La tribune, 2 décembre 1988, Cahier 2
[" FORUM\tt ribu tic\" SHERBROOKE.VENDREDI 2 DÉCEMBRE 1988 VIVRE - GÉNÉRAI* l mmm **?# it ™ WSMÊm& WiSiMbi : f îï*V?gfPp Même si les adolescents sont soucieux devant la menace du sida La plupart n'ont rien modifié à leurs habitudes sexuelles .conclut une étude effectuée auprès de 38,000 jeunes à la largeur du pays ¦ OTTAWA (PC) - Les adolescents sont soucieux devant la menace du sida, mais la plupart n\u2019ont rien modifié aux habitudes sexuelles qui les exposent à ce danger, conclut une étude effectuée à la largeur du pays et dont les résultats ont été publiés hier.Comme un nombre inquiétant de jeunes de 11 à 21 ans se livrent à des activités sexuelles susceptibles de contribuer à la transmission de la funeste maladie, il faut immédiatement créer des programmes d\u2019information explicite, ajoute l\u2019étude.Cette consultation récente de 38,000 adolescents et adolescentes a révélé un niveau étonnant d\u2019activité sexuelle chez les jeunes et les adolescents.Et elle laisse entendre que les inciter à fuir le sexe n\u2019est pas une solution réaliste pour prévenir la propagation du syndrome d\u2019immunité déficiente acquise.Ainsi, 31 pour cent des garçons de 9ème année et 21 pour cent des filles ont affirmé avoir eu au moins une relation sexuelle, rapporte l\u2019étude effectuée par des chercheurs de l\u2019Université Queen\u2019s, de Kingston.Le gouvernement fédéral avait commandé ce travail d\u2019un coût de 473,000 $.Une fois en llème année, c\u2019est environ la moitié des étudiants et étudiantes qui ont eu au moins une relation sexuelle.Autour de la moitié des jeunes fréquentant les cégeps et les universités ont rapporté se livrer souvent à des activités sexuelles.Mais seulement 14 pour cent d\u2019entre eux ont dit qu\u2019ils utilisaient toujours un condom pour essayer de prévenir la propagation du virus.Et 15 pour cent des étudiants du post-secondaire ont rapporté qu\u2019ils avaient fait l\u2019expérience des relations anales, autre activité qui présente des risques considérables.Pas de condom \u201cLes jeunes sont actifs sexuellement et ils ne prennent pas de précautions\u201d, a souligné au cours d\u2019une conférence de presse le docteur Alan King, principal chercheur de l\u2019équipe de Queen\u2019s.\u201cLorsque les jeunes ont des rapports sexuels, ils ont de la difficulté à songer au condom.Nous avons des quantités et des quantités de récits de jeunes revenant à ceci: \u2018Il y avait la fille.Il y avait le garçon.Mais il n\u2019y avait pas de condom\u2019.Nous aurions pu utiliser cette phrase comme sous-titre de cette étude\u201d.Les adolescentes craignent bien plus de devenir enceintes et la plupart croient qu\u2019elles peuvent éviter de contracter le sida, a souligné le docteur King.L\u2019étude suggère que des victimes du sida et leurs familles participent aux programmes d\u2019éducation sexuelle afin de rendre les adolescents pleinement conscients du danger.Par ailleurs, insister sur l\u2019abstinence ne donnera pas les résultats attendus, a-t-il ajouté._ \u201cNous prenons pour acquis que les jeunes vont avoir des contacts sexuels \u2014 alors, ils doivent prendre des précautions et il faut les convaincre que de telles précautions rendent le sexe beaucoup plus appréciable\u201d.Révélations dures On a rapporté 2,181 cas de sida au Canada et l\u2019on s\u2019attend à enregistrer 7,000 cas d\u2019ici 1991.On juge habituellement que jusqu\u2019à 60,000 Canadiens sont infectés par le virus sans être totalement Un nouveau traitement par plasma sanguin semble prometteur ¦ LONDRES (AP-PC) -Des transfusions mensuelles de plasma sanguin provenant de porteurs sains du virus du sida ont provoqué l\u2019élimination du virus mortel chez 10 personnes atteintes du sida ou d\u2019une maladie lui étant liée, viennent d\u2019annoncer des chercheurs britanniques.Ces scientiques ont précisé que le traitement qu\u2019ils avaient pratiqué tuait apparemment le virus sans engendrer d\u2019effets secondaires graves.Le plasma obtenu par ces transfusions contient de grandes quantités d\u2019anticorps dont manquent les patients infectés par le virus d\u2019immunodéficience humaine (HIV), a précisé le docteur Abraham Karpas, chef de l\u2019équipe du laboratoire de biologie moléculaire affilié à l\u2019Université de Cambridge.Et ces anticorps peuvent tuer le virus.M.Karpas a qualifié de \u201ctrès encourageants\u201d les résultats de son étude \u2014 publiée dans le numéro de décembre de la revue américaine \u2018The Proceedings of the National Academy of Sciences\u2019.Ces résultats sont intéressants, mais il faudrait multiplier les expériences pour connaître la fiabilité clinique de ce traitement, estime pour sa part le Dr Bryan Gazzard, de l\u2019hôpital St.Stephen, de Londres, où ont été effectuées les transfusions.\u201cSi cela se révèle vrai, ces études méritent d\u2019être approfondies\u201d, estime quant à lui l\u2019épidémiologiste James Chin, qui collabore avec l\u2019Organisation mondiale de la santé (OMS) pour la recherche contre le sida.\u201cJe pense que de nombreux travaux seront nécessaires pour passer d\u2019une expérience de ce type à une application dans des conditions réelles.Nous n\u2019en connaissons pas l\u2019efficacité, nous ignorons combien de temps devrait durer ce traitement, les recherches doivent être poursuivies avant que nous ne puissions vraiment offrir un espoir aux malades\u201d, a-t-il ajouté, sous forme d\u2019avertissement.Une peur plus rampante à l'origine d'agressions aux USA ¦ WASHINGTON (AFP) -Le sida ne provoque plus aux Etats-Unis la psychose qu\u2019il avait fait naître au début des années 1980, mais reste la cause d\u2019une peur plus rampante et diffuse qui touche la plupart des Américains.Cette peur est à l\u2019origine d\u2019une très forte augmentation des agressions contre les homosexuels.Selon une récente enquête du \u2018Groupe national des homosexuels et des lesbiennes\u2019, le nombre de ces attaques est passé de 2,000 en 1985 à 7,000 en 1987.La progression a été particulièrement marquée en Californie, l\u2019Etat de prédilection de la communauté homosexuelle, et à New York, où les toxicomanes sont particulièrement nombreux.Si, dans leur grande majorité, les Américains éprouvent de la compassion pour ceux qu\u2019ils considèrent comme des victimes \u201cinnocentes\u201d du Sida, ils n\u2019éprouvent pas toujours le même sentiment à l\u2019égard de ceux qui ont attrapé le mal à la suite de relations homosexuelles ou par toxicomanie.Robert Gentry, militant gay et maire de la petite ville califor- nienne de Laguna Beach, soulignait le mois dernier que le développement de la maladie en dehors des catégories jugées à haut risque \u201cgénère beaucoup d\u2019agressivité\u201d.Sur les 76,932 cas de Sida recensés aux Etats-Unis entre juin 1981 et le 31 octobre dernier et qui ont entraîné 43,177 décès, 67,378, soit quelque 87 pour cent, l\u2019avaient été chez des gens à haut risque: homosexuels, bisexuels et toxicomanes se droguant par injection.Dans 4 pour cent des cas, la maladie avait été contractée par contact hétérosexuel, dans 4 pour cent par transfusion de sang ou traitement contre l\u2019hémophilie et dans 3 pour cent pour des raisons indéterminées.Les célèbres sexologues Masters and Johnson avaient aggravé l\u2019inquiétude, au printemps dernier, en publiant une étude dans laquelle ils affirmaient que \u201cle virus du sida est maintenant rampant dans la communauté hétérosexuelle\u201d.Selon eux, le nombre des hétérosexuels contaminés aux Etats-Unis dépasse très largement les statistiques officielles.victimes de la maladie.Seulement sept des nombreux cas rapportés étaient des jeunes de 15 à 19 ans mais la maladie peut se répandre rapidement une fois qu\u2019elle a envahi un organisme, a déclaré pour sa part le Dr Alastair Clayton, directeur général du Centre fédéral pour le sida, à Ottawa.Voici ce que l\u2019étude a aussi découvert: \u2014 Environ 65 pour cent des garçons du post-secondaire sexuellement actifs ont avoué avoir eu des relations avec plus de trois partenaires; chez les filles, c\u2019était 47 pour cent.\u2014 Près de 10 pour cent des étu- diants du post-secondaire et des jeunes ayant quitté les études, actifs sexuellement, ont déjà contracté une maladie transmise sexuellement comme la gonorrhée ou la chlamydia.\u2014 La moitié des étudiants de 7ème année croient erronément qu\u2019une personne peut attraper le sida au Canada en donnant du sang.\u2014 La télévision et l\u2019école demeurent les meilleures sources d\u2019information sur le sida.\u2014 Un tiers des enfants itinérants ont eu des rapports sexuels avant la puberté et la plupart ont des relations sexuelles avec de nombreux partenaires.(Laserphoto PC) Après avoir expliqué le contenu d'une étude sur les habitudes sexuelles des jeunes au pays, les docteurs Alastair Clayton (à doite), directeur du Centre canadien sur le sida, Maureen Law, sous-ministre de la Santé, et Alan King, principal chercheur pour l'étude, ont répondu aux questions des journalistes.700 manifestations à travers le monde ¦ PARIS (AFP) - Distributions gratuites de préservatifs, sortis pour l\u2019occasion du sac d\u2019un Père Noël, veillées aux chandelles et campagnes d\u2019information, ont marqué hier la journée mondiale de lutte contre le sida, lancée par l\u2019Organisation mondiale de la santé (OMS).Plus de 700 manifestations étaient prévues, une centaine de pays ayant répondu à l\u2019appel de l\u2019OMS qui prévoit plus d'un million de malades du sida (Syndrome immuno-déficitaire acquis) sur la planète d\u2019ici trois ans.Dix huilions de personnes sont déjà contaminées par le virus (séropositifs), et 30 , seraient déjà atteintes de sida.Marche à Montréal Quelques centaines de personnes ont bravé le froid et participé, hier soir dans les rues de Montréal, à une marche au flambeau.Partis du parc Lafontaine, les manifestants se sont rassemblés au Square Viger.Ils y ont entendu le témoignage d\u2019une mère dont le fils de 29 ans, atteint du sida, est décédé au mois de mars dernier.Lise Bellerose, la mère de Luc, a livré un message d\u2019espoir aux manifestants, dont plusieurs étaient atteints du sida.\u201cMon fils m\u2019a dit qu\u2019avant de contracter le sida, il ne vivait que pour son travail, ses satisfactions, ses caprices.Avant de mourir, il m\u2019a avoué avoir découvert que ce qui comptait dans la vie, c\u2019était d\u2019abord l\u2019amour\u201d, a-t-elle dit.Puis le responsable du comité pastoral du comité Sida-aide Montréal, M.Patrick Celier, a poursuivi dans le même sens.\u201cAu lieu de sombrer dans le discours alarmiste des médias, il faut vivre d\u2019espoir.Les personnes atteintes du sida sont les prophètes du 20ème siècle\u201d, s\u2019est-il exclamé.Le Dr Richard Morisset, chef du service de microbiologie de l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal et spécialiste du sida, s\u2019est aussi joint aux marcheurs.\u201cJe le fais simplement en hommage aux malades\u201d, a-t-il dit.Réagissant au plan d\u2019action de 21 millions $ en trois ans présenté plus tôt en journée par la ministre de la Santé et des Ser- vices sociaux, Thérèse Lavoie-Roux, le Dr Morisset a répondu qu\u2019il s\u2019agissait \"d\u2019un excellent document\".Toutefois, il s\u2019est dit déçu du montant qui sera affecté à la lutte contre le sida.\u201cJe suis convaincu que le Conseil du Trésor bloque les efforts de Mme Lavoie-Roux.Il y a des gens au gouvernement qui considèrent encore le sida comme un phénomène marginal.Pourtant, nous sommes en présence d'une épidémie\u201d, a-t-il dit.Par ailleurs, quelque 250 personnes ont participé à la Journée portes ouvertes organisée par le Comité Sida-aide Montréal, toujours dans le cadre de la Journée mondiale du sida.Plus d'échos La journée a recueilli globalement plus d\u2019échos dans les pays industrialisés, où la puissance des médias a souvent fait la différence, que dans les pays en développement.En Afrique, la journée s\u2019est souvent traduite par des émissions radio-télévisées comme au Gabon et en Côte-d\u2019Ivoire.Au Brésil, une chaîne humaine devait enlacer à Rio le Christ de la colline du Corcovado, et à Sao Paulo, un show et un culte oecuménique étaient prévus sur la place principale et à la cathédrale.En Italie, le président Francesco Cossiga a rappelé que \u201cle SIDA n\u2019est pas la peste\u201d tandis que les homosexuels romains organisaient une fête Piazza Navona sur \u201cl\u2019amour sans risque\u201d, distribuant champagne et préservatifs.Dans les rues d\u2019Aarhus, Danemark, un Père Noël a distribué des préservatifs aux adultes, prenant soin de donner des caramels et des gâteaux aux enfants.En Grande-Bretagne toujours \u20141,926 cas de sida recensés, dont 1,035 mortels\u2014, la presse a publié une charte signée par 200 personnalités exhortant les Britanniques à \u201cprendre conscience\u201d de la menace.Parmi les signataires figurent de nombreux artistes, des sportifs et l\u2019archevêque d'York, le Dr John Habgood.Aucune manifestation particulière n\u2019a été organisée au Japon, comme dans la plupart des pays d\u2019Asie où la menace du sida est généralement assimilée aux contact avec les étrangers.Les feux des pierres du Rhin! 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