Le samedi, 1 janvier 1891, samedi 24 janvier 1891
[" VOt .II.-NO.33 MONTREAL, 24 JANVIER 1891 i Par Anncc, $2.60 \\ Lt Numéro,6 Cts UNE ij PROBABILITÉ DISCUTABLE V J \u2022fVA 'v;X% w«- \u2019ûiTvaHjN vt '>¦ A\u2019W» *-AV Je ne sais pas si les -lours (iras vont être aussi «jais cette année qu\\ lille (l honneur ; on a toujours, depuis, appelée cette année-là : l\u2019année de P nui ou Il 1 xii uirii .'luin u 2 LE SAMEDI Jlittncili JOURNAL HEBDOMADAIRE! PUBLICATION LITTÉRAIRE, HUMORISTIQUE SCIENTIFIQUE ET SOCIALE, I^OAITS DV FOYER ECMESTISYE.REDACTEUR! LIONEL DANSEREAU ABONHEMEUT Un An, $2.50.\u2014 Six Mois, $1.25 8TUICTKM ENT PAYABLE D'AVANCE l\u2019ï-i k du N\u2019uiuei\u2019O, S OuutluH.S\u2019adresser pour let informations, les abonnements et les annonces aux gérants, Ml' PoïKlKK, BkhskTTK A Neville, No.69 Hue St-Jacques, ou par lettre à LA SOCIÉTÉ DE PUBLICATION DU \u201cSAMEDI/ Montkkal.MONTRÉAL, J4 JANVIER 1891.Cl IASSE SPLEEN Le Jernier cri allemand : lioch-o lico.Le pn rnier gentilhomme de l'Europe : Japhet.Plus le beurre est fort, plus il est faible sur le marché.Les courtiers pêchent plus par commission que par omission.L'orateur i|ui veut frapper les esprits, n'atteint jamais le cœur.Quoique née avant le miroir, la femme est tou jours restée devant.Un mot d\u2019esprit est d\u2019autant plus lourd qu\u2019il contient moins d\u2019esprit.On croit souvent recevoir une leçon, alors qu\u2019on ne vous donne qu\u2019un conseil.L\u2019intérêt agit sur certaines convictions troublées, comme l\u2019huile sur la mer agitée.Quand un camarade vous otfre ses amis, c'est qu'il est décidé à vous refuser sa liourse.lar bonheur qui vous arrive, ne voyage jamais qu\u2019à pied et par les chemins les plus longs.Les sociétés de tempérance viennent de bannir de leur concerts toute musique enivrante.L\u2019ambition est un éperon dont on doit se servir avec modération, si on ne veut pas s\u2019emballer.Pourquoi les pauvres gens portent-ils toujours leurs paletots d\u2019hiver en été et celui d\u2019été en hiver ?il en est des girouettes comme de certains hommes: plus élevées elles sont plus elles tournent.C\u2019est en détruisant les réputations de leurs amies, que les femmes tuent le temps agréablement.La main qui balance le berceau est la même que celle qui agite le pantoulle quelques années plus tard, Les primeurs seraient moins chères, si tous ceux qui vivent dans des maisons de verre, les cultivaient.L\u2019hommo qui nous voit commettre une bonne action que nous voulions cacher, a toute notre admiration.Ce n\u2019est qu\u2019apt'ès l\u2019arrivée du premier cheveu blanc que la femme s\u2019aperçoit que l\u2019homme a des droits qu\u2019elle n\u2019a pas.Les employés ne sont jamais contents ; les uns se plaignent d\u2019être fatigués de rester assis toute la journée, et les autres d\u2019être debout.L\u201cs journalistes financirrs sont comme des poteaux indicateurs : ils montrent aux autres le chemin de la fortune, mais ne le prennent jamais.La consolation des femmes qui s\u2019habillent mal, c\u2019est que celles qui s\u2019habillent bien sont toujours en retard d\u2019une saison sur celles qui s'habillent -mieux.i in n\u2019entend plus parler de Cerbère et de son gâteau depuis que lîarnum lui a offert un engagement, Boodlage ! Lu dans un roman eu cours de publication : \" Il la couvait des yeux comme une poule couvent ses petits.\u201d C\u2019est généralement ce que l\u2019on appelle s\u2019asseoir.Un de nos amis anglais nous disait en français\u2014que la plus grande difliculté du gouvernement des Etats-Unis avec les Sioux, était leur Sioux pertition.Un sympathique député demandait, l\u2019autre jour, qu\u2019on expulsât la Terre du monde, parce quelle accomplissait une révolution toutes les vingt quatre heures.< >n vient, à l\u2019heure où nous mettons sous pri sse, de prévenir le coroner qu\u2019un homme venait d\u2019éclater d\u2019indignation, et qu\u2019on en avait in ueilli les morceaux pour l\u2019enquête.Les avocats sont comme les gouvernements européens : ils croient qu\u2019une bonne défense doit s'appuyer sur \u201c des millions \u201d, et qu\u2019une bonne poursuite repose sur le même principe.Un propriétaire de journal auquel un de ses lecteurs adressa un minot d\u2019oignons en paiement de son abonnement, lui envoya son reçu avjc les mots suivants : \u201c Votre envoi nous a fait venir les larmes aux yeux.\u201d double avantage p -VAv-i I V./-S i Æ Mais, ma tante, vous êtes dans un eourant \u2022 l\u2019aii .le vous en prié, mettez-vous dune dans ce coin-là! ¦ /.n cieitU tante.-Tut, tut,,tut I Hormis (pic tu aies b'- in de ma place pour l\u2019un de ces beaux petits frisés, qui ne nie valent pas pourtant.MOTS D\u2019ENFANTS Louisa, (à son frère qui a reçu le fouet)\u2014Ne pleures pas, petit frère, n\u2019y fais pas attention.Petit frère, (sanglotant).\u2014C\u2019est pour ça qu\u2019on m\u2019a battu, pareeque je ne faisais pas attention.Professeur.\u2014Quel est le pluriel d\u2019enfant ?Philéas.\u2014Jumeaux, je pense.Julie.\u2014Si tu étais le gouverneur général, qu'est-ce que tu voudrais?Jules.\u2014.Je ne voudrais pas laisser personne me laver la ligure, ni me peigner les cheveux.'l'ante itaric.\u2014 Voyons, Jeanne, snis-tu tes leçons ; à qui doit-on la découverte des haleines?Jeanne.\u2014A Jonas.Onde Jacques.\u2014Tiens, mon garçon, voilà un trente sous pour tes étrennes ; c\u2019est peu, mais rappelle-toi que si tu prends soin des cents, les piastres se garderont elles-mêmes.Tommie (7 ous).\u2014Hum! ça, sait pas, quand j\u2019ai assez de cents pour faire une piastre, papa dit que c\u2019est lui qui va la garder.Crand-papa (qui ne peut lire qu'avec une loupe).\u2014Je ne sais où j\u2019ai laissé' mon verre, je ne vais pas pouvoir lire mon journal.Victor (.( ans).\u2014Grand-papa, allez dehors, vous regarderez à travers la vitre et je vous tiendrai votre journal.Joe.\u2014M\u2019ait, voulez-vous me donner cinq cents ?Maman.\u2014Tu est trop dépensier ; je t\u2019ai donné cinq cents il y a à peine une heure.Joe.\u2014Je les ai donnés à une pauvre femme borgne.Maman.\u2014Ça c\u2019est un bon garçon.Le lendemain : Joe.\u2014M\u2019an, est-ce que je peux avoir cinq cents pour donner à ma pauvre femme?Maman.\u2014Oui, mon enfant, mais pourquoi veux-tu toujours donner à celle-là ?Joe.\u2014Parce qu\u2019elle vend des pommes.P'lit Louis (à son oncle qui revient de la chasse).\u2014Pas vrai, mon oncle, que tu as dit que c\u2019était le lion Dieu qu\u2019a fait les lapins?Oncle.\u2014Certainement, Louis, pourquoi do-mandes-tu cola ?P\u2019tit Louis.-\u2014Puisque tu sais tout, penses-tu pas, que le Bon Dieu était fatigué quand il est arrivé à la queue, pour lui en avoir fait une si petite.\u2014Qu\u2019as-tu dans ton tablier?\u2014Oh ! maman, si tu savais quelle chance j\u2019ai; la chatte à Liganne lui a apporté six petits chats et comme sa maman n\u2019en voulait pas, elle me les a donnés.Professeur.\u2014Qui peut me diie quelle est la plus grande peste qui a frappé le monde?Un élève.\u2014Les leçons.Epicier.\u2014Qu\u2019est-ce que vous voulez, ma petite demoiselle?Cliente (.7 ans).\u2014Maman a besoin d\u2019une pe-lotte de ficelle et elle m\u2019a dit qu\u2019elle la voulait aussi forte que le beurre que vous lui avez vendu hier.Cousine Nellie.\u2014Eh bien ! comment aimes-tu ton école?Maud (sa première expérience).\u2014Je ne l\u2019aime pas du tout.Cousine Nellie.\u2014Comment, tu n\u2019aimes pas l\u2019école! Aimes-tu ta maîtresse, au moins?Maud.\u2014Encore moins.Elle m\u2019a dit : Mademoiselle, asseyez-vous là pour le présent.Je me suis assis tout le\u201d temps et quand je\" suis partie, elle ne m\u2019a pas donné mon présent. LE SAMEDI 3 PREUVE ABSOLUE .¦ Fiftltr -Mon clicr Alfred ; il se répand lune'jruincur horrible.On dit (pie vous ne m\u2019épousez rpie pour ma fortune.Kst-ce vrai ?Alfred.\u2014C'eut si peu vrai que je m\u2019engage à la dépenser dans six mois, votre fortune.LORDS MAIRES DE LONDRES Il n\u2019est peut-être pas sans intérêt, à la veille de nos élections municipales, de rappeler comment se fait, à Londres, l\u2019élection du premier magistrat de cette grande ville.Celui qui aspire à occuper le fauteuil civique pour le court espace de douze mois seulement, doit occuper dans le monde une position financière de premier ordre, être d\u2019un caractère irréprochable, posséder toutes les qualifications d\u2019un citoyen et être, en outre, membre privilégié d\u2019une des grandes corporations de Londres.Il faut, de prime abord, qu\u2019il ait été échevin d\u2019un des vingt-cinq quartiers de la cité de Londres, ensuite shérif, place qui lui coûte, s\u2019il veut remplir convenablement les devoirs do cette charge, environ deux mille louis sterlings par an et il doit, de plus, payer le quart des dépenses encourues pour la grande fête du 9 novembre, l\u2019installation du maire.Il est élu shérif par les votes du corps privilégié, choisi entre les membres des corporations (corps de, métier ou do commerce qu\u2019on appelle livery) de la ville, il doit être membre d\u2019une de ces corporations dont le corps des merciers est le plus riche.Dix années s\u2019écoulent généralement depuis son élection comme échevin, avant qu\u2019il ne puisse prendre le fauteuil civique comme maire.Dans le moment actuel, il y a douze échevins, dont cinq n\u2019ont pas encore été shérifs, qui convoitent le poste honorable de premier magistrat.Le futur lord maire a beaucoup de devoirs à remplir comme shérif.Il doit assister avec son député à toutes les pendaisons qui se font à Old Hailey, et dans l\u2019ancien temps, il déjeunait, après l\u2019exécution, avec le gouverneur de la prison, coutume entièrement abolie aujourd\u2019hui.Il doit être présent aux séances de la Cour Criminelle Centrale, où il s\u2019asseoit à côté du juge, revêtu des insignes de sa charge ; et sije ne me trompe pas, une sentence prononcée contre un prisonnier, n\u2019est pas légale, à moins qu\u2019un shérif ne soit présent pour l\u2019entendre.Sa Majesté la Reine doit sanctionner le choix du shérif, et chaque année, l\u2019avocat de la cité reçoit du secrétaire particulier de Sa Majesté son appropriation du choix fait.Le shérif ne reste en charge que douze mois.A l\u2019expiration de son mandat, il rend compte de son administration ; ses livres sont audités, il paie et il attend son tour à la mairie.La manière dont l\u2019élection se fait, est des plus curieuses.On soumet à la cour les noms de deux échevins.Aussitôt, le collège électoral se rend dans une autre salle, dans laquelle repose le sceptre royal, au milieu d\u2019un lit de fleurs, en forme de croix.Alors, chacun des échevins s\u2019approche à tour de rôle du Recorder et lui souille à l\u2019oreille le nom de celui pour qui il désire voter.Le candidat, qui reçoit le plus grand nombre de votes, ost\u201dgénérale-ment déclaré élu.Le maire reçoit §50,000 par année de la ville, pour faire face dignement aux dépenses de sa charge, mais le plus souvent il est obligé d\u2019en dépenser cinquante mille autres.Le maire cloit résider au Mansion House,, qui lui est donnée gratis et toute meublée, mais à l\u2019expiration de son mandat, le maire sortant de charge donne généralement une somme assez ronde afin de tout remettre à neuf pour son successeur.Il a néanmoins à payer toutes les dépenses de la maison, les gages des serviteurs et des laquais, etc.; il faut qu\u2019il se fournisse de chevaux, qui sont ordinairement loués, ainsi que ses propres voitures, à l\u2019exception d\u2019une seule.Cette exception est le carosse civique, qui fait si grand effet dans les processions, et qui a toujours le don d\u2019exciter h un si haut point la curiosité publique.Ce vieux carrosse pèse quatre tonnes, et date de 1757 ; les échevins de l\u2019époque ont souscrit chacun .£00 pour en payer le coût.Les harnais portés par les six chevaux qui le traînent, ont été faits en 1833 et les chevaux, lorsqu\u2019ils sont enharnachés en grand gala, portent chacun 100 lbs de pesanteur.Les devoirs du maire sont assez nombreux.11 préside le bureau des échevins, les sessions de quartiers, ouvre la cour à Old Hailey, et comme magistrat, il tient séance invariablement chaque jour au Mansion House.S\u2019il meurt avant l\u2019expiration de son mandat, scs amis ont le droit de le faire enterrer dans la cathédrale de Saint-Paul, et d\u2019en faire sonner les cloches ; mais ceci arrive très rarement.Il est aussi d\u2019usage, lorsque le maire sort de charge, de faire armorier son blason sur une des petites fenêtres carrées de la chambre du conseil.Cette chambre renferme les blasons des différents maires depuis ail delà de cent ans.IL VOUDRAIT VOIR lionne dame.\u2014 llacontez-moi comment vous avez perdu la vue.Aveugle.\u2014 Volontiers, madame, mais avant je voudrais voir ce que vous allez me donner.BONNE NOUVELLE POUI! LES AMOUREUX Un monsieur, qui faisait la cour il la fille de la maison, s\u2019attira pour une raison ou pour une autre, lacolèredu père.Une querelle s\u2019en suivit et le père fut mis à la porte de chez lui par le cavalier courroucé.Il s\u2019en suivit des procédés judiciaires qui viennent d\u2019être décidés par un juge de paix de l\u2019Arizona, qui rendit son jugement en ces termes : \u201c Il appert, par la preuve, que le jeune homme faisait la cour à la fille du demandeur, dans le parloir même de ce dernier ; que le demandeur s\u2019est permis de troubler leur tête à tête, mais à été mis hors de la salle par le défendeur.Faire la cour aux jolies filles est de nécessité absolue et nul n\u2019a le droit d'intervenir.Je 'maintiens donc que les parents n\u2019ont aucun droit légal d\u2019entrer dans une salle où l\u2019on se fait la cour.Je décharge donc le défendeur et condamne le demandeur à tous les frais.BATTEMENTS DU CŒUR Les battements du cœur diminuent graduellement du commencement à la fin de la vie ; l\u2019on prétend pourtant que parfois ils augmentent un peu dans la décrépitude.La moyenne des battements à la minute avant la naissance est do 150 Immédiatement après la nais- sance .\u201c 1 10 à 130 Pendant la 1ère année.\u201c 130 à 115 \u201c\t2e\t\u201c\t.\u201c115 à\t100 \u201c\t3e\t\u201c\t.\u201c\t100 à\t90 Vers la\t7e\t\u201c\t.\u201c 90 à\t85 \u201c\t14e\t\u201c\t.\u201c 85 à\t80 A l\u2019âge de l\u2019homme fait.\u201c\t80 à\t70 Dans la vieillesse.\u201c\t70 à\tG0 Dans la décrépitude.\u201c\t75 à\t65 Chez la femme, le pouls bat plus vite que chez l\u2019homme, à raison de huit à quatorze pulsations ; cette différence, pourtant, ne se fait pas remarquer chez les enfants.Boire du thé chaud ou de l\u2019eau chaude, a une tendance à augmenter la vitesse du pouls, tandis que les boires froids la fait diminuer.Il est facile d\u2019augmenter les battements, au moins de dix à la minute, en s\u2019enveloppant d\u2019habits chauds.Les pulsations sont moindres pendant le sommeil que pendant la promenade.Un exercice un peu violent les augmente.SUR DE SON ARDENT Un jeune villageois se rend chez le dentiste pour faire plomber une dont.Le dentiste lui conseille de la faire arracher de suite, lui promettant que, s\u2019il se servait du gaz, il n\u2019en éprouverait aucun mal.\u2014Mais quel est donc l'effet de votre gaz 1 demande le jeune homme.\u2014Il est de vous rendre tout à fait insensible, lui répond l\u2019artiste ; vous n\u2019aurez seulement pas connaissance de ce qui se fera autour de vous.Le villageois consent, mais au moment où le dentiste se prépare à lui donner le gaz, il met sa main dans sa poche et en retire son porte-monnaie.\u2014Oh ! ne vous donnez pas cette peine maintenant, dit le dentiste, pensant que le garçon voulait le payer de suite.\u2014Oh ! ce n\u2019est pas cela, répond-il, je veux simplement constater combien j\u2019ai d\u2019argent avant que le gaz ne fasse effet. 4 LE SAMEDI NOS CHÉRIS «1 8?* :0Mr w£mp La petite Lucie, (à /'occasion tl'nn nouveau-né).\u2014 Maman, il est tombe du ciel lu l>tî*bé ?\u2014Oui, ma chère.\u2014 Moi aussi, toi aussi, tout le monde, il est tombé du ciel.\u2014Certainement oui.\u2014Puis, nous allons y retourner au ciel.\u2014Il faut espérer que oui.\u2014Pourquoi que nous n\u2019avons pas resté là tout île suite ?(\u201cest des dépenses.TITRES DE FEMMES Une manie des plus malséantes et des plus ridicules, semble trouver faveur depuis quelque temps chez une certaine classe de la société.Les femmes s\u2019affublent des titres de leurs maris et ce qu\u2019il y a de plus triste, de plus répréhensible, c\u2019est que les journalistes eux-mêmes ne sont pas sans blâme.Je ne voudrais certes pas médire de nos reporters, mais je sais bien que la chose se pratique plus en grand chez nos voisins, où l\u2019on raffole de titres L\u2019abus commence à prendre pied chez nous, et il est temps de le signaler.Que voyons-nous en effet 1 Madame le Commissaire.a donné hier une soirée des plus brillantes ; parmi les invités, nous avons surtout remarqué madame la Général.et la charmante madame l\u2019échevin., accompagnée de son incomparable tille* : madame Sénateur.qui semblait beaucoup s\u2019amuser dans un charmant tête-à-tête avec madame l\u2019honorable.Les métiers même n\u2019échappent pas à cet engoûment.J\u2019ai eu l\u2019honneur, il y a pas bien longtemps, d\u2019être présenté 4 madame conducteur un tel.; son mari était un simp\u2019e employé de chemin de fer.Mais un journal de Chicago vient de faire un comble.En parlant d\u2019un récent incendie, ce journal annonce que c\u2019est M.l\u2019opérateur de l\u2019ascenseur qui découvrit le premier le feu ; or, l\u2019opérateur en question était tout bonnement le garçon chargé de faire fonctionner la machine.On croyait avoir atteint le ntic plus ultra ; on se trompait.New-York qui s\u2019est fait jouer par Chicago dans la question de l\u2019exhibition, a voulu une revanche ; et ses journaux, à propos d\u2019une récente exécution capitale, nous parle de \"Death Watch Osborne\", pour désigner le gardien qui devait passer la dernière nuit avec l\u2019infortuné condamné.Après cela, on peut tirer l\u2019échelle.VENIR EN AIDE AUX INFIDELES Je me trouvais, il n\u2019y a pas bien longtemps, dans un hôtel ou plusieurs commis voyageurs de mes amis étaient descendus, et nous nous efforcions de tirer le temps le plus agréablement possible, lorsqu\u2019un individu, de mine joviale et avec des yeux pétillants de malice, s\u2019approcha de nous et dit d\u2019un ton joyeux : \u2014Messieurs, je réclame toute votre attention pour quelques instants.Vous n\u2019êtes pas sans avoir entendu parler de l\u2019Afrique.Les noirs, dans leur état normal, sont des êtres dangereux, oui très dangereux.Il faut à tout prix améliorer leur sort, tant sous le rapport moral que religieux.Je prends le plus vif intérêt à cette amélioration.Il tira alors une montre d\u2019un petit sac qu\u2019il tenait à la main, et ajouta : \u2014Vous voyez bien cette montre.Elle ne marche pas.Les aiguilles indiquent pourtant une certaine heure.La personne qui devinera le plus proche, recevra la montre.C\u2019est cinquante cents pour deviner et tout ce qui sera de surplus sur mes dépenses, ira grossir le fonds pour l\u2019amélioration de la race noire.Un sceptique se permit de remarquer qu\u2019il n\u2019en était pas bien convaincu.\u2014 J»; laisserai l\u2019argent, répondit l\u2019homme, entre les mains de l\u2019hôtelier, qui le remettra au premier prédicateur venu.Nous étions dix-huit de notre bande et chacun de nous déposa ses cinquante cents et lit sa conjecture.Notre homme passa la montre au gagnant et continua en ces termes : \u2014Messieurs, la montre me coûte, prix du gros, AJ.SO.Je viens d\u2019en recevoir 89.00.11 semblerait donc y avoir une balance de 86.20 pour les peaux noires.Mais calculons un peu.Le chemin de fer m\u2019a coûté 84 20 ; le dîner et le souper 81 -\u2014A ; deux absinthes 20c ; deux parties de l.il aid 40e, plus un cigare 10, faisant un total de 86.là.Appelant alors l\u2019hôtelier, il lui dit: -\u2014Voici cinq centins, et, sur votre âme, je vous adjure de dépenser cet argent en achats d\u2019objets utiles pour nos malheureux frères d\u2019Afrique.Messieurs, merci, bonsoir et au revoir.LE POUVOIR DE LA PRESSE Etranger (entrant dans le sanctuaire delà rédaction d'un tur fort pen aimable).\u2014Ah! ça, quand allez-vous me laisser la paix; vous me coûtez passablement cher, dé|à ?Journaliste (calme comme un sénateur romain).\u2014S\u2019pliquez.Elranyer.\u2014Dans votre numéro d\u2019hier, vous dites: \u201cUn voleur est entré chez monsieur Malgardé et s\u2019est emparé d\u2019une liasse de billets qui se trouvait sur son bureau ; mais heureusement, il ne s\u2019est jais emparé du magnifique chronomètre en or que M.Malgardé dépose chaque soir dans le tiroir de droite.Journaliste.\u2014Correct, hein?Bien, après?Etranger.\u2014Ce n\u2019est pas bien du tout.Quant à après, le voleur est revenu la nuit dernière et a pris ce magnifique chronomètre qui fait l\u2019admiration de votre idiot de collègue.Journaliste.\u2014Parfait ! cela vous prouve la précision de nos informations ; nous ne vous prendrons rien pour l\u2019annonce.NOS CHÉRIS (Au restaurant.) llob, (qui a visité les atelier* de l\u2019auteur à l'avis).\u2014Elle est enragée, la vieille, hein I Maman.\u2014Allons, Bob ; pas île bêtise.Pourquoi me dis-tu cela?Bob.\u2014Tu ne vois donc pas qu\u2019elle a une muselière ! LE SAMEDI o NOS CHERIS LA FEMME NOS CHÉRIS '' OA! I.a maniail.- -Qui t a civi*.ma eli¦ rie ?,/nliith.Le l)on Dieu m\u2019a fuit et) petit limit là, et'puis ensuite, je m\u2019a grandie moi-même.CHOIX D\u2019UN PARTENAIRE A NOIRCEUR (TOAST PO UT K UN SON II0.N- NKUlt PAU MARK TUU- NUU, 1)US ÉTATS-UNIS) Le Club des Corres-poiulunts X Remplissez donc vos verres, messieurs, à pleine rasade et buvons à la santé de la femme, dont vous avez tous et chacun de vous en particulier, connu la meilleure, votre propre mère (applau-dissemerits frénétiques).A L\u2019ÉGLISE Pare, tle/amil/i, f lisant te luite/in Je voltige.iteson i nfant ).\u2014Mal, mal, mal ! Tout mauvais.Tu devrais avoir honte.Tommy.Non, papa ; ce n\u2019est pas tant que cela.Tiens regarde.Péri;.Ou ça ?Je ne vois rien autre chose.Tommy.Tiens, lis : \u201c Santé : exci/lviite\".seule ne nous révélera ce que nous devons à la femme.N\u2019est-ce pas elle qui remplace les boutons absents?N\u2019est-ce pas elle qui raccommode notre vieux linge et nous dévalise dans les bazars de charité ?Elle se lie quelquefois à nous.Les affaires de ses voisins semblent l\u2019occuper plus que les siennes propres et elle ne se fait pas scrupule de nous dire tout ce qu\u2019elle en sait (rires).Elle nous donne parfois un conseil et quelquefois aussi elle ne les ménage pas.Parfois, elle nous laisse entrevoir une partie de sa pensée, et parfois sa pensée toute entière (hilarité).Quelle soit la place que vous accordiez à la femme, elle sait toujours l\u2019ennoblir; c\u2019est un vrai trésor sur la terre.(L\u2019orateur s\u2019arrête, semble surpris de son auditoire et ajoute) : Mais vous auriez dû applaudir à outrance (hilaritégénérale).Voyez Cléopâtre, voyez Desdémona, voyez Florence Nightingale, voyez Lucrèce Borgia.(Quelques voix: Non, non.) Soit, laissons donc là Lucrèce (rires).Voyez, voyez notre mère Eve.(Cris de : Oh ! oh ! et rires).Je ne veux pas vous forcer de la regarder, si vous n\u2019y tenez pas ; mais, M.le Président, Eve était certainement un ornement (rires renouvelés).Je me plais à le redire, monsieur, voyez, l\u2019illustre Widow M adirée, voyez George Francis Train, (rires enthousiastes) et M.le Président, je vous dirai, mais cette fois, la tête inclinée et avec un sentiment profond de vénération, voyez la mère du grand Washington ; elle éleva un tils qui ne sut pas mentir.Je dois ajouter, messieurs, qu\u2019il n\u2019était pas journaliste, encore moins correspondant de la presse associée.(Huées générales de la part des membres : \u201c A la porte, à la porte\u201d et rires).le le répète, messieurs, quel que soit le rang de la femme, elle l\u2019ennoblit et c\u2019est un vrai bijou en ce monde.Comme fiancée, elle peut avoir des ™ rivales, jamais de supérieure.Comme cousine, 'À elle nous est fort utile ; comme belle-mère, riche *: et atteinte d\u2019une maladie incurable, elle vaut |: son pesant d\u2019or.Qu\u2019est-ce que les peuples de la >.terre seraient, sans la femme ?Ils seraient rares, messieurs, oui, très rares, assurément (nouveaux | rires).Aimons-la donc et protégeons-la.Donnons-lui notre appui, notre encouragement, nos sympa- = tides et nos propres personnes, si nous en avons g la chance (rires).Mais, badinage à part, Al.le Président, la femme est belle, elle est aimable, elle a un cœur\tWJ Pu.-Est-ce que je puis sortir, maman?, n .\ti .\t.\ti \u201e\t»\tJeune, veuve.-Non, mon cher, il fait trop froid, tendre, elle est\tremplie de toutes\tles\tgrâces\tet ,|w-, _n faisait deux fois plus froid que cola,\thier.\u2019 elle mérite tous nos respects, tous nos hommages, m\u2019as bien envoyé dehors quand M.Beccncœur est arrivé.Je me trouvais, l\u2019autre jour, à l\u2019Eglise Notre-Dame, ot comme beaucoup d\u2019autres curieux, j\u2019admirais avec un certain orgueil le nouvel orgue dont les journeaux ont dit tant de merveilles.A mes côtés se trouvaient deux jeunes personnes que je prenais pour des jeunes tilles récemment arrivées de campagne.Elles aussi contemplaient l\u2019orgue, et quelques minutes après, elles firent quelques pas dans la grande nef, regardant à droite et à gauche en haut et en bas.L'une d'elles s\u2019arrêta subitement, elle était comme en extase ; on eut dit qu\u2019elle cherchait à faire jaillir d\u2019un cerveau rebelle, une parole pour exprimer l\u2019impression qu\u2019elle ressentait et qu\u2019elle ne la trouvait pas.Un sentiment de sympathie et de tendre commisération me cloua sur place.Le charme fut enfin rompu elle dit à sa compagne : \u201c Oh, Sarah ! qu\u2019il en faudrait du temps pour tout épousseter ici ! \u201d NOS CHÉRIS 6 LE SAMEDI RUDE CONCIÎllENCE ^ m & Major Sanslesou.Ma femme, tu ne veux ]>us comprendre un homme, de mu trempe.Ce n\u2019est pus l\u2019argent (pii fuit l\u2019homme.La naissance, le monde, le talent voilà ee qui me fera lniller.Madame.Snuulrrou.\u2014 D\u2019ici à un mois, ton hahit sera hien plus brillant que toi.LA BOITE ALIX LETTRES DU \u201cSAMEDI\u201d UN PEU POUK KIKE (Pour le Samedi) I On enterre ce pauvre Balandard.A l\u2019église, une de mes voisines regarde l\u2019autel avec extase ; de ses yeux coulent des larmes abondantes.\u2014Heureux Balandard, pensais-je, comme elle le regrette !.Au bout d\u2019un instant, la dame se retourne et d\u2019une voix douce : \u2014Savez-vous combien il y en a sur l\u2019autel, des cierges ?.¦fc * * Madame Disputard, envoyant sa cuisinière au marché, lui recommande d\u2019acheter du filet de bœuf.Quand la cuisinière revient, la dame n\u2019est pas satisfaite de l\u2019emplette.\u2014Ce n\u2019est pas du bœuf que vous m\u2019-apportez-là ! s\u2019écrie-t-elle courroucée.\u2014Mais, pardon, madame, proteste la cuisinière.\u2014Allons donc ! c\u2019est du bœuf comme moi ! \u2014 Le boucher m\u2019a pourtant dit que ce n\u2019était pas de la vache ! réplique avec aigreur le cordon bleu.* * * En visite.\u2014 Vraiment, ma bonne amie, vous possédez une chevelure admirable.\u2014Oui, ma chère, je me le suis souvent laissé dire ; aussi en ai-je eu un soin jaloux.\u2014Oh ! oui, s\u2019écrie le terrible petit Isaïe, maman l\u2019enferme chaque soir dans un tiroir de la commode * * * Une bien jolie inscription lue sur une bannière de l\u2019Armée du Salut : POURQUOI PAYER l\u2019acxeau VINGT SOUS LA LIVRE QUAND vous pouvez avoir l\u2019agneau de Dieu POUR RIEN 117(1/ pai/ lamb ten cents a pound When i/ou can yet the lamb o) (lod For not him/ Je crois qu\u2019après cette jolie sentence on peut tirer l\u2019échelle.+ * * Un créancier se présente dans le cabinet de travail d\u2019un journaliste, un jour d\u2019échéance, et au moment où ce dernier paraissait activement occupé à rédiger une lettre.\u2014Je vous dérange peut-être, dit le créancier.\u2014Oh ! non, j\u2019écrivais à mon directeur.\u2014 Un article, sans doute ?\u2014Oui, de fonds.* * * Cette vieille garde de M., dont l\u2019habile maquillage ne parvient pas à réparer des ans l\u2019irréparable outrage, a la ridicule manie de vouloir se faire passer pour une jeune femme.Le jour de la Ste Catherine, à la soirée donnée par la belle madame X., la conversation vient à rouler sur l\u2019âge.\u2014Oh ! moi, dit la vieille garde susnommée, j\u2019ai l\u2019âge que je parais.\u2014Tantque cela?.s\u2019écrie notre confrère E.M.*.+ * Dispute conjugale.Eh bien ! oui, dit la femme, arrivant aux concessions, c\u2019est vrai, j\u2019ai mes défauts.Le mari vivement : \u2014Oh oui ! La femme, plus vivement encore : \u2014Lesquels, s\u2019il vous plaît ?J.Alcide C.Montréal, 10 Janvier 1891.II QUATRAIN SANS PRÉTENTION A un spécialiste.Etre sou pédicure à soi-même, a son prix, (\"est une économie.\u2014Un certain jour de fête, .J\u2019appelais Galopeau pour un o il de perdrix ; Il m\u2019a pris les yeux de la tête ! * * * Gascon peint par lui-même.Tel qu'on me voit, je suis l\u2019aîné Né Personne ne m\u2019a démandé Dé Prouver mon aînesse Car chacun, en ce pays-ci, Si \u2014gnerait mon histoire ; Et j\u2019aurais de l\u2019esprit aussi, Si L\u2019on voulait me croire.Calchas.III VARIÉTÉS Un amateur de pêche rencontre un ami auquel il pose la question suivante : \u2014Sais-tu pourquoi les sourds ne prennent jamais de pioisson au filet?\u2014Ma foi, non.\u2014Eh bien ! c\u2019est parce qu\u2019ils n\u2019entendent pas (n\u2019en tendent pas.) -*¦ * * On aTait bien des mots d\u2019ivrognes.On nous en raconte un qui est bien le plus joli qu\u2019on puisse jamais éditer : \u2014 \u201c Quelle belle nuit j\u2019ai passée, dit un pochard ; j\u2019ai rêvé que j\u2019étais entonnoir.\u201d * * * Au cabaret.Un ivrogne tient un journal.\u201c Il y a à Paris un recensement nouveau, 2000 marchands de vin.L'ivrogne, (avec désespoir).\u2014Je ne pourrai jamais les connaître tous.+ * * Petit roman de mœurs en dix lignes.Avant le mariage.Aille Berthe a le menton appuyé sur ses deux mains et ses deux coudes posés sur la table.Paul, la contemplant avec extase : -\u2014Quel charmant abandon ! Six mois après, Madame Paul est dans la position ci-dessus décrite.Son mari, la regardant, en haussant les épaules : \u2014Quelle tenue, mon Dieu, quelle tenue! * * * L\u2019éducation mutuelle.Deux bébés causent ensemble : \u2014Pour quoi faire la bouche?\u2014\tPour manger.\u2014El les yeux ?\u2014Pour voir.Et le nez ?\u2014\tPour mettre les doigts dedans., * * * Deux cuirassiers sont assis à une table de café : \u2014Garçon ! de l\u2019eau, fait le premier.\u2014\tDe l\u2019eau ! répète le second stupéfait, pour quoi faire?\u2014\tPour la boire.\u2014Si ou a idée de ça!.de l\u2019eau.Quand tu en as seulement dans tes bottes, ça t\u2019enrhume.J uge de ce que ça doit faire dans l\u2019estomac ?* * * Aux examens de l\u2019école de médecine.Le professeur.\u2014Que donneriez-vous à une personne qui aurait avalé une forte dose d\u2019arsenic ?IA élève.\u2014L\u2019extrême-onction.Placide La Ciialade.Sault-au-Récollet, Janvier 1891.IV RAVAUDERASSERIES ET EKKAUOUCI! AILLONNADES.Djobe Ülduque, un jeune homme très ingénieux, a imaginé un instrument assez original, auquel il donne le nom de Cardiomètre, et avec lequel il prétend calculer sans erreur tous les battements du cœur, et pouvoir se rendre compte de la sincérité des sentiments que nous éprouvons.11 va jusqu\u2019à s\u2019écrier : \u201c Les tracés géographiques des contractions carditiques, pris sur les amoureux d\u2019une jeune tille, démontrent facilement chez qui l\u2019amour part du cœur, et chez qui il ne sort que de la bouche.\u201d Voyez maintenant quand un jeune homme fera une déclaration d\u2019amour : \u2014Mademoiselle, je vous aime ! __Ah ! mon Dieu ! répondra la jeune tille, moi qui n\u2019ai pas pris mon Cardiomètre sur moi ! Attendez donc que j\u2019aille le chercher ! Voilà encore un nouveau pas de fait vers la science et un bon moyen pour les jeunes filles de se débarrasser des faux amants.* * * VANITÉS DES VANITÉS ( A n bal.) Première délaissée, (font* émue.) Voilà un monsieur qui vient de notre côté.Seconde délaissée, (avec un petit frisson).Il vient inviter l\u2019une île nous à la danse.Troisième délaissée.-Laquelle que ea peut bien être?Quatrième, délaissée.Vous n\u2018y êtes pas, c\u2019est le garçon qui vient vous demander si vous désire/, du café. LE SAMEDI Près d\u2019Edmundston, N.I>., lo Canada et les Etats-Unis sont sépares par la rivière Saint .Jean.Pour traverser la rivière à cet endroit, on se sert d\u2019un bac sur lequel on transporte les personnes, marchandises, voitures, etc.\u2014Je traversais, un jour, d\u2019une rive à l\u2019autre, sur ce chaland, lorsqu\u2019arrivé au débarcadère, l\u2019omnibus sur lequel j\u2019étais monté, s\u2019arrête, afin de permettre aux douaniers de faire leur inspection.\u2014 Vous n\u2019avez rien à déclarer, messieurs?demanda l\u2019un d\u2019eux.\u2014Oui, dit d\u2019une voix creuse, un personnage qui était au fond de l\u2019omnibus.J'ai à déclarer les jambons sur lesquels je suis assis.\u2014 Vous êtes un insolent, doublé d\u2019un imbécile, reprend le douanier.Et il fait signe au conducteur qu\u2019il peut continuer sa route.A quelques verges de la rivière, l\u2019individu se lève, tire un superbe jambon sur lequel il était assis et le brandit aux yeux de la foule ébahie.* * * Cette autre nous montrera jusqu\u2019à quel point en est rendue l\u2019idée de la fraude : Il y a quelques mois, Ouille Hrodemai Ring revenait des Etats-Unis avec une quantité considérable d\u2019objets soumis aux droits.Pour éviter une perte de temps, il avait placé sa cargaison, cigares, pipes, savons, rasoirs, etc.; dans une grande caisse.Dans le couvercle, il avait eu soin de percer quatre trous, après avoir étiquetté sur son colis : SFKPKNÏ-HOA Arrivé à la ligne 45èrne, il ouvrit, sa malle seulement.\u2014Et cette caisse ?fit le le douanier d\u2019un ton sévère.Le contrebandier répondit avec aplomb : \u2014C\u2019 est un serpent-boa.\u2014 Mais il faudrait ?.\u2014 M\tuille lîrodemai Rang, l\u2019animal doit êti t\turexcité par le voyage, je ne m\u2019y fierai pas.Voici la clef, ouvrez plutôt vous-même, moi, je file !.Et il fit mine de s\u2019en aller.\u2014 lié ! monsieur, crie le douanier, on s\u2019en rapporte.enlevez votre bête! Avis aux contrebandiers de l\u2019avenir.\u2022f* * * Un habitant de Saint Jean-Chrysostôme, annonce publiquement, qu\u2019il met sa femme en loterie.Il a fait imprimer des billets sur lesquels on lit : \u201c La femme est bonne ménagère et consentira volontiers à servir chez celui «pii la gagnera.Prix : 25 cents le billet.\u201d C\u2019est pour rien.MORALITÉ : Combien de femmes, dans ce monde, Qui voudraient bien en faire autant ! * * * Une prière en usage parmi un grand nombre de jeunes filles : O mon Pieu ! faites (jue je ne me marie pas ; Si je me marie, faites (pie je ne sois pas trompée ; Si je suis trompée, faites que je ne le sache pas ; Et si je le sais, faites que je puisse m\u2019en moquer ! * * * Une femme du peuple, s\u2019épanchant dans le sein de sa voisine, qui s\u2019efforce de la calmer un peu : Oui ! je sais bien qu\u2019une femme doit être battue.mais pas tous les jours ! An u K Eu ai tu, Levis, Janvier 1891.U N E POSITION DI El'\u2019ICI LE UN SECRET DIGNE D\u2019ETRE CONNU a» ! .(\u2019Vtiiit un garçon intelligent «jii'ava inêime trouvé un moyen «le faire fortune.Comment ca ?Kli Lien ! voilà : il «levait acheter cent mille lapins à \u2022Ju sous, il les revendait in et gagnait ainsi (pluralité mille piastres.BLASON IMMACULÉ De Dosentout.\u2014Mais vous n\u2019avez pas d\u2019an cêtres, sur ce continent ?Ifatlcmoisel/e JSonsens.C\u2019est un avantage que nous avons sur vous.JUSTE CRITIQUE LE COURS DE LA JUSTICE fjÿAvocat du demandeur, (au témoin).\u2014Rappelez-vous que vous ôtes sous serment.Voyons, est-il vrai que vous pensiez., Avocat du défendeur, (se levant).\u2014Votre lion ! ncur, je dé,sire faire une objection, mon savant.; Avocat\u2019jdu demandeur.- Plaise à la Cour, il tue I semble.Avocat du défendeur.\u2014 Votre Honneur, les autorités i-ont d\u2019accord que.Avocat du demandeur.\u2014 Je prétends, Votre Honneur, que.Avocat du défendeur.Mon savant confrère, cela est clair est.Avocat du demandeur.\u2014 Pardon, Votre Honneur, mais il a été décidé maintes et.Avocat du défendeur.\u2014Il me suffira de citer la célébré cause de.Avocat du demandeur.\u2014La Cour peut se convaincre que cette cause ne fait pas autorité, ayant.Avocat du défendeur.\u2014 Comme Votre Honneur le sait, une décision a récemment été donnée dans.Avocat du demandeur.\u2014Cela n\u2019était.Avocat du défendeur.\u2014 Le juge en chef, Votre Honneur, a maintenu que.Avocat du demandeur.-\u2014La cause de lllanc vs /liane et Barbeau, prouve clairement.Avocat du défendeur.\u2014Décision renversé, comme Votre Honneur le sait à 17.Avocat du demandeur.\u2014 Seulement sur un point incident, car.Avocat du défendeur.\u2014Mon savant ami s\u2019est entièrement trompé sur.Avocat du demandeur.\u2014Mon distingué confié, re n\u2019a pas saisi.Le juge.\u2014Que désirez-vous prouver ?Avocat du demandeur.\u2014Je désire simplement démontrer que le témoin ne pensait réellement pas ce qu\u2019il pensait.Avocat du défendeur.\u2014J\u2019objecte, Votre Honneur.Le juge, (se laissant retomber dans le\"*fond de sou fauteuil).\u2014La question est pertinente.1er Journaliste.\u2014Viens-tu ce soir au théâtre?le.Journaliste.\u2014Impossible ; il faut que je fasse la critique do la pièce et que je la donne avant minuit.SOURCE INALTERABLE DE LEUR HAITI Bouleau.\u2014Je me trouve en face d'un dilemme épouvantable.Rouleau.\u2014Qu\u2019est ce qui t\u2019arrive ?Bouleau.\u2014J c n\u2019ai pas de quoi manger, et je n\u2019ai rien à mettre au clou, si ce n\u2019est mon râtelier ; or, si je l\u2019engage pour acheter quelque chose à me mettre sous la dent, je ne pourrai le manger.C\u2019est la première fois de ma vie qu\u2019un tel mal-eur m\u2019arrive : prête-moi un écu ?THEATRE-ROYAL - .\u2022 > Deux excellentes troupes ont ^ ( fs\tE°yal et.ont attiré beaucoup de monde.Les premières représentations de \u201c Vesper Bells \u201d ont eu lieu au commencement de la semaine.Cette pièce, bien connue des Montréalais, a obienu un grand succès.Mlle Gray joue les rôles de Jessie Goufrey et de Pierre avec une verve des plus entraînantes.Elle a été fort applaudie.Les autres acteurs sont tous dignes d\u2019éloges.Les chiens Saint-Bernard et les poneys travaillent admirablement bien.Quant aux décors, ils sont très jolis.Vendredi une autre pièce tenait l\u2019affiche pour jusqu\u2019à la fin de la semaine : \u201c The Old Oaken Bucket,\u201d qui sera jouée cette après midi et ce soir.C\u2019est une charmante pièce.La première ^ représentation a été un beau succès hier soir.La semaine prochaine le Royal promet quelque chose d\u2019intéressant.On jouera une excellente pièce : \u201c Irish Luck,\u201d qui ne manquera pas de plaire au publie.PAS VEXÉE Maud.\u2014Georges m\u2019a posé la question hier soir.Edith.\u2014Je m\u2019y attendais; il m\u2019a dit, la semaine dernière, quand je l\u2019ai refusé, que vous étiez la première sur la liste après moi.Rite.-\u2014Tu me rends parfois inquiète, de remarque que la danseuse que tu choisis rit tout lu temps avec toi.Lui.\u2014 Oui ; et je me fais mie jolie réputation d\u2019esprit.Tu sais, je ne choisis que les femmes qui ont de belles dents.Je ne suis pas il la peine de leur dire trois mots.DIFFERENCE D\u2019OPIXION Lui.\u2014Les Mormons ont une singulière manière d\u2019envisager le mariage.Elle.\u2014Singulière ! je crois qu\u2019on peut employer le pluriel.CC 8 LE SAMEDI PETIT TALENT DE SOCIÉTÉ L\u2019HOMME CHIAS SM t Tiens, ne dit Durdepaie, me voilà en face tl\u2019une Inave vieille bête qui a fortement envie de me payer à boire.\u2014Eli bien ! Puisqu'il insiste, je vais inc fendre d\u2019une uutre bouteille.l l ¦¦ ! J 11 III \u2014C\u2019est qu\u2019il est dur à contenter, le particulier ! Ça lui aurait fait de la peine j\u2019avais refusé celle-là \\&gjn St i \u2022Au revoir, ma vieille branche plaisir de ne jamais nous re ¦1 VI Garçon tVhOttl.\u2014 C\u2019est Ç12.00, s\u2019i vous plaît : vos six bouteilles eu font foi.1\u2018ARABOLK Assis dans un fauteuil de cuir souple, l'homme gras examinait sa chambre avec joie.Il était vraiment gras, ayant au cou un épais collier, la poitrine bardée, le ventre couvert ; ses bras semblaient noués aux articulations comme des saucisses, et ses mains se posaient sur ses genoux comme de grosses cailles plumées, rondes et blanches.Ses pieds étaient des miracles de pesanteur, ses jambes des fûts de colonne, et ses cuisses des chapiteaux de chair.11 avait la peau luisante et grenue comme de la couenne ; ses yeux bouffaient de graisse, et son quadruple menton étayait solidement sa face débordante.Et tout, autour de lui, était solide, rond et gras ; la table de chêne massif, aux larges pieds, fortement assise, polie?sur les bords ; les vieux fauteuils avec leur dos ovale, leur siège renflé et leurs gros clous sphériques ; les tabourets accroupis par terre comme des crapauds gras, et les tapis lourds, à longue laine emmêlée.La pendule s\u2019épatait sur la cheminée ; les trous de clefs s\u2019ouvraient comme des yeux dans son cadran convexe; le verre cjui l\u2019emboîtait se gonflait comme le hublot du casque d\u2019un scaphandre ; les flambeaux paraissaient les branches d\u2019un arbre en cuivre noueux, et les chandelles y pleuraient du suif.Le lit s\u2019en Hait comme un ventre rembourré ; les bûches qui brûlaient dans le feu faisaient craquer leur écorce, dodues et pétillantes ; les carafons du bullét étaient trapus, les verres avaient des bosses ; les bouteilles, un nceud puissant au goulot, h demi pleine de vin, étaient encastrées dans leur cercles de feutre comme des bombes vermeilles de verre.Et par-dessus tout il y avait dans cette grosse chambre ventrue, joyeuse et chaude, un homme gras, riant largement, ouvrant une bouche aux lippes saines, fumant et buvant.La porte en ogive, fermée à bon bouton, qui emplissait bien la main, donnait sur la cuisine, où cette homme passait le meilleur temps de sa vie.Car il rôdait dès le matin parmi les casseroles, trempant du pain dans les sauces, torchant les lèchefrites avec un bout de mie, humant des bols pleins de bouillon ; et il plongeait dans les marmites une cuiller en bois qui dégouttait, pour comparer ses ragoûts, cependant que le feu ronflait sous la tôle.Puis, ouvrant la petite porte de la fournaise, il laissait entrer la lumière rouge qui s\u2019épandait sur sa chair.Ainsi, dans le crépuscule, il avait l\u2019air d\u2019une énorme lanterne dont sa figure était la vitre, éclairée par le sang et la braise.Et, dans la cuisine, l\u2019homme gras avait une nièce potelée, blanche et rose, qui brassait les légumes avec ses manches relevées, une nièce souriante, pleine de fossettes, dont les petits yeux sautaient à force de bonne humeur, une nièce qui lui tapait sur les doigts quand il les trempait dans le plat, qui lui envoyait les crêpes chaudes sur la figure quand il voulait retourner la poêle, et qui lui fait mille petites choses sucrées, dorées, mijotées a point, avec des croûtons réjouissants.Sous la grande table de bois blanc dormait un chat, panse pleine, dont la queue était grasse comme celle d\u2019un mout*n d\u2019Asie, et le caniche, appuyé contre la briqueterie du fourneau, clignait des yeux à la chaleur, laissant pendre les gros plis de sa peau tondue.Dans sa chambre l\u2019homme gras regardait voluptueusement un gobelet de verre, où il venait de verser doucement du vin de Constance 1811, quand la porte de la rue tourna sans bruit.Et l\u2019homme gras fut si surpris qu\u2019il ouvrit la bouche et resta immobile, la lèvre inférieure baissée.Il y avait devant lui un homme maigre, noir, long, dont le nez était mince, et la bouche rentrée ; ses pommettes étaient pointues, sa tête osseuse, et, chaque fois qu\u2019il faisait un geste, on croyait voir sortir des esquilles de ses manches, ou de son pantalon.Ses yeux étaient caves et mornes, ses doigts semblaient des fils de fer, et sa mine était si grave qu\u2019on devenait triste à le regarder.Il portait à la main un étui à lunettes et il chaussait de temps en temps des verres bleus, en parlant.Dans toute sa personne, la voix seule ¦¦¦¦¦¦I HS LE SAMEDI 9 était onctueuse et attachante, et il s\u2019exprimait avec tant de douceur que les larmes vinrent aux yeux de l'homme gras.\u201c Ho ! Marie, cria-t-il, nous avons monsieur à dîner.Vite on route, mets la table ; voici la clef du linge ; cherche une nappe, prends des serviettes : fais monter du vin,\u2014celui de gauche, les bouteilles du fond ; \u2014peut-être aimez-vous le bourgogne, monsieur?\u2014 Mo! Marie, tu apporteras du nuits; veille à la poularde, celle \u2022 j* de l\u2019autre jour était une idée trop cuite.Monsieur, un doigt de ce constance.Vous devez avoir faim, nous dînons trop tard.Marie, presse-toi, monsieur mourt de faim.As-tu mis le rôti?Il faut tailler la soupe.N\u2019oublie pas les petits verres.Et le thym, y as-tu pensé ?J\u2019étais sûr.Mets un bouquet tout de suite.Et ce monsieur qui aime poutôtre le poisson : justement nous n\u2019en avons pas.Excusez-moi, monsieur.Dépêche-toi, Marie, decante ce vin, pousse ces chaises, avance la soupière, passe le beurre, dégraisse cette sauce, donne le pain.Cette soupe est délicieuse, n\u2019est-ce pas ?Il fait bon vivre.Prenez-vous de ce sucre avec vos crevettes ?C\u2019est excellent.\u201d \u2014\u201c Savez-vous ce que c\u2019est que le sucre ?\u201d dit l\u2019homme maigre, d\u2019une voix placide.\u2014\u201c Oui \u201d, répondit l\u2019homme gras, surpris, et laissant tomber de nouveau sa lèvre de dessous, en s\u2019arrêtant, la cuiller à la bouche.\u201c C\u2019est-à-dire non, \u2014j\u2019en mange avec certains plats, \u2014 le sucre m\u2019est égal.C\u2019est bon, le sucre.Qu\u2019est ce que vous avez à dire du sucre ?\u2014 \u201c Mon Dieu, rien, dit l\u2019homme maigre, ou presque rien.Vous savez bien que vous absorbez de la saccharose, ou sucre de canne ; et vous tirez des féculents et des matières hydrocarbu-rées d\u2019autre sucre que vous transformez en sucre animal, sucre interverti ou glycose.\u201d \u2014\u201c Et que voulez-vous que cela me fasse, dit l\u2019homme gras, en riant.Saccharose ou glycose, le sucre est bon.J\u2019aime les plats sucrés.\u201d \u2014\u201c D\u2019accord, dit l\u2019homme maigre, mais si vous fabriquez trop de glycose, vous aurez le diabète, cher ami.Bien vivre donne le diabète ; je ne serais pas étonné que vous en eussiez quelques traces.Prenez garde, en aiguisant ce couteau.\u201d \u2014\u201c Et pourquoi?\u201d dit l\u2019homme gras.\u2014\u201c Mon Dieu, reprit l\u2019homme maigre, pour cette simple raison : c\u2019est que vous avez probablement le diabète, et que si vous vous coupiez TOUT L\u2019UN OU TOUT L\u2019AUTRE 33OUST POID B03NT3STE HVnZESTXIEèlE ii/> ycr les list«\u2018s des prix, jiistpi'a «a* «pie !«\u2022* II\tihunaux aient
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