La tribune, 24 novembre 1990, Cahier 5
[" Week-end La Tribune, \u2014 Sherbrooke, samedi 24 novembre !990 mm SPECIAL EMSmI Photo La Tribune par Claude Croisetière Francine Noël, plus engagée On doit à Francine Noël les deux best-sellers «Maryse» et «Myriam première».Elle répète pour la troisième fois l'exercke avec «Babel, prise deux, ou nous avons tous découvert l'Amérique» publié chez VLB éditeur.Un ouvrage qu'elle qualifie de son roman le plus engagé, ainsi qu'elle le confie à Pierrette Roy en page 3.Magazine Pissi Le coeur \t;;v#H\t4P»\t1\t! .* * \t\tÜ 1\t¦*smm* \t\t1\t la Tribune, \u2014 Magazine Week-end \u2014 Sherbrooke, samedi 24 novembre 1990 Marie Carmen: «Je ne suis pas une fonceuse naturelle, je suis MlU.UfllI ¦ y:' '\u201c'V'iV'i À pas de loup devant le piège de la célébrité.?Happé par le succès, Philippe Lafontaine tient à protéger ses sentiers secrets chanscn Rachel LUSSIER Plus que ses mots, ses attitudes en font foi: l\u2019artiste, même s\u2019il le nie, est préoccupé par l\u2019image qu\u2019il projette.Paradoxalement, Philippe Lafontaine s\u2019étonne, s\u2019interroge, s\u2019inquiète devant le succès fulgurant et inattendu qui a fait de lui, en une année, une «nouveau produit de consommation.» Car la raison de Lafontaine, son instinct du Coeur de loup, sont en alerte.Le chanteur belge sait très bien ce qu\u2019il est devenu et n\u2019ignore rien de ce qu\u2019il tient à protéger.«J\u2019ai au moins la conscience que le succès est éphémère.En 1990, le public n\u2019est plus d\u2019une fidélité absolue.De ce seul fait, mon unique obligation de fidélité envers lui, c\u2019est de rester moi-même.» Le Coeur de loup se sent l\u2019âme prise au piège de la célébrité.Le Coeur de loup craint que l\u2019on piétine ses sentiers secrets.Le Coeur de loup, du moins en cet instant précis où, tard en soirée, fatigué par une tournée de promotion difficile, tapi dans le bar sombre d\u2019un Sherbrooke qu\u2019il ne connaît pas et où il montera sur scène pour la première fois en ce mois de novembre, choisit de laisser un tant soit peu sourdre ses préoccupations d\u2019homme.Entouré \u2014 en vedette qu\u2019il est devenu \u2014 d\u2019une horde sympathique mais un peu infatuée de sa mission.protectrice, Philippe Lafontaine, en marge de cette bande qui vient de lui concéder une libéréra-tion conditionnelle pour fin d\u2019entrevue, se manifeste tel qu\u2019il est: un baladin de la chanson parallèle qui a vécu de sa musique pendant 12 ans, dans le cocon d\u2019un presque anonymat qui, au fond, servait bien l\u2019homme qu\u2019il est, jusqu\u2019à ce qu\u2019une chanson vienne chavirer son univers.Et tout à coup, on a le sentiment que si l\u2019image préoccupe le chanteur, c\u2019est peut-être que le poète s\u2019y ajuste mal.Refuser la rançon Une rançon pour la gloire?Lafontaine semble déterminé à faire mentir l\u2019axiome.«Peut-être suis-je naïf, mais je pense qu\u2019il y a moyen, peu importe les routes qui s\u2019ouvrent devant nous, de préserver les valeurs auxquelles nous tenons.11 ne faut pas oublier que l\u2019industrie est au service de l\u2019artiste et non l\u2019inverse, quoiqu\u2019il faille admettre une certaine interdépendance.» il faut bien s\u2019entendre, l\u2019auteur-compositeur ne cogne pas sur l\u2019industrie comme le veut une certaine mode.Lafontaine ne frappe pas.Il se protège.Tout simplement.Pour celui qui a gravé sans bruit son premier microsillon en 1978, et tM qui comprend encore mal le ram- dam qui entoure, plus d\u2019un an après sa sortie, son quatrième album, FA MA DO NI MA, le défi majeur réside dans l\u2019intention ferme qu\u2019il a de ne pas se laisser tomber dans la recette de potion magique.«Les chansons nous viennent de l\u2019innocence, de l\u2019enfance.L\u2019innocence est la plus grande fortune de l\u2019homme et il la perd bien vite.Si je perds l\u2019enfance, je perdrai l\u2019écriture.» Accepter les règles du jeu Vaguement terrorisé parce que profondément conscient, Philippe Lafontaine accepte tout de même les règles du jeu même s\u2019il a à coeur, bien légitimement, de protéger des valeurs essentielles à ses yeux telles sa famille ou une qualité de vie intérieure sans laquelle, selon ses propres dires, il ne saurait pas survivre.Aux yeux d\u2019une majorité, ce qui arrive au chanteur relève d\u2019un miracle, d\u2019une magie qui repose sur une chanson.Lui, il a au bout de ses semelles les fragments de terres qui lui rappelle le chemin parcouru jusqu\u2019à maintenant et il se dit prêt à reprendre les sentiers si l\u2019autoroute ne lui convient plus ou.s\u2019il ne convient plus à l\u2019autoroute.«Tout est question d\u2019intégrité.» COEUR DE LOUP est une chanson qui parle d\u2019amours éphémères.Philippe Lafontaine est un artiste qui plaît d\u2019abord aux femmes.Comme il a été décrié par un certain nombre d\u2019entre elles.Pour les mêmes raisons! En France, au Québec, comme en Belgique.«Pourquoi celle-là et pas une autre?dira simplement Lafontaine, rappelant en toute logique qu\u2019il ne s\u2019est pas hissé lui-même, avec la chanson de son choix, aux sommet des palmarès francophones.Charmeur?Séducteur?Oui, mais naturellement.Ce qui n\u2019empêche pas l\u2019homme de se sentir d\u2019abord responsable de sa fonction de créateur.«Je ne veux pas être un symbole, pas plus que je ne suis philosophe ou politicien.Je suis juste un chanteur.Je ne me prend pas pour quelqu\u2019un d\u2019autre.11 y en a qui le font, comme il y a un public qui s\u2019acharne à vouloir faire de nous autre chose que ce que nous sommes.Une saine relation entre artiste et public est une.question de responsabilité commune.» Philippe Lafontaine: «Mon unique obligation de fidélité envers le public, c'est de rester moi-mème».L'instinct de survie de Marie Carmen ?«Je ne suis pas une fonceuse naturelle, mais |e n'ai pas envie de mourir dans mon coin» Andrée ALLARD «La glace est brisée! J\u2019ai rencontré mon public et c\u2019est là que je vais chercher mon plaisir.» Bientôt à Sherbrooke, le 4 décembre à la Salle Maurice O\u2019Bready, puis le 8 à Drummondville, Marie Carmen achève une tournée qui l\u2019a menée dans 45 villes.Un grand tour du Québec.Elle regarde avec un peu d\u2019appréhension les mois qui s\u2019annoncent.«Je vais vivre dans l\u2019ombre.Ca me fait peur, je me prépare.»\tJ Son premier spectacle lui faisait
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.