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Titre :
Le violon
Hebdomadaire, Le Violon est un journal humoristique illustré qui fait flèche de tout bois à partir des actualités, des travers des personnages publics et des indiscrétions du carnet social.
Éditeur :
  • Montréal: :[s.n.],1886-1888
Contenu spécifique :
samedi 29 octobre 1887
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
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Références

Le violon, 1887-10-29, Collections de BAnQ.

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[" ay, ADMINISTRATION ANNONCES - BT eee MESURE AGATE REDACTION Yère INSERTION, 510 Cente 45 Autre + (6 Cents PLACE JACQUES-CARTIER A LONGS TERMS MONTREAL \u2014 CONDITIONS SPECIALES ABONNEMENT _ LE NUMERO UN AH - - 51.00 ng STRICTEMERT D'AVANCE > (DEUX CENTINS JOURNAL QUI FAIT DANSER VOL.II MONTRÉAL, SAMEDI, 29 OCTOBRE 1887 No 6 F.X.LPMIEUX, Comuunes, Otlawa, Ont {AN ASS AAC) ao] (Agef { Nt aN To A NR (a [LIAL SE = Va \u2019 x A 4 | 18 1e io \u2014 ov y/ q \\ ° LA CONFERENCE INTERPROVINCIALE MERCIER.Je vous ai assemblés ici, mes amis, afin que nous puissions ensemble escalader cette tour et y enlever chacun un magot.Vous allez placer vos échelles au-dessus de la mienne.MOWAT.Pense pas bidoux ! As-tu envie de nous faire casser le col.Si tu veux jouer à ce jeu-là une autre fois tu- apporteras une meilleure échelle.\u2018 \u201d LE VIOLON \u2014\u2014 LE VIOLON Paraît tous les samedis.L'abonnement est de 81.00 par année, invariablement payable d\u2019avance.Nous le vendons aux agents scizo cents la douzaine.Toutes communications doivent être adressées comme suit : LE VIOLON, 45, Place Jacques-Cartier, MONTRÉAL H.BERTHELOT, RÉDACTEUR.MONTREAL, 29 OCTOBRE 1887 CORRESPONDANCE DE LADEBAUCHE, \u2014 Où il est question de lu circonférence inter provinciale.Le secret de l'emprunt de $7,500,000 et autres questions in- léressantes.Londres 25 Oct.1887.Mon cher VIOLON, On m'a appelé à Londres pour donner des explications à Mame Victoire sur ce qui se passait dans votre pays.Lorsque j'ai vu la bonne dame celle me paraissait être dans une inquiétude mortelle.Elle me dit comme ça : \u2014Mon ami, j'attendais ta visite avec impatience.Je grillais du désir de te voir.Je suis comme sur un lit de \u2018\u2018 chardrons\u201d a cause de ce qui se passe dans mes chantiers du Bas Canada.\u2014Ma pauvre dame, lui ai-je répondu, vous n\u2019avez pas besoin de vous mettre en * suerie '\u2019 pour les Canayens.Ils sont tranquilles comme Baptiste, et ils ne songent pas le moins du monde a vous faire des embêtements.\u2014Ce que je crains chez mon Canayen, c\u2019est le sang sauvage.J'ai eu la chaire de poule pendant l\u2019excitation de la pendaison de Riel, je croyais à toute minute qu\u2019ilallait y avoir une révolution.En ont-ils fait du train avec cette affaire-là ?Aujourd'hui j'ai encore des craintes terribles à cause de l\u2019anniversaire de 37 et 38.Ces Canayens ont les sangs si vifs qu'ils pourraient bien faire encore du trouble.\u2014Rassurez-vous, ma bonne dame.Il n'y a pas le moindre sujet d'alarme maintenant.Mercier s'est servi de la corde pour grimper au pouvoir et maintenant elle est usée et toute effilochée.Personne n'en parle à cette heure.Les Canayens n'auront pas de jubilé de 183; et ils s'occupent d'autre chose à présent.\u2014Vous me tirez là une vilaine épine du pied et à l'avenir je ne passerai plus les nuits blanches à jongler sur les affaires du Canada.A quoi s'occupe Mercier s\u2019il ne pense plus à sa corde ?\u2014Il s'occupe de la circonférence inter- provinciale.C'est une grosse rigane, une espèce dc pique-nique qu\u2019il a organisée pour amuser ses ainis à Québec.\u2014Qu'est-ce qu'elle chante cette circonférence interprovinciale.\u2014Comme je viens de vous le dire ce nest rien autre chose qu'un grand pique-nique dont les Canayens vont payer les frais.Je puis vous «lire que ça va coûter cher une butte.Tous les foreman ont été invités par Mercier à passer une quinzaine de jours à Québec.Attention qu\u2019ils vont brosser leur chien pendant ce temps-là.Ca sera un fricot de tous les jours ct toutes les nuits.\u2014Pourquoi Mercier donne-t-il ces fêtes aux foreman.Il doit certainement avoir eu une raison pour les faire venir à Québec ?\u2014Mercier prétend que cette circonférence pour causer de la peine à Johnny et à ses amis de Bytown.Il tirera des plans de nègre pour essayer d\u2019emberlificoter le grand chantier.Il aimerait, s'il y a moyen, à monter les esprits des foremans contre les bourgeois, afin de faire sauter Sir John et de donner une chance à ses amis d'aller bosser la congarne de Bytown.C\u2019est là son plan, mais il ne cache pas assez son jeu.\u2014Que va-t-il arriver de cette assemblée à Québec ?\u2014Une chose bien simple, Mercier fait de la bouillie, pour les chats.Johnny et ses amis s'en moquent comme de l'an quarante.À la fin de ces belles fêtes les Canadiens se trouveront à payer les violons, probablement une dizaine de mille piastres.\u2014Mais sainte bénite on m\u2019a fait accroire que Mercier était le seul de mes foreman qui allait conduire son chantier avec économie.\u2014 Mercier entend l'économie à sa façon.Il n\u2019y a que huit mois qu'il est boss et il a amassé assez d'économies pour s'acheter une maison de £12,000 sur la rue St.Denis.Il ne fume que des cigares de 10 cents et il a son pot privé chez le barbier.Il est tout habillé en drap fin, il porte un tuyau flambant neuf et il ne se chausse plus qu'avec des bottines en cuir à patente.Je vous garantis qu\u2019il tire du casque à présent.Il n'est pas manchotte en affaire et sa politique est loin d'être clairotte.Tous ses amis à Mercier vivent comme des coqs en plâtre et cette semaine un fricot n'attend pas l\u2019autre à Québec.On a fait descendre de Montréal le fameux Victor, le cuisinier français, exprès pour préparer les ragoûts et je vous assure que Victor ne se dérange pas pour des prunes.TI devra se faire aller comme une queue de veau de \u2018cuisine en cuisine.Un jour ça sera chez Mercier qui recevra les foreman étrangers et les bourrera avec des dindes, le jour suivant il préparera un lrish Stew chez McShane, ensuite ¢a sera chez Duhamel, chez Gagnon et le reste de la boutique.N'\u2019allez pas croire que ces gens-là ne se mouilleront pas la luette.Il y aura du champagne et toutes espèces d\u2019autres liqueurs avec des cigares de $30 le mille.Aprés le fricot, ça sera le bal et tout le tra la la.Vous voyez, ma chère dame, que ça va coûter des coppes.\u2014Mais dites-moi donc s\u2019il vous plait, où ils se sont procuré l\u2019argent pour cette circonférence la.\u2014Ce n'est pas difficile de répondre à cette question-là, J'ai oublié de vous dire que Mercier a été emprunter $3.500,000 en Amérique, à New York, je crois, Il est bien entendu que lorsqu'on emprunte des magots- de cette force-là on paie une grosse commission au broker qui trouve à emprunter.Ça doit être entre $15,000 ct $20,000.Quand on s\u2019entend en économie, on ne donne pas cet argent au broker.\u2014Comment s'y prend-on ?\u2014(Ça, c\u2019est un secret et ça serait peut- être indiscret de ma part de vous le dire.J'ai appris ça d'un ami de la gang de Mercier à Québec.J'ai dit ma grande conscience que je le déclarerais pas dans le journal.Mais, comme vous êtes la grande bourgeoise, je vais vous donner ce secret.Il n'y a pas eu de broker d\u2019employé pour avoir l'emprunt de $3,500,000, On a voulu économiser ja commission.Il y avait un jeune monsieur, employé comme agent de fret au Pacifique, je vous dirai bien son nom, c\u2019est sicur Lemieux de la douane, qui a été envoyé par M.Mercier à New York pour l\u2019emprunt.Il parait certain aujourd\u2019hui que c'est par l'entremise de M.Lemieux que l\u2019emprunt a été définitivement lait, de sorte que les brokers de New York ont un doigt dans l'oreille et l\u2019autre dans le nez.Commune vous voyez, madame vous n'avez pas besoin d'être en peine au sujet de votre foreman de Québec, il a de l'argent plein les mains et vous allez voir sauter ses écus, MM.Mercier et Béausera une danse ronde de toutes les provinces, | monsieur Alphonse Lemieux, fils de mon-i soleil, sont deux associés.Le dernier a en main la collection de la taxe sur les banques et les assurances, et je crois'qu\u2019ils vont se la couler douce à présent.\u2014Mais mon agent à Québec ne pourrait- il pas checquer ça un petit brin ?\u2014Vous avez depuis quelques jours un nouvel agent à Québec, M.Angers, qui a pris la place de M.Masson.C'est un bon i homme d'affaires et les transactions des .foreman devront être faites dans le joint.: Sinon, il ne sera pas un homme commode | du tout.| L'Angelus sonnait, à ce moment Mame ! Victoire s\u2019excusa et partit pour mettre ses i pataques au feu et remplir le canard pour le \u201cthé.Ma prochaine lettre vous sera envoyée de Paris.Tout à vous, LADÉBAUCHE, a LE CLUB DES MENTEURS A la dernière séance du club des Menteurs il a été adopté une résolution à l'effet de féliciter chaleureusement l'honorable M.Mercier sur certaines parties du discours qu\u2019il a prononcé à l'ouverture de la Convention interprovinciale, particulièrement l'endroit relatif au but de la réunion des premiers ministres.Copie de la résolution sera grossoyée sur parchemin et présentée à l'honorable Premier à son retour à Montréal.La requéte de M.S., garde-foresticr, demandant son admission dans le club a été acceptée, attendu qu\u2019un homme qui dit qu\u2019il a vu vingt-trois ours dans la même pièce d'avoine, dans les townships de l\u2019Est doit être admis d'emblée dans l\u2019association.Le président avant la clôture de la séance fit l\u2019allocution suivante aux membres du club.Messieurs, La Bible nous dit que tous les hommes sont menteurs, inais je crois que ce verset aurait pu être amendé en disant que le mot ** hommes\u201d s'applique avssi aux femmes.Le club des Menteurs doit recruter beaucoup de membres parmi les avocats.J'ai connu une fois un avocat qui avait dit que jamais un mensonge n'était sorti de sa bouche ; cet avocat, messieurs, parlait du nez.Les médecins, comme les arracheurs de dent, doivent nous fournir un contingent considérable, et nous devons nous hâter de les admettre au nombre des membres actifs.Les parents devraient habituer leurs enfants à mentir dès leur plus tendre enfance.Par exemple lorsque vous dites à un enfant qu\u2019il lui poussera un pommier dans l\u2019estomac s'il avale des pepins de pomme, vous le familiarisez avec l\u2019art de mentir.Il y a une manière certaine de reconnai- tre un menteur.Si un individu ne peut rien vous conter sans offrir de parier que ce qu\u2019il dit est la vérité, vous avez affaire à une personne qui a des droits incontestables à l\u2019honneur d\u2019être du club des Menteurs.Le club après avoir décidé d\u2019avoir l'Æfendard, La Vérité, la Patrie, l'Electeur et la Justice dans leur salle de lecture, a ajourné sa séance, ee LES TRIBUNAUX COMIQUES UN BON TOUR.C'est comme compensation offerte à ses invités que les morceaux variés joués sur le piano par sa fille n'auraient peut-être pas suffisamment amusés que M, Marion avait invité un artiste, M.Carl Huret, à sa soirée.Or ce jeune homme a, parait-il, rossé d\u2019importance M.Marion, et voilà une affaire de police correctionnelle.Que s'est-il passé, et comment M.Carl Huret, invilé dans une maison, a-t-il été amené à administrer une grêle de coups de poing à son amphytrion ?Voilà le récit de M.Marion : ; _ \u2018* Jo ne connaissais pas cet artiste, dit-il, c\u2019est quelqu'un de sa connaissance qui ! m'avait parlé de lui comme étant excessive- ; ment amusant, ayant une multitude de tours drôles qui faisaient qu'on se tordait de rire en voyant ca.Alors je dis à cette personne: \u2018Oh! justement c\u2019est la fête de ma fille aujourdhui en huit ; je donne une soirée ; amenez donc votre ami, vous me ferez un grand plaisir.\u201d C\u2019est bien, il me M EE promet ; deux jours après, il me dit : \u201c C\u2019est convenu, il viendra.\u201d\u2019 Nous voila tous bien contents, ma femme, ma fille et moi ; j'annonce cela à tous mes amis et parents ; tout le monde se réjouit et le soir de la fête personne ne manque d'arriver de bonne heure pour être bien placé.Vers dix heures, mon ami arrive avec son artiste ; nous voyonsun garçon très beau ; je lui serre la main, je le remercie ; je lui dis que s\u2019il a faim ou soif qu\u2019il le dise.' Le prévenu.\u2014Vous croyez que ce n'est pas à tuer ?Ce philistin qui croit que je n'ai pas mangé.M.le président\u2014N'interrompez pas ! M.Marion \u2014 Alors, ma fille joue un air varié et quand elle a fini.Le prévenu.\u2014Te l'ai avalé l'air varié.M.le président.\u2014 Mais taisez-vous donc, monsieur, vous vous expliquerez après, M, Marion.\u2014Te dis donc à ma fille: Va done demander à cet artiste de nous faire quelque chose.Elle y va; il s\u2019incline poliment, et ma fille accourt toute joyeuse en battant des mains en disant : Oh | il veut bien.Tout le monde fait: Ah! en signe de joie : on s'approche, on sc serre; monsieur s'avance ; je vais à lui et je lui dis: Oh! que vous êtes aimable de nous faire quelque chose.: \u201cIl a l\u2019air de chercher et dit: Je ne sais pas trop quoi.Enfin il dit qu\u2019il va nous faire la scène du monsieur qui démonte ug piano pour chercher un sou qui est tombé dans la mécanique.Rien qu\u2019à l\u2019annoncé, voilà tout le monde qui pouffe de rire ; ma fille bat des mains, disant : Oh que ça doit etre drole | C'est bon.Il commence tout le monde se tait.\u201c11 ote d\u2019'abord les bougics du piano et les met par terre ; après il 6te les bougeoirs et les pose à côté ; après il démonte le couvercle du piano et il le pose à terre ; après il ôte le grand panneau de devant et il le pose également par terre ; alors il regarde dans la mécanique et dit: Je ne vois pas! et on se lord de rire.Alors, il retire lame.canique ct dedans le meuble, la tourne, la retourne et repète : Je ne le vois pas.Ladessus, il démonte toutes les touches les unes après les autres et il les met sur le parquet, à côté du reste, en disant : C'est drôle, je croyais pourtant que mon sou était tombé dedans ; n\u2019y est pas, je me suis trompé, et ceci dit, il s'assied et demande si on allait passer les rafraichissements.Je lui fais apporter le plateau, il boit, mange de la pâtisserie, ça n'en finissait pas.Enfin quand il n\u2019y a plus rien, le garçon s\u2019en va et je dis à monsieur : \u2018\u201c Je vois ce qui va être vraiment drôle, maintenant, c'est de remonter le piano.\u2014 Ah ! le remonter, je ne sais pas \u201d dit-il.\u2018\u2018 Monsieur, vous dire la colère de tout mon monde, qui voulait danser, et qui n'avait pius clé piano ; d'autant que son tour n\u2019était pas amusant du tout.Finalement que j'ai dit à ce monsieur qu\u2019il était venu dans mon salon pour se moquer de moi.Le prévenu.\u2014C'est vous qui m'avez fait inviter, et parce que je n\u2019ai pas amusé votre société vous vouliez me jeter à la porte! Telle est la fumisterig, compliquée de coups de poing, qui à valu au mystificateur une condamnation à too fr.d'amende.Un de nos amis arrivé récemment des Etats Unis nous communique une liste de noms canadiens qu\u2019il a cueillis dans les livres de marchands d'Holyoke et de Manchester.Nos lecteurs verront comment nos compatriotes de là-bas, changent, mutilent et traduisent leurs noms en Anglais.Jugesen.M.Lapierre, s'appelle Stone ; M.Charbonneau, Coalboy ; Fortier, Strong ; Villeneuve, Newton ; Paquette et Turgeon, Parker ; Dion, Young ; Proulx, Prew ; Lesage, Wise ; Beauchamp, Fairfield ; Laurent, Lawrence ; Tremblay, Trumbly ; Langevin, Wing ; Bonvouloir et Bienvenu, Welcome ; Vien, Come ; Monat, Mine ; Rousseau, Brooks et Helbrooks ; Gagnon et Desjardins, Gardner ; Paré et Parent, Perry; Houle, Hall ; Francœur, Hart ; Roy, King ; Dumoulin, Miller ; Couture, Seymour ; Content, Cash ; Dehais.Davis ; Dubois, Somewood ; Grenier, Garrity ; Gouin, Ganes ; Lacroix, Cross ; Melançon, Masson ; Morin, Milton ; Poisson, Fish ; Dupont Brydges ; Goyette, Guyott ; Beaudry, Bodrey ; Martineau, Martin ; Lécuyer, Cook; Godin, Goulden ; Lafosse, Graves ; Hebert, Hulbert ; Pierre Picotte, Peter Smallpox.THE ILLUSTRATED LONDON NEWS Les matières contenues dans le numéro du 22 octobre de cette publication sont très intéressantes ainsi que les gravures.Cellesci représentent le Parc St James, la Mission Anglaise de Morocco, et plusieurs vues du Congo, etc, etc\u2014Le prix de l\u2019exemplaire est de 10 cents.Bureau: Potter Building\u2014 New York. COUPS D\u2019ARCHET La lecture du Daily Snooze est 1ecom- mandée à tous les Canadiens-français qui désirent apprendre l'anglais.Dans quelques jours ce journal leur donnera des traductions comme les suivantes : Tout le monde portait des crêpes au chapeau et avait l\u2019air affligé.All the world carried pancakes to their hats and had the tune afflicted.Le cercueil était très riche et couvert de fleurs.The beer was verv rich and covered of flowers.Le convoi suivit la Cote-des-Neiges et se rendit au cimetière.The train followed the Rib of the Snows and rendered itself to the cemetery.Les jeunes Canayens qui veulent tenir des propos d\u2019amour à des demoiselles anglaises auront un vocabulaire d\u2019expressions usitées duns ce genre de conversation : Exemples : Mon vieux, my old ; mon chat, my cat ; mon trognon, my stump ; mon chou, my cabbage ; mon rat adoré, my rat adored ; à mo1 tout seul, to me all alone ; mon bijou, my jewell ; ma soie, my silk; ma petite chatte, my little shecat ; donne-moi un bec en pincette, give me one snout in tweezers ; je suis fou de vous, I am foolish of you ; pourquoi me faites-vous les yeux doux ?Why me make you the eyes sweet ?etc., etc.+ * * Un ministre écrivait son sermon pour le dimanche suivant, lorsque sa petite fille entre dans sa bibliothèque et lui dit : \u2014Papa, est-ce que le bon Dieu te dit de quoi écrire ?\u2014Certainement, mon enfant.\u2014Alors pourquoi effaces-tu si souvent ce que tu écris ?er Dernièrement un élève de versification dans un collége du district de Montréal a fait la traduction suivante des deux premiers vers de l'Enéïde de Virgile.Cano un chien, arma armé, virumeque d'un aviron, primus prit, Zroyæ une truie ab oris pat les oreilles, verit et la venidit fato à un fat /faliæ d'Italie, profius pour du foin Zariniague et de l'avoine.+ Un pharmacien de New York a fait la semaine dernière une erreur fatale.En préparant une prescription il empoisonna un patient.Lorsqu\u2019on vint lui annoncer la terrible nouvelle, il s\u2019arracha une poignée de cheveux et s\u2019écria : \u2014Suis je assez malheureux ! Quand je pense que c'était mon meilleur client ! + x +* La femme.\u2014Tu parais fatigué, mon cher, tu ferais bien d'aller dans la salle à manger et de dormir un somme sur le sofa.Le mari.\u2014C'est bien.J'y vais.moi I\" Llendard.Doune- * » + La plus jolie fille de Chicago pèse 300 livres et a un bec de lièvre.Elle vaut $32, 200,000.* * \u2019 Dans un bureau de rédaction.Le reporter \u2014 J'ai une bonne nouvelle ce matin.J'ai trouvé une personne qui n'est jamais sortie de sa chambre depuis qu'elle est née.Le rédacteur en*chef\u2014Bon ! Ecrivez ça immédiatement.Qui est-elle cette personne ?Le reporter.\u2014C'est tout simplement un enfant de trois jours que nous avons à la maison.*_*® * Une dame de la rue Visitation disait à une amie en sortant du Théâtre Royal : \u2014La nuit est noire comme Eusèbe.+, Un vieux vagabond tout dépenaillé et la misère peinte sur la figure s'approche d'un vieux monsieur à l'air bonasse.\u2014Sericz-vous assez bon pour donner quelques sous à un pauvre homme pour avoir du café ?CL \u2014Vous paraissez comme si vous aviez besoin de café.\u2014En -fet, monsieur.Je me sens très faible.Je suis si pauvre.\u2014Voici dix centins., Entrez maintenant dans cette maison de pension et faites-vous donner une bonne tasse de café fort.Le vagabond prend l\u2019argent et, sans remercier le vieux philantrope, il traverse la tue se dirigeant vers une buvette.\u2014FHallo |! Revenez ici.Il n\u2019y a pas de calé là, crie le vieux monsieur.\u2014Il n\u2019y en a pas, dites-vous ?C\u2019est tout ce que vous en savez.Il y a ducafé et des clous de girofle dans une soucoupe sur le comptoir de la daz, J\u2019y suis déjà allé, vieux pignoaf.LE VIOLON UNE QUERELLE DANS LE MÉNAGE l'Etendard.\u2014Je n'ontends pas que Lu me vantes Balzac et Georges Sand, espèce d\u2019athée, ye rasa d\u2019impie, de franc-maçon.\u2018Je ne veux plus recevoir la legon de toi, La Patric\u2014Veux-tu que je te cnsse la margoulette, cré face d\u2019hypocrite, cafard, ¥1 , escobard, coco que tu es.Tu te mêlerus de tos affaires ct moi des mieunes.Les objets trouvés.Voici, à propos des objets trouvés et déposés à la Préfecture de police, quelques détails curieux et intéressants.C'est d\u2019abord un Russe qui avait oublié dix mille francs en billets de banque dans une voiture, en sortant «l\u2019un cercle : Il était retourné en Russie sans même faire de réclamation, persuadé que si la somme n'avait pas été perdue pour tout le monde, elle l\u2019était à jamais pour lui.A Saint Pétersbourg, quelqu\u2019un lui parla du bureau des objets trouvés, lui assura qu\u2019il fonctionnait très bien et l'engagea À y passer au moins par acquit de conscience.Ses affaires ou ses plaisirs le ramenèrent en France et il se présenta à la Préfecture de police trois ou quatre jours seulement avant le délai légal après lequel les trouvail les sont rendues aux trouveurs.[l demanda sans conviction si l\u2019on avait trouvé dix mille francs à telle époque.\u2014 Mais oui, monsieur, les voici ! Le Russe n\u2019y voulait pas croire, et il lui échappa ce cri du cœur : \u2014 Faut-il que ce cocher ait été L.te ! Le cas suivant n\u2019est pas moins digne d\u2019attention que le précédent : On a conservé à la Préfecture de police le souvenir de quelques traits particulièrement honorables pour les cochers.Un jour on voit arriver un bijoutier du Palais-Royal, frère d\u2019une chanteuse célèbre morte récemment.Il avait laissé dans une voiture une parure de quatre-vingt mille francs.\u201c Avez-vous le numé demande-t-on.\u2014Non.\u2014D u vous pris dans une station ?\u2014Non, je l'ai arrêté sur la voie publique.\u2014 Alors, comment le retrouver ?\u2014 Pour comble de malheur, ajoute le bijoutier, je me suis violemment disputé avec lui.\u201d On ne lui donna pas grand espoir, et tout le monde considérait la parure comme perdue.Le soir même le cocher l'apportait au bureau dés objets trouvés, On lui conseilla d\u2019aller lui-même chez le bijoutier qui ne pouvait manquer de lui donner une forte récompense, et qui la lui donna en effet.* \u2014Ma foi non, dit-il, c'est une trop sale bête ; je ne veux point le revoir.À côté de cochers foncièrement honnêtes, ilen est qui, par d'ingénieux stratagèmes, trouvent moyen de concilier les scrupules de leur conscience et leur clésir de conserver les objets perdus.\u2026 - Ils déposent les objets trouvés, mais ils donnent de fausses indications sur le lieu et le jour de la trouvaille, de manière à dérouter les réclamants ; s\u2019ils trouvent deux objets ensemble, ils les déposent séparément.Au bout d'un an, les trouvailles ainsi déguisées leur reviennent, et ils ont la conscience en paix.Mais le jeu est dangereux et le hasard peut les trahir.Un cocher dépose un joli éventail en écaille.Un an se passe, l'éventail n\u2019est pas réclamé on le lui rend.Quelqués mois après une dame en réclame un perdu depuis longtemps : la description, les indications de date et de lieu conviennent à l\u2019éventail rendu.On appelle le cocher, on lui rappelle que la loi'ne l'investit du droit de propriété qu\u2019aù boüf/de'trois ans; on l'invité-à'lé'res- tituer.Mauvaise humeur du cocher.Quand il apprend le nom de la personne a qui il doit le rendre, il entre en colère et déclare que cette personne est une volcuse, On lui demande de s'expliquer.IL répond que l\u2019éventail ne peut être à cette personne, puisqu\u2019il est A Mlle C., de l'Opéra Comique.On le presse davantage ct il avoue qu'il connaissait Mlle C., pour 'avoir plusieurs fois conduite, et qu'il avait trouvé I'éventail dans sa voiture un jour qu'il 'avait menée au théâtre.Au lieu de le lui rendre, il l'avait déposé à la Préfecture, dans l\u2019espérance que l'actrice ne le rechercherait pas, ce qui était arrivé.On présenta l'éventail à Mile C\u2026.qui le reconnut aussitôt et fut enchantée de le ravoir.La dame, qui avait involontairement fait découvrir la ruse du cacher, avait perdu un éventail à peu près semblable, mais ce n\u2019était pas le sien.La trouvaille la plus remarquable faite à Paris sur lt voie publique date d\u2019une douzaine d'années : Un Canadien d\u2019origine française ayant réalisé sa fortune était venu pour se fixer en France.Il avait cinq cents billets de mille francs dans un portefeuille placé dans la poche intérieure de son paletot.En grimpant sur l\u2019impériale de l'omnibus de l\u2019Odéon, au coin du boulevard et de la rue Le Peletier, il retourna cette poche sans s'en apercevoir, le portefeuille glissa et tomba par terre.Il fut aperçu et recueilli par le conducteur de l'omnibus suivant, qui le rapporta le soir même à la Préfecture.On peut se figurer, et les angoisses du malheureux qui perdait sa fortune d'un coup, et les tentations du pauvre diable à qui le hasard mettait subitement 500,000 francs dans les doigts.Le Canadien lui donna 12,000 francs de récompense.\u2014\u2014 Anna ct Sophie se sont rencontrées hier dans le salon de madame Bisquanquoin et ont parlé de leur amie Marie-Louise.Anna\u2014Le mariage que l\u2019on croyait cassé est repris.Son amant dit aujourd\u2019hui qu\u2019elle pue bon.Sophie.\u2014 Mais, c'est impossible.Ce qu\u2019il lui reprochait était impardonnable.Anna \u2014~Tout va bien maintenant.Elle achète les parfums les plus délicats, le White Rose, le Jockey Club, le Yang y Lang, chez MeGale, 2123 ruc Notre-Dame, où ils se vendent à bien bon marché.On trouvera toujours à la pharmacie McGale les parfums suivants: Kuli-Kuli Violette, Martha Washington, Spanish Jasmina, Florida Breeze, Stephanatis, et le musc donc.Après ça tirons l'échelle, rere t\u2014\u2014\u2014 Un marchand en gros de la ruc St.Paul disait hier à un de ses amis : Lorsqu'un client hésite à me donner une commande, j'ai un moyen assuré de le décider à acheter.Je l'invite à prendre un verre de vin ou de bière au restaurant Commercial de Louis Bergevin, No.127 rue McGill, coin de la rue St.Paul.Toutes les liqueurs et tous les cigares sont ce la première qualité et plaisent infailliblement aux connaisseurs.Dans un journal australien, on lit cet avis engageant d'un médecin de-Melbourne : *- Je m'engage, quand mes soins ne seront pas suivis de guérison, frais d'enterrement:-\u201d jour son succès s'affermir.cette faveur particulière du public?I1 suffit de parcourir au hasard un cles numéros hebdomadaires de cette intéressante publication, et l'on se rendra immédiatement compte du choix éclairé, de l'attention scrupuleuse qui président à sa composition.» à payer la moitié des Dernier écho du jubilé de la reine Victoria.Quoique avec un certain retard la ville de Barnslay n'en a pas moins fêté la vieille reine.que de se réunir à trente mille personnes pour manger un pâté pesant 2,250 livres, Et l\u2019on n\u2019a rien trouvé de mieux Gargantua aurait souri des trente mille personnes pour un si petit pâté ! ML La Bibliothèque à Cing Cents voit chaque D'où lui vient Les sujets les plus variés dans le Romar, la Littérature, l'Histoire, les Voyages, les Scènes du Désert ou de la Vie Indienne, y sont tour à tour développés avec l'attrait puissant des poignantes émotions que font naître les grands spectacles de la nature, et l'analyse des sentiments les plus tendres et les plus délicats du cœur humain.A ces divers titres, La Bibliothèque à Cing Centsasa place marquée d'avance à tous les foyers, où elle fera les délices du vieillard aussi bien que celles de la jeune fille.Prix d\u2019abonnement un an, $2.50 ; six mois.$1.25.S'adresser a Poirier, Bessette & Cie, 1540 Rue Notre-Dame, Montréal.EILEEN LOTERIE NATIONALE Les tirages mensuels ont lieu 1e troisième mercredi de chaque mois, La valcny des prix qui seront tivés le Mercredi, 16 Novembre '87 \u2014 SERA DE \u2014 $60,000.00 COUT DU BILLET Première Série - - - 81.00 Deuxième Série .- - 35Ets zer-Demaudez le catalogue des prix-æ Le Secrétaire, S.E.LEFEBVRE, 19, RUE SAINT-JACQUES, MONTREAL ERNST RUES AE EE EE J.N.LAMARCHE RELIBUR No.17, RUE SAINTE - THERESE Enire les rues St-Vincent et St-Gabriel MONTREAL, \u2014 Reliuro commerciale et de goûtoxécuté ave soin promptitude, ot à prix trés modérés.-L'Imprimerie Générale -Exceute avee diligence toutes espèces de COMMANDES TYPOGRAPHIQUES IMPRESSIONS DE LUXE, IMPRESSIONS DE.CHEMINS DE FER, IMPRESSIONS DE COMMERCE?Erc., Eto.,, Ero, =a L'Imprimerie Générale - EST EN MESURE D'EXÉCUTER LES COMMANDES LES PLUS CONSIDERABLES SOUS LE PLUS BREF DELAI.PRIX TKÈS{MODÉRÉS.CHARLES BELLEAU, GÉRANT No 45, PLAOE JACQUES-CARTIER, N.B.\u2014Les ordres peuvent être déposés, au bureau do LA MINERVE, No 45, Place Jacques: A Cartier, ou au bureau de:LA PRESSE; No ; rue Notre-Dame, en face dé l'Hôtel-de-Ville. FEUILLETON DU \u201c\u2018 VIOLON.\u201d TARTARIN de TARASCON PREMIÈRE ÉPISODR A TARASCOIN XIV Le port de Marseille.\u2014 Embarque ! Embarque ! Le ler décembre 186., a l'heure de midi, par un soleil d'hiver provençal, un temps clair, luisant, splendide, les Marseillais effarés virent déboucher sur la Canebière un Teur, oh mais, un Teur !.Jamais ils n\u2019en avaient vu un eomme celui-là ; et pourtant, Dieu sait #'il en manque à Marseille des Teurs ! Le Teur en question,\u2014ai-je besoin de vous le dire ?\u2014c\u2019était Tartarin, le grand Tartarin de Tarascon, qui s\u2019en allait le long des quais, suivi de ses caisses d'armes, de sa pharmacie, de ses conserves, rejoindre l\u2019embarcadère de la compagnie Touache, et le paquebot le Zouave, qui devait l'emporter là- as.- L'oreille encore pleine des applaudissements tarasconnais, grisé par la lumière du ciel, l'odeur de la mer, Tartarin rayonnant marchait, ses fusils sur l\u2019épaule, la tête haute, regardant de tous ses yeux ce merveilleux port de Marseille qu\u2019il voyait pour la première fois, et qui l'éblouissait\u2026 Le pauvre homme croyait rêver.Il lui semblait qu\u2019il s'appelait Sinbad le Marin, et qu\u2019il errait dans une de ces villes fantastiques comme il y en a dans les Mille et une nuits.C'était à perte de vue un fouillis de mâts, de vergues, se croisant dans tous les sens.Pavillons de tous les pays, russes, grecs, suédois, tunisiens, américains.Les navires au ras du quai, les beauprés arrivant anr la.berge comme des rangées de baïonnettes.Au-dessous les naïades, les déesses, les saintes vierges et autres sculptures de bois peint qui donnent le nom au vaisseau ; tout cela mangé .par l\u2019eau de mer, dévoré, ruisselant, moisi.De temps en temps, entre les navires, un morceau de mer, comme une grande moire tachée d\u2019huile.Dans l'enchevêtrement des vergues, des nuées de mouettes faisant de jolies taches sur le ciel bleu, des mousses qui s'appelaient dans toutes les langues.Sur le quai, au milieu des ruisseaux qui venaient des savonneries, verts, épais, noirâtres, chargés d'huile et de soude, tout un peuple de douaniers, de .commissionnaires, de portefaix avec leurs bogheys attelés de petits chevaux corses.Des magasins de confections bizarres, des baraques enfumées où les matelots faisaient leur cuisine, des marchands de pipes, des marchands de singes, de.perroquets, de cordes, de toiles à voiles, des bric-à-brac fantastiques où s\u2019étalaient pêle-mêle .de vieilles coulevrines, de grosses lanternes dorées, de vieux3palans, de vieilles ancres édentées, vieux porte-voix, lunettes marines du temps e \u2018Jean Bart et de Duguay-Trouin.Des vendeuses de moules et de clo- Visses accroupies et piaillant à coté de leurs.coquillages.Des matelots passant avec, des pots de goudron, des marmites fumantes, de grands paniers - pleins de poulpes qu\u2019ils allaient laver dans l\u2019eau blanchâtre des fontaines, _ Partout, un encombrement prodigieux de marchandises de toutes espè- Ces : soieries, minerais, trains de bois, ssumons de plomb, draps, sucres, caroubes, colzas, réglisses, cannes à sucre.L'Orient et Toccident péle- méle; De grands tas de fromages de Hollände que les Génoises teignaient en rouge avec leurs mains.La-bas, le quai au blé; les porte- fuix déchargeant leurs sacs sur.la ber; ged haut: do grands: échafaudages: Le blé, torrent d\u2019or, qui roulait au milieu d\u2019une fumée blonde.Des hommes en fezrouge, le criblant à mesure dans de grands tamis de peau d'âne, et le chargeant sur des charettes qui s'éloignaient suivies d\u2019un régiment de\u2019 femmes et d'enfants avec des balayettes et des paniers a glanes.Plus loin, le bassin de carénage, les grands vaisseaux couchés sur le flanc et qu'on flambait avec des broussailles pour les débarrasser des herbes de la mer, les vergues trempant dans l\u2019eau, l\u2019odeur de la résine, le bruit assourdissant des charpentiers doublant la coque des navires avec de grandes plaques de cuivre.Parfois, entre les mâts, une éclaircie.Alors Tartarin voyait l'entrée du port, le grand va-et-vient des navires, une frégate anglaise partant pour Malte, pimpante et bien lavée, avec des officiers en gants jaunes, ou bien un grand brick marseillais démarrant au miliëu des cris, des jurons, et à l'arrière un gros capitaine en redingote et chapeau de soie, commandant la manœuvre en provençal.Des navires qui s'en allaient en courant, toutes voiles dehors.D'autres là-bas, bien loin, qui arrivaient lentement, dans le soleil comme en l\u2019air.Et puis tout le temps un tapage effroyable, roulement de charettes, \u201coh! hisse\u201d des matelots, jurons, chants, sifflets de bateaux a vapeur, les tambours et les clairons du fort Saint-Jean, du fort Saint-Nicholas, les cloches de la Major, des Accoules, de Saint-Victor ; par là-dessus le mistral qui prenait tous ces bruits, toutes ces clameurs, les secounait, les confondait avec sa propre voix et en faisant une musique folle, sauvage, héroïque comme la grande fanfare du voyage, fanfare qui donnait envie de partir, d'aller loin, d\u2019avoir des ailes.C\u2019est au son de cette belle fanfare que l\u2019intrépide Tartarin de Tarascon s'embarqua pour le pays des lions !.DEUXIEME EPISODE CHEZ LES TEURS I La traversée.\u2014 Les cinq positions de la chechia.\u2014 Le soir du troisième jour.Miséricorde.Je voudrais, mes chers lecteurs, être peintre et grand peintre pour mettre sous vos yeux, en tête de ce second épisode, les différentes positions que prit la chechia de Tartarin de Tarascon, dans ces trois jours de traversée qu\u2019elle fit à bord du Zouave, entre la France et l'Algérie.Je vous la montrerais d\u2019abord au départ sur le pont, héroïque et superbe comme elle était, auréolant cette belle tête tarasconnaise, Je vous la montrerais ensuite a la sortie du port, quand le Zouave commence a caracoler sur les lames: je vous la montrerais frémissante, étonnée, et comme sentänt déjà les premières atteintes de son mal.Puis, dans le golfe du Lion, à mesure qu'on avance au large et que la mer devient plus dure, je vous la ferais voir aux prises avec la tempéte, se dressant effarée sur le crâne du héros, et son graud flot de laine bleue qui se hérisse dans la brume de mer et la bourrasque.\u2026.Quatrième position.Six heures du soir, en vue des côtes corses.L'infortunée chechia se penche par-dessus le bastingage et lamentablement regarde et sonde la mer.Enfin, cinquième et dernière position, au fond d\u2019une étroite cabine, dans nn petit lit qui a l\u2019air d\u2019un tiroir de commode, quelque chose d'informe et et de désolé roule \u2018en geignant sur l\u2019oreiller.C'est la chechia, l\u2019héroïque chechia du départ, réduite maintenant au vulgäire état de casque à mèche et s'enfonçant jusqu'aux oreilles d\u2019une: LE VIOTON tête de malade bléme et convulsionnée.Ah! si les Tarasconnais avaient pu voir leur grand Tartarin couché dans son tiroir de commode sous le jour blafard et triste qui tombait des ublots, par cette odeur fade de cuisine et de bois mouillé, l\u2019'écœurante odeur du paquebot ; s'ils l\u2019avaiont eutendu râler à chaque battement de l'hélice, demander du thé toutes lès cinq minutes, jurer contre le garçon avec une petite voix d'enfant, comme ils s\u2019en seraient voulu de l'avoir obligé A partir.Ma parole d\u2019historien ! le pauvre Teur faisait pitié.Surpris tout à coup par le mal, l\u2019infortuné n'avait pas eu le courage de desserrer sa ceinture algérienne, ni de se défubler de son arsenal.Le couteau de chasse à gros manche lui cassait la poitrine, le cuir de son revolver lui meurtrissait les jambes.Pour l\u2019achever, les bougonnements de Tartarin-Sancho, qui ne cessait de geindre et de pester : \u201c Imbécile, va |.Je te l'avais bien dit!.Ah! tu as voulu aller en Afriue.Eh bien, té !1a voilà l'Afrique !.Jomment.la trouves-tu ?\u201d Ce qu'il y avait de plus cruel, c\u2019est que du fond de sa cabine et de ses gémissements, le malheureux enten- doit les passagers du grand salon rire, manger, chanter, jouer aux cartes.La société était aussi joyeuse que nombreuse à bord du Zouave.Des officiers qui rejoignaient leurs corps, des dames do l\u2019A/cazar de Marseille, des cabotins, un riche musulman qui revenait de la Mecque, un prince monténégrin très farceur qui faisait des imitations de Ravel et de Gil Pérès.Pas un de ces gens-là n'avait le mal de mer, et leur temps se passait à boire du champagne avec le capitaine du Zouave, un bon gros vivant de Marseillais, qui avait ménage à Alger et à Marseille, et répondait au joyeux nom de Barbassou.Tartarin de Tarascon en voulait à tous ces misérables.Leur gaieté redoublait son mal.Enfin, dans l\u2019après-midi du troisième jour, il se fit à bord du navire un mouvement extraordinaire qui tira notre héros de sa longue torpeur.La cloche de l\u2019avant sonnait.On entendait les grosses bottes des matelots courir sur le pont.\u201c Machine en avant l.machine en arrière !\u201d criait la voix du capitaine Barbassou.Puis : \u201c Machine, stop !\u201d Un grand arrêt, une secousse, et plus rien.Rien que le paquebot se balançant silencieusement de droite à gauche, comme un ballon dans lair.Cet étrange silence épouvanta le Tarasconnais.\u201c Miséricorde ! nous sombrons !.cria-t-il d\u2019une voix terrible, et retrouvant ses forces par magie, il bondit de sa couchette, et se précipita sur le pont avec son arsenal.Il _ Aux armes ! aux armes ! On ne sombrait pas, on arrivait.Le Zouave venait d\u2019entrer dans la rade, une belle rade aux eaux\u2019 noires et profondes, mais silencieuse, morne, presque déserte.En face, sur une colline, Alger la blanche avec ses petites maisonsd\u2019un blancmat qui descendent vers la mer, serrées les unes contre les autres.Un étalage de blanchisseuse sur le coteau de Meudon.Par là-dessus un grand ciel de satin bleu, oh ! mais si bleu L.L'illustre Tartarin, un peu remis de sa frayeur, regardait le paysage, en écoutant avec respect le prince mon- ténégrin, qui, debout a ses cotés, lui nommait les différents quartiers de la ville, la Casbah, la ville haute, la rue Bab-Azoun.Très bien élevé, ce prince monténégrin ; de plus connaissant à fond l'Algérie et parlant l\u2019arabe couramment.Aussi Tartarin.se pro- posait-il de cultiver sa connaissance.Tout a coup, le long du bastingage contre lequel ils étaient appuyés, le Tarasconnais \u2018apergoit une.rangée de grosses mains noires qui se cramponnaient par dehors.Presque aussitôt.une téte de nègre toute crépue apparaît devant lui, ot, avant qu'il ait êu.le temps d'ouvrir la bouche, le pont se trouve envahi de tous côtés.par ui.centaine de forbans, noirs, jaunes, à: moitié nus, hideux, terribles, Ces forbans-là, Tartarin les connaissait\u2026 C'étaient eux, c\u2019est-à-dire ILS, ces fameux 1L8 qu'il avait si souvent.cherchés la nuit dans les rucs -de Tarascon.Enfin 1LS se décidaient à venir.\u2026D\u2019abord la surprise le cloua sur place.Mais quand il vit les forbans se précipiter sur les bagages, arracher la bâche qui les recouyrait, commencer enfin le pillage du navire, alors le héros se réveilla, et dégaînant son- couteau de chasse : \u201c Aux armes ! aux armes !\u201d cria-t-il aux voyageurs, et le premier de tous, il fondit sur les pirates.\u201cQues aco?qu'est-ce qu'il y a?qu'est-ce que vous avez ?\u201d fit le capitaine Barbassou, qui sortait de l'entrepont.\u201c Ah! vous voilà, capitaine !.vite, vite, armez vos hommes.\u2014HEé ! pourquoi faire, boun Diou ?\u2014Mais vous ne voyez donc pas !\u2026 \u2014Quoi donc 2.\u2014La.devant vous.les pirates.\u201d Le capitaine Barbassou le regardait tout ahuri.À ce moment, un graud diable de nègre passait devant eux, en courant, avec la pharmacie du héros sur son dos : - * Misérable ! attends-moi !.\u201d hurla le Tarasconnais ; et il s\u2019élança, la dague en avant.Barbassou le rattrapa au vol, et, le retenant par sa ceinture : \u201c Mais restez donc tranquille, tron de ler !.Ce ne sont pas des pirates.Il y a longtemps qu'il n\u2019y en a plus de pirates.Ce sont des portefaix !.\u2014Des portefaix !.\u2014Hé ! oui, des portefaix, qui viennent chercher les bagages pour les porter a terre.Rengainez donc votre coutelas, donnez-moi votre billet, et marchez derrière ce nègre, un brave garçon, qui va vous conduire à terre, et même jusqu\u2019à l\u2019hôtel si vous le désirez !.\u201d , Un peu confus, Tartarin\u2018donna soñ billet, et, se mettant à la suite du nègre, descendit par le tire-vicille dans une grosse barque qui dansait le long du navire.Tous ses bagages y étaient déja, ses malles, caisses d\u2019armes, conserves alimentaires ; comme ils tenaient toute la barque, on n\u2019eut pas besoin d'attendre d'autres voyageurs, Le nègre grimpa sur Jes malles et s\u2019y accroupit comme un singe, les genoux dans les mains.Un autre nègre prit les rames.Tous deux regardaient Tartarin en riant et montrant leurs dents blanches.Debout à l'arrière, avec cette terrible moue qui faisait la terreur de ses compatriotes, le grand Tarasconnais tourmentait fièvreusement le manche de son coutelas ; car, malgré ce qu'\u2019avait pu lui dire Barbassou, il .n\u2019était qu\u2019à moitié rassuré sur les intentions de ces portefaix à peau d\u2019ébène, qui ressemblaient si peu aux braves portefaix de Tarascon.Cinq minutes après, la barque arrivait à terre, et Tartarin posait le pied sur ce petit quai barbaresque, où, trois cents ans auparavant un galérien espagnol nommé Michel Cervantes préparait-\u2014sous le bâton de la chiourme algérienne \u2014un sublime roman qui devait s'appeler Don Quichotte ! (A continuer.) Une définition en passant : _ \u2014Cuisinier.\u2014Un.homme :quion-ne cop: nait que par le ment, ws Deux messieurs, trés sôlennels et.frés bout tonnés, se présentent chez l'ami Guibollardi: \u2014Mon cher, dit l'un d'eux, puisque Vous .ne vouliez pas du pistolet, nous avons \u2019déci-: dé que le combat aurait lieu à l'épée., Guibollard, après quelques-instants flexion: © Lo 0 i =2A¥combien deipas ?.+ "]
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