La Gazette de Joliette, 21 mai 1879, mercredi 21 mai 1879
[" ANOUNEMENT.Un AN.; von snscconen ner .69.50 Pi (œu OF} verv00 8.80 (Payable d'avance.) Les frais de te sont compris dans les deux cas.14eme ANNEE, ere Feuilleton ! LES IDOLES RAOUL DE NAVERY.\u2014\u2014 Il UN FILS PRODIGUR.(Sudted À peine Xavier eut-il le pied dans les cercles que les cercles me le prirent.Il devint nn coco dbs, un petit crevé, nn gommeux ! trinité de noms caractérisant le même être personnel, inutile et prodigue.jroduit \u201cd\u2019ane societé qui s'effondre\u2026 Je compris le danger, je voulus enrayer le mal.Il était trop tard.Xavier avait tdn, au milieu de ses compa- nons d'orgie, cette fleur de res- ct de famille, de bon ton et de tendresse qui ne se conservent qu'au foyer puternel\u2026 Mes obrer- vations le fruissaient; il y répondait avec aigreur et me quittait morose et chagrin.Je Y'eimais, et je le rappelais.en le rappelant je Toi dounais encore ce w'il me demandait.Et cela dure dopuiscing uns! Mais je suis las desolder cette paresse élégante ! je ne me crois plus ie droit de sub venir davantage aux dépenses d'un ingrat qui me prend presque pour ss dupe.A partie d'aujour- d'hui, la caisse est fermée.Noit ! dit Sulpice, mais le père rouvre ses bras ?\u2026 Au fils repentant, certes : Tn ne comprends punt-être pes.Sulpicepourquoi je souffre aujourd'hui doublemert de la conduite de Xavier ?C'est que je la compare à celle de Benedict, won vrai fils, c'vst cet orphelin qui va s'appeler son père, et qui trouve la jeunesse et le talent un assez beau capital pour qu'il ne soit pas besoin d'y ajouter des Fous.L'absence de Xavier ce soira Été la goutte d'eau faisant déhorder la conne d'atmertume.\u2026.À partir de demain, Xavier travaillera et prendra la direction de la fabrique, sous ma surveillance.\u2014Bien ! mon père, je vous approuve de couper court au mal; une heure viendrait où il n'en se- ait plus temps.Je vous su plie seulement de mettre de la douceur dans vos reproches.Il n'a pasle cœur méchaut, ce prodigue ! Ses ainis l'aiment.Sabine le chérit du toute la puissance de eon coeur angélique, et moi aussi.mon père, je porte à Xavier l'a- mbur que ressentent les mères pour leurs fils malades, en danger peut-être, Si je maudis ses Wen j'espére en vflucer les traces, Los vices m'épouvantent, les horames vicieux m'attristent\u2026 car, de même que le Christ, je suis entré dans le moude du sacerdoce, hon pour cenx qui se portent bien, mais pour ceux qm sont malades | Ne nous les issimnlons pas, Xavier est le Benjamin de la famille.Et s'il se rend, hélas! presque indigne d'une préférence dont nous sown: mes tous complices, je evis sûr qu'il 'efforcera plus tard de la mériter ?~=Dieu t'entende ! murmura Pomerent.\u2014Oni, si vous me prometes de lui parler doncement.=Âvec fermeté, mais sans colère =\u2014Tout ira bien, croyes-le.Et pour vous distraire de cet enire- tien bien lugubre pour un jour de flançaillee, Écoutez la musique de Babine, de la belle, bonue et nde musique, comme Bénédict it de la belle et noble sculpture.En offet, In foune fille, quittant le piano sur lequel elle venait d'exéouter de brillantes fantsisies, n'etait assive à harmonium, et jouait une des merveilles de la musigne religieuse, l'O Jeru, de Haydn.Cette prière si large.ai coppiiante, qui fait auceéder au vri d'angnisne de l\u2019homme la supplication caressnnte de l'enfant, | pl était interprétée par Bubine avec rt tr te dr = LA | GAZETTE DE JOLIETTE Parait tons les Mardi et Vendredi.un sentiment d'uce exquise profondeur.| Personne avant elle n'avait au déteiller ce morseau avec un semblable talent.et Bénediet, en fermant les yeux, pouvait se croire vous les votes pleines d'ombres d\u2019une chapelle, écoutant la voix d\u2019un orgue saint, portant sur les ailes des notes de la prière de la foule agenouillée.une telle expression d'inspiration, qu'il lui dit, d'une vois contenue : \u2014Restez ainsi une minute encore ! l'un prochain j'euverrai ane sainte Cécile au Salon.Quand la mélodie religieuse v'éteignit sons les doigts de Bubine, ce fut le signal de l'adieu.Bénédiet sorru les mains de Pomereul et de Bulpice, prit une fleur que lui tendsit sa fiancée, et quilts cette famille que, désormais, 31 considérait comme la sienne.-\u2014Â demain, lni.dit Pomeren] ; ton couvert sera mmis tous les jours.Lorsque le senipteur se fut éloigné, Sabine souhaita le bonsoir a aon pere : \u2014J'espère, lui ditelle, que vots n'aîlez pas travailler ?\u2014Uue lettre à écrire seu chère fille.\u2014Je comprends \u2026 dit Bulpiée, vous voulrz attendre Xavier.\u2014Oui, mon fls;\"il apprendra ce soir ma decision.\u2014Souvenez-vous de ce que vous m'avez promis.\u2014Svis trauquille, Sulpice! re pose eu puix, mou digne fils! Le jeuve prêtre monta au dernier étage de l'hôtel, où sa chambre ve trouvait aituée.Babine gagna son petit appartement, placé entre celui de l\u2019ome- reul et celui de Xavier.La jeune file qui recommandait vi bien à son père de ue pas prendre snr le repos de la nuit, w'ausit en face d'une petite table et av init à écrire avec une repi- dité due nu sentiment d'une joie et d'une inspiration vraies.Pendant ce temps, Pomereul sonnait Baptiste, \u2014Vousme préviendrez, dit-il, quand M.Xavier rentrera.\u2014 Mais, M.Xavier est chez lui depuis une beure \u2014 Alors, pries-ie de passer dans mon cabinet.Un moment apres, Xavier se trouvait en face de son père.Su physiouomie portait les traces de veilles of de chagrins pre.cocus ; l'œil était presque éteint ot les lèvres sans couleur.toilette, d'ordinaire si soignée du jenne homme, était frippée.pree- que débraillée ; un tremblement nerveux agitait ses mains.\u2014Pourquoi n'avez-vous pas assister au diner de famille?de- munda Pomvreul.\u201cLejeune homme bsissala tôle sans répondre.\u2014Où étiez-vous P reprit le ne- gociant.\u2014Au cercle! \u2014Et vous ous avez préféré Ia société de vos amis?\u2014Je n'ai pas ding, vépliqua Xavier, d'une voix basse, \u2014 Que faisiez-vous douc ?\u2014dJe jonais ! \u2014Vous jouirs! Et vous aves perdu, n'est-ce pas ?J'ai perdu, mon père ! \u2014Une grosse somme ?Oui, mon père.\u2014Combien, \u2014Quarante mille france / \u2014Vous possédies done une bourse de jun considérable / ~Nou, mon père\u2026 Je jouais aur parole ! \u2014Ah ! il se trouve des gens qui tisquent contre vos quarante mille francs sur parole ?Cela fait honneur à leur confiance.\u2014FEt 4 ma loysuté, mon père.-\u2014Domment cela ?\u2014Cela prouve que si je fais des duties, jo lea paie; que of je contracte un emprunt, je le rembourre.\u2014Âves quoi ?demanda Pometeul \u2014Aveo.aveo l'argent que vous voulrs bien me donner, mon lement, ère.P \u2014atlons ! dit le banquier, Pentretien que nous devons avoir sera ua long que je ne pensais.Je voulais vous laisser debout comme En ies rouvrant, li trouva à Sahiue \u2018 JOLIETTE 21 un coupable * reste devant con juge.mais j'ai pitie da la pros tration dans laquelle je rons voir.; Prenez un siège et écoutez-mai\u2026 En entendant, pour le première fois, son père lui parler avec Cette froideur glaciale, Xavier perdit le peu d'assurance qu\u2019il gardait eu- cor et tomba lourdement daus un fauteuil.\u2014Quand j'épousai voire mère, reprit Pomereul, elle était pauvre, je vivais moi-même de mou métier de cixgleur et de monteur, et; , hous conn times ssses les mauvais jours pour avoir Ir temps de none apprécier davantage.Quand la fortane vint, elle nous trouva prémunis contre ses dangers.Votre mère resta ce qu'elle était, une sainte et modeste créature, et vi elle posséda des écrins, dont le cadean flattuit ma tendresse sans \u2018exciter sa vanité,elle ne m'en demanda jamais.Elle vous nournt tous les trois, sachant rester une mère de famille sccomplie et une ,frmm¢ aimable.Elle veilla sur vous, tant que Dien Ini permit de vivre, ef nn jour elle me laissa \u2018seul.Oui, seul! non que je ne \u2018tous aimasse point tous les frois ; mais si vous remplissies une \u2018grande part de mou cœur, il en \u201cest une qui resta toujours veuve.Je ne trahis pus le souvenir de \u2018chère morte, et je me vouai à votre (ducation.Sulpice et vous, Xavier, vous regfites les mêmes leçons, données par les mêmes | profesreurs\u2026 Sans donte Sulpice, Qui avait davantage vécu avec FA t mère, et garda durantuge l'angi!' que empreinte, car dès qu'il fat jen Age de penser, il devint sérieux dès qu'il lui fut possible de choisir une carrière, il se décida pour tle sacrifice perpétuel de soi, l'abnégation de tous les jours, il entra dans le sacerdoce : c'était déjà un apôtre\u2026 Le séminaire le prenait, vousseul me restics; vous seui deviez vivre de ln vie mou- daine et continuer la famille et un nom de braves gens; ui cela 1t'es- cuse pas mes faiblesses, cels les explique, da moins\u2026 J'ai cro longtemps que vous cédiez à l'ef- nesse; j¢ ne mis poiut assez tôt votre volonte sous le jong du travail, et chaque jour je s-ntis que vous m'échappies davantage \u2026 \u2014Mon père ! \u2014Ne m'interrompes pas?vous répondres plus tard.Vos besoins [actices grandirent & mesure La!qu'ils se virent satisfuits.Vous prites soin d\u2019exciter un côté dan- gerenz de mon affection et de mon amour-propre paternel.et depuis ce jour jo n'ai plus été pour vous que le pourvoyeur de vos prodigalités et presque, par cela même, le complice de vos fautes.Mais on s'arrête quand on veut, fat-ce sur ls.pente déclive d'une montagne.Jo vois I'abime, je ne veux pas y tumber, et je sens que vous y ronlex.J'ni payé vos chevaux, soldé ler dettes que vous avez contractées.C'en est asnex! le banquier n'existe plue ! Quaut au père, oelui-la, vous le trouverez st vous le von- lex, et il ne faut pour cele que changer de vie.Benlement, je ne me contenteral point de promesses ; il me faudra des faits.\u2014Commandes, mon père, dit Xavier, avec nbuttement \u2014Aves-vous fait du nouvelles deites ?\u2014Oui, mon père.\u2014Leur total atteint un chiffre total de.\u2014Vingt mille france, & pen prés.i \u2014Ajoatons-en cing, pour I's.peu pren.dit Pomerwul, en écrivant ve chitire sur une feuille de pier.J'avais donner ordre à mon tapinter de renouveler saou smeu- blement.\u2014Un ameublement qui date de cing ans.Enfin ! Je dounurai contre-ordre au tapissier et.s'il y « lieu, je l'indemnisersi\u2026.Quant aux trente mille francs, dus 4 di- ser sréanclers, le pente de votre urie suffire pour les peyer.\u2014Vendre mes chevaus / ae oria Xavier.; \u2014An Tattoresl, dane hult jours.\u2014Mais, on dira que je suis fervescence passagère de la jen-| pas MAI 1879.| ruiné ! \u2014J'aime mieux cels que de me rainer moi-même \u2014Ft la dette d'aujourd'hui ?reprit Xavier, anxieux.\u2014Pour celle-ci, vous prendres des oy ments.- rrangements, quand il v'agi d'une det de eu D Y son- ges-vons mon père ?Mais, elles sont sacrées, celles-lè 11] y va de mon honneur ! \u2014Honnenr ! dettes sacrées ! re- pétg M.Pomereul.En vérité, vous partenez d'une façon siu- gr fère à altérer la sons des mots.argnoi donc, je vous prie, la dette de jau est-elle plus sacrée que toute autra dette?Est-ce porce que l'amour du jeu est un vice 9 Je trouve, moi, monsieur, qu'une dette bien autrement 68-; crée est celle que l'on contracte | jenyers un marchand, Uni onvrier vivant de sun gain et de son sa laire.Ea retardaut + paiement de votre dette, vous ponves jeter l'an dans la faillite et l\u2019autre su le paré.C'est un peu plus grave que de faire attendre un jeune homme au col cassé qui a aé sur un coup de cartes une partie de l'héritage paternel.L'honneur ! muis l'honneur, c'est de remplir suvers tout les devoirs qui nous la [sont imposés par la société comme par Is conscience.Pour le soldat, c'est de défendse son drapeau au prix de #a vie; pour le magistrat, de rester intègre ; pour l'artiste, littérateur.statuaire ou peintre, d'employer ses talents a la giorifica- tion et à la représeutation du bena ; ur ie négociant, de ne jamais asser protester sa signature ; pour le fils, de payer au père sa dette des reconnaissance, de respect et de travail! -L'hounear, j'en puis sarler, car j'ai gardé le mien! ais je vous défends de prononcer ce mot yuaud il s'agit d'une dette de jeu ! Et la loi ies regarde si peu comic sacrées qu'elle ne les re- connait pas.\u2014C'est vous, mon père, qui me conseiileries.\u2014Je ne conseille rien, je déclare seulement que je ne paierai \u2014Et comment ferai-je, mon Dieu ?\u2014-Vous prendrez des arrange ments avec ce créancier, comme toute votre Vie vous en avez pris avec lus autres.Vous demanderez des époques d'échéances fixes, et on vous les accordera.Vous ue savez pus, car vous restez étranger aux choses de la famille, que j'ai fiancé aujourd'hui votre sœur à Be: nvdict\u2026 Je ne me trouve pas le droit de sacrifier sa part et celle de Sulpice à vos folies.Je ne jetterai point leur fortune dans le uffre que vous creusez\u2026 Dès emain vous prendres la direction de la fabrique, et Vous recevres douxe mille francs d'appointements par an, C'est sur cette somme que vous libérerez do votre dette de jeu.\u2014 Mon père, dit Xavier, se le vant, pâle, livide et se soutenant mal sur ses jambes, vous ne forex pas celn, Vous ne m'obligerez à avouer ma pénurie, à demander des dulaie\u2026 Vous me donnerez ces quurunite mille france, et vous me refuserez après ce que vous voudrex\u2026]| ne faut pas me réduite à cuite honte, à ce désespoir.Que sont quarante mille france pour vous?\u2014Une pareille somme repré- rente les économies persistantes de plus d\u2019une famisle ! Quarante mille france ?Combien l\u2019on sanve- rait de petits marchande de la banqueroute, et de gens du désespoir avec cette somme / Je vous l'ai dit, vous aves dépensé plus que votre part d'héritsge, le reste appartient à Babine et à Sulpice.\u2014Kt quel besoin mou frère a-t-il d'ane fortune, lui qui loge dans une mansarde, marcherait voion- tiers pieds uns, ot oe contents de pain et d'eau.\u2014Vous oublies ses pauvres, monsieur, «Ah! ¢'est horrible / atroce ! Bt le jeune homme.Je veux bien me corriger.renoncer À font.entrer même à le fabrique, Mme con- À GAZETTE DE JOLIETTE POLITIQUE, COMMERCIAL, AGRICOLE ET D\u2019ANNONCES.(Répick pan yx Cours px COLLAPORATEURS.] \\ ou, soldes-la.Il lo faut, mon pbre,, | le faul, voyez-voms.Je veux votre parole, une promesse.Il y s de l'or dans cette caisse\u2026donnez- m'en, que je paie ! qne je paie \u2018 \u2014J'ai dit non ! répliqua le fabricant, en faisant un effort pour dompter l'impression violente que lui causait la douleur de Xavier.\u2014Prenez garde, mon père ! prenez gardo ! Ât Xavier, en s'approchant.tont égaré, du bureau de son père.\u2014 Misérable ! vous me menaces ! s\u2019écria Pomereul, eu se levant.Au moment où le père et le Bl4; se trouvaient ainsi face à lace,| l\u2019un livide de rage, l'autre sous l'empire d'une indignation vio-! lente la porte du cabinet s'ouvrit brusquement, et Sabine, épouran- the, se jeta entre eux.Xavier la repoussa, et la jeurs fille, en pieurs, onisgn de srs denx bras le cou de aon père.(A Conpiauer.) VOL £T WEVATRE\u2014On lit dans PUr- vers du 20 avril : Avanthicr soir, d six heures, un garçon de boucher faisant sa tonrnée,
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