Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Domaine public au Canada

Consulter cette déclaration

Titre :
Le Télégraphe = The Telegraph
C'est dans ce journal consacré principalement à la littérature que Philippe Aubert de Gaspé fit d'abord paraître des extraits de L'influence d'un livre, le premier roman québécois.
Éditeur :
  • Québec :[s.n.],1837
Contenu spécifique :
vendredi 21 avril 1837
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
trois fois par semaine
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichier (1)

Références

Le Télégraphe = The Telegraph, 1837-04-21, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" Fos one or fib gears from voL.L\u2014NO 15.elegrap QUEBEC, FRIDAY APRIL, 21st.1837.Price One PENNY.THE TELEGRAPH.Published in French and Englishon the Mornings of SDAY-&PRIDAY MONDAY, WEBDNZ a 2.PEN 0'Clock.\u2014Piice ONE RENNY per TEN oO Clothe nen.ADVERTISING.under, 25 6d first snserlion, and ertion ; 10 lines and under inserli d 10d each subsegucnl in- 4s Ad first inserlion, and ore 10 lines, 4d per line for thy first nscelion, end one penny per line for every subse.nent insertion .! Communications, Advertisements, &e.are re- cived p pui ÊTE 'E 3 Buokceived post uid, ot PETER Ruruy EN\u201d ' Srout No 15 st.Johu\u2019s-street, where the ps- HEy + vers may bs had.ADVERTISEMENTS.FRESH GARDEN SHEDS.raNHE Subscriber hag just received a sup- 1 BE ENGLISIE (by 100y of New-York,) and AMERICAN G A R D E N AND FLOWER SEEDS, Warrunted the growth of 1836.\u2014A LS 0\u2014 \u2018Timothy, Red, White and Crimson.Clover Seeds, Lucerne, Mangel Wurtzell, &c.-&c.\u201c and a few Bulbous Roots.J.J.SIMS, Apothecary and Druggist, ; Upper Town, Market Place.5th.April, 1837.UNDER THE PATRONAGE OF HIS EXCELLENCY THE GOVERNOR'IN CHIEF Ste lines and d 7) euch subsequent ins 21 | capable | ble footin CASTLE OF ST.LEWIS, - Quebec, 13th April, 1837.JN conformity with an instruction from His MAIESTY\u2019S PRINCIPAL SECRETARY CF STATE for the Colonics, addressed to His EXCELLENCY THE GOVERNOR IN Cnikr, and bearing date February, 1837, Public Notice is hereby given, that from and after the 1st June next, purchasers of lund will be required to puy down, al the time of Sale, 10 per cent on the whole value of the purchase, and the remainder within fourteen days, from the day of sale\u2014thut until the whole price is paid the purchasers will not be put iu possession of the laud\u2014and that in the event of puyment not being made within the prescribed period, the sale will be considered void,and the deposit bv forfeited.And all purchasers of land ure hereby notified that it is the intention of tis Masesty\u2019s Go- VERNMENT strictly to cnforce the conditione annexed to the sale of lands, under the existing regulation.By Command S.WALCOTT, .Civil Sceretary.OFFICE OF CROWN LANDS, Quebec, 13th April, 1837.PUBLIC NOTICE is hereby given, that the last sale of Crqwn and Clergy lands, under the preseut system, will be held ou the days & at the places hereinafter mentioned, vizi\u2014Dunhum Hall, on the 20th Muy; Froste Village, 27th May; Stanstead plain, 26th May ; Sherbrooke, J0th May; Kamouraska, 30th May ; Druminondville, 31st May; Threc-Rivers, Hull, Bristol, Litehticlp, Buckingham, Lochaber, Argenteuil, Grenville, Leeds, {Islet and at the office of Crown Lands, Quebee, on the first day of June nest, when the lands already published for sale, according to the list of the 23rd July, 1836, aud which remain undisposed of, together with such other lunds ns have since been applicd for, and which this department has been authorised to sell, will be offered at the stated upset prices, with a view tv permit those settlers who have already procecded to this province, and others who may have made arrangements to acquire lands for set- tiement, under the existing regulutions, to obtain the lands on the terms which they had been led to expect.JOIIN DAVIDSON.REMOVAL, WAM DRUM, Camser Maken, Up- MOLSTERER, &e Ke reepeetfully infurms his friends and the public, that he will remove on the Ist of May, tu the house apposite St, Paul's Market, near the buildings burnt last fall, and aormerly-known as the Quebec Baths, _.LORETTE HOUSE TO LET.\"FO LET, and possession given on the i 4 .Ist May next, the hose belonging to the Pa rsigned, at Indian Lorgite, nt present occupi- = ef Giy.Mr, Ricard Daren, as on Hoteltis» two'slary stone hduse, with an han 89 Hléritiers d\u2019Augt: Gagnon, 5 + 1 610g Cantfic! Dorwin, Ÿ to inclusive 11 319 1 J 11 Dorwiug, Zu 1, inclusive, 33 108 \u201c 128 Frs Robidas, 9,14 2 15 11} Sueton Grant, 3 2 5 _\u201c \u201cos 16 a 0 .16.17 7 Ç \u201c \u201c\" IN 8 Mentes dela Couronne duns Coxton et l'lug- mentalion, David Grant, 11 ou 6 Pierre Fortier, Go 2 8 2 Louis Fortier, î 1 2 y 2 Roderick Fortier.111 z 7 8 Alex A Dame, 15 1 : 7 a Pierre Murcouillier, | 2 1 4 t 4 Regis Boucher, 87 | 513 2 François Lizabel, go} 4 10 0 George Giniae, \u201c1 5 12 6 Regir Gelinas, 3 3 15 5 David Charlan, \u201c1 315 5 Michel Lizotte, a 1 1 1 104 Alexis Boisvert, ss 1 t 76 Pierre Grinier, 3 1 d 18 64 Charles Gelinas 37 1 3 5 0 François Perand, 419 1 a 126 François Hamel, {1 207 6 Veure Hcroux, 41 ! !1 108 Alexis Caliez, 45 1 L 37 108 Joseph l\u2019Amie, 45 1 1 2 0 Veuve Langlois, 47 1 1 #0 8 Frzdk Bourasss, 48 1 1 8 1 Francis Boisvert, al 0 16 10} S Grant, 12 2 1 4 nd Daniel McCarroll, J 2: 2 53 1} Charles Aubrey, + 2 2 7 7} John Grant, 6 2 0 18 at Daniel Grant, G 2 0 7 8 Frangois Pacquette, 22 2 4 13 $ Jcremie Vallicrs, 23 2 5 3 1} Flavien Regnier, 21 2 5 5°0 Aug Giniac, 25 3- 0 6 3 Antoine Ginine, 26 2 1 5 0 Dominique Le Sieur, 27 2 11 0 3 Regis Gelinas, 25 2 10 26 Pierre Giniac, 29 2 In Ho Claude Gauthier, 3 2 1 3 3; Jean Bap Bellefeuille, 32 2 3 13 0 Pierre Mathew, 33 2 13 9 Jean Grenier, 31 2 1 0 7 Augustine St Louis, 38 2 0 16 8 Alexis Carbonneau, 22 3 : 809 Antoine Regnier, 23 3 2 9 2 Antoine Giniac, 24 3 2 10 0 ( à continuer.) VENDREDI MATIN, 21 AVRIL, 1837, \u2014_\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 PLUSIEURS personnes sc plaisent à répandre que In publication du Télégraphe doit bientôt cesser.Nous ignorons ct le but et In cause d\u2019un semblable bruits nous nous contenterons donc d'annoncer au publie que l\u2019excvuragement dont il a bien voulu jusqu\u2019à présent favoriser notre cnire- wise nous met en état de lui promettre des umé- iorations considérables duns la conduite du Journal dont la publication continucra comme ci- devant jusqu'à ce que l\u2019ouverture de la navigation nous permettre d'obtenir de nouveaux mutériaux.Le Jélégraphe est aujourdhui en meilleure sonté que jumais ; nusti réclame-t-il des personnes qui reulent bien prendre intérôt à son sort futur, d\u2019ut- tendre au moins sa Aurl définitive avant de l\u2019ho- wine d'un Libera.Chuatera bien qui chanterc le dernier ! Nous rapporterons les procès les plus intéres- sans de la cour des sessions de quartier qui com- Uriah Jewet Dailey, vx.25 12 9 0 10 Ashacl 11.Brown, 1 3 lb 0 #8 Daaid Whitchead, w, 3 1 18 15 0 Jeremiah Ledd, tout, 6 05 27 17 6 Instalmens de la Couronne dans Brome.Irich Swcet, N° de E.N.do la rivière.: 10 11 3% Lewis Durke, N.0.ct part ¢ central.\u2019 ?2 2 3e 77 Charles Pettis, 5.ct 0.8.de la rivière, 3 2 10 11 114 W.Farweil White, s.ct 0.dcE.32 # 1301 Irish G.Swoct, s.do 8.5.3 2 12 13 9 Ben,amin H.Foss, bout 0.6 7 16 17 6 mence aujourd'hui.AccipENT.\u2014Hier matin un ficheus accident eut lieu aux chantiers de thonsieur John Nesbitt ; un ouvrier du nom de François Blouin était occupe à tracer unc ligne, ct en ce retournant plaça lout-à-coup su main sur une pièco de Lois que travaillait un de ses camarades qui le frappa acei- dentellement d\u2019un coup de hache vers le milieu du poignet.Le docteur Blanchet ayant été immédiatement appelé.su vit foreé de lui couper lo bras pres de la main, LEs divers journaux de Montréal annoncent la mort de monsieur De Salaberry, troisième Als du Colonel de ce nom.| Ce jeune homme fut blessé par sou propre fusil qui éclata entre ses mains.Mn.Sos.Launis, Etudiant en Droit, qui a déjà donné au Public un Traité\u2014 D'Arithmétique et D'Algèbre, n rédigé, dans Pintérêt de PEducation, un pelit ouvrage dont le Titre est dans les mots suivants: Livre Destiné à Plustruction De L'En- \u201c fance, où Nouvel Alphabet Français, à 6 L\u2019Usage des Enfins.\u201d L'impression de cet ouvrage est déjà com- mencèe, et il sera mis en vente, lo premier de Mai prochain, à la Librairie de Mr.Pierre Ruthven Imprimeur-Libraire, Côte de la Basse-Vilie, N° .6 où l\u2019on pourra se le procurer pour tm prix très-modique.Cet ouvrage renferme deux parties.Pour en faire connastre l'utilité, nous en avons in- sûré le Prospectus dans vette leville.PROSPECTUS.Animé du vif désir de servie mon pays en travaillant à Pextension de l'Education de ses cnfitns, j'ai cru de mou devoir de publier cet Alphabet Francis dans un temps on, malgré lu diffusion générale de PEducation qui «a pour but 1e bonheur du peuple, on ne trouve pas un seul livre à ln portée de Fesprit des petits: Ents Cane \u2014 diens 3 PAtphabet, maintenant en usage dans les Ecoles, =e trouvant, par st rédaction, contraire à Pavancement dues enlans duns étude de leur langue maternelle, et des connaissances propertionnées à fleur jeune âge, v qu'il renferme, dans sa première partie, des notions d\u2019Arithimétique, étude tout-à-fait au-dessus de la portée de Pesprit de l\u2019Enfance, et qu'il ne contient pus assez de mots propres à leur faciliter l\u2019épellation et la prononciation des wots, ct à les disposer à la lecture.Je me suis donc edforcé de leur aplanir les sentiers tortoeux de l'étude de la langue française, en facilitant leurs premiers ersais, etensemant, pour ainsi-dire, des leurs sous leurs pas chancclants.J'ai cru atteindre ce but si désiré, cn leur offrant d'abord une collection de mots dont chaque syllube se trouve séparée de ln suivante par un trait- d'union, pour leur eu faciliter Pépellation et la prononciation, et les disposer à la lecture, ct en leur offrant ensuite les le- cons d\u2019une mère à son fils, leçons bien propres à leur donner des connaissances \u20acs- sentielles à leur bien-être, et à inculquer, en même temps, dans leur jeune cœur, des sentimens «d'amour ct de reconnaissance pour les bienfaits signalés de leur Créateur, à In vue de la manifestation que font de leur joie,les êtres mêmes privés de la raison, et des hommages qu\u2019ils semblent adresser au Souverain de la Nature, pour le remercier | de In douceur de leur existence.Je leur offre, dans la seconde partie, des préceptes propres à leur faire connaître la soumission et l\u2019obéissance qu\u2019ils doivent à leurs parens, Pamour que Dieu porte aux enfans dociles et vertueux,et l\u2019horreur qu\u2019il a des cnfans vicieux, et les chûtimens dont il les menace; Préceptes en outre bien propres à les faire marcher dans les sentiers do la vertu.Heureux mille fois, si, cn publiant ce petit ouvrage,je puis alléger les peines de cetle aimable Enfance, ct atteindre ainsi le but vers lequel je tends, en coopérant au grand œuvre de In propagation de l\u2019Education.JOS.LAURIN, Québce, 1 Mars, 1837.P.S.Messicurs les Editeurs des Journaux du Pays sont priés d'insérer, dans l'intérêt de l\u2019Education, ce Prospectus, une fois gratis, dans leur Journal respectif. \u2014\" _\u2014\u2014 POESIE.mere 0eme etant mms re LE DUC DE REICHSTADT A SCHENNBRUNN.(Suite.) Qu'il col beau cet cnfant aux yeux bleus pleins [de larmes ! Quel air do mujesté dans ses traits languissans ! Une grande pensée, en ses jeunes alarmes, Agite son front plein de charines ; Quel chagrin a geriné sous ce front de dix uns ! Sire, je Vicns à vous.ul däns son sein qu\u2019il presse L'enfant se précipite avec de longs sunglots.Je vicns'enfin livrer, site, à votre tendresse Le secret du poids qui m\u2019oppresse, Puisqu\u2019on dit qu\u2019il cst mort par-delà tant de flots.Oh! parlez-moi de lui ;'c\u2019est cn vous que j'espère : Nul ne veut mc répondre et détourne son front, Quand je veux demunder s\u2019il cut un sort prospère» Tout pâlit au rom de mon père.Vous aussi !.lc nommer est-ce donc un affront * Oh ! je vous ch supplie, à vos pieds que j\u2019embrasc, Quel fut, quel fut mon père, et qu\u2019est-il devenu ?Dans mon esprit, Crappé d\u2019un bruit sourd de disgrice, Un passé confus se retrace, Et jo nesuis de quoi je inc suis souvenu, Est-ce la douce erreur de quelque rêverie ?Bien loin, duns mon enfance, it me semble qu\u2019un .fiour, Parmi de grands guerriers, daus une autre patrie, Comme duns des jours de fécric, J\u2019habitais les splendeurs d\u2019un magique séjour.Ces casques aux longs crins, ces panaches sans nombre, Ces sabres recourbés qu\u2019on traînait à grand bruit, Ces cris d\u2019un peuple entier, tout à fait comme une [ombre ; Et cet honte au front lurge et sombre, Son blane cheval, ma joie, est ce un rôve détruit 1 Une couronne, un jour, pressait, je crois, na tête ; Qu\u2019il me tarda bientôt d'en quitter le fardeau ! vêtu d\u2019or, je parus dans une grande fête ; Et comme une voix de tempête Le canon qui grondait fit trembler mon bandeau.Tout-i coup Ie soleil se perdit dans les nues, Quel était donc cet homme, au regard flamboyant, Devant qui sc courbaient toutes les têtes nues, Et que mes frayeurs ingénues Retrouvaicnt uu retour si tendre en me voyant ?U me prit dans ses bras, parla d\u2019une voix fière, Et moffrit aux clameurs qui s'agitaient en bas.Unc larme, je crois, roula de sa paupière ; d\u2019entendis lu marche guerrière ; Il m\u2019embrassa, partit\u2026 mais il ne revint pus.Si c\u2019était, oh! parlez !\u2014Mon fils, c\u2019était lui- .[même, Lui dontle regard d\u2019aigle au loin portait l\u2019effroi.\u2014IMfut donc bien puissant ?\u2014Un vastediadème Ceiguit dix ans son front suprême : \u2018I fut un-empereur, ct vous, son fils, un roi.-\u2014-Mon père un emperour !\u2014Plus encor, au grand .[homme ! Son histoire est un cours de merveilleux succès.C'est en tremblant toujours que l\u2019Europe le ; [nomme ; Sa gloire vous fit roi de Rome, .\u2014Son empire 1\u2014La France !\u2014Ah! je suis donc [Français | Enfin, #\u2019écria-t-il, tout fier de su connaître, J'ai retrouvé mon père ; à bonheur imprévu ! Je suis fils d\u2019un grand homme, et Frangais ; tout mon êtr Sc réveille et semble renaître ; \u2018 ° Que je aurais aimé, si je l\u2019avais revu ! ( à continuer.) LITTERATURE.VERGISS\u2014MEIN\u2014NICHIT., Et ses yeux dont l\u2019azur étuit brillant de larmes» Modestes, ressembluient à ces modestes fleurs Que l\u2019ange des adicux fit naître de ses pleurs, \u2019, Qui protégent l\u2019amour et sa mélancolic, Et dont le nom charmant défend ue l\u2019on oublic.Made.EntLiE pe GIRANDIN, Poème de la Magdelcinc._\u2014 La vie cat toute dans ce qui n\u2019est pas encore et dana ce qui n'est plus, désirs ct re- grêts\u2014Dans la première moitié de la vie, on ne vit pas encore,\u2014puis on commence à mourir.La conscience de notre misére, porte sans cesse nos regards loin de nous,\u2014 en avant ou en arrière; c\u2019est toujours au- delà de notre horison, quo nous voyons le bonheur, ne \u2014ee Par une matinée d'automne,\u2014alors pu\u2019il est-si bon de planer par les prairies, un fusil sur Pépaule,\u2014vous avez souvent aperçu, à l\u2019horison , un lac immense ;\u2014vous avez continué votre route, ct, arrivé au point où vous uviez vu le lac,\u2014vous marchez sur l\u2019herbe, et vous nc voyez que les vapeurs qui s\u2019exhalent de la terre.\u2014\u2014Plus loin, vous vous êtes retourné,et vous avez revu le lnc avee sa surface unie.Belle est la vie; on mourrait de désespoir, quand on découvre que ce qu\u2019on avait pris pour but de ses pensées, de ses desirs n\u2019existe pas, \u2014ou n\u2019est qu\u2019un brouillard, auquel lu distance prête ses formes fantastiques ;\u2014mais comme il faut marcher, entrainé que Pon est par la vie, il vient un moment où, en se retournant, on revoit les mêmes prestiges, et jusqu\u2019au bout de la route, on jette, de temps à autre, un regard d\u2019adieu à ce qu'on croit avoir possédé \u2014Dans le regrêt, il y a comme un reste de parfum de ce qu\u2019on cruit avoir perdu.\u2014Ainsi le regrêt alimente lu vie, que le désespoir vague détruirait.Voyez aussi, avec quelle ténacité, nous nous attachons aux moindres souvenirs !\u2014 quelle influence gardent sur nous\u2014une mélodie quelquefois sans couleur pour tout, \u2014 certains aspects du ciel, \u2014la vue ou le parfum, que d\u2019autres foulent aux pieds avec indifference.Ainsi,excuserez-vous facilement, la complaisance avec laquelle je parle des vergiss- men-nicht, petite fleur avec pétales d\u2019un bleu de ciel pur,son feuillage d\u2019un vert sombre, que les Suisses appclent herbe aux perles,\u2014qui croît sur le bord des étangs et des fleuves, et, Je pieil dans l\u2019eau, suit le mouvement des petites lames que le moindre vent pousse à la rive.Il y a un tombeau à Mayence : \u2014comme le nom que l\u2019on y avait gravé a été cllacé, le toinheau est à ln disposition du premier venu d'entre les morts ; \u2014 mais, comme il est sinple, et qu'aucune famille vivante ne pourrait s\u2019énorgueillir de l\u2019attribuer à un de ses membres morts, \u2014l\u2019opinion générale le laisse à un ménestrel allemand, \u2014 musicien et poète, dout on n\u2019a pas même conservé le nom de famille.Ce ménestrel sappelait Henveich ; et comme ses vers, dont je ne crois pas qu'on ait rien conservé, \u2014étaient tout à la louange des femmes, \u2014et surtout à celle de Marie, on Fappelait Henreich franenbol, c\u2019est-à- dire, le poète des femmes.Quand il était parti pauvre pour courir Allemagne, cf chercher fortune, au moyen de ses talens, ce n\u2019était pas qu'il désirait pour lui, ni Por ni la gloire.L\u2019orest désirable\u2014quand il peut servir à parer la femme que l\u2019on aime\u2014comume les Italiens leurs madones ; à étendre de riches tapis sous ses pieds, que blesseraient le contact de In terre ;\u2014à répandre autour d'elle des parfiuns moins suaves que son haleine.La gloire est désirahle \u2014 quand le poète peut placer, sur une tête blonde et parfumée, les couronnes qui tombent sur la sienne,\u2014quand les louanges que l\u2019on fait de lui, arrivent en douce harmonie à lureille d\u2019une femme qu'il aime.Mais pour le poéte sans amour,\u2014pou celui dont Dame a été brisée par les tortures d'un amour trali,\u2014Por n\u2019est rien que Por,\u2014 rien qu\u2019un métal, comme le fer et le plomb.La louange n\u2019est qu'un fade encens qui fatigue la tête.\u2014Les couronnes de fleurs, sont des couronnes d\u2019épines, qui couvrent sa face pâle, de sing et de sueur.Henrcich-laissait à Mayence\u2014une fille, qui attendait son retour, s\u2019éveillait dans les nuits d\u2019orage, et priait pour lui.Après trois ans, il revint riche et renommé.\u2014Longtemps avant son retour, Marie avait entendu son nom mêlé à la louange et à l\u2019admiration ;\u2014et par une noble confiance, clle savait que ni la louange ni l\u2019admiration n'avaient donné à son amant autant de bonheur et d\u2019orgueil que lui en donnerait le pre- inier regard de In jeune fille, qui l'attendait depuis si longtemps.Quand Henrcich, vit de loin la fumée de la ville, il s'arrêta oppressé, sassit sur un tertre d*herbe verte, et fit entendre un chant pur et mélancolique, comme le bonheur.Le lendemain,\u2014vers le coucher du soleil, \u2014 les cloches tintérent, pour annoncer le mariage d'Henrich et de Marie, à la pre- miére aurore.A cc moment, tous deux se promemaient seuls sur l\u2019allée qui s'étend lo long du Rhin.[lx s'assicent\u2014lun près de l\u2019autre, \u2014sur \u2014 un tapis de mousse,\u2014-et passèrent de longs et fugitifs instants à se regardor,\u2014À se serrer les mains sans rien dire.\u2014T'out ce qui rein\u201d lissait leur âme, était intraduisible par des paroles humaines.\u2014La teinte de pourprés que le soleil avait Inissé à Phorison, était devenue plus pâle, et l\u2019ombre s\u2019avançait sur le cie, du levant au couchant.\u2014Tous deux comprirent qu\u2019il fallait se lever et se quitter.Mario voulut fixer le souvenir de cette belle soirée, ct montra de lu main, à Henreic', des vergiss-mNein-nichtsur le bord du feuve- Henreich lu comprit, et cueillit les fleurs ; \u2014 mais son pied glissu, \u2014 il disparut sous l\u2019eau :\u2014leux fois Ponde w\u2019agita, ct il reparut,\u2014se débattant, écumant, lez yeux hors de lu tête ;\u2014-mais deux fois elle ressaisit =4 proie,\u2014A la seconde fois, il tourna un dernier regard vers la rive où était Marie, et sortant un bras, lui jeta les vergiss-meit- nicht cueillis pour elle.\u2014Il essaya de crier, mais l\u2019eau le suffoquait ; il disparut, et eau reprit son cours, et le fleuve resta uni comme une glace.Ainsi mourut Henrich Frenenbol.Pour Marie, clle mourut fille, dans une communauté religieuse.; On a traduit Péloquent adieu de Henrich, et on a appelé la Meur bleue, vergiss-mein- nicht, \u2014c'est-à-dire ne m\u2019oubliez-pas.Arpnosse Kaur.LA GUIRLANDE Rien n\u2019est plus délicieux que de se promener le long des vertes allées de Berkshire à l\u2019époque bruyante de In moisson, alors que la sombre verdure des haies ct Pombre vigoureuse des arbres contrastent si vives ment avec les épis tantôt ondoyans et dorés, tantôt amoncelés en meules pesantes.Tout le peuple rustique est répandu dans les champs, lu terre entière étale sn fertilité, \u20ac le brillant soleil d'automne pourstit sa car- ricre dans les profondeurs azurées du ciel, à travers ces blancs Mocons de nuages qu caractérisent la plus ardente et la moins vi riable des saisons.Le silence des promenades solitaires est interrompu pendant cetle réjouissanco générale de la nature, L'air est peuplé «abeilles et de papillons, le moineau caquette sumilieu des noisetiers.Vous he pouvez faire un quart de mille suns rencontrer un joyeux groupe de moissonneurs, OU quelque longue file de vastes et majestueux chariots génissant sous leur riche fardeau, froissant de leurs roues les haies de clôture, heurtant de leur.sommet les arbres qui = penchent sur la route.Cependant quelque agréable que soit une telle procession, elle est-quelquetois dangereuse à rencontrer, surtout dans un chemin étroit, et je me trouvai très-heureuse, UN jour du mois d'août dernier; d'être assez près d\u2019une petite porte à claire-voie, pour échapper à Un cortège de labourcurs et de charrettes de blé qui, à leur volume et à leur bruit, devaient voiturer ln moitié de la nourriture de la paroisse, Hommes, femmes et enfuns s'en alluient criant, chantant ct riant dans la joyete attente de cette abondance domestique ; les chariots eux-mêmes se balançaient à gauche comme s'ils cussent été ivres, menaçant a chaque moment de briser les arbres,les haies et tous les obstacles qui pourraient s'opposer à leur passage ; on n\u2019aurait pas couru plus de risques à rencontrer le char de Jugement : je bénis donc le ciel de ma délivrance, et, m\u2019appuyantsur la porte sccou- rabile, j'attendis que le dernier glancur füt passé.C'était un petit drôle de sept ans, tout déguenillé, avec des chevaux de filasse, UN visage couleur de mûre, et des traits aussi grotesques que ceux d\u2019une idole indienne.Il brandissnit =agerbe d\u2019épis, en braillant d'une voix nigre ct enfuntine, et avec la plus bouffonne gravité, le chant populaire : Achetez un balai.Après voir suivi des yeux le personnage (lequel était de ma connaissance) tant que les sinuosités du chemin me permirent de l\u2019apercevoir, je me tournai pour examiner dans quel lieu lo hasard m\u2019avait placée, et mes yeux rencontrèrent un autre tableau de In vie rurale, mais aussi différent de celui que je venais de voir, que les bergers Acadiens du Poussin le sont deg paysans de Téniers, ou les mauvaises herbes des fleurs.ou la poésie de fa prose.Le lieu où je m'étais réfugice était Un champ de Hlé appartenant à mon voisin le fermier Creawel ; Un bel enfant était co ] par terre à quelque distance, tandis vu ¢ Jeune fille, pour se reposer des travaux del moisson, tressait autour de son chapeau, : guirlande rustique émaillée de toute, oe fleurs des blés : de brillang coquelicots liserons blancs, d\u2019élégons blueix de veus clochettes, entremélés de toulles des dus beaux épis.* Pus LI y avait dans la tendre deux innocentes \u2018créatures, dans la riant pittrresque o\u201ccupation de In petite fille, dans la fraîcheur dez fleurs sauvages ct la ri de abondances des blés, une sorte Pharm ie avec la suison et Pheure du jour qui iro.quait le souvenir du Pluton ct de Prose ine et toutes les gracicuses images de l'an Ne mythologie, ou encore colle de l'admirahl Lavinia de notre poète, où la touchame histoire de Ruth, la plus belle des pastorales, Muis ces poétiques comparaisons s'évanouirent bientôt devant la sympathie réelle ex citée par les acteurs de cette scène dont lun m'était connu, et qui, tous deus, wins.piraient le plus vif intérêt, TT La jeune fille, Dora Creswell, était la nièce orpheline d\u2019un des plus riches eultiva- teurs de la province, lu fille unique de son unique frère : ayant perdu ses parens dans sa première enfance, elle avait été élevée par son oncle veul, avec autant de soin et de tendresse que son propre fils Walter, |) disait les nimer également, ct peut-être mait-il mieux sa nièce, car s\u2019il était impossible qu\u2019un père ne fût pas orgueilleux d'un brave et hardi jeune homme qui, à dix-huit ans, avait la taille et la forec d\u2019un homme le plus adroit le plus robuste et le meilleur tireur du canton, l\u2019intelligente Dora, qui, à peine âgée de dix ans, lui tenait lieu à la fis de servante, de fenume de charge, d'amusement et de compagnie, était évidemment sa préférée.Notre vieux fermier vantait ses perfections, comme les hones de sy casse énumèrent les qualités d\u2019un bou che- vel et d'un limier favoris elle pouvait faire une chemise et un Pudding, rævauder les bus, soigner lu basse-cour, compter la dépense, et lire les journaux : elle était sus habite duns In fabrication du vin de groxcil- les que mistriss Primerose elle-même, et en état, au besoin, de conduire une lessive aussi bien qu'ateune femme de journée.Ou n\u2019aurait pu trouver nulle part une habile petite créature, vi raisonnable et si soigneuse à la maison, et cependant, une fois hors des portes, gaie comme une slouciteet légère commele vent.Perconne ne pouvait se comparer à s« Dora ; ainsi disnit le fermier Cresvwell ; el avent même que Dora eit dix aus, il avait résolu que, dés qu'elle serait en âge, elle épouserait son fils Walter, ct il avait signifié aux deux parties res intentions.Or les intentions du fermier Cresweil étaient connues pour étre aussi inmuables que les lois des Mèdezs et des Perses.C'était un spécimen du cultivateur anglais ; un homme jeuncsse de ces grand, bien musclé, carrément.bâti, fort et.actif, avec un maintion résolu, un œil vif et un sourire intelligent; \u2018soh -cornotére était violent et irrascible,, généreux'et bon pour ce qu\u2019il aimait, mais prompt à s\u2019offenser,lent.à pardonner, et exigcant de tout ce qui l\u2019én- tournit une obéissahèe passive, Parmi toutes les bonnes qualités de Dora, la dotice et flexible nature de la soumise petite fille était, saus nil doute, la première cause de la partialité de son oncle, eur it était ob sting au plus haut degré, et ce défaut était «autant plus invétéré qu\u2019il l'appeluit fermeté et le regardait comme une vertu.Quant au reste, il était homme d\u2019excellens principeset de parfaite intégrité: sensé, circonspect, su- gaue, amnteur d'expériences agricoles, et los poursuivant avce prudence et succès ; en un mot, un bon fermier et un bon homme.Son fils Walter, qui était de sa personne le portrait en beau de son pére, lui ressemblait aussi en heaucoup de points de son carrae- têére.Il était aussi obstiné, et beaucoup plus fier, plus bouillant, plus hardi.Il aimait sa jolie cousine comme il aurait aimé une sœur chérie ; il est même possible que cet attachement, lnissé à lui-même, fat devenu tel que son père le souhnitait ; mais le lui imposer, le lier si long-temps d'avance à un enfant! l\u2019idée lui parut absurde.11 cut de la peine à retenir un brusque refu, © descendit dans-lo village trés-dispost: pares: prit de contradiction, :.tomber amoureux de lu première jeune femme qui se trouvérait sur son chemin ; il n\u2019y manqua pas.(à continuer.9 plus- -\u2014 res "]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.