Le Nord, 30 juillet 1891, jeudi 30 juillet 1891
[" TREIZIDME ANNIE LE \u2018 % NORD EMPARONS-NOUS DU SOL.VOL, XIII No 34 La COMPAGNIE d'IMPRIMERIE DU NORD meme a ST-JEROME, 80 JUILLET 1891 J.J.GRIGNON Rédacteur TREFFLÉ COTÉ & CIE.Magasin de Fer [HARDWARE ATORE | FONDE HEIN 1872 COIN DES RUES ST-GEORGE ET STE-ANNE, SAINT-JEROME.Peles! Poeles! Poeles! Poëles à bois de toutes sortes, Poëles à bois et à charbon, de seconde main, à bas prix Fonte reçue en échange à GO Cts.le 100 Lbs\u2014\u2014 A LA \u2014 FONDERIE DUMONTVILLE Ouvrage de mécanique en général, Machine de scie circulaire, et Machine à bardeau A 20 ct 25 p.c.DE REDUCTION St-Jérôme, 2 Octobre 1890.ALF.A.LAVIOLETTE.S.C.LAVIOLETTE, \u2014 MARCHAND DE \u2014 Ferronneries, Peintures, Vernis.Faience, Poterie, Verrerie, Ete.Courroies pour moulins de tuutes sortes, scies rondes, coffres forts, aussi poêles, charbon, etc.A l\u2019enseigne du G odendard RUE SAINT-GEORGES, Près du Marché S.C.LAVIOLETTE- ST-JEROME.Le AA Nos Compagnies d'Assurance.Voici les nurus des principales Compagnies d'A ssitrance qui prennent des risques dans notre ville et dans ses environs : CANADA LIFE, QUEEN, ROYAL, COMMERCIAL UNION, IMPERIAL, PHŒNIX.Dr C.-T.de MARTIGNY Agent pour Bt.Jérôme et le district de Terrebonne.BUREAU DES ASSURANCES SUR LA VIE ET CONTRE LE FEU La Royale Canadienne, La North British $ Mercantile Ins.Co.La New-York Life Ins.Co.La Canadienne.J.& PARENT, Agent, BUS ST-GEORGES, Près du Marché, St-Jérome.No 10 FRUILLETON LE CRIME MONTPELLIER PREMIERE PARTIE IX Jobic avança timidement de ques pas et releva ses cheveux qui s'étaient embrouillés sur son front.\u2014Que mademoiselle me pardonne, réponditelle; c\u2019est que j'ai couru.\u2014Pourquoi ?\u2014J'étais au bout du parc.\u2014À cette heure ! \u2014Oh ! je n\u2019y étais pas seule.\u2014Qui s\u2019y trouvait avec toi ?\u2014Cest.\u2014Ton amoureux, peut-être ?L'enfant se prit à sourire.\u2014Oh! ça non, pour #ûr ! répli- qua-t-elle ; mais tout de même.\u2014Achève! \u2014 Mademoiselle va me gronder.\u2014Deviens-tu folle?\u2014C'est que j'avais rencontré la petite Soise et qu'elle m'a appris bien des choses.\u2014Qu'est-ce done que la petite Boise ?\u2014Mademoiselle ssit bien ?c'est la fille à la vieille Yvonne, qui fait le ménage à M.Paul.Berthe treseaillit ; depuis la veil le, c'était la première fois que ce nom tombait dans sa solitude.Ses dents mordirent ses lèvres.TI y eut un long silence.\u2014Mademoiselle m\u2019en veut?reprit Jobic en faisant encore quelques pas.\u2014Moi! interrompit Berthe d\u2019un ton nerveux.\u2014C'eat que Soise m\u2019a dit bien des choses qui pourraient intéresser mademoiselle.\u2014Que m'importe ?\u2014II parait que le père de M.Paul est au pays.\u2014Que dis-tu ?\u2014Depuis hier.Berthe bondit de sa place, l'œil en feu, la lèvre crispée, le front plein d\u2019éclairs.\u2014Ah ! ceci manquait à ma honte! a\u2019écria-t-elle en pressant eon front deses deux mains; désormais, elle sera complète.Ce n'était pas assez de l\u2019indignité du fils, il me fallait encore subir l\u2019infamie du père ! Mais qu\u2019espèrent-ils donc, ces misérables, et jusqu'où préten- dent-ils pousser l'audace et la là- cheté?Voyons, voyons, dis-moi tout ! Maintenant, je veux eavoir: le père est ici, dis-tu?Que vient il y faire?Quels projets médite-t- il?Que) nom honorable a-t-il volé pour mieux cacher celui sous le quel il fut condamné?Tute tais, n'as-tu pes entendu?Parle donc, puisque je te l'ordonne ! Jobic était restée un moment interdite sous la violence de cette injonction.Mais elle reprit bientôt son assurance et oss affronter le regard de sa jeune mailresse.\u2014Le père s'appelle Pierre Gilbert, répondit elle.Quoiqu'il ait ait été condamné, il paraît qu\u2019il n\u2019était pas coupable, et il n'est venu trouver M.Paul que pour lui apporter les preuves de son innocence.Berthe eut un rire amer.\u2014Oui, c'est cela! balbutia-t-elle en se tordant les mains ; la comédie continue ; cet homme apécule [sur quelque odieuse supercherie ; mensonge, soulever un nouveau scandale, ajouter à la honte d'hier celle de demain ! \u2014Oh1 ne dites pas cela, mademoiselle, fit enfant avec un geste suppliant ; car vous vous repentiriez plus tard d'avoir été injuste.M.Paul est incapable de vous faire de la peine, et la preuve, c\u2019est que demain il sera parti.\u2014Parti ! répéta Berthe.\u2014I1 quitte Morlaix.\u2014Où va-t-il?\u2014A Montpellier.\u2014Dans quel but?\u2014C\u2019eat là que son père a été Berthe -retouba, sur le divan, muette, le sein gonflé, le regard fixé au parquet, comme perdue, abimée dane quelque sinistre rêverie, Elle resta ainsi quelques minutes; puis, tout A coup, elle releva le froui.Klle venait d\u2019entendre M.Gautier l'uppeler à travers la porte.D\u2019 un signe rapide, elle congédia Jobie.\u2014Vn! dit-elle, laisse-moi! je veux vuir mon père.Quand il se sera éloigné, tu viendras me retrouver.Jobic alla ouvrir aussitot, et M.Gautier entra.Berthe courut cacher ga tête sur sa poitrine.\u2014Chère enfant, dit le vieillard, ah! j'avais besoin de te voir! Comme te voilà changée! tu as il faut te calmer, Dieu te donnera la force de supporter cette cruelle épreuve.Berthe sanglottait; ses joues étaient Laignées de larmes.\u2014Oui, dit-elle.Dieu me fera cette grâce.D'ailleurs, j'ai votre honneur où me réfugier.Celui-là au moins, \u2018peut défier tout soupçon et imposer le respect À tous.Car, vous ne le savez peut-être pas encore, un nouveau scandale nous menace | \u2014Qu'est-ce à dire?\u2014Berthe eut un rire saccadé .\u2014Ce n\u2019était pas assez du fils.répliqua-t-elle avec amertume ; il parait que nous allons aussi avoir le père.\u2014Eh quoi! il a osé! fit M.Gautier \\en treséaillant.Qui t'a dit cela ?\u2014Jobic.\u2014On laura trompée.\u2014Je ne pense pas.\u2014Cependant.\u2014Cependant, mon père, cet homme est au pays depuis hier ; il s'appelle Pierre Gilbert, et on assure qu\u2019il apporte À son fils les preuves de son inrocence ! | M.Gautier eut un éblouissement et porta ses deux mains à # poitrine.Berthe le regarda avec surprise, \u2014Qu'avez - vous ?elle en se rapprochant.\u2014Rien, rien, répondit M.Gautier avec un embarras visible.C\u2019est que, aussi, ce que tu me racontes 13 est si invraisemblable, oi im possible! \u2014Vous croyez ?\u2014Je n\u2019en veux d'autre preuve que ce que je viens d\u2019apprendre à l'instant, moi-même ! \u2014Qu'\u2019est-ce donc ?\u2014Paul quitte Morlaix ! \u2014Vous saver cela?\u2014On vient de me l\u2019assurer.\u2014Et vous a-ton fait connaître en même temps où se rend M.Didier ?\u2014Non ! Mais n\u2019est-ce pas clair ?il a compris qu'il ne pouvalt rester plus longtemps dans une ville où l\u2019histoire de son père est main- interrogea-t- tenant dévoilée, et j'estime qu'il son audace égale son aveuglement.Mais lui, le fils de cet homme! il va prêter les mains À ce dernier souffert, pauvre chére adorée.Mais n'aura pas envie d\u2019y revenir ! Berthe secoua la tête avec force.\u2014Kh bien ! détrompes-vous! ré- pliqua-t-elle.Car s\u2019il n'éloigne, c'est pour se rendre à Montpellier où, paraît-il, son père a été jugé ; il n\u2019a d'autre pensée que d\u2019y rechercher les preuves de l'innocence de son père, et s\u2019il les trouve\u2026 M.Gautier ne répondit pas ; la pâleur avait envahi ses traits; il était livide.\u2014Mon bon père ! s'écris Berthe en lui prenant les mains.\u2014Laisse-moi, chère enfant, balbutia le vieillard.\u2014Vous étes souffrant ?\u2014Tant d'évènements en si peu de temps m'ont bouleversé.\u2014Oh I que je le hais, ce malheureux, pour tout le mal qu\u2019il nous a fait ! M.Gautier attira doucement sa fille dans ses bras et oublis ses 13- vres dans ses cheveux.\u2014\u2014Tuis-toi! tais-toi! murmura-t- d\u2019un ton brisé ; il ne faut maudire personne.Tu es bien jeune; tu ne connais rien de la vie ; et si les événements qui vieunent de s\u2019accomplir ont été cruels pour nous, peut-être n'est-cé pas à toi qu\u2019il appartient de condamner ceux que tu accuses.\u2014Je ne vous comprends pas.\u2014Plus tard, je rerai plus explicite.Je vais te laisser, tu es énervée ; tu as besoin de repos.Demain nous causerons en toute liberté d\u2019esprit.Tu le veux bien ?\u2014Je ferai ce que vous voudrez, dit Berthe.C\u2019est cela ne t\u2019abandonne pas trop à tes réveries, et que Dieu t'envoie le sommeil qui réparera tes forces.Allons, à demain ! -A demain, mon pre! Barthe accompagna M.Gautier jusqu\u2019à la porte et revint s\u2019accouder À la fenêtre, Il faisait une nuit harmonieuse et calme; la lune se levait lentement à l\u2019horizon ; et ses doux rayons, tamisés par les branches d'arbre allaient dessiner de mobiles losanges sur le sable jaune des allées.Elle reeta ainsi un long moment, la tôte dans la main, le cœur agité de mille sentiments contraires.Ainsi que l'avait dit M.Gautier elle était énervée, et toutes les pensées qui lui traverssient l\u2019esprit s\u2019imprégnaient d'âpre mélancolie et de douloureuse désespérance.Elle ne voyait plus rien désormais dans l'avenir, et elle eût voulu arracher de sa vie les pages émues où se trouvaient gravées les joies et les chastes ivresses de son amour naissant.Il lui semblait que son cœur était mort, qu'elle n\u2019aimerait plus jamais, et quelle porterait éternellement dans son cœur le deuil du bonheur qu\u2019elle #'était promis.Elle revint tristement vers son lit et & ce mn- ment Ja porte de la chambre s'ou- et Jobic entra.Tout de suite, Berthe devina que quelque chose de grave et d'inattendu s'était passé.Lr petite sauvage était toute troublée; ses yeux brillaient d\u2019une flamme intense.- Qu\u2019y a-til?demanda avidement Berthe.\u2014M.Paul! balbutia Jobio en baissant la tête, et d\u2019une voix basse comme un souffie.x Berthe resta immobile et droite, comme sl elle eût été changée en une statue de marbre.Mais cela dura à peine le temps de l'écrire ; presque aussitôt elle revint à elle et son visage s'empourpra de honte : \u2014Lui! dit-elle ia gorge serrée.Lui ! Tu t'es trompée.-Oh ! que non, mademoiselle.\u2014Tu l'as vu?\u2014A l'instant.\u2014Où cela?\u2014Dans le parc.Berthe courut à la fenétre, plongea son regard au dehors et se retira instantanément, par un mouvement de pudeur offensée.À cent mètres environ, dans une clairidre que la lune inondait, de rayons éclatants, il y avait un homme.Et cet howme, un coup d'œil avait suffi pour le reconnaître : c'était Paul Didier.Elle n\u2019en revenait pas, tant d\u2019audace l\u2019épouvantait, elle se demandait ai toute sa vie elle allait être ainsi troublés par cet homme, suns qu\u2019elle pût se défendre.Ne aerait- elle plus libre désormais ?devrait- elle rester rivée à ce souvenir! Ne pourrait-elle plus faire un pas sans rencontrer ce fantôme d\u2019infAmie ?Tout son être frémit et sa fierté se révolta.Elle ne voulait pas accepter cette odieuse tyrannie; elle entendait se reprendre une bonne fois et pour toujours ; et sans plus réfléchir, obéissant au sentiment violent qui venait de s'emparer d'elle, elle se tourna, le regard plein d\u2019éclaira, vers Jobic.\u2014Ma mante ! mon voile! ordon- na-telle d'un ton fiévreux.Vite, bâte-toi ! \u2014Mademoiselle sort?fit Jobic en s\u2019empressant autour de sa mat- tresse.\u2014Oui, je sors, répondit Berthe.Buis-moi.\u2014Ah ! c\u2019est bien, ce que vous faites là ! \u2014Quelle pensée est Ia tienne ?\u2014Monsieur Paul va être si heureux ! Berthe allait franchir le seuil de la porte.Elle s'arrêta brusquement la lèvre contractée par un mauvais sourire.\u2014Oui, heureux, répliqua-t-elle, bien heureux.Allons, viens, ne perdons pas de temps ! Et elle descendit dans le paro, sans plus s'inquiéter de savoir si elle était suivie.En quelques minutes, elle atteignit la clairière et se trouva en presence de Paul.Ce dernier s'était levé, entendant venir, et il était là, frappé de surprise, n\u2019osant croire À une pareille apparition.\u2014Berthe ! balbutia-t-il éperdu, vous, est-ce bien vous ?Mais la radieuse expression de bonheur qui avait un instant illuminé ses traits s\u2019éteignit aussitôt et il se rejeta en arrière par un mouvement de stupeur.\u2014Berthe! répétatil d'un ton oppressé et presque bas.\u2014Ainsi on ne m'avait pas trome pée, dit la jeune fille qui avait un moment hésité, mais qui, mainte- rant reprenait toute son assurance.Moi, je ne voulais pas croire! j'es- rais qu\u2019au moins, vous ne pousseriez pas l'audace jusqu\u2019à venir me troubler dans ma solitude.Mais vous ne trouvez dons qu'il y a déjà assez d'infamie | et vous com tez m'intimider sans doute par la menace de nouveaux scandales ! Eh bien, si telle à été votre intention, vous serez bien vite déçu, car vous le voyez, je n\u2019ai plus peur maintenant, et si je suis venue, c\u2019est pour vous dire que votre conduite est odieuse, et que vous vous êtes étrangement mépris en me poursuivant d\u2019une insistance à ln- quelle il faudra bien que vous renonciez | Jaccabl \u2014Ah ! ne m'accablez pas > mura le jeune homme interdit.* \u2014Que voulez-vous donc enin ?a pu vous pou ser à venir me braver jusqu'ici ?Kat ce votre père qui vous inspire de pareilles résolutions ?(A suivre) poursuivit Berthe.Quel sentiment a. LE NORD \u201cLE NORD\u201d Journal Hebdomadaire, Publié à Bt-Férôme, comté Terrebonne, par La Cle d'Inprimerie de NORD.Josem Gnivnon, Rédacteur\u2014\u2014_ Abonniement.31.00 par année \u2018 \u201c \u201c 50 0.pour 6 mois ANNONCES Première Insertion.Insertions subséquen Annonces à l\u2019année taritides par contrats spéciaux, 10 cts la ligne Sous * Toutes correspondances doivent être adressées : Z.DRAPFAU, Fermier de l'imprimerie du Nord, Bi-dérôme, Co, Terrebonne, P.Q.LE NORD SAINTIRHOME, 30 JUILLET (891.NOTE DE L'ADMINISTRATION.Tink en remerciant cordialement nos abonnés de l'empressement qu'ils apportent à payer leur abonnement au dournal, nous devons prévenir les retar- datatres dont les comptes leur ont déjà été adressés inutilement, de ne plus compler sur une fausse indulgence ; nous serons forçéa de faire collecter leur dite on justice sous le plus court délai.Nous prions aussi ceux qui désirent discontinuer, de se mdlire en règle avec Padministration & en donvier avis au moins quinse jours avant l'expiration de leur abonnement, autrement nous continuerons l'envoi du journal, L'ADMINISTRATION.OB UN PEU DE TOUT La Vérité, de Québec, a l'amabilité de trous poser une question : Le Nord, de Saint-Jérôme, journal couservaleur, déclare, dans sou No du 16 juillet, qu\u2019il ost \u2018ennemi juré de l\u2019influence indue\u201d *\u201c Nous voulons, dit-il, être au premier rang de ceux qui travaillent à circons- ecrire l\u2019action cléricale à ia sphére ecclésiastique.\u201d Mais quelle est la \u201csphère ecclésiastique\u201d d\u2019après vous ?1l semble, peut-être, à la Vérité que notre profession de foi dépare le zèle que nous avons montré dans la défense que nous faisions à la suite de celte citation, de la religion ridiculisée par la Pairie au sujet du scandale de Maskinongé.Nous tenons à affirmer nos principes parce qu'ils tiennent le milieu entre l'ultramontanisme, brillant de forme, si l'on veut, mais souve- raivement utopiste de la Vérité, et I'anarchisme religieux de la Patrie.Voilà pourquoi nous sommes libéral conserxateur, et non pas libéral catholique.Entre l'intolérance de la Vérigé et la licence de laPatrie, il y à place pour les honnêtes partisans de la vraie liberté.Entre Garcia Moreno et Paul Bert, 1ls savent mettre les idées larges d\u2019un cardinal Lavigerie.Hs sont avant tout amis de l\u2019ordre dans le progrès, matériel ou intellectuel, C\u2019est cette devise qui les guide dans leurs rapports avec le clergé et, jaloux de garder à celui-ci son prestige de sainteté, unique fondement de son existence, ils croient salutaire au pays et à lui-même de l\u2019isoler aussi bien que possible des disputes du siècle.Quant à la définition de la \u201csphère ecclésiastique\u201d la Vérité pourra s'eu former une en relisant les mandements des évêques et on consultant son souvenir sur ce qui se passe dans la province depuis quatre ou cing ans.» * 8 Le retour d'Europe de M.Mercier qu'en certains quartiers, on a surnommé, à raison de son flasco monumental, le comte d\u2019Argentcourt, dans Etat de Genes, a fourni à ses partisans l'occasion de lui faire à Montréal, sue le Champ de Mars, une démonstration de flatterie sans exemple dans l\u2019histoire.On a bien vu le Sénat romain eu corps, après la défaite désastreuse de Cannes, sortir de Rome pour féliciter le maladroit Varron de n\u2019avoir pas désespéré de la République.Mais qu\u2019on melte banderolles au vent pour fêter le héros du raté le plus colossal qui se soit vu dans notre histoire : c'est au comble.L'unique succès du jour fut le grand nombre de curieux qui voulurent voir de leurs yeux le comte Mercior, Plusieurs journaux portent l'assistance à au-delà de 25,000.Il faudrait une grande dose de naïveté pour s'imaginer qu'il s'agissait d\u2019une revue des bataillons rouges.Ou trouvait indistictenient dans la foule conver.vateurs at libéraux, castors ot nationaux, français et anglais, protestante et catholiques, Les journaux rouges avaiont fail une réclame de véritable cirque et on accoursil de partout pour voir la voltige de notre premier ministre, pour contempler les barioluges qui .écoraient sa pot- trine et surtout pour le plaisir d'observer comment le fougueux démagogue Mercier d\u2019autan se prétait aux grâces nobles et arislocratiques de M le comte paladin Mercier.Son dans ses commencements, des retards inopinés qui ont imprimé à la colonisation un mouvement de re cul très accentué, pour différentes raisons, dont les principales sont le peu d\u2019intérêt qu'a porté le dernier gouvernement avy colons ol la dimi- nulion des chautiers ds bois où ils trouvaient leur veul débouché aux produits do la ferme ou le peu de sûreté qu\u2019ily avait de contracter avec les entrepreneurs de ces chau.liers.Mais aujourd'hui ce chumin de fer, dont la construction paraissait irvéalisable, absurde mémo, cst asauvé, La première section va être livrée au public dans quelques jours et les travaux eur la section suivaute se poussent avec une ucti- vit fibvrouse, incomparable, Du discours, au dire do I'Etendard qu'ou ue roupçounera pas de partialilé, fut tout simplement insiguiflant, Ainsi finit la comédie.PE\" Quelque cliose de reuversant, c'est l'efurouchement vertueux du Dr Fortier qui demande que les portes du pénitenvier s'ouvrent battantes sur les employés que le gouvernement de Québec vient de destituer.Ce cher docteur, ne le prendrait-on pas au sérieux avec ses airs de franchise assommante?Si l'on ne savail pas que soit ami de cœur, Mercier, loin de faire emprisonner les boodlers qui pullulent & Québee, a carrément refMsé une enquête au député Leblanc contre le Murphy du Table- Rork, tandis qu'à Ottawa, les con- servaleurs se sont Loujours montrés empressés à rendre justice, témoin les enquêtes Rykert, Middleton et McGreevy I.=r Avis à la Patrie, la Minerve, le Monde, etc, qu'il sevait plus loyal pour eux de douner aux journaux de campagne le bénéfice des nou- velles qu\u2019ils en reproduisent avec des artifices plus ou moins tal déguisés.S'ils ont pour but d'eu- baucher nos correspondants, ils sont absolument coupables et sujets à réparation civile.La Question capitale Que les progrès accomplis dans la colonisation des Cantons du Nord nous ont conduits loin de ces lem pr vraiment héroïques où le curé Labelle, donnant la main à son premier colon, s\u2019erfouçait avec lui daus les sentiers perdus de la forêt pour le laisser peut-être hélas ! trop longtemps 4 son courage indomptable et à sa conflance en Dieu ! Un premier cri de joie v\u2019échappa de la poitrine de ce vaillant piéton quand l'écho voisin lui apporla le son d\u2019une nouvelle coguée.ll se fraya un passage jusqu'au Bouveau venu et déjà la colonie du curé Labelle put se recounaltre.Elle eut progressé lentement n\u2019eusseut êté le dévouement et le géuie de l\u2019apôtre de la colonisation qui ne tarda pas À ouvrir un premier chemin du gouvernement.Par quelle longue et constante évolution d'efforts, d'énergie, de calculs, le curé Labelréussit-il à créer le réseau de roules carossables qui suivit ce premier chemin ?Les colons et les ministres d'alors seuls le savent, Dés lors parut le marchand avec les articles de première nécessité.Le colon avait le pain : il lui fallait plus.Il lui manquait l\u2019amour du sol conquis, la patrie nouvelle.1l l'eut avec les premières bénédictions qui tombèreut de l\u2019autel où it allait maintenant lous les dimanches, adorer le Dien de ses péres.A l'ombre de la croix on vit bientôt s'implanter l\u2019organisation municipale si précieuse aux campa- gues bien policées.Enfin, la paroisse était fondée.Ceperdant les colons tournaient encore les yeux vers St-Jérôme.Le curé Labelle s'agitait et agissait.Sous le premier chaume élevé dans la forêt, n'avait-il pas conté un soir qu'il fumait la pipe avec un entrain extraordinaire, qu'il se vengerait de la fatigue que lui dou.naient les mauvaises routes en les remplaçant par un bon et solide chemin de fer ?Ce chemin de fer, comme loutes les entreprises colussales, n'a pu se bâtir d\u2019un jour, 1! a mème éprouvé jour au lendemain, les montagnes s'applanissent, les ablmes se comblent et la locomotive se montre où lou n\u2019a jamais vu l'empreinte d'un pied humain.Nous le demandons aux amis de la province, N'est-il pas temps de diriger dins ie nord uu fort courant d'immigration ?N'est-ce pas encore dans la colonisation qu'est le salut de la province?Et maintenant qu\u2019elle à des centaines de mille piastres À son eervice, ne manque- va-t-il plirs que les colons ?Nous faisons done appel aux vrais smis du curé Labelle pour continuer la croisade patriotique par excellence, Mais avant tout, nous lui voulons un successeur dans le commandemen! de cette croisade, Le curé Labelle a fondé une école d'amour de la religion et du pays qui e donné le P.Nolin au Témiscamingue, l\u2019abbé Dugas à Manitoba etc, Il faut encore la croix à la charrue pour coloniser, et la sticces- sion du curé Labelle ne saurait rester plus longtemps vacante, \u2014\u2014\u2014__ Un comble La grande démoustration en \u2019honneur de M.Mercier, a eu lieu jeudi dernier à Montréal.Bou [excellence à été congratulée coram popule par le gracieux M.Me- Shane, maire de Montréal, Et Elle a prononcé un discours où nous lisons le passage suivant relatif à l'emprunt: Ayant renoncé à l'emprunt perma- neut pour les raisons que je viens de donner, et non point pour celles dou- nées par la presse couservatrire, ef ayant absolument besoin d\u2019argent pour rencontrer nos obligations les plus Pressantes, Nous Hous sommes spécialement occupés d'un emprunt lem- poraire à été fait pour un moulant de 84,000,000.00 à des conditions que nous croyons bien satisfaisantes.Ce sont les deux grandes iustitulions du Crédit Lyonnais et de la Banque de Paris et des Pays Bas qui l'ont pris, assisté du Crédit Foncier, & f0j0 et une commission raisornable.Et j'ai eu le plaisir de revevoir à mou arrivée au Canada des dépêches m'inlormant que tout de montant cvait élé souscrit immédiatement el ème qu'il avait été couvert plusieurs fois, C'est un excellent augure pour la transacticn finale qui sera faite aussilôt que le marché monétaire seva dans les conditions voulues.Je wai pas de doute qu'alors M.Shehyn viendra avec moi en Europe, car je ne veux rien [aire sans lui, et on reussira À placer Pempruat permanent des 10 millions d'une manière satisfaisante.L'emprunt temporaire de 84,000.000.00, est fait pour 2 aus avec faculté de paiement sur avis de 3 mois, el je suis heureux de pouvoir dire que nous sommes parfaitement libres de nous adre blemeut payable d'avance et que la Gastie ors retrapchée à l'expiration du terne payé ainsi d'avance.charge 106 jar numéro et lorsqu'on en 8 hall od d\u2019un ii faudra payer également le prix pour chacun de ces nusméres.BROWN CHAMBEALIN Amgrimenr do ls Rows 1700 Trzxruone bureau de \u2018lu ler a: da) "]
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