Journal du dimanche : revue littéraire, artistique et de modes, 14 février 1885, samedi 14 février 1885
[" MAIS » a) BT CANTINA, MIRE Lp > SEA Pda INA fe ce SR TRE ST 0, 15,0 58 7 0 oath gra ANY, 1) ES AL RNA I AH CAF II my.for 7% ORAS IAL AE ONU a hue = = ES IR IRL IS Na SpA I 2 SSE SNA Tar raw a.\u201d LEZ AAI (Tarte 7 \u201d wa LOLI HAASE TIM FY E06) ne A Le 7, Q ~ # AE SES CR rT Mes er eee \u2019 | ; { oem oom 2 Revue Littéraire, Artistique et de Modes.Vou.11 MONTREAL, SAMEDT, 14 FÉVRIER 1885.No.7 À NINETTE (Du Journal du Dimanche.) Ee Journal du Himanche BOITE 2,029, BUREAU DE POSTE, MONTREAL.ABONNEMENT: Un an, $2; 6 mois, $1 ; Le numéro, 5c.renee PLUETTE.C\u2019est, bâtie dans quelque site pittoresque, une blanche et gra- cicuse maisonnette.STRICTEMENT PAYABLE D'AVANCE, BUREAU : 25 rue Ste-Thérèse, coin de la rue St-Gabriel.; \u2026 : Voir le * Journal,\u201d v.11, n.3.Mon Réve,\u201d par Ninette.J.C.DANSEREAU, REDACIEUR-PROPRIETAIRE, Oh ! dis-moi, ma Ninette, Quelle peine secrète \u2018Te fait fuir, inquiète, Loin du regard humain ?Où vas-tu donc ?.Ecoute ! Tu t'écartes sans doute : Est-ce la bonne route ?Non! viens, prends-moi la main AVIS.Nous prions nos abonnés de vouloir bien nous envoyer de suite le montant de leur abonnement par la malle, et ils rece- : Vois cet astre qui brille | Courir sur la charmille ! Suivons-le donc.ma fille, I! trace le chemin.vront un reçu aussitôt.Nous serons très sévères pour ceux qui | .) \\ Marchens dans la lumière ! Comme l'abonnement est payable d'a- Laissons la foule entière | doivent des arrérages.| | vance, nous ¢spérons que ceux qui n'ont pe puiser voue Torre pas encore payé s'empresseront de le faire.Comme une blanche voile .Conduite par l'étoile Nous attirons l'attention de nos lecteurs | Oui lädhaut se dévoile, Lais-ons-nous emporter Par le vent favorable ! Moi, pour l'être agréable, ce ae | sur la décision judiciaire concernant les journaux.! Mon enfant adorable, > ao L'AMANTE ENVOLÉE.Pour toi je vais chanter : ! \u2018 Veux-tu que sur ma lyre, Tout plein d'un beau délire, Je te dise d'Elvire Les récits enchanteurs ?Ou de la belle Hélène L'aventere troyenne Qui jeta sur la scène De tragiques acteurs ?Ou veux-tu que de Laure Plus belle que l\u2019aurore, L'an te célèbre encore Les charmes séducteurs ?1.3, tu m'apparais telle encore Que tu fus à ce dernier jour, (Quand vers ton céleste séjour \u2018Tu t\u2019envolas avec l'aurore Ta pure et touchante beauté Dans les cieux même t'a suivie ; Tes yeux, où s\u2019éteignait la vie, Rayonnant d\u2019immortalité ! Du zéphyr l'amoureuse haleine Soulève encor tes longs cheveux ; Sur ton sein leurs flots onduleux Retombent en tresses d\u2019ébène.Oh viens ! !.Dans mon village H est un frais bocage Où s'élève, À l'ombrage, Une belle villa.C'est là ma maisonnette ; Elle est blanche et coquette.La veux-tu, ma Ninette ?Elle «st À toi, prends-la ! Près d\u2019une cascatelle Où chante Philomèle, Oh! n\u2019est-ce pas, ma belle ?C\u2019est un nid celle-l: ! L'ombre de ce voile incertain Adoucit encor ton image, Comme l'aube qui se dégage Des derniers voiles du matin.Du soleil ia céleste flamme Avec les jours revient et fuit 3 Mais mon amour n'a pas de nuit, Et tu luis toujours sur mon âme.C.P, BEAULIEU, rE Cacouna, février 1883, CHRONIQUE.Étiez-vous au bal du Windsor?Eh bien! moi, i j'y étais.J'espère qu\u2019on me pardonnera cette curiosité intéressée.Je voulais voir un bal costumé.Ce mot costumé ne veut pas dire qu\u2019on soit plus ha- Lille que dans un antre hil.Seulement on se déguise.; Les messieurs avaient l'air des femmes, tant les costumes étaient cfféminés.Et les femmes étaient déguisées, les unes en anges, les autres en papil- \u201clons, avec des petites ailes qui assimilaient les anges aux papillons.Mais chose singulière, plus elles avaient l'apparence d'un ange plus elles étaient papillons, tant le déguisement n\u2019était qu\u2019extérieur.: Les costumes ne changent pas la nature et n\u2019in- ! fluent pas sur le cœur.C'était drôla tout de même de voir tous ces danseurs, pomponnés, harnachés, fanfreluchds comme des poupées, Quel fourmillement de bras, d\u2019épaules et de fossettes ! Voyez-les traverser les salons avec leurs jolies mines de boutons de roses prêts à a\u2019épanouir! Les cheveux tombent sur les yeux qu'on entrevoit comme deux étoiles scintillantes à travers un nuage diaphane, , Alors la musique commence, les mains s'enla- \u201ccent, on se prend à la taille, et on tourne dans la * gniete éekuanute des costumes clairs, dans l\u2019envole- \u201cment des cheveux blonds et des rives fous.l'lus { loin on voit un jeune imberbe qui cherche sa dan- \u201cseuse, il est comme perdu au milieu des jupes tournovautes.Les garconnets, très rouges, s\u2019effor- [cent de danser en mesure, sentant qu'un les ; regarde, pendant que ceux qui ne suvent pas les figures restent en pluce, battant le parquet des : talons de leurs bottines.Des jeunes filles, peut-être les plus belles, étaient vêtues en esclaves des temps les plus reculés.Elles étaient superbes avec leurs jupes Lallonnées et leurs souliers de satin blane à cothurne.Certes, comme tous les esclaves, elles aspiraient à ètre délivrées, mais elles paraisstient avoir perdu l\u2019énergie de la révolte et prenaient leur sort en patience.Plus loin, daus un coin du salon, on voyait une autre jeune fille, adorable de gravité dans son corsage à basques gothiques qui la couvrait tout entière ; les plis de sa mante, trop large, flottaient autour de ses cheveux blonds et de ses yeux bleus, d'un bleu de vieille faïence, elle représentait l\u2019antiquité contrastant avec l\u2019art moderne.Comme on voit, 4 attache une grande impor tance à l\u2019amour des riens, aux façons mignonnes et chatoyantes de faire des choses futiles.Ce bal résume pussablement bien l'histoire de la vie d\u2019un grand nombre: une comédie où l'on déyuise ses sentiments, * * » T1 n\u2019y à pas que l'atmosphère des salons qui soit.délicieuse.Qu'on aime ces journées froides et blanches avec des neiges lointaines suspendues dans 50 LE JOURNAL DU DIMANCHE l'air et des apparitions vite disparues de soleil sans rayons.Je givre enveloppe tout de ses poussières blanches pareilles à du sucre râpé, et des bouflées d'air frais cinglant délicieusement le visage.Marcher vite dans ce décor à la poursuite de son rêve, est une joie pure que je recommande aux gens qui espèrent encore ou aiment À se souvenir.Cheminons quelque fois dans ce sentier idéal où ne monte plus, qu\u2019insensible et comme un bruit loiu- tain de mer, la rumeur et le bruit de la cité pleine de fièvres, de convoitises et d'âpres labeurs.C'est uu isolement très salutaire comme la decouverte prévue d\u2019une oasis où lon se repose de ces plaisirs bruyants qui finissent par lasser, C\u2019est là que chante le mieux l\u2019écho des belles heures de jeunesse.Néanmoitis on cherche tout dans la danse.On trouve rarement ce qu\u2019on cherche.On aime N nser que causer, Les causeurs ne sont donc pas aimables.C'est la conclusion ; la causerie dans la danse et à peu près nulle.On détruit par là l'épreuve même de la vie mondaine : la causerie, le commerce charmant que fait naître le hasard d\u2019une rencontre dans la même atmosphère.I! faut se condamner au silence: adieu les doux propos, les mots piquants, les fusées d\u2019esprit : il faut se taire.Qu'importe aux femmes d'être helles, si on empêche les hommes de le leur dire ?+ \u201c Depuis que j'écris ici dans ce journal, que les femmes aiment à lire et où l\u2019on se plait souvent à écrire pour elles, j'ai reçu bien des contidences et J'en sais autant qu\u2019un confesseur sur les délicates angoisses des cœurs féminins.Les hommes, je parle des esprits généreux, trouvent aisément le bonheur dans la conquête de la gloire, \u20acL même daus l'amour désintéressée de la justice; d'autres, moins estimables, mais plus nombreux, le rencou- trent dans les joies de la fortune.Ces ambitions sont rares chez la femme.C'est à l'amour seul que nous demandons le bonheur.Un philosophe, qui à parlé de l'amour avec génie et subtilité et coupé en quatre les cheveux bruns des comtesses italiennes et les cheveux blouds des miss anglaises, à surtout étudié l'amour d\u2019une facon abstraite.11 part de ce point de vue que \u201cle mariage sans amour est une chose contre nature\u201d Le bonheur qu\u2019on cherche, on ne le trouve, avee sûreté absolue, sans inélange, que dans une seule situation, que j'appellerai l'état normal de la femme.C\u2019est dans le cas où une femme à épouse un homme qu\u2019elle aimait et qui n\u2019a pas cesse, jusqu\u2019à la mort, de l\u2019aimer.Les mnaringes d\u2019intérét, ce n\u2019est pas la le ciel de l'amour.C\u2019en est tout au plus le purgatoire et si la rosée céleste y tombe parfois, les flammes de l'enfer y montent aussi bien souvent.Tant pis pour eux.Nous sommes libres.Ayons uné jeunesse digne, nous ferons un mariage heureux.ll n\u2019est pas nécessaire de s'attacher au premier qu\u2019on aîme, s\u2019il a des défauts.Sachons choisir un cœur noble, une esprit droit et une tête solide.les jeunes filles doivent méditer plus sérieusement qu'elles ne le font cette importante question.Cela vaut la peine qu\u2019on y rève.Il faut commencer par rèver, mais rèver la vie réelle.Entre nous, mes amies, quelle est celle qui, avant d'aborder les sérieuses réalités de la vie, n\u2019a pas eu son rêve, son petit roman parfois?Quel cœur n'a battu qu\u2019une fois?Quelle jeune fille, avant le coup de foudre de l'amour qui nous prend notre vie, n\u2019a vu passer dans le ciel les éclairs des soirs d'été ?Qui n'a pas un coin de son ime ol un souvenir ne soit resté, comme une fleur oubliée dans un livre, desséchée aujourd\u2019hui, mais qui a eu son heure de parfum ct de couleurs vives?On st fait un idéal de l'amour, et c'est raisonnable.Or, l\u2019idéal de l'amour, où est-il ?Il est dans l\u2019union librement consentic des êtres librement choisis l\u2019un par l\u2019autre, union où le respect joue un rôle comme l'amour, où le désir se double du devoir accepté, et qui s'imposer, sous toutes les formes qu\u2019elle pourra prendre, au monde, en commençant par s'imposer aux moralistes, toutes les fois que l'urgent, qui est le grand ennemi de l'amour, sem, pour les gens qui s'aiment, comme s\u2019il n'existait pas.Car si l'amour est nu, c\u2019est qu'il est et doit être, avant tout, désintéressé.On peut reconnaître, lorsqu'on a du jugement, si celui qui nous fait des protestations est sincère ou non.Jugez-le d\u2019abord et si c'est un homme loyal, cela se connaît, vous pouvez lui confier votre vie et votre bonheur.Un homme de cweur et de caractère n\u2019est jamais à craindre.Celle qui aura rencontré un de ces hommes qui lui offre son cœur, quelle prenne garde de le perdre par un acte de légèreté qui lui coûterait bien cher.Comme il y à partout des imbéciles et des têtes folles, pour parler franchement, il y en a aussi\u2014il en faut pour tous les gouts\u2014qui se plaisent à su faire rechercher de ces gens-li.l'ourtant I'ndmira- tion de quelqu'un d'intelligent vant beaucoup mieux et est bien plus flatteur que les aveux enthousiastes de dix écervellés.l'espère bien que personne ne verra allusions dans ses remarques.Il est vrai que j'énonce là une vérité, mais faisons comme si les coupables n'exts- taient pas.Marp.LEXECUTION DE JIM COCKTAIL \u2014 Monsieur le shéif, dit le gardien de la prison, je crois que le moment est venu de réveiller le con- datnné.Il est huit heures moins un quart, l'exceu- tion est pour huit heures, et, s'il veut faire un brin de toilette, il aura bien juste le temps, \u2014 Vous avez parfaitement raison, car la foule pourrait s'impatienter, répondit le shérif, en jetant | un coup d'ail sur la place à travers la fenétre.Cette place était pleine de monde, et l'on eut dit que tous les habitants de la ville grouillaient autour de la potence, Cette curiosité était des plus justitices, d\u2019ailleurs, car Jim Cocktail, le condamne qui devait être peudu ce jour-lit, était exception- neflement intéressant.Pendant plus deux ans, avant de se laisser prendre par la police, il avait terrifié le pays.Il n\u2019était sorte de crimes qu\u2019il n\u2019eût commis, et, comme Jim Cocktail était un fantaisiste, les dits crimnes avaient été compliqués de détails originaux.C'était qu'un jour, après avoir dévalisé le coffre- fort d\u2019un riche marchand, il avait encaissé dans ce coffre le marchand lui-même.Trois heures plus tard, on avait retrouvé le malheureux fiancier aecroupi en tailleur sur ses livres, et rälant à faire pitié derrière la porte de fer referinée.Une autre fois, «n ouvrant sa caisse pillée par Jim Cocktail et sa bande, un négociant avait eu le désagrément de voir un véritable feu d'artifice s'échapper de la serrure.Et mille autres tours de cette sorte, qui prouvaient que la bande de Jim Cocktail comptait un ou plusieurs mécaniciens d'une véritable habileté.A l'audience, l'aborinalle Cocktail, tout en refusant de nommer ses complices restés libres, avait avoué ses crimes avec un cynisme incohve- nant.Vols, assassinats, il y avait de tout, Aussi avait-il été condamné à mort à l'unanimité.Il avait accueilli le verdict en haussant les épaules, ct avait annoncé qu\u2019on se souviendrait de son exécution.£t c'était pour cela que toute la ville s'était dérangée.Aux fenêtres de lu place, le shérif reconnut toutes les notabilités de In ville, et notamment sa fiancée, une jeune lady du meilleur monde, qu\u2019il devait épouser dans lu huitaine, et qui poussait jusqu'à des limites peu ordinaires l'amour de la correction en tout : \u2014 Surtout, que votre exécution soit correcte : avait-elle dit à son futur.C'est la première fois que je suis appeléo à vous voir pendre, et je seus que je ne pourrais pas vous épouser si vous n\u2019étiez pas à la hauteur du mandat que vous ont confié vos concitoyens.Li « + Conformément à l'ordre du shérif, le gardien décrocha de sa ceinture son énorme trousseau de clefs, et, suivi d'une demi-douzaine de ses colle- gues et du shérif, il prit le chemin de la cellule du condamné, située sur le derrière de la prison, au fond d'un corridor noir comme de l'encre.Silencieusement, il fit tourner la clef et la porte s\u2019ouvrit.Jim Cocktail, couché sur le coté droit et le nez entre le mur, parnissait dormir profondément.\u2014 Monsieur, lui dit poliment I» shérif, en s'u- dressant au lit, voici qu'il est huit heures moins dix.Or, vous savez que votre exdeution est fixée pour huit heures.Le meilleur monde de la ville est déjà sur lu place, et j'ose dire que vous aurez un publie d'élite.Veuillez done vous lever pour te pas faire attendre tous ces gentlemen.Jim Cocktail ne bougea pus.y \u2014l y a aussi des dames, reprit Ie shérif, un peu vexé, et vous ne voulez certainement pas impatienter des dames.Jim Cocktail continua à faire Te non.\u2014Secquez-le, puisqu'il feint de ne pas entendre, \u2018ee qui est une plaisanterie de bien mauvais tond | dit sevèrement le shérif.Le gardien obéit et saisit Cocktail pur l'épaule, mnais aussitôt il [icha prise en jetant un cri d'étonnement, tandis que son nez rempuait de surprise et que ses gros someils se levaient à une huuteur si ; démesurée qu\u2019on eût dit qu\u2019ils allaient s'acerocher dans ses cheveux.\u2014 Monsieur le shérif, artieulu-t-it ontin'.il est en bois Le shérif se précipita sur Jim Cocktail et constata, en effet, avec un eflarement que vous comprendrez facilement, qu\u2019il avait affaire, non plus an condamnd, mais à Un mannequin de carton et de bois qu'on avait illicitement in-tallé à sa place\u2026 Mais qui était l'auteur de la substitution ?Le pauvre shérif l'apprit tout de suite pur la lettre suivante, que le mannequin tenait entre ses doigts, et que, d'une voix tremblante, le shérif lut aux gardiens terrifiés et bétifiés par ln stupéfaction : \u201c Monsieur le Shérif, \u201c Excusez-moi si je renonce à l'aonneur d'être \u201c pendu par vous.Des affaires impérieuses me * réclament, et je 1gjoins mes camarades qui ont \u201c facilité mon évasion.Pendez, si le eceur vous en \u201c dit, le mannequin que je laisse en mes lieu ct « place, et que mes amis viennent de me passer \u201c par la fenêtre, dont j'ui scié les barreaux.Je \u201c m\u2019envais par le même chemin.\u201c Your's truly, .«Jim Cockralr, \u201d le shérif laisse échapper la lettre, et tous les regards, s'étant levés vers In fenêtre, constatèrent, en effet, que deux énormes barreaux en nvaient été sciés, des barreaux gros comme le bras et dont personne ne se serait métié.Il y eut un instant de silence épouvanté, C'était tn écroulement.Le shérif voyait déjà son mariage rompu en présence d\u2019une incorrection si haute, ct les gardiens sentaient leurs places déplorablement compromises.Qu\u2019allait-on faire ?qu\u2019allait-on faire 2.\u2014Si nous pendions le mannequin, commu cette cannille nous le conseille ?risqua entin le gudien- chef, qui était un homme subtil et même astucieux.\u2014Y pensez-vous ! exclamu le pauvre shérif.et comment le ferions-nous marcher d'ici à la potence !.\u2026 \u2014 Nous le soutiendrons sous les bras comme si Ia peur l'avait déjà tué amoitié, répondit le gardien, Les cheveux et la barbe sont de la méme couleur, et le public n\u2019y verra que du feu.Dépéchonsnous, il est temps, car voici huit heures qui com- MICNCENL à sonner, I n'y avait pas une minute à perdre.D'ailleurs, dans les circonstances graves; on ne réfléchit pus.Le shérif songen seulement qu\u2019il ne fulluit pas que son mariage manguit, et il fit signe qu\u2019il consentait.+ + Cing minutes plus tard, la porte de lu prison s'ouvrait toute grande, et le cortège funèhre fnisait son apparition.En tête, le shérif, avec sa baguette.Puis un clergyman qui psalmodiait, tout en déplorant intérieurement le mutisme obstiné du patient.Enfin, le pseudo Jim Cocktail lui-même, porte sous les bras par deux gardiens et bringuebalunt des jambes à lu façon d\u2019un homme qui a perdu le sentiment.En queue, les autres employés de la prison.En voyant lu piteuse tenue de Jim Cocktail, il y eut des grondements dans la foule, et même quelques coups de sifflets pendant qu'on hissait le patient sur l'échafaud, Cette ascension fut particulièrement pénible.Jleureusement M, le Shérif fut réconfarté par un coup d'œil de sa fiancée, coup d'vil qui exprimait une contiance absolue.Le Shérif était dans une de ces positions où il taut payer d'audace ; il s'avança done sur le bord de la plate forme et s'adressant à la foule : \u2014 Ladies et gentlemen, dit-i), M.Jim Cocktail, mon client, vient de me demander tout bas de vous présenter ses excuses.Jl s\u2019est réveillé très nerveux ce malin, et c'est pour cela que son attitude, depuis cinq ou =ix minutes, n\u2019a pus été abso- tument ce qu'elle aurait du être.Mais il tn\u2019 promis de mourir en vrai gentleman, et je réponds de lui.Vous allez voir plutôt.En même temps, le Shéritl, se disignant vers le condamné, que deux gardiens maiîntenaient debout sur la plateforme à braseule, lui passa prestement la corde au cou; mannequin et alors se produisit un incident affreux, tel qu'on n'en avait jamais vu de pareil dans l'histoire des exécutions capitales,\u2014\u2014 Dans le corps de Jim Cocktail, quelque chose rontla avec un bruit de pendule qui va sonner, et, tout à coup un air de dunse échevelée sortit de l\u2019intérieur, tandis que les jambes, prises d'un mouvement soudain, exécutaient une gigue eudiablée sur la trappe, et le shérif et ses acolytes, y compris le clergyman, s'évanouissaient d\u2019émotiou.Le mannequin de Jim Cocktail, inauifestement fabriqué par les mécaniciens de sa bande, était un automute à inusique, tout remonte, et prêt à fonctionner par la détente d\u2019un simple petit cliquat que la corde devait forcément presser.(ASTON, LA JALOUSIE EN AMOUR.\u201c Vous qui avez le bonheur de ne pas être jaloux.\u201d J'arrêterai net ma lecture sur cette phrase.Je posai sur mu table ln lettre de ma correspondante anonyme ct je mis mu tête entre mes deux mains, In sentant alourdie de souduines méditations.Cette mals, dans ce mouvement, il; accrocha un ressort dissimulé sous la barbe du; LE JOURNAL DU DIMANCHE question de la jalousie est un des points du monde pussionnel qui m'ont toujours le plus préoccupé, parce qu\u2019il est certain que j'y pense autrement que la plupart des hommes de ce temps.\u201cVous qui avez le bonheur de n'être pas jaloux.\u201d Me narguetiez-vous, madame, et auriez-vous In dans mon ame plus profondément gue moi-méme, Jai trop souffert de Tamour pour qu'aucune de ses tortures n'ait été inconnue.Mettons donc que j'aie été jaloux sans m'en rendre compte, comme M.Jourdain faisait de la prose sans le savoir.Je suis sûr néanmoins de ne pas l'avoir été à lu façon de ceux qui assomnment un rival préféré.Car, en amour, le souvenir d\u2019un mort me purait aussi redoutable que les assiduités d\u2019un vivant.Et si vous avez voulu simplement vous venger, vous avez fait une criminelle sottise, car celui que vous frappez ne vous à fait aucune injure en subissant li meme loi inexorable que vous, celle qui nous fait soudain l'esclave et la chose d\u2019une femme que nous wavons pas choisie.Certes il n\u2019est pas de déchirement de ca:ur plus affreux que célui que nous fait la découverte de l'être pus aimé.Que je voie celle dont la bouche me semble le seuil du l\u2019aradis, un aveu à un autre, je conguis une douleur épouvantable, celle d\u2019un rève qui s'écroule, celle d\u2019un bonheur dont les ruines écrasent le cœur.Contre qui et contre quoi se révolter d\u2019ailleurs?Contre la femme qui vous a menti?Et n'étes-vous pus, aussi bien qu\u2019elle et souvent plus qu\u2019elle, l\u2019auteur de vos propres illusions, l'artisan de vos espoirs soudain désespérés! l'ourquoi avez-vous cru trop vite et sans vraie Taison de croire ?Qui sait d'ailleurs si cette perlidie native n\u2019est pas un des charmes les 51 cœurs que vous déchirez.Avec leurs anneaux vous jetez au vent des lambeaux vivants et qui saignent.Chose hurrble ! Ce n\u2019est pas vous que vous sacrifiez\u2014c\u2019est les autres: Ce n\u2019est pas vos douleurs que vous offrez en holocauste sur le nouvel autel, mais les douleurs d'êtres qui vous aimaient et dont ce n\u2019est pas lu faute si vous nu les aimez plus © Versez tout le sang de votre poitrine, si cela vous convient, aux pieds de l\u2019idole, c\u2019est votre droit, mais pas une larme d'autrui, entendez-vous! Ou votre amour n\u2019est qu\u2019une exaltation d\u2019égoïsme méritant plutôt le dégoût que l\u2019adrniration.Aimer comme on peut! C\u2019est la loi des sages et de ceux qui croient vraiment à l\u2019amour.Mais que devient la jalousie dans ces compromissions néces- suires, lesquelles sont, je le veux bien, une perversité de notre nature, mais non pas une perversité dont nous soyons responsable ?Nous voyons des amants jaloux.Eh bien, mais! Tl est certainement le préféré, \u2014c'\u2019est-à-dire le seul aimé\u2014cet amnant à qui demeure fidèle, dans les possibilités de son état, une jeune fille qui ne lui a rien juré et qui ne lui doit rien.Qu'est-ce qui lui manque ?Au point de vue purement physique, la jalousie est monstrueusement absurde, et j'en donne cette raison, qu'apprécieront tous ceux avant quelque expérience de l\u2019amour, à savoir que la même personne ne donnant jamais des impressions identi- qques à deux hommes différents \u2014car c'est en nous et non dans celle qu\u2019on aime qu\u2019est la source mè- me des impressions qu\u2019elle éveille en nous.- x ¥ Aimer comme on peut ! Peut-étre que, plus cruels mais les plus vivaces de notre déti- | cieux bourreau dans cette vie?Contre celui qui en à recu le rapide et sournuis aveu ?Ce serait \"manquer absolument de fierté et de plus fort inu- ule que Tui disputer un bien dont il est certainement plus près que vous.Contre cette fatalité de l'ineunstance à Ah! s'il nous fallait maudive tou- Fes des lois qui, loin de refréner nos passions, les ; aiguisent pour lu douleur, l'existence ne serait qu'un continuel blasphème.Néanmoins, si ¢est la Jalousie qui vous cause cette souffrance épouvantable, jen revendique ma part daus l'humanité.Car ce sentiment mue parait le plus naturel et le \u201cplus logique du monde et je tu vois contre lui qu\u2019une défense : la retraite immediate si vous êtes vraiment un homme; le pardon, hélas! si vous i Ces homme au point d'être lâche.En tous cas, le liante des abdications.+ +* Jai vu des hommes jaloux du passé d'une femme et lui jetant à la face les liaisons qu'ils connaissiient à merveille quand ils se sont épris.dai entendu appeler le comble de la folie un com- Lle de l'amour, Si vous n'avez pas eru que l'amour que vous espériez inspirer a tout renouvelé dans cœur de la femme comme celui que vous avez ressenti pour elle a tout renouvelé dans votre propre cœur, vous n'avez pas droit de parler au nom de l'amour qui est, avant tout, ce sublime renouveau, cette admirable et constante métamorphose, ce feu qui nous fait sans cesse renaître de nos propres cendres.Jaloux du passé ?Qu'est-ce que cela peut bien voulvir dire pour uu être qui sent encore en soi la force virile d'aimer.Souvent, ceux qui se rencontrent, ont les pieds et les mains, sinon le cœur, retenus par mille entraves.11 faut s'aimer comme ou peut dans un moudo où l\u2019on ne s\u2019aime pas toujours comme on veut.Les intérêts matériel ne comptant pas dans les hautes tévoltes de l'âme.Ces chaines, que vous rompez avec délices, elles tenaient à d'autres plus douloureux des sacrifices vu la plus humni- : Enfants venus trop tard dans un monde trop vieux, Nous sommes À jamais déchus des glorieuses extases dont le ciel et la terre étaient pris à témoins.[1 faut l'ombre et de mystérieux asiles à nos furtives tendresses.Mais le besoin d\u2019aimer est resté là, au fond de notre être violente, mais non pas étoufté pur l\u2019absurdité des conventions sociales, détourné de son cours, mais non pas desséché.Ce n\u2019est plus un fleuve superbe qui coule, reflétant lazur étoilé : (mais une source obseure qui se disperse en mille ; bras où tremble encore pourtant l'image des astres : d'or.Bien que dépare de su splendeur vriginelle, il ! demeure cependant ce qu\u2019il y à de plus beau ici- | bits et seul y porte, eu soi, les reflets célestes de l'intinii À ceux qui se rencontrent, le cœur grand ; ouvert et les mains tendues, je dirais volontiers : Aimez-vous / Aimez-vous suns savoir ni ce que vous avez été, ni mème ce que vous ètes! Aimez- Volts el surtout ne soyez pas jaloux, où ne le soyez que d'une chose: cette fleur divine d'amour, frêle, délicieuse et parfumée dent vous n'avez, à vous deux, qu\u2019une tige et qu'il ne faut pas vous laisser voler l'un à l\u2019autre ! NESTOR, Decisions Judiciaires concernant les Journaux, to Toute personne qui retire régulièrement un journal du bureau de poste, qu\u2019elle ait souserit ou non, que ce journal soit adressé à son nom ou à celui d\u2019un autre est responsable du paiement.20, Toute personne qui renvoie un journal est tenu de payer tous les arrérages qu'elle doit sur abonnement ou autrement, l\u2019éditeur peut continuer à le lui envoyer jusqu'à ce qu\u2019elle ait payé.Dans ce cas, l\u2019abonné est tenu ile donner, en outre, le prix de l'abonnement jusqu\u2019au moment du paiement, qu\u2019il ait retiré ou non le journal du bureau de poste.3.Tout abonné peut être poursuivi pour abonnement dans le district où le journal se publie, lors même qu'il demeurerait A des centaines de lieues de cet endroit.40.Les tribunaux ont décidé que le fait de refuser de retirer un journal du bureau de puste, ou de changer de résidence et de laisser accumuler les numéros à l'ancienne adresse constitue une présomption et une preuve \u201cprima facie\u201d d'intention de fraude. 52 LE JOURNAL DU DIMANCHE LA BELLE AU CŒUR DE NEIGE.CONTES DU ROUET, 1 Il y avait, dans un royaume, une princesse si belle que, de l'avis de tout le monde, on n'avait jamais rien vu d'aussi parfait sur la terre, Mais ¢'¢était bien inutile qu\u2019elle fût jolie, puisqu'elle ne voulait aimer personne.Malgré les prières de sus parents, elle refusait avec mépris tous les partis qu\u2019on lui proposait : lorsque des neveux ou des fils d'empereurs venaient à la cour pour demander sa main, elle ne daivnait même pas les regarder, si jeunes et si beaux qu\u2019ils fussent: elle détournait la tête avec un air de mépris; \u201c Vainement ce n\u2019était pas la peine de me déranger pour si peu de chose!\u201d Enfin, à cause de lu froideur qu\u2019elle montrait en toute occasion, cette princesse avait cté surnommée \u201cla Belle au eœur de neige.\u201d Vainement sa nourrice, une vieille bonne femme, qui rait beaucoup d'expérience, lui disait, les larmes aux yeux : \u201c Prends varde à ce que tu fais, ma fille! Ce west pas une chose honnête que de répondre par de mauvaises paroles aux gens qui nous aiment de tout leur cœur.Quoi! parmi tant de beaux jeunes hommes, si bien parés, qui brûlent de t\u2019obtenir en mariage, il n\u2019en est pas un seul pour lequel tu éprouves quelque tendre sentiment ?Prends garde, te dis-je ; les bonues fées, par qui te fut accordée une beauté incomparable, s\u2019irriteront, un jour ou l'autre, si tu continues à te montrer uvare de leur présent : ce qu\u2019elles t'ont donné, el- \u2018 les veulent que tu le donnes; plus tu vaux, plus - tu dois: il faut mesurer l\u2019aumône à la richesse, Que deviendrais-tu, mon enfant, si tes protectrices, courroucées par ton indifférence, t'abandonnaient à \u2018 la méchauceté de certaines fées qui se réjouissent du mal, et rôdent toujours, dans de mauvaises intentions, autour des jeunes princesses ?\u201d Mais la Belle au cœur de neise ne tenait aucun compte de ces bons conseils; elle haussait l\u2019épaule, se re- «ardait duns un miroir : et cela lui suffisait.Quant | au roi et à la reine, ils se mnontraient désolés plus que l'on ne saurait dire, de l'indifférence où s'obs- 1 1 i 1 \u201c1 ; 1 ser ?: .\u2019 .tinuit leur fille ; ils en vinrent à penser qUUN.tonnement?A peine la branche s\u2019en était-elle ap- mauvais génie l\u2019avait maléticié ; et ils firent proclamer, par des hérauts, dans tous les pays du monde, qu\u2019ils donneraient la princesse elle-méme à celui qui la délivrerait du Sort dont elle était vie- time.Il Or, vers le même temps, dans une grande foret, il y avait un bicheron, très hideux de sa personne contrefait, et boiteux à cause du poids de sa bosse, qui était la terreur de tout le pays ; car, le plus souvent, il ne se bornait pas à bûcheronner les arbres ; embusqué dans quelque ravine, il attendait la hache levée, le voyageur sans défiance, et lui tranchait le cou, aussi habilement que l'aurait pu faire le bourreau le plus expérimenté.Cela fait, il fouillait le cadavre, ct avec l'argent qu\u2019il trouvait dans les poches, il achetait des vivres et du vin, dont il se gorgeait dans sa hutte en poussant de grands cris de joie.De sorte que ce méchant homme fut plus heureux que beaucoup d\u2019honnêtes gens, tant qu'il passa des voyageurs dans sa forêt.Mais elle eut bientôt si mauvaise renominée que des gens même très hardis faisaient de longs détours plutôt que de la traverse; et le bâcheron chôma.Durant quelques jours, il vécut tant bien que mal du reste de ses anciennes ripailles, rongeant les os, égouttant dans sa tasse le fond des bouteilles mal vidées.C'était un maigre régal pour un affamé et pour un ivrogne tel que lui.La rigueur de l'hiver mit le comble à son infortunc.Dans son ropuire, où soufllait le vent, où neigeaient les tlocons, il mourait de froid, en même temps que de faim: quant à demander secours aux habitants du proche village, il n\u2019y pouvait pas songer, à cause de ln haine qu\u2019il s'était attirée.Vous pensez : Pourquoi ne faisait-il point de feu avec des fagots et des broussuilles sèches ?\u201d Eh! parce que le bois, comme les feuilles, était si pénétré de gel, qu\u2019il n'y avait pas moyen de l\u2019allumer.On peut supposer aussi qu\u2019afin de punir ce vilain homme, une volonté inconnue empéchait le feu de preudre.Quoiqu\u2019il en soit, le bâcheron passait de fort tristes nuits, près de sa huche vide, devant son foyer noir ; et, le voyant grelottant, et maivre, vous n\u2019auriez pas manqué de le plaindre, si vous aviez ignoré combien il avait mérité su misère par ses crimes, Cependant quelqu\u2019un eut pitié de lui.Ce fut une méchante fée, appelée Mélandrine.Comme elle se plaisait à voir le mal, il était naturel qu\u2019elle aimât ceux qui le faisaient.Une nuit donc, qu\u2019il se désolait de plus belle, claquant des dents, l'onglée aux doigts, et qu\u2019il eût vendu sun me \u2014 qui, à vrai dire, ne valait pus grand chose \u2014pour une flambée de sarment, Mélandrine se fit voir à lui, sortant de dessous terre ; elle n\u2019était point belle et blonde avec des guirlandes de fleurs dans les cheveux, elle ne portait pas une robe de brocart, resplendissante de pierreries : mais laide, chauve, bossue aussi, haillonneuse comme une pauvresse, vous l'auriez prise pour une vieille mendjante des chemins : eat, étant méchante, on ne peut pas paraître jolie, méme quand on est fée.\u2014Ne te désespère pas, pauvre homme ! dit-elle : je veux te venir en aide.Suis-moi, Un peu étonné de cette apparition, il marcha derrière Mélandrine jusqu'à une clairière où l'on voyait des amas de neige.\u2014 Maintenant, allume du feu, reprit-elle.Eh! madame, La neige ne brûle pas ! t .ps | \u2014C'est en quoi Lu te tropes, Tiens, prends cette baguette en bois de cornouiller, que j'apportai pour toi ; il te suffira d\u2019en toucher l\u2019un de ces grands tas blanes, pour avoir I+ plus beau fen que Tou vit Jjumais, Il tit comme elle avait dit : 11 poussa un eri d'é- prochée, que la neige se mit à flamber, comme si elle eut été, non de la neige, mais de l'ouate : et * toute la clairière fut iliminée de flammes.A partir de ce moment, le bücheron, tout en continuant d'avoir faim, ne connut plus du moins la souffrance d\u2019avoir froid ; dès qu\u2019il avait un petit frisson, il faisait un tas de neige, dans sa hutte ou sur le chemin ; puis il le touchait de la baguette que lui avait laissée Mélandrine, et se chaufluit devant un bon feu.HI Quelques jours après cette aventure, il y avait une grande agitation dans la capitale du royaume voisin : la cour du palais était pleine de pertuisaniers qui fnisaient sonner leurs hallebardes sur les dalles.Mais c'était surtout dans la salle du trô- no que l\u2019émotion était grande : les plus puissants princes de la terre, avec beaucoup d\u2019autres jeunes hommes, s\u2019y étaient donné rendez-vous pour tenter, dans une lutte courtoise, d'émouvoir enfin la Belle au cœur de neige.Le neveu de l\u2019empereur de Trébizonde courba le genou.\u2014dJe commande à plus d'homme armées qu\u2019il n'y a de feuilles dans toutes les forêts, et j'ai, dans mes coffres, plus de perles qu\u2019il n\u2019y a d'étoiles au ciel.Voulez-vous, À princesse, régner sur mes peuples et vous parer de mes parents ?\u2014Qu'a-t-il dit ?demanda la princesse.À son tour, le tils du roi de Mataquin s\u2019agenouilla.\u2014 Quoique joune encore, j'ai vuaineu dans les tournois les plus illustres preux, et, d\u2019uu seul coup d'épée, j'ai tranché les cent têtes d\u2019une tarasque qui dévoruient tous les nouveau-nés et toujours les vierges de mon royaume.O princesse, voulez-vous partager ma gloire qui grandira encore ?\u2014Îl à parlé si bas, dit la princesse,que je ne l\u2019ai pas entendu.£t d'autres princes, après l'héritier de Trébizonde et l'héritier de Mataquin, vantèrent leur puissance, leur riche, leur gloire ; il vint ensuite, s\u2019in- clinaut avec de tendies paroles, des poètes qui jounient de la guitare comme un séraphin de la harpe, des chevaliers qui avaient défendu l'honneur des dames dans les plus périlleux combats, de jeunes pages aussi tremblants, roses de pudeur.Mais la bolle au cœur de neige : \u2014Que veulent tous ces gens-là ?Quon les prie de sortir : je ne saurais endurer plus longtemps leur bavardage, et j'ai hate d\u2019être seule pour ine regarder dans mon miroir.\u2014 Ah! tn tille, ma tille, dit Lu nourrice, crains d'irriter les bonnes fées ! Alors s'avanea un rustaud, trés hideux de sa personne, contrefait, boiîteux à cause du pois de su bosse.Les courtisans, qui étaient au pied du trône, voulurent l'écarter, se moquant de ce paysan qui se mélait de prétendre à la main d'une royale personne.Lui, cependant, continua d'approcher, et, d'une baguette qu\u2019il avait dans la main, toucha le corsage de l\u2019inditférente enfant.* Al: que je l'aime!\u201d s'éetia-t-elle, sentant tout son être s'allumer et fondre en tendresse, Vous pensez l\u2019émoi qui s\u2019en ensuivit * Mais un roi n\u2019u que sa parole : le père de la princesse dut la Laisser aller avec le méchant bücheron vers la forét mal fumde : elle v vécut misérablement dans la bise souvent sans pain, ou soufflait le vent, où neigesient les flocons: et ce fut le châtiment de la Belle au cœur de neive.Car LLE MENDES, \u2014\u2014\u2014 \u2014 @ \u2014 DU PLATONISME.\u2014Une hétise de vieux! dit l'un.\u2014Une anerie de collégien! continua l'autre.\u2014Quelque chose à crever de rire / vonelut le troisième, \u2014Je me permets, dis-je à mou tour, de n'être de l'avis d'aucun de vous.Mais d'abord, enten- dons-nous sur les mots : s\u2019il en faut croire une légende, prises dans le sens originel de leur nom, les amours \u201c platoniques \u201d relèvernient y iutôt de la police des marurs que de l'esthéti Le amoureuse.Mais nous nous entendons bier, n'est-ce pus 7 11 s'agit de l\u2019état singulier de d zx êtres qui s\u2019ai- ment\u2014ou, du moins, croient s'aimer, ce qui est, dans l'espèce, absolument la tnêtme chose, comme je le démontrerai tout à l\u2019'heure,\u2014et qui s'abstiennent cependant d\u2019être amants.Comment traîtez- vous d'anerie, de bêtise et de chose à crever de rire un état psychologique des plus graves ?Mes umis est-ce que vous n'avez goûté les délices d\u2019une tendresse encore timide, d'un sentiment lentement savouré et des mille puérilités charmantes que comporte une attente tour à tour assurée du triomphe et désespérée ?Car cos alternatives où le cœur bat plus vite sont des renouveaux charmants de la vie.Se sentir envaln de cette facilité d'extase qui vous fait plus précieux un serrement de main à la dérobée qu\u2019un aveu complet, qui fait renaître ou mourir sous un regard, qui vons enivre d'un souffle ou du parfum d\u2019un mouchoir, mais c\u2019est tout simplement adorable.Je sais de simples promenades à deux, dans les allées \u2018où l'ombre LE JOURNAL DU DIMANCHE 53 descendait, promenades innocentes ct dont la du- Tée comptera parmi les plus belles heures que j'ai vécues, Tout ci c\u2019est de la poésie dira-t-on.Quand ce serait de la poésie ?Est-ce que toutes les choses ne sunt pus condamnées à voir la leur, sous peiue de devenir infiniment misérables, et entendez-vous nier que tout ait la sienne dans la Nature, qui devrait être lu règle et le modèle de la vie! C\u2019est justement parce que les banalités physiques de l\u2019amour sont à la portée immédinte de tout le monde, l'anour-propre se pique à gagner ou à ne pas gagner l'amour d'une femme, Question «le conquête et de renonunée où l\u2019anour n\u2019u rien à faire, Car là où est l'unour-propre, il n\u2019y a plus d'umour, Au reste, les femmes ne sont pus plus intéressantes que les liomines à ce jeu\u2014car c'en est un, C\u2019est comme la petite guerre et les grandes mano-uvres, où l'heure de la défaite, aussi bien que l'heure de la victoire, sont fixées à l'avance.l\u2019assons sur cette parodie et revenons au vrai platonisme, au sincère.Je répète que, pour les natures à qui l'idéal n\u2019est pas encore complètement indifférent, il a des charmes d'autant plus vifs qu\u2019ils sont plus fragiles, très subtils, tres enlu- cants, enveloppants comme le fils d'un réseau ; ces liens sont étrangement frèles et faciles à briser.Je les comparerais volontiers à ces julies toiles d\u2019araignées automnales dont les jardins sont tapisses eu octobre, La rusée les saupoudre de diamants où le soleil vient poser de minuscules ares-en-ciel.Elles semblent tenir captives les branches qu\u2019elles unissent; mais le vol d'un oiseau, un soutile de vent les traverse et les déchire.Ainsi les amoureux vivent sous Une cliaine d\u2019enchantements, dans une trame tisse de rayons, de chants et de parfums, toutes choses dont aucune n\u2019est solide.Un caprice suffit à rompre cette douce el imaginaire prison.Car si lu jeune fille aimée est trop idéale pour pouvoir inspirer un amour sérieux et durable, il ne rompers pas de suite s'il est vraiment épris.S'il est intelligent il craîndra une révolte qui le ra- mênerait plus soumis.Mais il entrera fatalement daus la voie des compromissions, Bien ne sera chan- dé en apparence.l\u2019eut-être semblera-t-il plus aimable, n'avanit plus de ces mélancolies furieuses on s'afivmaient lu sincérité de ses sentiments et lus douleurs de la crainte d'être délaissé, Mais il ne vivre plus que daus le rève de ce qui avait été une réulité, dans le souvenir mort de ce qui avait été Un espoir vivant.Il se complaira peut-étre longtemps encore dans des illusions dont il & mesure le néant, S'il est généreux, il continuera méme d'aimer, mais d\u2019une zutre façon qui ne comporte plus le nom d'amour, Aussi le platonisme m'ap- parait comme un chemin fleuri où l'on marche ensemble, où il est même délicieux de marcher lentement pour que la route soit plus longue, mais sur lequel on ne peut revenir en arrière.C'est une fatalité de cet état subtil comme l'air où les ailes de l\u2019oiseau ne sauraient planer toujours loin de la terre.FELIX._\u2014_\u2014- {be LES GENS DÉSAGRÉABLES.Les gens désagréables ont toujours eu pour moi un certain nttrait ; c\u2019est une variéte de l'espèce humaine qu\u2019il est si intéressant d'étudier! Et que d\u2019occasions se présentent journellement de faire cette étude, de lu poursuivre jusque dans ses plus intimes détails ?D'abord, on à généralement dans sa propre famille un personnage quelconque créé apparemment pour exaspérer ceux qui le touche de près.Tel est l'oncle célibataire qui trouve à redire à toute duci- sion prise sans qu\u2019on lait consulté, et qu'on est 1 | | i obligé de ménager & cause de I'héritage qu'on espère.Je connais sa force, et lorsqu\u2019il s'agit de choisir une profession ou une \u201c épouse \u201d pour un de ses neveux, il arrive et profite de sa position pour décocher à tout le monde des apostrophes plus ou moins blessantes.\u2014J'en ai le droit dit-il.Dans le monde, qui de nous n\u2019a rencontré le monsieur ergoteur, qui veut toujours avoir raison ; à coup sûr l'être le plus désagréable que la terre ait jamais porte ?D'abord, il & pour système arrêté de contredire ses interlocuteurs ; jen connais un chez qui cet esprit de contradiction est si bien implanté que si vous vous rungez tout à coup de son avis, il vire immédiatement de bord et prend le contre-pied de ce qu\u2019il a soutenu au début de l'entretien, afin de se donner le plaisir de vous contredire de nouveau.On conviendra que les gens désagréables sont aussi difficiles à Éviter dans la vie que l\u2019ail dans les ragoûts marseillais ; il faut donc s'ingénier à diminuer le plus possible la duse d\u2019ennui qu\u2019ils apportent avec eux.Envisagez-les comme des phéno- mênes bizarres, qu\u2019il est instructif et intéressant d'observer; el vous finirez par vous plaire comme moi à les étudier.Ju première petite nausée surmontée on a, je vous Passure, certains dédommagements, de méme que les horreurs du premier cigare, sont compensées plus tard par les jouissances que procure le havane au fumeur aguerri.Les facultés de l'homme sont merveilleusement appropriées à l\u2019acquisition de goûts nouveaux ; seulement le temps est néces- saite au procédé, Il y a cependant, je l'avoue, certaines caux minérales que je n'ai pas encore su avaler avee toute la satisfaction désiralle: mis J'attribue mon incompetence sur ce chapitre tout simplement à un manque de persévérance.It y a dans les attributs des gens dont je parle tant de choses qui font rever, Ainsi je me deman- le souvent : \u2014Savent-ils qu\u2019ils sont si désagréables ?S\u2019aper- voivent-ils qu\u2019ils différent des gens aimables ?En réfléchissant, je crois devoir résoudre négati- vemeut ces deux questions.Jugez en vous-ménte.Je vais au théâtre, et les gens qui m'entourent jasent et ricanent, tandis que je tache d'écouter, ou bien un homme qui à déjà vu la pièce raconte l'intrigue à un autre qui ne la connait pas: ou quel- qu'un répète tous les mots qu\u2019il trouve heureux à la dame sourde, qui vecupe la stalle voisine de la mienne.J'ai beau chuter ; ils me regardent inper- tubablement et continuent de plus belle.Ils sont absolument inconscients, mieux encore, dans Jeur esprit c\u2019est moi qui ai tort, c\u2019est évident.Je sors: je suis attendu quelque part.Un importun m\u2019arrête dans la rue et m\u2019expose longuement (héals?) ses griefs contre le ministère ; si je tâche à de lui celzapper sous prétexte que j'ai une visite importante i faire, il s'obstine 3 m\u2019accompagner jusqu\u2019à la porte, et croit positivement m'avoir causé un pHaisir extrême.Si, par contre, les gens désagrésbles unt consei- ence de l\u2019effet qu\u2019ils produisent sur nous, pourquoi persistent-ils dans leur manière d\u2019être ?En sont-ils plus heureux / Par exemple, quelle est la subtile jouissance qu\u2019éprouve certain vieux général en débitant ses observations cyniques, lesquelles me rendent mécontent de mu maison, de mes chevaux, de mes tableaux et de moi-même ?Ce sont là des choses aussi inexplicables, à mon avis, que la condition de ces habitants des Acores, dont un voyageur disait, il y a quelques jours : \u201c Les ines, les hommes, les femmes et les enfants dorment et mangent dans la même chambre.Ils sont sales, rongés par la vermine ot parfuitement heuvrene !\u201d Les gens désagréables m\u2019amusent encore plus | qu\u2019ils ne m\u2019étonnent.Ils me font rire, ils ressemblent à ces types exagérés qu\u2019on voit dans certains vieux vaudevilles, appartenant jadis au répertoire du Palais-Royal,\u2014ils sont absolument déruisonna- bles.Ils se mettent en colère, ils boudent; or, les boudeurs et les gens en colère, ils out toujours quelque chose de grotesque.Ils disent des choses piquantes, font des épigrammes.Au moins l'intention y est-elle toujours.Ils constituent une opposition perpétuelle, et chacun sait que les boutades les plus amusantes ne partent jamais des rangs ministériels, Ils se donnent une peine infinie pour outrager les convenances\u2026 ce qui est déjà charment, à cette époque d'ennuyeux décorum, Il est vrai que de temps en temps ils nous agacent les nerfs ; mais c\u2019est ce que font les gens agréables, il est même avéré que le miel fatigue l'estomac plus vite que le vinaigre.Quant à la femme désagréable, elle ressemble au vide des ancieus, la nature l\u2019abhorre et n'a pas de place pour elle.Ce n\u2019est qu\u2019une parodie de la femme.Si elle à un peu de beauté, elle donne à ceux qui la rencontrent cette espèce de choc nerveux qu\u2019on ressentirait en goûtant une liqueur qu\u2019on aurait prise pour du vin blanc, et qui ne serait que du verjus.Heureusement, il est rare qu'une femme désagréable soit belle, dans la véritable acception du mot ; 'impitoyable nature ne dissimule rien.Le charme du visave est produit par la bonté du caractère.La figure n'est pas un masque, elle est un miroir, et ce miroir reflète tout avec une eflrayante fidélité.On ne peut donner à son visage l'expression qui plait à l\u2019œil, si le caractère est hargneux ct méchant.L'envie, surtout, creuse, déprime et des- seche.Chez la femme, les formes que prend un caractère désagréable sont multiplus; leurs efiets sont identiques.l'attrait disparait pour faire place à la répulsion.On n\u2019éprouve près d\u2019elle que de l'ennui car ln femme désagréable ennuie tout le monde et s'ennuie elle-même, Tout ce qu\u2019on peut faire d'elle, c'est la tourner en ridicule, et l\u2019accommoder à la sauce piquante.Elle ressemble à la pantoutle de certain explorateur, qui inutile comme pantoulte, devint supportable comme base d\u2019un civet.11 est un point important sur lequel je suis tout à fait fixé: c'est qu\u2019il y a, pour un homme, un certain avantage à être systématiquement désagréable.C\u2019est une facon de faire son chemin dans le monde.l'abord, vous vous fuites craindre, on a peur des coups de boutoir que vous savez si bien donner, on geflace devant vous, ou fait place, et vous obtenez, en prenant simplement la peine de froncer le sour- eil et de grossir la voix, ce qu\u2019on refuse aux gens doux et timides.L'entêté qui nous poursuit de ses démarches indiscrètes l'emportera sur l\u2019homme de mérite qui attend modestement à l'écart.Devant le chef de famille dur et brutal, les enfants se courberont, soumis et craintifs; lu femme obéira en tremblant à son moindre signe\u2026 peut-être se ven- gera-t-elle en secret de ce qu'on lui fait souffrir, mais son tyran n'en saura rien ; selon les apparen- ves, il est le maître absolu.Cependant, si, par pure lassitude, on cède devant l\u2019obstination, les clameurs, l'importunité des gens désagréables ; si on accorde à leur instance peu délicate ce que n\u2019obtiennent pas les gens aimables, au caractère facile, ne vient-il pas un moment où l'abandon, l\u2019isolement leur font éprouver à leur tour cette profonde désespérance qu\u2019ils ont pris plaisir à faire naître chez d\u2019autres.ll arrive parfois qu\u2019on récolte ce qu'on a semé ; avouons qu\u2019en pareil cas les gens désagréables sont à plaindre.Il est facile de rompre avec eux.car ils n\u2019ont pas su se fairs une place dans les cœurs ; et un beau jour, à lcur grand étonnement, il so voient délaissés.MAURICE REYNOLD. 54 LE JOURNAI, DU DIMANCHE \u201c\u201c FEUILLETON DU JOURNAL DU DIMANCHE.\u201d No.23.LES DRAMES DE LA VIE.GRAND ROMAN NOUVEAU.; plier FN XXIX oi toe Pourquoi pas ?Marsa Laszlo n'était-elle point sa femme ?Dans cette villa de Maisons-Laffitte où elle se croyait chez elle, de par la loi il était chez lui! Il avait le droit d'entrer, lui, l'époux, à toute heure, et de demander compte à cette femme de son honneur.\u2014 Ah! elle l\u2019a voulu, ce nom de Zilah ! Eh : bien, qu'elle sache au moins ce qu'il coûte et ce qu\u2019il impose ! Et cette pensée, montant À ses lèvres, sifflait entre ses dents serrées dans un cauchemar plein de fièvre.Il allait, venait, s'exaspérant davantage à chaque mouvement dans la solitude de son hôtel, où ses pas s\u2019entendaient, précipités fébrilement.\u2014Elle est princesse Zilah! Oui, princesse ! Rien ne peut lui arracher ce titre qu\u2019elle a volé! Princesse ! Soit.Le prince a le droit de vie et de mort sur sa femme: \u2014Sur sa femme et sur l'amant de sa femme ! dit-il encore, en s\u2019interrompant tout à coup dans le spasme d\u2019un éclat de rire.\u2014Fh! oui, son amant sera là! Il sera là, ce Menko, et je me plains ! Cet homme que j'ai cherché, qui m'échappait, il se jette là droit devant moi, je le tiens à ma merci, et je suis navré, et je ne remercie pas le sort qui me donne cette joie !'\u2014Ce soir! 11 sera chez elle, ce soir.Tant mieux !.Justice sera faite! Et chaque minute ajoutait à cette fièvre qui lui battait aux tempes et aux poignets.Il avait au cerveau comme un afflux de sang; des visions farouches passaient.Il voyait Marsa tendant sa lèvre à Midhel, cette lèvre exquise, souriante, avec les veux mi-clos et l'expression divine qu\u2019elle avait lursqu'il lu tenait, lui, Andras, presque pâmée de bonheur, dans sus bras.Ah! maintenant il eût donné dix ans de sa vie pour ètre à ce soir ! Ce soir! Ce soir\u2018\u2014Que c\u2019est long, une journée! Et comme Ja fièvre montait, comme l'orage grondait en lui, douloureux et fou ! Il attendait inipatiemment le moment de partir, de les surpr#ndre.Il avait envie d\u2019attendre Michel Menko au débarcadére du chemin d'Italie, et de lui eravacher le visage.A quoi bon?Michel serait à Maisons.Eh bien! il le tuerait devant elle, en duel, si Menko voulait se battre, ou, de par son droit d'époux, comme Un voleur de nuit, si le jeune homme voulait fuir.Cela valait mieux.Qui, il le tuerait comme un chien ; si l\u2019autre\u2026 de cette femme, ne reculerait certainement pas devant un canon de pistolet.Pour seul témoin de ce duel Marsa serait là.Le sang du prince ou celui de Menko lui éclabousserait le visage ! Une tache rouge sur cette joue pâle.C'e serait le châtiment.Et le soir venu, presqu\u2019à la nuit tombante, Andras partait.L'électricité d\u2019une journée chaude, menaçante d'orage, le serrait a la gorge.Il avait glissé dans son paletot une paire de pistolets chargés, pris par lui dans un de ses tiroirs.TI en jetterait un à Menko.Ce n\u2019était pas assassi- mer qu'il voulait, c'était punir.Andras était presque seu! à la gare et, dans les allées, il se trouvait bientôt seul tout à fait, mar- chaut vers son but tandis que la nuit gagnait.Axdras avançait, dans l'ombre grise donnant aux fonds d\u2019allées des aspects confus.Mais quoi! ses pas l\u2019eussent porté machinale- mient où il allait.En sortant de la station, et en traversant à pied le pont du chemin de fer, puis en longeant l'avenue Longueil qui mène au Pare, il avait commencé à éprouver cependant un sentiment bizarre, comme si rien ne fût arrivé, comme s\u2019il secouait peu à peu un étouffant cauchemar.Dans une sorte d\u2019hallucination quasi volontaire, il se figurait qu\u2019il allait, comme l'an passé, au logis de Marsa et qu\u2019elle l'attendait dans une de ces toilettes blanches qui lui seyaient si bien, la boucle aux opales attachant autour de su taille su ceinture d'argent.Et À mesure qu\u2019il avançait c'était une nuée de souvenirs qui l\u2019enveloppaient, tombant ermme de ces arbres ou sortant de cette terre.M s'était promené avec Marsa sous ces grands tilleuls formant comme une voûte de cathédrale, avec, de chaque côté, les travées des branches pour verrières, Il se souvennit des causeries échangues, le soir, quand une brume légère argentait ce grand pare majestueux, tout empli d'ombre, le château se détachait vaguement sur la buée comme un palais- fantôme.Ces bassins dont les jets d\u2019eau chantaient, cette large pelouse entre les deux grandes lignes des arbres séparées par la large bande du ciel, ces sentiers dans l'herbe, il les avait longes vu regardés avec la Tzigane pendue à son bras, un parfum doux montant des cheveux de Marsa, Et, dans l'émotion que faisait naître maintenant en lui la vue de ces choses retrouvées, il y avait une sensation de douleur malsaine qui, loin d'apaiser, avivait ln colère où se trouvait Andras, les nerfs malades, le cerveau las, prêt à une folie.11 n\u2019avait plus qu'un sentiment, très amer, celui du bonheur auquel ces belles allées à l'ombre frai- che eussent pu servir de cadre si la destinée eût tenu ce qu'elle avait promis.Ah! Marsa! malheureuse fille.A mesure que Zilah s\u2019enfuncait plus avant dans le l\u2019arc, allant droit, sans même chercher le chemin, vers la maison ott elle vivait, tout lui rentrait au cœur, tous les détails de cette journée de fête ironique et navrante\u2014la journée du mariage\u2014se présentaient à sa mémoire.Il s'était détourné de sa route pour aller revoir la porte de la petite église dont ils avaient franchi le seuil, elle ravonnante dans sa robe blanche, lui si heureux !.La place de l'église étant déserte maintenant.Les feuilles des tilleuls commencaient à tomber.Un homme \u201cdormait, quelque macon du voisinage, devant lu porte close.Et Andras regardait cette porte verte dans son encadrement gothique avec une statue de Vierge mère, encostrée là ! II se demandait si c'était bien vrai que ce fût lui que conduisait autrefois, ° vers ce temple morne, une fiancée qui allait être sa ! femme, et cette triste cglise fermée lui faisait l\u2019eftet d\u2019un tombeau.I! s\u2019arrachuit alors à la contemplation de ce seuil de pierre où sommeillait cet homme harassé, \u2014 peut-être un ivrogne, plus heureux que lui, à ! ; coup sûr,\u2014et il s\u2019en allait maintenant du côté des Mnis non.Le Hongrois, souffleté sous les yeux bois, vers la demeure de Marsa Laszlo.I! y avait\u2014Zilah s\u2019en souvenait\u2014tout près de là, une sorte d\u2019étroit vallon, \u2014bassin comblé du temps où le président de Maisons offrait aux hôtes de Louis XIV revenait de Marly une hospitalité qui valait celle du roi,\u2014et ce coin plein de mystère et de beauté, pli de terrain encaissé de talus couverts de lierre et de violettes, petit bois discret, virgilien, ombreux et perdu sous ses grands arbres, aux troncs enlacés, bien des fois ils y avaient rêvé, oui, elle aussi, elle aussi, Marsa: Ils l\u2019appclaient, souriants, le Val des Violettes.C'était un nom qu'eux seuls connaissaient.Et que de souvenirs, dans ce nom ! Maintenant, de ces souvenirs, chacun exaspérait, poignardait Zilah, en se dressant devant Ini comme un spectre.Alors hä- tant le pas: \u2014 Il est là-bas, elle l'attend! son amant est là! se Tépétait le prince.Et, au bout du chemin, devant la maison fermée, muette comme lu vieille église, Andras s'arrêta.cle t C'était In! 2 11 restait immobile alors, se sentant pris d\u2019un dé- chiremeut immense avant d'entrer ! | Qu'allait-il faire, lui qui avait jusque-là vécu en évitant à son nom le jut de bave des seandales ?Il allait tuer où être tué.Un duel! Mais qu\u2019avait-il besoin de proposer un combat quand, de pur son droit de mari, sur cet homme et sur cette femme il pouvait exercer un châtiment ?[1 n\u2019hésita pas longtemps.\u2014Je suis chez moi! dit-il tout haut en allant droit à la grille, Le tintement de lu sonnette éveillait, au fond du jardin, vers les communs, les hurlements de Duna, de Bunda et d'Ortoy, tirant furieus ment sur les chaines de fer de leurs attaches, et un homme arrivait, dans le crépuseule déjà obseur, criant à Andras, de loin, à travers la grille : \u2014 Qui demandez-vous ?\u2014La princesse Zilah, L'homme avançait.C'était un domestique.Andras ne le connaissait pas, ne l'avait jamais vu.\u2014Qui êtes-vous?dit cet homme à Andras, la main sur la serrure intérieure de la grille.\u2014Le prince Zilah | L'autre, stupéfait, ne bougeait prs, essayant de | Voir, à travers les barreaux, dans la nuit, le vifage du prince.\u2014 Vous m'avez entendu ?dit Andras.4 tandis que, machinalement, le domestique entr\u2019ouvrait la porte comme pour se rendre compte de la tenue du visiteur, Andras poussait lu grille avec une brusquerie nerveuse, rejetant le valet sur le battant de la porte, et une fois dans le jar- ; din, s'approchait de lui et lui disait : Lt \u2014llevarde-moi bien pour me reconnaître, puis- {que c'est la première fais que tu me vois, Je suis | maître ici.| ! | Ï L'œil clair de Zilah, ce regard impérieux semblait allumé dans la nuit, et, de près, ce visage de soldat ventihomme forcait instinetivement le valet à s'ineliner, saltant, envore inquiet et n'osant rien dire, to Andras marcha droit ait perron, poussant la porte extérieure qui était ouverte.Elle était avec Pure.Andras éconta, Oui, il v avait un homme la, et l'homme parlait.11 parlait à Marsa! Il Ini parlait d'amour sans | doute.Ah! ce Menko! Zilah le revoyait, avec sa moustache retroussée, son joli sourire bizarre, son fin profil un pen sombre.Le misérable ! Et il était là, là, derrière cette porte : Une lumière rouge, filtrant du salon où se trouvait Marsa, encadrait la porte que le prince Andras avait des envies d\u2019enfoncer du pied.H s\u2019airêtait pourtant.Une petite pièce plongée dans l'ombre le séparait dde cette porte.Alors, il lui cournit devant les yeux de rapides images de meurtre.Il se sentait capable, dans la douleur qui l'étreignait au cou comme une main, de bondir, d'entrer, de frapper en sauvage où en fou furieux.Comme ils s'étaient atrocement joués do lui, ces deux êtres qui étaient là ; cette femme qui avait menti et ce lâche qui souilletait un homme de ces lettres où la passion, c\u2019est-à-dire la trahison, se Lisait à chaque ligne ! Ah! l\u2019infamie ! Ft, brusquement, Andras, tout à l'heure affolé de vzge, se sentait comme blessé, prêt à défaillir, percé d\u2019une lame : c'était la voix de Marsa qu\u2019il entendait, c'était l'écho de cette voix chaude, grisante, cb qui, à travers la porte, lui venait, commue LE JOURNAL DU LDIMANCHE 5s emportée par un ardent sentiment de passion, d\u2019amour on de join, \u2014Allons, debout | se dit-il, Qu'attendait-il?Lui fallait-il donc, pour les foudroyer de son apparition, le bruit d'un baiser ?Ses doigts chauds de fièvre cherchaient la crosse lisse de ses pistolets.ll flt trois pas, il traversa le petit salon sans lu- mitre, et à tâtons, chercha le bouton de la porte qu\u2019il tournu brusquement, la lumière d'une lampe Agphat-jour d'opale lui sautant au visage ; et droit sur le seuil, comme un spectre, pendant que deux faces i lu fois se tournaient vers lui, \u2014deux pales visages, lu figure amaigrie de Marsa, et la tête farouche d\u2019un homme, \u2014Audras s'arrêta stupéfait.I cherchait Menko:\u2014c'était Varhély.XXX \u2014VYanski! Andras avait poussé ce eri, et Marsa effarée, reculant devant cette voix, devant cette vision du prince, s'élançait vers Varhély d\u2019un bond éperdu, el toujours tournée vers ce seuil, où debout, se te- uait Andras, criait effrayée, prise d'un tremblement subit : Qui est 1a ¢ Qui est donc là ?La lumière enveloppait Andras, mais Yanski Varhély ne comprenant point, ne croyant pas à cette apparition, s'avancait comme pour savoir : \u2014Zaluh ! dit-il à son tour.Il ne s\u2019expliquait rien, regardait autour de lui, comme Zilah lui-mème qui se demandait, en cette tragique minute, s'il y avait là une gageure et où était Menko, ce Michel Menko qu\u2019attendait Marsa, \u2018 et qu\u2019il venait, ui, le mari, chercher jusqu'ici pour le chitier.Mais Ju plus efhayante dans sa stupéfaction | muette, c'était Marsa, hagarde, les lèvres tremblantes, dardant sur le prince des yeux heureux duns la lividité de mort de son visage, et\u2014pres- que aussi convulsée qu'en sa stüpeur, dans la mai- ; son d\u2019'aliénées.\u2014se cramponnant au marbre de La cheminée contre lequel elle sappuyait pour ne pus tomber, mais voulant pourtant se paceipiter à genoux, i genouy, en suppliante, devant cet homme qui, tout à coup, se dressait li, comme le maitre de sit vie, \u2014 Vous ie?done suivi : \u2014 Non, dit Andras, et celui que je comptais trouver, ce west pas vous! \u2014Eui était-ve done ?\u2014Menko, Yunskt Varhély jeta à Marsa un regard profond.Elle ne hongeait pus.Elle regardait le prince.dit enfin Varhely.Vous m'avez \u2014 Michel Menko est mort, répondit Varhély de ; sa Voix brève.C\u2019est pour l'annoncer à lu princesse Zilah que j'étais ici.Audrus fixe tour à tour ses yeux clairs sur Io vieux Hongrois aux sourcis froncés et sur Marsa, pétrifiée, toute la vie de la jeune femme brûlant dans ses prunelles ardentes de fièvre.\u2014 Mort?demanda froidement Zilah.\u2014dJe l'ai provoqué et je l'ai tué, répondit Varlly du ton dont on rend une sentence.Andras se roidissait contre une émotion rude qui l'étreignait comme une angine, Il était devenu plus blème lorsque Ynnski avait dit: \u201cJe l'ai tué\u201d et du vieux Hongrois il avait reporté son regard sur la Tzigane, épiant instinetivement l'impression que Maisz pouvrit ressentir.Elle n'avait inème pas tressailli.| Lu nouvelle de cette mort, répétée ainsi devant cet homme qu'elle regardait comme le maître de son existence, ln laissait implacablement glaciale, sa vie n\u2019étant plus là, toute sa Vie se concentrant sur cet être qui lu méprisait, la huïssait, la fuyait et qui revenait là, comme dans un de ses rêves douloureux où il repassait, en cette maison même où il l'avait maudite.\u2014I1 y avait, reprit Vurhély lentement, une martyre qui n\u2019eût pas véeu, qui n\u2019eût pus levé le front, tant que cet homme cût respiré.C'est à elle que je suis venu dire tout d\u2019abord qu'elle était délivrée d\u2019un passé détesté.Demain, je serais allé &purendre à un homme dont l'honneur est le mien que celui qui l'avait outragé à payé sa dette ! Varhély, ln lèvre aussi blanche que sa moustache, avait parlé comme un justicier rendant un sulennel arrêt.Ce soldat avait l'air d\u2019un juge.Une flamme étrange s'allumait au fond des regards de Zilah, et une impression soudaine lui coulait dans les veines.Il se sentait comme affranchi, lui aussi, comme délivre de quelque ombre haïe.Menko mort ! 11 l\u2019avait aimé pourtant, ce Michel Menko à qui il digait : \u201c Mon enfant!\u201d Et de ces trois êtres réunis là, dans le tête-à-tête tragique de ces con- tidences, c'était peut-être l\u2019homme outragé qui envoyait au mort une pensée de pitié, le soldat restant impassible comme un exéeuteur, la Tzigane ne retrouvant qu\u2019un souvenir de haine devant le nom de celui qui l'avait perdue : Menko mort ! Varhély avait pris sur la cheminée du salon la dépêche qu\u2019il expédiait, trois jours auparavant, de Florence à la princesse Zilah et dont Vogotzine uvait parlé à Andras, II Ia tendit au priuce et Andras la lut d'un trait : \u201cJe vais vour vous Yisquer ma vie, disait Vanski Varhé, et, mardi soir, je serai à Maisons- Lattitte où je sesai mort.Je me bats demain avec le comte M.Si vous ne me revovez pas, priez pour votre dévouc Varhely.\u201d Le comte Varhély avait, là-bas, expédié cette dépéche uvant d'aller au rendez-vous donné à Michel Menko, Il était convenue qu'on se battrait aux environs de Pistoja, dans un champ.Des paysannes qui travaillaient à des chapeaux de paille, s'étaient mises à rire en voyant passer ces hommes qui avaient l'air de chercher un coiu de repos.l\u2019une d'elles avait mème dit gaiement à l\u2019un : \u2014Vous voulez le chemin des amoureux, si- qnori ?Ce nest pus ici: Sur la route, Varhély et son adversaire avaient rencontré un de ces pénitents aux cagoules percées de trous laissant voir les yeux, et, sous lu lon- que robe de bure, des souliers de cuir.L'homme avait demandé.en tendant une sébile de zinc en forme de tirelite, l'elemosina, l'aumène des malades de l'hôpital.Menko avait alors ouvert son porte-monnaie, et «dans la bouche de la tirelire il avait laissé tomber ur dizaine de pièces d\u2019or.\u2014 Mille grazi, signor ! \u2014Ce n\u2019est pas lu peine.On était arrivé sur le terrain.Les témoins char- genient les pistolets.Michel avait fait demander à Yanski la permission d'échanger deux paroles avec lui.\u2014Soit, dit Vathély.Le vieux Hongrois se tenait, les bras croisés, à son poste, baissant la tête et regardant la terre.\u2014Comte Varhély, lui dit Michel en s'avançant, ju vous répète que je voulais empêcher ce mariage, mais non outrager le prince.Je vous en donne ma parole d'honneur.Si vous me survivez, voulez- vous me permettre de lui répéter celu ?\u2014dJe vous le promets.\u2014Merel.Ou se mit en ligue.Le petit Angelo Vallu devait donner le signal du tir, H se tenait, les maius levées, regardant les deux | udversaires, tous deux droits, boutonnés jusqu\u2019au collet, le canon du pistolet en l'air le long de la joue droite.Varhély ue bougeait pas plus que s'il eût été de granit.Menko souriait.\u2014Un ! deux compta Valla.Il s'arrêta comme pour respirer, oppressé, puis : \u2014 Trois ! dit-il Lrusquement du ton d\u2019un homme qui laisse tomber un arrêt de mort.Les deux coups partirent, Varhély restait itamobile, lu balle de Michel ayant coupé au-dessus de sa tête une branche verte qui tombait en tournoyant.Michel Meuko s'affaissa brusquement, le genoiL droit en terre, ct portant la main à son côté gauche.Ses témoins se précipitaient vers lui.Ils le prirent sous le bras, essayant de le relever, \u2014JInutile, dit-il, c\u2019est bien visé ! Il fit un signe pendant qu'on le soutenait, et se tournant vers Yanski d'une voix qu\u2019il s\u2019efforçait de reudre forte : \u2014 Vous avez promis! cila-t-il.On ouvrit sa redingote.Lu balle était eutrée ea pleine poitrine.Il étouffait.On l\u2019assit sur l\u2019herbe, adossé à un arbre.11 restait là, l'œil fixe, regardaut peut-être l'infini qui venait.Sous sa moustache, ses lèvres inurmuraient des noms inarticulés, des paroles confuses, -\u2014l\u2019ardon\u2026 châtiment.Marsa.Avant que Varhély cût rejoint lu voiture qui l'avait amené, le comte Menko était mort.Comme Yanski Varhély, trés pâle, marchant avec ses deux témoins, repassait devant les ouvrières qui tressaient des chapeaux de paille, les fillettes le saluaient de leurs rires jeunes, et disaient : \u2014Eli bien, et Vos autres amis, les ont-ils trouvées, leurs amoureuses ?Et pendant que leurs rires moutaient jeunes, frais, leurs beaux rires fous de dix-huit ans, on apportait de ce côté le cadavre de Michel Menko.Andras Zilah, le corps raidi, dans un effort d'impassibilité, devant Yanski et Marsa, écoutait son viel ami évoquer ce passé d'hier, comme en un lendenrain de bataille, et, tandis que Varhély parlait, il songeait, lui Andras\u2026 Ce n\u2019était point Menko, ce n\u2019était pas un amant qu'atteudait Marsa.Entre la Tzigane et lui il n'y avait plus rien, rien qu\u2019un fantôme.L'autre avait payé de sa vie: L'écroulement de la colère du prince était d'autant plus subit que, depuis son départ, depuis même la rencontre avec Vugotzine, son exaspération nerveuse avait été plus violente.11 contemplait maintenant Marsa, décharnée, comme minée par une maladie implacable, et pourtaut toujours belle avec ce casque de cheveux noirs sur la ligne droite de ses sourcils.La fixité - même de ses yeux agrandis, où quelque muette folie semblait encore passer, cet égarement passager lui donnait un attrait bizarre, morbide et puissant, et dans la façon dont la regardait Andras, le comte Varhély, avec ses finesses rudes, surprenait comme une impression de pitié, un étounement ému, presque wne crainte.1] mordilla un moment sa moustache, réfléchit, et brusquement fit un pas vers la porte.Andras et Marsa comprirent en même temps qu\u2019il partait, Elle se détacha alors de ce marbre où s\u2019appuyaient ses mains.Roide, l4 démarche saccadée, avec un sourire hautain, brillant de toute la tragique joie d\u2019une fierté retrouvée, elle tendit sa main à Yanski, et, d\u2019un ton profond, où il y avait un accent de reconnaissance terrible pour cet acte de justicier accompli li-Las, elle dit fermement : (À suivre.) 56 IE JOURNAL DU DIMANCHE IBRAIRIE SAINT-JOSEPH ! Ses CADIEUX & DEROME, RLS 1608 Rue Notre-Dame, MONTREAL.LIVRES CANADIIENS: À TRAVERS L'EUROPE, pur M.le Juge Routhier, 2e édition ; deux beaux vols.in-8.Chaque vol.se vend séparément SI.FORESTIERS ET VOYAGEURS, Mœurs et Légendes Canadiennes, par J.C.Taché; un beau vol.in-8 de 240 pages.Prix 50 cts.VIE DE MADEMOISELLE MANCE, et Commencements de la Colonic de Montréal, par Adrien Leblond, 1 vol.in-8, 240 pages.l\u2019rix 50 ets.LA FAMILLE ET SES TRADITIONS, par M.A Brunet ; un beau vol.in-8.l\u2019rix 50 cts.VIE DE MONSIEUR OLIER, fondateur du Séminaire St-Sulpice et de la Colonie de Montréal, par P.A.de Languère ; un beau vol.in-8 de 240 pages.Prix 50 cts.VOYAGE EN TERRE SAINTE, par Mgr de Goesbriand, Evèque de Burlington, Vt.; un beau vol.in-8 de 190 pages.Prix 30 cts.NOTES D'UN CONDAMNÉ POLITIQUE, par F.X.Prieur ; un vol.in-S.Prix 50 cts.MADAME BARAT, fondatricce de la Société des Religicuses du Sacré- Cee 1, par M.A.Brunet; un vol.in-8.Prix 50 cts.LES JEUNES CONVERTIES ou Mémoires des Trois Sœurs Debbie, Helen et Anna Barlow, pur un prêtre du Diocèse ; un vol.in-8.Prix 30 cis.HISTOIRE DE MADAME DUCHESNE, fondatrice de la Société des Religieuses du Sacré-Cœur, en Amérique, par M.A.Brunet ; un vol.in-8.Prix 30 cts.LEGENDES DU NORD-OUFST, par M.l'Abbé Dugast, de l\u2019Archevêché de St-Boniface ; un vol, in-12.Prix 25 cts.MONSEIGNEUR PLESSIS, par M.L.O.David ; un vol.in-12, Prix 25 cts.LA PREMIERE CANADIENNE DU NORD-OUEST, par M.l'Abbé Dugast, de l\u2019Archeveché de St-Boniface ; un vol.in-12.Prix 25 cts.LE HEROS DE CHATEAUGUAY, par M.L.O.David; un vol.in-12.Prix 25 cts.CHRISTOPHE COLOMB, par un prêtre du Diocèse ; un vol, in-12.25 cts.MONSEIGNEUR TACHÉ, Archevêque de St-Boniface, par M.L.O.David ; un vol.in-12.Prix 25 cts.VIE ABREGEE de la Vén, Mère Bourgeois, fondatrice de la Congrégation de Notre-Dame; un vol.in-12.Prix 25 cents, TROIS LEGENDES, par J.UC.Tache, un vol.in-10, Prix 25 cents.Lanthier & Cie.LE MEILLEUR ASSORTIMENT \u2014 DE\u2014\u2014\u2014 FOURRURES 1663, Rue Notre-Dame, 1663 MONTREAL, ' CHAPELIERS Pate dr Gomme d'Epinette rouge do Decteur Chevallier.Enrégistrée à Ottawa et À Washington.Supérieure aux Sirops de Gomme d'Epinette.25 contæ la boito.LAVIOLRT YE & NELSON, Proprietaires, Diontréal.La Pato do Comme d\u2019Epinotte est de beaucoup supérieure au Sirop ; elle est plus efficace, d\u2019un goût plus agréable et portative.De In Pharmacie de Lyon, lus efficace que le Li t Goudroa Se Le ronchites et maladies de la ordinaire contre les Vessie.SO conts lo flacon.LAVIOLETTE & NELSON, Agents pour le Canada La Liqueur de Goudron de Norvège rapidement soluble dans l\u2019eau, est reconnue par toutes les célébrités médicales somme e remède le plus infaillible contre la Toux; le Catarthe, ln Bronchite et la Laryagite ; elle est employée avec succès, depuis vingt ans, dans les hôpitaux européens.Demibouteille et bouteille, 25 et 50\u20ac.LORGE & C'E PARISIENS LSON, Pharmaciens, NOTRE-DAME, MONTREAL ETTE & N O > < .4 RUE 1605, Eire] 4: Rue St-Laurent MONTREAL.; (ON: te ot ae GUERISON RAFIDE OU RHUME DE CERVEAU.udre enlà-e Immédiatement l'acuité da 3 Cette fi tnal, rend la liberté de la respiration et prévient lé rhume de poitrine, suite naturelle du Coryza.Enrégietrée À Ottawa.PRIX 25 CENTS LA BOITAH, LAVIOLETTE & NELNON A Propriétaires, oN en ® LA PouprE CORYZINFE, pour la guérison mpide du rhume de cerveau, enlève instantanément l'acuité du mal, et dégage la respiration.Demandez par le poste.La Boito, 28c.LR RRNEDR INFEILILIBLE con tre les Rhumes Ia dure est donnée avec seim pour enfants d'aucun ge.PRIX 235 Contes.Entegistre- À Ottawa MAVIOLETTHE & NELHON, Propriétaires, Montréal, LA PRESCRIPTION du Di NELSON pour enfants et adultes, Le mode l'emploi et toutes recommandations sont donnés avec soin pour les\u2019 enfants et adultes, La boutoillo, 28c.LORGE & C'® CHAPELIERS PARISIENS A VENDRE.10,000,000 De Pieds de Bois de Sciage De toutes épuisseurs, largeurs et qualités, prépuré ou brut.\u2014\u2014AUSSI\u2014 Lattes, Bardenux, sciés et fendus, Bois de Charpente, en Pin ct en Epinette.A.HuuTEAU & Frère, Coin des rues Dorchester & Sanguinct, y 19, bres © RE.) 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