Le Canard : journal humoristique, 19 septembre 1915, dimanche 19 septembre 1915
[" | Vol.XX XVIII \u2014 No 47.+ MONTREAL, 19 SEPTEMBRE 1915.ml Cinq Centins HUMORISTIQUE \u2014 HEBDOMADAIRE \u2014 ILLUSTRE \u201cLe vrai peut quelquefois n'être pas vrai sans blague \u201d \u2014 BOISL'EAU, Rédigé en Collaboration.Administration : 105 a 109 rue Ontario Est LA CHASSE EST OUVERTE LE LAPIN.\u2014Tirez encore, Médéric, j'ai rien entendu.MÉDÉRIC.\u2014J'ai plus de cartouches.C'est ben d'valour.Mais, j'sais pas c'qui m'retiens d'aller lui sacrer un coup d\u2019crosse.N.de la R.\u2014Aux lecteurs du \u201cCunard\u201d de deviner ce qui retient Médéric Que vous soyez chasseur ou non VOUS DEVEZ lire le \u201cCanard\u2019 LE CANARD, Montréal, 19 Septembre 1915.Vol.XXXVIII \u2014 No 47.UNE CHASSE AUX TIGRES CHARADES PREMIER ACTE Le départ tha scene se passe dans la maison du chasseur intrépide.) La femme du chasseur intrépide \u2014 Mors.vous ne voulez pas renoncer à votre projet d'aller chasser les tigres dans une armoire à glace?Le chasseur intrépide.\u2014 Non, madame.Je pars ce soir avec mon vieux serviteur, La femme du chasseur intrépide.\u2014 Encore une de vos idées: prendre un jeune domestique albinos, sous prétexte que ses cheveux blancs lui donnent l\u2019air d'un vieux serviteur.Le domestique albinos, entrant, \u2014 L'armoire à glace de monsieur est emballée.Tout est pret.Le chasseur intrépide.\u2014 C'est bien: vieux serviteur, faites avancer la voiture qui nous conduira au paquebot, (Le domestique albinos sort.) La femme du chasseur intrepide.\u2014 lEmportez au moins un fusil, une arme pour vous défendre.Le chasseur intrépide.\u2014 Nou, madame.Pour chasser les tigres, je n'emporte que mon armoire à glace.A wn de ces jours.(Il part.) DEUXIEME ACTE Lu chasse (La scène se passe dans un désert sauvage.) Le chasseur iutrépide, au domestique albinos, qui vient de poser l'armoire à glace au wilien du désert.\u2014 Japerquis deux tigres qui se dirigent de notre coté.Entrons dans armoire a glace.(lls s'installe daus l'arniaare à glice avee le domestique albinos et ferme la porte avec soin.) Par le trou de la serrure, je surveille le gibier.Le domestique albinos, avce un tremblement daus la voix, \u2014 Ne suis-je pas trop indiseret en demandaut à monsieur ce que font les tigres?Le chasseur intrépide, l'ocil au trou de la serrure.\u2014 Ils se regardent dans la glace.C'est tout ce que je désirais.l\u2018aites-moi passer le morceau de nu.(Le domestique albinos lui tend un morceau de mou) Maintenant, sortons, (ll ouvre la porte de l'armoire ct sort, suivi du domestique albinos.Le chasseur intrépide montre le morceau de mou aux tigres ec le jette dans l'armoire.Les tigres s'élanceut dans l'ar- wire a glace pour manger le mou.) Le chasseur intrépide, refermant à clef la porte de l'armoire sur les tigres.\u2014 Les voilà pris.Le domestique albinos, avec un tremblement dans la voix et dans tous les membres.\u2014 Monsieur pourrait-il m'expliquer pourquoi les tigres ne nous ont pas dévorés?Le chasseur invrépide, \u2014 Ils ne nous out pas dévorés parce qu'ils se sont regardes dans la glace Cette glace.posée spécialement à mon armoire, diminue tout ce qu'elle réfléchit.Les tigres se sont vus de la grosseur d\u2019un chat.Hs ont d'abord été surpris, puis, par autosuggestion, se sont persuades qu\u2019ils étaient récllement des chats.Comprenezvous\u2019 maintenant, vieux serviteur, pourquoi ils ne nous ont pas dévorés ct ont préféré le mou?CI regarde sa montre.) Mais il se fait tard.Revenons dans notre patrie.(Ils partent avec l'armoire à glace contenant les deux tigres.) TROISIÈME ACTE La distraction fatale (Li scène se passe dans la maison du chasseur intrépide.) Le chasseur intrépide, entrant dans la chambre de sa fenme, \u2014 Me voici de retour, avec deux superbes tigres vivants dans mon armoire à glace.Nous aurons là deux beaux tapis.fa femme du chasseur intrépide.\u2014 Mais il faut d'abord tuer les tigres?Le chasseur intrépide.\u2014 Ce n'est pas nécessaire.Je compte les dresser à faire les tapis de bonne volonté.Je les habituerat à s'aplatic sur le parquet dans la position habituelle des descentes de lit.C'est une question de patience.L'essentiel sera de ne pas les laisser tomber par la fenètre forsqu'on les battra pour enlever la poussière.La femme du chasseur intrépide.\u2014 Mais où est done votre vieux serviteur ?Le chasseur intrépide, \u2014 Il installe les tigres dans ma chambre.Je vais d'ailleurs le congédier, car il n'a plus ses cheveux blanes, La femme du chasseur intrépide.\u2014 Plus ses cheveux lances?le chasseur intrépide.\u2014 11 eut une telle frayeur le jour où nous avons chasse les tigres que ses cheveux sont devents complètement noirs.La voix du domestique ex-albinos, dans Je lointain.\u2014 Au secours! au secours! La femme du chasseur intrépide.\u2014 Ciel! Qu'arrive-t-il?Le chasseur intrépide, après dix minutes de réflexion.\u2014 Je comprends le motif de ces cris désespérés.Suis-je assez distrait, tout de méme! J'ai oublié d'enlever de ma chambre l'armoire à glace ordivaire qui s\u2019y trouve.Cellelà ne diminue pas les objets.Les fauves ont dit se regarder et, se voyant graudeur naturelle, ils se sont rappelé qu'ils étaient de véritables tigres.lls sont en train de manger mon vieux serviteur.Ça t'a pas d'importance, puisque j'allais le congédier.(IL allume une cigarette.) Rideau, \u2014:0: A l'examen des LOR, \u2014Quelle doit être la constante préoccupation d'un bon aspirant?\u2014Un bon aspirant doit constamment aspirer à refouler l'ennemi! \u2014C'est bien répondu! Comment vous appelez-vous?\u2014Lapompe, mon colonel, 115 - Quand pour venir en aide au vénéré \u201cdernier\u201d, On dépose en un tronc mon modeste \u201cpremier\u201d, L'on fait une oeuvre pie et des plus catholiques, Que méconnaissent seuls mécréants et sceptiques, Pour nous, qui voyons mieux et qui voyons plus loin.Nous savons que donner pour si noble besoin C'est conserver au monde, en conservant à Rome, Celui qu'à si bon droit le Saint-Père l'on nomme, Et par suite sauver la foi, la piété, En méme temps la paix et la société.Car qu\u2019adviendrait-il donc de notre pauvre terre, Vrai volean bouillonnant au menaçant cratère, Si cet homme y manquait?S'il y manquait, cet homme, avec lui manquerait Ce je ne sais trop quoi de moral et de sage Qui contient le méchant et pourtant le ménage; Ce quelque chose enfin, du nom de mon \u201centier\u201d, Sans lequel on verrait l\u2019action du foyer Comprimée à l'excès, surchauffant la chaudière, L\u2019envoyer en éclats de la belle manière.EXPLICATION DES CHARADES PARUES LA SEMAINE DERNIERE iz.Dé-daim.113.Oriflamme.114.Ecorce.:: PARC SOHMER :-: Ouvert tous les Dimanches à 3 hrs et 8 hrs P.M.ATTRACTIONS ET LA BANDE DU PARC ADMISSION, 10cts Théatre National Fr ancais Semaine dn 20 Septembre 1915 \u201cLE TRAIN NO 6\u201d DRAME EN 5 ACTES ET 8 TABLEAUX Toute la troupe de M.Julien Daoust est au programme.A LOUER UN TROISIEME ETAGE\u2014No 2681, rue Mance, (côté nord), contenant 4 pièces, améliorations modernes, appareils électriques, bouilloire à eau chaude, w.c, chambre de bain, etc.Loyer réduit.S'ADRESSER À A.P.PIGEON, 109 Ontario Est, ou TELEPHONES EST 1121 135 Av.Querbes, Outremont Vol.XXXVIII \u2014 No 47.LE CANARD, Montréal, 19 Septembre 1915.BR i Le Chasseur Héroi BR ue 24 \u2014Si c'est encore une histoire de chasse, déclara le gros Montravel, je préfère vous l'indiquer tout de suite: moi, j'aime mieux m'en aller! Et se levant pesamment de table, il alla décrocher son fusil et son carnier \u2014 vide, hélas! \u2014Montravel a raison! approuva le petit Ballenbois.Ce n'est pas pour faire de la peine aux amis, mais depuis que nous sommes à table (et nous y sommes depuis trois longues heures) chacun y est allé de son histoire cynégétique, à l'exception de Montravel et de mai, toutefois.\u2014De moi anssi! rectilia le brave commandant Deshotmol, [Et voilà pourquoi je ne veux pas que nus reprenions le fusil, à la poursuite de lièvres plus que problématiques, sans que je vous aie régalé de mon récit.Après tout, Montravel! Et vous, Ballenbois! sonne He empeche de votre! per- vous sortir la \u2014Au contraire! approuva le gros des chasseurs, une douzaine d'honnetes coum- merçants de la rue des Jeuneurs et des environs réunis, cet après-midi là, dans le bouchon du père Système, non loin de la chasse qu\u2019ils louaient en commun.\u2014-Allens, acquiesça le gros Montravel en revenant s'asseoir, je subirai eu- core celle-là pour montrer que je n'ai pas mauvais caractère.Mais après, je lève la séance! Il va étre quatre heures, et si nous voulons battre encore un peu la plaine avant la nuit.\u2014Courte et bonne: appuya le petit Ballenbois.Allez-y, commandant ! Le commandant Desbotmol (qui n'était d'ailleurs commandant que de ré- servel) se versa un verre d\u2019eau-de-vie de cidre, l'entonna et commença : SCENE D'AUTOMNE #3.AN Ala Histoire sans paroles.\u2014Faut d'abord vous dire, mes chers amis, que mon histoire de chasse 4 moi est plutôt une histoire de gibier.Je ne m'illusionne pas.Je connais mes capacités et vous les appréciez bien.Je n'ai jamais pu tirer un lièvre à plus de vingt pas, et comme les lièvres n'aiment ques beaticoup poser à cette portée de fusil, vous devez bien comprendre que j'aurais mauvaise grâce à poser devant vous au nemrod, \u201cSi je vous narrais vie histoire de chasseur Hhévreux, ardent et grand massacreur de plumes et de poils, vous me rigoleriez tous au nez.Et comme vous auriez raison ! \u201cNon.Mon histoire, ainsi que je vous l'ai indiquée d'ailleurs, est purement et simplemeut une listoire de gilher, Vous allez voir.\u201cC'était Fannée - dernière et j'avais été faire l'ouverture chez un vied aun à moi, ancien négociant, aujourd'hui retiré des affaires et avec qui nous avons pendant plus de vingt ane, fait le foulard.\u201cNaturellement mon ami étant riche.très riche et, étant prévenu que je rencontrerais chez lui l'élite de la société, je tins à ne pas me présenter comme un vulgaire et pauvre chasseur; je fils l'emplette d'une tenue magnifique.depuis les bottes jusqu'au carnier.Quand ma femme me vit partir reve- tu de ce somptueux équipement, elle commença par se rire de moi, \u2014 c'est si moqueur les femmes! \u201c\u2014Oh! oh! (t-elle, tu es Jeux! \u201c\u2014N'est-ce pas, poupoule?concedai- je modestement.*\u2014 Absolument merveilleux, reprit- elle.Et tu as un carnier! Oh! le carnier gigantesque! Large, profond, ample?II merveil- y a au moins la place pour un buifle la-dedams | *\u2014Tu croi \u201cJ'en suis sûre.Et dire que cela ue vit pas tlempecher de «douille ! \u201c\u2014Bredouwffie, moi?*\u2014Oui, hredouille, toi! \u201c\u2014Sophie! (na femme s'appelle Sephic) Sophie, je te parie une bague contre un baiser que je rapporte du gibier! \u201cA d'autres ! *\u2014Tieus-tu le pari, Sophie?\u201cTu vas perdre! *\u2014Je te demande; Tiens-tu le pari\u201d *\u2014El bien oui.pour voir.\u201cJe partis done.\u2018Quelle chasse, mes amis, quelle classe! De mu vie je n'ai été aussi arrosé! Il pleuvait comme vache qui pisse, et j'étais trempé jusqu'aux us et, de plus.transi de droid, rentrer hre- \u201cAvec ça, pas même un mmoineau à mettre en joue, Je déseapérais.\u201cMa femme avait eu du nez, elle! \u201cLe soir méme je reprenais le train pour Paris, ennuyé, le front soucieux à la pensé accueillir \u20ac des sareasmes qui allaient mon arrivée.\u201cMoi, l'homme qui devait rapporter du gibier, je rameu:tis un carmier vide! Et cela allait me coûter une bague, pardessus le marché.Vous m'avouerez que cela n'avait rien de folâtre, n'est-ce pas?\u201cSoudain ,en passant devant la boutique d'un grand marchand de volailles dont la devanture disparaissait sous un amoncellement de lièvres, faisans, poulardes, chevreuils, sangliers, ete.une idée me vint, \u2018Si je faisais perdreaux?Ouiemplette de quelques \u2014J'ose pas tirer, il pourrait partir !.\u2026 \u2018J'achetais trois perdreaux ot triomphalement j'opérai une entrée digne à la maison conjugale.\u201cll bien?fit ma feunne sareastique.Cette chasse?\"\u2014Cela à tres bien marche, répondis- je.Vois plutôt - \u201cFt j'exhibais à ses yeux mes trois perdreaux, \u2018Fille en fut littéralement médiisée.\u201c\u2014Ah! murmura-t-elle.\u201c\u2014lEmbrasse-moi donc! ordunnais-je.\u201cLille allait me sauter au cou quand une diabolique idée traversa sa cervelle.Et elle se mit à flairer ma pseudo-chas- se, *\u2014Ah! ricanant, ah! mon bonhomme! Fant raconter tes histoires à d'autres: moi, ça ne prend jus, \u201c\u2014Et pourquoi ça?\u201c\u2014Parce que tes perdreaux, pour etre tués d'aujourd'hui, sentent diablement le faisande ! \u201cLe rouge de la honte me monta au visage.Mais il était dit, tonnerre de mille bombes! que je n'aurais pas le dé- nwnti.stupéties s'exclama-t-elle en avec Dui, c'est Eh bien, poupoule, pardonne mon incongruité, ce ne sont pas les perdreaux qui le sentent, c\u2019est\u2026 moi! \u201c\u2014Le faisandé, repris-je.ça le faisandé.\u2026.\u201cMa femme tourna les talons et me fit une gritmace de dégoût.\u201cFt c'est ainsi que, héroïquement, je gagnais mon pari, conclut le commandant de réserve Deshbotmol, cependant que le gros Montravel bredouillait en rigolant dans sa barbe: - Ah! le cochon! le cochon! le goret!.\u201cMaintenant en route!\u201d CHEZ LES BETES Le lapin invalide.\u2014 Ayez pitité d\u2019un pauvre lapin estropié, l\u2019année dernière, par un chasseur maladroit. LE CANARD, Montréal, 19 Septembre 1915.Vol.XX XVIII \u2014 No 47.Le Canard Journal Humoristique Hebdomadaire, paraissant tous les dimanches.Publié et imprimé par A.-P.PIGEON, aux Nos 105-109, rue Ontario-Est, Montréal.Téléphone Bell: Est 1121.ABONNEMENT.\u2014 Pour la Ville, un an, par la malle, $2.50.Hors de la Ville, en Canada, un an, $2.00; six mois, $1.25.\u2014 Un an, pour les Etats-Unis, $2.50; six mois, $1.25.Strictement payable d'avance.TARIF DES ANNONCES.\u2014 Contrat pour un an: 1,000 À 2,000 lignes, qc lu ligne; 3,000 à 5,000 lignes, 3%4c la ligne; 6,000 à 10,000 lignes, 2c la ligne.Annonces à court terme: Première insertion, I0c la ligne; insertions subséquentes, sc la ligne, \u201cLE CANARD\u201d est vendu aux agents 48c la douzaine, payable strictement sur réception du compte, Les numéros non vendus ne sont pas retournables.Adressez toute correspondance ou envoi d'argent à \u201cLe Canard\u201d, Montréal, Montréal, 19 Septembre 1915 Moi, je me marie avec un Forest de lancés, disait la soeur d'Eva.* + * Est-ce que Blanche T.s'occupe encore de son vieux qui avait l\u2019habitude de l\u2019attendre tous les mardis au Théatre Français?ee Oui, mon vieux, les cattards sont ben facile à trouver d'etemps-ci.Ÿ en a une barge et un char.il s\u2019agit de savoir faire son choix, mais un choix égal en qualité et en quantité.*.Madame NXX, dont le mari est télégraphiste, qui a reçu un \u201cpapier de cour\u201d pour la faire paraître comme témoin dans une action en séparation de corps et âme, n\u2019est pas contente parce que son mari va avoir le nez au vent.maintenant.* * * Ein deutscher Acroplan flog gestern ûber Paris und warf fünf Bomben.Zwei Frauen wurden verwundet, Die Schlachtlinie reicht derzeit von Amiens lings der Somme bis zur Meuse unterhalb Sedans.Es wird in Paris offiziell zugegeben, dass der linke franzôsische Flügel gezwungen war zurückzuweichen.Herr Pichon rät die Japaner auf- zufordern, den Verbündeten in Luropa zu helfen.Ah! bonguinne.j'vous d'mande ben pardon.je m'pensais chez I'Kaiser où j'avais l'habitude de diner avant qu'il fasse son frais-scié.j'barbot- tais dans l'allemand.Voici la traduction pour ceux qui ne connaissent pas le latin de germania: Un aéroplane allemand volait sur Paris hier et lançait cinq bombes, blessant deux femmes.La ligne de bataille maintenant s\u2019étend de près d'Amiens, le long de la Somme, à la Meuse en deça de Sedan.On annonce officiellement à Paris que les lrançais ont été obligés de céder du terrain à leur gauche.M.Pichon suggère qu\u2019on fasse appel aux Japonais à aider les alliés en lu- rope, CHASSE AU LOUP \u2014l'aut tirer encore une fois, monsieur, il n'a rien entendu.Dans mon village, un jour, le tocsin sonne.Je crie: \u201cAu feu!\u2019 sur le champ, comme un fou.\u201cOh! ce n\u2019est pas le feu mais bien le loup!\u201d Me dit quelqu'un.\u2014 Où ça?\u2014 Chez la baronne, Dans la forest que vous voyez là-bas.C'est un fléau, tant il fait de dégâts! On ne sait plus le nombre de ses crimes.Ce maudit loup dépeuple le canton: Quatre dindons, deux poules, un mouton, Ce matin même ont été ses victimes.Si le berger ne s'était pas sauvé, Sans aueun doute il l'aurait enlevé.Quels noirs forfaits! Ces loups n'ent font pas d'autres! Nous le traquons.et vous êtes des nôtres?\u201d, Nous étions dix des plus déterminés, Aux grands exploits tous dix prédestinés! L'occasion était des plus propices, lt nos grands coeurs, doublés d'un bon fusil, Accoutumés à tous les sacrifices, Ne demandaient qu'à braver le péril.Suivis des voeux de la commune entière.Enthousiasmés, nous partimes pas.Chemin faisant, pris d'une ardeur guerrière, Un grand gaillard me racontait tout bas Qu'étant pompier, il avait dans les flammes Pensé périr, en secourant deux femmes.Un autre avait, au risque de sa pean, Gagné la croix en sauvant son drapeau.Pas un qui n\u2019eût vu au moins trois batailles, Qui n\u2019eût au moins repéché cinq noyés; Le plus vaillant, tout couvert de médailles, Nous raconta tant d'exploits variés, Nous montra tant de nobles cicatrices, Bref, étala tant d'états de services, Qu'on lui promit la peau du louveteau.Or, à cent pas à peine du hameau, L'un de nous dix (c'était l'homme aux médailles).Palit soudain, puis, s'arrétant, se plaint D'un mal subit qui trouble ses entrailles.Du meme mal un deuxième est atteint.Il se trouva qu'un autre en sa demeure Avait laissé cartouches, foudre et plomb.\u201cAllez toujours, ce ne sera pas long.Nous vous joignons, disent-ils, tout à l'heure!\u201d Bref, au moment de charger nos fusils, Taut compte fait, nous n\u2019étions plus que six.os Notre valeur n'en était pas moins grande! Ce que voyant, le plus fort de la bande Pensa tout haut que six, c'était beaucoup Pour attaquer un misérable loup! \u201cSi nous n'allions que trois à sa tanière?Seul contre trois ile n\u2019échappera guère.Si le danger doit en être doublé, Notre courage en sera décuplé, Et nous aurons cent fois plus de mérite.\u201d Puis, souhaitant bonne chance, il nous quitte.ee ve es ll ne fut pas le seul de son avis: De tels conseils seront toujours suivis! Mais, en partant, ils nous encouragèrent À bien viser.En outre, deux jugèrent Fort peu prudent de s\u2019embarquer à jeun.Par quoi, bientôt, nous ne fûmes plus qu\u2019un.Eu arrivant au bois de la baronne, Foi de G ascon, nous n'étions plus personne! Vol.XX XVIII \u2014 No 47.Et tandis que le train filait a travers les plaines rôties par le soleil, qui s\u2019étendent de Montpellier à Palavas, Campistrous, fièrement appuyé sur son fusil, nous dit avec un bon accent du Midi, tout vibrant de résonances métalliques: \u2014Oui, messieurs, vais encore chasser de Baillargues, dans ses terres de Vic; mais il ne m'y prendra plus comme l'année dernière, té! non, non, il ne m\u2019y prendra plus.\u2014I1 vous y a pris, l'année dernière?demandai-je avec intérêt.\u2014C\u2019est-à-dire qu\u2019il à essayé de m\u2019y prendre, le pauvre, mais ça n'a pas pris parce que, voyez-vous, celui qui prendra Marius Campistrous, de Nimes, eh Lien, celui-là sera un malin, le malin des malins! \u2014Je n\u2019en doute pas.\u2014Il faut dire que tous les ans nous allons faire l'ouverture chez Baillargues, dans sa sale bastide, à Vic-Mi- reval.Il y a là Césaire, Montaren, Generac, Bessèges, Robiac, Marsillargues.\u2014Jolis noms! fis-je en m'\u2019inclinant.et en me rappelant l'observation de Daudet sur ces noms extraordinaires qui ont l'air d'ètre vomis par la gueule d'une escopette.\u2014Mais, continua Campistrous en puisant une prise dans sa tabatiére, ce ne sont pas des chasseurs sérieux.Pour vous rouler proprement un lapin, faire coup double sur une compu- gnie de perdreaux rouges, ou vous abattre un râle par le coup du roi, il n'y a encore que Marius: et le soir, quand, revenus à Vic, on comptait les pièces au tableau en faisant des tas séparés sur le perron, savez-vous, mon pitchoun, qu'est-ce qui était toujours, vous entendez, toujours le roi de la chasse?\u2014Je m\u2019en doute.\u2014Vous vous en doutez \u2014 houndic! \u2014 je vous crois, meme que ça faisait rager Daillargues qui y mettait une bête d'amour-propre de propriétaire.Alors l'an dernier, quand j'arrive à sa bastide, il me dit: \u2014Ah! pauvre Marius, cette fois, je ne pourrai pas te donner la chambre bleue au rez-de-chaussée; elle est prise par tante Olivette qui a sa sciatique et qui ne peut monter l'escalier.mais tu auras la chambre jaune au premier.et tu y seras très bien.\u2014Elle est fraîche?demandai-je.Si elle est fraiche! C'est-à-dire que c\u2019est la plus fraiche de toute la maison, Elle est entre deux corridors.\u2014Bien, dis-je.Et je montai dans la chambre jaune \u2014 un jaune d\u2019un ton horrible! Pécaire! mais ce Baillargues n'a pas de goût! D'ailleurs, la casc était fraiche avec ses deux corridors, ses volets pleins et son rideau métallique pour s'opposer à l'action des mouches.Entre nous, les mouches c\u2019est encore cette année je chez cet animal AD > ICO MU Er Eu Cu Dee eu CSSS SOS OS SES IS ERE SRE RS SSD LE CANARD, Montréal, 19 Septembre 1915: ES EES avec les lapins le gibier qui pullule le plus à Vic-Mireval.Si je tenais a la fraicheur, c\u2019est que, moi, pour bien chasser, j'ai absolument besoin d'une bonne nuit.Si je dors mal, le lendemain je suis nerveux, le duigt tremble sur lu gâchette, et alors adieu le coup double et le coup du roi.Je tire comme une mazette.1] le savait bien, Baillargues, et Generac aussi le savait, ainsi que Lessèges et Marsillargues.\u2014Enfin, tout le monde le savait.\u2014Oui, tout le monde le savait, ct c\u2019est pour cela qu\u2019ils ont fait le complot.Dong, le soir on mange bien, ou boit bien; on accommode les oursins chez Daillargues avec une certaine sauce au safran! lt on les arrose d'un petit vin blanc de Quissac qui gratte: un peu, mais est agréable; là-dessus, après avoir taillé une bavette avec tante Olivette qui déraisonne, la pauvre.on va se coucher.Je m'installe dans la chambre jaune, je prépare ma cartouchiére pour le lendemain, je graisse mes souliers PIRATES pan PSE ER ESS BEST UNE NUIT DE CHASSKE EH Mais voici qu'on frappe de nouveau à la porte.\u2014Entrez! Cette fois, c'était le grand Césaire qui me priait à son tour de pardonner la liberté grande, mais nécessité n\u2019a pas de loi! \u201cQue le diable vous enlève!\u201d ripostai-je en me retournant avec rage dans la ruelle.Mèine come- die.Puis à la queue leu-leu, c'est Bessèges, puis Robiac, puis Marsillargues \u2014 tous en bannière \u2014 tous répétant la même chanson, s'excusant sur le maudit vin de Quissac, et espa- cant leur arrivée de quart d'heure en quart d'heure.J'avais bien envie d'aller pousser le verrou de la porte de gauche, mais j'étais retenu par l'humanité; et puis, dans mon demi-sommeil, je me disais: \"Si je me lève, si je me réveille tout à fait, c'est fini, ma nuit est perdue.Pourtant un doute me vint, Comment ces gens-là étaient-ils malades d'un commun accord, alors que moi je ne l'étais pas! Ce n'était pas naturel, té! Cette idée me lancine, me tra- \u2014C'est drôle, plus je vous regarde et moins je vous trouve l'air d'un chasseur.Au fait qu'avez-vous donc déjà tué?\u2014Le ver.moi-méme au suif de Marseille, et je m'endors en révant que j'abattais tout le gibier de Baillargues.Je ve- tais à peine de fermer l'ocil, lorsque j'entends frapper à ma porte du côté du corridor de gauche.\u2014Entrez! C\u2019était le gros Montaren en caleçon, avec une bougie à la main, Il est horrible, Montaren, en caleçon.Vous ic pouvez pas vous figurer, mon bon.\u2014Pardon de vous déranger, mon cher Campistrous, mais il paraît qu'l faut passer par votre chambre pour aller au.retiro, et ce satané vin de Quissac m'a rendu un peu malade.\u2014Faites! faites! répondis-je humeur.Montaren passe avec sa chandelle, ouvre la porte du corridor de droite.reste quelques minutes absent, puis repasse, toujours avec sa lumière qui vacillait, ouvre la porte de droite, s\u2019excuse, ct enfin disparait par la porte de gauche.Bon! Tout cela m\u2019avait réveillé, mais enfin, il faut se faire unc raison et j'arrive à me rendormir.avec vaille le cervelet; bref, je me lève à mon tour, ct je vais inspecter le corridor de droite qui conduisait au re- tiro.Eh bien! tonnerre de Marseille! je vous le donne en mille, mon pit- choun! Pas l'ombre de retiro! C'était une farce.La seule pièce était un de- barras où l\u2019on rangeait les olives.Tous ces mécréants faisaient sen- blant d'être malades pour le simple plaisir de me réveiller.Ils posaient un moment dans la chambre aux olives, puis ils reparaissaient comme des gens soulagés.Alors, quand Generac s\u2019est présenté à son tour, je l'ai laissé entrer, puis, quand il a été passé, j'ai refermé Ia porte de droite à double tour et je l'ai laissé là toute la nuit.Té.\u2014Mais vous, mon pauvre monsieur Campistrous, vous n\u2019en aviez pas moins passé une nuit déplorable! \u2014Pas moins, comme vous dites, d'autant plus que Generac a passé le reste de son temps à jurer et à envoyer des coups de pied dans la porte.Aussi, le lendemain matin, quand ff fe) J'ai voulu partir, jai bien senti que j'avais la fièvre, et que j'allais tirer comme une savate.Baillargues, frais, reposé, me regardait d\u2019un air goguenard.Alors, qu\u2019ai-je fait\u201d J'ai laissé le fusil au râtelier et j'ai pris simplement ma tabatière et une grosse pierre trés dure dans mon carnier.Si vous les aviez entendus rire! Vous ne savez pas, mon pitchoun, comme on rit dans le Midi, quand on se met a rire! Les vitres tremblaient.Moi, je les laissai rire, té! Et je pars tout seul, de mon côté, les mains dans mes poches.Le lung de la cote de Vie, au milieu des ajoncs, il y a beaucoup de terriers, Je savais que les lapins du Midi sont trés friands de tabac a pré- ser.Aussi je plagai devant le trou du terrier ma grosse pierre et sur cette pierre une forte pincée de tabac: pu's je me cachai derrière un buisson de romarins et j'attendis.Peu de temps après, à l'entrée du terrier, je vis apparaître un gros lapin, Avec son nez mobile.il renifla avec amour mon tabac, mais celui-ci produisit immédiatement son effet, hagasse! et paf! le lapin éternua si fort, si fort qu'il se brisa la téte contre la pierre dure, et je n\u2019eus plus qu'à le fourrer tout étourdi du choc dans mon carnier, Je répétai cette expérience devant tous les terriers que je rencontrai, et la chasse dura tant que j'eus des munitions, c'est-à-dire du tabac dans ma tabatière.Le soir, J'accusais encore vingt-sept pièces au tableau, et, à la grande fureur de Baillargues.Bességes, Robiac, Césaire et Marsillargues, j'étais encore proclamé roi de Ja chasse.\u2014Et Generac?Quest devenu Generac que vous aviez enfermé dans la chambre aux olives?\u2014Generac?Té! il y est encore! \u2014Monsieur, dis-je poliment à Campistrous, je crois à votre histoire parce que nous approchons de Palavas et que vous me la narrez avec l'accent marseillais \u2014 ce qui est énor- peut-être me \u2014 mais si vous me la racontiez seulement dans la plaine St-Denis avec l'accent de Pantin.et bien! je vous avoue que j'aurais des doutes.RICHARD OMONROY.:0: Ce sont les dépenses extravagantes et insensées, c\u2019est le pillage des fonds publics qui font le plus beau titre de gloire du ministère actuel.En vérité, M.Borden et ses collègues dépensent royalement.Tls jettent sans compter des centaines de milliers de dollars sur des travaux d'utilité fort douteuse \u2014 mais avantageux au point de vue du parti.N'oublions pas que les dépenses nationales ont doublé depuis que la nouvelle administration est arrivée au pouvoir. LE CANARD, Montréal, 19 Septembre 1915.Vol.XX XVIII \u2014 No 47.ECHOS et POTINS M.Filion a toujours le rire ouvert, à discrétion.\".M.Godeau tient, lui aussi, à fin sourire.sou * * * Phrase célèbre: \u201cQue joue-t-on la semaine prochaine?\u201d «se M.Charles Dupuis, vice-président de la maison Pathé lrères, était de passage dernièrement à Montréal chez M.L.E.Ouimet, représentant de la grande compagnie française.2\".M.Armand Robi est un des directeurs de la Compagnie d'Appareils Automatiques Limitée.* * = Plus les théâtres sont petits.les potins y sont grands.\".Un mot terrible d'une de nos plus bruyantes cabotines.Elle vit aves XXX quelle a en horreur et qu'elle supporte en raison surtout des énormes dépenses qu'il fait pour elle, peut - être aussi un peu de la crainte qu'il lui inspire.Comme on lui parlait de l'amour qu'elle avait pour lui: \"Moi, dit-elle, je l'abomine.C'est au point que la nuit quand je me réveille à coté de lui, je le tate pour savoir s'il n\u2019est pas enfin froid\u201d.» * * 11 semble bien qu'on ait, à l'heure actuelle, construit assez de théâtres cinématographiques dans les grandes capitales pour satisfaire le goût du public.Londres n'en contient pas moins de cinq cents.Mais c\u2019est à New-York, surtout, qu\u2019ils sont en plus NOS ARTISTES \u2014 .M.Tremblay, du National, abondance.Une enquête récente a prouvé qu'il y en avait 850 dans la cité américaine, et une rue, la Troisième Avenue, en possède à elle seule 37.11 y en a 28 dans Broadway et dans une autre rue, trois \u2018cinémas se suivent, et il y en a un juste en face, :0: THEATRE NATIONAL FRAN- CAIS \u201cLe Train No 6\" Grace a M.Julien Daoust.Montréal verra la semaine prochaine au théâtre National l'un des plus céle- bres drames qui aient jamais été écrits en français \u201cLe Train No 6\".C\u2019est à coup sûr une agréable surprise que nous ménageait M.Daoustet le publie saura l\u2019en récompenser en se rendant en foule à ces représentations qui promettent d'être magnifiques.Cette pièce en 5 actes et $ tableaux, dans laquelle le côté comique alterne avec la partie dramatique.est bien faite pour plaire: il y a surtout un tableau qui ne manquera pas de faire sensation: le passage d'un train complet filant à toute vapeur et la catastrophe qui s\u2019en suit.Toute la troupe de M.Julien Daoust est au programme et on applaudira à tour de rôle, dans l'ordre de la distribution: MM.Valhuhert.Barry.Tremblay, Leclaire, Hamel.Pelletier, Villeraie, Godeau.Léo.Dauriac, etc\u2026 et Mmes Devoyod, Robert, Nella Ouellette.Demons.Rose- Alma, ete.On nous informe que M.Julien Daoust est à mettre la dernière Min à Une pièce qui fera sensation: nous en reparlerons, :0: CANADIEN-FRANÇAIS M.Robi nous offre une grosse primeur pour la semaine prochaine, en mettant à l'affiche \u201cMiss Helyett\u201d, l'opérette d'Audran, le plus grand succès de Paris, il y a quelques années.Cette oeuvre exquise a été traduite dans toutes les langues et elle a été jouée des milliers de fois, dans toutes les parties du monde.Il n\u2019y a qu\u2019à Montréal que nous ne l'avons pas encore entendue, pour la raison bien simple que nous n\u2019avons pas eu d'opérette depuis 20 ans au moins.Nous ne saurions trop féliciter M.Robi de son initiative, surtout quand on nous apprend que cette opérette sera montée avec tout le luxe nécessaire de décors et de costumes et qu\u2019il y aura même le corps de ballet au complet, avec Mlle Russ comme danscuse étoile.Toute la troupe est au grand complet et la dis- Une FABLICHONNERIE par Semaine par GEORGES GILLET CHASSE AUX OURS De jolis petits ours, bien léchés, gracieux, Grandissaient confiants, joyeux, Dans leur tranquille solitude, Quand, un matin, leur mère avec inquiétude Leur dit: \u201cMes chers enfants, il faut fuir ce pays; Je viens d'apercevoir des chasseurs ennemis.Hs ont de bons fusils; ils nous prendront pour cible.Demeurer en ces lieux ne nous est plus possible.Adieu, charmant séjour; adieu, site paisible Où je vous ai vus naître, où nous vivions contents! Le bonheur ici-bas ne dure pas longtemps.Hâtons-nous! Car déjà nos bourreaux nous entourent.Demain serait trop tard!\u201d A ce discours vibrant Sans perdre une minute, effarés et pleurant, Les beaux petits oursons partirent en courant.MORALITE Les beaux oursons courent! tribution comprend Mmes Simonne Lar- latier-Rivière, Thérèse D'Orgeval, Roberval, Dubuisson, Danjou; MM.Rudolf, Pellerin, Delville, Robi, Cauvin, ete, ete.Quant à la musique, elle est exquise et M, Miro saura nous en souligner toutes les beautés avec son excellent orchestre et ses choeurs qui chantent.l'intrigue de \u2018Miss Helyett\u201d est tordante au possible, tant par les situations que par le dialogue.:0: PARC SOHMER Les plus difficiles cux-mémes ne sauraient être satisfaits de l'excellent programme que nous offre la direction, pour les deux représentations de\u2019 demain, après-midi et soir.Il y a d'abord la troupe Great Santell, se composant de trois hercules jonglant de façon merveilleuse avec des boulets de canon, ce qui est Lien d'actualité; puis les trois soeurs Anderson, qui dansent à la corde et font des tours d'acrobatie, tout en changeant de costume; c'est un très chic numéro; les Westons Models excellent dans le genre poses plastiques de dix différentes manières, dans un cadre spécial avec décors ad hoc; c'est la première fois qu'on verra un tel numéro sur la scène du Pare, Leclair, Sampson & Cie sont des acrobates bouffes d'une grande force et qui ne manquent pas de faire rire.Les deux Mathews sont des virtuoses du banjo et savent jouer même du classique.Bernard et Finity, deux jeunes garçons, sont des chanteurs et danseurs hors ligne, et l\u2019un d'eux, Finity, n\u2019est pas seulement comédien, mais c\u2019est un des meilleurs danseurs des Etats-Unis.A part ce programme de vaudeville bien nourri, il y aura le concert de la musique du Parc sous la direction de M.Vandeermeerschen, qui a préparé des numéros qui ne manqueront pas de faire sensation, À cause de la belle température, il y aura aussi concert sur la terrasse par l\u2019orchestrophone et illumination, Les Commandements du Chasseur Sans rechigner tu sauteras De ton lit matinalement, Dans les champs tu t'échineras Jusqu'au soir inclusivement, Beaucoup de chasseurs tu verras, Mais de gibier aucunement.L'oeuvre de mort n'accompliras Que dans tes rèves seulement, Les poulets tu respecteras Ainsi que les chats mémement, Le chien d'autrui tu ne prendras l\u2019our un lièvre devenu grand, Ton camarade tu tueras Le moins possible assurément, Ton fusil tu déchargeras En revenant soigneusement, Vers huit heures tu rentreras Ancanti complètement, Et chez toi ne rapporteras Qu'un moineau mort d'isolement.\u2014Vous avez fait bonne chasse?\u2014Non, mon arme repousse.\u2014Repousse le gibier? Vol.XXXVIII \u2014 No 47.LE CANARD, Montréal, 19 Septembre 1915.\u2014.Une compagnie de perdrix étonnante.On aurait cru un nuage.J'épaule ct je tire.Un coup, deux coups, trois coups, quatre coups, cinq coups, six.\u2014Tu ne rechargeais done pas?\u2014Je n'avais pas le temps! Le Bon Chasseur Fabien, le bon chasseur, entra.11 n'avait reconnu a travers les vitres.Et, quittant ma table, mes amis, je me précipitai au-devant de lui, à la fois étonné et ravi de le voir dans la capitale.Ravi, parce que rien ne pouvait m'é- tre plus agréable, à moi, paysan exilé, que la rencontre de ce solide compagnon, jeune malgré ses soixante ans, et de si fière mine encore, avec sa peau tannée au grand air, ses moustaches de Palikare, sous le costume de chasseur, en velours d'une simplicité tout ensemble noble et rustique, qu'il ne quittait jamais, même pour venir à Paris.Etonné, parce que, à ce moment, la chasse étant ouverte, je le voyais plutôt en train, amateur de coups de fusil raitinées, soit de traquer au pays de Samargue, dans les étangs, le long du fleuve, le castor et le flamant rose, soit de tirer les grands oiseaux à balle franche sur les sommets de Lure, endroit bizarre où toute végétation s'arrête et où l'on ne voit plus, en fait d'êtres vivants que des aigles et des jean-le- blanc, lesquels se nourrissent de vipères, et des viperes lesquelles se nourrissent d'une sorte de grillons noirs qui pullulent à ces hauteurs; sans qu'on ait jamais pu savoir de quoi, au milieu des sèches pierres calcinées par le soleil.corrodées par la neige blanche, et sonores comme de vieux os, les grillons, à leur tour, se nourrissent.Ou, plutôt, Fabien n'arrivait-il pas, je n'y songe que maintenant, de guetter le coq de bruyère, sous les centenaires sapins largement étalés et pleurant la résine qui assiègent en colonnes d'assaut, les abrupts contreforts des Alpes dauphinoises.Mais je n\u2019eus pas le temps de l'interroger.Broyant mes doigts dans sa forte main poilue, décorée d'une lourde bague à camée, dont la pression, d'ailleurs amicale, estampilla mon épiderme d'un profil de César romain, et me plongeant jusqu'au fond de l'âme l'interrogation de ses bons gros yeux bleus et doux, aux paupières fripées un peu, où soudain perla une larme: \u2014Mon mari aime le danger, il ne chasse que la grosse bête.\u2014Ah* mon Dieu! Vous n'avez pas peur qu'il se blesse?= \u2014Tu us eu la nouvelle\u201d me dit-il.Je ne savais pas la nouvelle, mais je feignis de la savoir.J'eus tort, certainement, la chose ne tt'arrivera plus.Et, pour éviter des explications inutiles, comptant aussi qu'au cours de la conversation, Fabien me renscignerait à tout hasard, je répondis, affectueux et pénétré : \u2014Oui, mon cher Fabien, et tu peux croire.\u2014Ah! ça été pour moi un rude coup, interrompit-il = aussitôt en me broyant les doigts une fois encore; mais as- sevons-nous et prenons une absinthe.Après ces douze heures de voyage, seul à seul avec mes pensées, j'ai besoin, grand besoin, d'épancher mon coeur dans un coeur d'ami.Puis, le garçon appelé, le plateau servi, les absinthes battues : \u2014 Voilà! reprit Fabien, depuis l'événement, c'est-à-dire depuis je ne sais combien de semaines et de mois, j'étais resté comme stupide, me désintéressant de tout, n'ayant plus de goût à rien, oui! le croiras-tu, pas mème à la chasse.Alors, on m'a conseillé de voyager, de me distraire.Cet excès de douleur me surprenait un peu.Non pas que Fabien fût un mauvais coeur.Mais je le savais d'esprit changeant, un peu cnfantin, sorte de gros panier percé où les sensations ne tenaient guère.\u2014Tout un drame! soupira Fabien.Et je me demandais, pour que le souvenir lui en restât si cuisant à si longue distance, quel drame avait bien pu bouleverser la vie de tranquille égoisme que Fabien s'était organisée.Vous saurez donc que Fabien possédait pour seule famille un frère, vieux garçon comme lui, et une soeur demeurée veuve.Ils vivaient tous les trois, tantôt à leur maison de ville, tantôt sur leur terre des Clapeyrolles, braves gens un peu maniaques cet que chacun d'ailleurs estimait.Lequel était mort, du frère ou de la soeur, et surtout dans quelles circonstances?Car évidemment, c'était de la mort de l\u2019un ou de l\u2019autre qu\u2019il s\u2019agissait.J'attendais, sur une prudente réserve, que Fabien, tout en se désolant, me l\u2019apprit.\u2014En somme, voilà trois fois que tu rentres bredouille?\u2014Comme tu exagères, aujourd'hui j'ai vu un lapin.\u2014Non! reprit-il, juge de mon emotion, quand, l'ayant laisse la veille, aussi bien portant que toi et moi, J'ouvre ma porte au petit jour et je le vois étendu dans la neige.\u201cJe le vois,\u201d avait dit Fabien, \u2014Bon! pensai-je, un point est acquis.H s'agit du frère.Allons-y, je puis me lancer.Et, me composant une figure de circonstance, avec le geste et le ton commandés : \u2014Que veux-tu?nous summes tous mortels, et à son âge.En effet, le frère de Fabien, fort gourmand, gros mangeur et de complexion apoplectique, avait bien pu mourir ainsi d\u2019une attaque subite, aux Clapeyrolles.Et cette circonstance qu'on l'avait trouvé dans la neige, le matin, abandonné sans secours, me faisait déjà mieux comprendre l'excès de douleur du bon Fabien, lequel, intérieurement s'accusait sans doute de quelque négligence.\u2014Par conséquent, insinuai-je, car je ne voulais pas me hasarder de trop, le malheur serait arrié pendant la nuit?\u2014Oui! pendant la nuit du 15 décembre, une nuit terrible.Mais on ne t'a donc pas écrit les détails?Alors, tu ne sais pas, tu ne sais rien.Et dire que c'est moi la cause! Dire que moi, de mes mains, de mes propres mains, croyant régler le compte d'un loup, qui chassé hors des bois par le froid et la faim, venait chaque soir, rôder autour de la ferme.Mais, pardon l'émotion m'étouffe.\u2014Voyons, du calme, Famien! Fabien ne m'écoutait pas.Fabien demeurait immobile, la téte dans ses mains, ravalant des sanglots; et je me figurais cette nuit terrible! Fabien embusqué aux Clapeyrolles pour tuer le loup, Fabien entendant du bruit, tirant au jugé sur une ombre, ne voulant pas sortir avant l'aurore, par prudence, car la prudence chacun le sait, est la première qualité du chasseur comme du héros, puis le matin, au petit jour, trouvant dans la neige, au lieu de la bête morte.Autour de nous, le café avait fait silence, et tous, anxieux, attendaient.Intéressé moi-même au plus haut point : \u2014J'ai un chien de chasse épatant.L'autre jour, je tire un moineau, et il m'a rapporte um poufet XL \u2014Ainsi, ce malheureux coup de fusil?.\u2014Qui parle de coup de fusil?s'écria Fabien soudain réveillé, puisque c'est uvec des saucisses.\u2014.\\vec des saucisses?\u2014Eh! oui, des saucisses à la strychnine que j'avais, hélas! préparées, pour le loup en question, d\u2019abord, et, le cas échéant, pour le renard et pour la fouine, car, avec loute cette puante sauvagine, impossible, aux Clapeyrolles, de rien avoir à soi.Le drame, peu tuait.Je voyait, maintenant, le frère de Fabien demeuré un soir, ains que la chose lui arrivait, seul aux Clapeyroiles, habitation isolée où, parfois, manquaient les provisions; je le voyais trouvant quelque part, dans un coin, ces appétissantes saucisses, les grillant lui-mé- me à la cuisine.Seulement, je ne m'expliquais pas bien qu'empoisonné ainsi, au lieu de demander secours, par exemple, aux fermiers, il fût allé mourir dehors, dans la neige.Un dernier accès oc Fabien mit un terme à mes perplexités.à peu, se reconsti- \u2014S'il n\u2019y aurait pas de quoi se brûler la cervelles! s'écrieent-il, ému sincèrement et versant presque de vraies larmes, quand je pense qu\u2019un si bon chien.\u2014Un chien! IL s\u2019agit done d'un chien?\u2014Eh! oui, Ourson, ce pauvre Ourson, lequel, innoceniment, l'ayant découverte aux creux d'un sillon, mangea pour son malheur une des saucisses par moi jetées.Tu le connaissais bien Ourson?Jamais plus on n\u2019en reverra le pareil! Ourson qui, sans le casser, pendant des 10, 20 kilometres, portait un oeuf frais dans sa gueule; Ourson, enfin! car, tu le sais, il ne lui manquait que la parole! Et encore, ajouta Fabien avec une conviction désormais comique, encore, la parole, il l'avait.Sur ces mots, Fabien se tut.Pour nous remettre de tant d'émotions, nous primes une deuxième absinthe.Ee le soir, après un diner joyeux, mélancoliquement, devant un autre café, consolés un peu, attendris encore, nous parlions.le bon chasseur et moi, des vertus sans nombre et de la fin tragique d'Ourson.Paul ARENE. LE CANARD, Montréal, 19 Septembre 1915.Vol.XXXVIII \u2014 No 47.| La Chasse à l'Homme Une chasse est ouverte dès le mois d\u2019avril en Angleterre, faisant résou- ner dans les bois les appels joyeux des chasseurs et la voix sonore des chiens.Disons tout de guite qu'il s\u2019agit d\u2019une chasse à l'honune, oui, à l'homme, non pas comme vous pourriez le croire, de quelque malfaiteur qu'on traque, de quelque chemincau qui se terre ou de quelque pauvre diable sacrifié à de sanguinaires divertissements, mais d¢ un homme du meilleur monde.souvent titré, mnis à la dernière mode.11 prend son rôle de gibier de la plus sérieuse façon et n\u2019a qu\u2019un but: dépister la meute.Jeux de fous! penserez-vous peut- être.Au contraire! Jeux de sages, aimant le grand air, la belle nature et les be- tes de race, Les Anglais \u2014 admirables éleveurs \u2014 ont su, à grand'peine, conserver une merveilleuse race de chiens qui se perdait, le: \u201cbloodhounds\u201d, célé- bres dans les fastes de la vénerie.lls sont d'origine française et, sous Louis XIII, portaient le nou de \u201cchiens de St-Hubert\u201d.Peinés de voir une si belle race disparaître, des sportsmen anglais s'émurent, retrouverent quelques \u201cty pes\u201d irréprochables, les croiscrent habilement et refirent des meutes.Ils se Mirent tout exprès eu club et l\u2019on vit de solennels équipages, comme ceux de MM.Sloker, Leestone Smith, Sunderland, Oliphant.Les bloodhiounds sont des betes admirables, noires, trapues, ardentes, d'un courage infatigable, chassant toute espèce de gibier, avec un odorat d'une subtilité qu\u2019on ne connait à aucune autre race de chiens.On pensa alors à donner à ces animaux de chasse qui étaient le mieux doués, le gibier le plus difficile, à l\u2019odeur la plus fugitive.11 y avait quelque élégance dans ce tour de force.Sans broncher, ils l'accomplirent, et un sport nouveau naquit voici une huitaine d'années, qui, tout de suite, connut la vogue.Et c'est ainsi qu'aux beaux jours, certaines personnalités de la plus haute socièté anglaise se livrent chaque année avec ferveur à cette étrange chasse: la chasse à l'homme aux chiens courants.L'homme désigné pour être gibier part avec unc avance de deux à cinq heures, suivant la force du vent.Avant de partir il est allé vers les chiens, les a flattés de la main et leur a fait sentir son veston.Point de parfum de coquetterie.Il ne faut ni héliotrope ni patchouli.Chaque individu a son petit \u201cfumet\u201d personnel.Tout à l'heure la meute s'élancera, bruyante, sur la trace, donnant de la voix.Derrière, les chasseurs suivront à cheval, en bicyclette, en auto même, cortège joyeux ct intrépide.car les chemins seront peut-être difficiles, Pendant ce temps le \u201cgibier\u201d, par tous les moyens, s'efforce de gagner du terrain en dépistant les chiens qui le cherchent.Les conditions atmosphériques l'y aident parfois.Il a mille ruses: tantôt il grimpe dans un ar- | bre, fait des bonds ou des zigzags compliqués; tantôt il se mêle à des gens qui passent, entre dans des maisons.Mais les bloodhounds sont des malins qui ne se laissent pas refaire.Le nez bas, ils quétent, démélant la trace au milieu de cent autres, ne se trom- paut pas aux lacets de route, n\u2019hésitant guère.Ils prennent leurs retours d'eux- mèmes sans qu'on ait à les diriger.Les piqueurs n'ont pas besoin de les encourager de la voix ou du fouet.Il est rare qu'après douze à vingt kilomètres, soit quarante à soixante minutes, ils n\u2019aient pas retrouvé leur honnne.A mesure qu'ils s'en rapprochent, celui-ci redouble d'ingéniosité et de gymnastique.On en vit, bons nageurs, qui entraient dans l'eau d'une rivière, pour repartir très en aval ou en amont.Infailliblement, à la fin, le \u201cgibier\u201d est pris, serait-il caché dans une maison ou au milieu de la foule d'un marché.À Thallali, point de curée.Les bonnes bêtes, très douces, une fois le but atteint, jappent de plaisir mais se gardent de mordre, comme conscientes de travailler pour la gloire et de faire de l'art pour l'art.Un repas joyeux, au soir, réunit chasseurs et chassé, celui-ci présidant la table, est tenu au dessert de raconter, en un \u201cspeach\u201d aux dames, ses émotions.Le Bloodhound Club que préside excellemment le marquis de Linlithgow, est fier de ce sport pittoresque qui ne rencontre que des succès.Il à organisé dans les vastes plaines entourant la ville de Salesbury de solennels concours et les jolies Anglaises commencent à raffoler de ce jeu bien vivant et sans danger.Peut-être, par ces temps d'entente cordiale, cette vogue passera-t-clle l'eau pour rendre aux bloodhounds jadis français leur vieux nom de Saint-Hu- bert.Et il ne sera pas banal de voir certains jeunes gens \u201cà la mode\u201d se faire courir dans les bois de Marly ou de Rambouillet! Tireur Epatant | Tonton, tontaine, tonton !.\u2026.Voici revenue la saison des chasses.À cette époque de l'année, les cynégêtes parisiens d'autrefois graissaient leurs bottes, fourbissaient leur fusil à baguette, caressaient leur chien ct songcaient aux randonnées en plainc.Ceux d'aujourd'hui, autrement raff- nés ct pervers, pensent surtout que la chasse excuse toutes les fugues.Aussi leurs préparatifs consistent-ils surtout à s'enquérir d'une petite amie accueillante, d'une garçonnière sûre et à se pourvoir de l'adresse et du prix courant d'un marchand de gibier.Et comme ils rentrent vannés, éreintés, mais la gibecière pleine, leurs Pénélopes les plaignent ct les admirent.\u2014Mon mari, disait l\u2019une d\u2019entre elles à ses amies, est un tireur épatant; à chaque coup, il abat sa bête! C'est ,en effet, belle prouesse! mais elle ne devrait pas s\u2019en vanter.Le Chasseur Invité | La Chasse au Facteur J'étais parmi la douzaine de privilégiés que le comte de Pygmalion avait invités a venir chasser sur ses terres.Mais, dès notre arrivée, nous sûmes qu\u2019il n\u2019était plus question de chasse : les serviteurs venaient de se mettre en grève, et, privé de sa domesticité, le chà- teau n\u2019était pas à prendre avec des pincettes ! \u2014Ne vous frappez pas! dimes-nous à lu comtesse \u2014 qui sanglotait, \u2014 nous mettrons la main à la pâte! Et, de fait, le lendemain, dès 6 heures, nous étions tous sur pied, à retourner nos matelas ! Les dames confection- nérent le chocolat, pendant que les messieurs nettoyaient les chaussures ct brossaient les habits.A 10 heures, la comtesse et ses amies se rendirent au marché avec d'inmen- ses paniers.Elles revinrent couvertes de contusions, car les grévistes \u2014 aux aguets \u2014 étaient impitoyables pour les renards! On fit la cuisine en choeur; au déjeuner, le petit de Fouquières et moi, endossämes nos habits et servimes à table.Puis ces dames firent la vaisselle, pendant que nous passions le salon à l\u2019encaustique.| Le comte nous convia alors à un cotillon des plus originaux: les pieds chaussés de brosses, nous hostonnames sur la cire! Jamais le parquet du salon n\u2019avai relui autant! Le reste de l'après-midi fut consacré à la lessive; le linge, étendu sur la pelouse, fut bientot se; nous le repassa- mes le soir.Deux semaines s'écoulèrent ainsi, sans apporter de changement à la situation.Nous aurions bien voulu nous en aller.mais il était de notre devoir de ne pas plaquer nos hôtes dans ce triste état! Enfin, la grève prit fin Les serviteurs reprirent leur place! Alors, le comte de Pygmalion fut très correct : il ne nous renvoya pas tout de suite.Il nous accorda nos huit jours \u2014 au hout desquels nous quittâmes le château, munis chacun d'un excellent certificat.20: Chasseurs, mes frères, ne sauriez- vous jamais poursuivre que les cailles, les sangliers ou les alouettes?Alors que pendant l'été vous êtes de votre côté condamnés à l'inaction, toute une humanité souffre des harcèlements de milliers d'insectes.Voilà pourtant une belle accasion de développer vos talents, Ne croyez-vous pas qu'il soit palpitant de chasser la mouche autrement qu'avec un éventail?Le hanneton abattu à coups de revolver, voilà le sport élégant.Et la mitrailleuse à moucherons?Acculer la coquerelle au couteau.L\u2019affût au papillon a son charme.Les chausse-trapes moustiques.le lasso pour guépes.Enfin, l'arc est tout indiqué pour l'araignée.A moins que vous ne préfériez les chasser à l\u2019ail \u2014 par votre haleine.Un coin de bois.\u2014 Au moment précis où le lecteur dévore ces lignes avec une hâte aussi fébrile que compréhensible, un gros monsieur appa- fait, suivi d'un petit monsieur, Îls sont tous deux porteurs de fusils.Le gros monsieur.\u2014 Mon cher invité, vous allez vous poster ici.Le petit monsieur.\u2014 Là?Le gros monsieur.\u2014 Un peu plus à droite!.Le petit monsieur.\u2014 Comme ceci?Le gros monsieur.\u2014 À droit! à droi- tel.Vous allez à gauche! Le petit monsieur.\u2014 C\u2019est juste.Le gros monsieur.\u2014 Bien!.Ne hougez pas de là avant qu\u2019on vienne vous rechercher.Il est huit heures: je crois que la chasse se prolongera /us- qu\u2019à trois heures un quart.Le petit monsieur.\u2014 Peste!.Le gros monsieur \u2014 Vous allez tenir votre fusil en avant comme ceci.Le petit monsieur.\u2014 Comme ceci?Le gros monsieur.\u2014 Un peu plus haut! Le petit monsieur.\u2014 Ça va?Le gros monsieur \u2014 Plus haut! pl:s haut! Vous le baissez, au contraire.Le petit monsieur.\u2014 C'est juste.Le gros monsieur.\u2014 Bien!.Ne Lougez pas avant qu'on vienne.Gardez le doigt sur la gichette.Un sanglier débouchera certainement.Le petit monsieur, pas rassuré du tout.\u2014 Beum.beum.Le gros monsieur.\u2014 Ou, tout au moins, une poule faisane.Le petit monsieur.\u2014 Abf ah! Le gros monsieur.\u2014 Peut-être un lapereau.Le petit monsieur.\u2014 ?Le gros monsieur.\u2014 En tout cas, vous verrez le facteur.Le petit monsieur, effaré \u2014 Le facteur?.Le gros monsieur.\u2014 Oui.Il passe par ce petit sentier, à gauche, sur les midi, généralement.Tenez, voici une lettre, vous la lui remettrez, il la jettera à la boîte.C'est pour un de mes clients de Paris.(Le petit monsieur, visiblement épaté, prend la missive, cependant que le gros monsieur disparait dans les fourrés en chantonnant.) :0: Il y a longtemps que, dans l'Inde, on ne fait plus la chasse à l'éléphant pour le tuer, mais seulement pour le capturer en vue des services précieux que rend le robuste pachyderme.Sa capture n\u2019en denicure pas moins un sport émouvant, et, parfois.plein de péril.Il y a quelque temps, le maharajah de Mysore avait organisé une de ces grandes chasses qui n\u2019ont lieu qu'à des intervalles très éloignées.On y a capturé 0S éléphants, dont les plus jeunes, les \u201cp'tits\u201d, étaient déjà de magnifique apparence.11 n\u2019y aura plus de chasse à l'éléphant dans le royaume de Mysore avant 1016, époque à laquelle le Prince de Galles doit visiter l\u2019Inde. Vol.XXXVIII \u2014 No 47.LE CANARD, Montréal, 19 Septembre 1915.% PARTIE DE CHASSE %% M.le procureur de la République Jourdan etait un magistrat sévère, qui semblait requérir l'application de la loi mène quand il jouait au billard.I ne contitissiit pas la divine vertu d'indul- vence, Kigoureux pour lui-meine, comme il était inclémient pour les autres, il n'admettait pas les faiblesses humaines ni la fatalité des circonstances.Neanmoins, il faut reconnaître que Mte procureur Jourdan avait le sentiment de la justice.Ce sentiment de la justice le conduisait à penser que sa valeur n'était pas à su place dans le médiocre tribunal de province où il se morfondait, et que nul plus que ti ne méritait de l'avancement, Mais il savait aussi, hélus! que l'équité n'est qu'une boiteuse qui a grand besoin d'etre soutenue.C'est pourquoi il résolut, par ve matin d'octobre, d'aller faire visite au député de l'arrondissement, M.Gibelin, qui villégiaturait dans les environs.M.Gibelin allait bientôt retourner à Paris pour la rentrée des Chambres.Les jour- vaux parlaient d'un prochain mouvement judiciaire.Il n\u2019en faut pas du- vantage pour donner des ailes à la bicyclette d\u2019un procureur de la Reépublique.Au bout d'une heure de chemin et d'une pénible montée, il parvint à la maison, dans les feuilles, où M.le député Gibelin abritait ses vacances.Pourquoi y a-t-il toujours une rude côte à gravir pour arriver cliez nos protecteurs?[ls ne pourrafent donc pas se loger ailleurs que dans les hauteurs difficiles?M.Jourdan s'épongea, secoua la poussière de ses vétements, répara sa toilette, ct sonna à la grille.\u2014Monsieur n'est pas là, dit la servante.\u2014Rentrera-t-il bientot 7 \u2014Je ne sais pas.Il est aux alouettes.Si vous voulez le rejoindre, je crois que vous le trouverez là-haut, de ce côté.POETE Un chasseur de vers Läà-haut! Encore plus haut! Allons ! M: Jourdan, poussant sa bicyclette, grimpa vers le plateau indiqué, à la recherche du député.* Li M.Gibelin était aux alouettes.La matinée s'anmonçait bien.Après une gelée blanche, le soleil avait percé le brouillard.Les aloucttes venaient abondamment.M.Gibelin goutait fa douceur de la ville.H vit soudain paraître le procureur de la République, que arrivait, vers lui, essoufflé, tirant su bicyclette à travers champs, \u201cZot! sougea M.Gibelin, en voilà un qui vieut me déranger.Et les alouettes venaient si bien.\u201d Mais comme il était naturellement aimable, il accueillit gracieusement le fachenx visiteur.\u2014Vous H'etés quis chisseur, mon che procureur : \u2014Non, je n'ai jautnais classe, \u2014C'est pourtant agreable, par une jolie matinée comme celleci.Tener, vou- diriez-vous me renufe un service\u201d \u2014Bien volontiers.\u2014Je w'ai justement personne pour Urer le miroir, Si j'ustis vous demander.M, ie procureur Jourdan était trop désireux de gagner lu faveur d'un député pour ne pus accueillir avec empressement celle occasion de le servir.Mais il ignorait l'art de tirer le miroir.Sa bonne volonté était grande et maladroite.M.Gibelin lui enseigna la manière.Et le procureur apporta toute son application à remplir convenaldement lu mission qui lui était confiée.Le désir de bien faire stimule le talent.M.Jourdan acquit rapidement la boune façon de tourner le miroir avec un mouvement rythme.Deux ou trois alouettes s'approchèrent et furent abattues.M.Jourdan manifesta une admiration excessive pour le coup de fusil de M.Gibelin.\u2014Quelle adresse il faut avoir! dit-il.\u2014Mais non.Ce west pas difficile, Voulez-vous essayer?\u2014Oh! monsieur le député, Je ne sais pas tirer.\u2014Vous apprendrez.deux fusils, pour en l'arme s'échauffe, Prenez-en un.Jai justement changer quand \u2014Merci, je ne puis pas, non, non.D'ailleurs, je n'ai pas de permis.\u2014Mon Dieu! pour tirer une alouette, il n'y a pas là de quoi troubler votre conscience.\u2014Mais songez done, si le garde champêtre arrivait.Voyez-vous cela, le procureur de la République, pris en délit de braconnage ! \u2014Le garde champétre! Ne vous inquiétez pas.Depuis dix ans que je chasse ici, je ne l'ai pas vu une fois.Devant cette insistance, M.Jourdau se laissait ébranler.Ce n\u2019était point pour son plaisir, car il prévoyait que cela ne l'amuserait pas du tout.Et il n\u2019était pas lenté non plus par l'attrait du péché.Mais pouvait-il résister à une si pressante invitation du député, dont il espérait les bienfaits ?-Prenez done ve fusil, répétait M.Gibelin.M.Juurdan le prit.\u2014 Attention! | Voici Tirezune alouctte.M Jourdan tira.L'ulouette s'envola.I} en manqua deux autres.Avec l'aide du destin, il tua la quatrième qui vint sé présenter.Ce succés le ravit.Il prit got à ce jeu coupable, Il épaulait, tirait.il connut l'excitation de la chasse, et s\u2019y donna bientôt avec ardeur.Soudain, entre le soleil et son dos, une ombre s'interposi.M, Gibelin, s'étant retourné, chuchota: \u2014Ne vous troublez pas.Continuez de tirer el gardez une attitude calme.Le vurde champétre est derrière nous.» » * H etai là, 11 portait son kepi sur l'oreille, sa carabine en bandoulière, et sur + blouse brillait une plaque de cuivre avec cette inscription: \u201cLa loi\u201d.Arrêté derrière les deux chasseurs, il le regardait.Son ombre, qui se projetait sur eux, paraissait formidable.Ce fut une minute de contrainte pénille.M.Gibelin la rompit heureusement par d'alertes paroles de bienvenue.\u2014belle matinée, garde, n'est-ce pas?\u2014Oui, monsieur.Les alonettes viennent bien.\u2014Elles viennent, garde, celles vien- vent, Mais mon camarade n'est pas tres adroit, \u2014C'est ce que je nie pensais, monsieur.Voilà un bon moment que je le regarde; 31 manque tout le temps.Sans doute qu\u2019il n'a pas l'habitude, M.Gibelin montra dans cette circons- habileté extrème.Ayant amorti le choc du gardien de la loi, il s'uceupa d'entretenir cet hommes simple dans de bonnes dispositions et de détourner sa vigilance par d'aimables propos, 11 s'informait de sa famille, de sa situation.tance ane Le garde, touché par tant de sollici- tade, ne savait comment remercier.M.Gibelin lui offrit un cigare, qu'il accepta avec effusion.\u2014Mais, dit-il, vous n'avez personne pour tirer le miroir, \u2014Ma foi, mon ami, comme vous voyez.Et c'est bien incommode.Vous ne voudriez pas nous nfder?\u2014Avec plaisir, monsieur.Et, s\u2019installant = innocemment auprès du délinquaut, le bon garde tira le miroir.«2.Cette heureuse solution qu\u2019il avait su donner à une situation délicate enchanta M.Gibelin Mais le député était malicieux.Il voulut s'offrir le luxe de son succès; ct aiguisant encore son audace, il en tourna la pointe vers le malheureux procureur qui commençait à se rassurer.\u2014Dites donc, demanda-t-il au garde, est-ce que vous dressez souvent des procès-verbaux à des chasseurs sans permis?.La main du procureur trembla sur la-gächette.Tout en tirant la ficelle, le garde répondit : \u2014Des procès-verbaux! sûr que j'en dresse, Mais on n\u2019est pas encouragé à faire son service par \u2018un procureur comme nous eu avons un.\u2014Vous avez a vous plaindre du procureur?\u2014 Moi, non.Mais on dit des choses.\u2014Ah! ah! Et que dit-on?\u2014Sauf votre respect, on dit que c'est un vilain moine, M.Jourdan pensa qu'il ne pouvait pis laisser une =i grave offense, et que, malgré la réserve que lui imposaient les virconstances, sa dignité lui commandait de se faire respecter.11 interpella done le garde sur un ton plein d'autorité.\u2014Y etes-vous alle, au parquet ?\u2014Non, dame! \u2014Vous ne le connaissez pas, le procureur ?\u2014Ma foi! non.\u2014C\u2019est moi! M.Jourdan reprit, cette fois, l'avantage.La peur qui avait été sur lui santa sur le garde d'un bond brusque et violent.Mais leurs destinées ne furent pas égales, car si le procureur connut son heure supérieure, le garde champetre avait ignoré la sienne.Le malheureux présentait une figure Evide et des membres tremblants, M.Gihelin dut intervenir.\u2014Je vous en pric, mon cher procureur, ne lui gardez pas rigueur.C\u2019est un brave homme, père de famille, et qui fait son service, je vous en réponds, d'une manière irréprochable.M.le procureur Jourdan voulut bien, pour cette fois, se montrer débonnaire.Jean MADELINE.Entre chasseurs.\u2014Comment distingue-t-on un perdreau d\u2019un vieux.\u2014Par les dents! \u2014Vous voulez rire! On sait bien que les perdreaux n'ont pas de dents! \u2014Oui, mais moi, j'en ai, et je distingue très bien les jeunes, qui sont tendres, des vieux qui ne le sont pas.jeune 10 LE CANARD, Montréal, 19 Septembre 1915.- | UN CHIEN DE CHASSE En cette époque de l'année, où, \u2018un bout à l'autre de la France, d\u2019in- rombrables nemrods sillonnent la plaine, écrasent les chaumes et seru- tent le» buissons, en quête de la caille qui\u201dse faufile au long des sillons, de la perdrix qui s'envole en troupe avec un bruit de moteur, du lièvre qui perd la tête et du lapin qui montre en s\u2019enfuyant son derrière craîntif, une petite histoire d\u2019urdre cynégétique est de rigueur.J'ai eu comme ami et compagnon, durant quelques années, et je le regrette encore de tout mion coeur, un chien de chasse.C'était bien un chien de chasse, puisque braque français de par ses ancétres; mais en réalité \u2014 la suite de ce récit en témoignera \u2014 il ne chassa jamais que les rognures bouillies et le poulet rôti et préféra toujours au gibier vivant, si fugace, la volaille cuite, de tout repos.C'était un nommé Dick.Son poil ras était blanc, taché de brun.Je l\u2019avais reçu, agé de six mois, à peine au sortir de l'enfance, de la main de Courteline, chez qui il était né.Je revois encore, chez Courteline, dans sa maison montmartroise d'alors, rue d'Orchamp, sa chienne Tata et les sept petits chiots.Hauts comme un demi-décimètre debout, avec des pattes trop grosses et déjà des têtes cou- séquentes, ils balayaient le sol de leurs vreilles et dardaient vers les cieux de petits bouts de queues frétillants et cordiaux.Et, autour de leur mère, ils moutonnaient comme un troupeau blanc et brun \u2014 car ils se ressemblaient tous, comme des frères \u2014 jappant, pleurant, gémissant et ne se quittant pas d\u2019une patte.Je devais, par définition, être le maître de Dick; mais il ne tarda pas à faire de moi son esclave.Et il eut tôt réussi à bouleverser mon existence.Beaucoup de choses me sont arrivées dont il fut la cause primordiale.Il commença, d'ailleurs, brillamment.Il me contraignit à déménager d'un logement qui me plaisait fort.En effet, le jour où je l'amenai chez moi, sur mes bras, car il répugnait à la laisse et se serait perdu dans le tour- hillon de Paris, le concierge de l'immeuble m'indiqua une inscription \u2014 gravée, s'il vous plait, dans le mur du vestibule \u2014 et qui disait: \u201cIl est interdit d'avoir des chiens.\u201d \u2014Oh! rétorquai-je, il est si petit! Vous voyez, je le porte sous mon coude! Le concierge me répondit: \u2014Comme cela, ça va encore! Mais je n\u2019en veux pas dans mes escaliers! Hélas! la race de Dick ne voulait pas.elle, qu\u2019il demeurât un petit chien.I! grandit, le misérable! Il devint haut sur jambes et long du rable; et, comme je ne suis pas Milon de Crotone qui, s'étant habitué à porter un veau de lait, portait ensuite, facilement, ayant continué à le porter tous les jours, ce même veau devenu taureau, je dus me résoudre à laisser Dick descendre et remonter les étages par ses propres moyens.Et le propriétaire me donna congé! Mais c'est à propos de chasse que je vous parlais de Dick.Il n'eut que deux fois dans sa vie l'occasion de montrer ses héréditaires vertus de veneur, et j'avoue qu\u2019il s\u2019y avéra plus original que brillant.Cela se passait en Seine-et-Marne, à Montbrieux, un petit village haut perché sur l\u2019un des coteaux qui dominent la vallée du Grand-Morin.Un jour, je suivais, accompagné de mon animal gambadant, une route bordée d'un côté par une interminable pièce d'avoine encore sur pied, et, de l\u2019autre, par un talus assez élevé.Je ne sais quelle lubie prit à Dick.Toujours est-il qu'à un moment il jugea bon de quitter le chemin de tout le monde et de s'enfoncer dans l\u2019avoine.Il disparut, derrière les tiges redressées, et je commençais à l'appeler éperdüment.car les paysans goûtent\u201d médiocrement ces incursions et randonnées dans leurs récoltes, quand j'entends un aboiement plaintif et brusque dont l'accent exprimait plutôt une peur bleue qu\u2019une colère noire.lt, tout à coup, je vis mon chien jaillir hors du champ, la queue entre les cuisses, les oreilles basses, dans un élan de fuite à faire supposer qu'il avait cent fourches aux trousses! Or, voiei le joli.L'ennemi devant lequel il s\u2019éclipsait si honteusement c\u2019étaient deux perdrix, le mâle et la femelle, le père et la mère, sans doute, d'une couvée que ce grand imbécile, sans le savoir à coup sûr, avait dérangée et peut-être piétinée.Et les deux oiseaux, vires de fureur, voletaient autour de la tête de Dick, avec l'intention évidente de lui crever un oeil.Dick, absolument affolé, tournait sur lui-meme, au milieu de la chaussée, et il finit par s\u2019aller enfouir le museau dans l'herbe du talus! A mon approche, ses perséeuteurs le là- chèrent et regagnérent leur piece d\u2019avoine.Et Dick se secoua comme après une riclée; mais il avait certainement l'impression de l'avoir échappé belle.car il se mit à marcher dans mes talons, sage comme un enfant puni.Ce que je raconte là, je ne l\u2019invente pas.je Pai vu; j'ai vu ce spectacle rare d'un chien de chasse chassé par deux perdrix! Mais Dick devait m\u2019offrir mieux encore.Un matin, nous descendions, tous deux, vers le Morin, par un sentier tournant entre des haies assez hautes pour cacher à certains coudes tout ce qui n\u2019est pas le sentier lui-même.Dick courait loin devant moi avec cette indifférence pétulante à ce qui aurait dû être sa fonction originelle, dont je me scandalisais parfois; car, enfin, le sang est le sang, l'espèce est l'espèce, et un braque devrait, même sans étude préalables, avoir la passion de battre le terrain et de relever la trace du poil et de la plume! Ah! ouiche! voilà un sport qui n\u2019emballait pas mon camarade! Soudain, je dus bien me rendre à l'évidence que je jugeais mal mon chien! là-bas, les quatre pattes rigides, la queue droite, le nez pointé directement devant lui, immobile et frémissant, Dick venait de tomber en arrêt.l£t il n'y avait pas à dire mou bel ami, en un arrêt splendide, cor- reet, seulptural! Hein! tout de méme! l\u2019instinet! le vieil instinet de race! qui repurait malgré le manque de dressage, pur et fort et infaillible comme tout ce qui est naturel! Je m'avançai, aussi fier, ma parole, que si le mérite de Dick eût été le mien.11 ne bougeait pas.IL était admirable! Arrivé à sa hauteur, je regardai quel gibier l'avait ainsi figé sur place, et si nettement.Abomination! C'était une vache! une vache dans un pré; et qui probablement, scandalisée d\u2019être fixée ainsi, semblait avoir juré de faire baisser les yeux à l'insolent, car elle regardait Dick comme Dick la regardait.J'eus toutes les peines du monde à arracher celui-ci à sa contemplation.Quand il se décida à me suivre, il ne le fit que de profil, et pas a pas! Il ne pouvait se résoudre à perdre de vue cette créature étrange et telle qu\u2019il wen avait jamais vu de pareille.Et c'est ainsi que Dick, chien d'arrêt, pour le premier et le seul arret de son existence, arréta une vache! H faut dire, à sa décharge, qu\u2019il n'avait jamais encore été à la cam- L'année suivante, il ne tomba Il se con- pagne.plus dans la méme erreur.tenta de croquer les poussins, quand les poules n'étaient pas là.Les Tribulations d\u2019un Garçon de Chasse tes Un garde d'une forét des environs de Longny, dans le Calvados, a cu à subir, ces temps derniers, une lumilia- tion bien pénible.Poursuivi par deux inconnus, il courait à toutes jambes vers sa demeure, quand if fut appréhendé par eux.L'un portait un habit à la française, des lunettes et un gibus, retenu par une fausse barbe.L'autre avait une toque de chasse et un complet de velours.Le malheureux garde, menacé et méme frappé, fut contraint d\u2019abord d'indiquer à ces individus le carré le plus giboyeux, ensuite on lui commanda de faire le rabat.Il dut encore se soumettre.Il s'acquitta même si bien de sa mission qu'une demi-heure aprés une biche et un cerf étaient tués.Les inconnus, satisfaits de leurs exploits, se retirèrent, non sans avoir vigoureusement serré la main du pauvre garde, qui venait de subir la plus affreuse des tortures morales.Vol.XXXVIII \u2014 No 47.Calino et le Chasseur Calino, devenu propriétaire de vastes terrains à la campagne, les a loués à un de ses amis, chasseur passionné, qui y élève à grands frais lièvres, perdrix et faisans, sans sérieux résultat d\u2019ailleurs.A la in d'une journée où il a tué peu de gibier, le locataire, dépité, dit à Calino: \u2014Quatre faisans, rai lièvre et deux perdreaux depuis un mois! Après tout ce que j'ai dépensé, c\u2019est lamentable ! Chaque pièce abattue me revient à plus de cinquante francs! \u2014Cinquante franes! s'exclame Calino.Heureusement pour vous que vous n\u2019en avez pas tué davantage! \u2014 THEATRE Canadien - Français Semaine du 20 Sept.1915 Le Grand Succès de Paris \u201cMISS HELYETT\u201d L'Opérette d'Audran Tous les dimanches, excellent programme de vues et intermèdes par les chanteurs de la troupe.Sirop d\u2019Anis Gauvin Pour une guérison rapide dans tous les cas d\u2019Insomnie, Dentition douloureuse, Rhume, Diarrhée, Coliques, Etc.Demandez toujours le .Il soulagera le Bébé dès la première dose et le guérira plus vite et plus sÂrement que n'importe quel autre remède.En vente partent à %5e EN VOULEZ-VOUS des LIVRES ?Le plus bel assortiment de livres littéraires, scientifiques, historiques, etc, etc, etc.Spécialité: Romans et revues illustrés, journaux humoristiques, journaux quotidiens, français, etc, etc.ete, Toutes les nouveautés de Paris.J.PONY 70 rue Ste-Catherine Est PRIX MODERES, Tél, Est 2853 Vol.XX XVIII \u2014 No 47.LE CANARD, Montréal, 19 Septembre 1915.II LATAUPE, CHASSEUR | Hubert Lataupe a soixante-cing ans.Ou ne les lui donnerait pas.Il est vrai qu'il se teint la barbe et les cheveux et qu'il a encore toutes ses dents, sauf trois.C'est, dans toute lucception du terme, un homme tres bien conservé, 11 n'a qu\u2019un défaut physique: il est myope.Comment je l'ai connu?C'est fort simple.Il va depuis vingt ans à un café où je vais, Moi, depuis six semaines.Nous avons vite lié connaissance, Je l'ai une fois tapé d'un louis.Nous sommes, de ce simple fait, devenus des intimes.Hubert Lataupe, ai-je dit, est myope.H l'est comme le fut feu Myope lui-même.A tel point qu'à trois pas il prend volontiers des vessies pour des lanternes, et réciproquement.La myopie de Lataupe ne l'empc- che pourtant point de chasser.I n\u2019est pas, à proprement parler.un bon fusil.Quand il parvient à tuer un cou ple de lapins dans sa saison, il se déclare enchanté, On conviendra moi qu'il n\u2019est pas difficile.Ce matin, il est venu me pour me narrer ses récents exploits cynégétiques, ll a failli la semaine dernière tuer trois perdreaux.Mais il a occis hier, de deux coups de son arme dans la tête, un canard infortuné qui se préparait à prendre un bain dans l'onde brune d'une mare.Et voici, à ce sujet, ce qui lui est arrivé: \u2014.A peine, me dit-il, avais-je tiré, que j'eus la certitude d'avoir fait une gaffe.Je nie précipitai vers le mafheureux volatile.M gisait inanimé sur La rive, J'essayai de lui faire des tractions rythmées de la langue pour le faire revenir à lui.Ce fut en vain.Je me souvins alors que cette tentative \u2014 utile dans bien des cas \u2014 ne sert à rien dans celui de mort par les armes à feu, N\u2019étant pas médecin, encor: moins vétérinaire, je me contentai de prodiguer à la victime innocente de mon ophtalmique infirmité, de douces paroles l\u2019exhortant à mourir avec courage.J'en étais là, quand je vis fondre sur moi un grand diable de paysan qui avait assisté au meurtre.ln quelques mots, il me fit comprendre qu: le palmipède était sa propriété et qu'il me fallait en verser le prix entre ses mains.Je me fouillai.Je n'avais sur moi qu'une pièce de cent sous.Je la lui donnai cependant.Croiriez-vous que cet homme, au lieu de mme remercier.sc mit à m'a Konir froidement?Il me traita de son mépris et par-dessus la jambe.Il me gratifia de multiples épitliètes, désobligeantes à souhait.1 ne craignit pas de me comparer à la mère d'un jeune veau, témoin muet de cette scé- ne scandaleuse.A la fin, n'y tenant plus, je m'informai: \u2014Vous n'êtes pas content?\u2014Non, ft-il.\u2014Pourquoi ça?\u2014Parce que mon canard valait six francs cinquante! avec trouver \u2014Peste! Six francs cinquante! Ça les met chers à la douzaine! \u2014C'est comme ça, pourtant! \u2014Mon bon ami, lui dis-je avec infiniment de douceur, je vous ai donné cinq francs, n'est-ce pas?Avec les deux balles que votre canard a dau la tête, cela fait sept balles pour vous.M me revient cinquante centimes.mais je vous les abandonne généreusement.\u201d :0: L'Heureux Chasseur Je vous parle di y a quarante ct un ans .A cette époque, le jeune M.Jaboin suivait les grandes chasses, à Compiêgne, à Fontainebleau, à Rambouillet.Mais \u2014 détail curieux \u2014 si giboyeuses que fussent les forêts où M.Jaboin était admis, il ne parvint jamais à tuer le moindre gibier.Par exemple, il lui arriva de blesser des gardes, et maints invités, parfois, hélas! de façon mortelle.Il tna aussi beaucoup de chiens, deux chevaux et une vache laitière.Sans qu'il sût pourquoi, on l'invita de moins en moins.On finit méme par le tenir à l'écart d\u2019une façon un peu systématique.\u2014Il y a certainement une raison po- titique là-dessous, pensa-t-il, bien qu'il weit jamais fait de politique.Quand la guerre fut déclarée, M.Jahein s'engagea.Dès le début des hostilités.il eut l'oe- casion de prendre part à un petit fait d'armes.Tl était parti chercher des vivres avec un autre homme et un sergent.Les trois hommes pensaient bien ne pas faire de mauvaise rencontre.Aussi, afin de pouvoir se charger de beaucoup de vivres, n'avaient-ils emporté qu\u2019un fusil et une seule cartouche.Comme ils longeaient une route, ils virent un nuage de poussière qui se formait an bout de la route.C'était un cavalier ennemi qui s\u2019avançait au petit galop.\u2014Nous allons nous dissimuler derrière ce bouquet d'arbres, dit 1e sergent.\u2014Y a-t-il un bon tireur pour nous ségoter ce particulier-là ?M.Jaboin s'avança, modeste.\u2014Je suis un assez hon fusil, dit-il.J'ai heaucoup suivi les chasses.\u2014Eh bien, prends-moi ce flingot, di le sergent, et tache de t'en servir.M Jaboin tremblait un peu, If avait \u201cdescendu\u201d d'autres individus dans sa carrière de chasseur, mais, maintenant qu'il s'agissait de le faire exprès, allait- il aussi bien réussir ?l\u2019homme n'était qu\u2019à trente pas.\u2014Feu! dit le sergent.M.Jaboin tira.l'homme regarda de leur côté, piqua des deux.ct s\u2019éloigna à une allure rapide.\u2018 Mais du poil avait volé, et quelque chose de jaune, à vingt pas du cavalier, avait roulé près de le route.M.Jaboin venait de tuer son premier lièvre.Tristan BERNARD.\u201cLE BULLETIN\u201d Le plus ancien, le plus sérieux et le mieux renseigné des journaux du dimanche.Toujours les dernières nouvelles sportives.Suivez ses articles sur les choses municipales.Medium d'annonces très efticace.Qu'en matière d\u2019annonce ce n\u2019est pas tant la quantité que la qualité des lecteurs qui fait le succès, Le Canard est lu par la classe aisée de la population, celle qui apprécie et Aver: qui achète la bonne marchandise.Annoncez dans LE CANARD at vous aurez toujours de bons résultats >.\u201coon | | RUE MANCE | Prés Van Horne MAISON À VENDRE | SIX LOGEMENTS 4 pièces chacun.Améliorations modernes.Chambre de Bain, W.-C., Cave cimentée, Fixe tures Electriques, Bouilloires à eau chaude, Etc.Prix, $11,000.Peu de comptant requis.S\u2019adresser au Journal | \u201cLE BULLETIN\u201d 12 LE CANARD, Montréal, 19 Septembre 1915.Vol.XXXVIII \u2014 No 47.URLUPINADES Z| La trève est en grève.* * = l\u2019rotégeons nos arbres.» + * Chasseurs: Safety First, .La Roumanie est un peu là.* * I y a des juges à Toronto.+ Surtout, n'oubliez pas votre fusil.* * * Qui va à la chasse perd sa place.* \u201c= Vive saint Hubert, patron des chasseurs.* * » Aujourd'hui, le \u201cCanard\u201d est tout à fait aux nemrods.* * + Veille de chasse.\u2014 Rève de gibiers.Lendemain de chasse.\u2014 Réalité.* * * Il vaut mieux rater un rater le gibier.coup que * * * Chasseurs, pensez aux Boches, ¢a vous donnera plus de coeur.* * * Armand Landry de Barozzit l£t voilà.* .l£t la question bilingue reste toujours à l\u2019ordre du jour.\u201c* L'hon.T.S.Sproule sénateur! Hélas! Hélas!!! * .Méfiez-vous des Russes.même quand ils reculent.= \u201c.Un calme relativement inconnu règne chez Concordia.\u2018.Le prochain numéro du \u201cCanard\u201d contiendra 25 gravures comiques, +\" les Abattoirs de ll£st sentent la rose.«a Mais ce cher et excellent honorable Coderre est toujours là.* * + On dit que la vie est chère.Cependant l'asphalte est aux plus bas prix.* r= La consternation régne à Constantinople.» \u201c Ne pas confondre Sam Hughes avec Joffre.* * * Les Allemands auront le choléra sans prendre de l\u2019eau de.Riga.M.Martin va à la chasse tout en restant dans les limites dela ville de Montréalfoe .Québec a du théâtre français, mais, hélas! là aussi.c'est comme à Montreal.* * * Extrait du \u201cProgrès\u201d de Saint-X.: On demonde à acheter cuisinière d'occasion en bon état.* x x On peut se baigner, le dimanche, à Toronto.Mais on ne dit pas dans quoi.* * x Le fait est là, il est patent, nous avons un gouvernement qui ne gouverne pas.+ * + La Suède veut rester neutre.pérons que ce ne sera pas à la manière des Etats-Unis.«ta Es- Le Rouleau Russe est arrêté, mais il est encore en bon état et prêt à faire.son chemin.* * * Les Allemands détruisent les cathédrales et les Turcs tuent des évêques.Qui se ressemble s'assemble.* * + Il paraît que la nouvelle mode pour les femmes sera celle des bottines à trente boutons.Encore de Pouvrage pour les maris! .* * Axiome de M, Gustave Téry à l\u2019usage de nos gouvernements: \u201cC\u2019est nous qui faisons les lois; donc les lois ne sont pas faites pour nous.\u201d * * + Dans l'enivrement des plaisirs incomparables de la chasse, il convient d'envisager les dangers que comporte cet amusement.* \u201c Avec tout ça, le diner commandé à Paris par le mangeur de choucroute berlinois doit être singulièrement refroidi! * \u201c % Sam Hughes est vraiment très bon pour les boy scouts; il est pour eux un père, ou plutôt un oncle.\u2014Oui, Uncle Sam! » « * Le comble de l\u2019habileté.pour un chasseur: Sonner l'hallali sur le cor.vient de se faire extirper.* * * \u2014I11 était assuré sur la vie depuis trois jours pour 100,000 francs et il meurt d\u2019un accident de chasse.\u2014J1 a toujours eu de la veine! qu'il \u2014Qu'est-ce que vous avez tué?\u2014Un blaireau.\u2014C'\u2019est bon?\u2014Excellent pour se faire la barbe.«* a Amour-propre de chasseur: [Le chasseur au lièvre.\u2014 Voudriezvous au Mois vous sauver, pour que Je n'aie pas air de vous assommier, * * * M.Hazen est un pauvre ministre de la marine, son confrère de la guerre (Sam Hughes) l\u2019éclipse entièrement en bien comme en mal.* * * Washington veut des excuses de l\u2019Allemagne.\\ashington en aura, mais seulement des excuses.On ne peut tout avoir à la fois.* * * [Le coût de la vie au Canada a augmenté de cing pour cent pendant le mois d'août.Vive le ministère Borden.* * * De la \u201cPresse\u201d, de la \u201cPatrie\u201d et autres journaux d'aujourd'hui, d\u2019hier ou de demain, on lit: \u201cLe maire est parti en guerre.\u201d a\u201d La vertu parfaite consiste à mous conduire lorsque nous sommes seuls comme nous le ferions à la face du monde entier.Encore une maxime que Guillaume a fait mentir, * * * Mon pauvre chien! c'est lui qui a reçu mon coup de fusil! ce qu\u2019il y a de malheureux dans cet accident, c'est que j'ai son billet de retour dans ma poche: j'aurais dû me méfier.* * * Consolation du chasseur: \u2014Bredouitle!!! Ça n\u2019a pas d'importance, tant = qu'on a encore une vingtaine de \u201cballes\u201d.dans le porte- monnaie.* » + ll est plus aisé de ne point accorder à un politicien douteux des moyens d'influence que de l\u2019empêcher d'en abuser.prononça quelqu'un = quand Danton fut fait ministre.«ta Le Canada aura quatre millions a payer après la guerre aux familles des victimes cet aux soldats invalides.C'est chic la gloire, mais ça coûte cher.PP Echo de Québec: \u2014Et moi qui le prenais pour la crème des hommes.\u2014À certaine température, vous savez, la meilleure des crèmes peut tourner, Que de fervent disciples de saint Hubert succombent à une mort affreuse ou sont victimes d\u2019horribles accidents, qui leur rendent la vie presque insupportable! \u201c+ * La récolte du blé dans la Saskatchewan, l\u2019Alberta et le Manitoba sera, cette année, de deux cent soixante- quinze millions de boisseaux.Honnear a la province de.Québee.» x x \u2014Croyez-vous cette malchance! Mon pauvre mari qui chantait si bien: il a complètement perdu sa voix.\u2014Ah! mon Dieu! comment cela?\u2014En gardant les voies.Un agent allemand vient de racheter, à raison de 25 cents par bête, tous les vieux chevaux hors de service que le gouvernement Borden voulait fournir à ses cavaliers.[1 va cn faire du saucisson pour les Boches.«Te Beau succès.\u2014 L'exposition nationale de Toronto a été close samedi.Elle a duré huit jours ct 864,000 personnes y ont assisté, Quant à l\u2019'Exposition de Montréal, elle est toujours.à venir.La \u2014Est-ce que nous approchons des chutes Niagara?\u2014Nous sommes tout prés, monsieur, et si ces dames voulaient se taire tune minute, vous entendriez un bruit épouvantable! * * * On paye jusqu'à $500 et même $1,000 par semaine à ceux qui posent pour le cinématographe.Et dire\u2014remarquera M.Albert Sévigny\u2014qu'il y a des gens qui posent à la Chambre pour $2,500 par année.une misère! * * * La duchesse de Connaught a interdit te tango à Rideau Hall.Et Joe Rainville est dans la peine; car le tango, outre que c'est une danse pittoresque, est un merveilleux exercice pour l'assouplissement de l\u2019échine.a, Aujourd'hui retentissent les premiers coups de feu de nns chasseurs, et M.Médéric Marlin a tiré le premier coup de canon de sa seconde campagne pour la mairie.C'est le règne de.la poudre.* Quelques conseils aux nemrods: déchargez vos fusils lorsque vous arrivez près des habitations; que le canon, pour aucune considération, ne pointe vers quelqu'un ou vers vous- même; et surtout pas d'alcool.Et, là- dessus, que saint Hubert vous ait en.sa sainte garde! "]
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