Le fantasque, 27 octobre 1838, samedi 27 octobre 1838
[" FS'ANTDASSOQUE publié hebdomadairement par ; COKDITIONS.CE journal rédigé par un Flâneur paraît autant que possible chaqoe Samedi.Le prix en est de quatre sous par exemplaire.L'abonnement est de 13 sous pur mois.Le bureau éditorial du Fléneur est établi en toutes les promenades, rues et places publiques.On y trouve l\u2019édijeur lorsqu\u2019il yest.No admittance except N.AUBIN, Editeur & A.JACQUIES.Imprimeur.| Révidence, N.177.1.8t.Vatior.ANNONCES.Comme nous vivons dans !® siècle des progrès et de la réforme, le Fläneur, désirant montrer l\u2019exemple en encoura- seant les talents, paiera toute annonce digne de figurer dans @ ses pages, à raison de À sous la pointe.Toutes communies- À tions etc.pourront être laissés chez R.Devérry où, l\u2019on AGE i peut, entr\u2019autres raffraîchisse- on business.fee 0 ig 0 mens, acheter le Fantasque.Je n'obéis ni ne commande a personne, je vais où je veux, je fais ce qui me plat, je vis comme je peux et je meurs quand il le faut.QUEBEC, 27 OCTOBRE 1838.No.39.Vou.1.] Le FrLaNeur eN CHEF DU FANTASQUE, pour ef proche le continent de l'Amérique, etc.elc.etc.elc.elc.efc.AUX CANADIENS.Aide-toi, le ciel t'aidera.To be or not to be, that is the question ! Etre ou n'être pas, telle est la question ! voila les mots qu'a mis le grand poète dans la bouche d\u2019un jeune prince qui voulait reconquérir son apanage.ETRE ou N'ETRE PAS sont les mots que doit graver à son chevet tout ce qui porte un nom canadien, Jide-tot, le Ciel Paidera! voilà ce que je crierai de toute la force de ma voix à tout Je piys, & chacun de ses habitants, Les te:ns sont durs, s\u2019écrient les uns; les anglais sont durs, s\u2019écrient les autres ; Jo gouvernement est dur dit celui-ci ; la police et dure murmure celui-li ; et cependant on prend les terns comme ils viennent, les anglais comme on les trouve, le gouvernement comme il est, la police comnie elle arrive et nul ne songe à retourner les tems et les anglais.ni à éclairer le gouvernement, ni à éteindre la police, et l\u2019on pleure, gémit, querclle s2 s songer à mettre le doigt «ur la plaie et à s\u2019écrier: voilà où me blesse le soulier, va-t-en au cordonnies vilain voulier ; qu'on me raccommoide ce soulier, qu\u2019on me change ce soulier, qu'on me jette au fen cet inutile et abominable soulier! en un mot on appelle le ciel et les américains à son aide, sans vouloir s\u2019aider ; tandis qu\u2019avec une pen de bonne vo'onté il y aurait moyen de se paser des américains, je dis plus : it vaudrait mille fois mirux sen passer ; quant au ciel, je n\u2019en parle pas, il aide celui qui s\u2019aide.selon ce que dit le «age proverbe.Mais je crois que je parle un peu en paraboles, à l'exemple de Lord Durham ; ch! qu\u2019est-il besoin de paraboles dans le pays le plus libre du monde ?la pensée n\u2019a-t-elle pas des mots pour se représenter, et la liberté de l'essor ?Parlons donc en langage terrestre nature! et n\u2019allons chere ss LE FANTASQUE.cher nos éomparaisons, ni dans le ciel, ni chez les cordonniers.Voici ce dont il a.ot: ; Depuis l\u2019an mil cent quatre-vingt-onze vous avez possédé une constitution qui a marché et voue fait marcher tant bien que mal,jusqu\u2019en l'an mil huit cent tren- c\u2019est un fait qu\u2019il ext facile de prouver ; vous étiez presque unsnimes dans Ja demande de réformes qui fussent sant doute arrivées peu-à-peu si cette enanimité toujours imposante se fût rontinuée, par votre union vous aviez obtenu déjà des promesses.Des promesses! allez-vous vous écrier, eh ! c\u2019est en eflet tout ee que nous avons oblenu ! oui, cela est presque vrai, mais des promesses mettent dans le tort celui qui neles lient pes, et il faut toujours finir par les réaliser ou savouer coupable ; mais aujourd\u2019hui, pour vous être un peu pressés, et, surtont, pour vous être dévunis, vous êtes plus reculés que jamais et l\u2019on ne prend même plus la peine de vous faire des promesses ; au contraire, on vous fait tout haut des menaces ! Je ne veux point vous faire l\u2019histoire de la boucherie qu\u2019on appelle révolution, révolte, rebellion, insurrection ; vous connaissez cela aussi bien et peut-être mieux que moi, ensorte que je ne vous Tetracerai point ce trinte tableau d'erreurs et de crusutée ; à est fait est fait, on n\u2019y peut rien changer, mais il faut voir ce qu\u2019il convient de ire à l'avenir.Lorsque Lord Durham vous arriva vous vous trouviez dans une situation tant soit peu critique, il ne faut pas se le cacher; ne dorons point les termes et appelons les choses par leur nom : quelques uns d\u2019entre vos frères s\u2019étaient réunis, armés pour ce qu\u2019ils pensaient une bonne cause, qui l\u2019était ou ne l\u2019était pas, nous n'en dirons rien le moment ; chacun y était pour sa vie, ainsi ne supposons point de mauvais motifs.Ils se firent battre, voilà Je mot làché, eh ! il n\u2019y a pas de deshonneur là ; tout homme est exposé durant le cours de sa vie à recevoir quelqne bonne saboulée pour ce qu\u2019il pense être le bon droit ; mais ce n\u2019est pas un crime que de n\u2019être point un Sully! ilen est de même des peuples.Mais, chers amis, il est en politique une maxime que j'imprimerais en lettres d\u2019or si J\u2019étais aseez riche: QUAND ON NEST PAS LL PLUS FORT IL FAUT ETRE LE PLUS PIN.Eh bien vous n'avez voulu être ni les plus forts ni les plus fins, vous vous êtes mis séparément, en vrai castors, à la merci du chasseur le plus timide et le plus inexpérimenté, tandis que vos efforts bien combinés avaient arrêté, détourné le cours de rivières qu: euseent été indomptables pour ce chasseur.Quand Lord Durham vous arriva, vous deviez le connaître pour un homme sant, mais aussi pour un homme aimant le faste, amoureux de la représentation, esclave de sa réputation de libéralisme, il vous eût été facile de lui représenter von griefs, de lui expliquer quelques erreurs, de lui démontrer que ce que vous avez ai long-tems dit en vain était réel : que la petite classe qui sait ramper pour régner ne veut que votre extinction ; il se fût rendu à l\u2019évidence des nombres ou, plus probablement encore, il eût senti sa vanité chatouillée en l\u2019endroit sensible ; il se fût cru dix mille fois plus grand qu\u2019il n\u2019est réellement et il eût conçu pour vous une affection vous eût été utile en fort peu de tems ; car l\u2019autre petite classe des absurdes ne lui eût point ménagé les insultes qu\u2019elle rassemblait tout bas, et au triomphe du droit vous eussiez joint celui du fait qui n\u2019est jamais à dédaigner ; il se serait aigri, aurait juré ses gros jurons, se serait emporté contre nos tories d'ici qu'il aurait comparé à ceux d\u2019Angleterre qui ne lui plaisent point beaucoup, et vous aurait donné quelques bonnes institutions qu\u2019on ne vous aurait pas ôtées facilement, et après tout vous eussiez pu rire de lui si cela vous avait plu.Au lieu de cela vous vous êtes renfrognés, vous n\u2019avez voulu faire un pes, perronne n\u2019a osé porter la parole, chacun disait : \u201c\u2018 parle Thit, toi qui parles si bien ;\u201d mais Thibaudeau qui est timide n\u2019a pas voulu parler; faute de s'entendre le marché ne s\u2019est pes faitet d\u2019autres ont accaparé le ballot-Dur- ham, Jo monopotisset, le carsessnit, le choient, 16 posuponnedt ot risst sous copy dv LE FANTASQUE.2e vous et de lui ; îls vont sucer l'orange et en jetieront ensuite lécorce, tandis que wap ne pouvez que vous sucer les pouces où vous mordre les doigts.\u2018ous voyez, mes bons amis, que je vous parle ausai franchement qu\u2019à notre hane- rable représentant royal ; c\u2019est que voyez-vous j\u2019aperçois de terms à autre chez vous quelques petites tendances républicaines, je n\u2019en dirai rien à personne, mais je profite de la liberté de ln presse, le palladium des peuples et de leurs droits, comme divent en Angleterre ces farceurs d\u2019Anglais qui veulent la garder à eux tout seuls, cette chim liberté de le presse.Comme je vous l\u2019ai démontré plus haut en termes clairs, vous avez dérangé vas affaires ; mais tout n\u2019est pas gété encore ; il est moyen de s'entendre et de remettre à Bot celte ; pauvre constitution que quelques étourdis ont échouée ; voyons quel et le grand remède, le baume, le talisman qui doit opérer ce prodige : L'UNION, L'UNION, L'UNION et toujours L'UNION.Non pas l'union des deux provinces, Dieu nous es préserve, ou plutôt, Dieu en préserve l\u2019Angleterre si elle tient encore à l\u2019honneur et à ses colonies ; mais l\u2019union des Canadiens en une seule et forte masse ; donnez-vous la main et marchez de concert ; que le républicain abandonne un peu de ses théories dont le prix serait plus élevé que la valeur ; qu'il sacrifie un peu de sa rude indexibi lité au bonheur de ses frères ; que l\u2019aristocrate outré jette un peu de ses vains ori paux, que le modéré donne la main à tous deux, que chacun noie les souveniss d\u2019aigreur dans la grande cause : celle de cette origine dont on vous fait un crime, et qui est, je crois, faite pour honorer : qui vous honore puisqu'elle vous est chère.Ou faites immédiatement le grand sacrifice des apanages de celte origine afin qu\u2019on ae puisse pas dire qu'on vous les a ravis, ou réunissez-vous pour les défendre avec véhémence.Gardez-les intacts dans tous leurs détails ; ou jetez-les immédiatement, avec vos souvenirs, au fond de la mer.Expliquons un peu ce qu\u2019il s\u2019agit de (aire pour arriver à quelque bon résultat ; mais voyons d\u2019abord comment estsitué Lord Durham vis-à-vis de l\u2019Angleterre.| eat clair et l\u2019on ne peut se le cacher que la position du Canada, est meilleure Qu'on n'aurait pu l\u2019imaginer il y a quelque tema ; et cela, je crois, par une petite gaucherie de Lord Durham, parcequ'il lui a plu de faire le rodomond, le choqué, le vexé, au lieu de montrer une convenable détérence, extérieure au moins i ses, supé- fleurs.II vient de se rebeller hautement contre l\u2019autorité suprême de empire, contre le Parlement Britannique, les Lorda,ses pairs,et les communes qui l\u2019avaient admiré mais qui, probablement chang-ront leur thèse à son égard ; touten expliquant es conduite dans sa faineuse proclamation il aurait pu, ce me semble, conlesser quelque erreur, quelque faute, quelque despotisme ; au lieu de vela il permet, il approuve des démonstrations hostiles au parlement et semble jeter tout le blème de sa non-réuseite.sur le ministère et surtout sur la représentation de toute la nation.Il va maintenant se rendre dans son pays, laissant le pays qui lui avait été confié à la merci des passions qu'il a rallumées et s\u2019en va, dit-il, muni de renseignements et accompagné des hypocrites houras de ceux qu\u2019il a favorisés constamment et qu\u2019il ne devait pas favoriser.Il va tomber dans la chambre des Lords au milieu des cris et des murmures de ses collègues qu'il aura irrités, et pour peu, comme je n\u2019en doute pas, que la jalousie de ceux-ci s\u2019en mêle, car les sont des bommes, il va être accablé du sarcasme des uns, du blème des autres, lui, ses favoris et leurs précieux renseignements.Voilé donc le moment de donner un vigoureux coup de collier.C\u2019est de saisir cet instant où le moindre pretexie leur sera bon pour fouler dédaigneusement aux pieds les plans si coûteusement édifiés, si péniblement élaborés de cette si facile anglifications Mais, pour celia, il faut vous réunir, vous cinq cent mille Canadiens et dire : \u201c nou ne voulons pas être anglifiés, nous ne voulons pas de ces abeurdes volontaires qui pour faire croire à des rebelles veulent nous forcer à le devenir ; nous ne vouloas point de cette hétéroclite pulice aussi méchante que maiadroite, qui n\u2019a d'autre ses- id 449 LE FANTASQUE.ponsabilité que le poids de la maseue qu\u2019elle porte et dont les actes ne sont sans doute que l\u2019écho de ce qui leur est souillé ; tels maîtres tels valets ; nous ne voulons point de cette oflensante exclusion, nous voulons une garantie de protection puur notre langue, pour notre religion.\u201d En vérité, en vérité je vous le dis, c'est par un mouvement unanime que vous pouvez prendre une place plus belle que jamais.Unissez-vous aujourd\u2019hui ; demain il serait trop tard peut-être, car vos ennemis sont vigilants.N\u2019empruniez d'eux que leur persévérance el ce vifsentiment de nationalité qu\u2019on ne peut s'empécher d'admirer.Suivez, puisqu\u2019ils vous l\u2019on montré, cet exemple d'exclusion, créez par votre fréquentation assidue celte nationalité de fait du moins, #i elle n\u2019existe pas de droit, faites-la reconnaître par la coutume.Voici le tems ou il faut retremper ce haut sentiment d'honneur et d'un sain amour-propre que vus pères vous ont légués.Retournez à ces bonnes manières de ce qu\u2019on appeile, avec vérité, le bun vieux teins, Que votre société, loin de se modeler sur la ridicule et génante façon moderne qu\u2019un prétendu beau monde voudrait inculquer parmi vous, renouvelle cette joviale hospitalité qui donnait à vos villes l'apparence d\u2019une grande faille et que les divisions en ont chassée.Alors seulement vos vœux seront rexpectables et respectés ; alors wu- lement on n\u2019osera point toucher à des privilèges entourés de tant de surveillauce ; alors seulement vous confondrez la colomnie qui voudra vous représeuter au loin comme une communauté sans principes, ignorante, haîneue et jaluuxe.Vous avez des chefs qui connaiseent ves affaires, faite-les vous bien diriger, en Jeur accordant votre confiance ; mais méfiez-vous de cetesprit de rivalité quia fait tant de fois sacrifier une cauxe à l'intérêt personnel; n\u2019uxez qu'avec prudence des nouveaux aspirants, travaillez avec ardeur à vous instruire, vous et vos enluns et alors, Dieuaidant, l\u2019on pourra rive encore long-tems, en se chauflant près du vieux poèle, de la folle idée de ce gouverneur qui, dans un moment de démence, avait révè votre extinction.I y a, comme on peut le voir, intention mal déguisée mais bien formée d\u2019anéantir tout ce qui est Canadien ; qu\u2019on ne m\u2019accuse point d\u2019être alariniste,cela est trop évident et cette idée qui a dû frapper tous les intéressés n\u2019a certainement point échappé à l'œil des ennemis de la majorité, car leur joie fut vive et #\" montra sans scrupule.Qu'est-ce je vous prie que ces nominations de Lord Durham ?Exclusions ! Que sont ces grossières recherches, insultantes à la fois aux citoyens de voue origine, à votre religion et à vos institutions les plus vénérables?Vexations lentement et sûrement calculées! Que sont ces mesures de défiance dant on entoure tous vos actes les moins cachés, les plus francs?Provocations! Que rontce, je Vous prie, cetle tendresse, cette sollicitude pour les démonstrations souvent Hiégales et toujaurs oflensantes de vos ennemis acharnés?Agression ! Qu\u2019est-ce que cet espionage-dunt vous êles ex- clasivement l\u2019objet?Un plan bien arrêté d'exciter les moins patients d'entre vous à quelque action désespérée qui devra servir de prétexte à des persécutions sans nombre, et, qui sait, peut-être ! .à des Inassacres! Ah! encore une fois, l\u2019union, l'unité, l\u2019unanimité voilà vos seules sauvegardes.L'iuver qui s\u2019approrhe sera long et rude ; d'immenses préparatifs se font pour vous faire goûter de cetie servitude d autant plus vexatoire qu\u2019elle est insaisiseable, partielle ; qu'elle vient d\u2019insolents subalternes que leur petitesse fait passer entre les duigts de la justice, mais dont l\u2019u.sulte n\u2019est pour cela que plus poignante.Il faut mettre à profit cet hiver qui s'approche ; il faut resserrer les liens nationaux que les troubles et la Jéfiance avaient relâchés.Que la jeunesee s\u2019unisse et s\u2019instruise, que la société se régénère, que les jeunes hommes apprennent à se connaître, à s\u2019estimer, à se mesurer par de fréquentes, utiles et agréables réunions.\u2018Tous ces petits détails, quuique de peu d'importance \u20acn eux- mêmes formeront à l\u2019avenir un tout respectable et imposant ; la fréquentation mutu- _olle devient un besvin et chacun y gagne en instruction, en plaisir et surtout, au do- aw, @8 wapect. LE FANTASQUE.241 S\u201d l'on vous demande dans Ia rue: Ao do you do ?répondez : très-bien, et non pass very well.Vous me trouverez un peu misanthrope aujourd\u2019hui ; qui ne le rerail pas par le tems qu\u2019il fait, lorsqu'on voit que le nombre des hommes de police est augmente, que les volontaires vont être remis -ur pied et que Sir John va remplacer Lord Durham ?La pluie, la boue, l\u2019obecurité, ia perspective de la loi martiale, ia police! en voilà assez pour pousser au suicide.Touteloie, quand l\u2019idée m'en prendra je vous en donnerai l\u2019avis d\u2019avance afin de vous procurer le cucieux spectacle de voir mourir de douleur l\u2019homme le plus gai du monde; ve qui seeait ui sy; wate sur te front du gouvernement anglais.J'avais écrit une autre proclamation, (car jai, à rebours de Lord Durham et du bon genre, la singularité d'écrire mes ducutens publics moi-même.) que je me proposais de publier aujourd'hui, tuais mon conseil exécutif, c'est-à-dire mes trois gains de compusiteurs, mont dit que si la police mettait la n.ain sur un des exemplaires, je n'étais pus blanc ; ils m'ont comeillé de te point la feur faire exécuter.Je pris leur conseil jusqu\u2019à nouvel ordre ; mais eu attendant que j'se prendre la révolution de ln publier, ils pourront vous dire eu æcret ce qu\u2019elle coMtenait.C'est à faire frésonner ! ! Jai bien l\u2019honneur de me déclarer votre peu obéissant mais dévoué serviteur, » raison de quinze sous par mois, LE FLANEUR.En conséquence de l'accusation portée contre Mr.Wokefeld par le Fantasque, journal qui eut l\u2019audace de mettre sur lui tout le blème de l\u2019évasion de Dun!ge et Theller qu\u2019avrait favorisée puissamunent l'agent magnétique, le Mercury annonce que ce monsieur a eru prudent de se diriger de nouveau vers l'Angleterre, laissant le guuver- nement du Canada à moitié engourdi.Mais ce que cette éuil!e ne nous dit pas, c\u2019est qu'avant de quitter notre beau pays ii voulut donner une nouvelle et dernière séance magnétique dans laquelle le superfin de la romuolente science devait être révélé.Cette instructive récréation eut donc lieu au château, je ne me souviens plus quel soir, devant une réunion aussi brillante que le comportait le sujets Comme on le sait la grande question de la science est de pouvoir détourner les sens de leurs o:ganes ordinaires, connue par exemple de faire voir par le do, de faire entendre par la poitrine et smile autres choxes toutes plus utiles et plus agréubles les unes que les autres.Mas pour piquer au plus court je vous dirai que Mr.Wakefieht nag- nétisa tout le monde, depuis Lord Durham jusqu\u2019a son dernier valet, y inclus sou se- crétaire-en-chef; depuis la comtesse jusqu'aux dunes d'honneur y mclus toutes les demoiselles de sa suite ct les personnes les plus distinguées de toute la ville, soit par leur beauté, soit par leur esprit, soit parleur laideur ou par leur miaussaderie ; aussitôt que le fluide se fut répandu et eut agité tous les nerfs chacun expritia zes sentimens de la manière ta moins équivoque : Lord Durham donnait une amnistie générale à la Chambre des Lords sur le crime de basse trahison et anglifiait de la manière la plus facile du monde tous les Canadiens en leur fesant prendre des pillules tmmagnetiques composées par Sir John Dorratt et dorées pas M.Blanchet qui en amenuit des cargaisons sur le dos de son nouveau cheval ; car il faut que vous sachiez que Mr.Blanchet & changé de cheval, ce qui ne lui arrive pas si souvent qu\u2019à ce bon Canada ; Charles Buller danxait un menuet, ayant pour vis-i-vis Mr.Duval qui s\u2019en acquittait d\u2019une mani¢re vraiment charmante ; c\u2019était James Stuart qui touchait le piano en souriant agréablement, tandis que Mr.Ogden chantait un duo en UT flat avce Mr.Young qui l\u2019accompagnait de deux chandeliers de la chambre, en guise de castagnettes, l\u2019ex-juge- en-chef aflectait la quinte pour mille louis de pension, ce qui fesait venir l\u2019eau à la houche d'Adam Thom qui demandait sa retraite au même taux, offrant d'être modéré à ce prix.Durant ce tems, le colonel Couper expliquait les pandectes de Justinien à Sir 242 LE FANTASQUE.James MacDonell qui lui ripostait par un traité des citadelles pour mettre les prisonniers politiques en liberté, ce qui amusait tellement l\u2019homme de police de garde, qui les lorgnait par le trou de la serrure, qu'il assura que Theller et Dodge étaient en- cove dens Québec et qu'il fallait fermer de nuit les portes de la ville afin deles empêcher de s\u2019échapper de jour.Mr.Turton, lui, ne perdait pas son temps à de semblables niaiseries et il s\u2019occupait à épouser tout le monde; ce qui causa tant de chagrin à Mr.Duval qu'il déclara qu\u2019il pleurerait à chaudes larmes jusqu\u2019à-ce qu\u2019on lui ait donné la commission de procureur général, alors Mr.Symes déclara qu\u2019en ce cas il pouvait lui acheter tous les mouchoirs-de-poche de son magasin vu que cetie place lui appartenait de fait et de droit, et qu\u2019il se moquait des regards furieux que lui lençait Mr.Arthur Buller, qui prétendait à cette petite récompense pour son sys- tême d\u2019éducatun à l\u2019usage de ces ignorants Canadiens qui avaient l\u2019impudeur de dire Qu\u2019il parleit ie français comme les vaches espagnoles, savantes bêtes qui parlent mal toutes les langues, comme on le sait.Ce désordre eût continué sur le même pied si Mr.Wakefield n\u2019y eût mis bon ordre en déclarant que le diner était servi, alors ; chose étonnante chacun se mi! à manger et Lord Durham déclarg que vu que Mr.Wakefield partait et vu que le diner était aux frais du gouvernement on déboucherait pour l\u2019occasion une bouteille de champagne que l\u2019on but à la santé du Morning Herald qui en a besoin et de Mr.Cole qui avait poussé l\u2019imaginative jusqu'à inventer les exécutions en effigie.Quel- Ques uns des assistans buvaient par le nez tandis que d'autre découpaient une aile de poulet avec les orteils.Au dessert une dame en gaîté chanta le Petit tambour par l\u2019ureille en pinçant de la guitarre avec les talons.Lorsqu'on passa au salon les Messieurs présentaient le pied au lieu de la main et les James ne présentaient rien du tout.Afin que les conviés pussent mieux se voir on avait supprimé toutes les lumières, et tout le château était resplendi«sant d\u2019obecurité.Mr.Wakefield fit enfin ses adieux en un «discours arabe que tout le monde, comprit, et particulièrement Lord Durham qui l\u2019avait appris avec les cosaques.Tout le monde se sépara satisfait, et les voitures étant prêtes, les chevaux attelés sens devant derrière, on se rendit sans autresextravagances chacun chez soi, emportant les uns des souvenirs agréables de Mr.Wakefield et d\u2019autres une sainte horreur pour Monsieur Turton.Théâtre des Amaleurs Canadiens.\u2014Jeudi soir tout ce qu\u2019il y a d\u2019aimable dans la ville de Québec, moi inclus, naturellement, se trouvait républicainement aasis pôle mêle au théâtre royal.La société des jeunes amateurs canadiens y donnait use représentation des plus brillantes.Je vais vite me débarrasser de ma tâche de journaliste en disant que tous ces messieurs ont joué à perfection.Maintenant qu\u2019on m'aceorde mon petit droit de critique dont j\u2019userai avec d'autant plus de plaisir que je ne me vois rlen de désagréable à dire.Dans la première pièce intitulée LES DEUX MOUSSES, les deux principaux rôles de Roger et d\u2019Antonio furent remplis avec beaucoup de verve et goût.Quelques passages particulièrement furent joués avec un degré de pathétique que n\u2019eussent point désavoué des acteurs plus accoutumés à lascéne.Cependant une certaine promptitude dans les réparties à eflet manque per- fois ou se fait attendre, mais va peu de pratique ferait disparaître bien vite ces légères imperfections.L'acteur qui jouait dans la première pièce le Commandant et dans la seconde Argante à tout ce qu\u2019il faut pour acquérir au théâtre de forts brillants succès ; l\u2019à-plomi, le moelleux qu\u2019il a développés dans le premier, le sério-comique per- fait dans le second montrent chez ce jeune monsieur des qualités qui, aidées d\u2019une aussi bonne mémoire que celle qu\u2019il possède, doivent l\u2019engager pour son propre sgré- ment et plus encore pour celui du public,à ne point s\u2019en tenir à ces heureux débuts.Il ne manque à Tony qu\u2019un peu d'assurance et de dégagé,nuages qu\u2019une seconde parition sur la scène dissipperait bien vite.Languille a (ait le monopole des rires de première pièce et eut ss bonne part dos applaudissements do la seconde.Louise-Zer- pee 7 0 TT TT LE FANTASQUE.243 binette possède bien la scène, mais, en sa dernière qualité, fut im peu _Isngoureuse ; c'est pour cela peut-être qu\u2019elle ravit tous les yeux doux des me-sieurs du parterre.Le sergent montera vite en grade s'il veut s'en donner la peine.TI ne me reste plus, je crois, que quelques mot à dire, je les garde pour la bonne bouche : c\u2019est pour mon ami Scapin.C\u2019est un bien grand fourbe que ce maraud de Scapin car il à fait au public le tour de lui donner à croire que c\u2019était un acteur de profession qu\u2019avait détaché pour cette occasion un des théâtre parisiens.Je lui pardonne à condition qu\u2019il meure, car j'en suis jaloux ; le pendard de scapin! je crois même qu'il nous a escamoté quelques couplets des chansonsdont il a coupé un entracte, car on l\u2019a rappelé à grand cris et il n\u2019est revenu qu\u2019une fois, ce qui ne se pardonne pes chez un aussi agréable chanteur.Le solo de violon a fait grand plaisir de la part d\u2019un virtuose canadien dont le prineipal mérite est de s'être formé lui-même.En observation générale je dirni que Messieursles amateurs précipitent en général leur débit ce qui rend les actes trop courts, défaut auquel est loin de remédier la longueur un peu prolongée des entr\u2019actes ; mais au fait nous avons aux amateurs \"obligation d\u2019une charmante soirée, ensorte que ma critique paraîtra hors de raison ; eh que voulez-vous, j'en uve avec ces messieurs comme avec des acteurs réguliers; mais c'est leur faute, pourquoi jouent-il de manière à me faire illusion ?S'ils eussent mal ou médiocrement joué je n\u2019aurais rien dit.La réunion était brillante et c\u2019es* avec beaucoup de plaisir qu\u2019on voyait les | ornées d\u2019une foule de dames canadiennes qui commencent heureusement à favoriser le théâtre de société de leur présence.Je ferai obeerver à ce sujet qu\u2019il est ficheux que messieurs les amateurs veuillent constamment s\u2019en tenir à l\u2019ancien théâtre, qui justifie certainement sons heaucoup de rapports les objections des messieurs du clergé à permettre une récréation innocente et je dirai même utile, tandis qu\u2019il est dans le théâtre moderne un repertoire de pièces plus en harmonie avec nos idées de morale aussi bien qu'avec nos usages, et dont la censure la plus scrupuleuse ne saurait rien retrancher.I! est reconno que l\u2019exercice de la srène est d\u2019une utilité incontestable et bien reconnue puisque dans les collèges cette récréation est recommandée.La seule difficulté est donc dans le choix des pièces.Cet obetacle levé il est clair que de plus fréquentes représentations théâtrales tourneraient au profit de tout le monde en fournissant à messieurs les amateurs l\u2019occasion d\u2019exercer d'agréables talens et au public celle de se réunir souvent en famille.La musique du bataillon d'artillerie joua durant les entractes un bon nombre d\u2019airs nationaux canadiens et autres qui furent accueillis avec enthousiasme.La plus grande tranquillité régna durant tont le cours de la soirée, ce qui me fit faire malgré moi la comparaison entre ces ignorans Canadiens, (comme dit le charmant Mr.Buller,) qui eavent goûter un spectacle, resperter un auditoire de dames, et ces savants anglais qui interrompaient assez souvent le jeu des acteurs pour obliger le directeur à venir demander le silence comme une grâce et pour forcer des daines à se retirer ; C\u2019est ce qu\u2019on a pu voir presque chaque soir de l\u2019été dernier tandis que la compagnie d'acteurs anglais séjourna dans notre ville.Qu'on me permette une autre petite observation, c\u2019est qu\u2019au parterre et en général au théâtre il est reçu qu\u2019on doit ôter son chapeau, cela pour la convenance mutuelle ; cette politesse ne se néglige que trop souvent ici.C'est une petite anglification dont on pourrait se passer.Le gouverneur n\u2019assista pas au théâtre, mais en revanche la loge qui lai est ordinairement reservée était occupée par bon nombre de citoyens dont les habits n\u2019étaient ni aussi rouges ni aussi dorés, mais qui récréaient tout aussi agréablement la vue.toute, chacun fut satisfait, moi excepté, car étant resté à ensser avec quei- 244 LE FANTASQUE.qrtes amis et n\u2019étant point informé que les porter re fermaient entièrement à PPoccesion de vette démonstration canadienne, je fus renformé dans la ville, et trouvant les hôtels fermés, je me décidai à attendre le matin au corps-de-garde où j\u2019entendis, dure nt tout la nuit mille histoires de révolte prochaine, toutes plus horribles les unes que les autres, Un grand nombre de personnes furent aussi bien que moi retenues à l\u2019isté- rieur des murs.C'est une petite douceur que nous réservait l\u2019autorité militaire qui n\u2019est pas civile.On nous a dit que Dodge et Theller sont cachés dans ume des armoires de Sir James MacDonell.En effet, il est certainement plus probable qu\u2019ils sont là que dans les coffres des religieuses, car la police qui ne se fait pas scrupule de tout renver- .serchez des femmes timides n\u2019osera point aller mettre son nez chez un major- général.I! faut avouer que ces farceurs d'évadés sont de rusés compères.Tromper la citadelle! tromper les garde=!! mais tromper la police!!! voilà qni passe la plaisanterie! On assure que les police-hommes ont tant grincé des dents ces jours derniers qu\u2019on ne voit que des mâchoires à tous les coins de rue, aussi voici le pro- bième que l\u2019an propose maintenant: ai Samson tua dix mille Philistins avec une inâchoire d'âne, combien Mr.Young tuera-t-il de Canadiens avec Ja mâchoire d\u2019un homme de police?Nous donnerons un exemplaire des 18 premiers numéros du Fantasque à celui qui le résoudra d\u2019une manière satisfaisante.\u2014\u2014\u2014 FAIT REMARQUABLE\u2014En jetant l\u2019autre jour un coup-d\"eeil philosophique et scra- tateur zur la liste de nos abonnés des deux sexes, nous avons pu voir avec orgueil que nos lecteurs sont tous des hommes accomplis, des gentilehommes, en un mot la fleur de la population, et que nos lectrices sont exclusivement les dames et demoiselles les plus belles, les plus jolies, les plus aimables de toute la ville, ensorte que nous en sommes venu à la conclusion qu\u2019il n\u2019est que des luides, ignorantes et maussades yens qui ne prennent point notre journal, à fort peu d'exceptions près.11 est donc nécessaire que ce qu\u2019il reste d'hommex aimables et de jolies femmes non enrore abonnés au Fomtasque y souscrivent immédiatement, sans cela ils se trouveront classés avec l\u2019hor- rilble minorité.Afin de ne créer aucun mélange, nous annonçons que nous ne rèce- vrons pas, sous aucun prétexte, au nombre de nos souscripteurs, Ceux qui seront dépourvus des prérieuses qualités qui dixlinguent déjà nos lectrices et lecteurs sc- tuels.\u2014\u2014 Noux recevons journellement des lettres nous demandant les conditions du Fantasque.etle prix de poste.Pour le Fantasque et le Feuillelon le hureau de poste exige six ahellinus par an, ensorte qu'il est névessaire que nos abonnés qui reçoivent le journal par cette voie ne négligent point de nous faire parvenir ce montant d'avance en la proportion de leur période de souscription, car il serait injuste de suppoeer, comme quelques uns Pint fait, que le prix de quinze sous par mois inclut le port.Nous ferons remarquer que ceux quine recevront pas leur journal ne devront Vattribuer qu\u2019à leur négligence à solder leur compte régulièrement.Nous sommes determinés, aussi bien pourl\u2019intérét de nos lecteurs que pour le notre, à exiger un paiement ponctuel, à défaut de quoi l'envoi du journal sera discontinué.Auves\"tôt que le gouvernement et la garnison ont su que les prisonniers avaient atteint le côté méridional des lignes ils se sont empressés d\u2019offrir des récompenses pour leur arrestation.*,* D.O.B.Peut venir chercher see quinze sous; quant à sa communication nous l\u2019avoss brûlée per respect pour lui-même "]
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