La tribune, 19 mai 1990, Cahier 6
[" ^ » iip £v .'mZZmpv.end Week Georgeville, un îlot de Nouvelle-Angleterre (p.22) Poor ceux qui l'aiment, elle reste toujours «Edith».Seulement voilà 1 u'avec son 17e album, madame Butler propose une vision bien à elle e cette fin de millénaire.«Je sais que le monde va changer pourvu que moi, je sois humblement mais consciemment participante à ce changement.» Vision optimiste?Oui.Mais lucide.Une entrevue de Rachel Lussier où il est question de pays des quatre coins du monde et de paysages intérieurs.À lire en page 3.ÉlÉlSiSi fÈmmm m c.Magazine PU \u2022It mm Photo bune Stéph Lem La Tribune, \u2014 Magazine Week-end \u2014 Sherbrooke, samedi 19 mai arts et spectacles L'imitation, la folie heureuse de Claude Doyon Pierrette ROY Une sorte de folie heureuse.À la limite, presque une façon de respirer.Mais d\u2019abord et surtout une façon de se faire plaisir.L\u2019humoriste Claude Doyon a choisi, pour le tout premier spectacle qu\u2019il présente en fin de semaine et la fin de semaine prochaine au Vieux Clocher de Magog, de développer de façon toute particulière ce créneau de l\u2019imitation pour faire son entrée officielle dans le monde du spectacle québécois.Un rêve à réaliser Son expérience précédente avec le quatuor des Monstres de l\u2019humour en compagnie desquels il a offert pas moins de 250 spectacles à travers le Québec, tout comme ses différentes apparitions dans de nombreuses émissions de télévision, l\u2019ont déjà, bien sûr, fait connaître d\u2019un vaste public.Mais il lui fallait, après un an et demi de travail intense, d\u2019écriture, de conception de décors, de costumes et d\u2019accessoires, réaliser enfin son rêve, celui qu\u2019il nourrit depuis que, dès l\u2019adolescence, il se plaisait à imiter le facteur ou ses professeurs.Tout ce temps, tout en menant des études de philosophie et d\u2019histoire de la philosophie \u2014 il est même passé à un cheveu d\u2019aller faire ses études de doctorat dans ce do- maine, à Paris et, n\u2019eût été du contrat qui pointait avec les Monstres de l\u2019humour, sa vie aurait probablement pris un tout autre cours \u2014, il nourrissait le désir, profondément ancré en lui, d\u2019avoir un jour un spectacle bien à lui.«Avec les Monstres, j\u2019ai vécu évidemment une formidable école du spectacle et l\u2019expérience a constitué pour moi un véritable tremplin.Mais il était impossible, avec les aspirations personnelles que tous quatre, nous nourrissions, de former un groupe homogène comme peut l\u2019être le groupe Sanguin pai exemple.Nous étions conscients que ces quelques vingt minutes que nous offrions ne nous permettaient pas de livrer l\u2019essentiel du potentiel qui habitait chacun de nous.» En Estrie chez lui C\u2019est dans cet esprit que naissait «11 était une voix», son premier spectacle solo, un spectacle qu\u2019il s\u2019appliquera à venir \u2018casser\u2019 en région parce qu\u2019il y a trouvé un producteur, Bernard Caza, mais aussi parce qu\u2019en Estrie, il est chez lui.Originaire de la Beauce, Sainte-Clothilde plus particulièrement, il a passé l\u2019essentiel de sa vie à Thetford Mines où, incidemment, il a enseigné la philosophie à temps partiel tout en investissant dans sa carrière d\u2019humoriste.«C\u2019est au moment où j\u2019ai commencé à enseigner que j\u2019ai compris combien il était important pour moi d\u2019avoir un auditoire.C\u2019est là que Claude Doyon: l'essentiel pour moi, dans ce métier, c'est de me faire plaisir.j ai pris conscience que si j\u2019étais capable d\u2019enseigner, j\u2019étais aussi capable de faire du spectacle.» Mais, pour ce faire, il a dû faire des choix et mettre une croix sur beaucoup de projets \u2014 «si c\u2019était à refaire, je procéderais certainement différemment» \u2014 mais il ne regrette rien et est actuellement tout à la joie et à l\u2019angoisse, saine, de ce piemier spectacle.Une performance qui entend exprimer d\u2019abord et avant tout l\u2019idée d\u2019un individu habité par plusieurs personnages qu\u2019il s\u2019appliquera à mettre en situation précise.«Je n\u2019exploite pas la carte de la méchanceté mais plutôt celle de la beauté de coeur des gens que j\u2019imite; celle des Raymond Lévesque, Roméo Pérusse, la Sagouine ou le cardinal Léger par exemple.Ce qui ne veut pas dire pour autant que mes numéros ne seront pas drôles.» Les imitations occuperont une large place dans ce spectacle, de Montand à Ferland en n\u2019oubliant pas, notamment, Yvon Deschamps \u2014 son personnage fétiche \u2014, André Moreau ou Guy Godin pour ne mentionner que ceux-là, mais on y trouvera aussi des numéros de «stand-up comic» à travers lesquels Claude Doyon parlera notamment de sa condition d\u2019humoriste.Les thèmes qui l\u2019inspirent, ils sont variés, des MTS à la TPS en passant par la politique, l\u2019amour, les enfants, les problèmes de voiture et le reste.«J\u2019ai toujours cru en mon destin et j\u2019étais appelé, inévitablement, à voler un jour de mes propres ailes.Je suis cependant conscient que ce n\u2019est pas un métier facile mais je ne me préoccupe pas de ce que les autres font.J\u2019essaie de développer ma propre couleur dans mon approche de ce métier et, l\u2019essentiel pour moi, est de me faire plaisir.» Un spectacle à voir en primeur en région, avant que Claude Doyon ne passe la belle saison dans un théâtre d\u2019été, encore non déterminé, et ne fasse sa rentrée officielle à Montréal en septembre.c > O- CORDES, du britannique Elgar et le très agréable SIEGFRIED IDYLL, de Wagner.Julie Trudeau Intitulée LUMIERE, la présentation comprend 16 photographies couleurs de même format.Jean Bédard, tout en poursuivant sa recherche en macro-photographie, se concentre actuellement davantage à «utiliser la forme comme matière en mouvement.» Présentation sobre.Choix rigoureux.«Les formes abstraites fixées dans un univers tout aussi indéfinissable nous laissent l\u2019impression d\u2019une grande profondeur», écrit, à propos du travail de Bédard, le coordonnateur de la galerie, Luc Saint-Jacques.M.Bédard a maintenant quelque 15 ans de pratique artistique à son actif.Julie Fauteux ?Julie Trudeau Julie sera soliste invitée ce soir, au dernier concert régulier de la saison de l\u2019Orchestre de Chambre de Sherbrooke.La jeune musicienne interprétera le CONCERTO POUR VIOLONCELLE EN DO MAJEUR, de Joseph Haydn.Membre de l\u2019Orchestre mondial des Jeunesse musicales, Julie Trudeau joue régulièrement à l\u2019OCS et à l\u2019Orchestre symphonique de Sherbrooke.Elle a également, entre autres, participé au concert offert en mars dernier par le nouvel Ensemble de musique contemporaine Musica nova.Le concert aura lieu à l\u2019église St-Andrews, sous la direction du chef Marc David.Le programme comprendra aussi des extraits de WATER MUSIC, de Handel, trois pièces pour ensemble à cordes, du compositeur canadien Keith Bissel, la SÉRÉNADE POUR Jean Bédard ?Jean Bédard Le photographe Jean Bédard méritait récemment un premier prix, dans le cadre de l\u2019exposition collective actuellement en cours à la salle 1 de la Galerie Horace.C\u2019est d\u2019ailleurs lui que le Regroupement des artistes des Cantons de l\u2019Est a invité en exposition solo, en salle 2 de la galerie de la rue King Ouest, jusqu\u2019au 21 mai.?Julie Fauteux Julie a été choisie parmi des centaines de musiciens des sept Conservatoires du Québec pour faire partie de la tournée 1990 des «Concerts Bell» de l\u2019Orchestre du Conservatoire de Musique du Québec.Lauréate du Prix d\u2019expression musicale des CEGEPS du Québec, Julie Fauteux étudie maintenant le cor au Conservatoire de Montréal.Rachel LUSSIER «La lumière est plus belle quand on a traversé un tunnel.» (Edith Butler) Votre projet de rénovation doit être ?Son 17e album: une singulière énergie bien Rachel LUSSIER Pour ceux qui l\u2019aiment, et ils sont nombreux, elle reste toujours «Edith».Du ressort.De la fraîcheur.Une certaine naïveté ou alors un talent fou pour le bonheur.Du pittoresque.De la vigueur.Sauf qu\u2019avec ce 17e album, plutôt que d\u2019inviter son monde \u2018en party* dans le grand salon, Butler propose tantôt un dialogue auprès du feu, ailleurs une discussion entre amis, autour de la table de cuisine.Toujours galvanisée, voici que l\u2019énergie de la chanteuse se canalise autrement, voilà que les forces passent d\u2019abord par l\u2019intériorisation pour ensuite se libérer dans un univers plus éclaté, moins villageois.A travers cette palette sortie d\u2019une école intimiste qui ne va pas sans rappeler ses premiers albums, Edith Butler dit s\u2019être rapprochée d\u2019elle-même pour réaliser qu\u2019au bout du compte, elle est avant tout contente «d\u2019être en vie, contente de la vie».Des traces de mélancolie.Des questionnements.Des constats heureux.D\u2019autres difficiles.Des plaisirs, des désirs.Et une affirmation en coup de clairon.Nette.Définitive: un millénaire se termine, le XXle siècle est à la propre porte de madame Butler et elle n\u2019a ni l\u2019intention de s\u2019en dissocier, ni celle de se contenter de larmoyer sur le bulletin noir des nouvelles du soir.«Je sais que le monde va changer pourvu que moi, je sois humblement, mais consciemment participante à ce changement.» Participe présent?Vision optimiste?Oui.On n\u2019en n\u2019attendait pas moins d\u2019Édith Butler.Vision lucide tout de même.«Je ne dis pas qu\u2019il n\u2019y a pas de problème, je dis qu\u2019il faut voir les côtés positifs de notre évolution.Je dis qu\u2019il est important de faire concrètement sa petite part pour redonner à la vie ce que les prédateurs que nous sommes lui avons enlevé.» Trois annnées de silence.Et des coups au coeur.Qui ressortent sans fausse pudeur de l\u2019album.Des coups durs dont la femme semble être sortie l\u2019âme plus robuste.«La lumière est plus belle quand on a traversé un tunnel ou un hiver.» 36 mois de mutisme.Et de bons moments.Ur.temps d\u2019investigation.sauver ce qui reste.La seule façon de s\u2019en sortir est dans une fonction d\u2019amour.» S\u2019il en faut pour dénoncer.11 en faut aussi pour espérer.En ce sens, Butler est fidèle à un public qu\u2019elle a habitué au plaisir.Les partys.un apparté?Ce qui apparaissait chez-elle comme un don inné pour la joie de vivre ressemble désormais à un talent habilement cultivé, développé, contrôlé.A mon sens, son album le plus crédible.«J\u2019avais besoin d\u2019un recul, besoin de prendre mon temps, de lire, de discuter, d\u2019écouter, de retrouver l\u2019inspiration, de faire de la musique pour me faire plaisir, en dehors de toute convention.» II faut dire qu\u2019Édith Butler en a mis, du souffle, à faire «swigner le monde».Aujourd\u2019hui, elle cause de «mon swing à moi», c\u2019est-à-dire de ce en quoi elle, elle croît: l\u2019instant présent, l\u2019espoir, la clarté à travers les Une période de recherche de laquelle Edith Butler semble avoir tiré toute la fluidité nécessaire au bien vivre.«Je me sens privilégiée de vivre «les années Gorbatchev», d\u2019avoir vu la chute du mur de Berlin.Ca sent la nouvelle sève.J\u2019ai voulu y inscrire mon mot, ma signature, une sorte de testament.Je suis partie intégrante de mon époque, un être vivant responsable de ce que sera l\u2019avenir.Plus nombreux nous serons à le savoir, à le vouloir et à le fabriquer beau.» Edith Butler participe.Au présent.Crédulité jobarde?«Absolument pas.Mais s\u2019il ne se e trouve plus personne pour croire en 1 © la lumière, en son propre pouvoir « d\u2019agir, nous ne pourrons même pas J CL -® «/S C Q.Trois années de silence.Et des coups au coeur qui ressortent sans fausse pudeur dans son nouvel album.«Contente de la vie et contente d'ëtre en vie», Edith Butler a maintenant le goût d'espérer.brumes.(Je parle ici de Super Happening, à mon oreille une des meilleures pièces du disque, celle qui par son contenu, semble, avec Drôle d\u2019Hiver justifier l\u2019oeuvre.Évidemment, je peux me tromper.) Nous sommes au lendemain des partys.Non que l\u2019artiste renie ce qu\u2019elle a fait.Au contraire.«.mais c\u2019est comme dans la vie.Il y a les \u2019partys\u2019 et .les autres jours.Ceux où on a du chagrin, ceux où tout nous sourit.Les jours où on s\u2019inquiète de notre propre sort, de celui de la communauté, ceux où le quotidien sent le propre.Il y a les jours de pluie et les matins de plein soleil.» Bref, ces partys furent-t-ils des appartés?«J\u2019y ai pris plein de \u2019fun\u2019 et je continue de penser que les gens ont besoin à l\u2019occasion d\u2019air frais, gratuit, de temps de respiration naturelle.» Reste qu\u2019Édith avoue avoir, pendant cette période, laissé s\u2019éclipser une partie d\u2019elle-même au profit d\u2019une autre partie.«Je n\u2019abandonne rien.J\u2019ai seulement choisi de laisser jaillir mon autre énergie, celle du coeur, celle de l\u2019âme, celle qui vient du centre.» La manière de dire Si la pensée et la parole de cet album sont des plus contemporaine, le paysage sonore, quoique timidement modernisé, reste sensiblement le même, les rythmes ont évolué, mais on se demande si c\u2019est toujours dans le bon sens.Question d\u2019opinion personnelle.Mais il me semble que Drôle d\u2019Hiver, Drôle d\u2019Univers, dont sera tiré le premier clip, et Matawila, deux grandes idées, deux belles écri-turs signées Lise Aubut, auraient gagné en puissance dans une interprétation plus dépouillée.I\test permis d\u2019y penser car Dieu sait si Butler est de celles qui sont rythmiquement capables des meilleures performances.Mes choix?Outre Super Happening, quand même Matawila, Cajuns de l\u2019an 2000, un texte de notre Shérbroo-kois et national Steeve \u2018Cassonade\u2019 Faulkner qui colle à la peau de l\u2019autre comme une seconde nature, et le nouvel arrangement, tout en dentelle, de Un million de fois je t\u2019aime, qui atteint ici une profondeur presque secrète.Un dernier mot.On n\u2019attend pas de madame Butler qu\u2019elle donne dans le pop-mou-ordinaire-égal-in-sipide, mais qui fait mode.II\tne faut guère s\u2019attendre à entendre quelqu\u2019un d\u2019autre.Voilà qui l\u2019honore.Que l\u2019on aime ou non.Mutante en pensée, Butler continue de musiquer.Comme elle seule peut le faire.Hélène Martin décoratrice Design, Aménagement résidentiel et de burenu 3495, rue Richard Sberbiooke (Québec) J1L 1M8 H19-822-3710 14539 La Tribune, \u2014 Magazine Week-end \u2014 Sherbrooke, samedi 19 mai 1990 La Tribune, \u2014 Magazine Week-end \u2014 Sherbrooke, samedi 19 mai 1990 Pierrette ROY «C\u2019est le devoir d\u2019un créateur de se faire voir et de faire en sorte que son oeuvre soit diffusée».Or l\u2019écrivain Jean Fontaine, qui tient ces propos, ne pouvait souhaiter plus spectaculaire événement pour faire écho à ses convictions: car, récipiendaire du prix Robert-Cliche 1990 avec son roman «Les lièvres de Saint-Giron», il vient de voir son oeuvre publiée aux éditions Quinze et du coup, entraîné dans une vaste opération promotionnelle s\u2019étendant sur quinze jours et l\u2019amenant dans tous les coins du Québec.AU VIEUX CLOCHER de MAGOG Billets en vente au Restaurant 3 Marmites à Magog et au Vieux Clocher.RÉSERVATIONS: 847-0470 LaTribune chks.\u2022 ru>m VTV
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