Le violon, 31 décembre 1887, samedi 31 décembre 1887
[" ADMINISTRATION ; ANNONCES \u2014 BT \u2014 MESURE AGATE REBACTION 1ère INSERTION, 210 Cents 4.5 Autre «+ [6 Cents PLACE JACQUES-CARTIER A LONCS TERMES MONTREAL \u2014 CONDITIONS SPECIALES ABONNEMENT Te LE NUMERO UN AN - - $1.00 | STRICTEMENT D'AVANE/ DEUX CEN1INS À J OURNAL QUI FAIT DANSER VOL.II MONTREAL, SAMEDI, 31 DECEMBRE 1887 No 15 F.X.LEMIEUX, Conununes, Ottawa, Ont TS _ 1 == \\= Cm \\\u20144 45 SA ; == = I ES S S = = || SAN SN 7] ul fet Hi f an 1 Ae TREN OU A Wu i XY Cr - \u2014_ RS = Sa SS = SN == pes DNS es tes LES VASES D'ELECTION EN DANGER 1 .| .We TT od.: Ce .Ce Le oho 1.vin Mrñorr\u2014Fais donc un-peu plus d\u2019attention, Jimmy.Vois-tu le gâchis que tu-viens de faire, avee le vase de Laprairie.On.ne-pourra plus le\u2018raccommoder.Fais donc moins ton vaillant: - Avec tes-steps tu vaÿfinit; parsen./casser d'autres, Attention,.je te.ferai payer-la.casse.ji \u20ac 1 LS LÀ .[ GREE 1 a rr \u2014 A \u2014\u2014\u2014 an coe oo me mn sr \u2014\u2014 Ag a \u20ac + i : iter ae J ES BT I 2122 el cane - lier.Ils'sont assidus, attentifs et\u2018travaillants.LE VIOLON Paraît tous les samedis.L'abonnement est de $1.00 par année, invariablement payable d\u2019avance.Nous le vendons aux agents scize cents la douzaine.Toutes communications doivent être adressées comme suit : LE VIOLON, 45, Place Jacques-Cartier, MONTRÉAL.H.BuRrHELOT, RÉDACTEUR.MONTRÉAL, 31 DECEMBRE 1887 Au Collège National Personnages.Le Révérend Père Mercier, directeur.Plusieurs élèves.(La scène représente la salle d\u2019étude, la veille du Jour de l'An.) Le père Mercier.\u2014Il y aura bientôt un * an que nous avons ouvert ce collège et nous n'avons qu\u2019à nous louer du progrès fait par les élèves sous le rapport matériel.Malheureusement, je regrette de le dire, la discipline n\u2019est pas observée comme elle devrait l'être dans une institution comme celle-ci.Il y a I'¢léve McShane qui a fait du tapage en classe, Il s\u2019est rebellé contre ses maîtres.Il s'est moqué des coups de martinet que je lui ai donnés, et il a fait la sourde oreille à tous les bons conseils qu'on lui prodiguait.Je l'avertis aujourd\u2019hui pour la dernière fois, Il faut que ça change, sinon il passera la porte.Au dernier pique-nique que les élèves ont eu à Laprairie, il s\u2019est montré dissipé à tel point que l'honneur même du collège a été compromis, L'élève McShane\u2014]Je n'ai rien fait de mal.Nous avions un Deo Gralias, et chacun pouvait agir à sa guise.Le père Mercier.\u2014Taisez-vous.Je vous avertis aujourd\u2019hui que vous ne pourrez pas concourir pour le prix de sagesse.Vous êtes un mauvais éléve et le plus vite vous partirez du collège, le mieux ce sera pour la discipline.Vous avez été cause que nous avons perdu un élève qui avait payé.d\u2019avance ses quatre années de collège.Je parle du jeune Goyette qui n'a pas pu produire de bons certificats à cause de vous.Il a été renvoyé du collège,avant même de s'être assis sur son siège dans la classe.L'élève MeShane (à part.) \u2014 Je m'en moque.J'ai des amis influents et le directeur ne me chassera pas.Le père Mercier.\u2014S'il y a des élèves indisciplinés dans ce collège, en revanche il yen a qui ont tenu une conduite exemplaire et qui ont été l'objet de l\u2019admiration de leurs maîtres, Je mentionnerai le nom de l'élève Phaneuf qui vient de finir son.cours avec distinction et qui a obtenu son prix pour l'assiduité.L'élève Campeau mérite une mention honorable.Son nom ne sera pas oublié sur le Palmare le jour de la distribution des prix.Il y a quelques élèves en rhétorique qui promettent beaucoup, par exemple, les élèves Préfontaine et Rainville, Le seul reproche que je puisse leur\u2019 faire, c\u2019est de déployer trop de zéle et d'ardeur dans leurs études.Ils devraient se ménager un peu plus, car ils pourraient fatiguer leur constitution et ce serait le collège que l'on .blämerait:-Je: suis/satisfait des élèves de philosophie, Béausoleil, Bourgouin, Lange LE VIOLON \u2014 Je leur donnerai aujourd\u2019hui plusieurs bons points.Vous savez, mes enfants, que le collège n\u2019est pas fini, Il nous faut emprunter $3,500,000 pour terminer les travaux.Si nous réussissons à trouver cet argent notre institution acquerra beaucoup de force.Nous pourrons alofs offrir des prix plus riches à nos élèves, mn attendant ils devront se contenter de ce que je leur donne.J'ai encore une remarque à vous faire, mes enfants, j'ai constaté dernièremeat que deux élèves, Beaugrand et Trudel, n\u2019étaient pas satisfaits de ce que je leur donne à manger dans le réfectoire.L'élève Beaugrand est jaloux de son condisciple, il trouve qu'il mange trop et que lui-même il ne trouve pas sur la table de-quoi satisfaire son appétit.Il faut que ces chicanes entre élèves se terminent au plus tôt, Si je m'aperçois que l'élève Trudel mange plus que sa part, je le surveillerai et je l'empêcherai de trop manger.Je n\u2019ai de préférence pour personne.L'élève Beaugrand m'a témoigné le désir d'entrer dans la classe des grands, mais c'est impossible pour le moment.Aux derniers examens, il s\u2019est montré très faible sur le petit catéchisme et je n'ai pu encore cette année lui faire faire sa première communion.Il faudra qu'il se montre plus docile s\u2019il veut monter dans ses classes.L'élève Champagne se lève et montre deux doigts en l'air.' Le pére Mercier \u2014Voyons, qu'est-ce que vous voulez, élève Champagne ?L'élève Champagne \u2014T'ai envie d'aller au nord.Le père Mercier \u2014Impossible maintenant, mon garçon, il y en a deux avant vous.À présent, nous allons faire une promenade à Laprairie où il y aura récréation.Que personne ne reste en arrière lorsque je crierai : Æabeamus.Elève Trudel, récitez le Sub tuum.TRAITE DE CIVILITE \u2018, (Suite) Nous continuons les citations : * Si vous êtes pressé de tousser, gardez- vous de le faire vis-à-vis le visage d'un autre, et jamais plus fort ni plus haut qu\u2019il n\u2019est naturellement nécessaire.Roter une fois par accident, quand on est a jeun, est pardonnable ; autrement c'est une chose très-honteuse.Si on s\u2019y accoutume dès sa jeunesse, on en forme bientôt une mauvaise habitude, ce qui fait que le rot et le crachat se présentent à chaque instant, ce qui répugne à tout le monde.Si vous êtes pressé de vomir, détournez- vous en quelque lieu à part : le vomissement n\u2019est pas honteux ni vilain par lui-même, à moins que la gourmandise n\u2019en soit la cause.\u201d Pour le coup, notre livret nous semble déroger tant soit peu à la sévérité habituelle.Quoi ! roter une fois par accident (il ne manquerait plus que de le faire exprès) est pardonnable ! En sera-t-il de même quand le gaz comprimé suivra une autre voie ?Pourquoi non ?I) faut tenir les dents propres, les nettoyer.\u2026 avec le bout d\u2019un cure-dent de jonc ou de plume.\u201d Le livret aurait pu ajouter : et ne pas offrir ce cure-dent à son voisin.Cela se voit quelquefois.Il y a des personnes si serviables ! ** Si quelque dent est fort cariée ou gâtée, il faut la faire arracher, à cause de la puanteur qu\u2019elle cause dans la bouche.\u201d _ Oh bien! M.Câlino ne penserait pas autrement ; c\u2019est assez dire combien cette recommandation est fondée.\u201cIl faut laver ses mains tous les jours avant de sortir du logis.Gardez-vous de vous gratter, de tuer des poux ou des puces, et de rogner vos ongles, ou les mordre en compaguie.- N'ayez jamais les mains sales, ni les ongles .trop longs.C .Il faut prendre garde d\u2019avoir les pieds \u2018puants et\u2018qu\u2019ils-ne donnént pas de mauvaise odeur, particulièrement en été ;.çar éela est St > \u2014 > que cet inconvénient n\u2019arrive pas, il faut avoir soin de les tenir toujours nets.\u201d Il est difficile de croire qu'au temps où fut écrite la première Civilité, il y eut dans les compagnies des gens et même des enfants qui y tuassent leurs poux : c'est pourtant ce qu'implique la défense qui en est faite ici solennellement.On né peut que l\u2019approuver d\u2019ailleurs, comme aussi celle qui a évidemment en vue les personnes qui, sous prétexte de se tenir les pieds frais en été, ont l\u2019habitude de ne porter point de chaussettes.*¢ L\u2019habit doit &tre propre ct net.On ne doit pas avoir le linge moins propre.Pour cela, il faut prendre garde de laisser toucher de 'encre sur son linge quand on écrit, et de se salir par négligence, soit en mangeant, soit en faisant quelque autre chose.\u201d Ce guelgue autre chose en dit beaucoup pius qu'il n'est gros.Les préceptes sur I'usage du chapeau sont excellents.Peut être ont-ils été tirés du fameux chapitre d'Aristote, cité par Molière.¢ C'est une grande incivilité, lorsqu'on parle à quelqu'un, de tourner son chapeau, de gratter dessus avec les doigts, de battre du tambour dessus, de toucher la lesse ou le cordon, de regarder dedans ou tout autour, de le mettre devant son visage ou sur sa bouche, en sorte qu\u2019on ne puisse être entendu en parlant : c\u2019est quelque chose de bien plus vilain de mordre les bords du chapeau lorsqu\u2019on le tient devant sa bouche.\u201d\u2019 Nous passons ce qui regarde l'entrée et la tenue dans les églises, et l'entrée et la tenue dans la maison d'un grand personnage, nous ne dirons pas non plus comment il faut être dans sa chambre, s\u2019asseoir ou se tenir droit, parler et rire, nous arrivons au chapitre qui traite de la table et des règles qu\u2019il faut observer pour s\u2019y conduire décemment.Les premières consistent dans l'obligation de se laver les mains avant de se mettre à table, et dans la manière dont il faut s\u2019y asseoir, s'y servir, ou s\u2019y faire servir.- , \u2018 Etant assis, il faut se tenir le corps droit, ne mettre jamais les coudes sur la table, ni la toucher de son ventre.Ne.touchez jamais personne des pieds, surtout des ferames, par-dessous la table ; cela est scandaleux et n\u2019est pas chrétien.Le potage se met sur l'assiette ; s'il est trop chaud, on l\u2019y laisse refroidir ; car il est indécent de souffler quelque chose à table.Chacun prend devant soi et ne doit rien passer par-dessus tn plat pour chercher dans un autre au delà ; mais vous présentez votre assiette et votre cuiller dessus, priant quel- qu'un de vos sembables de vous en servir.\" Observez comme le précepteur mêle toujours agréablement les réflexions morales aux avis, et quelle finesse il y a dans cette remarque que le potage se met sur l'assiette.À moins que de son temps, on n\u2019eut encore la mauvaise habitude, dans quelques compagnies, de manger la soupe à la gamelle ; auquel cas sa remarque aurait moins de finesse qu\u2019elle n\u2019attesterait un vif sentiment de progrès.(à continuer.) \u2014_\u2014\u2014 LES AMIS, Les amis de l\u2019heure présente Ont le naturel du melon.Il faut en essayer cinquante Avant d\u2019en rencontrer un bon.\u2014\u2014>6- Pme LE BAIN, \u2018 Personnages : CHACORNAC, .cañtiñier, BRIDET, aide de cuisine.Chacornac.\u2014Oui, Bridet, c'est comme je me fais l'honneur de te le dire : je ne sais pas si elle en reviendra !\u2014Satané bain.Que toi, simple imbécile, tu ne saches rien de rien, c'est tout naturel et même, ça faits plaisir\u2026 rien que d'y penser, Mais moi ! moi, Chacornac | cantinier au deux: ième bataillon du soixante-treizième de ligne, ne pas savoir.ce-que.c\u2019est qu\u2019.Après ça, tu me diras que; malgré tout ce que je sais.je ne suis\u2018pas architecte, ni même, indubitable ! {(Brusquement), Toi, Bridet, sais-tu;ceique\u2019c\u2019est qu\u2019un\u201cbain >.\u201d quänd;on mène le * Quelquefois-très-incommode aüx autres.Afin: \u201cBridèt \u2014Clest-y pas \u20ac bataillon s\u2019infuser dans la.Charente?3 rer rar Chacornac.\u2014Eh bien, Bridet, malgré l'énorme différence qui existe\u2019 entre moi z'et toi, je suis forcé d\u2019obtempérer que je croyais la même chose.Bridet.\u2014Vous le voyez bien | mais, je vous le dis, je ne suis déjà pas tant bête que vous le croyez, et, il y a des choses !., Chacormee.\u2014(avec pitié).Il y a des choses!i\u2026 Vraiment I.I} y a des choses].Tu me fais mal aux intestins, fusillier ; et, ous'qu\u2019elles sont tes choses ?fais-les voir | Bridet.\u2014Mais enfin |.Chacornac.\u2014Mais quoi?Tais-toi doncl {l est vrai que j'ignorais effrontément ce que ce major de malheur voulait dire avec son bain.Ça, je l'avoue, c\u2019est une légume suustraite à mon éducation.Car, pour le reste\u2014comme qui dirait de ce que c\u2019est que la.formacie, la chinoiserie, la birbillio- thèque, les axiomes, la métropole, exétéra, exétéra, je puis dire, Dieu merci, que je sais à quoi m'en tenir ! Ainsi toi, espèce de bourrico, qui fais le malin d\u2019une façon nauséabonde, je parie que tu ne sais pas seulement le premier mot de la religion de tes pères, à qui tu dois le jour.Bridet.\u2014Oh! pour ça, j'en sais autant que vous.sans savoir ce que vous en savez! Chacornac\u2014 (avec commisération).Tu en sais autant que moi ! ! Eh bien ! dis-moi z'un peu, combien il y a de Dieux ?Bridet\u2014Combien il y a\u2026 Je le sais aussi bien comme vous.Chacornac.\u2014Fais voir, phénomène?Bridet\u2014Ils sont trois ! Chacornac.\u2014(avec amertume), Qué malheureux !.\u2026 Ils sont trois.\u2014 Voyons ?Bridet \u2014Y sont : le Père ! Chacornac.\u2014(il compte sur ses doigts).Ça ait un.Brüdét.\u2014Y sont : le Fils | Chacornac.\u2014Ça fait deux.Bridet \u2014Et y sont : le Sant-Esprit ! Chacornac \u2014 Ça fait trois !\u2026Et puis après ?Bridet.\u2014 Comment, et puis aprés?.apres.c'est fini | Chacornac.\u2014~(avec dédarn).Alors, Ainsi soit-il, tu le prends pour un n\u2019haricot!.Ta vois que tu es bête à faire pleurer un vésicatoire ! (Changeant de ton).C'est égal, je crois bien que l\u2019aide-major\u2014que le diable enlève ! \u2014n\u2019est pas plus malin que lui !\u2014Satané bain ! ; Bridet \u2014 Enfin, caporal, quoi done qui vous a dit?Chacornac.\u2014Il m'a dit: Pour f.languir ta femme d'aplomb, tu vas lui faire avaler dix ou quinze gamelles de chiendent et tu lui feras prendre deux ou \u2018trois bains.Elle a le feu dans le corps.Excès de boisson, peut-être.Il faut alors la rincer, la.recurer, comme un vieux bidon ! Je comprenais assez ça\u2014un mot de plus, je trouvais Qu'il avait raison ; aussi lui ai-je dit : Pour le chiendent.compris; mais, pour ce que vous venez de me dire après.\u2026 \u2014Le bain ?\u2014Oui, le bain ! ous\u2019qu\u2019on trouve ça?Il fait l'étonné, et il me dit: A deux portées de fusil du quartier ; juste en face de la manufacture de soles frites, il y a un établissement.\u2014Tu la conduis là, à jeun ; elle prend un billet, on lui donne un cabinet, où elle reste tant que cela lui plait, et.voila tout! \u2014Ce n'est pas la mer à boire |\u2014Heureuse- ment ! que je réponds en riant.\u2014Ah! si j'avais su |.Non d\u2019un nom! Elle n\u2019en reviendra -pas !\u2026 c\u2019est sûr ! Pour lors, le lendemain matin, je la fais habiller sur son trente-et-un, j'endosse grande tenue, schako découvert, et nous voilà partis ! Nous entrons dans la cambuse, et je dis à une petite dame qui était fourrée dans des pots de girofiée :\u2014Voulez-vous \u2018me donner un bain?\u2014Pour vous ou pour madame ?\u2014Pour madame, la petite mère! Regardez-moi donc fixement ! j'ai tant seulement jamais souffert d'une engelure ! Je suis sain comme une rosière, moi qui vous parle ! , \u2014C'est 75 centimes qu\u2019elle me répond en rougissant.Voilà, monsieur, et elle me donne un petit carré de carton.Je dis à Paméla : Allons, toi, marche de- .|vant : je te suis.Faut dire que je n'étais pas | faché de voir comment ça se passait.Britet (avec malice).Tiens, c\u2019te bêtise 1.Chacornac.\u2014 Pour lors, une grosse rougeaude avec les manches relroussées, m\u2019ar- réte et me dit : Vous ne pouvez pas entrer, c\u2019est le côté des dames.\u2018 \u2014Mais, bayadère, raison de plus ! et puis, c\u2019est ma légitime.\u2014Enfin, monsieur, il n\u2019y a pas moyen, c'est le règlement 1 Je m\u2019ai dit à mon à-part : Qu'est-ce que je vas ficher pendant ce temps- la?\u201c La dame aux giroflées me dit de m'asseoir : la grosse tomate \u2018vint.chercher ma\u2019 femme qui la suivit efforcée, sans seulement savoir \u2018se qu'elle faisait jet diine TE - Je\u2018ine-rappelle:que je lui ai-dit:bétement : Je suis là 1 Ne\u201d t'inquiète pas: Je voulais A ee re LE VIOLON + rassurer un peu! Tu sais.une première fois !.Bridet.\u2014Bien sûr ! Chacornac.\u2014 Au bout d\u2019une heure, je commençais à me faire vieux, je me suis endormi sur un livre que la petite femme aux giroflées m'avait prêté.Attends !\u2026 ah |.c'est ça : Æxplorations d'un amiral auvergnat aux iles Hébrides ; - 11 paralt que je ronflais A faire éclater les cloisons ! Si bien qu\u2019un grand diable ficelé comme un garçon de café, il avait les manches retroussées jusqu'aux coudes, et un tablier, m'a réveillé en cerceau J'y ai offert une goutte, car je voulais à toute force avoir des renseignements sur la chose Il accepte sans se faire prier, nous v'la donc partis à côté chez un mastroquet.Il m'explique la chose en détail.Mais quand îl m\u2019a dit qu'il fallait que ma femme se déshabille.j'en suis resté suffoqué\u2026Je lui ai dit : sais-tu bien, ancienne ancouille, que ma femme peut se piquer le nez quelque fois, c\u2019est pos sible, c\u2019est même sûr ; mais elle ne se déshabille que chez moi et encore lorsque je lui en laisse le temps! \u2014C'est cependant ce qu\u2019elles font toutes, me dit-il, même la femme du gous-préfet.Enfin, je passe par là-dessus et,\u2014 pour ga- ner du temps,\u2014nous prenons deux ou trois itres 1.Cependant, au bout de trois heures, je n\u2019y tiens plus, je rentre dans la baraque, et j'appelle Paméla qui me répond d'une voix lL.oh ! mais d'une voix !.comme un chat qui étrangle : (/métant la voix.) Ça n\u2019y est pasencore !\u2014Je patiente une demi heure ! J'avais fumé huit sous de tabac de cantine, Ça faisait juste quatre heures ! La grosse fille va frapper à sa porte en lui disant que c'en était assez, et même que jamais personne ne restait aussi longtemps ; puis, elle lui demande si elle veut du linge ! \u2014Non, qu'elle se met à hurler ! Je perdais patience et je me suis mis à gueu\u2026,à crier: Il faut cependant que ça finisse.\u2014Ouvrez moi, ou je fiche la maison par la fenêtrel\u2014Faut croire qu\u2019ils ont vu que c\u2019était sérieux, car on m'a ouvert! Oui ! mais qu'est-ce que j'ai vu! ! 1 Bridet.\u2014(efrayé).Quoi done?Chacornac-\u2014(reprenant) Quoi donc ?ah ! quoi donc?(I/ s'essuie le front).Tiens, Bri det, dans ma vie de garnisons,\u2014j'ai vu bien des choses ; je puis dire, sans me vanter, que j'ai vu des choses.étonnantes.odoriférantes, vermifuges et incombustibles 1 mais jamais, entends tu, je n'en ai vu de cette force-là !\u2026j'ai vu, Bridet, j'ai vu ma femme, ma Paméla ! celle que j'ai choisie entre toutes, nue comme un ver, assise sur un tabouret, grelottant de froid et la tête ct le haut du corps penchés dans une grande bassine | Elle avait la face et les épaules rouges comme une betterave l.Je lui dis : Mais, nom d\u2019un tonnerre qu\u2019est-ce que tu fiches lal Alors, c'te créature du bon Dieu, me dit : \u2014Faut pas m'en vouloir, Barnabé, j'ai pu n'en boire que la moitié.\u2014Aussi, foi de Chacornac\u2026 Tôt ou tard\u2026 le major me paiera ça |.22 Oe COUPS D\u2019ARCHET L\u2019hon.M.J.H.Pope, ministre des chemins de fer et des canaux, qui avait été retenu à la maison pendant longtemps à cause d\u2019un froid qu\u2019il avait pris, a repris son service, mais il ne travaillera pas longtemps à Ottawa.Sir John vient de le nommer lieu- tenant-gouverneur d\u2019une nouvelle province sur la Baie d'Hudson, créée expressément pour lui, dans un pays où il fait un froid à faire éclore des ours blancs.Le froid caûse une maladie à M.Pope à Ottawa et on l'envoie maintenant dans une région polaire, probablement en vertu de l'aphorisme des homéopathes.Similia simi- libus curantur.a Il y a toujours une consolation pour le petit garçon qui ne trouve rien dans son bas le Jour de l'An, c\u2019est d'aller à la grand\u201d- messe et d'entendre un bon sermon.«Tx La dernière invention des Américains est une presse à imprimer améliorée.Cette presse est pourvue d\u2019une machine à faire des affidavits sur la circulalion du journal.Mélie, une charmante petite fille a été grossière pour sa grand\u2019maman qui veut absolument qu'elle lui demande pardon.L'enfant refuse de s'exécuter.\u2014Si tu ne dis pas que cela t'a fait'de la peine, fit la grand'mère, je ferai venir le diable et il t'\u2019emportera.; \u2014C'est'inutile de le faire venir, grand\u2019- maman, parceque je sais qu'il ne m'emportera pas.\u2019 \u2014Comment le sais-tu ?\u2014Parce que la semaine dernière, papa et maman parlaient de toi.Papa a \u201cdit.qu\u2019il \u201d ,( voulaitique le-diable;t\u2019empôrtât et vous êtes 2 A OTTAWA La scène représente le bureau d'un employé civil à Ottawa, le 15 de chaque mois, jour où il reçoit son chèque.Les collecteurs se présentent pour lui parler, Parmi les cadeaux du Jour de l'An an- noncès dans les journaux, nous trouvons les pilules purgatives du Professeur Diafoiruswy Un tonneau de diamants vaut $30,000,000 Ne vous laissez jamais tromper par des commerçants qui donnent à leurs pratiques la petite tonne de 1,800 livres.* * * Aujourd'hui ce qui embête principalement les femmes, c'est de trouver un cadeau convenable pour le Jour de l'An pour $2, mais paraissant valoir $5.x WILFRID'S PARLOUR Le restaurant le plus chic de Montréal et service des plus chouettes.Cet établissement se recommande au public pour sa spécialité d'huitres en écaille.Les huitres servies aux clients ont été choisies à la main et elles arrivent dans un état de fraîcheur des plus parfaits.Soupe aux huitres préparées en trois minutes.Wilfrid Théoret, Propriétaire.No.94 rue St-Laurent.we Le dicton \u201cça prend un voleur pour prendre un voleur \"nest pas très flatteur pour le détective.LM Une dame de New-York a un plan pour débarrasser le pays des moineaux ; ce serait de les utiliser en les plaçant sur les chapeaux des dames.Cette nouvelle mode serait la destruction complète de cette: * nuisance.\u201d * > Dans les contestations d'élection actuellement devant les tribunaux, il se soulève une question d\u2019une haute importance.Ça sera la signification la plus étendue des mots \u2018\u2018 influence indue.\u201d La discussion sera chaude, mais tout le monde s\u2019accordera à dire que le Vrai Brazeau exerce une influence terrible sur le commerce des cigares lorsqu'il vend : les Cable, Progress, Noisy Boys, C.P.R., Union Made, L.À.C., 8 Hours, Flor del Nilo, Flor de France, tous à 3 cts.Les Stonewall Jackson, Hero, Mongos, Peg Tops, St.Lawrence, New Progress, Mikado, Plantation, Petit Crême, Petit Canvas Back, détaillés pour 4 cts chez le Vrai Brazeau, No.47 rue St.Laurent.Tous les autres prix sont en proportion.+ Anna et Sophie se sont rencontrées hier dans le salon de madame Bisquanquoin.et ont parlé de leur amie Marie-Louise.Anna\u2014Le mariage que l\u2019on croyait cassé est repris.Son amant dit aujourd\u2019hui u'elle pue bon.i 9 Sophie.\u2014 Mais, c'est impossible.Ce qu\u2019il lui reprochait était impardonnable.\"Anna \u2014Tout va bien maintenant.Elle achète les parfums les plus délicats, le White Rose,\u2018le Jockey Club, le Yang y Ling, chez McGale, 2123 rue Notre-Dame, ou ils se vendent a bien bon marché.; .On trouvera toujours A la pharmacie Violette, Martha Washington, - Spanish\u2019 Jasmifa, Florida Breeze, Stéphanatis, \u2018et le muscidonc:\u201d Apiés-ga:tirons l'échelle, id Co Sa 0 \u2019 - McGale les \u2018parfums suivants: Kuli-Kuli \u201cHa'houlette ?° ST La Bibliothèque à Cing Cents voit chaque jour son succés s\u2019aifermir,.D'où lui vien cette faveur particulière du public?Il suffit de parcourir au hasard un des numéros hebdomadaires de cette intéressante publication, et l\u2019on se rendra immédiatement compte du choix éclairé, de l'attention scrupuleuse qui président à sa composition.Les sujets les plus variés dans le Roman, la Littérature, l\u2019Histoire, les Voyages, le: Scènes du Désert ou de la Vie Indienne, y sont tour à tour développés avec l'attrait puissant des poignantes émotions que fon naître les grands spectacles de la nature, et l\u2019analyse des sentiments les plus tendres et les plus délicats du cœur humain.A ces divers titres, La Bibliothèque o Cing Cents a sa place marquée d'avance à tous les foyers, où elle fera les délices tu hard aussi bien que celles de la jeune e.Prix d\u2019abonnement un an, g2.50; six mois.$1.25.S'adresser à Poirier, Bessette & Cie, 1540 Rue Notre-Dame, Montréal.FEUILLETON DU \u2018\u2018 VIOLON.LES PETITS SOULIERS Le 6 janvier 1776, jour de l'Epiphanie,il se passa sur le gaillard d\u2019arrière du vaisseau français le Héron une petite scène assez piquante pour mériter qu\u2019on la raconte.Tous les officiers que le service de l'équipage ne réclamait pas ailleurs, se promenaient, causant et fumant sur le pont, lorsqu\u2019un jeune aspirant de marine, montant l\u2019escalier qui conduisait à la chambre du capitaine, parut et s'écria : \u2014Chapeau bas, messieurs ! voici la reine ! Et cependant Marie-Antoinette n\u2019avait pas quitté Versailles ; à l'aide de l'Asmodée ou de la seconde vue des montagnards d\u2019Ecosse, on l'aurait pu voir en ce moment dans un coin du château, à l'abri de l\u2019étiquette, son ennemie intime, jouer la comédie en famille, recevant sa réplique du comte d'Artois, et ayant pour souffleur le comte de Provence, tous deux ses beaux-frères.Elle remplissait.le rôle principal dans le Devin du village, et chantait : J'ai perdu mon serviteur, J'ai perdu tout mon bonheur.paroles qu\u2019elle \u2018eut depuis l\u2019occasion de répéter bien des fois sans chanter ! cette pauvre reine qui est déjà tombée dans l\u2019histoire, et qui tombera bientôt dans le drame, aussi poétique, aussi belle et plus pure que Marie Stuart.Quelle.était donc l\u2019usurpatrice qui ramassait \u2018alors à' douze cents lieues de \u2018Versailles le sceptre \u2018que la reine légitime sbandonnait-un/inétant- pour, jeté à la mer.Hâtons-nous de le dire, il n'y avait là ni fourberio, ni crime de lèse-majesté.La royauté que saluait l\u2019équipage du Héron n'était que l\u2019innocence et fugitive royauté de la fêve.Elle venait d'échoir, par In grâce du sort, à une jolie petite créole de la Martinique, parente du capitaine, et qui sous la conduite d\u2019une vicille tante, allait, comme la Firginie de Beruardin de Saint Pierre, poursuivre, dans la métropole, de vagues espérances de fortune et d\u2019héritage.Et c'était dommage, en vérité, que la jeune reine ne fût qu'une reine pour rire, car elle s\u2019acquittait de ses hautes et nouvelles fonctions avec un aplomb et nue grice qu'eussent enviés Catherine Il et Marie-Thérdse.\u2014 A genoux,beau page ,disait-elle au jeune aspirant qui l'avait amenée, ne .| Voyez-vous pas que j'ai laissé tomber mon gunt ?À moi ! mon conseil des ministres, et ne riez pas, messieurs, car le cas à discuter est grave.Jaime mon peuple, entendez-vous, et je veux que mon peuple m'aime ; il s'agit de décider si, pour attirer à mes pieds ses hommages, une rosette bleue sur mes souliers ne siérait pas mieux qu\u2019une rosette blanche.Comment donc, je crois que mon premier médecin se permet de lancer au nez de sa souveraine des bouffées de tabac, en guise d'encens ! Qu'un de mes ambassadeurs monte sur l'hippogriffe à l'instant pour aller voir dans la lune si la raison du bon docteur n\u2019aurait pas suivi ce matin, après boire, le même chemin que celle de feu Roland.\u201d Et mille innocentes saillies, mille coquets enfuntillages dont tous ces bons marins riaient de si bon cœur et si longtemps que leurs grosses pipes s'éteignaient oisives entre leurs mains.Mais celui de tous qui semblait se réjouir le plus du triomphe de l'aimable enfant était un vieux matelot breton nommé Pierre Hello, ayant moins de rides que de blessures, qui, ce jour-là même avait reçu une médaille d'honneur, tardive récompense de ses longs services! et qu'à cette considération le capitaine venait d\u2019udmettre à sa table, au repas présidé par les deux dames créoles; ses parentes.Marie-Rose, ainsi se nommait la jeune fille, s'était émerveillée depuis longtemps au récit des belles actions de Pierre Hello.Elle l'avait complimenté, caressé, et le cœur du rude vieillard, neuf encore à de pareilles émotions, avait palpité sous ces caresses d'enfant, aussi fort qu'à la réception de sa mé«laille d'honneur.C'était lui seul qui la servait : c'était encore ou peu s\u2019en faut, lui seul qui veiilait sur elle; car la tante de Murie-Rose, bonne vieille clouée sur sa chaise par la goutte, passait tout le jour absorbée dans la lecture de saint Augustin, ne l'interrompant par intervalle que pour dire : \u201c* Ici, Minette! ici Marie-Rose ! \u201d quand elle voyait son chat courir dans la cale après une souris, où sa nièce sur le pont après un rayon de soleil.Mais élevée, comme la plupart des filles de colons, dans In plus large indépendance, Marie-Rose n\u2019écoutait pas ou feignait de ne pas entendre.Tantôt elle montait aux échelles et se balançait aux cordagès, et alors Pierre Hello la regardait d\u2019en bas, prêt, si elle tombait sur le pont, à la recevoir dans ses larges mains, comme il eût reçu un oiseau que la fatigue abat, où à la repêcher à la nage si le vent l\u2019eût Tantôt elle aimusait l\u2019équipage oisif par ses chansons et par ses danses, et alors, Pierre Hello,attentif, semblait avoir trouvé de lintelli- gence pour.comprendre les vers et du goût pour sentir la grâce.\u2018 Le lendemain de l'Epiphanie et \u2018de sa courte royauté, l'amable enfant parat:triste et pensive, et le vieux loup de'mer se posa devant elle-inguiet et silencieux \u2018comme un caniche qui.voit pleurer son muître.Elle ne pat s'empêcher RIN ES ARTI: 3 Sa VIR RENT IRA Lgran CE Tégard'compatissant et\u2019intériogatéut; Jt Co \u2019 = i 0408 Ho LV My de répondre par une confidence \u2018a*ca a\u201d am + mt Bn TE ee a\u201d Une vieille négresse maronne, qui passait pour sorcière, et à qui Marie- Rose portait en cachette du pain dans lès bois, lui avait fait une prédiction étrange, qui la préoceupait, et dont elle avait retenu les paroles textuelles : \u2014Bonne petite maîtresse, moi avoir vu dans la nue grand condor, monter bien haut, bien haut, avec rose dans son bec.Toi, étre Rose.Toi, bien malheureuse ; puis toi reine, puis grande tempête, et toi mourir.\u2014 J'ai été reine hier, ajouta-t-elle, et je n'attends plus maintenant que la tempête qui doit m\u2019emporter.\u2014N\u2019ayez pas peur, mademoiselle, répondit Hello; s\u2019il arrivait malheur au Héron, vous n\u2019auriez qu'à saisir le pan de ma ceinture.la.comme ceci, et, avec l'aide de Dieu et de mon patron (un grand saint, voyez-vous ! car il marchait sur l'eau sans enfoncer, ce qui, foi de marin, est un bien beau miracie !), vous aborderiez aussi doucement a terre qu'une goélette remorquée par un trois-mâts.Marie-Rose, un pen rassurée, paya le dévouement du brave homme en lui chantant une romance que personne n'avait encore entendue.C'étaient quand son départ fut décidé, ses adieux et ses plaintes qu\u2019un jeune créole son voisin, avait mis pour elle en vers et en musique : Petit nègre, au champ qui fleuronne, Va moissonner pour mu couronne : La négresse fuyant aux bois, Maroune, M'a prédit la grandeur des rois Vingt fois.Petit nègre, va, qui t'arrête ?Scrait-ce déjà la tempête Qui doit efffeurer si souvent Ma tête, Et jeter mon bonheur mouvant Au vent ?Las ! j'en pleure déjà la perte Adieu donc, pour Ia mer déserte La rivière des Trois-Ilets Si verte, Où, dans ma barque aux blonds filets J'allais Adieu : les vents m'ont entraînée, Ma patrie et ma sœur ainée ! La fleur veut mourir où la fleur Est née, Et j'étais si bien sur ton cœur, a sœur ! Mais il est un âge où toutes les douleurs passent légères et fugitives, où la mélancolie du soir sèche au matin comme la rosé, et Marie-Rose avait cet âge.Le lendemain, elle dansait encore ; les jours, les semaines s'écoulèrent sans user cette gaîté pé- talante ; mais il n\u2019en fut pas de même de ses petits souliers.Le dernier bond d'une farandolè en emporta les derniers lambeaux.Par malheur, la garde-robe de ces dames était légère ; elles allaient à Paris, et avaient cru devoir, pour la remonter, attendre les conseils de la Mode dans son empire.Bientôt Marie-Rose fut réduite à s\u2019asseoir, immobile à côté de sa tante, cachant ses pieds nus sous sa robe, remuant la tête et le corps dans un besoin fébrile de mouvement, mais n\u2019osant risquer un pas, semblable à cette Daphné des Tuileries dont le buste est vivant encore quand ses pieds ont déjà pris racine.La petite Teine pleurait là, captive comme dans une tour enchantée, et attendant qu'un chevalier, passant, la délivrât.Ce chevalier passa, et ce fut Pierre Hello.\u201c Laisser-nus de si jolis pieds, disait-il avec l\u2019accent de l\u2019indignation, il faudrait n\u2019avoir pas pour deux liards de cœur !\u201d Mais si le poête a dit : L'indignation fait des vers, il n\u2019a pas dit qu\u2019elle put faire des souliers, Pierre Hello réfléchit, se frappant le front, se-grattant la tête en promenant d'une joue à l\u2019autre, dans sa bouche ce morceau de tabac que les marins ont l'habitude de mâcher.\u2026\u2026\u2026 nfin sa chique.C'est tn vilain mot ; vo - ci a à yf - yoais -pardon, il \u2018n'y en avait qu\u2019un pour exprimer la chose, et celte chose est trop importante quand il s\u2019agit de mœurs maritimes, pour.qu'un narre- \u2018teur, consciencieux n\u2019en parle\u2018pas.La hique-est à la pensée du matelot ce jue l'aiguille est à l'hbrloge ; \u2018quand pid] rt qu \u2018M ponsée Fa, a chique téuras.C'est alausei 1 'étditéposé uile question atl LE VIOLON \u2014\u2014 AAA AAA A \u2014\u2014 bien, fardue pour un mathématicien novice : Faire quelque chose avec rien, problème que Dien seul a pu résou- re.\u201c Un morceau de cuir ! ma pipe et ma médaille pour un morceau de cuir !\u201d disait-il avec l\u2019énergie désespérée de Richard III, criant : \u201c Une épée ! mon royaume pour une épée!\u201d Certes, tous les filets de l'équipage se fussent déployés bien vite à la mer s\u2019il eùt connu l\u2019histoire de- don Quichotte, et osé se flatter d\u2019avoir la main aussi heureuse gue Sancho Panga, qui, jetant ses hameçons aux truites, y voyait mordre des savates.Il chercha, fureta, remua ; sa main passa partout où une souris pouvait passer.Enfin, il poussa un cri de joie, un cri semblable à celui d\u2019Harpagon retrouvant sa cassette, ou de J.-J.Rousseau couvant des yeux sa pervenche.Ce n\u2019était pas une fleur, cu n\u2019était pas un trésor que Pierre Hello venait de découvrir, c'était quelque chose de \u2018bien plus précieux, ma foi ; c'était une botte ! la botte d\u2019un soldat tué dans un, abordage ; elle avait roulé dans un coin de la cale, Dieu sait comment ! Depuis elle était restée là, portant le deuil de sa\u2019 sœur jumelle, noyée dans la mer ou ensevelie dans le ventre d\u2019un requin, et croyant bien comme le rat de La Fontaine, que les choses d'ici-bas ne le regardaient plus.Mais Pierre Hello en décida autrement: se servant de son poignard en guise d\u2019alène et de tranchet, il perça, il tailla si bien qu'il fit en moins d\u2019une heure\u2026 je voudrais bien pouvoir dire qu\u2019il fit une paire de souliers; mais par respect pour la vérité, je n\u2019ose\u2026 Ce qu'il fit.ce n\u2019était précisément ni des souliers, ni des brodequins, ni des bottines, ni des chaussons, ni des socques, ni des cothurnes, ni des babouches, ni des mocassins ; c'était, dans l\u2019art de la chaussure, une œuvre originale, fantastique, romantique, une chose sans nom ; mais enfin cette chose sans nom pouvait à la * rigueur s'interposer comme mne armure défensive entre l\u2019épiderme du pied humain et le parquet.Le brave Hello courut aussitôt à la cabine de Marie-Rose, où, après avoir, à grand\u2019peine et aux éclaté de rire de la jeune fille, emboité, ficelé ses pieds nus dans cette bouffonne chaussure, il se releva, croisa triomphalement ses \u2018bras sur sa poitrine, et dit : Voila !.et, une heure aprés, la ba- yadére dansait encore, dansait avec un poids à chaque pied, aux applaudissements de son parterre, conquis cette fois à double titre, car il y avait dans certe danse le mérite combiné de l\u2019art et du tour de force : c'était Mlle Taglioni et Mme Saqui résumées d\u2019avance en deux jambes.Enfin, après une longue traversée, la vigie cria: Terre ! Et ce fut, je vous assure; une scène vraiment touchante que celle du matelot et de la jeune créole.Je penserai toujours à vous et je garderai vos souliers comme un souvenir, comme une relique, disait Marie-Rose pour consoler Pierre Hello qui passait sur ses yeux humides le revers de sa main calleuse.\u2014Oh ! répondait-il en secouant la tête, vous allez à Paris, où de nouveaux amis vous feront perdre le souvenir du pauvre Hello, qui ne vous occupera : guère.\u2014Toujours !\u201d répéta-t-elle, entraînée par sa tante, Il la suivit longtemps des yeux ; elle se retourna souvent, et il ne pouvait déjà plus l'entendre qu\u2019elle répétait encore en agitant son mouchoir : \u201c Toujours, Hello, ' toujours !\u201d Pierre Hello ne put savoir si la \u2018jeune fille tint .parole, car il toucha bien rarement la terre, ot fut tué dans + la guerre d\u2019Amérique.Quant à Mariei ROBO .coeee : Mais voici, au travers de mon -his- \u2018toire, le grand fleuve: de la révolution \u2018 française qui passe ; fleuve étrange et qu'on ne sait comment nommer : Pactole au sable d\u2019or, Simois tint de sang, Eurotas aux lauriers-roses.Son bruit et-sa.profondeur vous/causersient dés main, ma \u2018 vertiges.Donnez-moi \u2018la sœûr.Fermez les yeux et sautons par dessus.fix | = ber Bien ! nous voici tombés au\u2019milieu de l'empire, et nous sommes à la Malmaison, retraite de la noble et malheureuse Joséphine, veuve par une séparation légale, de Napoléon vivant encore, mais toujours impératrice et toujours adorée des Français, qui l'avaient épousée, eux aussi, dans le cœur, et qui n'avaient point souscrit au divorce., Accoudée dans sa chambre sur la boîte d\u2019un piano, elle écoutait en souriant une députation de jeunes demoiselles attachées à sa personne, et qui sollicitaient, tremblantes, la pefmis- sion de jouer des proverbes au château.\u201c Volontiers, mes enfants, répondit Joséphine ; je veux même me charger des costumes, Grâce à la générosité de l\u2019empereur, ma garde- robe y peut abondamment fournir.Tenez, voici ce que Marchand vient encore de m'apporter tout à l'heure.\u201d Et elle repoussait négligemment du pied une fourrure étendue sur le tapis.Cette parure était si belle, que mademoiselle S.-R., la plus jeune des ambassadrices, ne put s'empêcher de dire, en frappant l\u2019une contre l\u2019autre ses blanches mains en signe d\u2019admiration : \u2014Dieu ! que Votre Majesté cst heureuse ! \u2014Heureuse, murmura Joséphine, heureuse !.Elle parut réver un moment, et ses doigts distraits, errant sur les touches de son piano, en tirérent quelques mots de la romance que nous connaissons déjà : La fleur veut mourir où la fleur Est née, Et j'étais si bien sur ton cœur, Ma sœur ! Puis, secouant les souvenirs qui l'oppressaient, elle se leva : \u201c Qui m'aime me suive, mesdemoiselles ; venez voir et choisir vos costumes.\u201d Et, précédant le jeune et fol essaim, elle entra dans sa garde-robe.Toutes les jeunes filles ouvrirent alors des yeux émerveillés, comme le fils du bûcheron descendu pour la première fois dans la caverne d'Ali-Baba.Il y avait là des gazes si légères, qu\u2019elles se fussent envolées comme les fils de la Vierge, n\u2019eût été le poids des pierres qui les bordaient ; 1l y avait là des :|mantilles espagnoles, des mezzaros italiens, des peignoirs d\u2019odalisques, tout imprégnés encore des parfums du harem et de la poudre d\u2019Aboukir, et enfin des robes de madone si belles, que la Vierge de Lorette elle-même ne les eût mises autrefois que le jour de l\u2019Assomption.* Prenez, enfants, \u2018dit la bonne impératrice, et amusez-vous bien.Je vous abandonne toutes ces belles choses qui vous font ouvrir de si grands yeux, toutes, hormis une seule, car celle-là m\u2019est trop précieuse et trop sacrée pour qu\u2019on y touche.Puis, voyant à ces mots la curiosité étincelante sur toutes les paupières ; \u2014Je puis cependant vous faire voir ce trésor, ajouta-t-elle.Je vous laisse à penser, ma sœur, si l'imagination, cette folle du logis, qui en est la maîtresse à quinze ans, prit ses ébats dans toutes ces têtes enfantines.Qu'était-ce doñcque cette merveille qu'il était défendu de toucher quand on froissait à loisir tant de merveilles?Une robe couleur du temps, de la lane ou du soleil, comme dans Peau d'Anne ?Cet œuf d'oiseau qui, suivant les contes arabes, est un diamant et peut rendre invisible ?Un éventail fait avec les ailes d\u2019un génie de l\u2019Alhambra ?Le voile d\u2019une fée, ou bien quelque ouvrage-plas précieux encore commandé.par: l\u2019empereur.à | l\u2019un de ses démons familiers, le petit homme fouge ou le petit homme vert?Qu'était-ce done ?| \u2018 Enfin; prenant pitié \u2018de la curiosité impatiente qu'elle veiiait d'irriter elle- même avec ,une innocente malice, Jôséphiüe fouilla déris fin \u2018ogin'ds pa éaci-ééheiuéridi tou fs Ce n\u2019était cette fois, ma sœur, ni.un cadeau de Napoléon, ni l\u2019œuvre d\u2019un génie : c'était l\u2019œuvre et le présent du marin breton, Pierre Hello, c\u2019étaient les souliers de Marie-Rose.Car, vous l'avez deviné déjà, l\u2019impératrice Joséphine et la danseuse aux pieds nus ne sont qu\u2019une même personne et un même cœur.Quand l\u2019épée de Bonuparte commençait à découper l'Europe comme un gâtean, Joséphine Marie-Rose Tascher de la Pagerie, heureuse cette fois, eut la fève et régna.Elle régna longtemps; mais voilà qu\u2019un jour, il se fit tout à coup une grande tempête en Europe; les neiges de la Russie se soulevèrent d\u2019elles-mémes pour retomber en blanc linceul sur nos soldats ; les quatre vents nous soufilèrent des avalanches d\u2019ennemis, et il y ent alors en France aux éclairs du sabre et du canon, et sous les lourds piétinements de la bataille, des tremblements de terre aussi forts que ceux des Antilles.Lorsque enfin, notre ciel redevient beau, la prédiction de la négresse était accomplie toute entiére.le grand -condor foudroyé avait laissé tomber la rose, et la créole des Trois Ilets, deux fois reine, était morte dans la tempête ! Lorents.Nationa Les tirages mensuels ont lieu 1e troisième mercredi de chaque mois.La valeur des prix qui seront tirés Je Mercredi, 21 Décembre \"87 \u2014 SERA DE \u2014 $60,000.00 , COUT DU BILLET Première Série - - - 81.00 | Deuxième Série .- - 25 ets s&-Demandez le catalogue des prix-@ Le Secrétaire, S.E.LEFEBVRE, 19, RUE SAINT-JACQUES, MONTREAL J.N.LAMARCHE RBELIEUR No.17, RUE SAINTE - THERESE ; Entre les vues St-Vincent et St-Gabriel , MONTREAL, \u2018Reliure commercialeet de goûtexécuté ave soin promptitude, et à prix trés modérés.L\u2019Imprimerie Générale Exécute a va toutes .i COMMANDES TYPOGRAPHIQUES | IMPRESSIONS DE LUXE, IMPRESSIONS DE.CHEMINS:DE FER, IMPRESSIONS DE COMMERCE Erc., Etc, Eto.\u2018 L'Imprimerie Générale: EST EN MESURE od D'EXECUTER LES COMMANDES]LES PLUSH _CONSIDERABLES SOUS LE PLUS \u201c BREF DELAL ; de TNA \u2014 PRIX TRÈS MODÉRÉS.|\" OHARLES BELLEAU;.: A Gian No 45, PLACE JAÔQUES-CARTIER.N.B.\u2014Lés \u2018ordres peuvent- être déposée-auif bureau de La MINERVE, No;43, Place Jacques-4 Cartier, où au bureau.o LA Ho Yi, A ras Notre-Dame, on face da} Hotel -ds NT "]
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