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Titre :
Le violon
Hebdomadaire, Le Violon est un journal humoristique illustré qui fait flèche de tout bois à partir des actualités, des travers des personnages publics et des indiscrétions du carnet social.
Éditeur :
  • Montréal: :[s.n.],1886-1888
Contenu spécifique :
samedi 10 décembre 1887
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
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Références

Le violon, 1887-12-10, Collections de BAnQ.

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[" ADMINISTRATION REDACTION 25 PLACE JACCUES-CARTIER MONTREAL ABONNEMENT ga \u20ac (4 STRICTEMENT D'AVANCE.JOURNAL QUI FAIT DANSER VOL.II MONTRÉAL, SAMEDI, 10 DÉCEMBRE 1887 F.X.LEMIEUX, Communes, Ottawa, Out ANNONCES MESURE AGATE 1ère INSERTION, 710 Cents Autre\u201c (6 Cents A LONGS TERMES .CONDITIONS SPECIALES LE NUMERO DEUX CEHN3INS No 12 A 23 ; ) ! W (| 2) ÿ y y of Poo \\ : A QUEBEC SES Ey Ih Fate N BREE NE STRESS NE \u2018W A nN Na ./ X eu of; .| ¥ ASIN } 7 i = Pre: Fat: D B = ERE A os See AS 5 Sp Sy = 2-2 PE = : = 3 Ss oy ae b= = Pendant la maladie du papa, les enfants.se disputent pour avoir les confitures.Turcotte croit qu'il peut les-empêcher d'arriver à l'armoire.cc \u20ac x EE STATE NIET ESS SPER ST ee ESS ESS PI re mg AE a Eh Ks TAREE Catadew PSC E ES LE VIOLON 6 Nr A (AY: A - >= AN y al / i=) Pron, >» ly NE ay ee a 2 A gr LE VIOLON Paraît tous les samedis.L'abonnement est de $1.00 par année, inva- fMlablement payable d'avance.Nous le vendons aux agents seize cents la douzaine.Toutes communications doivent être adressées comme suit : : LE VIOLON, 45, Placo Jacques-Cartier, MONTRÉAL, H.BERTHELOT, RÉDACTEUR.MONTRÉAL, 10 DECEMBRE 1887 LE PETIT BAPTISTE ET SON PAPA CONVERSATION A PROPOS DE LA PROCHAINE SESSION PROVINCIALE.\u2014LES ÉLECTIONS CONTESTEES, ETC.Baptiste.\u2014Parle-moi donc, papa.Ladébauche.\u2014Quoi ?Baptiste \u2014Je voudrais savoir au juste si nous aurons une session à Québec.L'été dernier tu m'as fait accroire que la session aurait lieu À la fin de l\u2019automne.Nous voici en plein hiver et pas plus de session que sur la main.Ladébaueche.\u2014 Quand je t'ai dit qu\u2019il y aurait une.session dans l'automne, c'était M.Mercier qui m'avait dit ça.Je crois bien qu\u2019il aurait réuni les chambres s'il y avait eu moyen de moyenner.Mais il y a cu des, empêchements.Le premier est la question dé l'emprunt de #3,500,000 qui n'est pas encore réglée, le deuxième, c'est que le gouvernement a sur les bras trois contestations d'élections de ses amis qui le fort jongler d'une manière un peu verticale.Tu comprends, mon garçon ! Il y a les élections de MM.Boyer, Rochon et Goyette qui courent un grand risque d'être fêlées par la cour.Je dis un grand risque, je devrais m\u2019exprimer autrement, c\u2019est plus qu\u2019un risque, car déjà Goyette parle de résigner.Baptiste.\u2014 Comment Goyette, l'ennemi intime du Vio/on va se faire-passer au smotte à son tour.Ladébauche.\u2014Pour celui-là, tu peux en être sûr.Il a, dit-on, offert de résigner, mais ceux qui le poursuivent ne veulent pas accepter sa résignation.Ils sont résolus à le faire disqualifier.C\u2019est ce qui peut arriver de pire 4 un homme qui se mele de politique.Baptiste.\u2014Quand qu'est-ce que ça fait ?Ladébauche.\u2014Qu'est-ce que ça fait ?Ga fait gros, mon fiston.Un homme disqualifié comme membre dû parlement se trouve dans la plus vilaine box imaginable.Ça l\u2019engourdit comme une taupe pendant sept ans.Son chien est mort pendant sept ans pour un siége en chambre et pardessus le marché, il devient incapable d'occuper aucun emploi du gouvernement.: Baptiste\u2014]e crois, moi, papa, que si Goyette était disqualifié, que ça Ini créve- rait le cœur bien plus qu\u2019à MM.Boyer et Rochon.M.Boyer est trés riche et il se fiche des places du gouvernement comme de on est disqualifié, \u201c sa première chemise.M.Rochon, s\u2019il avait je le malheur d'être disqualifié, peut se rattrap- per avec sa profession d\u2019avocat à Hull.\u2014 Ladébauche.\u2014Mais M.Goyette est cultivateur.S'il était disqualifié, il se remettrait sur sa terre et.il reprenülfait-les manchons Baptiste.\u2014 Papa, je te croyais mieux informé que ça.Tu ne sais donc pas que M.Goyette a renoncé à l\u2019agriculture pour devenir une espèce de ministre sans portefeuille.Il y a deux mois je crois, il a fait une vente de ses animaux et il a vendu.jusqu'à ses poules et son petit coq \u2018* game.\u201d Il croit que, pour être ministre, il faut renoncer à l'agriculture et devenir un rentier gros comme le bras.Il parattrait,d\u2019après ce que l\u2019on m'a dit, qu\u2019il a'la promesse de M.Mercier d\u2019avoir le portefeuille de ministre de l\u2019agriculture.*.Zadébauche.\u2014Et toi, mon garçon, es-tu assez Joachim pour croire\u2018que M*Mércier va faire un ministre de M: Goyette ?i: Baptiste.\u2014 Bédame, c'est un ami de Goyette qui me l'a dit.Goyette a fait son apprentissage de ministre d'agriculture en appartenant à la commission des Huit Hommes chargés de régler toutes les questions des habitants.S'il n\u2019est pas nommé, il en fera assurément une jaunisse.Ladébauche.\u2014Pas n\u2019est besoin d'être bien fâté pour prédire que Mercier ne se laissera pas enmancher comme ça.Il y a deux ou trois de ses grands amis qui aspirent au portefeuille de ministre de l'agriculture.Ces amis là passeront avant Goyette qui se trouvera gros Jean comme devant.Pour revenir à ce que je disais tout à l'heure, il n\u2019y a pas de danger que Mercier réunisse les chambres avant d'avoir réglé les trois élections de Boyer, Rochon et Goyette.Sil perdait ces trois voix, les trois ou quatre castors qui sont en chambre * kickeraient \u201d.Ils saisiraient le premier ministre au gargo- ton et lui diraient : Ecoute, mon vieux, tu vas nous donner tout ce que nous te demanderons, sinon, nous passons de l\u2019autre côté.Tu sais parfaitement, que si nous te faisons volte-face l'autre parti grimpera au pouvoir.Mercier, qui n\u2019est pas bête, ne voudra pas ce laisser prendre dans ce traquenard-là.Il attendra que le danger soit passé.; Baptiste.\u2014Et puis, papa, tu m'as parlé de l'emprunt, où le gouvernement en est-il rendu maintenant ?Ladébauche.\u2014I\\ n\u2019est pas plus avancé qu\u2019il l'était il y a six mois.Il y a eu bien des voyages a New York, mais ça n\u2019a abouti a rien.Baptiste.\u2014Fourtant les gazettes ont.dit que l'emprunt avait été fait à la Banque Chimique ?Lartébauche \u2014Mercier à fait de la mauvaise chimie.Son emprunt n\u2019a jamais été un corps solide ; il est toujours resté à l'état gazeux.Pendant les élections, vois-tu, les Rouges ont voulu beurrer les habitants en leur disant qu\u2019ils avaient emprunté de cent.Les Américains ne sont pas fous des gens qui offrent 3 et 334 par 100.Ils sont habitués à prêter leurs coppes à un intérêr beaucoup plus gros.Un de mes amis qui est revenu dernièrement de New York, n'a dit que l'emprunt aurait pu être fait dans cette ville-là, si les ministres et leurs conseillers avaient eu la langue un peu moins longue.Ils ont crié sur les hustings qu'ils avaient obtenu l'argent à trés bonne condi tion, mais ils ont été plus vite que le violon.Arrive pour toucher l'emprunt désiré ! c'est comme ça, mon garçon.Baptiste\u2014Pourquoi M.Mercier reste-t-il si longtemps malade ?Il me semble qu\u2019il est assez bien à présent pour faire un tour à son bureau.Ladébauche.\u2014Tu ne sais pas ce que c'est que d\u2019être ministre.La maladie chez un ministre ne doit jamais arriver comme un cheveu sur la soupe, il faut toujours qu'elle vienne à propos, Le secret de la maladie de M.Mercier, c\u2019est qu\u2019il a envie de faire un voyage, n'importe où pourvu que ça recule la session et que ça lui donne le temps d\u2019arranger son jeu.Les calculs le travaillent un peu croche, calcul du cottage à Tadousac, calcul des-élections contestées, calcul de l'emprunt.Il y a de quoi engen drer la maladie.II parle d'aller en Floride ! En voilà une couleuvie \u2018difficile à avaler.Tous les gens qui ont pour deux sous de bun sens dans le coco savent parfaitement bn La Ye ,.\u201c\u2018ui bien.ue les docteurs ne recommandent les l\u2019argent à N-w York à trois et demi par ten Flôride'qu\u2019aux personnes époi- trinées.M.Mercier a les poumons solides.Je ne lui ai jamais vu cracher le sang.Du reste la Floride est un mauvais pays pour faire les calculs de la prochaine session.A sa place, je partirais pour.les vieux pays et je pousserais jusqu'à Rome.Enseigme trouvée dans un Champagnevillage de N Barbié, -perruquer, sirurgien, clair de la paroisse, maitre de colle, maraischal, charcutier et marchant-de couleure ; rase pour un sout, coupe les jeveux pour deux soux, et poudre et pomade par desut le marchai les jeunes demoisel jauliment élevé, allument lampe à lanné ou par cartier.Les gentilshommes apprainent ossi leur langue de grand'maire de la manière la plus propre: on prant grand soins de leurs tnœurt, il an- seigne les devoirs cle bon sitoyen aux jeunes garson, et montre les droits de l\u2019ome au jeune fille : anseigna l'autogrophe et a épeler, il apprant à janter le plin-champ, et férer les chevo de min de mètre.II fait et racomude ossi les bote et souyés ; anseigne le hotbois et la guinbarde ; coupe les corps et pin les anseigne de boutike ; segne et met les vessie catoire au plus bat prit.Il repace les rasoirs, purge et donne des lave- man à un sout la piesse: anseigne au logit les coutiyon et otre dance de caractaires, la friquassée, &c.Vent en gros et en détaille lais parfumeris dent toute sai bransse ; sir à décroter, arent salé, pin des pisse, brusse à froté, souricière de fille de richal et otre confiture ; racine cordialle, pome de taire, aricos blanc, socisse et étrille, biaire ruban de fille et otre comestibles.Note Benet I\\ tient ossi autel garnit ton les chien, coup les oreil des Karlins, et de ceux qui lui donneront lheur pratike; et va en ville en lui écrivant d'avance par lu pauste, et en afranssissant la laite.\u2014_\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 IL N°EST PIRE SOURD.M.GREVY,\u2014 Que dit-on de neuf, aujour- d'hui ?\u2014La situation se tend de plus en plus.Votre position est absolument intenable.Il faut déguerpir.\u2014Vous dites ?\u2014Je dis que vous ne pouvez pas rester président, à cause de M.Wilson.\u2014Nilsson ?Est-ce qu'elle est à Paris ?C'est une cantatrice que j'aime beaucoup.\u2014Il ne s'agit pas de Nillson, mais de M.Wilson, Votre gendre, le mari de votre fille Alice.\u2014La lice et sa compagne.Ah! la jolie fable.La Fontaine était un grand poête : Laissez leur prendre un picd chez vous, Hs en auront bientôt pris quatre.\u2014Hélas ! 11 ne s'agit pas de fable.La réalité est cruelle.M.Wilson vous a compromis, et vous ne pouvez pas attendre qu'on l\u2019ait fourré À Mazas.\u2014C'est la grande force au whist, les as.Quand j'ai deux as, je suis à peu près sûr de faire la levée, \u2014Tout le monde vous le conseille.Quittez un poste que vous ne pouvez plus occuper, sous peine de porter le dernier coup à votre dignité et à votre honneur.\u2014Ah ! si avec les as vous avez aussi les honneurs, il est évident que vous avez toutes les chances de gagner la partie.\u2014 Alors, monsieur le président vous persistez à rester, \u2014S'il vous plaît ?\u2014Vous ne voulez pas vous retirer, alors qu'il en est temps encore ?\u2014Ces vuitures dans le faubourg Saint- Honoré font un tel bruit, que vos paroles sont perdues pour moi.\u2014Puur ne pas abandonner douze cent mille francs par an, vous aimez mieux que l'on vous conspue et que l\u2019on vous traîne dans la fange.\u2014Je suis de votre avis.La voirie est mal comprise dans mon quartier.Xl faut doubler les tombereaux.\u2014Croyez-moi, monsieur le président, c'est un ami qui vous parle.Quittez au plus tôt l\u2019Elysée, et retirez-vous à Mont-sous- Vaudrey.li y aura dans cet acte suprême un sentiment de haute résignation doat on vous saura gré.\u2014Le baromètre doit être en baisse.\u2014Cette question ?\u2014Je vais vous dire.Quand le baromètre est en baisse, je n'entends pas très bien, je deviens un peu dur d'oreille.\u2014C'est donc ça?\u2014Oui, c\u2019est ça.Pas autre chose, et j'ainie mieux vous prévenir tout-dé suite pour que vous ne perdiez pas votre.temps à me donner des conseills \u2018que\u2019 je.n'entends pas.\u2014(criant.) Je vous dis qu\u2019il ne faut pas rester, \u2014Rester.Cette fois, j'ai entendu.C'est bien mon intention\u2019de.rester, ne vous fatiguez pas; je resterai, ; ce .: ALBERT MILLAUD, \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014_\u2014 W YY LE PLUS GRAND DES AMOURS Ellea dix ans.Des cheveux bruns tombent en lourde masse sur ses épaules ; quelques- uns voltigent sur son front enfantin, dont ily laissent voir les contours harmonieux.Sur la joue fraîche et rose, une petite fossette s'aperçoit à chaque instant, car un rien fait rire l'enfant.* Elle est habillée d\u2019une robe de velourg \u201c| bleu foncé que dépasse une fine broderie, ses bas de soie sont grenat, sur de petits souliers en peau de daim s\u2019épanouit un nœud rouge , Assise près du foyer sur un tabouret, aux pieds de sa mère, elle joue avec le chat blanc qui fait patte de velours ; tout à coup, levant ses yeux noirs pleins d\u2019une tendre gaieté elle dit : \u2019 \u2014Mère, vois-tu, quand je serai grande.\u2014 Que feras-tu ?' \u2014Je t'aimerai encore plus, puis.\u2014 Puis ?\u2014Je serai toujours ta fille chérie.\u2014Certainement.\u2014Je sais bien ce que je veux dire, moi.\u2014Et tu veux dire.\u2014Que je Waimerai jamais que toi, et mon papa.jamais, jamais '.or Elle à vingt ans.Il est minuit, tous les bruits sont éteints.Sur la haute cheminée deux candélabres d\u2019argent sont allumés.D'anciennes tapisseries d'Orient couvrent les portes, leurs plis s'étendent encore sur le tapis moelleux.Des roses blanches dans une coupe de lapis envoient un parfum pénétrant.Sur une table de cristal incrusté d'argent sont amoncelés les présents offerts à la jeune mariée, Elle, assise sur un coin du canapé de satin vert, enveloppée d'un peignoir de laine blanche a flocons de soie, appuie sa belle tête rêveuse au coussin, Ses cheveux sont relevés en un gros nœud tordu, son visage est légèrement pâle ; le regard de la jeune femme est tendre et inquiet tout ensemble.Une portière s\u2019est soulevée.\u2014C'\u2019est lui ! Lui, ébloui de son bonheur, cloué par Son ivresse même à ce coin qu\u2019il n\u2019ose franchir.Mais il a rencontré un regard, le regard de ses beaux yeux noyés dans l'ombre de leurs cils et le voici près d'elle, la serrant sur son cœur.\u2014Bonheur ineffable, pensait-elle, rien au- dessus de toi ! * x Deux ansplustard Le soleil est déjà haut, mais dans la serre que recouvrent d'élégan- les tuiles, il fait frais.Au milieu des mousses et des fleurs, entre deux palmiers, est surpendu un tout petit hamac indien brodé de plumes d\u2019oiseau- mouche, un bel enfant y est couché, il dort, Elle, debout, regarde ce trésor, son bien ; ses doigts donnent de temps à autre une légère impulsion à la corde qui suspend la petite nacelle aérienne.Le visage rayonnant, elle attend le réveil ; ce réveil où s'ouvriront subitement les doux yeux bleus comme s'épanouit sous un rayon la pervenche au bois ; où les petits bras tendus, le sourire à la bouche, enfant, en la voyant, dira : maman ! Et elle murmure : \u2014Tu es ma vie, enfant adoré! l\u2019amour que tu m'\u2019as'fait connaître a pris mon être tout entier, il n\u2019en est pas de plus fort ! = On est au matin.Tout est sombre pourtant, la neige couvre le sol; au loin déjà retentit le tambour, le clairon sonne.Elle va et vient dans la pièce.Sa robe est de serge noire, sur sa poitrine est attaché un petit carré de drap blanc ou brille la croix rouge de Genève.Ses cheveux bruns sont légèrement argentés vers les tempes; elle est encore belle, plus belle que jamais peut-8tre sous I'impression poignante et noble qui envahit ses traits.Elle achève un sac de soldat, elle le soulève : \u2014Qu'il est lourd ! Un pas rapide se fait entendre.Un jeune homme se précipite dans ses bras.Ses cheveux châtains sont rejetés en arrière et découvrent son front d'ivoire ; ses yeux doux et fiers brillent de tendresse et de courage : il a vingt ans, Elle l\u2019adore, elle est encore tout pour lui, Le cluiron sonne de nouveau, Le jeune homme met le sac sur ses épaules larges et gracicuses.Ils\u2019approche encore d\u2019elle, dont le rega ardent et tendre l\u2019enveloppe tout entier : \u2014Mère ! mère adorée.Il prend le fusil.Eucore le clairon.\u2014Va, mon fils, fais ton devoir.Leurs âmes se noient dans un dernier regard.Co als est parti dudes plus grand: des amours;;c\u2019est:toi qui l\u2019inspires à Noes 5 Loi QUE Ia méfaiseut \u201c lôriner son fils, toi, P.trie | LE VIOLON SES ES EEE COUPS D'ARCHET Le but de la conférence interprovinciale est évidemment-d\u2019amender notre constitution ou de promener un canif dans l\u2019acte de l'Amérique Britannique du Nord.M.Mercier veut porter une main sacrilége sur nos institutions politiques et les boule verser à sa guise pour la plus grande gloire du parti libéral.Mais le peuple ne voudra pas ça.Oh 1 non jamais.Au baptême du petit Léon n\u2019a-t-on pas chanté .Ah ! si j*ma's l'ennemi de tes pères Te me acait dans Les inst «ut ons, C'ét dans .e san« de cet horrible traître Q e ba.guerait ta satisfaction ?Ka : Deux fiers 4 bras se disputent dans une auberge de faubourg.Le dictionnaire d'injures épuisé, les adversaires excités par la galerie, allaient en venir aux mains.L'un d'eux, montrant à l\u2019autre son poing furmi- dable lui dit : \u2014Vois-tu ça?ça tue les bœufs.\u2014-Vois-tu celui-là ?dit l\u2019autre, faisant le même mouvement offensif, ça tue les bouchers.* * Une dame de la campagne visite Mont- Téal pour la première fcis.Après avoir fait une promenade sur la rue Notre Dame elle rentre à la maison d\u2019une parente et Jui dit : J'ai vu de magnifiques dentelles dans un magasin.Je ne me rappelle pas le nom du marchand.C\u2019est en face de Monsieur Job Printing.Pa WILFRID'S PARLOUR Le restaurant le plus chic de Montréal et service des plus chouettes.Cet établissement se recommande au public pour sa spécialité d'huitres en écaille.Les huitres servies aux clients ont été choisies à la main et elles arrivent dans un état de fraîcheur des plus parfaits.Soupe aux huitres préparées en trois minutes.Wilfrid Théoret, Propriétaire.No.94 rue St-Laurent.+ * #* .La dernière manie chez les Américains est de remplir des albums avec des mêches de cheveux de leurs amis des deux sexes.Encoie une invention pour faire damner les chauves.x\".\u2014Il me semble que vous avez mangé assez de mon /ree lunch, dit un aubergiste à un individu à la toilette rapée qui avait déjà dévoré les trois quarts de son étalage.\u2014Voulez-vous bien me laisser faire, répond l'affamé, ce que je fais là est dans l\u2019intérêt de vos autres clients.\u2014Je ne comprends pas bien.\u2014Ah ! vous ne comprenez pas! Eh bien il ya une semaine que je vois ce même /rce lunch étalé sur votre comptoir.Je veux que le prochain client qui entre ici mange quelque chose de frais.* * * Un petit garçon de Lowell, Mass., a trouvé dans la rue une cartouche de dynamite et il l'a apportée à la maison pour la donner à sa mère.Celle-ci a essayé de voir ce qu'il y avait dedans en la piquant avec une épingle à cheveux, Perte totale : l\u2019épingle à cheveux, la cartouche et une couple de doigts.La dynamite et les épingles à cheveux sont deux incompatibles.PE La femme d\u2019un médecin de Montréal, se plaint de son mari qui est un fumeur enragé.Elle dit que le tabac est nuisible à la santé et une sale habitude.\u2014Tiens, lui dit dernièrement son mari tenant.à la main une publication médicale.Cette revue dit qu'il est impossible de trouver un microbe dans le tabac.\u2014C'est justement là, répond la femme que le microbe montre qu\u2019il a du bon sens.wx Deux étudiants entrent dans un saloon borgue de la rue Notre-Dame, dont le propriétaire n\u2019est pas très propre, Tiens, dit l\u2019un, en finissant de boire un verre de bière, il y a bien une hultre au fond de mon verre.* \u2014Avale-la de suite, sans que l'aubergiste te voie, Il pourrait te charger un verre d\u2019hultres.\" Un ancien de-37 lit.les Ephémérides :dé la:rébéllion:dans lé Afonde,et'dit à ses Amis: Je me rappelle bien de 37.J'étais à St Eustache ; la veille de la bataillé;\u2018le:docteur Chénier a dit à ses soldats\": Si j'avance, tirez moi.-Si:je Fécüle; vengez:moi.\u2018Si'Je-meürs, suivez-moi.Tu vIn Y et -atitre \u2018pharimacien | SHEPPARD REÇOIT DES COUPS DE RÈGLE DE COUR.LA JUSTICE.Vilain farceur, je t'apprendrai à insulter une autre fois le GGème bataillon.SHEPPARD.Pardon ! Pardon ! Je ne le ferai plus! Ça n\u2019est pas vrai, ce que j'ai dit.Un clerc de notaire devisait avec sa blonde.\u2014M'aimes tu ?\u2014Oui.\u2014Bien vrai ?\u2014Bien vrai ! \u2014Âs-tu déjà aimé quelqu'un avant moi ?\u2014 Jamais !.\u2014Bien vrai ?\u2014Bien vrai ! \u2014Alors tu m'aimes ?\u2014Mais quand je te le dis I.\u2014Eh bien ! tiens voici une feuille de papier timbré, écris-moi là-dessus que tu m'aimes.=\" Une pensée détachée d\u2019un album\u2026et qu'il eût été bon peut-être d'y laisser : * C\u2019est surtout des hommes de lettres que l'on peut dire: Ils naissent la plupart dans une feuille de chou.\u201d « \u201c.Un négociant venait de perdre sa femme.Le convoi était fixé.pour neuf heures.A six heures du matin, selon ses habitudes notre homme se lève.\u2014Ilest de bonne heure |.j'ai encore le temps de jeter un coup «l'œil sur mes livres.Et le voilà plongé dans son brouiilard, sa caisse et son grand livre.A neuf heures son commis vient le trouver dans le feu du calcul.\u2014Monsieur, les invités vous attendent.\u2014Eh ! qu\u2019ils commencent sans moi, vous savez ma devise : les affuires avant le plaisir.\u2018+ La lettre suivante nous est communiquée : Cher Joseph, Je n\u2019ai pu recevoir ta visite hier à cause 6 gr sulfate quinine 3 m.datura.d\u2019une horrible névralgie.nuit affreuse.Je à prendre dans une cuillérée d\u2019eau lever, coucher, et avant les repast'écris sur la prescription du médecin pour que tu ne doutes pas de ton amie qui t'adore.J'ai passé une VIRGINIE.\u201d' rs VARIÈTES Mme X.est veuve depuis quinze jours % Elle est accablée de lettres de condoléance des styles les plus variés.L'une des plus drôles est signée : Champoireau, et commence ainsi : + Chère madame, soyez persuadée que je prends la plus grande part à la perte que vous avez bien voulu faire.\u201d wn Trois heures du matin.Un monsieur fait un vacarme affreux devant une pharmaciè.Enfin, une croisée s'ouvre : \u2014 Qu'est-ce\u2019 que vous voulez ?demande le, \u2018pharniacien, concombre! i Fureur du pharmacien.Lo .\u2014 Vous êtes grossier.Lreprend le monsieur -\u2014Je'voddrais un peu *de «pommade de \u2018 avec dignité, C'est bien,:je.vais réveiller un Souvenir de table d'hôte.On fait circuler une volaille rôti Un grus monsieur, qui s\u2019est fait remarquer par a voracité, s'empare du plat et précipite les deux ailes dans son assiette.\u2014Tiens ! murmure une dame à l'oreille de son voisin, je ne savais pas que goulu prenait deux LIa Le fond de la politique de certains hommes d'Etat : - \u2014Qu'\u2019entendez-vous par l'ordre ou le désordre ?demandait on à un ancien préfet.L'ex-fonctionnaire répondit : L'ordre c'est l'état du pays quand j'ai une place; le désordre, l'état du pays quaud je n\u2019en ai pas.+ % On vient de signer le contrat de deux futurs mariés.La bonne vient avertir qu'un inconnu demande à entretenir les fiancés.On l\u2019introduit.Le nouveau venu salue très bas puis : .\u2014J'ètais venu me recommander à vous.\u2014Pour ?\u2014Je suis représentant d\u2019une grande maison de biberons ! * *+* Aux assises.Le président interroge l'accusé, un incendiaire : © \u2014Pourquoi avez-vous mis le feu à cette maison que vous saviez habitée ?\u2014Par amour de l'humanité, mon juge ; mon rêve est d'opérer des sduvetages ! Wu La bonne de Champoireau met, l'autre soir, un verre a une lampe.Le verre casse.\u2014Maladroite ! lui dit madame.\u2014 Comment | maladroite ! répond Champoireau à sa femme ; tu ne sais donc pas qu\u2019un verre de lampe se casse toujours la première fois.a Mademoiselle Zizi vient de casser un flacon sur la toilette de sa mère, où elle est sans cesse à tripoter.\u2014Cette fois.gronde maman, tu ne diras pas que mon flacon s\u2019est brisé tout seul ! \u2014Oh ! avec toi, petite mère, c'est toujours la faute à quelqu'un ! ts Entre voyageurs provençaux : \u2014Beau pays, l'Egypte, mais quelle chaleur ! Un jour, près des Pyramides, j'ai fait cuire «es œufs au soleil ! \u2014Té, mon bon, ce n'est rien auprès de Zanzibar.Nos œufs, nous les faisions cuire au clair de lune | tu Un mot de pochard, \u2014Pourquoi vous enivrez-vous de la sorte ?\u2014Pour noyer ines chagrins.\u2014Et vous réussissez ?Le pochard, avec mélancolie : \u2014Non; ils savent-nager ! JE d'a Madame:gronde sa cuisinière :, ; \u2014Il est vraiment impossible, aujourd'hui, de trouver une bonne domestique.- ; ~ \u2014C'est bien vrai ; madame elle même, si elle était/servante, se ferait metite à la porte encore» lus viteique moisi i La Bibliothèque à Cing Cents voit chaque jour son succès s'aifermir.D'où lui vient cette faveur particulière du public?Il suffi: de parcourir au hasard un des numéros heb- tlomadaires de cette intéressante publication, et l\u2019on se rendra immédiatement compite du choix éclairé, de l'attention scrupuleuse qui président à sa composition.Les sujets les plus variés dans le Roman, la Littérature, l'Histoire, les Voyages, les Srènes du Désert ou de la Vie Indienne, y swt tour À tour développés avec l'attrait p nssant des poignantes émotions que font n'itre les grands\u2019 spectacles de la nature, et linalyse des sentiments les plus tendres et les plus délicats du cœur humain.A ces divers titres, La Bibliothèque à C'ng Cents a sa pluce marquée d'avance à to 15 les foyers, où elle fera les délices du vi nllard aussi bien que celles de la jeune fille.Prix d\u2019abonnement un an, $2.50; six mois.$1.25.S'adresser à Poirier.Besette & Cie, 1540 Rue Notre-Dame, Montréalwe En police correctionnelle.Le président,\u2014 Comment.encore vous] La cinquième fois depuis le commencement du mois ! Toujours pour ivresse manifes*e § Mais je vais être obligé de vous condamner de nouveau à l'amende ! Le prévenu.\u2014Mon président, si c'était an effet de votre bonté.je désirerais prendre un abonnement pour l\u2019année : de cette façon, Voyez-vous, ça me reviendrait moins cher.AN Un marchand en gros de la rue St.Paul disait hier à un de ses amis : Lorsqu'un client hésite à me donner une commande, j'ai un moyen assuré de le décider äacheter.Je l'invite à prendre un verre de vin ou de Dière au restaurant Commercial de louis Bergevin, No.127 rue McGill, coin de la rue St.Paul.Toutes les liqueurs et tous les cigares sont «le la première qualité et plaisent infailliblement aux connaisseurs.* Le journal Paris publiait l\u2019autre jour, un article de curiosité littéraire où il recherchait I'etymologie du mot fez appliqué aux défunts.Voici l'avis du Charivari : Rien de plus logique que de dire feu, le lendemain, à propus d'un décédé, parce que le médecin a ait la veille: // est flambé.A Epilogue des derniers scandales.\u2014 Tiens tu ne mets pas ta croix du Nichan ?\u2014Si, tous les soirs où il ne fait pas clair de lune ! x > Anna et Sophie se sont rencontrées hier dans le salon de madame Bisquanquoin et.ont parlé de leur amie Marie-Louise.Anna\u2014Le mariage que l\u2019on croyait cassé est repris, Son amant dit aujourd'hui qu'elle pue bon, Sophie.\u2014 Mais, c'est impossible.Ce qu\u2019il lui reprochait était impardonnable.Anna.\u2014Tout va bien maintenant.Elle achète les parfums les plus délicats, le White Rose, le Jockey Club, le Yang y Lang, chez McGale, 2123 rue Notre-Dame, où ils se vendent à bien bon marché.On trouvera toujours à la pharmacie McGale les parfums suivants: Kuli-Kuli Violette, Martha Washington, Spanish Jasmina, Florida Breeze, Swephanatis, et le musc donc.Après ça tirons l'échelle.\"x De jeunes écrivains causaient de leurs espérances, de leurs ambitions littéraires.\u2014Si je n'ai pas un nom à trente ans, disait l'un d'eux, je me brûle la cervelle.Et son meilleur ami de s'écrier aussitôt : \u2014C'est un cerveau brûlé | L'Imprimerie Générale Exécute avec diligence toutes enpèces de COMMANDES TYPOGRAPHIQUES - IMPRESSIONS DE LUXE, IMPRESSIONS DE CHEMINS DE FER, IMPRESSIONS DE COMMERCE Erc., Erc, Eto.L'Imprimerie Générale: EST EN MESURE 2 D'EXÉOUTER LES COMMANDES LES PLUS CONSIDERABLES SOUS LE PLUS ;,, BREF DELAI.\u2018 \u2014 No 45; PLACE JAOQUES-CARTIER.i PA bureau de La.MINERVE, Cartiër, ou au bureau deiliaPREssE, No PRIX \u2018TRÈS MODÉRÉS., i CHARLES BELLEAU, 91): : IGÉRANE: B\u2014 d ivent être dé | N.,B.\u2014Los ordres peuvent \u20ac Plane aman Fae Notre-Dame, an fase de 'Eotel-de ilies id To pres ST ro EH VIOLON TARTARIN de TARASCON TROISIÈME ÉPISODE CHEZ LES .LIONS nr Un couvent de lions.A Milianah, Tartarin de Tarascon descendit, laissant la diligence continuer sa route vers le Sud.Deux jours de durs cahots, deux nuits passées lesyeux ouverts à regarder pur la portière s\u2019il n\u2019apercevrait pas dans les champs, au bord de la route, l\u2019ombre formidable du lion, tant d'insomnies méritaient bien quelqnes heures de repos.Et puis, s'il faut tout dire, depuis sa mésaventure avec Bombonnel, le loyal Tarasconnais se sentait mal à l\u2019aise, malgré ses armes, sa moue terrible, son bonnet rouge, devant le photographe d'Orléansville et les deux demoiselles du 3e hussards.Il sc dirigea donc à travers les larges rues de Milianah, pleines de beaux arabes et de fontaines ; mais, tout en cherchant nn hôtel à sa convenance, le brave homme ne pouvait s\u2019empé- cher de songer aux paroles de Bombonnel.Si c\u2019était vrai pourtant ?S'il n\u2019y avait plus de lions en Algérie ?.A quoi bon alors tant de courses, tant de fatigues ?.Soudain, au détour d\u2019une rue, notre héros se trouva face à face.avec qui ?Devinez.Avec un lion superbe, qui attendait devant la porte d\u2019un café, assis royalement sur son train de derrière, su crinière fauve duns le soleil.\u201c Qu'est-ce qu'ils me disaient donc qu\u2019il n\u2019y en avait plus?\u201d s\u2019écria le Tarasconnais en faisant un saut en arrière\u2026 En entendant cette excla- Imation, le lion baissa la tête et, prenant dans sa gueule une sébile en bois posée devant lui sur le trottoir, il la tendit humblement du côté de Tartarin immobile de stupeur.Un Arabe qui passait jeta un gros sou dans la sébile; le lion remua la queue.Alors Tartarin comprit tout.Il vit, ce que l'émotion l'avait d\u2019abord empé- ché de voir, la foule attroupée autour du pauvre lion aveugle et apprivoisé, et les deux grands nègres armés de gourdins qui le promensient à travers lu ville comme un Savoyard sa marmotte.Le sang du Tarasconnais ne fit wun tour; * Misérables \u201d cria-t-il \u2018une voix de tonnerre, \u201c ravaler ainsi ces nobles bêtes!\u201d Et, s\u2019élançant sur le'lion, il lui arracha l\u2019immonde sébile d\u2019entre ses royales mâchoires.Les deux nègres, croyant avoir affaire à un voleur, se précipitèrent sur le Tarasconnais, la matraque haute.Ce fut une terrible bousculade.Les nè- es tapaient, les femmes piaillaient, es enfants rinient, Un vieux cordonnier juif criait du fond de =a boutique : * Au zouge de paix ! Au zouge de paix !\u201d Le lion lui-même, dans sa nuit, essaya d\u2019un rugissement, êt le mulheureux Tartarin, après une lutte désespérée, rouln par terre au milieu des gros sous et des balayures.s1A ce moment, un homme fendit la foule, écartu les nègres d'un mot, les femmes et les enfants d\u2019un geste, releva\u2019 Tartyrin, le brossa, le secoua, et l\u2019assit tout essoufflé sur une borne.4 Comment ! préince c'est vous ?.\u201d file bon \u2018Tartarin en se frottant les côtes.1.\u201c Eh ! oui, mon vaillant ami, c'est moi.Sitôt voire lettre reçue, j'ai confié Baia 5 'son frère,-loné une chaise de poste; fait cinquante lieues ventre à \u2018terre, et me voilà juste à temps pour.vous arradher ala\u2018 brutalité de ces zustres., Qu'est-ce que vous dvez'donc TUE = qe AE Sellars id Bite \u2018dr fil)\" juste Dieu! pour.vous.attirer cette'méchanteaffuire 2\u2019 +\" EB da : : .\u2018 \u2014Que voulez-vous, préince ?.\u2026 De voir ce malhevreux lion s vec sa sébile aux dents, humilié, vaincu, bufoué, servant de risée à toute cutte pouillerie musulmane.\u2014Mais vous vous trompez, mon noble ami.Ce lion est, au contraire, pour eux un objet de resp-\u2018ct et d'adoration.C'est une bête sacrée, qui Mit partie d\u2019un grand couvent de lions, fondé il y a trois cents ans, par Mahom- med-ben-Aouda,une espècede Trappe formidable et farouche, pleine de rugissements et d\u2019odeurs fauves, où des moines singuliers élèvent et apprivoisent des lions par centaines, et les envoient de'là dans toute l'Afrique septentrionale, accompagnés de frères quéteurs.Les dons que reçoivent les fréres servent a l'entretien du couvent et de sa mosquée ; et si les deux nègres ont montré tant d'humeur tout à l\u2019heure, c\u2019est qu\u2019ils ont la conviction que pour un sou, un seul sou de lan quête, volé ou perdu par leur dévorerait immédiatement.\u201d En écoutant ce récit invraisemblable et pourtant véridique, Tartarin de Turascon se délectait et renifluit l\u2019air bruvamment.\u201c Ce qui me va dans tout ceci, \u201d fit- il en matière de conclusion,\u201d c'est que, n\u2019en déplaise à mons Bombonnel, il y a encore des lions en Algérie !.\u2014S'il y en a!\u201d dit le prince avec enthousiasme.\u201c Dès demain, nous vous verrez !\u2026.l'intention de chasser, vous aussi ?.je vous laisscrais vous en aller seul en pleine Afrique, au milieu de ces tribus féroces dont vous ignorez la langue et les usages.Nou ! non ! illustre Tartarin, ju ne vous quitte plus.Partout où vous serez, je veux être.\u2014Oh ! préince, préince\u2026 \u201d Et Tartarin, radieux, pressa sur son cœur le vaillant Grégory, en songeant avec fierté qu'à l'exemple de Jules Gérard, de Bombonnel et tous les autres fameux tueurs de lions, il allait avoirun prince étranger pour l\u2019accompagner dans ses chusses.IV La caravane en marche.Le lendrmain, dès la première heure, l'intrépide Tartarin et le non moins intrépide prince Grégory, suivis d'une demi-douzaine de portefaix nègres, sortaient de Milianah et descendaient vers la plaine du Chéliff par un raidillon délicieux tout ombragé de jasmins, de tuyas, de caroubiers, d\u2019oliviers sauvages, entre deux haies de petits jardins indigènes et des milliers de joyeuses sources vives qui dégringolaient de roche en roche en chantant\u2026 Un paysage du Libata.Aussi chargé d'armes que le grand | faute, le lion qu'ils conduisent les, fit d\u2019un képi, d\u2019un beau képi galonné, reluisant au bout d'une trique comme la toque de Gessler.Ainsi causant et philosophant, la caravane allait son train.Les porte- faix\u2014pieds nus\u2014sautnient de roche en roche avec des cris de singes.Les caisses d\u2019armes sonnaient.Les fusils flambaient.Les indigènes qui passaient s'inclinaient jusqu'à terre devant le képi magique.Lä-haut, sur les remparts-de Milianah, le chef du bureau arabe, qui se promenait au bon fruis avec sa dame, entendant ces bruits insolites, et voyant des armes luire entre les branches, crut a un coup de main, fit baisser le pont- lévis, battre la générale, et mit incontinent la ville en état de siège.Beau début pour la caravane ! Malheureusement, avant la fin du jour, les choses se gâtèrent.Des nègres qui portaient Tes bagages, l\u2019un fut pris d'atroces coliques pour avoir mangé le sparadrap de la pharmacie.Un autre tomba sur le bord de la route ivre-mort d\u2019eau-de-vie camphrée.qui s'éventrent autour.Là-bas, des trépignements, une joie, des rires: c'est un marchand juif avec sa mule, qu\u2019on regarde se noyer dans le Chéliff.Puis des scorpions, des chiens, des corbeaux ; et des mouches !.des mouches !.Par exemple, les chameaux manquaient.On finit pourtant par en découvrir un, dont des M'zabites cherchaient à se défaire.C'était le vrai chumeau du désert, le chameau classique, chauve, l'air triste, avec sa lon- guo téle de bedouin et sa bosse qui, devenue flusque par suite de trop longs jeûnes, pendait mélancoliquement sur le côté.Tartarin le trouva si beau, qu\u2019il voulut que la caravane entière mon- tat dessus.Toujours la folie orientale L.La béte s'accroupit.On sangla les malles.: Le prince s'installa sur le cou de l'animal.Tartarin, pour plus de majes- té, se fit hisser tout en haut de la | bosse, entre deux caisses; et là, fier et Le troisième, celui qui portait l'album ! bien calé, saluant d\u2019un geste noble de voyage, séduit par les dorures des tout le marché accouru, il donna le fermoirs, et persuadé qu\u2019il enlevait signal du départ.Tonnerre ! si les trésors de la Mecque, se sauva dans le Zaccar à toutes jambes.Il fullut-aviser\u2026 La caravane fit halte, et tint conseil duns l\u2019ombre trouée d'un vieux figuier.\u201cJe serais d'avis, dit le prince, en essayant, mais sans succès, de délayer | casserole pertectionnée à triple fond, près d'ici.Le mieux est de nous y arrêter, et de faire emplette de quelques bourriquots.\u2014Non!.nonl.pas de bourri- \u2018guots I.interrompit vivement le grand Tartarin, que le souvenir de Noiraud avait fait devenir tout rouge.Et il ajouta, l'hypocrite : * Comment voulez-vous que de si notre attirail 2\u201d Le prince sourit.\u201cC'est ce qui vous trompe, mon illustre ami.Si maigre et si chétif qu'il vous paraisse, le bourriquot algérien a les reins solides.Il le faut bien ponr suppoiter ce qu'il supporte.Demandez plutôt aux Arabes.Voici comment ils expliquent nutre organisation coloniale.lün haut, disent-ils, il y a mouci le gouverneur, avec une grande trique, qui tape sur l\u2019état- 10ujor ; l'état-major, pour se venger, tape sur le soldat ; le soldat tape sur le colon, le colon tape sur l\u2019Arabe, l\u2019Aarabe tape sur le nègre, le nègre tape sur le juif, le juif à son tour tape sur le bourriquot, et le pauvre bour- riquot, n'ayant personne sur qui taper, tend l\u2019échine et porte tout.Vous voyez bien qu'il peut porter vos cais- ,Bes.\u2014OC'\u2019est égal,\u201d reprit Tartarin de petites hôtes puissent tout porter, [terreur que cet insigne militaire a, | Tartarin, le prince Grégory s'était en Tarascon, \u201cje trouve que, pour le plus affublé d\u2019un magnifique et sin- coup d'œil de notre caravane, des gulier képi tout galonné d'or, avec ânes ne feraient pas trésbien.Je vou- une garniture de feuilles de chène drais quelque chose de plus oriental.brodées au fil d'argent, qui donnait à Ainsi, par exemple, si nous pouvions Son Altesse un faux air de général avoir un chameau.mexicain, ou de chef de gure des| \u2014Tant que vous en voudrez,\u201d fit borils du Danube.l'Aliesse, et l'on se mit en route pour Ce diable de képi intriguait beau- le marché arabe.coup le Tarasconnais ; et comme il! Le marché se tenait à quelques demandait timidement quelquesexpli- kilomètres, sur les bords du Chélilfcations: Il y avait la cinq ou six milles Arabes \u201cCoiffure indispensable pour voya- en guenilles, grouillant au soleil, et ger en Afrique, \u201d répondit le prince | traliquant bruyaminent au milieu des avec gravité ; et tout en faisant relui-'jurres d'olives noires, des pots de Te sa Visière d\u2019un revers de manche, | miel, des sucs d'épices et des cigares il renseigua son naïf compagnon sur} en gros tus; de grands feux où rôtis- le rôle important que joue le képi saient des moutons entiers, ruisselant dans fios relations avec les Arabes, la, de beurre ; des boucheries en plein air, où des nègres tout nus, les pieds seul, le privilège dè leur inspirer, si: daus le sang, les bras rouges, dépe- bien que l'administration civile a été [gaient, avec de petits couteaux, des obligée de coifler tout son monde |chévreaux pendus à une perche.avec des képis , depuis le cantonnier| - Dans un coin, sous une tente rape- jusqu'au receveur de l'enregistre-|tassée de mille couleurs, un greffier ceux de Tarascon avaient pu le voir!., Le chamenu se redressa, allongea ses grandes jumbes à nœuds, et prit son vol.O stupeur! Au bout de quelques enjambées, voilà Tartarin qui se sent pâlir, et l'héroïque chechia qui re- allons battre la plaine du Chéliff, et une tablette de pemmican dans Une | prend une à une ses anciennes posi- \u2018tions du temps du Zowave.Ce diable \u2014Eh quoi! prinee\u2026 Auriez-vous je serais d'avis que, dès ce soir, nous de chameau tanguait comme une fré- |renoncions aux porteurs nègres.Il y gate.\u2014Parbleu! pensez-vous donc que a précisément un marché arabe tout * Préince, préince,\u201d murmura Tartarin tout bléme, et s'accrochant a l\u2019étoupe sèche, de la bosse, \u201c préince, descendons.Je sens.je sens.que je vais faire balouer la France.\u201d Va te promener le chameau était lancé, et rien ne pouvait plus l'arrêter.Quatre mille Arabes couraient derrière, pieds nus, gesticulant, riant comme des fous, et faisant luire au soleil six cent mille dents blanches.Le grand bomme de Tarascon dut se résigner.Il s'alfaisa sur la bosse.\u2018La chechia prit toutes les positions qu'elle voulut.et la France fut bafouée.(A continuer.) LOTERIE NATIONALE Les tirages mensnels ont licu 1e troisième smercredi de chaque mois.La valeur des prix qui seront tirés le Mercredi, 21 Décembre \u201887 \u2014 SERA DE \u2014 $60,000.00 COUT DU BILLET Première Série - 81.00 Deuxième Série 25 cts s&r-Domandez le catalogie des prix-ve Le Secrétaire, S.E.LEFEBVRE, 19, RUE SAINT-JACQUES, MONTREAL SEER EE J.N.LAMARCHE RELIBUE No.17, RUE SAINTE - THERESE Entre lea vues St-Vincent et St-Gübriel ment, En somme, pour gouverner l\u2019Algérie\u2014c'est toujours le prince qui pärle\u2014pas n'est besoin \u2018dine forte rete, ni mémé\u2018de-tête*da \u2018loût.Il suf-|sur une mesure a ble, et\u2019des Kibylen maure, avec un grand livre et des lunettes.Ici, un groupe, des cris de rage : c'est un: jeu: de roulette, instillé MONTREAL, \u2018 \u2014 Rellure commerciale et de goût exécuté ave soln co prouipéitude, et à prix trés modérés.| "]
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