Le violon, 30 juillet 1887, samedi 30 juillet 1887
[" ye \u2014e or \u201cADMINISTRATION REDACTION as PLACE JACQUES-CARTIER MONTRÉAL ABONNEMENT jo AN - - $0.50 ANNONCES MESURE AGATE lire insertion - - 30 sents Autre ¥ - - 5 \u201c A LONGS TRRMES CONDITIONS SPECIALES LE NUMERO | Mtriectement d'avanes > UN CENTIN | JOURNAL \u2018UF FAIT DANSER VOL.I MONTRÉAJ, SAMEDI, 30 JUILLET 1887 No 45 2 } D 3 : > J _ 2 1 _ Armstrong ('E =.LES NOISETTES La verte avenue toute drcite s\u2019allongeait ÿ-sous les branches croisées, bien loin, termi- \u201cnée par un point blanc qui était la plaine È lumineuse, où le soleil faisait ondoyer l\u2019or des blés.La charmille qui bordait l\u2019allée de vert É gazon, fraîchement émondée, donnait à ce hbois l\u2019apparence d\u2019un paysage de jardin, tel qu'on en voit à Versailles ou dans les gra- wvures d' Eisen.& Des deux côtés, le clair taillis s\u2019étendait, formant de petits îlots de verdure où le S soleil jetait des percées joyeuses de mouvante E lumière, suivant la fantaisie du vent léger, Fqui passait sur les cimes avec un joli bruisse- k ment de feuilles froissées.: .Ils marchaient tous deux dans l\u2019allée, lentement, à pelits pas : elle, s'appuyant sur # le pommeau de son ombrelle à haute canne; k lui, tout droit encore et guilleret, les mains Mderrière le dos ; elle, les cheveux couverts d'une dentelle sous laquelle ses petites boucles argentées semblaient mousser et foi- Rsonner ; lui, sous un chapeau de paille à \u201clarges bords qui faisait penser aux chaudes F journées de ce pays où les nègres, revêtus de Kcaleçons blancs, travaillent dans les cannes -à sucre, sur les images de vieilles boîtes de E sucres d'orge où dans les éditions vieillottes de \u2018Paul et Virginie.= LA COMMISSION ROYALE Ladébauche\u2014] ai pas beaucoup de fiat dans la Commission Royale de MM, Mercier et Beausoleil.Tout est croche chez ces gens-là et je suis sûr qu\u2019ils vont nous blaguer.Ils se boudaient visiblement, car ils allaient gnon d'or, regarda le coudrier et répondit : sans se parler, sans se regarder, hormis à la dérobée, et le coun d\u2019œil qu\u2019ils se jetaient alors était chargé de reproches.Après qu\u2019ils eurent ainsi franchi la moitié de l\u2019avenue, , avec quelque surprise, \u2014 Ce sont des noisettes, en effet.\u2014 Voulez-vous me les cueillir, mon ami ?Le grand-papa regarda la grand'maman Voilà déjà quelques ils se trouvérent pourtant moins loin l\u2019un de ; années que ni l\u2019un ni l\u2019autre n'avaient trou- l\u2019autre et foice leur fut de se parler.vé de plaisir à manger des noisettes.Cepen\u2014 C\u2019est décidé alors, dit-elle d\u2019nne voix dant, il passa le crochet de sa caune sur la douce où tremblait pourtant un reste de colère, vous voulez faire le malheur de ces : enfants ?\u2014 Je veux, au contraire, que notre petite., fille ne puisse jamais me reprocher d\u2019avoir causé son malheur par mon imprudence.| Elle haussa les.épaules, mais très légèrement, comme une vieille dame bien élevée qu\u2019elle était.I branche, qu'il amena jusqu'à sa femme ; elle cueillit délicatement le frais bouquet de petites noisettes à demi-mûres et les mit à son corsage avec une épingle.\u2014Vous ne vous rappelez pas?dit-elle.Un rayon de soleil traversant la feuillée éclaira-t-il singulièrement le visage de bon papa ou bien était-ce un souvenir ?Les yeux gris de grand\u2019maman plongeaient dans les \u2014Parce que le garçon qui l\u2019aime cst!siens avec une persistance inquiétante.moins riche qu'elle, la belle affaire ! ils sont toujours sûrs d'avoir du pain.| \u2014Mais pas de beurre ! fit observer le | grand-père.\u2014Quand on s'aime, on mange des baisers sur son pain, répondit-elle avec un demi- sourire, Comme il ne disait rien,elle fit encore quelques pas, regardant à droite et à gauche, puis s'arrêta devant un coudrier : \u2014Regardez donc, mon ami, fit-elle, il me semble voir là des noisettes.Avec sa politesse chevaleresque, le grand- papa s\u2019approcha, appliqua à ses yeux son lor- Il se rappelait fort bien; mais que ve naient faire les noisettes dans une affaire : aussi sérieuse que le mariage de leur unique | petite-fille ?Bon papa feignit de s\u2019occuper d\u2019un arbre dont les branches basses réclamaient l'émondeur ; mais bonne maman l\u2019avait pris pu sa boutonnière.\u2014C'\u2019est ce coudrier-là, dit-elle, car c'est uu vieux coudrier, qui était si chargé de noisettes l'année que.\u2014Je sais, je sais, fit bon papa en cherchant à s'échapper ; mais elle le tenait bon.\u2014J\u2019étais ici même, il vous en souvient, et j'avais dépouillé les branches basses quand vous vintes.C'est vous, mon ami, qui avez terminé la cueillette et à mesure que les noisettes tombaient dans mon tablier, vos yeux devenaient plus bavards ; le dernier bouquet, c'est vous, je crois, qui l\u2019avez attaché à la place où je viens de mettre celui-là.\u2014Ma chère femme! murmura bon papa.\u2014Et vous m\u2019avez dit en même temps : \u2014Madelinette, si vos parents refusent de nous marier, je me ferai sauter la cervelle.\u2014Et on nous a mariés et nous sommes heureux depuis trente-sept ans, conclut bon papa.\u2014Et nous n\u2019étions pas riches; nous le sommes devenus, les enfants le deviendront, vous souvenez-vous ?Ils n\u2019en dirent pas plus long, car ils s\u2019étaient pris le bras et marchaient vaillamment côte à côte vers l\u2019orée du bois, où le point blanc devenait comme une grande ogive pleine de lumière, Ils causèrent ensuite longuement.\u2014Il faudra nous restreindre un peu, dit bon papa, et faire la dot plus forte.\u2014Soit, dit bonne maman, on se privera de bon cœur.\u2014Et comme cela, avec leur pain, les pauvres enfants auront un peu de beurre.\u2014Et pendant qu\u2019ils sont jeunes, conclut en souriant grand\u2019maman, ils auront aussi des noisettes ! H.GRÉéVILLE. ct LE VIOLON LE VIOLON Paraft tous les samedis.L'abonnement est de 50 cents miablemont payable d'avance.aux agents huit cents la douzaine.Toutes communications doivent être adressées oomme suit : LE VIOLON, 45, Place Jacques-Cartier, MONTRÉAL.\u2014\u2014 H.BErTHELOT, REDACTEUR, MONTRÉAL, 30 JUILLET 1887 LE PETIT BAPTISTE ET SON PAPA.Baptiste \u2014Youpa, tu me disais la semaine dernière que Goyette, le candidat rouge à Laprairie, était un vieux garçon de quarante-cinq à quarante-six ans.Y aun de mes amis qui me dit qu\u2019il n\u2019est pas de bois, Il m'assure qu'il avait dans la paroisse de St.Constant une blonde qui s'appelait Aurélie, une vraie soie, c'était une belle gueule à lui tout seul.Il y n une bonne escousse que ça s\u2019est passé, car c\u2019était du temps où le docteur Brisson restait à St.Constant.Il paraîtrait que Goyette faisait les yeux doux à cette fille-là pendant bien longtemps, et tout le monde disait qu\u2019ils allaient faire une bonne match.Pourquoi, poupa, que Goyette n\u2019a pas voulu se marier avec.cette demoiselle lorsqu'il avait une chance ?Ladébauche\u2014Un de mes amis a bien connu mademoiselle Aurélie.C'était une fille très respectable, et Goyette la respectait gros.Comme Goyette laissait trainer l'affaire et comme toute affaire qui traine se salit, un bon jour elle lui a fait une promptitude.Goyette était alors gros manche avec le docteur Brisson.Et alors, mon fils, il a êté bien content d'avoir les services du docteur pour l'aider à casser son mariage.Alors notre rouge a cu une peur bleue d\u2019être enfifrewipé pour tout de bon el je t'assure, mon garçon, que si ses amis ne s\u2019en étaient pas mêlés, ça y était.Baptiste.\u2014Dans le fond, poupa, crois tu que maintenant Goyctte a une chance d'être élu.Ladébauche.\u2014Franchement, mon garçon, je crois que les habitants du comté de Laprairie sont trop fûtés pour confier leur mandat à un vieux garçon, qui n\u2019a d'attache pour personne.Si les amis du docteur Brisson se font aller le moindrement Goyette est sûr d\u2019être flambé.Je suis prêt à gager n'importe ce que l'on voudra sur l\u2019élection du docteur.Baptiste \u2014Poupa, à présent parle moi donc un peu de ce qui se passe à Québec.Est-ce le cas que Tarte va passer du côté des rouges ?On fait bien des bavassements à propos de ça à Montréal.Ladébauche \u2014Te vais t'expliquer la chose en peu de mots, McShane a réussi 4 nommer Tarte commissaire de 1\u2019Exposition de Québet.Mercier n\u2019a pas refusé parce que les rouges veulent se rapprocher de Tarte parce \u2018qu'ils aiment mieux Tarte que les castors.Tarte, vois-tu, mon fils, c'est de la vraie poéson pour les amis du grand vicaire Trudel.Si les rouges réussissent à enjôler Tarte, il fera une guerre à mort aux castors.Mercier en a pardessus le menton des exi ar année, inya- ous le vendons gences du G.V.et aujourd'hui il veut s'en débarrasser à tout'prix.| Baptiste.- Pourquoi le G.V; est-il toujours si exigeant ?Ladébauche.\u2014C'es parce qu'il a un'administrateur qui lui laisse toujours ignorer les jobs qu'il reçoit du gouvernement.Les mauvaises langues disent que l'Æfendurd a déjà reçu des carottes au montant de $10,000 de Québec, mais le malheur, c'est de voir que le G.V.ignore tout ça.Baptiste \u2014Comme ça, poupa, il arrive des fois que Mercier fait de la peine au grand vicaire Trudel ?Ladébauche \u2014Très certainement.\u2018Très souvent il lui fait avaler des couleuvres grosses comme le bras.Tiens, je vais t'en donner un exemple.Tu sais que I\" Etendard la gazette du grand vicaire a toujours préché contre les francs-magons et les orangistes, Mercier lui-même a condamné la construction du Pacifique comme une œuvre orangiste pour écraser les catholiques.Tu sais aussi que le gouvernement Mercier a pour anges tutélaires le G.V.Trudel et le P.V.Tardivel qui croient qu'il est un homme providentiel.Eh Lien, malgré tout ça Mercier a nommé M.J.B.Charleson de Québec, un franc-maçon et un orangiste à tous crins, pour scruter les comptes des conducteurs de chemins de colonisation.Tu vois déjà, mon garçon la sale patte jaune d'un orangiste qui se pose sur tous les curés de la province, car tu n'ignores pas que la direction de la colonisation dans chaque comté est laissée entre les mains du curé.N'est- ce pas édifiant de voir l'homme de la Providence, M.Mercier, se conduire de la sorte.Penses-tu aussi que les curés vont bien s'amuser lorsqu'ils seront obligés d'expliquer tous leurs comptes à un orangiste qui s\u2019entend en colonisation comme un aveugle en couleurs?Il va bien notre premier ministre.Il en fera encore de belles, si on le laisse encore quelques années au pouvoir.Baptiste.\u2014]'ai entendu parler de l\u2019affaire Cloutier à \u2018Trois-Rivières.Explique moi donc ça un petit brin.Qu'est ce qn\u2019il yaeu pour causer tant d'excitation dans les journaux ?Ladébaucke.\u2014Cloutier est un aubergiste sans licence qui vendait publiquement le dimanche, en plein cœur de la ville de \u2018Trois-Rivières, à une portée de pistolet de la station de police, dans la cité du Bien, là où les castors ont le plus d'amis.Après que Cloutier eut causé ce scandale pendant deux ou trois mois le petit vicaire Tardivel a fait résonner son pistolet d\u2018alarme.Il se fache tout rouge et lance un article dans la Vérité contre le gouvernement Mercier.Baptiste \u2014Pourquoi Mercier ne laissait pas poursuivre cet aubergiste comme les autres a Montréal et à Québec ?Ladébanche.\u2014En voici la raison, mon garçon, c'était Turcotte, le ministre sans portefeuille, qui était zu fond de l\u2019affaire.Turcotte cst le pes de Mercier, c\u2019est à dire son meilleur chum dans le cabinet.S'ils s'entendent si bien ensemble c'est parce qu'ils se ressemblent en politique, tous deux ayant viré leur capot.Comme ça Mercier ne peut rien refuser à Turcotte.Malgré qu'il soit en faveur des lois de tempérance les plus strictes, il a des faiblesses pour son ami.Cloutier était le protégé de Turcotte et il obtenait de lui tout ce qu\u2019il voulait.Le petit vicaire Tardivel a reproché à Mercier d'avoir eu tant de faiblesse pour son ami et finalement le gouvernement a annoncé qu\u2019il avait ordonné à l'inspecteur du revenu d'intenter une action contre Cloutier pour fermer sa boutique.Baptiste.\u2014Qu'arrivera-t-i) ensuite ?Ladébauche\u2014Il arrivera que l'aubergiste sera condamné à l'amende, mais il ne la paiera pas.Il ira pleurer dans le gilet de Turcotte.Celui-ci s\u2019adressera 4 Mercier pour obtenir un long délai pour le paiement de l\u2019amende et à la fin du compte il est à supposer que Cloutier ne paiera pas un sou.C'est joli pour un gouvernement qui se prétend le gardien de la moralité publique ?Baptiste.\u2014C'est-y Vrai, poupa, que le gouvernement n'est plus 4 Québec et qu'il se promène ?.Ladé anche.\u2014Oui, mon fils, le gouvernement à loué un cottage à'Tadousac, sur le.bord de la mer.er ; Sv Ale o .A amis Écbidoux et Lareau et les codinËa- teurs.M.F.A.Quinn, de la Longue-Pointe, est rendu là avec eux pour y préparer une nouvelle loi sur les asiles, selon les instructions du G.V.Trudel, son ami de cœur.Ils ont avec eux Joseph Martin, de la Justice, qui agit comme secrétaire de la commission.Je t'assure, mon fils, que ce cottage de Tadousac va coûter de l'argent bien gros à la province.Les rouges depuis qu'ils sont au pouvoir ne se mouchent plus avec des quartiers de terrine.Ils tirent du casque un peu croche, je ne te dis que ça | Tu riras à la prochaine session lorsqu'un de mes amis demandera au gouvernement de soumettre à la Chambre un état de toutes les sommes dépensées pour du //Awsse dans le cottage de Tadousac.Baptiste.\u2014Dis moi donc, poupa,quel est ce monsieur Joseph Martin qui est à Tadousac ?Il n\u2019est jamais venu parler à Montréal.Ladébauche.\u2014Toseph Martin est un ancien conservateur qui a viré le dos à son parti pour une affaire de blague.C'est un gros baquet qui a été engraissé par les blens ct qui s\u2019est présenté contre Sir Adolphe dans le comté de Québec.Ça n\u2019est pas) bien dangereux ce Martin là.Les rouges pour le récompenser l'ont envoyé à Tadousac.Je crois que c\u2019est tout ce qu\u2019il aura d'eux pour sa trahison.\u2014Bonsoir Baptiste, fais ta prière et couche.LE CANON DE ST-JEROME Il y a quelque temps nous signalions à l'attention de nos lecteurs l'amour déréglé que les citoyens de St-Jean éprouvaient pour leur pompe a vapeur.Aujourd'hui, en passant nos vacances dans la paroisse du curé Labelle, nous avons vu la pompe de St- Jérôme, pompe qui est infiniment supérieure à celle de St-Jean.C'est une Merryweather qui a donné il y a quinze jours la mesure des services qu\u2019elle pourrait rendre en cas d'incendie.Cette pompe acquise depuis quelques mois seulement a déjà préservé du feu des maisons dont la valeur excédait son prix d'achat.Il est vrai qu\u2019elle n'a pas les attraits extérieurs de celle de St.Jean, elle n'a ni sa coquetterie ni son élégance, elle n\u2019a pas d'argent sur toutes ses tringles, mais clle est massive et puissante.Les gens de St Jérôme ne sont pas encore fous de leur pompe, mais à coup sur ils le deviendront s'il arrive un nouvel incendie.La marotte des paroissiens est leur canon.Le canon de St-Jérôme n\u2019est pas un canon ordinaire.Il à plus de trois pieds de long et il est monté sur deux roues avec un affut comme les pièces du Colonel Stevenson.En cas de révolution il pourrait jouer un rôle actif sur un champ de bataille.Le canon de St-Jérôme est placé en face de l'église avéc sa gueule tournée vers la ri- viere du Nord.La il se trouve à l'aise comme une faute de français dans une chronique d\u2019Ange Pitou.Il ne se passe guère une semaine sans que cette pièce d'artillerie fasse entendre sa voix tonitruante, éveillant les échos des Laurentides.La parole est au cznou chaque fois qu\u2019on appelle les amis à un parti de plaisir, au baptême d\u2019un enfant d\u2019un citoyen important, le jour de la fête du curé, ditto des vicaires, du docteur, du notaire et du régistrateur.Le canon gronde le jour de la St-Jean- Baptiste et à Pâques, à la fête Dieu pendant la grande procession, à l'arrivée des députés d'Ottawa et de Québec, lorsque les habitants partent pour une corvée afin de macadamiser uue route, ils emportent le canon avec eux et le canonnier suit sa pièce.Lorsque la bande de St-Jérôme va jouer dans un pique-nique, ho ! le canon, le canon l'accompagne.La statistique nous dit que ce canon est tiré plus de 200 fois entre le jour de l'an et la Saint-Sylvestre.N'allez pas croire que le premier citoyen venu peut charger el faire partir le canon.Non,loin de là.Il y a un fonctionnaire de la municipalité revêtu de cette charge qui est inamovible.Le canonnier est un per- ed r est là avec ses\u201d sonnage important et il est excessivement Jao de ses privilèges.I porte un cos.ume: dans toutes les grandes solennités et \u2018son titre lui donne la préséance sur tionnaires du conseil municipal.Pendant 30 ans, c'était le vieux monsieur Pitou qui avait\u2019 la charge du canon, mais il fut obligé de donner sa démission à cause des infirmités que lui avait infligé son vieil âge.Il a été remplacé par M.Octave Beauchamp qui fait un excellent canonnier, Sa devise est semper paratus.1 est toujours prêt avec sa pièce lorsque le devoir l'appelle.Bref, à St-Jérôme, le canon est «le toutes les fêtes et jamais il ne se passe une samaine sans qu\u2019on entende le cri Ho ! le canon! _\u2014 COUPS DARCIET Le mari\u2014Marie, donne-moi mon hab'lle.ment du dimanche.; La femme\u2014Mais, mon cher.ce n\u2019est au ourd\u2019hui, c\u2019est samedi.Le mari\u2014Je sais que c\u2019est aujourd\u2019hui samedi, mais je dois assister à un grand dîner d'amis et je crois qu'il sera dimanche avant que je sois de retour.#* * * C'était le jour de l\u2019an 1887 dans une paroisse nouvelle située dans le fin fond du com! té de Terrebonne.Le curé monte en chaire et \u2018s'adressant \u2018Aux \u2018fidèles : \u2014% Mes chers frères, dit-il.vous êtes peut-être surpris de ne pas voir l\u2019EEnfant-Jésus dans l'Eglise aujourd'hui.Je dois vous dire qu\u2019il avait commencé à pèter et que j'ai été obligé de le mettre dans la sacristie.\u201d \u2018Toute pette au froid dans le nord.les fonc.pas wy A Toronto les femmes ont le droit de voter aux élections.Dernièrement une femme disait à son mari : \u2014Je voudrais mettre dans les journaux une annonce demandant une cuisinière, \u2014Quelle cspèce de cuisinière demande- ras-tu par ton annonce ?\u2014Une conservatrice, comme de juste.Tu pourras mettre au bas de l\u2019annonce: ] libérales ne devront pas se présenter.N.B.\u2014Le mari est un grit enragé.03 x\" Le père, en colère.\u2014Qu'est-ce que cela veut dire, mon fils, encore un compte de tailleur de $200, mais c'est monstrueux.Lorsque j'avais ton âge je ne portais que de l'étoffe du pays pendant toute l'année.Le fils\u2014 Mais vous savez que vous n'avier pas un père riche comme moi.Le père \u2014Ton père ne sera pas riche longtemps s\u2019il paie tous les jours des comptes aussi forts ll paya tout de même.Un homme riche écoute toujours les propos flatteurs, * x # Un jeune homme fat entre dans le salun d'une demoiselle du Beaver Hall Canadien ct la surprend dessinant une aquarelle.\u2014\u2014J'ignorais, mademoiselle, que vous fussiez artiste.J'étais loin de le penser.\u2014Je suppose que vous pensiez que j'étais plus stupide que je le suis réellement, répondit la demoiselle avec vivacité.\u2018=\u2014Oh, non ! je n\u2019ai jamais pensé un seul instant que vous étiez plus stupide que vous l\u2019êtes réellement.Au contraire, j'ai supposé que vous n'étiez pas aussi stupide que vous l'êtes réellement.* \u201c+ Puisque nous sommes à parler de Terre bonne nous nous remémorons une aventure tragique arrivée à un monsieur de Montréal pendant qu'il passait la veillée avec des demoiselles de la meilleure société de ce charmant village.On était dans le salon et chacun contait à son tour quelque historiette comique.M.X.en faisant son récit, perdit sa présence d'esprit et laissa échapper un bruit des plus indiscrets.Les demoiseiles devinrent rouges comme des pivoines, et puis, après un moment de réflexion, clles se dirent qu\u2019il valait mieux rire que pleurer, En cffet, après quelques instants, ce fut un fou rire sur toute la ligne.Tout le monde riait à se faire craquer les côtes.La mai- tresse de céans, qui était absente du salon pendant l'accident, fit alors son apparition au milieu de sa société, Elle voulut connaître la cause de cette hilarité extraordinaire.Croyant que c'était l\u2019histoire de M.X.qui avait excité les fou-rires, elle se tourna vers lui et lui dit d\u2019un ton suppliant : \u2014Répétez, répétez, s'il vous plait, monsieur, Je ne l'ai pas entendue L'assistance, à ces paroles; faillit tomber en pamoison.Monsieur X.eut un moment de vertige et il disparut du salon comme par enchantement.ue ~ = \u2014Tu fumes beaucoup, Baptiste, dit un individu à un de ses amis.\u2014\u2014Oui, répondit Baptiste, particulièrement après diner.J'ai tellement pris l\u2019habitude de fumer après diner que je ne gou- terais pas ce repas du tout à moins que je ne fume immédiatement après.+ ++ À la cour d'assises.L'avocat.\u2014 Mon client, messieurs, en dépeçant sa victime, avait déjà perdu la tête.Le président.\u2014 Pas encore, mais ça viendra.w* En réponse à l'appel fait dans notre journal par les demoiselles de Terrebonne, dix-neuf galants de Montréal se sont rendus samedi dernier daus ce charmant village pour y consoler les belles éplorées.Parmi ces galants on comptait huit lieutenants du 65me.Ces derniers n'ont pas obtenu tous les succès qu'ils avaient rêvés et ils sont revenus à Montréal gros-jean comme devant.Nous espérons que cette semaine il y aura un nouvel exode de nos galants et qu\u2019ils auront à \u2018Terrebonne un accucil des plus chaleureux.Rappelez vous, messieurs, que les demoiselles se proposent de vuus inviter demain à une soirée des plus agréables.Allez-y en masse.x Le consul des Etats-Unis rencontre sur la rue un de ses amis intimes de New-York.Celui-ci, après s'être assuré qu\u2019il était loin d'oreilles indiscrètes, dit à l\u2019officier : Je ne comprends pas comment on puisse vendre à Montréal des cigares importés de notre pays à meilleur marché qu'à New-York.Cela m\u2019intrigue au superlatif \u2014La chose est bien simple, fit le consul, Montréal possède un Vrai Brazeau qui vend tous ses cigares, domestiques et importés, cigarettes, etc, à meilleur marché que le prix du fabricant.Tenez il vend ses Crème de la Crême, sc, ses cigarettes Old Judge et Vanity Fair, roc.Allez vous en convaincre au No 47 rue St- Laurent.BE L'écriture du Général Boulanger Qu'on soit graphologue ou qu'on ne le soit pas, on ne lira pas sans curiosité la petite consultation suivante sur l'écriture du général Boulanger, publiée dans un journal autrichien, le Schorer's Familienblatt.Voici d'abord quel était l'autographe du général : Un soldat français, qui a appris à aimer les Autrichiens en les combattant en 1859.Général BOULANGER, Voici maintenant l'analyse graphologique: \u2018* Les points sur les 7, que le général fait allongés, indiquent une conception rapide ; la forme arrondie de presque tous les caractères témoignent d'une grande bienveillance.i ** Le général n'est point ce qu'on pourrait appeler un \u201c coq de combat,\u201d mais il a une grande fermeté.\u201cLa forme fulgurante qu'il donne au commencement de son paraphe révèle l'énergie.Les jambages, plus forts en bas qu\u2019en haut, et les / barrés en massue indiquent la »ésolu tion, qualités auxquelles il faut ajouter la constance, signalée par la direction ascen- -dante des crochets qui terminent les s à la fin des mots \u201cappris \u2018 et *¢ ies.\u201d ; \u201cLa position élevée des déliés semble indiquer une propension au commandement qui n\u2019est que naturelle chez un officier généra, La conscience de la valeur personnelle s'exprime dans le paraphe qui souligne toute i e.\" On voit également dans l'écriture du général certains traits caractérisant l'homme aimant à \u2018\u2018 rire un brin,\u2019 à \u201c* couler la vie douce \u201d\u2019 et à se moquer tant soit peu des hommes et des choses.\u201d L'Huile d'Argent guérit les Rhumatismes.Pas de guérison, on remet l'argent, LE VIOLON £ A nN Hn; mW; 2 | NN lf Brew A QUEBEC SHEHYN\u2014T'enez, messieurs, voilà le beau vaisseau de lait que j?vais vous servir.LE G.V.TruDE1\u2014Allons Beaugrand, ne sois pas si saffre, ote tes doigts de là.BEAUGRAND\u2014Tu as déjà pris plus que ta part des autres bonnes choses.Tu peux revirer avec ton gobelet.MERCIER\u2014Laissez-moi faire, c\u2019est moi qui écrèmerai le vaisseau avant de le passer au public.Je m'entends la-ledans.VARIÈTES On s'entretient, devant Guibollard, de l'incendie de l'O péra-Comique.\u2014Ça doit être épouvantable, dit quel- qu\u2019un, de se trouver dans un théâtre qui brûle.Il y a de quoi vous rendre fou.Alors Guibollard, gravement : \u2014Pour ma part, je #'hésiterais pas à le devenir ! x Madame se plaint de la tiédeur relative de son mari : \u2014Que me reproches tu ?demanda ce dernier.\u2014T'u n\u2019es pas raisonnable, mon cher, ara quoi ?\u2014En tout.Ta ne fais jamais de folies pour moi ! * = * Tony qui est indisposé manifeste à l'égard des remèdes la plus vive répugnance.\u2014Allon i, mon trésor, lui dit sa inère, il faut prendre ta potion.\u2014Je peux pas.\u2014QOQn peut toujours ce qu'on veut, mon bébé chéri.\u2014Eh bien ! alors, je veux pas ! wa Charme d'une petite ville a I'abri du mouvement : Un Parisien a une vieille fille : \u2014 Votre ville n\u2019est pas gaie.que de distractions.y ennuyer.La provinciale, gravement : \u2014 Monsieur, on ne s'ennuie jamais quand on sait s'occuper des affaires des autres Elle man- Vous devez bien vous * * & Un vieux garçon à son brosseur : \u2014Mille tonnerres ! voilà encore des œufs durs.Je vous avais cependant dit de nc les laisser dans l'eau que deux minutes et demie.\u2014C'est ce que j'ai fait, mon général.\u2014Allons donc ! ils ne seraient pas durs ! \u2014Je vous jure, mon général, mais après ça, peut-être bien que ma montre avance ! + * + Pitou et Dumanet se promènent dans le Jardin du Palais Royal.Pitou sè trouve presque nez à nez avec une dame d'une ampleur remarquable, Pitou se range et dit à Dumanet : \u2014Mazette ! la belle fenime ! Qu'elle dégote la femme colosse.\u2014Paudi ! c\u2019est la femme du colonel ! \u2014Ah! s'écrie Pitou, Qu'est-ce que (doit être la femme du général ?\u2018 we Les derniers combles : Le comble du respect des lois fiscales, c'est dc se munir d\u2019un timbre pour l\u2019acquit de sa conscience.Le comble de l'abrutissement : Demander si la maison militaire du président de la République est couverte en ardoises.Enfin le comble de l'épatement pour un barbier : \u2019 Voir un omnibus raser le trottoir.we M.Prud'homme se préparait pour le 14 juillet.-\u2014Je me ferai, disait-il, une couronne de timbres-poste.\u2014Pourquoi donc ?\u2014En souvenir du jour où le peuple s\u2019est affranchi.» En police correctionnelle : \u2014 Accusé, vous avez été surpris en flagrant délit de vol chez votre patron ?Qu'avez-vous à dire pour votre défense ?\u2014 M.le président c\u2019est vrai que j'ai filouté mon patron ; mais il m'avait appelé serin.\u2014Eh bien ! \u2014De quoi se plaint-il ; c\u2019est le propre des oiseaux de voler.* Nn * Dans un restaurant à vingt-deux sous, Un consommateur, en dégustant un plat de macaroni, y découvre les débris d\u2019un vieux chapeau en jonc grossier.11 appelle le patron et lui montre la chose.\u2014Ah ¢a, dit le Vatel, croyez-vous que pour vos vingl-deux sous, je vais vous fournir du Panama ?xx * Un jeune paysan vient chez son oncle présentersa fiancée qui s\u2019efface modestement : \u2014Comment ! interroge le d'dot ?\u2014Non, mon onque, pas d\u2019dot.\u2014A'n'a du moins n\u2019un troussiot ?\u2014Non, m'n onque, pas d'troussiot.\u2014Misère ed\u2019Gueu! Mais teu l\u2019épouses donc que par libertinage ! * & * Quelqu'un énumère, devant Galurin qui n'est pas riche tous les jours, les substances prétendues alimentaires, en indiquant le temps que notre estomac met à digérer : \u2014Une heure pour le potage, deux heures pour le bœuf, trois heures pour les pommes de terre, quatre heures pour la morue, etc., etc.\u2014Soit ! conclut Galurin, mais il y a des victuailles encore bien plus difficiles à digé- ger.\u2014Lesquelles donc ?\u2014 Celles qu\u2019on ne mange pas parbieu ! Ta vieux, pas La Bibliothèque à Cing Cents voit chaque jour son succès s'affermir.D'où lui vient cette faveur particulière du publie?II suffit de parcourir au hasard un des numéros hebdomadaires de cette intéressante publication, et l\u2019on se rendra immédiatement compte du choix éclairé, de l'attention scrupuleuse qui président à sa composition.Les sujets les plus variés dans le Roman, la Littérature, l'Histoire, les Voyages, les Scènes du Désert ou de la Vie Indienne, y sont tour À tour développés avec l'attrait puissant des poignantes émotions que font naître les grands spectacles de la nature, et l\u2019analyse des sentiments les plus tendres et les plus délicats du cœur humain.À ces divers titres, La Bibliothèque à Cing Cents a sa place marquée d\u2019avance à |.tous les foyers, où elle fera les délices du vieillard aussi bien que celles de la jeune fille.Prix d'abonnement un an, $2.50 ; six mois, $1.25.S'adresser à Poirier, Bessette & Cie, 1540 Rue Notre-Dame, Montréal Prix modérés, Nous avons réduit \u2014 LES \u2014 toffes a Robes Pour 106.126, et 156 \u2014 VOUS AVEZ \u2014 UN BEAU CHOIX NATHEU & GAGNON RUE NOTRE-DAME L'HOTEL CANADIEN D'OTTAWA Depuis plusieurs années le public s'est plaint, avec raison, de ne pouvoir trouver un hôtel canadien de première classe à Ottawa.M.Georges Latrémouilke à rempli cette lacune cn ouvrant un magnifique établissement où les voyageurs trouveront tout le confort désirable : chambres spacieuses, bien aérées, meublées avec luxe dans le dernier goût.L'hôtel est au centre de la ville avec vues sur le Parc et la rue Sussex.La buvette renferme les vins des meilleurs crus.Les députés qui y ont logé pendant le dernière session se déclarent parfaitement satisfaite.L'ITôtel Canadien est aux numéros 536 et 535, RUE SUSSEX.25 juin\u20142m NE LISEZ PAS CECI ! 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Elle l'arrangea, cette chambrette, en fit un nid, y mit jusqu\u2019à des plantes vertes qui devaient monrir en mer.Son portrait, celui de l\u2019enfant, .souriaient au-dessus de la couchette, dans un faisceau de sabres et de revolvers, où pour le futur exilé, ils mettraient un rappel attendri du foyer perdu.Et tandis qu\u2019elle disposait ces choses, souvent seule, son mari à son\u2019 service sur le pont, elle pleurait.Un soir, comme elle s'était attardée, elle dut rentrer à Tamaris avec Marcel par un des canots du bord.Il soufflait belle brise et, hors de l\u2019arsenal, le patron de la baleinière fit mâter.L'embarcation fila comme PAT LI VUS 102 .une.mouette, .inclinée sous sa toile à toucher-l\u2019eau de son bordage.On embarquait quelques embruns.Lä mère enveloppa son fils dans un châle, mais le gamin se découvrait, tapant des mains, -riant aux matelots, heureux du vent et de la houle, marin déjà.Il prit froid.Le lendemain, il ne pouvait se lever, toussant d\u2019une vilaine toux.Le père et la mère ne dormirent plus.Le Garnier partait à In fin de la semaine : ils comptaient les heures.Bientôt, l\u2019enfant fut au plus mal.4 \u2014Le sauverez-vous, docteur ?sup- pliaient-ils.Le docteur répondait : oui, mais son œil ne les persuadail pas.Marcel était.trop faible pour résister an moindre rhume.Et ses parents alors revenaient nu petit lit, et muets, on bégayant des mots caressants sans s'entendre parler, ils regardaient leur mignon souffrir et s'enfonçaient leurs ongles dans leurs paumes.\u2014Nous partons mardi.Berthe eut un grand cri.Mardi pour elle ne devait jamais venir.Mardi?Mais l'enfant mourreit mardi peut-être ! Son enfant ! mourir.\u2014Ne pars pas, Henri! cria-t-elle.Je ne veux pas! : Il sortit pour aller demander son débarquement ; mais à la porte il s'arrêta : :l le commandait ce bateau, il avait sa mission, ses ordres, Ne pas partir à présent, c\u2019était déserter.Puis il descendit ; mais le malade s\u2019éveillait, au bruit des voix, et dans son rêve encore : \u2014Tu me rapporteras un bonhomme chinois, hein, petit père ?Mme Robeline ouvrit ia fenêtre.\u2014Il faut partir, Henri! Je suis folle.Je ne sais ce que je dis.Le Francis-Garnier largua ses amarres à l'heure dite, son capitaine sur la passerelle ; en franchissant l'entrée de la rade, il se retourna, chercha par au delà le golfe bleu, sous les palmes, la villa blanche de Tamaris, où sa vie demeurait.Au balcon, vie silhouette parut, une main agita un mouchoir, envoya un baiser, mais ln vision fut brève : du fond de la chambre l\u2019enfant avait toussé sans doute ! Et l\u2019officier ne vit plus rien, #4*# Rentré dans sa cabine, il prit un calendrier couvert, à la colonne de juillet, de coches an crayon.Chacune indiquait une escale, c'est-a-dire un télégramme qu'il y recevrait.De Pord-Saïd, cela allait jusqu\u2019à Hong- Kong.Dans la dernière étreinte, il avait dit à sa femme ce mot triste et cruel: \u201c Je vais souffrir plus que toi.\u201d Ensuite il avait ajouté : \u201c Qnoi qu'il arrive, envoie-moi une dépêche à chaque port.Télégraphie le mot espoir s\u2019il y a du mieux et le mot courage si\u2026.un sanglot avait coupé sa phrase.\u2014Couragre ! se répétait-il à présent.Quelle ironie ! En peut-on avoir quand la mort vous prend votre enfant ! Il se leva chassant l'idée terrible.Les rumeurs joyeuses du carré l\u2019exaspéraient.Il commanda des manœnu- vres, s\u2019inventa des besognes, des fatigues, pour ne plus penser.Les jours ne voulaient pas couler, la mer.ne pas finir.Port-Saïd parut à la longue au ras de l\u2019eau.\u201c Espoir\u201d, disait la dépêche qui attendait le navire, mais elle était de lu veille, et depuis\u2026 Hors du canal de Suez, Robeline fit forcer la vitesse.A Obock, il recevait un autre \u201c Æspoir \u201d, mais à Colombo où, sans le vouloir, dans son anxiété, il arriva d'avance, il ne trouva rien.Malgré ses ordres formels, il attendit au mouillage, mais dut enfin repartir.Il avait déjà vieilli, ne mangeait plus, ne dormait plus.Parfois, il s\u2019enfermait, passant le commandement au second.À Saigon, le premier sampan qui se colla aux flancs du bord lui apportait un message.\u201c Grand espoir\u201d, disait-il.Il baisa le papier suli par les pattes annamites ; mais, soudain, cette réflexion le traverse que sa femme pouvait bien lui mentir pour le laisser arriver à Foutchéou, le cœur tranquille, pour l\u2019empêcher de se faire tuner.Oh! savoir! Et un mois de sd\u2018solde\u2019passn à envoyer de longs télégrammes demandant des détails, la vérité à tout prix.Hong-Kong ! Il-arriva dans la nuit le burean du télégraphe, le consulat, tout était fermé ; il descendit à terre tout de même, ne pouvant plus tenir en place à bord, et il erra dans les rues jusqu'à l\u2019anbe.Quand Vofice s'ouvrit, il regut au guichet l'enveloppe qui l'attendait.\u2018 Rasswée disait la dépêche, grand mieux, Marcel sauvé.\u201d Le consul qui, deux heures après, vit arriver en grande tenne le commandant du Francis-Garnier, le crut gris ou victime d\u2019une insolation.#*4# La joie furieuse de Robeline devait échapper à la fatalité des réactions.\u201cIl tombait, quelques jours après, le 22 août, dans une fièvre nouvelle, la fièvre du combat.C'était à Foutchéon, et le Garnier n'ayant qu'un faible tirant d\u2019eau, l'amiral Courbet l'employait pour toutes les opérations interdites aux grands bâtiments.Le capitaine se distingua dix fois.Son exaltation enflammait tout le monde autour de lui; il vivait double, bruyamment brave, prenant sa revanche des mauvaises heures mortes, avec un continuel besoin de dépenser, dans une exubérance de bonheur, sn jeunesse et son énergie revenues.Malgré qu\u2019il se fiit exposé comme à plaisir, en prenant une corvette chinoise à l\u2019abordage avec une flottille de canots, il n'avait pas reçu une égratignure.Il fut mis à l\u2019ordre du jour.Quelques jours après que l\u2019escadre fût sortie de la rivière Min, Courbet le faisait appeler.Le télégraphe venait de lui apporter la réponse du ministère à ses demandes de récompenses pour ses vaillants équipages.-\u2014Robeline ! une bonne poignée de main.Vous êtes capitaine de frégate.Robeline émbrassa l\u2019amiral, qui se laissa faire, de bon cœur.Puis il sauta dans sa baleinière, et en accostant le Garnier empécha qu'on la rentrât.Il allait écrire tout de suite une dépêche pour sa femme et vite la porter.L'Officiel aurait averti Berthe déjà, mais ça ne faisait rien ! Elle serait heureuse de ce mot, croyant son Henri blessé peut-être.À la coupée, l\u2019attendaient ses officiers, La nouvelle avait transpiré ; ils félicitèrent leur chef.Son domestique, Noëlic, un bon Breton, brandissait derrière eux deux paires de galons.\u2014Espérez, commandant.Je vas vous les coudre à votre veston numéro un, Et après les poignées de main, les compliments, la double ration accordée à l'équipage, les punitions levées, Robeline entra dans sa chambre.En son absence, on avait apporté son courrier, ie courrier de France, le courrier de Tamaris ; les plis étaient là sur la table.\u2014Tous les bonheurs à la fois, au- jourd\u2019hui! murmura-t-il radieux, en envoyant un baiser aux portraits de sa femme et de son enfant.Il prit la lettre de Berthe, l\u2019ouvrit.A ce moment, on frappa.\u2014Une dépêche, commandant ! Distraitement, il la décacheta : quelques félicitations des amis de la division Lespès, sans doute ! Tout à coup il se drossa, pâle comme un linge, passa la main sur, son front, et t haut, horrifié, il-lut: \u201c Marcel ut chute.Perdu.Courage.\u201d \u2014 Mon Dieu ! cria-t-il d\u2019une voix terrible, et il\u2018tomba sur sa couchette.les bras tordus de désespoir.\u2019 \u2014Mais, qu'est-ce qu'il y a, commandant ?Vous étes malade ?C'était le matelot Noëlic portant la vareuse où luisaient trois galons d\u2019or et deux galons d\u2019argent, ceux-là usés ceux-ci brillants.Robeline se redressa, les yeux hagards, ne se souvenant plus, l'air fou.Machinalement, il revenait à son bureau, regardait la dépêche, reprenait la lettre de Berthe.Ses mains tremblaient, il ne pouvait déchiffrer un mot, tournait au hasard les feuillets nombreux.Et, brusquement à la dernière page, il lut à haute voix lentement, en imitant la voix de Marcel ses Zézaiements.\u201c Mon petit père chéri, depuis que je suis guéri, maman m\u2019a appris à écrire pour que je t'écrive tout seul que je t'aime bien fort et que je languis bien après toi.\u2014Oh ! Noëlic ! mon pauvre Noëlie ! Il se penchait presque au cou du matelot, dans son besoin de parler à quelqu\u2019un de laisser son cœur se crever avec une pitié autour de lui, Puis, sanglotant désespérément, il montra le portrait de l'enfant, le portrait qui faisait risette au milieu des sabres et des revolvers.\u2014Il est mort, Noëlie.Il est mort, mon petit.Et, tandis que le matelot le soutenait sans lâcher la vareuse, le commandant Robeline pleura longtemps, de grosses larmes, qui tombaient pressées et lourdes sur ses galons neufs.PAUL BONNETAIN.L'Huile d'Argent guérit les Rhumatismes.Pas de guérison, 2 on remet argent, ~~ LOTERIE NAHONALE Les tirages mensuels ont lieu le troisième mercredi de chaque mois.La valeur des prix qui seront tirés lo Mercredi, 17 Aout 1887 \u2014 SERA DE \u2014 $60,000.00 COUT DU BILLET fFremière Série - - - $1.00 RBenxième Série .= - 2% cts zay-Demandez Je catalogue des prix-@ Le Secrétaire, S.E.LEFEBVRE, 19, RUE SAINT-JAGQUES, MONTREAL Sous presse\u2014Sera prêt dans une quinzaine de jours.PAUL ET BERNARDINE ROMAN CANADIEN Par J.FERD.MORISSETTE.Un Volume de 250 Pages environ, - Adressez toute commande à IMPRIMERIE, GÉNÉRALE, y kid das.Gi À , Boîte 880 B.P.Pijx 26: Cents.RTE 7 Ae yo [A = ; FARA 45, PLAGE.JACUUES-CANEIER, Tete jive, MONTRÉAL."]
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