L'Écho des Bois-Francs : journal industriel, politique, agricole et commercial, 31 décembre 1898, samedi 31 décembre 1898
[" Abe 0E, Fm PDA ARs Br Aah aad.rabdipty 5 PA tri na EEE 4200.24 ++ « Sme Année Ca ViCTORIAVILLE, 31 Decembre 1688 L\u2019ECHO DES BOIS- Salle de ix ORG AINE DU COLON TTT | Lecture c A ssembléa législative S AlN C ® \u2014 Pre \u2014\u2014 _ AUGUSTE BOURBEAU, Editeur-Proprietairc JOURNAL HEBDOMADAIRE DENIS LEBLANC, imprimeur.\u2014\u2014 Y > \u2014 ~~ \u2014 FEUILLETON DE \u2018 L'ECHO DES BOIS-FRANCS\u201d | de désolation et dv mort; a de|l'éludiant pour qu'il pit se ren-|nagea vers son canot que le cou- | preudre du temps, et le soleil était {aux créole mexicains les conces- fréquents intervalles, l'instinet |dre compte de la position critique |rant avait déjà entraîné ; il le re-|déjà brûlant, quand le nègre, l'é-|sions politiques que leur avait Costal l'Indien \u2014 PREMIERE PARTIE (Sue) >» Tla dormaient déjà, et le grondement qui précédait les vaux quand elles envahirent la plaine de leurs fougueux tourbillons n'eut pas le pouvoir de les arracher à leur sommsil.Cependant Clara s'agitait de temps en teunps.en croyaut entendro lve rugis-e- ments des jaguars qui l'avaient si fort effrayé se mêler aux mu- giss-ments des eaux, dont il avait une perception confuse.S'il eùt été évvitlé, il eat vu, en effet, la sauvage famille des tigres raser en bondissant le pied du cerro de la Mesa.Les quatre animaux ragirent «n sentant que deux homaies en ovcupaient |- sommet ; mais, remplis d'une terreur profondu par les \u2018aux qui les poursuivaient, et auxquelles leur légèreté seule pouvait le- faire échapper, ils passèrent outre et ne tardéren! pas à disparaître en précédant In masse liquid.dont la course égalait presque la rapidité de la leur.Nous profiterons du sommeil d- l'Indien et du nègre pour retourner un iustant vers le pauvre étudiant don Cornelio Lantejns,! après l'avoir si longtemps mégli-, féroce des jaguars affamés luttait contre leur frayeur à l'aspect d'une proie presque à leur portée ; mais la terreur l'emportait, et Lantejas les voyait refermer leurs yeux comme pour échapper à la tentation de le dévorer.Puis les serpents, de leur côté, euroulaient et déroulaient sans cesse leurs corps visqueux an- dessus de lui, terrifiés par la présence de l'homme et dès jaguars Plusieurs heures s'étaient bien longuement écoulées, pendant lesquelles le lac.saus cesser d\u2019être gonflé, était devenu moins agité, lorsqu'il crut entendre sur In surface des canx un bruit que cette fois il ne sut commeut définir.C'était r tentissant comme le son d\u2019une trompotle de guerre ou grave comme le rugissement que faisnient parfois entendre les deux lormidables voisins de l'étudiant.À cette étrange mélodie, 0\u201c a reconnu le son de la conque ma-~, rine de Costal, qui, chemin fai-| saut.évoquait encore, à toul ha-| sard, la présence de la déesse des! eaux.; Bientôt j\u2019étudiant distingua\u2019 dans le lointnin, et dansant sur la\u2019 houlé, la p -tite vinbarcation mon- dans Inquelle il se trouvait.Il était environ sept heures du matin, et le malheureux théologien avait compté plus de huit mortelles heures dans ce hamac, où il paroissait indolemment couché comme Un satrape sous ce dais de tigres et de serpent à sonnettes.A travers les mailles du réseau, l'étudiant suivait d'un œil terne les manœuvres de l'Indien.Il le vit montrer du doigt à son compagnon l'étrange tableau qu'offraient les tamariniers.Puis, tandis que le noir le contemplait d'un regard justement effrayé, don Cornelio entendit l'Indien, incapable de modérer les élans de sa gaieté.ge livrer à d'intempestifs éclats de rire.L'étudiant ne songeait guère pourtant à s'en formalis-r, quoi- qu'il ne vit pas précisément qu\u2019il y eût si ample matière à rire de sa position et de l'effrayante étn- de de tigres à laquelle il se livrait si involontairement depuis le point du jour.\u201cSt nous nous écartions pour tenir vonseil ?balbutia le nègre d'une voix mai affermie.\u2014Nous écarter pour teuir cop- joignit, et quelques minutes après remiso à flot, et se dirigeait vers l'étudiant.Lantejas n'était pas encore revenn de ln surprise et de l'admiration que lui avaient causées l'audace et le seng-froid de cet inconnu, quand, du même tré le tigre, l'Indien ouvrit le fond du hamac pour livrer à l'étudiant plus facilement accès dans son canot.\u201cEt les peaux des jaguars que vous laissez échapper ! cria Clara.Voilà vingt piastres au moius qui s'en vont à vau-l'eau ! \u2014Eh bien ' courez après, répondit l'Indieu en retirant Luande son résvau de cordes.\u2014Divu m'en garde! s'écrin le nègre, les peaux n'aurai-nt qu\u2019à vivre encore.Qu'\u2019elles aillent au diable ! Et vous.Costal.faites- moi done le plaisir de ramer vers moi ; je n'ai nul souci de remonter en canot sous ces fe-tnns de serpents à sonnettes \u2014Voyez-vous la yetite-mat- tresse, dit l'Indien en dirigeant la pirogue vers Ciara, qui ne put y reprendre pied qu'avec grand té: par les doux associés.De'seil! s'écria l\u2019Indion en reprenant \u2018risque de la faire chavirer.temps à autre l'Indien, aucoutu- | mé à cettu dangereuse navigation, \u2018 1&-huit ses avirons pour »mbou- cher l'inetrumeut, dout Lantejas! entendait l\u2019inexplicahle nie.Absorbés par lear singalière| de cette journée, qu'a ouverte le! n'avaient encore ap-rçu don Corrécit de scs aventures.Nous l'avons Iaissé dormant dans le hamac que sa bonne étoile lui aurait fait rencontrer si à propos.\u201c Tout à conp il s'éveilla en sursaut, les membres glacé par une fraîcheur soudaine, et se vit sus pendu daus son hamac au-dessus d'une mer en furie, qui roulait des vagnvs énormes à un demi- pied de distance de son corps L'étudiant poussa un cri terrible.auquel répoudirent, comme du sommet des deux tamariniers, des grondements sourds et des sifflements aigus.Corneliv promena un oil effrayé.antonr de lui et, aussi loin que ses regards purent aiteindre.il me vit qu'un lac immense aux vagues écumeuses.Dès lors tout lui fut expliqué : la fuite des habitants des campagnes et ces canots suspendus aux arbres.Les bruits qu'il avait entendus n'a vaient pour cause que l'approche d'une de ces inondations annuelles qui ont lieu presque à jour fixe dans la province de Oajaca, où il se trouvait, et qu'il aurail évitée dans la maison de son oncle, sans la lenteur désespérante de son cheval de picador.Qu'allait devenir le voyageur ?à peine savait-il nager, «t.eût-il pu rivaliser avec l'un des pê- cheurs de perles de Tehuantepec, que toute son habileté ne lui eût servi à rien au milieu d\u2019un lac à perte de vue, au-dessus duquel Burgissaient seules les cimes des 4amiariniers entre lesquels il était \u201c suspendu.Sa situation, déjà effrayante, ne tarda pas à le devenir davantage.Des yeyx de feu que l'étudiant vit briller comme des vers luisants ou, pour mieux dire, comme des charbous ardents, au milieu du feuillage des arbres, ne tardé- rent pas a lui expliquer aussi la nature des grondements sourds qu'il venait d'entendre : quelques animaux féroces, des jaguars, sans doute, s'étaient réfagiés sur les tamariniers pour fuir l\u2019inondation.Eux seuls pouvaient rimper ainsi au-dessus du sol.Nous ne ferons pas le récit de ses terreurs pendant cette nuit terrible où il se vit auspendu, an wi- lieu d\u2019un si effrayant voisinage.sur un océan qui pouvait grossir encore et l'emporter.Nous dirone que le jour vint enfin, et que toute une nichée de jaguars, mâle, femelle et petits, lai apparurent à la cime des arbres dont il occunait le milieu.et et que.non loin d\u2019eux, de longs et hideux serpents effrayés s'enroulaient aux branches.Au-dessous de lui répandait une mer honleuse, aux flots jaunis, où tourbillonnaient des arbres déracinés, emportant avec eux des daims effarouchés, aun- dessus desquels des oiseaux de proie planaient en poussant des oris percants.Partout un spectacle horrible nelio.tapi dans son hamac, où il n'osait Fiire un mouvement.Cependänt la cri étouffé d'une voix humaine venait de franpar leurs oreilles.\u201cAvez vous entendu, Costal ?: s'écria le uoir.\u2014Oni, comme un cri; c'est] sans doute le pauvre diable d'é-, tndiant qui nous appelle.Mais où donc estil ?Je ne vois qu\u2019un! hamac suspendu entre ces deux.tamariniers, li-bas.Eh! il est! dedans, parblen !\u201d Costal fit entendre un formida-! ble éclat de rire, que l'étudiant accuvillit comme une musique du cel.On l'avait vu.snns doute, et il rendit à Dieu de ferventes actions de grüces.Clara partageait l'hilarité del I'Tudien, quand une musique d'un genre tout différent viut glacer le rire sur ses lèvres.\u2018Encore !\u201d s'écria-t-il avec ef froi en entendant grouder au-dessus de la surface des eaux un morceau d'ensemble modulé par les quatre jaguars postés au dessus de la tête de l'étudiant.Le cri poussé par lui avait excité les rugi-s-ments dvs tigres, auxquels se mélait aussi le sifflement des serpents enlacés aux branches des arbres.\u201cC'est étrange ! dit l'Iudien, ces rugissements partent du même côté que la voix de cet homme! Eh ! seigneur étudiant ! cria-t-il à Lantejas, êtes-vous seul à faire votre sieste, à l'ombre de ces tamariniers ?\" Mais l'étudiant ne répondit à Costal que par un cri inintelligible ; il était incapable do prononcer un seul mot, tant la terreur profonde qu'il éprouvait paralysait sa langue.Son bras tremblant s'éleva seul an-dessus du hamac.pour indiquer à l'Indien les deux terribles hôles de ses deux tamariniers.Toutefois l'épaisseur du fenillage, en dérobant les jaguars à l'œil d- Costal.rendit le geste de l'étudiant aussi pou intelligible que son ori.\u201cDoucement, pour l'amour de Dieu ! s'écria Clara, que la peur rendait plus prudent que Oostal : les tigres se sont peut-être réfugiés sur ce: tnmariniers ! \u2014 Raison de plus pour y aller voir.Devons-nous laisser ce jeune homme se morfondre dans ce hamac jusqu\u2019à ce que les eaux se soient écoulés !\u201d En disant ces mots, Costal reprit ses avirons ct pousea vers l'étudiant, tandis que Clara répétait d'un ton lamentable : \u201cSi ce sont nos tigres d'hier, comme je crois les reconnaître aux miaulements des petits, songez combien ces animaux doivent être aigris contre nous \u2014Croyez-vous donu que je ne le sois pas cuntre eux, moi ?\u201d reprit Costal en continuant à ramer.Quelques eoups d'aviron le mi- rent à une distance suffisante du © enfin son sérieux ; il ne peut y avoir deux partis à prendre.\u2014 C'est vrai, r prit Clara ; il coutoau avec lequel il avait éven- : tejus plus mort que vif, du fond, tudiant et l'Indien reprirent, dans [accordées don José Iturrigaray, il était remonté dans sa barque, |leur frêle embarcation, le chemiu | dans l'intérêt même de l'Espagnepou plutôt la direction de l'hacien-|!! avait donc applaudi aux mesu- da de las Palmas.Chemin faisant, don Corneliojauquel il était tout dévoué, et linterrogea les deux libérateurs lsur les motifs qui les avaient | conduits vers lui.\u201cC'est un cavalier paraissant fort pressé de gagner la demeure da don Mariano, dit Costal.qui nous envoyé vers vous aux Tamarindos.Reste à savoir s'il a été aussi heureux que vous et s\u2019il a échappé à l'inondation.Ce serait dommage qu'il n'eût pas pu {gagner à temps l'hacienda ; car c'est un vaillant jeune homme, et les braves sont si peu nombreux! \u2014 Heureux cenx qui le sont ! dit 'étudiant.\u2014Tonez.voici Clara qui ne | craint guère les hommes, et qui ;à peur des tigres comme un enfant.\u201d Bien que la première fureur des eaux se fü! apaisée.11 n\u2019était pas facile néanmoins d'en remonter le rours dans une petite nivne gue comme celle qni porta les i trois navigateurs.La houle était forte encore, et il fallait soigneusement éviter le choc des arbres on dérive comme de ceux que i res libérales prises par le vice-roi, quand l'exécution de ces mesures ont causé sa chute, don Luis, pensant avec raison que ce désastre vonait de briser pour toujours les liens qui attachaient i les créoles aux Espagnols, avait douné sa démission de capitaine de la garde d'Iturrigaray et s'est retiré dans son hacienda del Valle.Cette haciendn était située sur le revers des collines à la base desquels s'élevait celle de don, Mariano Silva.Tous deux s\u2019é-: |taient connus à Mexico, et le voi- 'sinage avait resserré los liens d'une amitié passagère.Aussitôt que l'insurrection d'Hidalgo eut éclaté, don Luis s'empressa d'envoyer un exprès à son fils pour le wander près de lui.Don Rafael avait obtenu un congé et se rendait à l'ordre de son père, quand il rencontra l\u2019étudiant, comme nous l'avons vu | dans le premier chapitre.Toute: fois, il ne pensait pas manquer à MACASIN Cheraneee \u2014oscsac00 Departement +00 v0000u000 QUE DESIREZ-VOUS MBESIRURS ?Le vêtement est ici au complet, des piedi à la tête, en prévision de l'hiver le plus rigoureux.Le plus beau choix de drap à paletot.Drap d'Elbœuf (Peltser) noir et bleu.Drap Vienna, très pesant.Drap Moscou.Drap Castor.Draps Français.Whitney et imitation ilanelle, etc Spécialité : Voici un bon Beaver noir et bleu qui fera ou- viir les yeux au prix extraordinaire qu'il ex marqué, seulement 55¢ la verge.Magnifique choix de Pardessus ct Ulsters l\u2019obéissance filiale en passant uu ; Jour sur deux à las Palmas, où ili 1 \u2014Jésus Dieu ! soupira don Cor-\u2018leurs racines tenaient immobiles se diriguait alors.nelio, qui retrouvait enfin la parole, mais qui, les sens encore | sous l'eau.Il était donc midi environ, n'y a gua pousser an large.ce wi troublés, ne re voyait pas sans'quand, a travers la cime verdoy- mont.\" Alors l'Indien, avec autaut detre noir.tous deux ruisselants;tige baignait dans ce lac immon-!(Marianita était restée à Oajac\u201d, gé, et clore ainsi les évônements ; préoceupation, ni Costal ni Claru | sang-froid qu'il-en avait peu mon- d'eau ot les cheveux couverts !s2, apparnt le clocher da l\u2019hacien- ; chez une de ses proches parentn.) tré depuis quelqu 's instants, déposa ses avirons au fond de la pi- | raqne et prit sa carabine.dont il' Clara d'un ton de bonne humeur, sortir du soin des eanx.Don renouvela prom ptement l'amorce.|c'e-t là tout ce que vous dites à; Cornelio 6e réjouit à cette vue, ! Costal pour le remervi«r du ser- \u2018\u201cQu\u2019a'lez-vous faire ?s'écria le negro, \u2014-¥n viser un, parbleu! répondit Costul ; vous allez le voir.\u201d Et.reprenant ses avirons, il poussa droit nu-dssous de l'un des deux jaguars.\u2018\u2019Tenez-vous tranquille, seigneur étudiant.\u201d dit-il à Lantejas, toujours aussi immobile que murt et offrayé.L'un des jaguars lsnça un ru- gissem
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