Le fantasque, 23 septembre 1841, jeudi 23 septembre 1841
[" ry LB FPANTASOUR.8.AUBIN, Ridacteur No.46, Rue Gront, St.Roch.¥ H.ROWEN, Imprimeur, } PROPRIÉTAIRES.{ No.7, Ruodes Prairies, St.Roc! s kw'obéis ni né commande à personne, je vais ou je veux, je fars ce qui me plait, je vis comme je peux et je meurs quand il le faut.Vel.3.| Quebec, 93 Septembre, 1841.No.78.MÉLANGES.LE BILLET Suite el fin.) A ces mots, il franchit une baic qui le séparait du grand chemin le long duquel wrpentait la Loire.Un paysas se tencontra sur sa route ; il\u2019envoya auprés du Wessé, Après quoi, il rejoignit 94 voiture qui l'attendait & quelque distance, et prrtit au galop vers Orléans.\u2019 La compagnie ne s'était pas séparée, et les bougies luttaient encore contre les ches clartés du matin, lorsque lé bruit se répandit parmi les gens de la fête ee le comte de Varennes venait d\u2019être transporté au château presque mort ét wanglanté.À cette nouvelle, lès derniers sons de la valse s'arrêtèrent, les furs se funérent sur tous les fronts, les rires les plus joyeux expirèrent.Toute la compagnie se précipita vers la chambre du comte qui râlait sur son k On n'avait point de médecin.Pendant qu'un des conviés courait à franc- trier pour chercher du secours au village voisin, un autre bandait de son mieux hblessure du moribond.De Varennes était en proie à cet étouffement qui récède la mort de quelques instans.On ouvrit les fenêtres, et, sur l'observa- leo du maître de la maison, la foule évacua peu à peu la chambre pour donner lair an bleszé.Il ne resta au pied du lit que Mme de G.\u2026.et la maîtresse lbolée du jeune homme qui obtinrent la faveur de veiller sur lui jusqu\u2019à l'arri- We dn médecin.; Les deux femmes gardèrent un instant le silence que Mme de G.rospit la remière.\u2014Madame, dit-elle à sa rivale, vous pouvez vous retirer.Le bal vous tes doute fatiguée, et vous devez avoir besoin de sommeil ; je veillerai auprès #M.de Varennes.\u2014Je ne me sens nulle envie de dotmir, reprit Mme de B.Pour peu que wis désiriez prendre du repos, Je resterai au chevet du blessé.\u2014Vous ne songez point, fit Mme de G., que tout ceci peut vous compro- Mitre ; moi seule puis rester dans cette chambre sans clanger.~Que voulez-vous dire, madume ?| ~Que l'on supposera peut-être que vous n'avez point voulu vous éloigner de de Varennes parce que ce jeune homme est votre amant.~Ab! madame ! dit Mme de B.en pélissant. 404 LE FANTASQUE.\u2014J\u2019avoue quë ce ne sera là qu'une supposition pour le plus grand no car moi seule ai la preuve de ce que j'avance, Ici le comte fit un mouvement, ouvrit les yeux et murmara quelques vagues que sa bouche n\u2019eut pas la force d'achever.Mme de B.étouffa un sanglot et reprit : \u2014Au pied de ce lit funèbre, je n'aurai pas la force d'engager une lutte mots et d'adresse avec vous.Oui, madame, j'ai aimé.ou plutôt j'aime M, { Varennes ; vous le saviez depuis longtemps, et j'en aila preuve.Je n\u2019ignor pas nou plus que vous vous sentiez entraînée vers lui par un penchant gui m servira d'excuse auprès de vous.Le voilà sans doute perdu pour nous deux serez-vous plus inexorable que la mort qui vous venge, et me rendrez-vous ç billet qui peut achever de me perdre ?Pendsnt cette scène, le comte s\u2019agita plusieurs fois ; une sueur froide mosi lait son front, sur lequel parurent rapidement, comme nn nuage, les teintes || vides de la mort ; puis il poussa un soupir étouffé, et un repos éternel succéd à son agitation : il avait cessé de vivre.Mme de B.se cacha le visage dans les rideaux pour étouffer ses cris dése, pérés qui essayaient de se faire jour à travers des flots de larmes.Quand cet première crise fut passée, elle se tourna vers sa rivale, et la voyant froide ( impassible devant cette scène lamentable, elle se jeta à ses pieds.\u2014 Madame, lui dit-elle, au nom du ciel, au nom de tout ce gue vous aime grâce, pitié, ne me perdez pas! Je vousai offensée, je le sais, mais je vu demande pardon à genoux.N'est-ce pas assez pour votre vengeance de n voir humiliée et suppliante ?Votre ressentiment ira-t-il plus loin encore?N ignez-vous pas d\u2019outrager la mémoire de M.de Varennes, en me poursuiva sans relâche?Ah! madame ! je pleure, je vous implore, je m\u2019accuse! Ri ne peut donc vous désarmer?Songez que tout est fini pour moi si ce biflet qi vous tenez passe en des maius étrangères ! Sa rivale l'interrompit.\u2014 Ne craignez point, madame, que ce billet passe jamais en des aed élrangères, je l\u2019ai remis cette nuit à votre mari, et c\u2019est voire mari qui a votre amant.À cette terrible révélation.Mme de B.poussa un cri de désespoir; égard hors d\u2019elle-même, elle courut à la fenêtre et se jeta dans la Loire qui coulait 4 pied du pavillon.\u2014-\u2014#- BOITE DE PANDORE.| (Pour le Fantasque.) ; [Nous nous hâtons de mettre devant nos lecteurs une lettre que nous écrit Kingston notre ancien correspondant, l\u2019APPRENTI IMPRIMEUR, aujourd'hui PA sax, dont le public s\u2019est sans doute ennuyé autant que nous.Cet empresseæ de notre part lui démontrera combien nous nous intéressons 3 ses progres et portera, nous l\u2019espérons, à ne pas négliger ses amis aussi long-temps.] \u2018 Kingston, 18 Sept.1841.\u2018 IMPRESSIONS DE VOYAGE.i Comme il est d'usage dans les grands pays, que les grands hommes publié les impressions qu'ils reçoivent en voyageant, il n'est donc pas étonnant 9 LE FANTASQUE.485 pit homme, d'un petit pays, publie les siennes ; les grands hommes, les ds écrivains, ne peuvent, dans leur grandeur, voir les choses que de haut, donc les petits ne peuvent les voir et les juger que du bas.Ceux-ci se servent d leur sujet pour se tirer de l'obscurité, et les premiers tirent \u2018de Fobseurité les sujets qu'ils traitent.Ainsi de chaque bord il y a du bon ; qu\u2019il vaut autant voir les choses du bas que du haut, pourvu qu'on les voie bien.Tudieu! comme je parle! Ma foi, on a péché beaucoup en ne me nommant pas membre de la chambre, car j'ai toutes les bonnes dispositions pour devenir un bon représentant, une forte opinion de moi-même, un bon appétit, un grand penchant à la flânerie, au amcur extrême pour les places qui rapportent beaucoup d'argent et exigent peu de travail ; tout enfin, eût assuré nes commettants que je n'eus point donné mes votes, sans avoir de bonnes raisons, comme dit le jeune-antique Mr.Barthe.Car, comme de raison, pour donner son vote il faut avoir une raison.de bourse.de ventre.dhonneur.rimporte laquelle, on en a toujours une ; C\u2019est là le curieux de la chose, et ce n'est pas aux curieux à y mettre le nez.Mais, bah, me voilà déjà écarté et je n'ai pas encore commencé à voyager, je rétrograde donc pour entrer en matière.Eh bien, il est donc bon que tous sachent, quele LI Juillet de l\u2019an de grâce 1841, le Canada (qui.comme le pays, son pseudonyme, cherche à se soutenir contre les Colborne et les Sydenham, me reçut à son bord, pour me transpor ter vers le champs Elisées du Canada, Catarakoui dit Kingston.Philoscphiquement assis sur mob Coffre, ma pipe à la bouche, les deux mains dans les poches de mon paletot, j'observai ce qui s'offrait à ma rue dans cet hôtel] mouvant, qu\u2019on appelle bateau-i-vapeur.Ici est l'émigrant, morne et silencieux : là, esl l\u2019insouciant voyageur canadien, un ruban à son bonnet qui danse et chante, comme s'il ne vivait pas continuellement dans la misère ; plus loin, sur l'arrière, te promène, d'un air important, celui qui vient de prendre un copieux souper dans la chambre : puis je considéraie le spectacle de ce bateau marchant rapidement dans l'ombre en lançant dans les airs une colonne de fumée et d'étincelles ; ces paysages, ces sites pittoresques, Ces églises environnées de petites maisons planches assises sur un tapis de verdure, qui s'offrent soudainement à vous et puis disparaissent dans le lointain ; les flots qui fuient en mugissant sous k puissante roue mue par la vapeur ; la lune silencieuse qui jette sa pâle kmière sur cette masse d'eau qui s'étend à vos pieds et lui donne une teinte argentée ; je considerais tout cela avec l'ébabissement d'un jeune gars qui n\u2019a jamais vu que le clocher de sa paroisse.Tout en considérant, observant, refléchissant, le lendemain matin je me trouvais à Montréal, déjeunant, comme vn prince, à la table d'hôte d'une petite auberge.Et, tout comme si j'avais couché au plus superbe hôtel, le matin de la jour- Me suivante, un carosse trainé par quatre chevaux, m'éloignait, en compagnie de dames, de prêtres, d'officiers du gouvernement et d\u2019hommes-de-cage, de la ville qui vit dans son sein les sanglantes exécutions ordonnées par la cour martiale d'affreuse mémoire et près avoir voyagé, par terre et par eau, l'espace dune journée et demie,\u2018 je vis la place où eut lieu Vaffaire de Prescott.Le moulin-à-vent où une poignée de braves commandés par le héros Von Schoultz, tlat en échec si long-temps toutf les forces réunies des loyaux de Prescott, de Kingston et des places environnantes, est Teconstruit, mais les maisons qui en sont près offrent encore leurs murs noircis aux yeux des voyageurs, qui sont 486 .LE FANTASQUE.ici agités par des sentiments bien différents.Ceux qui se disent loyaux par \u20ac cellence, sont joyeux et fiers en se racontant leé barbaries exercées par | troupes anglaises, les hommes bien nés soupirent après la liberté et déplo fristement la fin malheureuse de ses défenseurs, dont le Colonel Prince, l'in nanité incarnée, fit une si belle et glorieuse chasse, après les avoir fait pri miers.Enfin, après avoir vu lesmillesisles, d'où le fimenx Bill Johnson, ay, une douzaine d'hommes, fit tant de peur aux anglais, je débarquai à Kingst la ville bien aimée de milord Sydenham, Je Grand Turc du pays.Il est vrai que pour nn Poslet il ne pouvait choisir une ville plus à son puisque c'est une ville remplie d\u2019oies, jevous prie de ne faire aucune allusi aux honorables membre dont elle est aussi remplie, In majorité d'eux sont t au plus de beaux dindons parés des plumes du paon, j'aime à dire la vérité, tie n'est beau et laid, comme le vrai.L'hôpital où nos savants docteurs sont venus discuter les maux du pays, es un assez joli bâtiment, situé au milieu des champs.Milord Poulet n choisi ce endroit exprès pour inspirer de la loyauté aux membres rebelles.Elle est tourée dè maisons Carrées, des quelles on peut bombarder joliment la chamb: d'Assemblée ; chaque matin milord Poulet avait le soin d'envoyer la cavale ou l'artelillérie manœuvrer à la vue de nos représentants, ear la place d'Arm est aussi à la porte de la chambre, et j'attribue à cette dose de loyauté qu'i prenaient chaque matin, les votes étonnants de plusieurs des chauds patriotes sur lesquels elle paraît avoir euun effet merveilleux, il est vrai que ce so des arguments contre lesquels on ne peut pas résister.Ça, et les diners, nous change la conecience d\u2019un homme en peut temps, demandez plutôt à Mr.Taschereau, qui peut nous en dire long sur ce sujet.La cage de milord Poulet est située au milieu d'un petit bois, prés da Pénitens tiaire, en dehors de la ville, là aussi est son sérail, dont l\u2019une des demoiselles d'honneur, dit la chronique scandaleuse de Kingston, est passée aux Etats-Unis pour de grosses affaires.L'entrée en est defendue par une petite bâtisse en pierres percée de meurtrières.La fin au prochain numéro.A F Madame Fitawilliams et Mr.Buckstone ont Jonné hier leur première représentation au théâtre.Nous engageons les amis de la gaîté à ne pas laisser pas\u2018 ser, sans en profiter, l\u2019occasion bien rare ici de se désopiler la rate à leur aise.Madame Fitzwilliams est une actrice comique parfaite ; elle se ploie à toutes les exigences du genre qu\u2019elle a embrassé, avec une versatilité qui ne laisse rien à desirer.A un jeu vif, naturel, animé, elle joint une jolie voix bien exercée.qu'elle accompagne agréablement sur la guita:re, la harpe, Te piano (sur ce der-, nier instrument au parfait.) Comme on le voit Me.Fitzwilliams mérite l\u2019encou ; ragement public; car outre d'éminents dons naturels il lui a fallu des études opicié-! tres, consciencieuses pour arriver à son degré de perfection.Les deux petites: pièces qu\u2019elle a jouées ont été écrites pour elle par Mr.Buckstone et sont adaptées à ses moyens.Dans notre prochain nous en parlerons peut-être plus eu long.Mr.Buckstone joue lui-même avec beauzoup de verve et par son jeu d'acteur ne contribue pas peu à ses succès comme auteur.Ils répètent le même spectacle ce soir.2 .1 , CHAPELIER, No.15, rue Lamontagge,second magasin en charade IJ Ola porte Prescot, a regu un Int de redingottes et manteaux de caoutchouc, ( macintosh} imperméable, et tient constamment chapeaux ot casquettes aux dernières modes, "]
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