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Titre :
Le Canard : journal humoristique
Journal hebdomadaire humoristique et satirique qui a connu un vif succès en son temps. [...]

Le premier numéro de ce journal fondé par Hector Berthelot - qui en est aussi le principal rédacteur - paraît le 6 octobre 1877. Le succès est immédiat, comme en témoigne le tirage, qui passe du simple au décuple au cours des deux premiers mois. Berthelot n'est pas précisément un néophyte : il a été auparavant collaborateur à La Scie de Québec, une feuille humoristique, et reporter au Bien public de Montréal avant de passer à La Minerve, qu'il quitte en 1878, Le Canard lui demandant trop de travail.

Cet hebdomadaire humoristique changera plusieurs fois de titre. En août 1879, Berthelot cède son journal à Honoré Beaugrand pour fonder, le 23, Le Vrai Canard. Il le remplace, le 12 novembre 1881, par Le Grognard afin que le public ne confonde plus Le Vrai Canard et Le Canard, qui ne cesse de publier des âneries et des insultes qu'on ne manque pas, à son grand déplaisir, de lui attribuer. Des difficultés financières le forcent toutefois à se départir de son journal le 8 mars 1884. Le 25 septembre 1886, Le Violon est rebaptisé Le Grognard.

Quant au Canard, que Ladébauche (un personnage inventé par Berthelot) a popularisé, il continue son chemin avec son nouveau propriétaire, Honoré Beaugrand.

En 1888, Le Violon disparaît pour faire place à Passepartout jusqu'en 1893. En 1893, Berthelot reprend Le Canard, qui a cessé sa publication depuis le 24 septembre 1887. Le petit journal revient au titre premier, Le Canard, avec A.-P. Pigeon comme administrateur.

Le journal contient des textes et des chroniques féroces de satire politique, ainsi que des caricatures, des dessins humoristiques et des bandes dessinées, légendées pour la plupart, sous la plume de Berthelot lui-même ou sous celle d'Henri Julien (qui signe parfois Octavo ou Crincrin), d'Albert-Samuel Brodeur ou d'Arthur Racey.

En dépit de sa disparition en 1936, Le Canard ne cesse de fasciner les éditeurs. À preuve, ces trois tentatives de le relancer : une première a lieu le 21 septembre 1957 et indique une 85e année d'existence; une seconde, en date de mai 1973, fait mention de 96 ans d'existence et affiche l'épithète « québécois »; une dernière et éphémère reprise a lieu en 1976.

À noter que cet hebdomadaire est l'un des premiers journaux humoristiques à se doter d'une presse à vapeur et à publier des illustrations en couleur.

Il était tiré à 500 exemplaires en octobre 1877, à 10 000 en décembre 1877, à 15 000 en mars 1879, à 8 500 en 1910 et à 45 000 en 1933.

Principaux collaborateurs : Hector Berthelot, Henri Julien, Arthur Racey et Albert-Samuel Brodeur.

Sources

« Les journaux satiriques du XIXe siècle », Bibliothèque et Archives Canada,

http://www.collectionscanada.gc.ca/comics/027002-7100-f.html.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1975, vol. 2, p. 257-259.

BOIVIN, Aurélien, « Berthelot, Hector », Dictionnaire biographique du Canada,

[en ligne]

TASSÉ, Henriette, La vie humoristique d'Hector Berthelot, Montréal, Éditions Albert Lévesque, 1934, p. 51-62.

Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1893-
Contenu spécifique :
dimanche 14 octobre 1917
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Passepartout (Sorel, Québec)
  • Successeur :
  • Canard québécois
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Références

Le Canard : journal humoristique, 1917-10-14, Collections de BAnQ.

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[" Vol.XL\u2014Nos1.I MONTREAL, 14 OCTOBRE 1917.\u2014 Cinq Centins Humoristique \u2014 Satirique \u2014 Politique \u2014 Littéraire \u2014 Illustré \u201c Le vrai peut quelquefois n'être pas vrai sans blague \u201d \u2014 BOISL'EAU.Rédigé en Collaboration.Administration: \u2018105 à 109 rue Ontario Est.FILM EN DEUX TABLEAUX rare canvéon semvem cote.) rl Smerer REGIME LAURIER | DOMINATION BORDEN Vie ot Prospérité Mort ot Misère 2 LE CANARD, Montréal, 14 Octobre 1917.Vol.XL \u2014 No 51.x UN CONTE PAR SEMAINE BAL D\u2019ENFANTS Un casino.Il n\u2019est pas ouvert: il est entr\u2019ouvert.On ne joue pas aux cartes, ou si peu.On ne joue pas aux petits chevaux Mais il faut bien avoir un endroit où se réfugier quand il pleut.Dans un des moindres salons, bal d'enfants.C\u2019est un innocent et aimable spectacle.l'outes les grandes personnes sont venues y assister.Un homme du meilleur monde, qui a passé, pas de beaucoup, l'âge de la mobilisation, M.d\u2019Ecquevilly, cause avec une toute jeune mère, qui regarde sa toute petite fille qui tangue comme un voilier par une forte houle.La toute jeune mère s'appelle Mme Germaine du Bois d\u2019Etennemarc.\u2014 C'est un nom de guerre \u2014 naturellement.Germaine.\u2014 Ça me fait tout de même un drôle d'effet.Ecquevilly.\u2014 Et à moi donc!.Quand on pense que.à cette minute peut-être.Germaine.\u2014 Si on m'avait dit, il y a trois ans, que je ferais tapisserie i mon age! Ecquevilly.\u2014 Ah! parfaitement.voir se priver.Germaine.\u2014 Vous savez qu\u2019au dernier bal d'enfants, hier, M.Aréquipa et Mme Beaudenord se sont risqués ?Ecquevilly.\u2014 À quoi?Germaine.\u2014 À danser.Ecquevilly.\u2014 Comme des gosses.Germaine.\u2014 Quel scandale! Ecquevilly.\u2014 Ce n\u2019est pas vous par qui ce scandale arriverait.Germaine.\u2014 Non, certes, (Elle soupire.) Une mère a bien des compensations.Ecquevilly.\u2014 Un père aussi.Germaine.\u2014 Votre gamin est là?Ecquevilly.\u2014 Mon gamin! Georges a treize ans.Germaine.\u2014 Pauline, ma fille, n\u2019en a que dix, Ecquevilly.\u2014 J\u2019allais le dire.Elle ne les paraît pas.Germaine.\u2014 Vous savez qu\u2019ils sont très bien ensemble ?Ecquevilly.\u2014 C\u2019est sans danger.Mon fils est très sérieux, très posé, un peu trop.Les événements l\u2019ont beaucoup frappé.Germaine.\u2014 Il n\u2019y a plus d\u2019enfants.Ecquevilly.\u2014 Si, heureusement.S'il n\u2019y en avait plus, il n\u2019y aurait plus de bals d'enfants.Germaine.\u2014 C\u2019est vrai! Ecquevilly.\u2014 Et vous ne goûteriez pas en ce moment le plaisir de regarder danser, que les Orientaux préfèrent, dit-on, au plaisir de danser eux-mêmes.Germaine.\u2014 Je n\u2019ai pas voulu interrompre les études de Pauline, malgré la guerre.Ecquevilly.\u2014 Je pense bien.Germaine.\u2014 D'autant qu\u2019elle manifestait les plus belles dispositions, Ecquevilly.\u2014 Ah?.Pour quoi particuliérement?Germaine.\u2014 Mais, pour la danse! Ecquevilly.\u2014 Ahl.Germaine.\u2014 Vous n\u2019avez pas I'air de comprendre.ou d\u2019écouter.un mot de ce que je vous dis.Ecquevilly, \u2014 Si, si, très bien, là-bas.Que voulez-vous?Il faut sa- Germaine.\u2014 Je ne suppose pas que vous me désapprouviez ?Ecquevilly.\u2014 Pas du tout.Germaine.\u2014 Ce scrait un peu fort ! Car votre fils lui-même, ce garçon posé, suit assidûment les cours de M.Polovtsof.Ecquevilly.\u2014 Qu'est-ce que c\u2019est que ça, M.Polovtsof ?Germaine.\u2014 D'où sortez-vous?C\u2019est une lumière!.\u2026.professeur de danse du casino! Ecquevilly.\u2014 Ah! oui.Oui, Georges suit les cours de M.Polovtsof, par ordonnance du médecin.Vous lui avez fait ordonner par le médecin.Ecquevilly.\u2014 Oh!.sans cela, il n\u2019aurait jamais consenti à danser avant la fin de la guerre.Mais.le docteur lui a remontré que.la danse est un exercice comme les autres.on peut le pratiquer au même titre que la culture physique.Il lui a rappelé que le philosophe Socrate, sur ses vieux jours, dansait.par hygiène: ce n\u2019était pas assurément pour bambocher.II lui a remontré aussi que, du temps de Socrate, les guerres étaient presque continuelles, ct que, s\u2019il avait fallu attendre la paix pour danser, des générations entières auraient été privées de ce salutaire et honnête divertissement.Germaine.\u2014 Quelle drôle d\u2019idée de faire intervenir Socrate ct I'hygiène dans une question pareille ! Ecquevilly.\u2014 Je l'avoue, c\u2019est un peu cuistre; mais, si nous n\u2019avions pas employé ce moyen, jamais Georges n\u2019aurait consenti à fréquenter le cours de M.Polovtsof.Germaine.\u2014 Croyez-vous?On ne fait bien que ce qu\u2019on fait de bon coeur, et votre jeune homme est, paraît-il, le meilleur élève du cours.Pauline prétend même qu\u2019il est le seul avec qui on puisse danser.(Pauline revient s'asseoir auprès de sa mère.Entr\u2019acte.) Ecquevilly, \u2014 Elle ne dansera toujours pas avec lui cet après-midi.Pauline (dressant la tête).\u2014 Parce que?Germaine.\u2014 Vous m\u2019avez dit qu'il était là.Ecquevilly.\u2014 Oui, nous sommes entrés tout à fait par hasard pour nous mettre à l\u2019abri: dehors, il fait un temps de chien.Nous ne savions pas qu'il y cût bal d'enfants.J'ai eu toutes les peines du monde à retenir Georges, ct il m\u2019a signifié qu\u2019il ne danserait pas.Tenez, il s\u2019est fourré là-bas, dans un petit coin.(Pauline, sans dire un mot, se lève et va dans la ditection indiquée.) Germaine (souriant).\u2014 Ce que femme veut.Ecquevilly.\u2014 II n'y a plus d\u2019enfants, (A la grande surprise d\u2019Ecquevilly, Paulien, après avoir parlementé quelques instants, réussit à entraîner Georges.\u2014 Ritournelle.Tango.) Pauline (après un temps).\u2014 Vous n\u2019êtes pas bavard.Georges.\u2014 Non.Pauline, \u2014 Vous êtes fâché ?\u201cGeorges.\u2014 Contre moi, oui.> Pauline.\u2014 À la bonne heure ! Georges.\u2014 Je me dégoûte, je me dégoûte ! Pauline.\u2014 Vous êtes un peu marteau, Georges.\u2014 Puisque les grandes personnes n\u2019osent pas danser, pourquoi nous permet-on, à nous, les enfants?Comme c\u2019est flatteur! Est-ce qu\u2019on croit que nous avons moins de coeur que les autres ?Pauline.\u2014 On nous permet, on ne nous force pas.Vous auriez mieux fait de me refuser.Si c'est pour danser de cette façon-là ! Vous C\u2019est le Vel, XL \u2014 No 51.LE CANARD, Montréal, 14 Octobre 1917.3 Une Page de Mots d\u2019Esprit EN PERMISSION.\u2014Mon gendre!.embrassez-moi ! \u2014Ah ! belle-maman, le voilà bien l\u2019impôt sur le revenu.\u201c* SUR LES PLAGES NORMANDES.\u2014Plus de jeu, plus de musique, plus de danse !.\u2026.\u2014II n\u2019y a plus qu\u2019à se jeter à l\u2019eau ! x du front! LA GUERRE AU CAFE.\u2014Ça va bien, car en somme, sur la Somme on les assomme ce.bêtes de somme.+ * x OCTOBRE : LA RENTREE.\u2014Mais p'pa, je n'ai pas besoin d\u2019en savoir plus long que toi pour vivre de tes rentes!.* * ENTRE BLANCHISSEUSES.\u2014Si qu\u2019on s\u2019en mêlerait, Anaïs, on irait montrer aux Boches a repasser la frontière.* x * LES CROIX DE FER.Depuis le début de la guerre, le kaiser a fait distribuer 2,500,000 croix de fer.\u2014A peu prés une par tombe! \u201c.LE CONFORT DÉS TRANCHEES.\u2014C\u2019est de l\u2019argent que t\u2019envoient tes parents ?\u2014Non.\u2026 ici, j'ai besoin de rien; de l'argent à cette heure, c\u2019est moi qui leur en envoie ! \u201c.DEUX PESSIMISTES SE LAMENTENT.\u2014On craint de manquer de farine et le sucre, paraît-il, menace de faire défaut cet hiver ?\u2014Oui.je ne vous vois pas blancs, »* x A IAUDIENCE D'UN TRIBUNAL AMERICAIN.Le juge, impatienté de la longueur des débats, s'adresse à l'avocat et lui demande s\u2019il y en a encore pour longtemps.\u2014Un seul témoin, M.le président.\u2014II sera bref, j'espère.\u2014Je crains bien que non, c\u2019est ma femme.A dansez comme une pantouffle aujourd\u2019hui, pour moi! Georges (entre ses dents).\u2014 Je me dégoûte.Pauline.\u2014 Qu'est-ce que je dirai ?(Georges reconnaît dans une certaine mesure la justesse de ces observations; et il s'applique.Tout d\u2019un coup, il pousse un bruyant sanglot'et il fond en larmes.) Pauline (outrée).\u2014 C'est le comble! Vous pleurez maintenant ! Georges (entre deux hoquets).\u2014 Je me dégoûte | mon cher.C\u2019est agréable re eee \u2014_\u2014 LE CADEAU CHER.Une jeune épousée à son mari: \u2014Papa a pour habitude de ne faire que des cadeaux coûteux.\u2014-Oui, je m'en suis aperçu le jour où il m'a accordé votre main.* CHEZ LE NOTAIRE.\u2014Vous êtes injuste envers la mémoire de votre oncle en disant qu\u2019il ne vous a rien légué.En se faisant incinérer, n\u2019a-t-il pas affirmé sa volonté de vous laisser un peu de braise ?! * BONHEUR PARFAIT.\u201c % \u2014Et alors vous me dites que votre femme cst parfaitement heureuse.\u2014Mais oui, elle vient de me brouiller avec mon dernier ami.** EN BELGIQUE.\u2014Immondes prutes!.\u2026 .Fous afez tit immondes prutes!?.\u2014Oui, mais j'ai pas dit à à qui ça s\u2019adressait ! \u2014Ça ne peut s'adresser kaux armées allemantes.Che fous arrête.\u201c* COMMUNIQUE BOCHE.Le kronprinz.\u2014 Pas commode à rédiger, mon communiqué.Hindenburg.\u2014 Dites que grâce à l\u2019évacuation volontaire de quelque \u201cchamps d\u2019entonnairs\u201d, notre situation est devenue très favorable.x DOUBLE AVANTAGE.x x L\u2019anarchiste espagnol.\u2014 Et pourquoi me payez-vous en billets de banque français ?L'agent boche.\u2014 Double et colossal avantage : ils ne nous coûtent rien ct ils font croire que vous êtes soudoyés par les Français.*%s IRREFUTABLE.Le maître.\u2014 Bob, voici que vous êtes encore venu en classe s:ns porte-plume! C\u2019est inadmissible! Que penseriez-vous d\u2019un militaire qui irait à la bataille sans fusil ?Bob.\u2014 Je penserais.que c'est un officier.sss UN BON CONSEIL A NOS LECTEURS.Choisissez avec soin votre bonne, sachez lui inspirer l\u2019amour de la franchise, l'horreur du mensonge.Cette recommandation est d'importance capitale, car le lecteur dont la bonne ment.expire à la fin de l\u2019année.Pauline.\u2014 Faites-moi le plaisir de me reconduire à ma place.Je n\u2019ai pas envie de me faire remarquer.C\u2019est charmant ! (Traversée pénible du salon parmi les couples.Georges ramène Pauline à Mme du Bois d\u2019Etennemare et la plante là.M.d\u2019Ecquevilly s\u2019est esquivé.) Pauline (à sa mère, avec un souverain mépris).\u2014 Ce que c\u2019est bê- te, les hommes ! ABEL HERMANT, 4 LE CANARD, Montréal, 14 Octobre 1917.Vol.XL \u2014 No 51.* * agree 2 eee INDISCRETIONS ET POTINS CRI DU COEUR.Il nous vient un écho du banquet que les citoyens de Sorel ont offert, au cours de l'hiver dernier à Sir Lomer Gouin, \u201cun enfant de la paroisse\u201d, dit-on.Un député qui avait les mains molles a laissé tomber à terre une assiette qu'on lui avait dit être en porcelaine de Chine\u2014\u201cBatéche! s'écria-t-il, jai cassé une assictte en \u201copurceline de chienne !\u201d 11 ne manquerait plus que ce député soit membre honoraire de la Société du Parler Français, n'est-ce pas?30: ENCORE JOFFRE.Jadis, Hélène enlevée par Pâäris, causa la guerre de Troie.Le dimanche de la visite de Joffre à Montréal, une autre Hélène\u2014 Hélène Desautels, nous dit-on\u2014faillit causer une nouvelle guerre en tentant d'enlever le papa Joffre.Heureusement qu\u2019il y avait du monde et que le maréchal est un peu gros.La belle Hélène se contenta de lui appliquer quatre baisers retentissants sur ses joues basanées par les grands soleils des champs de bataille, C'était émouvant.:0: PAUVRE PETIT! Le journal jaune-tory de la rue de la Fabrique nous a fait part de la naissance d'un nouvel héritier à M.Sévigny.On a arrosé cet événement de plusieurs coupes de champagne, ct un des rares amis du ministre lâcheur lui a offert, à cette occasion, un petit diner au Club de la Garnison.| Pauvre petit! Comment sera-t-il accueilli de ses compatriotes, lorsqu'il aura atteint l\u2019âge de raison ?Il n\u2019est pourtant pas responsable des circonstances, 0: MONTREAL DE NOUVEAU PLACARDEE.Les afficheurs de nuit ne se contentent plus de protester contre la conscription, ils demandent maintenant la tête du premier ministre et \u201cÜc tous ceux qui ont voté pour la conscription, Montréal s\u2019est éveillée un beau matin placardée d'un bout à l\u2019autre de petites affiches posées dans la nuit, sur les poteaux, les clôtures, dans les fenêtres, sur les portes et les murs des maisons et des édifices publics.Elles étaient ainsi libellées : Dans le centre de l\u2019affiche, une tête de mort avec deux tibias entrecroisés ; au-dessus, ies mots: \u201cA bas les têtes!\u201d Au-dessous: \u201cDown with the heads!\u201d A gauche de la téte de mort: les noms de Borden, Meighen, Hughes, Graham, Smeaton White, Lougheed, etc.A droite les noms de Blondin, Sévigny, Rainville, Lespérance, C.P.Beaubien, etc, Les afficheurs ont accompli leur travail dans le plus grand secret et personne-n'a aperçu, ni-de près, ni de loin, ies fantômes nocturnes, REPLIQUE.On sait que les campagnes électorales, aux Etats-Unis, sont\u2019beau- .coup plus mouvementées que chez nous.Nos nouveaux alliés aiment la lutte, mais ce sont aussi de bons vivants \u2014 et de bons humoristes.Qu\u2019on en juge.Deux candidats à une élection municipale assistaient à une réunion contradictoire, assis sur la même estrade.L'un d'eux mesurait deux mètres de hauteur, l'autre était au contraire tout petit.Le grand prit le premier la parole.\u2014Gentlemen, je vais développer mon programme.mais j'avise mon morceau d\u2019adversaire que s\u2019il fait mine de me contredire, je l'avale tout cru.\u2014Gentlemen, répliqua l\u2019autre sans se décontenancer, je vous avise que si ce géant m\u2019avale, il aura tout à y gagner, car il aura alors plus de cervelle dans le corps qu\u2019il n\u2019en a jamais eu.:0: UNE BOURDE.A propos de bourdes de députés, il est intéressant de noter celle-ci.Nous ne croyons pas qu\u2019elle ait encore été racontée : D\u2019après la coutume antique et solennelle, au Jour de l\u2019An dernier, ce député provincial d\u2019unc division du district de Québec, rendait visite au maire de sa paroisse.On causa quelque temps puis, en bon père de famille ct en excellent électeur, le maire fit descendre la demi-douzainc de ses jeunes filles au salon.On recausa encore pendant quelques minutes.Comme il se levait pour partir, notre député tira d'une poche de son pantalon un paquet de cartes de visites dont il fit la distribution aux personnes présentes.Il lui en manqua une ct la plus jeune des héritiéres du maire fut privée du précieux bristol.\u2014\u201cÇa me fait ben d'la peine, mamzelle, dit le député, mais j'n\u2019en ai pas pour vous, L'année prochaine si j\u2019viens, j\u2019commencerai par vous, cC\u2019te fois-là.\u201d :0: MAGNI.FIFI.QUE! Le soir du banquet Lévesque, où sir Lomer Gouin a prononcé son fameux discours ct sa non moins fameuse menace, un confrère mont- réaliste rencontre l\u2019un des \u201camis choisis\u201d qui assistaient à la fête et lui demande ses impressions: \u2014G\u2019a été magni.fifi.que, dit le convive, et il ajoute d\u2019une voix empâtée, \u2018les fifi.dèles admirateurs de sir Lolo.mer sont sortis bouf.fifis d'admiration.Les bleus sont fifi.chus.\u201d Et Wenceslas devait étre beau d\u2019émotion et de fi.fierté.?\u2014I1 était transfifi.guré! \u2014Y avait-il du vin, à ce banquet?demande encore le journaliste amusé, \u2014Oui, il y en avait quelques fifi.fioles.Mais il faut que je me sauve, mon tramway va fifi.ler.Là-dessus notre confrère entre à son journal, prepd sa carte de visite ct l'adresse à M.Wenceslas Lévesque, député, avec ces simples mots : \u201cMes fifi.licitations !\u201d 20 L22448 Vol.XL \u2014 No $1.«LE CANARD, Montréal, 14 Octobre 1917.{\u2014 11 est \u201cplus facile\u201d de faire porter à une femme un chapeau neuf, que de faire ôter à un homme son vieux paletot d\u2019affection, * \u201cVoilà 60 ans que je cherche\u201d, inutilement, un moyen de me rappeler que chaque fois que je prends de l\u2019encre, je dois secouer ma plume, pour ne pas barbouiller mon papier.* * * Tl y a 40 ans que je me dis, à la suite de chaque repas, qu\u2019on doit * toujours \u201crester sur son appétit\u201d, et si tôt à table, je l\u2019oublie.x ** .L'avocat en transquestions, dira au témoin d\u2019un air convaincu, sachant cependant que ce n\u2019est aucunement le cas : \u201cn\u2019est-il pas vrai\u201d, sous le serment que vous venez de prêter que en telle occasion, vous avez fait, dit, ou entendu dire telle-chose?et malgré le \u201cnon\u201d du témoin, l\u2019assistance se dira, \u201c il doit mentir, car du ton que l'avocat parle, il doit y avoir quelque chose de vrai là dedans.* * * Que \u201cl\u2019homme est inconséquent\u201d! Pour servir de témoin à un ami dans le cas d\u2019une propriété imposée à un chiffre prétendu trop élevé, il viendra citer certaines propriétés analogues cotisées à un taux au-dessous de la valeur.Pour un non ami il viendra le lendemain, faire une preuve tout à l'appui du contraire.* \u201cTenez toujours la droite du trottoir\u201d, tout de même que l\u2019attelage tient la droite de la chaussée.De cette manière vous éviterez les collisions, Il faut voir, entendre et penser autour de soi, afin de laisser passer ceux qui vont plus vite que nous.* * x Prenez garde que votre fille dont vous êtes si pressé de vous débarrasser ne vous revienne avce une \u201ctrâälée\u201d d'enfants.\u201cCe ne sera pas la première fois\u201d.x* L'on dit de M.qu\u2019ayant emprunté $50.00 d\u2019un ami, il le rencontre un mois après et lui dit : \u201cAh! ça, N., ne soyez pas en peine de vos $40.- 00, je vous les remettrai sous peu\u201d.Un autre mois se passe, ils se voient de nouveau et M.de dire: \u201cMon cher N., faut pourtant que je pense sans autre délai à vos $30.00\u201d.Encore quelques semaines et M.dit à la fille de N.qu\u2019il rencontre sur la voie publique: \u201cMa chère demoiselle, dites donc à votre père, s\u2019il vous plait, que je n\u2019ai pas oublié les $20.00 qu\u2019il m\u2019a prétées\u201d.M.voit son préteur une dernière et lui dit: \u201cMon Dieu, que je suis désolé de n\u2019avoir pu encore vous remettre les $10.00 que vous m'avez prêtées\u201d.\u2014 \u201cTiens, dit N., n\u2019en parlons plus, car du train que ça va, c\u2019est moi qui, à la fin, vais me trouver vous devoir\u201d.*x * x Vous arrivez dans ce monde avec rieif, gagnez quelque chose, \u201cvos gendres vous l\u2019enlèvent\u201d et vous partez comme vous êtes arrivé, avec rien.x\u201d Vous devez à votre enfant de le \u201ccorriger sur le fait même\u201d ou de lui dire pourquoi.Et a fortiori devez-vous battre votre chien que sur le coup du mal qu\u2019il a fait, sans quoi il ne saura jamais pourquoi, et le correctif sera sans résultat.4.\u201cLa vieillesse\u201d est bien en effet \u201cune seconde enfance\u201d puisqu\u2019on y perd ses dents ; comme l'enfant,-on trébuche; faut finir par manger de la bouillie comme au premier jour, et enfin il faut se faire porter Somme quand on arrive, : | Nos Petits Sermons du Dimanche \u201cOn vous empruntera $5.00 et on vous les remettra à terme\u201d.Sous quelques jours ou semaines ce sera $10.00 qu\u2019il vous demandera.Vous ne sauriez les lui refuser, vous ayant fidèlement remis le premier emprunt ; il vous les remettra aussi à échéance, Il vous fera plus tard un troisième emprunt, mais de $20.00 cette fois.Peut-être ne vous les re- mettra-t-il jamais; mais s\u2019il prévoit que plus tard il ait à vous demander de lui endosser un billet de $100.00, alors il vous remettra les $20.- 00 pour que vous ne doutiez point de lui, et c\u2019est vous qui payerez le billet à échéance.** x Si un quelqu\u2019un qui passe pour une mauvaise paye ,mais à qui un lien d'amitié ou de parenté vous empêche de les refuser, vous demande de l\u2019argent, \u201cprêtez-lui\u201d un $5.00 ou un $10.00, mais \u201cne le lui demandez jamais\u201d ; car s\u2019il vous les remettait, il pourrait vous prendre ensuite pour une plus forte somme et ne jamais vous rembourser.\u201c* A l\u2019âge où on joue aux écureuils, je me suis dit: mais si cette roue, qui tourne ainsi sur son axe était sur un plancher, un pavé, elle tournerait tout de même et avancerait\u2014et si la roue était dans une enveloppe, avec des palettes ou aubes à l'extérieur, elle avancerait de même sur l\u2019eau\u2014et si l'écureuil était un cheval, et si le cheval était un engin pro- p-ilser à roues dentées s\u2019engageant dans les dents d\u2019une ou plutôt de deux lisses sans fin faisant le tour de la paroi intérieure de la roue\u2014ce serait \u201cun bateau roulant\u201d, pendant que les passagers, le fret installés dans des wagons accrochés à l'engin ne tourneraient point.*.\u201cComment gouvernerait-on un bateau roulant?\u201d En projetant par des ouvertures en son axe de rotation une poutre ou arbre de couche munie de roues de friction ou poulies à ses extrémités, et assez longue pour que la chaîne partant de la roue du pilote à l\u2019intérieur et passant par ces deux poulies put de là atteindre le gouvernail sans toucher aux flancs du bateau.Le gouvernail pour ne pas tourner avec le bateau lui serait attaché par une chaîne qui en ferait le tour et qui placée dans une rainuer au centre de Iqauelle et y maintenue sous contact par des roues de friction permettrait au bateau de tourner sans entrainer avec lui dans sa rotation le gouvernail, lequel d\u2019ailleurs serait en même temps assez léger pour flotter et assez lourd pour résister à la tendance du vaisseau de le sortir de l\u2019eau.* ¥ * \u201cDans un bateau tournant\u201d, c\u2019est-à-dire, roulant sur l\u2019eau au lieu de s\u2019y glisser, \u201cles passagers pourraient\u201d, pour prendre l'air et jouir de la vue, du paysage, \u201cêtre suspendus\u201d de part et d'autre dans des chaloupes accrochées aux extrémités d\u2019un arbre de couche disposé à l\u2019endroit de l\u2019axe de rotation du bateau, tournant ou non avec le vaisseau, et de longueur nécessaire à l\u2019effet voulu, le lien de support, encerclant l\u2019arbre de manière à tourner autour, ou plutôt à permettre à l'arbre de tourner dedans si l\u2019arbre tournait avec le bateau.a.es A l\u2019exemple du \u201cCatamaran\u201d, bateau des iles Figi, qui \u201cpour ne pas chavirer\u201d sous l'effort de son immense voile, projéte au large de lui de chaque côté une longue vergue portant à son extrémité un flotteur ; de même \u201cdans le cas d\u2019un vaisseau roulant\u201d sur l\u2019eau et qui tendrait sous l\u2019effort des vagues à tomber sur le côté, les chaloupes portées à chaque extrémité de son arbre de couche ou y suspendues à -rotation mobile autour de l\u2019axe, en préviendraient le chavirement d'un côté Bu A de l\u2019autre. 6 LE CANARD, Montréal, 14 Octobre 1917.Vol.XL \u2014 No 51.LES SPORTS DU \u201cCANARD\u201d.La Réponse de Ti-Phonse Monsieur Joe Villa, Le \u201cCanard\u201d.Cher Monsieur, Je n'ai pas lu sans surprise, la lettre (dois-je appeler lettre les trois lignes du message) que vous avez publiée dans votre dernier numéro.Je l'avoue.Ainsi j'ai trouvé une poire, et quelle poire, mon Dieu! Il s\u2019appelle Bébé Lapoire, comment fait-il pour vivre, ceci dépasse mon cerveau, qui est pourtant ainsi développé que ma force physique extraordinaire, c\u2019est prodigieuse que je devrais dire.Bébé, quand tu auras fini de lire cette lettre, tu vas faire dodo, après avoir fait ton petit pipi.Tu entends, sois bien sage et je te donnerai une image.Ainsi tu acceptes mon défi, comme cela de \u201cbout en blanc\u201d, comme si c\u2019était la chose la plus naturelle du monde.Mais Bébé \u201cà sa mou- man\u201d, tu ne m'as donc pas regardé, mon \u201chaleine\u201d seule fait prendre la fuite à Isaac, mon ami, et tu n\u2019as pas peur.Mais assez de badinages et passons maintenant au sujet qui nous occupe.Tu veux que la rencontre se fasse aux \u201cbeans\u201d, j'en conclus que tu es au moins millionnaire, ou tout au moins un \u201cami\u201d du gouvernement, car qui songerait à me payer de quoi me régaler de ce mets, lorsque l\u2019on songe que les fèves valent une cent chacune.Une autre chose, il y à les \u201cbeans saignantes\u201d, les \u201cslow beans\u201d et autres, il faudrait s'entendre.Et dernier point, où la rencontre aura-t-elle lieu, au Windsor ou au Ritz?Je ne vois pas d\u2019autres beaneries dignes de recevoir un personnage tel que moi.La dernière ligne de ta lettre (vous avez remarqué, M.Villa, que je m'adresse maintenant à Bébé lui-même) donc, la dernière ligne de ta lettre m\u2019a insulté, ainsi toi, un morveux de ton âge, tu mets ma bravoure en doute ; mais sache, oh! Bébé, que je fais partie du régiment \u201cSafety First\u201d dont Rainville et Sévigny sont les chefs, avec Blondin comme conseil (pour la marine).Si tu doutais encore de ma sincérité, je serais prêt à te rencontrer dans un duel aux.\u201ccream puffs\u201d, où et quand tu voudrais.J'espère que cette réponse ne te donnera pas satisfaction ct que ta mère (tous les bons parents ont de \u201cchétis\u201d enfants) te la fermera ta.poire.J\u2019arrête parce que je suis rendu au bout de mon papier ct je signe TI-PHONSE- BIG-BLUFF.Pour copie conforme.JOE VILLA.Semaine Prochaine dans le \u201cCanard\u201d : LES PISSENLITS SA \u201cPOULE\u201d Il a tout dit quand il a dit, Du ton d\u2019un pigeon qui roucoule: \u2014Huit jours encore et, vendredi, Je la retrouverai ma \u201cpoule\u201d ! Sa poule?.Est-ce un gallinacé?\u2014Non pas.C\u2019est la Parisienne Qui l\u2019attend, coeur cadenassé, Rêëvant près de sa persienne.Bien qu\u2019elle ne soit pas d\u2019Houdan, Elle porte au chapeau la huppe.C\u2019est une poule avec des dents, Montrant des pattes sous la jupe.Contre l\u2019amour et son transport Elle ne se met point en boule.On peut lui parler franc et fort, Elle n\u2019a pas la chair de poule.Amante du jeune et du neuf Elle est volage volatire, Écartant la crainte de l'oeuf, Vouée au plaisir inutile, Il l\u2019adore.Elle le voulut, C\u2019est tout.Quand le désir s'allume, Elle n\u2019est pour notre poilu Rien de plus qu\u2019une oise!!e à plume.Mais il se bat dur comme un roc Dans la nature dépouillée, Afin de demeurer le coq Au près de sa poule mouillée.GEORGES LOISEAU.UNE PIECE TOMBE, Dans un tripot Berlin, quelques mois avant la guerre, un conseiller du commerce ayant laissé tomber une pièce de 20 marks, s\u2019exclamait : \u2014Que personne ne se baisse, je la retrouverai ! Un voisin lui glissa à l'oreille : \u2014 Ne craignez rien, monsieur le conseiller du commerce, il n\u2019y a ici que d\u2019honnétes gens! \u2014Mein Gott! J'en suis convaincu, répondit le Boche peu crédule, mais de ces honnêtes gens-là, on en coffre à Berlin vingt par semaine.quand la justice fait son devoir ! :0: \u2014Figurez-fous, monsieur Troudman, que ces champignons poussent tans notre cave! \u2014S'ils ne sont pas vénéneux, vous allez pouvoir en manger! \u2014 Nous le saurons temain! Nous en avons offert à la koncierge pour son souper de ce soir, Vol.XL \u2014 No 51.LE CANARD, Montréal, 14 Octobre 1917.F 3| MOTS D'ESPRIT ILLUSTRÉS \u2014On m\u2019a souvent demandée en mariage, car \u2014Si vous n\u2019aviez pas de mauvaises intentions .\\ .j'avais la beauté de la jeunesse à 18 ans! la beauté comment se fait-il que l'agent vous ait vu vous \u2014Vous savez, mon fils qui est à la guerre, il a des lignes pures à 30 ans! Et aujourd'hui, j'ai la dissimuler derrière un arbre?un grade maintenant, ] sais pas 5 c'est coporal ou beauté de la sagesse! \u2014Hélas, monsieur le juge, c\u2019est que l\u2019arbre | Bénéral.ça finit toujours par ral n'était pas assez gros.\u2014Grand\u2019'maman, pourquoi mets-tu des lunettes ?.Pet oo le melon?| jouer aux quilles \u2014Parce que ça grossit les objets, mon enfant! \u2014A quel moment cueille-t-on les pommes?1 n'était pas tout à fait ssez Mur : re \u2014Alors, tu les oteras, dis, quand tu couperas \u2014Quand le garde-champêtre n'est pas là! mon gâteau?ill pi | \\ .ICY | Bp 0 SII CE ng {rl x \u2014Votre mère -va régulièrement aux concerts \"est- ! juste l\u2019antimilitarisme?: : \u2014Pu'avez-vous à dire pour votre défense?Qu'est-ce A fete qu Juste antimili classiques, chaque dimanche ?C 2 ce .mai i node pas, elle est \u2014La guigne, mon président, j'ai toujours cu la \u2014Oui.mais ça ne l\u2019incommo , guigne, je suis né un vendredi, ' - complétement sourdel. 8 LE CANARD, Montréal, 14 Octobre 1917.~ Vol: XL \u2014 No-51: Me Canard Au Tribunal des Exemptions Compte-rendu sténographié de la première séance.CHOSES TRISTES Rions-en avant d\u2019en pleurer.M.Sévigny, le ministre cadenassé, comme vous savez, pour se venger de l\u2019ingratitude des citoyens de la Malbaie avec lesquels il a eu des difficultés au sujet de son attitude sur le Bill 75, n\u2019a pas consenti à ce que le tribunal des exemptions siège dans cette ville, Aussi, c\u2019est à St- Irénée-les-Bains, dans la grande salle de l\u2019hôtel Charlevoix, que, depuis quelques jours, les malfichus viennent chercher leurs papiers de réformés, C'est l\u2019honorable M.Tirpois qui est juge à ce tribunal.M.Tirpois, député canadien-français de l\u2019Ouest, plus impérialiste que M.Henri Bourassa et le roi George, est un grand homme sec, long, élancé, à la peau jaune, aux yeux verts et à l\u2019âme bleue comme Borden.Les séances sont de dix heures à midi et.de deux à quatre heures du soir.Les personnes désirant s\u2019adresser au tribunal doivent donner leurs noms au greffier en entrant dans la salle avant l\u2019ouverture des séances.Dès le premier jour, se présentent une foule d\u2019infirmes de toutes sortes, ainsi que de gros ct gras citoyens qui semblent fonder de grandes espérances sur leurs malaises intimes pour ne pas faire de service militaire.L\u2019honorable juge Tirpois s\u2019étant assis, le greffier, un Anglais parlant un peu français, lui présente la liste des demandes et la séance est ouverte.Laissons la parole à notre sténographe : Le juge.\u2014 Auguste Lépine ! Un grand gaillard, gros et rougeaud, se lève et répond: moé\u201d, Le juge.\u2014 Quelle est votre occupation?Auguste Lépine.\u2014 Farmier.Le juge.\u2014 Votre age?Auguste Lépine.\u2014 Cinquante-deux ans, .Le juge.\u2014 L'appel n\u2019est que pour les célibataires de 20 à 35 ans, et vous devriez le savoir.\u2019 Auguste Lépine.\u2014 J\u2019sais ben, mais c\u2019est écrit aussi que ceux qui se présentent pas vont aller en prison, et puis., Le juge (sec).\u2014 Allez! sortez! Au suivant: Jumeau Lafrousse ! \u2014Icite, m\u2019sieu l\u2019juge! répond un garçon maigre, nerveux, raide, cheveux fatigués, Jumeau Lafrousse.\u2014 \u2018Trente-deux ans.- Le juge.\u2014 Où demeurez-vous ?Jumeau Lafrousse.\u2014 Dans le rang de Pis-sec.Le juge (étonné).\u2014 Pis-sec ! Dans quelle paroisse est-ce ?Lafrousse regarde fixement le juge et ne répond point.Le juge.\u2014 Je vous demande dans quelle paroisse est ce rang.Même silence.Le juge.\u2014 Vous ne voulez pas répondre?Eh bien, sortez! (II -prendrnote : Pis-sec.) \u201cC\u2019est Au suivant: Adjutor Sansdouleur ! Adjutor Sansdouleur, grand garçon bien bâti, l\u2019air finaud, regardant bien en face.\u2014 C\u2019est moé, m\u2019sieu l\u2019juge.Le juge, \u2014 Quel âge avez-vous ?Adjutor Sansdouleur, \u2014 Vingt-six ans.Le juge.\u2014 Ou demeurez-vous?Adjutor Sansdouleur.\u2014 À Lacu.Le juge.\u2014 Vous avez dit?Adjutor Sansdouleur.\u2014 A Lacu, m\u2019sieu l\u2019juge.Le juge (durement).\u2014 Vous n\u2019êtes pas ici pour plaisanter ni faire perdre le temps du tribunal, Où demeurez-vous ?Adjutor Sansdouleur.\u2014 C\u2019est comme je viens de vous Idire: A Lacu.Le juge (ahuri).\u2014 11} Adjutor Sansdouleur.\u2014 J'y tiens un magasin général à à l'enseigne de \u201cLa Clu populaire\u201d.Le juge.\u2014 Pour quelles raisons demandez-vous à être exempté ?Adjutor Sansdouleur.\u2014 J'ai quatre soeurs et mes vieux parents à ma charge.Le juge.\u2014 Suffit.Accordé.(Il prend note: Lacu.) Suivant: Mamie Touchepoint.Un joli petit jeune homme, souriant, grassouillet, imberbe, figure rose et voix d\u2019eunuque.\u2014 M'\u2019voici, m\u2019sieu l\u2019juge.Le juge.\u2014 C\u2019est votre nom, Mamie?Touchepoint.\u2014 Mamie, m\u2019sieu l\u2019juge, c\u2019est un surbouquet.Je m\u2019appelle Narcisse.Le juge (souriant).\u2014 Votre âge?\u2014 Vingt-trois ans.\u2014Votre occupation ?\u2014Bedeau.\u2014Où demeurez-vous ?\u2014Au ruisseau des Jureux.C\u2019est à un mille d\u2019ici par la grève.Narcisse Touchepoint (rougissant).\u2014 Il y a deux ans, j'ai attrapé .(hésitant) c\u2019est gênant à dire.si vous pouviez deviner.(décidé) J'étais allé à l\u2019exposition, puis.Le juge.\u2014 Pas d\u2019histoires, au fait.Qu'est-ce que vous avez ?Narcisse Touchepoint (vivement et visage coquelicot).\u2014 J'ai.la gravelle.Rire de toute l\u2019assistance.Le juge.\u2014 Ce n\u2019est pas une raison.On vous guérira.Sortez.Au suivant: Quenne Latrouille, Personne ne répond.Le juge (plus fort).\u2014 Quenne Latrouille ! Un citoyen maigre, pâle, cheveux rouge carotte, vêtements râpés.\u2014 Pardonnez, m\u2019sieu l\u2019juge, ce doit être Etienne Latreille, Le juge.\u2014 Vitre âge?Etieñne Latrouille.\u2014 Vingt-quatre ans.\u2014 Votre occupation ?\u2014Je m\u2019engage à la journée, \u2014Où demeurez-vous ?\u2014Dans le rang de Chie-Guère.Le juge (surpris).\u2014 Dans le rang de Chie-Guère?(Il se demande si on se paie sa tête.) Si vous ne cessez pas cette comédie, je vous mets tous à la porte.Etienne Latrouille (craintif).\u2014 C\u2019est pas une comédie, je reste là.Le juge.\u2014 Vous persistez?Alors, sortez.(Latrouille sort et le juge prend note: Chie-Guère.) Au suivant: Anatole Lefort.Anatole Lefort (petit, sec, figure hâlée, barbe épaisse, voix de basse).\u2014 C\u2019est moé, m\u2019sieu.\u2014Votre age?\\ g \u2014Vingt-neuf ans.\u2014Votre occupation ? Vol.XL \u2014 No 51.LE CANARD, Montréal, 14 Octobre 1917.- 9 Session de honte.* \u201c.Militarisme, tyrannisme, cynisme.* x % \u201cLa Vérité\u201d de Québec est-elle une feuille \u201cmonarchique\u201d ?* * * .Nous sommes à un des tournants les plus difficiles de notre vie nationale.i * x * Prive-toi de porc, Baptiste, Flavelle en a besoin pour voler les Anglais! * .Nous nous demandons après l\u2019affaire du \u201cbacon\u201d; ce que l\u2019Angleterre doit penser du loyalisme de ceux qui nous mènent.*.Le pape Pie X était fils d\u2019aubergiste.Et nos prohibitionnistes ne le disent pas Pourquoi?Est-ce la honte?.Une fausse honte, assurément.* * * Pourquoi le beurre se vend aussi cher, à cette saison, lorsqu\u2019il est admis que les approvisionnements sont plus considérables et les exportations pratiquement nulles ?* * J La sarabande est recommencée avec l'ouverture du camp de Valcartier.Les autos qui portent le O.H.M.S.sur le derrière ne font plus qu'un rond.Mais les dames qui s\u2019y prélassent et s'y.jupe-tonneau ou en \u201cbloomers\u201d?Grave problème à résoudre.II faudrait une commission royale pour trancher la question.L'aurons-nous ?.délassent sont-elles en À |TURLUPINADES| & ) | Jusqu'au bout, le gouvernement Borden lance un défi aux droits du peuple ; et même avec les élections inévitables, il veut à tout prix mettre sa loi en force.M.Borden se rend à l'avance responsable de tous les troubles et de toutes les protestations violentes que son autocratie pourra susciter.LEE | Sir Wilfrid Laurier-l\u2019a déclaré sans ambages: \u201cJe suis dans la guerre jusqu\u2019au bout, non sous le régime de la conscription, mais au moyen du service volontaire\u201d.Et voilà un programme qui exprime le sentiment non seulement de la province de Québec, mais aussi de la majorité de tout le Dominion, \u201c*.Est-il réellement pour la conscription le Sir dont la devise est: \u201cPar ce cochon tu vaincras\u201d ?On doit en douter.Si la conscription avait pour effet de diminuer les profits sur le bacon, Sir Joseph Flavelle s\u2019y opposerait.Mais les 100,000 conscrits consommeront du bacon, que Sir Joseph vendra à bon prix.Et voilà pourquoi il est faveur de la conscription.1 en est de même de tous les autres farceurs, qui ne pensent qu\u2019à s'enrichir dans le sang de leurs compatriotes.Mais ce sang criera ven- gcance et gare au réveil | \u201c* Deux juges conservateurs, nommés par un gouvernement conservateur, ont passé le blancrissoir à l\u2019Hon.Bob Rogers.De par le rapport - des juges McLeod et Tellier, Bob est maintenant un \u201cpetit saint\u201d, une âme immaculée et sans taches.Il est transi de bonheur notre Ministre des Travaux Publics, aussi ne s'est-il pas fait prier pour rentrer dans ses attributions et immédiatement après la lecture du rapport des juges à la Chambre des Communes, il dirigeait lui-même les procédures pour le vote des crédits de son ministère.Le blanchissoir est un outil très en vogue dans les sphères torys, mais l\u2019électorat préfère le balai.Avis aux intéressés.\u2014Homme de chanquier.\u2014Pourquoi désirez-vous être exempté ?\u2014Je suis trop faible, m\u2019sieu l\u2019juge.\u2014Vous êtes toujours assez fort pour travailler dans les chantiers ?\u2014Oui, mais c\u2019est pas forçant, j'suis cuisinier.Le juge (voix douce et sympathique).\u2014 Pauvre homme! vous devez vous faire maltraiter au milieu de ces bandes de \u201croughs\u201d.Anatole Lefort (se redressant et l'ocil vif).\u2014 Pardonnez, m'sieu l\u2019juge, j'suis p'tit, mais y en a d\u2019dans.T\u2019nez, le printemps darnier, j'ai cassé la gueule à.Le juge (sévèrement).\u2014 Assez; vous serez soldat! (Regardant sa montre.) Nous reprendrons à deux heures, cet après-midi.Puis, apercevant le capitaine Mac Duchène, il lui dit: \u2014Je désire vous parler, M.Duchénc.Pourriez-vous me dire où est le rang de Pis-sce ?\u2014C\u2019est un rang à dix-huit milles d\u2019ici en allant à la Baie St-Paul.\u2014Quel nom bizarre! \u2014C'\u2019est qu\u2019il y a une vingtaine d'années, la sécheresse a été tellement grande par là que les vaches n'ont pas donné \u201c\u2018in bôlée de àé\u201d de l\u2019été.\u2014Et Chie-Guère ?\u2014C\u2019est encore un rang qui s'appelle comme ça, en haut de Sainte- ; Agnès.Les habitants y étaient si pauvres et mangeaient si peu.vous comprenez.\u2014Et Lacu?» \u2014Lacu?C\u2019est la partie du village de la Malbaie, en bas de la côte ! i Si vous passez de terre forte qui mène au boulevard des Américainspar là, vous pourrez lire l\u2019enscigne, écrite en vieux français: \u201cLa Clu; Populaire\u201d, c\u2019est une vraie curiosité.\u2014Et pourquoi ces deux garçons de tout à l'heure ont-ils refusé de me renseigner sur ces noms?\u2014Clest qu'ils ont peur que vous les envoyiez quérin Le juge, mettant ses papiers dans sa serviette, ramassa ses livres et ses journaux et, comme il semblait chercher autre chose, le capitaine lui demanda : \u2014Voulez-vous une amarre pour ceinturer vos papiers?Vous aurez plus d\u2019adon à les emporter.\u2018 ARSENE LEROUX.P.S.\u2014 Les noms des endroits ainsi que-les expressions sont au thentiques. 10 .LE CANARD, Montréal, 14 Octobre 1917.Vol.XL \u2014 No 51.= ==; > - or ZX \u2014 ; = 7 4 pC BP ae \u2014 =; 5 A ie NC (ef PERS a ER ot} £5 = LE 55
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