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Titre :
Le violon
Hebdomadaire, Le Violon est un journal humoristique illustré qui fait flèche de tout bois à partir des actualités, des travers des personnages publics et des indiscrétions du carnet social.
Éditeur :
  • Montréal: :[s.n.],1886-1888
Contenu spécifique :
samedi 28 janvier 1888
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
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Références

Le violon, 1888-01-28, Collections de BAnQ.

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[" ADMINISTEATIO:: ANNONCES -\u2014 ET MESURE AGATS REDACTION lère INSERTION, 710 Cents aS Autre + [6 Conte PLACE JACCUES-CARTIER à LoNGS TREES MONTRBAL \u2014_ CONDITIONS SPECIALES ABONNEMENT \u2014\u2014 UN AN - - $I.06 LE NUMERO STRICTEMENT D'AVANCZ DEUX CENTINS Aner Polelcede A JOURNAL QUI FAIT DANSER VOL.II MONTREAL, SAMEDI, 28 JANVIER 1888 Ne 19 F.X.LEMIEUX, Communes, Otlawn, Ont, A WASHINGTON Nazaire.M.le président, je voulais vous dire.a Cleveland.\u2014Excusez, j'entends un peu dur de cette oreille-là.5 nous sommes sûrs d'avoir la guerre.LC Nazaire.\u2014-QÇa ne fait rien.(Parlant à l\u2019autre oreille.) Je voulais vous dire que si les Rouges ne restent pas au pouvuir, me LE VIOLON Paraît tous les samedis.L'abonnement est de $1.00 par année, invariablement payable d\u2019avance.Nous le vendons aux agents scize cents In douzaine, Toutes communications doivent étre adressées eomms suit : LE VIOLON, 45, Place Jacques-Cartier, MONTRÉAL.H.BSRTHELOT, RÉDACTEUR.MONTREAL, 28 JANVIER 1888 LE PETIT BAPTISTE ET SON PAPA Où le père Ladébauche dit ce qu\u2019il sait de l'emprunt de M.Mercier, et où il se livre à des travaux de statistiques d'une force extraordinatre.Baptiste.\u2014Les journaux, papa.je crois pas qu'ils disent toujours ia vérité à propos de M.Mercier.Une journée ils disent qu'il à fait son emprunt et le lendemain qu'il n\u2019a pas réussi.Les uns prétendent qu\u2019il a trouvé de l'argent dans la pawnshop du vieux Salomon à New-York, et les autres nous assurent que c\u2019est en France qu\u2019il aura son argent.Je ne sais qui croire à présent.Qu\u2019en pen- ses-tu, papa ?Ladébauche \u2014M.Mercier aime beaucoup à s'entourer de mystère.Il cache son jeu le mieux qu\u2019il peut, mais il y a des gens qui sont aussi clairvoyants que lui et qui finissent par connaître le dessous des cartes.Te crois bonnement aujourd\u2019hui que M, Mercier est allé faire un voyage en France, le pays où il aurait dû aller tout d\u2019abord pour avoir son emprunt à bon marché.Je lui ai répété trop souvent que les Yankees ne prêtaient pas leur argent à un intérêt aussi bas que trois et demi pour cent.La province de Québec, malgré que les Rouges aient crié partout qu'elle était en banqueroute, a un assez bon nom en France pour trouver à emprunter de l'argent.Baptiste \u2014Comme ça, papa, lorsque M.Mercier reviendra il apportera avec lui ses $3.500,000.Ladébauche.\u2014Corame de juste.S'il ne les apporte pas il passera pour un blagueur.Baptiste.\u2014 Ces 83,500,000 va-t-il nous apporter ça en or ou en argent dur.Ladébauche \u2014Ni l'un, ni l'autre, mon garçon.Il va nous apporter ça en papier.Baptiste \u2014T\\| me semble que des grosses sommes comme ça, ça doit être plus sûr de l'avoir en bons vingt cinq \u2018\u2018cents\u2019\u2019 neufs.Ladébauche.\u2014Mon fils, si tu savais compter le moindrement, tu verrais que ce serait trop embarrassant de charroyer la somme de trois millions et demi de piastres en pièces de 25 cts.Sais-tu d'abord combien ça pèse $3.500,000.Buapiiste.\u2014~Non, papa, je n'ai pas la moindre idée de ça.Combien le paquet pèserait- il?Ladébauche \u2014D'abord, mon garçon, il faut quatorze piastres en pièces de 25 cts.pour une livre.De sorte que les trois millions et demi de M.Mercier péseront environ 250,000 livres.Ca fait un joli poids, hein ?Baptiste\u2014Tu avais bien raison de dire que c\u2019était difficile de charroyer une somme pareille.Si toutes ces pièces étaient mises bout à bout elles iraient loin, je crois.Ladébauche \u2014Loin, je penserais, mon fis, ton.Ecoûté.\u201dUne pièce de 25 cts.a un diamètre de sept lignes et demie.Si on mettait en ligne de 25 cts.les $3,500,000 de M.Mercier, cette ligne couvrirait une distance de 207 milles et un huitième.Ça partirait du bureau de M.Beausoleil et ça se rendrait par Québec jusqu'au cottage de Tadousac, et il en resterait encore assez pour payer une vingtaine de caisses de champagne pour les ministres pendant la prochaine saison cles eaux.Baptiste\u2014Maintenant, papa, M.Mercier va-t-il compter ses $3,500,000 pour s'assurer qu'on ne le triche pas.Ladébauche \u2014Certainement, mon garçon.Mais sais-tu que cela sera un job bien difficile?Tu ne t'imagines pas peut-être ce qu\u2019il faudrait de temps à un homme pour compter $#3,500,000 en pièces de 25 cts, Baptiste \u2014Un mois je suppose.Ladébauche.\u2014Un mois ! mon garçon, tu es dans les patates.Supposons qu\u2019on donnerait cette somme à compter à un individu qui compterait $ro à la minute et travaillerait dix heures par jour, il lui faudrait 582 jours ou un an et deux tiers pour terminer sa tâche.Baptiste \u2014Dis donc, papa, ça serait bien drôle, si c\u2019était un * boodler\u201d qui serait chargé de compter ces $3,500,000 ?Ladébauche \u2014Un boodler ferait d'assez bonnes affaires en volant seulement une piastre par heure.Lorsqu'il aurait fini de compter les $3> 500,000, il aurait empoché $5,820.00.Mais un bon boodler ne se donne pas tant de trouble pour une somme aussi insignifiante.Un boodler qui se respecte doit réaliser au moins $10,000 par année.Si c'est un boodler qui compte il escamotera au moins deux piastres par heure, afin que ça le paie.Baptiste \u2014Et puis, papa, si on mettait l'un par dessus l\u2019autre tous les 25 cts.de $3,500,000, ça ferait une colonne joliment haute.Je crois bien qu\u2019elle irait à la hauteur des tours de la paroisse ?Ladébauche \u2014Mais cette hauteur serait une bagatelle.Ces pièces d'argent iraient à une hauteur de 65,625 pieds, autrement dit douze milles et deux tiers.Si tous les membres du cabinet Mercier pouvaient monter en ballon à cette hauteur, ils seraient asphyxiés du coup ; les babines leur péteraient et le sang leur sortirait du nez.A cette hauteur l\u2019air n\u2019est plus respirable, mon garçon.Tiens, je vais te faire d'autres calculs pour te donner une idée de l\u2019emprunt que vient de contracter la province.Imagine-toi que $3,500,000 en pièces de 25 cts.couvriraient une superficie de 656,250 pieds, ou de dix-huit arpents, un terrain sur lequel pourraient manœuvrer toutes les milices de la Puissance.La décoration du Nicham valant 25 cts.depuis le scandale de madame Limousin, il résulte, d\u2019après une statistique correcte, qu'avec les $3,500,000 de l'emprunt, on pourrait avoir dans la ville de Montréal 140,000 personnes portant le ruban d\u2019'honneur ; c\u2019est-à-dire qu'il y aurait peu d\u2019enfants à la mamelle qui ne pourraient se vanter d\u2019appartenir à ce célèbre ordre de chevalerie.La saucisse se vendant deux sous le bout à l'hôtel Caspel, un nationard qni en mangerait six bouts par jour pourrait vivre 29,166,667 jours ou 79,908 ans et 247 jours.La charge d\u2019un bon tombereau canadien étant de 2,000 livres il en faudrait 125 pour transporter l'emprunt du bureau du gouvernement dans la rue St-Gabriel au bureau de M Mercier, rue St-Jacques.Imagine-toi de plus, mon garçon, que si le gouvernement dépensait cet argent à soûler les électeurs à raison de cinq centins le verre de whiskey en les traitant dix fois, il donnerait un plumet a 7,000,000 d\u2019hommes.Juge un peu de ce qu'on peut faire avec $3,500,000.Si le recorder condamnait ensuite ces pochards 4 $5 ou 8 jours, on clairerait la dette de la province pour laquelle l'emprunt a été fait et on aurait un surplus comme Ontario.C'est logique, mon garçon.Mercier devrait essayer ça.Les finesses de\u201d Finteau L' Enquête.Le colonel Ramollot vient de recevoir une lettre d\u2019un pâtissier de la ville qui se plaint d\u2019avoir été traité de filou par un soldat de la caserne voisine.S\u2019crongnieugnieu ! c\u2019qui £.là, c'pâtissier ! c\u2019qui m'embête encore c\u2019t\u2019animal-là ! c'que.ça me r'garde ?Mais toute réflexion faite, le colonel se décide à faire une enquête, et dans cette intention, comme il sait\u201d bien que le coupable n'ira pas se dénoncer lui même, il commience par aller trouver le pâtissier qui demeure à deux pas.; \u2014Colonel Ramollot, m'sieu.Avez eu çui d\u2019'm\u2019écrire, c'matin une n.\u2026.de D.d'lettre pour la chose d\u2019un homme qui vous aurait, m'dites-vous, traité d'filou ; signifie ?\u2014En effet, monsieur, c\u2019est moi qui.voilà, parce que vous comprenez que c\u2019est excessivement désagréable dans l\u2019commerce.\u2014N\u2019seriez pas dans l'commerce que vous vous en f.pour lors ?\u2014Permettez, je ne dis pas ça, seulement c'est toujours ennuyeux quand, sans raisons, un individu vient vous dire des horreurs.\u2014Enfin c'soldat, m'avez écrit qu\u2019c'\u2019était un soldat, pas vrai, parce que les civils, c'pas mon affaire, savez, moi j'm'en £.! \u2014C'était bien un soldat, oui, monsieur, un jeune homme, \u2014Eh ! bien, c'soldat, s\u2019crongnieugnieu ! n'a pas eu celui d'ouvrir vot\u2019 porte, de vous dire que vous étiez un filou, et d'f.le camp comme ça ; c\u2019qui s\u2019est passé ?\u2014Voici comment, monsieur le colonel : J'étais bien tranquille dans mon comptoir, pendant que ma femme donnait un coup de peigne au petit, quand je vois entrer un militaire.Il commence par me tripoter tous mes gâteaux, même que ça m'embêtait.Enfin, voyant qu\u2019il fourrait son pouce dans un saint-honoré, j'ai fini par lui dire Que ça ne se faisait pas.\u2014Enfin s\u2019crongnieugnieu ! c\u2019pas pour ça qu\u2019il vous a traité d\u2019filou ?\u2014 Non, oh non ! c\u2019est à la suite.Quand il eut tout bien marchandé, il finit par me dire : Tiens, vous vendez du madère ?Il me marchande une bouteille, je la lui fais six francs, il accepte ; j'entortille la bouteille dans un papier de la maison, et je croyais que c'était fini, mais pas du tout.\u2014Combien vos petits-fours ?me dit-il.\u2018Trois francs, lui dis-je.Eh bien ! donnez m'en deux livres, ajouta-t-il, j'aime mieux prendre ça que le madère, ça fera plus d'effet.Je lui pèse un kilo, bon poids, parole d'honneur, je lui fais son paquet entouré de ficelle rose, et je lui dis : Voilà, monsieur, c'est six francs.Alors il me rend ma bouteille et veut sortir sans payer.C\u2019est là que nous avons eu des mots, et qu'il a fini par me jeter mes petits fours à la figure, et à me traiter de filou devaut deux personnes qui étaient entrées et qui en ont été positivement suffoquées.\u2014-Âh ! et\u2026 vous n'avez rien dit ?\u2014Que vouliez-vous que je dise, j'étais stupéfait?Et voilà, monsieur est sorti comme a sans seulement dire au revoir.Alors je vous ai écrit, car c\u2019est vraiment dégoutant.\u2014Voyons, voyons n.de D.! faudrait éclaircir c\u2019t affaire-là, car tout ça n\u2019me paraît pas naturel.Combien valait-elle vot'e bouteille de madère ?\u2014Six francs.\u2014B »n, six francs, et vos p'tits fours ?\u2014 Six francs.\u2014Bien ! eh mais, pour lors, puisqu\u2019il vous rendait six francs cle madère à la place de six francs d'eâteaux, ça r'venait au même y n'vous d'vait rien c'gargon, c\u2019tait un échange.\u2014Permettez, permettez, monsieur le colonel, mais il ne m'avait pas payé la bouteille de madère.\u2014 Mais s\u2019crongnieugnieu ! puisqu'il ne la prenait pas, pourquoi vouliez-vous qu\u2019il vous f.six francs ?: \u2014Pas pour le madère, mais pour les gâteaux.\u2014Voyons, n\u2026 de D.! faut être juste : pourquoi vous aurait-il payé lès gâteaux puisqu'il vous f.\u2026.six francs d'madère à la place ! n'\u2019pouvait pas f\u2026.vous payer deux fois.\u2014Oui, je\u2026 j'entends bien, mais il emportait les gâteauk ! \u2014Bien entendu ! n\u2019pouvait pas vous f.six francs d\u2019'madére a propos d'bottes, pas besoin de vous faire des cadeaux.\u2014Cependant c\u2019est bien facile à comprendre.je lui vends une bouteille de madère de six francs.\u2014Fait'ment ! j'comprends bien p\u2019tete, n.de D.n'suis pas une tourte, c'que vous m' f.là ?- \u2014Ensuite je lui vends six francs de petits fours.\u2014Vous désirez, monsieur ?\u2018 seras, 3 © «=Qui ; eh bien, aprés ?\u2014Du moment qu\u2019il me rend ma bouteille qu'il me donne alors mes six francs de pâtisserie.\u2014Mais n.\u2026 de D.puisqu\u2019il vous f.six francs d'madère en place ! \u2014Mais puisqu'il ne me l\u2019avait pas payé.\u2014Mais bon Dieu ! puisqu'il ne l\u2019emportait pas ! \u2014Enfin, je ne sais pas.\u2014DMais, f.non vous n'savez pas c\u2019que vous dites, b.de m'lon ! ¢'qui m\u2019a f.un animal de pâtissier comme vous ?\u2014 Mais, monsieur ! \u2014F.-moi la paix n\u2026.de D.! j'vous dis qu\u2019vous n\u2019êtes qu'une tourte, tendez vous bien c'que j'vous parle, s\u2019pèce de moule ! c'pas assez d\u2019chercher à voler six francs à un pauvre b\u2026 de troupier, v'là qu\u2019 vous avez encore le toupet d'essayer de m'f.dedans avec toutes vos sales fantaisies ! J'suis pacifique s'crongnieugnieu, tout le monde vous I'f.par le nez, s'ment tâchez moyen d'y r'venir, spèce de canaille, sale pâtissier d\u2019mon sac, et j'vous f.d'mes nouvelles, moi, b.d'escroc.Le colonel sortit furieux en murmurant d'un air désagréable : Que j.f.que ces n\u2026 de D.d'bourgeois | et il n\u2019eut pas l\u2019idée de soupçonner Pinteau, qui était cependant l'auieur de cette infamie.\u2014> mm Les trois couleurs.Il avait son idée, le petit Franz, en allant à l\u2019école par ce froid matin, de janvier, 1: long du sentier où le givre accrochait une double dentelle de perles blinches aux épines noires des buissons.Il la ruminait, son idée, et c\u2019était elle qui, sous son neg rougi par la bise, mettait à ses lèvres entr'- ouvertes ce sourire à la fois triomphant et malin.Qui est-ce qui serait attrapé ! Le maître d'écule allemand, donc! Et qui est ce qui serait content ?Parbleu, le petit frère ! Or, rendre content son petit frère et attraper son maître d'école, c'était, en deux mots, l'idéal de cette bonne pâte de Franz Hermann.Tiens, pourquoi donc s\u2019en serait-il privé ?Ce méchant diable de M.Becker, avec sa vilaine tête carrée d\u2019 Allemand, et sa bouche toujours tordue par un sourire qui avait l'air d\u2019une grimace, valait-il autre chose que les pires tours qu\u2019on lui pouvait jouer ?Et ce brave petit Paul, avec ses yeux rieurs et sa joie si franche au moindre joujou qu'on lui apportait, ne valait-il pas qu'on risquât pour lui quelque algarade ?C'était la veille de la Saint Paul, et maître Franz, dans sa caboche d'homme de treize ans, avait décidé que, le lendemain, son petit Paul aurait un cadeau.Ah ! si seulement le père Hermann avait été, comme l'autre année, ouvrier chez le patron menuisier qui l\u2019employait depuis quinze ans, il aurait pu prendre, sur sa paye, de quoi acheter à son mioche un bibelot de quelques sous.Mais, depuis huit mois, le père Hermann n\u2019était plus menuisier.Son patron l'avait remercié, sous prétexte qu'aux dernières élections d\u2019Alsace- Lorraine il avait mal voté et, qu'en le gardant, il s'exposait à perdre le plus clair de sa clientèle, notamment la fourniture de pupitres que le gouvernement lui avait commandée pour ses écoles.Le magister le lui avait assez clairement dit.Car c'était lui, ce méchant diable de Backer, qui avait fait ce joli métier d'espion.Comme le vote avait lieu à l'école et que l'autorité l'avait désigné pour surveiller l'opération, il avait fouillé de ses yeux louches chaque bulletin qu\u2019il prenait pour le mettre lui-même dans la boîte, afin d'éviter les fraudes, disait-il.Et c\u2019est ainsi qu'il avait vu que le père de Franz votait pour le mauvais candidat, pour cet Alsacien trop français, lc docteur Siffermann, qui était sorti du scrutin comme un croquemitaine d\u2019une boîte à surprise.La remarque n\u2019avait pas été perdue, Huit jours après, le père de Franz était dénoncé, renvoyé, réduit à l\u2019ingrat et dur métier de bücheron, et, depuis, quand Franz Hermann arrivait à l\u2019école, il était rare que M.Becker, debout sur le seuil, ne l\u2019accueillît pas par ces mots, qui siffl tient entre ses lèvres minces crispées par son.mauvais sourire: \u201c Ah ! te voilà, graine d'insurgé 1\" .Insurgé ?Certainement, le petit Franz l'était.Il l\u2019était à sa façon, comme peut l'être un gamin qui ne connaît pas bien les choses, mais qui chasse de race, et n'a, pour he pas se tromper, qu\u2019à se laisser guider par son instinct.Or, d\u2019instinct, lc petit Franz détestait M.Becker et tout ce qu'il sentait vaguement derrière ce vilain homme si plat avec les puissants et si arrogant avec les faibles, toute cette clique d'Allemands, comme les appelait son père, le bâcheron Hermann, quand le soir, sa.rude journée finie, il se reposait un instant au coin de l\u2019âtre, en causant avec sa femme.Oui, \u201c clique d\u2019Allemands\u201d, le petit Franz avait bien retenu le mot, et ce n\u2019était pas l'envie \u2014 qui lui avait manqué, vingt fois pour une, de le jeter au nez insolent de M.Becker.Mais sa mère lui avait au moins autant de fois recommandé d'être sage, et son père avait ajouté que le moment n\u2019était pas encore venu de dire tout ce qu'on avait sur le cœur.En attendant que ce moment-là vint, maître Franz était arrivé à l\u2019école, avait gagné sa place, et s'était mis à travailler.Ce matin-là la classe avait composition de géographie.M.Becker avait dessiné sur le tableau la carte de l'empire allemand, et, sur la gauche, à la place vide où aurait dû figurer la France, il avait écrit d'abord ces deux noms, en petites lettres : Champagne et Picardie ; puis en grosses lettres, si grosses qu'il y avait écrasé deux fois son morceau de craie, ces quatre autres noms: FLANDERN, LOTHRINGEN, FREIGRAFSCHAFT et BURGUND.Après quoi, il s'était retourné vers la classe en disant : \u2018\u201c Maintenant, commencez ! La frontière en bleu et les divisions intérieures en rouge.Vous avez bien compris, n'est-ce \u201d Et toute la classe s'était mise à copier la carte, usant, pour dessiner d\u2019abord les frontières et ensuite les divisions intérieures, du crayon bleu par un bout et rouge par l\u2019autre que le maître distribuait à chaque élève dans ces occasions-là.Puis, chacun avait pris sa plume et s'était appliqué à marquer à l\u2019encre le cours des fleuves et les noms des provinces et des villes principales.Un des premiers à finir sa tâche avait été Franz Hermann.Mais, au lieu de se reposer, il en avait tout de suite entamé une autre.Sa carte faite, il l\u2019avait étalée devant lui, appuvée au dos d\u2019un livre, de manière à dissimiler ses mains.Puis il avait pris une feuille de papier, l'avait pliée en trois parties égales et, sur le premier tiers, avait barbouillé une belle couche de crayon bleu.Après quoi, laissant la blancheur du deuxième tiers intacte, il avait attaqué le troisième à coups de crayon rouge.Car c'était le tour qu'il ruminait depuis le matin.Un bon tour, n'est-ce pas ?Le jeune Franz le trouvait même doublement bon, et c\u2019était pour lui une pure joie de penser qu'il fabriquait pour son petit Paul un drapeau français avec les crayons prussiens de ce méchant diable de Becker.\"x Mais il commençait à peine à rougir son dernier tiers de page que la voix du maître l\u2019interrompit.\u2014Eh bien ! Franz Hermann, qu'est-ce que vous faites ?Franz eut un léger sursaut.Prestement, il fit glisser sur son pupitre la feuille pliée en trois et d\u2019un mouvement rapide et discret, l\u2019escamota entre son gilet et sa chemise.Puis, se soulevant sur son banc : \u2014Moi ?Rien, monsieur, répondit-il de l'air le plus innocent du monde.\u2014Comment, rien ?Et votre composition ?\u2014Elle est finie.\u2014Finie ?voyons donc un peu ça ! Et, circulant entre les tables, M.Becker arriva devant l'élève Franz Hermann, dont il prit la copie.Il l'examina, le sourcil froncé, en homme qui cherche un sujet de querelle, lorsque soudain un flot de colère empourpra ses joues : \u2014 Qu'est-ce que c'est que ça ?s\u2019écria t-il.\u2014Quoi, ça ?demanda Franz d\u2019un ton où perçait une intention de raillerie.\u2014Ces noms là, petit sacripant ?reprit le maître en lui fourrant sa carte sous le nez.Lis-les donc tout haut, si tu l'oses ! \u2014 Flandre, Franche-Comté, Bourgogne, Lorraine.ut docilement le petit Franz \u2014Au lieu de Flandern, Freigrafschaft, Burgund et Lothringen, n'est-ce pas ?Et veux-tu me dire pourquoi tu n\u2019as pas copié les vrais noms, ceux qui sont écrits sur ce tableau ?.\u2014Parce que ces provinces-là sont des provinces françaises.\u2014Des provinces françaises, vraiment Monsieur prétend, sans doute être plus savant que M.Justus Perthes, de Gotha, dont l'atlas est là, sur ma table ! Des provinces françaises ?Attends un peu, graine d'insurgé, je vais t'apprendre à réfortuer la géographie ! Et M.Becker, maintenant blême de rage.saisit Franz Mermann par le bras, le traîna à travers la classe effaree, ouvrit la porte et, d\u2019une poussée brutale, le jeta dehors.wa oo Franz Hermann était déjà par terre quand il entendit la porte de la classe se refermer violemment derrière lui.Il resta un instant sur le sol, étourdi, puis il se releva et; porta la main à sa tête.\u2018Son front avait \u2018frappé contre une pierre, Sa main, qu\u2019il regarda, était rouge de sang.Il tira son mouchoir de sa poche, en fit un tampon qu\u2019il appliqua sur sa blessure, Puis stoïquement, il, reprit le chemin de chez lui.j Quand il arriva, la maison était vide.Le LE VIOLON L'Ange de la Résignation et les députés malheureux.GoYETTE.\u2014Ne buvez pas de ça, mes amis, c\u2019est de la vraie \u201c poéson.\u201d J'en ai pris trois fois et ça m'a rendu malade.père était encore au travail, la mère au village avec le petit Paul.Franz entra et.s'approchant d\u2019un bout de miroir accroché au mur, il découvrit son front.Entre les deux sourcils s'allongeait une profonde coupure.Délivré du mouchoir qui le comprimait, le sang se remit à couler à flots.Alors, le petit Franz eut un sourire.Il s'approcha de la table, s\u2019assit, tira de son gilet le papier plié en trois, l\u2019étendit du côté où se voyaient quelques hachures de crayon rouge et.inclinant la tête, il regarda son sang tomber dessus à larges gouttes.Puis, avec son doigt, il étala la belle couleur ronge, plus belle que celle du crayon de M.Becker.Tout entier à sa besogne, il n\u2019entendit pas la porte de la chaumière s'ouvrir.Il ne se retourna qu\u2019en sentant une main se poser sur son épaule.C\u2019était le père de Franz qui se penchait sur son fils.\u2014Hé, mon garçon, qui est-ce qui t'a blessé comme ça ?demanda le bâcheron.\u2014C'est M.Becker en me jetant à la porte.\u2014Et qu'est-ce que tu fais-là ?L'enfant déplia le papier aux trois couleurs.\u2014Pour la fête de mon petit frère.Le bacheron enleva son fils par les deux bras, comme une plume.\u2014Embrasse-moi, petit ! ditil en le serrant sur sa poitrine.Et, tandis que son père l\u2019embrassait, le petit Franz sentit une larme tomber sur son front sanglant.X\u2014 La Fourmi à miel.On ne connaissait que très vagueme nt cette fourmi étrange, dont l'existence même était mise en doute par quelques naturalistes, les régins qu'elle habite étant presque ignorées et ses mœurs singulières.La France donne à ce sujet les détails suivants : Dans ces derniers temps, un savant ento- lomogiste américain, le docteur Mac Cook, ° est parti pour le Nouveau Mexique, afin d'étudier sur place cette rivale des abeilles.C'est dans le Colorada, à Manitou, tout près du \u2018\u2018 Jardin des Dieux,\u201d que Mac Kouk aeu la grande joie scientifique de découvrir la petite bête qu\u2019il cherchait.La fourmi-à miel ( Wyrmecocistus melliger) est bien une réalité.Durant plusieurs semaines, Mac 'Kuok a étudié cet étonnant insecte, et ses curieuses observations viennent confirmer les récits des voyageurs.Le long des montagnes qui traversent la haute région appelée \u201c Jardin des Dieux,\u201d se trouvent en abondance des nids de fourmis à miel.: L'architecture de ces nids ressemble extérieurement, à une digue de gravier.La porte est une simple ouverture en forme d'enton- noit, percée au centre de la digue.D'abord perpendiculaire, cette ouverture se continue en pente légère et mène à une série de vestibules et de galeries, de corridors, de chambres, d'ate.iers.Les murs et les planchers sont admirablement unis.Les voûtes au contraire, offrent des aspérités caillouteuses d'un effet bizarre.Chambres et galeries se trouvent divisées en étages.L'appartement de la reine est circulaire et spacieux, comme si clie voulait avoir ses coudées franches pour le commandement.Les chambres à miel sont généralement voûtées et vont en augmentant de grandeur à mesure qu\u2019elles se rapprochent du centre.Les fourmis à miel ne quittent leur laboratoire que la nuit, pour aller aux provisions, Le miel qu\u2019elles distillent vient de la sève sucrée d'une noix de galle, produite elle- même par une espèce de Cynëps sur les branches du Quercus undulata.Sur son abdomen la fourmi présente un globe de la forme et de la grosseur d'un petit grain de raisin.C\u2019est là qu'elle emmagasine son miel.Cette substance est d'un goût fort agréable : en été surtout, elle possède une saveur exquise, finement aigrelette, provenant d'un reste léger d'acide formique.Les Mexicains et.les Indiens sont très friands de ce miel, qui est pour eux un vrai régal.Ils ont une façon de l'extraire qui ne manque pas d'originalité.Ils pressent l\u2019insecte et la récolte est faite Il va sans dire que la fourmi proteste de toute la vigueur de ses pinces, car on sait qu\u2019elle n\u2019est pas prêteuse.Les petits Peaux-Rouges ne sauraient abu ser des tartines de miel de fourmi, attendu qu'on a calculé qu\u2019il faut près de mille insectes pour produire une seule livre de miel.Enfin les Mexicains fabriquent avec le miel de fourmi une liqueur alcoolique d\u2019un arome et d'un goût délicieux, paraît-il, L'abeille et la fourmi sont rivales en science et en esprit.Encore est-ce la petite fourmi qui tient la corde et qui arrive pre- miére daus ce grand steeplechase de l\u2019intelligence.; Si l\u2019abeille asa ruche merveilleuse, 1 fourmi blanche des solitudes africaines n\u2019a-t- elle pas des villages entiers, aux horizons fantastiques ponctuées de toutes parts de cabanettes indestructibles de deux pieds de haut ?Ces milions d\u2019édifice lilliputiens, avec leur toit circulaire et inclithé, font l\u2019ef fet de gigantesques champignons.Ici, les œufs près d'éclore ; là, les petits enfants sous la baute surveillance'de fourmis vénérables chargées de leur éducation.D'un côté, les vieillards, de l\u2019autre, les adolescents ; une infirmerie pour les malades, un cimetière pour les morts ; des remparts et des chantiers, des salles communes, des cel lules privées, des greniers d\u2019abondance ; partout des ménages tranquilles et laborieux, des travailleurs 1nfatigables, des citoyens dévoués a la chose commune.République vraiment exemplaire, où l\u2019on .discute moins qu'on n'agit, où l'on ne prend les armes que pour défendre la frontière ou protéger le travail ; République admirable, où l'industrie est un honueur, le progrès une loi, l'entente une habitude, le travail une obligation, l'égalité un fait, la fraternité un principe, le respect des infirmes et des vieillards une religion, l'éducation de la jeunesse un besoin du cœur et une affaire d'Etat, Mais l'abeille avait pour elle sa valeur industrielle et.bienfaisante, son miel délicieux, ses rayons d'or.sa cire blanche.Voici maintenant la fourmi qui se ravise et qui tire un alambic de sa petite poche.Le merveilleux insecte s'est fait, à son tour, distillateur et même liquoriste.Je ne crois pas, cependant, que les Alpes et les Pyrénées soient en danger.La gloire de Narbonne et de Chamounix ne périra pas ; longtemps encore la petite ruche des jardins, plus solide sur sa motte de terre que les tours de Notre-Dame, verra voltiger ses abeilles dans I'air embaumé de thym et de lavande.\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 gp re COUPS D°ARCHET Un individu dans lo Nebraska vient d\u2019inventer une machine à traire les vaches de quatre veaux de force.Pen .Un animal qui sera toujours à I'nbri de la misère, c\u2019est lo serpent, car il peut toujours \u201cJoindre les deux bouts.+, Conseil a une jeune femme qui vient de se mettre en wénage 4 Montréal: Ne jetez jumais I'écutne qui so forme sur la surface du lait.C'est co qu'on est convenu d\u2019ap- ler la \u201ccrême.\u201d atx Dans une étude d'avocat de la rue St-Jacques.L'urocat.\u2014Muintenant, êtes-vous sûr de pouvoir prouver un alibi lors de votre procès ?Le client \u2014Mon cher monsieur, je pourrai en prouver deux ou trois s'il est nécessaire.Il faut que je sois acquitté, dussé-je en prouver une demi-douzuine.xx .Une dame nous demande s'il est possible de faire cuire des choux sans qu\u2019ils répandent une odeur désagréable.Lu cuisson des choux ne blessern jamais l'organe olfactil des commensaux d'une maison si l'opération est faito à une distance d'un mille et demi, dans de l\u2019eau fortement imprégnée de chlorure de chaux.C'est là la seulo recette que nous ayons à lui recommander.= .8 Scène saisie sur le vif dans une salle d\u2019encan, L'encanteur (vendant des peintures).\u2014Je vous offre, mesdames et messieurs, un célèbre tableau d\u2019un des vieux maitres.C'est le portrait (consultant le catalogue) de Louis Joseph Papineau, dont l'antiquité double la valour (D'un ton sentimental).Mesdames et messieurs, cette peinture a plus de 200 ans.Combien m\u2019en offrez-vous ?Pa Un violoniste aveugle râcle son instrument devant une maison de la rue Wolfe avoc l\u2019étiquette \u201cmaison à louer\u201d collée à côté de la porte.Un gamin lui dit: Mon brave, vous perdez votre temps à jouer ici.1l n'y a personne ld dedans.J Le violonneux lui répond avec un air do dé- ain.Méle-toi de tes affaires.Je le sais bien.Penses-tu que je lo ne suis pas ?Jo ne suis venu dans ce quartier que pour pratiquer quelques morceaux nouveaux, + * * Anna et Sophie se sont rencontrées hier dans le salon de madame Bisquanquoi n et ont parlé de leur amie Marie-Louise.Anna \u2014Le mariage que l\u2019un croyait cassé est repris.Son amant dit aujourd\u2019hui qu\u2019elle pue bon.Sophie \u2014Mais, c'est impossible.Ce qu\u2019il lui reprochait était impardonnable.Anna \u2014Tout va bien maintenant.Elle achète les parfums les plus délicats, le White Rose, le Jockey Club, le Yang y Lang, chez McGale, 2123 me Notre-Dame, ou ils se vendent à bien bon marché.On trouvera toujours à la pharmacie McGale les parfums suivants : Kuli-Kuli Violette.Martha Washington, Spanish Jasmina, Florida Breeze, Stephanatis, et le musc donc.Aprés ça tirons l'échelle.xk : Un marchand en gros de la rue St.Paul disait hier à un de ses amis : Lorsqu'un client hésite à me donner une commande, j'ai un moyen assuré de le décider à acheter.Je l'invite à preâdre un verre de vin ou de bière au restaurant Commercial de Louis Bergevin, No.127 rue McGill, coin de la rue St.Paul.Toutes los liqueurs et tous les cigares sont de la première qualité et plaisent infailliblement aux connaisseurs.x La Bibliothèque à Cing Cents voit chaque jour son succès s\u2019alfermir.D'où lui vient cette faveur particulière du public?KI suffit de parcourir au hasard un des-numéros hebdomadaires de cette intéressante publication, et l\u2019on se rendra immédiatement compte du choix éclairé, de l'attention scrupuleuse qui président à sa composition.: Les sujets les plus variés dans le Roman, la Littérature, I'Histoire, les Voyages, les Scénes du Désert ou de la Vie Indienne, y sont tour à tour développés avec l\u2019attrait puissant des poignantes émotions que font naître les grands spectacles de la nature, et l\u2019analyse des sentiments les plus tendres et les plus délicats du cœur humain.A ces divers titres, La Bibliothèque à Cing Cents a sa place marquée d'avance: à tous les.foyers, où elle.fera les délices du vieillard aussi bien que celles de la jeune fille.Le Prix d'abonnement, un A $2.50 ; sik mois, $1.35.S'adresser 4\" Poirier, Bessette & Cie, 1540 Rue Notre-Dame, Montréal, \u2014 = a.LE VIOLON FEUILLETON DU \u2018\u2018 VIOLON.\u201d DERNIER ENJEU %* * Coiffé d'un chapeau de paille à large ruban brochée, vêtu d\u2019un complet eur de pêcher du dernier galant, chaussé d\u2019escarpins a la poulaine, notre ami l'ex-lieutenant Blanc-Minot regardait tomber une a une, et volup- tucusement, dans son verre ou I'absinthe avait mis une large émeraude, les gouttes d\u2019eau d'une carafe frappée.\u2014T'u vois bien cet animal ?me fit Jacques en me poussant le coude.\u2014Parfaitement, Blanc Minot, tôn successeur dans l'amitié de la commandante.\u2014Eh bien ! mon cher, il m\u2019a couté un million et une des plus jolies héritières de Paris.Et Jacques ajouta, comme impatienté du flegme exempt de remords de son ancien rival dans la maison Laripète : \u2014 C'est une sombre histoire et que je te veux conter sur-le-champ.Nous nous assimes aussi, le plus loin pussible du drôle qui nous avait jetés, par sa vue, dans ce courant d'idées et de souvenirs.[mpassible Blanc Minot ! Il continuait son petit travail aquotique, en passant sa langue sur sa moustache, en homme qui se dit : Je me fiche pas mal d\u2019avoir brisé l\u2019avenir de Jacques ; mais je crois que je vais boire quelque chose de rudement bon.Et Jacques, sans le regarder davantage, continua comme il suit : *% * \u2014Ou Mlle Elodie Van de Veysse, Hollandaise par son père, mais Française par sa mère m'\u2019avait-elle remarqué pour la première fois?Je crois que c\u2019était à un bal chez la comtesse Givet de Monchat où je la fis valser.Toujours est-il que cette jeune fille romanesque s'était serieusement éprise de moi, sans que j'eusse rien fait de bien particulier pour allumer ce ten dans sa personne.Non pas qu\u2019elle ne fût charmante : une blonde merveilleuse qu'on eût dit 'descéndue d\u2019une étoile de Rubens, un poème admirable de chair éclatante richemnt relié emrorclair.Mais je la savais trop riche pour que je pusse aspirer à sa main.J'avais emporté du tourbillon qui nous avait entraînés ensemble le parfum pénétrant mais vague de sa magnifique chevelure, et des fleurs qui mouraient dans son corsage, et je me disais que c'était bien tout et que nous ne nous reverrions jamais.Sun papa, m\u2019avait-on conté, était en train d'arrondir encore son magot dans les grandes Indes.Je ne regrettai pas de ne pouvoir lui être présenté.C'était, m'\u2019avait-on conté, un gros homme très vaniteux, et pas agréable à vivre du tout.Je me répétais tout cela pour me consoler de ne pouvoir être son gendre.Donc Mille Elodie Van de Veysse avait gardé mon souvenir à ce point que ma mère me dit un juar,avec une joie rayonnante dans les yeux: \u201c Tu sais, mon Jacques, j'ai reçu une lettre de la comtesse Givet de Monchat ; la jeune personne que tu as fait valser l\u2019an dernier chez celle, a déclaré à ses parents qu'elle resterait plutôt fille que d\u2019épouser un autre mari que toi ! Ils sont furieux, mais ça m'est égal ! Fille unique ! Quel avenir pour toi, mon enfant ! J'attends un avis de cette excellente comtesse.Mais je suis pleine d'espérance.Et ma mère m'\u2019embrassa furieusement, comme après une longue absence.- Et cela se passait à Carcassonne où j'étais venu passer deux mois auprès de mon excellente maman.2 Provisoirement ment assuré de ce mariage, je me dis \u201d que ce que j'avais de mieux à faire c'était d\u2019enterrer la vie de garçon.Ce sont des funérailles généralement gaies et je les voulus excessivement Joyeuses, Je fis une ioe qui scanda- \u2018 vu 04 se UNE et sans être autre-|- lisa la ville tout entière.Je me mis à jouer dans l\u2019espoir de gagner de quoi continuer la fête avec mes amis.Mais je perdais, je perdais toujours.Ët cette canaille de Blanc Minot, qui avait beaucoup de chance, m\u2019exhortait à ne me point décourager.Donc une nuit qu\u2019il m'avait déjà gagné tout ce que j'avais sur moi, y compris ma dernière montre et de magniliques bretelles que ma mère avait brodées pour moi, j'étais offolé positivement.J'avais perdu la tête.Il pouvait bien être six heures du matin et il faisait grand jour.\u2014 \u201c Tiens ! dis-je à Blanc Minot, jouons une gifle!\u201d il recula en me.regardant étonné.Je repris: \u201c Celui de nous deux qui prendra ce coup ira donner un soufflet à un monsieur qu\u2019il ne connaît pas du tout, ct tant pis si le monsieur se fâche !\u2014 Ça sera très amusant, fit mon bourreau.Mais nous pouvons compliquer le jeu.Si le monsieur se fâche, le souffleteur aura perdu une seconde fois.Si le monsieur garde sa claque, il aura gagné à son tour et il ne restera plus qu'à faire une belie.\u2014 Accepté.\u201d Inutile de dire que je perdis.Je n'avais plus qu\u2019une ressource : trouver un quidam que je pusse calotter sans qu\u2019il se livrât à mon endroit à aucune représaille.Généreux projet, n\u2019est-ce pas ?Mais nous étions gris tous les deux.Tout à coup une idée sublime me vint au cerveau.\u201c À quelle heure passe l'express de Paris ?demandai- je à Blanc Minot.\u2014 Dans un quart: d'heure !\u2014 Courons a la gare, sans perdre un instant.Blanc Minot me suivit sans rien deviner de mon projet.wt La lourde machine de fer haletait dans l\u2019intérieur de la gare, sous le vitrage tout embué de fumée.Cinq minutes d'arrêt à Carcassonne.Connu du chef de gare, j'avais été admis sans contestation à me promener sur le quai du départ et j'avais emmené Blanc Minot.Un gros monsieur d\u2019aspect déplai- sant vint se hucher péniblement dans son compartiment et avait envahi le\u2018 coin de gauche, soufflant comme un phoque à la croisée.Je ne le perdis pas des yeux.La machine sifBa et le train se mit péniblement en marche avec un grincement de roues et des bruits de chaînes qui se tendent.Alors j'enjambai le marchepied de la voiture, je pris bien mon temps pour sauter ensuite en arrière, mais ce ne fut pas sans avoir abattu une claque formidable sur la joue du gros monsieur d'aspect déplaisant qui hurla, et me, cria, en se retournant rouge comme une pivoine, pendant que le train l'emportait : \u2014Je te reconnaîtrai, galopin.\u2014Tu as gagné, me dit flegmatiquement Blanc Minot.Ii est certain qu'il gardera ton soufflet.Nous étions déjà hors de la gare.Quand je rentrai, à huit heures, ma mère était déjà levée et je me trouvais assez honteux.Mais elle semblait de si b:.ane humeur que je com- \u2018pris bien vile qu'elle ne me gronde- Tait pas.\u2014Viens! viens! mon enfant, me dit-elie.Bonne nouvelle! \u2014Mme Givet de Monchat a écrit ?\u2014Mieux que cela, Jacques.M.Van de Veysse, le père de Mile Elodie est venu en personne me demander ta main.Il parait que cela se fait en ; Hollande.Il est arrivé hier soir, a | couché à la maison, vient de repartir par l'express, et tout est à peu près l conclu.C\u2019est un homme très habitué aux affaires.J'ai expliqué ton absence, en disant que tu étais à une de nos métairies, mais il valait mieux vraiment que tu ne fusses pas là.Tu es si étourdi dans tes propos! Tu aurais|pas, .blo Il y a deux sortes de déformation, dont | tout gâté peut-être ! Et ma mère m\u2019embrassait, toujours comme si elle ne m'avait pas vu depuis dix ans.| J'étais, au fond, aussi content «qu\u2019elle-même.Je t'ai dit que Mlle Slodie était très bien de sa personne et n'a Ma mère avait invité, pour le lendemain, à diner mon cousin, Anselme, alors procureur dé la République à Carcassonne, pour lui dire ses espérances, Mais à peine eut-elle nommé M.Van de Veysse que mon cousin répéta : \u2014Van de Veysse ?Van de Veysse ?Van de Veysse ?.est-ce que ce monsieur n\u2019est pas parti hier matin par I'express de sept heures ?\u2014Précisément, fit ma \u2018mère, pendant qu\u2019une inquiétude s'emparait de moi.\u2014Eh bien, nous venons de recevoir une plainte de lui aujourd\u2019hui même.Il parait qu\u2019un polisson l\u2019a souflleté, au moment où le train partait.Mais il reviendra une fois la première enquête faite ; car il se fait fort de reconnaître, à première vue, son lâche agresseur.Je devais être vert pomme.Et mon cousin poursuivit sans faire attention à ma déplorable mine : \u2014-Voilà un gaillard que nous ne raterons pas.Gifler un homme aussi respectable au moment où il ne peut se défendre.Jacques, il s'agit de ton futur beau-père, et sa cause est déjà la tienne.Tu te dois, tu lui dois, tu nous dois à tous de m'aider à découvrir ce drôle et de lui donner un coup d'épée.\u2014Grand Dieu ! s\u2019écria ma mère.\u2014Oela n\u2019empêchera pas la justice de suivre ensuite son cours, mais ce sera une façon tout à fait galante et française de prouver à ta fiancée ton amour.J'étais passé au cramoisi.Je sortis précipitamment, mais pas assez vite pour n'avoir pas enteudu ma mère dire à mon cousin :\u2014 Il est comme un fou, le pauvre enfant ! so\u2026.euxs sess t.-co\u20260nen couseoue00 soc.ne.° Deux jours après j'avais quitté Carcassonne.J'avais déclaré à ma mère |.que toutes réflexions faites, je me sentais pour le célibat une invincible vocation.J'appris depuis que les choses avaient fort mal tourné pour l'infortuné Van de Veysse.Mon cousin lui ayant fait répéter plusieurs fois qu'il ne connaissait pas son agresseur, avait fini par lni dire assez judicieusement : \u2014J est certain pour moi que ce soufflet était destiné à un autre.Mêlez-vous donc de vos propres affaires et fichez-nous la paix.Il y a erreur sur la personne et voilà tout.Jacques avait achevé son récit.Quant à Blanc Minot, toujours souriant, il humait avec volupté les dernières gouttes de son absinthe, lesquelles descendaient le long du verre comme de petites pierreries on se jouait le soleil couchant.FIN , 4} La déformation du pied.Beaucoup de personnes ont prétendu que les Chinois déformaient les pieds des femmes poûr les confiner à la maison, les rendre moins volages.Cherchons donc ce qu\u2019il ya de vrai dans cette version et disons quelques mots de cette singulière mutilation, qui tient une si grande place dans\u2019 les mœurs des habitants du Céleste-Empire.En Chine, le pied de la femme représente le sanctum sanctorum, tout ce que la pudeur apprend à respecter, et qu\u2019en Europe nous sommes habitués à placer ailleurs.C\u2019est à ce point que le mari n'a pas le droit de voir le pied déchaussé de sa femme.Cette déformation du « pied que les Chipartement intérieur, etc.\u201d est loin d'etre également répandue dans tout l\u2019empire.Dans les provinces mériodionales, elle constitue à peu près la règle pour les classes aisées ; dans le.Nord et à Pékin, elle est; plus rare ; en \u2018Tartarie, on ne la pratique l\u2019une représente l'idéal et est pratiquée.surtout par les familles riches, car.elle promet à leurs filles de plus-beaux partis.Dans la première, les orteils sont.fléchis sous la pointe du pied,.le pouce restant libre.| \u2018Tel est le pied le plus recherché.Dans le second, mode de déformation, on cherche à ; m'inspirait .beaucoup.de -sympathie.- = te obtenirgune flexion ;des quatre, iderniers \u2019 nois appellent \u201c lis doré, ornement de 1'ap- |.SS vr Te = ortéils sous la plante, sans changement.de direction\u2019 du talon.C'est à l'aide d\u2019un massage et d'une com: pression forcée faite à l\u2019aide de bandes dès le jeune âge que l\u2019on arrive à obtenir cette modification dans la forme du pied.À ce sujet, voici ce que dit le docteur.Morache qui a passé plusieurs années à Pékin : \" ; \u201c La petitesse du pied est le critérium, je ne dirai pas de la beauté, mais de la valeur commerciale d'une femme.\u2018* Le mariage chinois se concluant exclusivement par les parents et sans que le futur mari voie sa fiancée, il ne peut être question d'affection ; de plus, comme dans presque tous les pays d\u2019Asie, la famille de la femme reçoit une somme d'argent proportionnée à la richesse des deux familles.\u2018\u201c Le mariage, à ce titre, devient une affaire ; la femme n\u2019est pas la compagne de l'homme, mais un objet de luxe ou d'utilité, et le soulier de la jeune fille, exhibé devant les parents du mari, est un des arguments © \u201c3 décisifs employés hors de la discussion de ° la somme à payer.\u201d \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 = \u2014 ee UN Erupiant (3d la maitresse d'une pension de Is rue des Allemands).Est-ce que vous ne balayez pas sous mon lit ?.La maîtresse (avec calme).Certainement toujours, monsieur.Je préfère balayer tout sous votre lit qu\u2019à me servir d'un porte-ordure.* # » Le premier de Québec est allé en France pour organiser la section canadienne à l'Exposition de 1889.Nous allons voir célébrer par nos compatriotes le glorieux anniversaire si cher au cœur des Jacobins et des Sans Culottes.L'Etendard va se mettre de la partie et sous peu nous verrons adopter le calendrier républicain.Il changera le nom des mois et nous verrons la feuille monarchique porter des dates de nivôge, pluviôse, ventôse, fructidor, etc, etc LOTERIE NATIONALE Les tirages mensuels ont lieu le troisième mercredi de chaque mois.La valeur des prix qui seront tirés le Mercredi, 15 Février 1888 \u2014 SERA DE \u2014 $60,000.00 COUT DU BILLET Première Série - $1.00 Deuxième Série 25 cts s@-Demandez le catalogue des prix-Ga \u2014 Le Secrétaire, S.E.LEFEBVRE, 19, RUE- SAINT-JACQUES, MONTREAL a ESS J.N.LAMARCHE | ;__ RBLIEUR \u2018 No.17, RUE SAINTE - THERESE Entre les rues St-Vincent et St-Gabriez MONTREAL, Reliure commerciale et de goût exécuté ave soin promptitude, et à prix trés modérés: L'Imprimerie Générale Exécute avec diligence toutes pèces de | 1 4 1 COMMANDES TYPOGRAPHIQUES IMPRESSIONS DE LUXE, : IMPRESSIONS DE CHEMINS DE FER, Lo IMPRESSIONS DE COMMERORE 3 Ero., Ero, Etc.: 3 -L'Imprimerie \u2018Générale Est EN MESURE D'EXECUTER LES COMMANDES'LES PLUS .CONSIDERABLES SOUS.LE PLUS\" + - BREF DELAI, RST - + C6 IH 1 { \u2018PRIX TRES MODERES.IGHARLES BELLEAU,.:., ; 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