Le samedi, 1 décembre 1891, samedi 19 décembre 1891
[" VOL.HI -NO.20 Par !Annee, $2.50 Le Numéro, 5 Cts MONTREAL, 19 DECEMBRE 1891 A U TO M N E D ÉSASTE EUX ¦¦sii Hill *«131 *Si tllh'f iliasiM §rj ¦ i WÊÊL (\u2019 est embêtant, paa plus do glace que cela ! Comtnout faire pour glisser .'\u2022> ù\\ il Liiiiili \u2022» \u2019 8g?*jjgB .I c 2 LE SAMEDI (Journal Hkhdomadaikk) euhlicatiok littéraire, humoristique, SCIENTIFIQUE ET SOCIALE, OE3Ü.1TE tDXX FOTEU DOME3TIQT7E.REDACTEUR! LIONEL DANSEREAU Un An, $2.50.\u2014 Six Mois, $1.25 (STRICTEMENT PAYABLE D\u2019AVANCE) JPx*1jk d-u.3NTxiaumex-o, S Oentixxa.S\u2019adresser pour les informations, les abonnements et les annonces aux gérants, MM.Poirier, Bessette & Neville, No.r» 1 ü Rue Craig, ou par lettre h LA SOCIÉTÉ DE PUBLICATION DU \u201cSAMEDI,\u201d Montréal.MONTRÉAL, M) DECEMBRE 1891.7\\ V* m (1 lSPl 1 ER' k-L.'A\u2019jn - » '¦ ¦ Le dernier commentaire sur les robes décolletées \" m y \\ Md U seshsi La mère Eustachc à non mari qui arrive de la ville.-\u2014 Vrai, notre cousin le juge donnait un dîner de cérémonie.Comment les femmes étaient-elles habillées?Le père Eustache.\u2014Je ne sais pas.Je n\u2019ai pas osé regarder sous la table.UN CLIENT SÉRIEUX MOTS D\u2019ENFANTS Marie.\u2014J'ai surpris ma sœur Amélie, hier, en train de se fiancer à un autre prétendant, et elle n\u2019a pas encore remercié le premier.Juliette.\u2014C\u2019est très déloyal.L\u2019as-t,u dit à quelqu'un.Marie.\u2014Non elle me le ferait payer cher.Juliette.\u2014Comment cela 1 Marie.\u2014 Elle m\u2019a promis de m\u2019en passer un quand je serais plus grande.VIDER LA MER Deux gavroches se promènent pour la première fois, en llfineurs, au bord de la mer.L\u2019un d\u2019eux aperçoit l\u2019homme de peine de l\u2019hôtel, portant deux seaux qu\u2019il vient de remplir à la mer.Tout interloqué, il se retourne du côté de son compagnon : \u2014 Mais vois donc cet imbécile qui s\u2019amuse à vider la mer ! C'était à la marée haute, mais au retour de leur promenade, comme ils repassaient au même endroit, la mer s\u2019était retirée consi lérableinent.Le gavroche, qui avait déjà parlé, en fut tout ahuri, puis s\u2019adressant de nouveau à son compagnon de route.\u2014Mais cet animal n\u2019a pas mal réussi, après tout.LES HUITRES PLAIDEUSES Les huîtres de Caneale.\u2014Moi, j\u2019ai une réputation universelle.be monde entier me porte\u2019aux nues.Les huîtres américaines.\u2014Pouah ! Vous ne saver, seulement pas vous faire cuire.On fait de moi trente-six mets délicieux.ENFONCÉES, LES NAÏVETÉS IRLANDAISES Redgrave raconte, dans ses mémoires, quelques jolies histoires qu\u2019il tenait de Sir C.Eastlake, P.R.A.Entre autres, il rapporte celle du poète Rogers, qui se trouvait de passage à Paris avec une vieille connaissance fort en renom à cause de ses distractions continuelles.Rogers lui dit un jour : \u2014En me promenant aujourd\u2019hui aux Champs-Elisées, j\u2019ai fait la rencontre d\u2019une vieille dame qui, en me voyant, s\u2019est arrêtée brusquement et, après m\u2019avoir longtemps dévisagé, m\u2019a dit : \u2014Mais n\u2019êtes vous pas monsieur Rogers 1 Son ami l\u2019arrête et lui demande : \u2014Eh bien, était-ce vous ?M.Charles Landseer nous conta alors l\u2019anecdote suivante : \u2014Je me trouvais, l\u2019autre soir, au théâtre, où lo duc et la duchesse de Wellington occupaient une avant-scène.Des personnes, venues évidemment de la campagne, étaient assises à nos côtés, et je leur dis : \u201c Voilà le duc de Wellington qui vient de faire son entrée.\u201d \u2014 \u201c Vraiment, monsieur, s\u2019écrièrent-elles à la fois, le duc actuel 1 \u2019\u2019 Très drôle le fait qu\u2019en contractant une maladie, on aide à la répendre.L\u2019habit est le meilleur passeport parmi les étrangers.Entre connaissances, c\u2019est le caractère.L\u2019amour de la gloire ne peut faire d\u2019un homme qu\u2019un héros ; le mépris de la gloire fait de lui un grand homme.Le poker est un des rares jeux do cartes où, plus un des joueurs ignore la partie, plus les autres sont tiers.On peut aimer sans être heureux, on peut être heureux sans aimer ; mais aimer et avoir du bonheur, c\u2019est un prodige.L\u2019homme sage ?st celui qui peut se passer du monde, pendant que le sot croit que le monde ne peut pas se passer de lui.Beaucoup de politiciens nous font songer aux chiens qui se battent pour ronger un os après lequel il n\u2019y a pas de viande.Beaucoup de gens doivent leur renommée à la petitesse des autres.Après tout, la gloire n\u2019est que le résultat de comparaisons.L\u2019esprit des affaires a complètement envahi notre population.Un monsieur de la banlieue nous écrit que s\u2019il peut découvrir le voleur de son cheval, il tirera sur lui à vue.UNE REMARQUE BLESSANTE Le patron.\u2014Si vous êtes aussi indispensable que vous le dites, comment se fait-il que vous Dissiez votre position ?L'employé.\u2014Mon patron m\u2019a fait une mauvaise plaisanterie, et s\u2019il ne se rétracte pas, je le laisse.Ije patron.\u2014Qu\u2019est-ce qu\u2019il vous a dit : L'emplogi.\u2014Il m\u2019a dit de me trouver une autre place.Le vieux musicien.\u2014Avez-vous du bois mou blanchi ?Le marchand (flairant une forte vente).\u2014Oui, monsieur.Veuillez donc entrer.J\u2019ai le plus bel assortiment qu\u2019on puisse voir à Montréal.Le préférez-vous en billot ou en planche?Z« musicien.\u2014Ça m\u2019est égal ; je n\u2019en veux que la largeur d\u2019un chevalet de violon.APPARENCES DOUTEUSES Le juge.\u2014Dans quelle année êtes-vou.s née ?Melle Trèsfannêe.-\u2014En 1850.Le juge.\u2014Avant ou après Jésus-Christ ?TERRIBLE PERSPECTIVE /.' /tève Xoel :i-niel dans la fusse aux lions, nomment t'expliques-tu i|ue 1er, lions savaient cpie Daniel etuit un bon himitnu?/.ouloti.- Les lions, c'a beaucoup de flair : ils connaissent cela, l\u2019odeur de lu bonté.LA RÉCOLTE DU \u201cSAMEDI (A travers les journaux Parisiens/ Joyeusetés judiciaires ! Un brave commandant amputé du brus droit comparaissait l\u2019autre jour devant une Cour d\u2019assises du Midi, eu qualité de témoin.Invité à prêter serment, il leva le bras gauche, mais l\u2019avocat de l\u2019accusé prétendit aussitôt que ce serment-là n\u2019était pas valable.Force fut à la Cour de délibérer sur le cas, et voici la tintamaresque conclusion de son arrêt.\u201c Attendu que lorsque les glorieux débris de notre armée se présentent devant nos Cours pour y exercer leur magistrature, on ne saurait leur demander de prêter serment avec les membres qu\u2019ils ont perdus au service de la patrie.\u201d Calino n\u2019eût pas mieux dit.Un Marseillais faisant visiter à un touriste l\u2019abbaye de Saint-Victor, à Marseille, fait du saint un éloge dithyrambique et tellement exagéré que le touriste finit par s\u2019écrier .\u2014Ah çà ! mais il pourrait être le bon Dieu, votre saint 1 Le Marseillais, avec conviction : \u2014 On lui a oflert, mais il a refusé.Vieux maîtres.Le marchand de tableaux à un amateur : \u2014 Voici un magnifique, un splendide Rubens, je vous le laisse à 3,000 francs, pas un sou de moins.Le client.\u2014C\u2019est pour rien.Cependant, c\u2019est encore trop pour ma bourse.Le marchand, (d\u2019un air aimable).\u2014Eh bien ! v oyons, revenez demain, je vous le céderai à 3,000 francs, seulement, il sera signé : Van Dyck.Une dame, connue pour ses prétentions injustifiables à la jeunesse, a la manie de s\u2019inonder de parfums.-\u2014J\u2019adore tous les extraits, disait-elle, l\u2019extrait de violettes, l\u2019extrait de benjoin.\u201411 n\u2019y en a qu\u2019un avec lequel elle soit brouillée, murmura quelqu\u2019un : l\u2019extrait de naissance.En sortant des Folies-Bergères : \u2014Quelle patience il a fallu à ce dompteur pour rendre ses éléphants musiciens ! \u2014Du tout ; ils le sont de naissance.\u2014 111 \u2014Naturellement, tout petits ils jouaient déjà de la trompe.Une enseigne bizarre copiée rue de Rivoli, à la vitrine d\u2019un coiffeur\u2014pardon ! d\u2019un salon de coiffeur : On achète les cheveux sur pied Etrange ' Un jeune gommeux, le petit Contran de X .a reçu, l\u2019an dernier, une magistrale paire de gilles dans un théâtre des boulevards.Il a pris depuis cette époque l\u2019art dramatique en aversion, et quand on l\u2019interroge à ce sujet : \u2014C\u2019est un serment que j'ai fait, répond il ; je ne mettrai jamais les pieds dans un théâtre, tant qu\u2019on n\u2019aura pas supprimé la c' p.On sait l\u2019amour-propre que mettent à ce que leur pays passe pour exempt de tous les frimas du Nord, les Marseillais.Un Marseillais soutenait, en plein hiver, très vivement cette prétention.\u2014Mais, lui dit on, regardez donc cette neige ! Le Marseillais en ramasse une poignée, la froisse avec indifférence, en la rejetant à terre : \u2014C\u2019est bien de la neige, si vous voulez, mais elle n\u2019est pas froide comme celle de Pontarlier, pur exemple ! Le voyageur et la Malte (Fable express.) Kéclamant en vain son bagage.Un voyageur fait tapage.Disant :\u2014Ma malle, il me la faut ! -Mais l'homme d\u2019équipe en défaut Prend la malle d\u2019une main vive lit la jette en mal avise, Sur l\u2019autre qui tombe écrasé.MOKAI.ITÉ : A qui mal veut, mal arrive.MYSTIQUES ANGLAIS A un parti de tir, en l\u2019honneur du gouverneur de Candahar, ce dernier fut tout étonné de voir que les tireurs pouvaient viser une tête de moineau au vol et l\u2019attraper presque à tout coup.Sur ce, il déclara qu\u2019il était bien plus difficile d\u2019atteindre un œuf que de tuer un moineau.Cette proposition fit sourire Sir Peter, mais le Sirdar persista et l\u2019on résolut d\u2019en faire l\u2019essai.Un œuf fut suspendu au mur, et les soldats se mirent à tirer ; mais pas un seul ne l'attrapa.Le gouverneur et sa suite ne bronchèrent pas et expliquèrent l\u2019insuccès des tireurs par la difficulté de l'épreuve.Une balle coupa, a la fin, le fil retenant l\u2019œuf, qui tomba par terre sans se casser.Le mystère fut aussitôt dévoilé.Le rusé compère s\u2019était servi d\u2019un œuf vide qui, à cause de son extiême légèreté, était chaque fois déplacé par le courant d\u2019air que la balle refoulait devant elle.UN BON CONSEIL A LA LUNE Voix île l'intérieur.\u2014Marie, que fais-tu lâ?Marie, ,1e regarde la lune.Voix ih l'intérieur.Dis â la lune d\u2019aller se coucher 1 est onze heures.UNE AEEAIUE i; Alfre.it.-Tu ferais mieux de ne pas jouer avec moi : je relève des lièvres./'./ni.Vrai ! .l\u2019ai de la chance.Tiens je te donne ma pomme, mon canif et ce bout de ficelle, si tu peux mc ht faire attraper.Je ne veux veux pas aile; a l\u2019école pendant les fêtes.UN RÊVE DE PRINTEMPS (Pour le Sam uni) Jeune fille, j\u2019ai fait l\u2019autre jour un beau rèxc.C\u2019était dans le silence exquis, mystérieux D'un frais matin d\u2019Avril, quand la nouvelle sève S\u2019infiltre rajeunie aux nerfs des arbres vieux.J\u2019ai rêvé que là-bas, dans la colline verte, Il est une maison à côté du ruisseau, Oil j\u2019avais aperçu, pur la porto entr\u2019ouverte, Un pan de robe rose ot un bout de chapeau.Alors dans le sentier qui mène à la fontaine J\u2019ai surpris ton regard se diriger vers moi.Et lorsque m\u2019effleurant d\u2019un bout de robe, à peine, Ton front rougit utait-co d\u2019amour ou d\u2019effroi ?.Depuis ce jour mon cœur n\u2019a plus repos ni trêve : Partout ton ombre chère a poursuivi mon sort, Et dans les vœux ardents où m\u2019a plongé ce rêve, Tu m\u2019as volé mon cœur pour le blesser bien fort !.J.11.CllATItlAN.Bruxelles, Belgique.LE COUT DE CERTAINES DENTELLES Quarante louis l\u2019once, ou dix fois le prix tie l\u2019or.Le coût du fil fin fait à la main, qui sert à fabriquer les dentelles de Bruxelles est si énorme, qu\u2019on ne l\u2019emploie que pour les plus riches tien telles.L1 est filé tlu lin du liai et de Rebecq-Roqnon, et se vend jusqu\u2019à cinq cents louis la livre.Feue madame John Jacob Astor acheta à Paris une robe de dentelles qu\u2019elle paya 3,.'>00 louis, et il n\u2019v a pas très longtemps qu\u2019une robe du même matériel fut vendue, encore à Paris, pour ' III// \u2014:________\u2019ayj/'.; .JÆiwœ mmmm ,N *xSà.MM SR» 3» / : mm \u2014Si.si.Je suis sûr que |ui, je t\u2019écoute.V\u2019Ia l\u2019allaire.Comprends ben ce que je vais te dire.Le cimetière est trop petit.Je sais qu\u2019il est trop petit !.\u2014 Bon ! Je sais que le conseil municipal veut l\u2019agran dir.\u2014 Bon !.Bon ! \u2014Je sais qu\u2019il voudrait acheter le champ à Remy, pour en refaire un autre !.\u2014Tiens !.Voyez-vous ça.\u2014 Ecoute.tu achèteras le champ à Remy !.ça lie vaut rien.c\u2019e.-.t de la pierre.c\u2019est que de la vidange !\t.Tu l\u2019auras pour vingt pistoles, bien payé.\u2014 Mais si c\u2019est que de la pierre, je veux point l\u2019acheter.\u2014Ecoute.quand tu l\u2019auras acheté.tu en feras don à la commune.\u2014Tu veux que je donne le champ à la coin munel T\u2019es fou, Radiguet !.C'est la maladie, pour sûr, qui te rend comme ça, mon homme !.\u2014Ecoute.tu en feras donation à la commune.à la condition que la commune te donnera, en retour, un terrain do cinq mètres, à perpétuité, dans le cimetière.ça vaut cinq cents francs.As-tu bien compris?D\u2019un côté, tu donnes deux cents francs.d\u2019un autre côté, on t\u2019en donne cinq cents.C\u2019est donc trois cents francs que nous gagnons.Et nous avons un beau terrain, par-dessus le marché.C\u2019est, une belle allaire.mais dépêche-toi !.Va voir Remy demain, pas plus tard, demain.C\u2019est une belle affaire !.Cinq cents francs !.Cinq cents francs ! Et la femme, brouillée dans les chiffres, se mil à songer au bénéfice, réel de l\u2019opération.Elle ne s\u2019aperçut point que Radiguet avait cessé de parler.elle n\u2019entendit point le petit râle qui se dévidait, pareil à un mouvement d'horloge, dans sa gorge.Elle ne vit pas ses doigts qui se crispaient, ni ses yeux dont le globe se renversant, vitreux, sous la paupière élargie et toute raide.-\u2014Cinq cents francs !.Cinq cents francs!.Tout à coup, une grande objection se présenta à l\u2019esprit de la paysanne : \u201c Et si la commune refuse le champ?\u201d se dit-elle angoissée par cette possibilité !.Alors, elle appela : \u201c Radiguet ! \u201d Mais Radiguet ne répondit pas.Elle se pencha sur lui, posa ses mains noueuses sur la poitrine de son mari, le secoua par les épaules, lui souffla dans l\u2019oreille : \u2014 Radiguet !.attends un peu !.Et si elle n\u2019en veut pas, du champ, la commune, nous sommes ruinés ! \u201d Mais Radiguet ne répondit pas.11 était mort.O CTA Y K MlRBEAU.QUELQUES LOCUTIONS USUELLES Dissolution dt suciiltii \u2022r.YHCr, LE l\u2019LUS BROS BOULET Quatre pieds de long et pesant 2,
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