Le Franc-parleur. --, 31 mars 1874, mardi 31 mars 1874
[" Cm pr = et em ore db eeeodtt anal Vor.IV.No,.88 ABCHIWCICNTS, TARIF DES ANNONCES.UN AN.Canadassesscrsscssseresscosisssees $3.00 Etats-Unis (en or) .+.+.0000006 3.80 (payable d'avance.) SIX Mois.\u2018Canada.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.Etats-Unis.vu.esse 00000 (payable d'avance) Vendu dans les'dépôts 3 cts.Les frais de poste ne sont pas compris dans les trois cas.2000000.ft.50 | 1.7% N.B.\u2014 L'abonnement et les frais de poste pour l'Europe et les Etats-Unis sont nvariablement payables d'avance.L'Edition paraît le mardi et le vendredi FF Voir notre annonce à la quatrième vage.CREDID} - PROPTER - QUOD» LOCVEVS - SV.Première insertion, par ligne.o.08 Chaque insertion suivante par ligne.0.03 Unie remise libérale est accordée pourles annonces à long terme.i Toute correspondance, etc, doit être __ munie d\u2019une signature responsable.ÿ RRDACTION, | Leslettres et manuscrits destinés A la rédaction doivent être adressés M.Avocrue OvturT ÿ RibAcTRUR-#N-CHKF du journal Le Franc-Parieur, Les manuscrits déposés ne sont par\u2019 rendus.s BUREAUX : 22, RUE SAINT-GABRIEL.ts te ADOLPHE OUIMET, RÉDACTEUR-PROPRIÉTAIRE.Prix: $3.00 PAR An Feuilleton du \u201c Franc-Parleur\u201d UN CŒUR PUR.CHAPITRE VII ( Suite.) Pauvre cnfant ! dit l'abbé Gervais, en- corc une épreuve.Mais grâce à Dicu, elle n'est pas au-dessus de votre courage.Vraiment, il n\u2019y n d'autre repos ici-bas que dans unc soumission absolue à la volonté divine ! là est votre force ; que 1ù soit toujours votre confiance, tout s\u2019aplunira un jour devant vous.Maintenant il y à fort à réfléchir sur cette grave affaire ; et j'incline à penser comme notre excellent ami, qu'il ne faudrait peut-être pas rompre si brusquement avec M.et Mme Daurival.\u2014Mon Dicu ! s'éerin Clotilde, qu'ils ignorent à jamnis cetto triste affaire ! Quant à me retrouver en présence de M.Adrien, ccla ne me paraît ni convenable, ni prudent.\u2014Sans doute, ma chère enfant, roprit l'abbé Gervais ; mais aussi pourriez-vous reprendre une place où vous avez fuit déjà quelque bien saus vous exposer à cette pé- niblo rencontre ; et c\u2019est à quoi je songe.Vous savez pourtant si je voudrais quelque chose qui ne fût pas digne de vous ! \u2014Si je le sais, reprit Clotilde, ct je crois aussi quo vous ne blâmerez pus ma résolution.- \u2014Non, certes, je ne le blâme pns ; mais en réfléchissant À notre digne ami Florentin, je pensu que nous pouvons éviter peut-être une rupture si fücheuse ct qui sera toujours très-difficile à expliquer.Eh bien, lnissez-moi méditer.un moment sur toutes ces pénibles circonstances; demeurez ici, et, avant une heuro ou deux, je reviendrai vous soumettre une décision définitive.Priez Dieu qu'il m'inspire ct dispose toute choso favorablement.Et vous, mon cher Florentin, Vous excusez l'initiative que j'ose prendre ?U'est mon onrac- tère de prêtre qui, seul, m'en donne l\u2019assurance.\u2014Allez ! très-cher ami, allez ! dit Florentin, vous êtes l\u2019homme de la paix ; puis- siez-vous la ramener bientôt parmi nous ! L'abbé Gervais sortit, sans trop appuyer sur co qu\u2019il voulait faire pour ne pas alarmer davantage la pauvre Clotilde, TI était résolu de voir immédiatement le capitaine Daurival et de s'expliquer franchement sur lo déplorable résultat de son imprudence, Ul ze dirigea dône vers le faubourg Saint-Germain, mais en suivant assez lon- guemont les quais du côté du Louvre, pour se donner le tomps de réfléchir à ce qu\u2019il allait dire, réunissant et affermissant dans son csprit toutes les bonnes pensées qui s\u2019y présentaient, cn priant Dieu de bénir sa démarche.Il arriva de la sorte à In porte de l'hôtel Daurival, entra sans plus délibérer ot demanda le capitaine.| L \u2014Je ne lo crois pns sorti, répondit un domestique, veuillez me suivre, monsieur l'abbé.\u2014C'est bien le cas de saluer fon bon ange, se dit l'abbé en levant les yeux en haut.: Tis montèrent l'escalier : le domestique s'étant assuré de la présence de M, Adrien, annonça l'abbé, Gervnis, l\u2019introduisit.et se retira.Lie capitaine a'était- levé et, avec un visage singulièrement contracté, une politesse toute silencieuse, vint au devant de l'abbé Gorvais qui dit nussitôt : ,\u2014Pardonnez-moi ce dérangoment, Monsicur ; je vions vous demander quelques moments d'entretion, nyant à vous oxposer uno.\u2026.affairo véritablement sérieuse.\u2014Je suis prêt à vous écouter, Monsieur, répondit Adrien d'une voix concentrée, ct en montrant un siègo d-son respectable interlocuteur.' : \u2014Mousicur, reprit alors 1'abbé aves décision, vous ôtes militniro ct vous deves aimor la franchise ; joe no vous suis pns entièrement inconnu, ayañt quelquefois l'hon- nour d'être requ par vos parents ; ot mon habit vous dit assez quel ordre d'idées j'ai.mission do protéger on tous lieux.Peor-\u2018 mattez-moi done do vous soumcttre quelques observations relativement à uno joun3 personne qui a su mériter l'estime ot l\u2018attachement do'votre famille, que pour mion compte j'honoro à l\u2019égal des plus.distin.gudos, et que copendant vous avez eu, lo! mulhour d'offcuser crucllement.(Adrien 4 fit un geste expressif de pcine et de regret.) Je suis, Monsieur, je suis quo vous déplorez séricusement ce moment d\u2019oubli, et ce n'est pas moi qui diminucrai le mérite d'un retour.Tous, nous pouvons fuil- lir, mais l\u2019homme d\u2019honueur seul se relève en condamnant ses écarts.Soyez donc fé- licits, Monsieur, pour avoir reconnu l'éminente vertu de Mlle Germont ct lui avoir rendu justice.| Malheureusement une conséquence déplorable se produit : c'est que Mlle Germont a pensé ne pouvoir plus demeurer dans votre famille ; et retirée déjà chez notre digne ami, M.Florentin, elle a résolu de ne plus paraître ici.J'achève, ajouta l'abbé Gervais, en voyant Adrien se lever tout ému ; ur, je crois être vrai en disant que ce sera une peine nussi grande, peut-être, pour Mlle Henriette et votre famille, que pour Mlle Germout navrée de cette séparation, ct de plus oxpo- séc à toutes les vicissitudes d\u2019uno situation très-précaire, portant ainsi une double peine du mal qu'elle n\u2019a ni voulu, ni fuit.\u2014Monsicur l'abbé, s'écria Adrien d'une voix agitée mais ferme duns son accent, il n\u2019en sera pas ainsi, je l'affirme sur mon honneur ! Non, Mlle Germont ne peut quitter cette maison pour ma misérable échappée ; ce meserait un insupportable reproche d'avoir réduit à ce point une délicatesse excessive peut-être, mais que je comprends et que j'admire.Kt que dirait toute la famille, si justement attachée à Mlle Germont ?Ce départ lui serait inexplicable ; je me devrais d'en déclarer la cause, ct, coûte que coûte, je le ferais, pour justifier du moins celle que l'on re- grettorait eucore plus.Je croix avoir micux à faire et voici mes intentions : comme il convient, avant tout, que Mlle Gernfbnt ne se sépare pas de ceux qui ont su apprécier tout son mérite, c'est moi, Monsieur l'abbé, qui partirai sans retard, au- jourd'hui même.Il n'est pasdix heures: je cours au ministère, où j'ui des amis, obtenir un ordre de rappel en Afrique : ces faveurs-là ne se refusent guère et se justi- flent aisément au milieu d\u2019une guerre in- cessunte.Donc, ce soir encore, je pars et pour un temps illimité ; | veuillez le faire suvoir à Mlle Germont afin que son absence ne sc prolonge pas plus ct n\u2019excite pas l'inquiétude de mes parents.\u2014 Voilà ce que j'attendais de votre générosité, reprit l'abbé Gervais, en prenant affectucusement les mains du capitaine, et ce qui we pénètre de reconnaissance autant que d'estime ; car vous ne sauriez micux témoigner votre respect pour les intérêts de Mile Germont, qu'en vous privant, comme vous le voulez faire, des épanchements et des doucours de la vic de famille.Que Dieu done vous conduise et vous protége sous lo ciel de l'Afrique, où mes prières vous suivront chaque jour.Adrien serrait cordialement les mains du digne abbé, et très-touché de ses bonnes paroles, il lui disait d'una voix-péné- trée : \u2014Vous m'avez réallement fait du bien, monsiour l'abbé, en m'aidant à me relever à incs propres yeux ; car ce misérable entraînement m'humilinait d'autant plus, que je me croynis, je le dis en toute franchise, des sontiments plus élevés.Aussi, plein d\u2019irritation contre moi-même, je nc savais comment réparor ce milheureux oubli.Maintenant, je me sens plus tranquille et je suis vraimont aise d'avoir à souffrir un peu de ma faute.,Ç Le visage de l'abbé Gorvais s\u2019éclaira d'un radieux sourire : \u2018-\u2014Et moi, lui dit-il, je suis trois fois heuroux de vous entendre parlor ainsi, par- co que c'est le vrai langnge du chrétien.Mnis puissicz-vous comprondre encore pourquoi, malgré les plus nobles sentiments, si fhcilement on s\u2019égare.\u2014Achovez jo vous on pric.\u2014C'est que, ct vous cn avez fait l\u2019expérience, nous avons tous besoin de la lumid- re ot de ln grâce divines ; car notre raison, si haute soit-clle, s'illusionne ct se firusse de mille manières au souffle des passions ; In loi du Dieu soulo ne varie Wi no so trouble janviis, parec qu'ello cst In pire ot parfaite vérits.Du jour donc où yous vou- droz ln suivro fidèlement, vous vous possd- dèrez vous-méme alors dans toute la dignité de: votre raison.: \u2014Morci, monsiour l'abbé, merci.Jo n'oublierai pas vos conscils, ct co sora un de'mos rogrots, en partant, de ne pouvoir | lik le upprofondjr aoe vous.\u2014Faites une chose : écrivez-moi quand vous screz en Afrique ; exposez-moi simplement vos idées, vos tendances, vos objections sur ce qui touche à l'ordre moral et religieux, et je m'\u2019effurcerai de vous faire complètement connaître les grands principes dont le soul énoncé vous touche en ce moment.\u2014J'accepte sérieusement votre proposition, monsieur l'abbé, et croyez à ma sincère reconnaissance.\u2014Croyez vous-même à la joie que j\u2019éprouve ; car je suis prêtre et ne dois vivre que pour faire connaître ct simer lu divine vérité.- \u2014Merci de nouveau ct adieu, mon cher abbé.\u2014Âdieu, très-cher et très-digne ami.Ils se tenaient les mains serrées ot s'embrassèrent cordialement.L'abbé Gervais revint en toute hâte chez Florentin, où on l'attendait avec anxiété.\u2014Gréâce à Dieu, tout va bien, dit-il aussitôt, En racontant son entrevue, les énergiques regrets du' capitaine, sa résolution de partir sans retard, l'heureuse et chrétienne impression produite sur son esprit, il ajouta, en s'adressant à Clotilde, très-touchée de ce bon accucil et du sacrifice fait pour elle : \u2014II ne vous reste plus, chère enfant, qu\u2019à remercier Dieu ct à retourner immédiatement à l'hôtel Daurival, ou lon s\u2019alarmerait bientôt de votre absence si elle se prolongeait.Allez, et que tout soit à jamais oublié ! \u2014Je puis dire que ce sernit déjà fuit, répondit Clotilde, si jo n'avais devant les yeux les tristesses de ce départ qui va si crucllement les surprendre tous.\u2014C\u2019est la rançon de notre ami, reprit l'abbé Gervais ; l'amertume lui en sera salutaire.Tla d'ailleurs toute l'énergie du vrai soldat pour supporter les misdres dela vie.Sa famille, sans doute, va s'attrister de cette brusque séparation ;.mais clle aura aussi deg dédommagements, ct d\u2019un grand prix, je l'espère, bien qu'il doive on ignorer la cause.Pour nous, plus que jamais confions-nous à Dieu.Au revoir, mes chers amis.TI n\u2019y avait plus un moment à perdre, et Florentin voulut reconduire lui-même Clotilde à l'hôtel Daurivaldans un grand calme.Cependant, lorsque Clotilde entra dans sa chambre, elle vit aus sitôt accourir Henriette s\u2019écriant : \u2014Quel bonheur ! vous voilà.J'étais vraiment inquiète, ma chère Clotilde, de ne pas vous voir rentrer, vous qui êtes si exacte à vos heures.Et puis je vous avais fait signe, ce matin, quand vous traversiez la cour, et vous ne m'avez pas répondu : : j'en étais attristée.- Aussi; votre absence ; se prolongeant au-delà de vos habitudes, j'ai eu la têto au champs et ne me tenais | pas d'impatience ct d'ennui.Mais vous voilà, je suis contente.| _ Et elle embrassa \u2018tendrement sa chère .Clotilde.: \u2014Que jo suis, fiichée de votre peine ! dit celle-ci on lui rendant affectucusement fea caresses, ct que je suis heureuse aussi de me retrouver avec vous ! J'avais à m'entretenir avec l'abbé Gervais, et no l'ayant pas rencontré à l'Eglise, j'ai du l\u2019attendre chez notre bon Florentin.Mais c'est fini maintenant, ct me voici tout à vous.\u2014Tant mieux, tant mieux | Et ne me croyez pas importane,, chère amie : mon impatience ne venait quo d\u2019une bizarre inquiétude, quo vous mc pardonnerez, puis- qu\u2019elle vous prouve que je vous aime.Clotilde la considérait avec des larmes oh 4 dans les yeux ct ne put lui répondre qu'en Vembrassant de nouveau.Puis clles se mirent l'une ct l'autre au travail jusqu'au déjeuner.Adrien avait fait dire qu\u2019on ne l\u2019attendit pas, ce qui contrarin Mme Daurival, parce que précisement sa fille-ainéo ct gon mari étaient venus pour passer la journée cu famille.Mais & peine avait-on quitté lu table ct se trouvait-on réunis au salon qu'Adrien entra, avec son aisance et , même son cnjouement ordinaire, en appa- , rence du moins ; car bicutôt uno certaine préoccupation so trahit sur son visage, ct .il ne répondit plus que par-de- brèves paroles aux questions qui lui étaient adres- ! aécs.Sa mère alors le regardant avec attention, lui dit: | \u2014As-tu quelque chose, Adrien ?Tu porais tout assombri.| A Continue.) : 1 onan Tout y étaic | LETTRES À L'HON.L.A.DESSAULLES.DIXIEME LETTRE.(Suite) Voulez-vous maintenant savoir, monsieur, ce que los Pères, les Docteurs et les enints ont toujours pensé de Fintaillibilité du Pape ?Donnez-vous la peine de lire les passages suivauts cmpran- tés à la foi entholique.C'est d'abord le grand Orixèno commeutant le Trees Detrus : « Kst-ce, dit-il, à la Pierre sur Inquelle le Christ bâtit l'Eglise, « que doit sc rapporter cette parole ?Est cod I'liglise elle-méme ?« Lu phrase est ambigie.En faut-il eouclure que la Pierre et « l'Eglise sont une seule et même chose ?Voici pour moi le vrai « sens : c'est que les portes de l'enfer ne prévaudront ni contre « Ja Pierre sur Inquelle le Christ bâtit son Mglise, ni contre l'E- « glise Elle-même.C'est ainsi qu'il est écrit dans les Proverbes « que \u201c le chemin du serpent ne laisse pas de trace sur lu pierre.\u201d « Si donc les portes de l'enfer prévalent contre quelqu'uu, ce « scva ni contre la Pierre sur laquelle le Christ bâtit l'ISylise, ni « contre l'Eglise bâtie jar le Christ sur la Pierre.La Piorre est « inaccessible au serpent, clle est plus forte que les portes de «d'enfer qui lui déclarent la guerre ; et c'est à cause de su force « même que celles-ci ne prévalent pus contre elle.Quant A I'lS- « glise, édifice du Christ qui, a biti avec sagesse, su maison sur «la Pierre, elle n'a rien à craindre des portes de l'enfer.Elles « n'ont de force que contro l\u2019homme qui se trouve hors de In « Picrre ct hors de I'Exglise, 3 I'égard de laquelle elles sont im- « puissantes.» St, Cyprien parle de ln chair de St.Pierre et il en chante ainsi la gloricuse infuillibilité : « Las rayons du soleil sont nombreux, dit-il, mais lu lumière est unique.Les rameaux de l'arbre sont nombreux, mais le tronc est unique ct fondé sur une racine inébrantable, Plusieurs ruisseaux coulent d'une souree unique.On voit les eaux su répandre à pleins bords par ces fleuves divers ; muis l'unité se retrouve à lu source.Essaye d'arracher un rayon du soleil de son centre : l\u2019unité ne permettra pas cette division de la lu- mitre.Inldve un rameau de l'arbre en le brisant ; brisé, il perd toute végétation.Isole le ruisseau de sa source ; dans « son isolement, il se dessèchera.Ainsi l'Eglise éolairée de In « lumière du Scigneur, lance ses rayons par tout l\u2019univers ; il n'y « a cependant qu\u2019une soule lumière qui se répand partout et u l'unité du corps ne souffre pas de division, L'Eglise étend par « toute la terre les rameaux qu\u2019elle pousse daus sa vigueur ; elle « répand au loin ses ruisseaux avec abondance ; muis il y a une « source qui cest unique, une Origine qui est unique, une mère « qui est unique, ct dont l'abondante fécondité va toujours se « développant.Nous naizsons de son scin, nous sommes nourris « de son lait, animés de son esprit.(1) » Et cette source, cette mère unique, quelle est-elle ?St, Cyprien a pris soin de le dire au chapitre précédent \u201c Celui qui cban- donne la chaire de Pierre sur luguelle est fondée l'Eglise, peut-il se flatter d'être encore dans l'Eglise\" \\æ@) D S'adressant à cette chaire apostolique, St.Bazile s'écrie : « Nous ressentons un immense besoin de votre aide, afin que « ceux qui ont été élevés dans lu profession de la fui des apôtres, « renongant enfin aux divisions qu'ils ont resseuties, qu'ils se « soumettent à l'autorité de l\u2019Egliso, afin que le corps du Christ n recouvre su perfection ct se rétäblisse dans l'intégrité de tous «ses membres.Alors, nous ne nous contenterons plus de loucr « le bien qui est chez lds autres, mais nous verrons nos propres « Eglises rétablies daus l'antique beauté de In vraie foi.Certes, « il est juste d'honoror'd'ane louange souveraine le don que lo « Scigneur a conféré à Votre Piété, et qui consiste à suvoir dix- « cerner ce qui est adultère d'avce ce qui cst pur, et enseiguer « sans aucune altération le foi des Pères.C'est cette foi que « nous avons reconnue formulée dans les ceructères cepostoliques « de ln\u2019 lettre, ct nous l'avons acceptée, ainsi que tout le reste, « comme il était canoniquement et lésitimenient-formulé dans « votre écrit synodal.(3) po St.Ephrem est encore plus formel, « Josué, dit-il, écrivit tou- « tos ces paroles dans ui livre et il prit une pierre d'une grande « dimension ct il la plaça dans le sanctuaire du Seigneur, cn « disant : Cette pierre vous scra un témoignage, parce qu\u2019elle « « entendu les paroles que le Seigneur vous a'ilites,\u2018 de peur que « vous en veniez à nier ct à mentir a Seigneur votre Dien sur « toutes les choses que je vous ai dités aujourd'hui: devant lui, x Cette grande pierro quo Josné placé sous'lé' Térébinthe devant « le tabernacle et qui a entendu toutes les paroles que\u2018Dien avait « prononcées par Josué son interprête, était In \u2018figure de Simon « Pierre.Car c'est lui qui a entundu tous les enseignements que « le Christ n donnés, ct qui a été témoin des :miracles qu'il a « faits ; ct c'est lui qui, partageaut le labeur uvec les autres « apôtres, à fait connaître ces mêmes enseignements ct ces mêmes « miracles à toutes les nations du monde.(4) » « Salut, s'écrie lo même snint diacre, salut, ô,sel do, la, terre, « sc) qui ne peut jamais s'affadir ! Salut, 6 Tütnière\u2018du monde, « paraissant à l'Orient ct partout resplendissante, illuminant « ceux qui étaient accablés sous les ténèbres, et brûlant toujours « saus être renouvelée.Cette lumière, c'est le Christ ; son chan- « delier, c'est Pierre; lu -sourco de son huile, c'est l'Esprit « Srint.(5) n oo ; Voulez-vous un témoignage'encore plus positif ?Prêtez l'oreille aux necents d'Epiphane : « AvPiorre, le Père manifeste « a \u201c « « \u201c « de sh \u2018 « son propre fils, et c'est pour cela qu'il-est appolé Bicnheureux.: « Pierre, À son tour, manifeste le Snint Esprit, ainsi qu'il conve; « naît, À celui qui étaitla pierre inébrantable sur laquelle l'Eglise « de Dieu est fondée, et contre laquelle les portes de l'enfer ne « prévaudront pas.Par les portes dé l'enfer, il faut entendre les « hérésics ot les autours des hérésies: lon tontes-manières, la foi - « est fondée solidement en Jui, il a regu los clefs du ciel, 1 délic « ct lic sur la terre ct au ciel, en lui se résolue les questions de « foi les plus arduos.(6) » (1) De unitate ecclesire, cap, V.(2) Ibid, cap.IV.(8) Eplst.XCII.(4) In Josue, cap.XXIV.(5) Economium in Potrum, ote, a (6) Ancorat, cap.X1, | ; ; t a Coals fe © eme ES \u2014_\u2014 EEE = Le grand saint Jérome dans ln controverse des hypostases, avant d'embrasseraucun parti, s'adresse au Pape saint Damase et lui dit: « Ne voulant suivre d'autre conducteur que le Christ lui- « même, je ie tiens uni de communion à Votre Béntitude, c'est- « à dire à lu ehuiro de Pierre, c'est sur cotte Pierre, jo le sais, «que l'Elise est bâtie, Quiconque mange l'agneau hors de « cette maison est ua profane, Cui qul n'est pas dans l'arche « de Noé périra sous Lis eaux du déluge.Quiconque ne « récolte pus avce vous, dissipe.Qui n'est pas au Christ est à « Antichrist.» (7) csv cas Que pouvait, je vous le demande, monsieur, siguilier cette parole de St.Ambroise ?« LA où est liorre, li est Elise, LA où est « l'Eglise, LA n'est pas la mort, mais la vie éternelle.(8) » Signifluit-elle que Pierre pouvait, comme pierre fondamentale, ensei- guer l'erreur ot aussi d'être lu source inturissable et féconde des caux vives de lu vérité ?Au LV siècle, le dogme de l\u2019infaillibilité se dessine plus notte- ment, non dans les fits, mais dans les témoignages que lui rendent les saints docteurs.Pour vous cn convaincre, écoutez saint Astère d'Amuséo: « Isnïe, dans ea prophétie dit avec vérité que « le Père a plucé.le fils comme ln Pierre Angulaire, signifiant par « cette parole que toute lu masse du monde entier repose sur ce «fondement comme sur sa bise.À son tour, le Fils unique dit « aussi qu'il est écrit dans les Evangiles sacrés, au sujet de Pierre, « fondement de l'Eglise : Tæwes Pierre, et sur cette Pierre, je bâti- « rai mon Eglise.La première deces deux pierres, comme vasto «ot résistante, n été placée duns les assises de ce monde, c'est-à- « dire dans ln vallée des larmes, ninsi que parle David, et c'est «elle qui élève en haut ceux qui sont édifiés sur elle, ct les fait «monter jusqu'au séjour où est notre espérance.Nul ne « peut poser un autre fondement que celui-là qui est le Christ «Jésus.Mais notre Sauveur n jugé À propos de décorer de cette « même appellation le premier de ses disciples, lo nommant In « Pierre de lu foi.Lu consistance stable ct infléchissablo des « églises se maintient done par l\u2019ierre, qui a été fait le Docteur « vériteble et fidèle de la religion, Nous, chrétiens, du levant au « couchant, nous nous tenons cnracinés dans la construction qui « repose sur ce juste.(9) Vous parlez quelque part, monsieur, de St.Augustin, ct vous semblez avoir pour lui un grand respect.Quel dommage que vous suyez resté étranger aux œuvres de ce grand homme! ln lisant, en méditant les pages philosophiques qu\u2019il nous n laissées, vous vous scricz pénétré du sentiment qui les anime presque toutes, je veux parler de l'adhésion au dogme de l\u2019infaillibilité, Je pourrais vous citer des centaines de passages do cot illustre saint duns lesquels l\u2019infuillibilité de Pierre cst proclamée.Je me borne, manque d'espace, au suivant : « Venez, mes frères, si vous « voulez être greffés en celui qui est Ja Vign > « C\u2019est pour nous une douleur de vous voir coupés ct gisant à terre.« Faites le compte des évêques qui ont siégé ln Ohnire même de Pierre.« Voyuz en quel ordre ces Pdres se sont succédé l'un à l'autre.« C\u2019est là la Pierre contre laquelle les portes orgueilleuses de l'enfer ne peuvent remporter ln victoire.(10) » Saint Pierre Chrysologue, écrivant à l\u2019hérésiarque Entychès, proclame hautement l'infaillibilité du Pape, en ces tormes: « En toutes choses, nous.vous exhortous de prêter attention ct obéis- sunce à l'écrit publié par le bienheureux Pape de Ja ville de Rome, car le bienheureux Pierre qui vit ct préside sur son propre siége, donne la rérité de lu foi à ceux qui là cherchent.Dour nous, dans l'intérêt de lu foi et de ln vérité, nous n'entrous point dans l'examen de telles causes, si ce n\u2019est eu: con- forimité avco l'évêque de In ville de Rome.(11) Co Au concile d'Ephèse, Philippe, 1égat de St.Célestin, s'adressant au Père de cette mémornble nssemblée, apres lear \u2018Avoir communiquer ln seconde lettre du Pape, leurdit: « Nous rendons « grâces nu saint ct vénérable concile, de ce que les lettres de « notre saint et bienheuroux l\u2019ape vous nyaut été lues, vous avez « Unis vos membres saints, vos Voix saintes, cb même vos saintes «acelamnations à Votre saint chef; enr Votre Béatitude v'ignore « pasque le bienheureuæ «pôtre Pierre est le chef do toute In foi 4 et Aussi des apôtres.» L'évêque d'Ancyre répondit au nom du concile: « Le Dieu de « toutes choses, par les lettres du très-religieux évêque Célestin «apportées ici, ot par l\u2019arrivéo de Votre Piété, a montré quo ln a sentence du saint Synode avait été portée selon ln justice.(12)» Théodorct, évêque de Cyr, trahit ainsi la foi du cinquième siècle dans l\u2019infaillibilité du Pape : « Ce trèssaint siésço, dit-il, possède la principauté sur toutes «les Eglises du monde entior ; ct cela À plusieurs titres, mais « surtout parce qu\u2019il ne fut jamais entaché d'hérésic, ct que nul « hétérodoxe ne s\u2019y est assis, ot qu'il a conservé dans son intégrité « la grâce de l\u2019apostolat.Ce que vous aurez décidé en quelque « matière que ce soit, nous y nequiescerons pleins do confiance « dans l'équité de votre jugement, et nous vous prions do le « mettre par écrit.(13) n Lo Au sixième siècle, lu côte d'Afrique émuc.des accents, de St.Fulgence, rend à l'infaillibilité du siégu de Pierre, ce noble et beau témoiguage : « Tout ce que tient et enseigne l'Eglidé-romaine « qui est le sommet du monde, éclairée par l\u2019ensciguement des « deux grands luminaires Pierre et Paul, qui sont como ses « rayons resplendissunts, ct décorée pur la possession do leurs u sacrées reliques, le monde chrétien tout entier le croit avec elle « pour ln justice, ct In confesse avec assurance pour losalut.(14)» L'Espagne veut-avoir sa placo dans ce concert unanimo de la chrétienté.Par la voix d'un de ses plus grands saints, Isidore de Séville, elle proclame sn foi : « Nous savons que nous sopnmes « évêques dans l'Eglise du Christ, ct en cette qualité nous nous « confessons plus spévinlement obiigés que les autres prélats de « l'Eglise à rendre au Pontife romain, avee révérence, humilité et « dévotion, l\u2019obéissance qui Ini cst due en toutes choses comme au « Vicaire de Dieu.Celui qui lui résiste] opiniitroment, nous lo « déclarons entièrement exclu de In communion des fiddles, « comme un hérétique.Et ceci, nous nele disons pus de notre « propre choix ; muis c'est bien plutôt par l'autorité du St.Ez- « prit que nous le tenons et croyons comme ferme ot décisif.(1 Dj \"ne .sr (7) Epist.XV.ad Damassum, .(8) Enarratio in Penimun XL.cap.XIX.(9) Homilin VIII, In &, 8, Petrum ot Faulam.(10).Panlmus contra partom Donat, ' (11) Epist.ad Entyehicteom,.: (12) L\u2019Ablg, tom, 111, col.610, (18) Epist, CXVI, (11) Epist, XVII, 0122 +] > (15) Eplst, ad Cluudinm, ducom.Opp.tom.VI, page 607% a.i a\u201c (4 continuer.) on > Voi.IV.i LE FRANC-PARLEUR.No.38 CIRCULAIRE AU CLERGÉ CONCERNANT LA MORT LE 8.EN.CARDINAL Au.BARNALO.LE Montréal, le 19 Mars 1874.MONSIEUR, Je reçois à l'instant une lettre que m'u- dressait, le 25 février dernier, Mgr.Jean Simconi, Secrétaire de la S.C.de la Propagande, pour m'informer qu'il avait plu à Dieu d'appeler à lui Son Eminence le Cardinal Alexandre Barnabo, préfet de lu dite Congrégation, décédé lu veille, après huit jours d'une douloureuse maladie, souf- \u2018ferto avec une patienco ct une résignation vraiment édifiante ct muni de tous les se- .cours de notre sainte religion, En m'annonçant cette affligeante nouvelle, Son Eminence me charge de recommander l'âme du défunt Cardinal aux prières du clerxé ct des fidèles de ce diocèse, parce qu'il appartient aux missions qui relèvent de lu dite Congrégation de la Propagande.La pgésente est pour vous inviter, vous et les fidèles confiés À vos soins, à accorder vos pieux suffrages à ce digne prince de I'Eglise qui a rendu tant et de si grauds services aux pays de missions et à notre Canada en particulier, pendant les neuf ans qu'il a rempli le laborieux et important office de secrétaire de la Propagande, et surtout pendant les dix-huit années qu\u2019il n dirigé, avec un zèle infatigable, cette Sacrée Congrégation, en qualité de Préfet, ce qui lui a nécessairement attiré, de toutes les parties du monde, une multitude d'affaires qui absorbaient tous Ses moments.Je me fais un devoir de répondre le premier à cet appel qui nous est fait à tous de payer, par nos suffrages, un juste tribut d'honneur, d'amour ct de reconnaissance à la glorieuse mémoire de l\u2019éminent Cardinal défunt, à cause des rapports que jo n'ai cessé d'avoir avce lui, dans l'intérêt de ce diocèse, et pour l'avantaxe de vos âmes.À cette fin, outre les prières que je fais pour lui, dans l'intérieur de mon âme, je ferai chanter un service solennel, à la Cathédrale, jeudi prochain, 26 courant, à dix heures, pour le repos de son âme, si déjà elle n\u2019est en possession de la récompense éternelle, promise à tous les bons serviteurs de Dieu et aux fidèles serviteurs de son Eglise.Come ce service est chanté pour et au nom de tout le diocèse qui a été si longtemps l'objet de sn vive sollicitude, vous voudrez bien y assister en aussi grand nombre que possible, avec®tous les pieux fidèles qui pourront y venir.Vous lirez la présente au prône, le premier Dimanche ou jour de Fête, apres sa réception, pour annoncer cette triste nouvelle à vos paroissiens et les inviter à offrir pour l\u2019éminent défunt, des prières, des aumônes, des messes, des communions, des mortifications et autres œuvres satisfactoi- res et à gagner des indulgences, pour hâter son bonheur, en l'introduisant sans plus de retard dans les tabernacles éternols.En outre, vous savez comme moi, que ce haut personnage a toujours fait aux prêtres et aux laiques de cc diocèse, qui lui ont été introduits, l'accueil le plus cordial ; qu\u2019il s\u2019est montré d'une bonté toute | \u201c paternelle envers nos Zouaves, cn assistant à leurs pieuses réunions, en leur disant la messe, en leur adressant de touchantes al- Aocutions et cn leur donnant la sainte communion ; qu'il était d'une attention singulière pour répondre aux demandes qui lui étaient faites, jusque là qu\u2019il expédinit de sa propre main les rescrits que l'on attendait de Rome, pour ne pas retarder l\u2019expédition des affaires dans les cas pressés ; que malgré ses nombreuses occupations, il se ménageait le temps qui lui était nécessaire pour gouverner en qualité de supérieur une Communauté de Religicuses, et y fai- \u201c re chaque semaine le catéchisme aux cen- fants qu\u2019on y élevait; il s'ocoupait d'ailleurs de la révision et approbation de leurs règles.Ces quelques traits suffisent pour faire connaître les aimables qualités qui brillaient dans l'Eminent Cardinal que nous pleurons, ct pour faire apprécier par notre bon peuple les vertus qui l'ont caractérisé et les services importants qu'il a rendus à - l'Eglise et à nous en particulier.Aussi, nous ferons-nous un devoir de piété de le suivre cn esprit, dans la tombe, avec nos ferventes Communautés ct nos religieux concitoyens, qui ne feront qu\u2019un cœur ct qu\u2019une me, pour procurer à son fme le \u201clieu de rafraichissement, de lumière et de \u2018paix, qui lui est sans doute préparé par le divin Pasteur.Au reste, ce n'est pas sculement À ce défunt Cardinal Préfet de la S.C.de la Propagande, que nous devons accorder nos suffrages.Car il nous faut rendre ce devoir de piété à tous les Cardinaux de ln -, ssinte Eglise Romaine, par ce\u2019que d'abord formant \u201cTe saoré Collége qui assiste le Souverain Puntife, ils travaillent sans cesse pour l'Eglise universelle, ct ensuite par ce qu\u2019ils font partie dos Congrégations Romaines qui s'unissent cordialement pour les intérêts de chaque Eglise en particulier.Ainsi, la S.C.de lu Propagande, qui est principalement occupée des pays de missions, recourt aux autres Congrégations qui sont rangées, avco un ordre admirable, autour de In chaire Pontificale, pour on recevoir une assistance spéoiale, par exemple, à lu Congrégation du St.Office pour combattre les crreurs et réformer les vices, à celle de l'Iudex pour purger le monde des livres contraires à la foi ou aux mœurs, à celle des Rites pour maintenir la discipline dans le chant sacré et les saintes cérémonies, d celle des Evêques et Réguliers, | i pour le bon gouvernement de l\u2019ordre ecclésiastique ct régulier, et ainsi des autres qui sout en très-çrand nombre.Ainsi, commo vous le voyez, nous avons à nous mettre à la tête de notre peuple qui, grâce à Dicu, est encore un peuple de prière, pour témoigner à tous ct à chacun des Em.Cardinaux que le Seigneur appelle à lui, pour leur témoiguer notre reconnaissance, par de ferventes prières.C'est ce que vous pouvez faire chaque fois que vous apprenez la mort de quelques uns de ces Princes de l'Eglise.Comme aussi, il ne faut pus manquer do faire prier pour ceux qui partagent les travaux et les sollicitudo du Suint Père , chaque fois surtout qu\u2019il survient quelque furieuse tempête, qui agite la Barque de St.Pierre ; ce qui, dans ces jours mauvais, arrive si souvent, Par une pratique si facile, vous tenez lee fidèles au courant des évènements qui se passent à Rome ct ailleurs ; ot vous les intéressez vivement à tout ce qu'ils doivent avoir de plus cher au monde.Vous les faites en mêtme temps participer abondamment aux grâces quo le Scigneur répand dans son Eglise, en faveur de tous ceux qui prennent une part plus ou moins active à scs travaux, ses peines et ses souffrances.Veuillez mc croire bien sincèremont, Monsieur, Votre très-humble ct dévoué serviteur, + Ia.Ev.DE MONTRÉAL.Le \u201c Franc-BarLeug,\u201d Montréal, 31 mars 1874.Est-il permis aux hommes de se déguiser en femmes, même dans une \u201c Soirée de famille\u201d tout en se conformant aux règles de la morale et de la décence ?Décision d'un magistrat Américain sur cette question.Parmi nos échanges américains uous lisons le fuit divers suivant qui, sous les circonstances, pout facilement se passer de commentaires : « Au nombre des prisonniers amenés le 25 « mars courant, devant le juge Kilbreth, « siégcant à la Cour de Police de Jefferson, « on \u2018remarquait scize hommes que le Capt.« McDonell, de la force de Police, avait ar « rôtés dans « une soirée de famille » au « No.224 de la 41me rue.« La pluspart de ces hommes étaient ha- « billés en femmes.« On y distinguait entr\u2019autres personna- « ges, la reine Elizabeth, Marie Brunet, la rande Duchesse, ete.« En réponse aux observations de l'avocat « des inculpés, le juge Kilbreth cita le sta- « tut qui constitue on délit [misdemeanor] «l'action des hommes qui se réunissent « soit dans des places publiques ou privées » « déguisés en femmes, ct condamma les « prisonniers à la prison, à défaut par eux « de fournir un cautionnement de 8500.» Pour éviter toute fausse impression sur l'interprétation du texte renfermant la décision du juge américain, nous citons le journal anglais « In reply to the prisoner's counsel, Jus- « tice Kilbreth cited the statute which « makes it a misdemeanor for men to « as- « semble in publicor other places » disguis- wed as women, and committed the pri- « soners in default of $500 bail.» Le Courrier du Canada, nous en avons la ferme conviction, s'empressera de reproduire cette décision américaine.Les professeurs et les éleves de l\u2019Univer- sité-Laval ne pourront que bénéficier d\u2019une reproduction qui leur rappelera l'existence dans nos lois d'un statut particulier contre les outrages faites aux règles de la morale et de la décence.+.LE SIGNE DE LA CROIX.(Suite.) VIT.Pour raconter l'histoire du signe de la croix depuis le premier avènement jusqu'd nos jours, il faudrait raconter non- seulement la vie des saints, mais l'histoire du monde.Car il règne par sa présence, ou par son absence.La prière qui précddo et qui suit les repas sc rattache aux traditions les plus universelles de l'humanité.u Jamais les anciens, dit Athénié, ne prenaient leurs repas, sans implorer les dieux.» Il parait même que les Exyptiens, fidèles aux antiques souvenirs de l'homme, souvonirs altérés mais profonds, témoignaient par uno cérémonic particulière de l\u2019importance de cette prière.Car ils pre- uaient place d'abôyd sur leurs lits de sable, puis se levuient, se mettaient à genoux et ne se recouchaient quaprds avoir répété les prières traditionnelles récitées, d'abord par le chef du festin ou par le prêtre, comme s'ils cfssent voulus insister, en se relevant, sur In gravité de l'acte accompli.Les Juifs et les Roniains ne mangeaient jamais saus prier; un proverbe même atteste à cet égard le sentiment unanime de toute l'antiquité :\u2014 « Ne a kiropede cibum non dime sancti- Sicatum rapias.n « Ne tirez pas du chaudron la nourriture, non encore sanctifiée.» VTIIT.Il faut venir chez les peuples modernes pour trouver l'oubli de la prière dans les détails de la vie.Il serait intéressant et utile de savoir les causes de ce phénomène.On dirait que ces traditions premières, vagues ct altérées, ne font plus chez nous ce qu'elles fuisniont chez les anciens.Elles disparaissent chez nous là où clles ne sont pas remplacées, et non gardées telles qu\u2019- elles étaient.Le soleil, à son lever, fait disparaître les étoiles, ct ceux qui repoussent le soleil ne gardent pas les étoiles.eos nant 00504 0 0000 0u0c00 000000 La résurrection d'un mort qui suit l'invention de la vraie croix par Sainte Hélène et qui lui rend témoignage, en qualité de signe, jette sur le signe de ln croix une lumière générale.La croix est la rencontre de la vie et do la mort Pourquoi la .résurrection ne serait-elle pas le fruit de cet arbre ?soccecceucu \u2014oversessescun co 000 IX.Il est ici-bas un sentiment tellement bizarre que l'habitude même ne dovrait pas nous le rendre intelligible.Ce sentiment fournirait sur l'état habituel des hommes d'épouvantables pensées :\u2014c'\u2019est le respect humain ! Le mot est singulier.La chose est bien plus singulière.Le mot viole ln parole, ct la chosc viole la pensée.Parmi les dégradations de lu terre, le respect humain scrait peut-être celle qu'il sernit le plus impossible do faire comprendre à quelque génie voyageur non habitué à nous qui toucherait pour un moment notro obscure planète, .De quelles paroles les hommes se sorvi- raient-ils pour faire enteudre à cet ange libre et fier qui adorerait, les ailes tremblantes, dans l'anéantissement de la joie serviraient-ils pour lui faire entendre qu'au fond de leur pourritureils ont honte de Dieu ?Incapable de saisir le sens de ces mots, I'ange, qui n\u2019aurait pas I'expérience de nous, remonterait, sans comprendre.Or, le respect humain arrête surtout l\u2019homme qui va faire le signe de la croix.La croix qui apparaîtra glorieuse pour juger les vivants et les morts, \u2014In croix qui est le trône et le sceptre du Seigneur Dieu, \u2014la croix est la chose dont les hommes rougissent ! II n\u2019est pas nécessaire de comprendre le respect humain, mais il est bon de profiter de la leçon qu'il donne.Puisqu'il a honte de la croix, c\u2019est que la croix est gloricuse beaucoup plus que nous ne le pensions; c'est qu'il est temps de la glorifier.Le Nom des trois Personnes divines qui accompagne le mouvement de notre mnin droite traçant le signe de ln croix pourrait nous soulever vers la gloire ; mais l'homme fait le signe de la croix avec précipitation.Or, la gloire est chose sainte, ct la préei.pitation est chose profane.L'idée de gloire s'associe d'elle-même à l\u2019idée de victoire.N'est-il pas étrange, au-delà de tonte expression, que l\u2019homme songe à rougir, quand il grove sur lui l'image typique de la victoire typique et la figure des armes de Dicu ?\u2014N'\u2019est-il pas invraisemblable que l'homme songe à rougir quand il porte le drapeau du Scigneur,\u2014quand l'armée triomphante des martyrs passe devant lui, lui montrant l'étendard par lequel elle a vaincu ?Coux qui, gémissant des abominations de Jérusalem, fureut marquées au front du signo thau, figure de la croix, n'avaient pas honte, sans doute, de porter co signe, quand, à cause de lui, ils furent respectés par les anges qui exterminaient.Pour expliquer le respect humain, il faut considérer la châte de l'homme à une profondeur où lc temps ct la force \u2018nous manquent ordinairement pour la considérer.Les lèvres ct la main droite, la parole et le mouvement font ensemble le signe de la croix.Après l'invocation des trois personnes divincs, l\u2019homme dit: Amen, et ne s'explique pas davantage.11 dit : Amen, ot le silence intervient.Le mot: Amen, donne aux profondeurs de l'incompréhensible un solennel nssenti- ment.Le croisement des deux lignes ot les paroles prononcées offrent une concentra- tion des mystères qui fait pâlir le langage sublime, \u2014de quelles paroles les hommes se.humain, ct nos balbutiomonts, sur ces sujets-là, ressomblont aux choses qu'il faudrait dire, beaucoup moins que les premiers pas, les pas tremblants de l'enfant qui ne sait pas marcher ct qui cssaie cependant parce que sa mère l'appelle, ne ressemblent au vol de I'Ange qui traverse le Ciel d\u2019un coup d'aile, criant d'une voix terrible : Quis similis Deo ?E.H.Finrer PARLEMENT FEDERAL DISCOURS DU TRONE Ottawa, 20 mars 1874.Son Excellence le gouverneur-général s'est rendue aujourd'hui à trois heures à la chambre du Sénat, et ayant pris son siége sur le trône, ordonns à lu chambre des Communes de s'y rendre.Les membres précédés de leur orateur, l\u2019Hon.T.W.Avglin parurent à la Barre.L'Hon.T.W.Anglin informa alors Son Excellence que le choix de la chambre des Communes était tombé sur lui comme orateur, et il demanda pour les membres les priviléges parlementaires ordinaires, après quoi Son Excellence voulut bien prononcer le discours suivant du Trône : Honorables Messieurs du Sénat, Messieurs de la Chambre des Communes.J'ai convoqué le Parlement avec le moins de délai possible, compatible avec la récente dissolution.Votre attention sora appelée durant la présente session sur des mesures ayant rapport à la représentation du peuple en Parlement, embrassant le système actuelle ment existant dans la Grande-Bretagne et dans la plupart des autres pays qui jouissent du gouvernement constitutionnel de prendre le vote au scrutin secret à l\u2019éta- blissemont d'une cour générale d'appel.Des mesures seront aussi soumises pour l'amendement des lois relatives aux élections contestées, à la milice et à l\u2019insolvabilité.La loi de 1872 relative au chemin de fer du Pacifique n\u2019ayaut point réussi à assurer la construction de cette grande cn.treprise, vous serez nppelés à considérer quel serait le moyen le meillour et le plus rapide d'établir les rapports transcontinentaux avco la Colombie Britannique.Un rapport de l'ingénieur en chef vous sera soumis, ct vous montrera les progrès qui ont été faits durant la dernidre année dans les explorations qui se rapportent à la ligne projetée.La destruction des burcaux de chemins de fer par le feu a entrainé une porte sérieu- sc de cartes, plans ct de papiers dont l'existence aurait rendu le rapport plus complet.L'amélioration des canaux et des Havres est poursuivie avec vigueur cn vue d'assurer des facilités adéquates au commerce croissant du pays.Le rapport de l'ingénieur-en-chef du département des Travaux Publics sur le ca- ual projeté entre le Golfe St.Laurent et la Baie de Fundy sera soumis & votre considération, uinsi que celui des progres faits dans la construction du chemin de fer in- tercolonial.Une autre année sera néces- snire pour lo compléter.Un rapport indignant son état actuel sera mis devant le Parlement et une mesure introduite pour remettre au département des Travaux Publics les pouvoirs actuellement exercés -par le burcau des Commissaires du Chemin.La question de la compensation due à la Puissance pour les priviléges de pêches concédés aux Etats-Unis'par le traité de Washington a donné lieu au renouvellement des négooiations tendant à rétablir le commerce ; réciproque avec los Etats Unis.À l'instance de mon gouvernement, les autorités impériales ont donné instruction à l'ambassadeur anglais pouvoir de discuter toute la question avec le gouvernement do Washington ct lui adjoint un commissaire canadien.Messieurs de la Chambre des Communes.Les comptes\u2018de la dernière annéc financière seront mis devant vous, en méme temps qu'un rapport des recettes ct dépenses de l'année présente.Je rogrotte de constater qua les recettes do l'année courante no seront pas suffisantes pour rencontrer les dépenses.Il sora donc nécessairo que vous considériez les moyens les plua propres de combler les déficit.Les estimés pour l'année courante vous seront soumis, ils ont été préparés avec tout Jo soin et l\u2019économie compatibles avee Pefficacité du service public.Ilonorablcs Messicurs du Sénat, Messicurs de la Chambre des Communes, Les cfforts combinés des gouvernements dela Puissance ct des Provinces à promouvoir l'immigration ont rencontré une mesure raisonnable de succès, ajoutant ainsi un nombre considérable de citoyons utiles des autres pays à otro , population industriclle.Malgré la dépression cominorcinle qui, À raisou de circonstauces oxceptionnolles, a duré une partie de l'annéo dernière, il cst satisfaisant de savoir quo la prospérité générale n'a pas été séricusement affectéo.Je ne doute pas que les graudes ressources naturelles de la Puissance, devenant mieux counues et appréciées, les résultats seront une plus grande impulsion donnée à l'esprit d'entreprise et à l'énergie de notre peuple, et une augmentation plus considérable encore de notre population.H\u2019espère que vos délibérations seront dirigées et aidées par la divine Providence.AP tro du nystôme s\u2019on suivra.R.K.McDONALD & CO.Phurmuclons ol Ag.Gén., Ban Francisco, Cal.ol coin do Washington ot Charitoir Sus, N.Y, Se vend chez tous les Pharmaciens et Mar- .chands 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