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Titre :
Le violon
Hebdomadaire, Le Violon est un journal humoristique illustré qui fait flèche de tout bois à partir des actualités, des travers des personnages publics et des indiscrétions du carnet social.
Éditeur :
  • Montréal: :[s.n.],1886-1888
Contenu spécifique :
samedi 7 janvier 1888
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
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Références

Le violon, 1888-01-07, Collections de BAnQ.

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[" ADMINISTRATION REDACTION aS BLAGE JACQUES-CARTIER MONTREAL \u2019 STRICTEMENT D'AVANEZ, VOL.II | REVUE VE MIE BAI LOA JOURNAL QUI FAIT DANSER MONTREAL, SAMEDI, 7 JANVIER 1888 F.X.LEMIEUX, Communes, Ottawa, Ont ANNONCES MESURE AGATE lére INSERTION, 210 Conte Autre ¥ '6 Cents A LONGS TERMES CONDITIONS SPECIALES LE NUMERO DEUX CEN1INS No 16 Pringlaonc .se, + A QUEBEC Mrrcrer\u2014Regardez-bien, M.Salomon, vous allez voir qu'il est encore vivant.SALOMON==Il-n°y parait pas-du tout.GAGNON\u2014Gespauvre Shehynsfait-tout'son;possible ;pour Télectriser, mais il ne bouge plus. LE VIOLON Paraîit tous les samedis.L'abonnement est de $1.00 siablement payable d'avance.aux agents seize cents la douzaine.© Toutes communications doivent être adressées uit : somme 8 LE VIOLON, 48, Place J \u2018acques-Cartier, ONTRÉAL.H, Bumemauoe, RÉDACTEUR.\u2014 MONTREAL, 7 JANVIER 1888 Une séauce du cabinet Mercier Le conseil est réuni à Québec.Tous les ministres sont présents.L'anxiété est peinte sur toutes les figures.Tous les regards sont tournés vers le chef du cabinet qui semble plongé dans une rêverie morose pendant que le secrétaire donne lecture de cinq ou six cents lettres de bons libéraux demandant des places dans les départements.Après la lecture de ces requêtes il règne dans la salle un silence des plus pénibles.Tout à coup l'honorable M.McShane se trémousse sur son fauteuil, se lève comme s\u2019il était poussé par un ressort à boudin et laisse tomber avec fracas la pomme de sa main sur la table des délibérations.Se tournant vers le président de l'assemblée : M.MeShane.\u2014Je n'ai pas besoin de vous le répéter, tout le monde le sait, on m'appelle ¢ Honest Jimmy\u201d and dont you forget it.Je n'ai pas de portes par derrière et je n'ai pas peur de prendre le bœuf par les cornes et l'homme par les paroles.Quand les paroles sont dites, l\u2019eau Dénite est faite.L'été dernier, monsieur Mercier, vous avez crié sur les toits qne nous aurions infailliblement une session durant l'automne.L'automne est passé et pas plus de session que sur la main.Moi, j'ai fait la même promesse à mes amis, et aujourd'hui je me trouve énormement embêté.Je veux savoir aujourd'hui quand est-cé que nous sommes pour avoir cette fameuse session, M.Mercier.\u2014Pas si vite, Jimmy, vous vous emportez comme une soupe au lait à propos de rien.Réfléchissez avant de me poser de pareilles questions.Voyons, y a-t-il moyen, mes amis, de convoquer le parlement avant d'avoir effectué l\u2019emprunt.L\u2019emprunt, c\u2019est la pièce de résistance de notre prochain menu.M.Turcotte.\u2014C'\u2019est un détail qui est réglé il y a longtemps.M.Shehyn.\u2014Corament, un détail réglé ?Ne savez-vous que je n'avance pas plus dans l'emprunt qu'un charretier de grosse voiture pris à l'heure ?M.Duhamel,\u2014 C'est très malheureux.Que va dire le peuple ?Aussi pourquoi notre chef a-t-il déclaré publiquement dans la salle Cavalo que l'emprunt était effectué ?Sur quelle herbe avait-il pilé ce jour-là, Les amis pourraient croire qu\u2019il avait mangé \u2018de l'ours lorsqu\u2019il avait parlé de l'emprunt.M.Mercier, \u2014Prenez patience, mes amis, _ vous savez que Rome n'a pas été bâtie en un jour.Il ne faut pas aller plus vite que le violon.L'emprunt se fera quelqu'un de ces bons jours, mais il ne faut pas prendre le beurre à poignée, ,[ .\u201cJ'ai envoyé defnièrement à New-York un ar année, inva- ous le vendons | de mes amis pour s'entendre avec le juif Solomon.Solomon est dur à la détente comme tous ses congénères et je crois qu'il nous sera impossible - de faire des affaires dans sa ** paun-shop.\u201d\u2019 Faudra chercher ailleurs.Du moment que j'aurai repris un peu de forces, je me ferai aller jusqu\u2019à ce que j'aie obtenu l'emprunt à trois et demi pour cent.M.Shehyn.\u2014Moi, je me connais en finances, je n\u2019ai jamais fait d'autre chose dans ma vie, et je puis dire en toute sûreté que les yankees son ttrop près de leurs pièces pour prêter de l'argent à trois et demi pour cent.M.Mercier.\u2014Ecoutez-le donc parler.On dirait, ma foi, que c\u2019est un puits de finance.Si vous vous étiez remué uu peu, mon ami, nous aurions aujourd'hui $3,500,000 dans nos coffres.M.Shehyn.\u2014Si vous m'aviez laissé faire, Tous auriez aujourd'hui votre emprunt.Ce n\u2019est pas pas moi qui vais à New York, c'est l'honorable Premier, ce sont ses amis, MM.Beausoleil, Préfontaine.À présent, arran- gez-vous avec eux pour votre emprunt.Moi, je ne m'en mêle plus.M.Mercier.\u2014 Ecoutez, Shehyn, vous savez que je suis malade, trop malade pour me trimballer une fois par semaine à New- York, et c'est pour ça que nos négociations n'avancent à rien.L'emprunt est l'affaire du trésorier ; c\u2019est vous seul qui allez vous en occuper.: M.Shehyn.\u2014Ah ! par exemple, non! Maintenant que vous avez gâté la sauce, vous voulez me tenir responsable pour le plat.Je vous avertis maintenant que je ne m'en mêle plus.M.Mercier.\u2014Est-ce comme cela qu'on entend pratiquer la discipline dans mon cabinet ?Ah oui-da oui, M.Shehyn, le beau parleur et le petit farceur.Savez-vous que je commence à être joliment ennuyé de votre système de financer.M.Shehyn.\u2014Mon système de financer, vous ne m'avez jamais donné une chance de le mettre en pratique.Lorsque vous avez un plan de nègre en tête, vous ne consultez pas vos collègues de Québec, mais vous prenez l'avis de vos amis de Montréal.M.Duhamel.\u2014Ce ne sont pas mes avis qu'il suit, j'en sais quelque chose.M.MeShane \u2014Ni les miens - non plus.M.Mercier.\u2014J'en ai assez de ces murmures.Faites silence.J'entends qu\u2019on m\u2019écoute.Il ne me reste plus qu\u2019une chose à faire pour en finir une bonne fois avec l\u2019emprunt.Je vais faire cesser l'utilité de Shehyn.Je l'enverrai au balai et je le remplacerai par mon ami, l'hon.F.Langelier.Avec lui, l'emprunt marchera et ça ne fera pas un pli.; M.MeShane.\u2014Arrête un peu ! arrête un peu ! Jimmy kick contre ça.Remplacer un Irlandais par un Canayen, tant que je formerai partie de ce cabinet-ci, ça ne se fera pas.M Mercier \u2014Jimmy, il y a assez longtemps que j'ai le nez enfariné avec vos criailleries.Depuis que vous êtes mon collègue vous avez fait trois grosses coches mal taillées.Premièrement, pendant la dernière session, vous avez dit qu'il n'y avait que la canaille et les gens malhonnêtes qui voteraient pour le bill des tramways.Deuxièmement, vous vous êtes fait donner un banquet à Québec sans ma permission, exprès pour vous mousser auprès du peuple, et troisié- mement vous avez compromis \u2018le cabinet par votre conduite dans le comté de Laprairie.La mesure est pleine et elle est sur le point de déborder.Si vous tenez le moindrement à rester ministre à Québec, collez votre chique et faites le mort.M.Gagnon.\u2014Et\u2019 définitivement -quand aurons-nous la session ?M.Mercier.\u2014Lorsque nous aurons l\u2019emprunt.M.Duhamel.\u2014Et quand est-ce -que nous aurons l'emprunt ?pour voyager.- M.Gagnon.\u2014Quaad: pensez-vous que cela arrivera ?M.Mercier.\u2014Lorsque \u2018je :ceraïi.assez \u2018bien: M.MeShanc.\u2014 Shut up! ask him nos questions and he will tell you no-lies.M.Mercier.\u2014Qu'est-ce qu'il me chante-là.Qu'il fasse bien attention à lui.Sa petite affaire de Laprairie pourra mal tourner.S'il croit qu'il va m'avoir pour l\u2019aider à s\u2019en tirer, dévore, pas d'affaires.Il y a longtemps que j'attends une occasion comme celle-ld pour m'en débarrasser.Allons, les amis, un peu de courage.Nous allons avoir la session dans tous les cas avant le printemps, car il importe beaucoup que nous paraissions devant les chambres avant que les comptes publics soient imprimés.Il y a là-dedans des chiffres qui sont brutals comme des bâtons.On ne verra ces comptes qu'à la fin de l'année ou en 1889.Faites avancer une calèche.Je suis trop malade pour me rendre chez moi à pied.\u2014#>-mne TRAITE DE CIVILITE (Suite et fin.) Viennent ensuite des préceptes pour découper proprement, pour connaître les meilleures viandes et les meilleurs morceaux.Il y a là trois ou quatre chapitres qu\u2019on penserait avoir été volés à quelque Cuisinière bourgeoise de l'époque, et qu\u2019aujourd\u2019hui mème un chef-d'office ne désavouerait pas.Voici d\u2019autres préceptes qui ne s'adressent pas aux convives, mais à celui qui les reçoit : \u201c* Si vous êtes le maître, il ne faut jamais paraître inquiet, ni embarrassé, ni quereller les domestiques ; ce serait manquer de respect et troubler la joie que toute la maison doit témoigner d'avoir des hôtes si dignes de considération.Celui qui donne à manger doit bien se garder de dire : Ce morceau doit être bon, car il me coûte tant ; j'ai bien eu de la peine à le trouver ; ou vous pouvez bien en manger, car je ou personne n\u2019en veut plus.Le premier discours reproche, le second méprise ce qu\u2019il donne et celui à qui il parle.\u201d Ceci est à l'adresse de quelques hommes de finance, les plus mal élevés de tous les bourgeois, soit par zèle, soit par orgueil tracassent leurs domestiques en présence des étrangers, voient sévèrement les dépenses de la cuisine, savent ce que coûte un navet aussi bien qu'une perdrix, et en informent leurs convives comme pour les engager à rapporter au maître le mérite du légume ou de l'animal.> S'il s\u2019agit enfin du manger : alors, *\u2018 Il faut couper la viande sur son assiette, tenant la fourchette de la main gauche, puis de la main droite la porter à la bouche avec la fourchette.Le pain coupé, propre à mettre à la bouche, doit y être porté avec les doigts.Il ne faut pas essuyer les doigts, couteau, cuiller, ni fourchette, avec la nappe, mais avec la serviette.Il ne faut point saucer son pain ni ses morceaux dans le plat, ni les porter sur la salière ; mais prendre du sel avec la pointe d'un couteau, et de la sauce avec la cuiller, ou en demander.Il ne faut jamais rien remettre au plat de ce qui aura été mis sur une assiette.\u201d Quant au boire, \u201cIl sied mal de téter le vin et de vider son verre à deux ou trois reprises : il faut boire posément, d\u2019une haleine, en regardant dans le verre, et ne pas boire à grosses gorgées qu\u2019on puisse compter, ni boire d'un coup comme si on l'entonnait, ni, après l'avoir bu, faire un grand soupir pour reprendre haleine, Il n\u2019est pas honnête de présenter un verre de vin après en avoir déjà goûté.Il est plus civil de vider tout à fait son verre que d\u2019en laisser, c'est assez de boire trois ou quatre verres de vin dans un repas.Il est toujours honnête et salutaire de mettre un peu d'eau dans son vin,\u2019 La civilité qui veut qu\u2019on vide son verre sans en rien laisser doit agréer aux ivrognes.Aussi, est-ce un ivrogne qui a dit, nous pensons, Remplis ton verre vide, Vide ton verre plein.Ne laisse jamais dans ta main Ton verre ni plein, ni vide, Ne laisse jamais dans ta main Ton verte ni vide, ni plein, Au dessert, ** Il est incivil de:lécher ni des doigts, ni- de la langue, le jus qui reste dans les tasses ou sur l'assiette.Quand on sé lève de table [il est également incivil de mettre du fruit ou autre chose dans sa poche.\u201d : ; Quoiqu'il \u2018en soit, ce livret restera \u2018tou- {jours un témoignage aussi \u2018intéressant que alf d\u2019'usages qui ont été l'honneur et le charme de nos pères.Co - te \u201c4.VENUS POUR S'AMUSER, | M.et-Mme Duflost sont installés aux premières ?de face.MADAME\u2014Pour une pauvre fois.que vous consentes à me procurer un plaisir, je m'étonne, M.Duflost, que vous ayez si peu souci de mon bien-être.Un mari galant se fût assuré des places plus confortables ; mais il paraît que vous vous êtes dit : C'est assez bon pour elle | MONSIEUR, élonné.\u2014Mais, ma chère amie, nous sommes aux premières de face ; chaque fauteuil me revient à huit francs, et je cherche vainement où j'aurais pu trouver ces places plus confortables dont tu parles ; car je ne puis croire que tu fasses allusion à la loge du président de la République.MADAME, froissée.\u2014Comment | vous ne pouvez croire que je fasse allusion à la loge du président ?A votre avis, j'y ferais donc tache ?Ah ! je ne vous remercie pas de m'avoir amenée au théâtre, puisque c'était pour m'y offrir de pareils compliments.MONSIEUR.\u2014Mais non, mais non ; seulement, je réponds à ton reproche d'avoir négligé ton bien-être.Je me suis présenté à la location et j'ai dit : Combien vos premières places ?On m'a répondu seize francs, que j'ai payés avec empressement ; on nl\u2019en eût demandé cinquante que le bonheur de te faire plaisir me les eût fait donner avec la même joie.MADAME.\u2014Ainsi, vous avez gaspillé seize francs sans même vous assurer quelles étaient ces places ?de sorte que si, à notre arrivée, on nous avait ouvert le fond d\u2019une armoire, en disant \u201cTenez, vous êtes placés là, sur la seconde tablette.\u201d\u2019 vous n\u2019auriez eu aucune réclamation à faire ! Monstevr.\u2014Oh | tu vas trop loin ; il est bien évident qu\u2019une place louée pour voir la scène n'est pas dans une armoire.MADAME.\u2014Ainsi, vous avez donné votre argent sans même demander à voir ces places pour vous assurer si les sièges en étaient plus Ou moins moelleux.MoNsIEUR.\u2014Mais il n\u2019esl pas d'usage de demander à tâter les sièges.MADAME.\u2014Pourquoi pas ?On tâte bien un poulet avant de l'acheter ; il devrait en être de même pour une place, MONSIEUR \u2014 Et puis, dans la journée, la plus profonde obscurité règne dans les salles.MADAME.\u2014On exig: \u2026 lanterne.MonS1EUR.\u2014Oh ! MADAME.\u2014Quoi ?oh ! J'ai l'air de réclamer une montagne ; vous n\u2019allez pas me faire croire que, dans une ville comme Paris, il ne soit pas possible de trouver une lanterne.Mais vous, le plus petit effort coûte trop à votre galanterie.MONSIEUR, pour détourner l'orage \u2014Tu sais, ma bonne, que si quelques fleurs peuvent t'être agréables, je vais m\u2019empresser de.MADAME\u2014Si vous aviez la plus petite préoccupation de ma santé, vous sauriez que les parfums me rendent malade.MONSIEUR.\u2014Pardon, je l'oubliais | MADAME.\u2014Je n'avais pas attendu cet aveu pour en être persuadée.Car, depuis que nous sommes ici, Un mari un peu prévenant, qui aurait senti combien notre voisine empoisonne le patchouli, qui me tourne le cœur, se fût empressé d'aller ouvrir la porte.MoNsiEUR.\u2014Ma chère amie, je le ferais avec plaisir, mais la pièce est commencée : il faudrait faire lever tout le monde.MADAME.\u2014Ainsi donc il faut que je tombe asphyxiée parce que le malheur me place à côté d\u2019une voisine.peu fraîche.MonNsIEUR\u2014Chut ! si on entendait | MADAME.\u2014Si elle était fraîche, aurait-elle besoin de s'inonder d\u2019odeurs ! Je vous le demande.MonNsIEUR.\u2014Je n\u2019en sais rien.MADAME.\u2014Vous n'avez même pas le bon sens de Toinette, notre cuisinière.MoNsiEUR.\u2014 Grand merci ! MADAME.\u2014Dame ! que fait-elle quand l\u2019été lui donne à douter de la fraîcheur du poisson ?elle nous l'accommode a la provençale, à l'ail.Une odeur chasse l'autre.Vous voyez bien que ce n\u2019est pas sans raison que cette dame se couvre d'odeurs.MONSIEUR.\u2014Ne vas-tu pas dire qu\u2019elle est aussi à la provençale ?MADAME.\u2014Je le préfêrerais ; l'ail entête moins que le patchouli.MONSIEUR.\u2014Oui, mais le patchouli est une odeur reçue dans tous les salons.MADAME.\u2014Les salons n\u2019en sont que plus à plaindre.Ah ! je comprends pourquoi le mari de cette dame prise du tabac par poignées ; car ce doit être son mari que ce grand sec qui est là avec sa bouche en cœur \u2018et sa main en pigeon vole.MONSIEUR.\u2014II fait ce que nous devrions faire : il écoute attentivement la pièce.MADAME.\u2014Avec ça qu'elle est amusante, cette pièce ! Je n'en comprends pas un mot, MONSIEUR.\u2014Si tu écoutais un peu, au lieu de tant parler.MADAME.\u2014Alors on la Louche ?MonNsizur.\u2014Je ne veux -pas dire cela, ue peut plus ouvrir mais il est d\u2019usage, la toile levée, d'éjanter | # AY + TE VIOLON x les artistes, cela aide beaucoup à comprendre l'intrigue, m\u2019a-t-on dit.MADAME.\u2014Elle est jolie votre intrigue ! une comtesse qui reçoit le premier venu.Allons, bon ! les voilà qui se mettent à chanter quand elle le reconduit.MONSIEUR \u2014C'\u2019est ce qu'on appelle une sortie.MADAME.\u2014 Est-ce qu\u2019il est d'habitude de -chanter à la ville chaque fois qu'on passe d\u2019une pièce dans une autre ?Et ils ont dit dans le commencement qu'il y a un notaire à l\u2019étage en dessous.Eh bien | en voilà un qui duit avoir une étude bien tranquille.si la comtesse se met à chanter chaque fois qu\u2019elle reconduit un visiteur ! Pour peu que ses domestiques en fassent autant, cela doit bien réjouir le notaire, il a de la patience, le pauvre homme.MONSIEUR.\u2014Si tu t'arrêtes à des minuties, le théâtre n\u2019est plus possible.MADAME.\u2014Ah ! vous appelez cela des minuties ?Du reste, je n'en suis pas étonnée.Pour vous, la décence est chose inconnue, Je suis même surprise que vous n\u2019ayez pas encore quitté votre place pour aller aussi rodailler chez la comtesse.Vous cherchez, sans doute, un prétexte en ce moment même ?MonsIEUR.\u2014Tu es folle.MADAME \u2014 Voilà plus de dix minutes que je m'attends à vous entendre me dire-que vous avez un rendez-vous chez le notaire d\u2019en dessous.MOoNSsIEUR.\u2014Voyons, observe-toi, on nous regarde ; tu oublies que nous sommes au théâtre.MADAME.\u2014Ah ! je m'étonnais ce matin de votre incroyable prodigalité d'aller dépenser seize francs pour mie procurer un plaisir ; je comprends maintenant votre triple but : de me briser le corps, de m\u2019empoisonner par le patchouli et de me pervertir le moral.MONSIEUR, bas.\u2014 Je t'en supplie, tais-toi.MADAME.\u2014Je ne resterai pas un instant de plus, Je veux aller réclamer nos seize francs.Ils déduiront un acte, s\u2019ils en ont l'audace.Les théâtres devraient être payés comumne les fiacres, à l'heure.On solderait en sortant ce qu'on aurait consommé.On ne serait pas ainsi obligé d\u2019avaler toute la dose pour rentrer dans son argent.(Æegar dant une dernière fois la scène.) Trens, ils embrassent tous la comtesse, quelle horreur.MONSIEUR.\u2014 Mais puisqu'elle retrouve ses cinq frères perdus | MADAME.\u2014 Jamais on ne perd cinq frères d\u2019un seul coup.Elle les appelle ses frères par un reste de pudeur.MUNSIEUR.\u2014Si tu avais bien saisi l'intrigue, tu aurais compris que\u2026.Mavame \u2014 Alors, je ne suis donc qu\u2019une buse ?MONSIEUR \u2014Je ne dis pas cela, mais.MADAME\u2014Je n\u2019entendrai pas plus longtemps cette pièce.Je veux sortir.MONSIEUR\u2014Attends le baisser du rideau.MADAME.\u2014Jamais ! Monsi£UR.\u2014Nous ne pouvons déranger tout le monde.MADAME.\u2014Si vous refusez de faire faire place, je piétine sur les genoux du public.Monsigur \u2014 Un peu de patience.MADAME.\u2014Oh ! les nerfs | (Elle tombe dans une attaque de nerfs.Elle est emportée par son mari et par un voisin, officieux et inconnu, jusqu'à une voiture).L'INCONNU, en quiltant Duflost \u2014Mon- sieur, si vous aviez besoin de mes bons soins pour votre dame, voici ma carte.DurLosT, lisant : ** BRAS DE FER, dompteur de bêtes féroces.\u201d\u2019 EUGÈNE CHAVEITE.o> al Les hommes incombustibles Voici un curieux article sur les hommes incombustibles, publié par la Nature : Ce sont différents exemples de gens maniant le feu, sans en paraître incommodés, grâce au durcissement de l'épiderme.Les Aïssaoua ne semblent devoir la faculté de marcher sur des fers rouges, qu'au simple durcissement de leur épiderme, les Arabes ayant toujours l'habitude de marcher pieds nus, et cela depuis leur enfance.On voit quelquefois des forgerons mettre un morceau de fer chauffé au rouge dans leurs mains et le transporter à quelques pas.Nous avons même vu un jeune ouvrier aux mains très calleuses transporter un morceau de fer rouge à une distance de roo mètres, et cela à la suite d'un pari ; seulement, pendant ce transport, il jetait rapidement et continuellement le morceau de fer d\u2019une de ses mains dans l'autre, de façon à éviter un contact trup prolongé.Nous avons vu aussi un maréchal ferrant prendre avec la main et jeter un fer rougi Qui était:tombé sur la cuisse d'un cheval: \u2018entravé.Certains maréchaux prennent également avec leurs mains, dans le feu de la forge,.un fer à cheval chauffé à blanc et le posent sur l\u2019enclume.| Un vieil ouvrier de.-| du côté des noirs, il faut l'écharper./ DANS LE COMTE pe L\u2019ASSOMPTION Nazaire\u2014Ecoutez bien ceci, messieurs, soyez certains quo si M.Rocher est élu c\u2019est la \u2018* guerre.\u201d la Compagnie des Omnibus (dépot de l\u2019AIma) exécute cette prouesse avec la plus grande tranquillité.Les cuisinières prennent entre leurs doigts un charbon embrasé, tombé de leur fourneau.L'ouvrier de la campagne éteint également une chandelle entre le pouce et l\u2019index, ou en raccourcit la mèche.Il étouffera de même le papier en flamme avec lequel il vient d'allumer sa pipe.Ce sont là des exemples d\u2019incombustibilité à des degrés divers dus au simple durcissement de l'épiderme par le travail.\u2014\u2014\u2014\u2014 tn Le baron de Guilhermy En juin 1791, la fidéiité de M.de Guilhermy, un des conseillers de Louis XVI, se montra par une bravade héroïque.M.de Guilhermy s'était placé sur le passage de la famille royale, au retour tragique de Varennes.Le cortège passait près de la terrasse des Feuillants, au milieu d\u2019un silence terrible ; ct toutes les têtes restaient couvertes : \u2018* Cependant, un chapeau s'est levé ; c'est M.de Guilhermy qui salue son maître.Des brigands, vêtus en gardes nationaux, se jettent instantanément sur lui, l'entourent, la pique en avant, le somment de se couvrir sur le passage du roi : il refuse, refuse encore, les repousse avec Violence, en jette un par terre, lance au loin son chapeau pardessus ces hommes en s'écriant : \u2018\u201c Me le rapporte qui l'ose ! Il n\u2019a pas achevé que ses vêtements sont en lambeaux, et que cent bras sont levés.Des amis, des députés accourent, fendent la foûle, cherchent en vain à le couvrir de leur corps.Il est député, il est inviolable ! crient-ils.On leur répond : c\u2019est un député Dans ce hourvari, dit M.de Guilhermv lui-même, un des gredins les plus signalés de l\u2019Assemblée, qui avait crédit sur cette canaille, se précipite au milieu des gardes nationaux, et leur enjoint, à son tour, de respecter l\u2019in- violabihté du député\u2026 L'ombre du marquis de Dampierre dut apparaître un instant à M.de Guilhermy dans cette lutte ; \u201c\u201c Mais disait-il plus tard, tous les canons de Paris eussent été pointés sur moi, qu\u2019on ne m'eût pas fait mettre mon chapeau ; et à moins tt eet remem eennt Pensées choisies de Briollet : vidu qui n\u2019est plus que cendre.Quoique faisant la roue, les charrons n'en sont pas plus fiers.Pas de mer qui ne soit salée, ni de belle- mère qui ne soit douce.-Une maladie qui court, c\u2019est la phtisie galopante.pier qui boit.Ge Les asperges ressemblent.aux épigrammes, en ce sens que c'est la pointe qui en fait le mérite.2.04 de le clouer sur ma tête, il n'y eût pas tenu.\u201d | ¢ Feu \u201d se dit par euphémisme d\u2019un indi.\u201cC'est la plume qui a un bec, etfc'est le pa-.VARIETES Bébé à sa petite mère : \u2014Que me donneras-tu pour mesétrennes ?\u2014Un gros sac de bonbons.q \u2014Avec permission de ne pas partager, is?' * * * Au contrôle d'un théâtre qui attend son public et ne voit rien venir : \u2014Nous sommes encore fichus de n'avoir pas un chat.\u2014 Dame ! par ce temps de chien ! «x Un malade souffre horriblement d\u2019une douleur intercostale.\u2014Docteur, ai, ai, si cette névralgie continue.ai, ai, ai.je vais mourir.Et l'homme de la science pontifiant : \u2014Pour vous, la vie c\u2019est la mor\u2026phine ?+ + + La dernière de Calino : \u2014 Voyons, M.Calino, qu\u2019est-ce qui vous prend de me faire des chiffresavec votre crayon sur le plastron de ma chemise ?\u2014Dame | vous venez de me dire à l\u2019instant \u2018\u201c Vous pouvez compter sur mos / .we Petite question géographique : \u2014Quels sont les deux fleuves d'Europe qui, à côté l\u2019un de l'autre, pourraient servir d'aliment ?° \u2014?\u2014Ce sont le Pô et le Tage, Pa Petit Pierre a peur d\u2019un troupeau de bœufs qui passe sur la route.Son père, pour le réconforter, lui dit : \u2014Mais tu en manges cependant.\u2014Oui, papa, mais ceux-là ne sont pas assez cuits.» x Les enfants terribles.\u2014 Qu'est-ce que vous désirez pour :3vos étrennes ! ma petite Jeanne ?\u2014D'ètre grande maman.\u2014Pourquoi ?\u2014Pour avoir tous les matins de beaux cheveux blonds sur la cheminée.* Pi Anna et Sophie se sont rencontrées hier dans le salon de madame Bisquanquoin et ont parlé de leur amie Marie-Louise.Anna\u2014Le mariage que Jon croyait cassé est repris.Son amant dit aujourd\u2019hui qu\u2019elle pue bon.Sophie.\u2014 Mais, c\u2019est impossible.Ce qu'il lui reprochait était impardonnable.Anna \u2014Tout va bien maintenant.Elle achète les parfums les plus délicats, le White Rose, le Jockey Club, le Yang y Lang, chez McGale, 2123 rue Notre-Dame, où ils se vendent à bien bon marché.: On.trouvera toujours à la pharmacie Violette, Martha Washington, Spanish Jasmina, Florida Breeze, Stephanatis, et le musc donc.Après ça tirons l'échelle.McGale les parfums suivants: Kuli-Kuli \u2014\u2014\u2014 mm La Bibliothèque à Cing Cents voit chaque jour son succès s\u2019affermir.D'où lui vien: cette faveur particulière du public?I! suffit de parcourir au hasard un des numéros hebdomadaires de cette intéressante publication, et l\u2019on se rendra immédiatement compte du choix éclairé, de l\u2019attention scrupuleuse qui président à sa composition.Les sujets les plus variés dans le Roman, la Littérature, l'Histoire, les Voyages, les Scènes du Désert ou de la Vie Indienne, y sont tour à tour développés avec l'attrait puissant des poignantes émotions que font naître les grands spectacles de la nature, et l\u2019analyse des sentiments les plus tendres et les plus délicats du cœur humain.À ces divers titres, La Bibliothèque à Cing Cents asa place marquée d\u2019avance a tous les foyers, où elle fera les délices du vieillard aussi bien que celles de la jeune \u20ac.Prix d'abonnement un an, $2.50; six mois, $1.25.S'adresser à Poirier, Besette & Cie, 1540 Rue Notre-Dame, Montréalwx Un marchand en gros de la rue St.Paul disait hier à un de ses amis: Lorsqu\u2019'un client hésite à me donner une commande, j'ai un moyen assuré de le décider à acheter .Je l'invite à prendre un verre de vin ou de bière au restaurant Commercial de Louis Bergevin, No.127 rue McGill, coin de la rue St, Paul.Toutes les liqueurs et tous les cigares sont de la première qualité et plaisent infailliblement aux connaisseurs.Lorie NATIONALE Les tirages mensuels ont Heu le troisième mercredi de chaque mois.La valeur des prix qui seront tirés 1e ercredi, 21 Décembre \u201887 \u2014 SERA DE \u2014 $60,000.00 COUT DU BILLET Première Série - - - 81.00 Deuxième Série .« « 25 cts s&\"-Demandez le catalogue des prix-@a Le Secrétaire, S.E.LEFEBVRE, 19, RUE SAINT-JACQUES, MONTREAL GAL TS RS Rt J.N.LAMARCHE RELITBUR Entre les rues St-Vincent et St-Gabriel MONTREAL, Reliure commerciale et de goût oxécuté ave soip promptitude, ct à prix trés modérés.L'Imprimerie Générale Exécute avec diligonce toutes eapèces de COMMANDES TYPOGRAPHIQUES IMPRESSIONS DE LUXE, IMPRESSIONS DE:CHEMINSIDE FER, IMPRESSIONS DE COMMER Ero., Erc., Ero, \u2019 L'Imprimerie Générale EST EN MESURE D'EXÉCUTER LES COMMANDES LES PLUS CONSIDERABLES SOUS LE PLUS BREF DELAI.PRIX \u2018TRÈS MODÉRÉS.\u2018 ICHARLES BELLEAU, .\u2026 GésiNE No *S, PLACE JACQUES-CARTIER.N.B.\u2014Les ordres pouvent être déposé | bureau de La Muvanve, No 45, Place J Laos Cartier, ou au bureau de La Press rue Notre-Dame, on face de l'Hôtel-de- MN No.17, RUE SAINTE - THERESE oO Ville.0\" } 1 FEUILLETON DU \u2018\u201c\u201c VIOLON.\u2018 LA FEE DE KERBADEN CONTE DE NOEL Il y avait une fois un grand garçon qui, la veille de Noël, se lamentait au bord de la fontaine de Kerbaden.\u2014Vraiment, disait-il, je suis bien malheureux ! Quelle différence entre le sort de mon ami Jean et le mien.Jean est riche, Jean est beau, Jean est aimé de Suzette.Moi.je n'ai pas un sou vaillant et toutes les filles se moquent de moi.Il est vrai que j'ai les jambes torses, des genoux cagneux, un corps maigrelet, des che- Veux carotte et un nez si rouge, si rouge, que l'on m'a surnommé Coquelicot.Vais-je donc trainer longtemps une vie si misérable ?D'où me viendront le secours et le réconfort ?Jadis il y avait des fées pitoyables aux désespérés ; il ne faudrait rien moins que leur intervention pour me tirer d'affaire.Ah! s'il en venait une et si seulement elle me donnait un petit bout de talisman, comme j'en userais sagement et discrètement.Il parlait encore quand l\u2019eau de la fontaine s'irisa de tous les tons de Yarc-en-ciel.Du lit de gravier qui tapissait le fond de la source jaillit un bouillonnement au milieu duquel apparut une femme plus belle que le jour et qui portait une étoile au front.\u2014Tu m'as invoquée, Coquelicot, dit-elle d\u2019une voix si douce qu'on aurait dit une musique.Ne tremble pas.Je suis la fée de Kerbaden et je Viens à ton secours.\u2014Ah ! bonne fée ! \u2014Je m'étais pourtant promis de ne plus m'occuper des hommes qui ont \u2014Je voudrais avoir la plus belle tête d'homme qui soit au monde.Aussitôt le miroir de la fontaine, an lieu de ses chevenx quene de vache et de son nez de braise ardente lui fit voir la tête charmante et fine de l\u2019Apollon du Belvédère : un nez grec d'une pureté admirable, des yeux grands et doux, des traits fiers, des cheveux noirs élégamment rejetés en arrière, \u2019 A Une belle tête, en vérité, une tête de poète et d'artiste ; mais peut-être n\u2019allait-elle pas tout à fait-bien avec les jambes neuves.Il y avait trop de distinction dans le chef et trop de force à la base, et les deux extrêmes étaient réunis par un corps d'avorton du plus pitoyable effet.\u2014J'aurais dû, pensa Coquelicot, me transformer en gros, au lieu de me transformer en détail.Bah! ce qui est fait est fait.J'ai paré au plus pressé.C'est assez pour aujourd'hui.J'aurai le temps plus tard, de chercher à rassortir un beau corps avec ma belle téte et mes belles jambes.Coquelicot, très content, se dirigea vers le village.Il brûlait de se montrer sous sa nouvelle forme.La première personne qu'il rencontra sur la route ce fut Jean.\u2014Eh ! bonjour, l'ami Jean.» + Mais I'ami Jean ne voulait pas reconnaître l\u2019ami Coquelicot et celui-ci eut bien de la peine à le persuader Cependant, quand il eut conté son entrevue avec la fée, Jean n'osa plus douter.\u2014Je te crois, dit-il ; mais pendant que tu étais avec lu fée, tu aurais bien dù lui demander une culotte.En effet, Coquelicot était assez co- cassement accoutré dans sa vieille toujours abusé des dons que je leur.ai faits ; mais tes plaintes m'ont touchée et je vois que tu es animé de bonnes intentions.Je vais donc taire encore une expérience en ta faveur.\u2014Bonne fée, que je vous remercie ! \u2014Retiens bien ce que je vais te dire.Désormais toutes les fois que tu exprimeras un vœu à haute voix, ce vœu se réalisera aussitôt ; mais, prends-y bien garde, ce que tu auras demandé et obtenu ainsi sera irrévocable.Il ne te sera pas possible de Tefaire ce que tu auras défait.Réfléchis donc bien avant d'accepter.\u2014C'est tont réfléchi, dit Coquelicot, et je ne risque rien d'accepter.Je ne serai pus assez bête pour demander: une chose qui ne me serait pas avan- tagense.\u2014Tu le crois ?\u2014J'en suis sûr.\u2014Soit, dit la fée, mais fais bien attention.Il n\u2019est pas si facile que tu le supposes de bien user d'un grand pouvoir.Sur ces mots, elle toucha son protégé du bout de sa baguette et elle s'évanouit dans les airs.ae Resté seul, Coquelicot se frotta les eux, se tâta lu tête et s* pinça le ras.N'\u2019était-il pas le jouet d'un réve ?autour de lui, rien ne rappelait la vision qu\u2019il venait d\u2019avoiy.Il se pencha sur la source.\u2018 L'eau, redevenue \u201calme et pure comme un miroir, réfléia sa grotesque personne, son nez fleuri et-es jambes cannelées.Ab! ces jambes ! Etuient-elles laides ! \u2014Je voudrais, dit Coquelicot avoir les plus belles jambes du monde.Aussitôt ses jambes se transformèrent.De torses, elles devinrent droites; de petites elles devinrent grandes.Ses genoux se décagnèrent, ses mollets s'enflèrent, ses chevilles s\u2019effilèrent.En un instant, Coquelicot qui avait l\u2019habitude de voir la terre d'assez près, se trouva hissé sur des jambes superbes qui eussent fait la fortune d'un suisse de cathédrale et la, gloire d\u2019un hercule.: =rJe¢ suis un.peun haut, pensa Coquelicot.: Pourvu:que je n'aie pas-lè ver- \u201ctige.RR ThA TT eG 5 \u201cA rent ;, mais pas, lohgteinps et bientôt il songea à coutinuer sa trans- culotte.Comme elle ne s'était pas allongée en même temps que les tibias, elle ressemblait à un méchant caleçon.\u2014Bon ! dit Coquelicot, je désire être vêtu comme un prince.Aussitôt, il se tronva couvert des pieds à la tête de brocard d'or enrichi de pierreries.\u2014Que tu es beau ! fit Jean émerveillé.\u2014 Assez ! répondit Coquelicot.Maintenant, Jean, tu vas aller au village.\u2014Je ne peux pas, champs.\u2014Qu\u2019est-ce que c'est ?fit Coquelicot furieux.uand je commande, j'entends qu\u2019on m'obéisse.Veux-tu que je te change en âne et que je te confie au gourdin du meunier ?\u2014Non, non ! \u2014Alors cours à Kerbaden ; apprends aux gens quelle est ma puissance et invite de ina part tout le monde à ma noce, qui aura lieu au- jourd'hui même dans mon château.\u2014Tu as un château, Coquelicot ?\u2014De quoi se mêle cetimpertinent ?Fais ce que je te dis et ne te permets plus de m'interroger.Jean fit diligence et quand Coquelicot arriva à petits pas sar la place, la foule rassemblée I'attendait.Elle testa ébahie en le voyant si beau et tout vêtu d'or.\u2014Ne me regardez pas comme des oies, dit Coquelicot.C\u2019est bien moi et j'ai l\u2019intention de vous régaler.\u2014 Vive Uoquelicot ! \u2014Je veux, dit alors le protégé de la fée, je veux qu\u2019un superbe château s'éleve sur cette place et qu'un festin royal y soit servi pour moi et pour les gens de Kerbaden.Aussitôt le château s\u2019éleva par enchantement, avec des tourélles en poivriéres, un perron monumental et une cour d'honneur au milieu de laquelle se dressait une statue êques- tre de Coquelicot.\u2014Entrez, mes amis, dit Coquéëlicot, vous êtes chez moi.Et vous, mon- J'ai affaire aux porter votre écritoire.- quand Coqueliéot- eul donné l'éx- formal ion |emple en gravissentilés marches da sieur le notaire, ne manquez pus d'ap-: Dame, on hésitait.On- avaitsun;peu.peur de toute cétte diablerie ; muis perron, le désir de faire un bon repas et la curiosité de voir le château l'emportèrent sur la crainte.La foule se rua dans la salle à manger.Coquelicot invita ses convives à s'asseoir autour de la table.Il réserva seulement quelques places en face et à côté de lui.\u2014Elles sont destinées, dit-il, à celle qui sera bientôt ma femme et aux membres de sd famille.Car, mes amis, je vais me marier.Je ne sais pos encore avec qui, mais vous n\u2019allez pas tarder à le savoir.Alors, prenant un ton solennel de magicien, Coquelicot dit a haute voix : \u2014Je veux être aimé de la fille la plus jolie et la plus sage de Kerbaden.Je veux qu\u2019elle vienne m\u2019embrasser et se placer à côté de moi.Tout à coup, Jean qui tenait la main de Suzette et qui espérait bien l'avoir pour voisine de table sentit la jeune fille tressaillir.Mue comme par un ressort, aitirée par une force irrésistible, elle s'arracha de son étreinte et courut vers Coquelicot.\u2014Que fais-tu, Suzette ?cria Jean désolé.\u2014Oh! mon pauvre Jean, répondit- elle tout en courant, je croyais bien t'aimer ; mais, je le sens maintenant, c\u2019est Coquelicot que j'adore ! Bt elle embrassa Coquelicot et elle s'assit à son côté pendant que ses parents s'installaient aux autres places d'honneur.\u2014Maintenant, dit Coquelicot radieux, buvez, mangez et amusez-vous.Pour un beau dîner, c'était un beau diner.Il y avait des moutons entiers couchés sur des plats d'argent, des montagnes de poulardes et les petits cochons couraient tout rôtis autour de la table, la fourchette dans le dos.En prenait qui voulait.Si vous aviez été là\u2019 vous en auriez goûté comme les autres.Aussi, tout le monde s'amusait, excepté Jean, qui allongeait sa sauce en pleurant dans ses assiettes sur l\u2019ingratitude des femmes et la méchanceté des amis.Coquelicot était de bonne humeur.Il trouvait sa Cuisine excellente et le festin servi par des pages dans de la vaisselle plate et dans des cristaux fins le remplissait de vanité satisfaite.Goulüment, il mangeait/de tous les plats et buvait de tous les vins.Entre deux bouchées, il adres sait un mot galant à la jolie Suzette, qui rougissait chaque fois.Ah ! la vie était belle ainsi.Beau, riche, puissant, aimé, que pouvait-il souhaiter de plus ?Il vivait dans la splendeur de ses rêves réalisés.Mais la tristesse de Jean le mécontentait cependant.Il n'était pas sans affection pour ce brave garçon qui lui avait toujours témoigné de la sympathie et qui l\u2019avat défendu quand on le battait.Certes, il n\u2019avait pas songé un seul instant à lui prendre sa fiancée et quand il avait demandé à la fée de se marier, il ne pensait pas «il allait assurer son bonheur au détriment de Jean.Muis maintenant que c\u2019était fait, c'était irrévocable.Tant pis pour Jean.C'était la fatalité ui poursuivait ce pauvre garçon.Aussi bien chacun son tour.Jean avait été heureux jusque-là et Coquelicot malheureux.Les rôles étaient renversés maintenant.Coquelicot en prenait facilement son parti.Il réfléchissait à ces choses quand un éternvement se fit entendre.\u2014Atchi! fit la mère de Suzette.Sans songer.à mal, Coquelicot lui répondit par ce dicton qui'était proverbial à Kerbaden : Dieu vous bénisse, Vous rabonnisse, Mt vous rende le nez comme j'ai ls cuisse.Soudair voilà que le visage de la future belle-mère de Coquelicot se décompose.Le nez de la bonne temme, qui\u2018était camard, s'allonge et grossit démesurément.Une montagne de :6ininence qui s'élevait entre les yeux et: la bouche.Elle s\u2019enfle, elle s'enfle \u2018chair se dresse à Ja-place de ln modeste |.jusqu'à ce qu'elle ait.atteint tout juste les proportions de la cuisse neuve; de la cuisse énorme de Coquelicot.C'étuit horrible et monstrueux.Suzette crie et pleure : \u2014Qu\u2019as-tu fait, mon Coquelicot ?Coquelicot est très vexé.I! cherche une défaite, et devant la galerie qui l\u2019observe il n\u2019ose avouer franchement son imprudence et exprimer ses regrets.D'ailleurs, ce qui est fait est fuit, et l\u2019on ne revient pas sur l\u2019irréparable.Puis, les fumées du vin lui montent au cerveau.\u2014Bah ! dit-il ; qu'est-ce que cela fait ?C\u2019est ma belle-mère.Des belles- mères, il n\u2019èn faut plus ! On rit dans l'assemblée.Mais l\u2019accès de gaieté est de courte durée, car on s'aperçoit avec stupeur que la mère de Suzette a disparu.Le vœu de Coquelicot s\u2019est réalisé.La place de la belle-mère est vide, il n\u2019en reste plus trace.Suzette jette un cri et se précipite sur Coquelicot.Celui-ci a peur et se défend : \u2014Suzette, tu ne m'aimes donc plus?\u2014Je t'aime et qui aime bien châtis bien.Qu\u2019as-tu fait de maman ?Je vais t'arracher les yeux.J'en mourrai peut-être de chagrin ; mais je ne puis faire autrement.J'én atteste toutes les filles ici présentes.\u2014Oh ! dit Coquelicot, toutes les filles et toi, je voudrais vous voir à cinq cents lieues d'ici.Crac ! voilà que Suzette et toutes les filles disparaissent.On a su depuis qu\u2019elles avaient été transportées à cinq cents lieues tout juste de Kerbaden, car ce que Coquelicot souhaitait devait s\u2019accomplir à la lettre.Quand, tout a coup, an milieu d'un repas animé où chacun est placé à côté de sa chacune, les femmes s\u2019envolent pour ne plus revenir, cela jette toujours un certain froid.Ce jour-là, le froid fut intense.Coquelicol essaya cependant de réagir.\u2014Allons, mes amis, dit-il, allons ! rien ne vaut un dîner d'hommes.Buvons un coup et soyons gais.Dans l'assistance, les hommes qui venaient de voir les effets saisissants d- la puissance de Coquelicot tremblaient comme des feuilles; mais J eau ne tremblait pas.Il se leva et it : \u2014Coquelicot, personne n\u2019a le cœur à la gaieté ici.Ta tyrannie et ta sottise nous ont tous désespérés.ll n'y a plus de féte possible pour nous.\u2014Ma sottise ! cria Coquelicot tout rouge.Ma sottise ! Je voudrais te voir mort, toi et tous ceux qui ne s'amusent pus quand je l\u2019ordonne.Alors ce fut épouvantable.Les bras de tous les convives cessèrent de remuer et retombèrent le long de leur corps ; leurs visages se decolorérent et se raidirent dans une immobilité cadavérique.Les yeux seuls, fixes désormais, semblaient garder un semblant de regard.Coquelicot se trouva présider une table où siégeaient cent cinquante morts.+ Tx Ainsi, en quelques instants, il avait détruit son bonheur, rainé son pays natal, sacrifié toute une population à sa sotte vanité.'Il comprit alors l'immensité de sa faute.ll s\u2019arracha les cheveux et telle fut sa colère contre lui-même que sans bien songer au sens précis des mots qu'il pronongait, il laissa échapper de ses lèvres les paroles suivantes : \u2014Si l\u2019on a jamais vu plus bête que moi, je veux que le diable m\u2019emporte ! Le diable vint avec sa fourche et l'emportas dans sa hotte.Une, deux, à la chaudière.Ce ne fut pas un grand mal ; mais ce qui est plus regrettable, c'est qu'après cette expérience fâcheuse, les Tées tinrent conseil et décidèrent qu'il n\u2019y avait plûs lieu d\u2019accorder.des fu- veurs aux hommes, puisqu'ils en usaient si mal.Et maintenant, l\u2019on a bean pleurer au bord des fontaines, même la veillé de Noel, les téès ne so dissent «Blue attendrir par: nos:plaintés: a Cd RIT ee : Lo "]
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