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Titre :
Le fantasque
Contrairement aux journaux traditionnels, Le Fantasque, c'est-à-dire son rédacteur Napoléon Aubin, n'utilise pas le discours politique habituel mais manie, avec une grande maîtrise de la langue, les jeux de mots, les charades, poèmes et fables à caractère politique. [...]
Publié pendant une des périodes les plus troublées de l'histoire du Québec alors que les factions politiques s'affrontent et que les journaux partisans se multiplient, Le Fantasque n'appartient à aucun parti et utilise l'humour et la satire plutôt que la rhétorique politique.

C'est aussi le journal d'un seul homme, Napoléon Aubin (1812-1890). Né dans la banlieue de Genève, Aubin quitte l'Europe en 1829 pour se rendre aux États-Unis où il séjourne jusqu'en 1835. Déçu par la vie américaine, il s'installe à Québec et devient journaliste. Il collabore à quelques journaux et fonde en 1837 Le Télégraphe, qui ne survit que quelques semaines.

En août 1837, à l'âge de 25 ans, Aubin fonde Le Fantasque qui paraîtra jusqu'en mai 1845 puis sera repris par des amis en 1848 et 1849. Durant ces neuf années, la parution du journal est irrégulière. La rébellion de 1838 d'abord, puis, au début de 1839, un séjour en prison imposé au rédacteur à la suite de la publication d'un poème dédié aux Patriotes exilés, privent les lecteurs de leur journal. À la fin de 1844, c'est l'incendie de son imprimerie qui interrompt la publication.

En 1840, Aubin fait l'acquisition d'une presse lithographique, la première à usage commercial dans la ville de Québec. Cette innovation permet aux abonnés du Fantasque d'acquérir une quinzaine de lithographies, surtout des portraits.

Aubin est sympathique à la cause des Patriotes, mais il dénigre Papineau et croit que l'action armée les mènera à leur perte. Dans les années 1840, Papineau revient dans ses bonnes grâces et sa cible préférée devient le réformiste Louis-Hippolyte La Fontaine.

Contrairement aux journaux traditionnels, Le Fantasque, c'est-à-dire Aubin, n'utilise pas le discours politique habituel mais manie, avec une grande maîtrise de la langue, les jeux de mots, les charades, poèmes et fables à caractère politique. Les discussions de fond, c'est plutôt à son autre journal Le Castor (1843-1845) qu'il les réserve.

Sous l'Union, c'est la responsabilité ministérielle qui sera le cheval de bataille du Fantasque. Ayant probablement jugé que la formule avait fait son temps, Aubin mit fin au journal humoristique, mais il continua sa carrière journaliste avec beaucoup de succès.

Références bibliographiques

Beaulieu, André et Jean Hamelin, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1973, t. 1, p. 96-97.

Gagnon, Serge, « Aubin, Napoléon » dans Ramsay Cook et Réal Bélanger (dir.), Dictionnaire biographique du Canada en ligne

Éditeur :
  • Québec :[s.n.],1837-1849
Contenu spécifique :
lundi 3 décembre 1838
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
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Références

Le fantasque, 1838-12-03, Collections de BAnQ.

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[" FANTASQS VIA i i N.AUBIN, Editeur & .; Publié hebdomadairement par § , N; AUBIN, 1 Tnprimeur, | Désidence, N.177, r.5¢.Valier Ag BPO rma CONDITIONS.ANNONCES.Cr.journal rédigé par un Flâneur paraît autant que possible chaque Samedi.Le prix en est de quatre sous par ex- omplaire.L\u2019sbonnement est de 15 sous par mois.Le bureau éditorial du Fléneur est établi en toutes les promens- des, rues et Places publiques.un y trouve l'éditeur lorsqu\u2019il y est.No admittance except o™ business.Comme nous vivons dans le siècle des progrès et de la ve - forme, Je Fiäneur, désirant montrer l\u2019exemple en encourageant les Lalenis, pniern tou:® aunonée digne de figurer dar ® ses pages, à raison de | sous (8 pointe.Toutes communice- 74 tions etc.pourront être laissé 3 9 24 chez Mr.J.Gack, on \u2018oR BR 11 ut, curr autres caffraichisse- El inens, acheter le Fantasque.Je n\u2019obéis ni ne commande d personne, je rais oi je veur, Je fuis ce qui me plait, je vis comme je peux et je meurs quand il le faut.ere 2 Vor.L] QUEBEC, 3 DECEMBRE 1838.[No.44._ _ LE FANTASQUE EST REBELLE.Le Fantasque est rebelle, entendez-vous, gens du monde ! c\u2019est moi qui vous le dis, le Fantasque est un rebelle, digne d'être \u201c suspendu, pendu même,\u201d comme dit de lui-même l\u2019honorable juge Panet.Voilà cependant la terrible accusation que les loyalissimes loyaur portent contre la pauvre et innocente petite feuille.Depuis queiques jours il n\u2019est qu'un cri contre elle, la taxant d\u2019intentions, de pensée», de paroles rebelles même ; paroles que nul n°e lues, que nul ne cite; mais c\u2019est égal, je vous le répète le Fantasque est rebelle ; c\u2019est une arme dangereuse, et je ne rerais pas étonné si l\u2019on me déclarait quelqu'un de ces jours, inclus dans l'ordonnance du conseil qui autorise la saisie et la détention de la poudre à canon.Prenez garde d'approcher, gens du pouvoir, je suis une matière si inflammable que je pourrais, à votre toucher, faire une horrible explosion gui vous pulvériserait ct qui ébranterait même les bases de la ville, de ses murs, de sa citadelle et ensevelir sous ses décombres tous les bons et braves habitants, y inclus les forces de ner et de terre, c\u2019est-à-dire la police et les Queen\u2019s Pets.Voyona donc, puisqu\u2019on m\u2019accuse de rebellion, quelle a été la conduite de notre .feuille depuis sa réapparition, et voyons ; s°il est possible de \"accuser de rebellion véritable contre le gouvernement de la mére-patrie.Il est vraiment humiliant, comme dit Mr.Rodier, d\u2019avoir à se justifier soi-même ; c\u2019est vexant, j'en conviens, mais lorsqu\u2019il y va de la bourse ou de la vie et de toutes les deux à la fois, il n\u2019y a pas à balancer ; aussi est-ce pour cela que je condescends à récapituler mes actes, avec assez du succès, j'espère, pour prouver mon innocence, aux yeux de la terre qui dans un moment aussi vraiment solemnel, ne peut manquer d'avoir ses huit cents millions de paires d'yeux fixées sur moi, sans compter même ceux des habitans de la lune que cela ne peut non plus manquer d\u2019intéresser vivement.; .Lorsque Lord Durham arriva, le Fantasque s\u2019éveilla de la léthargie où À était resté plongé près de six mois, et tendit une main amicale Su nouveau venu, tout en lui di- ant que le mal qu\u2019il venait soigner ou examiner était à peu près incurable, que ¢ la 278 LE FANTASQUE.maladie était dans le sang ! \u201d telles furent mes mémorables et prophétiques paroles.Je lui fie comprendre d\u2019avance que je me plaçais en vigilante sentinelle pour veiller à ves actes et \u201c exposer\u2019 les détails les plus minitieux de son administration à la critique la plus inceæante \u201d comme ilen est lui même convenu plus tard; pour veile ler aux intérêt du payset de l\u2019Angleterre ; à la dignité de l'empire et de son parlement, à l\u2019économie de ses revenus en même tems qu'aux libertés des sujets canadiens ; vous voyez que la mouche du coche de ce bon Lafontaine était une fort petite bête auprès de moi.À peine Lord Durham avait-il le tems de faire un pas que je lui prédirais que ce serait un faux pas et, Ô complaisance ! il fit tout en son pouvoir pour réaliser mes prédictions.Jessayai de lui inspirer de l\u2019à-plomb, de la grandeur d\u2019âme, des vues élevées.Rien! Lorsqu\u2019il eut institué son chef-d'œuvre de conception, en un mot, ea police, je montrai d\u2019un doigt sarcastique tous ses empièmens sur la liberté des citoyens ; je fus l\u2019avocat des charretiers, des chevaux, des chiens et surtout des boues ; en une occasion particulièrement où deux de ces malheureuses créatures furent entraînées au cachot contre toutes les lois du droit des boucs, je ne craignis point de prendre leur défense.Lorsque des oies et des canards furent inhumainement égorgés je criai contre cette loi de sang qui augurait mal pour l\u2019avenir du Canada.Quand on ne craignit point de jeter à l\u2019eau les sueurs du pauvre John Bull pour faire suer Populent steamboat qui porte son nom, j'osai protester au nom de la nation anglaise contre ce gaspillage des deniers public.Alors on me menaça, je fus inébranlable; on me sdllicita, je fus inexorable : Fabricius second.Je restai ferme au poste que je m\u2019étais imposé ; je prédis que le Parlement Britannique n\u2019accepterait point comme évangile les extravagances que faisait et débitait quotidiennement par la bouche de son amé Buller ; j'aiguillonnai sans-cesse leur pareæeuse oisiveté.Un sage a dit de se hâter lentement, l\u2019administration restait rapidement stationnaire ; elle marchait au pes redoublé sane changer de place en vrai conscritexergant la manœuvre et ces con- scrits-là étaient cependant tous «les généraux, gouverneurs-généraux, secrétaires- généraux, inspecieurs-généraux, commissaires-généraux, administrateurs-généraux.Alors la classe anglaise, ou bretonne, applaudissait à mes travaux et au lieu de la critique amusante que je lançais à Lord Durham elle lui jetait par le visage l\u2019injure rude et plate ; l\u2019injure sur ses actes, l\u2019injure sur ses mœurs privées Comme sur celles de son entourage ! Je continuai à soutenir la suprématie du Parlement tout en riant de ceux qui l\u2019attaquaient.Un orage imprévu vint battre les cerveaux de cette classe et secouer jusque «ans ses bases le frèle et vain échaffaudage vicc-royal.Les consciences vacillèrent, les promesses furent rompues, le représentant royal chancele ; jo re«tai ferme tandis que la même classe, qui avait hurlé la malédiction sur le petit potentat, vint iui lécher les argots, se traîner dans la poussière, se faire vile pour le faire grand et tourner l\u2019insulte, qu\u2019elle lui avait destinée, sur le plus haut tribunal de 1a nation, sur ce qu'elle a de plus vénérable, de plug grand : les décisions de ea législature, lors ct communes Le représentant royal partit, et d\u2019imbéciles bravos accompa- gnèrentt l\u2019homme qui n\u2019avait fait que du bruit et que du mal en ne faisant pas de bien.- Et moi je continusi à rire du comédien et de ses claqueurs et je continuai à prêcher gaîté, union, honneur, patience et confiance en la justice britannique de Angleterre.Ex le peuple canadien attendait ; de tous côtés on'jeta l'anathême criard sur tout le u pour quelques brebis égarées ; et l\u2019on s'étonne gn\u2019une pareille discordance choque les oreilles de quelques autres brebis les effraie et menace de les faire aussi s'égarer ! En vérité, je vousle dis, ceux qui 10ulent étourdiment et vite s\u2019imaginent que les arbres du chemin qui les regardent passer avec indifférence les fuient avec rapidité.Le Fantasque est resté stationnaire, riant des ridicules les plus saillants, tandis que ceux qui chevauchaient par monts et par vaux sans consulter ni raison ni décence ont cru le voir reculer, le voir suivre une autre route.Parce qu'il a osé « ympathises, c\u2019est-à-dire plaindre quelques malheureuses dupes qui nesont, hélas \u2019 LE FANTA .79 pes fort dangereuses on s\u2019est écrié: haro, rebelle! comme #%il fallait n'avoir plus entrailles pour être loyal.Voyons, loy aux raisonnables, s\u2019il en est encore, metions une main sur notre conscience et disons si ces terribles rebelles sont aussi affreux nous ont fait autant de mal, qu'on le veut bien cr\u2018ers/ Quelques uns sont en Tarte, Ia recher-he de leurs femmes, de leurs sœurs, de leurs fils que la flamme a c du toit qui les abritait ; le froid, la faim, la douleur, la mort et, ce qui est pire encore, le spectacle du malheur de ceux qui leur sont chers les attendent ; d\u2019autres; hélas! plus heureux, dorment sous la neige et ne s\u2019éveilleront point au printems 3 d'autres sont enchainés et subissent les injures, les reproches que vous leur prodigues à travers leurs barreaux, n\u2019espérant, comme une délivrance, que le courroux ou I miséricorde d\u2019un pouvoir irrité.-~ Un peu de complaisance, un peu de bonne foi et convenons qu\u2019ils ne sont pas les mieux plucés.\u2014Ils ont mérité le pire destin, direz-vous.D'accord, mais peuvent- ils être plus malheureux qu'ils ne le sont?assez coupables pour être indignes d\u2019un peu de la pitié de ceux qui ne veulent point la mort inévitable du pécheur, mais sa conversiun, de ceux qui n\u2019ont pas sans-cesse à la bouche des cris de sang et do vengeance ?avouons qu\u2019ils ont plus fait pour vous que pour eux-mêmes, plus, même que vous n\u2019avez fait.En effet : où en serions-nous, anglais, écossais, irlandais, si la chambre eût été aussi sage qu\u2019elle eût pu l\u2019être; où en seraient ces privilèges exclusifs après lesquels vous soupiriez et que vous savourez aujourd\u2019hui au-delà de toute attente ?Où en serions-nous, monsieur un tel, qui gagnez, à ne rien faire de beaux deniers inattendus?Où en seriez-vous monsieur le grand petit jurisconsulte qui avez échangé tmne vierg2 et triste robe contre de pompeux et fainéants galons ?Où en seriez-vous monsieur le marchand qui avez quitté l\u2019insipide et aride comptoir pour le camp sans danger et sans gloire?Où en seriez-vous monsieur le sot que la tourmente a nis à flot comme l\u2019inutile billot qui pourrissait oublié sur le sable de Ja rive et que le hâcheron eût aseez méprisé pour lui refuser le coup de hache 1 Où en serions-nous, messieurs tels, tels et tels qui n\u2019étiez rien et que les rebelles ont fait quelque chose, les maudits rebelles ! que vous accablez de malédictions et devant qui vous devriez vous agenouiller.Voilà donc le crime du Fantasque ! c\u2019est de n\u2019avoir point ajouté son insouciante satire aux améres injures de la presse enragée, sur des malheureux qui ont eux- mêmes ourdi le filet qui les enveloppe ; c\u2019est de n\u2019avoir point changé quand je vent de l\u2019adversité est venu dessécher les arbres sous l\u2019onbrage desquels il aimait à errer ; c\u2019est de ne point faire un chorus insensé avec ceux qui chantent de profanes hymnes en l'honneur des faux-dieux ! c\u2019est de crier encore à de malheureux iloies : courage ! espérance ! toute justice nest pas * morte encore au cœur du roi.\u201d ; Tuuieu ! je tombe jusqu\u2019au cou dans la tragédie! mais soyez tranquilles, ce n'est qu\u2019un petit nuage de mauvaise humeur qui ne dure pas long-tems chez moi heureusement ; mais qui, dans tous les cas, serait fort excusable, vu que ce n\u2019est pas amusant du tout de se voir appelé rebelle lorsqu'on n\u2019a rien fait pour mériter ce titre.Si ce litre était simplement honorifique j'en passerais moutonnement par là, mais il est des charges et des rétributions y attachées qui ne font point du tout mon afaire.Un séjour dans une cave, une prison, ou une citadelle ne m\u2019amuserait nullement, surtout depuis que l\u2019habeas corpus est impossible.Je vous le demande, cruels anglais, que ferait le bon public si vous le forciez à se priver de ce drôle de corps qui l\u2019amuse ordinairement ?Encore si je pouvais en détacher mon âme ou plutôt mon ceprit ( pour parler modestement ) et l'envoyer consoler tout le monde je m\u2019en consolerais moi-même ; mais il n\u2019y aurait pas moyen ; vu l\u2019union intime du moral avec le physique et la nature des choses comme dit Mr.Berthelot, d\u2019assourdissante mémoire.Ainsi entendons nous ÿ je suis prêt à faire un pacte avec vous pourvu que vous me laissiez tranquille.Je na à ne jamais rire de vos ridicules, quoi que vous puissiez faire ; je proclamerai Mr.Symes le plus utile et le plus savant de tous les megis- 250 LEE FANLASQUE.trats, Mr.Young le plus soumis de tous les officiers publics, la police le corps le plus vénérable de la terre, les volontaires les gens les plus désintéressés, les plus braves, les plus loyaux du Royaume-Uni,les lois du Conseil Spécial les plus douces, les plus paterneiles, les plus humaines du monde civiliséf Mr.Cochran le plus savant des ho:nrnes de loi, le Herald, Ja plus charmante, T&plus spirituelle, la plus philantropi- que de toutes les feuilles, les jugs Panet et Bedard les plus grands rebelles aux lois et à leur conscience, le Mercury le plug inlépendant de tous les organes, Mr.Teed le plus dangereux de tous les alor Durham le plus grand de tous pos gouver- meurs James Stuart le plus digne hômme de l\u2019Amérique britannique septentrionale, les Alnéricains les plus incarnés pirates amphibies de l\u2019ancien et du nouveau monde, le colonel Bowles le sujet le plus soumis aux lois et à la justice actuellement sous la calotte des ceux, et les Canad ens les plus insignes rebelles qui se puissent imaginer, tous dignes de la haine des hommes raisonnables en général et des amis du bon gou- vernem:nten particu'ier ; enfin je ferai tout ce qu\u2019on voudra, pourvu qu\u2019on ne m\u2019appelle pasrebelle.Sinon Je soutiendrai devant Dieu et les hommes que exemple de l\u2019insubordination est montré par association constitutionnelle et les tories lorequ\u2019ile brilent les lords en efligie ot désapprouvent le Parlement qui voulait qu'au moins les lois fussent légales, par le Herald qui insulte tout le monde a tort et à travers, comme un chien hargneux pour la destruction duguel on devrait oflrir une récompense, par le colonel Bowles, par Mr.Young, par le Mercury qui prêche tout haut le mépris contre les représentans de la justice royale, en un mot par tous ceux qui, sous le nom élastique de loyauté, cachent les actions les plus noires, les plus opposées, les plus détestables.\u2014\u2014 LE BOULEVERSEMENT CONTINUE.Sabre de bois! pistolet de paille! gu'allons-nous devenir si l\u2019on continue comme on l\u2019a fait jusqu\u2019à ce jour à se moquer de la justice?Nul ne peut répondre à cette question, ni terminer, à la satisfaction de chacun, la querelle mémorable qui vient de s\u2019élrver et qui paseera rans doute à la postérité, emmenant avec elle les noms des Honurables Panet et Bedard, ceux de MM, Aywin, Teed, Cochran, Jeffries et Young.Vraiment dans le moment actuel l\u2019homme le plus important du Canada est sans contredit Mr.Teed qui, je le crains fort, va mettre le respect dû à la justice dans de très-vilains draps par la fantaisie qu\u2019il lui a pris de faire demander on corps.On sait que dans mon d°rnier numéro j\u2019offis une récompense pour l\u2019appréhension du rebelle evtonel Bowles ; j'ai la douleur d'annoncer que cet appât n\u2019a pas encore eu efit et gue personne n\u2019a osé jusqu'ici faire le siège de la citadelle ; en conséquence j'annulle ina première proclamation et j'offre la récompense qui y était offerte, à cv} di qui trouvera le corps de Mr.Teed et qui l\u2019amènera mort ou vif au grand jour.Ma relation de celte affaire en est restée à la mise en prison du gedlier, tout n'est pas envore fini et je ne sais point même si dans mon prochain numéro je pourrai vous dire quel en aura été le résultat définitif.Hi fau.done que j\u2019annonce que depuis mon dernier numéro, Mr.Aylwin fit demander à Mr.Youn le corps de Mr.Teed qu\u2019on à déjà inutilement demandé à la cour, à monsieur le shérilf, à monsieur le geôlier, à monsieur le colonel Bowles, ceci estsimnlement pour mes lecteurs éloignés, car pour ceux de la ville je n\u2019aurais nuile- meat besoin de leur en rien dire vu que cette affaire est littéralement dans toutes les bouches ; chacun en donne son opinion, depuis Mr.l\u2019ex-ronsæeil de la reine, qui dit tantôt blanc tantôt noir sur ce sujet jusqu\u2019à l\u2019habitant qui vient au marché et qui dé- clars que désormais lorsque la cour enverra faire saisie dans sa maison, il tirera sur les roanôtab'es par les fe 1êtres de son logis qu\u2019il transformera ainsi en citadelle, à l\u2019instar des volonels de Sa Majesté et du chef de la police qui a été établie par notre ex-ex- eellent gouverneur pour faire respecter les décrets de la justice.Jeudi dernier à midi Je public assaillait les portes du palais de justice où l\u2019on atien- LE FANTASQUE.\u2014 ary dait Mr.Young qui avait donné sa parole qu\u2019il »\u2019y trouverait à cette heure pour répon- | « dre #'il avait eu oui ou non sous sa garde le corps éternel de Mr.Teed ; midi sonna, Ia demi heure qui le suit s\u2019écoula, mais Mr.Young ne vint point; cn revanche Mr, Cochran se présenta et voulut présenter une proposition de fre Young; mais, bernicle ! le juge dit qu'il avait affaire à Mr.le chef-de-police et nullement au conecil de la reine ; on remit la chose à une heure, tems auquel se devait présenter Mr.Young, qui ne se presenta point, la cour dit qu'elle I'attendrait encore jusqu\u2019à (rois heures »il voulait se présenter, le conseil de la reine dorna Jui aussi va parole et lorsque trois heures arrivèrent Mr.Young n\u2019arriva point ; cela causa dans toute la salle une vive indignation contre les officiers de la couronne qui foulent ainsi à leurs pieds le premier apanage de cetle couronne ; on entendit des murmures à droite, des trépignements à gauche, des interruptions vers le centre, les huissiers parcouraient en vain les couloirs pour obtenir le silence qui ne se rétablit que lorsque la voix de Mr, Aylwin que se livrait à une brillante improvisation, ee fut fait entendre.Ce monsieur fit ressortir avec force le ridicule dont on couvrait la cour par de semblables procédés et les dangereuses conséquences qu\u2019ils ne pouvaient manquer d'avoir.Il déclara qu\u2019il n\u2019avait \u201c rougi du nom d'anglais que depuis que les lois les plus saintes de l\u2019Ang'eterre étaient mises de côté par la force brutale, que depuis que la justice n\u2019avait plus son cours et que cette interruption provenait de ses propres officiers,\u201d il nous apprit de plus une chose que nous ne savions pas encore, c\u2019est que Mr.Teed avait été renfermé \u201c dans une cave, sur la simple autorité de Mr.Young!\u201d et cela sans doute afin d\u2019éluder les recherches légales.Le juge, après un exposé digne, indépendant et ferme de ce qu\u2019il considérait son devoir, prononça une sentence d'emprisonnement contre Mr.Young jusqu\u2019à-ce qu\u2019il ait fait une réponse satisfaisante, punition béni en comparaison de l\u2019énormité d\u2019une triple offenæ! Mr.Young est allé rejoindre le colonel Bowles dans la citadelle, ou Mr.Teed est probablement encore.Quant à moi je ne veux nullement exprimer mon opinion sur tous ces procédés-là vu que l\u2019on m\u2019sppellerait sans doute rebelle si j'allais par hasard prendre la défense du tribunal.Je dirai seulement que si un journal publié en langue trauçaise eût fait des remarques aussi indécentes, sur un juge anglais, que celles dont ont fait usage, vis-à-vis de deux juges canadiens, quelques journaux loyaux, à la tête desquels s\u2019est mis le Mercury ( journal officiel ! ) ne hurlerait-on pas: à la rebellion! & l\u2019emprisonnement! à la destruction 1 Attendons ce que vont dire de ce qui se pasee ici les journaux anglais dont les éditeurs au moins ne convoitent point les piteuses faveurs au moyen desquelles on fait mouvoir dans ce pays, hommes, consciences, plumes et | i presses.L'affaire de l\u2019Avbeas corpus n\u2019est point terminée ; il reste encore, à passer par les verges de I'infatigable Aylwin, le shérif, monsieur Symes, dit-on, et peut-être une couple d\u2019autres qui ont aussi pu conniver dans l\u2019inouïe persécution sous laquelle gémit le célèbre et infortuné Mr.Teed\u2014\u2014_ UN JOLI TOUR DE CES DEMOISELLES.Les douze coups de minuit avaient à peine achevé de retentir lentement et solennellement au beffroi de notre vieille cathédrale et.mais jeme laisse entraîner par mon humeur poétique hors des clôtures de la vérité : il n\u2019est pas vrai que la ville de Québec ait une vieille cathédrale vu que rien n\u2019est vieux, rien n\u2019est jeune que comparativement ; ainsi une saison bâtie du tems de noire cathédrale serait une antique maison, tandis que notre église est toute neuve ; Québec est jeune en comparaison de l\u2019Amérique, et celle-ci en comparaison de l'Europe qui l\u2019est en com raison de l\u2019Univers et du firmament qui le sont en comparaison du néant ; madessoi- sel'e une telle est vieille fille qui serait aujourd\u2019hui jeune dame si monsieur un tel | n'eÂt point été volage, cruel et traître à ses serment, pour épouser cette vieille veuve que ses vieux écus rajeuniment ; monsieur Cochran le conseil de la reine avec ses £38 LE FANTASQUE.cheveux gris n\u2019est après tout qu\u2019un bambin auprés de Mr.Aylwia l'avocat-pertur- bateur «lu repos du gouverneur public.Comme vous le voyez je m'étais trompé en disant que nous avions une vieille cathédrale ; j'étais également éloigné du véritable en alléguant que minuit venait de sonner à son beffroi, attendu que la paroisse n\u2019a q Pre vieille horinge rouillée, arrêtée de tems immémorial, don: chacun des quatre qua-lrants montre éternellement une heure différente et immobile, afin, sans doute, de nous faire comprendre que le teins est stable au milieu de Veternité et, par la même occasion, que le tems accordé à chacun de nous est tout-à- fait incertain ; qu\u2019il est matin pour les uns tandis que le soir arrive pour «d\u2019autres; que celui-ci doit se préparer à remplir utilement la grande journée de sa vie tandis que le moment est venu pour celui-là de chercher son bonnet de nuit, de dire sa prière, de faire ses dispositions pour le long sommeil de la mort.En vérité l'horloge arrêtée de la paroisse Fait le plus bel éloge des habitans de Québec, car elle semble dire à l'univers que ies heures sont faites pour les oisifs et que l\u2019homme sage fait le bien sans s'inquièter du tems, du jour, du moment.Enfin vous voyez quelles ingénieuses ailégnriesou peut trouver dans les moindres évènements avec wn peu de bonne volonté ; quelles utiles leçons de morale l\u2019obrervateur de la nature et des choses du monde peut puiser dans les accidents les plus légers! mais, au diable les allégories, les préambules, la morale, la nature et les cathédrales: il ne s\u2019agit point de tout cela mais bien du magistrat banal qu\u2019on ne nomme point et qui n\u2019est pas du tout un personnage allégorique à moins cependant que les dieux ne nous l\u2019aient jeté pour nous faire comprendre qu\u2019il est un siècle plus dur encore que le siècle d\u2019airain : le siècle de calicot ; c\u2019est-à-dire le t\u2018ems où la verge de fer du pouvoir est abandonnée aux mesureurs d\u2019indienne, où l'aune remplace le sceptre de la justice qui, Dieu merci, n\u2019a pas ici besoin de bandeau depuis qu\u2019elle est administrée par Messieurs Symes, Cazeau, Chouinard et compagnie.Comme vous le voyez je ne veux point nommer la personne dont il s\u2019agit, afin «d\u2019abord de vous laisser le plaisir d'exercer votre sagacité, puis de deviner à qui j'en veux lorsque je désigne ce qu\u2019il y a de plus ridicule en fait de magistrat ridicule ; d\u2019aîlleurs si j'allais, par malheur, inscrire en toutes lettres un nom-propre ou mal- comme celui du héros qui nous occupe on pourrait me faire comparaître pour mépris de privilèges des magistrats fatigants, ensorte que n\u2019ayant pas encore de lieu de retraite orné de demi-lunes, de contrescarpes, de tranchées, de glacis, de polygones, de murailles, de fossés, ni de souterrains, on conçoit que je ne suis nullement d'humeur à me brouiller svec ces messieurs à propos d\u2019un article éditorial.Vous saurez donc qu\u2019il s'agit d\u2019un marchand de vuilea et de gaze, ensorte que vous m\u2019excuserez facilement si je vole les noma, si je gaze les qualités pour leur substituer une désignation simple etinnocente.Jappellerai done notre héros Mr.Busybody, nom illustre, qu\u2019ont porté bien des héros, qui fut traduit par : Fourresonnezpartout, par Signor Aristote, philosophe chinois qui vivait du tems de ce bon roi Dagobert qui mettait sa culotte à l\u2019envers pour ne point l\u2019user trop vite, afin de n\u2019avoir pas air de taxer trop souvent ses fidèles sujets ; on prétend même qu\u2019il portait des sabnts, sans doute pour qu\u2019on ne l\u2019accusât point de jeter, par les fenêtres, l\u2019argent du pauvre peuple à propos de boîtes ; aussi, cetle science a-t-elle été nommée l\u2019économie pc.itique, c\u2019est-à-dire que ce n\u2019est point une économie économique, mais une économie politique, voilà qui est clair.Le monsieur dont il s\u2019agit actuellement n\u2019a vraiment rien de commun avec le roi Dagobert et il ne lui arrive que fort rarement de mettre ses inexpressibles à l\u2019envers ; mais en tous cas il ne sera point choqué de ce que je l\u2019appellerai Busybody vu que c\u2019est le même sobriquet que donnèrent Darius à Alexandre, Brutus a César,Charles ler.a Cromwell, Pierre-le-Grand 3 Charles XII, et vice-versd, Louis dix-huit à Napoléon, l\u2019Angleterre & O'Connell, à Washington, au Dr.Rousseau, 3 Lord Brougham et à Ni:olas l\u2019empereur de toutes les Russies, mais, je crois qu\u2019il est tems enfin d\u2019arriver à mon histoire. LE FANTASQUE.233 Commune je voulais le dire d\u2019abord, il était minuit et l\u2019on pouvait voir Mr.Bueybody reposant sur ur mollet sofa ses membres précieux, las des immenses et innombrables travaux du jour ; sa tête pleine de vapeurs,de projet« et de réveries, reposait sur une table où l\u2019on pouvait la voir confondue avec d'importants papiers, des verres vides des bouteilles idem et les restes d\u2019un dindon.Mr.Busybody était en ce moment occupé à se faire peur.C'est un passe-tems comme un autre.En ce moment il regardait sous la table où il s'imaginait voir un fantastigte rebelle à l\u2019im-nense tête de fer,aux yeux flamhovants roulant dans le sang, à la bouche en gueule de canon, au nez en poignard ; il respirait un doux zéphir qui appurtait à ses nasaux uns agréable vJeur de poudre, et un farfadet balangait i wes yeux des millions de culasses de fusil et des myriades de balles de pistoletsexécutant à la fois une danse diabolique sur la pointe d\u2019une bayonette.Or il fut tiré de cette charmante vision par six rapides coups du marteau de sa porte; il fit un bond et l\u2019on ne sait ce qu\u2019il fût devenu si une voix ne se fût point fait reconnaître.La porte s\u2019ouvrit et l\u2019on put voir entrer un démor, des ténèbres, humanisé par ordonnance de Lord Durham.Je ne eais quelle co sfidence il tit à Mr.Busyboly, mais tout ee que je puis dire, c\u2019est que ces deux gentilshommes sortirent prestement et rencontrèrent dans la rue une autre bande de gentilshommes qui, obéivsant 4 un signal convenu, se mirent tout-à-coup en ordre militaire de marche, sabre au côté, pistolet à la ceinture; je ne sais où ils se dirigèrent mais un quert d'heure après ou put voir Mr.Busybody revenir à la tête de la même Lande de gentilshommes qui s'était recrutée d\u2019un nombre assez considérable d'êtres revêtus des vêtements du beau sexe.Les uns pleuraient, les autres riaient, ceux-ci chantaient, ceux-là blasphémaient ; c'était l\u2019émeute en jupons, selon la supposition que nous sommes obligés de faire, car nous n\u2019avons aucune idée certaine là-dessus; tout ce que nous pouvons dire c\u2019est que la petite troupe ct les prisonniers masculins ou feminins qu\u2019elle avait faits se dirigea vers l\u2019asile de l\u2019innocence, vulgairement appelé prison de Québec.Lorsqu'ils furent arrivés devant la lourde porte, Mr.Busybody fit ranger ses amis en ordre de bataille, et ordonna par trois fois à la porte de s\u2019ouvrir, ce qu'ayant entendu le guichetier qui, voyant que la porte n\u2019oléissait point se leva paresseusement et vint en grommelant quelques mots mystiques qu\u2019on eût pu traduire par: que la peste puisse étouffer ce maudit homme qui ne nous laisse ni trève ni repos ; bref la porte fut ouverte et «fr.Busybody prenant tout d\u2019un coup une attitude de maitre de ballet dy siècle de Louis quatorze, fit un agréable sourire, une révérence en grattant trois foig du pied la terre et dit: Mesdames veuillez vous donner la peine d'entrer.Après vous monsieur.Après vous mesdames.Après vous.Après vous ; trève de cérémonies, je vais vous montrer le chemin ; vous autres gardez la porte, mes braves! Hum! I! entra et sur ses pas se précipitèrent en tumulte les bruyants hôtes qui allèrent attendre dans la retraite des jours meilleurs,des tems moins dure, des âmes plus tendres et des magistrats moins inexorables.À peine Mr.Busybody avait-il disparu, emmenant avec lui ses romanesques captives qui l'accab'ait de bénédictions que l\u2019on entendit soudain un vacarme infernal qui pouvait donner une petile idée de la bataille d\u2019Austerlitz.Le cliquetis des clefs, des barreaux, des verroux ressemblait à une charge de cavalerie sur un bataillon carré, dont le feu-de-file bien nourri était figuré par le bruit des coups secs, vifs et rapides de quinze paires de mains ouvertes et potelées appliquées à tour de bras sur deux joues grasses et charnues ; l\u2019effet solemnel des déton- nations de l\u2019artillerie était assez correctement rendu par de vigoureux coups de poings .» .lancés de mains trés-sires Faisant sur un gros dos de rudes meurtrissuree.Puis au dessus de ce bruit dominait encore l\u2019imitation naturelle des cris des blessés et des mouranta; elle consistait en un hurlement démoniaque et désespéré \u2014 er pe mag res rr + 0 A eme ms\u201d uk 1e Le me mn 284 LE FANTASQUE.qu'entrecoupait péniblement Pélonuente et terrible interjection de murder, murder ! Des secuurs arrivèrent ft à tems et mirent fin au carnage.Alors un put découvrir le sujet de tant de bruit; c'était tout simplement Mr.Busybody qui venait de failtir d\u2019être la victime d\u2019un infernal guet-apeus que lui avaient ménagé ces demoiselles qui lui en voulaient depuis long-tems.Ii paraît que jamais l\u2019occasion ne s'était ufferte à elles de se venger un peu des désagréables afrunts auxquels Mr.Busybaly les expose presque journellement.Le hasard leur ayant procuré cet instant de tête-à-lête avec leur mortel ennemi, elles ne purent résister à la vive tentation de rattrapper le tems perdu, aussi lui firent-elles bien vite sentir toute l\u2019affection qu\u2019elles lui vouaient: soufflets, coups de poingssur les yeux, pincements, voir même égratignures et, par manière de variations, Coups de pieds dans Pos des jambes, telles furent les marques d\u2019attachement de ces demoiselles, transformées alors en luries vengeresses, envers Mr.Busybody.Il en était bleu, rouge, pâle, en un mot lorsqu'il sortit, en j-ossédé, de ce repaire, la police se précipita sur lui, le sabre au poing, dom elle faillit le transpercer comme un rebelle, atlendu qu\u2019elle le ait ponr un drapeau tricolore.Maintenant, chers lecteurs et vertueuses lectrices je vous demande pardon d\u2019avoir mis sous vos yeux des objets de dégoût tels que Mr.Busybody,et ses ennemies ; mais je ne l\u2019aurais point fait si en même tems je n\u2019avais cru pouvoir y trouver un enseigne- .Le voici: Lorsqu\u2019on fait pour le public plus que son devoir, le public n\u2019en a point de reconnaissance : au contraire, il rit au nez de l\u2019officieux.Autre enseignement moral.Tout est pour le mieux.La providence emploie tous les aoyens pour venger l\u2019humanité outragée ; ses voies nous sont cachées, ne murmurons point ; en cette occasion le châtiment a fait d\u2019une pierre deux coups, c'est-à- dire que la société ve trouve doublement vengée ; d\u2019abord des sombres déesses qui outragent la morale publique, en les mettant entre les griffes de Mr.Busybody ; ensuite de Mr.Busybody qui l\u2019outrage par l\u2019encouragement qu\u2019il donne à la délation, en lesoumettant a la leçon peut-être un peu dure, mais non moins ingénieuse, de ces demoiselles.Queéat-ce que cela signifie?Les journaux de Québec annoncent que le baron de FRATELIN est parti d'ici pour Montréal en compagnie de W.K.M'Cord Esqr.et voila le Herald de Montréal qui nous dit que ce même baron y est arrivé en compagnie du bourreau ! Foin ! foin! dit Pogre cela sent furiensement la chair de chrétien ! Le viège de ln citadelle ve continue avec vigueur, on a braqué sur toutes ses isms lex yeux de tous les huissiers, recors, et connétables dont peut disposer actullement notre pezvre cour de justice.XP Plusieurs de nos abonnés nous informent qu\u2019au jeune homme se permet d'aller solliciter Le montant de leur souscription, sons aucune autorisation de notre part; nous prions toute porsonne à laquelle une paseille demande serait fuite, #°ns un compte fourni par l\u2019un des i de vouloir bien retenir individu ot nous en i1ommer avis.Nous avons assez de peine à collecter nos petits revesws sins ques d\u2019autres »\u2019 td nous soulager de ce soin.amuses # + Aux CORRESPONDANTS.La lettre Du; N LUTIN est fort spirituellement écrite, mais comme elle estirise les œuvreset actions d\u2019un jeune canadien qui fait es efforts pour se rendre utile à ses concitoyens, r.ous ne pouvons l\u2019insérer sans avoir le nom de son suteur.e "]
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