Le violon, 24 septembre 1887, samedi 24 septembre 1887
[" ADMINISTRATION \u2014ET\u2014 REDACTION 25 PLACE JACQUES-CARTIER MONTREAL ABONNEMENT UN AN - - $1.00 STRICTEMENT D'AVANCE JOURNAL QUI FAIT DANSER \u2026 2! es: 27 > ew Co Caw 8 37, de, ANNONCES MESURES AGATE lére INSERTION, 10 Cents Autre « 5 Cents A LONGS TERMES CONDITIONS SPECIALES LE NUMERO DEUX CENTINS VOL.II MONTRÉAT, SAMEDI, 24 SEPTEMBRE 1887 No 1 F.X.LUMIX, Corataumnes, Otlsvsa, Ont DANS LA BUANDERIE CHINOISE T rupec\u2014 Mercier va-t-il bientôt finir de nous faire laver son linge rouge.BELLEROSE\u2014 I] doit y avoir un bout à ça, Moi qui m'échine à apporter de l\u2019eau de mon puits ! ! ! L\u2019ANCIENNE MEDECINE.On dit plaisamment parfois que le plus grand progrès qu\u2019ait fait la médecine, c'est d'avoir augmenté le prix des consultations et des ordonnances.Sous une forme moins caustique, en entend souvent répéter que la médecine réste stationnaire, qu\u2019clle n'avance point, tandis que la chirurgie, au contraire, accomplit tous les jours des prodiges d'audace, .Un médecin francais, le docteur Monin, s'est fâché à la fin de cette opinion toute faite et, dans la préface d\u2019un petit livre qu'il a consacré aux \u2018\u2018 maladies épidémiques \u201d il s'est mis avec une belle ardeur à défendre la médecine.Les progrès qu\u2019elle a faits?Elle s'est débarrassée de l\u2019empirisme, elle ne s'appuie - plus que sur l'observation et l'expérience, elle a fait la conquête des antiseptiques, qui protègent contre les accidents d\u2019inflammation, et, comme moyens curatifs, du quinine, de la morphine, de l\u2019iode, du brome.Enfin, surtout, elle a créé à peu près de toutes pièces l'hygiène, comme science exacte.L'hygiène, c'est le médecin de l\u2019avenir! Et on peut même ajouter qu\u2019elle préservera des méde- cing! oo 1; a Le malade:qui; couché dans son lit, attend Ty vainement un soulagement des drogues qu'il absorbe, a certainement quelque excuse s'il peste contre les méclecins, mais ceux-ci ne peuvent vraiment être tenus d\u2019être infaillibles ! : + Pour la défense de sa thèse, qu\u2019il soutient avec esprit et malice, le docteur Monin rappela ce qu'était la médecine d'autrefois et de quels extraordinaires préjugés elle était entourée.C'était le temps de toutes les billevesées et de toutes les superstitions, et ce temps n'est pas encore bien éloigné de nons.On employait alors sérieusement la citrouille contre le mal de tête, le sang de canard pour les fièvres malignes, la tisane de sauterelles contre la diminution de la vue.Et ce n\u2019étaient là que les ordonnances les plus sim- les ! ?On Teste véritablement confondu lorsqu\u2019on voit à quels répugnants expédients on avait recours pour obtenir une guérison.Au siècle dernier, on purgeait souvent les mauvaises humeurs en faisant avaler au malade des ongles d'orteil räpés, et on pensait remédier aux coliques en donnant (qu'on excuse la malpropreté de ce détail) à manger du cérumen, c\u2019est-a dire la sécrétion des oreilles.LL, Pour les coliques, on ordonnait aussi de \\ ° la poudre cle crottes de rat.Pouah ! Et dire que les infortunés patients se prêtaient docilement à ce que l'on exigeait d'eux ! Contre le rhume de poitrine, on estimait que rien ne valait une grenouille vivante solidement appliqué au creux de l'estomac.Au reste, ne voit-on pas encore beaucoup de personnes convaincues de l'efficacité de recettes tout aussi puérilles.La croyance populaire veut que, dans certaines maladies graves des enfants, la guérison peut s'obtenir en leur ouvrant sur la tête un pigeon vivant.De malheureuses mères, désesptrées, emploient plus d\u2019une fois ce remède fou, lorsque le médecin a hoché tristement la tête et fait comprendre qu'il n'y avait plus d\u2019espoir.C'est un des préjugés de l\u2019ancienne médecine qui ont le plus résisté à la maison ! * » * Tous les animaux étaient mis à contribution, dans la médecine de jadis: On disait que le poumon de renard guérissait de la phthisie, que le crapaud desséché était bon contre l\u2019hydropisie que les cataplasmes de bouse de vache étaient excellents dans les cas de brûlure, que les hannetons desséchés préservaient de la rage.Les remèdes étaier! souvent difficiles À se ,procurer Lorsqu'on nous ordonnait, par ex- emplè, contre l\u2019affaiblissement, la graisse de Après Pacaud, c\u2019est Cormier qu'il nous faut décrasser.lion et de léopard, on peut se demander où nos bons aïeux trouvaient moyen d'en obtenir! Même aujourd'hui cet onguent, s\u2019il avait une vertu sérieuse, ne serait pas à la portée de tout le monde.Il faudrait avoir dans ses relations un dompteur ! On croyait bonnement que la graisse humaine bouchait les trous causés par la vérole.Et, s\u2019il faut tout dire, on employait aussi l\u2019urine en pansements, en dentifrice ! en gargarismes ! Le cœur se soulève à l'évocation de tous ces abjects remèdes.Contre la fièvre intermittente, ne recommandait-on pas d'avaler des poux! On imaginait que la stérilité des femmes cédait à un mélange de corne de cerf et de rognon de lièvre.Où diable ces idées avaient- elles dû prendre naissance ?Elles passaient, cependant, comme articles de foi.Qu'était- ce encore auprès,ce ce médecin romain qui soignait la fièvre en appliquant sur la tête du malade le quatrième livre de l\u2019/iade ?S'il était aussi chimérique que les autres, ce remède avait du moins l'incontestable avantage d\u2019être infiniment plus propre ! Et puis, il ne pouvait être dangereux ! Voilà à quelles étranges erreurs s\u2019adonnait la médecine d'autrefois.Il faut bien.reconnaître que c\u2019est déjà, beaucoup, que d\u2019être débarrassé de tout'cette empirisme ! a K LE VIOLON LE VIOLON Paraîft tous les samedis.L'abonnement est de $1.00 par année, invariablement payable d\u2019uvance.Nous le vendons aux agents seize cents In douzaine, Toutes communications doivent être adressées comme suit : LE VIOLON, 45, Place Jacques-Cartier, MONTRÉAL.H.BERTHELOT, RÉDACTEUR.MONTREAL, 24 SEPTEMBRE 1887 BANQUET ANNIVERSAIRE GRANDE DÉMONSTRATION A L'OCCASION DU PREMIER ANNIVERSAIRE DU \u201cVIOLON.\u201d À l\u2019occasion du premier anniversaire de la naissance du Fro/on, les amis de ce journal se sont réunis samedi dernier, dans la grande salle du marché Bonsecours afin de célébrer ce jour avec toute la pompe et la solennité possibles.Un banquet somptueux avait été préparé pour la circonstance et les convives, choisis parmi les amis les plus intimes du Péo/on étaient au nombre d'environ 250.La salle avait été décorée avec une profusion de drapeaux, d'oriflummes et de banderoles.Sur des cartouches artistement exécutées par les employés de M.Beullac, directeur de l\u2019Institut de l\u2019art chrétien du Canada et les élèves de M.l'abbé Chabert, directeur de l\u2019Institut National des Beaux Arts de la province de Québec, on lisait des inscriptions appropriées à la fête.Sur la cartouche en arrière du siége de M.Berthelot, on lisait : Metlons-nous en Goye.te Au-dessus du fauteuil de Charles T'hi- bault : Vide pedes.En arrière du fauteuil de M.Bzaugrand : ° Primo mihi / \u2018Tout pour moi, » ten pour les autres.En arrière de l'hon.M.Mercier : Voici I' Homme de la Providence.En arrière du G.V.Trudel : Ut herba dindo florebit.Il fleurira comme l\u2019herbe à dinde.En arrière du P.V.Tardivel : Dans le royaume des aveugles les borgnes sont rois.En arrière de M.McShane, l'inscription anglaise : Rats ! , Hodie tibi, crasse mshi.Parmi les autres\u2018convives on remarquait les honorables MM.Duhamel, Gagnon, Shehyn et Garneau, et MM.le Dr E.Desjardins, le recorder d® Montigny, L.O., David, Robidoux, Turcotte, Gigault, Beausoleil, Préfontaine, Goyette, Bourgouin, \u2018David \u201cMajor, Phaneuf, Campeau et un grand nombre de célébrités politiques de Québec dont nous .n\u2019avons pu \u2018avoir les \u2018noms.HS : \u2018Cizol aväit préparé pour\u2019 le \u2018banquet un menu'que n'âAurait-pas désavoué\u201dBrillat' Savérin.+ N\\ \u2014 MENU.POTAGE.| Au vraimiseel à l'Ærendard, HOKS D'OEUVRE, Petits pâtés d'imprimeurs piqués de bod-kins.Cuisses Mequick i la Laura de Sartigny, Gelée de rouleaux de presses relevés à\u2019 la térébentine.ENTRÉES Ragoût de Loyaux de chats jour chanterelle, Coins d'imprimeurs au beurre, Filets de typographe, sauce à l'encre, Hachis de carotte à la G.V.Cervelle de rédacteur au beurre bleu.ROTIs.Petit cochon de Beaubien à la brochette, Filet d'ours du Fort Garry, sauce Cham - pagne.DESSERTS.Gclée à l'arcanson, Vols au vent de Boodlers, Pommes de discorde, Poires d'angoisses, Fruits secs du pays.N Isidore Durocher avait érigé un comptoir élégant pour les rafraïchissements près de l'entrée de la salle.Au-dessus du buffet était une banderolle avec l\u2019inscription : La barre omnia vincit.Lorsque tous les convives eurent pris place à la table du festin la musique joua le programme suivant : PROGRAMME.1 OuvERTURE\u2014Du Puits .Bellerose 2 MARCHE\u2014Duns la Savane .Gladu 3 Peau Poukrrie\u2014Patience .«.Tardivel 4 Vause\u2014Des grices d'état.Trudel 5 NocrurNe\u2014Dans les Mines.Rouillard 6 Fawrasie\u2014Calgarry.Amyot 7 CANTINE\u2014Pré aux clercs.Préfontaine Lorsque les convives eurent fait honneur au repas somptueux, le G.V.\u2019Trudel qui présicdait le banquet, appela le silence et proposa la santé au héros de la\u2019 fête, d'une voix onctueuse et sympathique.Il dit qu\u2019il était heureux d'être le président de cette manifestation touchante.Il avait aujourd\u2019hui une dette de reconnaissance à solder au Violon.L'Ætendard ne pourrait exister sans le Violon, comme la génération de l'électricité ne \u2018peut être produite qu'avec un pôle posi- tifet un pôle négatif.Il ne pouvait jamais chanter une chanson sans l'accompagnement du Violon.Il y avait desgrâces d\u2019état chez le journaliste comique, qu\u2019il était impossible de contester.Il aimait à se rappeler les voyages de Ladébauche a Rome pendant qu\u2019il plaidait devant le Sacré-Col- lège la cause de l\u2019Université Victoria contre Laval.Le correspondant du PVrolon avail tenu la province de Québec officiellement informée sur tous les décrets du Saint-Siége et c'était lui seul qui avait donné le texte exact des differents documents sur cette question importante.Lorsque l'Æfendard emporté par la fougue des discussions politiques s\u2019écartait de la voie de l\u2019orthodoxie, le Violvn était toujours là prêt à le ramener dans le bon chemin.Lorsque lui-même (le G.V.) promenait ses rêveries dans les {champs de carottes, le rédacteur du Piolon l\u2019accompagnait et lui donnait de sages instructions sur les moyens de cueillir cette plante ombellifère et bisommelle.Il félicita le P7olon sur le progrès qu'il avait fait pendant sa première année d'existence et il termina en souhaitant au petit journal une longue vie et une prospérité toujours croissante pour le plus grand bien de l\u2019église et de l\u2019état.Le rédacteur du Violon tout confus par les compliments \u2018du G.V.balbutia quelques paroles de remerciments et reprit son siége au milieu d'applaudissements prolongés.L'honorable M.Mercier se leva ensuite, et proposa la santé de la presse.Il abonda en éloges Aatteurs sur le compte du Violon qui, dit-il, était l\u2019organe le plus véridique de son gouvernement.De fait, toutes les actions de son cabinet.étaient alambiquées et cris- \u2018talisées dans le petit journal.La croisade du Violon &ait le commencement de la sagesse chez tous ses collègues.S'il n\u2019accordait pas des impressions de statuts ou de rapports de commissions aux propriétaires de cette feuille importante, c'était parce qu\u2019il était obligé d'encourager d'autres journaux dont la circulation était trop faiblé\u201d Il conclut en formulant les vœux les plus sincères pour le succès du Violon.M.Beaugrand répondit à la santé de la France et rappela aux convives les services précieux que le V70/on lui avait rendus pendant la visite de la frégate la Minerve.Si les fils de la mère-patrie avaient appris à Je connaître c'était par l'entremise du petit journal qui était la seule feuille française sérieuse et bien renseignée.Il était heureux de constater que tous les officiers de la frégate apportaient en France des centaines de copies du Fiolon contenant des notes importantes sur les grands personnages qu'ils avaient rencontrés à Québec et à Montré :1.La santé des dames fut répondue par M.Goyette M.P.P.,et les convives se dispersèrent ensuite en chantant : For he is a jolly good fellow .And hip ! hip ! hip ! hourrah ! \u2014\u2014\u2014e rs \u2014\u2014\u2014 Le doyen des Eplucheurs de patates.En visitant l'Hôtel Dieu il y a quelques jours le reporter a vu dans une chambre attenante à la cuisine un vieillard a x cheveux blancs, à la peau ridée, craquelée et sillonnée par les outrages du temps.Ce vieux était occupé à éplucher des pommes de terre pour les pensionnaires de la maison.A ses côtés étaient deux monti - cules des racines tubéreuses dont la découverte a immortalisé le nom de Parmentier.Le vieillard épluchait ses patates en silence.Son esprit paraissait concentré sur son travail.Il manipulait les racines avec une dextérité prodigieuse et ses yeux, fixés sur clles, scrutaient les détails de leurs formes.Notre reporter engagea la conversation suivante avec l\u2019éplucheur de pommes de terre.\u2014Quel âge avez-vous, le père ?Le vieux acheva l'enlèvement de la robe d\u2019une patate et répondit : \u2014Quatre-vingt-quatre ans, monsieur.\u2014Vous me paraissez bien actif pour votre âge.Je n'ai jamais vu éplucher des patates avec autant de dextérité.\u2014Ça n'est pas étonnant ; je n\u2019ai jamais fait d'autre chose de ma vie.Tel que vous me voyez, je ne suis sorti de la maison qu\u2019une fois.C'était il y a une trentaine d'années lorsque les bonnes Sœurs ont déménagé l\u2019Hôtel Dieu de la rue St Paul au pied de la Montagne.J'aime la maison et pour rien au monde je ne voudrais en sortir.Ma seule occupation est celle que j'ai en ce moment.La patate est ma vie, la patate est mon unique préoccupation.Le monde pour moi n\u2019est qu\u2019une patate.J'ai été élevé dans l'hôpital.J'y ai fait ma première communion pendant la guerre de 1812.L'année suivante j'ai débuté dans ma carrière d\u2019éplucheur de patates de l\u2019Hôtel Dieu.Au commencement le travail était plus léger.Aujourd'hui il me faut éplucher 1,920 patates par jour.Nous sommes nombreux dans;cette maison, pensez-y, mon cher monsieur.\u2014Vous avez dû faire de nombreuses observations sur la qualité et la grosseur des patates dans votre longue carrière ?\u2014J'étudie la patate tous les jours.Vous ne sauriez vous imaginer, monsieur, com-' bien clle a changé depuis cinquante ans.fin 1812 je me rappelle qu\u2019elle était beaucoup plus ronde que celle de nos jours et sa robe était un peu plus épaisse.Deux ans avant les troubles de 1837, la petite patate française a disparu ct a été remplacée par la patate importée d'Irlande.Elle était de beaucoup plus grosse, mais ses formes n\u2019étaient pas aussi gentilles que celle de la France.En 1859, je crois, on introduisit dans le pays la patate de Californie qui est plus allongée et plus plate que celle d'Irlande.Il y a vingt ans : je me rappelle que la récolte a mañqué et péndânt plusieurs \u2014 années cnsuite elles ne cuisaient pas bien.J'ai eu d\u2019amers déboires lorsque la mouche a patate a paru.Ah! si vous saviez combien il est difficile d\u2019éplucher comme il faut une patate attaquée par la mouche.Sous le gouvernement McKenzie en 1874 les patates n'étaient pas mangeables, mais heureusement la protection est venue plus tard et a rendu nos patates beaucoup meilleures, \u2014Vous vous occupez fort peu du monde extérieur.Les événements politiques du pays ne vous intéressent guère ?\u2014Pardonnez, monsieur.On me lit souvent les gazettes et j'aime à entendre parler des hommes publics qui font pataque, car comme je vous l'ai déjà dit, ma vie se résume dans la patate.Je considère tous les hommes à ce point de vue là.Tenez, par exemple, je me rappelle fort bien du ministère rouge Brown-Dorion qui a fait pataque en 1857.Je me souviens de MacKenzie qui a fait pataque en 1878 avec son libre échange.Je me souviens aussi du cabinet Joly qui a été mis dans les patates par Chapleau.J'ai bien ri lorsque M.le sénateur \u2018Frudel a fait pataque lorsqu'il voulait être nommé ministre.Je me rappelle que tous les bills du gouvernement Mercier ont fait pataque pendant la derniére session.On m'a dit l\u2019autre jour que M.Mercier allait aussi faire pataque avec son emprunt.Cel emprunt va certainement mettre la province\u2019 dans les pataques ; je vois venir ça d\u2019ici.\u2014Est-ce que vous ne prenez aucune récréation dans vos moments de loisir ?\u2014 Jamais, mon cher monsieur, il y a bien des jeux ici pour les malades, mais j'ai la main bien malheureuse je fais pataque à chaque coup.\u2014Vous n'avez jamais songé à vous marier pour échapper à l'ennui.\u2014Oh, non, monsieur, pour la même raison.Ma vie doit être consacrée tout entière à la patate.Et le vieux prit alors une nouvelle patate sc mit à jouer du couteau avec une rapidité extraordinaire pour reprendre le temps perdu dans l\u2019entrevue.\u2014 EE \u2014\u2014\u2014 ss Nous marions Virginie \u2018 Nous marions Virginie,\u201d tel est le titre d\u2019un roman désopilant, par Eugène Chavette, qui a été publié par Ze Bibliothèque Francaise au commencement du mois courant.Il est difficile de trouver dans la littérature moderne rien de plus drôle que cel ouvrage Outre cette œuvre remarquable, on trouve dans le même volume * Julia de T'récceur,\u201d par Feuillet, un roman que le succés a consacré et qui est un chef-d'œuvre du genre.Enfin, et toujours dans le même numéro, une charmante nouvelle de G.Ohnet, intitulé ¢¢ Le malheur de tante Ursule.\u201d' Ces trois ouvrages de premier ordre et qui coûteraient un dollar chacun, en librairie, sont contenus clans un seul volume de La Bibliothèque Française, au prix de 15 cts.odie Une Trouvaille Etrange Mercredi soir, la semaine dernière, un monsieur assez bien mis mais plein comme une outre a \u201c pleumé un renard \u201d en face du dépôt de journaux d'Oswald Cérat, rue Ste Catherine.Le malheureux a craché son ratelier pendant l\u2019opération.Ce monsieur pourra avoir ses cents en s\u2019adressant au bureau du VioLoN et en payant le prix de cette annonce.N.B.On ne posera pas de question sur l\u2019origine et la nature de la cuite.\u2014 em SOUVENIRS DE BARNUM Nos lecteurs n\u2019ignorent pas que plus de 10,000 personnes n'ont pu pénétrer dans le cirque de Barnum lors de sa derniére visite à Montréal.Ces personnes pourront se consoler en allant au Pavillon de Frank Labelle, No.65 rue Bleury où elles verront une riche collection de photographies (grandeur cabinet) de tous les principaux personnages et des animaux qui -composaient le cirque.Elles y verront la charmeuse de serpents en 5 ou 6 positions, l\u2019homme squelette, la vache à deux têtes, la femme à barbe, les hommes sauvages des bois, le peintre sans bras, l\u2019humme tatoué, les échantillons de la race poilue, les quatre géants de huit -pieds de haut.N'oubliez pas en même temps d\u2019admirer le musée de Frank qui est unique dans son genre dans le Canada.Rappelez vous Vadresse; 65 rue Bleury:: . ~ COUPS D\u2019ARCHET Un vieux Canadien du faubourg Québec portant sur le dos une hache et une scie en sautoir sur un chevalet, sonne à la porte des Sœurs de la Providence, rue Ste Catherine.Une sœur converse lui demande : \u2014 Qui voulez-vous voir ?\u2014Je voudrais voir M.Mercier.\u2014Î n\u2019y a pas de M.Mercier ici.\u2014Il faut qu'il soit ici.On m\u2019a dit que c'était l'homme de la Providence.La Providence est ici ?\u2014Oui, mais le monsieur que vous cherchez n\u2019y est pas.\u2014C'est dommage.Je suis un bon rouge et voudrais avoir la job de scier et de bu- cher le bois du palais de justice.\u2014Vous pouvez ie chercher ailleurs, il n'est pas un des hommes de cette Providence ci.* * * Entendu sur la rue Notre-Dame.\u2014L'affaire du VIOLON dans le comté de Laprairie est-elle réglée ?\u2014Pas encore.Il parait qu\u2019il a encore une étéc de dame anglaise suspendue sur sa tête.* * * La petite Lili a été surprise par sa maman volant des pommes dans le verger ct celle-ci la réprimande vertement.Tu ne dois jamais prendre ces pommes, disait-elle, parce que je me propose d'en faire de la compote.Le dimanche suivant l'enfant alla au ca- téchieme et le curé lui demanda pourquoi le bon Dieu avait défendu à Adam et à Eve de manger du fruit de l'arbre au milieu du jardin.\u2014C'était parce qu\u2019il se proposait d\u2019en faire de la compote, répondit Lili.\u2018 xs Buvez de l'Eau de St.Léon pour guérir le rhumatisme, la constipation et la dyspepsie.Dépot Central No.64.Carré Victoria.Téléphone 1432, * * * Un magister d\u2019une paroisse située près de la chaine des Laurentides s'attendait à recevoir la visite de l'inspecteur des écoles et avait préparé ses élèves à figurer avantageusement devant le fonctionnaire.Sa tâche avait été des plus difficiles attendu que les écoliers avaient une mémoire tellement ingrate qu\u2019ils ne pouvaient répondre à deux questions de suite sur le petit catéchismg.Le magister pour sortir d\u2019embarras fit apprendre par cœur à chacun de ses mioches une seule réponse aux questions.Lors de l'examen les élèves garderaient un certain ordre sur les bancs.Le premier répondrait à la première question qu\u2019il poserait lui-même, le deuxième à la deuxième question et ainsi de suite.Finalement le jour de la visite cle l'inspecteur chaque écolier savait sa réponse à perfection.L'examen commence devant M.l\u2019inspecteur et le curé.\u2019 Le premier élève répond correctemet à la question : Etes-vous chrétien ?Le deuxième est heureux dans sa réponse à la question : Qui vous a fait chrétien ?et le troisième à la question : Qui vous fait chrétien ?Lorsque le numéro quatre fut appelé à répondre au magister qui lui demandait : Qui est-ce qui a fait le ciel et la terre ?il y eut un silence navrant.Le magister répéta la question.Le numéro Quatre était absent et le nu- Mméro Cinq répondit : M\u2019sieu, celui ;qui a fait le ciel ct la terre est allé aux lieux, moi je sais Qui est Dieu.Tête de l'assistance ! + .%* * Pour paraître-prachainement : les casques de poil.So #' .Un teneur.de livres chauve ne devrait jamais essuyer sa plume sur ses cheveux.US LE VIOLON mangera pis.Yi L'ÉPOU VANTAIL ROUGE MERCIER\u2014 Tiens, mou petit Anselme, tu le vois bien, il n'est pas dangereux.Il ne te Tu vas t\u2019y accoutumer à lu longue.: Ln pe SE, Sir John, d'après les dernières dépêches d\u2019Ottawa aurait envoyé un message confidentiel au ministre du revenu de l\u2019intérieur lui intimant que s\u2019il voulait garder sa popularité, ce qu'il aurait de mieux à faire serait de protéger le Vrai Brazeau contre les persécutions de certains roquets du département.Sir John a raison parce que le peuple trouvera tozjours chez le Vrai Brazeau, 47 rue St-Laurent les cigarettes importées pour Io cts., se vendant ailleurs 15 cts.Il en est de même de ses cigares.Ceux de ro cts sont vendus 5 cts tels que Crême de la Crème, etc.\u2014\u2014p>6 rae LE MUSEE DU LOUVRE EN 1987 \u2014Où suis-je ?Telle fut la première question que je posai, ce matin-là, en ouvrant les yeux.\u2014 Ne craignez rien me répondit aussitôt un monsieur à l\u2019air grave, que je reconnus de suite, malgré son costume bizarre.\u2014M.le docteur Charcot ?\u2014Lui-même.\u2014Je suis bien aise de vous revoir.Le docteur, qui me tâtait le pouls se mit à sourire.\u2014 Me revoir?dit-il; en êtes vous bien sûr ?\u2014Parbleu, j'ai assisté l\u2019autre jour a votre clinique.\u2014L'autre jour, diable ! Pourriez-vous vous rappeler dans quelle année était ce jour-là ?(EL le docteur me regardait curieusement dans les yeux.) \u2014Singulière question, répliquai-je, un peu interloqué.C'est de cette année-ci-qu\u2019il s\u2019agit de 1887 parbleu.\u2014Nous y sommes ! s\u2019écria le docteur en riant tout 4 fait.Vous le voyez, messieurs, ajouta-t-il en se tournant vers un groupe de jeunes gens rangés autour de mon lit ; avec ses sens, la mémoire lui revient tout à fait.Il se rappelle jusqu'à mon arrière-grand- père ! \u2014Comment\u2026 dites.\u2014-.Que je suis l\u2019arrière-petit-fils, du célèbre Charcot, parfaitement, et que vous vous réveillez âgé de cent trente-deux ans ! \u2014Oh ! ma tête! ma tête! Expliquezvous, de grâce ! \u2014Du calme, jeune homme.Vous ne les paraissez pas, heureusement ! Il n\u2019en est pas moins vrai que vous dormez depuis cent ans tout juste, et qué votre sommeil a fait la préoccupation de quatre générations ! x Comme je me sentais doucement devenir fou, le docteur me fit éponger le front avec du vinaigre et m'adressa une foule de paroles affectucuses.Il m\u2019expliqua que je sortais d'une catalepsie d\u2019un siècle et que mon cas était unique.Durant tout ce temps, j'avais été l'objet des plus tendres soins des Facultés de science qui s'étaient succédé à Paris.De pére en fils, les Charcot s'étaient plus particulièrement occupés de moi.Maintenant je me réveillais, rien de plus simple.Je ne songeais pas un instant à discuter \u2018ces faits extraordinaires.Je vivais, c'était l'essentiel: On m'habilla de vêtements étranges, à la dernière mode, me dit-on.\u2018Puis, après un déjeuner composé de pilules concentrée, le docteur se mit à ma disposition pour m\u2019accompagner dans une promenade à travers le Paris nouveau que je brûlais du désir.de connaître.* balbutiai je, ahuri, vous * % Sije fus étonné, vous le comprendrez, pour peu que vous vous figuriez avoir cent ans de plus! Mais comme ces étonnements sont tous transcrits fidèlement dans le gros in-fotio que je prépare, je vous y renvoic.D'ailleurs, la place me manque aujourd'hui pour m'étendre à loisir sur ce sujet.Je m'arrêterai sur ce point seulement.Je me rappelais parfaitement qu'avant de tomber en léthargie, j'avais lu les journaux du mois d'août 1887, et que ces journaux étaient remplis du bruit que faisait alors la publication du dernier roman d'Emile Zola, la Terre.Je fis part de ces souvenirs à mon savant cicerone.\u2014 Peut-être, me répondit-il après avoir réfléchi, peut-être ces préoccupations ne sont-elles pas étrangères à votre curieux cas de catalapsie.La lecture des œuvres du célèbre Zola a provoqué nombre de cas de ce genre.Toutefois, il ne s'agissait que de léthargies passageres, Vous étiez très nerveux il y a cent ans.Aujourd'hui, nous voyons les choses plus froidement.Zola était un fameux maître, et son système natu raliste a complètement bouleversé le monde.Si vous voulez juger du chemin parcouru, entrons un moment au musé du Louvre.Nous étions justement devant cet établissement, dont je connaissais bien les détours.# x Hélas ! à peine étions-nous entrés dans le salon carré que je poussai un cri de désespoir.Aucun des chefs-d'œuvre qui l'ornaient en 1887 n\u2019y figurait plus.\u2014Sacrilège! Où sont les Noces de Cana, le Naufrage de la Méduse, le 1.\u2014Peuh ! réplique flegmatiquement le docteur ; le vieux jeu! l\u2019art caduc ! Tout Ça est entassé dans les greniers! Mais regardez autour de vous, et admirez les chefs- d'œuvre de l\u2019art nouveau.Je regardai, et, rouge de honte, restai sans voix.Peu à peu cependant : op Mais c'est impudique, horrible, ignoble! \u2014Ah ! ah! fit le docteur en riant, vous êtes bien de votre temps, vous! Des pudeurs! Est-ce que la pudeur est dans la nature?L'école de Zola a mis bon ordre à toutes les fadaises artistiques et littéraires.Aujourd\u2019hui, on écrit, on peint et on sculpte comme on voit et tout ce qu'on voit.Plus de subterfuges misérables, ni d\u2019hypocrisies de langage.Comme nos statues que vous verrez tout à l'heure, on cause et l\u2019on dessine sans feuilles de vigne.Aussi que de vigoureuses créations ! \u2014C'est affreux ! \u2014Voyez.Voici l'œuvre capitale du cé lèbre Coudepousse : la Déguenlade après la noce.Admirez ces expressions.Tout le monde a mal au cœur dans cette toile.\u2014Mais rien qu\u2019à la regarder\u2026 \u2014 Ici, voyez cette jolie scène de genre spirituellement intitulée le Roui//on pointu Est-ce assez vrai ?.Et 13, ce paysage noc- tune: le Repos des Vidungeurs, une merveil le! A gauche, un bijou, du Meissonnier moderne : Inférieur de cabinet d'aisance, et tout auprès l\u2019adorable triptyque d'une de nos plus pures gloires picturales, représen tant trois cadavres décomposés à trois degrés différents.: \u2014Je n'y tiens plus.Wu Et j\u2019essayai de m'enfuir, mais mon:impitoyable guide me rattrapa.parle pah de mon abit.Il continua :- , \u2014 \u2014Attendez.La salle à côté est consacrée à la sculpture.Entrons.Voici, à droite, la fameuse Dame à la chaise percée.Puis, près de la fenêtre, le vigoureux Æffe/ de colique, superbe étude de nu.\u2014Partons, docteur, je vous en supplie.\u2014Quel enfant vous faites ! \u2014Allons où vous voudrez, de grâce, mais ne restons plus ici.\u2014Soit.Si vousaimez lethéâtre, nous irons à l'Opéra.On y joue les Oueurs de Paris, drame lyrique tiré du roman de Zola.\u2014Oh ! pas ça ! \u2014Conmme vous voudrez.Au Concert populaire, nous avons ce soir la Symphonie des fromages, mise en musique par\u2026 \u2014Pitié ! Autre chose ! \u2014Eh bien, à l'Opéra-Comique, alors.On y joue la Purge enchantée.\u2014Misère ! \u2014Si vous préférez la Comédie-Française, Elle donne les Zrois abcès de ma tante.Et quand à l'Odéon, il tient Un succès avec le Vent révélatem .\u2014Vous me tuez ! \u2014A l'Alcazar, Paulus IV vous chanterait : Æ£n revenant du water-closet.\u2014C\u2019en est trop.À moi.Je meurs.wy Et effectivement, je dus mourrir, une seconde fois, Mais, comme la première, cette mort n'était encore qu\u2019apparente, car je me réveillai bientôt.\u2014O bonheur ! J'avais cent ans de moins, car j'entendais crier : Vive Boulanger ! Et toute cette histoire était un mauvais rêve.Puissiez-vous, 0 gens de ma génération, pour l'intérêt que je vous porte, ne pas vivre assez pour le jamais voir se réaliser ! MAURICE DANCOURT.\u2014.VARIETES \u2014 Duns un casino.\u2014Est-il vrai, monsieur, que vous ayez dit de moi, qu'on devait m\u2019enfermer à Charenton ?\u2014Je n\u2019ai pas dit cela, monsieur ; j'ai dit seulement qu\u2019on vous en avait laissé sortir un peu trop tôt ! + ** Les devoirs paternels sont quelquefois bien délicats à remplir.Tel est du moins l'avis de X.à qui sa petite fille Jeanne demandait l\u2019autre jour des explications sur certains mystères pigeonniers.\u2014Dis, père, pourquoi le pigeon blanc met-il si souvent son bec dans celui de la pigeonne grise ?\u2014Hum, c'est que, la pigeonne grise a peut-8tre quelque chose qui la géne.dans une dent creuse ?«Fx * Au cercle.\u2014Savez-vous la nouvelle?Le petit baron se marie.\u2014Avec qui donc?\u2014Avec la fille d\u2019un richissime marchand de fer.\u2014Laä ! j'avais toujours dit qu\u2019il ferait un mariage d'argent.Pa * Fin de conversation à table d'hôte : \u2014Aprés tout, vous savez, on ne meurt qu\u2019une fois.\u2014Maiheureusement.\u2014Vous dites ?\u2014Oui.Je suis dans les pompes funèbres ! * * * A la chambrée.Pitou imite la voix du capitaine Crongneu: \u2014Sur le peloton de queue, en masse serrez la colo.0.0.0nne.arche Ladjudant Fichoclou, entrebiillant, la porte .\u2014Quatre jours au fusilier Pitou pour avoir imité la voix du capitaine en gueulant comme un âne ! La Bibliothèque à Cing Cents voit chaque jour son succès s'affermir.D'où lui vient cette faveur particulière du public?Il suffit de parcourir au hasard un des numéros hebdomadaires de cette intéressante publication, et l\u2019on se rendra immédiatement compte du choix éclairé, de l'attention scrupuleuse qui président à sa composition.Les sujets les plus variés dans le Roman, la Littérature, l'Histoire, les Voyages, les Scènes du Désert ou de la Vie Indienne, y sont tour à tour développés avec l'attrait puissant des poignantes émotions que font naître les grands spectacles de la nature, et l'analyse des sentiments les plus tendres et les plus délicats du cœur humain.A ces divers titres; La Bibliothèque à Cing Cents a sa place marquée d'avance à tous les foyers, où elle.fera.les délices du vieillard aussi bien qe celles.de la jeune fille, -.; ; oR dE C4 5 Prix.d'abonnement_\u2026un Lu 083.507; Six \u2018mois.$1.25.S'adressef ANE Oipler, Bessette & Cie, 1540; Rué 'Notre-Däme,; 3 al.Loy 1.2 ., \u2019 * 4 - TT \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 a \"\u2014_\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014p I Çç FEUILLETON DU \u2018VIOLON.\u201d TARTARIN de TARASCON PREMIÈRE ÉPISODE A TARASCON 1 Le jardin du boabab Ma première visite à Tartarin de Tarascon est restée dans ma vie comme une date inoubliable ; il y a douze ou quinze ans de cela, mais je m\u2019en souviens mieux que d'hier.L'intrépide Tartarin habitait alors, à l'entrée de la ville, la troisième maison à main uche sur le chemin d\u2019Avignon.Joie petite villa tarasconnaise avec jardin devant, balcon derrière, des murs très blancs, des persiennes vertes, et sur le pas de la porte une nichée de petits Savoyards jouant à la marelle ou dormant au bon soleil, la tête sur leurs boîtes à cirage.Du dehors, la maigon n\u2019avait l\u2019air de rien.Jamais on ne se serait cru devant la demeure d\u2019un héros.Mais quand on entrait, ccquin de sort !.De la cave au grenier, tout le bati- ment avait l'air héroïque, même le jardin !.O le jardin de Tartarin, il n\u2019y en avait pas deux comme celui-là en Europe.Pas un arbre du pays, pas une fleur de France : rien que des plantes exotiques, des gommiers, des calebassiers, des cotoniers, des cocotiers, des manguiers, des bananiers, des palmiers, un baobab, des nopals, des cactus, des figuiers de Barbarie, à se croire en pleine Afrique centrale, à dix mille lieues de Tarascon.Tout cela, bien entendu, n\u2019était pas de grandeur naturelle ; ainsi les cocotiers n\u2019étaient guère plus gros que des betteraves, ct le boabab (arbre géant, arbos gigan- lea) tenait à l\u2019aise dans un pot de réséda ; mais c\u2019est égal ! pour Tarascon, c'était déjà bien joli, et les personnes de la ville, admises le dimanche à l'honneur de contempler le baobab de Tartarin, s\u2019en retournaient pleines d\u2019admiration.Pensez quelle émotion je dus éprouver ce jour-là en traversant ce jardin mirifique !.Ce fut bien autre chose quand on m\u2019introduisit dans le cabinet du héros.Ce cabinet, une des curiosités de la ville, était au fond du jardin, ouvrant de plain-pied sur le boabab par une porte vitrée.Imaginez-vous une grande salle tapissée de fusils et de sabres, depuis en haut jusqu\u2019en bas; toutes les armes de tous les pays du monde : carabines, rifles, tromblons, couteaux corses, couteaux catalans, couteaux- revolvers, couteaux-poignards, krish malais, fléches caraibes, fléches de silex, coups-de-poing, casse-téte, massues hottentotes, lazos mexicains, est- ce que je sais ! Par là-dessus.un grand soleil féroce qui faisait luire l'acier des glaives et les crosses des armes à feu, comme *=pour-vous donner encore plus la chair de poule.Ce qui rassurait un peu pourtant, c'était le bon air d\u2019ordre et de propreté qui régnait sur toute cette yataganerie.Tout y était rangé, soigné, brossé, étiqueté comme dans une pharmacie ; de loin en loin, un petit écriteau bonhomme sur lequel on disait : Flèches empoisonnées, n\u2019y touchez pas ! Ou: Armes chargées, méfiez-vous ! $ Sans ces écriteaux, jamais je n\u2019aurais osé entrer.; Au milieu du;cabinet, il y avait;un uéridon.Sur le gnéridon, un flacon e rhum, une blague turque, les Voyages du capitaine Oook, les romans, de Cooper, de Gustave Aimard, des récits de chasse, chasse à l'ours, chasse au faucon, chasse à l'éléphant, LE VIOLON etc\u2026 Enfin, devant le guéridon, un homme était assis, de quarante à quarante-cinq ans, petit, gros, trapu, rougeaud, en bras de cnemise, avec des caleçons.de flanelle, une forte barbe courte et des yeux flamboyants ; d'une main il tenait un livre, de l\u2019autre il brandissait une énorme pipe à couvercle de fer, et, tout en lisant je ne sais quel formidable récit de chasseurs de chevelures, il faisait en avançant sa lèvre inférieure, une moue terrible, qui donnait à sa brave figure de petit rentier tarasconnais ce même caractère de férocité bonasse qui régnait dans toute la maison.Cet homme, c\u2019était Tartarin, Tartarin de Tarascon, l\u2019intrépide, le grand, l'incomparable Tartarin de Tarascon.II Coup d'œil général jeté sur la bonne ville de Tarascon ; les chasseurs de vasquelles Au temps dont je vous parle, Tartarin de Tarascon n\u2019était pas encore le Tartarin qu\u2019il est aujourd\u2019hui, le grand Tartarin de Tarascon, si populaire dans tout le midi de la France.Pourtant \u2014 méme a cette époque \u2014 c\u2019était déjà le roi de Tarascon.Disons d'où lui venait cette royauté.Vous saurez d\u2019abord que là-bas tout le monde est chasseur, depuis le plus grand jusqu\u2019au plus petit.La chasse est la passion des Tarasconnais, et cela depuis les temps mythologiques où la Tarasque faisait les cent coups dans les marais de la ville et où les Turasconnais d'alors organisaient des battues contre elle.Ilya beau jour, comme vous voyez.Donc, tous les dimanches matin, Tarascon prend les armes et sort de ses murs, le sac au dos, le fusil sur l'épaule, aveg un tremblement de furets, de trompes, de cors de chasse.C\u2019est superbe à voir \u2026 Par malheur, le gibier manque, il manque absolument.S1 bêtes que soient les bêtes, vous pensez bien qu'à la longue elles ont fini par se méfier.À cinq lieues autour de Tarascon, les terriers sont vides, les nids sont abandonnés Pas un merle, pas une caille, pas le moindre lapereau, pas le plus petit culblanc.Elles sont cependant bien tentantes, ces jolies collinettes tarasconnai- ses, toutes parfumées de myrte, de lavande, de romarin ; et ces beaux raisins muscats gonflés de sucre, qui s\u2019échelonnent au bord du Rhône, sont diablement appétissants aussi.Oui, mais il y a Tarascon derrière, et dans le petit monde du poil et de-la plume, Tarascon est très mal noté.Les oiseaux de passage eux-mêmes l\u2019oni marqué d\u2019une grande croix sur leurs feuilles de route, et quand les canards sauvages, descendant vers la Camargue en longs triangles, aperçoivent de loin les clochers de la ville, celui qui est en tête se met à crier bien fort : * Voilà Tarascon !.voilà Tarascon!\u201d et toute la bande fait un crochet.Brel, en fait de gibier, il ne reste plus dans le pays qu\u2019un vieux coquin de lièvre, échappé comme par miracle aux septembrisades tarasconnaises et qui s'entéte a vivre la ! A Tarascon, ce lièvre est très connu.On lui a donné un nom.Il s'appelle le Rapide.On sait qu\u2019il a son gite dans la terre de M.Bompard,\u2014ce qui, par parenthèse, a doublé et même triplé le prix de cette terre, \u2014mais on n\u2019a pas encore pu l\u2019atteindre.A l'heure qu\u2019il est même, il n'y a plus que deux ou trois enragés qui s'acharnent après lui.Les autres en ont fait leur deuil, et le Rapide est passé depuis longtemps à l\u2019état de superstition locale, bien que le Tarasconnais soit très \u2018peu superstitieux de sa nature et qu\u2019il mange les hirondelles en salmis, quand il en trouve.\u2014ÂAh çà ! me direz-vous, : puisque le gibier est si rare à Tarascon, qu\u2019est- ce que les chasseurs taragconnais font donc tous les dimanches ?Ce qu\u2019ils font ?Eh mon Dieu ! ils s'en vont en pleine campagne, à deux on trois lieues de la ville.Ils se réunissent par petits groupes de cinq ou six, s'allongent tranquillement a l'ombre d'an puits, d'un vieux mur, d\u2019un olivier, tirent de leurs carniers un bon morceau de bœuf en daube, des oignons crus, un saucissol, quelques anchois, et commencent un déjeuner interminable, arrosé d'un de ces jolis vins du Rhone qui font rire et qui font chanter.Après quoi, quand où est bien lesté, on se lève, on siffie les chiens, on arme les fusils, et on se met en chasse.C'est- à-dire que chacun de ces messieurs prend sa casquete, la jette en l\u2019air de toutes ses forces, et la tire au vol avec du 5, du 6 ou du 2,\u2014selon les conventions.Celui qui met le plus souvent dans sa casquette est proclamé roi de la chasse, et rentre le soir en triomphateur à Tarascon, la casquette criblée au bout du fusil, au milieu des aboiements et des fanfares.Inutile de vous dire qu'il se fait dans la ville un grand commerce de casquettes de chasse.Il y a même des chapeliers qui vendent des casquettes trouées et déchirées d'avance à l'usage des maladroits; mais on ne connait guère que Bézuquet, le pharmacien, qui leur en achète.C\u2019est déshonorant ! Comme chasseur de casquettes, Tartarin de Tarascon n\u2019avait pas son pareil.Tous les dimanches matin, il partait avec une casquette neuve : tous les dimanches soir, il revenait avec une loque.Dans la petite maison du boabab, les greniers étaient pleins de ces glorieux trophées.Aussi, tous les Tarasconnais le reconnais- saient-ils pour leur maître, et comme Tartarin savait à fond le code du chasseur, qu'il avait lu tous les traités, tous les manuels de toutes les chasses possibles, depuis la chasse à la casquette jusqu\u2019à la chasse au tigre bir- man, ces messieurs en avaient fait leur grand justicier cynégétique et le prenaient pour arbitre dans toutes leurs discussions.Tous les jours, de trois à quatre, chez l\u2019armurier Costecalde, on voyait un gros homme grave et la pipe aux dents, assis sur un fauteuil de cuir vert, au milieu de la boutique pleine de chasseurs de casquettes, tous debout et se chamaillant.C\u2019était Tartarin de Tarascon qui rendait justice, Nemrod doublé de Salomon.(A contimuer .) On connaissait déjà Back City Small low back (Docithe Thibaudeaui et Christmas Town clock (Noël Cadran).Mais un correspondant du Défenseur de Holyoke dit avoir déterré quelque chose de plus stupide que cela encore.C\u2019est un nommé Sifroid Godin qui ne se fait plus appeler que Six fimes God damn } ! ! Il faut avouer qu'il est difficile à la bêtise humaine d\u2019aller plus loin.2 Mme Charançon, lassée d'être battue, se décide à demander le divorce.Le président tente la réconciliation et conclut en disant à la dame qu'elle * doit tout attendre du bon cœur de son mari,\u201d \u2014Oh ! répond-elle, c\u2019est un cœur qui bat trop fort ! LOTERIE\u201d NATIONALE ; Les tirages mensuels ont lieu 1e troisième mercredi de chaque mois, La valeur des prix qui seront tirés le Mercredi, 21 Sept.1887 \u2014 SERA DE \u2014 $60,000.00 COUT DU BILLET Première Série - - - 81-00 Deuxième Série .- - 25ct sar-Demandez le catalogue des prix-zs Le Secrétaire, S.E.LEFEBVRE, (9, RUE SAINT-JACQUES, MONTREAL SE EEE IRN J.N.LAMARCHE RELIEUR No.17, RUE SAINTE - THERESE Entre les rues St-Vincent et St-Gabriel MONTREAL, \u2014 Reliure commerciale et de goût exécuté ave soin promptitude, et à prix trés modérés.Réparation de Fourrures Donnez vos commandes immédiatement chez C.ROBERT & CIE, afin que vous ne soyez pas obligé d'attendre lorsque lc froid sera arrivé.La maison C.ROBERT & CIE, fait une spécialité de la réparation dc la teinture ct du nettoyage des fourrures de toutes espèces.Les prix de CG.ROBERT & CIE sont modérés et l'ouvrage est toujours sûr de donner satisfaction.Soyez prudents en donnant vos commandes au plus tôt.C.ROBERT & CIE, Coin des rues St-Laurent et Vitré.[Imprimerie Générale Exdcute avec diligence toutes \u2018espéces de COMMANDES TYPOGRAPHIQUES IMPRESSIONS DE LUXE, IMPRESSIONS DE CHEMINS DE FER, IMPRESSIONS DE COMMERCE\u2018 Etc., Erc., Etc.L'Imprimerie Générale EST EN MESURE D'EXÉCUTER LES COMMANDES LES PLUS CONSIDERABLES SOUS LE PLUS BREF DELAI.PRIX TRÈS MODÉRÉS.CHARLES BELLEAU, GHRANT No 45, PLACE JACQUES-CARTIER.N.B.\u2014Les ordres peuvent être déposés au bureau de LA MINERVE, No 45, Place Jacques Cartier, ou au bureau de La Presse, No 156, rue Notre-Dame, en face de l\u2019Hôtel-de-Ville.Sous presse-\u2014Sera prêt dans une quinzainé:de jours.PAUL ET BERNARDINE ROMAN CANADIEN a © Par J.FERD.Un Volume de 269 Pages environ, - Adressez toute commande a \u2018 MORISSETTE.- Prix 25 Cents.IMPRIMERIE GENERALE, 45, PLACE JAOQURS-GARTIER, © MO} Bolte 880\"BSP | & FUN 2 "]
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