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Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 14 décembre 1889
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
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  • Nouveau samedi
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Le samedi, 1889-12, Collections de BAnQ.

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[" && Samedi I Le Numéro, 5 Cts I Par Annee.$2.50 VOL.I MONTREAL, 14 DECEMBRE 1889.MALLES EN EETARD s ^*5 m 1 I i4IMl KgS fPPii M® ¦f \u2018BSijj j || H n flg» EUe.\u2014Lindor retarde bien de m\u2019emporter la réponse. LE SAMEDI Samedi JOUSNAX, HEBDOMADAIEEI PUBLIC A MON LITTERAIKK, HUMORISTIQUE SCIENTIFIQUE ET SOCIALE, OH3-A1TE 23TT FOTEE DOMESTI3VE, REDACTEUR: LIONEL DANSEREAU Un An, $2.50.Six Mois, $1.25 STRICTEMENT l'AVAMLK D'AVANCE.I*1 »r (i ,i TV\tl'O, 5 Ceniîin.B.S'adresser punr lus informations, les abonnements et es unnonees aux gérants, MM.Poirier, Bessette k Neville, No.(i!) Rue St-Jaeques, ou par lettre à LA SOCIETE DE PUBLICATION DU \u201cSAMEDI,\u201d Montréal.MONTRÉAL, 14 DECEMBRE 1880.OH ASSE-SPLEEN Le hasard est la réserve de Dieu.Celui qui s\u2019écoute parler écoute toujours un sot.Les amis ?.une famille dont on a choisi les membres.Une femme quia beaucoup d\u2019esprit a rarement assez de coeur.Dans ce monde, il faut être un peu trop bon pour l\u2019être assez.On peut manquer le train sans perdre sa réputation de chasseur.Le travail est un bon riche qui donne toujours à qui lui demande.Peu de chose nous console, parce que peu de chose nous afflige.Il vaut mieux être le trésor d\u2019un vieux que l\u2019esclave d\u2019un jeune.Mettons de la justesse dans nos pensées, et de la justice dans nos actions.La politesse est la seule de nos qualités qui ne nous fasse pas d\u2019ennemis.Il y a des gens qui ne parlent jamais d\u2019eux, mais c\u2019est pour y penser tou jours.Quand on compte sur les souliers d\u2019un mort, on court le grand risque d\u2019aller pieds nus.Quand mon ami est malheureux, je vais le trouver : quand il est heureux, je l\u2019attends.Un homme disait : \u201cIl n\u2019y a pas d\u2019endroit, où il se passe plus de chose! que dans le monde.\u201d A qui nous trouve beaucoup de mérite, il est difficile de ne pas reconnaître un peu de goût.Le comble de l\u2019art du professeur : Battre sa femme jusqu\u2019à ce qu\u2019elle.en saigne (enseigne).C\u2019est une pauvre galanterie que d\u2019apporter une pantoufle à une dame qui a une dent déchaussée.I l serait à souhaiter que chacun fit lui-même \u2022son épitaphe de bonne heure, qu\u2019il la fit la plus flatteuse possible, et qu\u2019il employât toute sa vie à la mériter.Les grands génies sont dus bienfaits de la Providence : comme les astres, ils luisent pour l\u2019univers.Les poètes ont donné au temps deux ailes : une pour emporter nos joies, l\u2019autre pour essuyer nos larmes.Il ne faut jamais placer un homme entre la honte et le devoir et le forcer, pour éviter l\u2019une, à trahir l\u2019autre.Il y a trois sortes d\u2019ignorance : ne rien savoir : savoir mal ce qu\u2019on sait, et savoir autre chose que ce qu\u2019on doit savoir.Ci-git Célima /.décedée à l\u2019âge de 98 ans et 11 jours.Et rose, elle a vécu ce que vivent lès roses, l\u2019espace d\u2019un matin.Il ne faut jamais épouser : lo Une femme laide, parce que c\u2019est toujours trop désagréable pour soi ; ¦Jo Et encore moins une jolie femme, parce que c\u2019est parfois trop agréable.pour les autres.PAUVRE IGNORANT Monsieur Sans Goal (dans un restaurant).\u2014 Gardon, je n\u2019aime pas ce thé.Il a trop le goût du foin.Garçon (furieux).\u2014Je ne sais pas, Monsieur, s\u2019il goûte le foin ou non, je ne suis pas un âne, moi I SURE PRECAUTION Un assassin vient de tuer un boutiquier et sa femme; il sort du magasin, ferme soigneusement les portes et les volets, puis colle sur la devail-ture l\u2019indication classique : Fermé : Pour cause de décès (!) UNE MOLLE AISANCE \u2014Mais dites donc mon bon, vous gaspiller votre argent d\u2019une manière effrayante ! \u2014 Oh! Je suis jeune encore, j\u2019ai le temps de mûrir ! \u2014Oui, comme le font les poires.sur la paille.EXPLICATION RAISONNABLE X., un viveur connu, pourrait ajouter un chapitre à \u201c l\u2019Art de ne pas payer ses dettes.\u201d Dernièrement, il traitait quelques amis dans un cabaret à la mode.La fête terminée, il demande l\u2019addition, la re garde négligemment et la solde rubis sur l\u2019ongle.Stupéfaction de l\u2019assistance.\u2014Que voulez-vous, mes amis, murmure X., doucement.il n\u2019y a que le premier repas qui coûte ! IL FAUT TOUJOURS ETRE POLI Dans un wagon au grand complet sept voyageurs ont le cigare à la bouche.Le huitième, avec le ton de la plus exquise politesse : \u2014Cela ne vous gêne pas, messieurs, que je ne fume point ?DÉCOUVERTE IMPORTANTE Chainpoireau vient d\u2019assister à une catastrophe de chemin de fer.Il est très impressionné et va trouver le chef de gare.\u2014Monsieur, lui dit-il, il est aujourd hui avéré que c\u2019est toujours le premier wagon d\u2019un train qui est écrasé.Alors, pourquoi ne pas le suppri mer ?TROIS SONNETS i Uî CHOCOLAT Brun et vêtu de canetille, Ce gentilhomme suborneur Sous Ferdinand vint en Castille Avec le galion d\u2019honneur.Aux alcôves des Inésilles, Il prend des airs de rédempteur, Et si l\u2019amour lui dit : Docteur ! Son grand œil noir de plaisir brille.Au moment du premier réveil, Lorsque le bout d\u2019un doigt vermeil Cherche lit tasse de vieux Sèvres, A l\u2019amoureuse le galant Donne vite un baiser brûlant Qui laisse du brun sur ses lèvres.Il LE CAFÉ Oarillonneur de la pensée, Nègre aux yeux d\u2019or, puissants et doux, De ma cervelle embarrassée Fais déloger tous les hiboux.Chanterai je tou odyssée?Depuis longtemps les marabouts Sous les palmiers ut les bambous Aux Africains l\u2019ont retracée.Parlons plutôt de tes succès Auprès des estomacs français.Avec Racine pêle-mêle, Sevigné te mit dans un sac ; Mitis Voltaire t\u2019a vengé d\u2019elle, Et tu fus un dieu pour Balzac.LE TUE Magnétiseur aux mains brûlantes, Envoyé de l\u2019Empire vert, Qui rends les âmes nonchalantes Aux recourts du Paris d\u2019hiver.Soutiens les forces chancelantes De ces mondains qui, privés d\u2019air, Chaque nuit, victimes galantes, S'étouffent en quelque concert.Frère du spleen, Londres t\u2019adore, New York te chérit plus encore, Moscou te sucre ave ferveur.Mais, chez nous, malgré ta magie, Si tu séduis un vrai buveur, Ce n\u2019est qu\u2019aux lendemains d\u2019orgie.Valéry.LE VRAI ARTISTE Un visiteur.\u2014 Voici un portrait magnifique en vérité, mais m\u2019est avis que vous avez porté plus de soins pour les mains que pour la figure.L\u2019artiste.\u2014Oui c\u2019est vrai, mais vous savez, co sont les mains qui payent, LE CHIEN ET LE CHAT Batumi jouait aveu Raton, Mais sans gronder, sans mordre, en camarade, en frère.Les chiens sont lionnes gens ; mais les chats, nous dit-on.Sont justement finit le contraire.Aussi, bien qu\u2019il jurât toujours Avoir fait patte de velours, .Raton, et eu n\u2019est pus une histoire apoeryphu, Dans la peau d un ami, comme fait maint plaisant, Enfonçait, tout en s\u2019amusant Tantôt la dent, tantôt la grille.Pareil jeu dut cesser bientôt.'¦ Eli quoi, Pataud, tu fais la mine ! Ne sais.tu pas qu\u2019il est d\u2019un sot De se fâcher quand on badine ?Ne suis-je pas ton bon ami Prends un nomqui convienne à ton humeur maligne : Raton, ne sois rien à demi : \u2022l\u2019aime mieux un franc ennemi Qu\u2019un bon ami qui vous égratigne.\" LE SAMEDI 3 > , ! » MOTS D\u2019ENFANTS La petite Jeanne dit à sa mère d\u2019un air contrit ; \u2014Oui, maman, j\u2019ai pris trois bonbons dans la commode.\u2014C\u2019est très mal, mon enfant ; mais je te pardonne à cause de ton aveu.\u2014-Alors, redonne m\u2019en un.je n\u2019en avais pris que doux.La bonne.\u2014 Voyons bébé, est-ce que tu ne t\u2019habituras jamais à mettre tes bas dans le bon sens ?Jlcbc.\u2014Je demande pas mieux, Julie, mais tu sais, quand mes bas y sont percés, maman me dispute,et je \\ oudrais cacher les trous pour qu\u2019elle les voit pas ?Dans un verger.Le propriétaire apperçoit un petit ¦'arçon ayant une pomme dans sa main.\u2014Que fais-tu là, petit voleur ?Attends que je t\u2019attrappe.\u2014C\u2019est la pomme, monsieur, qui est tombée toute soûle, et j\u2019esseyais à la remettre dans l\u2019arbre.Logique enfantine.\u2014Qu\u2019est-ce que c\u2019est que les anarchistes ?demandait nn gamin à son grand père.\u2014Ce sont des gens qui veulent saper les bases de notre civilisation ! \u2014Alors, ce sont des sapeurs ?Un mot d\u2019enfant terrible.On est à table.La conversation languit.Tout à coup bébé élève la voix : \u2014Dis, maman, pourquoi tu m\u2019as défendu de parler du nez de ma tante ?Vois, elle n\u2019en a pas.On parle à table d\u2019une jeune tille fort riche et surtout fort instruite.\u2014Oh, disait-on, elle possède même trois langues.\u2014Bébé, bas à sa mère, dis donc, petite mère, comme elle doit parler beaucoup.Un mot d\u2019enfant terrible.\u2014La fumée ne vous incommode pas, madame?demande dans un wagon de première classe, un monsieur très distingué à sa voisine.\u2014Au contraire, monsieur, répond bébé : maman fume.Bébé à sa maman : \u2014Dis donc, maman, qu\u2019est ce qu\u2019un ange ?\u2014-Un ange, c\u2019est une petite fille qui a des ailes et qui s\u2019envole.\u2014Ah !.Eh bien ! j\u2019ai entendu hier papa dire à ma bonne qu\u2019elle était un ange.Est-ce qu\u2019elle s\u2019envolera, dis ?Et la maman d\u2019un ton nerveux : \u2014Oui, mon enfant, dès demain, sans faute, à la première heure ! LETTRE A BÉBÉ Un mot pour toi, bébé.\u2014Qui peut l\u2019avoir écrit?Bébé ne le dira ; ça, c'est chose certaine ; Car ces petits papiers, c\u2019est papa qui l\u2019a dit, On ne les montre pas.Salut ! mon capitaine.Il faut la voir, Bébé, d\u2019un air mystérieux Derrière un paravent déchirer l\u2019enveloppe, Regarder si sa maman ne le suit pas des yeux, Et puis lire tout bas.Son petit cœur galope Et fait tic tac, tic tac ; moi, je l\u2019entends d\u2019ici, Et monsieur Jolicceur, assis sur la fenêtre, A moins qu\u2019il ne soit sourd, a dû l\u2019entendre aussi.Mais il veut, avant tout, ne rien laisser paraître, Car il est fort malin, quoique jeune matou.Il connaît déjà bien sa petite maîtresse ; Il sait que tout à l\u2019heure, en lui sautant au cou, Elle dira la chose avec une caresse.Paul Vary.Décembre I S.Hfl.LE COIN DE JOE EXTRAITS I)E SON ALBUM No I.L\u2019autre jour, chez un encanteur à Montréal, on vendait un vieux tableau malpropre et déchiré.-\u2014Allons, messieurs, un superbe tableau représentant Moïse.Silence sépulchral.\u2014Allons, messieurs, voyez donc ce Moïse sauvé des eaux.\u2014En effet, lit un spectateur, on dirait qu\u2019il sort d\u2019un égoût ! iè * * No 2.Un poète apporta à Piron un gros cahier de vers, et le pria de l\u2019examiner.Quelques jours après, l\u2019auteur de la Métromanie lui rendit son manuscrit.\u2014Quoi ! monsieur, point de croix ?s\u2019écria le jeune homme avec satisfaction.\u2014Voulez-vous donc que je fisse de votre ouvrage un cimetière 1 * * * No î.Monsieur C., était logé à côté d\u2019un maréchal ferrant.Quelqu\u2019un, qui ignorait sa demeure, en demanda l\u2019adresse à Piron.\u2014C\u2019est répondit celuici, dans telle rue, à côté de son cordonnier.* * * No I.En Géorgie, avant la guerre, un voyageur rencontre un enfant noir, de sept à huit ans qui ôte son chapeau pendant une averse, et le cache sous sa veste.\u2014-Pourquoi ôtes-tu ton chapeau ?lui deman-da-t\u2019il.\u2014Parce qu\u2019il serait tout mouillé et qu\u2019il se gâterait.\u2014Oui, mais la tête se mouille bien.\u2014Oh oui ! mais cela ne fait rien, répond l\u2019enfant, car le chapeau appartient à moi et la tête, à mon maître ! * * No 5, Dernièrement un de mes amis rêva qu\u2019il s\u2019était noyé dans les environs de Laprairie ; il ne voulut plus ensuite aller sur l\u2019eau crainte de rencontrer son cadavre.* * * No 0.Depuis longtemps un monsieur tire la sonnette à la porte de sa maison, tout à coup il apperçoit son portier assis sur le bord du trottoir fumant sa pipe.Il fait mine de ne pas voir son maître et se répété ces mots de l\u2019évangile.\u201c Frappez, on vous ouvrira ! La canne du boss ne se fit pas attendre., * * s.- No 7.Morse l\u2019inventeur du télégraphe et Bell l\u2019inventeur du téléphone étaient les heureux époux de deux femmes sourdes-muettes.Les commentaires sont inutiles, niais cela nous montre ce que l\u2019homme peut accomplir pourvu qu\u2019on lui laisse la paix et la tranquilité.No 8.En cour de police.\u2014Prévenu, on ne parle pas à la justice les mains dans ses poches.\u2014Pourquoi qu\u2019on me défend de les mettre dans les poches des autres.* * * No 9.Aphorisme : Un garçon se marie, il prend femme on ne lui dit rien, s\u2019il prend un paletot on l\u2019arrête,donc une femme vaut moins qu\u2019un paletot.* * * No 10.Une jeune femme disait à son mari : Joseph, vous vous plaignez toujours des femmes et pourtant, s\u2019il n\u2019y en avait pas, comment feriez-vous ?\u2014Je les aimerais peut-être mieux.* * * \u2014No 11.Dans une buvette.Le garçon adressant à un jeune dude aux moustaches cirées.Que désirez-vous-vous, monsieur ?Le jeune dandin, en se gourmant.Donnez moi un verre de geneviève genièvre.* * * No 12.Différence entre un maître d\u2019armes, une couturière bavarde et un bijoutier ?Le maître d\u2019armes pare les coups.La couturière parle et coud.Le bijoutier pare les cous.* * * Quelque puissant qu\u2019on soit en richesse, en crédit Quelque mauvais succès qu\u2019ait tout ce qu\u2019on écrit Nul n\u2019est content de sa fortune, Ni mécontent de son esprit.Jok.Au jardin du Luxembourg.On sonne la retraite du soir, et ulus les promeneurs regagnent lentement la porte de sortie.\u2014 Allons ! allons ! plus vite que ça ! grogne le gardien.Puis il ajoute en bougonnant dans sa moustache : \u2014On a beau faire.Il y en a toujours qui sortent les derniers ! Madame, qui a couru les magasins toute la journée, rentre en.disant à son mari qu\u2019elle meurt de faim.\u2014Eh bien ! pourquoi n\u2019es-tu pas entrée chez un pâtissier ?lui dit celui-ci.\u2014Oh ! ce n\u2019était pas la peine.je n\u2019aime pas à dépenser l\u2019argent inutilement, \u2014As-tu trouvé au moins ce que tu voulais ?\u2014Oh ! je crois bien, des amours de petits chapeaux à 95 francs !.Puis, après un moment : \u2014J\u2019en ai pris quatre.Un assassin reçoit la première visite d\u2019un célèbre avocat qu\u2019on lui a donné d\u2019office.Aussitôt en présence, ils poussent tous deux un cri d\u2019étonnement.\u2014Je ne me trompe pas, s\u2019exclame l\u2019assassin, mon avocat d\u2019il y a vingt-cinq ans, en simple police ! \u2014Tiens ! fait l\u2019avocat, mon premier client ! Quel étrange hasard ! Je débutais.\u2014Moi aussi ! Puis l\u2019assassin avec expansion : \u2014Ah ! nous avons fait notre chemin, depuis lors ! Justine arrive du marché.\u2014Elle ne paye pas de mine, votre dinde, lui fait observer sa maîtresse.\u2014Attendez seulement que je l\u2019ai bourrée de truffés ; c\u2019est comme madame quand elle n\u2019a pas ses diamants.A la porte d\u2019un restaurant parisien.Bosse lîeef Vin ci dix sous et eau dessous, Rat Goût de Moutou.Le directeur d\u2019une agence matrimoniale, homme admirablement placé pour tâter le cœur du beau sexe, racontait dernièrement que les veuves et demoiselles auxquelles il lui arrive de proposer un mari répondent invariablement par les trois questions suivantes : \u2014Comment est-il ?disent les jeunes filles.\u2014Quelle est sa position ?demandent les jeunes veuves.\u2014Vite ! où est-il ?s\u2019écrient les veuves mûrissantes.Mme la comtesse de Saint-F.est la plus belle femme du monde : mais elle a un caractère détestable.Son mari disait dernièrement à un ami : \u2014Mon cher, je viens de faire mon testament.J\u2019ai légué toute ma fortune à ma femme, mais à la condition qu\u2019elle se remariera tout de suite après ma mort.De cette façon je suis sûr qu\u2019il existera du moins un homme qui me regrettera.A 4 LE SAMEDI Hj^A_ GLOIRE IDES 1ST O LDL LORGIJES mwb|| .LYo $Pf?uciVC poun TOUX éfltWmlmmâw1 m lEmtmmËM -fol.y II*.Soprano.\u2014Vrai ! Les pilules de McOale Chœur.\u2014Unissons nos cœurs et nos voix\tAlto.\u2014Moi, depuis que j\u2019en fais usage Sont d\u2019une vertu sans égale\tPour chanter les fameuses noix.\tJe puis digérer le fromage.Iiaryton.\u2014Ut nous courons de haut en has Sans la moindre crainte des chats.LE SYLPHE DE LA COMÈTE PETIT CONTE HISTORIQUE C\u2019était un beau soir d\u2019automne, le ciel couvert de son riche manteau brillant d\u2019etoiles célébrait la venue d\u2019un astre fugitif, d\u2019une comète lumineuse, et tandis que les pauvre savants dissertaient, discutaient, et arrivaient à découvrir qu\u2019ils no découvraient rien sur cette apparition céleste, le jeune châtelain de M., assis sur l\u2019un des balcons de son castel superbe, la regardait avec intérêt, en murmurant tristement : \u2014Que viens tu nous annoncer, belle étoile à la longue chevelure?Est-ce la paix?est-ce la guerre?Est ce le bonheur ?est ce le chagrin ?Mais que m\u2019importe ?Tout ne vaut-il pas mieux que l\u2019ennui ?.Et comme il se replongeait dans ses pensées vagues et languissante, il en fut soudainement tiré par une apparition étrange : une boule de feu sortie du cœur de la comète descendait rapidement vers lui.Aussi surpris qu\u2019effrayé de ce phénomène étrange, le jeune homme se frotte les yeux pour s\u2019assurer s\u2019il n\u2019est pas le jouet d\u2019un songe ; mais, en les rouvrant, sa stupeur devient complète en voyant à ses côtés une petite sylphe diaphane et lumineux.\u2014Qui es-tu ?fit-il sans se rendre même compte de ses paroles.\u2014Je suis le génie de la comète, répondit le gentil lutin d\u2019une voix douce et argentine, et je viens te consoler.\u2014Me consoler! exclama le jeune châtelain, rassuré par ces paroles protectrices.Tu me crois donc malheureux ?\u2014Oui, puisque tu t\u2019ennuies.Et à mes yeux l\u2019ennui est le plus grand fléau de la terre.\u2014Et comment me débarrasseras-tu de ce fléau ?demanda le jeune homme en soupirant.\u2014En te donnant un conseil, répondit le génie.\u2014Un conseil ! fit avec un geste de dédain le châtelain, Ce n\u2019était pas la peine de venir du ciel pour cela, on en trouve assez sur la terre.\u2014Je le sais; mais il y a conseil et conseil, comme il y a fagots et fagots.Tu vois ajouta le lutin avec un malicieux sourire, que nous sommes tous lettrées, là-haut ; car nous connaissons votre Molière sur le bout de notre doigt.Mais revenons à nos moutons, c\u2019est-à-dire à mon conseil.Marie-toi.Le jeune homme, partant d\u2019un éclat de rire : \u2014Ah! ah !.tu prends le mariage pour une chose amusante ?Le génie, avec gravité : \u2014Ne plaisantons pas, je te prie, sur les choses sérieuses.Tu t\u2019ennuies parce que tu es seul et oisif.Eh bien, marie-toi, deviens le chef d\u2019une famille, fais des heureux, et tu le seras.\u2014Mais, puisque tu me connais, tu dois savoir que c\u2019est justement à quoi je pense, fit le châtelain d\u2019un ton maussade.Le lutin secoua les épaules d\u2019un air dédaigneux : \u2014Oui, je sais que tu cherches une cassette, reprit il en laissant échapper un soupir de ses lèvres de rose.\u2014Tu veux dire une héritière?interrompit brusquement sou interlocuteur.\u2014Bah! cassette ou héritière, n\u2019est-ce pas la même chose ?répliqua du même ton le petit sylphe léger.\u2014Alors, ton conseil est de prendre une femme sans dot ?\u2014Tu me crois donc un sot parce que je suis un génie, interrompit à son tour celui-ci.Non, non, nous marchons avec le progrès là-haut aussi bien qu\u2019ici-bas ; je te laisse donc la latitude de prendre une dot si tu en trouves une.Seulement mon conseil se borne à ceci :\u2014\u201c Honneur vaut mieux qu\u2019argent, vertu mieux que richesse.\u201d \u2014 Mais pour mieux te convaincre, je veux te donner mes conseils en action.Regarde.Et aus-itôt parurent, devant le jeune homme surpris, deux cadres d\u2019égale grandeur, mais différents d\u2019aspect.L\u2019un, en or, élégamment ciselé, était enrichi de pierres fines et de dirniants ; l\u2019autre, plus modeste, mais élégant aussi, aurait mieux su plaire aux yeux d\u2019un véritable connaisseur.Tous deux cachaient sous un voile le tableau qu\u2019ils contenaient.\u2014Choisis, dit le génie au châtelain.Celui-ci montra du doigt le plus riche des .riches.\u2014Je m\u2019y attendais.murmura le lutin.Eh bien, regarde.fit-il à haute voix.Pendant que le voile qui couvrait l\u2019image se levait lentement et que le jeune homme regardait avec curiosité, il lui sembla qu\u2019il se détachait de lui même, et il se vit en effet dans le salon de son château.Son ennui axait disparu, niais il était remplacé par la colère, qu\u2019il cherchait à calmer en marchant à grands pas, tandis qu\u2019une jeune et jolie femme, vêtue avec la recherche la plus élégante la plus riche, plongée négligemment dans un vaste fauteuil, laissait errer un regard vague sur le beau paysage qui se déroulait devant le château.\u2014Je vous le répète, ma chère, fit-il tout à coup en s\u2019arrêtant devant la belle nonchalante, nous resterons ici tout cet automne.Depuis plus d\u2019un an nous sommes eu voyage.Il est bien temps do nous reposer un peu, pourtant, car notre santé et notre bourse n\u2019y tiendraient pas, je vous le jure ! La jeune femme leva les épaules avec dédain, puis elle répliqua aigrement : -\u2014Vous parlez toujours économie d\u2019une façon ridicule.A quoi sert l\u2019argent, je vous prie, si ce n\u2019est pas à s\u2019amuser ?\u2014A la bonne heure, dans des proportions rai sonnables, reprit h; promeneur non moins aigrement qu\u2019elle.Mais vos prêt* ntions sont absurdes \u2014Ma dot ne l\u2019était pas ! interrompit celle-ci brusquement.Et puisque vous m\u2019avez épousée pour mon argent, laissez-moi la jouissance de mon argent.Le jeune homme lança à sa femme un regard fur ieux qui se croisa avec un regard de haine ; puis il reprit sa promenade, et le silence dura quelques instants.Tout à coup un long bâillement l\u2019interrompit.\u2014Je ne comprends pas une femme qui s\u2019ennuie quand elle est mère, lit il amèremerement, en s\u2019arrêtant brusquement devant le fauteuil où sa femme était plongée.\u2014Les enfants nie fatiguent, vous le savez, reprit la jolie bâilleuse avec un léger embarras ; puis nos domestiques sont dévoués, et ils savent mieux les amuser que moi.Un violent effort du curieux le fit sortir de ce tableau fatal qui se recouvrit do son voile pendant que l\u2019autre cadre se découvrait à son tour et que le châtelain, à la fois spectateur et spec- LE SAMEDI 5 tacle, passait d\u2019un tableau dans un autre.Mais celui-ci lui parut, au contraire, aussi doux au cœur que l\u2019autre était triste et pénible.Il se retrouvait bien pourtant encore dans le même salon ; seulement, au lieu d\u2019un sentiment de colère, c\u2019était un sentiment de bonheur qu\u2019il éprouvait, car voici ce qui l\u2019entourait : Une jeune femme, habillée avec une simplicité de bon goût, était assise près d\u2019une fenêtre ouverte, un joli ouvrage à la main; mais son aiguille paresseuse se tenait immobile entre ses doigts, pendant que ses regards s'arrêtaienr avec amour sur une jolie petite Idondine, bel ange aux doux yeux, plus bleus que les bluets de champs, laquelle, avec de bruyants éclats de rire, bombardait de fleurs et de baisers, en l\u2019appelant papa, le jeune châtelain lui-même; tandis qu\u2019un petit garçon tout frais, tout bouclé et tout joyeux, a l\u2019intention sans doute de soutenir la sœur dans ses attaques, grimpait lestement derrière son père pour lui fermer les yeux avec ses mains mignonnes Notre jeune curieux se serait oublié longtemps dans cette scène charmante, si un signe du lutin ne l\u2019eût pas arraché à sa contemplation en lui montrant de nouveau le riche cadre placé devant lui.Il poussa un profond soupir de regret, et son bonheur s\u2019envola ; mais cette fois quand de nouveau le voile du premier tableau se leva, il n\u2019y figurait pas.C\u2019était la grande salle à manger de son même château pourtant.La table, richement couverte de vaisselle d\u2019argent et de vermeil, des plus belles porcelaines et des mets les plus recherchés, était entourée par une société nombreuse; on riait, on causait, on s\u2019amusait enfin.La jeune femme du premier tableau présidait, comme maîtresse de maison, à ce festin.\u2014Y a-t-il longtemps, madame, que vous n\u2019avez reçu des nouvelles de votre mari ?demanda d\u2019une voix aigrelette une dame prétentieusement vêtue, quoique sur le retour, partant, ennemie mortelle de tontes les femmes encore jeunes et jolies.\u2014Très-longtemps, répondit d\u2019un air distrait la châtelaine, tout en continuant avec son voisin une conversation qui semblait l\u2019attacher.\u2014lit revient il bientôt, continua l'officieuse.\u2014Je l\u2019ignore, madame, lit sur le même ton la jeune femme.A ce moment, un domestique présenta à sa maîtresse une lettre posée sur un plat d\u2019argent.Celle-ci y jeta les yeux.\u2014De mon mari! murmura-t-elle en rougissant.Puis elle dit vivement, à haute voix, au laquais de poser cette lettre sur la cheminée de sa chambre, et elle reprit aussitôt la conversation un moment interrompue.Le jeune homme détourna les yeux de ce tableau et rencontra l\u2019autre tout découvert devant lui comme pour le consoler.Il y retrouva encore la jeune femme, le blond lutin et la gentille espiègle ; seulement un voile de tristesse semblait étendu sur ces êtres charmants.La jeune femme travaillait toute rêveuse, la petite fille tapotait sur le piano d\u2019un air maussade, tandis que le petit garçon écrivait, en mettant autant d\u2019encre sur ses doigts que sur son papier.\u2014Mais, maman, est-ce que papa ne va pas bientôt revenir ?s\u2019écria tout à .coup la blondine ; je sais bien mon grand air, pourtant.La jeune mère, en entendant ces mots naifs, entremêla un s mrire et un soupir.\u2014Je l\u2019attends tous les jours, ma fille, répondit elle, et il sera bien content de toi quand il t\u2019entendra, tu verras!.Encouragée par ces paroles remplies de douces promesses, la gentille enfant frappait de plus belle les touches d\u2019ivoire, quand une jeune bonne entra tout essoufllée en tenant une lettre à la main.\u2014De monsieur ! s\u2019écria-t-elle d\u2019une voix joyeuse, c\u2019est de monsieur ! En entendant ces mots, la jeune femme et les deux enfants s\u2019élancèrent avec bonheur vers la missive attendue.Pendant que ces divers tableaux se déroulaient sous les yeux de son protégé, le génie de la comète le regardait avec malice.\u2014Comment trouves-tu mes conseils 1 demanda -t-i 1 enfin en voyant le jeune homme atten-d ri.\u2014Sont-ils finis?répliqua celui-ci avec impatience, car ces paroles qui tombaient glacées sur son cœur éteignirent promptement son émotion' : aussi évitait-il de répondre à la demande qui lui était faite.\u2014Pas encore, répliqua le lutin du même ton narquois.Regarde.Et le beau cadre se découvrit de nouveau.Il se sentit alors tout endolori, tout malade et se vit couché dans son lit.\u2014Mon Dieu, que j\u2019ai soif ! murmura-t-il en cherchant des yeux s\u2019il trouverait une tasse de tisane ou un verre d\u2019eau auprès de lui.Ne voyant ni l\u2019un ni l\u2019autre, il se souleva avec effort, prit le cordon de la sonnette et sonna.Personne ne vint.Alors il recommença, mais plus fort cette fois, et après un long temps encore un domestique entra enfin.\u2014Que demande monsieur?fit celui-ci d\u2019un air rogue.\u2014Je demande à boire, et je veux quelqu\u2019un auprès do moi, dit le châtelain d\u2019un air d\u2019autorité.\u2014Quelqu\u2019un ! Mais il n\u2019y a personne de libre au chateau, monsieur, répliqua le laquais, madame donne un grand dîner ce soir, et nous sommes tous occupés.Le malade soupira tristement.\u2014Eh bien, alors, je voudrais parler à madame ?fit-il plus doucement.\u2014Madame ! exclama le valet avec un petit haussement d\u2019épaules fort significatif.Ah ! bien oui ! elle est sortie, madame ; il faut bien qu\u2019elle amuse son monde, peut-être ! Puis il s\u2019éloigna en fermant la porte brusque ment, et murmura : \u2014Sont-ils donc ennuyeux ces riches, quand ils sont malades.Il devrait bien y avoir un hôpital pour eux aussi.\u2014Lâche ! coquin ! s\u2019écria avec colère le jeune châtelain.Mais le tableau avait disparu.Pourtant il se trouvait toujours malade, toujours couché ; seulement, cette fois il éprouvait une quiétude qui adoucissait ses souffrances.Auprès de son lit était assise la jeune femme du cadre modeste.Elle semblait triste et inquiète.'Le petit garçon bouclé faisait une lecture à voix basse.La petite blondine, agenouillée, tenait dans ses mains mignonnes la main fiévreuse de son père qu\u2019elle baisait de temps en temps.Mais bientôt la porte s\u2019ouvrit doucement ; un domestique entra portant sur une assiette une tasse de bouillon fumant, tandis que.la jeune femme mettait vivement son doigt blanc sur ses lèvres pâlies pour lui recommander le plus profond silence.\u2014Adieu ! fit tout à coup le génie en s\u2019élançant sur sa nuée lumineuse.Les tableaux fantastiques s\u2019étaient envolés avec lui, eu laissant le jeune châtelain de M., non plus ennuyé, mais rêveur.SUR UN GRAND PIED On parlait dans un salon d\u2019une dame dont les extrémités n\u2019auraient certes pu entrer dans les pantoufles de cendrillon.\u2014Ede est toujours a court d\u2019argent, disait quelqu\u2019un.\u2014Ce n\u2019est pas étonnant, a répliqué aussitôt une amie charitable, elle vit sur un si grand pied ! TTIISr inSTSTTLTZETTIR, CACHE F AM l lu t EU R E U SE FAlVCUt-t H EURE USE m Jeune dnde.\u2014L\u2019as-tu entendu ce polisson de singe qui disait \u201c Creve-faim ! Vas-t\u2019-en ! \u201d II Le.singe, (à son ami le perroquet.)\u2014Viens, que je t\u2019embrasse.Que tu en as donc de la chance de pouvoir dire tout ce que tu veux ! LE SAMEDI (3 UNE REVANCHE DE JEUNE FILLE I Au nord do l\u2019Ecosse, non loin du cap Dunnet, est un immense rocher qui plonge sa base gigantesque dans les eaux.C\u2019est le Kinrop, une magnifique excroissance granitique, constellée de géodes de quartz cristallisé ; quelque dieu marin le tira un jour des entrailles de la terre pour s\u2019en faire un siège commode.Los Romains, peu scrupuleux dans leurs procédés avec leurs dieux, détrônèrent plus tard le triton malheureux, et établirent un poste militaire au sommet du Kinrop.Les Romains furent chassés en 4-18, et remplacés par les Calédoniens, qui cédèrent la place aux Anglo-Saxons.Le roc de Kinrop changea ainsi une douzaine de fois de maître ; enfin il devint la propriété de messire Rolle de Kervick, un brave compagnon de Guillaume le Conquérant, qui, rôdant par hasard dans la contrée et trouvant le rocher à sa guise, s\u2019y fit bâtir une forteresse où il s\u2019installa avec bonne garnison.En peu d\u2019années, le Normand transplanté eu Ecosse devint un puissant baron ; un hameau s\u2019éleva au-dessous de son manoir ; des pêcheurs vinrent habiter le hameau, et, de loin comme de près, on ne parla plus qu\u2019avec respect du noble seigneur de Kinrop.Celui ci, en mourant, laissa son titre, son pouvoir et son nouveau nom à son fils Kervick, qui les transmit à Kerveick, dont héritèrent Herveick, puis Harweick, puis Hars-weik, puis Harsweigh.Grâce aux changements subis par ce nom en passant d\u2019une génération à l\u2019autre, l\u2019Angleterre possède aujourd\u2019hui une famille Harweigh de Kinrop, dont l\u2019écu porte un rocher de sable sur champ d\u2019argent, surmonté d\u2019un tortil de baron.En 1858, l\u2019héritier de cette noble maison était Son Honneur le baron Murphy, lequel siégeait à la Chambre des communes de Londres, possédait deux mille arpents de terre en Ecosse, cent soixante serfs en Irlande, et une charmante fille, indépendamment d\u2019une multitude d\u2019autres biens qu\u2019il serait fastidieux d\u2019énumérer.L\u2019été dernier, Son Honneur le baron Murphy de Harsweigh dit à sa tille : \u2014Miss Anna, le soleil est chaud, le brouillard de charbon est noir, les eaux de la Tamise sont pestilentielles, et je crains d\u2019attraper le spleen.Nous partons pour Kinrop.\u2014Partons pour Kinrop, dit miss Anna ; nous emmènerons mon king\u2019s-charles Toby et mon fiancé Theobald de Kentesmark.Le lendemain, on s\u2019embarqua en chaise de poste et l\u2019on roula vers l\u2019Ecosse.Pendant le traget, milord eut le temps d\u2019oublier son spleen, miss Anna l'occasion de jouer maint méchant tour à son fiancé, et sir Theobald le loisir de devenir jaloux du king\u2019s-charles.Et il y avait vraiment de quoi : miss Anna aimait tant son chien ! et miss Anna était si belle ! \u201c Uhe suave Heur de l\u2019Orient dorée par la brise du nord,\u201d avait coutume de dire Theobald, qui était poète.C\u2019est en Orient que se trouve la Perse ; je déteste les comparaisons où il est question de l\u2019Orient.Cependant la voiture roulait toujours ; vers la fin du neuvième jour, elle se brisa contre une borne de la route.Mais, à travers la brume du soir, on apercevait le rocher de Kinrop, son château planté là-haut comme l\u2019air de l\u2019aigle, son hameau accroché à ses flancs comme une immense huître, et la petite baie où se réfugient en temps d\u2019orage les bateaux pêcheurs.\u2014Etes-vous blessée, miss ?demanda Théobald en enlevant prestement la jeune fille.\u2014Non, Dieu merci ! \u2014-Et vous, milord ?\u2014Goddam ! exclama milord.\u2014Shocking ! dit tout bas Anna.Un petit jappement plaintif, douloureux comme un cri d\u2019agonie, vint interrompre la conversation.\u2014-Toby ! mon pauvre Toby ! s\u2019écria Anna.Elle s\u2019élança vers les débris de la chaise de poste, y plongea sa petite main gantée de frais, puis la retira avec le corps sanglant et inanimé du king\u2019s-charles.\u2014 Mort ! dit-elle avec stupeur ; mort !.Une larme jaillit de sa prunelle bleue.\u2014A quelque chose malheur est bon, murmura Théobald ; et un méchant sourire vint à ses lèvres.Miss Anna entendit les paroles et vit le sourire.et miss Anna pensa : \u201c Je me vengerai ! \u201d 11 Il y avait à cette époque à Kinrop un pêcheur, vigoureux gars de vingt-quatre ans, que les ingénues de l\u2019endroit avaient surnommé le beau Quentin.Le beau Quentin était taillé en Hercule ; néanmoins il méritait son surnom, (pii n\u2019était pas, du reste, son seul titre à la popularité et la seule corde de son arc.Né dans les montagnes, il avait longtemps fait le métier de berger.Mais une aventure, peu extraordinaire en apparence, l\u2019avait déterminé à changer de profession.Un soir, il se trouvait avec son père et sa sœur dans une des parties les plus sauvages des Highlands.Le vieux pâtre dormait, les deux enfants chassaient l\u2019ennui de la solitude en devisant de choses qu\u2019ils devinaient plutôt qu\u2019ils ne les avaient vues.Tout à coup le chien poussa un hurlement plaintif, se roidit sur ses jambes, et le poil hérissé, l\u2019œil en feu, les lèvres écumantes, donna les signes d\u2019un profond effroi.Les deux petits montagnards, superstitieux comme on l\u2019est dans leur pays, se serrèrent l\u2019un contre l\u2019autre, attendant avec anxiété le danger inconnu (pii les menaçait.Ils virent dans le crépuscule une ombre vague, celle d\u2019un loup sans doute, passer comme l\u2019éclair non loin d\u2019eux.Ce fut tout : mais tel était l\u2019empire que prit sur Quentin cette frayeur d\u2019un instant, qu\u2019il s\u2019enfuit le lendemain et s\u2019embarqua sur un navire en partance dans le port le plus voisin.Depuis lors, il avait beaucoup voyagé, vu bien des pays, et, comme mon homonyme de Nantua, il savait à merveille dire ce qu\u2019il avait vu et ressenti.Les pêcheurs de Kinrop se pressaient à l\u2019envi autour de lui pour entendre ses prodigieux récits, et le nouvel Ossian, lâchant bride à son imagination et à sa mémoire, captivait des heures entières l\u2019attention de son auditoire.Pendant ce temps, la vigilence des parents s\u2019endormait et le cœur des jeunes filles battait plus fort.Si jamais je me fais séducteur, je commencerai par apprendre à conter des histoires.Les histoires sont le chloroforme de l\u2019intrigue, tout comme l\u2019argent en est le nerf.Donc, le beau Quentin était la merveille de Kinrop.ce qui ne plaisait pas absolument à sir Théobald de Kentesmark, lequel avait remarqué, non sans humeur, les rapports alarmants qui semblaient réger entre le pêcheur et miss Anna.En eflet, depuis quinze jours environ que milord Murphy, s\u2019était établi en son manoir, la jeune fille avait pénétré deux ou trois fois dans la cabane de Quentin, et ses visites étaient d'autant plus inquiétantes qu\u2019elles étaient entourées de précautions et de mystère.\u201cQue peut faire miss chez le paysan?\u201d se demandait Théobald.Et plus bas, il se faisait cette observation, que l\u2019on avait vu des reines épouser des bergers.La remarque pouvait conduire loin ; elle exalta la jalousie naturelle de Théobald et fit naître dans sa cervelle de poète mille idées extravagantes.Pour comble de malheur, il surprit une fois, du haut de son observatoire ordinaire, miss Anna tendant sa main blanche et fine au beau Quentin, et le beau Quentin baisant galamment la main de miss Anna.Pour le coup, sa fureur contenue déborda.Pâle, haletant, le regard égaré, il se précipita dans le salon où milord Harweigh calculait ce qu\u2019il faudrait de rayons de soleil et de mètres cubes d\u2019air pur pour faire de l\u2019Angleterre un pays habitable.\u2014Milord, s\u2019écria sir Théobald, nos engagements sont rompus et je retire ma parole.\u2014Hein ! fit milord sans sortir de son flegme.-\u2014Je dis que votre fille ne s\u2019appellera jamais milady Kentesmark.\u2014Gomment s\u2019appellera-t-elle alors, sir Théobald ?\u2014Ge que vous voudrez, ou plutôt ce qu\u2019elle voudra elle-même.mistress Quentin, peut-être ! \u2014 Vous dites ?\u2014Mistress Quentin, et elle ira vendre au marché voisin le poisson pêché par son mari.\u201c Si le brouillard de Londres donne le spleen, le vent de Kinrop dérangerait-il les cerveaux ?\u2019\u2019 se demanda 1 larsweigh avec une nuance d\u2019inquiétude.\u2014Adieu, milord, reprit Théobald, chez (pii la sensibilité naturelle reprenait le dessus, adieu, milord ; je vais aller au loin oublier que j\u2019ai aimé une ingrate.Le baron commençait à s\u2019impatienter.\u2014Sir Théobald, dit-11, voudrez-vous m\u2019expliquer d\u2019où vient votre étrange résolution ?-\u2014De ce que miss Anna me trompe et préfère les séductions d\u2019un manant au nom et a l\u2019affection d\u2019un gentilhomme ; le pêcheur Quentin au comte de Kentesmark ! \u2014Vous rêvez, monsieur mon gendre, ou bien, by (lod ! vous êtes fou ! \u2014Ni l\u2019un ni l\u2019autre, mon père, dit tout à coup une voix joyeuse et fraîche, celle de miss Anna, qui venait d\u2019entrer sans bruit.\u2014 Il serait donc vrai ?.\u2014Oui, mon père, répondit la jeune fille en baissant les yeux avec plus d\u2019espièglerie que de honte.\u2014Vous osez avouer votre faute ?dit sir Théobald.Ah ! miss Anna, vous no connaissez pas hi cœur que vous déchirez ! -\u2014-Sommes-nous donc au théâtre de Covent-Garden, que vous jouez ainsi la comédie, sir Théobald ?.Mon père, si Son Honneur veut quitter Kinrop, je ne m\u2019y oppose pas.\u2014Mais ceci dépasse les bornes, s\u2019écria milord Murphy.Veuillez me dire, ma fille, quel sujet de mécontentement votre fiancé peut avoir contre vous ; veuillez m\u2019expliquer votre propre conduite.\u2014 Hélas ! mon pauvre Toby était mort, répondit Anna avec un embarras mutin.-\u2014Eh bien ! \u2014 Il fallait bien le remplacer.\u2014-Après ?.-Suis-je cause, après tout, si Son Honneur le comte a poussé l\u2019indiscrétion jusqu\u2019à m\u2019épier.-Arrivez au fait, ma fille.\u2014Le fait, le voici : j\u2019ai appris que le pêcheur Quentin possède un magnifique perroquet qu\u2019il a rapporté des Iles, le désir me prit de le posséder en remplacement de Toby,.Mes visites au bureau Quentin n\u2019avaient pas d\u2019autre but, ajouta-t-elle en se tournant vers son fiancé.Si vous voulez quitter Kinrop, sir Théobald, vous êtes libre.-Il serait vrai !.s\u2019écria le comte, a la fois honteux et charmé.\u2014 En douteriez-vous, sir Théobald ?dit la jeune fille, en accompagnant ces paroles d\u2019un regard limpide et calme.-Dieu m\u2019en garde, miss ! J\u2019aime mieux reconnaître ma faute et implorer mon pardon.\u2014Vous ne voulez plus partir ?\u2014Pas avant d\u2019avoir obtenu, dans la chapelle de Kinrop, le droit de vous appeler ma femme.\u2014J\u2019y consens, milord ; mais à une condition.\u2014Laquelle, miss Anna ?\u2014Que le pêcheur Quentin sera invité à nos noces.Sir Théobald était trop heureux et trop repentant pour ne point accepter de grand cœur cette légère expiation.III La semaine dernière, j\u2019étais invité à passer la soirée avec sir Théobald de Kentesmark et sa femme, qui habitent un fort joli hôtel de la rue d\u2019Anjou Saint-Honoré.C\u2019est, selon moi, le plus heureux des ménages ; milady est une jeune femme rieuse, charmante et espiègle comme une enfant ; milord s\u2019est guéri de sa jalousie, et, dans son ravissement d\u2019être délivré d\u2019un si gros défaut, il a appris lui-même à Jacquot, le perroquet des Iles, cette phrase proverbiale et pour lui de re marquable mémoire : A quelque chose malheur est bon Différences d\u2019accent : L\u2019autre jour, un noble Portugais présentait ainsi un de ses parents : \u2014Dorn Alvar, mon reau frère qui est fieuf ! LE SAMEDI ORIGINE DE CERTAINES LOCUTIONS DENIKll A DIEU Aujourd\u2019hui lu denier à Dieu est la ])ièco du monnaie que Ton donne comme arrhes aux serviteurs qu\u2019on prend à gages, au propriétaire qui vous accorde quelque chose en location, à la personne à qui Ton achète quelque objet : Deux cents francs un garçon, sans le denier à Dieu, sabots, blouse et chapeau pour la première année.(P.-L.Cou ni Kit, II, p.278.) Mais pendant le moyen Age cette expression avait une signification toute différente.Nos religieux ancêtres étaient dans l\u2019usage de donner un denier, petite monnaie valant le douzième du sou, comme pour rendre Dieu garant et témoin d\u2019un marché, usage auquel fait allu sion le passage suivant, où Pathelin dit au marchand qui lui vend du drap : Dieu sera Payé des premiers, c\u2019est raison Voici ung denier, ne faisons Rien qui soit où Dieu ne se nomme.(Farce de Pathelin, p.12, Lyon, 1 52s.) Cette contribution, qui fut convertie en impôt véritable pour plusieurs corporations (les or fèvres de Paris, par exemple, étaient tenus de verser dans la hotte de saint Eloi un denier pour toutes leurs ventes,) s\u2019employait ordinairement en aumônes.Cela suffirait à expliquer la dénomination de denier à Dieu (denier offert à Dieu.) On sait que la charité a toujours été présentée comme étant d\u2019institution divine par les moralistes, les ministres de tous les cultes et les poètes, depuis Ilomè.re jusqu\u2019à V.Hugo.IETKH l!N VII.AIN COTON ET FIl.Elt UN VII.\\ix COTON En parlant des plantes, des arbres et des animaux, on emploie le verbe jeter pour signifier produire, mettre dehors, témoin ct s exemples : Il accourt ; devant lui l\u2019herbe jette des fleurs.(André Chénier, ////las.) Parmi les animaux, les uns jettent des (cut's, les autres sont vivipares.(Voltaire, Sing, nat., XXIX.) L\u2019arbrisseau portant le coton jette de petites pommes, lesquelles s\u2019approchant de maturité s\u2019entr\u2019ouvrent en croix à la pointe, comme la grenade, par là faisant jour au coton.(Oliv.de Serres, Th.d\u2019Agric., 717.) Lorsque, par suito du développement de l\u2019industrie cotonnière, on s\u2019aperçut que les cotonniers, devenus malades, donnaient de moins bons produits, on dit qu\u2019ils jetaient un vilain coton, et, de la manière la plus logique, à mon avis, on appliqua cette expression à une personne dont la santé allait s\u2019altérant, et, au figuré, à celle dont le crédit ou la réputation était fortement compromise.Après que les machines à filer le coton furent inventées, machines qui permettent aujourd\u2019hui à la ville de Liverpool d\u2019expédier annuellement, dit la France du 1!) janvier, assez de toile de ce textile pour faire cinquante ceintures au globe terrestre, une locution analogue à la précédente se forma : comme on dut dire d\u2019une de ces machines qui s\u2019usait, qui se détériorait, qu\u2019elle filait un vilain coton, on employa la même phrase en parlant d\u2019une personne dont la santé s\u2019affaiblissait ; et, à partir de ce moment, notre langue compta deux expressions, jeter un vilain coton et filer un vilain coton, propres Tune et l\u2019autre à signifier qu\u2019une personne tire vers sa fin.Quand la première de ces expressions était encore la seule des deux qui existât dans la langue proverbiale (la seconde me semble n\u2019y être entrée qu\u2019après 1771, époque où Arkwright, l\u2019inventeur des machines à filer le coton prit son brevet d\u2019invention,) on disait d\u2019une chose qui, mal entreprise, devait nécessairement produire de mauvais effets, cela jettera un beau coton ; mais je dois prévenir que cette expression ironique, déclarée \u201c basse\u201d par De Caillières en 1090, est bien rarement employée aujourd\u2019hui.LANTERNE SOURDE Quand l'anglais dit darkdantern (lanterneobscure,) l\u2019allemand Jilendlale-ne (lanterne aveugle,) lanterna cieca (aussi lanterne aveugle.) l\u2019espagnol fiarol de ronda (fanal de ronde) et le portugais lonterna de fiurto-fiogo (lanterne à feu caché,) il y a lieu de se demander comment il se peut que le français dise, lui, lanterne sourde.Mais ce qualificatif que, de prime abord, on est surpris de trouver auprès de substantif lanterne, n\u2019est point inexplicable, si Ton veut bien remonter à la signification qu\u2019il avait dans la langue latina.En effet, dans cette langue, surdus, dont nous avons fait sourd, se disait (autant du moins que j\u2019ai pu en juger par la lecture des exemples qu\u2019en fournissent le Dictionnaire de Quicherat et celui de Freund) de toute perception faible concernant l\u2019un quelconque de nos sens.Or, dans lanterne sourde, la seule expression française peut-être où un substantif désignant un objet lumineux soit accompagné d\u2019un adjectif qui semble avoir trait au bruit, sourd se rapporte non pas à l\u2019impression faite sur le sens de Toute, mais bien à celle (pii sc produit sur le sens de la vue; il veut dire ici invisible, obscur, sombre.POT-POU R RI En France, on donnait autrefois le nom de pot-pourri (qui n\u2019est autre que Voila podrida de l\u2019espagnol) à un composé culinaire dont la description suivante se trouve au chapitre xxil des Contes d\u2019Enlrapel : Du temps du grand roy François, on mettoit encore en beaucoup de lieux le pot sur la table sur laquelle y avoit seulement un grand plat garni de bœuf, mouton, veau et lard et la grand brassée d\u2019herbes cuites composées ensemble, dont se faisait un brouét, vray restaurant et elixir de vie, dont est venu le proverbe : la soupe du gram! pot et des viandes le pot pourri.En cette mes-lange de vivres ainsi arrangée, chacun y prenoit comme bon luy semblait, et selon son appétit, tout y couroit à la bonne foy.Le pot-pourri du vieux temps, macédoine d\u2019herbes et de viandes diverses, offrait un objet de comparaison pour les ouvrages littéraires formés de parties assemblées sans ordre, sans choix ni liaison ; on s\u2019est servi naturellement de, pot-pourri pour les désigner, et, plus tard, on l\u2019a appliqué encore à différentes espèces de fleurs et d\u2019herbes odoriférantes mêlées dans un même vase, à un morceau de musique composé de différents airs connus, et enfin à une chanson dont les couplets ne se chantent pas sur le même air.MANGER DE I.A VACHE ENRAGÉE On voit dans le Traitée de la Foliée (liv.V, p.1275) que la chair de vache a toujours été regardée comme inférieure à celle du bœuf ; de sorte que, la qualité des mets dont on se nourrit étant en quelque sorte le thermomètre du bien-être, on a probablement dit d\u2019abord manger de la vache, pour signifier, au figuré, éprouver un certain degré de misère, comme semble d\u2019ailleurs l\u2019établir le passage suivant de la Satyre Ménippé (édit.Charpentier, p.128 :) Avons-nous pas consommé pou- à peu toutes nos provisions, vendu nos meubles, fondu nostre vaisselle, engagé jusques à nos habits pour vivoter bien chétivement?où sont nos sales et nos chambres tant bien garnies, tant diaprées et tapissées?où sont nos festins et nos tables friandes?nous voilà réduits au làict et au fromage blanc comme les Souysse.s ; nos banquets sont d\u2019un morceau de vache pour tout metz.Puis, quand on a voulu exprimer comme le superlatif de cette misère, on a dit de celui qui en avait souffert qu\u2019il avait mangé de la cache enragée, un tel mets constituant la plus horrible, réfection que la tyrannie de l\u2019estomac puisse vous obliger à prendre.Eau de javelle ou eau de javel .1 usqu\u2019au milieu de notre siècle au moins on a\u2019 écrit Javelle, le nom de l\u2019endroit ou se fabrique Thypochlorite de potasse, et voici quelques citations comme preuve de ce que j\u2019avance : Les guinguettes sont-tous les cabarets établis' un peu au-dessus des différentes barrières des entrées de Paris.Telles sont : les Porcherons, la Nouvelle-France, la Petite-Pologue, la plaine des Sablons, celle de Grenelle et le moulin de Javelle, Vauginard, etc.(Hurtaut et Macny, Diet, de Paris, TI I, p.199.) On peut assainir les boyauderies et détruire les miasmes infects qu\u2019elles exhalent en se servant de l\u2019eau de Javelle.(Fiianoœuii, TechnoT, p.271.) Javelle est un hameau du département de la Seine, à 5 kilomètres ouest de Paris (rivegauche).(Douillet, Diet, d\u2019hist.) Plus tard on a écrit aussi Javel, et Ton trouve dans VAlmanach Iloltrn pour 1880 (p.297, col.I ) : Société anonyme de la manufacture de .larel, produits chimiques pour l\u2019industrie et l\u2019agriculture, quai de Javel, 82.Mais, selon moi, c\u2019est une faute ; car lorsqu'on écrit encore G\u2019venelle comme autrefois, pourquoi donc ne pas accorder une faveur analogue à Javelle ?ETRE SUR LES CROCHETS DE (,\"KLQU\u2019UN ; ETRE AUX CROCHETS DE qUELQU'l\u2019N Quand on donne à quelqu\u2019un les moyens de subsister, c\u2019est-à-dire qu\u2019on lui fournit les choses nécessaires à cet eflet, on dit qu\u2019on le soutient: preuve ces exemples : Il se trouve qu\u2019à Tourney et à Ferney je nourris cent cinquante personnes ; on ne soutient pas cela avec des vers alexandrins et des banqueroutes.(Voltaire, Lett, il'Argentai, 19 déc.17Gl>.) Il emploie tous ses revenus à décorer les églises, à soutenir les ouvriers indigents, et à soulager les infortunés de toutes les classes.(Mme de Genus, Mires Hr., t.Il, p.258.Mais on soutient aussi ce qu\u2019on porto sur des crochets (cette espèce de hotte ouverte sur laquelle les portefaix et les commissionnaires placent les objets qu\u2019ils portent à dos,) et c\u2019est cela peut-être qui a fait dire, dans une a'ccep tion défavorable, de quelqu\u2019un qui vitaux dépens d\u2019une autre,personne, qui est soutenu, au premier sens, par cette personne, qu'il est sur ses crochets ou qu\u2019il est à ses crochets.BONNE CUISINIERE En soirée.\u2014Je suis peinée, monsieur, de ne point voir votre sœur ici ce soir.\u2014-Je vous prie de l\u2019excuser, madame, elle est allé à la leçon de cuisine cet après-midi, et comme vous savez, les élèves doivent manger ce qu\u2019elles ont apprêté.Elle n\u2019en est pas encore remise.LA VIE EST TROT COURTE Monsieur Sans le Sou (à la portj du tombeau).\u2014Ah ' si seulement je pouvais vivre jusqu\u2019à ce que nos dettes soient payées ! Le Docteur.\u2014C\u2019est vrai, mais, voudriez-vous vivre éternellement ?Un vrai pochard pleurait a fendre l\u2019Ame en suivant le convoi de sa belle-mère.\u2014Modère un peu de ta douleur, mon cher, lui dit un de ses amis.Tu as l\u2019air d\u2019une borne-fontaine.\u2014Impossible, mon ami, répondit le bonhomme de gtndre, figure-toi que c\u2019est la première fois que je sors avec ma belle-mère sans me disputer avec elle. 9 LE SAMEDI 3L.A.PHILOSOPHIE ID TJ BAISEB LES PASSANTS ET LES CHIENS n Le baiser hypocrite II Le l>aiser do l\u2019innocence.-r* N\u2019ayant plus rien de mieux a faire, Deux amis* le soir d\u2019un beau jour, Se promenaient, causant des intrigues do cour, Parlant do plaisir ou d\u2019all'aire.De sa niche ou de son taudis, Un roi|uet tout à coup s\u2019échappe, Les poursuit en jappant.Au bru it du chien qui jappe Il en vient cinq, il en vient dix, Il en vient quinze, il en vient trente,* Jappant à qui mieux mieux, d\u2019une voix dillerente.Nos gens en étaient étourdis : \u2014Ne cesserez-vous de nous rompre la tête ?S\u2019écrie enfin l\u2019un d\u2019eux empoignant un caillou.\u2014Passons, lui dit l\u2019autre, es-tu betel (Il aurait pu dire : \u201c Es-tu fou 1\u201d Le mot eût été plus honnête) Corrige-t ondes chiens! Notre hommeavaitraison : A cent pas ils étaient à peine Qu\u2019on n\u2019entendit plus rien.Enroués, hors d\u2019haleine Les roquets étaient tous rentrés à la maison.Des lions humains tel est aussi le caractère : Leur critique aux passants est quelquefois sévère ; Contraints a la sou fl ri r, sachons nous y ployer : Quand ils seront las d\u2019aboyer, Les gens finiront par se taire.III Le baiser de la persuasion (pour avoir un paletot en sealskin.) IV Pris sur le fait.i' i> i ¦ ' Le baiser de main du temps des chevaliers.VI Le baiser esthétique.Les parents qu\u2019il est permis d\u2019embrasser.Les parents des autres qu\u2019il n\u2019est pas permis d\u2019embrasser.\u2022 disait hier un bon bourgeois du Marais si ma pauvre femme n\u2019était pas morte, nous célébrerions aujourd\u2019hui nos noces d\u2019or.\u2014Vous l\u2019avez perdue l\u2019année dernière ?\u2014Oh ! non.Il y a quarante-neuf ans ! L\u2019HISTOIRE DE BIEN DES HOMMES ÎLnTrm IiIiXLJILUO Js ujAJlïTIBZmH 1 !ü LL! Djmma Q- I\\-\tR; Morals : Les plu» fanfaron» ne sont pas toujours le» plus hardi». LE SAMEDI OIIAUmi TON VOISIN UN MOT DE TROP .VÆWNilÜL'SI A\u2019Wl \"iNg !\u2022 :i'-v Monsieur Complaisant tâchant du trouver une danseuse à un ami trop tim ide qui n'a pu faire d\u2019engagement à temps.\u2014Permettez-moi de vous présenter M.Jenkins.Je suis certain, n\u2019est-ee pas, mademoiselle, que vous n\u2019avez pas rempli votre carnet.CÉRÉMONIE INTERROMPUE iSnurnom\t¦ r- : \u2022' Le ministre.\u2014Mademoiselle Pumpkin, vous ne pouvez pas être _ sée aujourd'hui.L\u2019homme qui a fait le trou dans la glace est parti avec la hache.PAS D\u2019ALTERNATIVE Avocat, (à son clerc.)\u2014Mon enfant, vous allez entrer dans la profession.Ne touchez jamais à une cause que votre conscience vous reprochera d\u2019accepter.Le clerc, (l\u2019interrompant.)\u2014Mais comment cela! Hier encore vous avez défendu ce voleur de Mike Burglar ! L'avocat.\u2014Vous ne m\u2019avez pas laissé finir : \u201c Que votre conscience vous reprochera d\u2019accepter, ou sortez de la profession.\u201d PRÉDICTION POUR LE MOIS DE DÉCEMBRE Décembre, le December, dixième mois de l\u2019année romaine.Noël est-il venteux, Il est avantageux ; Voici l\u2019expérience : Des fruits en abondance, Aurons, chaque saison, Lorsque nous y serons.Ici l'homme propose, Mais c\u2019est Dieu qui dispose, Etant maître de tout, Et l\u2019on serait bien fou De croire le contraire.Pour que tous nous prospère, Attendons de sa main Notre uniquè et vrai bien, Et pour notre assurance, Vivons dans l\u2019espérance.¦Lours de crise pour les personnes qui tombent malades, avec les jours qui sont heureux.JOURS DE LA LUNE Celui qui tombe malade le premier jour de la lune le dit jour sera mauvais.Deux, bon.Trois, le malade le sera seize jours.Quatre, malade longtemps.Cinq, mauvais augure s'il tarde a guérir.Six, il faut craindre Sept, bon.Huit, il n\u2019y a point de danger.Neuf, il y a à craindre la mort.Dix, mauvais.Onze, il guérira ou mourra bientôt.Douze, il y a péri 1 de mort jusqu\u2019à quinze.Treize, il souffrira de grandes douleurs.Quatorze, courte maladie.Quinze, s\u2019il n\u2019amende en quatre jours, il y a à craindre la mort.Seize, il guérira.Dix -sept, il y a péril de mort avant quatre jours.Dix-huit, longue maladie, mais sans danger.Dix-neuf, dans quatre jours il guérira.V ingt, il y a péril de mort jusqu\u2019au quinze.Vingt-et-un, bon.Vingt-deux, peu à peu il guérira.Vingt-trois, il y a du danger.Vingt-quatre, il guérira le dix ou le douze.Vingt-cinq, si dans quatre jours il ne meurt, il en réchappera.Vingt-six, mauvais.Vingt-sept, péril de mort.Vingt-huit, mauvais.Vingt-neuf, peu à peu aura la santé.Trente, d\u2019une maladie il retombe dans une autre.PRÉSAGES GÉNÉRAUX TIRÉS DES ACCIDENTS NATURELS ET APLUCABLËS A TOUTE L\u2019ANNÉE /.\u2014Présages tirés du soleil.ESPEREZ DU BEAU TEMPS Si le soieil se lève sans qu\u2019il y ait de nuages qui le couvrent.Si les nuages qui couvraient le soleil à son lever, s\u2019éclaircissent, se dissipent ou gagnent le couchant.Si le soleil se couche sans être couvert ni entouré de nuages.ATTENDEZ LE MAUVAIS TEMPS Si le soleil se lève fort rouge, ou brun, ou.pfde.Si le soleil, à son lever, parait ovale.Si le soleil, à son lever, est couvert de nuages obscurs, noirs, découpés, déchirés, ou de difié-rentes couleurs.Si le soleil, à son lever, a des rayons pâle son brisés.Si le soleil a un petit nuage qui marche devant lui.Si le soleil, peu de temps après son lever, se couvre de nuages.Si le soleil semble se lever avant son heure, parce qu\u2019on voit au levant comme un feu vif avant de voir le soleil.Si le soleil se couche très rouge ou pâle, ou de plusieurs couleurs mêlées.Si le soleil se couche dans un gros nuage de façon qu\u2019on ne puisse pas distinguer le moment de son coucher.Si le soleil, à son coucher, parait plus petit qu\u2019à l\u2019ordinaire.IL\u2014Présages tirés de la lune.ESPEREZ LE BEAU TEMPS Si, durant la nuit, la lune est très claire, fort blanche et éclatante.Si la lune n\u2019est pas entourée et accompagnée de nuages.S\u2019il ne passe pas fréquemment des nuages qui en dérobent la vue et en ôtent la clarté.ATTENDEZ LE MAUVAIS TEMPS Si le soir, ou durant la nuit, la lune est pâle, ou obscure, ou trouble, ou fort rouge.Si la lune est entourée de nuages.Si la lune a un cercle blanc ou rouge.Si la lune a les cornet épaisses ou obscures, ou les pointes du croissant noirs.Si la lune est fréquemment couverte de nuages qui empêchent qu elle n\u2019éclaire.III.\u2014I \u2019resages tires des étoiles.ESPEREZ LE BEAU TEMPS Si les étoiles sont très blanches et fort claires.Si les étoiles sont brillantes et étincelantes.Si les étoiles ne sont pas fréquemment cachées par des nuages.Si les étoiles paraissent très nombreuses et petites.ATTENDEZ DU MAUVAIS TEMPS Si l\u2019on ne voit aucune étoile.S\u2019il parait très peu d\u2019étoiles.Si les étoiles sont obscures ou sans éclat.Si les étoiles disparaissent souvent à la vue.Si les étoiles paraissent plus grandes qu\u2019elles ne le sont d\u2019ordinaire.5 10 LE SAMEDI L\u2019ÉCHO SINGULIER (Pour le Samedi) Ces jours derniers, chez madame Arabelle, Danis vantait un écho merveilleux \u201c Bah ! lui répond certain marquis joyeux Un tel écho n\u2019est qu\u2019une bagatelle, \u2014Mais savez-vous, marquis, pour en parler, Qu\u2019il redit tout, neuf ou dix fois ?Tarare ! C\u2019est dans mon parc, c\u2019est là qu\u2019il faut aller Lorsqu\u2019on veut entendre un écho rare.\u2014Plus rare?Oh ! oui.Parbleu ! nous l\u2019entendrons, Car dès demain sans faute nous irons.\u2014A demain, soit ! \u201cj\u2019y compte ; point d\u2019excuse\u201d \u2014Le marquis sort méditant ' e ruse Rentre à l\u2019hôtel, demande Saucho, Son vieux laquais.\u2014Tu passes pour habile : S\u2019il le fallait, ferais-tu bien l\u2019écho ! \u2014Oui-dà, monsieur, car rien n\u2019est plus facile Dites-moi ho ! je vais répéter ho ! \u2014Ecoute donc l\u2019ordre que je te donne : Demain matin nous irons au château ; Dans un bosquet, près de la pièce d\u2019eau, Va te cacher sans rien dire à personne ; Là, par degrés, affaiblissant ta voix Comme un écho répète au moins vingt fois Ce que viendra te crier l\u2019un ou l\u2019autre.\u2014Sullit, monsieur, vous serez satisfait : J\u2019entends cela mieux que ma patenôtre.\u2014Le lendemain, placé dans un bosquet L\u2019oreille en l\u2019air, Sanclio faisait le guet ; Voici venir toute la coterie.Chacun disait : C\u2019est une raillerie Qu\u2019un tel écho.Vous l\u2019entendrez.Chansons ! \u2014Quand nous serons près de cette clairière.J\u2019aurai bientôt dissipé vos soupçons ; Nous y voici, madame, commençons ; Interrogez mon écho la première, Mais songez b\u2019en qu\u2019il faut entier vos sons, Et les enfler d\u2019une bonne manière.\u2014A vous, marquis ; pour cette épreuve-là Les grosses voix sont toujours les meilleures.Lors le marquis de crier : Es-tu là ?L\u2019écho répond : J\u2019y sois depuis deux heures.Fac et Spf.ra.LA MONTAGNE DE VERRE Il y avait une fois un grand roi dont la tille mourut tout à coup, et tous les habitants du pays se désolaient, car la jeune princesse était très-belle, très-gracieuse et très-aimée.Mais voilà que, lejouroùelle devait être ensevelie, arrive d\u2019un pays lointain un savant homme, un magicien qui, voyant ce grand deuil, en demande la cause.Dès qu\u2019on la lui a dite, il se rend au palais et s\u2019écrie : \u2014La princesse n\u2019est pas morte ; laissez-la reposer.Puis il s\u2019approcha du roi et lui dit : \u2014Il ne faut pas mettre la princesse dans une tombe.Je ferai une caisse en verre où elle dormira jusqu\u2019au jour où elle doit se réveiller.Le roi, ravi, annonça qu\u2019il donnerait à l\u2019étranger une magnifique récompense si ses promesses se réalisaient.Le savant se mit aussitôt à l\u2019œuvre.Il établit dans une des salles du palais une grande caisse en verre dans laquelle la princesse fut étendue sur de moelleux coussins, et, à la porte de la salle, des sentinelles devaient veiller jour et nuit avec l\u2019ordre formel de ne laisser entrer personne.Toute cette première organisation étant faite, le savant dit au roi : \u2014Envoyez de tous côtés des manœuvres pour amasser une quantité de matériaux, car je dois construire un four plus vaste que votre capitale et faire une montagne de verre.Dans sept ans, lorsqu\u2019au commencement de l\u2019été résonnera le premier chant de l\u2019alouette, envoyez des messagers de toutes parts pour convoquer auprès de vous les prétendants à la main de votre fille, et annoncez qu\u2019elle sera accordée à celui qui pourra gravir, soit à cheval, soit à pied, la montagne de verre.Dans sept ans et sept jours, la princesse se réveillera et donnera un anneau d\u2019or à celui qui parviendra jusqu\u2019au sommet de verre, et avec celui-là vous la marierez, fût-il le plus pauvre de vos sujets, sinon elle se rendormira pour ne plus jamais s\u2019éveiller.Le roi promit de suivre ponctuellement toutes ces prescriptions, et aussitôt donna l\u2019ordre d\u2019amasser les immenses matériaux demandés par le magicien.A la fin de la sixième année, le four s\u2019élevait à la hauteur des nuages.Deux mille ouvriers y étaient sans cesse occupés et il était chauffé de telle sorte que des étangs, des rivières, des lacs furent par là desséchés, et de profondes sources visiblement amoindries.Pendant que ces grands travaux s\u2019achèvent, entrons dans la cabane d\u2019un paysan, à une courte distance de la ville.Là demeure un vieillard avec ses trois fils.Les deux premiers sont vigoureux et alertes garçons.Le plus jeune semble un peu simple.Le vieillard étant tombé malade les appelle près de son lit et leur dit : \u2014Je sens que ma lin approche et je désire vous faire connaître mes dernières volontés.Vous, mes fils aînés, il faut que vous continuiez à cultiver ensemble vos champs et à vivre dans la même maison tant que vous ne serez pas mariés, car un proverbe dit : \u201c Là où sept frères peuvent aisément habiter ensemble, il n\u2019y a pas assez de place pour deux femmes.\u201d Quand viendra le jour du mariage, vous partagerez entre vous deux mon héritage et vous logerez et nourrirez tant (pi\u2019il vivra Georges, votre jeune frère, (pii n\u2019est guère en état de travailler ni de gouverner une maison.C\u2019est à cette condition que je vous lègue ma cassette.Georges n\u2019a pas grande intelligence, mais il a bon cœur et il vous obéira comme il m\u2019a toujours obéi.Les deux frères aînés répondirent à leur père par de belles paroles.Le plus jeune ne dit rien, mais pleura amèrement.\u2014Encore un mot, reprit le vieillard.Quand je serai enseveli, je désire que vous me donniez un dernier témoignage d\u2019affection en venant l\u2019un après l\u2019autre passer une nuit sur mon tombeau.Les deux aînés répondirent encore par de belles paroles, sans une larme dans les yeux, à cette dernière demande.Le plus jeune ne dit rien, mais pleura amèrement.Bientôt le bon vieillard mourut.Ses deux héritiers invitèrent à ses funérailles leurs voisins et leurs amis et s\u2019assirent à une table abondamment servie, et burent et mangèrent comme à un repas de noces.Georges était seul près du cercueil, soupirant et pleurant, et lorsque ce cercueil fut enfoui dans la terre, il lui sembla que toutes ses joies étaient mortes et ensevelies avec son père.Le soir, quand les derniers convives furent partis, il demanda à ses frères lequel d\u2019entre eux voulait passer la première nuit sur la tombe paternelle.\u2014Ah ! répondirent-ils, cette journée nous a fatigués ; nous avons besoin de nous reposer.Toi qui n\u2019as rien fait, tu peux bien cette nuit veiller.Sans rien répliquer, Georges s\u2019en alla au cimetière et marcha à petits pas autour de la fosse où reposait son père.A minuit, une voix qu\u2019il ne pouvait oublier prononça ces mots : Qui donc vers mon cercueil revient si doucement Y Et il répondit : Ah I cher père, e\u2019est moi, Georges, ton jeune enfant.La voix demanda ensuite pourquoi cette visite nocturne n\u2019était pas faite par l\u2019un des fils ainés.Georges répondit que la journée des funérailles avait fatigué ses frères.\u2014C\u2019est bien, reprit le père ; chaque œuvre mérite sa récompense, je veux te donner la tienne.Un jour, tu désireras avoir de beaux vêtements pour entrer dans la société des gens distingués ; reviens alors sur mon tombeau, frappe trois fois la terre avec ton talon gauche et dis : \u201c Cher père, je demande ma récompense pour ma première veillée.\u201d Aussitôt tu auras une armure et un cheval.Mais pas un mot de tout ceci à tes frères.Au point du jour, Georges retourna au logis et s\u2019endormit.Le soir, il demanda à ses frères lequel d\u2019entre eux voulait passer la nuit sur la txnnbe paternelle, et ils lui répondirent d\u2019un ton railleur : \u2014Personne ne viendra enlever notre père à sa fosse.S\u2019il te plaît d\u2019aller près de lui passer la nuit, rien ne t\u2019en empêche.Mais, avec toutes tes veillées, tu ne le ressusciteras pas.Georges entendit cos paroles avec douleur et retourna au cimetière.A minuit, la voix de son père prononça ces mots : Qui donc vers mon cercueil revient si doucement Y Et il répondit : Ali ! cher père, e\u2019est moi, Georges, ton jeune enfant.Le père, de nouveau, demanda si l\u2019un des deux ainés n\u2019était pas venu.Georges les excusa en disant qu\u2019ils étaient fatigués du travail de la journée.\u2014Eh bien ! reprit la voix du mort, toute (ouvre mérite sa récompense.Je te donnerai la tienne.\u201c Un jour viendras où tu auras besoin d\u2019un vêtement plus beau que celui (pie tu as gagné hier.Viens alors ici frapper du talon gauche trois fois sur ma tombe en disant : \u201c Cher père, je demande la récompense de ma seconde veille \", Tu auras alors une si belle armure et un si beau cheval que l\u2019on ne pourra se lasser de te regarder.Mtiis, de tout ceci, pas un mot à tes frères.\u201d Au point du jour, Georges retourna au logis.Ses frères étaient encore au lit.Il se coucha sur le poêle et s\u2019endormit.Le soir, il leur demanda lequel d\u2019entre eux voulait passer la nuit sur la tombe.Ils lui répondirent d\u2019un ton sarcastique : \u2014Celui qui a déjà passé gratuitement là deux nuits peut bien en passer une troisième.A quoi sert d\u2019ailleurs ?Personne n\u2019ira enlever notre père, et il ne sortira pas lui-même de sa fosse.Il n\u2019avait plus sa raison quand il nous a fait sa singulière demande.Georges pleura en les entendant parler ainsi et retourna au cimetière.A minuit, la voix du mort dit : Qui donc vers mon cercueil revient si doucement Y Fit le pieux fils répondit : Ah ! cher père, c'est moi.Georges, ton jeune enfant.\u2014Pourquoi donc tes frères ne sont-ils pas venus ?\u2014 Ils étaient fatigués du travail de la journée.\u2014Eh bien ! toute œuvre mérite sa récompense ; je te donnerai la tienne.Un jour viendra où tu reconnaîtras que plus l\u2019homme possède, plus il désire.Mais les vœux du tendre lils qui reste fidèle à la mémoire de son père doivent être accomplis.le voulais partager mon trésor entre tes frères ; toi seul en hériteras.Si les vêtements et les chevaux que tu as gagnés hier et avant-hier ne te suffisent pas, viens ici, frappe du talon gauche trois fois sur ma tombe, en disant : \u201cCher père, je demande ma récompense pour la troisième veille.\u201d Tu recevras alors la plus magnifique armure et le plus magnifique cheval.Le monde t\u2019admirera, tes frères t\u2019envieront, et tu deviendras le gendre d\u2019un roi puissant.Mais, de tout ceci, pas un mot à tes frères.Au point du jour, Georges retourna au logis et s\u2019endormit.Pendant qu\u2019il dormait, ses frères se disaient : \u2014A quoi nous nous sert ce garçon qui rôde la nuit et se couche dans la matinée ?A quoi bon le nourrir?Avec ce qu\u2019il mange, nous pourrions engraisser un porc, ce qui nous serait plus profitable.\u2014Qu\u2019il s\u2019en aille s\u2019écria l\u2019aîné, qu\u2019il s\u2019en aille, hors d\u2019ici, mendier ! \u2014Non, répliqua l\u2019autre ; on sait que nous avons quelque fortune, et on nous blâmerait si nous l\u2019obligions à demander l\u2019aumône Qu\u2019il demeure ici.Nous lui donnerons nos restes, pas ass z pour apaiser son appétit, assez pour qu\u2019il ne meure pas de faim.Pendant ce temps, le magicien avait achevé son œuvre, et le roi fit annoncer de toutes parts que la main de sa fille serait accordée à celui qui à pied ou à cheval gravirait la montagne de verre.Au sommet de cette montagne était la princesse endormie dans sa caisse de verre.8 LE SAMEDI 11 De tous les côtés, ou vit venir dans la capitale une multitude, les uns décidés a tenter la dillieile épreuve, d\u2019autres désireux d\u2019assister à ce curieux événement.La montagne brillait au loin comme le soleil.Les deux (ils du paysan s\u2019étaient fait faire des habits d\u2019apparat pour se rendre à cette grande réunion.Georges à qui ils ne donnaient qu\u2019un vieux et grossier vêtement devait rester à la maison, pour ne pas les humilier par sa misérable apparence.Mais dès qu\u2019il les vit sortis il courut au cimetière, frappa la terre du talon et dit : \u201c Cher père, je demande la récompense de ma première veille\u201d.Au même instant apparut devant lui un beau cheval complètement sellé et harnaché.A ses lianes était suspendue une armure de bronze qui s\u2019adaptait si bien à la taille du jeune orphelin qu'elle semblait faite tout exprès pour lui.Des centaines et des centaines de prétendants avaient déjà vainement essayé de gravir la montagne.A peine sur la pente escarpée et glissante pouvaient-ils faire quelques pas.Georges revêtu de son armure, et la ligure cachée sous la visière de son casque, passa au milieu de la foule et gravit tranquillement la montagne jusqu\u2019au tiers do sa hauteur.On vit alors la princesse leve r une main dans sa caisse de verre.Mais il se retourna, salua le roi et disparut.Le soir, il écoutait en silence ses deux frères s\u2019entretenant des incidents de la journée et de l\u2019éclat du chevalier revêtu de l\u2019armure de bronze.Le lendemain matin, tous deux sortirent à la hâte pour assister à l\u2019épreuve qui devait durer encore deux jours.Georges alla comme la veille invoquer son père.Aussitôt apparut devant lui un cheval superbe avec une bride d\u2019argent, portant une armure d\u2019argent.Comme la veille, une quantité de prétendants avaient fait, pour arriver au but indiqué, d\u2019infructueux efforts.A midi, Georges traversa la foule et gravit la montagne jusqu\u2019à la moitié de sa hauteur.Alors son vit la princesse remuer la tête.Mais il se retourna, salua le roi et disparut.Le soir, assis tranquillement en sa demeure, il entendait sans rien dire ses frères raconter les événements de la journée.Le lendemain, tous deux retournaient à la ville où il y avait encore une plus grande foule quela veille.C\u2019était le jour solennel, le jour décisif où, après ses sept années de sommeil, la princesse devait se réveiller.Dans la matinée, Georges s\u2019en va au cimetière, frappe trois fois la terre de son talon gauche et dit : \u201c Cher père, je viens te demander la récompense de ma troisième veille.\u201d Aussitôt il avait près de lui un cheval avec une bride d\u2019or, portant une armure d\u2019or splendide, faite à la taille du jeune orphelin.A midi, il arrive au milieu d\u2019une quantité de prétendants qui ont échoué dans leur entreprise, il se diiige vers la montagne, et la gravit jusqu\u2019à sa sommité.Alors le couvercle de la caisse de verre se brise, la princesse se lève, tire de son doigt un anneau d\u2019or et le remet au brillant chevalier.Georges redescend lentement la montagne, salue le roi et disparaît.Le lendemain, le roi joyeux fait annoncer que la main de sa fille sera donnée à celui à qui elle a remis son anneau d\u2019or, et à travers la foule des courtisans et des envieux, au milieu des splendeurs du palais, tout à coup, on voit venir un jeune homme vêtu comme un mendiant.C\u2019est Georges.Scs deux frères le regardent stupéfaits, et le roi frémit à l\u2019idée de marier sa fille avec un être d\u2019un aspect si misérable.Cependant il ne peut manquer à sa parole.Georges lui présente l\u2019anneau d\u2019or.Georges doit devenir son gendre et attend la parole décisive.Dès qu\u2019il l'a entendue, il enlève d\u2019un coup de main sa hideuse souque-nille et se montre revêtu de l\u2019éclatante armure avec laquelle il a gravi au sommet de la montagne.Le pieux orphelin épousa la belle endormie et vécut très-heureux.Ses cruels frères moururent torturés par la colère et l\u2019envie.LE VIEIL HOMME Tout le monde connaît, au moins de réputation, le grand séminaire de Saint-Sulpice, établi à Paris, près de la magnifique église du même nom.Ce séminaire fut fondé du temps de Louis XIII, par un homme d\u2019une vertu et d\u2019une sainteté admirables, nommé M.l\u2019abbé Olier.Avant de s\u2019établir à Paris, Al.Olier et ses premiers confrères demeuraient à Vaugirard, dans une maison commune, et se préparaient, par la pratique de la pénitence, de la prière, de la pauvreté, du soins des malheureux, en un niot, par la pratique de la vie chrétienne, à devenir, entre les mains de Dieu, des instruments propres aux grands desseins qu'il avait formés sur eux.M.Olivier réunissait souvent ses pieux coin pagnons dans une grande salle et les e.lior-tait, avec un zèle infatigable, à avancer dans la voie de la perfection, à devenir de saints prêtres, et, pour cela, à combattre sans cesse, à mortifier, à immoler le vieil homme, c\u2019est-à-dire les mauvaises inclinations de la nature corrompue par le péché et inclinée au mal par la concupiscence.La maison était gardée par un vieux jardinier nommé Thomas, qui vivait avec sa femme dans une petite cabane au bout du jardin.Thomas avait remarqué ces réunions secrétes des disciples de M.Olier dans la grande salle ; il en avait parlé à sa femme, et tous deux se demandaient ce que ces bons messieurs pouvaient faire ainsi assemblés.Le vieux Thomas, aussi curieux que sa femme, résolut un jour de pénétrer lo mystère, et, faute de mieux, d\u2019aller écouter à la porte.Le soir même du jour où il avait pris cette belle résolution, il y eut réunion chez M.Olier.Thomas avait tout remarqué.H s\u2019avance sur la pointe du pied, colle son oreille sur la porte et entend parler.Il écoute, il distingue la voix de M.Olier, et comme le silence des auditeurs était profond, il distingue ces paroles : \u201c Messieurs, messieurs, qu\u2019attendons-nous 1 mettons-nous à l\u2019œuvre aujourd\u2019hui même ; voilà trop longtemps que notre lâcheté recule.Immolons le vieil homme, sans pitié, sans écouter ses murmures et ses cris.Ce n\u2019est qu\u2019à ce prix que nous pourrons avoir la paix.C\u2019est un ennemi toujours prêt à nous perdre, toujours près de nous, qui nous tuera si nous ne l\u2019immolons point avec courage.A quoi bon prendre des résolutions pour n\u2019en jamais venir à l\u2019exécution ?C\u2019est assez hésiter, le moment est venu, il ne faut plus que le vieille homme vive, \u201ctout doit être pour le nouveau, \u201d etc.Thomas était le seul vieillard de la maison : que l\u2019on juge de sa surprise, de sa terreur quand il entend Al.Olier exhorter ses compagnons à ne point hésiter à immoler le vieil homme ! Evidemment, c\u2019est de lui qu\u2019il s\u2019agit, et cela de suite, le jour même, pour le remplacer par un nouveau jardinier.Pâle comme la mort, il se sauve chez lui.\u201c Ma femme ! s\u2019écrie-t-il, ma femme, nous sommes perdus ! Vite, sauvons-nous d\u2019ici ! nous sommes-dans un coupe-gorge.Ils vont nous tuer, je les ai entendus ; ce soir même !.nous avons juste le temps de faire nos pauvres paquets ! < > mon Dieu ! qui aurait jamais pu croire ça ?Des hommes qui avaient l\u2019air si bon, qui me témoignaient tant d\u2019amitié ! Fiez-vous donc à la mine !\u201d Et tout en se lamentant et en racontant à sa femme épouvantée ce qu\u2019il vient d\u2019entendre, Thomas entasse dans deux ou trois grands paniers ce qu\u2019il y a de plus précieux.Alais il est trop tard ; pendant qu\u2019il fait ses préparatifs de fuite, la porte s\u2019ouvre.et AI.( Hier paraît sur le seuil.\u201c Thomas, lui dit-il avec douceur, nous vous sonnons depuis cinq minutes pour le souper ; n\u2019avez-vous point entendu ! Mais.que faites-vous donc l qu\u2019est ce que ces paquets l ou allez-vous ainsi 1 \" Le vieux Thomas se croit à son dernier moment, ses cheveux se hérissent sur sa tête ; il balbutie quelques paroles.Il cherche à apercevoir quelque arme, quelque poignard dans les mains de AL Olier ; puis, ne pouvant se contenir davantage : \u201c Méchant homme ! je vous connais enfin ! Hypocrite, traître, assassin ! j\u2019ai tout entendu.Au secours ! à la garde ! ! I \u201d Le pauvre abbé Olier stupéfait : \u201c Alais qu\u2019avez-vous, Thomas, lui dit-il, êtes-vous fou \u2014Non, non, je ne suis pas fou ! s\u2019écrie le vieux jardinier.Plût à Dieu que je fusse fou ! A la garde ! à la garde ! au secours !.Ce n\u2019est pas la peine de feindre plus longtemps ; je vous le répète, j\u2019ai tout entendu, j\u2019étais à la porte pendant que vous encouragiez vos traîtres de compagnons à me tuer ce soir même.Oh ! monsieur, comme c\u2019est mal ! moi qui vous aimais tant ! Pourquoi me tuer ?Ne pouviez-vous pas me renvoyer tout simplement, si vous aviez un nouveau serviteur que vous vouliez mettre à tna place! \u2014 Alais je ne sais, en vérité, ce que tout cela signifie, répond Al.Olier, de plus en plus surpris.Expliquez-vous ; qui pense à vous tuer ! \u2014 Vous ! \u2014Moi 1 \u2014Oui, vous, vous ! j\u2019ai bien reconnu votre voix de minte-n'y-touche, quand vous leur disiez tout à l\u2019heure d\u2019immoler le vieil homme, qui était toujours comme un ennemi dans la maison, et de ne plus hésiter à suivre vos conseils.\u201d A ces mots, Al.Olier comprend le quiproquo, et, riant de tout son cœur, il sort de la cabane et va raconter- l\u2019histoire à ses confrères.Ils revinrent tous chez Thomas, et eurent grand\u2019peine à lui faire comprendre qu\u2019il ne s\u2019agissait pas de lui.Ce ne fut qu\u2019à la longue, et quand il eut causé plusieurs fois avec le bon abbé Olier, qu\u2019il reconnut tout à fait son erreur, et qu\u2019il cessa de porter des armes cachées pour se défendre contre une surprise.LE CHIEN, LE LAPIN ET LE CHASSEUR César, chien d\u2019arrêt renommé, AI ais trop enflé de son mérite, Tenait arrêté dans son gite Un malheureux lapin, de peur inanimé.\u201c Rends-toi, lui cria-t-il d\u2019une voix de tonnerre, Qui fit au loin trembler les peuplades des bois.Je suis César, connu par ses exploits, Et dont le nom remplit toute la terre.\u201d A ce grand nom, Jeannot Lapin, Recommandant à Dieu son âme pénitente, Demande d\u2019une voix tremblante : \u201c Très sérénissime mâtin, Si je me rends, quel sera mon destin 1 \u2014Tu mourras.\u2014Je mourrai! dit la bêteinnocente Et si je fuis ?\u2014Ton trépas est certain.\u2014Quoi 1 reprit l\u2019animal qui se nourrit de thym, Dos deux côtés je dois perdre la vie ! Que votre illustre seigneurie Veuille me pardonner, puisqu\u2019il me faut mourir, Si j\u2019ose tenter de m\u2019enfuir.\u201d Il dit et fuit, en héros de garenne.Caton 1 aurait blâmé : je dis qu\u2019il n\u2019eut pas tort, Car le chasseur le voit à peine Qu\u2019il 1 ajuste, le tire.et le chien tombe mort THÉÂTRE ROYAL On donne cette semaine au Théâtre Royal des spectacles qui sortent du domaine ordinaire des représentations de Théâtres, ce qui est un charme tout particuliers pour le public.Les \u201c Vaidis Sisters \u201d qui font les frais de ces jolis spectacles ont grand succès.Il y a du comique, du sentimental, des tours de force qui sont d\u2019un immense attrait.Les Ailles Neville et Stetson sont charmantes dans le duo \u201cLittle Empty Stockings.\u201d Toutes deux douées de voix superbes, soprano et contralto.Les jeux sur le trapèze sont étonnant d\u2019adresse, de force et d\u2019agilité.Le \u201c Le Little Lord Fond-O\u2019-Rye \u201d a été chanté avec un entrain qui enlève l\u2019auditoire.Il y a eu foule toute la semaine au Royal.Cette après-midi, il y aura matinée et ce soir, ce sera la dernière séance.Une très jolie pièce militaire sera jouée au Royal la semaine prochaine.Les décors et les costumes sont d\u2019une grande beauté et la compagnie excellente, 12 LE SAMEDI LE RÉSULTAT FINAL DE TOUS LES ENGUEULEMENTS SURE D\u2019ÊTRE ÉLÉGANTE Yah ! mz® REG-EITE1BATIOIT IDE LA.FUsTANOE (SUOGESTIOX A l\u2019échevin roi.laxd) Les commis deviendront très attachés aux corporations qui les emploient.\u2022 >./\u2022 ,'li atr\t__, 3ISSS & r .Mf'f SR » AU THEATRE ROYAL SON VRAI PORTRAIT fêâ \u2019JpÿtïïiM r, t?A: .'¦ ¦¦¦S- i'r?V Zf À msï>i 'mw .A'ttaw «sa §«£*/¦ An cuisiniere, (contemplant la toilette de madame.)\u2014 Que je suis donc fière d\u2019avoir fait faire ma robe neuve sur ce patron-là ! AUTANT DE PRIS lÿSi * /ÿjf saSB'fc * ~*s* ;¦ 'Kï lwf a Trois de nos jeunes dudes, admirant les tours de force des sœurs Vaidis, Finfin désirait vivement qu\u2019un peintre fit son portrait de grandeur naturelle ; mais il voulait qu\u2019il eut un livre à la main et lisant à haute voix.Jeune mariée.\u2014Je suis désolée ; Georges a pris la mauvaise habitude de sortir du théâtre entre les actes.Vieille mariée.\u2014Console toi, ma chère, et remercie Dieu qu\u2019il revienne entre les traites.DOULEUR INCURABLE Le valet de chambre de X.boit abominablement.\u2014Ah ! çà, Jean, vous n\u2019êtes jamais là quand je sonnes.Vous êtes toujours fourré chez le marchand de vin.\u2014Ah ! monsieur, la perte de ma pauvre femme m\u2019a fait bien souffrir ; c.\u2019est pour essayer de me consoler.\u2014Quand serez-vous consolé tout à fait 1 \u2014Hélas ! monsieur, je sens que je serai inconsolable.QUE C\u2019EST BON D\u2019ETRE CHEZ SOI if.de Joligarçon.\u2014Ah ! te voilà donc revenu ! sais-tu que tu n\u2019as pas l\u2019air trop mal 1 if.du Douillet.\u2014Je suis assez bien merci.Il y a justement quelques semaines que je suis arrivé chez moi ; j\u2019arrive de Los Angelos, où la maladie m\u2019avait forcé d\u2019aller.if.de Joligarçon.\u2014Vrai ! N\u2019est-ce pas que c\u2019est bon de revoir son chez soi 1 if.du Douillet.\u2014Je pense.bien.Je pars pour l\u2019Europe la semaine prochaine ; je crois que j\u2019y passerai l\u2019hiver.C'est mon docteur, M.Grippesous, qui me recommande la chose.6523 LE SAMEDI 13 FEUILLETON BU SAMEDI LE CHEVALIER LOUIS QUATRIEME PARTIE III (Suite.) A ce contact nouveau pour elle, Fleur-des-Bois ferma les yeux : un tremblement convulsif agita son corps, une pâleur mortelle envahit son visage, sa tête, ainsi (pi\u2019mi lis dont la tige est brisée par l\u2019orage, s\u2019inclina ; elle perdit connaissance !.Au même instant la frégate, encore une fois victorieuse, se relevait, et la voix île Laurent, qui toujours restait calme au milieu des fureurs de la tempête ou du combat, rendait le courage, presque l\u2019espérance aux flibustiers.\u2014Enfants ! leur disait-il, vous avez le cœur trop ferme pour craindre la mort, mais je conçois que l\u2019incertitude et l\u2019agonie vous soient pénibles ! prenez un parti digne de vous.Jouons d\u2019un seul coup les chances qui nous restent : dans cinq minutes nous serons engloutis ou sauvés ! Laurent enjamba alors quelques enfléchu-res des haubans d\u2019artimon, et ses yeux fixés, \u2014comme ceux d\u2019un aigle,\u2014vers le foyer de l\u2019ouragan, il se mit à interroger la tempête.Bientôt ses traits resplendirent d\u2019audace et d\u2019inspiration, un sourire de triomphe passa sur ses lèvres, et, embouchant son porte-voix, il s\u2019écria : \u2014Haie bas le foc d\u2019artimon, la pouilleuse, amure missaine et laisse arriver ?Un silence de stupéfaction, de mort, accueillit l\u2019ordre de cette périlleuse manœuvre.\u2014Eh bien ! enfants, reprit Laurent avec ironie, vous êtes donc métamorphosés en Espagnols ?Par l\u2019enfer ! on croirait (pie vous avez peur !.Les flibustiers, honteux d\u2019avoir pu mettre un seul instant en doute l\u2019infaillibilité de leur capitaine, rachetèrent cette seconde île faiblesse par une obéissance pleine d\u2019enthousiasme.La manœuvre fut enlevée avec une rapidité (pii tenait du prodige, surtout si l\u2019on juge à l\u2019état de fatigue et d\u2019épuisement du petit nombre d\u2019hommes restés valides.La frégate, déjà presque engagée, cessa d\u2019hésiter : vaincue d\u2019abord par la puissance de ses voiles et de son gouvernail, bouleversée ensuite circulairement à travers l\u2019abîme, elle parvint enfin à reprendre le vent en poupe et prévint,ainsi, par la rapidité de sa marche, les efforts de la tempête.Un seul danger restait imminent ; il était à craindre que l\u2019on ne pût parvenir à conserver le navire vent arrière, et qu\u2019il ne passât par-dessus la barre.Laurent ordonna de filer un câble à l\u2019eau sur l\u2019arrière : cet heureux expedient réussit à merveille ; la frégate était momentanément sauvée.Cette évolution, qui avait pris moins de temps ipi\u2019il n\u2019en a fallu pour la décrire, était à peine terminée, que Laurent se dirigea vers l\u2019endroit du tillac où se tenait de Morvan.Lorsqu\u2019il arriva près du jeune homme, Fleur-îles-Bois reprenait connaissance.\u2014Où suis-je ?que s\u2019est-il passé ?demanda-t-elle d\u2019un air égaré.Oh ! je me rappelle !.une lame monstrueuse.la f.iégate abattue.Les flots mVmportaient.je me suis sentie mourir.C\u2019est toi, mon chevalier Louis, qui m\u2019as retenue.Tu as eu tort.si tu savais comme la mort est une douce chose ! De Morvan courba la tête et n\u2019osa pas répondre.\u2014Matelot, lui dit Laurent d\u2019une voix tranquille et assurée, je me s'ens à peine capable de résister pendant encore deux minutes à la faiblesse que j\u2019éprouve, j\u2019ai perdu trop de sang.je n\u2019en puis plus.Il faut que tu me remplaces dans le commandement.Voici mes instructions.Laurent expliqua brièvement, clairement, ce qu\u2019il y avait à faire ; puis, s\u2019affaissant sur lui-même : \u2014Je me trouve mal, dit-il, jette ton manteau sur moi.et ne me secours pas.Il faut que l\u2019équipage me croie endormi !.De Morvan prit prétexte île l\u2019évanouissement du flibustier, qui laissait peser une si grande responsabilité sur lui, pour engager Fleur-des-Bois à regagner sa cabine : la présence de la charmante enfant le troublait, il avait hâte d\u2019être seul pour mettre un peu d\u2019ordre dans ses idées.Fleur-des-Bois se rendit à sa prière avec une docilité un empressement qui le surprirent.\u2014Au revoir, mon chevalier Louis, lui dit-elle d\u2019une voix douce, presque timide et sans oser lever les yeux ; si le danger augmentait, tu viendrais m\u2019avertir, n\u2019est-ce pas ?La pensée de périr isolée m\u2019effraie, tandis que la mort me surprenant à tes côtés.Enfin, je compte sur toi, mon chevalier ! Au revoir encore.Je tombe de sommeil.je suis brisée.un peu de repos me fera grand bien ! La rougeur et l\u2019embarras de Jeanne en prononçant ces mots contrastaient avec la franchise habituelle de sa parole ; la pauvre enfant avait bien raison de prétendre quelle ne savait pas mentir.Ainsi que de Morvan, elle éprouvait l\u2019impérieux désir dose trouver seule en présence pe ses pensées, de s\u2019expliquer l\u2019étonnante émotion qu\u2019elle avait ressentie en croyant mourir.Reposer, dormir ! elle ne l\u2019eût pu, elle n\u2019y songeait pas !.Jamais des sensations plus vives, plus tumultueuses, n\u2019avaient agité son cœur.Après le départ de Fleur-des-Bois, de Morvan se mit à se promener d\u2019un pas inégal et saccadé\u2019 le long tu tillac.Quelle singulière position que la mienne ! murmura-t-il, sans voir les lames qui déferlaient sur le pont, sans s\u2019inquiéter du sillage de la frégate.Sentir l\u2019amour le plus ardent me brûler la poitrine, me savoir aimé, et être obligé de supporter la présence et les efforts odieux, sacrilèges, d\u2019un rival ! Et quel rival ?Un homme, qui ne connaît aucun obstacle, m\u2019arrête dans mes projets ! Fatal serment qui me lie ! Comment ne me suis-je pas aperçu plus tôt de la fausse voie dans laquelle je m\u2019engageais ! J\u2019aurais dû comprendre que Nativa représentait seulement pour moi les rêves de ma solitude, et non pas un amour véritable ! J\u2019aurais dû ne pas me livrer à elle, pieds et poings liés ainsi que je l\u2019ai fait ! Mais, après tout, ce serment que je me reproche si amèrement, est-il un lien suffisant pour m\u2019arrêter au milieu de ma jeunesse ?Faut-il donc sacrifier mon avenir, le bonheur de ma vie entière à une minute d\u2019égarement, de folie ?Qui m\u2019empêche de recouvrer ma liberté ?L\u2019honneur ! Tous ont loyalement suivi la devise de la noblesse : Fais ce que dois, advienne que pourra.Je suis un de Morvan, je saurai souffrir ! Et puis, reprit le jeune homme en souriant tristement, mon sacrifice sera moins long et moins douloureux, sans doute, que mon imagination ne me le montre !.Que l\u2019homme est parfois insensé !.Je.song à l\u2019avenir lorsque déjà la mort m\u2019enveloppe de toutes parts ! Grâce à Dieu, il n\u2019est pas présumable que nous échappions à cette tempête !.X importe, je dois faire mon devoir.De Morvan, repoussant avec énergie les pensées qui l\u2019obsédaient, rentra dans son rô- le de marin et s\u2019occupa do la frégate.Quoique le vent fut toujours aussi violent, le jeune homme remarqua avec étonnement que la marche du navire s\u2019était beaucoup ralentie, llien n\u2019était cependant changé dans la voilure.\u2014Allons, amis, ferme aux pompes ! dit-il en élevant la voix.A ce commandement, les flibustiers restèrent immobiles.\u2014Ma foi, camarade, lui répondit l\u2019un d\u2019eux nous te reconnaissons pour un brave, hardi et intelligent officier ; mais que le diable me torde le col sur l\u2019heure si nous nous dérangerons pour t\u2019obéir.Comment veux-tu que seize hommes exténués puissent gouverner à eux seuls une frégate qui fait eau de toutes parts ! Folie !.En deux heures d\u2019un travail opiniâtre, nous ne parviendrons pas à retirer un pouce d\u2019eau de la cale !.Bah !.le mieux est de laisser les choses suivre leurs cours !.Vois Laurent, il dort !.Cela répond d\u2019avance à tout ce que tu pourrais nous dire !.Imite -nous plutôt, suis notre exemple.Bois à l\u2019oubli du présent, aux hasards de l\u2019avenir !.En effet, les flibustiers, complètement découragés, avaient défoncé une barrique d\u2019eau-de-vie pour chercher dans l\u2019ivresse un allégement à leur désespoir.Leurs regards troublés, leurs mouvements lourds et indécis, provè-rent au chevalier qu\u2019il ne devait plus guère compter sur eux.Un seul homme obéit à sa voix : c\u2019était Alain.Le Bas-Breton, sorti du combat sans avoir reçu même une égratignure, s\u2019avança vers son maître d\u2019un pas chancelant.Une heure se passa, et ce court laps.de temps suffit pour empirer d\u2019une façon extrêmement sensible la position du navire ; le chevalier calcula qu\u2019avant la fin du jour la frégate sombrerait, \u2014Laurent, dit-il en se penchant vers le flibustier couché sur le pont, j\u2019ai besoin de toi.A ces mots prononcés à voix basse, le flibustier, quoiqu\u2019il parût toujours plongé dans un profond évanouissement, se leva vivement.\u2014Qu\u2019y a-t-il, matelot ?demanda-t-il au jeune homme avec le même sang-froid et la même tranquillité que s\u2019il eût suivi une conversation depuis longtemps engagée.\u2014Il y a, matelot, que l'équipage s\u2019est enivré, a refusé de travailler aux pompes, et nous coulons bas ! \u2014Que veux-tu que je fasse à cela ! Ce n\u2019était pas la peine de me réveiller pour si pou ! L\u2019équipage a raison.\u2014Ne tenterons-nous pas, au moins, de met-les embarcations à la mer ?dit de Morvan ; il n\u2019y a pas de temps à perdre !.\u2014Cela va sans dire.essayons ! Quoique Laurent affectât de ne montrer ni mauvaise humeur ni faiblesse, il était évident pour de Morvan que le flibustier, vaincu par la nature, était à bout do forces, incapables d\u2019un dernier acte de vigueur.\u2014Ce que je désire, Laurent, lui dit-il à l\u2019oreille, c\u2019est que tu fasses entendre ta voix à l\u2019équipage.le reste me regarde.Encore un mot.Que faire des blessés qui encombrent la batterie ?Nous avons vingt hommes mortellement atteints.comment les embarquer avec nous ?Enfin, nous verrons.l\u2019essentiel, pour le moment, c\u2019est de mettre la chaloupe à flot.De Morvan descendit alors dans la chambre que déjà la mer commençait à envahir, et appela : Fleur-des-Bois ! \u2014Me voici, mon chevalier, répondit Jeanne qui sortit tout aussitôt de sa cabine.\u2014Tu donnais, Jeanne ?\u2014Oui, mon chevalier, je dormais, répéta la jeune fille avec embarras.\u2014Vite sur le pont, ma sœur, la frégate va 14 LE SAMEDI couler bas !.On met les embarcations à la mer !.De Morvan fut fort étonne de retrouver son matelot, qu\u2019il croyait avoir laissé dans un e'tat de prostration complète, occupé à stimuler le zèle et l\u2019activité de l\u2019équipage.Les flibustiers, sous l\u2019influence de l\u2019ivresse, écoutaient distraitement la parole jusqu\u2019alors si puissante de leur capitaine, et ne paraissaient guère disposés à lui obéir.\u2014Enfants, leur dit Laurent, je me sens encore assez d\u2019énergie pour vous éviter l'affreuse agonie que votre lâcheté vous prépare !.Mes amis, je m\u2019en vais mettre le feu aux poudres !.Adieu ! Ces mots prononcés avec solennité tirent une vive impression sur l\u2019équipage ; deux ou trois flibustiers se levèrent avec l\u2019intention de retenir Laurent.\u2014Malheur à celui qui tentera de s\u2019opposer à l\u2019exécution de mon projet ! s\u2019écria-t-il en portant la main à ses pistolets, je lui bride la cervelle ! L\u2019aventurier s\u2019éloigna d\u2019un pas lent et majestueux.\u2014Fais semblant d\u2019avoir peur et demande-moi grâce pour l\u2019équipage, dit-il à voix basse et rapidement en passant auprès du chevalier.De Morvan comprit tout de suite l\u2019intention de son matelot, et s\u2019y associa avec une rare présence d\u2019esprit.\u2014Capitaine ! s\u2019écria-t-il en se précipitant vers Laurent, je vous en supplie, attendez encore ! Je n\u2019ai point refusé de vous obéir moi ! Je ne mérite donc pas île partager le sort de ces misérables lâches ! Avant d\u2019accomplir votre fatale résolution, laissez-moi tenter d\u2019affaler un canot à la mer.de me sauver ! Laurent parut hésiter, et de Morvan reprit avec une feinte chaleur croissante : \u2014Capitaine, la vie est une trop belle chose pour qu\u2019on la sacrifie sans lutter.Qui m\u2019assure que je ne rencontrerai pas un navire ?.et qu\u2019avant un mois d\u2019ici, placé à la tète d\u2019un vaillant équipage, je ne dépouillerai pas quelque riche galion espagnol ?.Quelle joie j\u2019é \u2022 prouverai lorsqu\u2019entouré d\u2019or, de femmes, d\u2019esclaves et à même de satisfaire mes moindres caprices, je pourrai me dire : C\u2019est à mon seul courage que je dois mon bonheur !.Une dernière fois, copitaine, je vous en conjure, avant de donner suite à votre horrible détermination, permettez que je m\u2019embarque !.\u2014Laissez-moi vous accompagner, maître ! dit Alain.Laurent se mit à réfléchir, tandis que le chevalier, affectant une vive anxiété, le suppliait du regard de ne pas repousser sa prière.\u2014Matelot, répondit enfin le flibustier, ta demande est juste.Je t\u2019accorde dix minutes pour mettre un canot à la mer.Aussitôt, l\u2019équipage se précipita aux embarcations : Laurent haussa imperceptiblement les épaules d\u2019un air de méprisant mépris.\u2014 Les hommes sont dus enfants, murmura-t-il.Il faut pour les dominer et les conduire, non pas leur être supérieur en force et en intelligence, mais seulement connaître leurs faiblesses et s\u2019adresser à leurs mesquines passions.Bêtes brutes qui m\u2019obéissent parce qu\u2019ils ont peur, et à qui la peur empêche de songer que la soute aux poudres est noyée, et qu\u2019il m\u2019eut été impossible d\u2019accomplir ma menace !.La frégate possédait trois embarcations : une chaloupe et deux canots.L\u2019équipage songea naturellement d\u2019abord à la c-\t¦, placé entre le grand mât et ce- lui d\u2019artimon ;mais, hélas ! à peine les palans l\u2019eurent-ils soulevée à une hauteur d\u2019un demi-pied, quelle s\u2019ouvrit en deux : sa coque était criblée de mitraille.Lu canot suspendu à tribord n\u2019avait pas moins souffert que la chaloupe : atteint par plusieurs boulets, il était complètement hors d\u2019état de servir.Cette découverte accabla l\u2019équipage.Les mêmes hommes qui naguère refusaient de tenter un dernier effort pour se sauver, se désolaient alors à la pensée qu\u2019ils ne pouvaient éviter leur destinée.De Morvan courut au canot maintenu à l\u2019arrière, et qui était resté pendant tout le temps du combat à peu près à l\u2019abri des Espagnols,puisque la frégate n\u2019avait reçu aucune bordée en enfilade ; il le trouva intact.En moins de cinq minutes il fut lesté d\u2019une barrique d\u2019eau, du quelques provisions de bouche et mis à la mer.Quoique la fureur des vagues apportât de grandes difficultés à cette manœuvre, elle réussit complètement.Deux flibustiers, s\u2019affalant à un cordage, entrèrent dans l\u2019embarcation, fixèrent le gouvernail et disposèrent les avirons.\u2014Allons, Fleur-des-Bois, dit Laurent, le temps est précieux ; ton chevalier Louis a fait préparer un cartahu pour faciliter ton em-barquement, et te conserver à mon amour.Hâte-toi ! Fleur-des-Bois, avant de s\u2019asseoir dans le fauteuil qui devait la descendre dans le canot, hésita : \u2014Et les malheureux blessés qui sont dans la batterie ?dit-elle.\u2014Tais-toi, s\u2019écria Laurent ! ne vois-tu pas que ce canot est déjà trop petit pour nous contenir tous ?Les exigences de la guerre sont parfois terribles, inexorables !.Nous devons ne plus songer à ces infortunés et essayer de nous persuader qu\u2019ils sont morts pendant le combat.Laurent saisit Jeanne et lui fit prendre place, presque de force dans le fauteuil.De Morvan frémit en voyant la pauvre enfant manquer plusieur fois d\u2019être enlevée par les vagues et précipitée dans la mer.Quant à Jeanne, quoiqu\u2019elle fût pâle, son regard resta constamment attaché, avec une douce expression de sérénité, sur le jeune homme.Elle devinait les angoisses de son chevalier Louis et,\u2014tout en payant son tribut à la peur,\u2014 elle se sentait heureuse.Elle atteignit enfin sans accident le canot.Une heure plus tard, deux hommes restaient seuls à bord, Laurent et de Morvan.\u2014Je crains, matelot, dit froidement le flibustier, que pendant le temps que prendra notre embarquement, la frégate ne coule bas et n\u2019entraîne avec elle le canot.Le fait est que, rendu extrêmement difficile par la fureur de la mer, par les précautions qu\u2019il fallait prendre afin d'éviter que le frêle et léger canot ne se brisât contre la hanche du navire, l\u2019embarquement de chaque naufragé exigeait bien dix minutes.Les deux jeunes gens, vu surtout leur état d\u2019épuisement et la gêne que leur occasionnaient leurs blessures, ne devaient pas espérer de mettre moins d\u2019un quart d\u2019heure pour rejoindre leurs compagnons.Or, il y avait cent à parier contre un que la frégate sombrerait avant que ce temps ne fût écoulé.\u2014Matelot, dit de Morvan, la religion, qui défend lu suicide, ordonne le dévouement.En nous sacrifiant pour sauver nos semblables, ce n\u2019est pas un crime que nous commettons, c\u2019est un devoir que nous accomplissons.Le jeune homme se pencha en dehors dus bastingages, et, réunissant toutes ses forces : \u2014Ohé ! du canot ! s\u2019écria-t-il d\u2019une voix qui domina le bruit de la tempête, la frégate va sombrer ; largue tout et pousse au large ! Fleur-des-Bois, adieu ! Se retournant, ensuite vers le flibustier : \u2014Matelot, continua-t-il avec une sublime simplicité, je te demande pardon d\u2019avoir, sans te consulter, disposé de ta vie, le temps pressait.\u2014Chevalier, ré \" Laurent, qui tendit avec émotion sa main à son compagnon d\u2019infortune, tu es un héroïque jeune homme, un noble cœur !.Je t\u2019approuve !.Tous les deux nous saurons mourir ; toi, soutenu par ta vertu : moi, par mon profond dégoût de la vie !.Pendant que Laurent parlait, une scène terrible et touchante se passait dans le canot.A peine les flibustiers embarqués eurent-ils entendu les paroles de de Morvan, qu\u2019ils s\u2019empressèrent d\u2019obéir : ils poussèrent au large- Déjà entraînés par la lame, ils se trouvaient éloignés de prés de deux encablures de la 1 rugate, lorsque Fleur-des-Bois, un moment anéantie par la douleur et la surprise, se leva de dessus le banc où elle se tenait assise, et s\u2019adressant aux flibustiers avec toute l\u2019énergie du désespoir : \u2014Mes amis, leur dit-elle, je vous en conjure, retournez à la frégate.Quoi 'auriez-vous l'indélicatesse, la cruauté de laisser mourir celui qui n\u2019a pas hésité à se dévouer pour vous ?Ce serait une honte dont vous ne vous laveriez jamais et qui vous suivrait partout.Allons, un bon mouvement ; à la frégate ! Ne donnez pas le droit aux Frères de la Côte de dire en vous voyant passer : Voici les laches ipii ont abandonné leur capitaine ! Du courage ! à la frégate ! Fleur-des-Bois s\u2019était exprimée avec une si touchante énergie, elle montrait, debout au milieu de l\u2019embarcation et exposée à être enlevée par une vague, un courage si extraordinaire pour son sexe, elle (-tait surtout d'une si admirable et si éblouissante beauté- dans son désordre, que les flibustiers, fascinés, subjugués, arrêtèrent le jeu des avirons.Mais ce bon mouvement de leur part dura peu.\u2014Fleur-des-Bois, lui répondit l\u2019un d\u2019eux, tu sais que nous t'aimons tous, et tu nous as vus assez souvent au feu pour ne pouvoir douter de notre courage.Si nous nous refusons à ta demande, c\u2019est que cette demande est insensée.\u2014Frère-de-la-Côte, s\u2019écria Jeanne, en interrompant le flibustier, tu dois savoir, toi aussi, (pie la sainte Vierge écoute mes prières.Vous vous refusez à m\u2019obéir ?je vais la prier qu\u2019elle nous fasse périr.Je vous maudirai tous.pas un de vous je vous le prédis, ne survivra à son crime.Les flibustiers, ces hommes si calmes sons la mitraille de l\u2019ennemi, si terribles à l\u2019assaut, si indomptables toujours, étaient généralement, comme tous les marins, superstitieux à l\u2019excès ; le langage de Jeanne les impressionna donc vivement.\u2014Mais, Fleur-des-Bois, tu conçois donc (pie nous ne demanderions pas mieux, si cela était humainement possible, (pie de sauver Laurent et son brave matelot, lui répondit le flibustier qui avait déjà pris une première fois la parole.Vois, la frégate s\u2019enfonce à viied\u2019œil: le mieux que nous ayons à faire, c\u2019est d'attendre ici qu\u2019elle sombre.peut-être nous sera-t-il possible de recueillir Laurent et lu chevalier.Cette perspective de salut, invoquée par leur compagnon, et à laquelle ils affectèrent du croire, Ht cesser les irrésolutions des flibustiers.Jus< ' \u2019 s, ils étaient restes stationnaires, autant que leur permettait la lame : ils prirent la haute mer.\u2014Oh ! les lâches ! (pie de temps perdu ! dit Fleur-des-Bois qui retomba à moitié évanouie sur son banc.Alain, pendant toute cette scène qui s\u2019était passée en moins de temps qu\u2019il n\u2019en faut ici A^D 6 51 TÆ SAMEDI 15 pour la raconter.Alain, la tête 1 laissée et les les sourcils contractés, n\u2019avait pas prêté le filoiridre appui à Jeanne, Tout d\u2019un coup, renversant le flibustier assis à ses côtés, il se leva en brandissant une hache : \u2014Païens ! s\u2019écria-t-il, si vous ne retournez pas à la frégate, je vous noie tous ! ha pantomime du Bas-Breton était assez expressive pour se passer de commentaires.11 était facile de comprendre qu'il lui suffirait d\u2019un coup de hache pour défoncer la frêle embarcation, et réaliser sa menace.Dans cette position critique,- les flibustiers ne pouvaient hésiter ; ils obéirent.Lorsque le canot arriva près du navire naufragé, Laurent et de Morvan, appuyés l\u2019un sur l\u2019autre, s'étaient réfugiés sur le Couronne-ment, \u2014Viens, mon chevalier, lui cria Jeanne avec un élan passionné.La position de la frégate, aux deux tiers submergée, et par conséquent bien moins bal-lotée par les vagues, rendait l\u2019embarquement assez facile.Laurent et de Morvan, à peine séparés «lu catibt par une hauteur de quelques pieds, l\u2019accomplirent sans difficulté.\u2014Merci, mes enfants, dit le flibustier qui, ignorant l\u2019intervention de Fleur-des-Bois et d\u2019Alain, crut ne devoir son salut qu\u2019au dévouement de l\u2019équipage.-Fleur-des Bois, disait de Morvan assis auprès de Jeanne et tenant sa main dans les siennes, ma dernière pensée était pour toi ; mais Dieu n\u2019a pas voulu nous séparer ! Il ti permis dans sa bonté infinie que nous mourions ensemble.\u2014Mon chevalier Louis, répondit Jeanne, nous sommes bien jeunes tous les deux pour mourir !.Pourquoi ne pas espérer ?Jeanne parlait encore, quand un cri douloureux et spontané retentit, poussé par les flibustiers.La frégate, dont le canot était à peine éloigné d\u2019une portée de pistolet, venait «le disparaître, avec elle au fond de l\u2019abîme et les malheureux blessés pendant le combat avec le galion, et les trésors pillés à Grenade.\u2014Allons, appuyez sur les avirons et nagez ferme, dit la voix impassible de Laurent, placé h la barre.Qui sait, enfants, si bientôt nous n\u2019en serons pas réduits à envier le sort «le nos compagnons ?Tout est fini pour eux : ils sont morts sans passer par les tortures de la faim et par les angoisses de la soif.Ne les regrettons pas ! Une demi-heure après la perte de la frégate, une nuit profonde enveloppait de ses, épaisses ténèbres la frêle embarcation balancée sur la crête des vagues.Fleur-des-Bois, sa tète appuyée sur l\u2019épaule «lu chevalier, sa main toujours dans celle «lu jeune homme, ressentait un si délicieux accablement, un tel calme d'esprit, tant de bien-être, qu\u2019elle remerciait la sainte Vierge «le son bonheur.IV La nuit qui suivit la perte de la frégate fut affreuse pour les naufragés réfugiés dans le canot.La tempête, loin «le se calmer, paraissait augmenter «le violence.A chaque instant, l\u2019embarcation manquait «le chavirer.Une fois familiarisés evec leur position, les flibustiers ne firent entendre ni un murmure, ni une plainte : l\u2019habitude du «langer, lt\u2018 mépris de la vie, remplaçaient en eux la résignation chrétienne qui leur _\t' ; ils n\u2019avrient que le courage de la brute, mais ils le possédaient au dernier dégré.A chu«|ue lame \u201d1\t*'* '/flONTFÇEAt ¦X VC\u201d* FABRICANTS DE Foeles, Fournaises ümS 11 BoFEEnU Ouvrages de Plombier, Ferblantier et Réparage de Poêles promptement exécutés.LE POT \u201cJEWELL RANGER\u201d Exx fox*nx© de Cex*cle EST LE MEILLEUR DU MONDE 244- RUE SAINT - 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