La tribune, 29 janvier 2000, Cahier 7
[" Arts et spectacles Maaazlne Weekend La Tribune \u2022+* Sherbrooke samedi 29 janvier 2000 CAHIER Bourlinguer Cinéma Livres Resto Le beau rôle de Frollo Sherbrooke Le personnage de Frollo, l\u2019archidiacre de Notre-Dame, peut sembler un peu ingrat à première vue: imaginez un ecclésiastique dévoré par sa passion pour une femme -la belle Esmeralda- et en même temps habité par son aversion pour les sans-papiers, ces pauvres hères qui dorment sur le parvis de l'église.Mais pour Robert Marien, Frollo est un personnage plus qu\u2019intéressant dans le spectacle musical Notre-Dame de Paris, tiré du roman de Victor Ffugo, puisqu'il est celui par qui l\u2019action arrive.«L\u2019intérêt du personnage c\u2019est qu\u2019il est celui par qui l\u2019histoire arrive, parce que s'il n'était pas là il n\u2019y aurait pas de drame, pas de conflit et dans ce cas-ci le conflit est entre l'Église et la morale, entre la chair et l\u2019esprit», explique l'ac-teur-chanteur, en entrevue depuis Ville de La Baie où était présenté Notre-Dame de Paris, il y a deux semaines.«Et pour moi, c\u2019est intéressant de voir sa descente aux enfers», ajoute-t-il, au sujet ce personnage dont le cynisme lui vaut de finir étranglé par Quasimodo, le sonneur de cloches.10 représentations à Sherbrooke Le public de la région pourra voir Notre-Dame de Paris au Centre culturel de l'Université de Sherbrooke à compter de mercredi et jusqu\u2019au 11 février.En tout, 10 représentations seront données ici, ce qui portera à au-delà d\u2019une centaine le nombre de spectacles donnés par la troupe actuelle au Québec.«Le texte des cathédrales, c\u2019est l\u2019homme désirant s\u2019élever et qui, en même temps, a des désirs d'homme à travers le personnage d'Esme-ralda, qui est pourtant un être pur et naturel.Elle fait se remettre en question non seulement Frollo, mais Phoebus et Quasimodo», explique l\u2019artiste, qui connaît bien l\u2019oeuvre de Victor Hugo pour avoir également joué le rôle de Jean Valjean dans Les Misérables, autant en français qu\u2019en anglais.Le spectacle présenté en Estrie, de même que dans plusieurs autres régions du Québec, est donné par la deuxième dïstribution québécoise de Notre-Dame de Paris qui, outre Robert Marien, est formée de France d'Amour, Mario Pelchat, Sylvain Cossette.Charles Biddle jr, Pierre Bénard-Conway et Natasha Saint-Pierre, sans compter une imposante équipe de danseurs.«Ce spectacle est important pour le Québec, dans la mesure où c\u2019est un spectacle promu par des Québécois qui a connu un succès francophone.Il est intéressant de voir des choses qui commencent au Québec et qui se retrouvent à l\u2019étranger, cela confirme l\u2019idée du talent qu\u2019on développe ici», estime Robert Marien, au sujet de cette oeuvre, signée Luc Plamondon et Richard Cocciante, créée au Palais des congrès de Paris en septembre 1998.Et comment expliquer le succès de Notre-Dame de Paris, une histoire qui, après tout, est tirée d'un grand roman historique du XIXe siècle et qui a somme toute peu à voir avec notre époque.«C\u2019est à cause de l'histoire, de la façon dont on l\u2019aborde.L\u2019oeuvre de Victor Hugo est facilement adaptable, parce qu'il parle de l\u2019homme, de ce qu'il est et, d'une façon, on peut dire que les cathédrales ce sont les hommes.», répond Facteur-chanteur.«Et en même temps, Luc Plamondon a fait quelque chose sur le désir, qui est un des grands thèmes universels comme l'amour, la haine, les conflits».Selon Robert Marien, le «souffle» du romancier de Notre-Dame de Paris est tel qu\u2019il a permis à l\u2019auteur du livret d\u2019extrapoler le langage parlé pour en faire une oeuvre chantée.La même vision que le Cirque du Soleil L\u2019oeuvre de Plamondon et de Cocciante a d'ailleurs récolté de nombreuses récompenses, dont la Victoire du Spectacle de l\u2019année et la Victoire de la Chanson de l\u2019année (pour «Belle») en France, le World Music Award de l\u2019album en français le plus vendu dans le monde, de même que huit Félix au Québec en 1999.Le succès de Notre-Dame de Paris, tant ici qu\u2019en Europe, fait d'ailleurs dire à Robert Marien que ce spectacle favorisera le développement du théâtre musical au Québec.«C\u2019est un projet qui en fera naître d\u2019autres, notamment en théâtre musical», croit l\u2019artiste, qui est aussi conseiller pour le développement du théâtre musical au Collège Lionel-Groulx, à Sainte-Thérèse.«Il faut une salle à Montréal qui soit consacrée à ça! Il faut être visionnaire, car au niveau francophone tout le marché est à faire, on doit avoir la même vision que le Cirque du Soleil et avoir un lieu permanent pour se consacrer à ça!» Marina Orsini a joué avec bonheur Robert Marien dans Notre-Dame de Paris «Dr Lucille» Mcmtréal (PC) Marina Orsini n\u2019a que de bons souvenirs de la dernière année qui vient de passer.Elle eu l'occasion de travailler pour la première fois avec Robert Favreau, réalisateur du long métrage Les Muses orphelines, et Georges Mihalka.réalisateur du téléfilm Dr Lucille, dont elle interprète le rôle-titre.«Ce fut une année de beaux projets et de belles rencontres.» En Afrique du Sud, le tournage de Dr Lucille a aussi permis à Marina de jouer aux côtés de Facteur italien Massimo Ghim, qui y incarne le personnage du docteur Piero Corti, le mari milanais de la chirurgienne montréalaise Lucille Teasdale.Sur ce même tournage, la comédienne a aussi travaillé avec Facteur américain Lou Gossett Jr., qui a gagné un Oscar à titre de meilleur acteur de soutien pour son rôle dans An Officer and a Gentleman.C\u2019était aussi la première fois que Marina se rendait aussi loin et pour une aussi longue période de temps (deux mois) pour jouer dans un film.«J\u2019aime beaucoup aller travailler en locations, où je ne fais que ça pendant une certaine période de temps.J\u2019aime cette vie-là», déclare Marina.Munie de son appareil photo et de sa caméra vidéo, la comédienne a rapporté de précieux souvenirs de son tournage en Afrique.«J'ai d'ailleurs monté deux albums de photos, sous lesquelles j'ai écrit des anecdotes.J\u2019ai de plus cinq heures d\u2019enregistrements vidéo.C\u2019est un making of intime et personnel du film, avec toutes les folies et les dîners qu'on faisait dans les chambres des uns et des autres.Ça représente beaucoup de bons souvenirs.» A Pretoria, la production de Dr Lucille a eu la chance de trouver une ancienne léproserie du début du siècle abandonnée depuis quatre ans.' P' A Photo Le Nouvelliste «De la façon dont les pavillons étaient aménagés, on se serait vraiment cru sur le site de Lucille et Piero.Nous avons vraiment frappé dans le mille.Reconstituer un endroit comme celui-là aurait doublé le budget du film.Ce qui est plus fantastique encore, c\u2019est que ce site-là, après le tournage, a été repris par des gens qui en feront un centre de soins pour de jeunes sidéens en phase terminale», souligne Marina.La vie de Lucille et Piero bouleverse et stimule la comédienne.«Faire en sorte que le plus de monde possible connaisse cette histoire-là, c\u2019est important parce que c\u2019est incroyable ce que ces deux-là ont réussi à faire.À eux seuls, ils ont soigné, soulagé et pris soin d\u2019un pays en détresse, qui l\u2019est encore.Vers la fin des années 50 et à partir de rien, ils ont fondé un hôpital de 25 lits qui compte maintenant quelque 500 lits et qui est devenu l\u2019un des plus importants centres de recherche sur le sida du monde.Ils ont de plus formé infirmières, médecins et chirurgiens africains», souligne-t-elle.En Afrique, Marina Orsini, qui avait déjà beaucoup lu au sujet du couple et de ses réalisations, a eu le bonheur de rencontrer le véritable docteur Piero Corti.«Piero a été avec nous au cours des deux premières semaines de préproduction.Je pense qu'il n\u2019était arrivé que depuis deux heures lorsque je suis allée frapper à la porte de sa chambre.Nous avons alors dû parler pendant trois heures, de lui.de sa vie.de Lucille.Il a été d'une grande générosité avec moi.Aujourd\u2019hui âj>é d'environ 75 ans, il est toujours actif à son hôpital.» Lucille Teasdale savait qu\u2019on tournerait un film sur sa vie parce que le projet date d\u2019environ cinq ans.«Pour eux, c\u2019était d'abord et avant tout important pour leur hôpital.Ils ont toujours voulu que ce qu'ils ont construit continue à évoluer», souligne Marina.Dr Lucille a été tourné en langue anglaise.Au cours des prochains mois, Marina fera le doublage de son personnage en français et en italien.u * l 6 2 La Tribune, Sherbrooke, samedi 29 janvier 2000 Arts et spedocles nrr«p «pfryp Plus question de reculer «c)5tXjrVK>tY*^ vV , WAWAWI VISU BOURLINGUER Denis Dufresne Skalène au Centre d\u2019art de Richmond Le Centre d\u2019art de Richmond présente ce soir, 20h00, dans le cadre de son volet «Découverte», le groupe québécois Skalène.Skalène, formé des percussionnistes Richard Gingras et Michel Séguin et des guitaristes Jean-Marc Hébert et René Thomas, est un groupe étrange et talentueux qui navigue comme par magie entre le Nord et le Sud, entre l'Afrique et l\u2019Orient.Pour le spectacle de ce soir, Skalène livrera uniquement de la musique instrumentale avec de temps à autres, quelques voix ou plutôt quelques sons syllabiques, quelque part entre le chant d\u2019église et les rituéls tribaux.Pour information et réservation: 826-2488.Guy MARCHAND LA MEMOIRE ET LA L UCIDITE DE GUÉRILLA ans le cocktail Molotov, il faut mettre du Martini, mon petit!» Ado, ces mots de Léo Ferré avaient frappé mon imagination, tant par leur poésie, que pour leur côté provocateur et vaguement soixante-huitard.Et c\u2019est en écoutant le dernier album du groupe rap-métal sherbrookois Guérilla, Plus question de reculer (Indica), que ces paroles sont revenues à ma mémoire, parce que, d\u2019une façon, les gars de Guérilla ont choisi eux de mettre des mots dans leur cocktail Molotov.Dire que Guérilla fait du rock engagé est un euphémisme: sur le livret de l\u2019album il y a une photo, celle d\u2019une manifesta- tion -peut-être à Sherbrooke ou à Asbestos?- dans les années 40 ou 50, on y trouve aussi des textes qui parlent de la grève de l\u2019amiante de 1949, du patriote Jean-Olivier Chénier, de la révolution cubaine, du capitalisme sauvage, de la censure à la télé et de solidarité.Inutile de comparer, mais disons que les membres de ce groupe ont une mémoire et des choses à dire! De plus, la musique est percutante: la guitare de Janick Lavoie est tranchante, le chanteur Stéphane MacKenzie possède les textes, et la section rythmique, assurée par le bassiste Pascal Larrivée et le batteur Normand Desrochers, vous secoue drôlement les puces! Guérilla a fait avec Plus question de reculer une oeuvre de bravoure, animée par une indignation qui fait du bien à entendre, une suite logique au premier disque «Manifeste», mais plus solide.On peut certes reprocher au groupe de faire une musique parfois trop assommante, mais c\u2019est une question de goût.On peut aussi déplorer que certains textes sont trop chargés, mais, quoiqu\u2019il en soit, Guérilla fait un rock intelligent et qui dérange! sorties - musique > ¦ rts musique - arts ¦es - arts visuels - musique - arts visuels- disques arts Un spécial «amour» avec Karen Young Karen Young, que l\u2019on connaît surtout comme chanteuse de jazz et comme une artiste audacieuse, aime aussi chanter des chansons d\u2019amour, particulièrement à la Saint-Valentin! «Je fais des chansons d\u2019amour en duo avec Norman Lachapelle au piano, on fait «My Funny Valentine», bien sûr, mais aussi beaucoup de variétés, des chansons de différentes époques et des pièces originales», explique en entrevue la chanteuse qui est en spectacle les 11 et 12 février au Café de Lafontaine à North Hatley.«Ce sera un spectacle intime pour un lieu intime.J\u2019aime beaucoup les ballades et ce sera vraiment pour les amoureux!» ajoute l\u2019artiste, qui donnera incidemment un aperçu de son prochain album, Le cantique des cantiques, dont la sortie est prévue en mars.Outre ce spécial de la Saint-Valentin, Karen Young promène aussi un spectacle consacré au jazz avec Norman Lachapelle, cette fois à la basse, et le guitariste Sylvain Pro- Chanson et humour dé retour au Vieux Clocher Le Vieux Clocher de Sherbrooke reprend jusqu'à la fin d'avril sa formule des lundis en humour et des mardis en chanson.A 6 $ l'entrée, c'est un bon moyen de découvrir des artistes encore peu connus comme l'humoriste Stéphane Fallu, lundi soir, ou encore le Emily Knight Band, mardi soir, qui fait dans le jazz, la musique brésilienne et la chanson contemporaine.Les spectacles débutent à 20h30 au rez-de-chaussée du 1590 Galt Ouest, où on compte 200 places.vost.«On donne des concerts le midi dans les cégeps de la province», dit-elle.«Maintenant, j\u2019aime faire différents styles musicaux, même en jazz, et surtout des compositions originales», raconte à ce propos celle qui fut la voix du jazz féminin au Québec dans les années 70 et 80.# CENTRE CULTUREL Université de Sherbrooke Une collaboration LaTribune m\tUNIVERSITÉ DE SHERBROOKE\t\tGouvernement du Québec\tr-, Ministère\tn de la Culture\tM Vdf r* ShurtrrooM Information : 820-1000 m VOIE
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