L'Écho des Bois-Francs : journal industriel, politique, agricole et commercial, 24 avril 1897, samedi 24 avril 1897
[" 1 + 3me Année 9 ARTHABASKAVILLE, 24 Avril 1897 \u201c16.Salla d s'sçot lire Foi8semblg, | \u2018 «ect gislative No.48 L\u2019ECHO DE A Su me eat Bad cml rt.St ne e-beam AUGUSTE BOURBEAU, Editeur-Proprietaire JOURNAL HEBDOMADAIRE = DENIS LEBLANC, imprimeur.FEUILLETON DE + L'ECHO DES BOIS-ERANCS 24 Avril 1897\u2014No 40 -TI,B}- d'un autre TROISIRME PARTIE (rime LA COMTESSE DE BUSSIERES Suite Laure se mordit les lèvres, et une lueur fauve, qui s'éteignit aussitôt, passa dans son regard.\u2014Ma chère Valentine, reprit- elle d'une voix doucereuse, je vous ai dit ce que je ferais ; mais je n'ai ni la prétention, ni le droit de diriger votre conduite.Je vois votre tranquilité menacée et, in- quiéte, je vherche à éloigner de vous un péril dont je m'exagère peut-être la gravité.Un rendezvous.d'ailleurs, n'est pas un si grand crime- Je ne vois pas, en Vérité, comment vous feriez un acte répréheusible en vous rencontrant, ici ou là, avec M.de Luranne, lorsqu'il s'agit, pour vous, de prévenir un malheur réel qui pent être la conséquence de son désespoir ou de sn folie.La comtesse avait mis de nou- Veau son visage daus ses mains.Un tremblement nerveux agitait ses membres.\u2014Ma chère Valentine, reprit après un moment de silence la haineuse jeune fille, qui tremblait de voir sa proie lui échapper, réfléchissez bien à tout ce que Je viens de vous dire.Il s'agit d'arrêter un malheureux que quelque chose de fatal remble pousser sur une pente au bas de laquelle s'ouvre un abime et de calmer l'exaltation d\u2019un esprit en délire.Je ne veux pas vous cacher que je me suis presque eu- gago pour vous; c'est ainsi que Jul évité, hier, un scandale dont e bruit\u2019 serait peut-être arrivé déjà aux oreilles du comte.M.Lucien attendra pendant quel ues jours, mais si vous lui re- usez une entrevue, je vous le répète, un coup de tête de ce malheureux peut avoir pour vous les conséquenees les plus funestes.Il s'agissait pour Laure de vaincre les scrupules de la jeune femme en frappant sou imagination, en la terrifient Pour cela elle ne négligenit rien.Cependant, malgré le spectre menaçant qu'elle faisait passer sous les yeux de la comtesse avec une cruauté impitoyabla, celle-ci restait hésitante.Laure frappa un dernier coup.\u2014Savez-vous ce que je crains, Valentine ?Le savez-vous ?dit- elle.La comtesse leva sur elle ses yeux craintifs, mouillés de larmes \u2014Dites-moi tout, ne me cachez rien, fit-elle, \u2014Eh bien.je crains que le désespoir de M Lucien d'une part et de l'autre la jalousie du comte ne les mettent en pré-ence le fer à la main.La comtesse poussa un ori.\u2014Je le verrai, dit-elle d'une voix oppressée, je le verrai ; mais où ?comment ?, Laure lui prit la mein en disant : \u2014Ne suis-je pas votre amie ?pe\u201d vous m'aiderez ?cul.; \u2014Vons serez avec moi, et, s\u2019il le fallait, vous me protégeriez contre moi-même.\u2014Je vous le promets.\u2014Qui le préviendra ?\u2014Moi.\u2014Oh ! dites-lui bion que c'est pour tenir la promesse que vous lui avez faite ; sans cela je n\u2019au- Tais pas consenti.\u2014Je lui dirai aussi que vpus voulez surtout l'empêcher de se perdre en vous perdant avec lpi.\u2014Ah! ge serait horrible ! mûr- mura la comtesse.: \u2014Où pourrons-nous nous rencontrer\u2018?\u2014J'y\"Fense en co moment, et - _ je crois avoir trouvé.; bien, que ce soit demain, \u2018dans deux jours, le plus tôt possible., So - Laure passa sdrr bras autour de * ld \\sille dé sa victime, l\u2019attirs à \u2018 ee et l'embrassa.\u2014Allous, fit-elle avec un faux sourire, nous serops guittes pour la peur.\"| ception pourtanit du | pied a terre.V\u2014LA LETTRE{ANONYME La comtesse de Dussères sortait presque tous les jours à l'ux- vendredi, qui était le jour où elle recevait ses amies.Elle allait rarement à pied, mais, bien qu\u2019il y eut trois chevaux à l'écurie et sous la remise une calèche et un coups, à Moins que ce ne fût \u2018pour rendre certaines visites ou faire une promenade nu Bois, elle préférait prendre une voiture de remise ou mème de place.C'était une idée à elle, et le comte, qu'elle pré- vouait toujours, d\u2019ailleurs, de ses orties, la laissait faire comme il lui convenait.Trois jours après la conversation qu'elle avait eue avve Laure, elle sortit à pied vers deux heures de l'après-midi.C'était un samedi.Elle portait un véte- ment noir très-simple.A vingt-cinq pus de l'hôtel elle prit un fiacre et se fit conduire à la porte de Courcelles La.elle mit pied à terre, paya le cocher\u2019 et le renvoya.Elle avait eu la précaution d- couvrir son Visage d\u2019un voile épais.Elle traversa la barrière, bais- saut la tête sous les regards cu- ri-ux des employés de l'octroi, ct se trouva hors de Paris.Un peu plus loin, une voiture stationnait sur la chaussée.Una tête se montra à la portière ef une main agila un mouchoir blanc Valeutine marcha rapidement vers la voiture.La portière s\u2019ouvrit et elle prit place à côté de la personne qui occupait déjà le coupé.C'était Laure.\u2014Est-ce que vous m'attendez depuis longtemps ?demanda la comtesse.\u2014Depuis seulement.\u2014 Alors, je ne suis pas en retard ?-Non, mais nous n'avous pas de temps à perdre.Le cocher ferma la portière.Laure lui fit un signe et il grimpa lestement sur son siège.Un coup de fouet cingla les flanes du quelques minutes cheval, qui partit comme un trait.\u2014Où allons-nous ?demanda Valentine.\u2014Pas loin.à Asnières.\u2014Jl nous attend ?\u2014Non, le rendez-vous n'est pas pour aujourd'hui.Mou Dien, vous êtes toute tremblante, cal- mez-vous.\u2014Ln comtesse était en effet très agitée.\u2014Je ne sais ce que j'éprouve, balbutin-t-elle, il me semble que j'ai peur.\u2014Peur ! pourquoi ?n'êtes-vous pas avec moi ?\u2014Je ne saurais le dire, c\u2019est comme un pressentiment.\u2014Enfant que vous êtes, vous n'avez rien à craindre.\u2014Laure, puisqu'il ne nous attend pas, pourquoi cette promenade à Asnières.Asnières, à vetto époque, n\u2019était pas à beaucoup près ce qu\u2019il est aujourd'hui.C'était un village habité surtout par des maraîchers.Cependant, les Parisiens commençaient à y acheter des terrains et 4 y faire construire ces délicienses villas qui ont peu à peu.métamorphosé l'ancien village en une des plus jolies villes des environs de Paris.Le chemin de fer et les murs d'enceinte de Paris reculés ont placé la petite ville à la porto de la grande.Ou peut dire qu'elles ne sont plus séparées que par la Seine, avec deux ponts pour traits-d'union.Asnidrès est devenu un lieu d: plaisir, la rendez-vous des canotiers et de nombreuses petites dames à chignons jaunes ; c'est une des promenades favorites des Parisiens, qui aiment à sortir le dimanche après une semaine de retraite et de travail.Le cheval fit le trajet en moins de trois quarts d'heure.Après avoir traversé le pont, la voiture tourna à droite, suivit nn instant le bord de l'eau et s'engageu eu- fin dans une rue où elle s'arrêta.Quatre ou cinq maisons s'échelonnaient A gauche, a droite des palissades et des murs de cloture marquaient les limites des jardins et des terrains à vendre ou à louer.Les deux jeunes femmes mirent Elles se trouvaient devant une petite porte peinte on vert, pratiquée dans le mur afin de servir d'entrée provisoire en attendant une grille.\u2018 un siège comme s'il eût été à rappél de la fondre.Ses (raits s'étaient contra tés, sos lèvres fiémissaient.il était livide, une sueur fruide mouillait son front.Nes veux arrondis fixés sur la lettre, qui tremblait au bout de ses doigts, avaient un regard de fou.Laure tira plusieurs clefs de sa poche, en choisit une ct ouvrit la porte.Elles entrèrent.Au bout d\u2019une allée assez bien entretenue, bordée du plates-bandes fleuries, la comtesse découvrit alors une jolie petite maison bâtie en briques, avec perron et marquise et girouette sur le toit.Au rez-de- chaussée comme au premier, toutes les persienues étaient fermées.Valentine jeta sur Laure un regard inquiet.rauque en froissant avec rage le papier dans ses mains.Tl resta un instant immobile, respirant à peine.\u2014Chez qui sommes-nous donc| Puis, relevant brusquement la ici ?demanda t-elle tout bas, | tête, ses lèvres se crispèrent dans comme si elle eût craint d'être! un sourire amer.entendue par quelque personne} \u2014Une lettre invisible.avec dédain.\u2014Chez moi, quant à présent Mais, aussitôt, un sombre éclair anonyme, fit-il répondit Laure, pnisque je puis|s'alluma dans ses yeux.La fu- disposer entièrement de cette reur qui s'emparait de lui fit maison dont j'ai les clefs.Elle! trembler tous ses membres.appartient à Une dame veuve de\u2019 \u2014Pourquoi cette lettre serait- mes amies qui, forcée de se ren-,elle un mensonge ?reprit-il d'une dro en Italie, où elle restera pro- | voix sifflante, je n'ai pas d'enne- bablement tout l'été, nous a priées [mis\u2026Et ces détails: Asnières, la ma mere et moi, de venir de;rue, la porte verte, le jardin, lu temps aA autre donner de 'air aux! maison.C'est done vrai, c'est départements ; nous sommes me- donc vrai.Elle ne m'aime pas, me autorisées à nous y installer, elle me déteste.Malheur! Troms\u2019il était agréable à M.le baron : Oh! la mi- \u2014Infamie ! dit-il d'une voix.d'y passer la belie saison.Le jardin n'est pas très-grand ; mais, comme vous pouvez le voir, déjà couvert d'ombruges.| elles entrerent dans la maison, oun tout était frais, gracieux, élégant et même coquet comnne un\u2019 nid d'amoureux.\u2014C'est aujourd'hui samedi.dit | Laure à la comtesse ; dans huit! Jour-,c'est-à-dire samedi prochain, je passerai ici l'après-midi.Vous connaissez le chemin, vous pourrez venir seule ; du reste, la voiture qui nous a amenées vous at tendra rue Bellechasse à un endroit que nous désignerons au cocher.D'ici à samedi j'aurai vu M.de Luranne et il se rendra de son côté à Asnières.Je ferai en sorte qu'il arrive avant vous; uous vous atlendrons a trois heures.\u2014Puisqu\u2019il le faut, je viendrai, dit la comtesse d\u2019une voix âmue ; mais vous serez là, près de moi, vous l'avez promis -Oui.soyez tranquille.\u2014Je n\u2019ai plus rien de caché pour vous, Laure ; ce que M.de Luraune a à me dire, ce que je lui répondrai, vous pouvez l'entendre.\u2014Il est heureux, vraiment, que j'aie cette maison à ma disposition ; c\u2019est un peu comme si je recevais M.de Luranne et vous dans le salon de la baronne de Bierle.Elles rejoignirent la voiture qui reprit rapidement la route de Paris.La semaine s'écoula.La comtesse aurait peut-être désiré passer ce temps dans la solitude, sans voir personne ; mais Laure manœuvra si bien, qu\u2019elle l\u2019obligea à sortir tous les jours.Cela frisait partis des diverses vombinaisons de sou plan.Comme on le voit, elle prenait des précautions minutieuses et ne négligeait aucun détail afin d'assurer le succùs de sa vengeance.Le samedi matin.le comte de Bussières reçut la lettre suivante : \u201cMonsieur le comte, \u201cUne personne de votre con- uaissance, qui tient à vous cacher son nom pour le moment, croil devoir vous informer d'un fait grave, touchant à votre honneur, et dont on commence à parler tout bas dans le cercle de vos relations.\u201cDepuis quelque temps, on dit un mois, Mme la gomtesse de Bussières voit presque tous les jours un jeuue homme du monde, que vous devez connaître, et qu'elle aimait, parait-il, avant son mariage.\u201cC\u2019est presque toujours à Asnières qu\u2019ils se donnent rendezvous, dans une petite maison bien discrète, bâtie nn milieu d'un jardin et entourée d'arbres.Aujourd'hui, samedi, ils doivent B\u2019y rencontrer dans l'après-midi.\u201cLa rue, où est située:la maison ne porte pas de nom encore ; mais c'est la troisième, après le pont, en desceudant la Seine De a Tue ou ne peut voir la maison, qui est masquée par un mur assez élevé ; mais, dans ce mur, il y a une petite porte verte par laquelle on entre dans le jardin.\u201cIl ne tient qu'à vous, mon sieur le comte, \u2018de vérifier l'ex- actilude des renseignements qui | vous sout donnés.\u201d Après avoir lu ces lignes épouvantables, le comte s'aifaissa sur 3 pé, trompé par elle ! sérable! Oh! les infâmes '.\u2026.Rien ne l'a retenue, la malheureure, rien.pas mème son enfant.Elle il (st admirablement planté et'me preud mon honueur, mo jette
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