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Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 31 août 1889
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
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Le samedi, 1889-08, Collections de BAnQ.

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[" VOL.I.\u2014NO.12 MONTREAL, 31 AOUT 1889.ASSTJRAITOE OOKTEE LE FETJ ET POTJE LA -VIE ItrüSTU FLAMMECHE DE LOCOMOTIVE) I Le Numéro, 5 Cts.I Par Annee, $2.50.\t; A - .Elle.\u2014J\u2019ai quelque chose dans l\u2019oeil Lui.\u2014C\u2019est une étincelle : la voilà.Mais je 11\u2019ai pu vous ôter celle qui me brûle les deux y eux y.^ !«iSM i a .æ i- KKvrVi V; : iiWll! m mmm V ^ A WSSSSÊÊ mm mm mm, wm.mm w'/wmfc.A- \u2022.K' ¦' a 2 LE SAMEDI %$¦ Hitmcxlt IJOTJBE'AL S:S3B3DOIÆ^.r)_A.ia»23) PUBLICATION LITTÉRAIRE, HUMORISTIQUE, SCIENTIFIQUE ET SOCIALE, O\tX)TJ* FOTES XïOIÆEST'ISTT'E, REDACTEUR: LIONEL DANSEREAU Un An, $2.50.\u2014 Six Mois, $1.25 STRICTEMENT PAYABLE D\u2019AVANCE.Pi*Ijk dtx Nxuuex'O, 5 CLalh.S\u2019adresser pour les iuforinations, les abonnements et les annonces aux gérants, MM.Poirier, Bessette A Neville, No.(>9 Rue St Jacques, ou par lettre h LA SOCIÉTÉ DE PUBLICATION DU \u201cSAMEDI,\u201d Montréal.MONTRÉAL, 31 AOUT 1889.CHASSE-SPLEEN La politique est l\u2019art d\u2019être à côté de la question.La calomnie est un mensonge qui a fait ses dents.Il y a des vieilles scies qui ont des dents de sagesse.Un pauvre reconnaissant serait généreux s\u2019il était riche.Bien des cordonniers n\u2019aimeraient pas à être jugés par leurs paires.Tout est permis en amour : mais la llirtation n\u2019est qu\u2019un demi permis.L\u2019expression \u201c Saucissons crus de Lyon,\u201d est plus vraie qu\u2019on ne pense.La santé vaut mieux que la richesse ; mais la richesse est une invalide bien intéressante.Les femmes qui se servent de poudre ne partent pas plus vite que celles qui n\u2019en usent pas.Dans la cuisine révolutionnaire, les niais font le plum-pudding, et les habiles le mangent.Un ivrogne parlant de son verre :\u2014Quand il est plein je le vide, quand il est vide je me plains.On bâtirait un beau temple à la justice avec toutes les pierres que les pêcheurs jettent à l\u2019innocence.Les champignons ne poussent qu\u2019après un «rage; c\u2019est pour cela probablement qu\u2019ils viennent en parapluie.A présent que nous avons le pavage en bois, il sera extrêmement imprudent de dire d\u2019un cocher qu\u2019il a brûlé le pavé.Le respect est une barrière qui protège également le grand et le petit ; chacun de son côté peut se regarder en ftice.Il vient de se former un club de cricket qui s'appelle : Le club des œufs couvés, parce que les œufs couvés ne se battent pas.Il y a, en général, une présomption défavorable contre ceux qui manient de l\u2019argent et aussi contre ceux qui n\u2019en manient pas.\u201c La parole est d\u2019argent et le silence est d\u2019or,\u201d mauvaise maxime que les membres du barreau refuseront toujours de reconnaître.Le diamant tombé dans un fumier n\u2019en est pas moins précieux, et la poussière que le vent élève jusqu\u2019au ciel n\u2019en est pas moins vile.Aux Etats-Unis, où Ton est continuellement en élections, on vient de constater qu\u2019il n\u2019y a qu\u2019un seul état douteux : celui du mariage.C\u2019est bien beau d\u2019être l\u2019architecte de sa propre fortune; mais j\u2019aimerais mieux être l\u2019architecte d\u2019un autre monsieur dont la fortune est déjà faite.Si vous voulez être bien reçu d\u2019une femme, profitez du moment où tout le monde vous écoute pour lui dire que vous êtes do vieilles connaissances.Inconséquences de la langue française ! Si vous voulez décrire un malheureux vous le faites coucher sur la paille; si vous voulez parler d\u2019un homme riche, vous mettez du foin dans ses bottes.Il vient de se former une compagnie pour utiliser tous les puits abandonnés.Elle les coupera en sections de trois pieds et les revendra aux compagnies de télégraphe, de téléphone et d\u2019éclairage électrique pour faire des trous de poteaux.Une jolie coquille cueillie dans un journal : \u201cNous sommes heureux d\u2019apprendre à nos lecteurs que M.X.va beaucoup mieux.L\u2019appétit est revenu, et, avec beaucoup de foins, notre digne ami aura bien vite recouvré ses forces.\u201d Un Américain défalcataire qui est venu enrichir la colonie de Montréal disait à son fils : \u2014Vois-tu, voilà le vrai chemin pour arriver à la fortune ; tu prends à droite, tu prends à gauche, et puis tu prends devant toi.Le Bey d\u2019Alger ayant appris que le Bey-dc Tunis, qui avait perdu son trône, avait le secret de convertir les plus vils métaux en or, lui restitua ses Etats en échange de son secret.Le Bey de Tunis remplit sa promesse et lui envoya une charrue, la base de la richesse nationale.Un banquier disait un jour devant Alexandre Dumas, père : \u2014Les artistes doivent être pauvres.\u2014Oh ! monsieur, c\u2019est beaucoup dire, répliqua Dumas.C\u2019est comme si Ton disait que les banquiers ne doivent pas avoir d\u2019esprit.L\u2019ART DE FAIRE BON MENAGE Trouvé dans un vieux bouquin à relieure de parchemin renfermant les écrits du fils de Brahma.C\u2019est encore la base de la loi qui régit le ménage dans les Indes.1.\tIl n\u2019y a pas d\u2019autre Dieu sur la terre pour la femme que son mari.2.\tSi son mari rit, elle rira ; s\u2019il pleure, elle pleurera.3.\tSi son mari s\u2019absente, elle doit jeûner, coucher par terre et s\u2019abstenir de toute toilette.4.\tSi son mari la gronde, elle doit le remercier de ses bons conseils.5.\tS'il Ta bat, elle doit lui prendre les mains, les baiser respectueusement (et lui demander pardon d\u2019avoir provoqué sa colère.6.\tSi le mari est trompé par sa femme, il peut la brûler, ou la crucifier.Et voilà ! C\u2019est court, n\u2019est-ce pas, chères lectrices, et cependant je doute fort que cette loi ait le don de vous plaire.Cependant, il n\u2019y a jamais de chicane aux Indes.Un mot sur un avare devenu complètement aveugle : \u2014C\u2019est singulier, si aveugle.et si regardant.LES GASCONNADES Un député gascon a été passer quelques jours en Algérie.A son retour il raconte à ses collègues ses exploits cynégétiques.__Oh ! les lions, dit-il, cela ne me fait pas peur.J\u2019en ai tellement l\u2019habitude ! Ainsi, dernièrement, j\u2019ai trouvé une lionne en me promenant, eh bien ! je lui ai coupé la queue avec mon canif.\u2014Pourquoi no lui avez-vous pas plutôt coupé la tête l \u2014On la lui avait coupée la veille.__Oh ! mon cher, disait un Marseillais, je suis le plus heureux des pères ! Ma fille m\u2019a brodé un tapis de table, et les (leurs paraissent si naturelles qu\u2019on croit respirer l\u2019odeur des jasmins et des violettes ! \u2014Et moi, mon ami, dit le Gascon, c\u2019est bien plus fort ! Ma fille aînée m\u2019a fait un fauteuil en tapisserie avec des guirlandes de roses, et lorsque je m\u2019y suis assis pour la première fois, les épines m\u2019ont piqué ! (Portant la main à la partie blessée.) Bagasse I ça me cuit encore ! Deux commis-voyageurs en quincaillerie vantent les coffres-forts vendus par leurs maisons : Le Marseellais.\u2014Mon patron, il a inventé le coffre-fort incombustible ; pour l\u2019éprouver, on a mis un coq dedans et on l\u2019a fait chaufier à blanc, puis on a ouvert avec précaution et le coq il est sorti en chantant.Le Gasconnais.\u2014Dans ma maison, on a fait une autre expérience.On a mis une poule dans le coffre, puis on Ta placé dans le haut fourneau des forges de Panders.On Ta ouvert quand il allait être en fusion.Le Marseillais.\u2014Je pense que votre poule elle était calcinée.Le Gasconnais.\u2014Non, elle était gelée.Dis-donc, Cabazan, quand tu dors, est-ce que le tonnerre te réveille 1 \u2014Tu badines ?.Le tonnerre, c\u2019est moi qui le réveille, quand ze ronde ! Le capitaine Pamphile, terminant un récit de chasse : \u2014J\u2019avais blessé la bête assez grièvement, et je la suivais avec la ténacité d\u2019un indien, pour l\u2019achever \u201c à coups de crosse ! \u2019\u2019 Or, il s\u2019agissait.d\u2019une alouette ! Un soir, dans une petite ville du midi, un baryton effectuait son troisième début.Du parterre, on lui lance une botte de foin.Sans se déconcerter, notre artiste la prend, la défait et l\u2019éparpille sur le devant de la scène, dans toute la largeur de celle-ci.Puis, s\u2019adressant aux spectateurs,après les trois saluts de vigueur : \u2014Messieurs, annonce-t-il, vous êtes servis.SANS NUAGES Deux amies de pension qui ne se sont pas vues depuis des années se rencontrent sur le Québec.Après les premières expansions, Tune d\u2019elles s\u2019écrie : \u2014Mais vous êtes en deuil, chère amie ! Auriez-vous perdu un proche parent ?\u2014Mon mari, hélas ! Dieu me Ta enlevé après dix ans d\u2019une séparation sans nuages ! BONNE PRÉCAUTION A la gare du Pacifique, un train va partir.Dans un des chars, se trouvent plusieurs chasseurs et un pêcheur à la ligne.\u2014Messieurs, dit un employé, en s\u2019adressant aux voyageurs, afin de prévenir tout accident, le règlement exige que les armes soient déchargées.Au même instant on voit le pêcheur enlever discrètement les hameçons de sa ligne. LE SAMEDI 3 LE SAMEDI La crainte de l\u2019insuccès nous avait induit à donnerai! Samedi de modestes débuts.La chute eut été moins douloureuse.Cette première inquiétude traversée, nous nous livrons ingénuemcnt au plaisir de nous sentir pousser tranquillement, comme tout ce que le bon Dieu à bien voulu laisser germer.Notre floraison, à nous, c\u2019est la clientèle ; et comme tous les jours nous voyons le Samedi enfoncer une racine de plus dans cette publicité qui fait la bonne végétation, nous pouvons aujourd\u2019hui braver un peu plus le grand air et le soleil Voilà ce qui explique l\u2019agrandissement du format avec tous les accessoires du papier et de l\u2019impression de luxe.Nous avons la prétention d\u2019avoir essayé un genre inconnu à la presse française de l\u2019un ou l\u2019autre continent.Nous ne visons ni à l\u2019originalité, ni au bel esprit, ni à la supériorité littéraire des grandes publications en vogue ; mais nous avons adopté une manière particulière d\u2019enrégistrer la gaité du jour dans un format suffisamment considérable et avec une telle variété de sujets, que le Samedi soit,non pas un passe-temps, mais une lecture.Le temps développera les améliorations que nous avons en vue et qui, nous en avons maintenant l\u2019assurance, ne manqueront pus de se hâter.Sarah Bernhurt vient d\u2019étonner le monde parisien en déployant une force de nerfs prodigieuse.On sait quo Da mala, son mari, est mort la semaine dernière, et depuis leur réconciliation les deux époux faisaient un excellent ménage.La grande actrice n\u2019a pas voulu s\u2019éloigner des restes mortels de son mari, elle a même assisté à la pénible opération de l\u2019embaumement.Lorsque le temps de le déposer dans son cercueil fut venu, il fallut descendre le défunt d\u2019un étage dans son fauteuil.D\u2019après le rit grec, le prêtre doit bénir le corps avant son entrée dans le cercueil.Pendant ce trajet et cette dernière cérémonie, Sarah, quoiqu\u2019écrasée par la douleur et pleurant a chaudes larmes, n\u2019a pas cessé un seul instant de lui tenir la tête.LES MARIAGES PRÉCOCES On a vu plus d\u2019une fois la race canadienne ridiculisée pour sa tendance à favoriser les mariages dans la première période de la jeunesse.Voilà maintenant que la société parisienne se range à notre avis, comme nous l\u2019indique l\u2019article suivant du Figaro : En cette saison d\u2019E.xposition centennale et do fêtes sur toute la ligne, la haute société française semble avoir adopté pour refrain de prédilection le : Gai, i/ai, marions-nous / de la vieille chanson des aïeux.Jamais on n\u2019a vu série plus interminable et plus brillante de mariages que cette année parmi l\u2019aristocratie de notre pays,et il n\u2019est guère de familles enregistrées à l\u2019Armorial qui n\u2019aient figuré, depuis quelques mois, sur les bancs de la mairie.Le flambeau de l\u2019hymen est devenu un lustre aux mille branches, et les fleurs d\u2019oranger vont faire prime tant on se les dispute.Le inonde qui fait les beaux contrats et les belles corbeilles de noces a une tendance marquée à marier maintenant ses enfants de bonne heure.Les pères, instruits à l\u2019école des joyeux viveurs de l\u2019Empire, acteurs ou témoins de l\u2019existence à grandes guides qui caractérisait la jeunesse d\u2019alors, sont désireux de préserver leurs fils des écarts auxquels ils ont participé ou dont ils ont été les spectateurs.Ils ont connu les ruines, les désordres, les situations perdues, les blasons compromis, les morts prématurées, résultats de ces belles années jetées à tous les vents, et ils entendent faire bénéficier leur progéniture do l\u2019expérience acquise.Laissant juste le temps à celle-ci de jeter sa gourme, au sortir du volontariat ou de l\u2019école de Saint-Cyr, ils l\u2019enchaînent dans les liens conjugaux et s'efforcent de lui faire trouver l\u2019emour dant le mariage au lieu qu\u2019elle le poursuive en vain parmi les buissons épineux de la route.Le chef de la noblesse de Franco a donné la doctrine et prêché d\u2019exemple sur ce point : vous avez vu, en effet, le comte de Paris fiancer, le mois dernier, son fils le duc d\u2019Orléans, à peine âgé de vingt ans, à la princesse Marguerite d\u2019Orléans.L\u2019impulsion est acquise et le vieux dicton : il faut que jeunesse se passe ! est rayé désormais du code des familles, La jeunesse se passera toujours, hélas ! mais au foyer conjugal et à l\u2019aide des joies permises et fécondes.L\u2019époux n\u2019apportera plus dans la couche nuptiale les restesd\u2019uneardeur qui s\u2019éteint et la classe supérieure cessera de se perpétuer en un sang appauvri.La race redeviendra ainsi forte et vaillante, et lorsque le théâtre voudra incarner un fils des Croisés ou une héritière du Sacré-Cœur, il faudra qu\u2019il nous exibe d\u2019autres types qu\u2019un gommeux rachitique et crachant ses poumons ou une poupée pâlotte et n\u2019ayant plus que le souffle, comme c\u2019est la règle aujourd\u2019hui.D\u2019autre part, vous savez que les mères de notre époque ont évincé de la circulation la femme entre deux âges.Il n\u2019y a plus par le monde élégant de femme de cinquante ans et franchement, il n\u2019y a pas à se plaindre de la disparition de cet être mixte qui relevait du masculin presque autant que du féminin et avait assez l\u2019air le plus, souvent d\u2019un gros monsieur en travesti.La mode des perruques de toute nuance, les teintures faciles, les préparations pour maigrir ou engraisser à volonté, la façon des robes qui n\u2019astreint plus les femmes à une forme exclusive, mais laisse le chemin libre à toutes les fantaisies, ont fait ce miracle.La femme saute maintenant de trente-cinq à quatre-vingts ans et ne connaît plus ce terrible interrègne où, se sentant si désagréable à regarder, elle se faisait si peu aimable à entendre.La période critique de la cinquantaine est esquivée : vous ne rencontrez plus dans les salons que des femmes jeunes ou des douairières, ces adorables douairières avec leurs cheveux blancs comme de la neige, leur indulgent sourire, leurs mains si douces en leurs tons d\u2019ivoire.Les occiputs gris-pommelé n\u2019ont plus cours, pas plus que les bon nets à fleurs et les tire-bouchons.L'et aimable résultat n\u2019est pas sans conséquence sur les mariages du jour.Gardant l\u2019aimable aspect du lendemain de leurs noces, les mères de notre temps en conservent aussi les mêmes habitudes d\u2019existence, la libre allure, le goût du plaisir, le besoin de participer à toutes les manifestations de la mode et, dans ces conditions, la présence de grandes filles auprès d\u2019elles devient un embarras, charmant si vous voulez, mais dont elles souhaitent de s\u2019affranchir le plus promptement possible.Il y a dans la maternité militante à exercer près d\u2019une fille à marier une attitude à observer, une surveillance à pratiquer qui deviennent une gêne de chaque jour pour nos mondaines de qualité.Aussi n\u2019ont-elles qu\u2019un rêve : se décharger sans retard de la responsabilité qui leur, incombe et passer la main à un gendre dans le rôle à tenir envers leur progéniture.De là, l\u2019invention des bals blancs si favorables à la conclusion rapide des mariages.Rien que des aspirants fiancés entrant dans la danse et M.le maire tout prêt pour liquider devant son écharpe les figures du cotillon.Une saison de bals blancs suffit généralement à présent pour amener une jeune fille à la mairie, et quand vous voyez une maîtresse de maison lancer des invitations pour une série de ces fêtes à la fleur d\u2019oranger, vous pouvez vous dire qu\u2019une soirée de contrat en sera l\u2019apothéose.La mode est maintenant à la signature des contrats à grand orchestre.Le beau monde ne célèbre plus les noces le verre en main.Los jouis- sances qui marquaient le jour du mariage ont lieu au paraphement des actes notariés.Etant dominées les habitudes pratiques de notre siècle en matière de mariage, i\u2019usage est plus logique, car ainsi on fête.la dot, ce mobile suprême de la plupart des unions.L\u2019exposition du troussftau et de la corbeille complète la cérémonie.Le3 filles d\u2019Eve à la veille de recevoir l\u2019anneau nuptial ont très habilement imaginé ce moyen pour obliger non seulement leurs fiancés, mais leur parenté et leurs relations, à \u201c éclairer \u201d avec faste le contrat.Le flambeau de l\u2019hymen n\u2019est plus une \u2022vaine figure de rhétorique.L\u2019amour-propre vient aiguillonner la générosité des donataires, car en dehors de l\u2019assistance à l\u2019exposition de la corbeille, la publicité dos journaux apprend ses magnificences urbi et orbi et dénombre la liste des cadeaux avec le nom de ceux qui les ont offerts.Impossible, dès lors, de ne pas délier largement les cordons de sa bourse, sous peine de démériter aux yeux de la galerie.Cette coutume est une importation anglaise.De l\u2019autre côté du détroit, un beau mariage a-t-il lieu ?vite toutes les feuilles en parlent, décrivent la cérémonie, citent les personnes qui composaient l\u2019assistance, signalent les toilettes, énumèrent pièces à pièce les articles du trousseau et indiquent leur orgine et leur provenance.Tel bijou a été offert par M.X.; tel autre par Mme 7a.et ainsi jusqu\u2019à l\u2019épuisement des écrins, des coffrets, des richesses de toute espèce de la mariée.Rien n\u2019est omis.C\u2019est donc à tort qu\u2019on accuse la presse française d\u2019avoir inventé l\u2019indiscrétion en matière de corbeilles de noces.Les journaux anglais, là, ont tiré les premiers.Devant les comptes rendus féeriques dont sont l\u2019objet les expositions de corbeilles de noces, la masse s\u2019imagine volontiers que les contrats do mariage parmi le monde aristocratique recèlent des chiffres fabuleux.Considérant la situation des familles qui s\u2019allient, leur grand état do maison, la splendeur des cadeaux de noces, on se figure que ce sont des millions qui s\u2019additionnent à des millions sur l\u2019acte passé devant Me Corbin et Me Lebègue, son très cher collègue, comme dit la chanson.Il faut en rebattre de ces illusions dorées.C\u2019est une règle dans l\u2019aristocratie de ne point dépasser un certain taux pour les dots.Très souvent même, elle ne se donnent qu\u2019en rentes, et quinze à vingt-cinq.mille francs l\u2019an sont chiffre consacré.Le logement donné au nouveau couple est généralement le corollaire de la dot.On estime qu\u2019un jeune ménage a tout profit à ne pas être à la tête d\u2019un état de maison trop considérable et qu\u2019il faut réserver les capitaux pour l\u2019établissement des enfants à venir.Les gros sacs en dots sont laissés à celles qui n\u2019ont pas de parchemins à y joindre et sont réduites à les acquérir par contrat de mariage.\u201c Il est tout juste qu\u2019elles paient la couronne qui arrive à leur trousseau, disait Mlle de N.; nous, nous la tenons de famille, c\u2019est une économie pour la corbeille de noces.\u201d Les apports matrimoniaux qui se chiffrent par millions sont tout à fait exceptionnels parmi l\u2019aristocratie française, et lorsqu\u2019ils se produisent, c\u2019est presque toujours à titre d\u2019héritage déjà possédé par les conjoints.Les nouveaux ménages jouissent de la grande installation, à la vilfe et à la campagne, de leurs parents, participent à leur faste et n\u2019ont guère à dépenser leurs revenus que pour leurs frais de toilettes et leurs fantaisies de poche.Il n\u2019est point nécessaire, dans ces conditions, d\u2019avoir des centaines de mille francs par an à sa disposition pour faire belle et digne figure dans le monde.Quand, donc, vous voyez signer parmi l\u2019aristocratie un contrat ultra-doré, soyez sûr qu\u2019à la source de ce pactole se trouve, à plus ou moins de distance, une caisse d\u2019industriel ou de banquier.Entre familles pures de tout alliage dans leur ascendance, on se donne le lustre de ne point enfler le chiffre de la dot lorsqu\u2019on marie ses enfants, car on trouve que bon sang suffit à la besogne.Mais ces familles là se font de plus en plus rares, en notre temps de pêle-mêle social, et ce ne sont pas messieurs les notaires qui s\u2019en plaignent I 4 LE SAMEDI LA RENCONTRE D\u2019UNE BOUTEILLE ET D\u2019UN TIRE-BOUGHON siaanT mWM ijiÆ»' 1/1 >>\u2022 i >'iii/V?SS jWai » -ç «¦SfSSM ¦iraefeAu yl®NnWfw, iiiiiniuiimiiii igmr' .I Premier voyageur.\u2014Pristi ! j'ai oublié mon tire-bouchon.Il See nul voynyï nr.\u2014 Pardon, monsieur, mais comme j\u2019ai oublié ma petite provision, mou tire-bouchon est à vous.\u2014 Attendez III je vous donne un coup de main.VMM.!* mm mm*/.wmwMk wmm mm jtummmmmmm' \\UIUlUUH*efa \\nwm I IV \u2014Bigre ! C'est plus qu\u2019un coup de main qu\u2019il faut.Allons y du pied.LES DIFFICULTES DH LA LANGUE FRANÇAISE Un étranger se vante de connaître assez bien le français pour être certain de ne pas faire une faute d\u2019orthographe en écrivant une phrase quelconque.On parie un dîner.Ecrivez, dit notre ami, et il se met à dicter une simple phrase.Un instant après, l\u2019étranger lui montrait les lignes suivantes : \u201c J\u2019ai vu cinq moines, cinq d\u2019une corde, cnn/ de corps (it d\u2019esprit, et portant (bins leur cinq le cinq du cinq père.\u201d L\u2019étranger n\u2019a jamais voulu pajer le dîner ; il a été impossible de lui faire comprendre qu\u2019il avait perdu.EN FAVEUR DES SOULIERS JAUNES (Pour le Samedi) Cet été, l\u2019industrie a perdu tout courage Parceque le cuir jaune a le haut du pavé ; Le soleil est tout seul à faire le cirage, Et le frotteur dê botte est pis qu\u2019un décavé.V \u2014Au revoir, Menard ! NOS BELLES MERES Une belle-mère, un peu souffrante, a fait venir le médecin.Après lui avoir tâté le pouls, le docteur lui fait ouvrir la bouche.: \u2014 Bien mauvaise langue ! exclama-t-il.\u2014Oh ! réplique le gendre, qui est présent, ça ne prouverait pas du tout qu\u2019elle fut malade !.Pris sur le vif :\u2014Une belle mère est très malade ; le gendre cause avec le médecin dans une encoignure : \u2014Eh bien, docteur!.\u2014Elle est très malade.mais elle peut aller encore trois ou quatre ans.\u2014C\u2019est affreux.souffrir ainsi.si longtemps, j\u2019aimerais mieux la savoir morte.\u2014Vdus m\u2019étonnez.\u2014-Quoi ?C\u2019est pourtant bien naturel.Un cornac arrive avec son éléphant dans une ville canadienne.Aussitôt il fait afficher sur tous murs: \u201cGrand concert de musique de chambre.\u201c L\u2019éléphant jouera l'allegro de Chopin comme \u201c un premier prix du conservatoire.\u201d Le bureau de location est pris d\u2019assaut.On s\u2019entasse dans la salle.Enfin, l\u2019éléphant arrive!.Mais à peine a-t-il touché le clavier du bout de sa trompe, qu\u2019il pousse un hurlement et s\u2019en va.Réclamation du public.Alors le cornac : \u2014Messieurs et mesdames, vous voudrez bien nous excuser.L\u2019éléphant était dans les meilleures dispositions; mais un événement fâcheux le prive de tous ses moyens.En s\u2019approchant des touches du piano, il a reconnu les dents de sa belle-mère ! Les farces sur les belles-mères sont aussi usées qu\u2019injustes.Continuons à les enrégistrer cependant pour l\u2019histoire.Ainsi, nous trouvons cette réclame, lue sur l\u2019écriteau que porto à son cou un aveugle du Carré Victoria, sourd-muet et manchot : \u201c Passants, prenez en pitié l\u2019infortuné que vous avez sous les yeux.Il a été mis en cet état par sa belle-mère ! \u201d \u2014Je n\u2019ai jamais vu un chien comme celui que tu m\u2019as vendu.11 ne mange que du steak et il ne boit que de la bière.Où l\u2019as-tu pris ?\u2014C\u2019est tout naturel, je l\u2019ai acheté d\u2019un mendiant.LES DANGERS DE LA PLAISANTERIE Client.\u2014 Comment vendez-vous le sucre aujour d\u2019hui ?L\u2019épicier.\u2014Comme de coutume, à la livre.Le client.\u2014A la livre! C\u2019est malheureux, comme j\u2019en veux dix livres, je vais être obligé d\u2019aller chez le voisin.JUGÉ PAR SON PAIR A la veille de se marier, Raoul est sombre et rêveur.\u2014A quoi songes-tu donc 1 lui demande un de ses amis.Raoul, d\u2019un air navré : \u2014Quand je pense que j\u2019aurai, peut-être, un fils comme moi ! Les domestiques d\u2019une maison de la ruo St.Hubert, se disputent bruyamment.\u2014Comment, dit la cuisinière au cocher, tu as mis les bottines de monsieur, tu vas te balader toute la nuit, tu te grises, tu parles politique.Ah ! ça, tu te crois donc le monsieur lui-même ?Je vais l\u2019avertir que tu abuses de lui.285065 92544 LE SAMEDI 5 LES HISTOIRES ZD\u2019TTHSTE PLACE E\u2019E^AXJ fl.it Mi WMM\\ ! i H mm LE SEUL JEUNE HOMME DE L\u2019HOTEL La scrne se passe sur la varanda de l'hôtel.Il est sis-, heures et demi du soir.Maud, accoudée nonchnlament dans l\u2019attitude d\u2019une désœuvrée qui est là depuis deux heures, regarde arriver M.Smith qui vient de la grève.Ne vous collez pas l\u2019oreille sur son gilet, car vous entendrez des battements de cœur à tout rompre : elle a laissé la salle à dîner à la course, pareeque son siège a vue sur la plage.Elle se parle à elle-même tou; essoullée : \u2014Juste à temps\u2014le voilà\u2014je ne lui ni pas encore parlé\u2014depuis qu\u2019on nous l\u2019a présenté\u2014 ce matin\u2014le dessert paraissait pourtant bon ! (Lejeune Smith entre) J failli.\u2014 l\u2019onsoir, M.Smith ; avez-vous fait bonne pêche ?11 fait si beau, n\u2019est-ce pas ?Je jouis si bien de ce temps-là que je ne puis pas medéci der à aller diner.L\u2019air est si pur, si frais ! Croyez-vous réellement qu\u2019il va faire froid cette nuit?( Smith essaie vainement de.placer un mot \u2014 mais entre Anna tout d'un bond, comme une personne se croyant seule qui cherche quelque, chose et qui s'arrête, soudainement a/très l'avoir trouve.) Anna (avec une pointe de malice).\u2014Je te cherchais.Est-tu malade, ma chère ?Pourquoi as-tu laissé ton dîner si subitement ?(La pauvre Maud ne sait p/usoùse mettre.Cri de surprise d'Anna) Oh ! vous voilà M.Smith ?C\u2019est bien laid do votre part de nous avoir laissé toute la journée ! Et puis, vous savez.(Le pauvre Smith ne peut y fourrer une seule interruption.Soudain, font irruption en tourbillon, Aynès, Ada, Clara, Cora et Dora, tonies éga-Icment interdites à la vue de J/.Smith.) Toutes ensemble\u2014Quoi ! M.Smith est ici ! (L'autre porte expédie sur la veranda Edna, Emilie, El la, Ethel, Eva, et\u2014) En chœur aussi.\u2014Quoi, M.Smith ici ! Agnès et Anna (en avant)\u2014N\u2019est-ce pas une mag.Edna et Ella (en arrière) \u2014 .nifique soirée 1 Aynès, décidée à garder l\u2019avantage de la position : \u2014Nous sommes si heureuses d\u2019avoir vo.Edna, Ella (également décidées)\u2014.tre compagnie ce soir ! Edna, Aynès, Ella, Anna ( d\u2019accord sur un point)\u2014Pareeque vous savez.Les autres.\u2014Oh ! oui, vous savez.Toute la troupe (en chœur)\u2014Vous êtes le seul jeune homme ici.(Puis rentrent Gertrude, Ida, Julia, Laura Mabel, Marie qui se joignent aux autres pour exécuter le morceau suivant : Aonks, 1\t1 oh ! \\\ta I\tbelle\tI\t\"\t Anna.\tMr.\teu\tsunerhe\t\t Kd.na.\t1\t1 Smith 1\tune ' magnifique\t\t1 journée\ti Km, %.\tf\t\\\t1 v\thanimntc\t\t1 cl M.irii.\tAVOZ-\teu
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