Le samedi, 1 août 1895, samedi 31 août 1895
[" $2.50 PAR ANNEE LE NUMERO 5 CTS VOL.VII.\u2014NO 13 MONTREAL, 31 AOUT l@95 A U BAL < ' mm i ?&?} s MjlMMi ' ïM ¦¦ ': ï:' I: ÎK * 'm jn « ii » tùmmmmgmmm DERRIÈRE L\u2019EVENTAIL.i*J - ¦ .r.; .- ./¦¦¦¦'¦ « s* .**\u2022¦*, IBfegiil \u2019 \\hémiÊÊÈ .¦ -¦ >.¦MWM\u2014 \u2022.e^'T.Æs- v\"v 3® Samedi (Journal Hebdomadaire) PUBLICATION LITTÉRAIRE, HUMORIS1IQUE ET SOCIALE, OKQ-A.1TE UTT FOTEB J30MESTI9T7E.REDACTEUR: LOUIS PERRON OBOIST I>T IE ILvÆ IE 2STT Un An, $2.50.\u2014 Six Mois, $1.25 (STRICTEMENT PAYABLE D\u2019AVANCE) Friz dL-a.Numéro, B Oentlna.S\u2019adresser pour les informations, les abonnements et les annonces à MM.Poirier, Bessette & Cib, Editeurs Propriétaires, No 516 RUE CRAIG, Montréal.MONTRÉAL, 31 AOUT 1895 A nos Lecteurs et Abonnés Notre roman, LE FILS DE L\u2019ASSASSIN, touche à sa fin, après avoir tenu sous le charme que dégage sa lecture, tous les lecteurs du \u201cSamedi\u201d.Les nombreuses félicitations qui nous sont parvenues nous engagent à offrir à nos lecteurs un autre chef-d'œuvre littéraire, non moins intéressant, dû à la plume autorisée de M, Louis Letang.LE GRIME D\u2019ORGÈRES tel est le titre de cet attachant feuilleton qui place sous les yeux du lecteur les principaux épisodes l\u2019un drame poignant, celui du crime anti-patriotique du traître Dreyfus, dont tous les échos de la presse française ont entretenu leurs lecteurs, il y a quelques mois.Nous sommes persuadés que LE GRIME D\u2019ORGÈRES ne sera pas jugé inférieur au FILS DE L\u2019AS-AS SS IN, it que nous recevrons, à ce propos, les mêmes encouragements que par le passé.Pensées d\u2019un Ebéniste Tout ce qu\u2019on retranche à sa vanité, on l\u2019ajoute à son mérite.Le public ne connaît guère ou connait bien mal ceux qui sont se3 serviteurs dévoués.C\u2019est à la jeunesse qu\u2019il apparti ent d\u2019avoir de la patience, parce qu\u2019elle a l\u2019avenir devant elle.Il y a des livres dont l\u2019histoire ne sauve que le titre, et des hommes dont elle ne retient que le nom.Bien des gens règlent leur vie sur des maximes qu\u2019ils ne voudraient pas voir inscrire sur leur tombeau.La France fournit au monde entier des idées, des œuvres, des hommes, dont elle est seule à ne point tirer parti.Un homme ne peut avoir quelque chose de mieux qu\u2019une bonne femme ou quelque chose de plus mauvais qu\u2019une méchante.Gardez votre tempérament, garçon ; ne vous querellez pas avec une personne qui est de mauvaise humeur, spécialement une femme ; faites attention, une bonne réponse est la meilleure ; se défendre les rends plus enragées que de ne rien dire.LE SAMEDI ELLE N\u2019ÉTAIT PAS VENUE POUR SE MOUILLER LES PIEDS '\\ üiHiHhui Sonnet inédit sur un aeteur PREMIERES LARMES Pâle sous la céruse et les cheveux trop noirs, L\u2019illustre premier rô'e, encor jeune aux chandelles, L\u2019homme à femmes, malgré son âge adoré d\u2019elles, Obtient, comme au beau temps, des effets de mouchoirs.Et, depuis des milliers et des milliers de soirs, Froid comme un glaive et nir de tant de cœurs fidèles, Il prodigue, Antony de centaines cFAdèles, Ses sanglots simulés et ses faux désespoirs.Pourtant, la sciatique est à la fin venue, Horreur ! Elle le cloue aux pieds de l\u2019ingénue Qui, pour qu\u2019il se relève, aide le vieux barbon.Alors l\u2019acteur, gâté par quarante ans d\u2019éloge, Court se cacher et fondre en larmes dans sa loge.\u2014C\u2019est la première fois qu\u2019il pleure pour de bon.François Coppée.Juliette.\u2014Allons donc, Emilie, est-ce que tu ne vas pas venir te baigner un peu ?Emilie.\u2014Laisses-moi ! Laisses-moi ! je ne suis pas venue ici pour me mouiller les pieds.COUCHES SOCIALES PAR OU Les enfants terribles : M.Toto considérant le crâne absolument chauve de son parrain : \u2014Dis, par où que ça s\u2019ouvre c\u2019!e boîte là ?Un député socialiste, voyageant gratis sur une grande ligne ferrée, rencontre au buffet un de nos peintres les plus connus Le : \u201cen voiture\u201d retentit, chacun regagne son compartiment.Le député voit le peintre se diriger vers un char de secondeq tandis que lui va monter dans les premières.\u2014Comment, vous entrez là?\u2014Inégalité des classes ! répond l\u2019artiste souriant au socialiste.en LA BATSON POURQUOI La fille.\u2014 Papa s\u2019en est allé de bien bonne humeur ce matin.La mère \u2014Bon ! Cela me rappelle que j\u2019ai oublié de lui demander de l\u2019argent.Sa bonne humeur s\u2019explique.LE PLUS PRÉCIEUX \u2014Voulez-vous m\u2019obliger, disait un reporter interviewant un homme cé\u2019èbre du Canada, et me dire quel est le livre qui vous a le plus aidé dans votre vie ?Après un moment de réflexion, le grand homme répondit simplement : \u2014Mon livre de banque.TOUJOURS LA MÊME CHOSE Premier électeur.\u2014Tomme ça, quand nos députés sont en vacances, on les paye tout de même pour ne iien faire ?Deuxième électeur.\u2014 Oh ! moi Dieu, qu\u2019y soyent en vacances ou ben pas, c\u2019est approchant la même chose.Petite Correspondance du \u201c Samedi \u201d Z.Paqvin.\u2014Paifaitement, entendu.G.M.A.M.G.Rosa (Montréal).\u2014Tenu compte ce numéro.G.G.(Montréal).\u2014J\u2019ai changé moi-même ; la forme étant déjà sur la presse, il n\u2019était plus possible d\u2019ajourner.PREMIÈRE APPARITION DES BLOOMERS A ST-LIN A\\ I '///jy.r L\u2019oncle Penoute.\u2014 Ben oui, j\u2019croyons ben pouvoir accommoder deux jeunes gens comme vous pour la nuit ; j\u2019vous couch\u2019rons avec un aut\u2019 jeune homme qu\u2019est-ici d\u2019pis deux jours.Un artiste ben honnête.Ça va-t-y comme ça ?- LE SAMEDI BONNE PRÉCAUTION CARNET DU DOCTEUR ¦ySS * / y V//0/(^ ! vr Monsieur Laconnais (surveillant les préliminaires des funérailles de sa belle-mère).\u2014Vous ne pouvez pas la faire un peu plus profonde, dites ?AU PRINCE DES POETES {Pour le Samedi) La nuit est claire et douce.Parmi les vignes, à l\u2019ombre des figuiers, s\u2019élève le trè3 humble et très discuté \u201c Colombarium \u201d appelé : Tombeau de Virgile.Comme chacun sait l\u2019immortel poète mourut à Brindes \u2014 Brindisi \u2014 à son retour d\u2019Athènes.L'auteur des \u201c Géorgiquss \u201d possédait une charmante ville près du Mont Pausilippe.Ayant manifesté le désir d\u2019être enterré dans cet endroit, son corps y fut\u2014dit on\u2014transporté, et j\u2019ai tout lieu de croire que la tradition ne ment pas.Car où trouver un endroit plus digne de recevoir les cendres du poète aimé que ce3 champs Phlégréens immortalisés par son génie ?\u2014 J\u2019allais au Pausilippe.Un endroit solitaire M\u2019attirait par son charme et son ton de mystères Tanit la vieille reine au pâ\u2019e nimbe d\u2019or, Allumait ses falots luisants de messidor.Naples croulant de vie émergeait des ténèbres.Le vieux volcan grognait des hourvaris funèbres.L\u2019haleine du Vésuve embrasait mon chemin, Et lançait dans la nuit ses franges de carmin.Les amoureuses fleurs souriaient aux étoiles, La chimère voguait sur l\u2019onde à pleines voiles.Près du \u201c Colombarium \u201d sous l\u2019astre rayonnant, Le vieux tronc tout meurtri d\u2019un figuier grisonnant Dressait sa tête chaude, et semblait.Sentinelle, M épier dans le noir de sa fauve prunelle.La Lune à l\u2019Orient prit un masque de sang Et je dus succomber sous son charme puissant.Dans mon cerveau grisé passaient des épouvantes, Et j\u2019entendis, tremblant, les paroles suivantes : \u2014La voix gémit dans l\u2019ombre \u2014 On trouble mon sommeil ! N\u2019est-ce donc pas encor l\u2019heure du Grand Réveil ?Ver rai-je done toujours des siècles le cortège ?Mon âme est angoissée et rieu ne la protège ! Dans ce terreux linceul le froid glace mes os.Sentirai-je toujours l\u2019humide du Chaos?Où donc es-tu, Soleil ?bien affreux sont me3 rêves ! Irai-je encor longtemps sur ces vaseuses grèves ?Parfums, Rayons.Zéphirs et vous fleurs que j\u2019aimais.Etes-vous tous partis ?Est-ce donc pour jamais ! Autrefois je chantais, et j\u2019accordai3 ma lyre Aux doux chants d\u2019Ilion, de Lesbos, de Corcyre.Aujourd\u2019hui l\u2019homme ingrat, piétine sur mon corps.Et me laisse dormir là, tout nu, sans remords ! Je suis dans tous les cœurs, chacun connait Virgile.Et l\u2019on me laisse là, frissonnant dans l\u2019Argile ! Il n\u2019est donc plus de marbre ?et sous ce ciel si beau, Me fera-t-on un jour la grâce d\u2019un tombeau ?Si j\u2019avais des Cyprès, dans l\u2019aube matinale Je verrais les pinsons fuir la brise hivernale.Et dans les petits nids, les oiselles sous bois Viendraient me gazouiller des phrases de hautbois.Il me faudrait des fleurs, belles, multicolores, Et le sanglot du vent dans les vieux Sycomores, La vierge au teint de lis enchainée aux douleurs Viendrait me demander le secret de ses pleurs.Nisita, Procida, de Pouzzole à l\u2019Averne.Ischia, Sorrento, de la cave à Salerne Entendez tous ma voix, allez dire aux Latins Que Virgile a pleuré les cieux Napolitains, Et s\u2019il n\u2019est point de marbre, Oh, façonnez la pierre ! \u2014Ainsi passaient dans l\u2019air Virgile et sa prière ! Alphonse Louis Lally.Ne parlez pas du diable à la légère Qu\u2019est-ce, au juste, que celui qu\u2019on appelle le diable 1 La Bible, parlant de lui, le désigne par ce mot : \u201c Le prince des ténèbres.\u201d Eeu M.Scribe, dans l\u2019un de ses opéras, va plus loin en fait de titre : \u201cRoi des anges déchus\u201d, dit-il.En tout cas, il est bien entendu que le diable est un personnage d\u2019importance et dont il ne faut parler qu\u2019en prenant des mitaines.En Angleterre, il y avait, une fois, un peintre très orgueilleux, nommé Reginald Kneller.Il avait beaucoup de succès dans l\u2019aristocratie et gagnait beaucoup d\u2019argent.Un jour, en passant, il entendit un cocher de fiacre s\u2019écrier : \u2014Que le diable m\u2019emporte ! Kneller s\u2019approcha de cet homme et lui dit très gravement : \u2014Mon garçon, le diable peut emporter le duc de Marlborough et peut-être Reginald Kneller, le grand peintre ; mais crois-tu qu\u2019il veuille se donner la peine de charger sur se3 épaules un manant tel que toi ?LES TROUBLES DU POULS Il serait bon que chacun songeât à appuyer de temps en temps trois doigfs d\u2019une main au poignet de l\u2019autre sur le trajet de l\u2019aitère radicale, en un mot, qu\u2019on prit l\u2019habitude de se tâter quelquefois le pouls au physique comme on le fait au figuré chaqne fois qu\u2019on a une décision sérieuse à prendre.Cette précaution éviterait bien de3 désagréments.En effet, les troubles du pouls signalent le début d\u2019un grand nombre de maladies et rien que son ralentissement est un symptôme important que l\u2019on retrouve dans l\u2019anémie, le surmenage, la chlorose, qui désolent nos générations modernes.Toutes les fois que le pouls, examiné en l\u2019absence de toute émotion, bat moins de 70 fois à la minute (on sait que le taux normal est de 70 à 80 pulsations), il faut conclure à la présence d\u2019une anémie menaçante qui peut ne donner lieu encore à aucun symptôme, mais qui, tôt ou tard, provoquera des troubles dans tous les systèmes, principalement dans le système circulatoire, sous la forme de palpitations, de vertige, d\u2019hypertrophie cardiaque ; dans le système digestif, ces troubles se manifestent par du manque d\u2019appétit, des digestions lentes et pénibles, de la paresse intestinale ; dans le système nerveux, c\u2019est la neurasthénie, avec tous ses symptômes psychiques qui éclatent et vont transformer la vie en un long martyre.C\u2019est contre ces ralentissements du pouls qu\u2019il faut réagir et combattre activement toutes les causes auxquelles peuvent se rattacher le pouls lent : anémie, chlorose, surmenage.Par la kola, redonner aux batti ments du cœur de l\u2019amplitude et la ' régularité ; au pouls, de l\u2019énergie.Par la coca, réveiller l\u2019appétit, rendre la digestion rapide et normale.Par l\u2019iode, faire cesser les congestions capillaires, qui deviennent souvent le point de départ de la constipation.Par le phosphate de chaux, prévenir la dénutrition.Docteur Ox.Il n\u2019y a guère de progrès dont il ne faille accoucher au forceps de l\u2019Humanité.PAYSAGE SOUS-MARIN V\u2018 \\w\"ÛMfïyvyM ffvÀv^'' l ¦ ¦> ' ts^Ép 'il ; \u2014=- l(^.vXY >*\u20221 \" > 'À-MUÿS l&v\t- jÆAî'i.\\: r% * N t.'stsA Y z: .7 riggp .r\t1 Ülï : i M WW 10) T» » J rJ'-rH 2\t.p \"üsEsv\t\u2014 i ^sff - '-V Z v>,\\\\ \u2022 ; J-UZ.ir* Dans la société moderne, l\u2019invention d\u2019une machine suffit pour transformer l\u2019état économique et révolutionner les mœurs.Son père ne la perd jamais de vue, mais l\u2019amour est plus fort que lui. 4 LE SAMEDI mmMÆ IBS; i.W'iôW wm ;.SèS5»>*>vi\u2018 \u2014 Quelle était la monnaie de nos pères ?\u2014Le sou du Franc !\t- LES PLAISIRS DE LA PLAGE Sur un transatlantique en vue d\u2019Alger : \u2014Les cabines sont bien petites, dit un voyageur à son voisin.\u2014Comment ! Monsieur, répondit celui-ci : nous sommes au large et vous vous plaignez d\u2019être à l\u2019étroit.EXAMEN Sur le quai de départ : (Jn petit bourgeois, montant en secondes: \u2014Est-on heureux de pouvoir aller en premières ! Un bohème, montant en troisièmes : \u2014Est on heureux de pouvoir aller en secondes ! Un veau, à travers les barreaux de son box : \u2014 Est-on heureux de pouvoir aller en troisièmes! Mlle Lili s\u2019installe familièrement sur les genoux d\u2019un jeune homme qui fait un doigt de cour à grande sœur depuis ce printemps.\u2014Dis, monsieur.tu es riche?*\u2014Oui, ma petite minette.\u2014 Tu est très riche ?\u2014Mais qu\u2019est-ce que ça peut te faire que je sois riche ou non ?\u2014C\u2019est que grande sœur disait hier qu\u2019elle donnerait bien vingt francs pour savoir si tu es riche.et je voudrais les gagner.Dans un théâtre : Au dénouement d\u2019un drame, l\u2019héroïne doit mourir d\u2019un coup de revolver.L\u2019arme, comme d\u2019habitude, rate.Sans perdre la tête, l\u2019artiste s\u2019écrie : \u201cJe meurs première victime de la poudre sans fumée ?\u201d Une réflexion de Calino : \u2014 J\u2019ai quelquefois pleuré à force de rire, mais c\u2019est singulier, je n\u2019ai jamais ri à force de pleurer.Sur le boulevard : \u2014 J\u2019touche demain un chèque de 30,00 francs.prête-moi cent tous._____ Le romancier X., est le plus endurci et le plus endetté des célibataires.On le presse de se marier.\u2014 Songez, mon cher, c\u2019est si triste d\u2019être seul, en prenant des années ! Si l\u2019on a des ennuis, on n\u2019a personne qui s\u2019inquiète de vous ! \u2014Mais si ! On a ses créanciers ! Un père voulant juger des progrès de son fi's, l\u2019interroge sur la grammaire : \u2014 Qu\u2019est-ce qu\u2019un œuf?\u2014C\u2019est un substantif.\u2014De quel genre ?\u2014Papa, on ne sait pas.Il sera masculin ou féminin selon qu\u2019il en sortira un coq ou une poule.On racontait à table qu\u2019un pauvre bohème, le fameux Z., connu pour le négligé de sa tenue, avait été rossé au détour d\u2019une rue par son propriétaire, qui ne pouvait obtenir un sou de lui.\u2014Dieu soit loué ! s\u2019écria X., son habit aura été au moins une fois battu.On parle de la guerre sino-japonaise devant Calico.\u2014\tA ce propos, dit celui-ci, je vais me rendre chaque matin à l\u2019hôpital Saint-Louis.\u2014\tPourquoi ?\u2014\tParbleu ! pour suivre les opérations.M.Muzodor à Madame pendant un entr\u2019acte du Tannhauser : \u2014Comme ce doit être beau, quand on comprend ! \u2014Es-tu bête de dire ça si fort ! Ces messieurs de l\u2019orchestre vont te prendre pour un imbécile ?A Gacouna.La Récolte du \u201cSamedi\u201d (A travers les journaux Parisiens) Lord Chesterfield ayant été faire une visite à lord Benti'l, le petit chien de ce dernier le mordit à la jambe.\u2014Ne craignez rien, milord, lui dit lord Bentill, mon chien ne mord jamais.A ces mots, Chesterfield étendit le petit chien sur le carreau d\u2019un coup de canne, en disant : \u2014Ne craignez rien, milord, je ne bat jamais les chiens ! Nos potaches du dernier bateau : Un galopin de sept an», fils d\u2019un financier bien connu, cause en revenant du lycée avec un de ses petits camarades.Celui-ci qui n\u2019est pas de la même classe que l\u2019autre explique un plan qu\u2019il a formé pour la fête de son professeur : \u2014 Je fais une souscription dans la classe, dit-il, pour lui ofirir un joli cadeau.Mais l\u2019autre, sceptique : \u2014Combien que tu gagnes là-dessus ?Monsieur Bébé, un personnage de cinq ans, vient d\u2019assister au repas.lacté que son petit frère s\u2019est offert goulûment.Bébé reste pensif.Puis, se levant de sa chaise, il s\u2019approche de sa mère et, d\u2019une voix angélique : \u2014Dis, maman, quand y a plus de lait, comment que tu fais pour en remettre ?.J\u2019assistais récemment, en compagnie d\u2019un homme de lettres bien connu, à une première de la Comédie-Française : \u201c La pièce eût été réussie, \u201c me dit un interlocuteur, si l\u2019auteur avait voulu \u201c suivre mes conseils.\u2014 Que lui aviez vous donc \u201c conseillé?\u2014 D\u2019y mettre beaucoup d\u2019esprit.\u201d A l\u2019hôpital militaire : \u2014Où vous sentez vous mal ?\u2014Au régiment ! Monsieur le major.ACTUALITÉ \u2014 Qu\u2019est ce que tu as fait pour le Salon ?\u2014Une chose épatante, un Prométhée.\u2014Mais c\u2019est du rococo ! \u2014Non; j\u2019ai modernisé.J\u2019ai fait un Prométhée après le vautour.\u2014?\u2014Hé oui ! Je représente mon bonhomme allant faire soigner son foie dans une ville d\u2019eaux minérales.Au tribunal correctionnel : \u2014Prévenu, vous ne pouvez nier que l\u2019agent vous a surpris les deux mains dans les pochfs du plaignant ?\u2014Dame par ce temps là, 10 degrés au dessous de zéro, où voulez-vous que je les mette ?Calino meurt après vingt ans de mariage.\u2014Enfin, me voilà veuf ! s\u2019écrie t il, en fermant les yeux.3 2471 LE SAMEDI LA CHANSON DU FER (Pour le Samedi) Au souffle d\u2019un courant le feu rougit le fer Qui chunte sa fierté de devenir l\u2019éclair.11 dit que c\u2019est le fer qui l'art acha des couches Où dans sa léthargie, en de3 noirceurs farouches, Il reposait d\u2019abord ; que dans les souterrains Le fer cherche le fer, que le fer est sans freins ; Qu\u2019il creuse toute terre où se trouve une roche Et que sur le granit souvent il se ricoche ; Il dit que c\u2019est lui seul le maître des métaux, Des riches diamants ; que c\u2019est dans ses étaux Qu\u2019on polit les onyx, le3 améthistes pâles, Les jalons des joyaux, qu\u2019il fabrique des balles, Et qu\u2019il est l\u2019instrument de vie et de trépas, Qu\u2019il monte vers le ciel et qu\u2019il vient de bien bas.O fer orgueilleux, fier, ta vanité te rive A ton sombre séjour, ta chanson est craintive Et tu ne sais rien, rien.Tu n\u2019as pas de remord ?Tu dois ta vie à l\u2019homme et tu lui rends la mort ; Tu lui perces le cœur et lui te donne l\u2019âme ; Tu lui fais des palaù pour l\u2019abriter un jour ; Tu façonnes les clefs d\u2019un cadenas d\u2019amour, Les clefs d\u2019une prison ; tu nous sers de défense.Mais, qu\u2019es-tu donc de plus ! Un éclair pour nos yeux ?Quand tu traverses l\u2019air, l\u2019étoile dans les cieux?Tu ne sais pas te taire, ô monstre d\u2019ignorance ! Défends-toi, parle.Ami, le fer c\u2019est la puissance.Oa me dit fils d\u2019enfer ; pourtant je monte au ciel ; On me dit destructeur ; et j\u2019ai construit Babel ; On dit que je suis lourd ; et je flotte sur l\u2019onde ; On me croît un tyran, moi, l\u2019esclave du monde ! Ah ! je suis bien cruel ! mais, l\u2019homme l\u2019est bi«uplus.Qu\u2019il entr\u2019ouvre la terre, où je dors tout perclus, Sans forme, sans penser, qu\u2019il me donne l\u2019âme, A son feu qui pétille et me rougit de flamme ; Qu\u2019il me forge et me frappe avec un fer pareil, Je suis son serviteur, je suis son appareil.Mais, j\u2019ai droit d\u2019être fier si je flotte sur l\u2019onde, Si je vais vers les cieux chercher un autre monde ; Et, fier, j\u2019aime le feu qui doit me rendre pur, Brillant comme un éclair qui transperce l\u2019azur.Jean Ga-Hu.Juillet 1895.\u2014Eh bien, mon cher, toujours viveur ?\u2014Oh ! non, vivant seulement ! r 4 vs THÉORIE DE L\u2019ÉVOLUTION D >jr*l 0 r\\ \u2014 Dites - moi, docteur, est ce vrai que les œufs fraiséclaircissent la voix ?\u2014Sans aucun doute : voyez les poules, dè3 qu\u2019elles pondent, elles se mettent à chanter.Du clubman au hibou.Devant Monsieur l\u2019maire : \u2014Jacot, consentez vous à prendre pour épouse Marie Lacaille ?\u2014N\u2019en v\u2019ia n\u2019eune question ! pisque je n\u2019 sommes ici qu\u2019 pour ça?\u2014Et vous, Marie Lacaille, consentez-vous à prendre Jacot pour époux?\u2014Pisqu\u2019i\u2019 vint d\u2019vous 1\u2019 dire ! CHRONIQUE MONDAINE DES VISITES EN GÉNÉRAL Il y a plus d\u2019un genre de visites : visites officielles, de cérémonie, de convenances, de noces, de digestion, de condoléance, de congé et de retour, d\u2019arrivée, du jour de l\u2019an, intimes, etc.Nous ne dirons rien des visites officielles pour lesquelles chaque corps d\u2019État a son cérémonial particulier.VISITES DE CÉRÉMONIE Les visites de cérémonie sont celles que se doivent entre eux \u2014 et leurs femmes entre elles \u2014 les officiers d\u2019un même régiment, les magistrats d\u2019un même tribunal, le3 fonctionnaires d\u2019un même ministère.Elles sont obligatoires au nouvel, an, à l\u2019arrivée, au départ.Les autorités civiles d'une localité, si petite qu\u2019elle soit, ont droit aussi à ce genre de visites dans les mêmes circonstances.Rien n\u2019empêche les visites de cérémonie de se transformer en visites de convenances puis en visites intimes, mais tout le temps qu\u2019elles ne sont que cérémonieuses, elles doivent être fort courtes.Toutefois, ne leur donner qu\u2019une durée de cinq minutes serait une autre erreur.Il serait encore plus absurde de se relever aussitôt après s\u2019être assis que de \u201c s\u2019éterniser \u201d pendant une heure.Il faut bien penser que les maîtres de la mai- CHARMANTE SURPRISE son ne peuvent trouver des sujets de conversation bien variés ni bien abondants, lorsqu\u2019ils reçoivent les gens pour la première fois, ou qu\u2019ils ne les aperçoivent qu\u2019une fois l\u2019an.Si on n\u2019éprouve pas le même embarras, il reste à se persuader qu\u2019on leur parle peut-être, sans doute trop longtemps de choses qui ne les intéressent pas ou guère.En restant un quart d\u2019heure on fera preuve d\u2019un parfait savoir-vivre.En effet, il est aisé de trouver, de part et d\u2019autre, quelques phrases suffisantes pendant cet espace de temps.Les visites de cérémonie sont rigoureusement rendues dans les huit jours.Si.le supérieur, \u2014 ou sa femme, \u2014 colonel, juge, préfet, etc., dépassait ce délai, l\u2019inférieur, \u2014ou sa femme, \u2014juge d\u2019instruction, capitaine, maire, etc., aurait le droit de penser qu\u2019ils sont absolument dénués de politesse.Il va sans dire qu\u2019une maladie, un événement imprévu, un malheur, exempte de cette étiquette ; mais on doit alors s\u2019en excuser et accomplir scrupuleusement, aussitôt qu\u2019il est possible, le devoir mondain qu\u2019on a négligé.Il n\u2019y a aucune différence à apporter, lors des visites du jour de l\u2019an, aux formules ordinairement employées pour les visites ordinaires.On n\u2019offre ses vœux qu\u2019à ses parents, ses amis intimes, ses bienfaiteurs.Les visites de corps dans l\u2019armée, la magistrature, l\u2019administration, ont, du reste, leur protocole spécial.C\u2019est au bon sens et à l\u2019expérience de déterminer les circonstances où l\u2019on peut enfreindre les règles générales.Blanche de Savigny.y IU.T/'- -\\\tN'/ '/W 'il/./.\\ 4 ¦/TF' £ I M, e- A?W À V Mfi BACK RIVER PARC 9/F.V\u2018 %) Par ce temps de villégiature à outrance, alors que chacun des habitants de la ville s\u2019ingénie à saisir l\u2019occasion qui pourra l\u2019en éloigner, ne fut-ce que pendant quelques jours, pour s\u2019aller retremper dans la vivifiante campagne, il n\u2019est pas une des localités le plus immédiatement adjacentes à Montréal qui jouisse d\u2019un succès semblable à celui de ce charmant Parc.Depuis l\u2019ouverture de la saison, des centaines de lots ont été pris par les acquéreurs les plus divers, appartenant à toutes les classes de la société, et ceux qui restent encore deviennent de plus en plus rares.C\u2019est certainement accomplir une œuvre utile que d\u2019engager tous les rétar-dataires à aller faire une promenade sur les bords ombragés de la Rivière des Prairies et nul doute que la fraîcheur du site, la gracieuseté du paysage, les facilités exceptionnelles des communications, ne les déterminent à aller grossir le flot, toujours montant, des futurs habitants de Back River.QUESTION PRECISE Elle.\u2014Vous avez vu la jeune fille Quelle charmante surprise pour un homme qui, depuis deux heures, cherchait sa bicyclette afin d\u2019avoir un peu de repos et qui en Pensez vous \u2018 YlSii.fi t.fi Ml fi 9/i.PO/Yl m C fit on t \\ ol i fi fior.fi\t/wi/in/iiM/ia -vi/viiM 7^/v /i/irt vu\t/J n «/il-» /viiu/MVM /mv> Èm&t\u2019 Ët tout à coup, une idée surgit dans le cerveau de Jacques : Pourvu que mon uniforme soit arrivé à la maison ! Le tailleur l\u2019a bien promis, mais aura-t-il tenu parole 1 O joie ! Il est posé sur le lit.La maman a été le chercher elle-même la veille.Il est là, étincelant, flambant neuf sur le couvre-pied vieil or.Voici le dolman bleu de ciel avec tresses de soie ; sur les marches larges s\u2019élève le groise, grade en hon-une hongroise large d\u2019un Freddy.\u2014J\u2019ai dit à M.Lamoureux que tu devais l\u2019embrasser la première fois qu\u2019il viendrait à la maison.Maud.\u2014Mauvais garnement ! Et qu\u2019a-t-il dit ?Freddy.\u2014 Il a dit qu\u2019il n\u2019y croirait pas jusqu\u2019à ce qu\u2019il le tienne de te?propres lèvres.PREMIER GALON La semaine dernière, à peine la diane avait-elle retenti sur le Grand Carré qu\u2019un cri formidable s\u2019éleva dans le dortoir de Balaklava, se mêlant aux roulements du tambour : \u2014Pékin de bahut ! Pékin de bahut ! I C\u2019était, en effet, la dernière nuit que les Saints-Cy riens de la promotion passaient dans l\u2019Ecole fondée par madame de Maintenon.L\u2019astic fut rapide ; la veille, on avait rendu les équipements et le grand sabre de cavalerie qui, jadis avait fait tant plaisir.A quoi bon faire un lit dans lequel on ne couchera plus 1 Comme ses camarades, Jacques Noirmont empila quelques effets dans le porte manteau dont les deux extrémités furent réunies par une courroie de charge ; puis, le shako empanaché de blanc et de rose, il descendit dans la cour Wagram pour passer une dernière fois l\u2019inspection du capitaine Péchard, un fantassin qui n\u2019aime pas ces poseurs de cavaliers.On forma le cercle, un immense cercle, autour du général, y allant de son dernier laïus.Par-dessus les épaulettes rouges de tous ces Cyrards, se haussant sur leurs pointes pour mieux entendre, arrivaient des bribes de phrases prononcées d\u2019une voix mâle et sonore : \u201c.Vous entrez dans la carrière.Amusez-vous beaucoup, mais amusez-vous honnêtement.Tenue.discipline.amour du drapeau.Et rappelez-vous une chose, messieurs, c\u2019est qu\u2019il faut avoir du poil, encore du poil, et toujours du poil !.\u201d Comme les autres, Jacques applaudit à tout rompre cette péroraison soldatesque, puis à nouveau une formidable clameur de : \u201c Pékin de bahut,\u201d ébranla les vitres, et la colonne se mit en marche vers la gare, en chantant la Saint-Cyrienne : Noble galette, que ton nom Soit immortel dans notre histoire, Qu\u2019elle rappelle à tous la gloire Du premier bataillon.Avec quelle joie on grimpait ce petit raidillon si souvent franchi le dimanche ! Les pantalons garance à bande bleue faisaient, sous le beau soleil, comme un champ de bleuets et de coquelicots, qui aurait tout à coup surgi sur les flancs du plateau de Versailles\u2014ce sale plateau de Versailles ! Et, parfois, de cette masse en marche, surgissait encore le cri : \u201c Pékin de bahut ! \u201d comme le refrain, le Leitmotiv, de cette ascension triomphante.Arrivé sur le sommet de la colline, Jacques se retourna pour jeter un dernier regard à ces bâtiments rectangulaires, au milieu desquels s\u2019étaient écoulées, pas trop mal, ma foi, deux années de jeunesse.Le drapeau tricolore flottait au-dessus de l\u2019horloge qui avait sonné tant d\u2019heures d amphi, de forti, de théories et de colles diverses.Au loin, par les fenêtres grillées de l\u2019infirmerie, on apercevait se profilant dans l\u2019ombre, les coiffes blanches des bonnes sœurs.\u2014 Adieu, sœur Rosalie ! \u2014 Adieu, sœur Octave ! \u2014 Adieu, sœur Marie Joseph ! L\u2019officier de jour avait accompagné la colonne jusqu\u2019au chemin de fer.Débordé par cette joie tumultueuse, il se contentait de dire en souriant sous sa moustache : \u2014Messieurs, un peu de tenue, que diable ! Sans cela vous m\u2019obligeriez à vous mettre aux arrêts.Aux arrêts ! Ce mot-là résonnait délicieusement à l\u2019oreille ; il avait comme un parfum de poudre à la Maréchale ; alors que la veille encore simple soldat, on était menacé du clou ou de l\u2019ours \u2014 horribles mots ! \u2014 maintenant on ne risquait plus que les arrêts comme un officier de la cour de Versailles.Au milieu d'un tohubohu indescriptible, Noirmont s\u2019empila huitième dans un Grampton, puis un coup de sifflet retentit et le train se mit en marche tandis qu\u2019à toutes lç3 portières apparaissaient des têtes jeunes, rasées, épanouies, criant une dernière fois en guise de salut à la vieille caserne : \u201c Pékin de bahut ! \u201d Et le train filait, filait, direction Paris, et Jacques se sentait tout attendri, comprenant qu\u2019il entrait dans une nouvelle phase de son existence.L\u2019air semblait plus pur, le ciel plus léger ; certainement il n\u2019avait jamais fait aussi beau depuis deux ans.A la gare Montparnasse, accolade fraternelle donnée aux copains de la fine 8e compagnie.Où et quand se reverra-t on ?Peut-être dans quelque chevauchée, dans quelque charge irrésistible, là-bas vers la frontière de l\u2019Est.ou même du Sud-Est.Qui sait ?Allons, une dernière poignée de main aux camarades, et en fiacre pour aller embrasser la chère maman.centimètre.Quand on prend du galon.et puis, il faut bien compenser le nombre par l\u2019épaisseur.Voici le pantalon satiné à double bande, le haut képi décalitre, galonné d\u2019argent, le sabre d\u2019acier à la poignée étincelante, orné de la fine dragonne ; voici les bottines vernies avec les éperons d\u2019acier, les gants blancs en peau de chien glacé.Immédiatement, la tranfor-mation a lieu.Arrière la tunique de drap sombre, la chf mise en grosse toile de soldat, le shako si lourd et les demi-bottes à tige matriculée.Du coup, la chrysalide est devenue papillon.Jacques Noirmont se regarda dans la glace, le képi sur la tête, la main gauche appuyée sur la garde du sabre retenu par une gourmette d\u2019acier.et malgré toute sa modestie, il ne put s\u2019empêcher de se trouver tout à fait bien.\u2014Eh bien, maman, suis-je à ton goût 1 \u2014Tu es irrésistible ! s\u2019écrie madame Noirmont avec enthousiasme.Ah ! si ton pauvre père pouvait te voir.\u2014Maintenant, tu permets, je voudrais bien savoir quelle effet je produis dehors 1 \u2014Va, mon enfant, va.N\u2019es-tu pas ton maître, maintenant 1 n\u2019es-tu pas officier ?Tu n\u2019as plus de permission à demander.Jacques ne se le fit pas dire deux fois, et dé- HISTOIRE DE BLOOMERS % Quand on porte des pantalons il faut en accepter les conséquences.e LE SAMEDI 9 TOUJOURS COMME ÇA Emaux et Camées /7/ /y/z/éj.ftr U'?!; v~\\ \\ \\v>\\ mm ïW ëvUj PETITS CHEFS D\u2019ŒUVRE LITTÉRAIRES DE TOUS LES PAYS ET DE TOUTES LES ÉPOQUES XXVI A MA DAME QUI EST MORTE Nous nous sommes aimés comme deux enfants Listes Quelques soirs douloureux tout empanachés d\u2019or.Au bleu revoir de nuit notre doux songe est mort Avec l\u2019ififeu\u2019llement léger de3 améthystes.Or, vous rêvez sous les grands arbres embaumés ! \u2014 Uoe aube pâle\u2014avec mon cœur, je vous ai mise S-ms les feuillages bleus tout enchantés de brise.\u2014Vous en souvenez-vous, ma belle qui dormez ?.A la saison d\u2019avril, sur votre bonté morte, Les pollens que le vent des aurores emporte Ont mis de beaux rosiers blancs pour vous éjouïr.Le pécheur.\u2014 Ah ! ah ! Je crois que Gérome n\u2019a encore vu que dans ses rêves un poisson de cette.gringolant l\u2019e?calier passe fièrement sous la voûte, en jouissant de la stupéfaction de son concierge qui ne s\u2019attendait pas à cette métamorphose subite.Où ira-t-il 1 Dans un quartier où il y ait beaucoup de factionnaires.Réflexion faite, il choisit le faubourg Saint-Honoré avec l\u2019Elysée et le ministère de l\u2019Intérieur.Quelle ivresse folle, lorsqu\u2019en arrivant place Beauvau, à dix pas de la sentinelle, il la voit s\u2019arrêter net, face à lui, réunir les talons d\u2019un mouvement automatique et lui rendre les honneurs en lui portant les armes avec un petit bruit métallique.Deux marmitons, leur manne sur la tête, se sont arretés pour regarder ce beau spectacle, et Jacques passe en saluant simplement, comme un vieux guerrier blasé sur ce genre de satisfaction, mais avec un cœur qui bondit d\u2019orgueil sous son dolman.Devant le palais, la scène recommence.Puis rue Royale, c\u2019est un petit soldat d\u2019infan-teria de marine qui, distrait sans doute, n\u2019a pas salué.\u2014Donnez moi, votre numéro ! s\u2019écrie Noïrmont furieux en arrêtant le petit pioupiou, tout ahuri, par le bouton de sa vareuse.Excus8z-moi, mon lieutenant, excusez-moi, je ne vous avais pas vu.Bah ! I9 lieutenant sera indulgent pour cette fois, et il s\u2019en va, fendant la foule qui applaudit à cet acte de longanimité.Marchef.taille là ! Et pris de respect pour l\u2019ensemble harmonieux où s\u2019étalait tant de splendeur, je vins m\u2019asseoir au pied de cette basilique, sur une pierre blanche que l\u2019on avait jetée là comme n\u2019importe où.Sur cette pierre s\u2019entrelaçaient deux noms qui m\u2019apparurent comme deux existences sœurs, deux souvenirs permanents, peut-être aussi deux grandes douleurs.Et dans l\u2019apaisement des poétiques quiétudes, la lune appâlissait l\u2019invariable nature, belle pour sa consolante poésie et pour son appel confident.Devant cette harmonie des choses\u2014ignorant de moi même\u2014je me mis à songer, mais mollement, de songes tristes dont pas même le souvenir restera, et puis de nos caresses lentes et de nos lents baisers.Et dans le rêve cher, j\u2019ai vu la forme de l\u2019adorée, avec ses langueurs tristes, comme autrefois telle je l\u2019ai sentie dans le délire de son âme; telle je l\u2019ai pressée sur mon cœur lorsqu\u2019elle s\u2019en est venue pleurer l\u2019amoureuse souffrance.Je compris que nos lèvres se rapprochaient pour les mêmes pardons et dans l\u2019effort de l\u2019irréel baiser, je sentis par mon âme comme une ressouvenance \u2014 incomparablement triste et bonne \u2014 des inquiétudes d\u2019aimer.SlLVIO.PLONGEUSE Et moi, parmi ces fleurs faites de votre vie, Chaque soir, au lever serein du souvenir, Je retourne cueillir votre âme épanouie.Gabriel Soulages.CURE MIRACULEUSE Le malade ( essayant de respirer).\u2014Oh! docteur ! je suis bien malade et si la maison était en feu je ne crois pas que j\u2019aurais la force de sortir de mon lit.La servante (entrebâillant la porte).\u2014S\u2019il vous plaît, monsieur ! c\u2019est quelqu\u2019un qui voudrait vous parler.Il veut payer un compte.Le malade (sautant à bas de son lit).\u2014Vite ! Gertrude, donnez-moi mes vêtements (il s'habille).Ma robe de chambre.mes pantoufles.(Il achève de s'habiller en une seconde et sort en courant de la chambre, laissant là le docteur ébahi.ENTRE FINANCIERS M.Veaudor.\u2014Vous avez beau dire, mon cher Gobseck, ce serait plus agréable si on pouvait se faire, honnêtement, les $100,000 par an dont on a honnêtement besoin.M.Gobseck.\u2014Foui ; mais le mohien, tites 1 HONORAIRE RESSOUVENANCE Il faisait nuit ; nuit calme, d\u2019inspirations et de voluptés.Des myriades d\u2019étoiles scintillaient follement au ciel, et parmi les solitaires constellations, la voie lactée cheminait toute blanche par delà les claires obscurités.J\u2019allais seul, insoucieux du rêve, suivant \u2014 l\u2019âme triste \u2014 un sentier qui se perdait dans le vague du soir, et j\u2019entendais, près de moi, comme d\u2019évocatrices chansons qui semblaient convier quelque pauvre âme errante à quelque saturnale échevelée.Et mon cœur s\u2019inquiéta pour les lugubres fêtes et les fantômes apparaissants.J\u2019allais toujours, ivre de libertés, lorsque soudain je m\u2019arrêtai surpris, avec, au fond de l\u2019âme, je ne sais quelle émotion pour le spectacle qui s\u2019offrit.Je vis, se détachant des transparences environnantes, une basilique en ruines ou peut être inachevée, dont les assises étaient de pierre dure et dont une arête montait comme les tours des cathédrales jusque dans l\u2019infini des cieux illuminés ; \u2014 vieille la basilique imposante de solitudes et d\u2019oublis, où s\u2019érigeaient vigoureusement les herbes rudes des vieux manoirs qui s\u2019écroulent.Et tout près coulait une rivière dont les flots \u2014 tellement silencieux \u2014 firent concevoir à mon âme l\u2019idée d\u2019un grand lac qui chantait doucement.SifiS&s.F ?m igg iPïJ H r PPH r/: ¦ M ' mm V\u201c Lilly (qui est supposé avoir reçu des leçons de natation).\u2014Si nous étions en eau plus profonde, je vous montrerais, mesdemoiselles, la façon de plonger.\t, ,,\t7\ti \u201e Chœur des jeunes filles.\u2014Oh ! que c\u2019est dommage qu\u2019il y ait si peu d eau.(La belle plongeuse n a pas quitté les marches de la cabine.) ^871 10 LE SAMEDI A LA VILLE ET SUR LA PLAGE i : fe» % i W\" ¦\u2022'l 'Ij Pourquoi les dames qui toutes, pourtant, adoptent si facilement la même mode, sont elles encore rebelles aux bloomers.CADEAU DE FÊTE Clapotante, la mer brisait ses vague3 courtes sur le3 galets de la grève.A l\u2019horizon, le soleil émergeait de* eaux céruléennes sur l\u2019azur du ciel qu\u2019estompait une buée pâle.Seuls, de minces stratus striaient de leur blancheur fumeuse la limpidité du firmament.Cependant, des souffles, tièdes comme une haleine, épandaient du suroit leur gestation imminente d\u2019orage.Félicien Costalde, patron de la Jano poulido, debout sur la côte, reniflait l\u2019air, se grattant l\u2019oreille, avec une moue indécise.Prendre lamer était dangereux, il y avait du grain dans l\u2019air.D\u2019autre part, c\u2019était demain l\u2019anniversaire de son mariage avec Jane Miramas, la fleur de sa vie, du nom de laquelle il avait baptisé sa barque en présage de bonheur.Et cet anniversaire, depuis dix ans, était joyeusement fêté.Or, les derniers temps avaient été mauvais, le bour-sicot de Costalde sonnait creux et Jane désirait des affiquets pour la fête patronale, toute proche.Bah ! il en avait vu d\u2019autres ! Le grain ne se déchaînerait pas avant le mitan de la journée, et la température orageuse favoriserait sa pêche.On rentrerait de bonne heure, avant la tempête, et s\u2019il fallait la subir on saurait bien s\u2019en tirer encore ! Félicien héla son matelot Frédéric qui, inquiet du temps, ne se hâtait pas.Il le gourmanda, le fit embarquer et commanda de pousser au large.La Jano poulido s\u2019éloigna sous la poussée lente des avirons, Sitôt le promontoire doublé, Costalde hissa la voile et l\u2019envoya vers la haute mer.Silencieux, les deux hommes observaient alternativement le ciel et l\u2019eau.Enfin, le patron jeta les blets.Il avait eu la main heureuse ; quelques gros thons furent capturés dans leurs mailles.\u2014La bande ne doit pas être loin, affirma-t-il.Attention, mon gars.Les filets retombèrent et remontèrent à vide.Félicien observa l\u2019eau et, guidé par un bouillonnement de sa surface, fit virer de bord.\u2014Stop ! cria-t-il.De nouveau le filet s\u2019immergea.Le fiün qui le retenait vibra de brusques soubresauts qui l\u2019arrachaient des mains robustes du pêcheur.\u2014Aide moi, Frédéric.A eux deux, péniblement, ils halèrent à bord le riche butin emprisonné dans les mailles.Félicien eut un large sourire.\u2014Ah ! le beau cadeau qu\u2019aurait la Jane ! A chaque coup de filet les thons s\u2019amassaient au fond de la barque.Tout à la fièvre de leur pêche merveilleuse, les deux hommes oubliaient les heures.Soudain, une rafale s\u2019engouffra dans la voile, arrachant l\u2019écoute, secouant la toile de claquements rageurs.La Jano poulido roula, déséquilibrée.\u2014Aux avirons ! cria Costalde : Déjà, il avait amené le mât et empoignait la barre.Frédéric, les biceps saillants, raidissait le3 avirons.Pressées, tumultueuses, les lames, venues du fond heurtaient la quille ; à leur sommet surgissait la barque pour s\u2019engouffrer aussitôt dans leurs intervalles béants.Aveuglés d\u2019em brun, les deux hommes luttaient, silencieux ; Frédéric courbé sur le banc de nage, Félicien cramponné à ia barre qu\u2019assaillaient le3 paquets de mer dans leur ruée.Multipliés dans une chevauchée torrentueuse, comme les échelons successifs d\u2019une charge de cavalerie, fondus dans le grouillement des mê'ée3, les flots croulaient sans interruption, emportant dans leur furie la barque suspendue sur leurs crêtes ou engloutie dans leurs abîmes.Les avirons s\u2019immergeaient inégalement, faussant l\u2019élan et faisant prêter le flanc aux lames, malgré la promptitude avec laquelle le patron compensait l\u2019impulsion d\u2019un coup de barre.L\u2019embarcation s\u2019emplissait d\u2019eau.Une main à la barre.Cos-talbe de l\u2019autre maniait l\u2019écope ; mais ainsi il perdait de vue, un instant, la manœuvre et un coup de mer faillit les capeler.Il lâcha l\u2019écope et ne s\u2019attacha plus qu\u2019à assumer la direction.Tout en examinant la mer.les regards de Féli- \u2014Aux avirons ! tonna l\u2019homme.Inconscient, vaincu, le matelot obéit au maître.Il continua à nager sous la pesée des prunelles dont l\u2019éclair aigu semblait lui trouer la chair.Parfois, un tremblement convulsiffaisait hésiter se3 bras, mais le commandement du patron le fouettait encore : \u2014Nage, nage donc.Hagard, il raidissait ses membres et ses reins pour une poussée nouvelle, luttant encore, la gorge râlante.Par deux fois, les avirons échappèrent à ses forces défaillantes ; l\u2019ordre impérieux du mari le força à perpétuer la tâche.La côte se rapprochait.L\u2019effroyable agonie allait prendre fin.Terre, toucher terre, s\u2019enfuir à jamais, si loin que le regard vengeur lâchât sa proie !.Oh ! la terrre !.Et Frédéric se contorsionnait en efforts frénétiques et suprêmes.Alors la barque vira.Le marin regarda Costalde qui ricanait : \u2014Nage, nage donc ! O la folie qui bat le crâne, broie les tempes ! Impuissant à secouer le joug du maître, Frédéric sentit passer la Mort.Un flux de sang noya son cerveau, creva sa gorge et il s\u2019abattit en arrière, les yeux fixes, désorbités, gardant au-delà de l\u2019agonie, leur épouvante.Costalde sauta sur les avirons, poussa vers la grève où Jane attendait anxieuse.Elle blêmit, le voyant seul ; mais l\u2019homme soulevant le cadavre de Frédéric, arracha le médaillon et le jeta à la face de la femme.\u2014Je t\u2019avais promis un cadeau de fête, le voilà ! Jane s\u2019abattit.Costalde la contempla, comme s\u2019il eût voulu s\u2019emplir à jamais les yeux de celle qu\u2019il avait aimée, qu\u2019il aimait peut être encore ; soudain, rageusement, il repoussa la barque et se perdit vers la haute mer.Il ne revint jamais.\tJeanne.PETIT DIALOGUE \u201c Tien3 ! vous portez perruque 1 \u2014Que voulez-vous 1 il fait si froid.__î \u2014Mais oui, c\u2019est un excellent poil mobile / \u201d cien tombaient sur Frédéric qui, en face, tirait sur les avirons.Dépoitraillé, dans l\u2019intensité de son effort, il étalait son cou hâlé, cerclé d\u2019un cordon en cheveux au bout duquel se balançait un médaillon.Souvent le patron avait plaisanté son matelot à ce sujet ; aujourd\u2019hui, cependant, il le dévisageait, blême, les cheveux raidis d\u2019horreur.L\u2019amulette était ouverte et rayonnait le sourire de Jane ! Il le connaissait bien ce portrait miniature, pour lequel elle avait posé un jour de fête patronale.Voici deux an3.Deux ans !.Depuis un an elle était mère après neuf années d\u2019union stérile!.Epouvante !.Il perdait d\u2019un coup tout ce qui étaitsa vie : si femme, son enfant, son ami ! Muet, il fixait Frédéric, quand leurs yeux se rencontrèrent.Le matelot comprit que le mari savait, il courba le front, vit l\u2019amulette ouverte.Sa main lâcha un aviron pour arracher le délateur.LES CHOSES SONT CHANGÉES WM i Pauvre mari.\u2014Emma, il est 2 heures, si tu ne peux pas revenir plus tôt de ton club, je m\u2019en retourne chez ma mère. fSjrfi,\" f.'\t'-rry\u2014zr^ r*~~:r tfsrSRm INSTANTANÉ ¦y Le rédacteur du \u201c Canard \u201d après deux heures de pèche miraculeuse au Chenal du Moine.MENUS EPICURIENS A la demande de plusieurs de nos lecteurs, nous donnerons, chaque semaine, la recette détaillée des principales sauces employées dans la bonne cuisine française ; recettes que nous citons quelquefois et dont beaucoup de ménagères ne connaissent pas la formule.Afin de ne pas dépasser l\u2019espace qui nous est réservé dans le journal, nous ne donnerons à chaque menu, qu\u2019une recette nouvelle, renvoyant pour le complément, à celles déjà données.EN GRAS Potage à la purée de pois Bouchées aux huîtres Caneton rôtit Merlans fines herbes Choux-fleurs au fromage Pommes meringuées Potage à.la purée de pois.\u2014Faites cuire des pois dans du bouillon avec une carotte et deux oignons ; les pois cuits, passez-les, puis ajoutez une quantité suffisante de bouillon ; faites bouillir pendant vingt minute s et versez dans la soupière sur des croûtons frits.SAUCES Béchamel grasse.\u2014Mélangez dans une casserole beurre et farine, puis mouillez avec moitié crème et moitié bouillon ; assaisonnez d\u2019échalotes et de persil hâchés, de muscade râpée.Laissez réduire, passez au tamis de crin et réservez pour les besoins.Béchamel maigre.\u2014Mettez dans une casserole, avec un morceau d\u2019excellent beurre, échalotes, persil, ciboules, hâchés très mince, une petite cuillerée de farine délayée avec de la crème, assaisonnez de sel, mignonnette, muscade ; faites bouillir en tournant sur le feu, jusqu\u2019à ce que la sauce ait pris consistance ; passez au tamis de crin, et servez.On appelle aussi cette sauce Béchamel à la crème.Sauce Espagnole.\u2014Mettez dans une casserole deux tranches de jambon, quelques tranches de veau, deux carottes, deux oignons en tranches ; faites suer sur le feu ; mouillez avec du bouillon et une demi-bouteille de vin blanc, ajoutez une gousse d\u2019ail, bouquet de persil, girofle, laurier ; faites bouillir le tout deux ou trois heures sur un feu doux ; faites un roux, mouillez-le de la sauce, laissez réduire, dégraissez et passez au tamis.Conservez cette sauce qui doit être bien liée et d\u2019un sel doux, pour s\u2019en servir au besoin.Baron Brisse.INSATIABLE Dans une laiterie du domaine de X-sur X.\u2014Mademoiselle.je voudrais bien un autre verre de lait.il y a un poil de vache dans celui-ci.\u2014Mais, monsieur.je pense bien que vous n\u2019espériez pas trouver un poil de cheval ?LE SAMEDI ECHECS PROBLÈMES D\u2019ÉCHECS ET JEUX D\u2019ESPRIT PROBLÈME No 25 Par C.Planck noirs BLANCS Les blancs jouent et font mat en trois coups.Jeux d\u2019Esprit No 141 \u2014 ÉNIGME Par Atropos Je donne en dix à deviner Aux plus experts à ce manège : Un champ qu\u2019on ne peut moissonner Que lorsqu\u2019il^est couvert de neige.x No 142 \u2014 CHARADE Par Camille Etre ancien et charmant se montre le premier ; Créé pour le repos vient alors le deuxième ; Nécessaire, agaçant, est vraiment le troisième ; Un prénom féminin donnera mon entier.x 143 \u2014 LOGOGRIPHE Par Emma Carlot Sur mes cinq pieds, lecteur, je suis une habitude, Et sur quatre, un Caton ; sur trois, même la prude Veut toujours me cacher ; j\u2019en cherche les raisons, Car il est des beautés dans toutes les saisons.' No 144 - PROBLÈME TRONQUÉ Par Jean Canada Tronquez les finales des définitions de la première colonne pour former les définitions de la deuxième.Les lettres tronquées formant un mot qui a rapport aux Ecoles du Manitoba.1.\tComplet 2.\tNœud 3.\tGarçon 4.\tPrix 5.\tInquiétude 6.\tPublié 7.\tMeuble 8.\tPartie de maison 9.\tDemi 10.\tTerme musical 11.\tHerbe séchée 1.\tExtrémité 2.\tJoyeux 3.\tChanvre 4.\tPartie du corps 5.\tMinime 6.\tPréposition 7.\tPublication 8.\tPronom 9.\tUn des premiers hommes 10.\tTerrain 11.\tConfiance No 145 \u2014 MOT EN LAMPE Par Lady Sion x X x x Xx x X x x X x x x X x x x X x x x X x x x x x X x x x xxxxXxxxx X X X X X X X x x X x x x X x x X x x x X x x x x x X x x x Horizontalement : Insecte ; Rivière d\u2019Allemagne ; Adverbe ; Se trouve dans \u201c gypse\u201d ; Pas serré ; Rivière affluent du Rhin ; Département de France ; Elégant et recherché dans sa toilette ; Médicaments autrefois en vogue ; Sorte de poinçon pour percer le fer ; Sorte de réchauffoir pour le lit ; Roi de Juda ; Saison ; Calamité publique ; Cavalier hongrois.Verticalement au milieu : Société d\u2019écrivains du 18e siècle.11 146 \u2014 METAGRAMME Par Lachaise Quatorze vers, lecteurs, et ne néglige rien ; Puis, en changeant mon chef, je couvrirai le tien X No 147 \u2014 MOYENS MNÉMOTECHNIQUES Quel est le Poète dont le Nom, le Prénom, la Ville natale et les principales Œuvres forment, par leurs initiales, le mot : CRÈMES Adresser les solutions à Philidor, journal le Samedi.SOLUTIONS DES PROBLÈMES ET JEUX D'ESPRIT DU NUMÉRO PRÉCÉDENT ÉCHECS Solution du problème No 24 Blancs\tNoirs 1\t\u2014C 8 R 2\t\u2014 D 4 T (échec) 3\t\u2014 T suivant le coup du R 1\t\u2014 T prend le F 2\t\u2014 R n\u2019importe ou 3\t\u2014 Echec et mat PROBLÈME No 134 Chien \u2014 Dent \u2014 Chiendent X PROBLÈME No 135 Au Ramier l\u2019oiseleur, pour le faire mourir, Dresse un piège.Un Serpent, que presse le barbare, Le mord, et de façon qu\u2019il en fa'lut périr.On mérite le sort qu\u2019aux autres on prépare.Guichard.x PROBLÈME No 136 Prairie.Emporté.Liberté.Ecurie.Imprudent.Facile.Indépendant.Indocile.X PROBLÈME No 137 Banquier \u2014 Idiome \u2014 Chape \u2014 Tout chien qui aboie ne mord pas.X PROBLÈME No 138 I vrognerie L utnière Contraires E gayer S ilence T rouble N ouveau v.E ntier f Synonimes C ontestation O rgueil I mpétueux F ouïe F ranc Egayer Il est né coiffé PROBLÈME No 139 B A c u N i baDin bouRdon poEme E C U O H E F E Z A N A M À I N E E F F E N D I lapeRoïïse Ont trouvé les solutions du No 11 :\u2014 PROBLÈME No 140 LUCERNE UTOPIE COLIS EPIS RIS N E E ECHECS (Problème No 23) Solutions justes : MM.Gill (Québec) ; F.Weber, As-selin (Montréal).Autres solutions justes : MM E.Barcelo, Dr Cortex (Montréal) ; Sphinx d\u2019Ottawa.JEUX D\u2019ESPRIT (Problèmes de 120 à 126) Ont trouvé 6 solutions : MM.E.Barcelo (Montréal); Sphinx d\u2019Ottawa.Ont trouvé 6 solutions : MM.Primevère, A^mandine (Montréal) ; Mikado (Lévis) ; Des yeux noirs (Québec).Ont trouvé 4 solutions : MM.Dr Cortex, Jean Canada (Montréal) ; Marie Blanche (Terrebonne).Ont trouvé 2 solutions ; Mlle Pilon (Victoria-ville) ; Alph.Beauregard (St-Hyacinthe).A trouvé 1 solution MM.Marie Germain (Montréal) » C.T.Cior, L.Fusilier (Nouvelle Orléans).Si tous Toussez, prenez LE BAUME RHUMAL.25 ets la bouteille, en vente partout J./ 12 LE SAMEDI FEUILLETON DU SAMEDI LE FILS DE L\u2019ASSASSIN QUATRIEME PARTIE IX \u2014 LE REMORDS ( Suite.) Non, non ! Elle entendait nster à Paris, vivre la tête haute.Il ne fallait pour cela que déployer un peu d\u2019énergie ; elle en avait assez pour en donner à son mari.Et d\u2019ailleurs ne dirigerait-elle pas les choses pour que le baron de Ker-nizan ne se retrouvât plus en face de Gilbert ?Elle ne lahserait rien au hasard, elle ne quitterait pas son mari un seul jour, elle écarterait de lui tout ce qui pourrait lrsi rappeler le passé, elle l\u2019amuserait, l\u2019étourdirait.Dans trois mois, Gilbert aurait quitté la France.Gagner trois mois, et elle était sauvée ! Cependant, la belle journée de printemps s\u2019évanouissait, et une soirée humide, une soirée presque d\u2019hiver, la remplaçait.Et, quand ils rentrèrent dans Paris, le baron se sentit tout à coup attristé, glacé.Sa femme se serra gentiment contre lui.\u2014Que faite3-vous ce soir?dem mda t-elle, comme ils redescendaient les Champs-Elysées.\u2014Je ne serai pas indiscret, dit-il mélancoliquement, je vous rends votre liberté jusqu\u2019à demain, et je dîne à mon Cercle ; il faut que je m\u2019occupe de m\u2019y faire officiellement recevoir de nouveau.\u2014Non, dit elle câlinement, vous ne dînez pas à votre Cercle, vous ne passez pas votre soirée avec tous ces monstres d\u2019hommes qui n\u2019ont de l\u2019esprit que pour calomnier les femmes ; vous dînez tranquillement chez moi, c\u2019est à dire chez vous.Et puis, nous irons au théâtre, il faut bien que je vous montre les nouveautés de Paris ! \u2014 Je n\u2019aurais pas osé vous le demander ! Et elle le charma toute la soirée, avec un art infini, l\u2019éblouissant par son esprit, sa grâce, ses moqueries gamines.Après le théâtre, elle voulut souper avec lui en cabinet particulier.Et, quand il la remena chez elle, vers une heure du matin, tout naturellement, sans même y songer, il monta jusqu\u2019à son appartement.\u2014Me voilà bien forcé de vous quitter, lui dit-il alors, en lui enlevant son grand manteau de loutre.\u2014Et pourquoi ?répliqua-t-elle avec son sourire le plus pervers.Un mari n'a t il pas le droit de rester chez sa femme ?Le visage du baron s\u2019éclaira.J\u2019ai donné l\u2019ordre de vous préparer une chambre.Vous devez être épouvantablement fatigué ; moi, je suis brisée.A demain, mon ami ; je suis un peu paresseuse le matin, mais nous pourrons, en déjeunant, reprendre nos beaux projets d\u2019avenir.Elle poussa la coquetterie jusqu\u2019à conduire elle-même le baron dans la chambre qu\u2019elle lui offrait, et à demeurer encore quelques minutes dans le tête à tête le plus brûlant.Puis, de son petit ton dégagé : \u2014Adieu ! A demain.Il était si timide devant elle que, malgré le désir fou qui l\u2019étreignait, il ne demanda qu\u2019en tremblant, comme honteux : \u2014Pourquoi à demain ?Elle se figura qu\u2019elle devait se faire désirer plus longtemps ; elle ne sut pas résister au doux plaisir d\u2019exaspérer un homme.\u201c Si je redevenais si vite sa femme, ne se lasserait-il pas de moi ?\u201d \u2014N'avez-vous pas mérité, dit elle à haute voix, d\u2019attendre un peu ?Elle lui envoya un baiser du bout des doigts et alla s\u2019enfermer chez elle.Elle venait de commettre une lourde imprudence.Illogique, ainsi que toutes les coquettes, elle se détournait de son plan au moment le plus dangereux.Pour communiquer son énergie à son mari, pour relever son courage, ne devait-elle pas se fondre en lui, entrer dans son cœur plus profondément.Une heure ne s\u2019était pas écoulée, que le baron échappait à l\u2019influence séductrice de sa femme.Sa jolie soirée, son amusante promenade au bois, son souper capiteux s\u2019effaçaient de son esprit ; il ne voyait plus l\u2019appartement dans lequel il se trouvait ; il oubliait que sa femme dormait à quelques pas de lui.Et la vision du passé se dressait, épouvantable, à ses yeux.En ce moment, la baronne lisait, trè3 tranquillement dans son lit, le dernier roman paru.E'ie avait longuement procédé à sa toilette, s\u2019était amoureusement contemplée dans ses immenses miroirs ; et elle s\u2019était couchée toute fière d\u2019avoir réveillé l\u2019amour dans le cœur et les sens d\u2019un mari qui aurait dû être blasé non seulement sur elle, mais sur toutes les femmes.Et elle le méprisait un peu.\u2014Je ferai de lui ce que je voudrai ; car il n\u2019oœrait plus vivre sans moi ! Et, très dédaigneuse : \u2014Je le rendrai même fort heureux.Elle lut le premier chapitre de son roman, \u2014trouvant que cette étude \u2014 car c\u2019était une soi-disint étude psychologique \u2014 était bien pâle auprès de la vie ; puis le livre toujours ouvert devant elle, mais les yeux dans le lointain, elle s\u2019abandonna à de riantes visions.Son ciel fut d\u2019abord légèrement troublé de quelques nuages noirs ; des figures sévères semblaient la menacer : elle reconnaissait la marquise douairière de Trévenec, les Montmoran, Gilbert, Gilbert surtout, dont les yeux flamboyaient.Elle fit machinalement un geste, et toutes ces choses s\u2019écartèrent, et, sous un firmament éclatant de soleil, elle vit se dresser une petite habitation princière, dans une avenue qui aboutissait à l\u2019Arc de Triomphe ; l\u2019habitation était précédée d\u2019une grande cour dallée, bordée de deux ailes, dont l\u2019une était une serre merveilleuse et l\u2019autre une précieuse galerie de tableaux.Derrière l\u2019habitation, des arbres, des massifs, une pelouse, habilement plantés pour tromper la perspective puisque, à Paris, il ne reste plus de place pour de vrais jardins, et pour cacher de belles écuries contenant une douzaine de chevaux.C'était à elle tout cela ; et elle voyait ses équipages, ses salons, la livrée de ses domestiques.Son mari ne la gênait pas beaucoup ; il était là pour surveiller les choses et les payer, comme un bon intendant Et leur existence s\u2019écoulait très heureuse dans le luxe et par le luxe.Et jamais elle ne retournait dans ce mortel château de Trévenec où elle avait failli périr d\u2019ennui.Puis, soudain, sa vision s\u2019évanouit : la nuit se fit, et elle entendit un grand fracas : son habitation s\u2019écroulait.Une sueur froide coula sur son front, et elle trembla.\u2014Sotte que je suis ! murmura-t-elle en se raidissant.Et, se trouvant douillettement couchée, elle essaya de continuer la lecture de son livre.\u2014Il ne manquerait plus, fit-elle en haussant les épaules, que mon mari déteigne sur moi, avec ses terreurs ab3urde3 ! Mais pourquoi ne dort-il pas, lui ?Elle avait cru entendre du bruit dans la chambre du baron ; elle n\u2019en était séparée que par son cabinet de toilette, dont elle avait laissé la porte entr\u2019ouverte.\u2014C\u2019est qu\u2019il est capable de se laisser reprendra, la nuit, par des hallucinations ! Elle se leva et alla écouter.Elle put même, par une fente de la serrure, regarder.Le baron ramassait, en ce moment, des éclats de verre et des morceaux de bougie.Il avait eu l\u2019imprudence d\u2019éteindre ses lumières avant de s\u2019endormir, ou plutôt de s\u2019assoupir, car, depuis trois nuits, le vrai sommeil l\u2019abandonnait.Alors, les souvenirs de jadis l\u2019avaient repris si fortement qu\u2019il s\u2019était figuré qu\u2019il était au lendemain de l\u2019assassinat de M.de Montmoran.Seulement, ce n\u2019était plus le marquis de Trévenec qu\u2019on arrêtait : les soupçons s\u2019arrêtaient à peine sur le fils de la douairière, tandis que des preuves inéluctables s\u2019élevaient contre lui, baron de Kernizan.Et le juge d\u2019instruction, M.Michel Delalande, venait l\u2019attendre à la sortie de son Cercle et lui demander : \u201c Où vous êtes vous procuré le3 dix mille francs avec lesquels vous venez de payer une dette de jeu ?\u201d Sur son hésitation à répondre, M.Delalande lui mettait la main au collet.Il se défendait, repoussait les policiers qui essayaient de s\u2019emparer de lui.Et, dans son hallucination, il avait eu des gestes brusques, il avait renversé un chandelier à quatre bougies placé près de son lit.C'est ce bruit qui avait interrompu le beau rêve de la baronne et qu\u2019elle avait pris pour l\u2019écroulement de son petit palais.Quant au baron, il n\u2019avait eu qu\u2019à rallumer ses bougies pour couper court à cette folie de rêve.Et furieux, honteux de sa faiblesse, il marchait rageusement par la chambre, après avoir ramassé les éclats de verre de bobèches éparpillées devant son lit.Au bout d\u2019un instant, il alluma encore deux candélabres qui se trouvaient sur la cheminée.Il avait besoin de beaucoup de lumière.Peu à peu, son visage se calmait.Et bientôt, si femme le vit sourire avec dédain.Et il dit, assez haut pour qu\u2019elle l\u2019entendit : \u2014J\u2019en serai quitte pour ne plus demeurer dans l\u2019obscurité.Il alla choisir un livre dans le beudeir de sa femme, se recoucha et se mit à lire.Il était tombé sur l\u2019histoire d'un amusant scandale parisien.Il lut jusqu\u2019au jour.La bironne passa près d\u2019une heure à le surveiller.\u2014C\u2019était une fausse alerte, murmura-t-elle, quand elle le vit bien plongé dans sa lecture.Et elle se décida à se reposer, en se promettant de ne plu3 laisser ainsi son mari en face de lui-même, Le baron finit par s\u2019endormir avec le jour; mais, habitué à s\u2019éveiller de bonne heure, il était levé et prêt à sortir avant qu\u2019on eût même la permission de pénétrer dans la chambre de sa femme.\u2014Lorsque je n\u2019ai pas d\u2019ordres, lui dit la femme de chambre, je n\u2019entre pas chez Madame avant dix heures.\u2014Vous lui annoncerez que je suis sorti pour monter à cheval et que je serai de retour avant midi.Il avait, en effet, demandé, le veille, en achetant sa voiture, qu\u2019on lui tînt un cheval de selle prêt pour le lendemain.Et une bonne course, dans l\u2019allée des Poteaux, achèverait de lui rendre le calme, que le matin lui avait à peu près apporté.Malheureusement pour lui, comme il traversait l\u2019antichambre, ses yeux tombèrent sur une coupe où des cartes étaient empilées.Il n\u2019en vit qu\u2019une d\u2019ailleurs, celle qui, ayant été remise la dernière, dominait toutes les autres.GILBERT DE TRÉVENEC Lieutenant de vaieseau 116, avenue Victor-Hugo.LE BAUME HHUMAL périt toutes les affeetious de la prp et des Poumons.25 ets, en rente partout LE SAMEDI 13 A quoi tiennent pourtant les destinées de la vie ?Si par hasard cette carte s\u2019était trouvée au-dessous d\u2019une autre, le baron de Kernizan n\u2019eût peut être pas songé à Gilbert ce matin-là.Il n\u2019eût pas connu son adresse.Après une agréable promenade, qui aurait rafraîchi sa tête, il serait revenu tranquille et presque joyeux chez sa femme.Tandis que maintenant, tout son esprit était à Gilbert, au malheureux fils de l\u2019homme injustement condamné.Il avait pris la carte et prononçait en s\u2019éloignant : \u2014116, avenue Victor-Hugo ! Il répéta plusieurs fois cette adresse Et il subissait une étrange attraction ; il s\u2019abandonnait sous une impulsion surnaturelle.Il sentait déjà qu\u2019il irait chez Gilbert.Pourquoi ?dans quel but mystérieux ?il ne savait pas ; mais il irait.X \u2014 LE DROIT DE PARDONNER \u2014Puisque nous ne pouvons plus faire de promenade en mer, je propose une belle promenade au Bois de Boulogne, dit joyeusement Philippe, tandis que Madeleine servait le café et que Viviane apportait des cigares pour son père et son frère.Depuis leur enfance, elles étaient habituées à se partager ces soins intimes, auxquels les hommes aimants sont si sensibles.Et certes Philippe et son père auraient trouvé moins bonne cette heure de bonheur un peu matériel, qui suit le repas, si les deux jeunes filles n\u2019y eussent présidé.En ce moment, Madeleine se rappelait une délicate flatterie de son cousin, une lettre où il décrivait la réception donnée par le sultan de Constantinople à un amiral accompagné de son état-major, dont faisait partie Philippe : \u201c.On nous a servi le meilleur café que j\u2019aie pris hors de France ; mais il ne pouvait être parflit puisqu\u2019il ne m\u2019était pas servi par ma petite Madelon ! \u201d \u2014Mon cher seigneur, dit-elle, en présentant sa tasse à son fiancé.\u2014Ma chère femme, répondit Philippe en l\u2019embrassant, serais-je toujours gâté ainsi ?\u2014Jusqu\u2019au moment où Dieu m\u2019enlèvera de cette terre, mais je ne suis pas pressée d\u2019aller en paradis ; si du moins j\u2019en suis digne ; mon paradis terrestre me suffit pleinement.\u2014C\u2019est que tu es un ange descendu sur la terre.Et je veux que tout Paris soit témoin de mon bonheur ; avec cette journée splendide, il y aura un monde fou au Bois.Et rien qu\u2019à nous voir nous sourire on devinera combien nous nous aimons.\u2014Oh, oui, murmura Madeleine avec autant de naïveté que de tendresse.Son âme pure ne conservait pas le moindre ressentiment des petits dédains dont l\u2019avait abreuvée Philippe.N\u2019était-ce pas fini tout cela ?L\u2019amiral était trop ému ; il renversa la moitié de son café sur le tapis et s\u2019attira ainsi une gronderie de Viviane qui essayait de sourire pour no pas troubler le bonheur de Madeleine, Mme de Montmoran prétexta tout à coup qu\u2019elle avait des ordres à donner, et elle courut s\u2019enfermer dans sa chambre.Son bonheur se traduisait par une prodigieuse envie de pleurer : n\u2019est-ce pas le plus beau rêve d\u2019une mère que de voir son fils épouser la femme qu\u2019elle désirait pour lui ?Et elle murmurait : \u2014Notre Philippe est à nous, rien qu\u2019à nous, maintenant ! Il l\u2019avait souvent inquiétée ; il était au port.Elle entendit bientôt un peu de bruit dans la chambre voisine.Elle en ouvrit la porte.\u2014Ma Viviane ! La jeune fille avait laissé les fiancés avec l\u2019amiral ; elle n\u2019avait pas eu le courage de sourire plus longtemps.En voyant les yeux rougis de sa mère, elle aussi éclata en sanglots et alla se jeter dans les bras de Mme de Montmoran.Elles demeurèrent longtemps ainsi.\u2014Ah ! murmurait la pauvre mère, quand te verrai-je heureuse, toi ?\u2014Mère, répondit Viviane avec une inaltérable confiance, Dieu me protège : mon tour viendra ! Mais voici Madeleine ! Oh ! séchons vite nos larmes, ne troublons pas sa joie.Quelques instants après, toute la famille de Montmoran partait pour le Bois, et tout le long du boulevard Saint-Germain, de la place de la Concorde, des Champs-Elysées, Madeleine, triomphante, serrée contre Philippe, semblait crier au bonheur ; elle était transfigurée.Mais lorsqu\u2019ils arrivèrent à l\u2019avenue de l\u2019Impératrice, elle se sentit un peut gênée par cette cohue de voitures qui, débouchant de toutes les avenues de l\u2019Etoile, formaient des files serrées où il fallait marcher au pas.De tous les équipages, on la dévisageait ; le bonheur lui avait donné une éclatante beauté ; et c\u2019était Viviane, maintenant, qui, dans sa mélancolie, semblait effacée par sa cousine.La fiancée de Gilbert se tenait dans un coin, foute affaissée, et elle se cachait presque sous son ombrelle, tandis que Madeleine, redressant sa petite taille, se montrait en pleine lumière, disant : \u2014Oh ! le beau ciel qui est en fête ! Le bon soleil ! Certainement, le soleil n\u2019avait jamais été aussi beau.Mais elle n\u2019était pas faite pour ces triomphes brillants : il lui répugna bientôt d\u2019étaler son bonheur en public.Et puis, elle souffrait de la douleur de Viviane.Comme on entrait dans le Bois, elle dit : \u2014 On fera mes volontés aujourd\u2019hui ; je ne veux pas de l\u2019allée des Acacias.Et elle indiqua minutieusement le chemin qu\u2019il fallait suivre ; le tour du lac, que la mode a déserté; et, ce jour-là, il lui parut extraordinairement grand et poétique ; puis l\u2019allée ombreuse, intime, qui conduit à la Cascade ; et bien vite on franchit la distance qui mène à Bagatelle pour s\u2019enfoncer dans les allées tournantes coupées de si jolis sentiers qui abou-sent à Madrid.Là, plus de foule, plus de curieux : de rares promeneurs.Madeleine voulut descendre et marcher dans une allée de cavaliers qui semblait un aérien berceau de verdure : les feuilles poussaient à peine, souvent même il n\u2019y avait que des bourgeons d\u2019un brun verni ou d\u2019un rouge doré.Et, appuyée sur Philippe, Madeleiue disait : \u2014Nous viendrons souvent ici.Viviane, pour les laisser seuls, marchait lentement, rejoignait peu à peu son père et sa mère.Sa cousine l\u2019appela, d\u2019un délicieux mouvement de tête ; et, s\u2019appuyant aussi sur son bras : \u2014Grande sœur, ma joie ne serait pas entière si je ne te sentais près de moi ! Et baissant la voix : \u2014Ton tour viendra bientôt ! \u2014Hélas ! murmura Viviane.\u2014Crois-tu donc que je m\u2019abandonnerais si follement à mon bonheur si je n\u2019étais certaine d\u2019effacer tous tes chagrins?Je réussirai, va ! \u2014Béussir ! toi ?Mais en quoi, grand Dieu ?\u2014Oh ! Tu as beau avoir des secrets pour moi, je sais tout, je comprends tout, je devine tout !.Et j\u2019ai décidé.\u201c nous \u201d avons décidé.Elle leva un tendre regard sur Philippe.\u2014Nous avons décidé que tu ne serais plus malheureuse ! Vois-tu, j\u2019en ai assez de vos larmes et de vos héroïsmes, et de vos résolutions désespérées.Et, comme nous sommes bien d\u2019accord, Philippe et moi, ce n\u2019est ni toi ni notre bonne mère qui viendrez mettre le désaccord entre nous.Il n\u2019y a que monsieur mon oncle à vaincre ; nous l\u2019enlèverons d\u2019assaut.Viviane hocha tristement la tête : \u2014Chère petite folle, murmura-t-elle ; tu crois donc que tout se règle par le cœur en ce monde ?En ce moment, l\u2019amiral se rapprochait.Madeleine mit un doigts sur sa bouche.Puis ils marchèrent tous silencieusement.Viviane s\u2019était replacée auprès de son père.Et Mme de Montmoran ayant retiré sa main du bras de l\u2019amiral pour se débarrasser d\u2019une branche épineuse, Viviane s\u2019appuya très tendrement sur son père.Us ne se dirent pas une parole ; mais ils entendaient leur poitrine se soulever, leur cœur battre à grands coups.Ils s\u2019aimaient tant ! Elle était bien malheureuse de lui avoir causé une si vive peine ; et lui souffrait cruellement du chagrin de sa.fille.Mais aucun d\u2019eux ne songeait à céder.Et l\u2019amiral se disait qu\u2019il en serait sans doute ainsi toute la vie.La fraîcheur les chassa enfin du Bois de Boulogne.A la hauteur de l\u2019Etoile, ils croisèrent, sans s\u2019en douter, l\u2019équipage qui ramenait le baron et la baronne de Kernizan de leur triomphale promenade à l\u2019avenue des Acacias.Mme de Montmoran avait fait relever la capote du landau ; et ils se serraient un peu frileusement, dans une demi-obscurité, oublieux du dehors, unis dans l\u2019atmosphere du bonheur de Madeleine, Elle seule parlait de temps en temps pour exprimer son bonheur.Comme ils approchaient du boulevard Saint-Germain, elle dit : \u2014Mais je ne serai vraiment, vraiment heureuse, que lorsque tout le monde le sera autour de moi.Personne ne lui répondit.Elle répéta avec assurance : \u2014Tout le monde ! oui, tout le monde ! La voiture s\u2019arrêtait devant l\u2019hôtel.Dans le vestibule, Madeleine put voir que Mme de Montmoran essuyait furtivement des larmes et que l\u2019amiral se raidissait pour cacher son trouble.Viviane était demeurée impassible.Quand les deux jeunes filles furent montées dans leurs chambre, Viviane voulut demander une explication à sa cousine.\u2014Je ne te dirai rien, répondit Madeleine, je ne te oonsulte pas.J en fais à ma tête, et tu vas voir que je suis aussi têtue qu une Li.etonne.Viens avec moi ! Puis elle alla appeler Mme de Montmoran.\u2014Ma tante, venez avec nous ; nous allons dans le cabinet de mon oncle.\u2014 Prends garde, enfant ! dit Mme de Montmoran.Tout à 1 heure, tu m\u2019as fait peur.Tu ne connais pas le caractère de ton oncle.\u2014Mon oncle est très bon ! \u2014Tu ne l\u2019as jamais vu sous l\u2019empire de la colère.\u2014Je ne crains rien de sa colère.Venez ! Et elle se sentait si forte, si brave, qu\u2019elle ne fut même pas émue lorsque, arrivée dans le cabinet de l\u2019amiral, elle vit celui ci marchant furieusement, froissant une lettre dans sa main et criant a Philippe qui se tenait, tout effaré, contre la bibliothèque :\t.\u2014Mais c\u2019est de la folie !.Quel oubli de l\u2019honneur, des devoirs de la famille ! On veut me forcer à être impitoyable, je le serai !.Ah ! vous voici, Mesdemoiselles ! Qui de vous deux s\u2019est permis?.Mais il s\u2019arrêta tout à coup sous le regard serein de Madeleine.Et la jeune fille, de sa voix la plus douce, demanda : \u2014Quoi donc, mon oncle?Oh ! cette voix exactement semblable à celle de son frere !.Et il se rappela, soudain, comme en une vision, ses éclats de cclère de jadis, car J avait toujours eu ce défaut de s\u2019emporter quand on heurtait sa volonté.Et, dans leur jeunesse, il suffisait que le père de Madeleine intervint et qu\u2019il demandât câlinement, de cette même voix : \u201c Quoi donc ?pour que sa colère tombât aussitôt.Il eut un peu honte de s\u2019être oublié devant Philippe, devant les jeunes 14 LE SAMEDI filles ; mais il ne pouvait laisser passer une chose semblable sans manifester sévèrement son indignation.Et pressentant la ligue formée contre sa volonté, il jeta un regard terrible à Viviane, entourée de son frère et de sa mère qui se dressaient devant elle comme prêts à la défendre, à Madeleine qui n\u2019avait pas bronché et qui fixait sur lui ses grands yeux doux et tranquilles.\u2014Je suis profondément peiné, dit il, que cette journée de bonheur n\u2019ait pu s\u2019achever sans mélange ; mais la faute n\u2019en est pas à moi.Et je ne saurais me taire devant un tel oubli de ce qu\u2019on doit à notre nom.\u2014Expliquez-vous plus clairement, mon oncle, dit tranquillement Madeleine \u2014\tOn m\u2019a apporté, en notre absence, une lettre du jeune marquis de Trévenec.\u2014\tS\u2019il le juge convenable, personne ne saurait l\u2019empêcher de vous écrire, mon oncle.\u2014Aussi, n\u2019est-c8 pas contre lui que je sens mon cœur gonflé d\u2019indignation.Sa démarche est pleine de noblesse.Dan3 un but que je ne saurais désapprouver, quoique les espérances de ce malheureux enfant ne doivent jamais se réaliser, il a demandé une mission exceptionnellement dangereuse.\u2014Et on la lui a refusée, dit très doucement Madeleine.\u2014Ainsi, tu savais?.\u2014Oui, mon oncle, je savais.\u2014Et cette jeune fille, dont me parle M.de Trévenec, cette jeune fi le qui est intervenue auprès du ministre 1 \u2014Je suis étonnée que M.de Trévenec ait eu connaissance de mon intervention auprès du ministre de la Marine ; car le ministre m\u2019avait promis le secret.Mais je vous avoue hautement que cette jeune fille, c\u2019est moi ! (A suivre.) 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