Journal des campagnes, 9 janvier 1890, jeudi 9 janvier 1890
[" ve if, | Arr a , af F 5 ser a 7 PERI ST Wr + NT fe.a rath + PET 050 0% Arte .SY for TES TET PP RESTE Er NAN Te TEE RE AE EPIL pd Tip pi cys « tt + 1.+ ., ' .\u2018 Lh.a \" * .- J \" ; .- .Assemblée Légialative .ih \u2018 = An des nations.TEEN Ua Lore ay ES meet teen vo ogy .DE Somme : 4 L'industrie mn Jeudi 9 Janvier {890 Sème Année Es No 49 N JOURNAL DES CAMPAGNES EDITION HEBDOMADAIRE, Paraissant tous les JEUDIS ot cunteyant sut les nuuvelles Jv tu semaine : - Prix de l'abonnement :\u2014UNE PILASTH POUR LA FRANCE 16 FR ANY \u201c Strictemeni paroble d'arunce.\u201c Imprimé et prailié par LÉGER BROUSSEAU, ROITRUR-PROPRIÊTAIRK \u2026 No 9, Rue Buade, H.V , Québec.LE JOUR DE L'AN FAMILLE # Il est sept heures a peine.Un pâle rayon de lamiére blafarde pénètre à travers les doubles rideaux et déjà on gratte à la porte.J'entends dans la pièce voisine les rires étouffés et la voix argentine de mon bébé qui frémit d\u2019impatience et demande à entrer.\u201c Mais petit père, s'écrie-t-il, c\u2019est Bébé, c\u2019est le petit l'ami qui vient pour la bonne année.\u2014Entre, mon bon chéri ; vite nous embrasser.\u201d La porte s'ouvre et mon garçon les bras en l'air, l\u2019œil brillant, se préoi- pite vers le lit.Son bonnet de nuit qui emprisonne sa tête blonde, laisse échapper de longues boucles qui lui tombent sur le front.Sa grande ch- mise flottante qui embarrasse ses petits pieds augmente son impatien- Ce et le fait trébucher à chaque pas.Enfin il a traversé la chambre et, tendant les bras vers les miennes : \u201c Bébé te souhaite une bonne année, me dit-il d\u2019une voix - émne.\u201d \u2014Pauvre amour, qui a ies pieds \u2018nus! Viens mon chéri, viens te réchauffer dans la chaude couverture, viens te cacher dans I'édredon, \u201d : Je l'attire à moi ; mais, au mouvement que je fais ma femme, qui sommeille, se réveille en sursant.viens - .~ : .des baisers ?2\u2014Bébé attend \u201c* Qui va là ?s\u2019écrie-t-elle en cherchant la sonnette.Au volear ! \u2014Mais c\u2019est nous, chèr« amie.\u2014Qui, vous ?.Ah Dieu, que vous m'avez fait peur ! Je 1évaisqu'il y avait le feu, et cette voix au milieu de l\u2019incendie\u2026 Vous êtes d'une-impra- dence avec vos cris ! -\u2014Nos cris, mais ta oubiies donc.putite mère, que c\u2019est aujourd\u2019hui le jour de l\u2019an, le jour des souhaits et ton réveil, et moi aussi.\u201d Cependant j'enveloppe mon petit | \u2018homme dane le moélleux couvre-pied, je le blottis dans l\u2019édredon et je réchauffe dans mes mains ses pieds glacés.\u201c Mais petite mère, c'est anjour- d\u2019hui la bonne année, \u201d s'écrie-t-il.De ses bras il rapproche nos deux têt-s, avance la sienne, et de ses 18: res fraiches il embrasse à l\u2019aventure Je sens sa menotte potelée quise promène dans won coun ; ses petits doigts s'empêtrent dans ma barbre Ma moustache lui pique le bout du nez, et il éclate de rire en j-tant sa téte en arrière.Sa mère, qui est remise de sa frayeur, l'attire dans ses bras et agite la sonnette.: L'anuée commence bien, chers amis, dit-elle, mais il nous faudrait un brin de jour.\u2014Dis, maman, les enfants méchants n'ont pas de joujoux au jour de l\u2019an ?\u201d Le Et le sournoi lorgne, en disant cela, Une montagne de paquets et de cartons qui se dresse dans un coin etqu'on aperçoit malgré l'obscari- Bientôt les rideaux s'écartent les volets s'ouvrent, le jour arrive à flots, le feu pétille gaiement dans lâtre ; et l\u2019on dépose sur le lit deux gros paquets soigneusement entortillés.L'an est pour ma femme et l'autre est pour mon gros chéri Qu'est-ce ?que sera-ce ?J'ai accumulé les nœuds, triplé les enveloppes, etje suis avec délice leurs doigtsimpatients perdus dans la ficelle.Ma femme s\u2019impatiente, sourit, se fâche, m\u2019embrasse, et demande.des ciseaux.- Bébe'de son côté, tire de toutes ses | J LE\" CLA forces en se mordaut les lèvres, et finit par réclamer mon aide.Son regard voudrait percer l\u2019enveloppe.Tous les signes du désir et de l\u2019attente sont peints sur son visage.Sa main, perdue daus l'édredon, fait grincer la soie sous ses mouvements convulsifs, et ses lèvres s'agitent avec bruit comme à l'approche d\u2019un fruit savoureux.Enfin le dernier vole.\u2014 Le couvercle saute et la joie éclate : \u2018\u201c Ma palatine ! \u2014Ma ménagerie ! - Pareille à mon manchon,~\u2014 cher petit mari ! \u2014AÂvec un berger à roulettes, bon petit papa que j'aime ! \u201d On me saute au coup, quatre bras à la fois m\u2019enlacent et me pressent.L\u2019émotion me gagne, une larme me vient aux yeux ; il en vient deux à ceux de ma femme, et Bébé qui perd la tête laisss échapper un sanglot en m\u2019embrassant la main.C'est absurde, allez-vous, dire.Absurde, je n\u2019en sais rien ; mais délicieux, j'en réponds.La douleur, après tout, ne nous ar- rache-t-elle pas assez de pleurs pour qu'on pardonne à la joie la larme solitaire que par hasard elle fait répandre ?-La vie n\u2019est pas si douce qu\u2019on s\u2019y aventure seul, et quand le cœur est vide, le chemin paraît long.M estsi bon de se sentir aimé d\u2019entendre à côté de soi le pas régulier de ses compagnons de route et de se dire :\u201c Ils sont là ; nos trois cœurs battent à l\u2019unisson \u2019\u2019 une foi, par an, lorsque la grande horloge sonne le ler janvier, de s'asseoir ensemble au bord de la route, les mains enlacées, les yeux fixés sur le chemin poussiéreux, inconnu, qui se perd à I'horison, et de se dire en s\u2019embrassant : \u201c Nous nous aimons toujours mes enfants chéris; vous comptez sur moi et je compte sur vous.Ayez coufiance et marchons droit.\u201d Voilà comment, monsieur, je m'explique qu\u2019on pleure un peu en Une ménagerie.L - - #¥ Mais l'heure du déjeuner approche.e mié suis suis coupé deux fois le DES regardant une palatine et en ouvrant | menton en faisant ma barbe ; j'ai marché au milieu de la ménagerie de mon fils en me retournant.et j'ai Une perspective de douze visites\u2014 obligatoires, comme dit ma femme ; néanmoins je suis ravi.On se met à table.Le couvert, qui brille sur une nappe bien blanche, a unair de fête inaccoutumé.Un léger parfam de truffes embaume l'atmosphère, tout le monde me sourit, et à travers la vitre, j'apper- çois\u2014 chose étrange\u2014le concierge qui, de sa propre main, essaie la rampe de l'escalier, avec son mous choir de poche, Dieu me pardonne ! C\u2019est un beau jour.Bébé a mis en ligne autour de son assiette les éléphants, les lions et les girafes, et sa mère, sous prétexte de vent coulis, déjeune avec sa fourrure.\u2026.\u201c As-tu demandé la voiture, chère amie, pour faire nos visites ?\u2014Le coussin de la tante Ursule va tenir une place ! Je sais bien qu\u2019on peut le mettre à côté du cocher.-Oh ! cette pauvre tante ! \u2014Petit père, faut pas aller chez tente Ursule, dit Bébé, ça pique toujours quand on l'embrasse.\u2014 Monsieur Bébé !.Songes-tu a tout ce qu\u2019il nous faut mettre dans cette voiture?\u2014 Le cheval mécanique de Léon, le manchon de Louise, les pantouffles de ton père le couvre- pied d\u2019Ernestine ; les bonbons, la boîte à ouvrage\u2026Je te jure qu\u2019il faudra\u2019 mettre le coussin de la tante sous les pieds du cocher.\u2014Petit père, dis pourquoi la girafe ne veut pas de côtelette ?\u2014Je n'en sais rien, mon ami.\u2014Eh bien ! papa, ni moi non plus: .Une heure aprés nous grimpions l'escalier de la tante Ursulefemme compte les marches en tirant sur la rampe et moi je porte le fameux \u201cCoussin, les bonbons et mon fils, qui n\u2019a pas voulu sortir sans apporter sa girafe.La tante Ursule, qui fait sar mon fils l'effet d'une poignée de verges nous attends dans son petit salon glacial.Quatre fautenils carrés cachés sous des housses jaunes, se morfondent derrière quatre petit tapis de pieds.Une pendule, sous \u2018 v tg.- forme de pyramide surmontée d\u2019une boule, fait résonner son vieux tic-tac derrière un globe trop grand.i Un portrait pendu au mur et piqué par les mouches, représente une nymphe armé d\u2019une lyre se détachant sur une cascade.\u2014C'est la tante Ursule, cette nymphe.Comme olle est changée! \u2018\u201c Ma bonne tantenous venons Vous offrir nos souhaits de bonne année.\u2014Vous exprimer tous les vœux gue nous.\u2014Q\u2019est très bien mon neveu et ma nièce, asseyez-vous ; et elle nous indique deux chaisses\u2014Je suis sensible à votre démarche ; elle me prouve que vous n'avez pas complè tement oublié les devoirs que vous impose la famille.\u2014Vous comptez, chère - tante, sans l'affection que nous vous portons et qui suffit.Bébé viens embrasser ta tante.> BEBE (6 mon oreille)\u2014Mais, petit père, je t'assure qu\u2019elle pique (Je dépose les marrons glacés sur un guéridon.) \u2014Vous pourriez mon neveu, vous sävez que les sucreries me sont contraires, et si je ne connaissais votre .indifférence à l\u2019endroit de ma santé je verrais là-dedans un sarcasme Mais brisons-là Monsieur notre père supportons toujours ses infirmités avec courage ?\u2014Vous êtes bien bonne.\u2014J'\u2019ai pensé t'\u2019être agréable, ma chère tante.dit ma femme, en te brodant ce coussin, que je te prie d\u2019accepter.| \u2014Je te remercie mon enfant ; mais je me tiens encore assez droite, Dieu merci, pour ne pas avoir besoin de coussin.La broderie est charmante : c\u2019est un dessin oriental.Tu aurais pu mieux choisir, sachant que j'aime les choses plus simples Il est charmant du reste, quoique ce rouge à côté de ce vert vous mette une larme dans l'œil.J'ai déjà éprouvé cette sensation en épluchant des oignons.Le sentiment des couleurs n\u2019est pas commun ! J'ai a t'offrir ma photogra- |.phie que ce bon abbé Miron a voulu absolument me faire sous forme de carte de visite comme tu vois.\u2014 Oh ?comme tues bonne et comme cela est ressemblant ! Reconnais tu ta tante, mon bébé ?\u2014 Nete crois pas obligé de dire le contraire de ta pensée.Cette photographie ne me ressemble en aucune .façon, j'ai l'œil beaucoup plus brillant.J'ai là aussi un paquet de jujube pour ton enfant.Il me paraît grandi.\u2014 Bébé, vient embrasser ta tante.\u2014 Et puis nous nous en irons après, petite mère ?.\u2014 Vons êtes un petit mal élevé, Monsieur ! \u2014 Laissez-le dire : au moins il est franc, lui ! Mais je vois que ton mari s'impatiente ; vous avez d\u2019autres .courses à faire, je ne vous retiens pas.Qui de douze visites obligatoires retranche une visite obligatoire, reste onze visite.Hum ! \u2014 Cocher,rue Saint-Louis au Ma- ° « Est-ce.pas, petit père, qu'elle a des aiguilles dans le menton, tante Ursule ?\u201d Passons, si vous le voulez bien, les onze visites obligatoires ; elles sont aussi peu agréables à raconter qu\u2019à faire.xFx Vers cing heure du soir, \u2014 Dieu soit loué ! \u2014 les chevaux s'arrêtent devant la maison paternelle, où le diner nous attend.Bébé bat des mains et sourit déjà à la vieille Jeannette, qui au bruit de la voiture s\u2019est précipité vers la porte.\u201c Les voilà ! s'écrie-t-elle et elle emporte Bébé jusque dans la cuisine où ma mère, Coed ea N soe - a 3 .* 2 Les - ; - _ rene sa Bd Eure ve = ~~ Vo pba tee Du te code cmt 0000 rm gam ba te hm a Wea Wa ee Se TTA Te Te > ç> me \"SE TU Re Core TS \u2026 pall: = \u201c.Le SE es x les manches retroussées, donne le coup de grâce à son gâteau traditionnel.Mon père, qui.descend à la cave la lanterne à la main, escorté de son vieux Jean, qui porte le parier, s\u2019arrête tout à coup : \u201c Eh ! mes enfants, que \u2018vous arriverez tard! \u2014 Venez dans mes bras, mes amis, c\u2019est le jour ou l'on s'embrasse pour de bon !\u2014 Jean, tiens un peu ma lanterne.\u201d Et tandis que mon vieux père me serre contre ini, sa main cherche la mienne et la serre longuement.\u2014 Bébé, qui se faufile entre les jambes, nous tire par I'habit et tend son petit bec pour avoir un baiser.\u201c\u2014Mais je vous retiens la dans l\u2019antichambre et vous êtes gelées : entrez dans le salon, il y a de bon feu et de bons amis.\u201d On nous a entendu, la porte s'ouvre, et l'on nous tend les bras.Au milieu des poignées de mains, des embrassements, des souhaits et des baisers, les cartons s\u2019ouvrent, les bonbons pleuvent, les paquets se déchirent, la gaieté devient du vacarme, et la bonne humeur tourne au tamulte.Bébé, debout au milieu de ses richesses, semble un homme ivre entouré d\u2019un trésor et de temps en temps il jette un ori de bonheur en découvrant un nouveau joujou.\u201c La faible du petit homme, s\u2019écrie mon père en agitant sa lanterne, qu\u2019il à reprise des mains de Jean.- Un grand silence se fait et le pauvre enfant qui fait ses débuts dans l\u2019art dela déclamation perd tout à coup contenance.Il baisse les yeux, rougit et se réfugie dans les bras de sa mère qui penchée à son oreille lui dit : \u201c Allons, mon chéri : Un agneau se désaltérart.; tu sais le petit agneau ?\u2014 Oui petite mère je-sais bien, le petit monton, qui voulait boire.Et d\u2019ane voix contrite, la tête penchée sur la poitrine, il répète en faisant un gros soupir : \u201c Un agneau se désaltérait courunt d'uve onde pure.\u201d Nous tous, l'oreille tendue et le sourire aux lèvres nous suivons son délicieux petit jargon.L'oncle Bertrand, qui est un peu sourd, a fait Un cornet de sa main droite et a rapproché sa chaise : \u201c Ah! j'y suis, dit-il, c'est le Renard etles Raisins.\u201d Et comme on fait chut ! à l'interrupteur, il ajoute: \u201cOui, oui, il récite avec finesse, beaucoup de finesse.\u201d Le succès rend la confiance à mon chéri, qui termine ea fable par un gros éclat de rire.La joie est communicative, et l\u2019on se met à table au milieu de la plus folle gaieté.* À propos, dit mon père, & diable est ma lanterne ?J'ai oublié la cave.Jean, mon vieux, prends ton panier et allons fouiller derrière les fagots.\u201d Le potage fame, et ma mère, après avoir promené autour de la table son regard souriant, plonge la cuillière dans la soupière.Ma foi, vive la table de famille, où s'assoient ceux qu\u2019on aime, où l\u2019on Tisque au dessert un coude sur la nappe, où l\u2019on retrouve à trente ans le vin de son baptême ! «D _\u2014 dins le L'Empire dit que la nouvelle ré pandue aux Etats-Unis que le gon- vernement fédéral ne renouvellerait pas pour l\u2019année prochaine le modus vivendt, est prématurée, sinon sans fondement.En vertu du traité de Washington de l\u2019gn dernier, le modus vivendi expirera le 15 février prochain, et si on veut en prolonger la dnrée, il faut passer une législation spéciale.Le gouvernement n\u2019a pas l'intention de faire connaître sa politique à ce sujet avant que le temps soit venu.JOURNAL DES aa a CAMPAGNES UNE NUIT DE NOEL Il y avait six mois que le père, un maçon s\u2019était tué en tombant d\u2019ün échafaudage.pe Pas le sou à la maison : des dettes, pas grosses, mais bien plus terribles, car si les gens sdmettent que vous soyez hors d'état de rembourser dix ou vingt mille francs,\u2019 ils ne comprennent pas que vous ne leur rendiez pas quarante sous qu\u2019ils vous ont prêtés.Qu'est-ce que ça peut leur faire, le chômage, les semaines passées dans les chantiers à chercher de l'ouvrage qu'on ne trouve pas ?.On doit : il faut payer.D'aucuns prétendaient que l\u2019homme l\u2019avait fuit exprès, dausun moment trop dur de découragement ; on l'avait entendu dire, à plusieurs reprises, qu'il était un bon à rien,un malheureux, quece serait toujours une bouche de moins a neursir.Mais c'étaient des racontars, pas des preuves.I] était sauvage, pas lisant du tout, n\u2019allant jamais chez le marchand de vin, ne famant pas, mangeant deux sous de pain, rien avec.* Bref, il était mort.\\ La mère, une maigriotte, exténuée Par les privations et le chagrin, avait tenté tous les métiers pour donner la pâtée aux petits\u2026Elle avait déniché quelques ménages à iaire.Mais cela n\u2019avait pas duré.Dans son quartier il n\u2019y avait que des pauvres, et ceux- là ne prennent pas de domestiques.Elle avait gardé des malades, pas beaucoup.Comme elle demandait pou, on n\u2019avait pas confiance.Elle allait au lavoir avec des charges énormes de gros lings que le boulanger lui avait procurees, à la longue, pour rentrer dans son dû.O'est là qu'elle avait attaqué une flaxion de poitrine.On l'avait transportée à la Charité malgré sa résistance, pleurant, sanglotant, se demandant ce que les enfants allaient devenir.Et voilà trois semaines qu\u2019elle était à l\u2019hospice, dans un état à peu près désespéré ; trois longues, trois horribles semaines que deux pauvres petites eréatures étaient là, isolées, abandonnées, sans le sou, sans feu.Et il faisait froid.Au début, dans un moment d\u2019emballement, le bon cœur de l'un pous-| sant la vanité de l\u2019autre, les Voisins avaient fait une collecte : dix-sept francs ; mais, dès le lendemain, ils s'étaient hâtés de dire qu\u2019il ne fallait plus compter sur eux, les temps étant trop mauvais et chacun ayant déjà bien de la peine à penser à soit puis un cousin du défant, un charretier, qu\u2019on avait prévenu, était venu une fois, avait dit qu\u2019il s\u2019oceu- perait des moutards.On.était ainsi à couvert, tout était en ordre.Il est vrai qu\u2019il n'avait plus donné signe d'existence, mais c'était un détail.O'est avec cela qu\u2019ils avaient véou prélevant encore sur cette misérable- somme de quoi acheter des oranges et laisser une petite pièce à la malade à chacune de leurs visites : les Jeudis et les dimanches.Effrontément, héroiquement, ils soutenaient à la mère qu\u2019on les aidait suffisamment et qu'ils n\u2019étaient pas à plaindre.Elle finissait par les croire et -se désolait moins.L ainée, Jeanne.avait huit ans.C'est elle qui couchait, lavait, débarbouillait le petit François.\u2014 qui en avait à peine la moitié, \u2014et le menait à l'asile, avec son déjeuner (quel déjeuner) dans un panier.Puis, le grenier bien mis en \u2018ordre méticuleusement netroyé, elle sortait pour chercher de l'ouvrage, De l\u2019ouvrage ! Oertains ne lui répondaient pas : ily en aqui lai riaient au nez ! D'autres l\u2019accablaient de questions, J { s'intéressaient sur son sort.en pa roles, se montraient compatissants, mais quant a venir efficacement à son secours, c'était une autre affairp.On lui parlait de mendier, de lai.- avoir des recommandations pour l'assistance publique.C'était facile : plusieurs enquêtes à faire, des contre enquêtes et des paperasseries, des visites, des démarches.Dans le courant de l\u2019année suivante, elle aurait probablement une réponse.° Elle détestait plus ces gens-là que les autres, qui la chassaient purement et simplement.Elle ne demandait pas l\u2019samône ; elle était brave et finirait bien par gagner de quoi ne pas crever de faim.Elle croyait cela, la pauvrette ! Le propriétaire, honnête homme- retiré du commarce, intègre, n\u2019ayant, disait-il, jamais fait tort d\u2019un centime- à personne, n\u2019avait pas à entrer dans tous ces détails.\u2019 Ça ferait deux termes en retard au.8 janvier.S'il n\u2019était pas réglé ce jour-là, il y aurait saisie et expulsion.La loi est la loi, que diable ! Où irait-on si on faisait du sonti- MENÉ ?\u2026.!eccscasecsoe oovérnesssans ose ame vve François avait emporté le dernier bout de pain rassis.Il n\u2019y avait plus rien; il n\u2019y avait rien à attendre.C\u2019était'fini.C'était le matin du 24 décembre.En quittant sa sœur, lui qui, en petit homme raisonnable, ne demandait jamais rien, commé s\u2019il se rendait compte de cette misère, lui dit brusquement : ' : \u2014Est-ce que le petit Noël viendra ce soir ?Elle y avait bien pensé, elle.Malgré cela, une douleur atroce la mordit.au cœur.Elle balbatia - \u2014Peut-être, on ne sait pas.\u2014J'ai été si sage ! Elle s\u2019enfuit en pleurant.Rentrée dans leur chenil, elle fit à la hâte un paquet d'une robe et de deux jubons rapiécés, du mauvais drap qui couvrait sa couchette, \u2014 tout ce qui restait ,\u2014et, profitant d\u2019un moment où la concierge, qui, par ordre, se serait opposée à la sortie d'un objet quelconque, tournait le dos pour causer à un locataire, elle s'élança dans la rue.Tout d'une traite, elle courut jusqu'à un bureau du Mont-de Piété.Après un longue attente, du bout\" de ses petits bras, elle tendit, an- - xieuse, les nippes à un fonctionnaire solennel qui, les repoussant dédaigneusement, dit : \u2014Kien à suivant.Terrifiée, effondrée,elle ramassa ses loques, bégayant : \u2014Pourtant monsieur \u2026\u2026 jenai .bien besoin.2 L'employé ne la regarda méme ° prêter là-dessus ! Au as.Elle s\u2019en alla lentement tremblante, glacée, de grosses larmes dans les eux.Qu'allaient-ils devenir ?> Et le petit, le petit ?Au coin de larue, on lui frappa sur l'épaule.Elle se retourna avec un hant-le- corps, et se trouva devant un Jeune homme bien mis qu\u2019elle reconnut pour l'avoir vu à côté d'elle, tout à l'heure près dufguichet._ ] Tout haletant, l'inconnu s\u2019écria: | \u2014Ce n'est pas dommage que je\u201d t'aie rattrappée ! Il n\u2019en finissait pas là-haut, cet imbécile ! Voilà la chose.J'ai justement besoin.comme ça se trouve, bien?.d'une petite robe comme celle dont cet : animal n\u2019a pas voulu, je te l\u2019achète .cent sous.Tiens! Prends donc N\u2019aie pas peur ! Elle est bonne.Je ne peux pas m'\u2019embarrasser de Ça maintenant.Je l\u2019enverrai chercher an de ces jours.Où demeu- res-tu.kenge Luh A i 2 atl a .btp dihdtt ; - oie, - > JOURNAL DES CAMPAGNES Abasourdie, le petite tenait gau- .\u2014\" \u2014\u2014_ ~ me - \u2014 ER CE CES EEE ordre.récitant à haute voix le chapelet des Sept Douleurs.Arrivés sur le bord de l\u2019eau qui devait les engloutir, ils se mettent à genoux, récitent ensemble un fervent acte de contrition et renouveilent leur offrande au Dieu des martyrs.Les impitoyables bourreaux les garottent ensuito pieds et mains.Dix minutes après, les quarante glorieux martyrs de Sébaste recueillaient, à l'entrée des célestes parvis.septante trois nouveaux frères.La deuxième étape de M.Grangeon est Phu hoa : Lachrétienté est cernée.Comme les chrétiens, réunis au nombre de cing cents environ, opposèrent quelque résistance, les lettrés encore timides n\u2019avancèrent qu\u2019avec précaution et lenteur.Le deuzième jour ils réussirent et à mettre le feu aux maisons ; seuls l'église et le presbytère restèrent debout.Les assiégés en firent leur place forte et y déposèrent ce u\u2019ils purent sauver de l'incendie : riz, mobilier, animaux domestiques.L'ennemi, de plus en plus nombreux et pouvant se relever à volonté, les serre chaque jour de plus près.On sent bien què, dans des conditions aussi désavantageuses, la résistance ns saurait être que le prolongement de l\u2019agonie.Chacun se prépare à la la mort par la confession.Pendant trois jours, le P.Guégan ne quitte le saint tribunal que quand son bras ne peut plus s\u2019élever pour absoudre.Enfin apparaît un grand mandarin avec nombreuse escorte de soldats : \u2018\u2014C\u2019est la fin, crient les uns.\u201c\u2014Non, reprennent les autres, c\u2019est le salut : on vient nous délivrer ! \u201d Tous les cœurs frémissent de crainte et d'espérance.On reconnaît le Laôh-Bink, c\u2019est-à-dire le grand mandarin militaire de la province.Interrogé à la porte d'entrée, le grand homme affirme venir en libératear.Il est introduit avec toat son monde.La joie éclate de toutes parts.En un instant deux ou trois bœufs et autant de porcs font les frais d\u2019une réception enthousiaste.Toute Ja troupe fait bombance.Le grand homme entre temps, raconte comment l'autorité légitime a triomphé de la révolte et proteste que, en conséquence, les chrétiens n\u2019ont plus rien à craindre ; il est-yenu exprès pour les sauver.Sur son ordre, les notables des villages voisins comparaissent devant lui.Il les tance vertement et les rend responsables des désordres qui pourront encore survenir.Un formidable da ou signe d\u2019assentiment et promesse d'obéissance répond à ses injonctions sévères.Toutefois le cordon humain qui enlace la chrétienté ne se détend pas : chacun garde son poste et sa lance.Cependant le temps presse ; tant d'autres endroits réclament encore l\u2019intervention de la force armée ; le libérateur s'éloigne ! Les chrétiens, le Père lui-même, le supplient de ne pas les quitter sans disperser au moins les bandes d\u2019assassius qui les entourent ; il se contente de répéter son Tefrain : \u201cJ'ai donné mes ordres : vous -nR\u2019avez rien à craindre, \u2019 On l'accompagne jusque dans les champs, on se jette à ses genoux ; ce cœur de tigre reste impitoyable.C\u2019était la douxième représentation de la comédie sanglante jouée à la même époque au Bish-dinq par le fameux Thuong-Bien : seuls Satan et ses suppots sont capables d'une si noire et si froide hypocrisie.\u201c \u2014Au moins laissez-nous, vous suivre jusqu'à la citadelle, nous réfugier près de vous,\u201d demandent en dernière instance \u2018les chrétiens éplorés.Le loup avait fini son rôle de berger ; il repousse avec colère ces brebis sans défense : ses soldats les chassont à coup de sabre ou de rotin.Les villages responsables se précipitent.sur ceux qu'ils devaient garder ; le carnage commence sous les yeux du grand homme, sans pitié sans merci, avec la barbarie ordinaire en pareille cirronstance\u2026 Et vers midi, cinq cents nouveaux martyrs étaient au ciel demandant grace pour leurs bourreaux et fécoudité pour la terre qui avait bu leur saug, Je dis cinq cents,car le village de Cha là, tout voisin, s'était uni à Phü-hoa, et un bien petit nombre échappèrent à la rage des égorgeurs; et de fait le P.Kham a depuis mon passage, recueilli sur ce champ des martyrs près de quatre cent cinquante crânes.Contrairement à la première version le P.Guégan fut réservé pour la fin.Assister an masacre de ses chers enfants dut être déjà pour son cœur un bien dur martyre.Son propre supplice fut de tousle plus crdel sans doute pañce que Dieu voulait donner à son dévouement une plus belle couronne.Saisi le premier et fortement garrotté il fat livrés aux principaux chefs, enivrés d'une joie satanique à la vue d'une si belle prise.Une foule immense s'assemble autour de l'Européen captif; chacun s'ingénie a l\u2019accabler d\u2019outrages et d\u2019injures.Les paiens eux-mêmes pourtant fort peu délicats, n\u2019osent pas répéter ce qu'ils ont vu ouentendu.A chaque série de mauvais traitements, succède un interrogatoire : la barbarie triomphante a toujours aimé à s\u2019affubler du manteau de la justice.De toutes les questions posées à la victime expirante deux seulement sont restées dans la mémoire des auditeurs : elles laissent deviner les antres et donnent la mesure des outrages qui les suivaient : \u201c \u2014Je suis venu uniquement pour prêcher l'Evangile et faire du bien ; m\u2019emparer du pays jamais.Thong oo\u2019 Et les bourreaux de supprimer la négation Khong, et de répéter en chœur : \u2019 ; \u201c\u2014Cu!co!\u201d\"il avoue, c\u2019est vrai ! c'est vrai!\u201d \u201c-\u2014Toutes ces prétendues religieuses, réunies en une seule maison, que sont elles autre chose que tes emmes ?\u201c \u2014 Không co! \u201d répète la foule en délire.[ Et ainsià chaque nouvelle question.Le soir approchait : la victime n\u2019avait plus qu'un souffle de vie ; on l\u2019achève d\u2019un coupdesabre.La tête reste exposée pendant trois jours au bout d\u2019une perche, en face d'une chrétienté ruiuée ; son foie arraché de ses entrailles devint le pâture de ces braves, qui prétendent se donner par là du courage pour continuer ailleurs leur œuvre de sang.(Le foie-est en effet considéré en Annam comme le siège du courage et avoir beaucoup de gan ou de foie veut dire, en- langage vulyaire avoir beaucoup d\u2019audace et de bravoure).C'était le 18 juillet 1885 ; Oochinchine oriontale et la société des Missions étrangères comptaient Un martyre de plus.Les chrétientés du district de Truug-Son furent plus heureuses ; elles se réunirent à Trung-Tin, où était la chrétienté la plus nombreuse la plus centrale, la plus facile à défendre et quoique mal armées, elles résistèrent victorieusement, Prenons seulement deux épisodes : 10 Trung-tlanh, la fervente, veillait et priait depuis dix jours.Vers neuf ou dix heures du soir, par une nuit obscure, on entend le tambour résonner fortement du côté de la chrétienté voisine.Bientôt les Sons se rapprochent et deviennent plus distincts.Evidemment ce sont les lettrés qui, ayant tout massacré = ! de l\u2019eau.{ A e .et brûlé à Trung-thâug, viennent triomphants à Trung-thangh, accomplir la même infernale besogne.C\u2019est l'heure décisive i où vaincre \u2018on mourir! \u2019 Re LT \u201c Mourons pour Dieu-de-tout-notre \u2018eœur ! disant les chrétiens ; à quoi bon une résistance désespérée 2\" Et tous entrent dans l\u2019église \u2018 pour faire a Dien le sacrifice de leur vie et recevoir à genoux\\le coup de lance qui leur ouvrira le ciel.L\u2019ennemi est là, à son tour il pénètre dans l\u2019église.O surprise ! 6 bonheur! ce sont les chrétiens de Trung-thânh qui viennent demander à leurs frères un refuge contre l'ennemi commun.Grande est 1a joie de part et d'autre.Grande aussi, sans doute, fut devant Dieu le mérite de ces braves fidèles qui avaient si généreusement accepté et déjà subi en imagination un douloureux martyre.2.Deux ou trois jours après le ralliement général à Trung-tin, deux.femmes furent saisies sur la montagne avec leurs trois enfants.On les coa- duit sur l'emplacement de cette même église de Trang-thanh ; les femmes sont précipitées dans nn puits voisin.On veut épargner les enfants, dont deux de huit ans, l\u2019autre de cing seulement : les petits protestent de toutes leurs forces.1 \u201c \u2014Nous voulops suivre -nos mères\u201d, dirent-ils.| 3 Pour les effrayer, on les tient suspendus sur la bouche du puits ; même réponse: \u2018\u2018 Tuez-nous pour que nous allions rejoindre nos mères.\u201d bourreau impatienté ouvre la main, et les innocentes créatures vont rejoindre.leurs mères au fond Les pierres de la margelle renversées sur eux ont promptement mis fin à leur supplice, et leurs âmes vont rejoindre au ciel les anges leurs frères.En maints autres endroits, la grâce de Dieu a de même rendu éloquente la langue des petits et communiqué à leurs jeunes âmes la force invinoible qui fait les héros et les martyrs.a ; Terminons par un\u2018dernier épisode qui s\u2019st passé à Oa-Va : .Le soir du méme jour ou le P.Garin quitta Cu-va, l\u2019église et le presbytère, isolés des habitations, devenaient la proie des flammes.Pendant la \u2018nuit, \u2018deux des trois groupes de maisons'qui formaient la chrétienté flambèrent à leur tour.Toutefois, on ne s'attaqua pas encore aux personnes ; chacun put se sauver de son mieux et le matin ils se trouvèrent réunis, comme par instinct, dans l\u2019enclos où, la veille encore, ils adressaient à Dieu leurs prières.L'ennemi ne tarda pas à les cerner ; mais soit peur du grand nombre, soit soupçon d\u2019un stratagème quelconque, il se contenta de lancer quélques flèches en resserrant de plus en plus ses rangs.Il n\u2019est plus temps d'essayer de nous défendre, disent les chefs chrétiens ; mieux vaut mourir tons ensemble à genoux.\u2014Oui, oui, à gemoux tous répondent les lâches égorgeurs, entendant cette conversation ; à genoux tous! et nous ne ferons grâce à personne, vous mourrez tous ensemble.\u201d , Oependant restent encore une difficulté : les chrétiens exigent que les femmes et les enfants soient immolés tout d'abord, de peur que l'ennemi ne les épargne, au grand préjudice de leurs Ames; les bourreaux au contraire veulent commencer par les hommes valides, dans le but sans doute de s'emparer de la jeunesse pour en faire des serviteurs à bon marché, et aussi dans la crainte \u2018que les hommes faits, voyant couler le sang, qui de sa mère,qui de sa femme et des enfants, n'oublient leur première promesse et ne vendent chèrement leur vie.La discussion { } dure longtemps.Enfin il est convenu de part et d'autre que, \u2018les femmes et \\ 4° F Te.5e { æ ae JOURNAL DES CAMPAGNES » eee eee] les enfants étant à genoux entre deux lignes d'hommes, le carnage commencera par les deux extrémités, sans épargner personne.Plus d\u2019obstacle, l'heure du sacrifice asonné : on racommence la récitation des prières, chacun se prépare à paraître devant le Dieu des martyrs.Les bourreaux circulent autour de leurs pacifiques victimes en brandissant leurs sabres et leurs lances ; plus d\u2019un a déjà la main levée pour frapper, lorsque, au-dessus du murmure de la foule agenouillée, s\u2019élève une forte voix prononçant très distinc- les noms sacrés de Jésus, Marie, Joseph.A ces noms tout puissants, la main des assassins est comme paralysée ; les lances et les sabres retombent sans force : une terreur panique qui s'empare de l\u2019ennemi, il prend la fuite sans avoir tué personne.Plus de deux ceñts chrétiens survivants parmi les témoins oculaires de ce prodige, en attestent unanimement la vérité et tous les détails ; les païens eux-mêmes qui en ont éprouvé les effets, s'accordent à le reconnaître.Il n\u2019a qu\u2019à redire avec respect et reconnaissance : Sanctum et lerribile nomen D mini! Et M.Grangeon conclut ainsi ses tristes, mais édifiants récits : Permettez-moi de clore cette série de tableaux bien tristes, par une image qui a bien souvent consolé mon âme pendant nos malheurs.Quoi de plus beau sur les vastes plateaux, sur le penchant des tol- lines, ou au fond des riantes vallées que les champs couverts de moissons jaunissantes ?Mais quoi de plus aride, de plus désolé, de plus mort, qu\u2019un champ moissonné depuis quelques jours ?Or, qui s\u2019en étonne et qui oserait s\u2019en plaindre ?- Les riches épis dorés sont pour la nourriture du père de famille et non pour l\u2019embellissement de la campagne.Toute moisson n'est-elle pas .fire, par lo fait méme que le Maître juge à propos de la cueillir ?et humble serviteur pourrait-il ne pas se réjouir avec lui, en voyant la Técolte amassée et mise en sûreté dans le grenier de la famille ?Et je vois les anges, célestes moissouneurs, rassembler avec allégresse, dans les sacrés parvis, les âmes des martyrs.Et j'entends ces chères âmes nous crier souriantes : Beat: qui lavant stolas suas in sanguine Agni! (Apoc).Et jaloux de leur bonheur, je sens redoubler mes forces pour ensemen- oer de nouveau un petit coin de ce champ qui fructifie si abondamment pour le ciel et l'éternité.LES SCANDALES REYNAR.883.000 a l\u2019eau Favoritisme ministeriel Un cadeau de 85,000 La loi foulee aux pieds I *Bes scandales, Reynar, au pluriel ! Oui, les scandales Reynar, car il y en a plus d\u2019un.La session s'ouvre aujourd\u2019hui ; c\u2019est le bon moment pour les soumettre à la députation et au public.Oommençons par le premier.Dans le cours de l\u2019année 1878, les constructeurs du chemin de fer du Nord, prirent possession d'un terrain, situé sur le rivage du Saint-Maurice, dans le Canton Radnor, à l\u2019endroit appelé les Grandes-Piles.Cet endroit devait être le terminus du chemin de fer des Piles, On en avait besoin pour construire une gare, établir une voie d\u2019évitement etc.Ce lot était compris dans les propriétés appartenant à MM.Benson, Bennett et Cie.Le prix de ce terrain n\u2019était pas encore payé, lorsque la maison Benson, Bennett et Cie devint insolvable en 1880.Et le gouvernement restait responsable quant au paiement de l'indemnité pour l\u2019expropriation.La succession Bennett étant tombée en déconfiture, les créanciers s'assemblèrent.C'était principalement la Banque de Montréal ; il- y avait aussi quelques autres créanciers de moindre importance.Ils nommèrent l\u2019honorable James Gibb Ross, MM.Porteous, gérant de la Banque de Montréal à Québec, et François Vézina, caissier de la banque Natio nale, frusiees pour les représenter dans le règlement des affaires de la succession insolvable.Le 9 juin 1880 les trustees furent saisis des propriétés de la succession Bennett en vertu d\u2019un acte signé en leur faveur par M.William Walker, syndic officiel, de Québec, nommé syndic spécial à la dite succession.Le 16 mai 1882, M.Lafrauce successeur de feu M.Vézina, au poste de caissier de la banque Nationale, était substitué à ce dernier et devenait co-trustee avec MM.Porteous et Ross.En 1882, M.Jos.Reynar, le favori ministériel, l\u2019homme aux réclamations, entrait en scène et achetait des trustees, MM.Ross, Porteous et Lafrance, les propriétés de la succession Bennett aux Grandes-Piles.Ces propriétés comprenaient le terrain dont le contracteur du chemin de fer du Nord avait pris possession en 1878.L'acte de vente fut signé par MM.Porteous, Ross et Lafrance d\u2019uue part, et M.Jos.Reynar, d'autre part, devant Mtre E.G.Meredith, N.P., le 18 décembre 1882.La totalité des propriétés désignées dans l\u2019acte était vendue au prix de $11,080.64, dont $3,671.54 comptant, et la balance $7,343.10 payable en deux termes : $8,771.55 dans un an à compter du 12 septembre 1882, et $3,671.55 dans deux ans à compter de la même date.Comme garantie du paiement de cette balance, l'acheteur, M.Reynar donnait.par le même acte, aux {rus- tees, hypothèque et privilège de bailleur de fonds sur les propriétés vendues.Voilà donc M.Reynar en possession des propriétés de la succession Bennett aux Gtrandes-Piles.Une partie de ces propriétés, celle où se trouve le terminus du chemin des Piles, donne à son propriétaire une réclamation contre le gouvernement de la province, puisque ce gouvernement est responsable, même après la vente du chemin de fer, des frais de construction non encore payés.Et aussitôt l'éternel réclamant se met à l\u2019œuvre.Que dis-je, aussitôt ?L'acte de vente a été passé le 13 décembre 1882.Et dès le 14 octobre précédent, deux mois avant la vente par conséquent, cat excellent M.Reynar a écrit à M.Starnes, commis- saire- des chemins de fer, pour lui » + annoncer qu\u2019il a acheté les propriétés de la succession Reynar\u2014ce qui est faux, à cette date\u2014et pour lui demander de faire établir par un officier du département les bornes désignant le terrain pris par les con- tracteurs du gouvernement pour le terminus du chemin de fer des Piles.Du 14 octobre 1882 au 4 juin 1884, la plume de M.Raynar semble inactive.Sa correspondance avec le gouvernement paraît interrompue.Cependant il n'est pas sans faire des instances verbales par lui et ses amis, pour obtenir le règlemement de sa réclamation.Mais le 4 juin 1884, il reprend la plume.Cette fois il va avoir affaire à forte partie : c\u2019est l\u2019honorable M.Flynn qui est devenu commissaires des chemins de fer.Donc, le 4 juin 1884, M.Reynar écrit à M.Flynn une lettre pour lui soumettre sa réclamation contre la province, relativement au terrain pris aux Piles sur les propriétés de Ben nett, dont il est devenu acquéreur Tl établit le chiffre de sa réclamation : $7,910.64.Le 16 juin 1884, il renouvelle sa demande.L'honorable M.Flynn, qui aime à aller au fond des questions, étudiait Is cas.Il se défiait instinctivement, et redoutait un piège.On va voir que le vigilant ministre allait mettre le doigt juste sur le point faible des convoitises de M.Reynar.Le 20 juin 1884, M.Moreau secrétaire du Département des chemins de fer, répondait à M.Reynar que le ministre s\u2019occupait de son affaire.M.Flynn ramassait les renseignements et les informations.I] avait envoyé visiser les lieux M.L.A.Vallée, son ingénieur, qui lui avait adressé un premier rapport le 15 septembre 1884.Ce rapport déclarait que la valeur du terrain en question, én calculant la plus-value acquise dépuis 1878 par la constrac- tion du chemin de fer des Piles etc.était de $1020.57.Le rapport ajoutait que, en défalquant cette plus- value, le prix serait beaucoup moins élevé.Le 22 décembre 1884, M.Flynn écrit à Reynar qu\u2019il n\u2019a par devers lui aucune preuve que lui, M.Reynar, est le propriétaire de ce terrain, et, en second lieu, que le prix demandé est exorbitant.M.Reynar transmit alors son acte au ministre.Le moment psychologique arrivait, : Les informations de M.Flynn étaiont désormais complètes.Il avait devant lui le dernier rapport de M.Vallée, ingénieur du département, dont nous donnons le texte, vu qu\u2019il est d\u2019une importance capitale dans cette affaire : Département des chemins de Fer, P.Q.Québec, 14 Février 1885.A l\u2019Honorable Ed.J.Flynn, Comummissaire des chemins de fer de la Province de Québec.Monsieur le Commissaire : Suivant vos instructions, j'ai l\u2019honneur de vous faire rapport des faits touchant la réclamation de M.J.Reynar, des Trois-Rivières, pour terrain pris aux Grandes-Piles.Le chemin de fer de Q.M.O.et O.à pris possession de ce terrain durant l\u2019année 1878, sur une superficie de 4 arpents et 16 perches, tel que constaté sur un pian approuvé par M.Light, le 3 janvier 1882.Lors de la prise de possession, ce terrain appartenait je crois à la succession Benson, Bennett et Cie qui l\u2019ont vendu à M.Jos.Reynar, comme il appert par un arte passé le 7 décembre 1882, par- devaut le notaire Edward Graves Meredith.Ce terrain fait partie des lots Nos 1 et 2 du plan original qu Township Radnor, qui se trouve au département des terres de la Couronne ; cette partie du Township n\u2019est pas cadastrée.Tant qu\u2019a la valeur du terrain en question, je mentionnerai qu\u2019il m\u2019a été donné de le connaitre avant et durant la construction du chemin de fer, ayant été appelé souvent sur les lieux pour les travaux du chemin de fer.Je crois devoir aujourd'hui estimer ce terrain ainsi pris à la somme de $208.00, prenant en considération la prise de possession depuis 1878, \u2014 la position du terrain qui longe la rivière St.Maurice, le bois enlevé et aussi la plus value donnée à ce terrain par la congtruction du chemin de fer.J'äjouterai aussi que Mr.McGreevy a convenu d\u2019offrir pour ce terrain, en ma présence, dans une entrevue avec l\u2019Houorable Commissaire le 29 octobre dernier, une somme de $100, à 200 00, cette dernière évaluation apparait aussi dans un état fourni par M.McGreevy, en date du 8 Février 1881.ll n\u2019appert pas par les livres du Département que le terrain ci-haut mentionné ait été payé.(Signé) Louis A.Vallée Ingr.du Dept.Chms.Fer.N.P.Dans l\u2019estimation de $208 0;0 les intérêts depuis 1878 ne sont pas compris.(Signé) L.A.V.Cette lettre est péremptoire.Elle met en lumière ce détail essentiel : c'est que le prix exigible en compensation de l\u2019expropriation, est celui que la propriété avait en 1878, lorsqu'elle a été expropriée, et non celui qu\u2019elle pouvait avoir subséquemment par la plus-value que lui donne le terminus du chemin de fer.Cela est de toute évidence.Donc l'officier du gouvernement estime à $208 00 seulement la valeur de ce terrain.C\u2019est un homme intelligent, entendu, impartial, désinté- resté dans la question, et qui connaît parfaitement la localité.Mais il n\u2019est pas seul.En 1881 le commissaire des chemins de fer, M.Chapleau, avait transmis à M.Mc- Greevy, le contracteur, une liste des réclamations encore pendantes pour l\u2019achat du droit de passage sur les terrains traversés par le Q.M.O.et O., et ses embranchements.El le priait d'étudier chaque cas et de lui communiquer ses vues et son sentiment sur chacune de ces réclamations.M.McGreevy envoya les informations demandées et apprécia ainsi la réclamation Bennett : S.J.Bennett, agent | \u2014Ce montant est si de la succession Bennett | monstrueux qu'on ne réclame \u2026\u2026$6,000 pour | saurait même le discuter, prix des terrains de la | La valeur du terrain pris station du chemin de fer | serait à peu près de S : aux Piles.A $200.pep $100 | (Signé) RoB.[MCGREERVY pour T.McG, Québec, 8 février 1881, L'ingénieur du gouvernement et le contracteur sont d'accord à déclarer que ce terrain ne vaut guère plus de $200.On, verra plus tard que le gouvernement Mercier a payé à M.Reynar $3,061 pour ce même terrain.Nous sommes forcé de remettre à demain la suite de cette aride mais instructive étude.Le meilleur n\u2019est pas encore venu- Australie Melbourne, 6.\u2014La convention dela fédération impériale, s'ouvrira, en ctte ville, le 3 février prochain.Il y aura des délégués de toutes les colonies aus- tralieunes, de la Nouvelle-Zélande et des Îles Fiji.\\ Ae 14 10 LES SCANDALES REYNAR 83,000 a l\u2019eau Favoritisme ministeriel Un cadeau de 85.000 La loi foulee aux pieds I Le terrain du terminus des Piles était donc évalué à $208 par M.Vallée, ingénieur du département des chemins de fer, et cette évaluation était corroborée par celle de M.McGreevy.Le commissaire ne pouvait, conséquemment, accueillir favorablement la demande de M.Reynar qui était de $7,900.Mais a part la question de prix, voici que l\u2019hon.M.Flynn soulève une autre question, que tous les M.Turcotte du monde ne sauraient résoudre dans le sens de M.Reynar.Le 20 février 1885, le commissaire des chemins de fer écrivait à ce dernier : Département des chemins de Fer, P.Q.Québec, 20 février, 1585.Joseph Reynar, \u2018Trois-Rivières.Monsieur, Par rapport à votre demande de compensation pour Lerrain pris pour le chemin de fer Québec, Montréal, Ottawa et Occidental, au lieu appelé Grsudes- Piles, je dois vous \u2018i*« que dans l'acte de vente dont vous m'avez trau-mis copie, une hypothèque est rése:vée sur les lois de terre mentiounés, en faveur des vecdeurs, pour la balance du prix de vente, c\u2019est-à-dire pour lu somme de $7,343.10, avec intérêt et que, par S.S.30, section 9 de l\u2019acte des chemins de fer de Québec de 1880, il est statué que : * La compensation pour tout terrain \u201c qui pourrait étre pris saus le consen- \u201c tement du propriétaire, tiendra lieu \u201c de ce terrain, et toute réclamation ou \u201c obligation sur ces mêmes terrains ou \u201c toute portion d\u2019iceux sera, quant à \u2018\u201c Ja Compagbie, convertie en une récla- \u201c mation sur la compensation ou sur une « égale proportion d'icelle, et la.dite \u201c compaguie sera responsable en consé- \u201c* quence, quand elle aura payé telle ¢ compensation, ou aucune partie ¢ d\u2019icelle,d une personne n'ayant pas de \u201c \u2018titre à la recevoir, sauf toujours son \u201c recours contre telle personne.\u201d Je suis prêt à payer[et je dis cela,sans préjudice) en règlement de toute réclamation pour le terrain pris, c\u2019est-à-dire : 4 arpents et 16 perches, Ja somme de deux cents huit piastres ($208.070) avec intérêt depuis 1879 ; mais cette somme ne peut vous être payée à vous-méme à cause de la clause du statut plus haut mentionnée,a moine que vous ayez le consen- \u201ctement ou la quittance des vendeurs ou des personnes possèdant l\u2019hypothèque, et dans Ce cas un acte de vente de votre part avec garantie sera requis.J'ai l\u2019honneur d\u2019être, Monsieur, Votre obéissant serviteur, (Signé) E.J.FLYNN, Commissaire.On voit d\u2019un seul coup d'œil que l\u2019objection était fatale.La loi générale des chemins de fer, adoptée en 1880, décrète que la compensation pour les terrains affectés par l\u2019expropriation tiendra lieu de ces terrains eux-mêmes, quant aux obligations, hypothèques ou privilèges, dont ces.terrains pourraient être grevés.C\u2019est- à-dire que si une terre grevée d\u2019une hypothèque en faveur de quelqu'un, est prise par le gouvernement pour les fins de construction d'une voie ferrée, cette hypothèque se trouve convertie, en faveur des créanciers hypothécaire ou \u2018privilégié, en \u2018un Le 1 .Loe el - i © X Pa Tey we 02% oat NLT \u201c The vs droit sur le prix encore dû de l'expropriation.: Or c'était précisément le cas de M.Reynar.Il avait acheté les terrains | Bennett, de MM.Porteous, Ross et Lafrance mais en leur consentant un hypothèque et un privilège de bailleurs de fonds sur ces terrains pour la balance non payée du prix d\u2019achats, Oette balance n'étant pas soldée, I'hypothéque persistait sur ces terrains, et la province étant encore débitrice du prix d\u2019expropriation d\u2019une partie de ces mêmes terrains, ce prix ou compensation se trouvait affecté par l'hypothèque et le privilège de MM.Porteous, Ross et Lafrance.Donc, d\u2019après la sous-section 30 de l'article 9 de la loi générale des chemins de fer de 1880, M.Flynn était obligé de dire à M.Reynar: Ce n\u2019est pas à vous que je dois payer le prix de l\u2019expropriation, mais à vos créanciers hypothécaires et privilégiés.Je ne puis le payer à vous que si vous me fournissez une main-levée de l\u2019hypothèque, signée par vos créanciers.Or c'était pour lui-même que M.Reynar voulait avoir l'argent et non pour ses créanciers.Il écrivit donc à M.Flynn, en date du 23 février 1885, que la somme de $208 ne lui paraissait pas raisonnable, et qu\u2019il demandait un arbitrage ; mais pas un mot de la fatale et terrible objection formulée par le commissaire.C'était admettre l'impossibilité d'y répondre.M.Flynn avait réduit son homme à quia.TE Aussi on ne trouve plus dans le dossier aucune épitre de M.Jos.Reynar jusqu\u2019à 1887.Il fait le: mort.Il comprend que sa prétention n\u2019est pas soutenable et il attend des jours meilleurs.| : Ces jours meilleurs arrivent.Le 29 janvier 1887 le ministére Mercier est assermenté ; M.Turcotte, dont M.Raynar est l'âme damnée, devient ministre, et environ un mois après, voilà que M.Reynar ressuscite.Le 10 mars 1887, il écrit à M.McShane, le nouveau commissaire des chemins de fer, au sujet de ses réclamations, et il termine en demandant un arbitrage, et en déclarant que son arbitre sera M.William Ricchie, des Trois-Rivières, si 1'arbitrage est accordé.Pas un mot de l'objection irréfatable du précédent commissaire.° Le même jour,.10 mars 1887, M.L.À.Vallée, l'ingénieur, écrit à M.Turcotte qu'en réponse à sa demande de ce jour, il doit lui dire que le chemin Q.M.O.et O.a pris possession du terrain Bennett en 1878, et que ce terrain a 4 arpents et 16 perches en superficie.Il n\u2019appert pas, dit-il, par les livres du Département, que ce terrain ait été payé.Dès lors les événements se précipitent : Le 18 mai, M.Moreau, directeur des chemins de fer, écrit à M.Reynar que le gouvernement accepte sa proposition.Le 19 mars, M.Moreau écrit à M.Harkin, des Trois-Rivières, qu\u2019il est nommé arbitre pour le gouvernement dans la réclamation Raynar.Il convient de faire remarquer ici que MM.Reynar, Ritchie et Harkin sont comme les irois doigts de la main, qu'on nous passe l\u2019expression.| JOURNAL DES CAMPAGNES SE _ Cu .: , 25 LA + Lee - Echos & Nouvelles Le général \u201cde Charette\u2019et l\u2019influenza .Le général de Charette est victime de l\u2019influenza : On annonce que le général de Charette qui était venu passer quelques jours à Paris avec la baronne de Oharette, au retour d\u2019un voyage à Londres et à Nancy, a été atteint par la maladie qui sévit avec tant d'intensité en ce moment.Le général n\u2019est pas atteint gravement mais il est obligé de garder:la chambre et de condamner sa porte à ses nombreux amis.Décision importante Son Honneur le juge Casault a rendu, lundi dernier, en Cour Supérieure, une décision trés importante dans une cause ou étaient concernées la corporation de Québec et la Cie des Chars Urbains.Afin d'obtenir quelques revenus pour la ville d\u2019une c ompagnie qui ne lui donne presque rien, attendu qu\u2019elle a ses quartiers complètement eu dehors de la ville, le conseil à une de ses séances avait passé un règlement qui frappait les compagnies de tramway d\u2019un impôt de $4,000 par \u201cannée.Mais ce règlement fut adopté à une séance qui n\u2019était pas présidée par le maire.La compagnie porta l\u2019affaire en justice.Le tribuual a déclaré le réglement nul, et être, quant à Ja demanderesse, une violation du contrat entre elle et la défenderesse en date du 9 février 1865, et qu\u2019en outre, la seance à laquélie il a été passé aurait aù être présidee par le maire.Les dépens sont outre la corporation.Terrible accident On écrit de Sorel à la date du 31 décembre : Hier après-midi pendant que l\u2019épouse de M.Gustave Chrétien, commis chez M.J.A.Germain, était sortie dans la cour de sa maison, laissant seuis ses trois enfants, Albertine, Mina et Blanche, dont l\u2019aînée n\u2019a que six ans, le feu à pris aux vêtements ds là petite Blan che, qui a eté affreusement brûlée.La mère, attirée par les cris, accourut à la hâte, et éteignit les flammes, mais il était trop tard et la pauvre enfant est morte ce matin, vers les hüit heures.Elle \u2018était âgé de 2 ans et 8 mois.Marque d\u2019estime M.Reid, de la maison J.et W.Reid, mauufacturiers de papier, rue St.Paul, a été l\u2019objet d\u2019une jolie démonstration par les employés du moulin à papier qu\u2019il possède à Lorette.On lui a présenté un magoifigue service à thé en argent accompagué d\u2019une adresse.M.Reid à rlé vivement touché de cette marque d\u2019estime et il a remercié ses employés avec effsion.Un abonnement de cent trois ans Un abonnement de longue date.La Gazette de Pittsburg possède un abonné dont le nom n\u2019a pas cessé de figurer sur ses registres depuis cent trois ans.C'est en 1786 que Nathaniel Montgomery souscrivait pour la première fois cet abonnement qui depuis a été continué par son fils.Détail curieux, le prix en était payé | au début en nature, le père Montgomery donnait par an un boisseau de seigle,un boisseau de pommes de terre et un dindon.: Une glissade dangereuse - Hier aprés-midi, vers 1 heure, deux enfants du nom de Bégin, un petit garcon et une petite fille, s'amusaient 3 glisser dans le faubourg Labadie, à Lévis.les deux enfants glissaient imprudemment près de la cime du cap qui est coupé à pic et très dangereux, en cet endroit, lorsque la traine dans laquelle ils étaient, dyant acquis une vitesse trop rande pour qu\u2019il fût possible aux enfants de l'arrêter passa pardessus la borne placée sur le sommet de la falaise, descendit le cap avec une incroyable vitesse et vint se briser en moins d\u2019une seconde dans la côte Labadie.Les deux enfants, qui ont parcouru en traine une hauteur de plus de cent ieds n\u2019ont pas reçu beaucoup de mal, à petite fille seulement à eu une légère contusion 3 la figure.| I Statistiques.de l'Etat Civil pour l\u2019année 1889 Notre-Dame de Québec Baptêmes.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.175 DÉCÈS .\u2026.\u2026\u2026e +00000c0000000s 108 Mariages.see 64 Paroisse de St-Roch Baptômes.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.mr.947 Déces .ssemsosccss osreb .658 Mariages.« couse « 130 Paroisse St-Jean-Baptiste Baptêômes \u2026.L\u2026sorsmeenes 422° Décès.vs-ansencerccn cs 281 Mariages.Notre-Dame de Lévis Baptêmes .\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.326 DÉCÈS.vero 206 Mariages .\u2026\u2026\u2026.esses secoue 69 Paroisse de St-Sauveur de Québec Baptômes.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026\u2026.\u2026.\u2026.\u2026\u2026.782 DÉCÈS.\u2026.\u2026cvsess +.560- Mariages vasscoscesseensnnh00 0000 121 Invention M.Louis Trudeau de (Johoes vient de demander nu gouvernement de Washington un brevet d'invention pour une machine à distribuer les types dans lenr castin respectif, avec une rapidité étonnante.Cette machine n'est pas extrêmement compliquée et elle fonc- lionne d\u2019une manière merveilleuse.Echos des Trois-Rivières \u2014Mg.des Trois-Rivières a prononcé une éloquente allocution,à la cathédrale le Jour de l\u2019An eta fuitsrs souhaits de bonne année aux fidèles de la ville épiscopale. Un journal vient de faire un relevé destiné à montrerquelle est la vitesse des trains dans les différents pays de l\u2019Europe.On n\u2019apprendra peut-être pas sans fierté que le train qui va le pins vite du monde est le rapide de Bordeaux sur la section de Paris à Orléans où il fait 1,540 mètres à la minute.Mais en général ce sont les trains anglais qui marchent les plus rapidement.l\u2019Allemagne ne vient qu\u2019en troisième rang etencore pour une seule ligne assez courte, celle de Berlin & : Hanovre.; Après viennent la Belgique, le Danemark, les Pays Bas, puis l'Autriche la Hongrie et I'Italie\u2019et enfin la Russie, - Suède et l'Espagne.: \u201c Pénible affaire Une bien pénible affaire est arrivée,.le jour de l\u2019An au matin, chez un.nommé Swift, demeurant sur le chemin ;.St-Louis.Dans un moment d\u2019ivresse, - un des fils de M.Swift est entré dans .l'écurie, et a abattu d'un coup de pis- | tolet, un jou cheval qui a coûté, nous * dit-on, 83,000.i = .RES au moe 3 A 4 bg Sor.UE RE wT : TO Ne ! C1 8 A T0 JOURNAL DES CAMPAGNES : PE a.Æ Co 13 IE PREMIER HABITANT Neuf ans après-que Champlain eut jeté sur le rocher de Québec les 5 fondations d\u2019une ville, Louis Hébert exerçait encore à Paris les hautes À fonctions d\u2019apothicaire.Oet état ne # so limitait pas à cette époque au débit de baumes, d'alcoolats et de bolus l'apothicaire avait en outre MA l'immense privilège, comme le plus Eh humble disciple d\u2019Esculape, d\u2019indiquer aux malades le remède pour lu mort ou pour la vie.Son rôle dans la médecine interne était à peu près iiden- tique à celui du barbier d\u2019alors auprès du chirurgien.Nos figaros d\u2019aujour- d\u2019hui ont donc dégénéré.Leurs confrères du XVIIe siècle étaient beau- conp plus forts qu\u2019eux.Ils savaient tirer du bras d\u2019un homme, et même d'une femme, la quantité de sang suffisante pour enlever de leur économie les humeurs mauvaises et les fluides morbifiques.Le bâton enra- banné de rouge était l'enseigne du barbier-chirurgien, comme il l\u2019est encore du barbier-perruquier.Hébert, fils d\u2019un apothicaire au service de Catherine de Médicis, avait probablement embrassé la même earrière que son père, sans trop prévoir où elle le conduirait.La fortane-ne venant pas à son gré, \u2018 et d\u2019autres raisons que nous ne connaissons pas, l\u2019engagèrent un jour à æ@ller tenter fortane en Acadie.Aussi le trouvons-nous à Port-Royal en: 1606, occupé à la culture du blé, de: concert avec Lescarbot, Poutrincourt et Champlain.-Il y était encore en 1613, menant une vie bien modeste dans cette petite retraite de Port- Royal, qui, en cette année là ne comptait plus que cinq habitants, y compris \u2018les jésuites Biard et Massé.Hébert remplaçait Biencourt, fils de Poutrincourt, comme lieutenant, et ce fut en cette qualité qu'il reout des lettres de la Reine apportées par La Satssaye, Capitaine de vaisseau.Celle-c1: recommandait à Biencourt, de laisser partir les deux roligieux et de leur permettre d\u2019aller où bon leur semblerait.#7 % Le sort de Port-Royal étant ainsi scellé, Hébert\u2018 ne s\u2019y attarda pas longtemps et reprit Je chemin de son pays natal, avec l'espoir sans doute de revenir au Canada.Vers cette époque, Champlain, suivant l'expression vulgaire, ne faisait qu\u2019un rond de Québec à Paris et de Paris à Québec, depuis qu\u2019il avait mis pour la première fois le pied en Canada.Or, en ce temps-là, Champlain travaillait avec zèle au développement d\u2019une idée qu\u2019il caressait depuis, longtemps : établir une colonie française stable à Québec.Pour la réaliser,il lui fallait des bons eolons, non des marchands, des trafiquants, des commis de traite, des truchements, presque tous oiseaux de passage, c\u2019étaient des agriculteurs u\u2019il ambitionnait par dessus tout amener avec lai.Par malheur il ne s\u2019en trouvait pas, et si l'on fait le recensement des Colons pour l\u2019année 1610, on arrive au chiffre très significatif de zéro.| , Il entrait dans les destinées de d'apothicaire parisien de revenir dans un pays ou il pourrait se livrer à un art auquel, suivant Lescarbot, il prenait aucoup de plaisir.Aussi \u2018Champlain n\u2019eut pas de peine à le\\persuader de quitter Paris avec sa famille qui se composait- de sa femme Marie Rojlet, et de trois enfants: Anne, Guillemette et Guillaume, âgés respectivement d'environ 10,8 et 4 ans.1% Le départ se fit de Honfleur le 11 avril 1617.- La traversée fat longue etorageuse, Arrives à environ soixante + lieues du graud banc de Terreneuve, d\u2019énormes banquises de glaces que le vent dirigeait avec viole ice sur le vaisseau, les mirent dans un' danger imminent.\u201c Dans la consternation générale, écrite le P.LeOlercq, le P.Joseph voyant que tout le secours humain n\u2019était point capable de les'délivrerdu naufrage, demanda très instamment celui du Ci«l par les vœux et les prières qu'il fit publiquement dans le vaisseau.Il confessa tout le monde et se mit lui-même en état de paraître devant Dieu.On fat touché de compassion et sensiblement attendri, quand la Dame Hébert éleva par les écoutilles le plus petit de ses enfunts, afin qu\u2019il reçut aussi bien que tous les autres lu bénédiction de ce bon Père.Ils n'échappèrent que par miracle, comme ils le reconnurent par les lettres écrites en France.\u201d On avait déjà prié Dieu pour eux à Québec, dit le Frère Sagard, les croyant morts et sabmergés, lorsque Dieu leur fit la grâce de les délivrer et leur donner passage pour Tadoussac, où ils arrivèrent à bon port le 14e jour de juin, après avoir été treize semaines «t un jour en mer dans des continuelles appréhensions de ia mort, et si fatigués qu\u2019ils n\u2019en pouvaient plus.XX .; \u2018 La première occupation d\u2019Hébert à son arrivée fut d'installer convenablement sa famille Où alla-t-il se loger d\u2019abord ?Nous l\u2019ignorons, maisil est \u2018certain qu\u2019il ne tarda pas à se construire une maison à la haute-ville, dans le voisinage de l'archevêché.Elib était en pierre, et mesurait trente-huit pieds de long sur dix- neuf de large.Ce fut \u2018dans cette résidence que.le P.Le Jeune dit la messe en arrivant à Québec en 1682.Hébert commença a défricher cette partie de la hante-vi!le bornée par la rue des Remparts et tout le versant nord du cap, depuis la terrasse Bienville jusqu\u2019à l\u2019ancienne rue des Pauvrek qui correspondait à la rue Collins actuelle.Lescarbot nous apprend qu\u2019Hébert, du temps qu\u2019il vivait à Port-Royal, prenait grand plaisir au.labourags de la terre.Il s\u2019y adonna avec non moins de satisfaction à Québec, et le Frère Sagard, qui le connut très-bien, veut sans doute nous le désigner quand il dit : \u201c Outre la maison des Marchands, ou Québec, il y a un autre logis, au-dessus de la terre haute, un lien fort commode, où l\u2019on nourrit quantité de bétail qu\u2019on y a mené de France ; on y sème aussi, tous les ans, force blé d'Inde et des pois, que les associés traitent par \u2018après aux Sauvages pour des pelleteries.Je vis en ce champ un pommier, qui y avait été apporté de Normandie, chargé de fort belles pommes, comme aussi de jeunes plants de vignes fort beaux, et tout \u2018plein d\u2019autres petites productions, qui témoignaient de la bonté dela terre.\u201d wx - Mais Hébert cultivait sar un terrain qui ne lui appartenait pas.Comme pour améliorer sa position, il fallait qu\u2019il eût recours en France, il adressa une requête au duc de Montmorency, pour obtenir la concession de certaines terres.I{ représente \u201cqu'il est le chef de la première famille française qui ait habité en ce pays depuis le commencement du siècle, laquelle il a conduite avec tous ses biens et moyens qu\u2019il avait à Paris, ayant quitté ses parents et amis pour donner ce commencement a vine colonie et peuplade chrétienne.\u201d Le 4 février 1622, d\u2019aucuns disent 1628, le duc accorda au brave colon canadien, la faveur qu\u2019il lui demandait avec desi bonnes raisons.Quand en 1625, Henri de Lévis, duc de Ventadour, eut acheté de son oncle la charge de vice-roi, Hébert fit des instances pour faire ratifier la concession première du fief reconnu officiel- lement sous le nom de Sault au Matelot.- L'affaire fut bientôt réglée.Dès lo 28 février de l'année suivante, le nouveau vice-roi lui expédiait ses papiers régulièrement signés et paraphés.Après avoir représenté tous les titres du réclamant à cette concession, le document concluait ainsi : dd esssess Pour les considérations sus- alléguées et pourencourager ceux qui désireront cy apres peupler et habiter le dit pais de Canada, avons donné, ratiffié et confirmé, donnons, ratiffions et confirmons au susdit Louis Hebert et ses successeurs et heritiers, et suivant le pouvoir à nous octroyé par Sa Majesté, toutes les susdites terres labourables deffrichées et comprises dans l'enclos du dit Hébert ensemble la maison et bâtimens ainsy que le tout s'estend et comporte au dit lieu de Québec sur la grande rivière ou fleuve de Saint-Laurent, pour en jouir en fief noble par luy ses heritiers, et ayant cause à l'avenir comme de son propre et loyal acquest et en dispnser pleinement et paisiblement comme il verra bon estre, le tout relevant du fort et chateau de Québec aux charges et conditions qui luy serout cy apres par nous imposées\u2026\u201d Hébert se trouvait donc possesseur de dix bons arpents de terre qui lui permettaient de vivre dans une modeste aisance.Sa famille n\u2019était pas considérable.Sa fille ainée, Anne, s\u2019étaic mariée on arrivant à Québec avec un nommé Jonquest et la mort l\u2019enlevait avec son mari au bout d\u2019un an.Ce fut le premier mariage célébré au Canada.Guillemette, son autre fille, avait épousé en 1621 Guillaume Couillard, que l\u2019on considère comme le second habitant du pays.Guillaume, le plus jeune de ses enfants, restait seul à sa charge, et celui-ci en 1626, était assez âgé pour aider aux travaux agricoles.EM ; Les défrichements étaient lents a se faire.À part Hébert, les Récollets seuls avaivnt compris\u2019 l'importance de ne pas compter sur les secours de France pour vivre au Canada.Ce ui faisait dire au P.Charles alemant, en 1620 : \u201c S'il y a dix huit ou vingt arpents de terre culiivée ici (y compris celles des Récollets), c\u2019est le bout du monde.\u201d Mais la petite poignée de Français qui vinrent chaque année depuis 1615 grossir le noyau de la colonie naissante, n'étaient pas absolam-nt blâmables pour cette espèce de dégoût de la culture.Les vexations_des marchands qui voulaient.tout monopoliser, commerce et industriv, en obligeant Hébert à ne vendre ses grains qu'à eux, et à des prix fixés d\u2019avance, devaient les détourner de ces travaux pénibles et enfin de compte peu lucratifs.L'édit de 1627, qui supprimait la compagnie de ces marchandz, nous donne la clef de la situation : \u201c Ceux à qui on avait confié le soin de former une colonis dans la Nou- velle-France.y lit-on, ont tellement effarouché les Français qui auraient voulu aller s\u2019y établir ; que, s\u2019ils ont, par leur travail, un boisseau de blé de plus qu\u2019il ne leur en faut pour vivre, il leur est défenda d\u2019en secou- rirceux qui pourraient en avoir besoin, et ils sont contraints de l\u2019abandonner aux associée, qui, de plus, leur ôtent la liberté de la donner à ceux qui pourraient leur apporter de France les autres commodités néces- eaires a la vie.\u201d Champlain, homme juste par excellence, gémissait sur cet état de choses, et il ne peut s'empêcher de faire connaître de quoi il «n dépendait : \u201c Ce n\u2019était pas le moyen, dit-il, de donner à d'autres le désir d'aller peupler le Canada ; ou, plu ôt, ceci ne se faisait qu\u2019à dessein de tenir toujours le pays dans la misère et la gêne, et, par là, dôter à chacan le courage d\u2019y aller habiter, afin que la la population, ne pouvant pas s\u2019ac- |.\u2014 croître, les associés y eussent l'entière domination.\u201d Le mal était grand et on peut dire, irréparable, car la jeune colonie étuit déjà frappée au cœur, par cette poignée \u2018de vils spéculateurs qui croyaient avoir tout l'intérêt du monde à détourner les Français d'outre-mer de toute idée d\u2019émigration au Canada, Ils ne réussirent que trop bien dans leur plan antipatriotique.Aussi doit-on les tenir responsables de la ruine de Québec en 1629.* Hébert n\u2019eut vas la douleur de voir passer sa patrie d\u2019adoption entre les mains des étrangers, car il ne vécut pas longtemps après être devenu passible propriétaire du petit domaine qu\u2019il avait arrosé de ses sueurs.Le 25 janvier 1627, il fit une chûte mortelle qui l\u2019enleya en peu de jours.Laissons au Frère Sagard le coin de nous raconter les derniers moments de cet industrieux et intelligent cultivateur : \u201c Dieu voulant retirer à soi ce bon personnage et le récompenser des travaux qu\u2019il avait soufferts pour Jésus-Christ, lui envoya une maladie, de laquelle il mourut 5 ou 6 semaines après le baptême de cette petite fille de Kakemistic.Mais auparavant que de rendre sun âme entre les mains de son Créateur, il se mit en l\u2019état qu\u2019il désirait mourir, reçut tous ses sacrements de notre Père Joseph Le Caron, et disposa de ses affaires au grand contentement de tous les siens.A près quoi il fit approcher de son lit, sa .nme et ses enfants auxquels il fit une briéve exhortation de la vanité de cette vie, des trésors du Ciel, et du mérite que l'on acquiert devant Dieu en travaillant pour le salut du prochain.- Je meurs content, leur disait-il, puisqu'il a plu à Notre Seignear me faire la grâce de voir mourir devant moi des sauvages convertis.J'ai passé les mers pour les venir secourir plutôt que pour aucun intérêt particulier, et mourrais volontiers pour leur conversion, si tel était le bon plaisir de Dieu.Je vous supplie de les aimer comme je les ai aimés, et de les assister selon votre pouvoir, Dieu vous en saura gré et vous en récompensera en Paradis ; ils sont créatures raisonnables comme nous et peuvent aimer un même Dien que nous s\u2019ils en avaient la connaissance à laquelle je vous supplie de leur aider par vos bons exempleset vos prières.Je vous exhorte aussi à la paix et à l'amour maternel et filial que vous devez respectivement les uns aux autres, car en cela vous accomplirez la Loi de Dien fondée en charité ; cette vie est de peu de durée, et celle à venir est pour l'éternité ; je suis prêt d'aller devant Dieu, qui est mon juge, auquel il faut que je rende compte de toute ma vie passée, priez- le pour moi, afin que je puisse trouver grace devant sa face, et que je sois un jour du nombre de ses élus ; puis levant la main il leur donna sa bénédiction, et rendit son âme entre les bras de son Créateur, le 25e jour de janvier 1627, jour de la Conversion de saint Paul, et fut enterré au cimetière de notre couvent, au pied de la grande Oroix, comme il avait demandé étant chez nous, deux ou trois jours avant que de tomber malade, comme si Dieu lui eut donné quelque sentiment de sa mort prochaine.\u201d F4 Le même Frère fait ainsi l'éloge de Louis Hébert: \u201c La mort du sieur Hébert, fat autant regrettée des Sauvages que des Français mêmes, car ils perdaient en lui un vrai père nourricier, un bon ami, et un homme très zélé à leur conversion, comme il a toujours témoigné par effet jusqu'à a mort, qui lui fut aussi eureuse comme sa vie avait pieuse- .# : 14 + SOURNAI.DES CAMPAGNES ment correspondu à celle d\u2019un vrai chrétien sans fard ni artifice.Je ne peux être blämé de dire le bien là où il est, et de déclarer la vertu de ce bon homme, pour servir d'exemple à ceux qui viendront après lui, puis- qu'elle a éclaté devant tous et a été en bonne odeur à tous \u201d\u2026 Le Père Le Clercq fait un éloge flatteur de l'ancétre des Taché, des Taschereau, des Blanchet et d\u2019une foule d\u2019autres familles canadiennes : \u201c On peut l'appeler, dit-il, l\u2019Abraham de la colonie, le père des vivants et des croyants, puisque sa postérité a été \u2018nombreuse, qu\u2019elle a produit quantité d'officiers de robe et d\u2019épée, de marchands habiles pour la négoce, de très dignes ecclésiastiques ; enfin, grand nombre de bons chrétiens, dont plusieurs même ont beaucoup souffert, et d\u2019autres ont été tués par les sauvages, pour les intérêts du pays.\u201d À ces deux témoignages également élogieux pour Louis Hébert, est-il besoin d\u2019en ajouter d\u2019autres ?Je ne le crois pas,cependant je terminerai cette biographie, qui ne lui rend pasentière justice, par ces mots de Champlain esquels à mon avis, devront nous faire chérir davantage la mémoire de .l\u2019Abraham de la colonie : \u201c Ca été, dit-il, le premier chef de famille résidant au pays, qui vivait de ce qu\u2019il cultivait.\u201d N.E.DIONNE.Quelques proverbes de Jacques Bujauit Jacques Bujault, qui mourut à Mesle (Deux-Sèvres) en 1842, après une vie consacrée à la propagation du progrès agricole, a laissé, dans ses nombreuses publications populaires une série de proverbes dont quelques-uns sont toujours bons à rappeler aux cultivateurs : Négligence et paresse dissipent grande richesse.| Le fermier qui n'a pas de soin sera toujours dans le besoin.Le routinier est mauvais cuisinier.Avec la routine on fait maigre cuisine.Qui suivra la routine n\u2019aura bientôt ni pain ni farine.La terre rend comme on lui donne.Mes amis, je vous assure, quand le propriétaire voudra, l\u2019agriculture .changera.On plume les poules au village, les - plaideurs à la ville.Sans fumier il n\u2019y a point de bonnes terres ; mais avec du fumier il n'y en a pas de mauvaises.Semer sans fumer, c'est se ruiner.Si tu te moques de la terre, elle se moquera de toi.Pour qu\u2019elle rende, il faut lui prêter ; ; elle ne donne rien pour rien.Le bétail maigre donne peu de fumier et du sec ; celui qui est en état en donne beaucoup et du bon.Une bonne année de fumage n\u2019améliore pas une terre; il fant gn\u2019elle soit fumée de longue main.Point de mauvaises années pour celui.qui fume bien; et point de bonne pour celui qui fume mal.Qu'est-ce qu\u2019une ferme sans fumier ?un cheval qui n\u2019a que trois jambes : on le fouette et la pauvre bête ne marche pas, elle se traîne.Une famille vivrait à l\u2019aise avec ce u\u2019on manque de gagner dans une erme.Point de fourrages sans prés ; point de bétail sans fourrages.C'est-il vrai ?mais point de fumier sans bétail, et point de grain sans fumier.Celui qui a le tiers de ses terres labourables en prés est un bon cultivateur ; le quart n\u2019est pas assez.Oe n\u2019est pas ce qu'on sème, mais ce qu'on fame qui produit.- Les beaux épis font les belles récoltes.Pour récolter il faut famer.Semer à blanc, c\u2019est jeter sa fortune au vent.Sème chaque année des prairies, chaque année tn rompras.Une bois- selée de défrichée en vaut trois.Ne sème que ce que tu peux fumer ; mais fais des prés.Ne sème pas en raison de la terre que tu as, mais du fumier que tu fais.Coupe ton herbe avant qu\u2019elle ne soit mûre, lc foin qui sèche sur pied ne vaut pas de la paille.Si la grange est vide à la fin de Phiver, la famine est sur les bêtes.Qui soigne son bétail soigne sa bourse, et qui ne le nourrit pas se ruine.S\u2019il faut de la farine pour les gens, faut de la pâture pour les bêtes.Un peu de travail et beaucoup de soins nous mettent le pain à Ja main.Sans les gens qui cultivent bien, tout le monde chercherait son pain.Et celui qui cultive mal son champ fait grand tort aux pauvres gens.Le fainéant et le joueur, l\u2019ivrogne et le mauvais cultivateur sout bêtes de même valeur.Le routinier bat le,buisson, le bon cultivateur prend l'oisillon\u2026 Point de culture sans pré, comme sans fumier point de blé.Avec le famier tout vient et sans prés on n\u2019a rien.Te ae MAN WE Sr AN ARAN SALA EBT RESO ESS A OEM L\u2019HONORABLE J.G.BLAN: HET C\u2019est avec chagrin que nous apprenons la mort de l\u2019honorable M.J.G.Blanchet, percepteur \u2018des douanes, décédé le ler janvier, à Lévis.L'honorable M.Blanchet naquit à Saint-Pierre le 7 juin 1829.Il fit ses études au Séminaire de Québec et au Collège de Sainte-Anne.Après avoir embrassé la profession médicale, il fat élu en 1871 président du Cercle de Québec, en 1872, président du chemin de fer de Lévis et Kennébec, et l'année suivante, membre de la section catholique du Conseil de l'instruction publique.Il prit part au mouvement militaire qui se fit lors de invasion fénienne en 1866 et en 18%0.Il fat élu député de Lévis pour la première fois en 1861 pour la chambre législative du Canada.En 1867, à la confédération, il fut réélu représentant du même comté à la chambre des communes et à l'assemblée législative de Québec, et il siégea dans les deux chambres jusqu\u2019en 1874, alors que l'abolition du double mandat le força à résigner son mandat à la chambre des communes.Il fut orateur de l'assemblée législative depuis 1866 jusqu\u2019en 1875 où il fut battu à Lévis par M.E.T.Pâquet.M.Blanchet se présenta la même année dans le comté de Bellechasse et remplaça à la Chambre des Comunes l\u2019'hon.M.Fournier, qui avait êté nommé juge de la Cour Suprême.Il fut réélu à Lévis,en 1882 député à la Chambre des Communes, et fut nommé orateur la même année,charge qu\u2019il occupa jusqu'aux élections de 1882 ; il fat encore réélu en 1882 et conserva son mandat de député jusqu\u2019en 1888, alors qu\u2019il accepta la charge de percepteur des douanes à Québec.L'honorable M.Blanchet était un citoyen intègre dans toute l\u2019acéeption du mot.Comme médecin, il avait la confiance absolue de la population et il pratiqua activement son art dans les quelques loisirs que lui laissait la politique.Il ne négligea aucune oc-asion de rendre service à \u2018toutes les classes de la population, et les pauvres n\u2019oublieront pas sa mémoire.FEUILLETON DU \u201c\u2018 JOURNAL DES CAMAGNES \" , 9 Janvier 1890 -No 4 LES ÉPREUVES CŒUR.(SUITE) \u2014En effet, dit l\u2019agent de change, ce sont les mêmes numéros.depuis que l'on vole à la Banque les paquets de billets et les porte feuilles, depuis que l\u2019on dérobe les billets déchirés, sous prétexte que les morceaux eu sont bons, tout est possible après tout\u2026 D'ailleurs, je puis me tromper.[ \u2014Que croyez-vous donc ?\u2014Que ces billets sont faux.\u2014Vous n'avez guère l'air \"de plaisanter, Monsieur Delaunoy, mais cette idée de soupçonner la Banque de payer en faux billets me semble si bizarre.\u2014Qua.voulez-vous.ie papier me semble avoir plus d\u2019épaisseur.le filigrane manque de netteté.Enfin la joue de la figvre de droite a peu de pureté dans le dessin.Il faut être voleur banquier pour distinguer ces détails.: \u2014Etes-vous bien pressé ?demanda le docteur à M.Delaunoy.\u2014Non, pas en ce moment, d\u2019ailleurs, on peut aisément me suppléer.Je suis aussi envieux que vous de connaître le mot de cette énigme.=; \u2014Ma voiture esc en bas, dit le docteur, allons à la Banque\u2014 Soit ! Tous deux montèrent en voiture, et chemin faisant s'entretinrent des hauts , faits des maîtres escrocs qui dévalisent non-seulement les particuliers, mais pennent encore les.etablissements publics pour théâtre de leurs exploits.Le docteur Lasseny connaissait le directeur de la Banque et c\u2019est chez lui qu'il se présenta.Il raconta d\u2019abord la démarche faite par lui trois jours auparavant, puis l'agent de change prenant les paquets de billets, raconta à son tour quels soupçons lui étaient venus.Le directeur tira un cordon de sonnette a portée de sa main, puis il pria le jeune homme qui s\u2019empressait d'accourir de demander le chef du bureau où s'était effectué le paiement des deux cent mille francs.Cette fois encore, il ne pouvait y avoir d'erreur possible ; le payeur reconnut parfaitement le docteur Lasseny qui, du reste, venait assez souvent dans les bureaux.Enfin, il restait à soumettre les billets à une vérification sorupu- leuse.: Elle se fit dans le cabinet méme du directeur.\u2019 \u2014 Les billets sont faux, répondit l'employé chargé de les examiner.\u2014 Mais alors, vous me les avez remis tels.voici les numéros inscrits.Il n'y a pas d\u2019errear possible.-\u2014Docteur, demanda le directeur, ces billets sont-ils de ses mains ?\u2014Non, répondit Pierre Lasseny.\u2014Ne vous pressez pas de répon- dré\u2026 cherchez bien.Vous n'êtes pas défiant.Peut-être les avez-vous laissés sur votre bureau.\u2014Je viens de les prendre dans ma ma caisse.\u2014OCherchez ! cherchez encore.\u2014Ah ! mon Dieu ! e\u2019écria le 'docteur.\u2014Eh bien !.\u2014Onui, ils sont sortis de mes mains, mais pour tomber dans celles d\u2019un honnête homme qui, le lendemain to matin s\u2019est empressé de me les rapporter.: - \u2014(Comment s'appelle cet -honnête homme ?\u2014Pascal Marsan.\u2014Un graveur ! fit l'employé.qui venait.d'apprécier que les billets étaient faux.[ : \u2014Ceci est bien étrange, dit le directeur.Il traça quelques mots à la hâte, remit la lettre à son secrétaire et lui adressa un signe équivalent à ces mots.~ \u2014Faites vite ! .Le jeune homme sortit rapidement, et le silence régna pendant un moment entre les hommes qui se trouvaient alors dans le cabinet du: directeur de la Banque de France.Le même objet les préoccupait mais d\u2019une façon différente.Tandis que l'un d'eux palpait l\u2019un après l\u2019autre les billets, Pierre Lasseny s\u2019entretenait avec le directeur.\u2014-En vérité, lui disait-il, ce qui me surprend ici, c\u2019est le soupçon qui vous occupe.Peut-être les billets - sont-ils faux, vous l\u2019affirmez, et vous vous y connaissez mieux que moi, mais alors, c\u2019est chez vous, dans vos bureaux qu\u2019ils m'ont été remis.Raisonnez avec moi.Je sors de la Banque vers quatre heures, nanti de mes billets, je les place dans la plus profonde des poches de ce méme portefeuille, puis n'ayant rien à faire, je les en tire et j'inscris les auméros,.Pour la première fois de ma vie, je prenais cette précaution, commune à beaucoup de personnes et qui peut- être est fort sage.Une demi-heure après je paie le cocher, et j'oublie les deux cent mille francs sur les coussins de sa voiture.Un passant monte dans le fiacre, et garde chez lui mon.portefeuille qu\u2019il a pris pour le sien, sans se douter de l'importance de la trouvaille.À onze heures du soir, on.l\u2019en instruit.Onze heures du soir.Le lenavmain a sept heures il me remettait mon portef uille, et la somme que j'y-avais enfermée.Je conçois que l'on soit criminaliste.mais pasa ce point.Pour graver un faux billet de banque, il faut une somme de\u2019 temps considérable, un outillage complet, comprenant une papeterie spéciale, une imprimerie que sais-je ! On peut s\u2019improviser voleur, mais on ne s'improvise pas fabricant- de .fausse monnaie\u2026 Tandis que, suppusez ceci.Oh monsieur, le directeur, ne riez pas, - nous vivons à une époque où l'on a droit de supposer.= Imaginez-vous qu\u2019un des fonctionnaires de votre administration soit devenu Je complice d\u2019un homme assez habile pour fabriquer de faux -: billets.Rien de plus facile que de mettre les bons, les vrais, de côté, et de passer les mauvais.On se ménage ,une fortune d\u2019excellent aloi, et s'il arrive le fait étrange qui se produit aujourd\u2019hui, on soupçonne tout le monde, sauf le vrai coupable.En ce moment revint le jeune employé.\u2018 Il était suivi par un homme d\u2019apparence flegmatique, vêtu d\u2019une façon correcte, et dont le r | Perçant fouillait vite au fond des consciences.\u2014Mon cher docteur, fit le directeur de la Banque, vous auriez dû réserver ce qu\u2019au théâtre on appellerait une tirade a effet, afin de dire tout ceci devant Monsieur.on Le docteur salua et parut interro\u201d ger son interlocuteur qui présenta le nouveau venu : .\u2014Monsieur Gardan, commissaire- de police.| Pierre Lassseny passa rapidement- la main sur son front.' \u2014Messieurs, dit-il d'une voix profondément troublée, vous affirmez ue ces billets sont faux\u2026 Vous evez vous connaître mieux que moi.Devant Dieu je les ai crus bons\u2026 PE \\ laissez-moi les reprendre, nous allons: allumer une bougie, et je les brûlerai sous vos yeux.De la sorte personne n\u2019en profitera.Ni moi, ni d'autres.Hélas les pauvres seuls y perdront.\u2014Vous n'y songez pas, docteur ! \u2014AÂa contraire, j'y songe beau- à coup.Je suis riche\u2026 Cette somme ne chaage rien à ma situation, et s\u2019il me plaît de traiter-quatre -malades MA exotique, à qui j'ai refusé mes PR consultations, avant trois mois, je les EE aurai gagnés de nouveau.Une perte Bf d'argent n'a rien de commun avec ÿ le bonheur.Tandis que je me con- solais-pas d\u2019avoir été la cause première de la ruine morale d\u2019un homme.\u2014Je ne le nie pas! Si tons les misérables étaient châtiés, et si tous les malades entraient dans maisons de santé, nous n\u2019aurions bientôt que entendu je fais rentrer dans la catégorie des maladies les vices et même certains défauts.Non, je vous en supplie, ne poursuivez pas, vous me remords.\u2014Je suis désolé, Monsieur, reprit le commissaire de police, de vous causer une peine aussi grande, mais la justice suivra son cours.\u2014Qu\u2019allez-vous faire ?demanda rapidement le docteur.\u2014Que feriez-vous si vous étiez magistrat, reprit le commissaire de police.Les deux hommes venaient d\u2019avoir à la fois la même pensée.\u2014 Messieurs, dit Pierre Lasseny, la 2 justice, si habile qu\u2019elle soit, peut se tromper.On a vu de terribles exemples de ces erreurs.: \u2014Elles sont heureusement fort 4 rares, encore \u2018quelques-uns d'entre Fi elles ne sont elles point prouvées ! Le docteur se leva avec agitation : } \u2014Je vous ai appris tout ce que je i sais, messieurs, perm-ttez-moi de me retirer.\u2014Je suis désolé de vous retenir, vous êtes sinon indispensable, du moins nécessaire.Monsieur Delaunoy seul est libre de nous quitter.\u2014Mais enfin, s\u2019écria Pierre Lasseny, vous ne me soupgonnez pas ! MR \u2014Vous m\u2019étes suspect d\u2019un excès EF de -bonté et de générosité, voilà tout.M Si je vous laissais partir, voulez-vous LS que je vous dise ce que vous feriez, $ vous iriez chez l\u2019homme que nous soupçonnons vaguement, et vous lui apprendriez ce qui vient de se passer.De telle sorte qu'à l'heure que la 3 justice se présenterait chez lui, elle ne trouverait pas un objut, pas un outil compromettant\u2026 Dans un moment nous partirons pour nous rendre rue de Rennes : j'attends ici le commissaire de police aux délégations judiciaires., à L'agent de change serra la main du docteur, salua le directeur de la Banque et sortit.Un momeut après le magistrat attendu arrivait à son tour.Brièvement mis au fait des événe- ments, il prit rapidement la direction de l'information 3a suivre et des mesures à prendre.Des voitures attendaient, il monta dans la pre- À mière avec le docteur Lasseny, et lui it : \u2014Veuillez donner l'adresse du graveur.\u2014\u2014Soixante-seize, rue de Rennes, dit Pierre.\u2014Maintenant, docteur, dit le magistrat, nous avons fait assez de générosité et de sentiment à propos de cette affaire, nous allons no trouver en face de gens habiles, il est ÿ temps de parler raison\u2026 \u2014Le crime qui a été commis, car l\u2019émission de fausse monnaie est un crime, et ndn pas seulement le ré- à sultat d'un moment -de passion, de convoitise et d'erreur, mais un crime suivant une route souterraine, pas- sanc de main en main, compromet- des hôpitaux et des prisons.Bien\u201d laisseriez plus qu\u2019un regret,; un | ft.FR ro Dat tant chaque être assez malheureux pour toucher à cet argent maudit, et pouvant s\u2019arrêter dans les plus inno- cuntes\u2026 Vous semblez convaincu de l'innocence du graveur qui a opéré chez vous la restitution des billets 2.\u2014\u2014Oui, répondit Lasseny, j'y crois comme au jour qui nous éclaire ! \u2014\u2014Et sur quoi fondez vous cette confiance en son honnêteté ?\u2014-\u2014Sur quoi ?Sur.tout.Sur son visage respirant une loyauté complète, sur sa vie passée dans des travaux obscurs, quand il aarait pu comme un autre, chercher la réputation et la gloire.Il vivait pour son fils, comme depuis il a vécu pour sa belle fille.Si.vous l'aviez vu, si vous l'aviez entendu, tandis qu\u2019il me suppliait de visiter cette, jeune femme, de la soigner, elle et son petit enfant, vous resteriez comme moi convaincu que jamais une pensée coupable n\u2019a traversé sa conscience.\u2014Je croyais les savants hommes positifs, docteur.-\u2014\u2014Et je croyais exercer mon art d\u2019une façon absolue.\u2014~Monsieur Lasseny, vous n\u2019étes qu\u2019un romantique ! \u2014\u2014Moi ?\u2014Et sans doute ! ne voudriez-vous point baser tout un système sur les apparences, et placer la physionomie au dessus de l\u2019habileté de la police.Les criminels endurcis, les habiles ne parviennent à nous dépister si longtemps, qns grâce à leurs\u2019 apparences de probité et d'honneur.Aussi je suis convaincu que mon premier sentiments en entrant chez Pascal Marsan sera semblable au \u2018vôtre.L'homme qui est parvenu à \u2018 réaliser cet échange de billets est extrême- mement faux.-\u2014 Ou bien malheureux, répondit le docteur.Le cocher arrêta les chevaux ,il se trouvait en face du numéro 76.Vv des LA CACHETTE Au moment où le brusque départ d\u2019Olivier plongea Claire dans un accès de désespoir d'autant plus profond que le vieux graveur avait réussi à lui rendre l\u2019espérance, Pascal se senti impuissant à consoler la douleur de sa belle-fille.Songeant alors à la meilleure amie de Claire, il chargea la concierge de prévenir Mme Suzanne Sermaine qu\u2019elle était impatiemment attendue rue de Rennes.La jeune femme regarda son mari, comme pour lui demander l'autorisation de le quitter.\u2014Va, lui dit Julien Sermaizie, va vite, il s\u2019agit de consoler; nous sommes trop heureux pour nous montrer égoïste.: Il ne fallut qu'un instant.à Suzanne pour mettre Un manteau, une toque, et après avoirs serré la main de Julien qui exécutait le lavis d\u2019une machine compliquée, elle lui dit avec un sourire : \u2014 C'est la fameuse invention, n\u2019est- ce pas ?celle qui nous rendra millionnaires ?\u2014Je le crois,» répondit gravement l'ingénieur en regardant afféctuense- ment sa femme.Suzanne sortit.En entrant chez Pascal Marsan, elle trouva le vieux graveur agenouillé devant le canapé sur lequel restait étendue sa belle-fille, pâle de la pâleur du marbre.Il avait épuisé tout ce que les sels anglais et les parfams violents offrent de ressources, l'évanouissement persistait.\u2014-Monsieur, dit la jeune femme, ouvrez les fenêtres, je vais essayer à \u2018mon tour de ranimer la chaleur de ses pauvres petites mains.* JOURNAL DES CAMPAGNES Pais tandis qu\u2019elle prodiguait à son ami des soins délicats : \u2014Q'est-il donc arrivé ?lui deman- da-t-elle.\u2014Je puis bien l\u2019avouer, puisque Claire ne garde aucun secret pour vous, Olivier est parti.\u2014Pour longtemps ?\u2014Qui le sait, Madame ?Cette nouvelle l\u2019a foudroyée.Moiniême j'ai reçu au cœur un coup violent, mais je suis homme ; d\u2019ailleurs, mon devoir est de consoler, de soutenir cette malheureuse enfant.Lorsque mon fils oublie ses devoirs envers elle, je me trouve doublement obligé de lui prouver qu\u2019elle n\u2019est pas seule au monde.\u2014Mais la raison de ce départ ?\u2014Il ne nous l\u2019a pas dite.; \u2014PFizxa.-t-il une date à son retour ?\u2014Il a seulement assuré que son absence ne serait pas longue.Suzanne soupira.\u2014Pauvre Claire ! si gâtée par une mère adorable, si digne à la fois de respect et d'amour.Elle mit un baiser sur le front de son amie, et il leur sembla qu'un peu de chaleur revenait à ce pâle visage.Enfin les longs cils de la malade s'agitèrent, ses mains s\u2019avancèrent au hasard, comme si d\u2019instinct elle voulait retenir quelqu'un, ou s\u2019attacher à quelaue chose, puis lentement en promenant autour d\u2019elle un regard inconscient, elle se souleva sur les coussins.\u2014Mon père ! dit-elle, Suzanne ! Un \u2018éclair de joie traversa ses prunelles bleues, puis saisissant avec brusquerie les mains du vieillard : \u2014Dites-moi que j'ai fait un mauvais rêve, murmura-t-elle.Pascal prit l\u2019enfant dans son berceau, et mit la petite fille dans les bras de la jeune mère.\u2014Voici la réalité, dit-il, il faut vous y réfugier en vous résignant à la volonté de Dieu, en vous consolant si vous le pouvez près de \u201cvotre père ! \u2014-J'essaierai ! dit-elle j\u2019essaierai.Elle accepta quelques gouttes d\u2019un vin fortifiant, puis elle se leva en s'appuyantt sur le bras du Sazanne.\u2014Mon père, dit-elle, je vous laisse à votre travail.Des amies comme nous ont à causer, et j'ai besein d'entendre Suzanne me parler de son bonheur.Allez-vous commencer tout de suite le portrait du docteur ?\u2014Sans perdre une minute, ma fille, et cette gravure ne sera pas seulement pour moi une œuvre d'art, j'y mettrai beaucoup de mon cœur.Îl me semble que M.Lesseny ne passera point impunément dans ma vie.Quel esprit charmant et quel grand cœur ! Ea me protégeant il nous sauvera tous.\u2014Je suis convaincue comme vous, mon père, qu\u2019il est impossible de jamais rencontrer dans un homme plus de savoir et plus de générosité.Faites donc un chef-d'œuvre, vous l\u2019enverrez au prochain salon.Olaire quita l'atelier de Pascal, et gagna la pièce que son mari se réservait dans Jl\u2019appartement.En la voyant vide, quelque peu que son mari y restât d'ordinaire, elle ne put s'empêcher de frissonner.\u2014Suazanne, dit-elle en s'asseyant sur le petit lit, je ne reverrai plus Olivier.\u2014\u2014N\u2019exagère rien, répondit Mme Sermaizie ; Olivier reviendra comme le pigeon de la fable, les deux ailes cassées, peut-être, mais il reviendra.C\u2019est un ambitieux sans énergie, la pire espèce d\u2019ambitieux.Avide de fortune, il tend les mains en haut, tandis que c\u2019est en bas, dans le sillon du travail qu'on la trouve.Rien n\u2019est perdu à son âge.On se lasse de tout : des nuits de jeu, des orgies, des poursuites d\u2019un rêve qui s\u2019envole, des recherches d'un procédé fantasti- \u2018que.Ton mari suit une voie fatale, un'coup de foudre l\u2019en arrachera, à , { Ib A moins que la fatigue et l\u2019écœnrement n\u2019arrivent ! ce \u2014Mon Dieu! mon Dieu ! s'écria Claire, quel avenir Dieu me réserve.Croirais-tu que j'en suis venue à souhaiter la mort qui m'\u2019enlèverait à ces tortures.\u2014Tu n\u2019as pas le droit de manquer de courage.\u2014 Suzanne, tu ne comprends pas ce que je souffre ! \u2014Si, je le comprends ; mais une femme comme toi place le devoir avant le bonheur.\u2014Et dire que j'ai cru à ce bonheur, fit Claire désespérément, comme s\u2019il suffisait de l\u2019attendre et d\u2019en être digne peut-être, pour l'obtenir\u2026 Te souviens-tu de nos confidences et de nos réves de jeunes filles ?Nous nous aimions tant que nous nous étions promis de nous marier le même jour.Je pouvais croire alors que ma situation serait plus brillante que la tienne, mon oncle m'\u2019avait promis une dot, la.source de mes malheurs est que cette dot n\u2019a jamais Été payée.\u2014 Comment, tu crois qu\u2019Olivier\u2026 \u2014Je suis certaine maintenant que mon mari n\u2019a jamais eu la volonté detravailler.Avec cent mille francs on fait bien des choses, et probablement\u2019il les eut vite dépensés.Il ne me pardonne point de lui avoir enlevé une somme sur laquelle il devait compter.\u2014 Julien n\u2019avait rien, reprit Mme Sermaize, et quand ma petite eut payé un ménage suffisant, je crois qu'il nous restait à peine de quoi attendre durant un mois le résultat du travail de mon mari.Il en prit de toutes mains, il donna des leçons, il dessina des machines.Son gout très prononcé pour l'invention pouvait devenir une pierre d\u2019achoppement ; il eut la sagesse de ne rien sacrifier à ses recherches qu\u2019une place \u2018restreinte dans sa vie.C'est le soir qu'il construit des machines nouvelles, et cherche le moyen de nous enrichir par des découvertes.Je l\u2019encourage, car une femme doit toujours encourager son mari, même si elle croyait qu\u2019il se fait illusion sur les résultats.À force d\u2019économie nous avons mis de côté deux mille francs que Julien va consacrer à l'exécution d\u2019an petit modèle de sa machine.Je considérerais comme un crime de ne point lui permettre de disposer de cet argent.Je sais que bon nombre de femmes préféreraient I'employer a leur toilette,mais celles-là m\u2019aimeraient pas véritablement leur mari.Et puis, de ce que je me contente d'une vie simple.n\u2019en conclus pas que la fortune me serait indifférente.Nullement, je l\u2019accueil- rais avec une grande joie, pour moi, pour mon mari, pour mon enfant ; mais je suis résolue à encourager Julien dans la voie qu\u2019il suit avec persévérance.Je ne crois pas que la mission d'une femme soit de vivre à côté du compagnon qu\u2019elle accepta, sans épouser à la fois ses idées et ses espérances.J\u2019étais une petite fille assez ignorante quand nous nous mariâmes ; il m'\u2019aimait moins pour ce que l\u2019on appelle ma beauté que la simplicité de mes goûts et ce qu\u2019il crut deviner de qualités en chrysalides.Plus tard, je lui sus un gré infni'de cette confiance, je m'efforçai de la mériter.(À suivre.) Le département de l'agriculture à Ottawa, a reou du haut commissaire canadien à Londres, un rapport, disant que durant la dernière saison 18 vaisseau qui ont fait voile de New- York, Baltimore, Boston et Norfolk, Va., et d\u2019attres grands ports ontame- | né en Angleterre, 118 têtes de bétails atteitites de plaropneumonie. + 16 JOURNAL DES CAMPAGX rs 32 SANTE POUR TOUS Pilules et : :nguent Holloway LES PILULES Purifient le Sang, corrigent tous les Dérangements du FOIE, de \"ESTOMAC et des INTESTINS.Elles fortitient et restituent la santé & des Constitutions délabrées, elles sont aussi inestimabies dans toutes les Maladies particulières au sexe Feminin de toute âge.Pour les ) Enfanis ainsi que pour les personnes âgées sont invaluables \u2019 L\u2019ONGUENT fst un remade Infaillible pour les Maux de Jam's, ceux des Seino, Blessuros + olap ues, Plaies et Ulcères, I] est faux pour la Goutte et Rhumatisme, \u2019 Le Baume d'Allen pour les Pou- 0 UX J mons à été présents au public après que su 9 3 valeur pour la gudrison certaine de ces wala- : dies cut été pleineniont vérifice.Il stimulo Yoxpectoration et force les poumons à 58 dé- I U barragser du phlegme ou mucus; il chango aes s sécrétions ot puritie le sang ; guérit les parties .irritéus; donne de laforce aux organes digestifs; fait fonctionner Jo fuiv d\u2019une manière normalo et donno de la viguour à tout le système.Son action ést si prompte et si efficace AR'ONn gerantit qu\u2019il arre- tera en quelques heures la toux la plus opiniatre, pourvu qu'elle no dure pas depuis trop longtemps.Il no contient pas d\u2019opiuin, sous aucune forme, ot - .on garantit qu'il est parfaitement inoffensif, même pour l'enfant le plus délicat.11 W'y à pas lion d'avoir tant do mortalités par la Consomption, quand le Baume d\u2019Allen pour les Poumons peut la prévenir, si on à eculement soin do l\u2019employer à tempy \u2019our la Consomption ot toutes les maludics qui y conduisent, telles que Toux, Rhiunou négligés, Bronchites, Astinne, et tontes les maladies des poumons, lo BAUME D'ALLEN POUR LES POUMONS est le Grand Rembdu Moderne.Pour le Croup et 1a Coqueluche d'est resque un spécifique.C'est un vieux 9 rornède éprouvé et qui se vend partout à Socct $1,00 la bouteille.Ou cn a préparé des bou- ê 0 S tailles de 25 ponts | pour répondre à lu demande continuelle d\u2019un bon RK3ÈDZ POUR LA TOU dp : ore .un bas prix.Si vous DE POU La Toux b Ly I g 3 ais am Et pour tous les Dérangements de la Poitrine il est de même sans égal vwago du Baumo, cssayez une bouteille do 25c.Es 5 i = POUR LES MAUX DE GORGE, LA BRONOHITE, = Pour LES RHUMES, LA TOUX, Gonflement Glanduleuy, et toutes les Maladies do le Peau, il est sans cival et pour les membres .: .: .> contractés et joiniures raides il agit comme un charme Crampes, Frissons, Colique, Diarrhee, J ia : - Ces Médecines sont preparées seulement à l\u2019établissement du PROFESSEUR HOLLOWAY, Dyssenterie, Cholera - Morbus et ) JST _DONNE PAR LE PRESENT QUE \u201c sa prochaine session, afin d'obtenir un acte consti- \u2018toutes maladies des intestins, AUCUN REMÈDE N'ÉGALE LE PAIN-KILLE ET .49 années d\u2019experience prouvent que le PAIN-KILLER do PERRY DAVIS est le meilleur Remede de Famille.pour Brulures, Meurtrissures, Entorses, Rhumatisme, Nevralgie, et Mal de dents.Vendu Partout a 25c.et 50c.la Bouteilles.REE Hs
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