La Croix., 2 août 1919, samedi 2 août 1919
[" upveillez-le Ji faudrait surveiller davantage le Soleil, de Québec.Au point de vue catholique, il lnisse beaucoup à désirer.On dirait qu\u2019il veut ruiner l'autorité suprême de l\u2019Eglise dans l\u2019esprit des Canadiens français qui le lisent.Il ridiculise S.S.Benoît XV; il en fait une sorte de marionnette politique changeant au gré du vent.C\u2019est ainsi qu\u2019en France les radicaux ont procédé pour éloigner les Français de Rome et aboutir à la rupture, et c\u2019est ainsi qu\u2019ils procèdent encore pour-\u2018empêcher -que les relations avee le Vatican ne soient reprises.Le Soleil, de Québec, prend plaisir à reproduire dans son édition du 2 août, un écrit de ln Gazette de Lauzanne sur la France et le Vatican, où l\u2019on lit ces coupables insanités sous da plume de Maurice Muret: \u201cOn parlait à Paris, peudant la guerre, de Benoit XV et du Vatican avee une acrimonie que j\u2019ai ern naguère devoir noter.J'ai entendu de 1915 à 1918, de la bouche d\u2019excellents eatholiques francais, des propos qui sentaient fort le gallicanisme et n\u2019avaient rien \u2018*d\u2019ultramontain\u2019\u2019.Les milieux catholiques français se sout montrés, aussi bien, pendant la tragédie, ardemment pu- triotes.Avec quel noble élan ils avaient oublié leurs griefs envers la République! Avec quelle abnégation ils ont servi un gouvernement qui les avait parfois méconnus ! \u2018Leur tristesse était grande de voir le Saint-Siège ct ses agents croire dur comme fer a la victoire des empires centraux cet orienter toute la politique pontificale daus le sens de cette victoire.En vain des lrançais illustres et bien vus à Rome cherchuiïent-ils à couvaincre le pape.Le suint-père écoutait avec une angélique petience, prodiguait essuite quelques tonnes paroles, mais ne changeait Ju- sn ligne Je esnduite.On se ranpelle l\u2019incident qui éclata au mos de juillet 1918 entre la diplomuiie française et celle du Vatican sur la question du protectorat des catheliques en Ex- trême-Orient.\u201cPassant outre aux droits dü- ment établis de la France, Benoît NV décidait d'entrer en relations avec le gouvernement chinois et d\u2019aceréditer un nonce à Pékinpape n\u2019agissait point ainsi par hostilité envers la France.Non, maiz il croyait nlors ln France à la veille du désastre militaire qui ruinernit toutes ses prérogatives.Et il pre- naît, avec quelque hâte, certes, les mesures quo rendrait nécessaires l\u2019anéantissement du rayonnément -fioneais.\u201cDepuis lors, la Larque de Saint- Pierre n esquissé un mouvement tournant fort opportun.Benoît XV saisit aujourd\u2019hui toutes les occasions de marquer sa tendresse à la \u2018fille aînée\u201d de l\u2019Eglise romaine.Il est allé jusqu\u2019à se déclarer \u2018Français de coeur\u2019\u2019 dans un dis- «ours qui a transformé en véritable manifestation francophile un incident de la procédure préparatoire à la canonisation de Jeanne d'Arc.Je tiens de bonne source des renseignements précis sur cette cérémonie qui restera une date dans l\u2019his- Le Le Samedi, 2 Aout 1919.\u2014 Vol.XVI}; No \u2014 9.9 c JOSEPH BEGIN, directeur y45 rue Saint-Gabriel, Montréal RELIGION, QUESTIONS SOCIALES, SCIENCES, ARTS, LITTERATURE, ECONOMIE POLITIQUE, ENSEIGN EMENT, COLONISATION EE A \u2014\u2014\u2014 p\u2014 &s.toire des rapports entre le Saint- Siège et lu France.Un homme d\u2019esprit disait en sortant : *\u201c Le pape a \u2018*\u201cdéclaré que Jeanne d\u2019Are avait \u201cfait au moins deux miracles.Elle *\u2018en a fait un troisième dont il n\u2019a \u201cpus parlé: c\u2019est d\u2019avoir amené Be- \u201cpoit XV à se proclamer franco- \u2018\u2018phile.\u201d \u2018Le Français, né malin, n\u2019hésite jamais à faire un bon mot, même aux dépens de ce qu\u2019il respecte le plus.Les catholiques français peuvent juger quelque peu tardive la tendresse du pape pour leur pays, elle les remplit néanmoins de satisfaction.Ils voient avec la joie la plus vive le Saint-Siège entreprendre avec les nations alliées toute une série de négociations.Effrayé par l\u2019isolement dont la menacent la disparition de l\u2019Autriche et la chute de cet empire hohenzollern qui s\u2019entendait si bien à le circonvenir, le Vatican éprouve le besoin de se rapprocher de la Grande-Bretagne, même des Etats-Unis et de 1'Ttalie du Quirinal.Tôt ou tard la question romaine sera réglée à la satisfaction des deux parties.\u201cA l\u2019égard de Ju France, le pape observe aujourd\u2019hui une politique analogue.ll déclare à ses visiteurs francais: \u2018Que la France me tende \u201cseulement la main et je tendrai, \u2018*moi, le bras tout entier.\u2019 Nous n\u2019en avons souligné que quelques passages, mais tout cet article tend à rapetisser, à ruiner le prestige moral du Souverain Pontife.Crétineau Joly disait: \u201cCe ne sont pas les apôtres d\u2019une incrédulité avancée qui portent à l\u2019Rglise les coups les plus dangereux; par une permission providentielle, il peut bien leur être accordé de pervertir une génération el d\u2019essayer de bâtir durant un tremblement de terre, mais leurs lenlatives les mieux conçues échouent toujours, parce que les passions qu\u2019ils déve- lop:pent n\u2019ont point de racines dans In foi du peuple\u2019\u2019; mais ce sont les soi-disant catholiques qui d\u2019une main s\u2019accrochent à l\u2019Eglise pour pouvoir, de l\u2019autre, la frapper plus sûrement au coeur.Tant que le Soleil, de Québec, ne fera que de la politique proprement dite, nous n\u2019en aurons cure.Si, par ailleurs, à ln sourdine, il cherche à ruiner l'autorité dn Pape, nous ne larderons pas i de démasquer à nos nopulations catholiques.JOSEPH BEGIN.0 Ligue des nations L\u2019Abbé G.DUGAS \u2014\u2014\u2014 La Ligue des Nations fait tranquillement son chemin; ceux qui la poussent sont persévérants comme celui qui l\u2019a inventée.Quand scra-t-elle solidement établie?C\u2019est le secret de l\u2019avenir, mais chose probable, le projet réussira, parce qu\u2019il semble entrer dans les desseins de In franc-maçonnerie.Famille unique de l\u2019humanité, langue unique, credo unique, république universelle, impiété universelle.C\u2019est la Ligne des nations qui nous mènera là.Très peu d\u2019esprits se rendent un compte juste de la voie dans la- quelle cette Ligue nous fait entrer ct où elle doit aboutir.Elle sera le grand triomphe de la franc-maçonnerie qui, avant la fin du monde, gouvernera, durant quelque temps, la grande famille humaine.Aujourd'hui, voici que les Américains, qui ne doutent de rien et qui seraient préts i entreprendre de refaire tout le système planétaire, jettent dans le public une nouveauté qui, présentée comme très avantageuse sous le rapport matériel et utilitaire, va avoir des conséquences fatales sous le rapport religieux.On veut, non pas corriger, mais réformer entièrement le calendrier grégorien et mettre cette réforme en force pour l\u2019an 1922, Voici les grandes-dignes de ce projet que nous empruntons à un journal des Etats-Unis : \u201cOn a conçu l\u2019idée de séparer l\u2019année en (treize mois composés chacun de 28 jours.Chaque mois commencerait par un lundi.\u201cLe groupe américain qui a lancé le projet annonce trois changements à la forme grégorienne actuelle: d\u2019abord, le jour de l\u2019An devient une fête légale indépendante.Ce jour-là figure entre le dernier jour de décembre et le premier jour de janvier.Il n\u2019est inelus dans aucune semaine ni aucun mois.Ensuite, il y a un autre jour indépendant, appelé \u2018correction day\u2019\u2019, pour les années bissextiles.On le place, ce- Inia, entre le dernier j jour d'un mois et le premier jour du mois suivant.Il n\u2019est inclus dans aucune semaine ni aucun mois.Enfin, les 364 autres jours sont divisés entre les treize mois qui porteraient leur nom actuel, plus un autre qui s\u2019appellerait Grégoire ou Liberté.\u201cLes officiers de l\u2019Association des réformateurs déclarent que le projet, tel que soigneusement défini dans un bill, \u2014 H.R.15946, \u2014 actuellement devant le Congrès américain et qui pourvoit à ce que le changement s\u2019effectue en 1922, n rencontré l'approbation des plus hautes autorités.\u201d Nous ne pouvons trop le redire: Ces nouveautés-lh ont pour but final de faire disparaître du monde tout ce qui rappelle l\u2019ordre établi par Dieu, toute trace-de l\u2019ocuvre ea- tholique.Pour cela, on procède lentement et sans avoir l\u2019air d\u2019y toucher, on veut une langue universelle qui ne sera pas parlée dans l\u2019église ct qui n'aura rien de religieux ; on invente le baragouinage de l\u2019es peranto.Depuis le commencement du monde, les hommes ont suivi pour les divisions du jour In marche régulière du soleil qui rappelle l'ordre divin établi dans le morde.Satan inspire de changer cela, et on necepte ce hangement sous prétexte d\u2019épargner la lumière.C\u2019est stupide, mais, ça ne fait rien, on accepte cela comme la Ligue des Nations, sans se demander ce qu\u2019il y a la-dessous.Aujourd\u2019hui, on fait un immense pas cn avant par le projet de refai- ve entièrement le calendrier grégorien sans songer aux multiples et fatales conséquences qui vont en résulter pour~la religion.Avec le nouveau système, tous les anniversaires de nos mystères reli- , Bleux sont mis de côté, et tout ce qu\u2019il y a de plus saint et de plus sacré dans l\u2019Egliee va être mis sur le pied des transactions mercantiles et des chèques de banque.Qu\u2019on étudie attentivement le æ w projet américain de la réforme du calendrier grégorien et on s\u2019aper- vevra des conséquenres désastreuses qui vont en résuller pour la religion catholique.Je crois sincèrement que c\u2019est dans ce but qu\u2019on travaille, et cela sous l\u2019inspiration de la frune-mn- connerie.L'abbé G.DUGAS:.0 Mort aux spéeulateurs EN FRANCE ! Les députés Bnsly et Cadot ont déposé, à la chambre francaise, un projet de loi punissant de mort, \u2018\u201cavec exécution dans les vingt- quatre heures qui suivront le jugement, tout accapareur ou spéculateur \u2018\u2018convaineu\u2019\u2019 d\u2019avoir, par des manoeuvres injustifinbles, haussé les prix des denrées alimentaires et des produits de première nécessité\u2019.Les deux députés du Pas-de-Calais reconjiaïssent que les \u2018cnusos de la cherté de la vie sont multiples; mais, disent-ils, la cause principale est ce qu\u2019on a appelé \u2018\u2018le mercantilisme\u201d\u2019.Bt ils tracent du mercanti ce portrait: \u201c\u201cLe mercanti est un parasite que In guerre a engendré; c\u2019est l\u2019intermédiaire inutile qui se glisse dans tous les rouages de la machine commerciale et qui en fausse le fonctionnement; le mercanti, c\u2019est celui qui s \u2019interpose entre le producteur et l\u2019acheïeur en gros et qui, profitant de la crise des transports, parvient \u2014 par quels moy- zns?\u2014 à assurer au premier l\u2019enlèvement de ses produits et au second l\u2019arrivée en temps voulu de ses marchandises ; le mertanti, c\u2019est celui qui, après avoir spéculé, en arrière du front, sur les besoins du poilu au repos, à étendu ensuite sa main rapace sur (out consommateur; le mercanti, c\u2019est le profiteur de toute misère humaine, et c\u2019est aussi celui qui, avant même l\u2019application des lois réglementant la durée du travail, provoquait une hausse des produits, sous prétexte que la main-d\u2019oeuvre \u201c\u2018allait renchérir\u2019\u2019.\u2018En face des véritables crimes commis par ceux qui ont élevé des fortunes scanduleuses par 1\u2019accaparement ou Ja spéculation, pendant que des millions d\u2019hommes se faisaient tuer pour défendre leur pays, la justice a été jusqu'ici impuissante.\u201cIl faut frapper plus fort et plus vite.Nos ancêtres n\u2019y mettaient pas tant de formalités quand ils accrochaient à la lanterne les accapareurs et les spéculateurs.Leur châtiment donnait à réfléchir aux autres.\u201d La proposition n été renvoyée à l\u2019examen de la commission de législation civile et criminelle, Mais nous doutons fort que ce texte devienne loi.En France ,comme en Angleterre et au Canada, les accapareurs sont puissants parce qu\u2019ils savent se faire des complices avec les chefs d'état mêmes.Bt puis cette évocation des événements de 1789 laisse à désirer.Em 1789, la canaille a érigé la guillotine pour voler les honnêtes gens; aujourd\u2019hui, il faudrait au contraire sévir contre la candille qui est moptée au faite des administrations publiques.PHERRE BAYARD.Le Suecesseur de Laurier Une protestation Les principaux adeptes du parti libéral du Canada se sont révuis à Ottawa pour définir un programme d\u2019action et surtout pour nommer un successeur à Laurier.MM.Gouin et Murray ont été élus présidents conjoints de cetle convention.On parle de Fielding, de MacKen- zie-King, de Graham, de D.D.Mne- Kenzie comme chef, tous Anglo-Sa- Xons; mais pas de Canadiens fran- quis.H parait que certains unionistes iibéraux n\u2019entreraient au bereail qu\u2019à cette condition.Et pourtant la députation Libérnle est en très grande majorité de langue française.À cet acte de déchéance volontaire inconcevable de notre race, il \u2018allait une protestution: M.Athunuse David, député de Terrebonne, -s\u2019est chargé de l\u2019exprimer.On lira son discours en quatrième page.Nous commenterons les travaux de cette couvention dans motre prochaine édition.oO Grave.Attentat à la liberté Aux Etats-Unis \u2014\u2014 T1 vient de se commettre aux Etats-Unis un très grave attentat à la liberté des langues autres que l\u2019Anglais.Ni la Russie, ni l\u2019Allemagne, ni lu France, où presque toutes les libertés ont été violées, n\u2019ont encore été aussi loin dans l\u2019eselavage.Il s\u2019agit du projet de loi du sénateur Myers, interdisant sous peine de délit, la publication de toute revue ou journal écrit dans une langue étrangère.Seule, la langue anglaise, pourra servir de véhicule à la pensée aux Etats-Unis, si cette mesure est adoptée.Voici le texte du sénateur Myers: \u2019 \u2018Sec.1.\u2014Qu\u2019il soit adopté par le Sénat et la chambre des représentants Pes (Ejats-Umis d\u2019Amérique réunis en congrès : \u201cQu'il soit illégal d\u2019admettre, de transporter ou de laisser cireu- ler dans les postes des Etats-Unis tout journal, revue ou publication imprimé dans une langue étrangère ; **Qu\u2019il soit illégal] pour tout em- Rloyé du département des postes des Etats-Unis de recevoir, transporter ou livrer, ou expédier par la poste tout exemplaire de ces\u2019 journaux, revues, publications ; , \u2018I sera du devoir du directeur général des postes des Etats-Unis et de tout autre fonctionnaire, ou employé du département des postes des Etats-Unis de mettre en vigueur les clauses de cet acte et tout fonctionnaire on employé qui; sciemment, les violera, sera coupable d\u2019un délit.Sec.3.\u2014II sera iNégal our ¢ toute | porsonne de déposer à la Poste des.Etats-Unis ou à un bureau, | de poste des Etats-Unis tout journal ou, publication de ce genre et toute per- - Abonnéme: , : Payable avance CANADA : 1 an, $3:6 16 molg1o0 MONTREAL »r BANLIE] ey .(parla poste) Co ~1a0$2.50;6 6 mois:1.25 =~ ETATS-UN 18° ; ETRANGER (Union postél) 1 an, 2.25 ; 6 mois 1.25 Un numéro, 5 sous - \u2019 Tél.Westm.7208 ain d\u2019un délit.\u201d \u2019 Le Sénat a déjà voté in premidre & et ln deuxidme lectures de cet ukase ; mais il reculerait, à In troisième lecture, devant les protesiations de milliers de citoyens américains ni ne sont pas disposés à passer- pi l\u2019unique moule anglo-saxon.En tout cas, cette tentative est pleine de menaces.JOSEPH BEGIN, CHOSES ET AUFRES Ces savants dos Etats-Unis ! On ne se fait guère idée de la puissance du vent comme agent de träns- port.Le 9 mars 1018, une tempête e de neige s'est déchaînée sur la ville de Madison (Wisconsin).La neige tombée en abondance, était côlorée en brun rouge par la présence d'une fine poussière.Deux soi-disant.savants américains, MM.Winchell et Miller, ont étudié le phénomène ; ; après évaporation de la neige fondue, ils ont trouvé qu\u2019elle contenait environ un gramme de poussière par litre ; l'épaisseur de la couche de \u2026 neige était telle que la quantité de poussière préoipitée atteignait 5 grammes par mètre carré.Celé ne paraît pas beaucoup, mais la neige colorée couvrait tant de mètres carrés -1 que [a quantité totale de poussière: pe transportée, selon ces savants, doit être évaluée à un million de tonnes! D'après sa composition, ajoute le Génie Civil à qui noûs empruntons ces'détails, elle provenait :d\u2019une région aride du sud-ouest des Etaté- Unis : Nouveau-Mexique ou Arizona, c'est qu'elle avait parcouru .environ 1,500: kilometres | Encore uno affaire de savant américeiat D'après le professeur Frank Clarke, de la société géographique américaine, les océans sont âgés de 90- 000,000 d'années.Rien que celal Ce n'est évidemment qu\u2019un calcul approximatif! basé cependant, ajoute ce M.Clarke, sur de profonides pas profondes.Toute l'eau était d\u2019abord conden-_ sée en vapeur entourée d\u2019une forte\u201d chaleur.Après l'union des gaz qui donna naissance à l'eau, le sel de - l'océan commença a se former.Cefut l\u2019ouvrage des rivières.Les eaux \\ minérales furent extraites des | chers d\u2019où elles coulaient et se déposaient dans la mer.Chaque année, l\u2019action des ruisseaux rendait la mer plus saline, et c'est sur ce dernier phénomène que l'on se ba calculer l'âge des océans.: plus clair | c\u2019est comme de l'eau de.roche ! La quantité de sel.balayée par les rivières de la terre est calcu z sonne qui, le tera\u2019 Bora \u2018soupable:[ , études scientifiques! Si elles n'étaient -.A 2 TAG A Sig - Réplique de Mgr Bruchési Jean Bon Nos lecteurs savent que le gouvernement Clemenceau ct In majorité de la chambre française ont repoussé la proposition Monzie, tendant à renouer les relations diplomatiques entre le Vntican et In France.A cetto occasion, le député Jean Bon fut le porte-parole de l\u2019anticléricalisme, Dans son discours, ob il s'esl efforcé de raviver Ja haine des radicaux contre I\u2019'Eglise, i! a mis en cause à tort plusieurs personnages, entre autres NN.SS.les Archevéques de Montréal et de Québec.S.G.Mgv Bruchési, alors de pas- suge a Paris, lui adressa la verte réplique suivante: \u201cParis, 6, rue du Regard, 7 juil.Monsieur, \u201c\u201cJ\u2019arrive à peine d\u2019une exeur- - sion au front canadien de France et de Belgique.J\u2019en reviens le côeur attristé, mais les yeux pleins de visions glorieuses.Au moment où je rentre sous le coup de ces impressions, l\u2019on me signale le discours que vous avez prdnoneé au Palais- Bourbon, dans la deuxième séance du 2 juillet.Vous m\u2019y mettez personnellement en cause.Cetie sortie de votre part m\u2019impose une intervention immédiate.\u2018D'une façon particulière, vous vous en prenez à Ja conduite du gouvernement dans l'affaire des évêques de Strasbourg et de Meta.TH y a là une question de politique intérieure où je n\u2019ai pas à entrer.Vous élevez ansuite le débat à In hauteur d\u2019une question générale.Vous blâmez le gouvernement de la manière dont il a organisé la représentation de la France en pays étranger.Je n\u2019ui pas à me prononcer non plus sur les réflexions que ce sujet vous inspire.Le problème.pour se rattacher à In politique extérieure de votre pays, ne nous regarde pas.Et nous avons appris de nos ancêtres, les Français de jn- dis, à ne pas nous mêler des questions qui nous sont étrangères.C\u2019est une tactique dont nous entendons ne jamais nous départir et dont l\u2019on gagnerait ailleurs à s'inspirer plus souvent.\u201cA l\u2019occasion de ce débat plus étendu, vous soulevez deux questions accessoires.L\u2019une concerne les disparitions presque subites de Pie X, des cardinaux Rampolla et Ferrata.L'autre se rattache à l\u2019influence des Jésuites sur La déclaration de guerre et à la prétendue germanophile de S.S.Benoît XV.Sur ce terrain encore, je n\u2019ai pas à vous suivre.Vos insinuations ont regu leur réponse dans les discours et les interruptions qu\u2019elles ont provoqués.Un complément de ree- tification vous sera sans doute servi en temps et lieu par qui de droit.\u2018\u2018 Mais, là où mon intervention devient nécessaire, c\u2019est dans la partie de votre discours qui traite du consulat géhéral de France à Montréal.\u2018Vous proposez à votre gouvernement d\u2019accroître l\u2019importance de ce consulat, de le placer, semble-t- i], au même rang que l\u2019ambassade \u2018de Washington.Pour donner suite 8 votre proposition, il faudra,, j'imagine, que le ministre français s\u2019entende avec l\u2019Angleterre, de laquelle nous dépendons pour toutes les relations extérieures.C\u2019est donc encore une question où le Canada frangais n\u2019a rien à déméler.\u2018Vous prétendez que les titulaires successifs de ce poste n\u2019ont pas pris leur.inspiration au quai d\u2019Orsay.Ils auraient suivi, d\u2019après vous \u2018\u2018les élégantes sollicitations de Mgr Bruchési, archevêque de Montrénl ou de celui de Québec\u201d.Cette fois, directement mis en cause, il me faut bien me prononcer.Vous saurez done, Monsieur, que les divers représentants de In France au Canada n\u2019ont jamais eu à se Inisser guider soit par archevêque de Québec, soil par celui de Montréal, Il leur a suffi d\u2019être les excellents diplomates qu\u2019ils étaient pour deviner que le rôle d\u2019un consul consiste à donner au pays où il sert In plus haute idée du pays qu\u2019il représente.\u201cHM leur a suffi d\u2019être les bons Français qu\u2019ils étaient pour comprendre qu\u2019ils n\u2019atteindraient pas ce but en blessant les sentituents les plus vifs de la population en- nadienne-française.Ceux-là même d'entre eux qui avaient des idées religieuses différentes des nôtres ont toujours eu cette délientesse de pratiquer à notre égard une corree- tion parfaite.Quant à ceux dont les croyances se rapprochnient des nôtres, ils se sont contentés d\u2019obéir à leurs sentiments personnels.Leur conduite explique, pour une part, la permanence de l\u2019esprit français chez les l\u2019ranco-Canadiens, si loyaux par ailleurs à la couronne britannique.Vous jetez sur eux un discrédit qui blessera profondément notre population.Ce n\u2019est pus le moyen de servir les intérêts de la France à l'étranger.** Vous paraîssez, Monsieur, vouloir établir un tien entre le Congrès eucharistique de Montréal et celui de Vienne d'une part, entre ces deux Congrès et la déclaration de guerre d\u2019autre part.l'organisateur du Congrès de Montréal aurait le droit de repousser s implement une telle insinuation.Il doit à ses compu- triotes d\u2019ajouter autre chose, vu ln tournée qu\u2019il vient de faire sur vos champs de bataille.Après ce qu\u2019on a appelé \u2018effort canadien\u2019\u2019, vos prétentions se manifestent.Monsieur, à une mauvaise heure.Ce n\u2019est pus quand vos cimetières comptent 5,000 des nôtres, couchés à côté de vos morts glorieux, qu\u2019il convient de nous attribuer une participation quel-«onque au déchaînement du fléau.Ce n\u2019est pas quand 125,000 des nôtres attendent, dans nos hôpitaux ou dans les vôtres, ln guérison de ble=sures qu\u2019ils ont re- ques pour vous défendre qu'il sied de leur jeter Pinsulte.Ft si vous vous rappelez que le Canada a fourni 500,000 hommes sur une population d'à peu près 2 millions que pouvait atteindre la loi de conserip- tion militaire, vous jugerez, ce me semble, qu\u2019il y avait mieux à faire que d\u2019insinuer méme une entente entre les catholiques de Vienne et ceux du Canada.lei, c\u2019est le Cunada tout entier que vous outragez.Français de coeur et d\u2019origine, je souhaite que vus paroles n\u2019affee- tent en rien le prestige de la France dans ce pays lointain, qui aime si sincèrement le vôtre.\u201cJe termine en vous assurant, Monsieur, avec le ressentiment très vif que créera chez nous votre attaque, le chagrin profond du soussigné.+ PAUL, Arch.de Montréal.\u201d Cet incident aura l\u2019effet d\u2019ouvrir les yeux de quelques-uns de nos naîfs Canadiens, toujours euclins à dire que la France est enfin sur le chemin de Damas.Te geste de Jean Bon, approuvé par la majorité de ln députation française, n\u2019est pas précisément celui de saint Paul au moment de son retour à Jésus-Christ! Nous espérons que l\u2019on saura, cette fois, distinguer les différentes nuances de l\u2019un et'de l\u2019autre! .Œn tous cas, nous remercions Sa Grandeur\u2014-de n\u2019avoir pas laissé == LA CROIX passer cette occasion de fusbiger proprement la radicaille de France dans la personne d\u2019un de ses plus notoires représentants.JOSEPH BEGIN.Un esprit nouveau PAR Francois VEUILLOT Le retour décisif de la paix fait éclore une floraison de manifestations religieuses.ll y a des millions de Français qui veulent rendre grâces et rendre gloire à Dieu.Dans un grand nombre de cités, sont ouvertes, en vue de l'érection de monuments votifs, des souscriptions populaires; et, sans que soit ralenti l'élan qui continue du porter les générosités catholiques à Montmartre, elles voient affluer les offrandes.Paris et Versailles auront bientôt leurs églises de reconnaissance à Jeanne d'Arc ; Lyon et Marseille élèveront des édifices au Sacré Cœur ; Nancy consa- créera un temple à Notre-Dame de Lourdes.Et cene sont là que des exemples entre beaucoup.Mais en outre, il se dressera, aux points culminants de la guerre, des sanctuaires vraiment nationaux.L'archevêque de Reims et l'Evêque de Châlons veulent construire, au milieu des plaines de Champagne, sur la colline de Dormans indiquée par le Maré- _shal Foch, une chapel'e commémorative de la double victoire miracu- Jeuse de la Marne.A Douaumontl'Evêque de Verdun doit offrir un monument de souvenir et de prière aux héros tombés pour la défense de la glorieuse citadelle.En même temps que l'on s'apprête à chanter les louanges du Christ en hymnes de pierres, on le remercie, dans les antiques pèlerinages français, de s'être affirmé une fois de plus, ainsi que parlaient nos aieux, « l'ami des Francs».Les tra- dionnelles démonstrations de piété populaire, interrompues pendant la tourmente, renouent les anciennes coutumes avec une intensité rajeunie.| L'Archevêque de Montréa; était en admiration, voici quelques semaines, à Angers, devant la splendide procession de la Fête-Dieu qui conduisait tout un peuple à travers tous les quartiers d'ine grande ville respectueuse.Il eut éprouvé, ces jours-ci, la même émotion enthousiaste, à la vue du grand Pardon de Guingamp, transformant la vieille cité bretonneen un sanctuaire immense.Mais, parmi ces manifestations de ferveur publique, il en est une qui mérite une mention toute spéciale.Elle affirme, en effet, non seulement la permanence encore avivée de la piété \"francaise, mais aussi, malgré certains retours offensifs des préjugés parlemontaires, un esprit nouveau dans l'administration gouvernementale.H s'agit de solennités qui furent célébrées, le 3 juillet, sur le Mont Saint-Michel.De tout temps, la France a prié le grand Archange comme un protecteur national.Et saint Michel, au surplus, a daigné, maintes fois, se montrer bon Français.Par une intervention qui remonte aux origines de notre histoire, il a choisi nos rivages pour y dresser l'un des plus merveilleux monuments de son culte.Plus tard, répondant aux hommages élevés vers lui par d@longues générations royales et populaires, il est descendu du oiel à Donrémy paur nous envoyer Jeanne d'Arc.Et ce seul bienfait suffirait à le consacrer l'ange gardien de la patrie.Aussi, nulle dévotion n\u2019est plus chère aux catholiques de France, ni plus profondément incorporée dans nos vieilles coutumes.C\u2019est Saint Michel que les bâtisseurs de l'église de Montmartre ont voulu poster sur le sommet du temple; et il me souvient encore, avec émotion, d'avoir entendu le Cardinal Amette annoncer \u2018 à son peuple, après avoir bénit la statue de l'archange : « Je lui confie solennellement cette Basilique I» Gardien vigilant, il l\u2019a bien protégée! Ce temple, élevé au faite de Paris et qui, par tout ce qu\u2019il contient d'âme française, devait exciter la convoitise meurtrière des bourreaux dela cathédrale de Reims, a été miraculeusement préservé de toute atteinte.Or, voici bien longtemps que le sanctuaire jeté, comme un défi de granit, à l'extrême pointe du Mont Saint-Michel, élait veuf de toute vie religieuse.La Révolution en avait chassé Dieu et les moines.Les gouvernements du dix neuvième siècle, utilitaires avant tout voyant cette église inacceæsib'e à la cime d'un roc isolé, l'avaient transformée en prison.Des aménagements barbares en avaient abimé ce qui restait .intact après les souillures sacrilèges.En 1873, enfin, l'on comprit qu\u2019à défaut de la consécration liturgique, un te; joyau méritait au moins le respect dû aux Œuvres d'art.On entreprit de le restaurer.La restauration fut lente, ainsi qu\u2019il convient aux tra vaux administratifs ; mais, par bonheur, eile fut intelligente.Et l'édifice abbatial recouvra sa beauté.Seulement, il ne retrouva point sa vie.Les gouvernants catholiques de 1873 avaient dû céder la place à un pouvoir sectaire ct mesquin, qui aurait cru se compromettre et se déshonorer, en rendant une église à Dieu.Les pèlerinages à Saint Michel continuèrent, à quelques mètres au- dessous de ce temple vide, de s\u2019entasser à l\u2019étroit dans une pauvre chapelle.Il en fut ainsi jusqu\u2019à la guerre.En serait-il toujours ainsi, même après la guerre ?Justement, une émouvante manifestation se préparait.Les diocèses martyrs et dévastés du Nord s'apprêtaient à remercier le vainqueur de Satan de les avoir affranchis de la servitude allemande.L'Archevêque de Cambrai et l\u2019évêque de Lille allaient se rendre au Mont St-Michel.L'évêque de Coutances, gardien de la basilique, irait les recevoir et les accompagner avec son peuple.Une telle solennité serait-elle réduite à s\u2019emprisonner dans un oratoire ?Après avoir été si longtemps étouffé sous le joug ennemi, Lille et Cambrai se senti- raient-ils captifs en vicille terre de France libre ?Des démarches furent entreprises auprès du gouvernement.Celui-ci leur réserva l'aecueil d'une vrais politique française, je veux dire spirituelle et généreuse.Il ouvrit toutes grandes aux pèlerins du Nord les portes du sanctuaire si longtemps fermé.Il brisa les sccaux posés par la Révolution sur un des reliquaires de la France catholique.Et, ainsi, le 3 juillet, cinq jours après la signature de ce traité de Versailles où s\u2019est affirmée la victoire de la France, la première manifestation solennelle de la gratitude française envers Dieu lui fut présentée par les mains de Saint-Michel, dans l'antique Abbaye de l'Archange, restituée à la religion par le gouvernement français.Oh ! je ne veux rien exagérer ! Je ne prétends pas que les pouvoirs publics ont entendu faire arte de piété envers S.Michel, ni qu'ils ont voulu s'associer directement à une cérémonie d'action de grâces.Ils se sont contentés de rompre nvec des errements d'intolérance at d\u2019ostracisme antireligieux, pour se montrer bienveillants et courtois à l'égard des catholiques et pour prendre une mesure de justice et de bon goût, Mais, enfin, par le geste, ct qui est déjà significatif d'un esprit nouveau, ils ont inséré, consciemment ou non, quelque chose de leur âme et de leur volonté dans l'hommage offert à l'ange gardien de la France.Soyons convaincus que saint Michel aura recueilli cet hommage et qu'il y répondra par de nouveaux bienfaits.François VBUILLOT.Le portrait de la Révolution PAR CRETINEAU-JOLY \u2014 Quand la nature afflige l\u2019humanité par un de ces hivers rigoureux qui font date les bêtes féroces s\u2019élancent de leurs repaires, puis errant jusqu\u2019aux portes des villes, elles cherchent à dévorer les premiers passants.Sous la Terreur de 1793, In société fut condamnée au même phénomène.Elle vit tout à coup sortir de certains bouges immondes des créatures subrepticement baptisées, et qui, sans cette horrible secousse, seraient à tout jamais restées plongées dans leur obseurité native.La Révolution, cette tendre mère en bonnet rouge, démuselait ces férocités.Elle se gorgenit à In Journée du sang de ses fils.personne ne résistin, et chacun obéit du tyrannique hors la loi, Cette soumission au bourrenu ne s\u2019explique que par la pensée qu\u2019alors en France il valait mieux affronter une seule mort que de appréhender toutes.leu d'hommes étaient enchaînés à ln servitude, des tous s\u2019y enchaïnèrent volontairement.Ainsi que sous le règne de Tibère, lu Terreur hrisa de force toutes IS relations humaines, ct plus la cruauté s\u2019acharnait, plus la compassion était interdite.De par la résurrrection et l\u2019affranchissement des peuples, qu\u2019etle entreprenait à forfait, on voyait la République brûler provisoirement en idée les prisons de l\u2019étranger, et elle cneombrait de victimes le Temple, In Conciergerie, les Carnies, l\u2019Abbaye, le Luxembourg et tous les palais et toutes les églises.Elle égorgeait les hommes afin de les rajeunir; elle versait le sang de la France pour ln régénérer.Elle proscrivait tous les souvenirs et changeait toutes les dénominations.L\u2019Hôtel-Dien s\u2019appela Maison de \u2019ITumanité; il y eut la rue Marat, la rue des Citoyennes, la rue des Sans-Culottes, ln rue Lucréce-Ven- gée.Quand les églises mises à sac ne devinrent pas des clubs ou des magasins à fourrage, on en fit des temples de la Raison, de l\u2019Egnlité, de l\u2019Hymen, de la Vicillesse, de la Nature ou du Commerce.On chan- gen les noms des villes, on bouleversa le calendrier, et à lu France comme aux familles on imposa des sobriquets qui furent tout à In fois une dérision et un outrage.C'était rougir de tant de siècles cf de tant d\u2019hommes héroïques, effacer ce qui consacrait leurs titres par le respect de la postérité.C\u2019était confesser que le poids de ces immenses souvenirs nacenblait cette génération, préparée à toutes les li- chetés et à toutes les ignominies par ses émancipateurs.On hubiHa tantôt à la greeque, tantôt à la romaine, cette pauvre France déshéritée du Ciel et de la Monarchie.On lui imposa 1\u2019athéisme pour Dieu et la guillotine pour Souverain Pontife.Le silence fut un crime capital, et lu délation un métier patriotiquement autorisé.La loi rendit tous les Français suspects d\u2019être suspects.On ouvrit d\u2019adverbes louangeurs, on pavoisa d\u2019ndjec- tifs enthousiastes les massacres décrétées au nom du Peuple.On n°\u2019in- venla qu\u2019un moyen de rendre les hommes égaux: ce fut de leur couper la tête, afin d\u2019établir plu rapidement sur un sol désert, et dans la nuit des tombeaux, la lugubre égalité du néant.Comme au temps où, selon l\u2019énergique parole d\u2019Isaïe, \u2018\u201cDieu Je Svigneur des armées, ôtait de Jérusalem ct de Juda le courage ct la vigueur, toute ln force du pain et toute In force de l\u2019eau, le peuple se Tévolta, les grands s\u2019élevèrent contre les grands, et de reste des hommes les uns contre les autres; 1\u2019en- Et, Montreal, 2 Aout 1919 I \u2014\u2014 fant s\u2019insurgen contre le vicillard, et les derniers du peuple contre les nobles.\u201d\u2019 On tua les vivants, on déterra les forts.On vit dans les chaires des Ajax de carrefour ou de théâtre qui, après avoir essayé de rapetisser les grandeurs terrestres, osèrent défier Dieu lui-même.On avait importé triomphalement Voltaire et Jean-Jacques nu Panthéon.Marat ,lui aussi, eut son apothéose, dernier terme de l\u2019extravagance dans l\u2019anirchie.Dugazon, Trial, » Ronsin, Grammont, Collot-d\u2019Her- Monvel et mille aûtres comédiens, ayant appris dans le métier d\u2019histrion comment on devient fnetieux, furent les Corybantes de ces bne- chanales d\u2019impiété.Saint-Just, Robespierre, Carnot et Barère, fabricants de petits vers de société, philanthropes d\u2019académie, se plurent à traverser, sur une barque couverte de rubans et de roses, le fleuve de sang qu\u2019ils faisaient couler.Un de leurs disciples (Proud\u2019hon) portant la passion de In logique jusqu\u2019au cynisme, n\u2019a pas eraint de dire: \u20181H faut, demandez à ceux de 93, Une conscience large que n\u2019effarouchent point à l\u2019ocension une alliance adultère, la foi publique violée, les lois de l\u2019humanité foulées aux pieds, Ila Constitution «ouverte d\u2019un voile pour faire la besogne de In Révolution.\u201d Il lui faut tout cela, à elle, pour qu\u2019elle puisse, en connaissance do cause, travailler à sa manière au bonheur universel et à la régénération sociale.T1 faut qu\u2019on lui accorde des excès de toute nature à perpétrer ou à glorifier.11 faut qu\u2019il lui soit permis d\u2019élever des montagnes de victimes humaines ayant pour base des monceaux de cadavres.La Révolution ,qui veut détruire tous les abus, renverser Je fanatisme et tuor la famille par le divorce, n\u2019a pas d\u2019autres conditions à proposer, C\u2019est le marché qu\u2019elle vous met à la main; elle ne peut rien, si on ne lui laisse pas le droit de mensonge et de terreur.0 en =» Une colonie acadienne EN FRANCE \u2014\u2014 Il s'agit d'une colonie transportée dans Belle-Ile-en-Mer, Bretagne, en 1905, à la suite de la guerre de Sept ans.Les Anglais, maîtres du Canada, pénétrèrent sur le territoire acadien et voulurent enrôler les habitants dans leurs troupes pour combattre les Français.Les Acadiens, ayant Énergiquement refusé, furent déportés en Angleterre jusqu'à ce que des hégociations entamées lors de la paix de 1763 entre la France et l'Angleterre perminent de les échanger et de les faire venir en France, On les installa d'abord à Morlaix et à Saint-Malo, où ils recevaient la solde et les vivres de la®garnison, vivant comme des « réfugiés » dans une situation essentiellement provisoire.Quelques années plus tard, leur curé se rendit à Versailles afin d'exposer au roi la conduite qu'ils avaient tenue pendant la guerre d'Amérique.Louis XV, touché du patriotisme des Acadiens, leur concéda des terres à Belle-Ile, où ils arrivèrent à la fin de l'année 1765.Le gouvernement - fit construire pour eux soixante-dix majgons et donna à chacun une vache, un cheval, trois moutons ainsi que les vivres de troupe et la solde pour cinq années.0 1 Avez-vous payé votre abonnement à la CROIX ?o Co qu'il no faut pas oublier «Ceux qui écrivent et répandent des journaux et publications, qu'a aime l'esprit catholique, méritent bien de la religion \u2018etde I'Eglise.» J LEON XIII, Meontréal,2 Aout, 1919 L'Allemagne aurait refusé la paix - \u2018 D\u2019après une très importante déclaration de M.Mathias Erzberger, ministre des Finances, devant l\u2019Assemblée nationale allemande, des ouvertures de paix ont été faites à l\u2019AMemagn®, au mois d\u2019août 1917, par l'Angleterre et la France, par l\u2019entremise du Vatican.Le 13 août 1917, le nonce papal à Munich adressa une note au chancelier impérial Michaelis, en même temps qu\u2019un télégramme du ministre britannique près le Vatican, au secrétaire d\u2019Etat du pape, télégramme auquel le gouvernement français donna son assentiment.La note britannique, n déclaré Erzberger, demandait a 1\u2019Adlemagne de reconnaître l\u2019indépendance de In Belgique et une compensation à ce pays pour les pertes et domma- 5es subis au cours de la guerre, et demandait quelles garanties l\u2019Allemagne entendait exiger pour elle- même.Ce n\u2019est que le 24 septembre suivant, jque le «chkmcelier Michaelis répondit à la note du nonce papal, disant que la situation n\u2019était pas encore suffisamment claire pour que l\u2019Allemagne pût faire une déclaration.i Herr Erzberger a ajouté qu\u2019il aura d\u2019autres révélations importantes à faire d'ici quelques jours.Voici la note du nonce de Munich, Mgr Pacelli: \u201cJai l\u2019honneur de transmettre sous pli & Votre Excellence copie d\u2019un télégramme que Son Excellence le ministre du roi d\u2019Angleterre au Vatican, n remis au Cardinal secrétaire d\u2019Fitat.Le gouvernement francais a donné son assentiment aux déclarations contenues dans le télégramme ci-dessus mentionné, et Son Eminence désire sincèrement poursuivre activement ses efforts en vue d'obtenir rapidement une paix juste et durable, telle que le gouvernement impérial s\u2019est montré prêt à accepter.TT TL\u2019attention de Votre Excellenco est particulièrement attirée sur ce qui, dans Je télégramme, se rapporte à la Belgique, en vue d\u2019obtenir, premièrement une déclaration positive an sujet des intentions du gouvernement impérial à propos de la complète indépendance de la Belgique ct de la compensation pour les dommages enusés à In Belgique par la guerre; deuxiémement, unc déclaration définie des garanties que l\u2019Allemagne désire pour l\u2019indépendance politique, économique el militaire.\u201c\u201cSi ces déclarations ont un effet satisfaisant, Son Excellence croit qu\u2019un pas important aura été fait vers le développement des négocin- tions.Comme question de fait, le ministre de Grande-Bretagne a déjà informé son gouvernement que le Saint-Siège va répondre aux communications fnites dans de télégramme ci-dessus mentionné, aussitôt qu'il aura reçu la réponse du gou- vernenient.Te Qu'il me soit permis, pour ma part, d\u2019exprimer ma ferme convie- tion que, on usant de votra influence dans tous les plus hauts quartiers, en vons appuyant sur les propositions papnles, au sujet de cos travaux de paix, Votre Excellence va s'assurer l\u2019éternelle reconnaissance de son pays ct de l\u2019humanité tout entière, si une réponse conciliatrice peut être obtenue, qui soit capable d\u2019engendrer la possibilité de négociations de paix.\u2019 ! Commentant ce document, Erzberger ajouta: \u2018La chute de l'Allemagne n\u2019a pas été causée par la révolution, mais a par l\u2019entêtement des chefs militaires et Politiques de l\u2019Allemagne, par le manque de clairvoyance de la part des conservateurs \u2018et des commandants suprêmes de l\u2019armée.p Ils intimidérent et terrorisèrent le peuple allemand.Nous avons di accepber une paix de violence parce que c\u2019étwit de seul moyen possible de faire la paix.\u201d Et il conclut en faisant ressortir le danger d\u2019une révolution dans toute l'Europe.\u2018\u2018Cinq monarques ont été détrônés au cours de la guerre, avec la plus grande facilité, et il semble bien que cet exemple doive être suivi.Les hommes d'Etat qui ne sont pas sourds ou aveugles doivent constater le noir et profond désespoir du peuple, doivent entendre les grognements de colère des masses ct doivent prendre ce facteur en considération.\u2019 D.-Georges Michaelis, 1\u2019ex-chan.celier imnérial, dans une interview publiée dans le Z'aeglische Rundschau, dit qu\u2019il n\u2019est pas responsable du refus des ouvertures de paix faites à l\u2019Allemagne en 1917, refus que lui reproche Erzberger.\u2018M.lerzberger n déclaré que des ouvertures de paix furent faites à l\u2019AHemagne par l\u2019Angleterre et la France, par l\u2019entremise du Vatican, au mois d\u2019uoût 1917, et que le 24 septembre, le chancelier Michaelis répondit que ln situation n\u2019était pus suffisamment claire ct que ces propositions ne pouvaient pas être ncceptées.\u2019\u201d «À cela, le Dr Michaelis répond que les propositions de l\u2019Angleterre et de la France lui furent soumises au commencement de septembre, et non dans le mois d\u2019août.Il les discuta avec le Dr von Kuclilmann, qui était à cette époque ministre des Affaires Etrangères.Plus tard, il pria l\u2019empereur de tenir un conseil de la couronne en présence des autorités suprêmes de l\u2019armée et de ln marine.Ce conseil eut lieu le 11 septembre.Le résultat de ln conférence, dit-il, fut résumé comme suit, par l\u2019empereur, dans un mémorandum écrit: \u2018L\u2019amnexion de la Belgique est incertaine.La Belgique pourrait être restaurée.La côte des Flandres, il est vrai, est très importante et Zcebruge ne doit pas tomber entre les mains des Anglais.Mais la côte belge seule îie peut être tenue.\u201c\u201cI| font parfaire l\u2019union économique la plus étroite de l\u2019Allemagne et de la Belgique.La Belgique a le plus grand intérêt à cela.** En terminant, le Dr Michaelis déclare: \u2018J'ai fait mon possible et si les plans ont échoué, cela est dû au fait que nos ennemis n\u2019ont rien voulu consentir\u201d, Le général Ludendorff, premier quartier-maître général, fait également une déclaration, dans le Berlin Zeitung.Il déclare qu\u2019il ignorait la lettre du nonce papal.Il apprit, d\u2019autres sources, qu\u2019au mois d\u2019août 1917, la Grande-Bretagne était désireuse de faire la paix, I! mentionne le conseil du 11 septembre; il ajoute qu\u2019une décision fut prise, alors, mais il ne dit rien de cette décision.Les journaux conservateurs déclarent que les conservateurs ont eu plusieurs conférences avec les délégués du pape, mais que ces entrevues ont été futiles, parce que l\u2019Entente refusa ln paix tant que d\u2019AI- lemagne n\u2019eût pas admis sa respon- snbilité relative à la guerre.D'autre part, à Paris, on mie l\u2019exactitude des avancés de M.Erzberger.Une dépêche de Paris, publiéo par tous les journaux, dit à ce sujet: \u201cM.Ribot, qui était premier ministre et ministre des Affaires Etrangères de France, à l\u2019époque de ces soi-disant ouvertures de paix, vient d\u2019avoir avec Marcel Hutin, de VEcho de Paris, une longue entrevue, au cours de laquelle il expose les faits comme suit: \u201cAu mois d\u2019août 1917, le pape Benoit XV, suggéra des propositions devant servir commo base d'ouverture à I\u2019Allemagne.La A France et l\u2019Allemagne décidèrent toutes deux de décliner ces propositions.Le Pape fut remercié très poliment, mais rien de plus.Le ministre britannique près le Vatican, en son propre nom, fit remarquer que les propositions ne contenaient pas suffisamment de garanties pour la Belgique.Le cardinal Gasparri, le secrétaire d\u2019Etat du Pape, prit prétexte de cette occasion pour télégraphier à l\u201dAllemagne, demandant des explications au sujet de 1a Belgique.C'était uno tentative pour engager une conversation, mais le gouvernement britannique la cessa promptement, et le ministre britannique n'allu pas plus loin, *?\u201c\u201cJ\u2019ai simplement dit au gouvernement anglais, ajoute M.Ribot, de nespas se laisser entraîner dans une conversation indirecte comme celle-là, et ce fut tout.\u201d Nous ne saurops la vérité exacte sur tout celn que lorsque le Vatican jugera à propos de ln publier.Attendons.o La Légende de Saint Longin \u2014\u2014\u2014\u2014 Lorsque le Christ cut expiré sur la cpoix pour le salut des hommes, l\u2019un des soldats romains dont il était entouré, voulant s'assurer de la mort, le perça de part en part de sa lance.L\u2019Evangile ne dit point son nom, munis la tradition l\u2019a recueilli: il s\u2019appelait Longin, Ses yeux étaient malades: il était louche et avait la vue basse.Quelques gouttes du sang divin jaillirent jusque sur ses paupières.Et tout aussitôt son regard devint droit, et sa vue claire et nette.En même temps, sous ce même baptême, son âme fut transformée, et il reconnut le Fils de Dieu.Ayant été commandé pour garder le tombeau du Sauveur après sa sépulture, il fut l\u2019un des témoins de sa résurrection, et alla on faire le récit aux princes des prêtres et aux docteurs de la loi.Vainement ils essayèrent de lui acheter son faux témoignage ,comme celui de quelques-uns de tes compagnons; il s\u2019y refusa avec indignation et publia hautement dans Jérusalem la résurrection du Seigneur.Son service militaire touchait à son terme; Longin quitta la milice pour se retirer dans les régions de la Cappadoce et y prêcher le grand miracle dont il avait été le témoin.Vingt ou trente ans se passèrent.La persécution, cependant, s\u2019était levée contre le christianisme naissant: et, sur les rapports qui lui furent faits, le gouverneur de la province envoya des archers pour arrêter l\u2019homme de Dieu.Aux environs de Sébaste, les archers ren- contrérent un homme qui suivait le même chemin qu\u2019eux.\u2014N\u2019est-ce point en ce pays, lui demandèrent-ils, que demeure Longin, ancien capitaine de la milice romaine, aujourd\u2019hui sectatour du Christ, et s'appliquant à répandre partout son abominable superstition?I] habite en effet cette contrée.Avez-vous affaire & lui?\u2014Nous voulons l\u2019arrêter pour Je conduire au gouverneur qui a décidé sa mort.Pourriez-vous nous le faire connaître?\u2014Parfaitement, répondit l\u2019habitant de Sébaste; mais il se fait tard; venez auparavant chez moi et acceptez mon hospitalité.= Les archers agréent son offre et se rendent en sa maison.Leur hôte leur fait un accueil cordial à la façon orientale; il leur lave les pieds et leur offre un repas frugal.De temps en temps, quelques pauvres se présentaient à la porte, et le maître de la maison leur apportait avec simplicité une part du repas.= proposition de paix d\u2019après les qua- On eut dit qu\u2019il était le père de tous.Sa conversation, toujoùrs noble et un peu militaire, avait pour ces archers romains un charme profond dont ils ne se rendaient point compte.\u2014Quel dommage, s\u2019écrièrent-ils, d\u2019être obligés de quitter demain votre toit pour aller arrêter ce misérable perturbaieur?Ne va-l-il point s\u2019échapper?\u2014Il ne craint rien, repartit leur hôte, et je réponds de le mettre entre vos mains.Restez ici autant qu\u2019il vous plaira.Les archers demcurèrent trois jours.Iks ne pouvaient se résoudre, À quitter ve toit béni et cet homme admirable.Il fallut pourtant en venir là: un plus long retard n\u2019eût pas été admis par le gouverneur.\u2014Eh bien! dirent-ils i leur hte\u2019 à la fin du dernier repas, nous vous prions de, nous faire connaître ce Longin que nous venons arrêter.\u2014C\u2019est moi-même, leur répondit le vieillard en souriant, et je suis prêt à vous suivre.Mais auparavant, permettez que je passo un instant dans la chambre voisine.Quelques instants après, il rentra, paré de ses plus beaux habits, de ses vêtements de fête, de la blanche robe d'Orient.\u2014La mort va me réunir à Jésus- Christ; c\u2019est le jour nuptial et la fête des fêtes.\u2014DMais quel est ce Christ Jésus?demandèrent les archers.Et Longin, prenant la parole, leur exposa la vérité.Ils eurent des yeux pour voir et des orcilles pour entendre.Nous ne voulons point vous arrêter, dirent-ils, voici que vous nous avez rendus chrétiens.Allons ensemble au gouverneur confesser Jésus-Christ et mourir.Tous trois furent décapités, et leur fume entra dans Ja gloire.HENRI LASSERRE.-\u2014 Avant l\u2019armistiee EN ALLEMAGNE Le gouvernement allemand vient de publier plusieurs documents relatifs à l\u2019armistice.On y voit que l\u2019Allemagne cherchait à éviter un désastre; mais qu\u2019elle voulait sincèrement la paix.Le 14 août 1918, il y cut à Spa une conférence des autorités militaires et politiques de l\u2019Allemagne.Il y fut décidé que la déclaration du général Ludendorff affirmant que la victoire était encore possible, était erronée, et qu\u2019en conséquence la signature d\u2019un armistice entre l\u2019Allemagne et l'ennemi s\u2019imposait.Le maréchal de camp von Hindenburg et le chancelier impérial Michaclis étaient persuadés qu\u2019il scrait possible aux Allemands de se maintenir encore quelque temps en France, ce qui leur aurait constitué un gage important pour négocier la paix.C'est au cours de cette conférence que le concept à l\u2019effet que toute négociation devait être entreprise par 1\u2019entremise d'un pays neutre reçut le coup de grâce.Cependant, le maréchal de camp von Hindenburg était opposé i un appel direct à l\u2019ennemi, et admettait le principe de négociations par voie d\u2019un état neutre.L\u2019Autriche qui machinait des projets tout spéciaux devait être consultée auparavant.Ce livre blanc nous révèle ensuite qu\u2019un appel direct aux Etats-Unis fut décidé le 21 septembre.L\u2019amiral von Hintze, qui exerçait alors les fonctions de secrétaire des Affaires Etrangères aurait répliqué en cette circonstance à une question qu\u2019on lui posait: \u201cSur l\u2019ordre de Votre Majesté et en plein accord avec les chancelleries de Vienne et de Constantinople, je préconise.l\u2019émission d\u2019une torze points du président Wilson.Le président serait-invité à convoquer: une conférence de paix à Washington, après lu signature de l'armistice.Si nos Alliés y consentent, le gouvernement allemand trouvera un moyen convenable pour faire parvenir cette offre au président Wilson.\u201d Le même jour, des télégrammes À ce sujet étaient transmis à Vienne et à Constantinople.A cc moment, la situation empira subitement, du fait quo les chefs dé l\u2019armée qui s'étaient jusqu\u2019à cette date prévalut de leur force, insistèrent pour que le désastre inuninent fut évité par In conclusion immédiate de la paix.Lo premier octobre, de multiples messages téléphoniques et télégraphiques parvenus des quartiers-généraux aunonçaient au gouvernement que la plus grande inquiétude sur le sort des opérations se manifestait au front et que les armées alliées pouvaient effectuer une percée d\u2019un instant à l\u2019autre.Le général Ludendorff déclara que l\u2019offre de paix devuait être transmis immédiatement, parce qu\u2019il prévoyait la déroute de l\u2019armée dans les 48 heures.; Le 2 octobre, le prince Maximilien de Bade, eut uno consultation uvec les chefs de partis au Reichstag, au cours de laquelle il s\u2019oppo- su à toute démarcho en faveur de lu paix par ce corps, du fait que, la situation militaire étant des plus critiques, il était à craindre qu\u2019une action de ce genre n\u2019affectât déplorablement les opérations en cours.11 dévlara que le poste de chancelier lui avait été offert le 1er octo- \u2018bre à la condition qu\u2019il conclût la paix immmédiatement.; Le même jour, le général Ludendorff demanda communication d\u2019un sommaire de la note de paix projetée, ct téléphona divorses suggestions à cet égard.La note adressée aux Etats-Unis fut rédigée définitivement la nuit du 3 au 4 octobre.Le (prince Maximilien déclara qu\u2019il était opposé à la transmission de cette note, trouvant l\u2019instant prématuré.H ajouta qu\u2019à son avis, ln dépeignait.dorff qui se trompait.LA L\u2019Evangie of ; Corn EN.FRANCE! = Pour flagorner Ids musulmans, M.Albert Favre, sous-secrétaire d\u2019Etat.au ministère de l\u2019Intérieuren France, a fait à la vérité des entorses par trop blessantes.Présidant à l\u2019inauguration de \u2018\u2018la Koubä\u2019\u2019 monument funéraire élevé à la mémoire des musulmans morts à Ja guerre pour les Alliés, il a fait un discours dont mous extrayons le passage suivant : \u2018Quant à vous, fils de la lumière, sans vous laisser émouvoir par les intrigues de nos ennemis, menées dans l\u2019ombre et sans relâche, depuis des années, pour vous détacher-de nos drapeaux, vous tirez gloire d\u2019avoir reçu les premiers obus de l\u2019ennemi, et, d\u2019un même bond, d\u2019un même coeur, de tous les coins de l'Afrique ,vous accourez dans la volonté du sacrifice pour vous grouper en rangs pressés sous les plis de nos trois couleurs.\u201cC'est que vous êtes, vous aussi, les héritiers d\u2019une grande et splendide civilisation qui a jadis rempli le monde de son éclat et de ses bienfaits; c\u2019est que vous êtes les serviteurs fidèles d\u2019une morale qui s\u2019égale aux morales les plus hautes qui se partagent la terre; c\u2019est la vôtre, vous avez tout de suite reconnu, sous les traits de la chevale- propre race.ses! Sans doute, ce M.Favre n\u2019en aurait pas dit autant, s\u2019il s\u2019était agi de catholiques! Aux yeux de certains Français, le Coran est devenu plus sacré que l\u2019Evangile.Ainsi, chez les payens tout était dieu extopté Diou lui- même, - à PIERRE BAYAËD.\u2018 jo SUR LA Question d comme sur looles 6 la Guerre les autres questions La *\u2018\u201cCroix\u2019\u2019 s\u2019inspire A ROME ) \u2018Et se documente aux Meilleures sources d'information.EF \"Vs ye :* Tris attrayante ms a L'IDÉAL CATHOLIQUE Grande revue illustrée:: \u2018: paraissant le 15 de-chaque: mols ; .1B nture trréprochable ABONNEMENT: 1 a.! .ADRESSÉ: Le « très Instractire le système nerveux.de \u2018Ludendorft * - ' était surexcité et que.la situation; 1 n\u2019étäit pas aussi désepérée qu\u2019il .Yk ei + ps qu\u2019avec la conception de \u2019honnenl et des devoirs de l'homme qui est rie française, la noblesse de votre Il suffit de \u2018souligner ces sotti- d\u2019un monument élevé à la mémoires Cette fois, ce n\u2019étäit\" pas Tadon\u201d 0% ~ + L\u2019Evangile sd Le.IXe Dimanehe après la Ponteedto Evangile selon S.Luc En ce temps-là, Jésus, étant arsivé près de.Jérusalem, et apercevant cette ville, pleura sur elle et dit : Ah | si du moins en ce jour qui t'est encore donné, tu savais ce qui peut te procurer la paix | mais tout cela est maintenant caché à tes yeux Aussi viendra-t-il des jours malheureux pour toi, où Les ennemis t\u2019environneront de tranchées, t'enfermeront et teserreront de toutes parts, te détruiront entièrement, loi et Les enfants qui sont dans ton enceinte, et ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n\u2019as pas su connaître le temps où Dieu t'a visitée, Etant ensuite entré dans le Temple, ilsemità chasser les vendeurs et les acheteurs, en leur disant : 11 est écrit : Ma maison est la maison de prière, et vous en avez fait une caverne de voleurs.Et il enseignait tous les jours dans le Templeea re Le calendrier de la quinzaine Dimanche, 3 anût.\u2014 VIII Pentecôte.Lundi, 4.\u2014S.Dominique, c.Mardi, 5.\u2014 Notre-Dame des Neiges Mercredi, 6.\u2014Transfiguration de N.S.J.C.Jeudi, 7.\u2014S.Gaétan, o.Vendredi, 8.\u2014S.Cyriaque et ses c,, m, Samedi, 9.\u2014S.Romain, m.Dimanche, 10.\u2014IX Pent.S.Laurent, dia.et m.Lundi, 11.\u2014S.Tiburce et Ste Susanne, mm.Mardi, 12.\u2014Ste Claire, v.Mercredi, 13.\u2014SS.Hippolyte et Cassien, mm.Jeudi, 14.\u2014S.Evsèbe, prêtre et c.Vendredi, 15.\u2014 Assomption Bv.M.Samedi, 16.\u2014Jeûne S.Joachim.L\u2019abstention des Canadiens français A Ottawa A Ia grande convention libérale d'Ottawa, M.Athanase David, dé- paté de Terrebonne, a proposé que la députation libérale canadienne française s\u2019abstint de prendre part à l'élection d\u2019un chef du parti libéral, pour les raisons qu\u2019il a exprimées dans un discours élaboré dont voici les principaux passages : Rien n'est plus pénible quelquefois que l\u2019iccomplissement du devoir.La véritable force morale consiste toutefois, ayant vu son devoir, l\u2019ayunt compris, à ne se laisser décourager par aucune apathie, opposition, ou sollicitation, à oublier méme son intérét personnel et i le faire, quoi qu'il puisse en résulter pour soi-méme.Je crois faire le wien, ce sera tantdt i vous de juger quel est le vôtre.Les concessions anciennes Depuis 1867, nus compatriotes ca- nadiens-français se sont maintes fois entendu dire que leurs amis naturels an Canada, au point de vue politique, étaient les Grits canadiens, à cause de leur largeur de vue, et l\u2019absence de préjugés.Aussi dans le but de garder l\u2019union dans les rangs du parti libéral, nous avons été généreux au \u2018point d'accepter maintes fois des compromis qui assuraieni da paix \u201cdans le pays, mais qui témoignaient d\u2019une générosité que certains de nos compatriotes qualifinient d'abandon de principes.Inutile de répéter ici l'histoire, que tous connaissent, de 1896 et de Ia question manitobaine, de 1905 et de Saskatchewan et Alberta, de 1911, et de la marine \u2018\u2018impériale en temps de guerre\u201d, de 1914 et de la panticipation aux guerres de l\u2019empire.Ju ne fais que mentionner quelques exemples de nos concessions, ut Inisse à votre anémoire de vous rappeler les autres.Nous avons cru dans le passé, qu\u2019agissant ainsi, faisant les sacrifices nécessaires pour assurer l\u2019u- tion, la paix et l'harmonie au sein du parti libéral, nous nous attirerions un peu de gratitude de la purt des libéraux anglais qui, le jour vent lu témoigneraient.Aussi longtemps que nous fimes les sacrifices nécessaires, les concessions demandées, l'union fut conservée, apparemment du moins, mais le jour où nous avons jugé que le nouveau sacrifice demundé dépassait la mesure du possible, qu\u2019arrivu-t-il ?Le \u2018lâchage'\u2019 de 1917 Lorsque se produisit In crise de 1917, naïvement nous avons cru que l\u2019occasion était belle pour les libéraux anglais de témoigner un peu de reconnaissance pour nos sacrifices pussés, en demeurant fidèles et loyaux au chef nuquel ils devaient d\u2019avoir, pendant quinze ans, connu le pouvoir et les honneurs.Mais von, loin de s'élever à la hauteur de lu tâche qui eût consisté à sauvegarder les jrincipes du libéralisme, que si longtemps ils avaient défendus, et à ne pus saeri- fier les traditions du passé, ils s'allièrent aux adversaires de leur chef politique et les nidèrent à diriger contre sir Wilfrid Laurier et la province de Québue, les attaques les plus injustifiables et les insultes les vlus eruciles.Et ils devinrent ministres, sénateurs, commissaires, lieutenants- gouverneurs, tous furent récompen- S08, Après tout cela, l\u2019on voudrait que Québec f'ût enthousiaste, on voudrait qu\u2019oubliant insultes, les xbandous, les affronts, il tendit la wain à ceux qui lui ont refusé la leur pendant quatre ans?les \u2018Québec n'oubliera pas\u201d Un peut aller jusqu\u2019is demander à celui que l\u2019on a souffleté de pnr- donner, mais que l\u2019on nait lu hardiesse de lui demander d\u2019oullier avouez que c\u2019est une belle audaen, Que Québec n\u2019n pus encore pardonné, et Québec n\u2019oubliera pas.l'on ne se méprenne pas, (est pourquoi Québer exige que Sous uous socventons de la diznité des nurier su moment où l\u2019on avis demande de \u2018ti choisir un su Ser, Messieurs, il est bon de l\u2019affirmer ici, le parti libéral dans Québec «st magnifiquement uni et puissant, et c\u2019est ce qui nous vaut ces belles attentions du parti libéral désuni et désorganisé daus les provinces an- glaîses.Alors n'avons-nous pas le droit, nous qui ne sommes pour rien dans ce désordre, d\u2019attendre que duns les provinces anglaises le parti se soit réorganisé et qu\u2019il ait fait l\u2019énoncé des principes sur lesquels cette réorganisation sera basée ! N°est-il bon que nous sa- «ions, pour avoir vu i l\u2019eeuvre, que le parti libéral anglais désire teprendre et renouer la chaîne des traditions du passé, que lui incnl- \u201cent ses chefs?pis HI nous faut des actes N'est-il pas juste que nous ne nous contentions plus de belles déclarations d'amitié, de bonne entente, de respect mutuel, qui ne manqueront pas de nous être faites, el que nous exigions plus que cela, car ce qu\u2019il nous faut pour que nous croyions maintenant à la droiture, LA à ia loyauté, ce ne sont pas des paroles, il y en a trop qui les oublient, il nous fuut des actes.Il nous faut voir à l\u2019oeuvre ceux qui nous demandent de nous unir à eux, il nous faut enfin voir le vi- sauge de ceux dont nous n\u2019avons vu depuis quatre ans que le dos.C\u2019est là notre façon d\u2019interpréter ta dignité dans un parti, la fierté dans une race, Ce sont deux éléments nécessaires à toute grandeur et sans elle aucun parti ne peut avoir de force.Mais, nous dit-on, il est opportun de choisir immédiatement un chef.Un instant, ne nous hâtons pas trop, les liommies sont rares et nous voulons élever un édifice qui puisse résister, vette fois, aux assauts de l\u2019avenir, Ne perdons pas de vue que c\u2019est l\u2019avenir d\u2019un grand parti qu\u2019il s\u2019agit d'assurer.Quel chef nous demande-t-on de choisir?Or mous demande-t-on de choisir actuellement ?Est-ce le chef du parti libéral coruprenant tous les éléments qui le composent?Ou bien n'est-ce pas plutôt le chef du parti libéral anglais?Fin effet n'a-t-on pas dit et répété que le chef du parti qui devait être choisi à cette convention devait nécessairement être un Anglo-protestant?Que l\u2019on remarque bien que je n\u2019y ai aucune objection et que pas un seul instant je n\u2019ai songé à un homme de notre race comme chef, mais ce que nous sommes en droit d\u2019exiger, c'est que le plus qualifié dans le parti soit choisi, de quelque race qu\u2019il soit et quelle que soit sa religion.I ne s\u2019agit pas de faire ici des dif- l'érences de races on de croyances, il s'agit d\u2019assurer à notre parti une direction livrée à un cerveau puissant, à une compétence reconnue.Depuis quand le libéralisme an- Sais s'est-il rabuissé dans notre pays, à ce point qu\u2019étouffant la voix des principes de saine démo- eratie qui le dirigonient autrefois, il en soit rendu à ce degré d\u2019infériorité qui lui fait à l\u2019avance mettre de côté et rejeter des compétences, et ne se laisse plus guider que par l\u2019aveuglement de ses préjugés où de ceux du peuple?l\u2019on n\u2019a pas même eu In décence de voiler cette infériorité, et on la affichée publiquement, à dessein.Ik! quoi, l\u2019on voudrait que sanc- tHionnant indirectement le principe hautes destinées de notre parti ne penvent pas reposer entre les mains d\u2019un de nos compatriotes, nous nous fassions les artisans de notre propre déchéance politique et que que les nationale ?Assez d'apathie! De grâce.messieurs, assez d\u2019apathie, assez d\u2019indifférence, notre dignité politique, notre fierté nationale nous commandent de ne pas sacrifier à notre sincère désir de voir notre parti reprendre son ascendant, notre devoir de conserver à notre race In dignité et la fierté qui sont les éléments nécessaires du rôle qu\u2019elle n à jouer dans notre pays.Que l\u2019on crie nu chauvinisme si l\u2019on veut, qu\u2019on me dise que je suis provincialiste, que l\u2019on me juge même étroit, peu m'importe je pré- tère tout vela à l'accusation que i\u2019histoire pourrait un jour nous dresser d\u2019avoir trahi la dignité nu- tionale.L\u2019appel a l'abstention Dans \u2019intérét méme du parti, à part ces considérations que quelques-uns trouveront peu politiques, parce que trop empreintes de sentiment, je dis que nous devons nous abstenir.Si vous choisissez un unioniste- libéral, ne craignez-vous pas que, se souvenant de Laurier, le peuple ne COROLS trouve étrange votre alliance avec veux qui le lâchèrent ?Ne craignez-vous pas par ce \u2018choix, que l\u2019on puisse avec raison px'étendre que vous ratifiez ln politique unioniste des dernières années ?.Si vous choisissez un chef sympathique à Québec, ne craignez-vous pas que l\u2019on reprenne le eri -de \u2018*Prenelk: Domination\u201d, argument qui eut du suceès même chez nos amis les Grits, &L qui en aurait encore, puisque l\u2019on pourrait\u2019leur affirmer et ils le croiraient, que le chef n été chois: grâce à Québec?Du coup, vous ramenez à la surface toutes les questions qui ont divisé les races, et qui nous ont valu l\u2019abandon de nos amis les Grits.Une seule attitude peut à la fois satisfaire et notre dignité et notre désir d\u2019être utiles à notre parti, c'est de laisser les libéraux anglais choisir le chef.Nous le jugerons à son programme cf à ses oeuvres.Une Vocation sacerdotale C\u2019était à Viehy.Une table d'hôte qui n\u2019en finit plus.tout étincelante naguère, avee son argenterie, ses porcelaines et ses cristaux, irradiée d\u2019eu haut par la lumière éblouissante des lustres, surchargée de fleurs et de plantes précieuses, servie princièrement par tout un peuple discret de serviteurs.Mais à présent, quelle chute?.\u2026.[Te repas touche à sa fin.L\u2019harmonie savante des choses est détruite.les compotiers sont dé- rastés; les verres, à moitié bus, ne brillent plus; les fleurs, comme enivrées de senteurs capiteuses, in- elinent leurs corolles déjà mi-fa- nées; le service, énervé, n\u2019a plus sa - correction \u2018irréprochable.C\u2019est le désert!.Et parmi les convives, aussi, c\u2019est la méme chose.Tout à l\u2019heure, quand les deux portes de l\u2019immense salle se sont ouvertes à deux batiants, ¢\u2019a été vraiment imposant, cette entrée de gens distingués, parmi eux, il en est beaucoup qui ont un nom.On se les montre avec une curiosité contenue ct flatteuse.Voici un académicien, un ambassadeur, un général chef de Corps, un sous-secrétaire d'Etat.TM y a bien une demi- douzaine de sous-préfets.Quant aux journalistes, c\u2019est un flot.Au commencement du repas, Ju tenue, comme la table, n\u2019a rien laissé à désirer: manières élégantes.procédés vourtuis.prochables.propos irré- Et puis.et puis.avec le temps et l\u2019influence du bien-être, on s\u2019est un peu lâché: d\u2019échelon en écholon, la conversation est descendue, et maintenant que les poses ne sont plus correctes, les paroles le sont encore moins.C\u2019est une convention umiverselle- ment neceptée, qu'on ne doit jamais, en terrain neutre, parler politique ou religion.C\u2019est sage.ble?mais c'est impossi- Et c'est bien là une des preuves les plus saisissamtes de In divinité du christinnisme et de sa nécessité, qu\u2019on ne puisse même pas parler de n\u2019importe quoi, pendant un quart d'heure, sans arriver à parler de lui.La religion, tout y mène.et tout ne mène que liad.TH n\u2019est donc pas surprenant qu\u2019- on fût arrivé à ce sujet inévitable à la fin du repas dont nous parlons\u2026 Hélas! on prévoit ce que devait être cette conversation! D'ordinaire, en pareille cireons- tance, ce sont les plus osés qui ont le beau rôle.Et pendant ce temps, ceux qui sont chrétiens et qui devraient bondir d\u2019indignation, baissent la tête, et, le nez dans leur assiette, s'absorbent avec intensité dans l\u2019épluchage d\u2019une amau- de! C\u2019est bien, d\u2019ailleurs, là-dessus que comptent les virtuoses du blasphème.Ces héros sont assoiffés de lutte.pourvu qu\u2019ils n\u2019aient personne à combattre! Ce jour-là, il y eut quelqu\u2019un.Perdu dans un coin de table, un tout jeune homme écoutait.D\u2019abord peiné à en pleurer, il s\u2019était indigné de voir que, parmi toute cette assemblée, nulle voix autorisée ne s\u2019élevait pour protester contre l\u2019impiété envahissante et pour ln confondre! Comment?pus un de ces littérateurs ne s\u2019élèvera pour dire que le vrai beau ne peut être que fa peinture du vrai, et que le vrai immense cet complet, c\u2019est Dieu! lt ces admirateurs, dépositaires de l\u2019autorité divine pour gouverner leurs égaux, est-ce qu\u2019ils ne prendrout pas la parole pour venger celui de qui vient leur mandat ?Tous se taisent! Oh! les liches! Eh bien! il parlera, lui! Ce fut une belle scène, et émouvante, que celle-là! Le champion de Dieu avait tout contre lui: son inexpérience, sit santé peu robuste, sa petite taille, sa voix faible.tout, suuf ln vérité! Mais, quand on a la vérité, on cst bien confiant; ln grâce des martyrs n\u2019est pas tarie, et le jeune athlète eut bientôt conscience qu\u2019- une force mystérieuse le soutennit dans ce combat, où il venait lutter contre dix adversaires à la fois! Fantôt, c\u2019était une plaisanterie qu\u2019il crevait d\u2019un mot acéré, comme les enfants, d'un coup d\u2019aiguille, percent nne bulle de savon.Tantôt, ¢\u2019était une affirmation audacieuse qu\u2019il réfutait avee une science religicuse sire d\u2019elle-méme.Tantot enfin, un sophisme qu\u2019il déjouait avec une prestesse spirituelle.Sermnblable au chevalier des vieux temps, seul, il défendait le passage du pont, et, quand la lutte prit fin, si le chevalier était épuisé, l\u2019ennemi, du moins, n\u2019avait pu passer.Ipuisé, certes, il l\u2019était.Tout en proie à la fièvre, il remonta dans sa chambre d\u2019hôtel, point de crucifix! il tomba quand même à genoux et, ses bras étendus vers le ciel, il s\u2019écria : \u2014Mon Dieu!.puisque vous êtes ainsi attaqué et que personne ne vous défend, je veux vous consacrer ma vie: donnez-moi votre grâce, et je serai prêtre! JEAN des TOURELLES.La prière des enfants | Parmi tous les spectacles que peut offrir le genre humain, en eat- il un plus aimable, plus doux, plus touchant que l\u2019enfant en prière?Sa mère l\u2019a mis à genoux dans sou giron, le tient embrassé et joint ses petites mains sous les siennes.I2lle lui fait redire une à une les paroles de la courte oraison, S°il est tout petit, quelques mots seulement, par exemple le cri naïf : \u2018\u201c Mon Dieu, je vous donne mon coeur ! Bt, s\u2019il est un peu plus grand, J\u2019admirable texte du \u201cNotre Pére\u2019\u2019 ou le délicieux appel \u2018*Je vous salue, Marie!\u201d Si c\u2019est le matin l\u2019enfant lève les yeux vers l\u2019azur du ciel, et ces deux puretés se contemplent.Est-ce lc soir, près de lu lampe voilée, dans In chambre tiède et calmet Alors il semble que dans l\u2019ombre, derrière la blancheur des rideaux, un ange se tient immobile et assiste, pour aller en témoigner duns le paradis, it cet adorable acte de foi.Sans doute, l\u2019enfant ne comprend pas encore les mots sacrés qu\u2019il prononce, mais il sait que sa mère est Montréal, 2 Aout 1919 heureuse de les lui entendre répéter; il la regarde et la voit sourire, il sent qu\u2019elle l'enveloppe d\u2019une érreinte plus caressante, et, près de ce coeur qui bat, près de ce sein qui palpite, dans cette atmosphère, dans ce foyer d\u2019amour et de piété, un instinet.religieux s\u2019éveille en lui.Quant à l\u2019heureuse mère, c\u2019est l'\u2019instant le meilleur de sa vie que celui où colle présente au bon Dieu son enfant demi-nu, joignant les mains et gentiment agenouilté duns sa, petite chemise.Quelle douceur! Elle prie avec Ini, pour lui et par lui! Ce sentiment de crainte respectueuse que nous inspire parfois ln grandeur de la divinité, elle ne l\u2019éprouve pas à présent.Elle est pleine d\u2019abandon et de confiance.Elle est certaine que Dieu exaucera les voeux que lui adresse une bouche si pure; elle ne doute pus que celui qui est In force infinie et da science absolue ne soit touché par tant d\u2019innocence et de faiblesse.Et puis il y a une Mère, là-haut, la Sainte Vierge, qui est ln source de toutes les grâces et qui saura bien obtenir ce que Ini demande une autre mère par la voix balbutiante de son enfant ! Oui, vous êtes agréables à Dieu et vous prenez un sublime essor vers an gloire, prières de tous les chrétiens! Hymnes liturgiques chuntés par les prêtres, cantiques en toutes langues lancés à pleine voix par l\u2019assemblée des fidèles, harmonieux orages des grandes orgues qui faites tressaillir la nef des cathédrales, choeurs des pèlerins en marche vers quelque sanctuaire qui éveillez les échos des montagues, pieux sanglots des affligés auprès des tombeaux, plaintes douloureuses des âmes repenties, paroles enflammées de la religieuse ou du moine en extase dans su cellule, oui, vous montez jusqu\u2019au trône du Tout-Puissant ! Mais avant tout il est le Père, et, \u2018ans l\u2019immense, dans l\u2019éternelle rumeur des voix qui Je louent et le confessent, il écoute aussi très tendrement, j'en suis sûr, les candides et presque inconscientes prières des petits enfants, pareilles à Un confus ramage d\u2019oiseaux ! L'homme qui dans son enfance sut prier ne l\u2019oubliera jamnis, Les passions et les luttes de la vie, les révoltes de esprit et des sens peuvent le conduire au doute, à l\u2019incrédulité.Que dis-je?au pire excès de la négation et du blasphème.Une trace de la foi de son premier âge reste toujours au fond de son coeur, comme les caractères de l\u2019ancien manuserit sur le parchemin d\u2019un palimpseste physique ou moral! Oh! comme il se rappellera tout de suite l\u2019heure si lointaine où, agenouillé dans son berceau, il sentait près de sa joue la chaleur du visage de sa mère qui lui enscignait le Pater et Adve.Bt presque toujours alors, il s\u2019écroulera sur Tui-même, se voilera la face de ses mains et poussera ce eri, qui sort naturellement du fond de l\u2019homme: \u2018\u201cMon Dieu, ayez pitié de moi!\u201d Ce cri, pour une âme naufragée\u2014 > ni 2 J'en sais quelque chose, \u2014 c\u2019est le phare qui luit dans les ténèbres, \u201cest le pont, c\u2019est le salut ! Aussi j'éprouve une véritable colère contre les malfaiteurs qui, pris d\u2019ane démence inconcevable, prétendent \u2014 eux-mêmes ont forgé le mot \u2014 \u201c\u201cdéchristianiser\u201d In France.Certes, ils n\u2019y parviendront pas.C\u2019est la destinée de l\u2019Rglise d'être toujours militante en ce monde; ses périodes de progrès et de décadence ne sont que des mouvements de flux et de reflux, et, en ce moment précis, nous sentons bien tous que le flot monte.Mais est-il, en vérité, une plus mauvaise netion que de ravir au peuple la foi et ia priére* FRANCOIS COPPEE .(Bonne souffrance)."]
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