Le samedi, 1 février 1893, samedi 4 février 1893
[" : tolV'K*\u2019 M* ' '-V ¦ ¦ ¦ ¦ mm iilllil p* HR \u2022*M*S !|l| i.lljlj l}lfi jJ'ffçV' W 3=^fi **»SW ¦\u201c -, 0msm Par Anncc, $2.60 Le Numéro 6 Ct« ffifo.\u2014Ho donc ! Tu ne m\u2019as paB l\u2019air d\u2019être aussi pressé pour l\u2019église que le jour de tes noces.VOL.IV \u2014NO» 35 EN MONTREAL, 4 FEVRIER 1893 TRAIN DE MANQUER] LE SERMON 2 LE SAMEDI (Journal Hebdomadaire) PURLICATION LITTERAIRE, HUMORISTIQUE SCIENTIFIQUE ET SOCIALE, OB3J1.1TE 3DXT FOYER DOMESTIQVE.REDACTEUR: LIONEL DANSEREAU \u2022^BOttTJiTEXÆEasrT Un An, $2.50.\u2014 Six Mois, $1.25 (STIUCTKMENT PAYABLE D'AVANCE) Px'Ijc «lu 3XTumero, 6 Ooutlus.S\u2019adresser pour les informations, les abonnements et ies annonces aux gérants, MM.Poirier, Bessette & Ci e, No.516 Rue Craig, ou par lettre & LA SOCIÉTÉ DE PUBLICATION DU \u2022\u2018SAMEDI,\u201d Montréal.MONTRÉAL, I FÉVRIER 1893.Le temps est un grand maigre.Il faut battre son frère pendant qu\u2019il est chaud.A vaincre sans baril on triomphe sans boire.Les oculistes et les dentistes sont toujours prêts à donner œil pour œil et dent pour dent.L\u2019amour maternel est un instinct, mais il y a des instincts qui ont un souille de divinité.Une femme est lapidée pour une action que peut commettre un parfait honnête homme.Les femmes combattent surtout dans leurs enfants, les défauts de leur mari et ceux de sa famille.On ne devient pas mère, on l\u2019est de naissance.La famille nombreuse satisfait la vocation ; elle ne la donne pas.Prenez votre deveine comme vous prendriez une pillule.Si vous vous lamentez, elle vous paraîtra plus amère.Quand une femme condescend à faire quelque chose, elle ne peut le faire que très mal atin de préserver sa dignité.On prétend qu\u2019en fermant les yeux pendant quelques minutes plusieurs fois par jour, on conserve la pureté des traits.\u201c Monsieur, disait un petit garçon à son médecin, si je mangeais beaucoup de dattos, est-co que jo retournerais en almanach ?\u201d C'est par égoïsme que les hommes ont fait les lois plus sévères pour la femme, sans se douter que, par là, ils l\u2019élèvent au-dessus d'eux.Une des grandes causes des troubles de ce monde, c\u2019est que pendant qu\u2019une personne parle d\u2019une chose, celle qui écoute pense à une autre.PLUS IMPORTANT l'ennuie.\u2014Où sont mes bretelles ?Madame.\u2014Je les ui.11 faut bien m / HunintM ! Veuillez me pardonné \u2014 re.D\u2019ailleurs, ce facteur est nourri de poésie ; à propos de l'inauguration du monument érigé à Théodore de Danville duns le jardin du Luxembourg, ]e lui rappelais les exemples classiques des rimes millionnaires, le Départ du Locataire, par exemple, où se trouvent ces deux vers : Le prix trop haut de ces locaux motive Notre dépurt par la locomotive.ou encore le fameux Voyage de (lait, cher à tous les phrénologues Dali, amant de la reine, alla (tour magnanime 1) (Galamment de l'Arène k la Tour Magne à Nirne ! que rien, pensais-je, ne pouvait égaler.Comment la photographie a été priée.III Ce qu'était le tableau.Je me trompais, car mon barde-facteur me cita cette apostrophe de Cros à Ruy-Blas, Dans ces meubles laqués, rideaux et dais moroses .Danse, aime, bleu laquais, ris d'oser des mots roses distique après lequel il me semble qu\u2019il n'y a plus qu\u2019ù tirer l'échelle\u2014et son chapeau.?* * I/*s anecdotes abondent sur Verdi ; mais aucun journaliste n'a rappelé, quo je sache, l'obstination avec laquelle le maestro se gare des inqrortuni.Sur le seuil de son cabinet de travail, les reporters trouvent une duègne incorruptible, avertie par l\u2019auteur du Trouvère que toute infraction à la consigno serait punie par un renvoi immédiat.Cette vigilante sentinelle a été chantée par un poète napolitain, dont voici les vers, traduits spé-cialement par il signor Willy, à l'usage du Mutée de» Famille».\" Nul n'entrera chez moi ! \" dit l'auteur du 7VoutVrr, tjui, pour faire observer sa couaigne a vère, l'eut compter sur sa lionne, un monstre aux traits hi la bonne k Verdi en vaut deux.l/i langue française doit être bien dillicile h apprendre, pour un étranger ! « \u2022 \u2022 Il parait que la grève des choristes de l\u2019Opéra-Comique n\u2019est pas terminée définivement ; je vous confierai même, kouh le sceau du secret qu\u2019un nouvel incident va se produire bientôt au cours des représentations de Carvalheria ruaticana.Devant l'église, et pour fêter les jolies paysannes revêtues de leurs toilettes pascales, les siciliens doivent chanter, nul ne l'ignore, ce distique énamouré : De toux cote», on voit des belles filles Coucher les épis d'or sous leurs faucilles.Or, les astucieux gn:v 1sti -i auraient résolu de remplacer ces paroles par celles du célèbre //us-tard fterteruli : tirapillons, Kaucillons.Moissonnons Nos gerlies, l-'.i si nos pr* » manquent d\u2019herbes, Nous mangerons Iles »aror/MON*.L'ombra d\u2019Hervé jobilerm, mais je parie ma têt.contre «elle de I'.hinziti que bien peu de font de ce changement de texte.\u2022 * \u201cGarçon, remporte* cette matelotte ; il n'y a .que «les arêtes.Jo poia athrmer à monsieur que l\u2019anguille était lielle,.\u2014 Allons donc ! Kilo devait être d\u2019une maigreur ! Une anguille à tricoter, quoi !\u201d Willy, ( Mutée de» Famillet.) TOILETTE DE MAUVAIS AUGURE l.r ijnmin >/.cto.\u2014 Aie ! L'homme, qui y at'll de mort chez vous ! Le mon.one.\u2014 Personne Pourquoi cela?/.> garni».\u2014 Pourquoi avrs-vous mis vos contrevents?L'instruction des enfants progresse tous les jours ; le 1er janvier de cette nnnée, une de mes petites cousines âgé* do quatre ans, hile d'un ingénieur des mines, est venue me réciter cette fable exquise, fruit des veilles de monsieur son papa: Une mine eat Is ante ; un champ qui la domine t disse et, soudain, s'engouffre avec un long fracas.«toux LS Darde toi tant que lu vivras De jucher les champs sur la mine, J'avoue que ce simple apologue m'a ému jusqu'aux larme*.« \u2022 \u2022 Lu dans un journal tiuamicr \u2014lava gst sont fermes.\u2014 I a-s fera sont mous.LA PROPAGATION DE L\u2019ÉDUCATION /.a .Ji'nmf marna».- Kaleuds lu le Pouf Pouf ?ItUatu lu vests «bic U h~¦\u2022\u2022motive, je suppose, grand'man .an ? 10 LE SAMEDI pipi rMm*ë -7 'ç-7V '2\u2018' ' ¦ -*¦\t' L ' 1 CENT FRANCS a fa.niiIle Vanœrbergh, do riches armateurs d\u2019Amsterdam, avait manqué la concordance des trains et restait quatre heures à Vinti-mille.Aussi les visages se rembrunissaient.\u201c Quatre heures dans cette bicoque de gare,\u201d \u2019 j soupirait Mme Vanœr-bergh, affaissée sur une banquette entre les plis de son cache-poussière bleu turquoise.\u201c Nous allons mourir d\u2019ennui, reprenait Frida, une grosse fil-iette de quinze à seize ans, toute fraîche avec des yeux noirs, un immense chapeau maïs et une robe de drap mauve.\u2014Viens avec nous.\u201d Frida courait sur la place rejoindre son père et ses frères.Trois ou quatre petites rues autour de la gare, des terrains vagues, le grand pont sur la Roya.et puis, la petite ville en espalier contre la base de la montague, avec le badigeon criard de ses hautes bâtisses, les loques multicolores aux fenêtres ; les terrasses et les balcons vermoulus à touffes de verveines et de girollées sauvages.Les ruelles serpentent au milieu de ce chaos, dessus, dessous, justes assez larges pour le passage d\u2019une personne.Les pavés dressent leurs pointes menaçantes ; tantôt des marches.tantôt un bourbier.A droite à gauche, des portails massifs laissent entrevoir deux ou trois cours sombres.Peu d\u2019habitants; la ville est morte.A mi-hauteur, une petite place, presque verticale avec un vieux puits comme centre, et comme entours le palais de l\u2019évêque, le séminaire, la cathédrale et deux grands palazzo repeints à neuf.I)\u2019aprè3 l\u2019usage de la semaine sainte, des petits garçons agitaient avec frénésie leurs crécelles devant le porche de l\u2019é-gdise.Au sortir de la ville, la famille Vanœrbergh suivit le grand chemin autour do la montagne.L\u2019air deienait vif ; de ce cap dénudé l\u2019œil plongeait sur la mer d\u2019un bleu intense où se profilaient de lourds promontoires saphyr sombre.A gauche, les étoiles vallées aux cimes noires de maquis, aux prés vert émeraude avec une semis de maisons blanches.Les Vanœrbergh regardaient à peine : le plaisir de la marche composait pour eux le plus grand attrait de la promenade.Parvenus au sommet, ils y ajoutèrent celui do l\u2019imprudente inspection des crevasses d\u2019une carrière.Le petit Fred voulut imiter les autres, mais il y laissa tomber son portefeuille.M.Vanœrbergh et ses fils étaient déjà sur la route de la descente.RENCONTRE RÉ VU La mode de 1S.\\1.La modi de 1S!K \u201c Combien avais tu 1 demandait sa sœur en français, la langue de leur gouvernante.\u2014Cent francs.\u2014 Ldssons-les, le portefeuille est trop dillicile à reprendre.\u2014Fred, Frido, criait M.Vanœrbergh.\u2014Viens vite, on nous gronderait.Tu auras d\u2019autre argent, va.\u201d Et ils descendaient à la course, sans apercevoir, surgir, tout-à coup derrière le rocher, une belle tête de jeune fille, avec de grands yeux profonds, à'iarge orbite, et un profil de statue sous le bistre du teint.Monica Dombossio était venue aux carrières pour pleurer.Elle avait 17 ans et ne pouvait faire le mariage rêvé, faute de trois ou quatre pièces d\u2019or.L\u2019amouieux, Andrés Morelli travaillait au propre compte de son père, tourneur ébéniste.Monica gagnait à peine par la fabrication de menus objets de paille la substance de sa grand\u2019mère et la sienne.\u201c Presque des mendiantes secourues par la paroisse, \u201d disaient les parents d\u2019Andrés, pauvres eux-mêmes avec une troupe d\u2019enfants.Andrés était bien trop jeune pour le mariage ; et si leur ainé les abandonnait, comment feraient-ils avec les petits ! Au moins ne donneraient ils pas un liard au jeune ménage.Les fiancés ne perdaient pas courage.Il leur fallait si peu ! 50 francs pour l\u2019installation, 20 francs pour l\u2019achat d\u2019un matériel de tourneur, 30 francs pour leurs toilettes de mariés.Mais, Andrés ne gagnait rien chez son père.Monica trouvait à peine un morceau de pain.Sou par sou, ils avaient cependant amassé une pièce d\u2019or.toute une année de cruelles privations, d\u2019excès de fatigue.Et maintenant, un scrupule tourmentait Monica,aux approches de Pâques Ces fiançailles si Ion gués excitaient les langues de la ville.A force d\u2019entendre leur caquetage, la pauvre jeune fille en venait à se demander si vraiment sa conscience n\u2019était pas en péril.Ne plus voir Andrés, comme lui imposaient les commères grinchues du quartier.elle en mourrait, bien sûr.A cette seule pensée, des larmes lui montaient alors aux yeux.Elle pleurait ainsi depuis longtemps ; tout à coup la conversation des petits Lœser la tirait de son chagrin.Cent francs ! Ces cent francs abandonnés.c\u2019était le ciel !.un don du ciel.Elle courut au bord de la carrière.Mais le portefeuille avait déjà glissé tout au fond.Perdue de courage, la jeune fille commençait la périlleuse descente.L°s pierres roulaient avec elle, ses bras se meurtrissaient aux saillies, le sable s'affalait sur sa tête.Vingt fois, elle perdait équilibre et se croyait brisée.Mais le but est là.toujours plus près.ii l\u2019attire comme l\u2019aimant.Un dernier effort.ses mains saisissent le portefeuille.l\u2019ouvrent.ce n\u2019est pas un rêve.non.les cents francs sont là.bien réels.Alors elle eut comme un éblouissement de bonheur, elle récitait un Ave Maria de reconnaissance à la Madone et commençait le regrimpage.La respiration lui manquait ; la terre croulait sous ses pieds, la rejetait en arrière.mais le portefeuille était là sur son cœur !.Abîmée de fatigue, elle s\u2019asseyait sur la route.Le vent du soir, saturé d\u2019air salin lui frappait le visage et la ranimait.Impatiente d\u2019instruire Andrés de l\u2019aventure elle prenait des ailes pour redescendre vers la ville.Au moment où elle arriva chez le père Morelli, le crépuscule grisaillait déjà dans la ruelle étroite.Andrés était seul dans la chambre, avec ses petite frères.Il quitta son tour et courut au-devant do la jeune fille.PÉNIBLE AFFLICTION fl Le juge.\u2014Quel est votre âge, madame?La témoin.\u2014J\u2019ai vu trente sept printemps.Le juge.\u2014Depuis combien de temps avez-vous perdu la vue?soir.1 Monica 1.Je ne vous attendais guère ce une bonne nouvelle ! \u2014Une nouvelle.\u2014Dites.\u201d Comme réponse, elle ouvrait le portefeuille.\u201c D\u2019où vient cet argent 1 \u2014Je vous raconterai plus tard.\u2014Non, je veux d\u2019abord savoir.\u2014Un enfant de voyageurs l\u2019avait jeté au fond de la carrière.Et Monica commençait toute l\u2019histoire.Comme elle s\u2019arrêtait, à la fin, le regard sur son fiancé : \u201c Cet argent n\u2019est pas à nous ; il faut le rendre.\u201d Le jeune homme rejetait le portefeuille sur la table.Devant le premier échec de cette réalisation d\u2019espérances, Monica restait interdite.Elle baissait la tête, et, peu à peu, les larmes glissaient sous ses longs cils bruns.Andrés l\u2019entraîna dehors.\u201c Venez, ne parlons pas devant les petits.\u201d La cour était obscure ; un rayon de la grosse lanterne de la ruelle ne suffisait pas à dissiper la nuit.Restez avec les enfants jusqu\u2019au retour de ma mère ; moi, je vais rapporter le portefeuille.\u2014Le rapporter.où 1 \u2014A la police.\u2014Si j\u2019avais su, je n\u2019aurais pas pris tant de peine.\u2014Cela nous portera chance.\u2014Je croyais tenir notre mariage.\u2014Acheter le bonheur d\u2019un vol, jamais.\u2014Comment !.un vol, Andrés.Pour avoir abandonné ce portefeuille, il ne faut guère y tenir.\u2014Mais il n\u2019en est pas davuntage à nous pour cela.\u2014Oh ! je l\u2019ai bien gagné par ma descente à la carrière! Un vrai miracle d\u2019en être revenue.\u2014Ecoutez, Monica Si ces voyageurs étaient devant nous ; s\u2019ils voyaient le portefeuille entre vos mains, ne le réclameraient-ils pas 1 \u2014Peut-être.\u2014Sûrement.\u2014Ah s\u2019il connaissaient notre histoire.\u2014Us ne sont plus ici pour l'entendre.\u2014Alors, il faut.\u2014Porter les cent francs.\u2014Andrès, c\u2019était un si beau rêve.tout de suite.et sans peine.\u2014Mais la réalité d\u2019une petite fortune acquise par notre travail vaut mille fois mieux.\u2014Enfin, comme il vous plaira, vous faites toujours bien.Le jeune homme s\u2019éloignait auprès des enfants.Bientôt, Andrès revenait, presque joyeux \u201c Tout n\u2019est pas encore perdu.Le propriétaire LE SAMEDI 11 du portefeuille ne la réclamera sans doute jamais.Dans 3GG jours il nous appartiendra.Douse mois ! c\u2019est interminable après deux ans d\u2019attente.Mais ce lointain espoir consolait Monica de la désillusion ; sou elibrt n\u2019était pas tout à fait perdu.II L\u2019année s\u2019achevait.Toutes les semaines Andrés allait à la maison de police.\u201c A-t-on réclamé le portefeuille 1 \u2014Pas encore.\u201d La réponse ne variait point.La jour final de l\u2019année arrivait enfin.Un peu en dehors de la ville, Monica et sa grand\u2019mère habitaient une métairie abandonnée, refuge de plusieurs ménages.A l\u2019abri du vent do mer un oranger et un palmier faisaient l\u2019orgueil de ces pauvres gens.La petite fenêtre du logis de Monica donnait justement au-dessus de l\u2019oranger ; à la saison des fleurs la chambrette en était tout embaumée, au moment des fruits, les pommes d\u2019or venaient presque d\u2019elles-mêmes s\u2019offrir à la main de la jeune fille Ce soir-là les coudes sur la fenêtre, Monica regardait vers la ville.C'était l\u2019heure d\u2019Andrès ; du bout de la route, elle le voyait venir.\u201c On le dirait en retard.mais non.le voici avec le portefeuille.\u201d Et Monica vole à son avance.Elle soulève le rideau de toile remplaçant tout le jour la vieille porte disjointe et agite le portefeuille.\u201c Grand\u2019mère, grand\u2019mère, le voilà.\u201d Tous deux se jetaient au cou de l\u2019aïeule.La soirée fut un long éclat de joie autour de leur pauvre souper de concombres.Le lendemain, on commençait les préparatifs : en un mois tout fut prêt.III C\u2019était une belle matinée : l\u2019air caressait le visage de mille senteurs enivrantes.Sur le pas de sa porte ouverte, l\u2019homme de police fumait un gros cigare, le plus béatement du monde.\u201c Elle ne vient donc pas, cette noce ! Ils pressaient tant !.Cette belle fille peut être superbe en robe de mariage !.Pour une fois, voilà de l\u2019argent bien tombé ?\u201c Mais.ce groupe là-bas, au bout de la rue.on dirait des gêneurs d\u2019étrangers, en quête d\u2019un renseignement.Diable oui.ils marchent sur moi.\u201d La famille s\u2019approchait ; le père saluait.\u201c Monsieur, nous faisons, pris de vous, une démarche tout à fait inutile, je le sais.Il y a un an, mon petit garçon perdit dans une carrière au sommet de cette montagne.\u2014Un porteftuille?\u2014Mais oui.Comment savez-vous 1 \u2014Ah ! bien simple ! J\u2019ai eu toute l\u2019année ce portefeuille en ma possession.Après 36G jours, sa propriété vous échappait.Ce portefeuille.FLATTERIE DOUTEUSE.ma Hile.\u2014Comme c\u2019est aimable de votre part de me faire danser ! Lui.\u2014C\u2019est que, voye/.-vous, les jolies femmes dansent si mal ! Je les laisse aux autres.QUESTION LÉGALE Le propriétaire du chien peut-il être arrêté pour roi, ou le propriétaire du homard /loursuiri pour assaut et batterie ¦ Le Code eut muet sur ci' point.il fait aujourd\u2019hui le bonheur de deux pauvres enfants.Mais, tenez.les voilà!.\u201d L\u2019humble cortège apparaissait, bien pauvre à la vérité, mais poétique au rayonnoment de sa gracieuse idylle.Avec une simple robe do mousseline, la couronne d\u2019orangers au front, Monicajressemblait de loin à une jeune communiante ; mais, de plus près, les formes robustes de sa haute taille, l\u2019arrêté du profil, et l\u2019expression sérieuse du regard révélait une femme.Elle marchait, pâle.récueillie.Le père d\u2019Andrès lui donnait le bras, tout heureux sous l\u2019antique veste génoise.Frisées comme des anges rococo, toutes vêtues de blanc, les toutes petites sœurs Morelli portaient la courte traîne de la mariée.Puis, venaient Andrés et sa mère, les couples d\u2019honneur et l\u2019uïeule de Monici, tous affublés de loques harmonieuses.IV\t.En quatre mots l\u2019homme de police avait raconté l\u2019histoire aux Vanœrbergh.\u201c Maman, suivons-les, \u201d proposait Frida.Et toute la famille y compris le policier se plaçait deux par deux à la suite du cortège, pour le plus complet ébahissement des gamins de la ville.On entrait à la cathédrale.la noce se rangeait au pied d\u2019un petit autel.Dans l\u2019ombre, brillaient le brocard, l\u2019or et les perles du manteau de la madone.Le prêtre arrivait.De l\u2019angle de la balustrade Frida et sa mère couvaient du regard les mariés.Cent francs ! cette flamme aux yeux du jeune homme, ce long sourire de la fiancée, ces douces larmes de la grand-mère.Cent francs !.Mais ce n\u2019est pas le prix d\u2019un chapeau ! Avec un délicieux intérêt, elles suivaient les expressions des visages : la tête baissée, les jeunes gens; s\u2019unissaient avec ferveur aux prières de la messe ; la foi et la reconnaissance illuminaient leur maintien.A présent.la sortie.Comme Monica arrivait au seuil, tout à-coup, en pleine lumière, elle aperçut Frida.Les traits de la fillette s\u2019étaient gravés dans la mémoire de la jeune fille.elle la reconnut.Cette rencontre n\u2019avait rien d\u2019effrayant pour une conscience tranquille.Mais avec l\u2019habitude craintive des enfants pauvres, Monica se troublait en face de cetto soudaine apparition.Ebranlée déjà, par les émotions du jour, elle devenait blême, ef pressait le bras de son mari.\u201c Andrés.les voilà.les propriétaires du portefeuille, ce sont eux.\u201d Le jeune homme sougit légèrement et voulait continuer sa marche ; mais, Monica pâlissant encore davantage, car, à deux pas, la déconcertante silhouette de l\u2019homme de police venait vers elle.\u201c Eh bien !.on a donc peur de moi, à pareil jour.Tout est à la joie.J\u2019en veux aussi.Et je vous amène une société.fort intéressante.\u201d V Madame Vanœrbergh avançait, avec un sourire, l\u2019épousée leva sur ello un regard craintif.D\u2019un geste amical, la riche hollandaise lui prenait la main.\u201cNous sommes très indiscrets, mes enfants, mais la vue de votre banheur est si charmante.laissez moi m\u2019en rassasier.Si cela vous convient, nous passerons avec vous l\u2019après-midi.Et d\u2019abord .allons au restaurant.j\u2019emmène tout le monde.\u201d Le restaurant_était une auberge assez modeste mais un palais pour les mariés.Dans la plus grande pièce, on dressait une longue table et pendant deux heures, ce fut un défilé do pâtés, do volailles, de charcuteries, de concombres et do lourds gateaux.Le vin circulait, et même au dessert, on servit du plus vieux Phalerne en abondance.La table retirée, Frida courut à la gare prendre son violon, et le bal commençait, ouvert par Andrés et Mme Vanœrbergh.Après la danse, on prit des sirops.on chanta,.on redansa.Enfin tout le cortège escortait à la gare la famille Vanœrbeigh.Un instant, les mariés chuchotaient à voix basse, et puis, indécise, Monica s\u2019approchait de la bienfaitrice.\u201c Madame.nous serions trop heureux, si, un jour.nous pouvions.vous rendre vos cents francs.Madame Vanœrbergh eut un sourire.\u201c Mo les rendre ! Pour le moment, mes enfants ils sont trop bien placés.Pourtant si quelque jour vous croyez n\u2019en avoir plus besoin, écrivez un mot à l\u2019adresse indiquée là dedans\u2014en parlant ainsi, madame Vanœrbergh remettait à la jaune mariée un tout petit portefeuil\u2014 et j\u2019en verrai quelqu\u2019un reprendre cetto somme.Adiou nos enfants, adieu.Soyez heureux comme vous le méritez.\u201d Déjà les grosses lanternes rouges de la locomotive brillaient au loin sur la voie.L\u2019express s'arrêtait, ébranlant la gare.\u201c Adieu ! adieu ! \u201d La cloche sonnait, sur le quai, la petite mariée portait la main à ses lèvres, comme un élan de suprême reconnaissance.VI Rentrés dans la petite maison qu\u2019ils devaient vivre heureux les mariés eurent la curiosité d\u2019ouvrir le portefeuille pour savoir où ils devaient écrire quand viendrait le jour espéré \u201c Oh mon Dieu ! \u201d s\u2019écrièrent-ils en même temps, car cinq billets de banque pareils au premier étaient sous leurs yeux ! Et sur un bout de papier, ces mots : Pour monter le ménage d\u2019Andrès et de Monica.\u201d Et point d\u2019adresse indiquée.C\u2019était la fortume.Oui sans doute, car maintes fois depuis ils y trouvèrent à leur tour le plaisir du bienfait.Henry de CltENKVlfcllES.liipans Tabules purify the blood.UN MOT DE TROP L'heureux pava.\u2014Uu beau garçon, n\u2019est-co pas ?A
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