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Titre :
Le Peuple : journal hebdomadaire
Né du besoin d'atteindre les populations rurales que La Patrie n'atteignait guère, Le Peuple est d'allégeance libérale mais adopte des positions modérées.
Éditeur :
  • Montréal :[s.n .],1880-1887
Contenu spécifique :
samedi 11 septembre 1880
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Patrie (Édition hebdomadaire: 1887)
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Références

Le Peuple : journal hebdomadaire, 1880-09-11, Collections de BAnQ.

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[" 1ère Année.MONTREAL, Samedi 11 Septembre 1880.No 16 iS Try EU LE PEUP JOURNAL HEBDOMADAIRE RA A TA a-ak © Do aa vores teers sees cesers savas $1.50 H.BEAUGRAND Burcaux : Le No 3 Cts F.Abonncmonts - l Quatre Tol .esvernnen vers sauve 50 DIRECTEUR-PROPRIETAIRE.22, vue St Cabriel e No: Se | ; ADMINISTRATION.Elles peuvent être réduites ouf 1870-71.4,610,401 tre des finances demandera des| province de Québec en particulier | \u2014_\u2014 augmentées suivaut que ladmi-f 1871-72.5,873,510 -| crédits supplémentaires qui gros-|a voué un-culte aux hommes qui co ln; ; .I $727, 7,062,095 |StrONt cette somme.Si, comme à|ont illustré son nom et ajouté des cf LE PE U PLE.piste le Juge a prope les 1873 a \u2019 8 pe la dernière session, M.Tilley de-| pages glorieuses à son histoire.i JOURNAL HEBDOMADAIRE, | |©8t facile d'économis 5 a Eee 0.084, mande au-delà de $800,000 le] À quelgdes arpents de Montréal, b ; 5 les samedis.Les abonne-| $é1Vices du gouvernement civil, 1871-70 co +,868,690 | chiffre des dépenses sujettes à|on s'incline devant!\" monument \u2019 ts rat du Tor et du 15 ae chaque | de la 1égislation, de la police, de} 1835-76.$560,771 jeontrble déjnssera $8,000,000.commémora'if d- lt plorieuse more.| la malice, de l'immigration.1870-77.ow.6,835,078 | Mais l\u2019inénuisable M.Tilley Époque de 1837-35, ou jette des INT : Jomparons le bilan des deux} 1877-78.6,542,510 | POUrra peut-être présenter la si-|fleurs sur la tombe des raves ABONNEMENT $1.50 ompar Macdonald et Macken- 1878-79 6.04] 577 uation Sous un jour lumineux.|qui moururcnt pour lit conquète t Un an.>150{mi 2 and ep ER SES 0000 tone + OUI, Qui sait s\u2019il ne portera pas au des libertés constitutionnelles et Huit mois.Loe zie pour les dépenses réductibles.| On voit que les libéraux | CoOMpte d\u2019un autre exercice finan-| politiques dont nous jouissons Quatre mois.\u2026\u2026.\u2014A PATRIE Parait tous lus jours à midi et à 5 hrs du soir.Les abonnements partent du ter ct «du 15 de chaque mois.Les frais de port sont à la charge de l'éditenr-propriétaire.L'abonnement est invariablement payable d'avance.Nous ne faisons jamais exception à cette règle, ABONNEMENT.Un an.s.\u2026.\u2026.Ceres $4.00 Six mois.\u2026.\u2026.\u2026.FP 200 Trois mois.LE sun£no, ! CENT.l\u2019ar le porteur, à domicile, en ville, 8 £18 PAN SEMAINE, \u201ctr ecesnn sacs BUREAUX DU JOURNAL : 22 et 24 rue St Gabriel ANNONCES : Dix cents la ligne, promière insertion et cinq cents la ligne pour chaque insertion subséquente.l\u2019ayable d\u2019avance.Une réfnise libérale sera faite pour les annonces à long terme.Toutes correspondances, lettres d'af- f'aires, lettres chargées, communications, ete, devront être adressées à H.BEAUGRAND, Directeur du Prurre et do Ly Pang, Montreal.Les dépenses sujettes à contrôle.\u2014\u2014\u2014 (1 y a deux classes bien distinc.\u201cÀ tes de dépenses : celles qui sont j incontrélables et inévitables et À celles qui sont sujettes à contrôle det réductibles.La moitié du fonds consolidé sc compose de dépenses tuicontrô- { «bles.Pour 1878-79 c-s débour- à sés inévitables, auxquels le- mi- # nistre des finances ne peut se hid soustraire ni par l\u2019économie nu & Parle retranchement, se sont E clevés à S11,952,641.Cette somme se compuse des ÿ Palements pour los intérêts de la 52 dette, le fonds d'amortissement, id les subventions aux provinces, ÿ On comprend qu\u2019ancun adminis.% lraleur ne puisse limiter ces go.4 Doursés.11 faut nécessairement, \u201cchaque année et avant de fairu \u20ac face aux autres besoins, payer ¥ auxdivers gouvernementsprovin.ciaux les subventions fixées par 2% 1a constitution el par des elatute, oF Il en est de mème des intérêts = de la dette publique et du fonds y consacré À son amortissument, M Ces paiements sont- fixés par des cor.venlions avec ceus qui nous out fuit dos prêts, et il gst impossible do les réduire, .3), Les dépenses d'administration \u201c4e De sont pas aussi incontPôlablos.1 do nla ta » I Depuis 1867 jusqu'à 1372-73 les conservateurs, qui tenaient les rênes de l\u2019état, augmentèrent les dépenses réductibles chaque année moins une.À la fin de 1872- 73 ces dépenses avaient presque doublé ; elles s\u2019élevaient à 87,- 000,000 après avoir été de $3,630,- 298 au cépart.Nous arrivons à l'exercice financier de 1873-74 qui a été partie sous le contrôle des conserva teurs et partie sous celui des li béraux.Dans cet exercice les dépenses réductibles s'\u2019élevèrent i 28,324,076, mais on eut à faire des déboursés que M.Tilley n\u2019avait pas prévus dans son bubget de 1873.M.Cartwright fut obligé de débourser S199,599 pour la police à cheval du Nord-Ouest, 812,262 pour l\u2019organisation du territoire du Nord-Ouest, $69,330 pour des remises de dro:ts, 8144,- 906 pour des munitions et du matériel de guerre, $79,293 pour le tracé de la frontière des Etats Unis.L'admission de lie du Prince Edouard dans la confédération imposa aussi des déboursés inévitables qui vinrent grossir le chiffre des dépenses su- Jettes à contrôle.L'année suivante, M.Cartwright réussit à réduire les dépenses du près de 8500,000, et pour les exercices financiers de 1576-77 et 1877-78 lu réduction s'éleva à près de deux millious.Il en fut de mème pour 1878-79.Cet exercice fut sous le contrôle des conservateurs pendant les huit derniers mois, et on constate immédiatement une augmentation d'au-delà de $394,000 sur le chiffre de l'année précédente.La Minerve ne devra pas s'étonner de notre observation.Elle m:t au compte des libéraux l'exercice financier do 1873-74 parce que les huit derniers mois se sont evou- lés sous le régime libéral ; elle devra également faire porter aux Conservateurs la responsabilité des dépenses de 1878-79 puisque le ministère Macdonald a contrôlé huit mois de vel exercice.Nous donnons le tableau des dépenses sujettes à contrôle do- puis 1867.Les renseignements sont puisés à la feuitle XX IH des comptes publics de 1879, v:+ ser- Niers qui soient sorts du winis- tèro des finances.L'ôtal compar ratif des dépenses réductibles est le suivant : ; 1867-68.ves 88,630,298 1808-6021 11001 8,459,485 4 1869-70 sonsossoneusces 3,891 ir tre Pr i + .rs roo 1542 ce 1 or avaient réussi à limiter les dé penses à un chiffre moins élevé que celui du dernier exercice complet des conservateurs\u2014IS72.73\u2014qui a absorbé une somme de $7,062,005.Après cela La Minerve crie encore à l'extravagance des libéraux et à l\u2019esprit d'économie des conservateurs.Passons aux exercices financiers de 1879-80 et 1880-81.On verra que le second ministère Macdonald conduit rapidement le pays au régime du gaspillage et de l\u2019extravagance que nous avons eu dans les premières années du gouvernement fédératif du Canada.Il est vrai que pour ces deux exercices mous n'avons pas les comptes publics sous les yeux, mais il suffit de s'en tenir aux estimations budgétaires de M.Tilley lui-mème.- On ne suppo sera pas que le ministre des finances a exagéré le chiffre des dépenses lorsqu\u2019il est connu qu'à chaque session, on demande des crédits supplémentaires pour l\u2019exercice courant.C\u2019est ce, que M Tilley a fait le 9 mars dernier pour l'exercice qui devait se terminer le 10 juin alors prochain.M.Tilley qui portait à $6,667,036 les dépenses sujettes à contrôle, demanda des crédits supplémentaires de $858,922, ce qui a porté les dépenses de 1874 80 i 87,335, 953 ou près de £600,000 de plus que pour 1878-79.Voici les estimations budgétaires de M.Tilley pour les dépenses reductibles des deux exercices financiers pour lesquels on n'a pas encore publié (es comp'es : 187ÿ=80 15S0=81 Gouvernement elvil.\u2026\u2026.SSTHS1 SMT AG Administ, do la justice.SNS 607,805 volleo.ovine 12000 y 1300) Pénitenciers .oo 253,005 3711 lagislation.US ISG 134,181 Arts, agriculture etstatis- HIQUO Le ce coco secs co0e 00 2,90 217.20) Immigrat.et quarantaine 173,618 188 16 PensiOUsS.\u2026.\u2026.\u2026. grände différence dans lés ingrédients employés par diverses personnes pour la salaison du lard.Nous avons vu employer deux fois autant de sel, cinq fois autant de salpêtre, et dix fois autant de sucre que nous l\u2019avons indiqué ; mais pourdes raisons que nons expliquons plus loin, nous croyois que les proportions que nous avons données sont suffisantes, et que l\u2019emploi d\u2019une plus grande quantité est non-seu- lement inutile, mais, dans cer- lains cas, nuisible.Il y en a qui frottent le lard et les jambons tous les jours au lieu de le faire loutes les semaines; cela peut être utile, mais ce n\u2019est certainement pas essentiel.Dans quel- frotter la viande.Lorsque la s2- Hlaison est terminée, on essuie le lard et les jambons avec une ser- vielle ; quelquefois aussi on les frotle avec du son et on les pend pour sècher ou ètre fumés,.Salaison à lu saumure\u2014La sa- saumure en Cet usage, on viandes constamment ques parties de l'Irlande, on se sert d\u2019un morceau de bois pour bres, aussi aérés que possible.On se sert souvent'de coffres -profond pour emmagasiner'le lard séché et les jambons ; il est d'habitude alors d\u2019interposer des couches de cendres bois bien sèches, de son ou de sciure de bois, en évitant celle de bois de sapin.Chacun de ces moyens a ses partisans.D'autres préfèrent pendre tout simplement leur lard au plafond de leur cuisine.Fumure\u2014Lorsque le lard ou le jambon doit être fumé, on l\u2019essuie avec soin après qu'il a été salé, et on le pend dans cheminée de la cuisine, en supposant qu\u2019on y fasse du feu de bois, ou bien on le fume dans une chambre à fumer construite expre-sément pour fumer la viande.Lorsque la quant.t: de viande à fumer est considerable, ce dernier moyen est le meilleur et le plus économique.La plupart de + ces chambres à fumer présentent J\u2019inconvenient de n'être pas assez hautes, et il est clairement laison à la ssumure se fait de la manière suivante : On prépare la dissolvant du sel dans de l'eau jusqu\u2019a ce qu\u2019un œuf puisse y flotter, puis on ajoute huit onces de salpètre et une livre d2 sucre brut pour dix-neuf pinles de saumure.La viande ayant été placée aussi serrée que possible dans un vase destiné à la maintient au moyen de grosses pierres, afin de l\u2019empêcher de flotter ; puis on verse la saumure dans le vase, qu'on ferme hermétiquement.Il y a des gens qui gardent leur dans la saumure ; il y en a d\u2019autres qui la pendent pour la sécher au bout de trois, quatre ou cinq se- Préparation des jambons.\u2014On prépare souvent les jambons de sec, et l\u2019autre la salaison à la saule meil- Dix livres de sel, quatre onces de salpètre, huit onces de sel gris La viande étant placée sur la table, on frotte d'abord le côté de puis, aussitôt que le sel, qui a été parfaitement séché au four, est les plus fines.penZez le pour le faire sécher.Dessiccation du lard et des jam dans les grands bien aérés, cilement.D'autres personnes lenues aussi froides, aussi som- la manière suivante : cette recette produit la saveur et la qualité Pour un jambon du poids de douze livres, mélangez ensemble sept onces de sel ordinaire, deux onces de salpètre trois onces de baie de genièvre, deux grains de cochenille et six onces de sucre brut ; frottez bien lo jambon dans un vase avec le mélange tous les jours, douze à quatorze jours durant, et puis bons \u2014Après que la viande est ainsi salée.l'opération suivante est de sécher le lard et les jambons.Ceci demande du soin ; car autant il es nécessaire de les sécher suffisamment, autant il est préjudiciable de les faire sécher avec excès.Il v a des gens qui emploient des rebords suspendus au plafond de la cuisine, sur le quel le lard etle jambon sont placés.Cela n'est bon que lorsque la cuisine est grande et aë- rée, car la chaleur du foyer pour rait rendre la viande rance.Cela n\u2019est pas à craindre, cependant, appartements Si l\u2019on croit que la cuisine est trop chaude, on fera bien, au bout de trois à quatre jours de transporter le lard dans la laiterie, puis de iv rapporter de nouveau à la cuisine, le gardant ainsi dans la cuisine et dans la laiterie tour à tour.Da cette maniëre il séchera graduellement ot se conservera ensuite plus Fapendent leur lard dans des pièces qui sout prouvé que cette opération se fait avec plus de succès dans un local élevé on Lien en produisant la fumée au dehors, la débarrassant de son humid té et la refroidissant avant qu\u2019cl\u2019e vienne en contact avec la viaude.La fumigation a un double ob jet, celui de sécher la viand: et de lui communiquer un goût pa iculier.On atteint quelquefois ce résultat en employant l'acide pyroligneux produit de la distillation des bois non purifié, ou, comme on l'appelle communément \u201cl'essence de fumée\u201d Ce moyen est cependant loin de valoir une bonne fumigation.Ennemi du lard ct du jambon\u2014 Le grand ennemi du lard et du jambon est une larve produite par uue mouche nommée pio- philla.Ceite mouche attagque le plus souvent le lard le mieux pré paré.On garantit ordinairement la viande au moyen de sacs de papier ou d\u2019étoffe ; mais même alors l'insecte sait trouver un accès par la plus petite ouverture.On adopte encore divers autres expédients.Aw on mélange fréquemment, aveu lu saumure de génièvre ou du poivre pour empêcher l'attaque de l\u2019insecte.L'emploi des baies de genièvre se recommande encore pour les jambons, à cause de la saveur qu'elle leur commuuique.lly ena qui saupoudrent la viande avec de la chaux ; vet expédient est employe avec succès eu Allemagne, et l\u2019on di t que les jambons de Westphalie sont traités de la sorte.Dans le co nté d'York, en Augleterre, on ro:nmeuce par essuyer bien à seu le lard et les jambons, puis On les saupoudrent abondamment de farine et on les suspend dans la cuisine pendant quinze jours; ai bout de ce temps, on les transporte daus un local bien frais, et on passe immédiatement le plafund de la cuisine au lait de chaux.Les américains se servent d'une pâte de cendres de bois ties fines délayées daus l'eau chaude.Si le ver a pénêtrs dans la viande, on dit qu'une furle iufusion de poivre de Cayeune réussit à l'en chasser immédiatement ; Tou pretend ôgalem ent que, lant que lo ver n'a pas attetik l\u2019os, le dégât se borne à is portion immédiatement attaque ; mais aussitôt que Insert: à pénétré jusqu'à l'os.la viande se trouve in.foctée d'un goût désagréable.Gazette des Campagnes. LE > \u2019 od voor tb .Vi \u2018EU PLE LE PEUPLE MoNTRÉAL, 311 SkPT., 1880 Nous accusons réception d'un nouveau livre par M.Buies: Le Saguenay ct la vallée du lac St Jean, étude historique, géographique, industrielle et agricole faite d'après les renseignements les plus authentiques et contenant les statistiques les plus récentes, en même temps que l'exposé de toutes les questions qui ont trait à \u2018ce pays et des descriptions pittoresques des endroits les plus re nommés.Le livre de M.Buies Qui a eté ccrit d'après les ordres du gouvernement porte pour épigraphe : \u2018 Emparons-nous du sol.\u201d \u2014\u2014->e > ne ee.Un litdans La Concorde : $ Noire SV: Maurice n'a jamais êle aussi cn Vogue que cette année.* Dans le «ours de l'été, un grand nombre d'amateurs de pè- che venant de s différentes parties du pays, sont passés ici, les uns se rendant aux Piles, les autres aux rivières Makinac et Wessonneau.Ils en sont tous revenus avec une pêche très abondante.* Demain matin, un parti d'excursionnistes composé de l'hon.sévateur \u2018Thibaudeau, M.le juge Dugas, MM.C.A.Geoffrion, C.Beausoleil, L.A.Boyer, Ald.Deschamps et autres, doit se rendre aux Piles pour quelques jours, pour y fuire la péche et la chasse.\u201d \u2014 \u2014..L\u2019Hecteur dit que des let- (res recues de la Rivière Ouelle annoncent que l'hon.M.Letellier a pris tellement du mieux qu\u2019il se lève régulièrement et peut res- ler debout toute la journée.L'hon- norable monsieur a pu même sortir en voiture. see Le croira-t-on Ÿ\u2026dit l\u2019Opivion Publique, le Canada contribue annuellement autant qu'aucun au tre pays du globe à grossir le nombre &e la population des Etats-Unis.Un rapport du chef du bureau des statistiques à Washington, pour le mois de juin 1880, place le Carada au troisiè- dégrë de l'échelle descendante.Voyons : Irlande.14,190 Allemagrne.12,548 Canada.vouvause \u2026.12,323 Nous venons après l'Irlande et l\u2019Alienssgne! L'Irlande en proie à la famine.l\u2019Allemagne écrasée par les impôts et regorgeant de population, fournissent guère plus d'émigrés aux Etats-Unis que le Canada! El notre pays est à peine défriché ! Quel sujet de tristes rétlexions.\u2014 +.ap + + L'hon.M Laurier était en ville, hier.Les rumeurs que l\u2019on a fait circuler au sujet d'une maladie sérieuse au sympathique dépoté de Québec-Est, sont controuvées \u2014_\u2014\u2014\u2014 BP) ee Un journal du soir réédite la nouvelle que Mme Edmond Adam, fondatrice de la Nouvelle Reuxe et ancienne amie de M.Gambetta, est sur le point d'épouser le général Cialdini, ambassadeur italien & Paris.Cotte nou- volle excite un vif intérèt parmi les habitués du salon de Mme Adam et en général dans tout le monde littéraire._ caw.oe On dit que les conservateurs de Lennox auront un peu de pudeur.lis engageront prochainement leur député, M.Hooper, à donner sa démnission.M.Hooper est accusé de détournement de fonds du conseil de comté.Les réformistes se réuniront, le 25 courant, pour choisir un candidat.L'hon.M.Cartwright, qui représentait Lennox depuis plusieurs années, a été vaincu par une majorité de 5!) seulement le 17 septembre 1878, Le recensement décennal de la population des Etats-Unis a ramené l'attention sur les Mormons de I'Ctah.La population de ce territoire est actuellement de 141,000 habitants, ce qui représente une augmentation de 65 0,0 depuis dix ans.Non-seulement les Mormons, grâce à la polygamie, plus que jamais florissante chez eux, met tent en pratique le précepte de l'Evangile: *\u201cCroissez et multi pliez\u201d, mais ils reçoivent constamment d'Europe de nouvelles recrues qu\u2019aimènent leurs missionnaires.Depuis le commencement de l\u2019année 2,000 émigrants mormons, débarqués à New-York, ont été dirigés vers l'Utha.Tout ce que le zouvernement de Wascette immigration est resté sans effet, de mème que les mesures contre la polygamie.ee ma Le restaurateur de l'exposition est un francais bien connu à Montréal, M.Victor Olivon.Ces jours derniers, M.Olivon termiinait la baraque où sera tenu le restaurant, et, suivant la coutume adoptée par plusieurs entrepreneurs, il couronna le toit d\u2019un drapeau.Le drapeau c\u2019était le tricolore, le drapeau de la vieille France, celui que M.Ulivon préfère probablement à Lout autre.Des goûts et des couleurs on ne discute guère, surtout dans une affaire d\u2019une importance secondaire.Les trois couleurs flotlant au-dessus d'un restaurant improvisé ce n\u2019était ni un crime de lèse-majesté ni une menace pour le Union Jack.M.Bulmer, l\u2019un des membres du Conseil d'agriculture, pensa autrement.Ce susceptible personnage ordonna à M.Olivon d\u2019enlever le drapeau français.Avant de se soumettre M.Olivon s'adresea à M.Beaubien, député d\u2019Hochelaga, qui répondit que M.Bulmer avait raison et qu\u2019on ne devait pas déployer les couleurs de la-France dans un pays anglais comme le Canada.Ainsi l\u2019illustre M.Beaubien pense qu\u2019un français n'a pas le droit d\u2019aimer son pays, de l'honorer et de le respecter même à l\u2019étranger.Etrange doctrine qui tendrait à éloigner les hommes el à enveniser la discorde entre les peuples ! hington a fait pour restreindre\u2019 M.Beaubien appartient au parti qui va quémander des millions en France.C'est au moment où M.Chapleau et son prussien, M.Wurtele, vont demander à la France de payer leurs pots cassés, que M.Beaubien, leur ami et leur disciple, laisse percer ses antipathies contre le gouvernement français.Les capitalistes voient à quelle espèce de crétins ils onteu affaire.On leur envoie un prussien qui a trinqué à la nouvelle des malheurs de la France, el ici, au Canada, les disciples de M.Chapleau ne cessent de prodi guer linsulte à tout ce qui de près ou de loin touche à la Fran ce.L'exposition fédérale.Dans quelques jours on verra souvrir à Montréal une grande exposition des produits de l\u2019industrie et de l'agriculture au Canada.\u2018Toutes les provinces de la confédération sont invitées à prendre part à ce concours.L'importance d'une exposition fédérale est comprise par tous nos concitoyens.Si le Canada veut occuper une place importante dans le groupe des nations du globe il doit susciter un légitime esprit d'émulation entre ses habitants qui exploitent l'industrie manufacturière, l'agriculture, les ressources naturelles et indigènes du pays.Cette rivalité dans le domaine du progrès bien entendu et bien appliqué est de mode chez tous les peuples ; elle est même devenue un élément es- senticl de leur vie comme nations.La Irance, I'Angleterre, l\u2019Autriche, les Etats-Unis, nous ont donné des expositions qui ont plus contribué au bonheur de l'humanité que les guerres que les peuples se livrent souvent pour un objet insaisissable, pour une idée chimérique.Longtemps on gardera le souvenir des grands concours internationaux de Paris, de Londres, de Vienne et de Philadelphie.En révélant le caractère propre d\u2019un peuple, ses tendances, res goùts, ses aptitudes, on ouvre de nouveaux ho- rizonsau commerce, à l'industrie, à l'agrienlture.Tel peuple qui ne trouve pas chez lui certaines ressources va les chercher chez ses voisins, et ce sont les expositions qui facilitent ce mouvement.Ainsi solidarisée I'industrie fait le bonheur commun de toutes les nations.Il y a échange de productions naturelles, et ce rapprochement opère les plus heureux résultats.Le Canada à figuré honorablement dans les grands concours.Il est vrai que lu dépendance coloniale nous a mis quelquefois dans une position relativemeut secondaire en importance et que l\u2019on à généralisé sous le nom de la mère-patrie les efforts des industriels, les résultats du travail, de intelligence des colonies.Cepen- Dans la vieille France, on n'a pas oublié les représentants du Canada à l'exposition de Paris.Nos éminents concitoyens, M.Gustave Drolet et M.Joseph Perrault, por- neur que leur ont value leurs services au grand concours inter national de 1878.Sur un champ plus restreint ont illustré leur nom par des expositions qui ont eu du retentissement sur tout le globe.Au Canada, on a fait beaucoup par le passé, mais nous ne sommes pas encore arrivés aux dernières limites du possible pour l'organisation de concours industiiels et agricoles.Il faut saisir l\u2019occasion qui se présente et offrir à nos conci- loyeus une exposition qui laissera sa marque dans l'histoire du pays.Au moment où la France dirige ses capitaux vers les rivages du St Laurent nous devons faire connaître avantageusement les progrès réalisés par le Canada depuis la conquête et inspirer de la contiance aux capitalistes qui nous ftendent une main amie.L'indifférence de notre part serait plus que de la folie, ce serait une faute nationale qui prendrail les proportions d'un crime.Que les industriels et lesagri- culteurs se hatent d'entrer en lice.Plus il y aura de concurrents plus l'exposition sera proti- table et pour ceux qui coucour- ront et pour le pays en général, Les citoyens de Montréal ont fait de louables démarches pour rendre agréable le séjour de notre grande ville pendant l\u2019exposition.On trouvera des amusements et de joyeux passe-temps à volonté.Que les exposants se montrent dignes des efforts que ont nos concitoyens, en étalant aux yeux des visiteurs les plus beaux produits de fl'industrie, de l'agriculture et des arts.Nous espérons que nos souhaits, seront réalisés.Il s'agit d\u2019une œuvre nationale, d\u2019un objet patriotique qui dominent toutes les consiaérations ordinaires de part: ou de politique.C\u2019est le Canada qui figure, et consé- :querment ce sont tous ceux qui portent fièrement le nom canadien qui ont intérêt à faire de l'exposition de 1880 un concours qui fera rejaillir de la gloire et du preslige sur le pays.Le patriotisme et le devoir .tracent & chacun son devoir.Le chatiment et la conduite d'un traître.M.l\u2018lynn, le transfuge No 3, l\u2019un des lâches qui, le 29 octobre 1879, courbèrent la-tèle dans le Conseil législatif, n\u2019a pas réussi, paraît-il, à vendre ses électeurs.\u2018Hya encore à Gaspé des lihé- raux qui hésitent à faire l'wil en coulisses à M.Chapleau et à son ministère de conciliation.Dernièrement on à accucilli le petit traitre avec la plus grande indifférence dans des localités qui autrefois étaient ses chiiteaux- forts.Mais le petit IFlynn a des res sources.Jl veut appliquer a ses électeurs la règle que le Nouvel liste voulait établir pour les victimes de Bellechasse.Il mesurerait les faveurs du gouvernement Ovi Zi è5 clee- daut nous pouvons regarder avec; Provincial sur le zèle des tlee orgueil la place que le Canada oc- {leurs à appuyer le ministère.On cupait à Paris et A Philadelphie.\"St pour ou contre nous: zna.thème à quiconque méritera no tre courroux, dit M.Flynn.Cette conduite ignoble est dénoncée par un correspondant de Gaspé à La Concorde, Après quelques content la croix de la légion d\u2019hon sidérations générales pour dita.blir que M.l'Iynn ne mérite au- cunoment le respect et la considération des libéraux qu\u2019il a trahis, le correspondant dit : nous deçons imiter les nations qui « l\u2019hon.M, Flynn a pu com \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 t= + tm rt re prendre la justesse de cet avancé dans la visite qu'il vient de faire dans certaines paroisses du comté de Gaspé, paroisses essentiolle- ment libérales, telles que la Rivière-au Renard et I'Ansg au Griffon, notamment, qui ont donné le plus grand poids dans Ia balance électorale lors de son élection \u2014par la froideur et l\u2019inditférence que lui ont montrées les rares électeurs qu'il a pu voir.Les libéraux en masse out dédaigné le rencontrer préférant le Inisser palper les trois mille piastres qu'il a pu obtenir comme ministre pour prix de sa rahison envers le parti libéral et ses amis.+ A l'Anse au Griffon, il n\u2019y a que quatre conservateurs\u2014qua- tre bien comptés.Eh! bien, c\u2019est chez l\u2019un d'eux seul qu'il a été faire visite pour lui donner l\u2019accolade frateruelle et un ptein pardon pour l'hostilité la plus mal honnête qu'il lui a portée lors de son élection.« Il y a deux aus, lz municipali de Anse au Griffon a demandé au gouvernement la permission de détourner le chemin public dans un endroit de la paruisse à cause de certains inconvénients, à l\u2019instar de ce qui a été fait dans la paroisse voisine (celle du cap aux Os) il y a quelques année .Tout naturellement, on s'est adressé à M.Flynn pour préseu- ter la requête.Quelques centaines de piastres ont été accordées pour commencer les travaux.« Savez-vous de quoi l'hon M menace la paroisse maintenant ?D'iarrèter les travaux du dit che min ci de faire rembourser les quelques cenlaines de piastres obtenues!!! « Ma bien appris n'est-ce pas, depuis qu'il trempe avec les conservateurs.+ En vous priant, Monsieur le Rédacteur, de vouloir insérerces quelques remarques daus la Cox- CORDE ¢l vous remerciant de votre aimable hospitalité, veillez me croire etc, etc.I.a, «Bassin de Gaspé, 27 Aol 1380,» La France à la conquête du Canada.La France envahit le Canada elle va reconquérir son ancienne colonie.\u2019 Ce n\u2019est pas par les armes de guerre, par le chassepot ou la mitrailleuse qu'elle va étendre au Canada son génie, sa gloire, sa grandeur.C\u2019est le domaine de l'industrie et du commerce qu'elle envahit; et c\u2019est à l\u2019apa Une, à l'indifférence de nos compatriotes qu\u2019elle déclare la guerre en venant exploiter les ressources de la province de Québec, en tépandant ici des capitaux qui donneront un nouvel essor au mouvementindustriel et commercial dont les résultats ont été relativement nuls depuis nombre d'années.\u20180 Las canadiens-français peuvent.is voir avec indifférence les nouveaux projets des capitalistes français ?La France cet une na tion au cœur généreux qui tou jours sait tendre la main de l'a- miti¢ a ceox qui lui sont attachés par les liens de la consanguinité.Commu tous les peuples elle à pu avoir sus faiblesses et ses défaillances ; elle a pu commettre des erreurs qui ne ésultaient souvent que des défauts de ses qualités; ellea mème quelquefois courbé ja tète sous lo joug du des- polisme ; mais toujours elle à contribué au progrès de la rivili- satiou, alla s\u2019est dévouée pour les causes nobles et humanitaires, elle à promené victorieusement son drapeau partout où il y avait des opprimés à soulager, des 1a) bles à protéger, des ambitieux À ropousser. - demi siècle.La France en nouant des rela lions avec ses congénéres des bords du St Laurent continue à remplir son rôle civilisateur.Nous n\u2019avons pas à lui demander la liberté : la généreuse nation qui a recueilli sa succession au Canada nous a accordé la pléni tude des libertés constitutionnelles et politiques.Ce qu'il nous manque ce sont les qualités qui distinguent les hommes d\u2019affaires dela J'rance à la prudence, la clairvoyance et de hautes notions de moralité commerciaze, \u2018Comment pouvons-nous hésiter à acquérir ces précieuses qualités lorsqu'il nous en coûte rien, lorsque les industriels francais nous offrent leurs millions.La l'rance h'a pas à associer le Canada à ses destinées politiques, mais elle peut le faire avancer dans la voie de la civilisation et du progrès en lui donnant des ressources pour développer son commerce, .son industrie, faire connaitre ses produits i l\u2019étranger et faciliter l'importation des productions des autres pays.C'est la voie du libre-échange que vont ouvrir les capitalistes francais.C'est la France qui a jeté sur cette terre du Canada les germes de la nationalité canadienne- francaise ; c'est la France qui va diriger les pas encore incertains de ses enfants de 1534 dans les sentiers du commerce et de l\u2019in dustrie ; C'est une tutrice qui, apres une longue absence, nous arrive à la période de maturité, à l\u2019âge où nous jouissons \u2018e tou- les nos forces vives.Deux fois la France a abandonné le Canada, deux fois elle est revenue au Canada.Sous le régime français la Nouvelle, Frauce fut oubliée pendant un Depuis la corquêète, on étail naturellement plus 11- sonciant encore à notre égard : on sumblait vouloir clfacer de l\u2019histoire de France le souvenir du Canada ; on n\u2019avait sur notre pays que des notions imparfaites, bizarres mêmes ; on regardait notre territoire comme l'héritage de hordes sauvages ; on ignorait que les 60,000 fran- vais abandonnés A leur sort par le faible Louis XV formaient, avec leurs compatriotes émigrés aux Etats-Unis mais sincèrement attachés au pays, une groupe de près d\u2019un million et demi.La France semble s'éveiller apres ce second oubli de son ancienne colonie.Ses journaux ont plusieurs fois appelé l'attention sur le Canada français; ses capitalistes, ses industriels nous arrivent.C'est bon signe: la France nous revient, et pour gage de sa sincérité, de son désir réel de faire lo bonheur du Canada, elle nous offre ses capi- laux, son expérience, ses aptitu- «les commerciales.Dans le domaine purement moral la France a mème honoré le Canada en admettant à un concours juequ\u2019ici ouvert seule ment à des enfants de la vioille France, le grand poèle national du Canada, Lonjs Honora Préthelle.Saluons avec Lonheur celte droisième apparition de la France au Canada ; elle fait briller sur notre pays un rayon de bon heur et d'espérance.Comme dit notre confrère du Globe c\u2019est une révolution commerciale que la France opère.Bientôt on verra s'élever quatre » LE PEUPLE fabriques du sucre de betterave\u2019 Dix millions de francs seront consacrés à faire fleurir cetle indus trie que l\u2019on asstera sur des bases solides.Les capitalistes français sont prudents, ombrageux même, mais ils sont hommes sérieux et ne ne reviennent pas sur leurs, pas lorsqu'ils sont entrés dans une voie.Les fabricants et les raftineurs de sucre,qui avaient jelé les regards vers le Canada, ont envoyé ici un de leurs asso ciés, M.Legru, qui a recucill; tous les renseignements qu\u2019il désirait.C'est après avoir vuel constalé lui-même que M.Legru a consenti à introduire au Canada lu fabrication du sucre de betterave.Les raffineurs francais ont décidé : la chose se fera.On a été prudent, mais on sera sérieux, et les dix millions seront versés, Nous voyons avec plaisir que plusieurs de 110s concitoyens ont secondé l\u2019agent des raiffineurs francais, M.Lavallée, en souseri- vant un vingtième du capital de * L'Union sucrière du Canada.\u201d Des homuies comme M.\u2018le maire Itivard, l\u2019'hon.R.Thibaudeau, M.D.Masson offrent aux capitalistes étrangers des garanties de première classe.On parle aussi de MM.Dior, freres, de Grenville, France, qui ont acquis des terrains it phos phale.On ajoute mème que l'un des membres de cette société a acheté 10N,000 acres de terrain à phosphate dans le district d'Ottawa.Nous souhaitons prospérité à celte compagnie.Ce vœu c\u2019est celui que forment tous les enfants de la Nouvelle-l\u2018rance.Ou nous fait part d\u2019un autre projetauquel nous ne pouvons pas nous être indiférents : une ligne de steamers entre Montréal et la France.On en parle tous les jours depuis longtemps, les entretiens roulent sur le sujet, mais on n'ar rive pas à une solution pratique.Un canadien-français est à dénouer le nœud gardien : c'est notre ami M.Gustave Drolet, C\u2019est lui qui a pris la chose en mains et qui finalement nous obtiendra ce que nous voulons.I ne faut pas oublier le Crédit foncier et le voyage de M.de Lalonde , qui fera connaître notre pays au point de vue agricole.Tous ces projets ont nos plus vives sympathies et\u2014nous croyons pouvoir le dire\u2014celle de tous nos compatriotes.Notre pensée se résume en quatre mots : l\u2019amour de la Fran ce ! Que les capitalistes francais viennent au Canada personne n'objectera.Que l'on profite de leur expérience, de leur science, de leurs connaissances pratiques, on n'aura qu\u2019à se féliciter.Cependant nous ne désirons pas que notre province s'endette en France et fasse des emprunts sérieux.On connaît nos opinions sur la question.Aujourd'hui, peut-on se réjouir s'il est vrai que la politique mesquine el immorale du ministère Chapleau à inspiré un sentiment de défiance aux capitalistes français ?Nous souhaitons revoir la France au Canada, nous espérons que son génie civilisateur accon- Plira de grandes choses, mais Nous ne Lonons guère à emprun- ler des millions qui tomberaiont dans le gousset des Sénécal, des Chaplean, tous gens plus ou moins insolvables et luttant i qui mieus mieux pour tromper les étrangers qui pourraient les prendre aux sérieux.Que la l\u2018rance nous aide, mais qu\u2019elle ne laisse pas croire qu\u2019au Canada les gouvernants véritables sont un Sénécal, Lanqueroutier, un Chapleau nécessiteux, un Flynn traître, un Thibault imbécile.Le règne des cliarlatans va finir.A l'étranger comme au Canada on connait et on connai- tra de plus en plus les nommes sincères et honorables.2 La véracité dela \u2018 Minerve.\u201d La Minerve à affirmé que le discours de M, Blake avait confirmé les prétentions de M.Tilley, et \u2018que le chef de l\u2019opposition avait fait des aveux compromettan's.Pour appuyer son dire la Hinerte à recours à une escorbar- deric ; elle cite quelques phrases qui ne sont qu\u2019une énumération, et elle termine la citation lorsque M.Blake tire de son exposé des conclusions contre le parti conservateur.Celle tactique est aussi insensée que malhonnète.La Minerve devrait être assez futée pour ne pas se laisser prendre aux gluaux quelle tend au public; elle devrait savoir que les paroles d\u2019un homme comme M.Blake unt assez d'importance pour appeler l\u2019attention d\u2019un grand nombre et qu'un discours du grand orateur est toujours lu par plusieurs personnes qui peuvent facilement constater les falsifications ou les omissions.Que l'on tronque un discours de l\u2019insecticide Thibault ou du député Vanasse cela se convoit.Ce ne serait pas honnête, mais ce scrait peut-être habile suivant les circonstances.Mais dénaturer le sens d'un discours de M.Blake c'est un jeu qui n\u2019amuse pas mème les plus innocents.Lestin Bergevin mème rougit de la conduite de L» Vi nerve.La Minerve, aprés nous avoir averti qu\u2019elle va nous faire administrer la douche par le chef du gritisme, fait la citation suivante du discours de M.Blake à Toronto : « La proportion générale dans laquelle se sont accrues nos dépenses a êté énorme.Depuis l\u2019époque où nous avons assumé ces obligations, nos dépenses annuelles en blocont augmenté de 36 étaient au-delà de moitié plus fortes on 1878 qu\u2019elles n'étaient on 1871.Notre dette s\u2019est élevée de 77 millions de piastres à 147 millions de piastres\u2014elle a presque doublé.Notre comgte d\u2019inté- réts s'est accru de 55 pour cent, et je crois qu\u2019on verra que l\u2019augmentation s\u2019est élevée à 63 pour cent, en allant au 30 juin dernier.Les dépenses du gouvernement civil ont augmenté de plus de 34 pour cent, les subsides aux provinces de 31 pour cent ; eL à tout prendre, nos dépenses publiques se sont accrues trois fois aussi vite que nos moyens de payer les impôts.» Voyous l'honuêteté de Lu Minerve qui, après cetle citation, entonne des chants de triomphe.M.Blake venait de parler du chemin de for du Pacifique ct de l'achat du Nord-Ouest ; il regardait comme onéreuses les obligations que ces deux propriétés entrai- naient.Apres avoir dit que nous déboursions anuuellement $1, $00,000, il aborde dans les termes pour cent jusqu\u2019en 1878.Elles reproduits plus haut la question des dépenses et de l\u2019augmentation de la dette dont il venait de faire remonter la responsabilité au régime conservateur.C'est aux conservateurs et non pas aux libéraux que s'adresse M.Blake lorsqu'il parle des dépenses \u201cdepuis l\u2019époque où nous avons assumé ces obligations\u201d contractées par le premier minis tère Macdonald : l'achat du Nord- Ouest, la construction du chemin de fer du Pacifique.Ja Minerve n\u2019a pas élé assez honnête pour développer toute la pensée de M.Blake ; elle 2 méme supprimé quelques mots au milieu de la seconde phrase.M.Biake adit: Depuis l\u2019époque où nous avons assume ces obligations \u2014je prends Pannde 1871 pour les Lesuins du moment\u2014nos dépenses annuelles en bloc ont augmenté de 56 pour cent jusqu'en 1878.\u201d ministres conservateurs, el il fallait pour monter son petit échaf- faudage effacer cette date.Par ce petit stratagène on laissait le lecteur sous l'impression que les obligations dont parlait M.Blake avaintt été contractées par les libéraux et que l'augmentation de la dette publique était un fait imputable au ministère Mackenzieaccusé La Minerve d\u2019avoir déna turé le sens des paroles de M Blake non seulement chant des mots et en à dessein quelques flignes au mi lieu d\u2019une suite de raisonne ments, mais aussi en lerminan trop Minerve n'a pas achevée : liers.que serait votre sort si vous tri recettes n\u2019augmenteraient pas ?Dans cette situation vous diricz, je pense, que vous êtes sur la voie de la ruine.Sachez le bien, une nation, qui n\u2019est qu'une agglomération d'individus, ne peut pas plus qu\u2019un individu se jouer de ses destinées.J\u2019admets que nous pouvionsescompter l\u2019avenir dans une certaine limite ; j'admets volontiers que nous étions justifiables de nous endetter pour des travaux publics, mais je dis que la conduxte du gouvernentent actuel et celle que ses membres ont suivie lorsqu'ils étaient autrefois au pouvoir, devrait décourager les ämes les plus fortement trempées.\u201c Sous l\u2019administration de mon ami M.Mackenzie les dépenses sujettes à controle, qui jusqu'à celle époque avaient augmenté considérablement, ont subi un arrêt.On ne les à pas seulement limitées, on les a réduites.De sorte qu\u2019à la fin de son administration clles étaient moins élevées qu'au commencement.Depuis, les bons vieux temps sont revenus et on suit la bonue vieille coutume.Maintezant on augmente rapidement ces dépenses que l\u2019on avait limitées, Pour le gouvernement civil l'augmentation est énorme, et de fait, M.le président, si nous ne devons pas avoir de bon tem »s ailleurs les ministres ont résolu qu\u2019il y aurait des temps joyeux pour le gouvernement.« Nous pensons que le plus rigide système d'économie et de retranchement est absolumont nécessaire à cette époque critique de notre existence si nous voulons réussir dans vos entreprise auxquelles nous ne pouvons pa La Mincrve a retranché les mots soulignés, La bonne vieille savait qu\u2019en remontant à 1871 M.Blake avait frappé au cœur les anciens renoncer, et nous demandons.aux électeurs de Toronto, aussi bien individuellement quo comme électeurs, d\u2019adhérer à nos principes lorsque nous prétendons que l\u2019extravagance avec laquelle le gouvernement a augmenté les dépenses est injustifiable et causera natre ruine si nous n\u2019y mettons pas un terme.» Voilà ce que la véridique et honnête Minerve appelle \u201c administrer la douche\u201d à La Parnir.Nous craignons fort que M.Tilley ait été plus à plaindre que nous.Nous soupçonnons même que les paroles de M.Blake aient cu.sur les épaules du ministre des finances effet d'une douche nouillante.Nous venons de venger M.Blake des calomnies de Le Minerve qui a affirmé que le chef du parti libéral avait porté des coups eu pleine poitrine à M.Mackenzie eta M.Cartwright, On voit que c'est bien M.Tilley quia recu les boulets rouges de M, Blake.Dans la citation que nous faisons plus haut M.Blake parle des dépenses sujettes à controle.La, Minerve n\u2019a pas abordé ce chapitre.mais nous le toucherons lundi afin de répondre à ses billevé- sés au sujet de l\u2019extravagance des La France au Canada.Allons plus loin.Nous avuns en retran- choisissant brusquement la citation.Nous prouvons notre asserlion en continuant la citation que Le \u201c Comparez-vous cet état de choses avec ce que l\u2019expérience vous enseigne comme pariicu- Voulez-vous songer à ce plilez vos dépenses lorsque vos Les relations entre la province de Québec \u2014 le Canada français.comme on l'appelle en Francee: notre ancienne mère - patrie endent à se développer.Après te Crédit foncier et la fabrication.du sucre de betterave, on parle de l'organisation d'une ligne de steamers entre Montréal et le Hävre et de l\u2019importation de capitaux francais pour exploiter les ressources agricoles de ta province.La province de Québec a mé»i- té d'attiver l'attention de la \u201c*Société centrale d\u2019agriculiure de Rouen et de Ja Seine.\u201d Samedi, .|un délégué de cette société, Monsieur de Laloade, maire de Lon- .t guerue, arrivait à Montréal id New-York dans un voyage d\u2019observation au Canada.M, de Lalonde, qui est accrédité pardes membres du gouvernement français, fera un rapport sur les ressources du pays au point de vue agricole et commercial et donnera tous les renseignements désirables à ses compatriotes qui voudrait placer des capitaux au Canada.Nous avons eu l'honneur d'être présenté au distingué visiteur par notre ami, M.Joseph Perrault, qui s'est mis dla disposition de Mde Lalonde et qui lui a efait connaître les journalistes de Montréal et plusieurs citoyens marquants entr'autres l'hon.M.Chauveau, l\u2019on.juge Jetté, le lieutenant - colonel Ouimet, M.P., dans une charmante réunion à sa résidence, hier soir.M.dr Lalonde est le type du gentilhomme jrançais.gance du physique il joint des manières allables, une conversation vive, intéressante, empreinte d'un grand esprit d'observation.Son voyage au Cauada devra produire des avantages très appréciables pour la province Je M.de Lalonde partira, ce soir, pour Québec, et, À son retou dans deux ou trois jours, Ail visitera les townships de 1 Est.M.Chafee, trésorier du chemin de fer du Sud-Est, à mis À la disposition de M.de Lalonde ot des Journalistes un convoi spécial qui se rendra à Newport et reviendra YEUILLETON.AMOUR ET LARMES \u2014 ll \u2014LE MYosOTIs.(Suite) Mesdemoiselles de Ribienne vivaient dans la retraitre la plus austère ; la mort prématurée du père, l\u2019état maladi! de Médéric avaient été des causas trop se- rieuses de douleur pour que le monde et l\u2019envahissement de ses fètes eussent atteint le château.Les jeunes filles ne connaissaient, à vrai dire, qu'Amédée.Son âge, son esprit, sa gaité, sa science, ses qualités, son âme aimante devaient atiirer la syoipathie.\u2018 Estce bien li ce qu'on appelle l'amour ?se demandait-il avec tristesse.Le sentiment que j'inspire survivra-til à la comparaison, quand ma femme sera entource de l'hommage d'autres hommes qui me seront supérieurs en tontes choses ?Ne regrettera-t-elle jamais l'heure sainte et qu'elle doit toujours bénir de nore union ?\u201d A force de se creuser la tète, il réussit à voir l'avenir sous les couleurs les plus sombres et an message qu\u2019il reçut le lendemain de Rémillac ne tit qu\u2019augmenter cette injuste disposition.Médéric était tellement affaibli que le médecin lui défendait tout travail pendant un mois.\u2014V ous serez toujours le bienvenu à Rémillac, ajoutait la let tre ; c\u2019est seulement à cause de vos nombreuses occupations, que nous avons cru devoir vous prévenir que vous pouviez disposer des jours et des heures que vous consacriez à uotre cher Médéric.L\u2019orgneil d'Amédée bondit.Loin d'accepter cette triste nouvelle dans sa simpie vérité, il se persuada qu\u2019on I'éloignait de la famille.Ce congé d\u2019un mois Ini fit l'effet d\u2019un congé définitif.Loin de courir chez ses amis, pour vérifier l'état désolant de son jeune élève, il s\u2019enferma som dre et maussade, et je n\u2019oserais pas affirmer que ce jour-là, les écoliers du collège d\u2019Argentan n\u2019aient snbi d\u2019injustes punitions ou des pensums exagérés.Quand vint le jeudi, ce jour habituellement rempli de bonheur et d\u2019amitié, il eprouva une crise de désespoir, et se demanda avec épouvante ce qu\u2019il allait faires des longues heures de la journée.Fatigué du travail fastidieux de la classe, il avait besoin de cette distraction qui lui arrivait deux fois par semaine comme un bienfait de la Providence, de cette mère vigilante qui place le re os à côté du labeur.En la per- fant, par sa faute, il éprouva la douleur qui accompagne l\u2019abandon et, pour la première fois depuis un an, s\u2019apervut que l'orphelin est le plus malheureux des hommes ; car une mere tendre peut consoler de tout, même de l'amour.ll était sans mère.Il eût bien voulu pleurer, mais il ne l'osait pas ; il aurait eu honte, lui homme, de verser des larmes qui témoignent \u2018ue le cœur était brisé.11 ouvrit des livres etles referma, les déclarant stupides ; le fait est qu\u2019il en avait peu lu et certainement rien compris.\u201cIl n\u2019y a qu'une histoire intéressante au monde, se disait-il, c'est l\u2019histoire du cœur; de là procedent tous les drames, où surgissent toutes les fêtes ; le reste est du pédantisme.\u201d A l'heure habituelle cù la voiture s\u2019arrélait sous ses fenétres, il écouta tous les brnite, se figu- rantencore qu\u2019on allait venir le chercher 1l se promenait de long £u large dans sa chambre avec amertume : \u201c C\u2019était bien la peine de me faire vivre de la vie dn ciel pendant un an, murmurail.il, pour me rejeter après dans un solement pire que la mort.S'il LE PEUPLE est vrai que Médéric soit en danger, n'était ce pas le cas de map: peler pour le soigner, pour le distraire ?On a craint de me traiter comme un membre de la famille, on me fait lichement sentir que je n'en suis pas, que je n\u2019en servi Jamais.Croicat-ils donc que j'irai mendier leurs invitalions ?Que je n\u2019ai pas aussi ma flerté ?Que je ne saurais me passer d'eux \u201d Et tout en murmurant des lèvres ces phrases orgueilleuses, son Ame protestait.Elle voyageait jusqu'au château de \"Rèmillac.L'heure de son arrivée sonne.Des l'avenue il voit sur le perron ce trio de femmes aimables et aimées et, entre toutes, celle que son cwœur a choisie : à peine s\u2019il la distingue, et déja un frémisse ment de plaisir e: d'émotion s'empare de tout son être.Tout bas ses lèvres disent son nom, leurs regards s'échangent comme pour consacrer leur mutuel amour et lui promettre une éler.nelle union.Oui, c'est ainsi que deux fois par semaine il vient aviver sa biessure et ses espérances.tandis qu'aujourd'hui dépouillé d'iliusions, comme un arbre qu'a visité l'orage.il est seul et peut être le serait-il toujours ?La colère lui monte au cœur ; cette chambre l\u2019étouffe.cette petite ville l'écrase.I! prend son chapeau, il sort rapidement, il va sans savoir vers quel but ; il ne salue pas ceux qu'il rencontre, il oublie d'allumer son cigare, il traverse les rues et la route pou- areuse, puis il entre dans un sentier frais et ombragé dans lequel il chemine euviron une heure n'écoutant ni les oiseaux qui gazouillent, ni derrière la haie les causeries joyevses des faucheurs, marchant indistinctement sur les fleurs et sur les mousses sans pitié pour la fourmi qui fait son travail, sans regard pour le nid oi: se dressent les petits chardonnerets sans plumes, nos chanteurs de l'èté prochain : il marche jusqu\u2019à ce qu\u2019il apercoive les abords bien aimés du château de Rémil- lac que son cœur connait encore mieux que ses yeux.Il ne voulait pas y entrer et s'assit sur l\u2019herbe en disant, com me le voyageur arrivé au port : c\u2019est ici.Son front était mouillé ar la châleur et par la marche.on regard plongeait avide et tendre dans les allées du parc, il y cherchait la vision ordinaire, elle ne se montra pas.En revanche, mille visions ou amères envahirent son esprit.L'affection et le bonheur étaient là, à quelque pas; mais id aussi se dressait comme un obstacle presqu\u2019insurmontable, la naissance et jusqu\u2019à un certain point de vue la fortune, Amédée n'avait que sa place ; or, le traitement d\u2019un professeur de collége suffit aux besoins d\u2019un garçon, mais ne comporte pas les dépenses d'un ménage ; mademoiselle de Ribienne devait, au contraire, posséder un jour une centaine de mille francs.La so- ciélé est impitoyable pour les mariages disproportionnés, elle y voit toujours une spéculation.\u201c Oui, pensait Amédée avec découragement, l'argent a pris en France une telle valeur qu'on suppose qu'il est le mobile de tous les actes.On croira que j'ai poursuivi la fortune, et on accusera madame de Ribienne d'être une mère imprévoyante.\u2019 Dans ces luttes si souvent renouvelées depuis un an, la faiblesse et le penchant du cœur fl nissaient toujours par lui assurer le triomphe.Après avoir parcouru la gamme desinjustices et des humiliations qui l\u2019attendaient dans le monde, Amédée se disail qu'il les supporterait avec bonheur, pourvu gue la chère créa ture sans laquelle sa vie serait brisée fût à Jui dans le temps ct dans l'éternité.Peu à peu le jour se mit i dé- croitre, Ja campagne prit les aspects les plus variés par les oppo- sitious adoucies des ombres el des lusnières, l'horizon commen ça à masser ses plans : il élait environ c.nq hevres du soir.Amé- dée regardait toujours d'un œil A onvieux l'aimable séjour qui lui était fermé.Sa folle irritation avait, depuis longtemps déjà, fait place an désir, la tentation était si proche qu\u2019il succomba, Franchissant la haie de clôture, il£pé- nêtra dans le parc après avoir juré le matin de ne plus y remettre les pieds.La première personne qu\u2019il rencoutra fut Marie{Sophie.Assise sur la terrasse, la tote légèrement inclinée et les yeux fermés, dans une tenue languissante en désaccord avec son énergie habituelle, elle paraissait ou souffrante ou plongée dans la tristes se.Mais au bruit des pas d\u2019Amédée, elle se dressa el 3es yeux s'allumèrent d'une affection si vi ve que .toute trace de malaise s'effaca.\u2014Vous, vous ! s'écria-t-clle à deux reprises et se préparant à courir vers le jeunes homme les bras ouverts et I'ime sur les le- vres.Heureusement cet emporte ment de la nature fut aussitôt vaincu, les deux bras retombù- rent, les yeux voilèrent leur tendresse.Amédée montait les degrés de la terrasse.En une seconde, il rejoignit la jeune fille, son visage aussi s'était épanouti : \u2014Que votre accueil me rend heureux ! dit-il avec un soupir d'inetfable contentement ; j'osais à peine verir, dans la crainte d'être importun, el pourtant.Elle ne le laissa pas achever : \u2014Importun ! vous.ct ses veux mieux que ses lèvres, trahissant l'émotion de son cœur, disaient tloquemment, l'être aimées n'importune jamais.; Il la regardait avec reconnaissance, avec tendresse.Marie restait confuse sous ce regard, elle en sentait la douceur et le danger.Se levant donc avec un empressement affecté : \u2014Venez, dit-elle, en lui montrant le chemin et le précédant au salon, toutle monde sera heureux de vous voir ; ici, vous êtes en famille.\u2014Prenez garde, balbutia-t-il, de me donner trop de bonheur.Entendit-elle?Elle marcha sans tourner la tête, il suivit le cœur palpitant.Dens le salon, étendu sur un divan se trouvait Médéric causant avecsa mère et sa jeune sœur.Deux jours seulement de repos lui avait procuré un mieux sensible.Comme presque toutes les organisations maladives et marquées pour une courte vie, Médéric aimait passionnément le travail.Le médecin, s'apercevanL qu\u2019il en\u201cprenait au-delà de ses forces, le lui avait interdit absolument, plutôt comme mesure de prudence que par la crainte d\u2019un danger immédiat.Madame de Ribienne tenait les yeux fixés sur son fils avec cette anxiété dévorante qui n\u2019appartient qu'aux bonnes mères in quiètes.Annonciade à demi-in- tlinée.le visage caché sous l'or de sa chevelure, réunissait en bouquets tout un fagot de fleurs mélées déposé sur le guéridon.La gentille bouquelière jasait en travaillant : \u2014Oh! la jolie pervenche ! Qu'elle est coquette dans son petit habit ! Voyez, mère, voyez.comme ca fait bien le bleu dans l\u2019herbe\u2026on dit que c\u2019est la couleur du pauvre et c'est la plus Jolie de la création.Aussi le bon Dieu en est avare ; il y a si peu de fleurs bleues.Nos jardins renferment des roses blanches, rou-! ges, roses, thé, on n\u2019en peut pas avoir de bleues.les camellias, tes dalhias, toutes les riches fleurs sont ainsi.Vraimeat Dieu n'a prêté la couleur de son ciel qu'aux petites fleurettes de nos champs.\u2014 lit aux yeux des jolies filles, dit en riant Médoric qui écoutait depuis un moment le doux et gentil ramage de sa sœur.Ouvrait la porte et annon cait A médée.Tous trois flrent un cri joyeux etle nom du jeune professeur sortit do trois cœur qui l\u2019aimaient.\u2014Quelle bonne idée ! Quelle bonne fortune ! Amédéo se confondail en remerciements.Gomme il se reprochait ses injustes souprons du matin! On ne pouvait se tromper à cet accueil, c'était celui du cœur.On le laissa bientôt seul avec Médérie; les dames furent à leurs occupations ou à leur toilolle,\u2014 la meilleure aime à plaire, courte séparation du reste, le diner étant à six heures.\u2014Oh ! le délicieux bouquet ! remarqua Amédéo saisissant les myosotis oubliés sur le canapé.\u2014Ce sont les yeux d'Annouciade, diten plaisantant Médérie ; je vous en prie, mon cher maitre, mettez ces fleurs à voire Houtounière pour faire enrager l'espic- gie qui me les à jetées.Amédée avait rougi, heureusement dans l\u2019embre, il tournait le -dos aux fenètres et d'ailleurs il était tard et la lnmière déclinait: il regardait avec un sentiment profond que je ne saurais définir cette petite fleur symbolique.C\u2019était une espece d'adoration qui, du myosotis, devait remonter au veux dont il rappelait la conleur Voyant son hésitation, Médéric lui raconta sa conversation avec Annonciade et insista pour qu\u2019ÀA- médée se parät de ce trophée.\u2014dJe ne l'oserais pas, dit le pro fessenr visiblement ému.; \u2014Ce n\u2019est qu\u2019une plaisanterie, s'écria le malade, et puis Annonciade n'y attachera aucune im portance, vous savez bien que ce n'est qu'une enfant, Il tressaillit.Une enfant ne fait point ainsi tressaillr un cœur d'homme.Tout en jouant, Médéric lui attacha la fleur au cûté, et le cœur d\u2019Amédée battit plus vite sous ce léger poids.La cloche du diner, en s'ébranlant, réunit de nouveau toute la famille.Les visages souriaient à la présence d\u2019un ami.Mais celui de MariejSophic s'assombrit et la possession d'elledméme faillit lui échapper en remarquant la déco- rrtion fleurie d'Amédée.Ses lèvres mêmes étaient piles, quoi- qu'elles ne s\u2019ouvrissent pas pour interroger.Elle préférait attendre, dévorant son anxiété, comme si l\u2019attente n\u2019en redoublait pas l'intensité.Ses yeux, qui semblaient calmes et baissds, lan- caient des éclairs sous leurs longs cils bruns, un frémissement presque imperceptible trahissait son effroi intérieur.Elle ne voyait cependant que deux petites fleurs bleues cachées dans leurs colle- rettles de verdure; de petites fleurs qui croissent aux champs et dont l\u2019amitié, candide comme l'affection, se sert pour dire : ne m'oubliez pas.| Médéric, vexé du silence d\u2019Annouciade, l\u2019interpella : M.Amédée porte tes couleurs, petite fée, tu ne le remercies pas- Ses yeux, bleues comme l\u2019azur se levèrent et elle vit, Son visage s'empourpra, elle voulut rire et faillit pleurer, et Marie qui la regardait et que la douleur rendit cruelle demanda : \u2014Quel est cet enfantillage ?\u2014Médéric m'a donné celle fleur, dit franchement Amédée.\u2014En vous disant que c\u2019élaient les yeux de ma sœur, riposta 1'¢- colier, © \u2014Jo vous rends ces myosolis, mademoi:elle, murmura Amé- | déo en voyant l'embarras d\u2019An- ; nonciade et sa contrariéth, et il lui tendit le pauvre petit bouquet (deja fleur.\u2014Gardez donc cette sotle fleur, dit snadamo de KRibienno ennu- yéo de l\u2019importance qu'on accordait à cette bagatelle ; notre petite fille vous arme son chevalier.Elle lui jeta malicieusemont: N'est-ce pas, follette ?ajouta-t-el- un petit bouquet de myosotis, en {le eu se penchant vers Annonciaripostani gaiement : \u2018de placée i sa gauche ct la bai- \u2014 Voilà qui vaut tous les y2ux sant tendrement au front, du monde.\u2014 de l'avais Jonuée à Médéric, A ce moment, Marie Sophie [dit l\u2019enfant avec do eae ema came os en \u2014 ! uceur, C'ost un méchant d'en avoir disposé.Médéric se défendit et ronvint, comment la chose s'était passée que son but avait té do faire en.l'ager sa susur.larte-Sophie respira un peu plus librement après cette conversation.Cependant quelque chose qu\u2019elle n\u2019eût pas défini restait dans l\u2019air et lui en altérait la pureté.lle regardait l'enfant et s\u2019étonnait de la trouver grandie et belle.Mais l\u2019âme et le cœur sommeillaient encore pour longtemps.Dieu si bon ne permettrait pas une pareille douleur.Bientôt Amédée cntama une intéressante discussion sur la musique ; et les concessions qu'il fit à son bon goût, l'ardeur aveu laquelle 11 l\u2019écouta et lui répondit, la grâze qu\u2019il apporta dans ses louanges, tout vint effa- ter de l'esprit de Marie-Sophie les passagères inquiétudes qu\u2019y avait fait naître un humble et innocent inyosetis.lle erat, parce qu'elle aimait, et que l\u2019amour c'est tout à la fois l\u2019espé- race et la foi.Elle so joignit aux autres nour prier Amédée de venir tous les jours, après sa classe, voir le pauvre malade qui l'aimait comme uu frère.Ce mot fut-il prononcé arec ou sans intention ?je l'ignore Madame de Ribienne voulait sans doute éclairer la sitoation et venir en aide aux délicatesses naturelles du fonctionnaire dont elle croyait deviner amour et dout elle voulait faire son fils.Al! c'était la vie qu'on lui versait à flots ! Après le repas, pendant la promenade, il se trouva un court instant seul auprès d\u2019Annonciade.\u2014Je vous ai involontairement déplu, dit-il timidement.l£lle lP regarda avec ses yeux si expressifs ct si doux, \u2014 Ma mère m\u2019a aulorisée a vous donner cette fleur, murmu- ra-telle, je vous l'offre de bon cœur.\u2014Elle dsvient pour moi sans prix, dit le jeune homme avec un peu d'exaltation en détachant le renfermant avec soin dans un portefeuille.Annonciade dont [ime avait les délicatesses de la sensitive craignit d'avoir été trop loin et elie reprit, pendant qu\u2019une rougeur fébrile sc répandait sur son visage : \u2014C\u2019est un souvenir d'enfant, je suis l'enfant de la maison.Madamo de Ribienne appelaut Annonciade pour venir avec elle faire la partie de Méderic que l\u2019humidité du sotr relenait dans l\u2019appartement.\u2014Ta sœur tiendra compagnie à monsieur Amédée pendant qu'il fumera son cigare sur la terrasse, dit elle en serrant la matu du jeune homme qui, s'inclinant sur cetlo main bien chère, la tou cha des lèvres.Biertôtils furent assis fous deux seuls, à cette heure de rève- ric et de silence qui prédispose l'ame aux plus tendres épanchements.Îl faisait obscur pour ceux qui, venant dela maison, avaient habitué leurs yeux aux rayons fatigants de la lampe ; mais pour Marie-Soolie et pour Amédée qui, depuis une demi-heure, re- gardaïent dans cette obscurité de quelques étoiles voilées, ils avaient fini par voir les mystères de la nuit.Agilés par des pensées si semblables et si différentes, Lous deux le cœur plein d'affection, ils cherchaient au ciel l\u2019étoile de l\u2019espérance et demandaient à Dieu les mols pour se parler.Ou fut dans le calme solennel de cette henre d'ivresse que Ins dernières hésitations d'Amédéo disparurent.L'inspiration qu\u2019il chorchait au ciel lui fut accordée et sa langue, muette jusqu'alors sur ses sonti- ments cachés, se délia pour on faire la confidence et Maven.Lancant son cigare au loin, il se rapprocha do Marie-Sophie et lui dit À voix basse, comme s\u2019il cit ou peur de s'entendre lui- même : .\u2014Je désirais do parler à mada- myosotis de sa boutonnière et le- | a PE \u2018 ; Creole es 0% LE PEUPLE rr me de Ribienne d\u2019une affaire qui intéresse tout le bonheur de ma vio ; malheureusement l\u2019état de santé de Médéric la retient Loujours prisonnières ; pourriez-vous fa remplacor, voudricz-vous m\u2019entendre ?Elle frémit.\u2018Toul son sang afflua au cœur; elle soukaitait cette explication depuis longtemps, et, l'heure venue, elle ne sentait que sa faiblesse eL son émotion : \u2014AÀ ma mère ?balbutia-t-elle, pour dire quelque chose et sortir d\u2019embarras.\u2014Ou à vous, et s\u2019asseyant auprès d'elle, il prit sa main.Elle la retira etse leva, ne pouvant l'entendre davantage ; ce n\u2019était plus une légére émotion qui faisait palpiter ses membres.Ses lèvres remblaient lorsqu'elle articula ces mots : \u2014Dernain, dans la serre, à votre arrivée, je vous écouterai.Alors elle s\u2019éloigna, eflrayce elle-mème do l'ébranlement de tout son ètre ; sa conscience lui dit: l'affection est trop forte quaud cile devient un question de vie ou de mort ; mais le cœur murmura : c\u2019est la vie, et la cous cience garda le silence.Elle gagua sa chambre lentement, les mains appuyées sur sa poitrine pour compriter les Lattements de son cœur ; 1l lui semblait dans le trajet que les leurs et les étoiles prenaient tune voix pour lui crier : il l'aime ! Bercée par cette harmonie, clle ouvrit une fenêtre et s'accouda sur le balcon pour demander à la plus tendre rèverie de prolonger son ivresse.Dieu ne permit pas qu\u2019une âne si véritablement grande par sa raison et par sa dignité restäl longtemps absorbée par le côté orageux de la passion ; le repos et lu stlence de la nature ament- rent de l'ebaissement dans le cœur de Marie-Sophie.l\u2019eu à peu ello revint àèson calme habituel et ne garda d'autre trace de la terrible agitation de là terrasse, que des traits allérés ei des yeux humides.Mais longtemps les yeux humides brillèrent de reconnaissance et de bonheur ; car la jeune fille avait maintenant le droit d'ouvrir amplement son vœur à l'espérance qui, jusqu'alors, comme une petite lueur is- certaine, éclairait son avenir.Pendaut qu'elle se laissait ainsi bercer par les charmes de l'heure présente, la porte du salon, placée sous sa fenêtre et donnant sur le pare s'ouvrit.Marie-So- phie se retira un peu en arrière, elle vit Amédé faisant ses adieux à la famille ; il baisait respectueusement la main de madame de Ribienne.Une sensation délicieuse remplit le cœur de la jeune fille ; elle embrassa d'un long regard de tendresse ces deux êtres qui occupaient toute son Ame: \u2014Notre mère, dit-elle à dsmi- voix et profondément attendrie ; Oui, sa mere aussi, HIi\u2014utx GRAND coin., Aussitôt .qu\u2019Amédée fut seul, il éprouvailes regrets qui suivent presque toujours un acte préci pi- té.Des terreurs, déraisonnables peut-ètre, mais suscitées par une rare délicatesse, remplirent son esprit.L'accueil de Marie-Sophie lui paraissait décourageant ; elle avait évidemment deviné les sentiments dont il allait l'entretenir: car Amédée, commo \u2018tous les cwurs séricusement épris, ima.ginail que, malgré la prudence avec laquelle 11 se conduisait tout le monde comprenait au son do eu voix, au regard de ses yeux la passion qui remplissait son âme.Oui, Marie-Sophie devait toul savoir, eL cependant clle avait refusé de l\u2019écouter pour l\u2019a- Journer au lendemain ; à peino- quelques mots Ctaient-ils sortis de ses lèvres, vagues, presquo insaisissables, el elle s'était éloignée.Qu'est-ce que cela voulaitll dire ?Sans doute à celte heure toute lu famille réunie prononçait sur son sort \u2018l'out l\u2019espoir de sa vic reposait sur cetle union.Un refus le rendrait à jamais malheureux.Mais qu\u2019offrait-il à cette ieune fitle belle, noble et riche ?\u2018Une vie enchainée à son travail, une existence crrante, c'est le sort des universitaires, bien des déboires et de rares joies.Made moiselle de Ribienne était elle faite pour sa médiocrité ?Iisavait qu\u2019il n'accepterait pas de dot ou du moins qu'il n\u2019en ferait pas usage pour prouver à tous qu\u2019un attachement violent, sans bornes, avait été l\u2019unique mobile de cette alliance.Mais la chère créature qu\u2019il allait lier à sa vie connai- trait donc les privations, les mes- quuneries de celte vie de province dont il *l\u2019égayait quelques jours avant ?Triste amour que celui qui sacrifie l\u2019objet aimé ! Amédée se faisait de sérieux reproches ; sa générosité naturelle reprenait le dessus.Il aurait pu se contenter de la douce vie qui lui était offerte dans cette cxcel- lente famille ; venir s'asseoir en ami et en frère à la table hospila- lière et garder sa vie solitaire avec le travail et le combat.Ainsi perpétucllement agité en sens inverse, voulant et ne voulant pas, passant de l'espérance au désespoir, du désir à l'effroi, sa nuit fut mauvaise.Et le lendemain, quand il se rendit au chi teau, ce n'était pas avec une préoccupation évidente et des regrets impuissants qui se reflélaient sur sa phystonomie.A Rémillac, Marie-Sophie n\u2019avail pas mieux dormi, quoique pour des rauses ditlérentes ; le bonheur seul avait veille à son chevet.Quand vint le matin, elle se rendit à l\u2019église selon l'usage contracté par elle et sa sœur au couvent, usage auquel la petite paresseuse d\u2019Annonciade apportait beaucoup moins d\u2019exactitude.Marie-Sophie assista à la mez- se Avec un grand recucillement, tres-pénétrée du grand acte qui allait lier sa vie.Elle examina bien atlentivement son ime pour s'assurer que l'état du mariage était bien sa vocation.Qui, cela devait être, puisqu\u2019elle aimait.Sison cœur avait été créé pour l\u2019amour de Dieu seul dans un cloitre, il ne se serait pus donné à une créature avec cette force et cet unité.Le salut, pour elle, se trouvait dans son union avec Amédée ; ensemble ils iraient à Dieu se tenant par le cœur et par la main.Une si riante image offrait bien quelque désaccord avec le chapitre de l'Imitation qui nous ordonne de porter la croix si nous voulons suivre Jé sus, en opposition avec la vie des saints perpétuellement victimes et holocaustes.Dieu faisail une exception pour elle.Ah! elie l'en remercia à deux genoux.Elle revint au château par les bruères qu\u2019embaumaient les ge- nèts fleuris ; elle rencontra les fillettes du village allant à l\u2019école, elle les embrassa toules dans l\u2019expansion de son bonheur, à la porte d'une chaumière une jeune mere tenail un enfant dans ses bras, elle s'approcha de ce groupe charmant et traça de son doigl une croix sur le front du petit ange ; elle avait besoin de répau- dre son bonheur, d'aimer et de bénur.L'amour honnêts est bon.Annonciade accourut vers elle, les yeux encore languissants ot chargés de sommeil, fraiche dans son peignoire de mousseline, ro sc comme une matinée de prin- Lemps : après s'être jetée dans les bras de sa sœur qu\u2019elle embrassa follement dix fois, elle se mit à cueillirles coquelicots, les bluets les paquerettes, les avoines len res qui, au grand détriment du blé, émaillaient les champs, et avec un art infini elle s\u2019en fit une couronne dont les légères et gra- Cleuses fleurs trainant sur son Cou el des côtés du pur ovale de Sa figure, la rendiront plus char- Mante encore., Marie-Sophie \u2018la regardait el admirait.Tu ne seras jamais qu\u2019une enfin, dit-elle d'ène voix care.\u2014Tu crois ?répondit Annoncia- de en baissant la tête pour cacher la rougeur qui envahissait son visage.\u2014Je l'espère, reprit Marie-So- phie ; lo bonheur, chère petite, est dans ta douce ignorance de la vie ; tu auras lo temps plus tard d'en connaître les côtés sérieux et d\u2019en souffrir.Annonciade se tut.Ilse fit un silence.Chacune des sœurs avait ses pensées et s\u2019entretenait avec elles.Cependant au bout d\u2019un moment la plus jeune prit le bras de l'ainée et comme un rameau qui ploie et cherche un tuteur, e:le s\u2019y appuya tendrement : \u2014Croie-tu donc qu'on n\u2019ait de lu peine que quand les larmes coulent ?demanda-t-elle à demi- voix.Marie-Sophie, troublée par cetle question, la regarda ardemment daus les deux yeux : \u2014Serais-tu malheureuse ?\u2014Non, ma grande sœur, dit la jeune 1Îlle repentante d\u2019avoir inquiété cette véritable amie, je ne suis qu\u2019une sotte enfant qui ta- dore.Marie-Sophie avait pili; le trouble de la veille lui repassait par la mémoire, nn doute cruel surgissait dans sa pensée : Annonciade était-elle bien véritable ment une enfant ?\u2014Ne joue jamaisavec le cœur, dit-elle mélancoliquement, les plaies qu'on lui fait ne guérissent pas.Elles marchèrent jusqu\u2019au chà- teau se souriant l\u2019une à l\u2019autre, et pourtant une ombre resta sur l'âme de Marie-Sophie.L'ombre sur un beau jour, c'est le nuage qui porte l'orage dans ses lllancs.Quand elles furent dans leur chambre, jusqu'alors commune, Annonciade se mit à friser ses beaux cheveux, à garnir de fleurs nouvelles les vases de la cheminée, à jeter du mouron dans la cage dus petit serins qu'elle éle vaitet avec les quels elle se mit à gazouiller en veritable oiseau.Tous ces cufantillages, que Marie-Sophie suivait des yeux, ranimèreut ses croyances dans l'enfance prolongée de sx sœur.« La passiun est de soi trop dévo- raute pour permettre à celle qui en est possédée de s'occuper d'\u2019oi- sceaux et de fleurs, pensa-t elle, je me suis effrayée à tort,» et regardant avec bonheur et avec tendresse cétte petite fille qu\u2019elle avait toujours tant aimée, celte doucesœur en part dans tout son passée, cile se promit de veiller sur son avenir et de couvrir de fleurs les pas de cette petite fée qu\u2019un instant elle avait craiut de trouver sur son chemin.Puis otant son chapeau, elle quitta la chambre pour se rendre à l\u2019appartement de sa mère.Elle I'embrassa avec effusion, et lui dit : \u2014J'aurais voulu vous parler diss hier soir, ma bonne mère, mais je n'ai pu vous trouver seule ; n\u2019accusez pas, je vous prie, ma confiance.Sa mère la regardait avec or- guucil et elle répondit lentement : \u2014Chère enfant, je n\u2019ai jamais douté de loi.\u2014M.Amédée m'a demandé un entretien particulier, reprit la jeune fille, laissant paraître un léger trouble ; dans un premier moment de surprise, j'ai acquiescé à son désir sans vous consulter, Je vous en demande pardon el Je soliivite votre permission.\u2014Je te l'accorde de tout cœur, chère fille, dit madame de Ribienno dont ies yeux animés exprimaient la joie la plus vive; J'ai pour Amédée uue profonde es time, je connais ses qualites, j'ai étudie son caractère, je suis etre de son respect ; il n\u2019y a donc rien à craindre de su part de suspect ou de dangereux.\u2014Merci, murmura Marie-So- phie dont l'émotion se truhissait par les battements de son cœur ; je juge M.Amédée comme vous.\u2014Je ne te demande pas si tu soupçonnes la nature de l'entretien qu\u2019il x sollicité, mon enfant, reprit au bout de quelques instants d'un silence ému l\u2019hsureu- se mère ; à l\u2019Âge d'Amédée, il ne peut être question que d'un mariage ; il y a longtemps que je me suis préparée à cette demande et je Vassure qu'à tous égards je serai heureuse d'appeler Amédée mon fils, Des larmes vinrent aux paupières de Marie-Sophie.Elle se pencha vers sa mère el la tint'longtemps et étroitement embrassée.Mais elle ne parla pas.C'était une nature ardente et sérieuse qui ne livrait pas ses secrets.Dieu avait t dans son cœur son affection pour Amédée, sa mère la devinait, les lèvresde la jeune fille restaient muettes.Elle cachait sa tendresse dans le sanctuaire le plus impénétrable de sa pensée pour en mourir où pour en yivre, mais non pas pour la livrer.A l'heure convenue, sur les six heures environ, elle se rendit à la serre : il faisait un temps fréquent en Normandie et que les gens du pays appellent un temps couvert, c'est-à-dire obscur et nuageux.Les belles espérances du matin ne s'étaient pas réalisées ; le soleil, après avoir momentanément percé le brouillard et inondé les plaines, les vallées et les collines de sa splendide lumière, s\u2019était de nouveau enseveli dans la drume.et les nudes du couchant.poussées par le vent, roulaient en masses mobiles et menacante qui attristaient la nature; les fleurs sa penchaient vers le sol, les oiseaux ne chan taient pas, les femmes nerveuses avaient la migraine.Marie-So- phie n\u2019était pas nerveuse et pour- tantelle eût armé que la nature fût en fête romme son cœur; malgré ses courageux efforts, la petite ombre qui, l< matin, avait eflleuré son ime semblait grandir pour élouffer les joies alten- dues.Mais elle re voulait pas se laisser abattre comme une femme superstitiense ou comme une foile enfant ; elle savait bien que le bonheur est indépendant des accidents naturels du temps et que l'âme peut être profondément navrée parun radieux soleil et souvent au comble du bonheur par un sombre jour d'hiver.Pourtant elle se vit obligée de faire une toiletts sévère peu en harmonie avec les riants projets qui emplissaient son ime.Elle portait une robe en gaze de Chambéry gris perle ; un collier de corail à triple rang entourait son cou eten faisuit valoir la noblesse et la teinte dorée ; ses cheveux si noirs et si abondants revenaient en double tresse autour dé sa tle comme un véritable diadème et contribuaient à justifier ce nom de reine que sa taille élevée et son grand air lui avaient mérité.En s'acheminant vers la serre elle marchait lentement, pour se recueillir et pour se posséder.Amédée l'attendait.Il se précipita vers elle ; \u2014Marie-Sophie, lui cria-til, avec l'accent ardent et fiévreux par suite de ses veilles orageuses et du trouble inquiet de son âme.ma chère Marie-Sophie, avec quelle anxiête j'épiars votre arrivée ! Elle porta la main à son cœur ; cetle main qui tremblait, au lieu de calmer l'émotion de la jeune fille, n'aurait servi qu'à là trahir si, lui, l'auteur de dette agitation puissante, s\u2019en était aperçu.Il la conduisit à ua des fauteuils Jde mousse réservés aux promeneurs ; leurs mains se touchèrent et cependant elies n\u2019étaient point unies.\u2014Chère Reine, dit Amédée en la faisant asseoir.j'ai voulu, avant de m'adresser à madame de Ribienne, être bien sûr de son consentement, vous\u2018seule pouvez me rassurer à cet égard.Elle pouvait à peine parler, la fière jeune Alle qu\u2019un sentiment féminin enveloppait tout entière : \u2014N'êtes-vous pas certain de l'accord do tous?murmura-t-elle enfin.\u2014DUui, vous m'avez comblé de marques d\u2019attachement et je vous aime tous; mais.ma posi m\u2019effraie pour oser demander le titre sacré de flls.Labelle tête de Marie-Sophie s'abaissa sur ses mains, elles cachèrent con visage, elles masquë- rent la rougeur qui s\u2019étendait Jusqu'au front.Oh! si le soleil était absent de la terre, si les fleuss manquaient d\u2019éclats et de parfums, Marie ne le savail pas, car des rayons lumineux éclairaient son ime toul fleurissait sous son regard enivré.l'inquiétude d'Amédée était au comble.Pourquoi ce silence celle tête penchée ?L'espérance désertaii son cœur.Il lui prit la main : \u2014Marie 7.La noble fille fit un effort su- prème, et répondant à la prière d'Amédée : \u2014 Vous avez tous les droits à obtenir le titre de fils.répondit- elle en le regardant avec tendresse.Passont du désespoir, au transport de lu joie, il tomba à genoux: \u2014Je puis\u2026je dois espèrer ?\u2026.\u2014Ou1, Amédée, répondit-elle, tandis qu\u2019un faible soupir s\u2019è- chappa de ses lèvres tremblantes, ma mère connait vos sentiments\u201d; comme moi, elle les avait devi! nés, elle les approuve, elle les bénit.Il était là palpitant, fou, et disant dans son délire : Que vons rendrai-je.où ma chère Marie, pour avoir ainsi lu dans mon caer.et servi mon bonheur ?je l'aime tant.cette chère enfant, Que ja serais mort de douleur sh.Hs'arrèts.IHevales yeux vers Île.\u2014Qu'\u2019avez vous, Marie! sœur ?.mna sæur chérie !.Sous l'étreinle d'Amédée, la main de Marie s'était glacée ; le sang avait quitté son visage devenu livide à force de pileur ; ses veux étaient êteints, on l\u2019eût dite mortellement frappée ; l'âme cependant bien plus que le corps venait d'être broyée.Amédée crut à une defaillance aucun soupron de la vérité ne bénétra sa pensée : il courut à la source voisine chercher un peu d'eau dans un des vases destinés à recevoir des fleurs.Xi courte que fût son absence, eile suifit à Marie-Sophie pour repireren possession d\u2019elle-méme et regarder en face cette vérité terrible qu\u2019eile n'avait jamais soupçonnée, sauf la veille, com- nie un éclair de chaleur qui déchira la nue pour laisser le ciel dars toute sa splendeur ; instant d'après, à sa peur avait succédé la confiance ; et maintenant, c\u2019était la vérité, Il aimait sa sœur.Annonciade !.cette enfant.sa rivale.quelle plaie ! quel sombre avenir! quelque chose de poignant lui torturait le cœur ; quelque chose de hameux.Il n'y avait pas de temps pour les longues pensées, ni pour le désespoir qui, comme une grande ombre, enveloppait maintenant l'âme entière de Marie-So- phie.Onentendait les pas d'Amédée : en quelques instants, il fut auprès de la pauvre Marie : \u2014O} ! que vous m'avez elfrayé, dit-il avec son bon et franc regard.Elle détourna les veux.C\u2019étaient de tels regards qui l'avaient trompée.\u2014-Ge n'est rien, répoudit-elle d'une voix brisée.# Mus elle éiait mortellement pile, et la voix lui manqua pour ajouter quelque chose.il vit sa défaillance.Avec une tendre sollicitude, il lui mit un peu d'eau fraiche sur les tempes; elle le laissa faire; sa volonté était absente.Elle parut mieux, Ses yeux étaient toujours baissés, son corps immobile, ses lèvres muettes et les couleurs de la vie lègè rement vevenues sur ses joues piles montraienl soules que le mal serait dominé.le mal du corps.Bientot elle porta la main & son front, il brûlait.Ses mains êtaient glacées et son cœur saignant.Elle fit un mouvement or ma tion.mon humble position pour se lever ; ses deux mains se + LE PEUPLE, SAMEDI 11 SEPTEMBRE 1880 à «crispdrent sur les bras du fav.teuil, ello était debout.Elle évitait son regard.\u2014Îi faut que je rentre.\u2026nous reprendrons cet entretien.Puis, levant courageusement ses grands eux vers le ciel et y puisant la orce suprême : espérez, dit-elle en frissonnant.Jusqu'au château, il guida ses pas chancelants, lui répétant : \u201c% Ma sœur, ma sœur.\u201d ce mot en géneral si doux.si cruel sur des lèvres qui devaient en dire un plus tendre.La pluie tombait petite et fine, -comme si la nature eùt pris part à la douleur profonde et vraie dont venait d\u2019ètre frappée une créature vaillante et généreuse.Elle serrait un mouchoir sur sa bouche pour étouffer des \u2018plaintes, peut-être des cris\u2026car le cœur confiant et inexpérimenté qui s'était donné sans mesure, se trouvait atteiut dans ses pro- fonduurs, vi, à ca premier moment de stupeur, il ne pouvait se résigner.Elle se rendit à sa ehambre ; elle tomba sur un siège en disant : * Mon frere, \u201d non point avec des larmes, les siennes cou- Mient rarement, elle avait du méprie pour cette faiblesse, mais avec des sanglots qui, la secouant de la tète aux pieds, semblaient la briser.L'illusion fatale de Marie-sophie était la conséquence natu- Telle d'u ne âme qui ne connait rien de la vie.Epris d'elle, Amédée eût été plus craintif, plus ré- Servé.Dans l'affection cordiale qu\u2019il témoignait à Marie, dl n\u2019y avait rien de ce sentiment plein de mystère et d'émotion qu'on est convenu de nommer l'amour 1l ne se troublait point à son ay proche, il ne craignait pas de lui prendre la main, de se promener .seul avec elle, de lui parler de ses projets, de ses travaux, de son avenir.Avec Annonciade, avec celle qu\u2019on appelait l'enfant, il .avait, lui, le professeur, le maitre, l'homme, des peurs d'enfant.Une boucle des cheveux de la petite fille que le vent apportait en jouant sur le visage d'Amédee Suffisait à lui causer un trouble .inexprimable ; il la regardait courir dans les bois, la petite lée du Clair de lune, et son cœur la sui- -vait en l\u2019admirant ; le regard de l'enfant, le sou de sa voix ébranlaient en lui des cordes que nulle autre femme n\u2019aurait pu émou- «woir.Quand elle assistait aux le- cons, la rieuse et la folle, l\u2019inier- rogeant en fixant sur lui ses veuxtout ouverts, il avait le vertige et ne savait plus rien.Depuis un an, elle était le rêve de ses nuits et de ses jours, son ardent, s0n unique amour.Lt cependan: il la fuyait et s\u2019occupait pres qu\u2019exclusivement de Marie-So- phie, sentant de plus en plus décroître sa raison auprès d'Annonciade, et ne voulaut aimer cette ure et belle enfant qu\u2019avec tout e respect dont elle était digne, et ne la presser sur son cœur que donnée par sa mère et marquée au front de la bénédiction de Dieu.À ces apparences trompeuses, Marie-Sophie avait succombé.Elle ne croyait pas Annonciade susceptible encore d'aimer et d'être aimée.L'enfance apparente de sa sœur avait augmenté son erreur et fut un instant l'ancre de salut sur lanue)le elle essaya de s'appuyer pour défendre sa barque de l'orage.Cependant le premier monient du réveil fut échirant : Amédée était perdu our elle et c\u2019est ce qu\u2019elze sentit abord avec la force brutale du fait accompli.La vie de Marie, dans le raurt intervalle d'une demi-heure, venait d\u2019être brisée sans retour.Elle n'était pas créée pour aimer du: fois.Dieu la marquait du scean des martyrs a ses premiers pas sür la terre.Courageuse er chrétienne, elle fut bientôt debout : mais tout était chaagé eu dedaus et en dehors d'elle, oui, tout était bien changé.entière combatlait.sur lequel elle avait bâti, pauvre fille, bien des rêves de bonheur, il y avait, comme seconde et particulière douleur, l\u2019attachement d\u2019Amédée pour sa seur.Elle les verrait donc ensemble, unis, heureux.Sasœur, sa propre sœur, au bras de l'homme aimé; dans sa vie, dans sa maison, tout i lui.pour toujours.saus qu\u2019une autre femme, à moins qu\u2019elle soit vile et méprisable, puisse demauder à cet homme un seul regard de tendresse.une parole du cœur.Sa sœur lui infligerait cette torture ; il faudrait, heure par heure, sentir sou ame gémir de ce supplice renouvçlé, il faudrait écouter les confidences du bonheur d\u2019Annonciade, de ce bonheur volé :\u2026]lui sourire, l\u2019aimer encore !.Le cœur de Marie-So- phie se révoltait : \u2014Je ne l'aime plus, je ne Iai me plus ! criait-elle dans le paroxysme de la passion, Comme si dix-sept aus d\u2019une tendresse de tous les jours pouvaient s\u2019elfacer sous le coup d'une douleur.füt- elle mortelle.A la suite de ces luttes, qui du- rerent longtemps, Marie-Sophie essaya de se persuader qu\u2019Annonciade n'aimait pas, ne pouvait pas aimer Amédée, et qu\u2019alors le mal.bien grand toujours, bien affreux, lui laisserait cependant une affection debout.(Quand cette cspérance se fut emparée de son imagination, elle s'y cramponna comme fe naufrage à la planche de salut.Elle envoya chercher sa sœur pour s'assurer que cette enfant ne prenait pas toutes les fleurs de sa vie, toutes ses joies.Annonciade accourut sautant et chantant comme le jeune oiseau qui s'échappe du nid.On ett dit que ses petits pieds avaient des ailes, et que la charmante creature effleurait la terre sans la toucher.Marie-Sophie suivait du regard sa marche légère et gracieuse ; elle éludiait ce doux visage sur lequel les passions n'avaient N : l'amour qui semble être réservé aux seules fortes natures pour les dévaster ?Des flots de pensées amères envahissaient Marie, D'un seul mot toutes ses cspéran- ces pouvaient être renversées, elle n\u2019aurait plus de cour comme elle n\u2019avait plus d'ami.ll lui semblait dans sa douleur mortelle qu\u2019une infranchissable barrière allait les séparer et que toutes les affertions de sa vie, mortes en lleurs sous le vent aigu de la tempête, laisseraient éternellement son cwur aride et désespéré aussi dur, aussi insensible que le roc, qui, depuis le commencement du monde, assis sur les grèves, est vainement battu par l'Ocean.(A continuer.) MARIAGES.\u2014En cette ville.le 31 août, à 10 heures de l\u2019avanut-midi, par ie Révd T.Z.Allardcousin de la mariée, Dr James Lunt, de New York, à Dame Alts Dorion, veuve de H Dorion, docteur, en son vivant d'Otta- \u2018a, L'heureux couple est parti après le ms- risge pour un voyage.Nos meilleurs souhaits les accompagnent.Le ee DECES.\u2014En cette ville, à l\u2019évêché, le 31 wont dornier.par Messire I'.C.Dufresne, chanoine, M.Alphonse Racine, marchand, de lamaison A.Racine & Cie, à Dlle Jennie Ross, tous deux de cette ville.\u2014En cetto ville.le G courant.à l'âge de 2 mois, Louisa, tille de James T'.Jordan.À St Charles, Richelieu, dimanche, le à courant, À l\u2019âge de 37 ans, Dame Célanire Lousquet, épouse de M.Marc Larosa.be COMMERCE, MACRHE EN GROS point imprimé leur trace, qui était blanc et velouté comme le duvet d\u2019une pêche ; de ses yeux d\u2019un bleu de fleurs sortaient comme ces ravons de jeunesse, de gaieté, de bonheur et de vie.\u2014Elle n'aime pas, se dit Marie- Sophie, elle n'aurait pas cet en Jouement.Et son âme s'ouvrit à cette petite lueur d\u2019espoir, qui, comme un fanal 1ndécis, tantôt lui montrait le port et tantot le precipice.\u2014Tu es souffrante, pauvre chère, dit la gentille petite fée, en arrivant Jes bras tendus ; qu\u2019as-tu ?Et elle couvraitde baisers cette amie qui l'étreignait sur sa poitrine oppressée.L'autre l'enveloppait tonjours du regard.De combien de nuances se composait ce regard dans lequel tant de hainé se confondait avec tant d'amour ?\u2014Qu'as-tu, ma chère Marie ?demanda l'enfant qui sentait une espèce de gène sous ce regard in quisiteur \u2014Rien, répondit Marie-Sophie en cherchant à affermir sa voix ; mais une päleur livide la démentait : Assieds-loi là, tout près, là, contre moi.Annonciade obéit à cetle parole plus semblable à un ordre qu\u2019à une prière.S'étendant sur une pile de covecine Ia tite appuyee sur les genoux de sa grande sœur : \u2014Est-ce que tu vas m6 confesser?demanda-t-elle les yeux rieurs comme les lèvres, \u2014Peut-être, répondit Marie 50- phie dans le cœur de laquelle continuait à vivre ua peu d\u2019espoir, la dernière Îteur à mourir, en voyant cette Lnfant si enfant.\u2014dJe me recueille, murmura Annonciade en secouant ses jolies boucles.Marie-Sophie hésila, Son âme Qu\u2019allait lui La mortou apporter un aveu ?Cette blanche et frèle la vie ?créature si gracieusement cou- À côlé de la peine profonde |chée à ses pieds po:tait-elle donc que lui capgait cel amour perdu J déjà dans son cour le poison de $c $e Farine\u2014Supérieurs extra.5 153 5 20 Extra superfine.es 3052510 De gout.\u2026.\u2026\u2026 .\u2026.\u2026.\u2026.\u2026\u2026.- U 00 à 0 OV Extra du printemps.5 15 à 5 20 Farine forte de boulangers.5 70 à 6 30 Fine corsosessoa00000m00ss À Zu à 4 35 Moyenne \u2026.\u2026.\u2026.4 00 à 4 10 ROCOUPES.\u2026\u2026.vec se 3 60 à 3 70 Farine en sac du Haut-Ca- nada par 100 1b3.\u2026\u2026.2 GI à Ÿ 70 Farine en sac de le Cité (LVrÉe).\u2026\u2026.\u2026.\u2026.3 00 à $ 09 Farine d'avoine, Ontario.4 30 à 4 40 Farine de blé-d'Inde.\u2014# Klin-drivd,\" yellow, :,70 à 2,75 Bléd'Inde \u2014S14c à 524 Avolne,\u201432¢ a 32 Orge.\u2014Nominai, 60 à 00c, Pois.\u201483$4 à S5c Blé du Canada.\u2014 Blé du printemps, $1.49 4 $1.10.Rouga du print.à F0.00 Graisse.~127 A 17} en sceaux.Lard.\u2014$18,50 à 19.00, Jambon\u201412} 3 lic: Fromage.\u2014Nouveau.12¢ a 123, Beurre.\u2014De l\u2019Ouest,20 à 2: ; Brockville et Morrisburg, 21 à 23: Cantons de l'Est, 23 à Utc ; Creameries 2 à 27c Alcalis.\u2014Bn pots 4.50 à 0.00.PRIX DU MARCHE DE DETAIL DE MONTREAL.Montréat, 10 Sept, 1880.$c $c.Farine de blé, par 1001bs.T 90 3 3 00 Farine d'avoine.2 00 à 2 25 Farine de b é-d'Inde\u2026\u2026.1 60 à 1 90 SarraSin .\u2026.\u2026.- 20000 caso voccss 1 60 à 1 80 GIBIERS, Canarda (sauv.) par couple.0 00 & 9 00 Canards nolrs par couple.0 00 & 0 00 Pleuviers par douzaine.0 00 & 0 ¢ Bécasse au couple.0 00 3 0 0 Pigeons domest.au coup.0 15 à 0 20 Perdriy au couple.0 00 ¢ 0 00 Tourtes a la Jouzaine.0 OU 4 « up GRAINS, Blé, par minot.\u2026.\u2026\u2026.\u2026\u2026\u2026.! 50 à 1 75 Pois, do \u2014 \u2026.\u2026.\u2026.\u2026.0 8U à 0 90 Orge, do.s\u2026\u2026rveme D 75 à O 8C Avoine par 401 bs.0 35 à 0 40 Sarrasin par minot.\u2026.\u2026.0 45 à U 50 Mil do 3 00 à 3 50 Lin do 0 00 à 0 00 Blé-d'indu do uv 70 : 0 75 Bucre d'érable à la llvre.U 08 & 0 10 Sirop d'érable au galion.UV 3 à ! 0 Miel à la IVre .\u2026\u2026.\u2026.\u2026.\u2026m.\u2026.U US à O 12 Uiiuis frais à la douzaine.v 10 à VU 11 Haddock 4 la livre.% 05 à D 06 Saladoux par livres.V WP 4 141% Peaux à là livre.0 N7 à 0 11 VIANDES.Bœuf à la lvro\u2026.0 U6 à 0 10 Lard do .0 08 à 0 10 Mouton do corre \u2026 0 10 à O 15 Agaeau, par livre.cou.0 082 0 10 Lard frals pas 100 Jivres.6 50 4 8 00 Bœuf par 100 livres.6 00 à 8 00 Ares.Seed svece ences vite 0 00 à 0 00 venus, Pommos au baril.200 2 2 75 Patales au sac.0 45 2 0 50 Févos par minot\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.| 20 à 1 40 Olgnons par tresse.0 04 À 0 05 LAITERIE, Beurre frais à a livre\u2026\u2026\u2026, 0 15 à 0 20 Beurrosalé do .01540 18 Fromage do.009 à 0 11 VOLAILLES.Dindes (vieux) au couple.1 20 4 1 30 Dindes (jeunes) do .00043 0 00 Oles au couplé.1 00 à 120 Canaris au coupl 0504 069 Poules do 0504060 Poulets do =.0 30 à O 40 MARCHE AUX BESTIAUX.Bœuf, 1re qual.p.100 1ibs.3 OU à 4 00 Bœuf, 2mequalité.\u2026.2 75à 3 75 Vaches à lait .15 00 à 25 00 Vaches extra.25 00 à 40 00 Veaux, lro qualité.4 00à 5 00 Veaux, 2mo qualité.2 00à 3 00 Veaux, 3me qualité.1 002 200 Moutons, re qualité.4 003d 6 00 Moutons, 2me quahtd.3 V0 à 4 50 Agneaux, ire qualité \u2026.3 002 3 50 Agueaux, lms qualité.2004 2 50 Cochons, 1ro qualité.8 00 à 10 00 Cochons, 2mo qualité \u2026 5 00 à G 00 Foin, le qual.p.100 boîtes 7 O0 à 8 00 Foin, 2me qualité.5004 600 Paille, tre qualité.5003 600 Mette me wvmg''1é gv x ar PHOVINCE DE QUEBEC, ) DISTRICT DE MONTREAL.| No.COUR SUPERIEURE.Dawe Marie Chntaigny, de la Cité de Montréal, District de Montréal, épouse de Pierre Cavalli alias Cavalo, commerçant du mème lieu, duement auto- rasée à ester en justice, Demanderesse, vs.La dit Pierre Cavalli alias Cavalo.com- mercant du mème lieu, Défendeur.Una activn en s*paration de biens à êté instituée en cette cause lo premier Septembre mil huit cent quatre-vingt.BEAUSOLEIL à MARTINEAU, Avocats de la Demanderesse.Montreal, Ter Sept, 1880.15\u20140i PROVINCE DE QUEBEC, DISTRICT DE MONTREAL, | COUR SUPÉRIEURE.Dame Marie Louise Vigent, des Cité et District de Montréal, épouse de l\u2019aci- fiquo Moïse Daigneau, commercant lu mème lieu, dûment autorisée à ester en justice, Demanderesse, rs.le dit Pacitque Moise Daigneau, Défendeur.Une action en séparation de biens a été instituée en cette cause, le vingt- cinquième jour d'août courant 1880.LAREAU & LEBEUY, Avocats de la Demanderesse.Montréal, 35 août 1880.15\u20145i ON DEMANDE Immediatement 50 Compagnans Tailleurs pour faire des PARDESSUS à In pièce suit en dedans, soit en dehors de l\u2019établissement.ON DEMANDE 500 COUTURIERES pour confectionner des PARDESSUS, De bons prix seront payés pour de l\u2019ou vrage bien fait.L'ouvrage pourra \u201ctre fait en dedans ou en dehors, à la volonté des personnes.Nous paierons tous les 15 jours ou tous les lundis, au goût des gens.L'ouvrage est prêt à être livré.Nous donnerons la quantité que les personnes désireront avoir depuis | douzaine juqu\u2019à 200 à la fois.Faites application de suite car l'ouvrage presse.CHEZ [, À, BEAUVAIS, 190 Rue St.Joseph ete tmp LA PLUS GRANDE DAPOITION Ch Deploiement colossal DES MERVEILLES DEL'ART DANS LA CITÉ DE MONTREAL, LES 11,15, 16,17,15,20, 21, 22,23 et 21 SEPTEMBRE.Programuie snus précédens sur le continent ; quinze jours d\u2019amusements et de réjouissances de toutes sortes.Huit magnifiques bâtisses pour l'exposition.Le plus beau terrain que l'on puisse voir eur le continent pour une exposition.L'exposition comprendra d'abord un im- Wense déploiement de machines en mouvement, tnontrant lea ditférents procédés de diverses fabrications, et des specimens des produits agricoles, horticoles, industriels et minéraux du Canada et du muade catiez.Les nmusementa qui accompagaeront l'exposition sont nombreux et dignes d'attirer une toule immense, Il ne sora peut-être jamais oilvrt un spectacle aussi complet au Canada.Tournoi de Crosse.Cousistant eu une série de parties devant être jouées entre les meilleurs Clubs du monde entier ct cfrant une magnifique occasion de jouir pleinement du coup d'œil unique qu'offre notre jeu national.Experiences de torpilles Dans le port, faisaat voir les effeta terribles de ces etfroyables engins de guerre.Splendide feu d\u2019artifice Accompagné d'une illumination de la Montagnc au Feu de Bangale, d'une mu- nifique exhibition de pièces montées, \u20ac In décharge de deux cents bombes énormes éclataut dazs les airs et laissant échapper des myciades d'étoiles multicolores.Ascensions en balion.Grandes fetes musicales.Jeux Athletiques.Experiences de Ja lu- micre clectrique.Musique tous les soirssur les carres publics par trois fanfares militaires de pre- micr ordre.Excursions a bon marché de toutes les parties du pays et des Etats-Unis.VOIR LE PROGRAMME.tg VIGNOBLE BBACONSFIBLD ETABLI EN 1877.BEACONSFIELD, (POINTE-CLAIRE.) PQ.Nov= =re=ns an =n-=rn do lirrer nus vignes aux achotours vers ia fin du mois de septembre.\u2018fous roux ou n\u2019ont pas donné leurs commandos et qui déairoraient re procurer Ia Vrarr VIUXR BIKACUNAFIXLD, foralent blen de nous les sovuyor au plus Lot Nos viænos sont oncore plus belles quo les années dornldros of nus vioillos vignos sons chargGos de fruits.Nous invitons cordialomont tous coux qui donnent leur\u2018attontion à la viticulture, de visitor notre vignoble, #fin qu'ils on fassent uno inspection minotieurs ot jugent do In qualité wupgigie ge dei frite nt ass] Jos plantes que nour offrons en vente pour cot automne.Quelqu'un vora toujours sur los lieux pour rocevolt los vizitours.MENZIES & CIE, Viguobles Beaconsfield Bonssonafiola (Polnte-Olaire.) snl: No 15, RUE STE THE- Bursa J, Monte dn Phôtel du Canada.16 jusllet 1830, ROY & BOUTILLIER ' AVOCATS No.10, Rue Bt, Jaogues, No, 10 MONTREAL.3m "]
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