Le violon, 1 octobre 1887, samedi 1 octobre 1887
[" ee \u2014BE- REDACTION as SBME JACQUES-SARTIER MONTREAL ; ABONNEMENT UN AN - - $1.00 | STRICTEMENT D'AVANCE JOURNAL QUI FAIT DANSER IANNONCES MESURE AGATE lère INSERTION, 10 Cents Autre \u201c {6 Cents A LONGS TERMES CONDITIONS SPECIALES LE NUMERO DEUX CENTINS \"ee MONTRÉAL, SAMEDI, 1er OCTOBRE 1887 P.X.LEMIEUX, Comuwunes, Ottawa, Out ara L'IDOLE ROUGE Le Grand Lama Mercier est dans sa pagode à Québec.LE CHARMEUR DE PUNAISES t On connaissait, en fait d\u2019industriels bizar- : Tes et fantaisistes, le vernisseur de pattes de - dindons, le noircisseur de verres pour éclip- È ses, le découpeur de crêtes de coq, les fabri- F cants d'yeux de poupées, les éleveurs d\u2019asti- 6: cots, les bergers en chambre, etc,, mais il ; ne nous avait pas encore été donné de con- Enaître le \u2018\u2018 charmeur de punaises\u201d.Le F\u201c charmeur de punaises '\u2019 existe et rend de } véritables services dans les hôtels de certai- F nes villes, Ek Un chroniqueur du Gaudois, qui était des- pcendu dans l\u2019hôtel d\u2019un petit port de Bretahgne, n'a eu qu\u2019à se féliciter de la découverte {de cet industriel doublé d\u2019un philanthrope, Ë d'un ami de l\u2019humanité.Qu'on en juge ! p: Notre confrère s\u2019aperçut la première nuit Fqu'il n\u2019était pas seul dans son lit et qu\u2019il avait à lutter contre une véritable légion de F ces affreux insectes qui hantent les vieux ÿ matelas.Obligé de renoncer à la lutte, il se résigna à attendre le lever de l\u2019aube dans \u2018un fauteuil.Mais, le lendemain, s'étant ouvert de sa mésaventure au susbtitut, qui Métait son voisin de: table d'hôte, celui-ci lui dit: II faut faire venir le père Legorrecy ÿ le.charmeur de punaises ! \u201d ; k \u2018Le père Legorrec était un vieux marin p Qui avait beaucoup voyagé et qui avait rap- Eyporté, des pays lointains qu\u2019il avait visités, & Une quantité de recettes et de secrets, no- ptaïment celui de \u2018-charmer les punaises \u201d.Plusieurs personnes notables de la ville et le substitut lui-même, qui me faisait l\u2019honneur de me parler, avaient fait l'expérience des talents du vieux marin, Quant à sa manière de procéder, c'était un mystère que personne n'avait pu pénétrer jusqu\u2019à présent.Il n\u2019opérait que dans une solitude absolue et toutes portes bien closes.Mais il opérait avec une complète efficacité, et tous les logis où il avait passé étaient définitivement débarrassés de leurs hôtes incommodes et malfaisants.i \u201cMa curiosité, vivement excitée, autant que mon désir de dormir tranquille, triomphèrent de mes derniers scrupules.Le garçon de l'hôtel fut envoyé chez le père Legorrec, qu'il me présenta quelques instants après.Rendez-vous fut pris pour deux heures dans la chambre où le mystère devait s'accomplir.\u2018 \u201c A l'heure dite, le \u2018 charmeur \u201d sonnait à ma porte.C'était un vieillard sec et droit.Il portait en bandoulière un sac de toile qui contenait son matériel.Je l\u2019introduisis dans ma chambre, où je le laissai seul, selon le désir qu\u2019il m\u2019en exprima ; et je l\u2019entendis fermer la porte à clef derrière moi.$ Te rejoignis le substitut, qui m'attendait dans le jardin, car nous étions fort curieux, l'un et l\u2019autre, de savoir comment les choses se passeraient.Au bout d'un quart d\u2019heure nous approchâmes douçement des fenêtres de la chambre.Legorrec avait tiré les rideaux, mais il restait encore, à chaque fenê- 105 DE QUEBEC Il reçoit les hommages des derviches hurleurs le G.V.Trud et le P, V.Tardivel, et les derviches tourneurs Amyot et Duhameltre, un jour étroit par lequel nous pouvions, sans être vus nous-mêmes, assister à 'opération qui se préparait.Le lit était précisément en face des fenêtres, au fond de la pièce, \u201c Il était complètement défait.Les deux matelas et la paillasse étaient debout contre les murs.Par terre, une petite terrine et deux fioles que Legorrec avait tirées de sa sacoche.Il vida les deux fioles dans la terrine et remua doucement le mélange.Puis il se déshabilla complètement et se passa à plusieurs reprises, sur toutes les parties du corps, une éponge trempée dans le mélange.Cela fait, il se coucha sur le parquet.\u201cAprès cette première mise en scène bizarre et quelque peu fantastique, l'homme resta immobile, En prêtant l'oreille, je crus entendre un espèce de chant, ou plutôt de murmure, une psalmodie lente et sourde, caractère trés étrange et indéfinissable.C'était une des formes de l'incantation.\u201c Bientôt, je distinguai, dans la demi- obscurité de la chambre, des points noirs en mouvement sur les matelas et sur la paillasse.C'était un fourmillement, une agitation, un va-et-vient dans tous les sens.La colonie était mise en révolution par quelque événement extraordinaire.Ce désorde se régularisa peu à peu, et l\u2019armée, en longue colones, descendit de tous côtés, se dirigeant vers l'homme toujours immobile, la tête appuyée sur ses bras repliés et les yeux fermés, : * Les bandes ne venaient pas seulement No 2 | 1 des matelas ; il en sortait du bois de lit, du papier de tenture.J'en aperçus au plafond d'où elles se détachaient à un moment pour se laisser tomber sur le parquet, ou sur le corps du patient, qui les attirait avec] une force irrésistible.Je me demandais \u2018avec un effroi ce que le malheureux allait devenir, ainsi cerné, attaqué, de toutes parts)par ces cruels ennemis.«464% COUMI *UEICS \u201cIl en fut bientôt couvert depuis les pieds jusqu'à la tête ; mais il neJ paraissait pas s\u2019en apercevoir et ne sortait pas de son immobilité, tandis que ce seul spectacle me causait, à moi, de violentes démangeaisons.Mais je remarqnai, au bout de quelque temps que les insectes dévorants, dès qu\u2019ils avaient touché le corps de l'homme, devenaient ita- mobiles et comme brusquement foudroyés.** Tout le gros de l'armée y avait passé ; quelques retardataires, seulement, arrivaient, encore pour prendre leur part au désastre\u2018 commun.Je fis un signe à mon compagnon et nous quittimes notre poste d\u2019observation.\u201d ; Notre confrère ajoute que le bonhomme, n\u2019a pas de tarif; on lui donne ce qu\u2019on\u201c veut.Il lui remit dix francs, ce qui-n\u2019était pas trop, puisque la nuit suivante il n'eut à souffrir d'aucun retour offensif de.ses ennemie, Ils étaient tous restés sur le carreau.Seulement, le \u201c charmeur de punaises \"n\u2019a jamais voulu livrer son secret.\u2018N'importe; on ne dira plus que toutes les carrières sont: encombrées.En voilà une.qui est{stout, à fait nouvelle. Coe en LE VIOLON Parait tous les samedis, L'abonnement est de $1.00 par année, inva- \u2018tlablement payable d'avance.Nous le vendons aux agents seize cents la douzaine.Toutes communications doivent être adressées comme suit : LE VIOLON , 45, Place J acques-Cartier, MONTRÉAL.H.BERTHELOT, RÉDACTEUR.MONTREAL, 1s OCTOBRE 1887 ENONS-NOUS les côtes.Il paraît que c'est drôle.M.Beaugrand vient delancer le premier numéro du Daily Snoosze,l'organe anglais du cabinet Mercier a Chm Montréal.Naturellement le propriétaire de la nouvelle feuille aura une rédaction à bon mar- \u2018ché, s'il veut tirer un bénéfice des annonces \"officielles.Tout le monde sait que M.Beaugrand sait ménager la chèvre et le chou et que ses employés ne mettent jamais du beurre «dans leurs épinards.Avec des scribes pauvrement payés on : a _ 424 verra un de ces jours, dans les colonnes du Daily Snooze, des traductions de français en anglais dans le genre des suivantes : \u201c L\u2019hon.M.Mercier est de retour en cette ville et est descendu au St-Lawrence Hall.\u201d \u2018The honorable Mr Mercier is of return in this town and is descended to the St- Lawrence-Hall.\u201c Hier dans l'église Notre-Dame, le curé a fait un sermon éloquent sur la conversion -des pécheurs.Son texte était: Il y aura plus de réjouissance dans le ciel pour la «conversion d'un seul pécheur que pour la persévérance de quatre-vingt dix-neuf justes.Yesterday in the church Notre-Dame the curate made a sermon eloquent on the conversion of the fishers, His text was: There will have more joy to the sky for the con version of a fisher alone that for the perse verance of four twenty ten nine rights.¢¢ Le tirage mensuel de la loterie du curé Labelle se fera demain dans le Cabinet de lecture paroissial, à dix heures du matin précises.\u201d - The pulling monthly of the lottery of curate Labelle will make itself to-morrow in°the Cabinet of reading parochial at ten CSA, ch en Mn _ hours of the morning precise.% Un homme de police a ramassé, ce matin, sur la rue des Commissaires, an homme ivre et étendu dans la boue avec un pied cassé.Le malheureux a été envoyé à l\u2019Hôtel- Dieu.\u201d : A\u2018 man ofypolice gathered\u2019 this morning Wy « broken.:The unhappy-hastbeen sent: tothe: \u2018Hotel God.Sn CEE 2 \u201cM.Brazeau aà vendre plusieurs pipes en écume de mer et des pipes en bois a bouts d\u2019ambre, et des blagues 4 tabac.Illes vend aux prix coutants.\u201d Mr Brazeau\u2019 has to sale much pipes in froth of sea and pipes in wood to ends, of amber and humbugs to tobacco.\u2018He them sells to the prices costing, * Charlie Copperbottom a été traduit ce matin devant le magistrat de police pour le vol d\u2019une botte de foin.Il est entré dans la voie des aveux et il subira son procès devant la cour du banc de la reine.\u201d Charlie Copperbottom was translated this Morning before the magistrate of police for the flight of a boot of hay.He is entered in the road of the confessions and he will suffer his law-suit before the yard of the Pew of the Queena rt re CORRESPONDANCE POLITIQUE .Québec 28 sept.1887.À l\u2019Hon.H.Mercier.Toi et Gagnon, vous n\u2019avez pas assisté à mon banquet.Mes amis me disent que vous faites du boudin.Ils veulent savoir pourquoi vous me traitez de la sorte.J'ai toujours été et je suis l\u2019honnête Jimmy, le Jimmy du peuple.Je ne veux pas être ma- ganné par mes collègues et j'attends vos explications sur le banquet.Signé, \u2019 MCSHANE, Québec 28 Sept.1887.A I'Hon, J.McShane.Tu t'emportes comme une soupe au lait à propos de rien.Je t'ai envoyé déjà ma lettre d\u2019excuses pour n'avoir pas assisté au diner.Je m'aperçois que tu montes sur tes grands chevaux.Il y a assez longtemps que tu m'achales dans le cabinet, y a des imites pour faire I'habitant avec moi.Mes amis ne me laisseront plus fooler par toi plus longtemps.Je suis décidé de te faire débarquer de dessus le poulain Owen Murphy me dit tous les jours que ton influence sur la Chambre ne vaut pas c\u2019te tôle.Ses amis sont décidés de t\u2019envoyer au balai, Signé, MERCIER.Québec 29 Sept.1887.A l\u2019Hon.H.Mercier.By the holy mother of Moses ! attention à toi si tu te proposes de me faire des be.tises | Ce n'est pas toi qui es capable de me bluffer ! Avant de sortir de la cambuse il y a plus d\u2019un de tes amis qui attrapperont des poques.Quand on est pas fair avec ses chums, on peut s'attendre 4 une ro du maudit.Quant à ton ami Murphy il passera mal son temps avec moi.Je vas lui tremper une soupe assez chaude qu\u2019elle lui brûlera les bâbines.Si tu crois que je vas lâcher la boutique sans Licker, dévire un peu, mon ami.Ma gang est assez forte pour te faire prendre une sheer dont tu te rappelleras longtemps.Arrive donc avec ton Murphy ; je suis bon pour.Signé, McSHANE.\u2014 Québec 29 Sept.1887.A I'Hon.J.McShane.Je viens de recevoir ton billet de ce matin.Ily aun bout & jouer au bouchon.Tous mes collégues sont d\u2019accord avec moi et on est bien décidé à te shipper.Espère encore une couple de semaines mais que je sois paré, alors tu débarqueras un peu croche.Tu n\u2019as pas besoin de faire du train dans les gazettes à propos de ça, tu n\u2019y gagneras rien.Fais tes paquets et prépare toi à mouver.Signé, MERCIER.Québec rer Oct.1887, À l'Hon.H.Mercier.Me crois-tu assez niochon pour lâcher mon portefeuille.Pense pas, bidoux.Si tu parles encore de ça, je me ferai donner encore un autre banquet et je ne te lirai pas d'avance le speech que j'y ferai.Je n'ai pas plus envie de résigner que toi, On est si bien à Québec.On s\u2019y amuse tant à mes Five O'clock Tea, Signé, MCSHANE, | \u201c\u2019Québec:1 Oct.1887; rs EA 2 ST I, i ; 1\": .1.° , ! on \u2018the stréet of the Commissioners a.man.A Hon.M.McShane ~drunk and; extended.in.the mud with a foot \"Monsieur, ; ; A LL Lo.3 adit \"34 2 est avec:regret que je.vous informe, que, cat voire utilité'a cessé \u2018dans\u2019 mon?cabinet, vous \\ : | que l'anglais.y ob TH VIOLON m'obligerez en me faisant \u2018parvenir votre portefeuille par le porteur, afin que je le passe à l\u2019ädministrateur de la Province.\u2019 Signé, A MERCIER, Québec 1 Oct.1887.A l'Hon.H.Mercier.Pas d'affaire.Je t'ai déjà dit que je ne voulais pas résigner.Quant à mon portefeuille, je le garde.Viens le cri toi-même, si tu t'en sens capable.Tes collègues ne sont pas assez b/ood pour me jeter dehors.Le premier qui me parlera de sortir, aura affaire à mon shilélé.Signé, MCSHANE.I NECROLOGIE Le 24 septembre 1887 le Canard, âgé de dix ans, a expiré entre les mains de son propriétaire M.H.Champagne di# Beaugrand.Le pauvre palmipède n\u2019en pouvait plus mais.le régime mesquin qu\u2019il suivait dans les bureaux de la Patrie a évidemment avancé sa fin, car le Canard était né avec une constitution assez robuste pour vivre encore cinquante ans.Depuis une couple d'années il s'était opéré un changement extraordinaire dans la petite feuille de la rue St-Gabriel.Elle ne se nourrissait plus que d\u2019articles insipides et de calembours éthiques.Depflis un an le Canard resassait ses anciennes caricatures et les servait pour la troisième ou la quatrième fois à ses abonnés ennuyés.Le pauvre palmipède a littéralement crevé d\u2019inanition.; ; Quelques heures avant de mourir il a vainement essayé de se réconcilier avec ses anciens ennemis.Lorsqu'il a demandé les secours de la religion M.Beaugrand lui a répondu qu'il n\u2019y avait que le Grand Vicaire Trudel de disponible pour le confesser.Celui-ci a refusé péremptoirement de se rendre au chevet du moribond en disant que les péchés du Canard étaient dans les cas réservés.Le malheurex Canard a du rendre le dernier soupir le désespoir dans le cœur.Il a été inhumé secrètement pendant la nuit dernière dans la partie non-consacrée du cimetière, à côté de la tombe de Guibord à une courte distance du lot de son ancien propriétaire.Que la terre lui soit légère.R.I.PI.COUPS D\u2019ARCHET On lit dans le Monde de samedi dernier : \u2018 On ne s'attendait guère à trouverl'hon.M.Mercier mêlé à un contrat de vidange, c'était pourtant une des surprises que nous réservait l\u2019enquête d\u2019hier.\u2018* S'il est vrai que la Providence est partout, on peut en dire autant de son homme.\u201d Rien d\u2019étonnant dans cela.«L'hon.M.Mercier tenait à ce que ses amis menassent des vies d'anges.wu Un canadien français de Sorel nommé Cusson, qui vit à Lowell, Mass., depuis quelques mois vient d\u2019américaniser son nom en le changeant pour celui de Harsebran.#* On rapporte aussi qu\u2019un Mr.Laflamme employé dans un grand hôtel à Horse and Bitch, se fait appeler Mr.Sparks, la con- sonnance étant plus douce à l\u2019oreille des Américainswu A la cour du recorder.Un pochard avec un nez enluminé de teintes soleil couchant parait devant le recorder, Le policeman de rigueur se tient à côté de lui à la barre pour éclairer la cour de ses conseils.Le recorder.Le constable.un matelot.i Le recorder.De quelle nationalité est-il ?Le constable.11 est Belge, votre honneur.Le recorder.Prisonnier, comprenez-vous le flamant ?Le constable.un matelot.Le recorder.Prisoner, were you drunk ?Le prisonnier.Yes, your worship.Le recorder.Cinq piastres ou huit jours.Pour le constable les matelots ne parlent Le magistrat a pris: note de Parlez-vous français ?Non, votre honneur, c\u2019est Non, votre honneur, c\u2019est la chose.\u2019 = ; .Le Vrai Brazeau, offre en_vente cette semaine 206,000 cigares de marque excellente, toujours aux-prix que vous:savez au\u201dNo.:47 |\" 224 à Cap.enter Siig Bal CEN pe 30 à \"OV REE = rue St-Laurent.0 R ms - SP \u2014 Victoire, qu\u2019est-ce que cela si nifie trouve des cheveux dans mon.oe.Fle \u2014Oh L.monsieur peut dtre \u2018tranqui ce sont des miens.quille.* * + A l'hôtel.\u2014Pardon, \u2018fait un voyageur, la dernière fois que je suis venu, vous aviez augmenté vos prix parce que vous n\u2019aviez personne.Maintenant, vous avez du monde.\u2014C\u2019est pour cela que je maintiens mes prix.Autrement, je ne pourrais loger mon monde ! ger tout ee Les Boxeurs On annongait ces jours derniers que des amateurs anglais ayant organisé dans un théâtre de Madrid un spectacle de boxe la police l\u2019avait fait interdire.Cette décision de la police madrilène sera pleinement approuvée par quiconque a eu dans sa vie l\u2019occasion d'assister à l'une de ces boucheries sans som dont messieurs les \u2018 amateurs ?\u2019 anglo-saxons se montrent si friands et constituent pour les Anglais et les Américains du Nord un plaisir national.Parmi les combats de boxe demeurés célé- bres en Angleterre, un des plus mémorables @st celui de Tom Crig et du nègre Molineaux, qui eut lieu en 1811 à Thistleton- Cap devant vingt mille Spectateurs, parmi lesquels figuraient nombre de pairs d\u2019Angleterre, de généraux et de gentlemen illustres.La lutte eut onze parties.Au second coup Crig eut la bouche ensanglantée ; au troisième il eut un Œil tout bleu ; aux trois suivants il fut plusieurs fois renversé ; mais à la fin il reprit l'avantage et dès le septième tour la défaite de Molineaux fut certaine.Celui-ci perdit bientôt ses forces et des applaudissements universels annoncèrent la fin du duel.On rapporte qu'il y eut presque des émeutes dans un quartier de Londres pour s'informer des résultats du combat.Les paris qu'il suscita s\u2019élevèrent à un million.L'editeur d'un journal I' Edimburgh Star fit remarquer, à cette occasion, qu\u2019une souscription ouverte en faveur des prisonniers anglais en France n'avait pas produit une aussi forte somme.Il ne paraît pas que le temps ait apporté quelque adoucissement à ce plaisir de barbares.Les feuilles anglaises ont publié, il y a quelques années, le récit d'une affaire de ce genre qui, en fait de sauvagerie, dépasse encore tout ce que je viens de rapporter.: ~ La scene se passe dans un \u201cpublic house.\u201d Le prix à disputer entre Edward Wilmot et unautre fameux boxeur était de deux cent francs.Le combat dura une heure et quart.Au bout de ce temps lesdeux boxeurs étaient encore debout, couverts de sang des pieds a la tete.Minuit venait de sonner, il fallait quitter le public house, mais les combattants ne voulaient pas se séparer sans en avoir fini.On se rendit dans une rue qu\u2019on appelle Carlton-Gardens, en plein quartier de l\u2019aristocratie, et là, devant la maison de Gladstone, la lutte recommença plus terrible que jamais.Elle dura jusqu'à ce que Wilmot eût reçu sur le crâne un coup formidable sous lequel il s\u2019affaissa comme une masse en poussant un long soupir.On le transporta à l\u2019hôpital.Deux jours après il était mort.Son corps avail été tellement mutilé dans la lutte que sa femme ne pût reconnaître son identité que par ses vêtements.\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 eres Où peut conduire la manie de la statistique! : Un savant, remarquable à tout le moins par sa patience, après s'être procuré quatre chevelures de différente teinte et de même poids, s'est mis laborieusement à compter le nombre de cheveux respectifs de chacune.Il a trouvé : Chevelure rouge : go,o00 cheveux ; chevelure noire, 108,000 ; chevelure châtaine, 109,000; chevelure blonde, 140,000.D'où l\u2019on peut conclure que, sauf le cas, très rare, de cheveux artificiels, les blondes ont plus de cheveux que les brunes.#*x TROUVE Au restaurant de Frank, 65 rue Bleury, 2 billets de banque de gro, 1 billet de $2 et $50 en or, le tout contenu dans une bourse avec d\u2019autres pièces de monnaie.Le propriétaire pourra réclamer l'argent en identifiant sa propriété.N'oubliez pas le numéro 65 rue Bleury.Hluitres en écailles arrivant tous les matins \u2018par express et apprêtés pour tous les gouts.- \u2018Tout l\u2019argent trouvé: chez Frank est .annoncé à son de trompe.F.LABELLE;-Propriétaire: ae yg = Vous savez ce que, dans l'argot d\u2019un certain monde, on appelle un sport ?Le sport est un divertissement ordinairement réservé aux riches et aux oisifs et dont le caractère particulier est d'être susceptible de paris.Le sport par excellence est la course de chevaux.Il yen a d'autres : le canotage, la paume, le tir, etc.Ce sont des jeux, en somme, fort innocents et qui ont, pour la plupart, l'avantage d'exercer les diverses aptitudes physiques de l'homme.Quand le sport à ce dernier caractère surtout, il ne saurait qu'être approuvé.Mais voici qu'on parle d'introduire à Paris un nouveau sport, cruel et hideux, celui- là.D'après une information publiée ces jours-ci, descombats de coqs s'organiseraient au Château de Madrid, dans le Bois de Boulogne.On ajoute que l'organisateur de cette petite fête sanglante aurait fait venir de ses fermes du Nord huit superbes coqs de combat, au nombre desquels se trouve l'illustre *\u2018Franc-Picard \u2019\u2019 qui a déjà remporté trente- deux victoires et laissé vingt-cinq de ses adversaires morts sur le champ de bataille.Je suppose que les triomphes de \u2018\u2019 Franc- Picard \u201d ont eu*pour théâtre la Belgique, où la mode des combats de cogs est encore fort répandue, bien que, d'ailleurs, la loi les interdise.we C'est l'Angleterre, naturellement, qui est le pays classique des combats de coqs.Londres a même longtemps possédé un édifice spécial destiné À ce divertissement imbécile et barbare.Aujourd'hui, les combats de coqs ne sont plus autorisés, mais ils n\u2019en sont ni moins fréquents ni moins courus.Quand on veut faire combattre des coqs on choisit, loin du regard de la police, un emplacement ceint d\u2019une barrière devant laquelle se pressent les spectateurs.Au centre se trouve une estrade arrondie de six à sept mètres de diamètre, qui est le lieu des champions pour lesquels on trace un cercle de 80 centimètres de diamètre d'où ils ne doivent pas sortir.: Les combattants soigneusement pesés, appareillés, c\u2019est-à-dire l\u2019éperon armé d'une lame d'acier très aigue, puis marqués et nu mérotés sont renfermés dans deux cages-vo- lières.Quand l'heure du combat est venue, les propriétaires prennent, dans leurs mains les champions sur lesquels ils ont mis leur espérance ; ils les caressent, les excitent, usent de tous les moyens pour accroître leur fureur, puis les lâchent l\u2019un contre l\u2019autre.Les ailess\u2019enlacent, les ergots s'enfoncent dans les chairs, le sang jaillit et forme des ruisseaux sur l'arène, les combattants roulent l'un sur l'autre, ne formant qu\u2019une masse agitée de mouvements convulsifs.Et pendant ce temps les paris vont leur train.Parfois les premiers coups d'ergot sont mortels et le combat est aussitôt fini ; d\u2019autres fois il se prolonge jusqu\u2019à ce que les deux adversaires, l\u2019œil terne, la langue pendante, se laissent tomber sur le sol avec un battement d'ailes qui révèle encore un courage trahi par les forces.Alors un des propriétaires compte jusqu'à dix.Si la lutte ne se renouvelle pas, chacun prend son coq dans ses mains, le ranime et le place bec à bec devant son adversaire, afin que les deux combattants puissent encore s\u2019entre-déchirer.Si l\u2019un des champions refuse le combat et reçoit sans y répondre les coups de bec de son adversaire, il est déclaré vaincu et tous les paris engagés sur sa valeur sont perdus.Pu \u2018Tel est le champêtre spectacle dont quelques ingénieux anglomanes se proposent de régaler notresensibilité.Je douteforte qu\u2019une pareille représentation, si elle a jamais lieu, rencontre le succès sur lequel comptent ses organisateurs, Nous ne comprenons pas, en France, Dieu merci ! ce qu\u2019il y a de salutaire et de moralisateur à voir deux coqs s'ouvrir le crâne avec des éperons d'acier.Cependant le temps n\u2019est pas éloigné de nous où les combats de chiens, autre sport Soyisne également anglaise, faisaient florés rrière-dù Combat, à Paris, et ailleurs.ans en Europe et je m'en suis fort bie G7 Mrsvin ds AA nd iL \u2014 NY - PR = Di I UNE INVENTION UTILE DE JIMMY McSHANE McSHANE\u2014Cristi, quelle belle idée ai-je eu là ! Je supprime l'heure du lunch pour les employés de mon département et ils ne perdent plus une minute en mangeant au bureau.J'ai essayé ce système sur les 2,000 ou 3,000 touristes que j'envole tous les | n trouvé.Bravo pour moi ! C\u2019était un spectacle monstrueux.Il n'en attirait pas moins de nombreux amateurs et il était devenu, dans un certain monde, une sorte de mode, Il y avait des chiens célèbres.La généalogie des chiens de combat était comme celle des chevaux de courses et quel- ¢¢ Gladiateur \"'.we Il y a une trentaine d\u2019années, les grands | combats de chiens se donnaient aux Moulins de Montmartre.Les chiens les plus célèbres | étaient alors ceux d\u2019un fanatique amateur à qui sa maigreur avait fait donner le surnom de \u201c Squelette \u201d : ils se nommaient Loubet Ier et Loubet II.Un jour \u201c\u2018 le Squelette \u201d paria que Loubet Ier tiendrait plus longtemps que n'importe quel autre.Lord Seymour, le fameux viveur à qui la voix populaire avait donné le surnom de *\u201c\u2018 mylord l'Arsouille \u201d, tint le pari du Squelette, Le grand seigneur anglais vint à Montmartre avec King, le plus beau bull de l\u2019Angleterre.Il l\u2019accrocha à l\u2019une des ailes du mou- in, \u201cKing, lui dit-il gravement, garde-toi bien de lâcher prise, \u201d King obéit.* Mon Loubet, dit à son tour, avec non moins de gravité, le Squelette, tu ne souffriras pas que la France soit battue par I'Angleterre.Va donc et tiens bon.\u2018\u2019 Loubet prit une autre aile entre ses crocs.Il faisait du vent, les ailes se mirent à tourner ; les chiens, balancés dans l\u2019espace, tournaient avec les ailes Au bout de quarante- deux minutes, King tomba.Loubet tint bon, une heure, une heure dix minutes, une heure un quart.Loubet tenait toujours ; seulement, on le vit se débattre.Aux quatre-vingts minutes, il ne bougeait plus.* Ici, Loubet ! \u201d cria le Squelette.Loubet resta suspendu ! On s\u2019approcha ; il était mort.On voulut le détacher, ses crocs étaient plantés dans le bois, Loubet II lui succéda.Lui aussi fut un champion glorieux.Sur la fin de sa vie, il eut le malheur de devenir aveugle, mais comme le vieux roi Jean de Bohème allié de de la France, il n\u2019avait pas besoin de voir les Anglais pour les haïr.Il continua à se battre.Un jour, dans une lutte internationale, il étrangla le fameux Bob, champion de l'Angleterre, Des Anglais furieux de cette défaite le firent empoisonner.Les combats de chiens sont interdits en France, il y a lieu d'espérer que l\u2019autorité n\u2019autorisera pas davantage les combats de coqs.JEAN FROLLO.> Le vicomte et le baron.Le vicomte : \u2014Mon ami, je reconnais comme toi que ton cocher est un cocher hors de ligne, comme on n'en trouve plus, mais.\u2014 Mais quoi ?\u2014Eh bien, il.Oui, enfin, ta femme est un peu légére.: 2 \u2014\u2014Bast ! répond le baron, je le sais bien, mais c\u2019est aujourd'hui le seul moyen:de con- VARIETES A l\u2019office ; les réflexions du valet de chambre sur monsieur et madame, \u2014Les maîtres ! un tas de feignants à qui ques-uns étaient devenus aussi célèbres que | qu'il faut des domestiques pour les aider à ne rien faire! **x Buvez de l'Eau de St.Léon pour guérir le rhumatisme, la constipation et la dyspepsie.Dépot Oentral No.64.Carré Victoria.Téléphone 1432.> Nos fournisseurs : La créancière croit devoir adresser publiquement une observation bien sentie à sa demoiselle de magasin, \u2014une grosse lourdaude fraîchement débarquée de la campagne, et qui en prend par trop à son aise avec la marchandise, \u2014Eulalie, ne tripotez done pas le beurre comme gal.\u2014Oh ! madame, ça ne fait rien, j'ai les mains sales ! \u2019 * x Chez la portière : \u2014 Pourquoi donc que votre propriétaire veut divorcer ?\u2014Parce que sa femme est toujours à filtrer avec le locataire du premier.* + #* Un mot d'Emile Augier : Avec l'âge, on est entouré de respect et d'égards.On vous donne les meilleures places et les meilleurs morceaux.Par malheur, la vieillesse n\u2019a qu\u2019un temps.x Au ministère de\u2026, à onze heures du matin, un chef de division demande un commis qui n\u2019est pas encore arrivé au bureau.\u2014C'est scandaleux | s\u2019écrie-t-il.Comment veut-on que les chefs soient zélés, quand les petits employés leur donnent de pareils exemples?We Sur la place de la mairie d'un chef-lieu d'arrondissement.Deux aveugles discutent politique.\u2014Enfin, dit l\u2019un d\u2019eux, il n\u2019y a pas deux manières de voir.wx L'art de se faire retorquer aux examens : L'Examinateur.\u2014Quels moyens emploie- riez-vous pour faire suer un malade ?L\u2019Impétrant \u2014T'emploierais les sudorifiques les plus efficaces, le thé, le café, la bourrache, le jaborandi.\u2019 \u2014Et si ces potions ne produisaient aucun effet ?\u2014J'essaierais de l\u2019antimoine diaphoriti- que.: \u2014Et si c'était encore efficace ?\u2014Alors, monsieur, en désespoir de cause, j'enverrais mon malade passer son examen chez vous ! we Deux Gascons causaient.L'un posait pour le bibliophile, l\u2019autre pour le nabab.\u2014Avec mes livres, je pourrais remplir une maison.5 .x pEt moi, avec,la liste de.mes maisons, Lee?gs FSi server'les bons serviteurs | \u2018 / je\u2018poufrais remplir un livre.Les petits combles de la fin : le comble de l'habileté pour un naturaliste : Empailler un agde entier.we Le comble de la naïveté : Se jeter dans un puits pour agir comme un sof, a Le comble du dilettantisme : Faire de la musique avec les notes de ses créanciers.wa Pensée judicieuse d\u2019un capitaine au long cours : \u2014C'est généralement dans les ports de mer qu'il y a le plus de population flottante.wu \u2014Pourquoi Godefroy de Lorraine fut-il appelé, dans l\u2019histoire, Godefroy de Bouillon ?\u2014Parce que c'était un général consommé.x Nous marions Virginie *¢ Nous marions Virginie,\u201d tel est le titre d'un roman désopilant, par Eugène Chavette, qui a été publié par La Bibliothèque Française au commencement du mois courant.Il est difficile de trouver dans la littérature moderne rien de plus drôle que cet ouvrage Outre cette œuvre remarquable, on trouve dans le même volume \u201c Julia de Trécœur,\" par Feuillet, un roman que le succés a consacré et qui est un chef-d'œuvre du genre.Enfin, et toujours dans le même numéro, une charmante nouvelle de G.Ohnet, intitulé \u2018\u2018 Le malheur de tante Ursule.\u201d Ces trois ouvrages de premier ordre et qui coûteraient un dollar chacun, en librai- tie, sont contenus dans un seul volume de La Bibliothèque Française, au prix de 15 cts.* La dernière éclipse de soleil n\u2019a pas beaucoup impressionné le petit Joséphin Prud'homme, qui s'est levé à quatre heures, et déclare n\u2019avoir rien vu du tout.Tu te plains, ingrat enfant ! lui a répondu son père, alors que tu devrais admirer les voies de la Providence.\u2014Mais le phénomène était presque fini quand il a fait jour ! \u2014Justement, il faut bénir la nature qui, pour ne pas nous priver de l\u2019astre généreux, a bien voulu ne l'éclipser que pendant la nuit ! we Une simple plaisanterie éditée sur le boulevard à Paris : \u2014Vous connaissez la dernière lettre\u2018 dè Boulanger ?\u2014Celle à Ferry ?\u2014Non, la dernière.\u2014Encore une ! \u2014Eh bien ! c\u2019est la lettre Rwu Cueilli dans les petites nouvelles d'un journal parisien : * Une demande de divorce entre deux sourds-muets est en instance devant le tribunal de la Seine.C'est le premier cas qui se présente.\u2018\u2019 C\u2019est que probablement les deux pauvres amoureux n'avaient jamais pu s'entendre, x Quelques néologismes : A, table, on ne dit plus: donnez-moi dé l'eau, s\u2019il vous plaît.On dit : \u2014Donnez-moi de l'anie, puisque / Océanie.\u2014Donnez-moi de la dative, puisque /'eaw sédative.Ou bien encore : - -\u2014Donnez-moi du Fra Dia, puisque Fra Diavolowx La Bibliothèque à Cing Cents voit chaque jour son succès s\u2019affermir.D'où lui vient cette faveur particulière du public?II suffit de parcourir au hasard un des numéros hebdomadaires de cette intéressante publication, et l'on se rendra immédiatement compte du choix éclairé, de l'attention scrupuleuse qui président à sa composition.= Les sujets les plus variés dans le Roman, la Littérature, l'Histoire, les Voyages, les Scènes du Désert ou de la Vie Indienne, :y sont tour à tour développés avec l'attrait: puissant des poignantes émotions que font, naître les grands spectacles de la nature, et l\u2019analyse des sentiments les plus tendres et les plus délicäts du cœur humain.A ces divers titres, La Bibliothèque à Cing Cents a sa place marquée d\u2019avance; à tous les foyers, où elle fera les délices du vieillard aussi bien que celles de \u2018lajeune fille.\u2018 cad { Brix.d'abonnement un an, $2.50.; (six .Qi 025, 3 mois, $1.25.S'adresser, à.Poi ek, essette & Cie, 1540 Rie Notre-Dame, Montréal® Au Ce FEUILLETON DU *VIOLON.\u201d TARTARIN de TARASCON PREMIÈRE ÉPISODE A TARASCON III Nan ! Nan ! Nan ! Suite du coup d'œil général jeté.sur la bonne vitle de Tarascon.A la passion de la chasse, la forte race tarasconnaise joint une autre passion : celle des romances.Ce qui se consomme de romances dans ce petit pays, c'est à n\u2019y pas croire.Toutes les vieilleries sentimentales qui jaunissent dans les plus vieux cartons, on les trouve à Tarascon en pleine jeunesse, en plein éclat.Elles y sont toutes, toutes.Chaque famille à la sienne, et dans la ville cela se sait.On sait par exemple, que celle du pharmacien Bézuquet, c\u2019est : Toi, blanche étoile que j'adore ; Celle de l\u2019armurier Costecalde : Veux-tu venir au pays des cabanes ?Celle du receveur de l\u2019enregistrement: Si j'étais-t-invisible, personne n\u2019me verrait.(Chansonnette comique ).Et ainsi de suite pour tout Tarascon.Deux ou trois fois par semaine, on se réunit les uns chez les autres et on se les chante.Ce qu'il y a de singulier, c\u2019est que ce sont toujours les mé- mes, et que, depuis si longtemps qu\u2019ils se les chantent, ces braves T'arasconnais n\u2019ont jamais envie d\u2019en changer.On se les lègue dans les familles, de père en fils, et personne n'y touche; c'est sacré.Jamais même on ne s\u2019en emprunte.Jamais il ne viendrait à l'idée des Costecalde de chanter celle des Bézuquet, ni aux Bézuquet de chanter celle des Costecalde.Et pourtant vous pensez s'ils doivent les connaître depuis quarante ans qu\u2019ils se les chantent.Mais non ! chacun garde la sienne et tout le monde est content.Pour les romances comme pour les casquettes, le premier-de la ville, était encore Tartarin.Sa supériorité sur ces concitoyens consistait en ceci : Tartarin de Tarascon n\u2019avait pas la sienne.Il les avait toutes.Toutes ! Seulement c\u2019était le diable pour les lui faire chanter.Revenu de bonne heure des succès de salon, le héros tarasconnais aimait bien mieux se plonger dans ses livres de chasse ou asser sa soirée au cercle que de faire e joli cœur devant le piano de Nîmes, entre deux bougies de Tarascon.Ces parades musicales lui semblaient au- dessous de lui .\u2026.Quelquefois cepeu- dant, quand il y avait de la musique à la pharmacie Bézuquet, il entrait comme par hasard, et après s'être bien fait prier, consentait à dire le grand duo de Robert le diable, avec madame Bézuquet la mère.Qui n\u2019a pas entendu cela n\u2019a jamais rien entendu.Pour moi, quand je vivrais cent ans, je verrais toute ma vie le grand Tartarin s\u2019approchant du piano d\u2019un pas solennel, s\u2019accoudant, faisant sa moue, et sous le reflet vert des bocaux de la devanture, essayant de donner à sa bonne face l\u2019expression satanique et farouche de Robert le Diable.À peine avait-il pris position, tout de suite le salon frémissait ; on sentait qu\u2019il allait passer quelque chose de grand.Alors, aprés un silence, madame Bézuquet la mère commençait en s'accompagnant : Robert, toi que j'aime Et qui reçus ma foi, Tu vois mon effroi (bis), : Grâce pour toi-même Et grâce pour moi.A voix basse, elle ajoutait : \u201c À vous, Tartarin,\u201d et Tartarin de Tarascon, - le bras tendu, le poing fermé, la narine \u201cfrémissan te, disai t' par \u2018trois fois LE VIOLON d'une voix formidable, qui roulait comme un coup de tonnerre dans les entrailles du piano: \u201c Non !:.non !.non!.\u201d ce qu'en bon Méridional il prononçait: \u201c Nan !.nun !.nan !.\u201d Sur quoi madame Bézuquet la mère reprenait encore une fois : Grâce pour toi-même Et grêce pour moi, \u2014* Nan !.nan !.nan !.\u201d hurlait Tartarin de plus belle, et la chose en restait là.Ce n\u2019était pas long, comme vous voyez : mais c'était si bien jeté, si bien mimé, si diabolique, qu\u2019un frisson de terreur courait dans la pharmacie, et qu\u2019on lui faisait regommen- cer ses : \u201c Nan |.nan!.quatre et cinq fois de suite.Lä-dessus Tartarin s'épongeait le front, souriait aux dames, clignait de l'œil aux hommes, et, se retirant sur son triomphe, s\u2019en allait dire au cercle d'un petit air négligent : \u201c Je viens de chez les Bézuquet chanter le duo de Robert le Diable !\u201d Et le plus fort, c\u2019est qu\u2019il le croyait!.IV Ils!!! C'est à ces différents talents que Tartarin de Tarascon devait sa haute situation dans la ville.Du reste, c'est une chose positive que ce diable d'homme avait su prendre tout le monde.A Tarascon, l'armée était pour Tartarin.Le brave commandant Bravida, capitaine d'\u2019habillement en retraite, disait de lui : \u201c C\u2019est un lapin '\u201d et vous pensez que le commandant s'y connaissait en lapins, après en avoir tatn habillé.La magistrature était pour Tartarin.Deux on trois fois, en plein tribunal, le vieux président Ladevèze avait dit, parlant de lui: \u201c C\u2019est un caractère ! \u201d Enfin le peuple était pour Tartarin.Sa carrure, sa démarche, son air, un air de bon cheval de trompette qui ne craignait pas le bruit, cette réputation de héros qui lui venait on ne sait d\u2019où ; quelques distributions de gros sous et de taloches aux petits décrotteurs étalés devant sa porte, en avaient fait le lord Seymour de l'endroit, le Roi des halles tarasconnaises.Sur les quais, le dimanche soir, quand Tartarin revenait de la chasse, la casquette au bout du canon, bien sanglé dans sa veste de futaine, les portefaix du Rhône s\u2019inclinaient pleins de respect, et se montront du coin de l'œil les biceps gigantesques qui roulaient lur les bras, ils se disaient tout bas ses uns aux autres avec admiration : \u201c C\u2019est celui-là qui est fort! Il a DOUBLES MUSCLES!\u201d DOUBLES MUSCLES ! Il n\u2019y a qu\u2019à Tarascon qu\u2019on entend de ces choses-là ! Et pourtant, en dépit de tout, avec ses nombreux talents, ses doubles muscles, la faveur populaire et l\u2019estime si précieuse du brave commandant Bravida, ancien capitaine -d'habillement, Tartarin n\u2019était pas heureux, l'étouffut.Le grand homme de Tarascon s'ennuyait à Tarascon.Le fait est que pour une nature héroïque comme la sienne, pour une âme aventureuse et folle qui ne rèvait que batailles, courses dans les pampas, grandes chasses, sables du désert, ouragans et typhons, faire tous les dimanches une battue à la casquette et le reste du temps rendre la justice chez l\u2019armurier Costecalde, ce n\u2019était guère.Pauvre cher grand homme ! À la longue, il y aurait eu de quoi le faire mourir de consomption.En vain, pour agrandir ses horizons, pour oublier un peu le cercle et la place du Marché, en vain s\u2019entourait- il de baobabs et autres végétaux africains ; en vain entaissait-il armes sur armes, krish malais sur krish malais ; en vain se bourrait-il de lectures romanesques, cherchant, comme l\u2019im- mortel don Quichotte, à s\u2019arracher par.cette vie de petite ville lui pesait, |.la vigueur de son rêve aux griffes de l\u2019impitoyable réalité.Hélas ! tout ce qu'il faisait pour apaiser sa soif d'avan- tures ne servait qu\u2019à l'augmenter.La vue de toutes ses armes l\u2019entretenait dans un état perpétude de colère et d\u2019excitation.Ses rifles, ses flèches, ses lazos lui criaient : \u201c Bataille ! bataille !\u201d Dans les branches de son baobab, le vent des grands voyages soufflait et lui donnait de mauvais conseils.Pour l\u2019achever, Gustave Aimard et Fenimore Cooper.Oh! par les lourdes aprés-midi d'été, quand il était seul à lire au milieu de ses glaives, que de fois Tartarin s'est levé en rugissant ; que de fois il a jeté son livre et s\u2019est précipité sur le mur pour décrocher une panoplie ! Le pauvre homme oubliait qu'il était chez lui à Tarascon, avec un foulard de tête et des caleçons, il mettait ses lectures en actions, et, s'exaltant au son de sa propre voix, criait en brandissant une hache ou un tomahawk: \u201c Qu'ils y viennent maintenant!\u201d Ils?Qui Ils ?Tartarin ne le savait pas bien lui- méme.Ils ! c'était tout ce qui attaque, tout ce qui combat, tout ce qui mord, tout ce qui griffe, tout ce qui scalpe, tout ce qui hurle, tout ce qui rugit\u2026 Ils ! c'était I'Indien Sioux dansant autour du poteau de guerre où le malheureux blanc est attaché.C\u2019était l\u2019ours gris des montagnes Rocheuses qui se dandine, et qui se lèche avec une langue pleine de sang.C'était encore le Todareg du désert, le pirate malais, le bandit des Abruzzus.Ils enfin, c'était ils !.c\u2019est-à- dire la guerre, les voyages, l'aventure, la gloire.Mais, hélas! l'intrépide Tarasconnais avait beau les appeler les défier.ils ne venaient jamais.Pecairé ! V\u2019ast-ce qu\u2019ils seraient venus faire à arascon ?Tartarin cependant les attendait toujours ;\u2014surtout le soir en allant au cercle.(A continuer.) Une jeune dame se présente devant le juge Durand, accompagnée d\u2019un monsieur gris pommelé qui lui prête assistance.Elle est assignée à la requête d\u2019un homme d'affaires.Le juge, à la dame.\u2014 Vous êtes mariée ?L'homme d'affaires.\u2014 Oui, monsieur ! Le monsieur gris pommelé.\u2014Non monsieur ! Le juge, à la dame.\u2014 C\u2019est à vous que je m'adresse, madame.Etes-vous, oui ou non, mariée ?Madame, en baissant les yeux \u2014Je m'en rapporte à la sagesse du tribunal.* ** Mœurs administratives.Dans un ministère, un visiteur demande à parler à un employé supérieure.\u2014Il n\u2019y est pas, répond d\u2019un ton bref le garçon de bureau.\u2014 Est-ce qu\u2019il est en congé ?\u2014Je ne crois pas, mais il est peut-être en voyage.**x Entre vieilles gens : \u2014Vous voulez toujours vous rajeunir, père Richaud.\u2014Non.Je vous assure que j'ai 79 ans.\u2014Vous en avez 8o sonnés lL.\u2014Aprés cela, je suis tellement sourd que je n'aurai pas entendu sonner le dernier | LOTERIE NATIONALE Les tirages mensuels ont lieu 1e troisième mercredi de chaque mois.La valeur des prix qui seront tirés le Mercredi, 19 Octobre 1887 \u2014 SERA DE \u2014 $60,000.00 OOUT DU BILLET Première Série - .Deuxième Série .=» « 81.00 25 ets sa-Demandez le catalogue des prix-@a Le Secrétaire, S.E.LEFEBVRE, 19, RUE SAINT-JACQUES, MONTREAL EE \u2014\u2014\u2014 J.N.LAMARCHE RELIEUR No.17, RUE SAINTE - THERESE Entre les rues St-Vincent et St-Gabriel MONTREAL, Reliure commerciale ot de goût exécuté ave soi» promptitude, et à prix trés modérés.Réparation de Fourrures Donnez vos commandes immédiatement chez C.ROBERT & CIE, afin que vous ne soyez pas obligé d'attendre lorsque le froid sera arrivé, La maison C.ROBERT & CIE, fait une spécialité de la réparation do la teinture et du nettoyage des fourrures de toutes espèces.Les prix de C.ROBERT & CIE sont modérés et l'ouvrage est toujours sûr de donner satisfaction.Soyez prudents en donnant vos commandes au plus tôt.C.ROBERT & CIE., Coin des rues St-Laurent et Vitré, L'Imprimerie Générale Exécute avec diligence toutes espèces de COMMANDES TYPOGRAPHIQUES IMPRESSIONS DE LUXE, IMPRESSIONS DE CHEMINS, DE FER, IMPRESSIONS DE COMMERCE?Erc., Erc., Etc.L'Imprimerie Générale EST EN MESURE D'EXÉCUTER LES COMMANDES LES PLUS CONSIDERABLES SOUS LE PLUS BREF DELAI.PRIX TRÈS MODÉRÉS.CHARLES BELLEAU, GÉRANT No 45, PLACE JACQUES-CARTIER.N.B.\u2014Les ordres peuvent étre déposés an bureau de LA MINERVE, No 45, Place Jacques- Cartier, ou au bureau do LA PressE, No 540, ruc Notre-Dame, cn face de I'Hétel-de- Ville.Adressez toute commande à \u201cBoîte 880«B:P Sous presse\u2014Sera prêt dans une quinzaine de jours.PAUL ET BERNARDINE ROMAN CANADIEN Par J.FERD.MORISSETTE.Un Volume de 250 Pages environ, - Prix 25 Cents.IMPRIMERIE GÉNÉRALE, 45, PLAOE JAGQUES-CARTIER, MONTRÉAL a rian iin "]
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