Le Castor : journal politique, littéraire, des arts, de l'agriculture et du commerce, 22 août 1844, jeudi 22 août 1844
[" JEUDI 22 AOÛT 1944.Ce Journal imprimé et publié par .AUBIN AIRE, Repacteur Er Prormié Rue Coutllurd No.14.Porat deux fois par semaine :\u2014 Lo MARDI et le JEUDI.Le prix d'abonnement est de DIX chelings par année, payables par semestre d'avance.On ne s\u2019abonne pus pour moins de six mois, Le Journal sc vend séparément 3 sous par exmplaire double, Z sous la demi feuille.GéAelauges Zitteraîres.LA SAINT-LEONARD.NOUVELLE.I.Au pied des montagnes qui séparent la Bavière des Etats de Weimar se trouve une petite ville nommée Hoi, qui domine une partie des vallées arrosées parle Mayn.Placéc loin des routes fréquentées, l\u2019humble cité a conservé ses antiques coutumes, et l\u2019on y trouve encore cetle naïve- 16 grave en partie effacée dans le reste de l\u2019Allemagne.Aussi a-t-on coutume d\u2019appeler Holl le Vieille- Tribu.Là vivait, il y à quelques années, un étranger nommé Loffen.On le disait né en Boliême, et il avait autrefois servi dans les armées autrichiennes avec le grade de major.Mais la paix de 1815 l\u2019avait fait réformer, et il était alors arrivé à Hofl avec une enfant appelée Dorothée, qui était devenue depuis une belle jeune fille.Le major Loilen était un homme instruit, courageux, et capable de tous les dévouements.Par malheur.la violence de son caractère avait troublé toute sa Vic et arrêté son avancement dans l\u2019armée.La plus légère contradiction le jetait dans des emportements qu\u2019il regrettait plus tard, mais que la honte ct Porgueil l\u2019empêchaient de désavouer.Il avait ainsi perdu successivement ses meilleurs amis et ges plus plus sûrs protecteurs.Cependant, ce que n\u2019avaient pu les conseils ni les reproches, le temps finit parle faire.Cette espèce de bouillonnement intérieur qui s\u2019épanchait en subites colères, malgré toutes les résolutions du major, s\u2019apaisu peu-A-peu ; le sang éireula plus lentement dans ses veines, l'expérience rendit son esprit moins promptà condamner les autres, etil putentendre sans trop d\u2019impatience une opinion contraire à la sienne ?La paternité acheva cette conversion.Dompté par les grâces enfantines de Dorothée, le lion se fit homme ; et celui qui avait résisté trente nus à ses amis Ct à ses cnnemis devint insensiblement l\u2019esclave soumis d\u2019une jeune fille.Lofien n\u2019était donc plus ln continuation de lui-mênmie, mais un homme toutnouveau.À peine =i quelques imitations passagères rappclaient de temps en temps le passé.C'était comnie un orage apaisé donton entend seulement au loin quelques rumeurs étoullées.Du reste un grand changement se préparait dans la position du major : sa fille allait se marier ! elle épousait un jeune inspecteur forestier, William Munster, qu\u2019elle avait grandi.Au moment où commence notre récit, le jeune homme était enfermé avec son beau-père, achevant de tout régler pour cette prochaine union.\u2014Ainsi, c\u2019est convenu, dit-il en repoussant des comptes que lui avait présentés M.de Loilen, ct sur lesquels il n\u2019avait même pas jeté les yeux ; nous prendrons la maison du bord de l\u2019eau.\u2014Puisqu\u2019elle plait à Dorothée, répliqua le major.\u2014 Puis nous y scrons plus à aise qwici, Loffen zoupita.2 i \u2014Ce déplacement vous contrarie-t-il ?demanda vivement William ; ah ! s\u2019il en est ainsi, restons.\u2014Non, mon fils, reprit le vieux soldat, en posant la main sur celle du forestier, je ne regrette point cette demcu- re.\u2014Que regrottez-vous donc, alors ?Depuis quelques jours je vous vois triste\u2026 Ah! ne me cachez rien, mon père Ÿ Aurais-je fait quelque chose dont vous êtes mécontent 1 , ; \u2014Nullement, nullement, cher enfant ; mais co mariage, vois-tu, me rappelle tant de souvenirs 1.Puis, je suis jaloux de toi.\u2018 .\u2014Que dites-vous ! s\u2019écria le forestier.\u2014 Jaloux reprit le major en souriant, car tu vas deve- + 0 | ten nir le principal attachement de Dorothée.Oh ! ne & défends pus ! ;cela doit être, ot je suis loin de m\u2019en pluin- dre.Mais l'habitude m°a rendy égoïste, vois-tu.Jusqu\u2019à présent j'avais été le seul objet des soins de ma fille, elle n\u2019avait que moi à aimer et à distraire ; maintenant son temps et son allection vont 82 trouver partagés, jo ne pourrai l\u2019avoir toujours àmes côtés, et les heures de solitude \u2019épouvantent 1: \" Vor craintes ont été devinées par Dorothée, ditle forestier, l\u2019autre jour elle me les communiquait avec des 8 dans les yeux.\u2018 .pur dis-tu ! interrompit Loffen : Ah! jo cacherai ma tristesse alors , je ne veux point troubler le bonheur de Dorothée.Ne vivrai-je pas près de vous ?ne vous ver- \u2014_ \u2014 rai-je pas tous les jours ?Ce ne sont que de nouvelles habitudes a prendre; je les prendrai., William ne répondit rien, et il y eut un silence.Enfin, Jetant au major un regard dérobé : \u2014It y aurait un moyen de prévenir l\u2019isolement que vous craignez, dit-il en hesitant, \u2014Lequel ?Une personne qui vous à été chère habite Egra\u2026 \u2014Assez ! assez, William ! interrompit le majer, cn { se levant brusquement ; Dorothée à dû vous dire ce que je lui avais répondu à cet égard.11 ne faut pas remuer la cendre des affections détruites Ne me reparlez jamais de cestijet, William ; je vousen prie comme ami, et comme père je l'exige.Muuster sinclina d\u2019un air aflligé, et Lofien sortit.Or la personne qui habitait Egra, et à laquelle le forestier avait fait allusion, n'était autre que lamère de Dorothée.Mariée fort jeune au major qu'elle aimait, cle avait d\u2019abord trouvé mille joies dans cette union ; mais peu à peu e caractère de Loilen avait altéré ce honhenr.Chartie, fière et susceptible, n'avait pu soulliir des emportements qui leursemblaïent injurieux.Loin de ménager son mari, elle l\u2019avait irritée par la résistance, les reproches et le mécontentement ; l\u2019aigreur était altée toujours croissant, | jusqu\u2019à-ce quela froideur eût pris la place de Patleetion.Alors chacun d\u2019eux avait gardé le silence, entassant les souffrances dans son cœur et les laissant s'aigre Pune par l\u2019autre.Enfin l'excès de la douleur avait amené une rupture violente.Charlotte était partic pour Egra où elle avait des parents, et Loilen était venu habiter Hoil'avec sa fille.Mais la séparation ne semblait point avoir adouci son irritation ; soit que le souvenir de Charlotte lui rappelät des torts dont il rourissait, soit plutôt qu\u2019il conservat contre elle son ressentiment, il évituit tout ce qui pouvait lui rappeler la mère de Dorothée.Son portrait, qui lui était resté, avait êté recouvert d\u2019une toile etrelégué dans un cabinet obseur ; son piano, ferné avec soin, était à demi caché au fond d\u2019une chambre inhabitée ; 1 avait même exigé que Dorothèe étudiät la harpe, comme s\u2019il eût craint une réminiscence du passe.Aussi toutes les tentatives de Ja jeune fille pour combattre cette espèce de haine avaientelles été jusqu\u2019alors inutiles 3; mais c'était un de ces cœurs auxquels la Lonté donne du courage, et qui ne sc lassent jamais d\u2019essayer le bien.11, Cependant le jour fixé pour le mariage de Dorothée et de William était arrivé.La bénédiction nuptiale ne devait avoir lieu qu\u2019après minuit au temple protestant ; mais les amis et les voisins du major avaient Été invités àst réunir plus tôt pour le repas de noces.: 1ls arrivérent avant la chute du jour, et furent reçus par les deux flancés.Lorsqu'ils se trouvèrent rassemblés Loffen voulut les quitter pour s'assurer si tous les ordres avaient êté donnés ; Dorothée s°y oppusa.=\u2014Mille pardons, mon père, dit-elle sc suspendant à son cou ; mais je vous défends de nous quitter.~=Et pourquoi cel 1 demanda le major en souriant.\u2014Parce que vous n\u2019avez point aujourd\u2019hui le droit de commander ici.\u2014 Comment ?\u2014Je suis seule maîtresse.\u2014Elle a raison ! s\u2019écriant en riant le consciller Hotman.\u2014Mais je ne comprend pas.- \u2014C\u2019est aujourd'hui la-Saint-Léonard ! \u2014Par leciel ! je l\u2019avais oublié ! s\u2019écrin Loflen.\u2014-C\u2019est la Laint-Léonard ! répétèrent toutes les voix ; vous n'êtes point le maître chez vous, major.La Saint-Léonard, qui est dans toute la Bavière une Époque de réjouissance, sc célèbre en eflet 3 Holl\u2019 dune façon particulière.Un antique usage veut que l\u2019ordre établi dans les familles soit renversé ce jour-là, et que l\u2019autorité exercée par les parents passe toule Chtière aux mains des enfants.C\u2019est une soite de transformation chrétienne dv ces saturnales de Rome, où les esclaves recouvraient pour quelques heures la liberté, et se faisaient servir à leur lour par les maîtres.i Le major, qui s'était toujours scrupuleusement conformé à la vieille coutume, abandonna en souriant à sa fille ainsi qu\u2019à William, la direction de toutes choses.\u2014Ainsi, dit Dorothée; il est bien entendu que vous vous soumettez aux lois de la Saint-Léonard ?\u2014Sans doute, répondit Loffen.17 \u2014Et vous vous engagez sur l\u2019honneur à accepter fout le | jèur vo enfants \u2018pour seigneurs?2° Ce \u2014J\u2019y engage mon houtieur ;' mais nous verrons comment! JOURNAL POLITIQUE, ET LITTERAIRE, Des Arts, Ve l'Agriculture, ct Ju Commerce, PREMIER VOLUME NO, 70.Vu sa circulation LE CASTOR oflre une publicité très-élendue aux annoues d\u2019affuires profes-ionnelles, judiciaires, de commerce cl autres.Le prix o\u2019insertionest\u2019 le même que dunsles nûtres jouraiix, suvoir.\u2014 ss Au-dessous de aix lignes, première insertion 2s.Gd ; au dessous de dix lignes, première insertion 3s.4d ; au dessus de dix li- shes, première insertion 44.par ligne.Chraue insertion subséquento à un qua.der prix ci-dessus.! On truite de grê à gré pour les annonces êtendues.Elles doivent être Recotrphgee d\u2019un ordre par écrit siuon on les iusère jus qu\u2019à contr\u2019ordre.Les communientions.ete.doivent être af frunchies ctfiunnics d'une signature response les, vous userez du pouvoir, ~Nos amis en seront juges, dit Dorothée en ge four- nant vers es invites.J uueai, du reste, une consoillére, \u2014Qui done ?.\u2014Une dame dont j'ai finit connaissance à mon dernier voyage chez le président.\u2014Vous ne n\u2019aviez poiut parlé .\u2014Non ; mais elle est arrivée ce matin à Hofl, le hasard m\u2019a fait ki rencontrer comme je revenais du temple, et je Pai invitée, ==Sans me prévenir! dit le major étonné.\u2014C\u2019est la Saint-Léonard, mou père, vbserva Dorothée.Lotlen ne put retenir un geste de mécontentement, \u2014 Et pourrai-je savoir, du moins, le nom de cette inconnue ?dit-il.\u2014La voici, interrompit Willinu.Dorothée et lui sortirent en courant pour aller à sa rencontre.Lemajor, qui était assis près d\u2019une fenêtre, se leva vivement, re pencha au balcon .et reconuut Charlotte.Il serait difficile d'exprimer ce qui se pas duns l'âme de Lollen àcette vue.Ce fut d\u2019abord wn mélungede surprise, de trouble et de colère; mais ce dernier sentiment finit par prendre le dessus, Il était évident que tout avait Été préparé entre Dorothée et su mêre : c'était une réconciliation que lon voulait 5 et pour lu lui imposer on avait compté sur son cmbarras, sur sa faiblesse peut-être.Cette dernière idée le révolta.L'âge n\u2019avait point tellement calmé cette âme que le dépit ne pût s\u2019y transformer facilement en indignation.Son premier mouvement fut de repousser la mère eta fille, etde se renfermer dans son appartement 5 mais la présence des invites le retint.1 était debout à la même place, balançant encore sur ce qu\u2019il devait faire, lorsque Charlotte parut conduite par Willinm et par Dorothée.Son regard rencontra en entrant celui du major, et elle reculn.\u2014Je vous présente madame de Nugel, mon père dit Dorothée sans oser lever les yeux.PS Loflen fit un mouvenient.ot \u2014 Purdon d®avoir 0s¢ .vénir .balbutin Charlotte.J\u2019aurnis dû .vous prévenir.\u2014M.le major n\u2019a pus besoin d\u2019être averti pour bien re- revoir ses hôtes, observa William avec intention, \u2014 C'est mui, d\u2019ailleurs, qui lui voulu, veprit Dorothée, et j'en avais le droit.Son pére lui jeta un regard sévère.\u2014 C'est aujourd\u2019hui la Saint-Léonard, continua Ia jeu- ue fille.- Lus invités s'étaient approchés ; le major comprit qu\u2019il devait cacher son dépit.S'inclinant done légèrement : \u2014 Ma fille à raison, madame, dit-il avec roideurs olle est ici souveraine maîtresse aujourd\u2019hui, ct c\u2019est elle seule qui vous reçoit.\u2014 Alors, à table ! dit William.Chaque invité prit le bras d\u2019une dame, \u2018et le major, qui\u2019 demeura seul avec madame Nugel, fut forcé de lui offrir: la HUTA Ce Mais en passant par le salon de musique pour se rendre al In salle à manger, Il aperçut tout le monde: arrété devant une grande le nouvellement suspendue au mur: c\u2019ôtait le portrait rélegué jusqu\u2019alors duns le cabinet noir, et- qui roprésentait Charlotte dans tout l\u2019éclat de «a jeunesse, Qui a mis là ce tableau?s\u2019écrin le major, dont les yeux \u2018 étincelèrent.- \u2014Moi, répondit doucement Dorothée.\u2014Et qui vous avait permis .1 : .[ \u2014Personne, mon père .Mais c\u2019est In Snint-Léonard.\u2014 C'est juste, s\u2019écrièrent tous les convives en riants., c\u2019est la Saint-Léonard ! C Loiten se mordit les lèvres.La \u2014Ne craignez rien, monsieur, dit madame de Nugel tout has : ce portrait me représente jeune, belle, hicureuse .à +, vous voyez que nul ne m\u2019n reconnue, \u201c Le major ne répondit rien.On padea a Ja salle & manger, | et tout le monde prit place à table.on) Lollen sc trouva assis près de madame de Nugel à qui Dorothée avait cédé scs fonctions, ct qui devait faire les.honneurs du diner.Le major s\u2019était décidé à éviter un scandale, mais non à cacher son mécontentement ;iil le montra même nyec d\u2019autant plus d\u2019afectation, qu'il se sent.tait, au fond du cœur, moinsirrité qu'il ne Petit voulu.M: avait bean se répéter qu\u2019il était le jouet d\u2019un complot- ar- .rangé entre Charlotte et sa fille, intéresser son honneur.à - le rendre inutile, et s\u2019exciter tout bas à l\u2019indignation, : une, sorte d\u2019iudulgonce attendrie le gagnait malgré lui; c\u2019étaite: | !p première fois qu\u2019il se trouvait trop patient.et trop .doux:1.; \u201cUn so décida à garder au moins un silence qui pût: témoi.\u2026.! | gnor\u2019de son déplaisir.Madame de Nugel n\u2019essaya point de l'interrompre ; maisle major ne put échapper à ses soinsmuets.Quoi qu\u2019il fit, tous ses besoins étaient prévenus, tous ses désirs satisfaits ; les mets et les vins qu\u2019il préférait lui étaient seuls offerts, car Charlotte n\u2019avait oublié auçun de ses goûts.Pour.fa première fois enfin, depuis quinze années, il retrouva autour de lui celte surveillance expérimentée ct sans distractions de la femme qui a partagé notre vie, et que ne peut remplacer la fille la plus tendre.Le repas achevé, toute ln compagnie passa au salon de musique, et Loffen s\u2019apergut alors que le piano avait été descendu comme le portrait ; il était;ouvert, et l\u2019on avait dressé à côté le pupître du major.Dorothée vint elle- même lui apporter son violon, en lui rappelant qu\u2019il avait promis de se faire entendre.Loffen jeta un regard vers mudame de Nugel qui s\u2019était approchée du piano, et voulut refuser ; mais le conseiller Hotman le somma d\u2019obéir en lui criant que était la Snint-Léonard : il fallut donc céder.Le morceau choisi par Dorothée était un des duos que son père avait joués le plus souvent autrefois avee Charlotte.Celle-ci se rappelait encore les nuances et le mouvement que le major donnait à ce morceau : aussi fut-il exécuté avecun élan merveilleux.Ceux qui connais- snient le talent de Loflen ne lui avaient jamais trouvé cette précision, ce charme cteette puissance.On eût dit que les deux instruments s\u2019entendaient ct se répondæent.Lorsgeils se turent, tous les auditeurs applaudirent avec transport, et le conseiller Hotman courut aux exécutants, \u2014-I1 faut que vous soyez une seule âme dans deux corps, dit-il, pour mettre cette harmonie daux l\u2019expression d\u2019un même sentiment ! Loiltn et madame de Nugel saluèrent avec embarras.\u2014 Ah! voux êtes fits pour vous entendre, ajouta l\u2019enthousiaste mélomane en leur serrantla main.La musique est comme une émanation des cœurs ; et jouer d'accord à ce point, c'est presque s'aimer ! Madame de Nuxel sourit en rougissant, et voulut quitter le piano ; mais Dorothée la supplin de faire entendre un des vieux airs allemands qu'elle chantait si bien.Après mm peu de résistance, elle se rassit, et commerg la vieille ballude de le Rose bleus.À mesure que madame de Nugel chantait, tous les ressentiments du major semblaient Sapaiser, etune indici- He émotion s\u2019emparsit delui.Cechant, il Pavait entendu la première fois qu\u2019il avait vu Charlotte ; et plus tard, aux jours de leur union, elle le lui avait répété mille fois.La voix de madame de Nugel agissait sur lui comme celle d\u2019une fée, et rehâtissait tout l\u2019édifice écroulé de son bonheur.En l\u2019écoutant, il croyait voir encore cette petite maison entourée de vignes qu\u2019ils avaient habitée ensemble à Prague, ce jardin avec son berceau de clémiatites ct ses bardures de violett:s.Il se croyait redevenu jeune, confiant, joyenx.C'était comme une évocation de tout ce qu\u2019il y avait eu de tendre et d\u2019heureux dans son passé.La fin au prochain numéro.LE CASTOR.@ucbee, JEUDI, 22 AOÛT 1844.\"LI?Unicorn arrivé mardi soir dernier apporte des journaux de Paris jusqu\u2019au ler.courant et de Londres jusquaux 2.Nous eu tirons les nouvelles les plus intélessuntes que nous donnons ci-après\u2014 La suciélo des Armateurs de Londres (Skip owners Society) avait résolu de demander au gouvernement de lever une luxe sur les bâtiments construits dans les Colonies.Il faut espérer que cette recommandation ne sera pas écoutée, au moins immédiatement, car l\u2019une des principales industries du Canada se trouverait brusquement annéantie.D'après quelques indications il paraît que cette mesure ne serait pas populaire même en Angleterre.* - Une discussion prolongée s\u2019était élevée dans le Parlement Impérial au sujet de la politique que l\u2019Angleterre a suivie à l\u2019égard des possessions françaises en Afrique.Mais il à été presque couvenu entre tous les orateurs que ces établissements avaientreçu depuis trop long-tems un acquies:ement tacite pour qu'une intervention soit mainte- uant convenable où nécessaire.a Lorsqu'il a été question de Néducation, dans ln chalibre des communes, wir G.Clerk proposa qu\u2019une somme de £40,000 y soit consacrée pour l'Angleterre seulement.Mr.Wyse prit cette orcasion de recommander la création en Irlande d\u2019une: Université catholique dotée à même les fonds publics.Sir Robert Peel dit qu'il projetait de porter In somme accordée à l\u2019éducation de 50 à 75 mille livres stérlinget que le gouvernement se proposait de mettre l\u2019instruction publique en Irlande sur un pied beaucoup plus libéral: \u2018Il est probable que l\u2019agitation du Rappel est pour beauroup dans ces bonnes intentions.\u2014Manoc.I! a été reçu à Paris des dépéches du Maréchal Bugeaud qui donnent avis au gouvernement qu\u2019il avait reçu déil\u2019empereur du Maroc des lettres l\u2019informant qu\u2019il avait lait enchaîner.le Calife qui avaitattaqué\"ler troupes françaises et qu\u2019il-le méttrait- à la disposition du maréchal Bugeaud ; celui-ci: avait répondu qu\u2019il refauerait de le recevcir jusqu\u2019à lariréception de nouvelles instructions et qu\u2019en attendant il cantnuerait les hostihtés contre l\u2019empereur.: :Le 22 Juillet le.quartier: général de ::l\u2019arnée française; Étuit à: 8; lieues \u2014 LE CASTOR;\u2014AOUT, 1844.À.\u2019Ouchda et on continuait à brûler les villages sur le territoire marocain.Le même jour le maréchal avait expédié des dépêches très importantes au Prince de Joinville.-Le National dit que ce prince s reçu du gouvernement l\u2019ordre de bloquer strictement les ports de empereur, de saisir el de couler tous les navires de sa mursne.\u2014ITaciE.Des lettres de Bologne annoncent que Signor Gardinghi avait été fusilié le 26 Juillet eur condamnation de la cour martials | Cette exécution avait causé une seu- sation extraordinaire dans les Etats Romains.\u2014Napres.La commission militaire instituée pour juger les révoltés du 15 Mars en avait condamné 21 à mort, 22 aux travanx forcés, 6 & l\u2019emprisonnement durant 5et 6 ans, 24 ont été libérés sur caution.Six des condamnés à mort ont élé exécutés, le roi n commencé la peine des 15 autres aux travaux forcés à perpétuité.\u2014\u2014BuHfME\u2014 Les classes ouvrières de Brood se sont levées en masse et ont détruit plusieurs manufactures, La troupe avait réussi à rétablir l'ordre.\u2014La reine n\u2019uvait pas encore fait ses couches ; on s\u2019at- enduit d\u2019un jour à Pautre à cet événement.\u2014 La session du parlement tirait à sa fin et ses délibérations n\u2019offraient rien d\u2019intéressant.\u2014Les juges, qui étuiten tournée, ne devaient être de retour à Londres que le 23 août, et l\u2019on pensait que ln chambre des puirs, qui attendait leur décision sur les questions quileur avaient été soumises, ne prononcerait son jugement dans l\u2019alfaire O\u2019Connell et autres que le 29 on le 30 auût.\u2014Les travaux législatifs terminés, les deux chambres devaient s\u2019ajourner de temps à autre jusqu\u2019a ce que In cour des pairs eût statué sur l\u2019allaire en question.\u2014Les prisonniers d\u2019état étaient bien portants.On leur avait permis d\u2019établir un gymnase dans la prison pour s\u2019amuser et prendre de Pexercice.\u2014Mgr l\u2019archevêque de Dublin avait défendu au clergé de lire publiquement à l\u2019autel la prière pour la santé de M.O\u2019Connell, ce qui priva le \u201cjour d\u2019humiliation générale\u201d (le 28 juillet) dune grande partic de sa solemnité.\u2014Le nouveau viee-roi, lord Heytesbury, était anivé à Dublin.Une vive sensation n été créée en Angleterre par des nouvelles récentes de \u2018Fahiti, d\u2019après lesquelles il paraît que la reine Pomaré avait été obligée de ze réfugier à bord d\u2019un bâûment de guerre anglais, et que le consul anglais, M.Pritchard, après avoir été emprisonné pendant 21 jours, avait été expulsé du pays.Sir Robert Peel etlord Aberdeen ont parlé de ces faits dans leurs chambres respectives et les ont fortement blâmés.Des explications catégoriques ont été demandées au gouvernement français, ct il est probable que ses agents à Tahiti scront désavoués et rappelés.\u2014 L'affaire du Maroc paraissait plus éloignée que jamais d'une solution pacifique, et quelques journaux parlent d\u2019un second Navarin à Tanger.\u2014On dit que l\u2019empereur a perdu tout> autorité sur les tribus qui habitent le territoire limitrôphe\u201dde l\u2019Algérie.' \u2014Une rixe alarmante, mais qui heur:usement n\u2019a pas eu de conséquences graves, a eu lieu à Canton entre les chinois et l\u2019équipage d\u2019un bâtiment suédois \u2014La Gazelle de Hong-Kong annonce que l\u2019honorable Erskine Murray, de la marine royale, qui était allé avec une couple de bâtiments à Bornco pour y former un étab.is- sement et ouvrir des relations amicales avec les naturels, a été assassiné, avec plusieurs autres de son parti, par les gens du Sultan Coti.\u2014Les obsêques de Mgr Charles-Auguste-Marie-Joseph comte de Forbin-Janson, évêque de Nancy et de Toul, primat de Lorraine, ont été célébrèes hier à Saint-Thomas d'Aquin avec toute la pompe qui convenait au rang élevé de sa famille ct à sa dignité d\u2019évêque.La messe solennel- lea été chantée par le nouvel évêque de Nancy.MM.les archevéques de Paris et de Rouen, les évêques de Versailles, de Gap et de Saint-Dié, des membres du chapitre métropolitain, plusieurs curés de Paris, un grand nombre d\u2019ecclé- siustiques des paroisses et divers établissements religieux du diocèse, des amis de la famille, et un concours extraordinaire de pauvres, bien connus de Pillustre défunt, confon- dauicnt leurs regrets unanimes dans ce triste et dernier 16- moignagede picuse vénération et de solennelles prières.Après la cérémonie des trois absoutes qui ont été faites par MM.les archevêques de Paris et de Rouen et l\u2019évêque officiant, le convoi fanèbre, composé de vingt-cinq voitures de deuil et d\u2019un grand nombre de voitures particulèires, s\u2019est dirigé vers l\u2019église de Picpus.\u2014(/Imi de lu Religion du?) \u2014Les nouvelles du Maroc sont très-contradictoires : il paraîtrait toutefois que l\u2019anarchie la plus complète règne dans le pays.On lit même dans plusieurs-rapports que la défection éclaircit les rangs de l\u2019armée marocaine ; mais ce {ait mérite confirmation.\u2014Les feuilles espagnoles se plnignent beaucoup, cette année, des sinistres causés par la grêle et les orages.Dans Ia Biscaye, les campagnes sont désolées par des bandes innombrables de rats qui fourmillentau milieu des champs et dévorent les récoltes sur pieds.Les ministres des finaneeset de la marine d\u2019Espagne sont arrivés le 283 à Barcelone.On dit que leur départ précipité de Madrid a été provoqué par les dernières exécutions de Saragosse qui auraient eu lien sans que ces deux ministres cussent Été consultés.\u2014On a reçu hior In nouvelle qu'un attentat a été commis, à Berlin, lo 26 juillet, contre LL.MM, le roi ct.la reine de 1 v » Prusse.Au moment où elles montaient en voiture pour aller à Erdmensdorf, et de là, a Ischel, un individu sorti de la foule, s\u2019approchu de ln portière, et tit un pistolet à double coup.Le pistolet partit au moment où la voiture se mettait cn route.' oy Ldnglification qui commence à gagner (peut-ètre\u201d un peut trop) quelques ans des établissements d'éducation canadiens que Pon surait eru les derniers à céder à Ce travers, né pouvait manquer de causer de l\u2019inquiétude à ceux qui considèrent la nationalité canadienne et la langue française comme les sauve-gardes des autres institutions chères an pays.Depuis quelque tems nous avons renvoyé à leurs auteurs un assez grand nombre d\u2019écrits sur ve sujet, dans l'espérance que l\u2019abus qu\u2019ils atinquaient Wisparaîtrait graduellement.Il n\u2019en à pas été aiusi, de vorte que les correspondants trouvant chaque jour nouveau sujet de eriti- que ont revris la plume et cette fois avec plus de chaleur encore, Nous avons reçu ce matin.une nouvelle lettre sur ve sujet, signée UN CANADIEN DE LA VIEILLE ROCHE, que nous reproduirons dans notre prochain,sans en approuver toutefois la virulence ; mais seulement enfin de montrer À quel diapazon on peut porter l\u2019opinion publique par un zéle qui pourrait probablementse déployer d\u2019une manière beaucoup plus avantageuse, Annonces, ASSURANCE MUTUELLE DE Sr.ROCH.Lich de L'ASSOCIATION D\u2019ASSURANCE MUTUELLE de St Roch contre le Feu devant expirer le 30 Octobre prochain, le Membres de la dile Association sont priés de s\u2018assembler VEN DREDI PROCHAIN.le 30 du courant, à 7 heurasdu Soir, en la maison d\u2019Ecole-de la Fabrique St.Roch, pour décidez si le dite ucte « oit être renouvelé ou si l\u2019on doit organiser Une compagnie *Assurnoce Mutuelle en vertu de Pacte de la 4me année Guil iv Caop.XXXIH.Par Ordro Jos.LAURIN Secrétaire St Roch, 22 Août 1844.BUREAU D'ASSURANCE MUTUELLE DE ST.ROCH CONTRE LE FEU.VENDRE une part de Banque de la somme de cinquante \u201d louis Sterling dans le fonds de la Banque British North Ama.À rice.Par ordre, f.Jos.LAURIN, Secrélaire Québce, 19Août 1844.CHIRURGIE DENTALE.LE DOCTEUR PARSONS, CHIRURGIEN DENTISCDEDE MONTREAL YFNFORME respectueusement les citoyens de Québec et des environs, qu'il a pris des appartements à l'hotel de lu C:rz Rue Stc.Ann,vis-à-vis de l\u2019église Écosaise où il restera aussi longe temps qu'il recevru un encouragement suffisant, el fera toutes les opérations relatives aux dents.Une pratique constante et couronnée de succès durant trento années \u201cst une preuve suffisante qu'il n\u2018cst pos étranger à la profes sion.Son hubi « é à conserver les dents n'est surpussée par à cell de personue uut.e.et il es.prêt À soumettre ses opérations bins-u pection de tout jage de l\u2018art.Den's insérées, nettoyées.séparées et remplies n\u2018importe is graudeur vu la situation de la eavité ; scorbut des gencives guéri, cte.Les denis d'enfants, quelque irrégulières qu'elles soient, placés en bonne forme.Les dents et les chicots les plua diffielles extraits uvec facilité =: sans dangers Le mul de «ent guéri avec des gouttes qui n'ont jamais failli à produire cet effet.Venez ct vous sercz convaincu de In vaste importance d'avoir UL mauvais ratelier rendu bon en quelques heures.11 visitera à domicile les personnes qui le demandernt, Références avec permission, à Wolfred Nelson, M, I+ A.Fisher, M.D; J.B, Trestler, M.D; et L T.Drummond écuyer, M.P.P.Montréal.N, B-\u20142000 Dents minérales a vendre, Québec, ler Juillet 1844, Société St.Jean-Baptiste.8ème SECTION.: EK [ i ) ECLHLONS.ES MEMBRES de cette section de la société sont prévenus uSil y aura une assemblée à la inaison d'école de la FABRIQUE ST.ROCH.ok de MARDI, 27 AOUT à SEPT HEURES et DEMIE précises, afin de procéder à l'élac.lou des officiers sectionnaires.Tous fes membres sont priés d'y assister, Par Ordre des Vice-Président.LOUIS PROVOST, C.TACHE, Secrétaires.' .\u201cow.Québec 27 Août 1814.| \u2018 "]
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