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Titre :
Le violon
Hebdomadaire, Le Violon est un journal humoristique illustré qui fait flèche de tout bois à partir des actualités, des travers des personnages publics et des indiscrétions du carnet social.
Éditeur :
  • Montréal: :[s.n.],1886-1888
Contenu spécifique :
samedi 21 janvier 1888
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
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Références

Le violon, 1888-01-21, Collections de BAnQ.

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[" ; ADMINISTRATION ë REDACTION 45 PLAGE JACCUES-CARTIER MONTREAL \u2014 ABONNEMENT UN AN - - 81.00 STRICTEMENT D'AVANCE, JOURNAL QUI FAIT DANSER ANNONCES MESURE AGATD lère INSERTION, 210 Cents Autre\" (8 Conta A LONGS TERMES CONDITIONS SPECIALES LE NUMERO S | DEUX CEN INS VOL.II MONTREAL, SAMEDI, 21.JANVIER 1888 No 18 F.X.LEMIEUX, Communes, Ottawa, Ont 9 4 ; 5 \u201c A1) ; J?PE 3 5 A TÉANN C7 C1 FENTE : e- .° Pie = THA SX PE 22 \u201c 33 Pic AUX ETATS-UNIS.L'Oncuz;Sam;\u2014Envoyez:-fort, Monsieur.Mercier, vous-in'y -êtes-pâs- encore: Essayez enédremune.peut-être y arriverez .vous.:Le-:3k>par -centsest.difficile; à atteindre.fois, LE VIOLON LE VIOLON Paraft tous les samedis.L'abonnement est de 81.00 aux agents seize cents la douzaine.Toutes communications doivent être adressées -QOI IN it: omme sul: LE VIOLON, 45, Place J.l'acques-Cartier, ONTRÉAL.H.BERTHELOT, RÉDACTEUR.MONTREAL, 21 JANVIER 1888 Dernière séance du Cabinet Mercier Avant de partir pour la Georgie, l'honorable M Mercier a convoqué à Montréal .une séance extraordinaire de son cabinet.A cette séance ses collègues devaient recevoir des instructions sur la ligne de conduite qu\u2019on devait tenir pendant son absence.A l\u2019ouverture des procédés le président prit la parole : La Providence a voulu que son homme subit une longue et cruelle soufferte avec une résignation véritablement chrétienne, penglant que les négo ciations de l'emprunt de § 3,500,000 étaient en voie de se terminer favorablement.Nous avons eu affaire à des Juifs et à des ennemis de la foi libérale.Salomon s'est montré pour nous un véritable Shylock.Il est venu à moi avec une balance demandant sa livre de chair.Il a poussé l\u2019éffronterie jusqu\u2019à demander que l'emprunt fut garanti par le gouvernement fé(léral.Vous comprenez, mes bons amis, qu\u2019il n\u2019y eut plus alors moyen de moyenner, Il ne s'agissait plus de 334 par 100, mais de 4%.Ce contretemps m'a causé une révolution de bile et j'ai dû garder la maison pendant plusieurs semaines, Pendant ma maladie, j'ai jonglé à plusieurs plans :pour mon emprunt, mais aujourd\u2019hui il n\u2019y a encore rien de bien départif, McShane.\u2014II me semble que la Provi-dence n\u2019aurait pas di refuser une bonne inspiration à son homme.Mon cher Mercier, tu crois toujours que tu as assez d'atout dans ton jeu pour faire toutes les levées tout seul.Tu ne te confies pas assez souvent aux amis.Avec moi, \u2018tu restes muet comme une -carpe chaque fois que je te parle de l'emprunt.Les reporters de journaux m'\u2019assiégent tous les jours pour en avoir des nouvelles et _je n'ai rien à leur répondre.Ils sont sur le point de croire que je suis un zéro dans d'administration des finances de la province.Mercier.\u2014Assez | assez | Jimmy.: Tu sais - bien que je n\u2019aime pas que mes collègues le prennent sur ce ton là avec moi.Je veux -Que les ordres du premier ministre:soient a respectés, Je\u2018t\u2019ai défendu de me parler de \u2018ça et tu me taquines de nouveau sur ce Sujet.MecShane.\u2014Quoi | qu'est:ce qui arrivera?Je voudrais bien le savoir, Mercier\u2014I\\ arrivera qu'un de ces quatre -mâtins tu te -trouveras- le \u201cbec à l\u2019eau, pas plus de \u2018portefeuille que sur la main.C\u2019est la.vingtième fois que je t'avertis, mon ami.J'aurai mon emprunt quand'bôn me sem- \u201cblérà et.ce n\u2019estipas de tes affaires.Ne me TN ar année, inva- tiablomont payable d'avance.Nous le vendons maladie, | McShane.\u2014Bon | la porte | c'est ce qu je voudrais voir.Tiens, je te gage mille piastres que tu n\u2019es pas capable de me mettre à la porte.Tiens, voici l'argent en cash.Je suis prêt à le déposer.Prends-tu le pari ?Mercier\u2014Oui, je prendrai le pari, mais à mon retour de Géorgie.Rira bien qui rira le dernier.Maintenant, voyons les questions qu\u2019il y a à discuter aujourd\u2019hui, avant mon départ.Gagnon \u2014Que dirons-nous aux amis à propos de la date de la session ?Nous en avions promis une pour l\u2019automne dernier, et les députés grillent de toucher à leur indemnité maintenant que vous l'avez augmentée.Mercier \u2014La session ne peut avoir lieu qu'après que j'aurai effectué mon emprunt.Après avoir passé \u2018les mois les plus froids dans la Géorgie, j'irai emprunter de l'argent en France.Ça prendra du temps, comme vous voyez.Zurcotte.\u2014Mais il y a quelques élections à faire.Devrons-nous attendre votre retour pour nous mettre en campagne ?Mercier.\u2014Ces élections devront être nécessairement faites avant la session, si nous voulons arriver devant les chambres avec une majorité.Vous consulterez mon collègue Beausoleil sur ce sujet.C'est lui qui arrange les finances.C'est lui qui décidera la chose.Shehyn.\u2014Et moi, comme trésorier ?Gagnon.\u2014Toi, comme trésorier, tu n\u2019as rien à faire pour le quart d'heure.Lorsque la session arrivera tu apprendras par cœur un joli petit exposé budgétaire que Langelier va te préparer.Tu peux dormir sur les deux oreilles en attendant.Duhame!\u2014I1ly a devant le conseil exécutif des plaintes de MM.Bazinet, Cardin, Pilon et Goyette.Ces messieurs tiennent mordicus à être nommés ministre de 1'agriculture.Mercier.\u2014Ils peuvent se fouiller.J'ai assez de ministres sans portefeuille, ça va devenir une \u2018\u2018 nuisance.\u2019\u2019 Passons à un: autre sujet.Gagnon \u2014 Notre cabinet n'est pas en aussi bonne odeur qu'on le pense devant le peuple.Il faudra d\u2019une manière ou d\u2019une autre que notre politique reçoive la sanc- des évêques du pays.Mercier\u2014T'y ai songé lorsque j'ai fait envoyer à Rome un magnifique missel comme cadeau pour notre Saint Père à l'occasion de son Jubilé.Je suis tout étonné de n'avoir rien reçu de Rome jusqu'au- jourd\u2019hui.Zurcotte\u2014I\\ faudra donner instruction au secrétaire provincial d'écrire un mot à Rome.Si nous avons quelqu'un pour nous recommander par là-bas, nous recevrons un écrit flatteur que nous interpréterons comme l'approbation du St Siège à la politique libérale.Duhamel.\u2014 Mais quel est l'évêque ou le cardinal qui nous recommandera ?Mercier.\u2014C'est difficile à trouver.Vous devez être assez futés tous ensemble pour trouver quelqu\u2019un.Vous vous occuperez de ça pendant mon absence.Il y a à donner la place de chef de police de Montréal.Vous savez, mes amis, que nous devons toujours conduire le conseil-de-ville, nous y sommes en assez grand nombre.Vous vous rangerez tous de l'opinion de l'échevin Beausoleil.C'est le boss man du parti.Ce qu'il fera, sera bien fait.\\ Duhamel.\u2014Soyez sans.inquiétude sous ce rapport.Nous avons tous l'œil- à cette nomination.Ce qui m\u2019intrigue le plus au- jourd'hui, c\u2019est la candidature libérale dans Hochelaga.Allons-nous forcer la nomination de Madore ?Mercier \u2014Corame de juste.Madore est un pur.Il faut I'¢lire a tout prix.Tiens, je m'aperçois que Jimmy est parti sans me donner la main.Ah! le mauvais garnement: Vous \u2018savez\u2019 qu'il; n\u2019est pis.clair\u2019 de son affaire-de Laprairie.Laissez-Je se dépetrer de la du micux\u2018qu'il pourra, Il.se croit'plus smart que les autres, ch bien qu'il en donne tion du St Siège ou du moins de la majorité | Encore un mot avant de vous quitter.Ne laissez pas Bourgouin trop longtemps à Washington.Les yankees sont capables de lui monter un mauvais coup.Adieu, mes amis.Lorsque je reviendrai, venez à ma rencontre avec la Bande de l'Harmonie.Je ferai en sorte d'arriver le soir pour avoir une procession aux flambeaux.J'aime ça moi, les processions et la bande.\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014tety RD La place de chef de Police.Il y a nombre d\u2019aspirants a la place de chef de police, car un traitement de $3,000 par année n\u2019est pas à dédaigner.Le secrétaire du comité de police nous a communiqué copie de quelques lettres qui lui ont été adressées par les candidats : Montréal, 14 janvier.Messieurs du comité de police, Je crois posséder toutes les qualifications requises pour devenir chef de police.J'ai fait plusieurs campagnes pour le gouvernement local et je puis être chaleureusement recommandé par l'honorable premier ministre.(Signé) CAMPEAU.Montréal, 17 janvier.Messieurs, Si vous me nommez chef de police vous pouvez être certain que jo ferai fermer toutes les hôtelleries et auberges chaque dimanche.(Signé) OSCAR.Montréal, 16 janvier.Messieurs, Les pompes de l'immoralité ont extravasé leur irradiation pernicieuse et corruptrice dans les classetres ouvrières qui s\u2019en drapent comme d\u2019un manteau néfaste.Un chèfre de police dont le bras serait armé du pal- liam de la justice paralyserait l\u2019hydre obscéne du vicetre d\u2019une manière auxiliaire dans notre société.Je me crois subsidiairement qualifié pour ce postre et je vous offre mes services avec toute l\u2019humiliation que .mérite votre comité.(Signé) GALIPEAU.Aux Etats-Unis._ L'\u2019ONCLE SAM.\u2014Envoyez fort, monsieur, encore une fois, peut-être y arriverez vous, Le 3} par cent est difficile À atteindre.\u2014\u2014>-e\u2014\u2014\u2014\u2014 Histoire Ancienne.Marcus Porcius, un ivrogne sans le sou, entra un jour dans l'auberge de Flavius Clemens, sur la voie Ardéatine, pendant la dictature de César, et demanda un verre de whisky.Après avoir rempli sa coupe jusqu\u2019au bord,-il l'avala tout d\u2019un trait, s\u2019essuya le menton, descendit sa veste et offrit une pièce de cinq sous à l'aubergiste.Celui-ci lui remit deux sous en lui disant : \u2014Je vends mon whisky cinq sous le verre, mais lorsque c\u2019est en gros je ne le vends que trois sous.\u2014\u2014e purs Anna et Sophie se sont rencontrées hier dans le salon de madame Bisquanquoin et ont parlé de leur amie Marie-Louise.Anna.\u2014Le mariage que l\u2019on croyait cassé est repris.Son amant dit aujourd\u2019hui qu\u2019elle pue bon.Sophie.\u2014Mais, c'est impossible.Ce qu'il lui reprochait était impardonnable.Anna.\u2014Tout va bien maintenant.Elle achète les parfums les plus délicats, le White Rose, le Jockey Club, le Yang y Lang, chez McGale, 2123 rue Notre-Dame, oi ils se vendent à bien bon marché.\u201cOn trouvera toujours à la pharmacie MeGale les parfums suivants : Kuli-Kuli Violette, Martha Washington, Spanish Jasmina, Florida Breeze, Stéphanatis, et le musc-donc.Après ça tirons l'échelle.x » Un marchaiid en gros de la rue St.:Paul disait hier 4 un de ses amis: Lorsqu\u2019un \u2018client-hésite à me donner une commande, j'aiun moyen assuré: de le décider à acheter.Je l'invite à prendre un verre de vin ou de biére au restaurant Commercial \u2018de Louis Bergevin, No.127 rue McGill, coin.de la Ja préuve lui-même\" malntenanti-qu7il- est Vaais'ietpétrine.| v » qu SZ \u201clsent'infailliblement auxteo cigares sontyde Ia première, Mnaisseurs.\u201d qualité et plais Mercier, voüs n\u2019y êtes pas encore.Essayez tue St, Paul.Toutes.les liqueurs et tous les | COUPS D\u2019ARCHET Les dépêches d'Augusta, Georgie, mandent que de légères secousses de tremblements de terre ont été constatées dans cette ville.Qu\u2019arrivera-t-il à la Georgie, lorsque M.Mercier et ses amis y seront rendus pour y tramer l'emprunt.Ils y vont certainement tout bouleverser, x \u2014Joseph, dit un marchand de gros de la rue St.Paul à son nouveau teneur de | livres, frais émoulu d'un collège commercial et porteur des meilleurs certificats, Joseph, on vient de m'apprendre que vous avez oublié la nouvelle combinaison du coffre-fort et qu\u2019on ne peut plus arriver aux livres.ui, monsieur, j'ai trouvé une combi naison, et je l'ai écrite sur un morceau de papier.\u2014Où est-elle maintenant, cette combinaison ?\u2014Oh ! monsieur, j'ai été très prudent.J'ai enfermé dans le coffre-fort le papier sur lequel je l'avais écrite, Elle est en sûreté, monsieur.Malheureusement, je ne m'en rappelle plus.+ = +* Il a fait tellement froid à Québec la semaine dernière qu\u2019une des sentinelles a trouvé le thermomètre de la mess des officiers enveloppé dans un paillasson et buvant son propre alcohol pour entretenir sa circulation.+ * %* Toujours à propos du froid.\u2014Chez moi, disait une dame de Saint- Roch, il fait tellement froid dans ma cuisine que je suis obligée de mettre des gants pour pouvoir laver ma vaisselle.PA En cour criminelle.Le Grefier \u2014Eh bien, messieurs du jury, êtes-vous d'accord sur un verdict ?Le Président \u2014Oui, nous sommes d'accord.Le Grefier.\u2014Que dites-vous ?trouvez- vous le primonnier à la barre coupable ou non coupable ?: Le Président.\u2014Qui.Le Grefer.\u2014 Oui ! Quoi ?Le Président \u2014Nous trouvons le prisonnier à la barre coupable ou non coupable.Le Grefer\u2014 Mais, messieurs, il faut vous expliquer.Le Président \u2014Corame de raison.Vous savez, nous sommes six pour le trouver coupable, et six pour le trouver non coupable, Ainsi nous sommes d'accord là-dessus.Vous pouvez nous décharger maintenant.x Scène sur la rue Notre-Dame.Une femme fait signe à l\u2019automédon d'un char urbain de s'arrêter.Le conducteur s'adresse à la femme., \u2014 Voulez-vous embarquer, madame ?\u2014Est-ce que ce char-là traverse la rue Albert.\u2014Non, mais il passe deux blocs en avant.Embarquez-vous ?\u2014Vous dites deux blocs en avant ?\u2014Oui, madame, \u2014Est-ce que vous ne passez pas plus près que ça ?.\u2014Non, madame, à moins d'arracher le track.Les passagers en dedans commencent à s\u2019impatienter, madame.\u2014J'entrerai dans votre char quand il me plaira.Vous ne me forcerez pas, entendez- vous ?Combien me faudra-t-il de temps pour arriver à la rue Dominion ?\u2014Environ une demi-heure, ça dépend des rencontres.Allons, vous décidez-vous.\u2014Je vous rapporterai au bureau, monsieur.Tenez, voici un autre char qui arrive en arrière de vous.Je crois que je vais le prendre, il n\u2019y a pas la moitié du monde que vous avéz dans celui-ci.wa Dans un magasin de lampes de la rue St Laurent.Le Marchand \u2014Oui, monsieur, je vous garantis qu'une de ces lampes vous écono- : inisera cinquante pour cent d'huile pendant une année, Le client.\u2014Alors donnez m\u2019en deux.C'est aussi bien sauver 100 pour -100 pendant que j'y suis.ws .Dans un magasin\u2019de bijouterie.°° UNE DAME (au commis) Je voudrais voir quelque chose de convenable pour des étrennes à mon mari.LE COMMIS.\u2014Oui, madame.Je suppose que \u2018vous désirez quelque chose à'boñ \u2018 marché.Le jeu: de bluff à Québec; 2 CA cux'sporés:sont devait Une,täbléfchaude n por asség'riche.Gol A wu ~ vo. * tre as aussi.perdre cette habitude en recourant au remè- =\u2014Bon, je m'y tiens.Montrez votre jeu.\u2014 Quatre as.a \u2014Quelle est votre autre carte ?J'ai qua- x \u2014Eh bien, est-ce que ton mari boit encore ?\u2014Oui, maman, et cela me rend bien malheureuse.\u2014 Est-ce que tu n'a pasessayé de lui faire de que je t'ai enseigné ?\u2014Oui- \u2014Est-ce que tu as mis du whiskey dans son café ?\u2014Oui.\u2014Qu'est-ce qu'il a dit ?\u2014JI a dit que j'étais la seule femme qu\u2019il avait vue depuis la mort de sa mère, qui sut comment préparer le café comme il devait l'être.mm rer Les victimes de la publicité Voir son nom dans le journal ! on ne saura \u2018jamais au juste, par ce temps de vaine gloire et de notoriété quand même, le nombre de ceux qui ont enfourché ce dada.Bien des gens ont tout compromis, avenir et présent, pour avoir le droit de se dire : demain en dépliant la feuille quotidienne qu\u2019ils honorent de leur confiance, trente-six mille regards vont être frappés par les deux ou trois syllabes qui représentent mon individualité.Ces toqués de la publicité ne demandent pas comment leur nom en arrivera là, l'essentiel est qu'il y arrive.Les uns rêvent de l'écrire au bas d'un article, ce sont les plus ambitieux, d'autres se contentent de l'employer à signer une rectification à propos de la première chose venue ; sur une stalle qu'on leur a prise au spectacle ou sur la lenteur du service au bouillon Duval.Le plus grand nombre va trouver les journalistes de profession en les priant de leur accorder une mention quelconque même désagréable.Un infortuné de lettres avait fait imprimer à frais énormes et à quarante-cinq mille exemplaires un affreux vaudeville éconduit partout.Un chroniqueur aimant à rire crut devoir en toucher deux phrases dont la plus polie était celle-ci : \u2018\u2018 L'auteur devrait être nommé président de la société du doigt dans l'œil.\u201d Jl s'attendait à une demande en réparation, il requl une lettre ainsi congue : *\u2018 Vous avez bien voulu vous occuper de moi dans votre spirituel feuilleton : merci, monsieur, au nom de la jeunesse tout entière que vous encouragez si généreusement en ma personne.\u201d L'exemple de cette course à la publicité, qui a fini par donner des inquiétudes dans toutes les jambes, avait monté au cerveau d\u2019un de mes amis de collège, lequel répondait au nom invraisemblable de Léonard Gibassier.Gibassier avait caressé toutes les chimères.Dès la classe de troisième, seconde division, il lançait sur les revues tant bimensuelles qu\u2019hebdomadaires des escadrons d'Alexandrins, et ses dimanches de sortie se * consumaient dans tous les cafés où il feuilletait l\u2019un après l\u2019autre les recueils susceptible d\u2019enserrer ses élucubrations.Apollon, probablement jaloux, ne lui permit pas le bonheur de se voir imprimer tout \u201cif, Il tint bon jusqu\u2019au quarante-quatrième dimanche inclusivement.Au quarante-cinquième il commença à douter de sa vocation de poète et résolut de chercher ailleurs les moyens de faire parler de lui.Étant en philosophie, il avait eu un prix de physique peu amusante.Ses études à peine achevées, il adressa à l\u2019Académie des sciences un mémoire de cent soixante-dix pages d'impression, caractères compacts, sur la direction des ballons.Pendant six mois, montre en main, il suivit les séances de l\u2019Institut avec une exactitude qui dut faire honte à nombre d'académiciens.Malheureusement, ces messieurs avaient bien d'autres mémoires à fouetter.Il eut beau éplucher consciencieusement tous les journaux industriels, il n\u2019eut pas même la consolation de savoir dans quel panier on avait jeté son beau travail.Son nom continuait à rester dans l\u2019ombre.\u2014Ah ! se disait-il dans ces accès de grandeur, contempler ce mot : Gibassier écrit quelque part, n'importe où, en lettres mobiles et fulgurantes, en analyser chaque plein, en détailler chaque délié.Si jamais cette joie m'arrive, je puurrai dire à Dieu : Prenez ma vie ! Un jour qu'il passait sur le Pont-des- Arts, en tuurmurant cette prière qu\u2019il murmurait tous les jours du reste, il vit une grande foule courir précipitamment vers le quai, Un gamin en conduisant son \u2018cheval à l'abreuvoir, avait perdu pied.Il-allait périr par immersion.« \u2014Célte occasion:de me rendre célébre ne se\u2018iélrodvéra*jainais, se'dit* Gibassier, t| A UN CADEAU A DOUBLE DETENTE CHARLES THIBAULT.\u2014On m'\u2019a fait cadeau d'uue magnifique corne à soulicr, Je vais m'en servir cet hiver comme d'une traine sauvage.il se précipita la tête la première dans les draps humides de la Seine.Îl eut le bonheur d'atteindre l\u2019enfant et de le ramener sain et sauf sur la berge.Conduit en triomphe au poste le plus voisin, le sauveteur s\u2019empressa d'y laisser son nom, prénom et demeure exacte afin qu\u2019ils fussent recueillis par qui de droit.Le lendemain,depuis la Patrie, journal du soir, jusqu\u2019au Constitutionnel, journal du matin, en comprenant l'Univers qui n\u2019est ni du matin ni du soir, tous y passèrent.Autre déception.Le lyrisme d'un rédacteur avait dénaturé les faits, et les autres ayant copié sur lui comme cela se pratique généralement, voici le seul et Unique article que lui valut sa belle action : \u201c Un jeune ouvrier qui se noyait a été retiré hier ce la Seine par un monsieur élégamment mis, qui a plongé courageusement.L'inconnu, malgré les pressantes sollicitations des spectateurs, s\u2019est dérobé promptement en refusant obstinément de dire son nom.\u201c De tels faits n\u2019ont pas besoin de commentaires.\u2019\u2019 Gibassier écrivit, rectifia, réclama, mais à Paris un sauvetage pousse l'autre.Le sieu était déjà avantageusement remplacé quand sa protestation arriva.\u2018Elle tomba dans l\u2019eau et personne n'\u2019alla l\u2019y chercher.\u2014Je n'en aurai pas le dementi, s\u2019écria- t-il, mon nom sera dans le journal ou il dira pourquoi.Il étudia toutes les combinaisons au moyen desquelles il devait arriver à ce résultat, mais tout compte fait il n'en trouva qu\u2019une, ce fut de se marier.Ne pouvant espérer de resplendir à la première page, il se contentait d'être mentionné à la quatrième entre les annonces de dentiste et l'inscription des décès.Le hasard voulut que le mois de la publication de ses bans fut encombré de mariages du plus grand monde.Le faubourg Saint- Germain et la Chaussée-d\u2019Antin se dispu- térent si bien l'attention publique que le rédacteur ad hoc ne jugea pas à propos de mêler à tant de titres et d\u2019armoiries la roture de l\u2019ambitieux conjoint.Gibassier dut se contenter de la publicité du grillage.; À peine marié, il s'aperçut qu\u2019on ne choisit pas impunément une épouse az hasard de la fourchette.Il déroula grain par grain tout le chapelet des misères conjugales, jusqu'au jour néfaste où il put se convaincre qu'il faisait partie du répertoire de Molière.Peut-être aurait-il dû se taire : il préféra parler.\u2018 \u2014Tout, dit-il, plutôt que ce silence de mort qui menace de durer éternellement.Puisque je n'ai pas d'autre ressource pour me faire connaître, usons de celle.que la Providence a la mauvaise grâce de m ac corder.Il plaida en séparation, et comme la cause regorgeait d'éléments comiques, nul doute que la victime n'atteignit lesextrêmes limites de la célébrité.Par bonheur ou par malheur, un parent susceptible alla se jeter aux pieds de tous les rédacteurs en chef connus, en les conjurant de remplacer Gi- \u2018bassier par le monsieur X;.traditionnel.Le coup était encore manqué.On rit-beau- coup \u201cdes circonstances de la séparation, mais\u2018on-ignoraïquels étalent'les séparés.Si l'honneur du mari était sauvé, sa rage de notoriété n\u2019était pas satisfaite.Ces diverses et malheureuses tentatives ne le dé godtérent pas d'une quantité d'autres qui, tout aussi diverses, ne furent pas moins malheureuses.La dernière l'acheva.Plus aiguillonné qu'abattu, il avait fini par enfouir toute sa pelite aisance dans une société de conservation de viandes dont il comptait bien devenir la raison sociale.Aprés l'absorption totale de ses derniers centimes, le conseil d'administration décida dans une réunion spéciale que l'affaire se ferait sous le nom et la haute main du gérant qui, à quelques jours de là, fit un trou à la lune et passa a travers en compagnie de la grenouille.Ruiné, sans famille, revenu de tout, même de la gloire où il n\u2019était pas allé, Léonard Gibassier prit le suprême parti de s'engager Il s'habillaic déjà pour aller se déshabiller sous la toise, lorsqu'un ami officieux vint l'avertir que la veille, à un cafe qu'il lui désigna, un petit fat s'était permis des propos au moins légers sur sa séparation et les causes qui l'avaient amenée, il croyait devoir l'en prévenir, lui mari, afin qu\u2019il pût agir en conséquence.\u2014Un duel ! se dit Gibassier, c'est le ciel qui me l'envoie.Pour le coup, si les journaux restent muets, C\u2019est qu\u2019ils y mettront de la bonne volonté.Le soir même le jeune impertinent était provoqué coran populo, et le lendemain deux épées se Croisaient sous les ombrages du bois de Vincennes Gibassier, par malheur, ne connaissait guère d'autre arme que celle du ridicule.À la première passe, il se fendit comme un compas et se releva de même.Ii avait dans l\u2019épigasire sept pouces d'acier et des fractions.On le ramena chez lui dans un état voisin de celui du pierrot de Gerôme.En passant devant la loge de son concierge, il lui jeta ces mots d\u2019une voix éteinte : .Demain matin vous me montrerez le Constitutionnel.Le lendemain l\u2019honnête portier se hâta d'aller quérir la feuille demandée ; il prit la précaution de s'assurer par avance qu'el.e contenait le récit détaillé de la rencontre avec les noms des adversaires en toutes lettres.Il monta les escaliers quatre À quatre, mais en entrant dans la chambre du blessé, il vit la garde-malade qui faisait ses paquets.Gibassier était mort dans la nuit.\u2014\u2014\u2014 res Les cartes a jouer.Savez-vous à combien se montent les droits perçus, dans leur.ensemble, sur ces petits morceaux de carton.qu\u2019on appelle les cartes à jouer.A 2,500,000 francs par an.Voila un chiffre qui montre que la ferme- tire de bon nombre de cercles n\u2019a pas fait diminuer de beaucoup le goût du jeu.Quelles sommes fantastiques d'argent sont jetées sur le tapis vert, gagnèes ou perdues, représentent dit le X/Xe Siècle, ces 2,500, ooo francs dus à la\u2018seule acquisition \u2018* des outils\u2019 du jeu ?: Il y a quelque temps, un joueur qui eut un moment de:célébrité: parisienne, M.Au- \u2018dibért}*disait{qu'il'avait écaléulé\u2018que* le/pro- > duit de la cagnotte, dans les cercles, s\u2019élevait au moins À cinquante mille francs par jour.Les moralistes ont là une belle matière à développer : il n\u2019est que trop prouvé seulement, que les moralistes n'ont jamais servi à grand'chose.Ou connaît le mot, profondément humain, d'un ami d\u2019Arago, possédé du démon du jeu auquel l'illustre savant adressait de paternelles remontrances.évaluant ce que cet incorrigible avait déjà dû engloutir d'une façon si juste, que le joueur en fut stupéfait, \u2014Bah ! dit-il au bout d\u2019un moment, que voulez-vous ?Je crois que je continue- tais à jouer, même si j'étais assuré de tou- juurs perdre ! Avec de pareilles réponses, il n'y a guère de grands resultats à attendre des considérations les plus sages et des conseils les plus sensés ! Quelle irrésistible attirance exercent les cartes ?Il y avuit,ily a cinq ou six ans, un collectionneur qui vivait heureux, en philosophe et en raffiné, au milieu des petits Uésors qu'il avait patiemment dévichés.Il s\u2019occupait de réunir avec passion toutes les épaves de la période révolutionnaire, qui a tant de fidéles, aujourd'hui, parmi les curieux.Il suivait les ventes, explorait les boutiques de brocanteurs, employait toutes les ruses consacrées pour la possession de quelque bihelot * du temps,\u201d une cocarde avec inscription ou un bouton d'habit \u201c à la guillotine.\u201d Un jour, le hasard lui fit trouver un intéressant jeu de cartes, dans le genre de ceux que dessina Gatteaux et où les valets étaient remplacés par des \u2018 républicains\u201d et les reines par des \u2018\u2018vertus.\u201d Dès lors, ce genre de collection devint sa marotte.Il eut tous les types de cartes, depuis ceux de David jusqu'à ceux Qu'avaient produits des artistes naïfs pour le commerce à bon marché, les jeux qui offrent comme figures des vendangeurs et bücherons, des soldats armés de piques, des heros ou des batailles, Et voici que, à force de vivre avec les cartes, même les cartes historiques, une furieuse démangeaison du jeu lui vint tout à coup ; on eût dit que ces trèfles et ces vœurs lui avaient parlé à l'oreille, lui avaient chanté la chauson de l'or et conté leurs fantastiques aventures au temps où, chez Perrin, au Palais-Royal, Junot allait jouer pour Bonaparte, qui lui avait audacieusement remis toutes ses ressour- Ces, et gagner au général les moyens de prendre son commandement de l'armée d'Italie.Hé | oui, elles devraient avoir un langage, ces perfides cartes qui ne l\u2019intéres- sarent d'abord que par leurs capricieux desseins lL.Bref, cet homme de goût, qui n'avait connu jusque-là que les éinotions du chercheur, se mit à courir les cercles.Il a cu des fortunes très diverses, pris de plus en plus par sa passion nouvelle, Les gens qui connaissent leur Paris reconnaîtront, i ces souvenirs, uue des physionomies les plus connues du monde des grands joueurs, de ceux qui savent aussi galamment perdre que gaguer., \u2014\u2014\u2014\u2014 X., abordé par un de ses créanciers, lui répond fraidement : \u2014Mon cher, je vous payerai avec le temps.\u2014Mais enfin.\u2014Et comme le temps c\u2019est de l'argent, plus vous attendrez, plus vous serez sûr de votre affaire.8 Toto va à l\u2019école, et il en est très fier.\u2014A la dernière composition, dit-il, j'ai eu une trés bonne place, j'étais près du poêle ! ts La Bibliothèque à Cing Cents voit chaque jour son succès s\u2019affermir.D'où lui vient de parcourir au hasard un des numéros hebdomadaires de cette intéressante publication, et l\u2019on se rendra immédiatement compte du choix éclairé, de l'attention scrupuleuse qui président à sa composition.Les sujets les plus variés dans le Roman, la Littérature, l'Histoire, les Voyages, les, Scènes du Désert ou de la Vie Indienne, sont tour à tour développés avec l\u2019attrait puissant des poignantes émotions que font\u2019 naître les grands spectacles de la nature; et l\u2019analyse des sentiments les plus \u2018tendres et les plus délicats du cœur humain.a A ces divers titres, La Bibliothèque à Cing Cents a sa place marquée d'avance à tous les foyers, où elle fera les déliées du fille.7 : : à Prix d'abonnement un an, $2.50\"; six mois.$f-251iS'ailresser à: Pôirier;Besseite .24 - \"RE: ei & Cie, 15 4otRüe Notre-Dame; \u2018Môïitréal: cette favéur particulière du public?M suffit - vieillard aussi bien que \u2018celles de, la jeûne xe.LE VIOLON peat TT Ear FEUILLETON DU \u2018\u2018 VIOLON.\u201d LA REPONSE.Les sloops de péche étaient tous partis du Tréport le matin par un bon vent.Le temps étant très clair, on les voyait au loin, rangée le long dela ligne de l'horizon, entre les falaises de Criel et la pointe de Cayeux.Et là- bas.ils semblaient pius tranquille que lorsqu'ils étaient sortis du port.Des femmes de matevlots, des enfants, des anciens se tenaient encore sur la jetée, où ils étaient venus, tirant les bateaux pour les empêcher de se heurter au brise-lam+s Et tous étaient contents ; car, avec un temps pareil, la pêche seruit bonne.La mer était admirablement bleue ; mais, très secouée par le vent, elle brisait, et des vagues bordés d\u2019écume blanche la sillonnaient, courant très vite vers la terre L'atrmosphère était d\u2019une surprenante limpidité et, avec une lunette, on pouvait distinguer des arbres derrière la côte de Cayeux.\u2014Tu le vois encore, maman ?dit un gamin de huit ans qui avait manqué l\u2019école pour voir partir son père.Sa mère avait une lunette, un luxe que ses voisines lui enviaient ; mais comme elle était bonne, elle la prétait à toutes celles qui voulaient suivre la marche du bateau qui avait emporté maris, frères, enfants.Par ces temps clairs si elles ne distinguaient plus les hommes, elles parvenaient à lire le nuinéro inscrit en gros chiffres sur Ja grande voile.Mme Fournier éleva son fils dans ses bras, plaça la lunette devant ses yeux ; et le gamin prononça : \u2014T.672.On jette le chalut.Il serait resté longtemps là à contempler le sloop de son père qui diminuait de plus en plus ; mais sa mère l\u2019emmena.Il fallait rentrer à la maison pour travailler.Ils longèrent le port, qui avait perdu son animation avec ses quarante bateaux de pêche, il n\u2019y avait plus que quelques canots, qui attendaient que la mer fût moins haute et moins rude peur sortir, et, de l'autre côté, une demi-douzaine de navires de commerce, déchargeant du charbon ou embarquant des phosphates.Mme Fournier s'arrêta machinalement au milieu du quaiet regarda un beau trois-mats anglais, qui venait toutes les semaines pour le service des charbons, le Whitehead.Un matelot anglais, qui se promenait sur le pont, Yapercut et la salua.Alors, elle détourna la téte et regugna précipitamment la rue de la Falaise, où était située sa maison.Deux heures après, les habitants de la rue de la Falaise furent très surpris de voir M.Fournier, le patron du lougre de péche T 672, rentrer d'un air furieux à son logis.Il n\u2019eut pas le temps de pénétrer chez lui ; les voisins accouraient pour lui demander le motif de ce retour subit.«Le motif ?Toujours le même, hélas ! Cette façon de quitter le port, toutes amen per Ps \u2019 7 encore mouillée d'encre.C'étaient la plume et l\u2019encrier du petit ! Mais, comme le petit n\u2019écrivait jamais dans la journée, il en conclut que sa femme avait dû écrire.Presque aussitôt, il vit une lettre jetée dans un vase bleu, sur la cheminée, et, sans songer qu'il y eût là de l'indiscrétion, il ia lat : \u201c Madame Fournier, je vous aime, voyez-vous, plus que je ne puis vous le dire.Je vous en supplie, fixez-moi un rendez-yous.Vous êtes libre.Votre mari est parti.\u201c HARRY Evans.\u201d \u2014Tonnerre ! hurla le patron Fournier, Harry Evans ! .I le connaissait bien, ce joli matelot anglais du Whitehead qui avait déjà commis des ravages dans le Tréport.Un grand, aussi grand que lui, blond, frisé, avec une peau de fille qui -Tésistait au hale de la mer, et des yeux bleus, très doux.Il se leva, pour cou- \u2018rir au quai d'embarquement et assommer le matelot anglais ; mais il entendit sa femme qui revenait.Elle avait Tépondu, évidemment, à cette inso- {lente lettre, et elle allait lui dire ce qu'elle avait répondu.Il l\u2019écoutait toujours ; car il ne se contentait pas i de l'aimer, il l'estimait.\u2014Je reviens vite, dit-elle en entrant, j'ai su l\u2019avarie, en faisant mon marché.| Elle rapportait des provisions.Tandis qu'elle les déposait sur la table, il eut le temps de replacer la lettre dans le vase.Et il attendit la confi- ence.: Mme Fournier continua de vaquer aux soins de son ménage.Il la contemplait et la trouvait toujours jeune, brune et hâlée comme lui, presque aussi grande, coquettement campée sur ses sabots pointus, la taille encore fine.Elle avait un jupon neuf de drap rouge et un élégant gilet gris; au cou elle portait une broche qu\u2019il lui avait donnée pour sa fête et anx oreilles, les longues boucles d'or | ciselées, son cadeau de fiançailles.De temps en temps, elle le regardait et souriait ; elle n\u2019était pas étonnée de lle voir sombre, après cette avarie.Elle n\u2019en disait rien, parce que, depuis longtemps, elle avait fait ses recommandations à son mari à ce sujet; et c'était le seul sur lequel il fût intraitable.Son père avait navigué ainsi, \u2018et il naviguerait toujours ainsi.\u2014Et toi, femme, tu n\u2019as rien de nouveau à me dire ?\u2014Rien, mon brave homme.! Il ent une terrible contraction dans le visage ; sa femme, pensant que c'\u2019était le chagrin de son avarie, l\u2019embrassa tendrement.Il la serra contre lui avec Une force inouïie.Jamais, même | dans les plus rudes tempêtes, il n'avait souffert à ce point.Le doute, tombant dans cette âme simple et loyale, y faisait un effrayant ravage.\u2014Âllons, adieu.Je vais au port.Nous partirons à l\u2019autre marée, si l\u2019a- Varie est réparée.Adieu.Elle l'accompagna jusqu'au bout de |la rue et lui dit adieu avec un regard si franc qu'il se demanda s'il était Dieu possible qu'une telle femme mentit.| re er : barquant;il-apprit-que le Whitehead avait aombré en vue des côtes de Spithead et que tous les hommes de l\u2019équipage étaient perdus.Harry Evans était donc mort.8a femme seule connaissait la vérité, il n\u2019oserait pas l'interroger, il.ne saurait donc jamais la vérité.Il doutérait toujours.Dès lors, tout le monde remarqua, dans le Tréport, que le patron Fournier était devenu taciturne ; on en demandait la raison à sa femme, elle répondait évasivement qu\u2019elle ne savait rien.La tristesse de son mari la rendait très malheureuse.Elle se faisait pius douce que jamais, tendre,essaynit de prévenir ses désirs ; mais il n\u2019avait plus de désirs.D'ailleurs, il ne se plaignait jamais.Ses matelots le trouvaient plus rude qu\u2019autrefois, plus avide.Sonvent, il revenait au Tréport le dimanche matin et repartait le soir, sans une nuit de repos.Mais, une semaine, il revint le mardi.Et le bruit se répandit que le chalut du Saint-Laurent avait ramené un noyé.Alors, suivant le touchant usage de cette partie de lu côte, le patron Fournier avait ordonné de rentrer au port, perdant sa pêche, afin de donner une sépulture au mort.En ce moment, accompagné de deux de ses matelots, il faisait sa dé claration au commissaire de l\u2019inscription maritime ; et celui-ci rédigeait le procès-verbal de la sinistre trouvaille : \u2018* Un noyé, recueilli par le Sairt-Lau- rent à quinze milles sud-sud-est de Spithead, la tête ayant à peu près disparu, les mains en lambeaux.Mesurant 1 m.75 de hauteur, ayant une chemise de molleton bleu, un panta- reaux.Aucun papier, aucune marque pouvant servir à établir l'identité.On suppose, sans en avoir d\u2019ailleurs d\u2019autres indices, par le lieu du naufrage, que ce malheureux appartenait à l\u2019équipage du Whitehead.\" Le lendemain, de bonne heure, un cortège de deuil traversait la ville et montait à l\u2019église.C'était celui du matelot inconnu trouvé par le Saint-Lau- rent.Derrière le cercueil marchaient tous les matelots du Saint-Laurent, le patron en tête, et, derrière les hommes, les femmes ou les mères-des matelots.Hommes et femmes, tous en deuil.La cérémonie religieuse fat courte, mais respectueusement suivie.Et le mort inconnu fut conduitau cimetière par la grande famille des matelots du Tréport, qui sait s'honorer en honorant les dépouilles des autres.\u2014Préparez-vous, dit le patron Fournier à ses hommes ; nous partirons à la marée.\u201c Lui et sa femme restèrent au cimetière pendant qu'on emplissait la fosse.Fournier entraîna sa femme sur la col- Il voulait parler sans témoins, de prier ?: Eile tressaillit et serra la main de son mari.Jamais elle ne l\u2019avait vu si solennel: ' : \u2014L'homme que nous venons d'en- lon de drap gris, un mouchoir à car-| line, un peu au-dessus du cimetière.\u2014Femme, sais-tu pour qui tu-viens|: __.; .Co - | Rellure commerciale et de goût exéonté ave.sois > Depuis ceite époque, le.pation\u2019 Fournier a repris ne saur ; sa gaielé ; mais rien } ait \u2019empécher de sortif toulls voiles'dékiors.: or PIERRE SALES.\u2014\u2014\u2014 Les mariages d\u2019aujouid\u2019hui.Un jeune homme à l'objet de\u2018sa-fläfñvme : \u2014Je vous aime, je veux vous épouser mademoiselle | \u2014 M'épouser ! En avez-vous seulement parlé à mes parents ?\u2019 \u2014IIs vjennent justement de me donner voire.consentement.ax Dans Broadway : \u2014On dirait que vousavez peine à marcher.\u2014Oui mes maudits rhumatismes.tant j'ai fait une saison aux eaux.\u2014Fallait pas.Jamais les eaux pour les - Pourrhumatismes, puisque c\u2019est l'humidité qui les donne ! * a En omnibus.La voiture est au complet.Un monsieur d'une trentaine d'années tient sa petite fille sur ses genoux ; la voiture s'arrête pour laisser monter une fort jolie femme.Celle-ci constate que l\u2019omnibusest complet-et va redescendre, lorsque la petite fille crie : \u2014Papa, je resterai debout, donne ma place à la dame ! TO Lorerie NATionALE Les tirages mensuels ont lieu le troisième mercredi de chaque mois.La valeur des prix qui seront tirés le Mercredi, 18 Janvier 1888 \u2014 SERA DE \u2014 $60,000.00 COUT DU BILLET Première Série - - $1.00 Deuxième Nérie 25 et s&-Demandez le catalogue des prix-@s Ds Le Secrétaire, S.E.LEFEBVRE, 19, RUE SAINT-JACQUES, MONTREAL qe J.N.LAMARCHE RELIBUR : No.17, RUE SAINTE.- THERES Enére les rues St- Vincent et St-Gabriel MONTREAL, promptitude.et à prix trés modérés, L'Imprimerie Générale terrer était Harry Evans.Tiens! ° : Mme Fournier pâlit.Son mari lui tendait un\u2019 papier sali.+ 7 TL de.toi.Ma pu.voiles dehors, quel que soit le temps,! Il allait se diriger vers le Whiteest'bien connue lo long de la cote head, quand un de ses matelots 'aper- sous le nom de \u201c navigation du Tré- çut et vint le chercher.Forcé de re- \u2018port \u201d.Une cranerie dont rien'ne sau- venir a son batean, il ent le temps de .Exécute avec diligence toutels enpèces de \u201cCOMMANDES TYPOGRAPHIQUES \u2014Femme, j'ai douté raitidéshabituer les marins du Tré- réfléchir.Un accès de colère, une ba- port, et qui souvent est cause d\u2019ava- taille, cela ne prouverait rien, ct il Ties, ce qui était arrivé au Sainl-Lau- ne saurait jamais la vraie vérité.sent T 672 : il avait eu sa voile de| Il surveilla donc froidement les tra- flèche et son petit foc brisée ; il avait vaux de réparation qui.marchaient.fallu regagner le port an .plus vite, rapidement.A deux heures, sa fem- nition est de m'en accuser.J'avais lu la lettre qu'il osa t'écrire.Et.j'étais bien malheureux.L'autre nuit, quaud qui'\u2018l\u2019ai' fouillé.Je ne pouvais pas on a trouvé ce noyé, c'est moi seul| montrer aux'autres, ni an commissai- |.IMPRESSIONS DE LUXE, IMPRESSIONS: DE CHEMINS DE FER, Lo : : LT 220 \u201cIMPRESSIONS.DR \u2018COM Erc., Ero,, Ero.Se rn 2D way, Ba BL ESS age : A aus 5 Bt re, le seul: se à al CtAt et lai fg CE Ch NE Se 5 ,pour réparer l'avarie.: On était\u2019 déjà me lui-porta son repas; à cinq: heu- |T2» le seul papier qui portat sur lu, | -TSTrmnrimerie Gén fa Fon-urain; oo ©\" |res, son fils vint\u2019 Fembrasser.Et la {dans une poche de toile cirée, lean a| = Im primerie xénérale, [ at FREER = Etlui, le-patron, une fois son monde nuit, il\u2018reprit la mer, après avoir va\u2019 à l'ouvrage, il était venwembrassersa le Whitehead quitter le Tréport pour femme, parce qu'il I'aimait bien.{P Angleterre.Seulement, les hommes .-.\u2014Ta femme 2 Elle est sortie, mais du Saint-Laurent dirent; Co -elle-a dit-qu'elle
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