Le droit, 19 février 2011, Supplément 1
[" OTTAWA-GATINEAU I ÉDITION WEEKEND DU SAMEDI 19 FÉVRIER 2010 I ledroit.cyberpresse.ca I ///////////////////////////////////////////////&/////////////^^^^ STEPHANE-ALBERT BOULAIS POUR L'AMOUR DES MOTS PAGE A4 ¦fiM; ITION Pour qu\u2019un livre passe des mains de Fauteur à celles du lecteur, il faut un éditeur, Et pour tenir une maison d\u2019édition en région, il faut croire en la littérature d\u2019ici, Le point sur la situation, LEDROIT, EDITION WEEK-END DU SAMEDI 19 FEVRIER 2011 A2 ARTS ET SPECTACLES PUBLIER EN RÉGION, UN TRAVAIL DE DON QUICHOTTE ?DU COEUR À L'OUVRAGE OTTAWA-GATINEAU COMPTE SIX MAISONS D'ÉDITION MAJEURES.APRÈS S'ÊTRE D'ABORD ATTACHÉES À METTRE EN VALEUR L'HISTOIRE ET LE PATRIMOINE DE LA RÉGION, ELLES RATISSENT AUJOURD'HUI BEAUCOUP PLUS LARGE: DE LA POÉSIE À LA BD, DE LA LITTÉRATURE JEUNESSE AUX ROMANS, DES NOUVELLES AU CONTE, DES ESSAIS AUX BIOGRAPHIES.DANS LA CAPITALE FÉDÉRALE, LES ÉDITIONS DAVID, DU VERMILLON ET L'INTERLIGNE EXISTENT RESPECTIVEMENT DEPUIS 1993, 1982 ET 1981.DE L'AUTRE CÔTÉ DE LA RIVIÈRE DES OUTAOUAIS LOGENT VENTS D'OUEST, DEPUIS 1993, LE STUDIO COOPÉRATIF PREMIÈRES LIGNES, DEPUIS 2003, ET LA COOPÉRATIVE DE SOLIDARITÉ DES ÉCRITS DES HAUTES TERRES, CRÉÉE L'AN DERNIER POUR PALIER À LA FERMETURE DES ÉCRITS DES HAUTES-TERRES.VALÉRIE LESSARD vlessard@ledroit.com Éditer en région comporte sans contredit son lot de défis.Ne pas faire partie des grands joueurs dans un milieu tournant principalement autour des pôles francophones que sont Montréal et Québec, voilà qui réclame des éditeurs d'ici une créativité, une volonté, un engagement et, surtout, une véritable passion pour la littérature et le métier.Faire rayonner les auteurs et leurs livres n'est possible qu'à ce prix.«Il faut croire en ce qu'on fait.Notre plus grande réalisation, c'est d'être encore là, près de 30 ans plus tard!» lance la directrice générale des Éditions du Vermillon, Monique Bertoli.Jacques Flamand et elle, tous deux fondateurs des Éditions du Vermillon et bénévoles de longue haleine, accueillent d'ailleurs dans leur résidence les bureaux de la maison.Maison qui a un statut d'œuvre de charité, puisqu'elle ne fait aucun profit avec les quelque 15 livres qu'elle publie par année.À l'instar du Vermillon, le Studio coopératif Premières Lignes et la Coopérative de solidarité des Écrits des Hautes Terres misent sur le bénévolat de leur équipe de direction, voire sur celui de l\u2019ensemble de leurs membres, pour mener les opérations.À L'Interligne, cinq employés forment le noyau de base de l'équipe.Les Éditions David et le Vermillon comptent quatre employés permanents à temps plein ou à temps partiel, ou payés à contrats.Chez Vents d'Ouest, le conseil d'administration a récemment dû s'astreindre à couper un poste rémunéré, si bien que seul l'auteur Claude Bolduc demeure en place à temps plein.Le coordonnateur Michel Lavoie reçoit pour sa part un «petit salaire» pour son travail.Plusieurs collaborateurs (directeurs de collection, correcteurs, membres de comités de lecture, etc.), à qui on verse des sommes forfaitaires pour leurs services, gravitent aussi autour de chaque maison.UNE PLACE POUR LA RÉGION «Notre travail passe du très terre à terre, comme remplir la paperasse pour les nombreuses demandes de subvention, à la création, en passant par l'accompagnement des auteurs dans tout le processus d'édition», souligne la directrice générale de L'Interligne, Suzanne Richard.De l'avis de Michel-Rémi La-fond, qui dirige la Coopérative de solidarité des Écrits des Hautes Terres, évacuer la littérature régionale serait faire fausse route.«Je prétends qu'on peut et qu'on doit mettre en scène Gatineau et le Blisse, comme le fait Stéphane-Albert Boulais, par exemple, décrète-t-il.Il faut donner des éléments pour nous permettre de nous identifier à des réalités qui existent ou ont existé, et qui nous appartiennent.On doit pouvoir se reconnaître soi-même si on veut ensuite être reconnu.» À L\u2019Interligne, Suzanne Richard déplore pour sa part ce qu'elle qualifie de «manque de fierté» chez les gens, artistes et public confondus.«Plusieurs auteurs pensent que pour réussir, il faut venir du Québec ou y être publié, comme beaucoup de lecteurs croient qu'un écrivain est meilleur parce qu'il vient d'ailleurs.Ce sentiment d'infériorité, que je pourrais comparer à celui des Québécois face aux Européens, n'a pas sa raison d'être, selon moi.C'est comme si, d'avance, on ne se donnait pas la même chance que celle qu'on accorde pourtant aux autres.» Tout en acceptant leur décision, le nouveau président du Studio coopératif Premières Lignes, Éric Péladeau, regrette malgré tout que certains auteurs de la région préfèrent se tourner vers des éditeurs montréalais pour publier leur livre.Lui-même bédéiste, M.Péladeau cite l'exemple de Sylvain Lemay et André St-Georges, dont la BD Pour en finir avec novembre, lancé en novembre dernier, loge à l'enseigne des 400 coups.Pourtant, M.Lemay est professeur et directeur de l\u2019École multidisciplinaire de l\u2019image (ÉMI) de l\u2019Université du Québec en Outaouais, et M.St-Georges est diplômé de l\u2019ÉMI et membre du Studio.«Il est évident que nous n'avons pas la machine promotionnelle des 400 coups, de Mécanique générale ou de La Pastèque, reconnaît Éric Péladeau.Nous sommes aussi conscients que Premières Lignes n'est pas nécessairement le premier choix des auteurs de BD d'ici qui ont de l'ambition.Mais ça fait en sorte qu'il devient plus dur pour nous de recruter des auteurs de Montréal ou d'ailleurs et d'ainsi pouvoir rayonner à l'extérieur de l'Outaouais.» DES AUTEURS-PHARES Car avoir des auteurs-phares, intimement associés à la maison, devient une manière de se démarquer.«Hurtubise HMH a Michel David et Alire, Patrick Senécal, par -Suzanne Richard exemple.Des auteurs qui ont du succès en librairies comme eux deviennent des locomotives pour des éditeurs.Quand les ventes sont assurées par deux ou trois auteurs, ça donne la chance aux éditeurs de prendre des risques avec d\u2019autres», soutient le directeur général des Éditions David, Marc Haentjens.Ici, les noms des romanciers Michèle Matteau et Maurice Hen-rie, entre autres, sont liés à L\u2019Interligne.Celui de la romancière Andrée Christensen à David, ceux de Michel Lavoie et Claude Bolduc I «Contrairement à une émission de télévision ou un film, un livre | réclame du temps, exige un effort, une implication plus grande de la part | du lecteur.Les gens ont moins de temps, mais aussi moins d'argent.» mil mi mi mi mi ni mi mi mi mi mi mi mi ni mi mi mi mi mi mi un ni mi un mi mi mi mi mi ni mi mi mi mi mi mi mi m mi un mi mi mi mi un m mi mi mi mi mi mi mi m mi mi mi mi mi mi mi m mi mi mi mi mi mi mi m mi mi mi mi mi mi mi mi m mi mi iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii SOMMAIRE\t\t\t Cinéma\tA6 : Livres\tA12 : Économie\tA3 3 Danse\tA5 : Musique\tA4-A10 : Carrières\tA3 5 Disques\tA11 : Spectacle\tA10 : Tourisme\tA27 NOTRE EQUIPE CHEF DE SECTION Valérie Lessard : JOURNALISTES ; Marc André Joanisse ; Geneviève Turcot j PUPITREUR ; Yves Bergeras : GRAPHISTE ; Maude Morissette ARTS ET SPECTACLES A3 //////////////////////////////////////////////////////////////////////////////^^^^ à Vents d\u2019Ouest, de Jean-Louis Grosmaire et Hédi Bouraoui au Vermillon, de Stéphane-Albert Boulais aux Hautes Terres, de Christian Quesnel à Premières Lignes.Encore faut-il que les ventes soient satisfaisantes pour eux, si une maison veut pouvoir les garder dans son «écurie».«Sinon, le risque de voir les auteurs plus connus quitter le navire est là.Il faut alors chercher de nouveaux auteurs, ce qui n\u2019est pas nécessairement une mauvaise chose, puisque ça fait partie de notre mandat aussi», mentionne Michel Lavoie, de Vents d\u2019Ouest.QUESTION DE VISIBILITÉ Pour vendre, il faut toutefois se faire connaître.Et pour y arriver, les éditeurs doivent pouvoir «placer» leurs produits, tant dans les médias qu'en librairies, dans les écoles et les bibliothèques.«Dans les médias, les journalistes ont souvent tendance à parler des valeurs sûres, que ce soit des auteurs établis ou des grosses maisons d'édition.Cela dit, je suis consciente que le livre pose un problème, car, contrairement à une émission de télévision, un film ou encore une pièce de théâtre, un livre réclame du temps, exige un effort, une implication plus grande de la part du lecteur.Les gens ont moins de temps, mais aussi moins d'argent.Tous ces éléments jouent contre l'industrie du livre», constate Suzanne Richard.S'il s'avère en général plus facile de mettre en valeur les titres des auteurs et éditeurs de la région dans les librairies d'Ottawa-Gati-neau, il n'en va pas de même ailleurs.«À Montréal ou à Québec, ce sont les Marie Laberge, les Dany Laferrière, les Michel David, sans oublier les auteurs français ou les traductions américaines, qui occupent les vitrines.Dans cette masse, il faut réussir à attirer l'attention, à braquer les projecteurs sur nos livres, nos auteurs», explique Marc Haen-tjens.Les Éditions David ont ainsi choisi d'investir dans le plus récent titre d'Andrée Christensen, La Mémoire de l'aile, lancé l'automne dernier, en embauchant une attachée de presse à Montréal pour travailler le titre sur place.LE MARCHÉ SCOLAIRE Pénétrer le marché scolaire n'est pas non plus toujours simple.«Curieusement, les Conseils scolaires francophones en Ontario connaissent peu ou pas du tout les maisons d'édition franco-ontariennes.Ils ont recours au palmarès de Communication Jeunesse, entre autres outils, pour choisir les livres pour leur bibliothèque.Malheureusement, ce palmarès couvre surtout les maisons d'édition québécoises», regrette Suzanne Richard.Chez Vents d\u2019Ouest, reconnue pour ses collections jeunesse, on doit composer avec une baisse d'environ 40 % des ventes.«Depuis deux ans, nous vivons une période très difficile, avoue Michel Lavoie.La littérature jeunesse est en crise, notamment à cause des diminutions et du décloisonnement des budgets dans les écoles.Même s'il est là, l'argent n'est plus obligatoirement dépensé pour acheter des livres pour les bibliothèques.» De plus, note M.Lavoie, les éco- les ne sont plus tenues d'acheter des titres québécois.«Et la compétition européenne, en jeunesse, est féroce.» TIRER SON ÉPINGLE DU JEU En développant le créneau spécifique de la BD, Premières Lignes s'est pour sa part positionné dans le marché régional.«Nous avons l'avantage de pouvoir expérimenter plus que d'autres maisons.Nous venons par exemple de lancer un manga, L'Astarah, de Mélanie Cour-chesne, ce qui s'est rarement vu au Québec», mentionne avec fierté Éric Péladeau.Mais en BD comme en littérature, il faut savoir trouver le point d'équilibre le plus rentable, sur le plan financier comme sur celui de la reconnaissance du public plus ou moins averti.«Est-ce qu'on fait des titres plus grands publics pour mettre Premières Lignes sur la carte ou est-ce qu'on s'en va plutôt vers des trucs plus expérimentaux pour établir notre crédibilité dans le milieu?C'est la question à laquelle on réfléchit beaucoup, par les temps qui courent», explique Éric Péladeau.Malgré les aléas du métier, la passion demeure le mot-clé pour persévérer et continuer.«Tout part du cœur ! s\u2019enflamme Suzanne Richard.Plus il battra fort, plus il se fera entendre et plus il attirera l'attention.» REPENSER LE LIVRE POUR L'AVENIR : LA SUITE DE NOTRE DOSSIER À LIRE LUNDI PAR VALÉRIE LESSARD ENTRE COHABITATION ET COMPÉTITION Les éditeurs de la région ne sont pas seulement en compétition avec les grandes maisons québécoises et européennes, ils le sont aussi entre eux.Pour survivre, ils ont donc appris à cohabiter, notamment en refusant de faire du maraudage auprès de auteurs-phares de leurs concurrents.«On ne volerait jamais un auteur à un autre éditeur!» lance Monique Bertoli, des Éditions du Vermillon.S'ils ne s'empêchent pas d'élargir le spectre de leurs collections, les éditeurs le font donc en respectant le plus possible les créneaux spécifiques des autres maisons.«Il n'y a pas de concertation comme telle, mais nous sommes sensibles aux autres et nous travaillons tous avec une certaine éthique, fait valoir Marc Haentjens, des Éditions David.Tout ça est donc un peu implicite entre nous.Cela étant dit, il ne faut pas se leurrer non plus: nous sommes aussi en compétition, que ce soit pour les auteurs, pour les subventions et, ultimement, pour les lecteurs.» Quand vient le temps de travailler à diffuser leurs titres, les éditeurs francophones hors-Québec ont toutefois compris que l'union peut faire la force.Établi à Ottawa, le Regroupement des éditeurs canadiens-français (RÉCF) leur donne notamment la possibilité de faire une promotion plus efficace de leurs livres.«Ensemble, on réussit à se rendre plus visibles, entre autres dans les Salons du livre, où nous sommes tous réunis dans un même stand», note Mme Bertoli.«Ce front commun nous donne une force de frappe plus grande, c\u2019est clair, précise M.Haentjens, qui porte aussi le chapeau de président du RÉCF.Par l\u2019entremise du Regroupement, nous avons aussi accès à un agent commercial travaillant uniquement pour les membres.Sans lui, nous n\u2019aurions peut-être pas la même présence en librairies, notamment.» L'UNION FERAIT-ELLE LA FORCE?Du côté outaouais, il a déjà existé une entente tacite entre l'éditeur des Écrits des Hautes-Terres, Pierre Bernier, qui publiait surtout de la poésie, et la maison gatinoise Vents d\u2019Ouest: «Nous avions convenu de ne pas nous piler sur les pieds», précise Michel Lavoie, de chez Vents d\u2019Ouest.Depuis la mise sur pied de la Coopérative de solidarité des Écrits des Hautes Terres, dont le président Michel-Rémi Lafond avait alors laissé entendre qu\u2019elle pourrait éventuellement publier des romans, cette entente ne semble plus tenir.Ainsi, et bien que Vents d\u2019Ouest n\u2019ait pas l\u2019intention de toucher à la BD «puisque Premières Lignes s'en occupe», stipule M.Lavoie, la maison de la rue Wright a récemment ouvert un créneau poésie, un genre auquel elle n'aurait jamais touché à l'époque.«Il n'y aurait pas de place pour deux Théâtre de l'île, ni pour deux orchestres symphoniques à Gatineau.Il n'y a pas de place pour deux éditeurs généralistes non plus.Quand on sait que les subventions ne réussissent pas à combler nos besoins, on ne peut pas se permettre de diviser les appuis régionaux en plus», déclare Michel Lavoie.Michel-Rémi Lafond réfute ces arguments.Selon lui, il y a de la place pour tous les joueurs, d'autant plus que le nombre de membres ne cesse d'augmenter au sein de l'Association des auteurs et auteures de l'Outaouais (AAAO).«Notre mission, c'est de faire en sorte que les auteurs aient un canal pour publier leurs œuvres», fait-il valoir.Parallèlement à la Coopérative de solidarité des Écrits des Hautes Terres, M.Lafond aimerait en implanter une deuxième, sous forme d'association des maisons d'édition de la région outaouaise (et qui inclurait la nouvelle et petite maison des Éditions de la femme, en Haute-Gatineau).«Cela nous permettrait de, par exemple, consolider les services de communication et de comptabilité, afin de partager les coûts de ces ressources humaines, en plus de favoriser la synergie qui va devoir se solidifier entre l'AAAO, les éditeurs, le Salon du livre de l'Outaouais, les libraires et les bibliothèques pour favoriser une meilleure diffusion de nos livres.Mais nous ne sommes pas encore rendus là», estime-t-il.Valérie Lessard LEDROIT, EDITION WEEK-END DU SAMEDI 19 FEVRIER 2011 LEDROIT, EDITION WEEK-END DU SAMEDI 19 FEVRIER 2011 A4 ARTS ET SPECTACLES /////////////////////////////////////////////////////^^^^ Stéphane-Albert Boulais se fraye un chemin au pays des chansons F: récriture en trois mouvements Des moments d'une rare intensité à la salle Jean-Despréz.Tous les fauteuils sont occupés et le public a l'occasion de voir et d'apprécier un clip où un couple danse avec, en arrière-plan, un écrivain en train d'interpréter une belle chanson.Plus tard, il sera rejoint par des amis musiciens dans un récital touchant au possible.Les mots sont ceux d'un orfèvre, la voix est chaude et profonde et la musique rappelle celle d'un chansonnier d'une certaine - et belle - époque.Une musique franche, sans subterfuge et au service des mots.MARC ANDRÉ JOANISSE majoanisse@ledroit.com L\u2019écrivain est Stéphane-Albert Boulais, enseignant de carrière à la retraite.Sympathique et chaleureux de surcroît.La soirée de mercredi a été la sienne et celle de F, un triptyque où il casse littéralement la glace et propose un disque de chansons originales, greffé à un conte et à un journal.On le savait féru de littérature, d\u2019histoire de l\u2019art, d\u2019archéologie et de cinéma.Le voici maintenant avec sa guitare classique, debout derrière un micro et sous des projecteurs, en train de réaliser le rêve d\u2019une vie.«À 61 ans, tout est possible», a-t-il affirmé, plus tôt en journée.Stéphane-Albert Boulais est un passionné.Pendant une bonne heure, il a relaté les étapes qui ont mené à la réalisation de ce merveilleux et audacieux concept, édité par la Coopéra- tive de solidarité des Ecrits des Hautes Terres et tiré à 500 exemplaires.Il a surtout avoué devoir négocier avec un trac fou avant de faire ses premiers véritables pas sur scène, devant famille, amis et collègues.«Je n\u2019ai jamais ressenti pareille nervosité.Mais bon, j\u2019ai décidé de plonger et je vais plonger.» Le chemin de la chanson La genèse de F remonte à il y a quatre ans.Stéphane-Albert Boulais décide de s\u2019inscrire et de participer aux auditions du Festival international de la chanson de Granby.Il demande donc à son bon ami, musicien et arrangeur, Jean-Pierre Picard, de lui monter quatre chansons sortant de sa grande imagination.«On ne m\u2019a pas retenu à Granby, mais j\u2019ai décidé de persister».S\u2019entame alors l\u2019écriture et la composition du triptyque, au moment où il travaille sur un autre projet, La trilogie de l\u2019eau, qu\u2019il compte lui aussi mener à terme.Va pour l\u2019écriture du conte, La houleuse princesse de Gatineau-La-Grande et le journal, Saule-rie.Et la chanson, dans tout ça?«La chanson est un genre littéraire majeur.Elle permet de faire vivre les mots et de les faire valser dans l\u2019espace.Malheureusement, la chanson est souvent inféodée à la musique.» L\u2019écrivain l\u2019a admis sans ambages : c\u2019est la chanson qui l\u2019a directement mené vers la littérature, et non le contraire.Ses premières rencontres avec la musique remontent à l\u2019époque où il était étudiant et interne au Collège Bourget de Rigaud.On nage alors dans les années 1960, une décennie unique : celle de Félix Leclerc, de Gilles Vigneault, de Claude Gauthier, de Pierre Calvé et d\u2019Alexandre Zelkine.L\u2019époque a largement influencé l\u2019adolescent fraîchement débarqué de Maniwaki.«Je grattais la guitare dans mes moments libres et j\u2019ai même fait des spectacles dans une petite salle justement appelée La Boîte à chansons, en compagnie d\u2019un trio, MAF.J\u2019aimais écrire des chansons.J\u2019aimais composer des musiques et j\u2019aimais les interpréter, mais le destin m\u2019a mené ailleurs.» Ailleurs, mais pas nécessairement loin.Il y a toujours eu et il y aura toujours des mots dans sa passion.Une passion on ne peut plus évidente avec F.«La chanson a tout déclenché.Elle a été le moteur de F.Une fois les chansons écrites et composées, le conte m\u2019est apparu tout naturellement.Puis, est arrivé le journal.Ce projet a été réalisé grâce à l\u2019apport indéniable d\u2019amis musiciens et d\u2019artistes visuels.Je leur dois tout et, sans eux, il n\u2019aurait jamais vu le jour.» Un journal dans lequel Stéphane-Albert Boulais a écrit tous les jours, pendant 30 jours, sous un saule.«Tout se passe en 2049, l\u2019année de mon centenaire dans Gati-neau-La-Grande.C\u2019est le récit d\u2019un jeune ménestrel de 20 ans.L\u2019histoire raconte un peu, beaucoup, qui je suis, dans un décor futuriste.Mais F se veut avant tout un hommage à la femme et une histoire d\u2019amour que les gens vont apprécier.» F, coffret livre-cédé de Stéphane Albert Boulais, est publié par la Coopérative de solidarité des Ecrits des Hautes Terres I «La chanson est un genre I littéraire majeur.Elle permet I de faire vivre les mots et de I les faire valser dans l'espace.» M-'J' ' f jÉjfc-\u2014T T\" ¦\u2018T Tfc \t\t \u2018î'j'tÀ'U \tVjl 1\t f 1\t¦-V; |§\t kl\tH\t \t\t Stéphane-Albert Boulais .ONT PARTICIPÉ AU TRIPTYQUE F Production: Stéphane-Albert Boulais et Francine Charron Direction éditoriale: Jacques Michaud et Vincent Théberge Révision: Gaétane Boulais, Célyne Malette et Guy Perreault Musiciens: basse, Paul Parent; clavier, Jean-Pierre Picard; guitares, Claude Naubert et Stéphane-Albert Boulais; harmonica, Maurice Boyer et Stéphane-Albert Boulais; mandoline, Germain Fortin; violon, Michelle Pinard; violoncelle, Éloise Charette; voix, Micheline Scott et Stéphane-Albert Boulais Mixage: Luc Grégoire Matriçage: Bernard Slobodian Direction artistique: Vincent Théberge Illustration: Louis Godbout Carte de Blisse: Stéphane Marcil Photographie: Marc Grégoire Design, mise en page et image de marque: Jean-Luc Denat ETIENNE RANGER, LeDroit COURTOISIE ARTS ET SPECTACLES A5 Diana Vishneva, les visages de La Bayadère La Bayadère, c'est la production par laquelle le Ballet Mariinsky, appelé aussi Kirov, marquera son retour à Ottawa,la semaine prochaine, après plus de quatre ans d'absence.VALÉRIE LESSARD vlessard@ledroit.com La bayadère du titre, c'est Nikiya, une humble danseuse du temple de la Flamme sacrée à qui le jeune guerrier Solor promet un amour et une fidélité éternels.Un serment qu'il ne pourra toutefois tenir.Et Nikiya, c'est, entre autres interprètes, la danseuse étoile Diana Vishneva, jointe à Washington plus tôt cette semaine, où le Kirov présentait La Belle au bois dormant.La Bayadère relate comment les amants Nikiya et Solor seront victimes de la jalousie d'un brahmane, amoureux de la danseuse, et de Gamzatti, l'arrogante fille du rajah Dugmanta, qui a jeté son dévolu sur Solor.Un serpent, habilement camouflé par Dugmanta dans un bouquet de fleurs, viendra sceller le sort de Nikiya, dont le souvenir reviendra toutefois hanter Solor.«D'un acte à l'autre, Nikiya se transforme», raconte Diana Vishneva dans un russe valsant à l'autre bout du fil, avant d'être diligemment traduit par Sergeï Danilian, le président et chef de la direction d'Ardani Artists Management, Inc., qui produit l'actuelle tournée du Kirov en Amérique du Nord.«Dans un premier temps, pour- suit Diana Vishneva, Nikiya est parée d'une aura de mystère, puis, entre autres lors de la danse avec le serpent dans le deuxième acte, elle s'incarne réellement en une femme amoureuse, désespérée et mélancoüque, qui se sent trahie, alors qu'elle est obügée de danser pour les futurs mariés.Dans le dernier acte, elle prend une forme éthérée, puisqu'elle appartient désormais au fameux Royaume des ombres.» Son interprétation de la belle bayadère a certes évolué, au fil des ans, avec le Kirov, mais aussi au gré des versions présentées, notamment avec le Staatsoper Unter den Linden de Berlin et l'American Ballet Theater.Les costumes et les décors changeant, la ballerine a appris à moduler et à modeler son style aux intentions des chorégraphes avec lesquels elle a travaillé.«La première fois que tu danses un personnage, tu t'assures d'abord et avant tout de le saisir dans son ensemble et, surtout, d'être au point sur le plan technique, pour éviter les erreurs d'interprétation, expüque Diana Vishneva.Quand, par la suite, tu as la possibiüté de reprendre un rôle comme celui de Nikiya, tu peux creuser sa personnaüté, en faire ressortir les nuances.Quand tu as cette chance, tu peux alors développer une gestuelle propre au personnage, te concentrer sur la relation avec le partenaire avec lequel tu danses et, plus important encore, ajouter une touche de jeu, d'interprétation à ta manière de bouger sur scène.» La danseuse étoile tient à rappeler que la trame de La Bayadère a des liens avec une ancienne histoire venue de l'Inde.«Les mouvements du corps de Nikiya appartiennent donc à une gestuelle issue d'une esthétique orientale.» Cela n'empêche pas le troisième acte - le légendaire acte du Royaume des ombres - d'avoir une facture très classique, précise Diane Vishneva.Ballet initialement prévu en quatre actes par Marius Petipa, La Bayadère sera présenté en trois actes, dans une version signée Vladimir Ponomarev et Vakhtang Chabukiani.Dix étudiants en danse de la région, ainsi que 26 figurants, se joindront aux 75 danseurs du Kirov, lors des représentations au Centre national des arts.«Dans son ensemble, le Kirov propose une version plus traditionnelle de La Bayadère, renchérit Diana Vishneva.Je n'ai donc pas autant de liberté que dans d'autres versions.L'essentiel demeure, pour moi, de m'appuyer sur mon expérience pour me rap- procher au plus près de Nikiya par toutes sortes de petits détails que ne remarqueront pas les spectateurs, mais qui me permettent à moi de la redécouvrir d'une performance à une autre.C'est évidemment un rôle dans lequel je me sens à l'aise, mais Nikiya demeure un défi chaque fois que je la danse.L'important, au final, c'est que le pubüc soit touché par les images d'elle que je crée sur scène.» Née à Leningrad en 1976, Diana Vishneva a fait son entrée au sein du Kirov en 1995.Un an plus tard, elle en est devenue la première danseuse.CT POUR Y ALLER OÙ?Centre national des arts QUAND?Du 24 au 27 février RENSEIGNEMENTS?613-947-7000, www.nac-cna.ca, ou par Ticketmaster, 613-755-1111 »i»rr Achat an figna INDIFFERENCE \\y^OécWe Doo.-Kingué 'V-rr'-'r^h' ?4 m a rs n Femmes pirates; mars Toutesd^syfilles ____ H/lanlonde le samedi,! Ha fille le dimanche,! Mes chums le lundi, B^HVIa mère le mardi, À toutes les femmes de votre vie Offrez quatre spectacles parmi les huit spectacles de 8 JOURS 8 MARS* Et ne payez qu\u2019un billet sur deux! /flCbmars MISEAnJ Nathaliej.Derome tu mars Film d\u2019Eve Lamont 6 mars Andréa Lindsay COMPLET 12 mars a Louise Poirier 8 mars 2480140 Un Suaire en Saran Wrap 9 mars \u2022 - Cabaret La Basoche / Salle Jean-Desprez Un seul numéro pour les salles de la Ville de Gatineau 819 243-8000 Offre limitée et certaines conditions s\u2019appliquent LeDroit FOUR \\ POINTS RY SH F RATON ^ ai\tCaca\tVII te de Québec n »\tGatineau LEDROIT, ÉDITION WEEK-END DU SAMEDI 19 FÉVRIER 2011 LEDROIT, EDITION WEEK-END DU SAMEDI 19 FEVRIER 2011 A6 ARTS ET SPECTACLES /////////////////////////////////////////////////^^^^ Karine Vanasse et Sébastien Huberdeau poursuivis par un tueur en série La peur sur demande * æ GENEVIÈVE TURCOT gturcot@ledroit.com Jouer dans un thriller ne se résume pas à pousser des «oh!» et des «ah!» au bon moment.Il faut accepter de faire entièrement confiance au réalisateur, car c\u2019est lui qui tient les ficelles de la trame dramatique.Dans Angle mort, Karine Vanasse prête ses traits à Stéphanie, une photographe de presse.La comédienne dit avoir appris énormément de son expérience sur le plateau du réalisateur Dominic James.«Jouer dans un thriller, c\u2019est vraiment différent.D\u2019habitude, je suis en contrôle de révolution dramatique de mon personnage.Dans Angle mort, je devais constamment me référer à Dominic afin de comprendre ce qu\u2019il voulait.Car tout le rythme et la tension sont créés au montage.» Avec son comparse Sébastien Huberdeau, qui campe Éric, le conjoint de Stéphanie, il a fallu apprendre à avoir peur sur demande, et à maintenir une certaine tension.«J\u2019avais souvent peur de trop jouer.J\u2019avais de la difficulté à mesurer mon jeu», raconte Karine Vanasse, qui s\u2019est vite rendue compte que la peur était plus complexe à jouer qu\u2019elle ne l\u2019imaginait.«Je crois qu\u2019Angle mort m\u2019a préparé pour le tournage du film d\u2019action Switch (production française à paraître), tandis que Switch m\u2019a préparé pour I\u2019m Yours (de Loenard Farlinger, lui aussi en cours de production).» De passage dans la république - fictive - de Santiago, Éric et Stéphanie croisent bien malgré eux un tueur en série (Peter Miller), qui sème la terreur sur la route nationale, laissant derrière lui des corps calcinés.Ce qui devait être un voyage pour recoller les morceaux de leur couple devient une course contre la montre ou plutôt contre le meurtrier qui les prend en chasse.À la première lecture du scénario de Marin Girard, Karine Vanasse et Sébastien Huberdeau ont émis le même constat : il fallait davantage creuser la relation trouble entre les deux personnages principaux.« C\u2019était important pour nous de peaufiner cette relation.C\u2019est un couple qui décide de partir en voyage parce que ça ne va pas bien entre eux, mais aussi dans leur carrière respective.Il y a déjà un grand malaise entre les deux quand ils arrivent là-bas.On ne voulait que ce soit juste un petit couple gai qui part en vacances.Nous voulions ajouter de la viande autour de l\u2019os», explique Sébastien Huberdeau, qui retrouvait en Karine Vanasse, sa collègue - et productrice - de Polytechnique.La paire a passé deux mois intensifs sous le soleil de Cuba pour les fins du tournage.«C\u2019est un avantage de rester sur place, en groupe.On reste ainsi plongé dans le projet», poursuit Karine Vanasse.«Nous nous levions à 4 h du matin.Nous avions ensuite une heure de route à faire et les journées de tournage pouvaient durer de 12 à 14 heures.Puis, une autre heure de route et ensuite Karine, Dominic et moi soupions ensemble en parlant du film! C\u2019était très intense, relate Sébastien Huberdeau, qui a néanmoins pu profiter des soirées animées de La Havane.Nous avons découvert des boîtes de nuit, le rhum.Une belle expérience ! » Le comédien se dit satisfait du résultat.«Je suis content, la tension est là.Il est vrai que nos références pour ce genre de film sont surtout américaines et nous n\u2019avions certainement pas les mêmes moyens, mais je crois que c\u2019est bien rendu.» Angle mort prend l\u2019affiche le 25 février.PROCHAINEMENT A L\u2019AFFICHE AU THÉÂTRE DU CASINO ROCK LOUNGE.Du ROCK aux mélodies inoubliables ! Toto \u2022 Reo Speedwagon Hall & Oates » Gino MaueWt Elton John \u2022 Steve Nlet toà Ambrosia * Billy Joël * Mt Fleetwood Mac * Supertax * IW'Stemtv Rock Lounge, c\u2019est une soirée mémorable qui nous propulse dans les meilleurs souvenirs du rock! 18, 19, 25 ET 26 MARS SOUPER-SPECTACLE À 18 H | SPECTACLE À 20 H CHUBBY CHECKER FETE LES 50 ANS DU TWIST! Chubby \u20ache«fter r The Sur les airs de « The Twist », « Let\u2019s twist again », « The Limbo Rock » et bien d\u2019autres, Chubby Checker & The Wildcats vous projetteront au coeur des années soixante.1er mai SPECTACLE À 20 H Théâtre \u201cCASINO LeDroit &&
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