La tribune, 25 avril 1990, Cahier 2
[" Forum CAHIER LaTribune Santé Sherbrooke Vivre nercrec Secrets Général Le budget aidera les entreprises à faire face à la hausse des taux d'intérêt Québec (PC) Le prochain budget provincial, qui sera déposé demain, comprendra des mesures pour aider les entreprises à faire face à la hausse des taux d\u2019intérêt.C\u2019est ce qu\u2019a laissé entendre, hier en Chambre, le premier ministre Robert Bourassa, en réponse à une question du chef péquiste Jacques Parizeau.Ce dernier s\u2019inquiétait notamment de l\u2019impact des taux d\u2019intérêt élevés sur le nombre croissant des faillites d\u2019entreprises au Québec.«Tenant compte de l\u2019ensemble du contexte, le niveau des investissements, le ralentissement économique, les difficultés de certains secteurs de l\u2019économie québécoise, dit M.Bourassa, il devrait y avoir dans le discours du budget des mesures qui, je Robert Bourassa Jacques Parizeau La saga constitutionnelle se poursuit.La saga constitutionnelle de l\u2019Accord du lac Meech se poursuit.Hier, le premier ministre Bill Vander Zalm de Colombie-Britannique a réclamé du premier ministre Brian Mulroney la promesse qu\u2019il n\u2019essayera pas de faire adopter unilatéralement des éléments de l\u2019Accord du lac Meech sans le consentement unanime des 10 provinces.Dans une lettre datée du 17 avril adressée à M.Mulroney et dont les médias ont pu prendre connaissance, M.Vander Zalm laisse entendre qu\u2019il pourrait passer à l\u2019action s\u2019il ne reçoit pas l\u2019assurance qu\u2019il demande au sujet des sections de l\u2019accord qui n\u2019exigent l\u2019appui que du Parlement et de sept provinces représentant 50 pour cent de la population canadienne.A l\u2019autre bout du pays, le premier ministre terreneuvien Clyde Wells a imaginé une nouvelle solution au cul-de-sac du lac Meech et propose à Brian Mulroney de tenir une conférence constitutionnelle réunissant les représentants d\u2019Ottawa, ceux des provinces, des deux territoires et des groupes d\u2019intérêt comme les femmes et les autochtones.Aux journalistes qui lui demandaient si sa lettre représentait un ultimatum, M.Vander Zalm s\u2019est contenté de dire qu\u2019il voulait tout simplement être informé de l\u2019état du dossier avant la rencontre des premiers ministres de l\u2019Ouest, au début du mois prochain.Il a ajouté par la suite que la lettre ne se voulait nullement un ultimatum.«Nous voulions simplement nous assurer que le gouvernement fédéral comprenait la même Québec n'a pas modifié sa position Québec (PC) Le gouvernement du Québec n\u2019a pas modifié sa position vis-à-vis de l\u2019Accord du lac Meech, a assuré hier le premier ministre Robert Bourassa à l\u2019Assemblée nationale.Il répondait aux questions du whip de l\u2019Opposition et député de Lac St-Jean Jacques Brassard qui avait souligné que «sept premiers ministres sont en train de concocter dans le dos du Québec une entente qui, non seulement affaiblirait et diluerait le peu de portée de l\u2019Accord du lac Meech avant même son adoption, mais jetterait en plus les bases d\u2019une réforme du sénat.» M.Brassard voulait avoir la double assurance que le gouvernement n\u2019avait pas changé sa position et que le gouvernement fédéral ne s\u2019associera pas à la démarche des Sept «et qu\u2019il ne joindra pas sa voix à des amendements constitutionnels qui excluraient la participation du Québec.» «Ce n\u2019est pas parce qu\u2019une manchette dans un journal prétend qu\u2019il y a sept premiers ministres qui se parlent entre eux, qu\u2019on est en face d\u2019une résolution constitutionnelle qui va être déposée incessamment.Les gens ont le droit de se parler entre eux,» a répondu M.Bourassa.«Je n\u2019ai pas la moindre indication de la part du gouvernement fédéral qu\u2019il modifierait ses prises de position au sujet de l\u2019accord du lac Meech.Je ne vois pas l\u2019homologue fédéral du député de Lac St-Jean, M.Lucien Bouchard, ne pas respecter les engagements qui ont été pris vis-à-vis du Québec et on connaît son importance au sein du gouvernement fédéral.J\u2019espère que ceci est de nature à rassurer le whip de l\u2019Opposition,» a ajouté le chef du gouvernement.chose que nous.que s\u2019ils ont quel-Vancouver ('Q que chose d\u2019autre en tête, ils nous le fassent savoir.» M.Vander Zalm avait lui-même suggéré, en janvier, de diviser l\u2019accord en deux parties dont l\u2019une pourrait être entérinée cette année et l\u2019autre, négociée au cours des trois années suivantes.Mais hier, il a expliqué que cette suggestion exigeait l\u2019unanimité préalable de tous les gouvernements, et qu\u2019à la lumière de la détérioration du débat, on ne peut vraisemblablement compter atteindre cette unanimité d\u2019ici le 23 juin.A Saint-Jean, Terre-Neuve, M.Wells a défendu sa proposition devant les journalistes en affirmant que la conférence nationale qu\u2019il suggère de convoquer aurait plus de chance de parvenir à un accord sur les principes du changement constitutionnel que ce n\u2019est le cas avec le débat acerbe qui entoure actuellement l\u2019Accord du lac Meech.l\u2019espère, seront de nature à satisfaire le chef de l\u2019Opposition.» M.Parizeau avait fait remarquer que 42 pour cent de toutes les faillites d\u2019affaires au Canada pour les premiers mois de 1990 ont eu lieu au Québec, où on compte deux fois et quart plus de faillites qu\u2019en Ontario, une situation que l\u2019on n\u2019avait jamais vue, même durant la récession de 1981-82.Pressions sur Ottawa Le premier ministre a par ailleurs indiqué que son gouvernement allait poursuivre ses démarches auprès du gouvernement fédéral en faveur d\u2019une réduction des taux d\u2019intérêt.«Les représentations du gouvernement du Québec, unanimement appuyées par les autres provinces, visent à modifier la politique monétaire actuelle», a-t-il déclaré.Le premier ministre a rappelé lui-même sa déclaration récente voulant que le «fédéralisme monétaire» ne soit pas à l\u2019avantage du Québec.11 ajoutait que cette politique de taux d\u2019intérêt élevés, pour combattre l\u2019inflation qui sévit dans certaines régions du pays, devrait être compensée par des politiques fiscales et budgétaires appropriées.«Si le gouvernement fédéral ne veut pas donner des instructions à la Banque du Canada, comme la loi le lui permet, a répété hier M.Bourassa, nous lui demandons à tout le moins de compenser par ses politiques fiscales et budgétaires.Ce qu\u2019on n\u2019a pas constaté dans le budget du 20 février dernier.» Un petit cadeau pour presque tout le monde Toronto (PC) Le gouvernement libéral de l\u2019Ontario a gâté les électeurs hier en déposant un budget qui prévoit un petit cadeau pour presque tout le monde \u2014 les étudiants, les agriculteurs, les habitants de banlieue, les travailleurs à bas revenu et les personnes âgées.Et le Trésorier Robert Nixon a chouchouté le reste des neuf millions d\u2019habitants de la province en présentant un programme financier qui, sauf pour un cent de plus sur les cigarettes, ne comporte pas d\u2019augmentation d\u2019impôt.11 n\u2019a pas offert d\u2019avalanche de dollars à l\u2019un ou l\u2019autre des groupes de citoyens qui se partageront les dépenses de 44,5 milliards $ que le gouvernement entend faire durant l\u2019exercice financier 1990-1991.En prévoyant un peu pour presque tout le monde, le budget de M.Nixon prépare bien la voie au premier ministre David Peter-son qui, après cinq années au pouvoir, devrait annoncer une élection à l\u2019automne.Sans annoncer de nouveau programme, le gouvernement a touché à presque toutes les facettes du financement public.Quelque 115 (XX) familles à bas revenu verront leur impôt diminuer d\u2019un total de 44 millions $, les agriculteurs se partageront un montant de 48 millions S pour pouvoir mieux résister à la hausse des taux d\u2019intérêt, et les municipalités seront soulagées de quelques coûts.M.Nixon a aussi parlé d\u2019une extension du service des trains de banlieue autour de Toronto, de meilleurs soins pour les personnes âgées, de stimulants fiscaux pour les manufacturiers et du transfert de l\u2019évaluation des propriétés et de la construction des aqueducs et des égouts à de nouvelles sociétés d\u2019Etat.Tout en augmentant ses dépenses de 6.8 pour cent, le gouvernement réussira à augmenter ses revenus d\u2019environ le même pourcentage, avec en outre un surplus de 38 millions S.Ceci signifie que la province aura un budget équilibré pour la deuxième fois en autant d\u2019années.Pour la première fois en 43 ans, le gouvernement réduira sa dette accumulée \u2014 soit 430 millions $ soustraits aux 39 milliards $ qu\u2019il doit encore, après les avoir empruntés pour la réalisation de précédents programmes.Une part des revenus de cette année proviennent d\u2019une série de taxes imposées dans le budget de 1989-1990.Ainsi, une hausse d\u2019un cent du prix d\u2019un litre d\u2019essence entrée en vigueur le 1er janvier dernier et qui apportera 900 millions $ dans les coffres de la province.CORSICA ET TEMPEST: ia9% SUR 48 MOIS JUSQUAU 27 AVRIL SEULEMENT LES CONCESSIONNAIRES GM *L offre s applique à tous les véhicules neufs Chevrolet Corsica et Pontiac Tempest 1990 et années précédentes, achetés et livrés à partir du stock d'un concessionnaire du 16 au 27 avril 1990.Toutes les demandes de crédit devront être approuvées par GMAC.Un acompte peut être exigé.L'offre de financement à 10,9% sans montant limite est réservée aux acheteurs au détail admissibles qui financent leur achat pour une durée maximale de 48 mois et minimale de 12 mois auprès de GMAC.Les modèles commandés pour les parcs et les véhicules loués ne sont pas admissibles à cette offre.Voyez votre concessionnaire GM pour tous les détails.Voyez également comment vous pourriez économiser sur la location au détail avec le programme Location Pluswt La Tribune, Sherbrooke, nercreai 25 avrii 1990 Forum ÉDITORIAL Au Québec, il y a 50 ans.Jean-Guy DUBUC On a du mal à concevoir ce drôle de monde d\u2019il y a 50 ans, dans un Québec coupé du reste du monde, centré sur la famille et encerclé par une Eglise toute-puissante, plus tourné sur son passé que vers son avenir, fort de ses traditions issues de la terre et mal adaptées à la ville, fier de son unanimité fondée sur le respect de l\u2019autorité, riche de valeurs qui lui conféraient son originalité.C\u2019est dans ce Québec qu\u2019ont vécu nos parents et grands-parents occupés à nous bâtir un monde ouvert sur des lendemains plus clairs.11 est ridicule de juger hier avec nos yeux d\u2019aujourd\u2019hui.Ridicule et surtout injuste.De toute façon, nos descendants nous jugeront aussi sévèrement, aussi injustement.Les humains sont ainsi faits: ils ne savent souvent que ce qu\u2019ils ne comprennent pas.Alors, juger de la condition des femmes d\u2019il y a 50 ans avec nos critères de maintenant, c\u2019est discuter du four à bois en consommant l\u2019énergie nucléaire.D\u2019ailleurs, personne ne condamne la société suisse pour avoir accordé le vote aux femmes en 1971 seulement.Même si le retard nous paraît honteux, méprisant et injuste.Ceux qui parlent le plus fort risquent d\u2019être les mêmes qui entretiennent l\u2019état d\u2019inégalité où sont encore toutes les femmes de tous nos pays.Il est peut-être plus honteux d\u2019accepter les conditions inférieures des femmes d\u2019aujourd\u2019hui que de leur avoir nié le droit de vote avant 1940.Car c\u2019est vrai que les femmes sont sous-représentées aux postes de commande de notre société, autant au gouvernement qu\u2019aux conseils de direction.C\u2019est vrai qu\u2019elles sont sous-payées ou regroupées dans des fonctions moins bien rémunérées.C\u2019est vrai que les hommes en abusent facilement et plus ou moins consciemment.C\u2019est vrai qu\u2019ils ont du mal à les intéger adéquatement à la vie du pouvoir.C\u2019est finalement vrai qu\u2019ils ont du mal à les reconnaître comme leurs égales, à leur offrir des chances égales.Il ne faut pas leur en vouloir: ils n\u2019ont pas l\u2019habitude.Mais aussi, c\u2019est lentement que les femmes apprennent à prendre leur place sans renier leur responsabilité, à demeurer soucieuses de maternité sans renoncer à leurs autres sources d\u2019épanouissement, à s\u2019imposer sans mépriser, à s\u2019affirmer sans cesser d\u2019aimer, à conquérir sans tout abandonner.Un bon bout de chemin vers le respect total de l\u2019égalité a été franchi depuis 50 ans: il faut le célébrer.Mais il en reste autant à faire.Avec autant de sérénité que de fermeté.DOCUMENT Liban: cette guerre qui n'en finit plus SALIM YASSINE BEYROUTH (AFP) En avril 1975, des miliciens des Phalanges chrétiennes mitraillent, dans une banlieue de Beyrouth, Ain Remmaneh, un bus où se trouvent des combattants palestiniens.C\u2019est le début d\u2019une guerre sans fin.Quinze ans plus tard, les chrétiens s\u2019entretuent à leur tour avec, en toile de fond de leur conflit, un plan de paix arabe qui prévoit un rééquilibrage du pouvoir en faveur des musulmans et légalise pour deux ans au moins la présénce syrienne au Liban.Quinze ans plus tard, le bilan n\u2019en finit plus de s\u2019alourdir.Plus de 150 000 morts, dont 40 000 enfants selon l\u2019UNlCEF.Un million de personnes (le tiers de la population) déplacées ou exilées.Des dégâts matériels qui se chiffrent en milliards de dollars.Une économie exsangue, une classe moyenne laminée, et une monnaie nationale qui a perdu, depuis 1975, plus de 200 fois sa valeur face au dollar.Et les 10 452 km carrés du Liban sont aujourd\u2019hui plus morcelés que jamais, alors que le maintien de trois forces armées étrangères (Syrie, Israël, OLP) et des milices (dont une alliée à l\u2019Iran) hypothèque les chances d\u2019une coexistence des communautés religieuses au sein d\u2019un Etat réunifié.Si les interventions étrangères ont joué un rôle essentiel, la résistance des chrétiens à tout changement menaçant leurs privilèges politiques vis-à-vis de la communauté musulmane a longtemps constitué la trame de la guerre, dans un pays créé en 1920 pour servir de «refuge» aux minorités religieuses et notamment chrétiennes d\u2019Orient.Ainsi, au Liban, la présidence de la République et le commandement en chef de l\u2019armée sont réservés à des chrétiens maronites.Rééquilibrât^1 du pouvoir Après la fusilladedu 13 avril 1975, les formations chrétiennes procla- ment la «guerre de Libération contre les Palestiniens».Ces derniers sont alors alliés aux formations libanaises musulmanes et de gauche, qui réclament un rééquilibrage du pouvoir.Menacés en 1976' d\u2019une déroute complète après un an de combats, les chrétiens appellent à la rescousse la Syrie, qui refoule hors de la montagne chrétienne la coalition «palestino-progressiste».Deux ans tard, ils s\u2019insurgent contre la «mainmise» syrienne et expulsent en 1978 par les armes les soldats de Damas du secteur chrétien de Beyrouth, posant ainsi les jalons du futur «pays chrétien».Ils renforcent alors leur alliance avec Israël qui, la même année, envahit le Liban-Sud et commencent à s\u2019y tailler une «zone de sécurité» pour faire face à la recrudescence de la guérilla palestinienne.Israël arme et entraîne la milice chrétienne unifiée des Forces Libanaises (FL) et, lorsque Tsahal entre dans Beyrouth en 1982 pour en ex puiser l\u2019OLP et la Syrie, le chef de le général Aoun cette milice, Bachir Gemayel, est élu à la présidence de la République.L\u2019assassinat de Bachir Gemayel, en septembre 1982, porte un premier coup aux projets israéliens.La Syrie parraine en décembre 1985 un «accord tripartite», entre les chefs des milices chrétienne, chiite et druze, auquel ne participe pas le chef de l\u2019Etat Amine Gemayel.Mais les «irréductibles» du camp chrétien rejettent la «Pax Syriana».Influence syrienne L\u2019influence syrienne est mise en échec par les chrétiens lors des élections présidentielles de 1988.Alliés cette fois à l\u2019OLP et à l\u2019Irak, le chef des FL et le commandant en chef de l\u2019armée, le général Michel Aoun, empêchent l\u2019élection d\u2019un chef de l\u2019Etat désigné à l\u2019avance par Damas et Washington.Un an et plus de mille morts plus tard, l\u2019impasse à laquelle a conduit la «guerre de libération», proclamée par le général Aoun contre la Syrie, pousse la classe politique chrétienne traditionnelle à accepter l\u2019accord de Taef d\u2019octobre 1989, parrainé par la Ligue arabe et appuyé par la communauté internationale.Aussitôt rejeté par le général Aoun, qui préside un cabinet de militaires chrétiens, cet accord destiné à pacifier le pays conduit à une cassure sans précédent au sein du camp chrétien.Et, depuis le 31 janvier, le «pays chrétien» est ravagé par des combats fratricides qui ont déjà fait près de 3500 victimes, dont près d\u2019un millier de tués.Ainsi, alors que la guerre entre dans sa seizième année, les chrétiens du Liban s\u2019entretuent au sujet d\u2019un accord qui rogne leurs privilèges.Et cet «accord de paix» si difficile à appliquer ne mentionne même pas le sort des 400 000 réfugiés palestiniens du Liban, dont la présence avait été le détonateur de la guerre et dont le destin semble désormais suspendu, comme celui de leur pays d\u2019accueil, à un règlement global du conflit du Proche-Orient.® Jean-Guy Dubut, -\u2019es e' Eahe.Jean Vigneault, 'êaare.' e\" chef Roth Bilodeau, ire-o s'e-aaçn\u2019 Les femmes ont encore d'importantes luttes à mener Laissez moi tester ces vieux réflexes TRIBUNE Il y a 50 ans aujourd\u2019hui, les femmes du Québec obtenaient le droit de vote.On se doit, bien sûr, de saluer toutes ces femmes qui ont lutté pour le droit d\u2019exprimer leur opinion \u2014 ces Thérèse Casgrain, ldola Saint-Jean, Yvette Rousseau et celles aussi qui ont travaillé à la base comme Blanche Gélinas et les autres.Mais l\u2019obtention du suffrage universel n\u2019a pas signifié pour autant la fin de l\u2019exploitation pour les femmes.(.) Les années 80 ont été difficiles pour les femmes.On a assisté au phénomène de «féminisation de la pauvreté»; 78 p.c.des personnes vivant sous le seuil de la pauvreté étaient des femmes; 120,00 familles monoparentales, dirigées par des femmes, vivaient de d\u2019aide sociale au Québec.Les femmes ne gagnaient encore que 60 p.c.du salaire des hommes et étaient toujours moins syndiquées qu\u2019eux; elles occupaient des emplois précaires et étaient toujours confinées dans des ghettos d\u2019emploi mal rémunérés.(.) Tout au cours des années 80, la situation, économique continue de se détériorer.(.) De 1982 à 1985, le revenu moyen des familles monoparentales a baissé de 2,000$.Statistique Canada révélait que le salaire moyen des travailleuses non-syndiquées était moins élevé en 1986 (9.17$/hre) qu\u2019en 1981 (9.53$/hre).(.) En ce 50e anniversaire du droit de vote pour les femmes, les femmes s\u2019interrogent sur les causes de cette pauvreté.Elles vont certes en arriver à la conclusion que les choix politiques de nos gouvernements ne sont pas étrangers à cette situation, tout particulièrement les politiques des dernières années concernant les privatisations et les coupures dans les programmes sociaux.L\u2019accord de libre-échange avec les États-Unis a déjà fait perdre le tiers des emplois dans les entreprises de moins de 250 personnes.En Estrie, depuis un an, déjà 2,000 emplois industriels se sont envolés.On sait que les secteurs les plus vulnérables au libre-échange, (secteur manufacturier, service et commerce) sont ceux occupés majoritairement par les femmes.Les politiques contenues dans le budget Wilson pénalisent particulièrement les femmes.La nouvelle loi sur l\u2019assurance-chômage, les coupures dans les programmes pour les femmes, la mise au rancart des maigres subventions promises pour les services de garde, les coupures dans les programmes de formation de la main-d\u2019oeuvre et du logement social et une taxe sur les produits et les services: voilà autant de mesures qui consacrent la pauvreté des femmes.Au Québec, la nouvelle loi sur l\u2019aide sociale est aussi très pénalisante pour les femmes.Devant toutes ces attaques, il est intéressant de constater la mobilisation grandissante des femmes.Sans oublier la lutte pour des changements de mentalité, de plus en plus de femmes intègrent les dimensions sociales et politiques dans leur lutte.Déjà, elles ont su faire reculer nos gouvernements sur certains dossiers.Profitons de ce 50e anniversaire pour fêter les gains des femmes et saluer leur mobilisation.Profitons-en pour inclure nos revendications sociales et politiques à l\u2019agenda des femmes.Lorraine Jobin pour la Ligue des femmes du Québec, section Sherbrooke Pour la fête des mères Nous invitons les enfants de 6 à 12 ans à écrire une courte lettre à leur maman ou à leur grand-maman, à l\u2019occasion de la fête des mères.Nous publierons certaines de ces lettres qui devront être signées et comporter l\u2019adresse complète, y compris le numéro de téléphone.Parmi les lettres reçues, nous tirerons au hasard un nom et le gagnant aura droit à un arrangement floral d\u2019une valeur de 50 $.POINT DE VUE Sommes-nous condamnés au chômage élevé?NDLR: Les 14 et 15 mai prochains se tiendra à l\u2019Université de Montréal un colloque sur l\u2019économie et les politiques sociales.Voici le troisième texte d\u2019une série de quatre qui nous ont été soumis à ce sujet.Depuis déjà le début des années 70, les économies occidentales, et particulièrement celle du Canada, vivent une longue période d\u2019ajustement structurel.Elles doivent s\u2019ajuster au redéploiement des marchés à l\u2019échelle mondiale et à l\u2019internationalisation des marchés qui accentuent les forces de la concurrence; elles doivent également renouveler leurs équipements et leurs structures industrielles rendues vétustes.Ces problèmes d\u2019ajustement structurel sont d\u2019autant plus difficiles à surmonter qu\u2019à partir de la deuxième moitié des années 70, les gouvernements ont commencé à adopter des politiques économiques caractérisées par l\u2019austérité.Les gouvernements ont cherché à réduire le rythme de leurs dépenses, à contenir leur déficit; les banques centrales, de leur côté, ont pratiqué des politiques de taux d\u2019intérêt élevés.Ajustements plus difficiles L\u2019impact des politiques macroéconomiques des gouvernements a été de rendre les ajustements structurels plus difficiles en accentuant les problèmes de chômage et en rendant plus onéreux l\u2019investissement productif pour les entreprises.Dans ce contexte, nombreuses sont les entreprises qui ont choisi la stratégie d\u2019augmenter leur compétitivité par la réduction des coûts de main-d\u2019oeuvre plutôt que par la recherche d\u2019une productivité accrue.Compte tenu du fait que le coût du capital est élevé et que la main-d\u2019oeuvre disponible est abondante, cette stratégie est logique pour les entreprises mais dangereuse pour la société.D\u2019autres entreprises ont choisi de rationaliser leurs opérations pour augmenter leur taux de profit et le rendre concurrentiel au taux d\u2019intérêt.Ces rationalisations ont pour effet d\u2019augmenter le chômage.D\u2019autres pays occidentaux, la Suède et la Norvège pour ne nommer que ceux-là, ont réussi et réussissent aujourd\u2019hui à relever le défi des ajustements structurels plus facilement que le Canada sans créer les tensions sur le marché du travail que le chômage génère.Ces pays réussissent à devenir plus compétitifs en augmentant leur productivité sans nécessairement réduire les coûts salariaux.Le phénomène du chômage Par ailleurs, le chômage n\u2019est pas un phénomène aléatoire frappant également les groupes socio-économiques.Bien au contraire.L\u2019incidence du chômage étant inégale, certains groupes seulement en subissent les effets directs bien que toute la population en subit les effets indirects.Parmi les effets indirects du chômage sur la société, l\u2019un des plus importants est sans doute la menace que le chômage pose pour les programmes sociaux et l\u2019Etat-providence en général Le consensus social d\u2019après-guerre au Canada concernant le développement des programmes sociaux s\u2019est effectué sous l\u2019hypothèse que ceux et celles qui voulaient travailler pourraient le faire sauf pour de courtes périodes de récession.Sous cette hy- pothèse, toutes les personnes aptes au travail pouvaient contribuer au financement des programmes sociaux universels.La sécurité économique au Canada a donc pris la forme du développement de régimes d\u2019assurance publics et privés en cas de maladie, d\u2019invalidité, d\u2019accident, de chômage, i de mise à la retraite; l\u2019aide sociale 4 étant le filet de sécurité principalement pour les personnes normalement inaptes au travail.Dans la mesure où un chômage élevé perdure, les coûts de l\u2019assuran-ce-chômage augmentent.Par ailleurs, dans la mesure où le chômage frappe plus particulièrement certains I groupes qui ne peuvent bénéficier d\u2019assurances publiques ou privées, le programme d\u2019aide sociale devient le | filet de sécurité pour un nombre croissant de personnes aptes au travail.L\u2019accroissement des coûts de l\u2019aide sociale et de l\u2019assurance-chômage remet en cause le consensus social d\u2019après-guerre.On assiste simultanément à une crise au niveau du financement des programmes sociaux et une crise au niveau des valeurs.Doit-on accepter de vivre avec un chômage élevé et édifier nos institutions sociales en conséquence?Doit-on plutôt, à l\u2019instar des pays comme la Suède, la Norvège, l\u2019Autriche et le Japon, refuser de vivre avec un chômage élevé?Doit-on opter pour une sécurité de revenu minimum ou pour la sécurité d\u2019un revenu d\u2019emploi?I-a-quelle des deux stratégies est la stratégie gagnante pour la société?Diane Bellemarre Professeur Sciences économiques Université du Québec à Montréal Santé La Tribun* S3 $¦\t% j \\ \\ ' 1 - ky 1 - , D' 1 ' .s 'JJ*\t1 \t\t1 \\|\ti \t\t.J \t\tJ \\ \\ -N Æ : .\t\t \t \t\tI \" 1\t\t J / m\t L/j\t\t GRAND CHOIX VOILAGES DENTELLES Couvre-lits-douillettes (sur mesure) Grand choix d\u2019élégantes dentelles classiques, voilages diaphanes ou à motifs, en plus d\u2019une vaste gamme de tissus décoratifs assortis à une collection complète de douillettes et couvre-lits.ROSEDALE-SALETEX QUEFAB-CRÉATION ANDAJE ,V'e i\\j G VVC»\tr.o«- .69 99 a o° r.CfcO'* à 'T \u2022
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