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Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 17 août 1895
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
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    Successeur :
  • Nouveau samedi
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Le samedi, 1895-08, Collections de BAnQ.

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[" AUX VIEUX PAYS $2.50 PAR ANNEE VOL.VII.-NO 11 MONTREAL, 17 AOUT 1895 UNE PARTIE DE CAMPAGNE.¦ mam .iNMM WËm IgN ¦¦1 HmS WA y,\" ®p HÉftS f^'SPy-T; Wʧ$Ê$ gggaitii .3* iS*® ' Illflffe! : - piga MH i«i WémmM iggll [SKuBXp nt-wu-rar.flHüü 11111 jws&y SKB3SI .i.KM mm IBmÊÉ M WèMiÈ: % ' ~ .1 2 $a/medi/ (JOUBNAL HeEDOMADAIBB) PUBLICATION LITTÉRAIRE, HUMORIS1IQUE ET SOCIALE, OKC3-^.3îTE! xro- FOTES EOMESTIQ-aE, REDACTEUR! LOUIS PERRON Un An, $2.50.\u2014 Six Mois, $1.25 (STRICTEMENT PAYABLE D'AVANCE) Prix dn Numéro, S OeutiiiB.S\u2019adresser pour les informations, les abonnements et les annonces à MM.Poikier, Bessette & Cie, Editeurs Propriétaires, No 516 RUE CRAIG, Montréal.MONTRÉAL, 17 AOUT 1895 A nos Lecteurs et Abonnés Notre roman, LE FILS DE EASSASSIN, touche à sa fin, après avoir tenu sous le charme que dégage sa lecture, tous les lecteurs du \u201cSamedi '.Les nombreuses félicitations qui nous sont parvenues nous engagent à offrir à nos lecteurs un autre chef-d'œuvre littéraire, non moins intéressant, dû à la plume autorisée de M.Louis Lttang.LE CRIME D\u2019ORCÈRES est le titre de cet attachant feuilleton qui p7ace sous les yeux du lecteur les priridpaux épisodes d'un drame poignant, celui du crime anti-patriotique du traître Dreyfus, dont tous les échos de la presse française ont entretenu leurs lecteurs, il y a quelques mois.Nous sommes persuadés que LE CRIME D\u2019ORCÈRES ne sera pas jugé inférieur au FILS DE L'AS-ASSS1N, et que nous recevrons, à ce propos, les memes encouragements que par le passé.Pensées d\u2019un Ebéniste Le dilettantisme, c\u2019est le masque de l\u2019égoïsme intellectuel.Le sang est l\u2019engrais de cette plante qu\u2019on appelle la gloire.Toutes les victoires ont besoin d\u2019être rachetées par des concessions.La seule chose qui m\u2019étonne, c\u2019est qu\u2019on s\u2019étonne encore de quelque chose.Que ce soit avec les femmes, avec les rois ou avec le peuple, qui veut régner doit plaire.Dans les plus grandes circonstances, un rien a toujours décidé des plus grands événements.A l\u2019inverse de la fourmi, l\u2019homme est excité au gaspillage du présent par l\u2019insécurité de l\u2019avenir.Pour l\u2019explorateur, le succès, c\u2019est la France grandie : l\u2019insuccès, le désir se dévouer à nouveau.Colonel Monteil.Aujourd\u2019hui les descendants de notre ancienne aristocratie ont plus de peine à se faire nommer députés qu\u2019un cabaretier ou un coiffeur.Si quelques uns de nos hommes politiques se voyaient passer dans la rue, tels qu\u2019ils étaient il y a vingt àns, ils se feraient immédiatement arrêter.LE SAMEDI DANS L\u2019OUEST Cravate à la Alkali 1er.Le dernier cri de la prairie.IL L\u2019A PEUT ÊTRE DIT Un écolier murmurait à l\u2019oreille d\u2019un de ses petits camarades : \u2014 Notre professeur est un vrai âne.Le professeur qui avait justement posé une question à la classe, pensant que l\u2019écolier avait donné la réponse, s\u2019adressa à lui : \u2014 Viens ici, mon garçon, parle, peut être as tu dit la vérité.L\u2019ÉPOUX GALANT Ce bon M.Perrichon a fait, en compagnie de sa femme, une excursion dans la banlieue parisienne ; très fatigués et très affamés, ils entrent dans une guinguette.Le patron leur déclare qu\u2019il ne possède qu\u2019une côtelette.\u201c Une seule ! \u201d s\u2019écrie Perrichon ; \u201cmai?, alors, que mangera ma femme ?\u201d Ca eoute cher d\u2019habiller l\u2019amour Le philosophe.\u2014La seule chose qui puisse faire qu\u2019un homme, riche ou pauvre, soit parfaitement heureux est l\u2019amour, et l\u2019amour ne coûte pas deux sous.L'homme pratique.\u2014 C\u2019est vrai; mais pour habiller l\u2019amour cela coûte des sommes considérables.AIDANT LA CHARITÉ GUÉRISON FACILE Le petit Claude.\u2014Maman, quand Pierre a mal aux dents tu l\u2019emmènes toujours chez le dentiste pour faire plomber sa dent ?La mère.\u2014 Certainement, mon enfant.Le petit Claude \u2014J\u2019ai maintenant une douleur dans l\u2019estomac.Est-ce que tu ne ferais pas bien de me conduire chez le pâtissier ?PAS HEUREUSEMENT EXPRIMÉ Clara.\u2014Votre bazar a-t-il été un succès?Juliette.\u2014Oh ! oui, un grand succès, Monsieur le recteur aura raison d\u2019être reconnaissant.Clara\u2014Combien avez-vous fait?Juliette.\u2014 Rien, les recettes ont été moindres que les dépenses ; mais seize de nous se sont engagées et le recteur doit procéder aux mariages d\u2019ici peu.Nouveau garçon de bureau.\u2014Un monsieur est entré, il y a quelques minutes, pour vous donner une correction.L'éditeur.\u2014 Que lui avez-vous dit ?Nouveau garçon.\u2014Je lui ai dit que j\u2019étais chagriné que vous ne soyez pas ici.Petite Correspondance du \u201cSamedi\u201d PAS FERRÉ SUR LA GÉOGRAPHIE\t- Madame.\u2014 Que cherche-tu là, Edouard ?Monsieur.\u2014 C\u2019est qu\u2019on m\u2019a offert un poste de gouverneur au Grand-Bassam.Il faut d\u2019abord que je sache où c\u2019est.COMMODE ET PAS CHER M.le Maire.\u2014C\u2019est que tout cela est bien cher.Marchand.\u2014Si cela vous semble trop cher, Monsieur le Maire, nous faisons aussi Sphinx d\u2019Ottaioa.\u2014Vous avez parfaitement raison, sol-scle ; Boré est la réponse à un problème du numéro suivant.N.et M.\u2014Ne sont compris dans les cor cours pour jeux d\u2019esprit (Envoi de problèmes) que ceux insérée.En effet, il ne peut en être autrement pareeque, dans les très nombreux envois qui nous sont parvenus, il y en a qui ne peuvent être publiés et que ce sont seulement les meilleurs qui le sont.G.(Québec).\u2014Votre solution serait extrêmement brillante s\u2019il n\u2019y avait un mais, la D noire est en prise par la D blanche qui ne manquerait pas d\u2019empêcher le coup en se sacrifiant.Quand vous verra-t-on à Montréal ?des statues en caoutchouc.C'est très économique.Il est vrai qu\u2019elles crèvent quelquefois, mxis quand le grand homme reprend de la popularité, on n\u2019a qu\u2019à les regonfler.Une enseigne bizarre, copiée rue de Rivoli, à la vitrine d\u2019un coiffeur, pardon ! d\u2019un salon de coiffure : ON ACHÈTE LES CHEVEUX SUR PIED Étrange ! DISTRACTION INEXCUSABLE Le petit vicomte à la baronne de V.: \u201c Croyez vous que je suis distrait, chère baronne ! On n\u2019a pas idée d\u2019une pareille étourderie.\u201d \u201c Qu\u2019avez-vous fait encore ?\u201d \u201cJe vous avais acheté un sac de bonbons, et en venant ici\u2014\u201d \u201c Vous les avez perdus ?\u201d \u201c Non, je les ai mangés ! \u201d LES P ART AC EUX Le bossu.\u2014Moi, je suis collectiviste ! Le propriétaire.\u2014Pardon.j\u2019ai 100,-000 francs, moi ; si nous partagions, qu\u2019est-ce que vous me donneriez ?Le bossu.\u2014La moitié de ma bosse ! FRANCHE HOSPITALITÉ Wmm mm f \\\u2019 .r - mm mm wwvmvm limmm Wmm mm cm mm mam Madame Pastendre.\u2014Quelle est votre opinion relativement aux vieux garçons ?Madame Sanguinaire (mère de nombreuses filles à marier).\u2014 L\u2019extermination, madame. LE SAMEDI CANDEUR ET ASTUCE ?1 1 y®*; u- K'P ï&fig- U » LÈ SAMEDI LA BOUTEILLE-KIOSQUE SUR LA PLACE JACQUES-CARTIER *- ^ LA SEMAINE FANTAISISTE (Pour le Samedi) CE QUE c\u2019est QUE LA VIE ! DÉLIOSE, avocat 1 PUGET, notaire - Toits trois dans la dêche.CRAMILLE, 'médecin J Chez Cramille, un jeudi matin, \u2014 cigares et bière \u2014 On forme des projets d\u2019avenir.I Déliose.\u2014A tout évènement, disons avec franchise que nous sommes tous trois des compagnons de Job sur son fumier.Cramille.\u2014C\u2019est vrai, pas un acte.Cramille.\u2014Pas un malade !.c\u2019est-à-dire, beaucoup de malades, mais pas un client ! Déliose.\u2014Pas un seul procès depuis que j\u2019ai défendu Isidore.Ce coquin d\u2019Isidore, dire qu\u2019il a pris la poudre d\u2019escampette sans me payer.Puget.\u2014Pas un radis sous le pouce, Seigneur ! Cramille.\u2014Rien, pas un seul cas de simple furfuracée, d\u2019hémoptysie, rien ! Puget.\u2014Alors, que faire?Cramille.\u2014Partir, quitter le pays, nous enfoncer dans l\u2019inconnu.Puget.\u2014Oui, mais faut de la braise.Déliose.\u2014Ah ! si Isidore.Vrai, vous êtes une grande canaille, monsieur Isidore.Cramille.\u2014Bon, laisse ton Isidore où il est, et discute avec nous.Voyons, que nous faut-il faire ?Partir ou rester ?Déliose.\u2014Comme question de fait, je dois d\u2019abord vous demander où nous allons.Cramille.\u2014Où nous allons?Aux Etats-Unis, parbleu.Püget.\u2014Les américains sont-ils sociables ?Cramille.\u2014Bah ! oui, un peu excentriques, peut-être.Déliose.\u2014Pas mal raide3, sans doute, mais.Puget.\u2014Mais quoi ?Déliose.\u2014La nécessité, vois-tu, c\u2019est terrible, la nécessité.MaL à tout bien peser, les Américains sont de charmants garçons, affables, doux, hospitaliers.Cramille.\u2014Quel enthousiasme ! A vrai dire, par exemple, je partage ton opinion, Déliose.Déliose.\u2014Mes vieux, il y a aussi les Américaines, presque toutes jolies, bonnes, la plupart riches, millionnaires même, seulement un peu amourachées de la bicyclette, mais !.Cramille.\u2014Alors, c\u2019est chose conclue?Puget.\u2014C\u2019est décidé ?Déliose.\u2014 C\u2019est réglé et statué ?Tous trois \u2014Oui, advienne que pourra.Déliose.\u2014La misère ne sera pas plus pitoyable là, qu\u2019elle l\u2019est ici.Puget.\u2014C\u2019est vrai.Cramille.\u2014Voilà qui est bien dit.Déliose.\u2014Cependant, mes amis, n\u2019allons pas trop vite,.attendons jusqu\u2019à ce soir avant de prendre une décision.Puget.\u2014Très bien.Cramille \u2014Comme vous voudrez.Déliose\u2014Je vous convie chez moi à la vêprée.Nous discuterons de nouveau et cette fois, nous passerons par ce que nous aürons conclu.Puget.\u2014Approuvé.Cramille.\u2014A votre aise, j\u2019approuve.(Déliose ee Puget se lèvent, saluent et se retirent).Cramille, seul.\u2014Mon Dieu, où allons-nous ! où allons-nous ! II ([l est nuit, deux hommes, radieux, marchent sur la rue d\u2019un pas press's et vont frapper à la porte du logis de Déliose).Déliose, ouvrant.\u2014Ah ! c\u2019est vous, mes amis.Entrez, entrez donc.Comme vous me semblez joyeux ! Puget, enthousiaste.\u2014L\u2019avenir est à nous ; j\u2019ai une quinzaine d\u2019actes à rédiger et il me faut un ou deux clercs dè3 demain.Cramille, l\u2019œil brillant.\u2014Hurrah ! j\u2019ai sous mes soins cinp patients très riches, vous entendez, très riches.ça marche, ça marche ! Déliose.\u2014 De mon côté, mes amis, le sort m\u2019est favorable et j\u2019ai en ce moment dans mes cartons le dossier d\u2019une cause célèbre.Ça me rapportera une fortune ! Du violon au chat.LA THÉORIE DE L\u2019ÉVOLUTION LE BAUME BHUMAL guérit toutes les affeetions de la gorge et des Poumons.-\t\u2022\t25 ets, eu vente partout Enregistrée conformément à l\u2019Acte du Parlement du Canada, le 9 juillet 1895, par MM.Archambeaud Freres, au Ministère de l\u2019Agriculture.Après tout le bruit qu\u2019a occasionné la fameuse bouteille de Cognac de la Compagnie d\u2019Approvisionnements Alimentaires, il paraîtrait superflu d\u2019en entretenir nos lecteurs- Nous n\u2019avons, néanmoins pas résisté au plaisir de leur presenter l\u2019aspect de la Place Jacques-Cartier avec la bouteille, cause innocente de tant de récriminations.Si quelques-uns des nos édiles à l\u2019esprit trop timoré ont trouvé que ce petit monument compromettait la dignité de la cité, en nous permettra de ne partager aucune- ment leur manière de voir et de trouver ; au contraire, que l\u2019aspect de la place se trouve heureusement modifié par cette addition qui ne la dépare aucunement.Sans médire des wisktys et des ryes, nous préferons, pour notre part, voir se profiler, sur le fond vert sombre des arbres la silhouette élégante de cet extrait d\u2019esprit français, surtout quand cet esprit provient du pur jus de la vigne comme le démontre l\u2019analyse qui a été faite du Cognac Jockey Club Carte Or V.S.O.P.Jean Lavigne. LE SAMEDI 7 SUGGESTION SPWii Il p i b>Y ; t ïi a * Lui.\u2014Ce bon Néro, quelle excellente bête ! Et lui avez-vous appris de nouveaux tours depuis la dernière fois que je ne vous ai vue ?Elle (suavement).\u2014Oui, il peut vous apporter votre chapeau et votre canne en le sifflant.Essayez ! Puget, hors de lui.\u2014Vive la joie ! Cramille.\u2014Chut ! soyons sérieux, nous entrons en ce moment dans la vraie vie !.Déliose,\u2014Dites donc, mes amis, que faisons nous de notre projet 1 Cramille.\u2014D\u2019aller aux Etats-Unis ?Puget.\u2014Ouais ! belle bêtise, ma foi.Déliose.\u2014Ah ! nous restons maintenant ?Cramille \u2014Parbleu, je le crois bien que nous restons.Nous n\u2019avons rien à faire dans cette galère.Pttget\u2014D\u2019autant plus que les américains me sont très antipathiques.Déliose.\u2014Moi, je l\u2019avoue, maintenant, je les trouve détestables, rien de moins.Cramille.\u2014Evidemment, nous n\u2019aurions pu sympatiser avec eux.Car, je vous le demande, quVst-ce que l\u2019Américain 1 Déliose.\u2014Voyons ! Puget.\u2014Dis.Cramille.\u2014Simplement une sorte d\u2019être humain qui cherche à se faire pêcher à la ligne ! Puget.\u2014Bien iéissi, Cramille.Déliose.\u2014C\u2019est superlificoquentieux.Cramille.\u2014 Maintenant, excusez moi, mes amis, il me faut aller visiter me3 malades.(Cramille se lève ).Puget.\u2014Minute, Cramille, je t\u2019accompagne, j\u2019ai beaucoup d\u2019actes à rédiger et je n\u2019ai pas de clerc.Déliose.\u2014Je ne vous retiens pas, mes amis, de mon côté il est important que je me mette à étudier mon dossier.Cramille.\u2014Bien du succès, bonsoir Déliose.Puget.\u2014Bonsoir.Cramille, les reconduisant.\u2014Comme cela nous ne partons pas.Puget et Cramille.\u2014Non, non.Déliose.\u2014Très bien.Bonsoir.Puget et Cramille.\u2014Bonsoir.Déliose, seul.\u2014Ce que c\u2019est que la vie, hein ! Z.Paquin.LE DINER DES POMMES-TAPÉES Le poète Gallurin prit le bras de Grenouillon et se mit à pleurer dans son gilet.\u2014Tu comprendras que j\u2019en ai assez de ne pas être célèbre.Cette lugubre plaisanterie que per-siete à me jouer la gloire dépasse toutes les bornes de la bienséance et je n\u2019admettra i jamais, entends-tu ?Grenouillon.qu\u2019un être chimérique comme la renommée monte un pareil bateau à un garçon convenable, propre, sain et qui sue le talent par tous les pores de la peau ! Grenouillon eut un vague haussement d\u2019épaules.\u2014Peuh ! tu as les échos dans les journaux.\u2014Alorp, toi aussi tu coupes encore dans la petite note à faire insérer ?Si tu n\u2019étais pas plus fort que moi, comme je t\u2019appellerais grande brute.A t\u2019entendre, on pourrait croire que tu ignores les machinations auxquelles je me suis livré pour faire annoncer dans le Léopard littéraire le dépôt de ma pièce en cinq actes à Déjazet ; il me semble pourtant que tu as participé aux apéritifs.Grenouillon daigna sourire.\u2014 Si je n\u2019avais aucune valeur littéraire, \u2014 et, là, Gallurin prit une pose d\u2019homme arrivé, \u2014 je comprendrais à la rigueur ce désintéressement des masses à mon égard ; mais toi-même, mon vieux copain, que je soupçonne d\u2019être sincère, n\u2019as-tu pas frémi souvent à l\u2019audition de mon poème : Le chien de la femme du garde-ban ière ?\u2014 Incontestablement, c\u2019est une note.\u2014Crois tu que je l\u2019ai l\u2019harmonie imitative, dans la scène où le train passe à toute vapeur devant les persiennes fermées, après le crime.\u2014Sûrement ! Quoique là, moi, j\u2019eusse provoqué un déraillement.Vois-tu l'effet : cette locomotive pénétrant dans la maisonnette et cueillant le cadavre.Gallurin soupira et dit : \u2014C\u2019est peut être juste, mais qu\u2019est ce que tu veux, je ne suis pas porté pour les choses gaies, mon genre est plutôt sentimental, pense un instant à ma romance : \u201c Mignonne, j'ai laissé tomber mon coeur dans l herbe verte.\u201d Grenouillon préféra commander un demi et c\u2019est après avoir soufflé sur la mousse qu\u2019il prodigua à Gallurin les compliments d\u2019u3age.\u2014Il est indiscutable qu\u2019il n\u2019y a guère que toi et Victor Hugo, et encore Victor Hugo.! \u2014 Si, mon vieux, il faut être juste, l\u2019auteur des Châtiments aurait pu faire quelque chose ; il ne s\u2019est pas perfectionné, voilà tout.Mais, à part cela, je reconnais qu\u2019il avait bien débuté.Grenouillon acquiesça et Gallurin continua la deuxième série de ses malheurs passés, présents et à venir.\u2014C\u2019est comme mon dîner des Pommes-Tapées, si je n\u2019avais conscience d\u2019être bien équilibré, je finirais par croire que la célébrité et moi nous passons notre vie à jouer à cache cache.Tu sais que j\u2019avais eu cette idée originale d\u2019organiser un dîner ; parfois on arrange cela avec l\u2019inauguration d\u2019un marbre pour pouvoir parler d\u2019abord au dévoilé, puis après au gueuleton, deux discours de placés, mais comme mes moyens ne me permettaient pas de populariser un bonhomme, j\u2019avais traité tout simplement avec un restaurateur à 3 fr.50 et lancé cinquante invitations à ceux qui dînent, enfin au Tout-Paris banquet.Puissance d\u2019une logique étonnante, je m\u2019étais figuré que cette dépense extraordinaire me lancerait un peu et que, le lendemain du festin, je serais compris dans la liste des personnes présentes.Comprends-tu, Grenouillon, que ce moyen de me glisser dans la liste des personnes reconnues au Tiasard de la fourchette était une manière intelligente, mais pratique, de grimper quelques échelons à l\u2019échelle de la renommée ?\u2014Eh bien ?\u2014Roulé, rouleras-tu! Je paie les cent soixante quinze francs au bistrot, je fais un discours, je serre quarante neuf mains, j\u2019ofïre même une tournée de kümmel supplémentaire, payee à part, et, le lendemain, voilà ce que j\u2019ai trouvé dans tous les journaux, dans tous, entends-tu ! Au même instant, Gallurin sortit de sa poche une nuée d\u2019imprimés qui encombra le guéridon, les bocks et les soucoupes.\u2014Ecoute !\t\u201c Hiery le premier dîner des Pommes-Tapées a eu lieu chez Flicard ; parmi les convives, nos confrères Léo Ramus, Serpentin, Billard, Torchebœuf etc., etc.\u201d J\u2019étais, moi, Gallurin, le promoteur et le bailleur de fonds du dîner, encore et toujours classé dans les et cœtera.Crois-tu que c\u2019est triste ?Alors Grenouillon, calme, mais réfléchi, jeta simplement ces mots : \u2014C\u2019est plutôt bête ! Puis, comme Gallurin allait se récrier, il continua, froidement, son sermon sur ce qu\u2019il appelait les fruits de l\u2019expérience : \u2014Tu n\u2019as pas réfléchi une minute, pauvre débutant naît\u2019, que ce sont toujours les mêmes, comprends-tu bien ! \u2014 et il répéta : Toujours les mêmes qui mangent dans les banquets.\u2014Eh bien ?fit Gallurin, haletant.\u2014Eh bien, les journaux ont fait un cliché, que ce soit pour les Auvergnats d\u2019Auvergne, les Bretons de Bretagne, les Marseillais de Montmartre, et ce cliché, c'est toujours le même.\u2014 et il répéta encore : Toujours le même ! Cherche la célébrité en assassinant une concierge, en volant l\u2019hippopotame du Jardin des Plantes ou en déboulonnant la Tour Eiffel, c\u2019est ton droit, mais tu ne seras jamais le moindre convive cité d\u2019un banquet, \u2014 de par la faute du cliché, de l\u2019éternel cliché qui servira toujours.toujours ! Après cette péroraison, Grenouillon jugea tout de même utile de terminer sur quelque chose de pratique : \u2014Il eat absinthe moins le quart, je la prends gommée ! Et, pendant que Grenouillon remontait dans son nuage, las de s\u2019être tant attardé dans la réalité, Gallurin prit une feuille de papier, écrivit quelques lignes et dit : \u2014Il me reste 7 fr.50, je vais fonder un journal : voilà mon article de tête : \u201cAvant-hier, premier dîner des Pommes-Tapées ; reconnu dans Vassestance le grand poète gallurin et quelques et cœtera sans importance.\u201d Parisien.Se connaître et s\u2019estimer, c\u2019est s\u2019aimer.LE SECRET DE LA SANTÉ Em U'M'sT.Â'mi'V.i 'üÜliitdlllIk'IâïlttVWi lî 111 ¦ ¦« ! K&p.ï *HMl .\".pi J Smith.\u2014BoDjour, mon cher Henri, voilà un siècle qu\u2019on ne vous a vu ! Henri\u2014C\u2019est à vous qu\u2019il faut dire cela.Mais là, vrai, je ne vous reconnaissait pas.Quelle borne mine vous avez.Vous qui étiez pâle, et blême, vous voilà resplendissant de santé.Smith.\u2014Je vais vous donner mon secret pour rien, Henri.Au printemps, j\u2019ai acheté, de notre excellent ami Péloquiu, quatre lots de terrain au Parc Back-River, j\u2019y ai construit un petit cottage que j\u2019habite avec ma famille.Ce ne me gêne aucunement pour mes affaires, je suis à 20 minutes de Montréal par les tramvays électriques, à 2 minutes de la rivière pour aller à la pêche.Les enfants sont frais et bien portants giâce à l\u2019air si pur que l\u2019on respire à la campagne.Henri.\u2014Mes félicitations, mon cher. i.ï.samkhi ERREUR Qi \u2014Je suis venu au Samedi, monsieur, parce que entre artistes et littérateurs on se doit assistance, n\u2019est-ce pas?Si vous le voulez ; je vous ferai profiter d\u2019une bonne occasion, je n\u2019ai plus le sou, l\u2019art est dans le marasme et si vous m\u2019achetez, pas cher, deux paires de bonnes culottes que j\u2019ai là, vous m\u2019obligerez foi de Joseph V.II Le Rédacteur (se levant furieux).\u2014Sortez d\u2019ici, malhonnête ou j'appelle la police.(Le malheureux Joseph, s'était adressé à Blanche de 8a-vigny.Les Péeheups de San-Miehele (Pour le Samedi) CONTE VENITIEN Le crépuscule, fugitif de l\u2019Orient, venait ambrer de ses légers voiles les vieux palais de marbre.Le soleil, irradiant de teintes fauves les ondes bleues du zénith, disparaissait dans un champ d\u2019or vermeil.Tanit, émergeant de la vaste nappe d\u2019émeraude, blanchissait les ailes du vieux lion de Saint Marc et donnait aux dômes des églises, de fantastiques aspects.Le sombre palais des Doges, plein d\u2019ombres indécises, semblait recéler dans ses flancs des affres de sanglots.De sombres gémissements montaient dans la nuit claire.Le vieux \u201c Pont des Soupirs \u201d tout croulant de l\u2019horreur et râlant d\u2019épouvante, éloignait de sa sinistre présence le pêcheur attardé.La \u201c Piazzetta \u201d se faisait déserte.Quelques passants se hâtaient, fuyaient la solitude des places et des ruelles ; d\u2019autres s\u2019élançaient dans les noires gondoles et se faisaient conduire vers le riant et poétique Lido.Onze heures sonnèrent à la \u201c Torre dell Oro-logio.\u201d Bientôt tout bruit cessa dans la ville, et l\u2019on n\u2019entendit plus que le pas cadencé des sentinelles, résonnant sur les dalles de marbre de la cour ducale.Sur les canaux, en ce moment déserts, une gondole s\u2019avançait silencieuse, pleine de mystère, et vint s\u2019arrêter sur les eaux dormantes du Rialto.Un jeune homme brun de haute taille, portant avec élégance le costume des pêcheurs des lagunes, le chef recouvert d\u2019une toque de velours quelque peu patricienne, amarra solidement la gondole à un des anneaux de fer du pont et, se penchant sur l\u2019avant de la barque, fit entendre un léger sifflement qui, devait être quelque signal adressé à l\u2019une des fenêtres des maisons des riches joailliers juifs établis sur le pont.\u2014En effet, quelques instants après, une fenêtre s\u2019ouvrait timidement et une forme blanche se penchait au-dessus de l\u2019eau glauque et noire.\u2014Est ce toi, Rachel, demanda le jeune homme d\u2019une voix pleine d\u2019émotion.\u2014Oui, soupira la voix d\u2019en-haut.\u2014As-tu reçu l\u2019échelle de soie, et est-elle fixée 1 \u2014Oui.\u2014Alors, descends.La jeune fille obéit.Un objet flexible se déroula dans l\u2019air et vint flotter à quelques pouces de la barque.Le gondolier la saisit et lui ayant donné le plus de tension possible Rachel commença bravement sa descente périlleuse.Peu après, la jeune fille se trouvait saine et sauve dans les bras de l\u2019inconnu.Celui-ci, la conduisit à la petite cabine d\u2019arrière, et, la laissant un instant seule, s\u2019en alla détacher son esquif qui, suivant le cours de l\u2019au, se mit lentement à la dérive sur le \u201c grand canal Antonio, \u2014 c\u2019était le nom du gondolier \u2014 abandonnant la barque à elle-même s\u2019en vint trouver la jeune fille qu\u2019il trouva tout en larmes.\u2014Tu pleures, ma bonne Rachel et regrettes sans doute d\u2019être venue ?Dieu ni est témoin que je souffre de voir tes larmes couler.Hélas, que pouvais-je faire 1 N\u2019ai je pas parlé à ton père, n\u2019ai-je pas épuisé tous les moyens 1 Nos familles, de religions différentes, n\u2019ont pas voulu que nos âmes se confondent sur cette terre de misère ; et pourtant, nous nous aimions bien ! Nos sentiments étaient si vrais, si purs, que ton Dieu et le mien \u2014 peut-être n\u2019en font ils qu\u2019un ! \u2014 ont bien voulu sourire à nos jeunes cœurs et protéger notre amour.Que me répondit ton père, aux demandes incessantes que je lui faisais?Que j\u2019étais un chrétien, un chien d\u2019infidèle et que jamais sa fille ne serait à moi, et tu vis mon désespoir.Je voulus mourir, tu m\u2019as consolé, toi aussi tu souffrais, et, un jour, dés°spérés tous les deux, nous nous sommes dit : mourons ensemble.J\u2019avais préparé ta fuite, et sous ce déguisement de pêcheur, le prince Marianni est venu chercher la jeune épouse, et me voici à tes pieds, te baisant les mains, et ne pouvant boire ces larmes qui me brisent le cœur ! Rachel, tu ne m\u2019aimes plus ! Rachel s\u2019est penchée vers lui, et attirant ta tête brune de son amant sur sa poitrine, elle lui murmure à l\u2019oreille : \u2014 Ne t\u2019inquiète pas, ô mon bien aimé.Je suis femme et pardonne à ma faiblesse.Tu es là, je t\u2019aime et les larmes que j\u2019ai versées n\u2019étaient point des larmes de regret.J\u2019ai payé le tribut d\u2019amour filial que je devais à mon pauvre vieux père, plus malheureux que coupable.Pardonne-lui, mon Antonio chéri, pour que Dieu aussi nous pardonne.J\u2019ai dit adieu à l\u2019auteur de mes jours dans cet instant suprême, et maintenant, je suis toute à toi.Crois-tu que la mort dans tes chers bras ne me sera pas douce ?Que sommes-nous, pauvres juives ?Dès le berceau le mépris nous accable et nou3 sommes pour toujours à l\u2019opprobe fiancées.Tu m\u2019aimes, Antonio, je le sais, je le sens et quand mon âme s\u2019envolera vers les régions bleues où montent les colombes, te sentant près de moi, et baisant tes beaux cheveux, je m\u2019endormirai en remerciant Dieu et pleine de confiance dans son immense bonté ! Antonio, buvait à longs traits cet énivrant breuvage que lui versait Rachel, quand un corps pesant vint faire osciller la légère gondole.\u2014Qu\u2019est-ce, demanda Rachel effrayée.\u2014Ne rien crains, mon amour, ce doit être mon petit frère Luigi.Je lui avais dit: Tiens-toi-en face du palais Gambara ; et quand tu apercevras ma gondole flottante au milieu du canal, jette toi à l\u2019eau et viens à la nage jusqu\u2019à elle.Tu monteras à bord et prendras l\u2019aviron.Tu vois que le cher enfant a obéi, tiens regarde ! et Antonio, soulevant les épaisses portière de velours, montra aux regards étonnés de la jeune fille, un adolescent qui manœuvrait l\u2019embarcation avec toute l\u2019habileté d\u2019un vieux nautonier ; et la gondole, rapide et gracieuse comme Léda, s\u2019engagea dans I Un de ces petits canaux sans hotü, cômmê il en pullule à Venise.\u2014Et, où nous conduit il ?\u2014A San Michele.\u2014Ah ! \u2014 et cela fut dit simplement, sans émotion, quoique l'exclamation de la jeune fille valut à elle seule, tout un poème.Les îles San Michele et San Crïs-toforo servent de cimetière à Venise.Des lucioles ailées zébraient l\u2019air de leurs mille petits feux jaunis.Venise ressemblait à quelque gigantesque mastodonte échoué au milieu des lagunes.L\u2019air était pur, embaumé, exhalant en de mystérieux soupirs le parfum des nuits orientales.Une brise douce, caressante, apportait aux amants, les sons mélodieux des harpes et les accents plaintifs de3 barcarolles vénitiennes ; chants d\u2019amour dont aimait à s\u2019enivrer chaque soir, la jeunesse dorée du Lido.La noire gondole, les portières relevées, filait avec rapidité vers les îles funèbres.Le pâle astre des nuits répandait sur l\u2019embarcation les sinueux contours d\u2019un catafalque argenté, et venait nimber de sa lumière capricieuse et fantasque, le groupe enlacé des amants dont les deux jolies têtes ressortaient encadrées de l\u2019auréole des martyrs.Etendue sur les coussins de soie, la.chevelure en désordre, Rachel, immobile, les yeux fixés sur Tanit, écoutait frémissante les voluptueuses paroles d\u2019Antonio.La voix de l\u2019amant, comme une musique céleste, berçait l'âme de la jeune fille, la transportait vers ces régions inaccessibles où, seule, le regard de ceux qui vont mourir pénètre.Lui l\u2019œil en feu, ivre d\u2019amour, sublime de folie, semblait boire le ciel tout étincelant d\u2019astres d\u2019or.Son être immatériel flottait dans ces espaces du \u201c Blanc immaculé \u201d où l\u2019âme du poète, angoissée du \u201cNoir terreste \u201d aime à aller chercher ses rêveries.Un saint enthousiasme les animait tous deux.Ils s\u2019en a'iaient mourir naïfs, confiants, heureux, exempts de souillure humaine, purs comme les anges dont ils semblaient prendre les formes cristallines et la Création voulait bien, en cette douce nuit, leur chanter l\u2019hymne de l\u2019éternel amour.Et quand ils posèrent leurs pieds sur l\u2019î'e des Morts, pas un seul regret ne vint troubler leur quiétude céleste ; ce fut sans faiblesse, sans soupir, qu ils contemplèrent les sacrés cyprès et les ifs rêveurs.En ce moment la lune, avivant sa pâleur, les entoura d\u2019un linceul de lumière, et de concert avec l\u2019aube sépulcrale elle sembla les fiancer pour l\u2019Eternité.Antonio, quittant Rachel, s\u2019en vint vers son frère et lui dit : Mon bon Luigi, retourne à JEUNES GENS PRENEZ-GARDE C Elle lui a fait tourner la tête. LÉ SAMEDI Ô A CACOUNA iW'Wi ¦ ' rŸ ™ Vf* -V-.N-Uî y La belle-mère ou le serpent de mer de la Presse.Venise, et quand l\u2019aurore poindra à l\u2019orient reviens ici.et tu nous trouveras.! Euabrasse-moi, mon cher petit frère, et que les saints te protègent!.La gondole, montée par le docile enfant, disparut dans la nuit comme un noir fantôme, laissant, comme trace de son départ, un long sillon argenté, qui bientôt s\u2019évanouit au sot file de la brise.Antonio s\u2019en revint vers Rachel et tous deux s\u2019enfoncèrent sous les bosquets touffus où régnait un solennel silence.Ils se mirent à errer parmi les tombes épelant, en passant, les inscriptions funéraires.Là, un père bien aimé était pleuré.Plus loin, l\u2019acier avait buriné dans le bronze les hauts faits d\u2019un héros.De somptueux mausolées rappelaient et le3 noms et l\u2019opulence de vénérés sénateurs.Puis les petites croix de bois noir sans mention aucune, mais non dépourvues d\u2019éloquence, disaient de muets et sublimes regrets à Celui qui fut humble comme eux.Un petit tombeau de granit rose arrêta leurs regards.De la terre fraîchement remuée sortaient des petites fleurs, bien pâlottes, bien timides, emblèmes frappants du jeune être sur lequel elles semblaient prendre racine.Rachel, émue se pencha, et, à la clarté des falots lunaires elle lut le douloureux adieu d\u2019une mère à quelque mignonne tête blonde endormie.La jeune fille se releva toute pâle.Leurs yeux se rencontrèrent.Deux soupirs troublèrent le silence de ce lieu funèbre et ce fut tout ! Les deux amants s\u2019étaient compris.Un sentiment de maternel regret avait pour la première fois remué le cœur de Rachel ; baissant la tête comme des coupables ils passèrent.Un endroit fut choisi et tous deux s\u2019arrêtant dirent : C\u2019est là !.Antonio cueillit quelques fleurs sur les tombes et en fit un bouquet dont il orna le corsage de Rachel.Le gazon était doux, le silence bienveillant ; et les muets ifs, protégeant les amants des émanations salines, dérobèrent ce tragique hymen aux regards des lumineuses étoiles.Ils étaient prêts.S\u2019étant regardé longtemps comme pour se bien reconnaître là haut, ptndant que les oiselles rêvaient sous la feuillée à quelque couvée nouvelle et que les craintifs grillons folâtraient dans l\u2019herbe fleurie, ils se partageaient le contenu d\u2019un flacon d\u2019or et.doucement., les yeux dans les yeux, se rapprochant à mesure que les ténèbres envahissaient leurs regards, un aérien baiser vint les fiancer dans la mort.Un souffle pur, diaphane \u2014 dernier soupir de ces deux êtres angéliques, exhalé sur leurs lèvres mourantes \u2014 montait dans la nuit claire, et voltigeait dans le chatoyant azur, emporté par les zéphyrs aux ailes d\u2019or.Rachel et Antonio, pécheurs inconsciants, s\u2019étaient paisiblement endormis dans les bras de l\u2019éternel sommeil.La rosée du matin vint rafraîchir les corps * ncore tièdes Et quand Luigi s\u2019en vint vers l\u2019aurore, les ayant aperçus, il crût qu\u2019il dormaient tant leurs lèvres étaient souriantes.Mais vers le soir, ne les voyant pas venir, il eut peur.En vain la voix enfantine les appela ! Comme ils ne répondaient, pas Luigi vint les voir et, les trouvant morts, il se mit à pleurer.Dans les ombres du soir deux jolies colombes s\u2019envolèrent de l'île San Michele et fuirent à tire d\u2019ailes vers l\u2019orient.Lu regard étonné de l\u2019enfant qui priait les suivit longtemps, mais bientôt les oiseaux disparurent dans la sombre immensité.Dieu, mécontent tout un jour, s\u2019était laissé attendrir par les prières et les larmes de Luigi, et les deux gentils messagers de la terre purent, grâce au \u201c bon petit frère,\u201d errer en paix sous les ombrages élyséens de la céleste Patrie.Alphonse Louis Dally.Émaux et Camées PETITS CHEFS D ŒUVRE LITTERAIRES DE TOUS LES PAYS ET DE TOUTES LES ÉPOQUES XXIV FLEURS FANEES G -SJ GU \u2022v Je m\u2019évente, tu t\u2019éventes, elle s\u2019évente.\u2014Parce que c\u2019eM un premier bal.qu\u2019elle se croit gauche et lai le.quand elle est, au contraire, adorable de grâce.\u2014Parce qu'elle a un éventail en écaille et plumes blanches, chiffre en diamants, qui vaut vingt cinq louis et qu\u2019elle fait acheter à son pauvre mari cent francs.une occasion ! Parce qu'elle est maigre.maigre à enfoncer de dix coudées Valentin le Désossé.\u2014Parce queVe est trè3 embarrassée de répondre à Gustave, ayant déjà promis un rendez vous demain à la même heure.\u2014 Parce qu'elle e3t une flirteuse de primo cartello.et qu\u2019il est si amusant de rafraîchir à petits coups d\u2019éventail une conversation brûlante.\u2014Parce que le concert classique l\u2019ennuie à crever !.que Wagner lui donne des crampes d\u2019oreilles et qu\u2019elle baille comme un lévrier ! \u2014Parce qu'elle est vieille ! parce qu\u2019elle est sourde, et qu\u2019elle a pourtant la rage d\u2019aller dans le monde, où l\u2019on craint autant sa langue que sa rotondité.\u2014Parce qu'elle a quinze ans et que c\u2019est son premier éventail.elle ne le troquerait pas pour un sceptre.\u2014Parce qu'elle est Espagnole, de sangre azul, et qu\u2019elle donne une leçon d\u2019aristocratie héréditaire aux pimbêches de la République qui ouvrent un éventail à deux mains.\u2014Parce que trois feuilles dépliées veulent dire : mercredi, et deux coups sur la paume : à deux heures.\u2014Parce qu'elle est laide, maigre, noire, mais qu\u2019elle a une main merveilleuse où s\u2019est réfugiée sa seule coquetterie.\u2014Parce qu'elle porte dix mille francs en bigues.que c\u2019est très cossu et très avantageux pour la banque de son mari, Hicks Hicks Entre les pages satinées Du livre qui te plaisait tant Tout à l\u2019heure en le feuilletant J\u2019ai retrouvé des fleurs fanées ; Et je me souvins tout à coup Du jour où tu les mis, ma chère, Tu me disais, presque sévère ; En passant tes bras à mon cou : Quelque jour, en ouvrant ce livre Si tu m\u2019oubliai», tout se peut.Souviens-toi qu\u2019il faisait bon vivre Au temps où tu m\u2019aimais un peu.Or, c\u2019est toi qui m\u2019oublias vite ; J\u2019ai bien pleuré, car je t\u2019aimais Mais j\u2019ai clos mon cœur pour jamais Et je ne souffre plus, petite ! Aussi, je songe aux jours finis ; Sans amertume et sans colère Ne m\u2019as-tu pai donné, ma chère, Des rêves qu\u2019eneor je bénis ?Tout à l\u2019heure en ouvrant ce livre Un peu de ce bonheur passé S\u2019en vint heurter mon cœur laissé.Il est encor bien doux de vivre.! Marcel Perrier.SUR DE SON AFFAIRE TJa candidat académicien.\u2014Je suis candidat à l\u2019Académie, et je fais mes visite3.Je ne trouve personne, naturellement Miis j\u2019aime mieux ça.Qii ne dit met consent, et si ceux que je ne vois pas votent pour moi, je suis élu ! UN JEUNE HOMME QUI PROMET fcfcU U a 'ù P ¦:J'^PSaO' Z-J À-\u2019: \u2022 I Y \\ J m * ) m- N \\ii L*Y-'.-\\\t'\u2018v-y; \u2022aKv.; \u2022;-p, mm \\1 En général, on ne demande des conseils que pour ne pas les suivre ou pour faire des reproches à celui qui vous les a donnés.La mère (sévèrement).\u2014Comment cela se fait-il, Jacques, que je place continuellement des cinq centins dans ta tirelire pour les missionnaires et qu\u2019il n\u2019y a j\u2019amais rien ?Est-il vraiment possible que ce soit toi qui le dérobe ?Le petit Jacques.\u2014Mais, maman, ne m\u2019as tu pas déjà dit cent fois que j\u2019étais un pay en ?La mère.\u2014Oui, vraiment, et c\u2019est vrai.Le petit Jacques.\u2014Et bien, tu économisais de l\u2019argent pour le3 paye ns et le premier arrivé a été le premier servi. 10 LE SAMEDI INTERVENTION INDISCRÈTE x Le plombier (axix charpentiers qui travaillent sur le toit).\u2014Eh, là-haut! Si vous n\u2019arrêtez pas de cogner de cette façon là, je dirai au contracteur que vous vous mêlez de nies travaux.Le charpentier.\u2014 Comment ça ?personne n\u2019intervient dans votre ouvrage ?Le plombier.\u2014Pensez-vous que je puisse dormir avec un bruit pareil.LE JOURNAL DE GRAND\u2019MERE {Pour le Samedi) a Grand\u2019mëre prie dans son oratoire.Tout coup, des cris clairs et pénétrants arrivent de l\u2019étage supérieur.Grand\u2019mère les a entendus, c\u2019est la voix de son petit René, son chérubin qui l\u2019appelle.Vive et légère, elle sort de la chambre.Comme elle est pâ\u2019e ?Mais non, je ne me trompe pas, sur ses lunettes d\u2019or une larme perle, comme on en voit briller aux vitres des maisonnettes, les soirs d\u2019hiver, quand l\u2019âtre est enflammé ; son cœur serait-il assez ardent pour pleurer au contact de l\u2019hiver des années ?Cependant ?a voix tremblottante entonne déjà la berçeuse aux refrains mélancoliques.La porte de l\u2019oratoire est ouverte, j\u2019entre ; sur le prie Dieu, un livre d'heures, je m\u2019approche à pas discrets.non, je me trompais, c\u2019est un cahier ouvert à la dernière page, une page blanche, c\u2019est le journal de grand\u2019mère.Je l\u2019ouvre à tout hasard.Une marguerite, à peine effeuillée, dort paisiblement dans une page pleine d\u2019une écriture menue ; je lis : \u201cJe l-\u2019ai rencontré, hier, au bal chez ma cousine, comme il est charmant ! Il m\u2019a donné une marguerite, j\u2019ai voulu l\u2019effeuiller, mais il m\u2019a dit de sa voix si douce : Ne l\u2019effeuillez pas, la marguerite est menteuse parfois.Et son regard pénétrant me disait tant de choses que j\u2019ai dû obéir.On a bien des craintes quend on aime, mais aussi on a tant de bonheur de se sentir aimée ! \u201d Grand\u2019mère, chante gaiment, sa voix semble toute jeune, on dirait qu\u2019elle fredonne en rêvant d\u2019un poupon imaginaire.J\u2019ai bien le temps de lire plus loin.Une fleur d\u2019oranger repose là, entre deux feuillets pleins d\u2019une écriture ferme et décidée.Je lis : \u201c Mariée ! Quelle joie ! Oh ! c\u2019est trop de bonheur ! Comme je l\u2019aime !.Il y avait bien des marguerites dans la corbeille, mais à quoi bon les interroger ! Ne m\u2019a-t il pas donné son cœur pour toujours ?O bonheur sans mélange que rien ne me fera jamais perdre !.Heureuse pour toujours avec lui ! \u201d Grand\u2019mère chante moins fort, elle chante comme elle a dû chanter en ces jours bénis où elle berça son premier né, de ses suaves refrains.Bébé va dormir, je suppose, mais j\u2019ai bieu le temps de lire encore.Des immortelles cachent de leurs rameaux, la petite écriture faible et indécise des derniers feuillets.Je lis : \u201cNon pas heureuse toujours ! Le bonheur est une chose étrange.Plus il est grand, plus il est de courte durée ! Vingt années de paix et de joies m\u2019ont paru comme un jour de fête dont le soir arrive toujours trop tôt ! Bonheur de ma jeunesse tu t\u2019es enfui avec l\u2019absent ! Et c\u2019est bien pour toujours cette fois ! \u201d Grand\u2019mère chante bien bas, bien bas.C\u2019est comme la plainte de son cœur en ce jour de tristesse quand la mort jeta le deuil dans son âme abattue.Ensuite c\u2019est la page blanche.Pas un mot sur le feuillet immaculé.Pauvre grand\u2019mère ! Aura-t-elle la force d\u2019y mettre un jour le mot cruel des derniers adieux.Grand\u2019mère est entrée dans la chambre.Elle est tout près de moi.Qu\u2019ai-je fait ?Je reste immobile, avec chacun de mes doigts dans chacune de ces pages qui, jusqu\u2019à ce jour, étaient là comme ces petites forêts vierges, connues seulement de leur créateur.Quand j\u2019étais petite fille, dans me3 heures bien marquées de chaque jour, j\u2019avais des moments de colère noire, où ma nature rebelle se laissait voir dans toute sa malice.Quand je revenais à de meilleures idées, je jetais mes bras au cou de grand\u2019mère et j\u2019attendais là, jusqu\u2019à ce qu\u2019il lui plaise de déposer sur paon jeune front le solennel baiser de paix.Mais grand\u2019mère a souri ; elle se rappelle encore ces jours de bonheur où ses larmes de joie se mêlaient à mes pleurs de repentir.Elle écarte de ses doigts nerveux les petites boucles brunes qui tombent sur mon front de quinze ans ; elle y pose ses lèvres sèches : Grand\u2019mère a pardonné.Primevère.MONSIEUR LE DUC Sur la scène, au Théâtre de Belleville, derrière le rideau, un soir de première.La herse qui brûle dans les frises éclaire un intérieur de palais moyen âge.Le Régisseur (affolé).\u2014Oh ! sapristi ! l\u2019avertisseur qui va frapper les trois coups, et ma figuration n\u2019est même pas placée!.L\u2019avertisseur, s\u2019il vous plaît, une minute, (Il s'arrondit les mains en cornet sur la bouche, et, à pleine voix, hèle les figurants logés dane les combles du théâtre ).Oh hé ! les seigneurs ! Oh hé ! on va frapper ! En scène, les seigneurs ! grouillez-vous !\t(Descente bruyante des figurants par une échelle de meunier.Ils sont vêtus de costumes Louis XI.Derrière eux viennent sans se hâter des Anglais et écossais).Eh bien! dites donc, les écossais, tas de rossards, ne vous pressez pas.Eaut-il que je vous fasse descendre avec une trique ?(Les seigneurs et les archers viennent tranquillement se ranger à droite et à gauche de la scène).Un peu moins de bruit, s\u2019il y a moyen, et tâchez voir à écouter ce que je vais avoir l\u2019honneur de vous dire.Tantôt, à la répétition générale, vous avez été au-dessous de tout.Les auteurs sont très mécontents.Comment, espèces de crétins, on vous.(A deux figurants qui se chamaillent).Qu\u2019est-ce qu\u2019il y a encore, là-bas ?Un Seigneur.-\u2014C\u2019est le connétable de Bourgogne qui me mollarde sur les pieds.Le Régisseur.\u2014Je vais aller lui cueillir les puces, moi, au connétable de Bourgogne.(Poursuivant.) Comment ! espèces de crétins, on vous annonce : \u201cM.le duc de Montmorency!\u201d et vous n\u2019avez pas l\u2019air plus épatés que ça ! (Haussement d'épaules.) Sachez, cuistres, ânes bâtés, que la famille des Montmorency.était alors une des premières familles de France, que les Montmorency.(A un autre qui rigole), \u2014je vais f.lanquer unegiffleà quelqu\u2019un tout à l\u2019heure\u2014 étaient cousins du roi, et que, par conséquent, à l\u2019annonce de ce grand nom, vous devez témoigner de votre déférence sans bornes.D\u2019ailleurs, c\u2019est dans le manuscrit.Voici le texte : (Lisant) \u201c M.le duc de Montmorency ! (Mouvement chez les seigneurs.) \u201d Mouvement chez les seigneurs, cela signifie, brutes, que.\u2014 Ah! ça! mais vous n\u2019êtes pas au complet ici ! Où est donc le duc de Crêvecœur ?Un Seigneur.\u2014Il est allé boire un demi-setier avec Tristan l\u2019Ermite.Le Régisseur \u2014Où ça donc ?Le Seigneur \u2014Chez le concierge.Le Régisseur \u2014Trop fort ! (Il sort et reparaît une minute après, chassant devant lui à grands coups de pied dans le.séant Tristan et le duc de Crêvecœur.Le Régisseur.\u2014 Tiens, Crêvecœur ! Tiens, l\u2019Ermite ! Tiens, le Duc ! Tiens, Tristan ! Et allez vous placer à la gauche maintenant.Eh 1 le Duc ! tourne-toi donc un peu.Tu as encore bavé sur ta collerette animal ! Vingt sous d\u2019amende ! Le Duc veut placer un mot).Assez ! assez ! Va te mettre à gauche, je te dis ! (Le Duc obéit).Qu\u2019est-ce que je disais donc ?Ah ! oui ! Mouvement chez les seigneurs, cela signifie, brutes, que vous ne devez pas accueillir ces paroles : \u201c M.le duc de Montmorency ! \u201d avec la même indifférence que vous accueilleriez celles-ci par exemple : \u201c Avez-vous des bouteilles à vendre?\u201d Non seulement vous devez saluer jusqu\u2019à terre, mais encore, ainsi que je vous le disais tout à l\u2019heure, vous devez par un rien, par un je ne sais quoi, un tressaillement imperceptible, indiquer que vous vous sentez en présence d\u2019un personnage considérable.Ce n\u2019est pas bien malin que diable ! Ça se comprend mieux que ça ne s\u2019explique.Du reste, ceux qui n\u2019auront pas compris auront affaire à moi.Tenez-vous-le pour dit.L\u2019incident est clos.Frappez, l\u2019avertisseur.(Trois coups.Rideau.La claque fait une ovation au décor.On annonce : M.le duc de Montmorency.Premier Seigneur.\u2014Ah ! Ah ! mince ! Deuxième Seigneur.\u2014On dirait du veau.Le Connétable de Bourgogne.\u2014 Bougre d\u2019enflé va ! Plus qu\u2019ça d\u2019épate.Troisième Seigneur (faisant claquer ses doigts).\u2014Eh ben ! vrai c\u2019te poire ! Le Duc de Crêvecœur.\u2014C\u2019est pas d\u2019là bière à quat\u2019sous c\u2019duc là.Parisien.Dans un petit garçon, il y a rarement la promesse d\u2019un homme ; dans une petite fille, il y a presque toujours la promesse d\u2019une femme.EN L\u2019AN 1950 Lui.\u2014Aïe.aïe.aïe.Mathilde ! Mathilde ! viens vite.vite.vite.Elle.\u2014Comment, c\u2019est pour une innocente petite souris que vous faites tout ce bruit.Allons, descendez donc de là dessus, grand nigaud.^ .LE SAMEDI 11 MËNÜS ÉPICURIENS ECHECS EN GRAS Potage aux queues de hœuf Esturgeon en fricandeau Côtelettes de pigeon aux petit pois Galantine de lapereaux Concombes farcis Pouding à la Cowlay.Pota(je aux queues de bœuf.\u2014 Coupez en trouçons deux queues de bœuf, faites-les dégorger et blanchir pendant quelques ndnutes, égouttez ensuite, et placez-les dans une casseï oie foncée avec des légumes émincés, quelques tranches da jambons, un bouquet garni, grains de poivre et clous de girafle ; mouillez d\u2019une cuillère à pot de bouillon et placez la casserole sur un feu modéré pour faire tomber le mouillement à glace ; ajoutez le bouillon nécessaire et un verre de madère et laissez finir de cuire tout doucement ; passez le tout, clarifiez avec de la viande hachée ou des œufs, dégraissez ot mettez le potage dans une casserole en y mélangeant quelques cuillerées d\u2019orge perlé cuit et bien égoutté, et une petite garniture de carottes et de céleri cuit à part.Au moment de servir, passez les tronçons, glacez les et servez-les en buisson sur un plat ; veisez le potage dans la soupière et servez le tout.Esturgeon en fricandeau.\u2014Piquez de lard fin quelques tranches d\u2019esturgeon épaisse de 3 à 4 pouces, après en avoir enlevé la peau, farinez-les et mettez les avec du lard fondu dans une casserole, en ay.nt soin que le côté piqué se trouve en dessous ; quand elles sont bien oolo-rées, retirez-les ; faites un hâchis de champignons et mettez ce hachis dans un plat avec du jus de jambon ; passez dessus les fricandeaux, le côté piqué en vue, couvrez le plat, faites mijoter le tout à très petit feu pendant une heure environ et servez.Côtelettes de pigeon aux petits pois.\u2014Après avoir vidé et flambé six jeunes pigeons, coupez-leur les ailes jusqu\u2019aux moignons et les pattes à moitié de leur longueur ; puis divisez chaque pigeon en deux parties.Retirez le mieux possible les os de l\u2019estomac, ainsi que ceux de la première jointure de la cuisse.Sur les cuisses pratiquez une légère ouverture, par laquelle on introduit le doigt entre la peau et la chair, pour y faire passer le bout de la patte.Salez des deux côtés, et passez au beurre dans un sautoir pour faire roidir les chairs.Egouttez aussitôt et laissez refroidir sous presse.Quand les morceaux sont froids, passez-les en forme de côtelettes et masqirez les intérieurement avec une petite couche de farce mêlée à des fines herbes cuites ; passez les côtelettes dans de la mie de pain, puis dans des jaunes d\u2019œufs battus pour les paner ensuite et les faire gril er des deux côtés à feu modéré, en les arrosant, lorsqu\u2019on les retourne, avec du beurre fondu.Pressez enfin les côtelettes en couronne sur un plat et emplLsez le puits avec une garniture de petits pois.Galantine de lapereaux.\u2014Désossez des lapereaux sans toucher à la tête ; ôtez le gros de la chair, hachez cette chair avec autant de lard et faites-en une farce ; ajoutez sel, gros poivre, un peu d\u2019aromates concassés et truffes hachées menu.Etendez les lapereaux sur un linge blanc ; mettez d\u2019abord un lit de farce, puis des filets de jambon, de lard et de trufLs, puis de la farce et encore des filets de jamboD.Quand les lapereaux sont pleins de cette farce, rendez-leur leur première forme en rapprochant les chairs ; ficelez-les bien, et enveloppez-les d\u2019un linge blanc ; cela fait, foncez une casserole de bardes de lard, placez-y les lapereaux ; entourez-les de carottes, oignons, bouquet de persil, laurier, thym, sel, gros poivre ; mouillez-les avec du vin blanc et autant de bouillon ; couvrez-les de bardes de lard et d\u2019un rond de papier ; faites cuire à petit feu ; la cuisson effectuée, retirez la braisière et laissez refroidir les lapereaux pendant une demi-heure ; déballez ensuite ; passez le fond de cuisson, dégraissez et clarifiez avec un blanc d\u2019œuf battu; faites réduire et versez sur des assiettes afin qu il glace, et couvrez-en les lapereaux.Concombes farcis.\u2014Dans des concombes de belle forme, coupez de gros anneaux épais de deux travers de doigt (les bouta ne peuvent servir) ; après les avoir pelés et avoir enlevé les pépins qui sont à l\u2019intérieur, faites blanchir ces anneaux pendant dix minutes, raffraîchis-sez-les et laissez égoutter ; foncez ensuite un plat à glace de bardes de lard trè3 minces, et placez dessus les anneaux de concombres, préalablement garnis d\u2019une farce à concombres, entourés de bardes de lard et légèrement ficelés ; mouillez avec une chopine et demie de bouillon et faites cuire à feu très-doux, vingt minutes suffisent ; retirez alors du feu les concombres, égouttez-les, enlevez les ficelles et dressez-les sur un plat, un anneau au milieu et les autres autour, puis masquez avec une sauce composée comme suit.Avec 3 onces et demie de beurre et une once de farine, faites un roux et mouillez-le de bouillon en y ajoutant une once de glace de viande ; faites cuire le tout en remuant avec une cuillère de bois pendant Vingt minutes, passez à l\u2019étamine ou à travers une passoire très fine, et ajoutez quelques gouttes de jus de citron.Pouding à la Cowlay.\u2014Mélangez du sucre en poudre à des jaunes d\u2019œufs et ajoutez-y des amandes pilées ainsi que des jaunes d\u2019œufs ; travaillez le tout avec des pommes de terre cuites sous les cendres, dn sucre vanillé et des blancs d\u2019œufs fouettés ; Rites cuire et masquez avec une crème à la vanille.Baron Brisse.PROBLEMES D\u2019ÉCHECS ET JEUX D\u2019ESPRIT PROBLEME No 23.Par W.J.Baird NOIRS No 133 \u2014 METAGRAMME Par Henriette Je vais becquetait, caquetant ; Chef changé, je suis monstre effrayant Dans une fable orientale ; Classé dans l\u2019espèce animale ; Village englobé dans Paris : Courant, se pressant au Gra d-Prix.Adresser les solutions à Philidor, journal le Samedi.SOLUTIONS DES PROBLÈMES ET JEUX D ESPRIT DU NUMÉRO PRÉCÉDENT ÉCHECS Solution du problème No 22 Blancs\tNoirs 1\t_ T) 3 R 2\t\u2014 C 3 C D 3\t\u2014 T ai F suivant le coup P prend la D N\u2019importo lequel Echec et mat X PROBLÈME No 120 BLANCS Les blancs jouent et font mat en Irois coups.Jeux d\u2019Esprit No 127 \u2014CHARADE Par X.Y.Z.Mon premier, plante potagère, Est foi t goûté de bien des gens, Et, de plus, chose singulière, Peut s'employer dans bien des sens : Tantôt il est mot de tendresse, Tantôt il est bonnet de nuit Mon second, lecteurs, ô détresse ! Est bien dur une fois vieux cuit : C\u2019est déjà deux dents qu\u2019il me casse ! Mais songfz aussi que souvent Daus mon second de plus se classe L'œuvre du peintre sans talent.Mon tout, un mets acidulé, Nourrissant et économique Ayant une propriété Reconnue antiscorbutique, Peut se conserver très longtemps.Je m\u2019arrête ici, il est temps.X No 128 \u2014 SYNONIMES ET CONTRAIRES Par A.Guérette Trouver avec les initiales des Synonimes et des Contraires, les noms de deux maires pour deux villes principales du Canada.Synonimes.\u2014Augmenter, Apparent, Anneau, Amonceler, Avarice, Adoucir, Avarié, Altérer, Affaibli.Contraires.\u2014Ajouter, Artificiel, Arrivée, Acariâtre, Abréger, Abattre, Actif, Acheter.x No 129 \u2014SURPRISE Par S.T.R.Quel est l\u2019oiseau qu\u2019on voit toujours en cage ?X No 130 \u2014 LOGOGRIPHE Par Josèphe Sur cinq pieds, roi de France ; Un vêtement : semence ; Quatre, pour le fumeur ; Trois, arbre ; oiseau voleur, x No 131 \u2014 MOT EN LOSANGE Par Sphinx d\u2019Ottawa.Consonne ; le crâne ; mesurer ras à l\u2019aide d'une règle ; clarifier ; entremise ; monnaie frappée sous Louis XII ; princesse ; peigne de tisserand ; consonne.x No 132 \u2014 MOTS EN BOUTEILLE Par Maud x X x x X x x X x x X x x x X x x x x X x x x x X x x x x X x x x x X x x x x X x x x x X x x x x X x x Substance immatérielle \u2014 Pièce de bois sur un navire \u2014\tPlainte \u2014 Chiffre \u2014 Insecte \u2014 Censeur romain \u2014 Fluide \u2014Royaume du Nord de l\u2019Europe \u2014Arbrisseau \u2014\tSigne musical \u2014 Etoffe \u2014 Bas peuple Verticalement au centre, le nom de l\u2019épouse d\u2019un roi de France.Querelle ^ Utile Infidèle Vague Ebat Urgent Tableau Plaisir Ecarté Union Tourment QUI VEUT PEUT PROBLÈME No 121 Un train de six wagons Char \u2014 bon Char \u2014 don Char \u2014 mes Char \u2014 les Char \u2014 roi Char \u2014 rue PROBLÈME No 122 Yonne \u2014 Fa \u2014 Quilon \u2014 Lessive \u2014 Meute \u2014 Voûte.Qui veut la fin veut les moyens.X PROBLÈME No 123 P ensu M E poqu E R égne E ugèn PROBLÈME No 124 VERCINGETORIX E T O R I X x PROBLÈME KIEL INDU EDIT LUTH 125 PROBLÈME 126 S BAL BOLET SALOMON LEMAN TON N x Ont trouvé les solutions du No 9 :\u2014 ECHECS (Problème No 21) Solutions justes : MM.Dr Cortex, F.Weber, Asse-lin, G.M.A.M.G.(Montréal).Autres solutions justes : MM.Sphinx d\u2019Ottawa 3 solutions, E.Barcelo 1 solution.JEUX D\u2019ESPRIT [Problèmes de 113 à 119) Ont trouvé 5 solutions : MM.E.Barcelo, Dr Cortex (Montréal) ; Sphinx d\u2019Ottawa ; Mikado (Lévis) ; Alph.Beauregard (St-Hyacinthe).Ont trouvé 4 solutions : MM.Armandine, Jean Canada, Primevère, G.M.A.M.G , Rosa, (Montréal) ; Rodolphe Routhier (St-Hyacinthe).Ont trouvés 3 solutions : MM.J.Eug.Gauvin (Québoc).Ont trouvé 2 solutions: MM.Anti-Sphinx (Sherbrooke) ; Mlle Ed.Charbonneau (Woonscket)._ Ont trouvé 1 solution : M.B.Hébert (Victoriaville).Si vous Toussez, prenez LE BAUME RHUMAL.25 ets la bouteille, en vente partout 12 LÉ SAMEDI FEUILLETON DU SAMEDI LE FILS DE L'ASSASSIN QUATRIEME PARTIE VI UN MINISTRE EMBARRASSE ( Suite.) \u201c Je vous supplie, Monsieur, de balancer, auprès du ministre, l\u2019influence trop grande qu\u2019a eue cette adorable jeune fille.Vous estimerez, comme moi, que certaines bontés sont trop lourdes à porter.\t\\ \u201c Le ministre ne peut rien vous refuser ; accordez moi la grâce de soutenir ma requête.Et quelles que doivent être vos intentions à mon égard pour l\u2019avenir, je vous en garderai une profonde reconnaissance.\u201c Permettez-moi de vous adresser l\u2019expression de mes sentiments respectueux.\u201c Marquis de Trévenec \u2019\u2019 La seconde était destinée à la baronne de Kernizan.\u201c Madame et chère cousin^, \u201c Vous êtes partie si brusquement de Trévenec qu\u2019il m\u2019a été impossible, à cause d\u2019engagements antérieurs, de vous servir de cavalier.\u201cPermettez moi d\u2019aller aujourd hui même vous porter mes excuses.\u201c Vous ne refuserez certainement pas de m\u2019accorder un entretien immédiat, quand j\u2019aurai ajouté que vous pouvez me rendre un grand service.Je sais que vous êtes très puissante à Paris.J\u2019ai besoin de vos relations pour obtenir une faveur toute simple et qu\u2019on s\u2019obstine cependant à me refuser.Je puis, n\u2019est ce pas, compter sur votre appui ! \u201c Madame et chère cousine, je vous baise les mains.\u201c Marquis de Trévenec.\u201d VII UN COUSIN INATTENDU C\u2019est cette dernière lettre qui était tombée comme un coup de foudre entre la baronne de Kernisan et son mari.Au moment même où ils s\u2019abandonnaient à de si jolis projets d\u2019avenir, le nom de Trévenec était venu les glacer d\u2019effroi.D\u2019abord, la baronne s\u2019était emportée, avait dédaigneusement traité son mari, l\u2019accusant de lâcheté, lui jetant d\u2019un air de mépris : \u2014Est ce que je tremble, moi qui ne suis pourtant qu\u2019une femme.Mais, au fond d\u2019elle-même, elle était aussi épouvantée que lui.Et cependant, elle connaissait déjà ce cousin, elle venait de passer quelques semaines dans son intimité ; et elle n\u2019avait pas hésité à le trahir, à le dénoncer à M.de Montmoran ; et, sans un regret, elle avait poursuivi son nouveau plan, qui était de pousser Gilbert à quitter pour longtemps la France, à se lancer dans ce voyage d\u2019exploration d\u2019où elle espérait bien ne le voir jamais revenir.Jusqu'alors elle avait accompli son œuvre malfaisante sans le moindre remords.Pourquoi donc tremblait elle tout à coup ! Sentait-elle enfin que l\u2019heure de la justice approchait ?Et bientôt son mari la vit aussi blême, aussi affolée que lui.Et ce fut d\u2019une voix entrecoupée qu\u2019elle lui donna les explications qu\u2019il demandait avec anxiété : \u2014Ne m\u2019aviez-vous pas dit vous-même que la marquise douairière ne voulait pas de son petit-fils, qu\u2019on l\u2019avait perdu.au Tréport, je crois.dans un bal d\u2019enfants?N\u2019étiez-vous pa3 au château, lorsque le marin, chargé de cette besogne, en rendit compte à sa maîtresse : Eh oui, les choses s\u2019étaient bien passées ainsi, jadis ; et on avait pu croire qu\u2019elles étaient réglées pour jamais, que jamais il ne serait plus question de ce petit-fils et que l\u2019héritage de la douairière tomberait tout naturellement entre les mains de la baronne de Kernizan.\u2014\tC'était mon unique espoir d\u2019avenir que cet héritage, puisque vous ne me donniez plus de vos nouvelles.Tous les ans, je passais trois mois auprès de ma vieille tante, et je vous jure que la vie n\u2019est pas gaie au château.J\u2019entretenais sa haine que, sans moi, l\u2019âge aurait amolie.Et je m\u2019imaginais que ma tante mourrait enfin, que je pourrais vendre ce château, où il y a des merveilles d\u2019antiquités.Mais un vieux curé s\u2019est insinué dans l\u2019intimité de la marquise et, dans deux ou trois ans, a détruit toutes mes combinaisons.\u2014Un curé, dites-vous ?\u2014Oui.\u2014\tA Trévenec ?interrogea le baron tout tremblant.\u2014Le curé du village de Trévenec.Le baron devint livide.Sa femme continuait, lui racontant, aussi brièvement que possible, les angoisses par lesquelles était passée la douairière, l\u2019aveu que le curé avait fini par lui arracher, puis les recherches au Tréport coïncidant avec celles qu\u2019exécutaient les parents adoptifs de Gilbert Morel.\u2014Tous dites : Gilbert ?\u2014Gilbert Morel ! \u2014Officier de marine ?\u2014L\u2019ami intime de Philippe de Montmoran ! \u2014Et c\u2019est lui.lui, le fils du marquis de Trévenec?bégaya Kernizan d\u2019une voix étranglée.\u2014Vous le connaissez peut-être ?\u2014 C'est lui que j\u2019ai failli faire tuer au Tonkin par mes serviteurs.Il accompagnait Philippe de Montmoran, la fameuse nuit.\u2014En effet ! Je me souviens.Un sinistre éclair passa dans les yeux de la baronne.En étouffant ses craintes, se3 remords, elle prononça avec un cynique accent de colère : \u2014Cette nuit là, vous auriez mieux fait de laisser partir les fusils.Le baron eut un geste d\u2019horreur.\u2014Aprè tout, s\u2019écria brutalement sa femme, que nous importent toutes ces vieilles histoires, et ces reconnaissances d\u2019enfant et les amours de mon cousin de Trévonec?Car je n\u2019ai pas encore eu le temps de vous dire qu\u2019il est amoureux fou de la seule jeune fille qu\u2019il ne puisse pas épouser.Qu\u2019avons-nous besoin de tous ces gens là, mon ami ! N\u2019êtes-vous pas riche ?Ne sommes nous pas indépendants ?Il sourit péniblement.\u2014Je vous admire, dit-il, et je vais prendre modèle sur vous.Mais j\u2019avais besoin de m\u2019habituer à l\u2019idée de me trouver en face de.mon cousin de Trévenec.Et, puisqu\u2019il va venir, soyez donc assez aimable pour le recevoir seule.Il faut que je m\u2019aguerrisse.\u2014Non, répliqua énergiquement la baronne.A quoi bon retarder une entrevue indispensable?Ne trouverait-il pas étonnant que je ne le présente pas immédiatement à mon mari?Je ne puis donner à un parent l\u2019excuse banale d\u2019une absence ; je ne puis pas lui parler de vous, et comme c\u2019est un homme parfaitement élevé, i) ne manquerait pas de revenir aujourd\u2019hui même, demain au plus tard, pour vous rendre visite.Reprenez-vous donc ! Composez vous un visage plus calme ! Songez que ce jeune homme cherche passionnément à rétablir la mémoire de son père, qu\u2019il est à l\u2019affût des moindres indices, et qu\u2019il suffirait d\u2019un rien, d\u2019un regard, d\u2019un simple tressaillement pour éveiller ses soupçons.\u2014Vous avez raison, prenonça le baron en se redressant.Puisque des relations doivent forcément s\u2019établir entre le marquis de Trévenec et moi, tout retard, toute hésitation de ma part serait, en effet, une faute.Vous me communiquez votre beau courage.Elle se pencha vers lui et, pour la première fois depuis qu\u2019ils étaient réunis, se laissa tendrement embrasser.Il dit alors : \u2014Maintenant, je l\u2019attends de pied ferme.La baronne donna l\u2019ordre de recevoir son cousin dès qu\u2019il se présenterait ; et, quelques instants après, on annonçait le marquis de Trévenec.Gilbert semblait très calme ; et il s\u2019avança en souriant vers sa cousine.Il ne voulait pas étaler sa douleur devant elle.Malgré les marques extérieures d\u2019amitié qu\u2019elle lui avait données, il sentait bien qu\u2019elle ne pouvait l\u2019aimer avec une absolue sincérité, puisqu\u2019il diminuait forcément sa part de l\u2019affection et de l\u2019héritage de la douairière ; mais il se sentait, lui, très à son aise vis à vis d\u2019elle, parce qu\u2019il avait déclaré à sa grand\u2019-mère qu\u2019ii entendait que sa cousine ne fût pas entièrement frustrée d\u2019un héritage que, jusqu\u2019alors, elle avait pu croire à elle.Cette question d\u2019intérêt avait même été très nettement réglée par lui ) et la douairière, sur son désir, en avait avisé la baronne : dans l\u2019avenir, le château appartiendrait au marquis, les capitaux de la vieille marquise iraient à sa nièce.Il se trouvait assez riche avec la fortune de ses parents adoptifs et la belle somme dont le maire du Tréport avait capitalisé les intérêts.Si donc il ne pouvait compter sur une affection toute simple, toute droite, il s\u2019imaginait trouver, du moins, chez sa cousine, une aimable cordialité, une camaraderie un peu reconnaissante et un empressement tout naturel à lui rendre service.\u2014Quelle charmante surprise ! s\u2019écria la baronne.\u2014J\u2019avais à m\u2019excuser, ma chère cousine, j\u2019étais tout honteux, le jour où vous êtes partie de Trévenec, de ne pas vous accompagner à la g ire.Et, voyez comme les choses s\u2019arrangent : je viens en même temps vous demander un gros service.Me pardonnerez-vous d\u2019abuser de vous ?\u2014Tout ce dont je puL disposer n\u2019est-il pas à vous, mon cher Gilbert?Nous causerons tout à l\u2019heure de ce que vous pouvez désirer, mais auparavant que je vous fasse, moi aussi, une surprise ?Elle se tourna vers le baron, qui, jusque-là était demeuré dans la pénombre et que Gilbert n\u2019avait pas encore aperçu : \u2014Mon mari ! Gilbert salua avec une indifférence polie ; il connaissait trop peu l\u2019histoire de ce ménage pour manifester de l\u2019étonnement.Mais, dès que le baron se mit en pleine lumière pour lui serrer la main, il fit un pas en arrière.\u2014Monsieur Johnston?prononça-t-il avec stupéfaction \u2014Pardon, mon cher, dit le baron, d\u2019une voix qui tremblait à peine, M.Johnston a disparu pour faire place au baron de Kernizan, qui est vraiment heureux du hasard qui lui permit autrefois de vous sauver la vie.Gilbert, désagréablement impressionné par la découverte du véritable nom de son inconnu, demeura quelques secondes sans pouvoir le complimenter.\u2014Quels remords c\u2019eût été pour moi ! continuait le baron ; car ma femme vient de m\u2019apprendre les liens qui nous unissent.Et je ne saurais vous dire à quel point l\u2019issue si heureuse, et je puis dire si inespérée, de cetta lamentable histoire m\u2019a causé de joie ! La baronne jeta un regard oblique à son mari ; elle était stupéfaite de l\u2019assurance avec laquelle il s\u2019exprimait.C\u2019est qu\u2019une pensée bienfaisante avait traversé l\u2019esprit du baron : puisqu\u2019ils étaient sans famille, sans enfants, ne serait-il pas naturel que ce charmant jeune homme devint un peu leur enfant, profitât de la grande fortune amassée par le baron ?Ne pouvaient-ils racheter, en l\u2019accablant de bonté, le mal qu\u2019ils avaient fait au fils du marquis de Trévenec?\u2014Permettez moi d\u2019ajouter, déclara-t-il très sincèrement, que personne LE BAUME BHIIMAL guérit les R li uni es obstinés, le Croup, la Coqueluche, la Consomption, etc., etc.25 ets, en vente partout LE SAMEDI 13 n\u2019est plus fier que moi de la glorieuse réputation que vous avez si justement acquise.Et montrant un siège à Gilbert, puis s\u2019adressant à sa femme ; \u2014Vraiment, ma chère amie, vous ne sauriez vous imaginer avec qu\u2019elle crânerie, quelle habileté et, ce qui est plus rare clrz un jeune homme, qu\u2019elle prudence notre beau cousin lançait son torpilleur sur les cuirassés chinois.Ah ! j\u2019enrageais de ne pas être à bord de la flotte pour pouvoir combattre, moi aussi ! Gilbert, un peu désarmé par ce chaleureux accueil, essaya à son tour de se montrer aimable.\u2014Mais il me semble, mon cher cousin, qu\u2019il n\u2019y avait pas besoin d\u2019être à bord d\u2019un vaisseau français pour faire preuve du courage le plus téméraire ; et je me rappelle une embarcation montée par un simple curieux qui se plaçait au beau milieu du champ de bataille, pour mieux juger les coups, sans doute.Le baron répliqua mélancoliquement : \u2014C\u2019était si bon de se trouver à l\u2019ombre du drapeau français.C est que j\u2019ai été officier de marine comme vous.\u2014Mon mari faisait même partie de la promotion de votre cher père; Gilbert, ajouta la baronne d\u2019un petit ton attendri.En même temps, elle fixait un ardent regard sur son mari ; elle n\u2019avait prononcé cette phrase que pour juger du calme du baron, de la force de résistance qu\u2019il était capable d\u2019opposer aux anciens souvenirs ; si elle l\u2019avait vu trembler, elle eut aussitôt détourné la conversation.Le baron eut à peine un léger tressaillement.Devant le danger, il redevenait lui même.\u2014Oui, j\u2019étais l\u2019ami de votre père, dit-il gravement, ce qui me donne le droit d\u2019être le vôtre.Il lui tendit de nouveau la main.Il semblait prendre à tâche d\u2019effacer toutes les préventions de Gilbert.Celui-ci, très ému, écarta ses défiances et rendit cordialement sa poignée de main au baron en disant : \u2014Merci de tout cœur 1 La baronne sourit en dessous ; tout marchait selon ses désirs : elle était vraiment enchantée de son mari, et elle ne comprenait pas comment ils avaient pu être assez fous tous les deux pour s\u2019alarmer tout à l\u2019heure.Gilbert ne souriait plus maintenant ; il perdait l\u2019allure dégagée qu\u2019il avait montrée en arrivant.Cette évocation de son père l\u2019avait facilement attendri ; il n\u2019avait plus la force de cacher sa douleur.Son visage se plissait, et bientôt quelques larmes coulèrent sur ses joues.\u2014Merci encore ! dit-il.L\u2019affection que vous me témoignez m\u2019autorise a vous parhr à cœur ouvert.Ma chère cousine, je sais que vous avez a Paris, les plus puissantes relations : vous allez m\u2019être bien ut.i e.Et vous aussi, sans doute, baron ; car si vous avez été le camarade de promotion de mon père, vous avez été évidemment celui du ministre actuel de la Marine ?\u2014Le vice amiral Hantz ! \u2014Oui.Et c\u2019est sur lui justement qu\u2019il faut agir.\u2014Vous avez besoin qu\u2019on agisse en votre faveur, vous ! s\u2019écria le baron stupéfait.\u2014\tJe me charge bien d\u2019obtenir du vice amiral Hantz tout ce que je voudrai ! déclara la baronne avec assurance.\u2014Mais c\u2019est donc une faveur bien spéciale que vous demandez! interrogea encore M.de Kernizan.\u2014Puisque vons avez intimement connu mon père, vous ne devez pas ignorer qu\u2019il tenta une expédition au centre de i\u2019Afrique ! \u2014Expédition bien dangereuse, mon cousin ! Je me souviens d\u2019ailleurs que votre malheureux père ne la tenta que poussé par le désespoir : votre grand\u2019mère s\u2019obstinait à refuser son consentement à son mariage, et j\u2019ai toujours cru qu\u2019il avait voulu alors conquérir un peu plus de renommée pour forcer sa mère à s\u2019incliner devant ses désirs.\u2014\tComme je comprends cela ! murmura Gilbeit.\u2014Mais, hélas ! il put seulement relever les côtes, dont personne n\u2019avait eu encore le courage de pénétrer dans l'intérieur des terres, il fut arrêté par la maladie.Je le vis à son retour ; il était terriblement touché.Une fois rétabli, il se maria.Pauvre ami ! \u2014Pauvre père \u2019 Gilbert poussa un long soupir ; puis, dominant son émotion : \u2014Eh bien, le ministre me refuse l\u2019autorisation de reprendre cette expédition.Et cependant il faut que je parte, que je me lance dans une de ces entreprises qu\u2019on qualifie de folles, mais qui placent au-dessus de tous, au-dessus même des préjugés, ceux qui ont réussi à les accomplir.Et mon devoir n\u2019est-il pas tout tracé ! Le fils achevant ce qu\u2019avait commencé le père.et effaçant ainsi la honte qui salit injustement leur nom ! Ces derniers mots tombèrent sur le baron de Kernizan comme un coup de massue.Machinalement, il s\u2019affaissa dans son fauteuil; puis, sous un énergique regard de sa femme, il se redressa.Mais il tremblait ; ses yeux se fixaient avec épouvante sur Gilbert.Celui-ci crut voir, dans cette attitude, une protestation contre son héroïque projet, contre ses espérances, et, s\u2019animant, la voix inspirée : \u2014Ah ! N\u2019essaytz pas de porter le doute dans mon esprit ! Je devine que comme tous ceux que j\u2019ai interrogés jusqu\u2019ici, vous me direz que mon père fut un malheureux fou, que sa tête avait été ébranlée par les fièvres contractées en Afrique ; et qu\u2019ainsi s\u2019explique le crime commis par lui ! Mais je ne crois pas, je ne croirai jamais cela ! Mon père était innocent.Il paya pour un misérable ! Un jour, toutes ces choses se découvriront.Mais, puisque je ne puis arriver à prouver en ce moment la vérité, je veux que le monde entier, apprenant ce que j\u2019ai fait, reconnaisse que le père d\u2019un héros ne peut pas uvoir été un assassin.Je veux que ma renommée arrive aux oreilles du véritable criminel.Dieu permettra qu\u2019il vive encore.C\u2019est peut-être un vieillard maintenant ; au moment de mourir ne cédera-t-il pas aux remords qui doivent le torturer ! Le baron pâlissait tellement que sa femme se plaça brusquement entre lui et Gilbert et, entourant l\u2019officier de ses bras : \u2014De grâce, cher enfant, ne vous laissez pas ainsi exalter ! Votre cœur se briserait.Vous voulez encore espérer, Gilbert, malgré toutes les désillusions que vous avez eues jusqu\u2019ici! Ah ! nous ne demandons qu\u2019à espérer avec vous, nous ne demandons qu\u2019à vous soutenir dans toutes vos tentatives ; mais, de grâce, dominez-vous.Tout à l\u2019heure, vous me faisiez peur.Vous êtes horriblement malheureux, je le sais.Pleurez, nous pleurerons avec vous.\u2014Pardonnez-moi, balbutia-t-il, la gorge étranglée.Il se cacha quelques instants le visage dans les mains et pleura en effet.Puis il se montra, les yeux aveuglés de larmes.\u2014Je m\u2019étais pourtant promis d\u2019être calme ; mais le souvenir de mon père a brisé toutes mes résolutions.Et aussi une pensée qui ne m\u2019étais jamais venue et qui a jailli soudain dans ma pauvre tête, que tant de chagrins finiront peut-être par faire éclater.Si le véritable assassin apprenait combien je souffre et combien d\u2019autres souffrent avec moi, ne consentirait-il pas à faire cesser tant de chagrins, à reconnaître qu\u2019un innocent paya pour lui ?\u2014Hélas ! pauvre enfant, dit la baronne en jouant admirablement la douleur, pourquoi s\u2019abandonner à de si folles illusions ! Pourquoi ne pas accepter, avec l\u2019héroïque courage que vous avez montré jusqu\u2019ici, une fatalité terrible mais inéluctable! Et qui vous dit que le temps n\u2019accomplira pas le miracle qui vous semble impossible aujourd\u2019hui.Vous abandonneriez vous ainsi au désespoir si l\u2019adorable jeune fille que vous aimez était à vous ! N\u2019auriez-vous pas le courage d\u2019accepter votre destinée qui serait triste mais pleine de douces consolations ?Enfin, Gilbert, quoi que vous fassiez, quoi que vous décidiez, disposez de nous comme de vous-même.Je veux espérer que vous ne nous quitterez pas ; car, en vous montrant si simplement à moi, en me disant si franchement votre douleur, vous venez de vous créer en un instant l\u2019amie la plus tendre.Vous avez fait plus de chemin dans mon cœur, aujourd\u2019hui, que je vous connais ! Elle prononçait c^s belles phrases avec un accent si vrai que Gilbert ne songeait même pas à les mettre en doute.Èt dissimulant toujours son mari, elle reconduisait Gilbert, lui prodiguant encore des paroles de tendresse.D\u2019un geste impérieux, elle appela le baron auprès d\u2019elle.Alors seulement, Gilbert pu se rendre compte de l\u2019effarement, du bouleversement de son cousin, car il lui sembla tout à coup vieilli, le regard ravage le regard vitreux.s\u2019imagina que cet ancien ami de son père partageait toute son émotion, et il le remercia par une longue étreinte.Puis il partit.\u2014Ouf ! prononça cyniquement la baronne, quand elle se retrouva seule avec son mari ; j\u2019ai cru que moi aussi j\u2019allais être obligée de pleurer.Mais vous aviez donc perdu la tête, vous 1 \u2014Avouez, bégaya-t-il en baissant les yeux devant sa femme, qu\u2019il y aurait eu de quoi ! \u2014Je vous promets, dit elle avec un haussement d\u2019épaules, que cette petite scène ne se renouvellera pas.Il ne répondit rien.Il était retombé sur son fauteuil et, les yeux fixés à terre, tremblait encore.VIII - UN SECRET DIFFICILE A GARDER Le ciel, ce jour là, était très pur, d\u2019un bleu encore un peu pâle que réchauffait un soleil devenu tout à coup brûlant, un de ces soleils qui annoncent le printemps aux Parisiens.Et tout machinalement M.Morel, une fois son fils descendu dans Paris, était parti pour faire un bout de promenade dans l\u2019avenue du Lois-de-Boulogne.Il ne songeait à jouir ni du soleil, ni de ce renouveau, ni de la coquetterie que répandait le printemps sur tout ce qui l\u2019entourait.Il ne songeait à jouir de rien, puisque son Gilbert était malheureux.Et cependant, avec quel amour il avait installé son appartement de la Victor-Hugo ! Et comme le cœur lui battait autrefois, lorsque, dans quelque pays étranger, noir et triste, il songeait a Paris et au gai quartier qu\u2019il habitait dans Paris.Il faisait alor8 de si jolis rêves, pour sa retraite, pour sa vieillesse ! Habiter auprès de l\u2019Arc de Triomphe, n\u2019est-ce pas posséder un peu de cet admirable jardin qui commence à l\u2019avenue du Bais pour s\u2019étendre jusqu\u2019à la Seine ! Cette large avenue, sillonnée de jolies voitures, et surtout l\u2019allée des piétons encombrée de bébé3, que de fois il s était dit que ce serait sa promenade favorite ! Il s\u2019était même figuré son Gilbert marié, père de deux beaux enfants, et lui un grand père extraordinairement faib\u2019e et bon, conduisant les petits, jouant avec eux.Que de choses il aurait inventées pour les amuser ! Et ce rêve le reprenait aujourd\u2019hui, sans qu\u2019il y songeât.Et il suivait toute l\u2019avenue, gagnait le bois, s\u2019enfonçait dans de petites allées.D\u2019innombrables petites feuilles transformaient les arbres en un immense rideau, d\u2019une légèreté aérienne, par où passait le soleil pour venir le car-resser.(A suivre.) 14 LE SAMEDI v£»M*,ï*gCèj =
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