elle.Lui, la rage au cœur, la respiration sifflante, il la laissait s\u2019éloigner ; mais lorsqu\u2019elle eut disparu dans l\u2019encorbellement de l\u2019eeca-iier, il lui montra, à travers l\u2019espace, son poing fermé, tout en murmurant d\u2019une voix enrouée : \u2014Toi ! Toi ! Oh ! vois-tu !.Que je te tienne jamais 1.Et c\u2019est du sang que je to ferai pleurer.Et il alla trouver son frère pour lui faire part de sa déconvenue.\u2014Il faut renoncer au mariage, \u2014 lui dit-il, \u2014 cette stupide mijaurée ne veut pas en entendre parler.\u2014Je m\u2019en doutais, \u2014 fit André, \u2014 elle ne peut pas nous sentir, ni toi ni moi,.Mais, tu dois t\u2019en consoler, n\u2019est-co pas ?.Ça n\u2019aurait pas été gai, la vie.avec cette femme-là !.C'est une urne lacrymatoire !.Simon eut un hochement de tête.\u2014Oh ! je l'aurais mise promptement au pas.Et puis.Je crois qu\u2019avec moi elle n\u2019en aurait pas eu pour longtemps ! \u2014En tout cas, puisque ça rate, le conjungo, nous devons trouver autre chose.\u2014Et vite !.Car nous n\u2019avançoas pas d\u2019une ligne;.Et nous ne pouvons pas cependant continuer à mener plus longtemps la vie que nous menons.On eut dit qu\u2019Aline le comprenait elle-même, car, quelques jours plus tard, la jeune femme faisait dire à l\u2019aîaé de ses beaux-frères de se rendre auprès d'elle.Aline était seule dans un petit salon du rez-de-chaussée de Ohazay.Simon, à qui nul détail n\u2019échappait, se rendit parfaitement compte qu\u2019assise auprès de la cheminée, sa belle-sœur se tenait à portée d\u2019une sonnette, se mettunt ainsi à l\u2019abri de toute surprise.\u2014Mon cher frère, lui dit-oîle,\u2014 sans rencontrer ses regards, \u2014 la maladie de notre malheureuse mère se prolongeant outre mesure, j\u2019ai pensé à prendre certaines dispositions vous concernant.Simon balbutiait un remerciement qui no partait nullement du cœur.\u2014Oui, poursuivait Aline, \u2014 bien qu\u2019à Chazay vous rencontriez les commodités de l\u2019existence, ce que l\u2019on nomme \u201c la matérielle \u201d, je comprends parfaitement que cette existence n\u2019est ni variée ni agréable.J\u2019ai pensé que vous vous trouviez aux prises, votre frère et vous, avec les ennuis de la vie.Voulez-vous voua entendre, je vous en prie, avec le notaire do notre famille, à Tours, Me Faucheux.Si la somme que je l\u2019ai prié de vous remettre chaque mois à tous les doux n\u2019est pas jugée suffi-ante, vous me le direz bien franchement, et immédiatement le nécessaire sera fait, je vous le promets.Les protestations reconnaissantes de Simon s\u2019éternisaient.Aline y mit promptement un terme.\u2014Ne me remerciez pas.Vous me troublez.Vivez de votre mieux à votre guise.Je comprends parfaitement que la société d\u2019une malade et d\u2019uno recluse ne soit nullement attrayante.et que votre vie ne doit pas être assombrie par nos douleurs et nos chagrins.Simon et André apprenaient alors de Me Faucheux, en se rendant à son étude, à Tours, quo leur belle-sœur avait donné ordre de leur remettre tous les mois le montant d\u2019une pension de cinquante louis, ce qui faisait mille francs d'argent de poche, tous les autres frais de leur existence étant réglés à Ohazay même.Lorsqu\u2019ils se trouvèrent dans la rue, après avoir touché le premier trimestre de cette rente inattendue, André se mit à ricaner.\u2014Tu n\u2019as pas l'air content, mon vieux Simon ; nous voilà chacun à la tête de douze mille livres de rentes.Simon fit entendre un sourd grognement.\u2014Comment !.Tu n\u2019es pas satisfait !.Tu ne te réjouis pas de la libéralité extrême de notre charmante belle-sœur,.; Cinquante louis pour faire le garçon ! Plains-toi donc !.Mais c\u2019est superbe !.L\u2019aîné éclatait : \u2014Oui ! Elle croit nous acheter, avec ses charités misérables !.Mille francs !.Quand tous les mois elle en met peut-être cinquante, soixante, cent mille de côté, qui sait ?\u2014Mais elle ne nous doit rien ! \u2014Non ! certes !.Elle ne nous doit rien !.Mais.il faudrait si peu de chose pour que cette fortune revînt à notre mère, et de notre mère à nous 1 \u2014Certainement.Mais, pour l\u2019instant, nous marquons le pas., Et depuis pas mal de temps, encore.\u2014Nous n\u2019avons pas mal travaillé, pourtant !., LE SAMEDI 17 \u2014Je ne dis pas.Mais à quoi cela a-t-il servi ?.\u2014Nous ne pouvons pas aller plus vite que les violons !.\u2014Mon cher auoi, \u2014 conclut André,\u2014je crois [quo des millions des Chazay, nous pouvons faire à jamais notre deuil.Ils continueront à nous passer sous le nez durant toute existonce.\u2014Savoir I.Nous n\u2019aurons pas perpétuellement la chance contre nous, Les deux frères avaient repris leur vie de débauche.Ils chassaient, suivaient les foires, s\u2019attardant en des cabarets où, après de plantureux repas, en sablant les bonnes années du vouvray et du chinon, on faisait l\u2019éternelle partie de manille.On pense qu\u2019à ces franches lippées, à cette haute noce, les cinquante louis de pension mensuelle ne devaient pas tenir longtemps.Et comme promptement, les deux misérables se trouvaient complètement à sec, André insinua à son aîaé qu\u2019il devait faire une nouvelle visite à Mtre Faucheux, lui demandant une avance trimestrielle.\u2014Qu\u2019est-ce que tu risques ?.S'il ne veut pas, nous verrons bien.C\u2019était une idée géniale, Et elle remporta un plein succès.Le notaire, qui certainement avait des ordres, ne Ht aucune observation.Il allongea six millo francs, sans mot dire, à Simon, le priant simplement de lui donner un reçu.Lorsque les deux frères se retrouvèrent ensemble, ils se congratulèrent réciproquement.et recommencèrent leur existence de baton de chaise.Une nouvelle visite à Mère Faucheux nyant amené la môme réussite, ils n\u2019y apportèrent plus la moindre discrétion, se mettant à traire à même la cassette de leur bslle-sœur.Dame, la fêta devenait perpétuelle ! Le3 deux frères Lowel traitaient même leurs élégants ami*, les vignerons de la contrée, les marchands de bestiaux, dans une aila du château, où les chants bachiques retentissaient, tandis que coulaient à Hots les vins généreux et lt marc d* Bourgogne.Un an ne s\u2019était pas écoulé qu\u2019ils avaient sottement dévoré une somme considérable.Car, c\u2019était maintenant réglé, Me Fauteux recevait une visite bimensuelle.Un jour, cependant \u2014 toute chose à un terme\u2014ils trouvèrent Me Faucheux moins facile à la détente.Le notaire ne se permit pas de leur adresser une observation personnelle, mais : \u2014Je ne vous cacherai pas que j\u2019ai cru de mon devoir de notifier votre compte à Mme Aline de Chazay, et qu\u2019elle a trouvé, tout comme moi, que vous alliez un peu vite.Cependant le tabellion ne refusa point d\u2019ouvrir les portes de son coffre-fort, et remit à Simon la somme que celui-ci lui demandait.Seulement les doux frère3 sa rendirent parfaitement compte que s\u2019ils continuaient à tirer sur la corde, celle ci finirait par casser.Dans la vie, les âmes basses, les natures misérables et viles ne pardonnent jamais aux autres le mal qu\u2019elles leur font.Du très doux avertissement fait à Simon par Me Faucheux, ils gardèrent une terrible rancune.Aline était une avare, une harpagonne qui coupait ses liards en quatre.Je vous demande un peu ce que quelques billets de mille de plus ou de moins pouvaient bien lui foire ! \u2014Mais enfin ! \u2014 s\u2019écria Simon, \u2014 c\u2019est vraiment ignoble !,.Nous ne pouvons pourtant pas nous trouver sans le sou, alors que notre famille entasse des millions,.C'ést monstrueux !.,.Ce fut encore André qui trouva un biais.Un jour qu'il chassait dans les bois de Chazay, en compagnie de son frère, il s\u2019arrêta subitement, et se frappant le front : \u2014Mais, tous ces bois-là sont superbes !.\u2014C\u2019est absolument mon avis, \u2014 répliqua Simon, \u2014 il y a là des chênes de toute beauté, des ormes magnifiques, des charmes splendides.Malheureusement, mon cher ami, tout cela ne nous appartient pas.C\u2019est la propriété de notre aimable belle-sœur, que le diable étrangle, et après elle, ce sera celle de cette petite gueuse do Colette, qui ne saura pas plus en jouir que sa sorcière de maman.\u2014Il y en a bien pour quinze cents à deux mille hectares.\u2014Tu l\u2019as dit ! Et même plus.\u2014Eh bien ! si nous opérions quelques petites coupes à droite, à gauche, quelques petites coupes intalligentos, une intelligente section, je te demande un peu quel mal ça ferait-il à ces superbes futaies.qui sèchent sur pied.\u2014Qui pourrissent !.\u2014Evidemment, ça ne leur serait qu\u2019utile, ça leur donnerait de l\u2019air.\u2014Le bois pousserait bien mieux.\u2014Beaucoup plus vite.\u2014C\u2019est une véritable dinde que cette Aline, elle ne comprend rien à ses intérêts.\u2014Ah ! si elle nous laissait faire.\u2014Les choses marcheraient comme sur des roulettes.Après un temps, André reprit : \u2014Si nous tentions lo coup des coupes ?\u2014Oui, mais nous le laissera-t-on opérer ?\u2014Ma foi, au petit bonheur.\u2014Tu as raison !.Qui ne risque rien n\u2019a rien.Tout justement, le surlendemain, les deux frères étaient invités à Loches, chez un de leurs amis.Partie de chasse, dîner.et après le repas se prolongeant fort avant dans la nuit, la dame de pique était appolée à danser une effrénée sarabande.Ce n\u2019était plus la manille.Ça ne marchait pas assez vite.On y allait de l\u2019écarté, où André et Simon faisaient la chouelts et du baccara.Et André se trouvait en face do l\u2019un des joueurs qu\u2019il connaissait à peine, un M.Dutil, marchand de bois, un Méridional hâbleur et mal élevé, dont le flux labial no connais.ssait plus de bornes, alors que son propriétaire se trouvait en veine.André étant décavé, se prit à tenir un fort banco du nommé Dutil.Seulement, comme André Lowel n\u2019avait plus d\u2019argent devant lui, il tint le coup sur parole.Dutil ne se pressait nullement de donner des cartes.La partie demeurait en suspens.\u2014Eh bien ! qu\u2019attend, z-vous ?\u2014 demanda lo cadet dos Lowel,\u2014 j\u2019ai dit Banco, pourquoi ne me donnez-vous pas des caries?\u2014Eh donc ! \u2014 fit lo marchand de bois avec une grosso gouaille, \u2014 j\u2019attends que vous éclairiez,.Eh donc !.Nous autres genssex du Midi, nous éclairons toujours quand nous jouons.\u2014Mais.je ne vous dois rien.ce mo semble.\u2014Je ne dis pas ! Eh donc ! mon brave monsieur !.Mais moi, je no joue jamais d\u2019argent sur parole.André Lowel était devenu livide.Une sanglante fureur ilambait dans ses yeux d\u2019un noir d'enfer.Il déchira d\u2019uns main fébrile une page de son carnet.et griffonna nerveusement un bidet ainsi conçu : \u201c Bon pour vingt mille francs de bois, à prendre daus les bois de Chazay.\u201d Le jetant à M.Dutil : \u2014 Ça vous suffit-il, ceci ?\u2014demanda-t-il d\u2019un ton méprisant.L\u2019autre prit le papier du bout des doigt*, et le tournant, le retournant : \u2014Les bois de Chazay vous appartiennent donc ?Si ces messieurs me l'affirment.André s\u2019élançait.Il avait mis le coutoau au clair ot cherchait à se créer un passage jusqu\u2019au marchand de bois.On les séparait, on apaisait la querelle.L\u2019amphitryon offrait une double tournéo de champagne.Puis les joueurs reprenaient la partie, obligeant le marchand de bois à tenir lo coup.Il avait, au demeurant, tous les torts.Jamais Mme de Chazay, la jaune, \u2014 ainsi qu\u2019ils disaient \u2014 no laissait protester la signature do l\u2019un do ses beaux-frères.De mauvaise grâce M.Dutil s\u2019exécutait tout en grognant des réflexions malséantes.Tant et si bion que l\u2019amphitryon prit les cartes, tint le coup, lo gagna et qu\u2019André Lowel se trouva tout d'un coup lui devoir cinq millo francs.Ce après quoi il s\u2019enfilait de cinq autres mille.Il fallait payer.Même en une société mêlée, les dettos do jeu se soldent.Du reste, le joueur qui avait gagné n\u2019y allait pas par quatre chemins.Il vendait «on bon do bois à prendre dans les futaies de Chazay à M.Dutil lui-même, et celui-ci envoyait aussitôt une escouade de bûcherons qui mettaient hacho en bois et commençaient à opérer des coupes sur les indications des deux frères Lowel.Les gardes no bronchaient pas, à commencer par leur brigadier, un nommé Bertrand, un honnête homme, très dévoué à sa mui-tresse.et qui se montrait avec Simon et André de la plus correcto, de la plus froide politesse.Une coupe de vingt mille francs fut donc enlevée en un mois sans la plus légère des protestations.\u2014Eh bien ! Tu vois, \u2014 dit André à son frère, tu vois que j\u2019avais raison ; Aline ne s\u2019occupe même pas de ca qui se passo chez elle.Qu\u2019est-ce que ça peut bien lui faire ?Simon secouait la tête : \u2014Méfie-toi, André.Méfie-toi.Bertrand nous guigne du coin de la paupière et il a l\u2019air de se moquer de nous.Tu peux être certain qu\u2019il nous tient à l\u2019œil.\u2014Moi aussi, je me défie de lui.Mais s\u2019il se permettait une observation, je le flanquerais à la porte.\u2014Tu oublies toujours que tu n\u2019es pas chez toi.\u2014Mais notre belle-Eœur ne permettrait pas, je suppose, que l\u2019un de ses gens se montrât insolent à notre égard.\u2014Enfin.méfie-toi.La dette de jeu une fois payée, on pense que les dix mille autres CnntFfi les Bhumss obstinés, la Coqueluche, l\u2019Asthme, le Croup, flte.,fit& - « Demandes!; le BAUME RHUMAL LE SAMEDI IS francs partagés entre les deux frères, ne durèrent, comme les fugitives roses, que l\u2019espace d\u2019un matin.Et les deux Lowel y allèrent carrément d\u2019une bonne coupe de trente mille francs cotte fois.Et ils s\u2019adressèrent à M.Dutil, \u2014 querelles de canailles ne durent guère, \u2014 avec qui ils étaient maintenant au mieux, pour obtenir une équipe de bûcherons et parfaire le plus promptement possible leur petite opération.M.Dutil était venu plantureusement déjeuner à Chazay, et après le repas, le fusil au bras, tout en chassant, on se dirigeait vers la iuture coupe, en abattant quelques faisans et quelques lièvres, histoire de se faire la main.Et Simon s\u2019adressait à.mi-voix à eod frère, en lui disant : \u2014Vois-tu que Bertrand nous suit à distance ?.\u2014Parfaitement.Mais que veux-tu que cela me fasse .\u2014\tQue ça ne te fasse rien, c\u2019est possible, mais j\u2019ai dans l\u2019idée que ça ne va pas marcher tout seul.\u2014Je voudrais bien voir cela.\u2014Tu vas le voir.Ou atteignait bientôt un rond-point oü devait se trouver l\u2019équipe des bûcherons et leur contremaître, auxquels M.Datil avait donné rendez-vous.\u2014Tiens ! \u2014 lit 1® marchand de bois,\u2014je ne vois pas mes hommes.G est bien ici la Croix-aux-Chênes, cependant.\u2014Parfaitement, \u2014 répliqua André, \u2014 mais il u\u2019y a personne.Je crains qu\u2019ils n\u2019aient commis une erreur.\u2014Nous allons demander aux gardes.M.Dutil houpait longuement, et Bertrand, le brigadier, accourait a toutes jambes, en compagnie de l\u2019un dos gardes placés sous ses ordres.Le marchand de bois demandait aussitôt au brigadier : \u2014Vous n\u2019avez pas vu mes bûcherons ?\u2014-Mande bien pardon, monsieur Datil.Ils se trouvaient à la Croix-aux-Chênes, il y a bien cela doux heures.\u2014Et où sont-ils allés ?.\u2014Ils eout partis, monsieur Dutil.Ils sont retournés chez eux.\u2014Et pourquoi ne sont-ils pas demeurés à m\u2019attendre.puisque je leur en avais donné l\u2019ordre ?\u2014Parce que jo les ai congédiés et que je les ai priés de se retirer.Furieux, André Lowel s'avançait : \u2014Vous avez fuit cela, voua ! Très calme, le garde, la cape i\\ la main, se bornait à repoudre : \u2014\tOui, monsieur André, je l\u2019ai fait.\u2014Et poœïquoi.je vous prie ?.\u2014Parce que j\u2019avais des ordres.La face d André se convulsa, ses yeux vacillèrent.\u2014\tEt qui donc a lo droit de vous donner des ordres ?.\u2014Mon maître, ou plutôt ma maîtresse.Et mon premier devoir est d\u2019obéir._\u2014Voilà bien ce que je craignais, \u2014murmura Simon.\u2014J\u2019avais bien prévenu André, mais cet animal-là ne veut rien entendre.Ça va devenir très vilain, cette histoire-là ! Simon ne se trompait pas.La colère d\u2019André Lowel tournait à la folie.Il arrivait sur Bertrand, le bras levé.Et le brigadier l\u2019attendait de pied ferme, très calme, en lui disant froidement : \u2014Monsieur Lowel, faites bien attention à ce que vous allez faire ! Je suis garde assermenté, je me trouve dans l\u2019exercico de mes fonctions.Maintenant, touchez-moi si vous l'osez!.Simon crut opportun d\u2019intervenir.\u2014\tlu as tort île t\u2019emporter ainsi,André.Ce brave Bertrand interprète peut être mal les ordres qui lui ont été donnés.Mais enfin, il est dans son droit.Il n\u2019y a sans doute qu\u2019un malentendu.La belle affaire, parce qu'on aura congédié une équipe de bûcherons.Eh bien ! ils reviendront !.voilà tout.Et il entraînait son cadet qui menaçait le brigadier du poing, en lui criant : \u2014\tloi, tu vas avoir de mes nouvelles !.Je vais te faire chasser, et sur l\u2019heure.\u2014Vous ne ferez cbassor rien du tout, \u2014 répliqua Bertrand en haussant les épaules.\u2014 Madame est incapable de me renvoyer parce que je fais mon service.\u2014Nous verrons bien.\u2014C\u2019est tout vu.Quand ils furent hors de portée de voix, M.Dutil, le marchand de bois, étant demeuré en arrière, Simon se mit à fortement morigéner son cadet.\u2014Tu ne fais que des sottises quand tu as un coup dans la tête,.On n est pas bête comme ça !.Jo t\u2019avais cependant bien prévenu.\u2014\tQue veux-tu ?.c\u2019est plus fort que moi.Quand je vois que tous ces bois, toutes ces terres, toute cette fortune qui devrait nous appartenir.nous n\u2019avons pa3 lo droit d\u2019y toucher !.\u2014Enfin ! nous allons voir ce que cela va nous coûter.Moi j\u2019ai peur que ça ne soit très cher et que nous ne payions les pots caBsés.Ce monitoire n\u2019empêcha nullement André de n\u2019en faire qu\u2019à sa tête et, dès sa rentrée au château, de demander une entrevue immédiate à sa belle-sœur.Et André accabla Bertrand des calomnies les plus noires et aussi les plus grotesques, tant elles étaient exagérées.Placidement, Aline laissa son beau-frère débiter tout son discours, et quand il eut fini : \u2014Il est inutile d\u2019accuser Bertrand, \u2014 dit-elle de sa voix calme et placide.\u2014 Il n\u2019a agi que d\u2019après mes ordres.La rotation des coupes de bois est réglée depuis de longues années, et je ne désire point qu\u2019il y soit rien changé.\u2014Ma sœur, Bertrand ne peut rester au service do notre famille après 1 affront qu\u2019il m\u2019a fait.J\u2019exige qu\u2019il soit immédiatement renvoyé.\u2014Je regrette profondément de no pouvoir accéder à votre désir; mais, je vous le répète, Bertrand n\u2019a agi que d\u2019après mes ordres.Et je ne pourrais réellement le punir de m\u2019avoir obéi.\u2014C\u2019est me dire, alors, que mon frère et moi, nous sommes de trop sous votre toit.\u2014Jamais aucune de mes actions n\u2019a pu vous le faire supposer.Mais je ne veux point que les bois de Chazay soient saccagés.Une coupe a déjà été opérée en dehors des règles coutumières.C'est déjà trop.Si vous avez besoin d'argent, mon cher frère, vous n\u2019avez qu\u2019à en demander à mon notaire.Je ne crois pas qu\u2019il vous eu ait jamais refusé !.\u2014Demander! Demander!.Avec cela que c\u2019est agréable! \u2014 grommela André.\u2014Demandez à Me Faucheux ce qui vous est raisonnablement nécessaire, et je puis vous affirmer qu\u2019à vous et à votre frère, il ne lo refusera jamais.Ainsi que l\u2019on s\u2019exprime en langage parlementaire, l\u2019incident n\u2019eut pas de suite, en apparence, du moins.Car, en réalité, la haine avide d\u2019André ne connut plus do bornes.La fortune des Chazay devenait pour les deux frères une véritable hantise ; se l\u2019approprier par tous les moyens devenait le seul et unique but de l\u2019existence des deux bandits.Oh ! cette Aline ! cette Colette ! qui donc les on débarrasserait ! Oui, mai.s encore fallait-il l\u2019occasion, les moyens !.Par ces temps de chemin de fer et de télégraphe, un crime n\u2019est pas aisé à commettre.Il faut qu\u2019il soit adroitement et impeccablement combiné.Et ils cherchaient, les doux monstres ! Et leur imagination combinait et rejetait tour à tour les plans les plus épouvantables, repoussés seulement parce qu\u2019ils les reconuaissr.ient comme trop dangereux.Mais les deux frères ne possédaient plus que cette seule idée fixe, et lorsqu\u2019ils se trouvaient ensemble, en tête à tête, cette perpétuelle hantise était devenue l\u2019unique sujet de leurs conversations.Leur existence de noces et de débauches continuait avec des hauts et des bas, suivant les veines et les déveines du jeu, et les visites au notaire de Tours, qui se faisait bien un peu tirer l\u2019oreille.En dehors de leurs fugues et de leurs fêtes, Simon et André chassaient, soit tous les deux seuls, soit en compagnie de leurs amis.On devine que le brigadier Bertrand n\u2019assistait pas à ces parties.Pour Aline, elle sortait peu, nous l\u2019avons dit,\u2014 claquemurée dans Chazay même, passant la plus grande partie de son temps au chevet de sa belle-mère, qui continuait, morte vivante, à demeurer dans le même lamentable état, et quelques promenades dans le parc, pour faire prendre un peu d\u2019exercice à la petit Colette, dont les joues pâles, la maigreur disaient la précaire santé, Combien triste cette existence, combien douloureuse la vie de cette jeune femme, n\u2019existant que pour ses cruels souvenirs !.On n'a pas oublié Françoise Cloarec, cette autre mère qui, elle aussi, pleurait celui qu\u2019elle aimait, son Jean, son cher Jean, mais avec cette indestructible espérance que son gars n\u2019était point mort eî qu\u2019elle finirait bien par le revoir en un plus ou moins lointain avenir.Françoise, plusieurs fois par semaine, arrivait au château et était immédiatement reçue par Aline.Et la même question, à chacune de ses visites, revenait aux lèvres de l\u2019entêtée Bretonne : \u2014Vous n\u2019avez rien reçu, ma bonne dame ?.Car, sur ses instances, Aline avait dû plusieurs fois écrire au ministère de la marine pour demander si l\u2019on n\u2019avait pas eu des nouvelles de Jean Cloarec, ou si les recherches de l\u2019administration avaient abouti à obtenir la preuve de sa mort.\u2014Enfin, \u2014 répétait Françoise, avec cette obstination propre à l\u2019esprit un peu terreux de l\u2019excellente femme, et qui attache une importance extrême aux formalités et aux \u201c papiers \u201d\u2014 enfin, on n\u2019a pas son acte de décè3, à ce pauvre Jean, tout de même.Et si on n'a pas son acte de décès, c\u2019est qu\u2019on n\u2019a pas la preuve au juste de la mort de mon enfant !.s Et duI moyen de la faire sortir de là.Aline ne l\u2019essayait point d\u2019ailleurs, l\u2019espérance est pareille à ces tiges de fer que les sculp- LE SAMEDI 10 teurs mettent dans leurs statues de terre glaise : \u2014 c'est une force, elle soutient.Et elle promettait à Françoise d\u2019écrire à nouveau, d\u2019insister auprès du directeur du personnel, et Françoise regagnait sa petite chaumière en se disant, avec sa ténacité toute bretonne que rien ne pouvait ébranler : \u2014Ça sera peut-être pour la prochaine fois.Deux qu\u2019elle n\u2019aimait pas, Françoise, c\u2019étaient les deux frères Lowel, les deux English,\u2014comme elle disait.Bien qu\u2019elle ne fut ni bavarde ni potinière, elle n\u2019était pas sans connaître la dégradante existence que menaient les deux frères, et cela, grâce aux libéralités de leur belle-sœur.Et lorsqu\u2019elle les rencontrait d'aventure elle détournait la tête pour ne point avoir à les saluer ; mais les deux English, de leur côté, semblaient fuir la vieille femme, évitant de s\u2019occuper do la paysanne, tout en devinant en elle une ennemie.Françoise, de son côté, n\u2019avait pu retenir sa langue, ni cacher ses sentiments.Et carrément, elle avait dit à Aline : \u2014Méfiez-vous de ces deux-là, ma chère dame, parce que, voyez-vous, les English c\u2019est capable de tout ! C\u2019était généralement sur ces paroles, sur cette recommandation que se terminait l\u2019entretien.Des mois s\u2019étaient écoulés.On était au commencement de l\u2019été, et par une chaude journée de juin, Françoise s\u2019était mise en route pour Chazay, voulant demander une fois encore à sa chère bienfaitrice si elle n\u2019avait pas de nouvelles.Et la visite prenait fia lorsque Aline avait dit à la Cloarec : \u2014Attendez, Françoise, Colette et moi, nous allons vous reconduire & travers le parc ; cela vous raccourcira do moitié et fera une bonne promenade à la chère petite.\u2014Je veux bien, not\u2019 dame, la tiote à besoin de marcher .Elle ne court pas assez.Ces enfants-là, c\u2019est comme les oiseaux du Bon Dieu, voyez-vous, leur faut le grand air et la liberté.Il était immense, le parc.Une véritable forêt de soixante-quinze hectares, entourée do hauts murs.Une forêt de futaies très hautes, coupées d\u2019allées larges et profondes, do taillis épais, garnis par places d\u2019impénétrables ronciers.Des lapins, des faisans trouvaient là un abri inviolé et s\u2019y multipliaient tout à l'aise.Il y avait même une vingtaine de chevreuils qui faisaient le bonheur de Colette, et l\u2019enfant, tressautant à leur ébrouement, à l\u2019instant où en bondissant ils s'élançaient avec leur alacrité si gracieuse, suivait do ses yeux ravis leurs sauts capricants et désordonnés.Aline avait même demandé que l\u2019on ne tirât jamais les chevreuils du parc, Us devaient demeurer sacrés.Il s\u2019en trouvait as^ez, du reste, dans les bois do Chazay, et aussi des lièvres, des ceit\\ des sangliers et do belles perdrix rouges, ainsi que des faisans.A l\u2019idée d\u2019une grande promenade dans le parc, Colette avait battu des mains et doublement embrassé Françoise qui lui valait cette aubaine.\u2014Oui ! oui ! maman !.Allons dans le parc !.Et passons par la Fouillouse !.C\u2019est si joli, l\u2019eau toute blauche.et les chevreuils.et.et.La mère cédait, tout heureus.e de gâter sa chérie, et elle répondait: \u2014Je veux bien, on passera par la Fouillouse, mais à une condition : c\u2019est que Colette ne quittera pas la main de maman.Et Françoise d\u2019intervenir : \u2014Je la pendrai dans mes bras pour passer le pont, notre chère dame.Et je la tiendrai ben, pour le sùr et le certain.Le parc de Chazay était séparé en deux parties par un sinueux cours d\u2019eau qui allait ensuite, sortant de l\u2019enceinte, so précipiter dans l\u2019Indre.Mais dans l\u2019intérieur du parc, la petite rivière, entre deux rives escarpées et rocheuses, dégringolait d\u2019une vingtaine de pieds, en cascatelles bondissantes, au milieu de pierres aiguës et tranchantes, pour se déverser ensuite en un bassin profond où se jouaient des carpes à miroir et d\u2019énormes cyprins dorés.C\u2019est cet endroit sauvage que l\u2019on nommait, on ne sait pourquoi, la Fouillouse.Au-dessus de la cascade, une passerelle faite de chênes équarris à peine, un6 passerelle à la fois solide et tremblante, sur laquelle Collette aimait à passer, s\u2019arrêtant au-dessus de l\u2019abîme en miniature.et s\u2019attardant, en bébé inconscient, à voir gicler la mousse des eaux, leur écume et les gerbes diamantées qui se brisaient sur les roches polies.L\u2019eau, comme le vide, attire à soi.Lorsque vous vous trouvez au-dessus d\u2019une cascade, il est un sentiment indéfinissable qui s\u2019empare de vous et qui vous oblige à lutter contre l\u2019inconsciente attraction, Oui, l\u2019on est obligé de combattre cet aimant insensible et cependant précis qui vous amènerait à vous précipiter dans ces eaux attirantes où il semble que vous trouveriez le plus doux, le plus voluptueux des repos.Aline avait à lutter pour son propre compte, et l\u2019obstination de Colette à contempler les eaux frémissantes lui inspirait une sensation pénible.Da sorte qu\u2019elle ne venait que bien rarement à tra- verser la passerelle do la Fouillouse, malgré les instances do la lilbtte, pour qui la cascado avait tout l\u2019attrait d\u2019un fruit défendu.Si par hasard, du milieu des clématites échevelées, des fougères arborescentes qui ourlaient les hautes berges, bondissait une harde de chevreuils, s\u2019artétant, pour repartir encore et s\u2019élancer a nouveau en montrant leur museau blanc, ob ! alors, l\u2019admiratiou de Colette ne connaissait plus de bornes, l\u2019enfant battait des mains, trépignait, ne se tenait plus de joie.C'est donc vers la Fouillouse, suivant une large et ombreuse alléo du parc, que s\u2019acheminai >nt Aline, Colette et la brave Françoise qui recommençait pour la centième fois peut-être le chapitre de ses douloureuses doléances et de ses espérances déçues.Les plaies du cœur se guérissent en s\u2019ouvrant, tout au moins leur acuité s\u2019apaise-t elle.Voilà pourquoi la plupart des créatures éprouvent un impérieux besoin de déverser longuement leurs chagrins dans le sein d'autrui.On arrivait à la Fouillouse,\u2019et Françoise, eu ses vigoureux bras, enlevait Colette pour lui faire passer le pont, au milieu duquel elle s\u2019arrêtait pour admirer longuement la bouillonnante cascade.Et tout justement, quatre ou cinq chevreuils bondissaient des buissons, s\u2019arrêtant au bout do peu de temps dans leur course désordonnée, pour se retourner et regarder curieusement colles qui venaient do violer leur solitaire retraite.\u2014Encore ! Encore ! \u2014 insistait Colette, ne prétendant pas quitter le pont.Et la mère do répondre : \u2014En voilà assez, tu fatigues Françoise.Et l\u2019on abandonnait le pont de la Fouillouse pour gagner le tor-uiious du parc, où une petite porte, dont Aline avait pris la clé, donnait accès duns les tailles, ce qui, comme nous l\u2019avons dit permettait à Françoise Cioavec de regagner sa chaumière en s\u2019évitant un très l«ng détour.On atteignait la poterne, et Françoise prenait congé, disant à Aline : \u2014Ecrivez encore !.je vous en prio, ma chère dame.Tant qu\u2019on n\u2019aura pas envoyé l\u2019acte do décès, j\u2019espérerai toujours.A cet instant, les abois prolongés de deux ou trois chiens se firent entendre ; ils partaient de l\u2019intérieur du parc, sur la droite, puis les mêmes abois se poursuivirent, plus stridents.Une voix d'homme les appuyait : \u2014Houh ! mes beaux ! Houch !.Après ! Après i Aline avait tressailli.Il n\u2019y avait pas à s\u2019y méprendre, ses deux baaux-frères chassaient un des chevreuils du parc.Et elle ne se trompait pas.Simon avait dit à son cadet, le matin même : \u2014Voilà trois mois que la chasse est fermée.Cost embêtant comme tout de laisser les fusils au croc.\u2014Dame, il n\u2019y a pas à s\u2019y fier,.Si nous sortons avec nos fusils et des chiens, cetto rosse de Bertrand pourrait parfaitement nous donner aux gendarmes de Montbazon.Et il ne se passerait pas deux heures que nous les ayons sur les bras, avec un bon procès au bout.\u2014C\u2019est assommant ! \u2014Une idée !.Si nous allions canarder un chevreuil du parc de la comtesse.Simon se prit à rire.\u2014Mais ello no serait pas contente, la patronne, \u2014 les deux frères désignaient ainsi souvent Aline.\u2014Après tout, elle ne nous mangera pas.\u2014Moi, je mangerais bien un cuissot de chevreuil ; il y a si longtemps que nous n\u2019avons dégusté du gibier.__Eh bien ! ça va !.Nous allons prendre quatre ou cinq chiens.pas plus.et nous nous paierons cetto petite fête.\u2014Et si mon Bertrand venait so permettre des observations ?.\u2014Nous l\u2019enverrions promener.\u2014Sûr!.Et ainsi avait été fait.Et promptement les toutous, dès le découplé, avaient lancé un chevreuil qu\u2019ils menaient gaiement, sans trop do vitesse, ce qui permettait à l\u2019animal, sans grandes inquiétudes, do jouer et de gambader devant les chiens.Aline n\u2019avait pu maîtriser un mouvement de mécontentement.\u2014Oh ! que c\u2019est viluin, \u2014 murmura-t-elle, \u2014 de venir tuer nos chers chevreuils du parc.Des bêtes absolument privées ! \u2014Ça, \u2014 grommela à son four Françoise, \u2014 c\u2019est les English.Si on les laissait faire, ils tueraient tout.C\u2019est du mauvais monde tout de même.Les deux femmes étaient arrivées à la poterne qu\u2019Aline ouvrit sans peine.\u2014Au revoir, ma chère dame.Au revoir, mon agneau, mon doux agneau du Bon Dieu 1.A cet instant, la Bretonno s\u2019arrêta.Un prolongé roulement do tonnerre venait de brusquement lui couper la parole. 20 LE SAMEDI Le soleil s\u2019était voilé.De gros nuages gris, précurseurs d'un orage, se bousculaient maintenant dans le fond du ciel, montant rapidement au zénith et envahissant le bleu radieux, ainsi que les rayons du soleil.\u2014Ah ! ma chèiM dame, rentrez-vite !.Vous allez être mouillée !.\u2014Et vous ma bonne Françoise ?\u2014 Oh ! moi, il n\u2019y a pas de danger; ma vieille carcasse ne craint pus grand'chose.Et j'en ai ai reçu des trompées au bord de la côte.Mais vous .rentrez.rentrez ma chère dame.Il no faut pas quo votre Colette attrape froid.Et vivement elle embrassait Colette à pleins bras, Puis elle franchisait la poterne et rapidement elle s\u2019enfonçait dans les profondes allées du bois.Aline avait refermé la porte, et rebroussant chemin, se dirigeait à doubles enjambées vers le château.Les chiens continuaient à chasser, non loin.Un coup de feu so fit même entendre.Et tout, alors, retomba aussitôt duns le lourd silence du parc.Mais 1 orage gagnait dans le vent avec une rapidité vertigineuse.La foudre crépita tandis quo Culc-tte réprimait un cri de terreur et se serrait nerveusement encore contre sa mère.Pois immédiatement après la fulgurence do l\u2019éclair, une ondée épaisse, opaque, cribla le feuillage et le sable hersé do l\u2019allée.Où chercher un refuge ?.Pas sous l\u2019abri de l\u2019un des grands chênes, à coup sûr ! Et Aline se souvint alors d\u2019un pavillon abandonné que l\u2019on nommait le Châtelet do l\u2019Arquebuse, et qui devait se trouver à courte distance.Elle s\u2019orienta.Le Châtelet était bien là, sur la gauche.Courant alors, elle aperçut la masse rougeâtre de la construction à travers la fouillée.Prenant Colette dans ses braQ, elle précipita sa course, gravit les degrés d un perron contourné, poussa une porte grinçante, veuve de toute serrure, et se trouva dans l\u2019intérieur très sombre du pavillon abandonné.IV Il était temps ! La tempête se déchaînait avec une violence extrême.La pluie tombait maintenant à torrents, tandis que les arbres feuillus se tordaient échovelés, comme avec de grands gestes de désespoir.1 uis les éclats de la foudre se succédaient sans interruption et le vent, avec un déchaînement impétueux, s\u2019engouffrait dans le Châtelet,ébranlant les murailles, la toiture, uu milieu du tumulte effaré des cimes et de* branches.\u2014Maman !.j\u2019ai peur !.\u2014Non ! mon amour ! ~ lit Aline, prenant l'enfant dans ses bras, essuyant les grosses gouttes d\u2019eau qui, traversant sa capeline, mouillaient les boucles blondes de sa chevelure.\u2014 Non, ma chérie, il ne faut pas avoir peur ; l\u2019orage ne te fera pas ds mal, mon amour.Ne crains rien,.Quand il sera passé, tout à l\u2019heure, nous nous remettrons en chemin pour regagner le château.Mais n\u2019aie pas peur.L\u2019intérieur du Châtelet se composait uu rez-de-chaussée d\u2019un vestibule et de deux pièces se commandant.Les portes ébranlées ne fermaient pas.Plus de carreaux aux fenêtres de ce rendez-vous de chasso où les anciens maîtres et seigneurs du Chuzay venaient s\u2019exercer uu tir de l\u2019arquebuse, dans un stand qui s\u2019allongeait derrière la construction.Dans uu vieux fauteuil vermoulu qui tenait encore à peu près debout, Aline s installa tant bien que mal, plaçant sa fillette sur ses genoux pour lui faire prendre patience : toutes les cataractes du ciel s\u2019ouvraient à la fois, inondant les entours du Châtelet et transformant les allées en véritables rivières Cependant, malgré les roulements réitérés de la foudre, malgré les éclatants et sabrants éclairs, Colette soupirait, se plaignait, murmurait encore : J ai peur ! puis le calme se faisant en son petit cœur elle s endormait à la place bénie, \u2014 sur le sein de sa mère.Et voilà qu\u2019Aline se dressa brusquement : Des éclats de voix, une course précipitée.(Simon et André, unelés en pleine chasse, cherchaient, eux aussi, un refuge dans le pavillon de l\u2019Arquebuse.Ils portaient un superbe brocard que l\u2019uîné venait de fusiller au moment où se déchaînait l\u2019ouragan.Et devant la persistance et l'intensité diluvienne de l\u2019ondée, ils avaient dû battre en retraite.(Satané temps I s écria André en laissant échapper un for- midable juron, \u2014 ça marchait si bien.Crois-tu que je l\u2019ai boulé, le brocard.\u2014Oui, j\u2019ai regretté que Bertrand ne fût pas là.Il en aurait fait une.de hure !.Tenant toujours Colette dans ses bras, Aline avait jeté un regard effaré autour d\u2019elle.La retraite lui était coupée.Impossible de fuir sans être vue !.Elle chercha un refugp dans la seconde pièce, se tenant droite, roido, immobile derrière la porte.\u2014Chut! \u2014 avait-elle murmuré à l\u2019oreille de Colette.\u2014 Ne dis pas un mot, mon amour !.Je t\u2019on supplie !.Ne dis rien !.Je ne veux pas que l\u2019on nous trouve ici !.\u2014Je ne dirai rien, petite mère.Puis, tout près de l\u2019oreille d\u2019Aline, elle dit tout doucement, désignant, comme le faisait Françoise, Simon et André : \u2014C\u2019est les English, n\u2019est-ce pas ?\u2014Oui ! \u2014 fit la mère d\u2019un signe de tête.\u2014Tais-toi !.Et l enfant se tut, mais ses yeux agrandis révélaient son vague effroi Les deux frères s\u2019étaient installés, l\u2019un sur lo fauteuil qu\u2019Aline venait de quitter, l\u2019autre sur un escabeau.Ils avaient sorti leurs pipes, et les bourrant, les allumant, s\u2019entouraient de nuages de fumée épaisse.\u2014Et rien à se fourrer entre les lèvres pour chasser l\u2019humidité, \u2014 fit André.\u2014\tSi, j\u2019ai ma gourdo, \u2014répliqua l\u2019aîné, \u2014 avec du bon tom-gin.Il y en a bien un demi-litre.\u2014Alors, trinquons, J\u2019ai mon gobelet do cuir dans ma poche.Je ne m\u2019embarque jamais sans biscuit.\u2014Ni moi non plus.Et tu vois comme ça se trouve bien ! \u2014\tÇa nous fera prendre patience.\u2014A la tienne, Etienne !.\u2014Sans rancune, aucune I.\u2014A nous deux, mon vieux !.Il y eut un silence.Puis André reprit : \u2014Ah ! tout ça ne fait pas le bonheur.C\u2019est très joli de canarder les chevreuils de la patronne., Mais ça ne nou3 met pas du foin dans les bottes.,.\u2014Non ! Et nous n\u2019avançons guère.\u2014Nous n\u2019avançons même pas du tout.\u2014üit tu verras que cette fortune-là fiaira pur nous passer sous le nez.\u2014\t-Dame, ça en prend toute la tournure.\u2014Il faudrait, pourtant, faire quelque chose.J avais trouvé, moi.Epouser la veuve.,.Mais elle ne veut pas.André éclata d\u2019un rire cynique \u2014Ça n\u2019était pas la peine d'en faire une veuve alors !.\u2014Nous avions bien travaillé, cependant !.\u2014Mais oui!.certes!.notre expédition du Tonkin n\u2019avait pas été mal menée !.\u2014Sans compter qu\u2019elle nous avait coûté gros.\u2014Dame !.mon vieux I.on ne fait pas d\u2019omelette sans casser des œufs !.Et puis, les risques.Crois-tu que si l\u2019on avait été pincé, canardant Roland et les autres, en compagnie de nos petits amis les Pavillons-Noirs, notre compte n\u2019aurait pas été long à régler ! \u2014\tOn ne nous aurait même pas fusillés !.\u2014On nous aurait invités à gigoter au bout de la corde.ce qui est un genre de sarabande tout ce qu\u2019il y a de plus désagréable.\u2014Enfin, nous en sommes sortis.à notre honneur.et les grè-gues nettes.\u2014Oui, mais ça ne nous rapporte pas grand\u2019hose, toute cette histoire-là !.\u2014Enfin, nous avons vécu !.\u2014Oui.Mais qu\u2019ost-ce que l\u2019avenir nous réserve ?.Notre mère, dans l\u2019état où elle est, ne peut rien pour nous.Ça nous fera une belle jambe, quand elle aura claqué, de toucher les trois cent mille balles de sa dot.\u2014Cent cinquante mille balles par tête de lion.Une misère !.\u2014En comparaison surtout de la fortune des Chazay.(A suivre.) LEÇONS D\u2019ART GRATUITES Les personnes qui désirent recevoir gratuitement des leçons d\u2019art devraient s\u2019adresser à la \u201c Canadian Royal Art Union Limited,\u201d 238 et 240 nie St-Jacques, Montréal, Canada.L\u2019Ecole d\u2019Art est installée dans l\u2019édifice du Mechanics Institute, et est absolument gratuite.Les tirages mensuels, le dernier jour de chaque mois, ont lieu au bureau do la rue St-Jacques, dans le but do distribuer des œuvres d\u2019art.Pour la DYSPEPSIE, an lieu de Thé et Café, Buvez le CAFÉSANTÉ FORTIER LE SAMEDI 21 INDUSTRIES ALIMENTAIRES DE STRASBOURG Pâtés dp foie gras, bière de Strasbourg, choucroute, qui ne connaît ces produits spéciaux des industries alimentaires de notre métropole .Visa cienne?Si nous pouvons en croire les statistiques dressées parla chambre de commerce, Strasbourg et ses environs fabriquent, annuellement pour quinze millions de francs de bière, avec deux millions de kilogrammes de choucroute, mis en vente par une quinzaine d\u2019établissements, tandis que la valeur des pâtés do fois gras livres par les fabricants de la ville atteint tout au moins six cent mille francs, fournis par plus de cent mille oies, éle vées dans les campagnes de la Basse-Alsace.La choucroute, pour commencer par le comestible le plus commun, se prépare et se mange dans tous les ménages, d\u2019une extrémité à l\u2019autre de 1 Alsace, tout comme les nouilles préparées par nos ménagères.C'est tout simplement du chou blanc pommé, à tête ronde, confit au sel, pour être conservé pendant l\u2019hiver.Après la récolte, du mois de septembre au mois de novembre, on commence par enlever les feuilles vertes extérieures ; on extrait la tige et l\u2019on découpe la tige sur vin appareil partira lier, muni de lames tranchantes et d\u2019un chariot, qui reçoit h* légume et le présente au tranchant des lames, dans un mouvement (h- va (U vient.Leur produit, découpé en filaments assez pareils à du vermicelle on aux nouilles de pâte, est mis dans une tonne, avec quelques poignées de sel, un peu dr geniève et de cumin.Comprimé fortement après avoir été foulé, le légume découpé entre en fermentation, pendant quinze jours ou trois semaines.Cette fermentation fait passer son nom du masculin au féminin, dans la langue française du moins, le chou pommé étant devenu de la choucroute.Pour l\u2019exportation on France, depuis l\u2019application d\u2019un droit d\u2019entrée assez élevé sur les conserves, tandis (pie le chou naturel passe en franchise, les fabriques de Strasbourg ont établi des succursales do l'autre côté de la frontière, à côté des stations de Petit-Croix et d\u2019Avricourt.Ou fabrique à peu près de la même façon des conserves de navets, nuri nuira ou naître Riihen.Navets confits et choucroute sont, dans l'Alsace entière, le plat ordinaire du dimanche, accompagné de saucisses, de lard ou de porc fumé ou frais.Brillat-Savarin, maître ès arts en matière épulaire, range la choucroute et le lard fumé de Strasbourg au nombre de ses dix neuf éprouvettes gastronomiques, avec le foie gras.Une éprouvette gastronomique, au sens de l\u2019auteur de la Phi/niolot/ie du ijmU, est \u2022* un mets d\u2019une saveur tellement indiscutable, que son apparition doit émouvoir, chez un homme bien organisé, toutes les puissances dégustatives \u2019.En ce (pii cou cerne la choucroute, tandis que le commun peuple fait cuire le légume à I eau simplement, les gens aisés effectuent la cuisson dans le vin, voire du champagne de bonne marque pour les gastronomes rullinés.Ces ralllnés recommandent aussi de réchauffer la choucroute dans les croûtes de pût.s de foie d\u2019oie encore imprégnées de leurs sucs.Le pâté de foie d\u2019oie a été inventé à Strasbourg par des artistes culi naires français, ne vous en déplaise.Je me suis permis de constater que les fines bouches venues d\u2019outre Rhin, friandes de délicatesses, ne dédaignent pas d'y mordre, encore main tenant, oû tout ce (pii sent la France devient sujet à prohibition chez nous.Comme toutes les choses de haut prix, la préparation des pâtés de foie gras n\u2019est pas arrivée d\u2019un coup à son degré de perfection actuel.Elle a subi des améliorations successives, à travers des vicissitudes diverses.Suivant une tradition accréditée, l\u2019honneur de la première invention revient au cuisinier du maréchal de Contades, commandant militaire de la province d\u2019ALace au siècle dernier.Ce cuisinier s\u2019appelait Close et avait acquis dans la haute société de l\u2019époque la réputation d\u2019un opérateur habile.Natif de Normandie, il devina, par une intuition de génie, ce que le foie gras pouvait devenir avec le secours des combinaisons classiques de la cuisine française.Sous sa main habile, ce mets a été élevé à la dignité d\u2019un plat princier, apprécié également par les simples bourgeois, grâce au pro grès de la démocratie égalitaire.Close commença par attermir la substance du foie, en la concentrant.Il l'entoura d'une douillette de veau hachée, recouverte ensuite d\u2019une fine cuirasse de pâte dorée.Au corps ainsi créé, les parfums excitants de la truffe de Périgord ont encore donné une âme.Longtemps cette invention resta un secret de la cuisine du maréchal de Contades.Eu 1788, cependant, le commandant militaire de l'Alsace avant quitté le pays, son cuisinier resta à Strasbourg.Les pûtes qui avaient fait les délices de la table du maréchal arrivèrent à la portée de tout le monde.Depuis que le pâté de foie gras est devenu un article d'exportation considérable, les engraissours de profession engraissent des oies par centaines à la fois.Beaucoup de village du Ivochersberg, les localités de la plaine autour de Strasbourg et de Colmar, pratiquent cette industrie en grand.1 ls achètent les oies maigres chez, les éleveurs, pour les revendre après engraissement.C\u2019est le .1 fenti ou la foire de Uochfeldon qui marque l\u2019ou verture de la saison, dans les premiers jours d'octobre.L\u2019installation pour procéder à l\u2019opération est bien simple.Des cages en lattes à douze ou quinze compartiments chacune, reçoivent des oies à engraisser.Ces cages sont placées au nombre d\u2019une dizaine, superposées à deux étages, dans une grange ou sous un hangar fermé, à l\u2019abri du froid et sans lumière.Los compartiments sont assez petits pour que la bête no se retourne pas, ratio mouvement contrarie la formation de la graisse.Sous le sol du local il y a un ('gout ou une fosse remplie d\u2019eau, curée deux fois pendant la saison, pour recevoir les déjections.Une fois mises en loge, les pensionnaires sont sorties trois fois par jour.On les prend délicatement entre les jambes, saison siège, pour les bourrer de graines de mais.La ration par tête est cal culée de manière à faire avaler par chaque sujet la contenance d'un bois seau de vingt litres eu trois semaines.Trois semaines, voilà le délai moyen nécessaire pour amener à point l\u2019oie grasse.Que l\u2019oiseau ait de l\u2019appétit ou non, il lui faut prendre toute sa ration quotidienne.Au bout de trois semaines, si le sujet est bon assi- milateur, s il digt-re bien, son régime alimentaire détermine une hvpertro-pitié du foie.En recompense, et pour qu\u2019il ne meure pas de maladie, on lui tord le cou et on h' plume.Le but de son existence est atteint.L\u2019oie peut être livrée a la consommation.Manger pour être mangée, voilà sa destinée sur terre.( \"111111.- la matière première des pâtés et de la choucroute, l\u2019orge et lo houblon, employe, a la fabrication de la bière pure de succédanés, sont des produits de I agriculture alsacienne Les belles lioublonnières commencent des deux côtés du Landgraben, limite do lu Haute ot de la Basse-Alsace, pour se dcvclopp i surtout dans la plaine du Ithin, entre Schlostadt et W isseinbourg.A .M uttersholtz déjà, nous avons vu de grands séchoirs ; mai-, le principal marche du pays se tient dans la halle au houblon do I.lugeimu.1 ourlant e est Strasbourg, avec les lo -alités environnantes, Schiltigheim, eu ^fliiltig, Kienigsliofen, Kronenburg, qi* a les brasseries les plus importantes et jouit (lupins grand renom pour les bières d\u2019exportation.Bien (b s fois, jusqu ici, nous avons rencontré aussi le houblon connue plant'- -atnago, liane des climats tempérés, enlaçant de ses spires les haies et le- buissons au bord des chemins, grimpant au haut dos arbres dans les fon t- le- houblon cultivé accroche et enroule ses tiges soit à de grande- perches, b.-a ucoup plus hautes (pie.les échu! is ih-s vignes, soit à des tils (le fer terni us en ligne sur des rangée- de support -.I.es houbloiiui-\u2019ri- donnent au paysage un aspect caractéristique dans le- localité-, ou h- plantations prennent un grand développement, connue autour de la hnrel Sainte de I lagenau, dans le canton de lÜschwiller et autour do Laut-orltourg.Beaucoup do communes du département du lias Rhin, ont fut fortune avec eoLte culture, depuis son int roduct ion, au commencement du siècle, malgré les énormes variations dos prix, après la cueillette, qui -e tait au mois de septembre.Entrons nous dans une brasserie il - Schiltigheim, aux portes de Strasbourg, mats jeton* un rapide coup d\u2019iril sur les procédés appliqués, Pour la bière commune, h- brasseur commence par saccharilier la fécule contenue dans l'orge, en la faisant ramollir et gonfler dans l\u2019eau.Au sortir do I l'-\"1- I - étend en couches égalos, d\u2019un demi mètre d'épaisseur, sur lo so! de grandes chambres maintenues à une température constante de 1 1 à l o degrés, ( est l'opération du maltage, faite, dans les conditions h-s plus favorables, au printemps ou en automne.Le germe a t il atteint la longueur du grain, an bout de huit à dix jours on arrête la germination.< )n fait subir à I orge devenue du malt un léger grillage sur la touroillo, à une temperature -i- .-11 degrés centigrades.Apres quarante huit heures de grillage, le- germe- se séparent du grain, avec un tarare.Sur 100 parties (I orge brute, \"il obtient i.i parties de malt.Le malt, réduit eu farine au moyen de meules ou du cylindres, est ensuite trempé dans une cuve â double fond, ou arrive un courant d\u2019eau chaude.La farine se gonfle, et son amidon - transforme en suerp.('e sucre passe dans l\u2019eau, qui le di-'out, uiii'i gui- ; i ( h-xt ri ne et les autres dérivés solubles du grain.A près une heure et demie ou deux heures de ropos.l\u2019infusion obtenue est, soh tirée et conduite dan- un réservoir élevé, au moyen d'une pompe, on passant par une ¦ uve intermédiaire.Le réservoir supérieur est disposé do manière s aliiaentci aisoiuent les chaudières (h* cuite.Un br.issin, coin po-e de ;>s )¦\u2022 ¦< tnlitres de malt, fournit 200 kilogrammes de matière sucrée ou inucihiginciise, il, -nnant environ bS hectolitres de bière ordinaire et une quantité plu ou moins grande de petite bière plus faible.Les bières H exportation, vt-iilur- ;i Paris, sont plus fortes ; mais leur rendement es! moindre pour une , ga le quantité (le malt.Comme le moût de bière éprouve promptement un- fermentation acide, parce qu il renferme encore beau coup de dextrin\" a sa.-chariliei' et d'allminine à isoler, on le fait ciüroavoe une addition de houblon, qui lui cède une essence aromatique amère, propre a prolong, i- i i conservation de la boisson.La coct ion dure do doux a quatre heur- , ur de Sehil tighoim et oc Kmnigshosen, ces caves ont uno tempérât ire constante.Quan I la hi.r.\u2022\t(h- produire de la levure cl de l'écume, elle - ibit un collage.Trois jour- après, elle o-t potable, propre à la consnmiiiRtion.Citait!,ns ( 1 itAi).Tommy.Papa, Le nitre.\u2014lasiuel ! Tommy.Celui (pii a sommet de la tète.Le pïre (tir .- nu noituir).PAS 1 >\u2019AUTRE, SANS |H>U ¦ tes un lion ou une lionne ! TE i ligure égratignée et une tou Ile de cheveux sur Ce doit être le lion, mon lils.M A R1 K E OC Fl LLE ! Oi.iuu.Mai-ce ont généralement dos femmes non mariées qui écrivent dos articles co mue celui-ci : \u201c L\u2019art de conduire son mari ! \u201d //>«.-t Mi, \\, us I vous ne supposez pas qu'une femme mariée va ainsi démasquer m-s batteries / DIFFÉRENCES Le directeur d'une agence matrimoniale dit que I\".jeune- lilies demandent seulement : Qu, est il Les jeunes veuves Quelle est sa position ! \u201d et les vieilles filles \u201c Oû est-il ! \u201d 22 LE SAMEDI kj n kj ; kj ti par l\u2019emploi des Grand Prix l™ «,« CONC \"e&7üiïffl RE ou junv 1895.DENTIFRICES Élixir, Poudre et Pâte BENEDICTINS Abbaye,.Soulac Dom NIAGUELONNE, Prieur | Inventé en l\u2019an a.3BZ3 par le Prieur P.BOORSAOD Vente en Gros :\t^ Jfp SEGU9N, BORDEAUX MAISON FONDÉE EN 1807.\tA'T I VEN TE dans toutes les BON N ES PA B FUMERIES PHARMACIES et DROGUERIES.Ch0*\" MAISON à PARIS, 26, Rue d\u2019Enghien CJ: \u2022KJ KJ.Le flacon, 50 cents.\u2014 Il est, offert un magnifique calendrier français à chaque acheteur d\u2019un flacon.ROYER & ROUGIER FRERES -\t1597 Rue Notro-Dame, Montreal.Mf il/ il/ ili il/ il/ il/ il/ il/ it il/ il/ il/ il/ il/ il/ il/ il/ il/ il/ il/ U/ il/ il/ il/ ib il/ 11/ il/ il/ ii> ih il/ U/ il/ il/ il/ il/ il/ il/ il/ il/ il/ il/ il/ il.il/ il/ il/ U/ il/ il/ 0/ il/ 11/ IP.Ai Nouveau Procédé s Dentiers de faire les A des Prix à la Portée de toutes les bourses Dentier Complet, $5.* Couronnes en Or, $4.Dents Aurifiées, de $2.à $4.DENTS EXTRAITES SANS DOULEUR PAR UN NOUVEAU PROCÈDE Il n\u2019y n pas do meilleure garantie à donner que «elle de la raison sociale bien connue de .ill ill ill ifc il/ il/ 01 ilI ill ill ill il/ il/ ill t t ill I i* m il/ ill 0/ Ht m ii/ ni ill s it 0/ ill Tresler, Globensky & Martel $ .DENTISTES .Entrée .\tEtablis depulB 1856 No 1920 RUE STE-CATHERINE Ou par l\u2019élévateur du magasin E.LEPAGE & CIE, coin de lu rue St-Luurent .GRAPHOLOGIE Réponses aux Correspondante \u2014Chaque correspondant recevra* à son tour, la réponse à sa demande.L'abondance des matières nous empêche seule de publier jilus de réponses dans un seul numéro.h n'est fait réponse qu'aux lettres contenant le coupon de la semaine et une seule réponse pir coupon.J'aime Titus.\u2014 Sens littéraire.Beaucoup d\u2019imagination.Enthousiasme et, optimisme.Intelllgonco vivo.Bonté pouRsôo jusqu\u2019il la faiblesse.Fernande Jt.Tendances artistique.En-jouoraont et scepticisme.Méprit capricieux o! goûts excentriques.Franchise peu apparente.ConvalescentNature très changeante et irrégulière.Esprit, d\u2019initiative.Manque un peu de discrétion et «le prudence.Bon courage physique.Incrédule.\u2014Nat ure vive, oxahéo.passionnée.Peu d\u2019empire sur soi mémo.Imagination romanesque Originalité.Cet \u201c Incrédule\" ne m\u2019est pas tout à fait inconnu, je crois.Violetta 17.\u2014Nature t endre, délicate et, impressionnable.Volonté assez, accentuée.Caractère ferme, sachant se soumettre, néanmoins.Mupuct.C.S*.T.\u2014Défiancectjnlousio.Nature vive, tout «l\u2019une pièce, tenace et ardente dans la haine comme dans l'affection.Volonté «ie for.Quand pensera-t-il à moi /\u2014Caractère entreprenant et actif.Eno-gio, ambition et amour du travail.Bonnes dispositions à l\u2019amour et délicatesso do sentiments.Tfa-ha.\u2014Enthousiasme et exaltation.Beaucoup d\u2019imagination et peu d\u2019énergie.Esprit subtil et fin observateur.Coquelicot.\u2014Coquotterio, caprice, légèreté et insouciance.Bonté, générosité, franchise et.sensibilit é.Peinte persévérance dans les résolutions.Aline Marguerite.Sens litlérairo.Nature vive, ardonto otextrêmement.impressionnable.Caractère assez forme, cependant.Brunette de V) ans.\u2014Intelligence vivo et très développée.Dincernoment, discrétion et prudence.Nature juste mais peu sensible.Colombe.Imagination t,rô* romanesque.Exaltation et exagération de ses uroores sentiments.Pou «le constance dans l'affection.Toujours à toi.\u2014Penchant à la mélancolie.Inégalité d\u2019humeur.Naturo timide, dl-crête, dé flan to ot très peu communicative.Canadienne.Détermination et fermeté pompées lusqu\u2019à l'entêtement.Orgueil et audace.Ambition effrénée.Mon anpe.\u2014Manquo de persévérance.Droiture de caractère.Franchise ot absence «lo ruse.Feu do sons pratiquo.Sensibilité.Ça et là.\u2014Votro écritaro montro de la for-nrnté, un non d\u2019astuce ot beaucoup d\u2019ambition.Manquo d\u2019ordre et beaucoup do réflexion.Annun:iata de I?.\u2014Nature douce et conciliante.Bonté ot, sensibilité.Volonté faible.Pou d\u2019énergie et peu «l\u2019activité.Franchise.Eupénie.\u2014Salut aux jolies ioliettaîses.Na* turc ii la fois timide et livre.Volonté très én-r' gique, mais se manifestant rarement.Esprit observateur.Heureuse.\u2014 Réserve, discrétion, défiance.Bonnes dispositions h l\u2019amour.Assez bonne sensibilité, peu d'expansion, cependant.Amelia R.\u2014Froideur et délicatesse do sentiments.Esprit étayé.Peu d'initiative.Nature quelque peu portée à la paresse et à la rêverie.Florida.Sensi artist ique.Orgueil.Nature cependant très bienveillante.Intelligence très vivo.Dispositions a l'amitié plus qu'à l'amour.Marpot à L.\u2014Nature impressionnable.Imaginât ion romanesque.Vous êtos pourtant susceptible «l\u2019aimer, beaucoup ot bien.Musiea me Jurat.\u2014Sons littéraire.Imagination active, caractère entreprenant.Bonté et générosité.Aptitudes musicales.Old street heart.\u2014Co spécimen d\u2019écrituro révèle une nature franche, loyale, sans artitlcos.Un caractère doux mais peu do sens pratique.Inans.\u2014Ambition, audace, confiance en sa propre forco.Bon cœur ot nature assez impressionnable.Volonté forme, pas inflexible, ce pondant.Peu do persévérance.C.Alex de Arm.\u2014Intelligenoo mercantile.Sons pratique.Esprit d'initiative.Pou do sensibilité.Ambit ion et audace.Porte-tleur ?.\u2014Vous êtes la sixième j ol iot.t aiso que j\u2019ai lo plaisir do lire aujourd\u2019hui.Votro naturo est, forme et franche, pas très impressionnable.Votre tempérament est calme et réfléchi.La petite fi'lc o ma tante.\u2014Astuce, orgueil ot défiance.Tempérament calme, dissimulant très bien ses impressions.Sen « pratique.Je suis fiancée avec .Originalité o« indépendance «le caractère.Esprit «le domination.Peu do sensibilité.Natur froide.Fleur de mai \u2014 Sens littéraire.Vivacité «l\u2019humeur.Tempérament nerveux et «excita ble.Nature vindicative et très énergique.Toujours au larpe.Caractère qu lque peu excentrique.Manque- de persévérance.Audace et timidité.Peu do suite dans les idées.Pcdrè Ne vous désolez pas, mon ami, le silence e-t parfois très éloquent auprès dos jeunes demoiselles.Votre nature est très im pressionnable et votre imagination un peu romanesque quoique pas euthouKinsto.Cue certaine tendance à l\u2019exagération de scs propres sentiments.Etoile du noir.-Caraelère quelque peu irré gulier, trèn entreprenant, toutefois.Imagination active Volonté facilement contrôlable.Heur
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