Journal des campagnes, 31 janvier 1889, jeudi 31 janvier 1889
[" ass Tème Année JOURNAL DES CAMPAGNES EDITION HEBDOMADAIRE, Paraissant tous les JEUDIS et contenant toute les nouvelles de la semaine.Prix de l'abonnement :-UNE PILASTRE POUR LA FRANCE :10 FRANCS Strictement payable d'avance., Imprimé et publié par LEGER BROUSSEAU, ÉDITRUB-PROPRIÉTAIRE No 9, Rue Buade, H.V., Québec.LETTRE DE N.T.S.P.LEON XITI Pape par la divine Providence Bvêques et à tous les fidèlos du Christ en Grâce ot Communion avec le Siège Apostolique A Nos Vénérables Frères les patriarches, primats, archevêques et évêques - \u20ace à Nos fils bien aimés tous les - fidéles du Christ en grâces et communion avec le Siège Apostolique, LÉON XIII, PAPE Vénérables Frères, Fils bien-aimés, Salut et bénédiction apostolique, Au moment où s'achève cette année où Nous avons avons pu, par une insigne faveur de la bonté divine télébrer heureureusement Je çin- \u2018Quantième anniversaire de Notre sacerdoce, Notre âme se reporte d'elle-même vers la série de mois qui, vient de s\u2019écouler, et elle trouve, à repasser le souvenir de toute cette période le charme le plus doux.Et Certes, ce n\u2019est pas sans raison : Nous avons vn un événement qui ne Nous touchait que.comme personne privée, L'industri Aux patriarches, primats, Archevêques et \u2018| TN 5 , Soe Yih ER ZN À et qui, ni par son importance, ni\u2018par sa nouveauté, n\u2019était de nature à saisir l'attention, exciter néanmoins dans les âmes une émotion extraordinaire et donner lieu, par sa célébration, à dès manifestations de joie si éclatantes, à des congratufations si multipliées, qu\u2019il eût été impossi- bla de souhaiter rien au-delà.Assurément,toutes ces démonstrations Nous ont été très chères et très agréables : mais ce que Nous y avons le plus apprécié, c\u2019est l\u2019expression \u2018des sentiments du cœur et le témoignage tout spentané d\u2019une religion qui ne se dément pas.C\u2019est là, en effet, la signification de ce concert: universel d'hommages ; il proclame hautement que de tous le points du monde les esprits et les cœurs sont tournés vers le Vicaire de Jésus-Christ ; qu\u2019en dépit de tous les maux qui l\u2019assiègent, c'est vers la Chaire Apostolique, comme vers l\u2019intarissable et incorruptible source de la\u2018vie, que se fixe le regard confiant des hommes, et que, sur tous les rivages où règne le nom de catholique, il y a pour rendre a l'Eglise romaine, mère et maîtresse de toutes les Eglises, l'honneur et le.respect qui lni sont dus, la même ardeur de zèle et le même unanime accôrd.: C'est pour tous ces motifs que bien des fois, durant les mois qui viennent de finir, Nos yeux se sont levés au Ciel pour rendre grâces au Dieu bon et immortel, qui, avec le bienfait de la prolongation de Nog jours, a bien voulu Nous accorder, au milieu de Nos peines, les sujets de consolation que Nous venons de rappeler; et, pendant tout ce temps, Nous n'avons pas manqué, chaque fois que l'occasion s\u2019en est présentée, de témoigner à qui de droit la reconnaissance qui remplit Notre cœur.Mais voici que la fin de cette année solennelle Nous invite encore à renouveler la mémoire du bienfait recu, avec cette heureuse circons- \u2018 vs Asfmblée © ik Légis .( .Past .be oor MA 0 2 PERS \u2014ur, an 7 il Be Me 2 % 2 NY, de ta richesse des nations.Jeudi 31 Janvier 1889 tance que l\u2019Eglise entière, avec Nous, et en Notre nom, s\u2019unit pour offrir à Dieu un dernier concert d\u2019actions de grâces.Et, en même temps, il plaît à Notre cœur d\u2019attester publiquement, comme Nous le faisons par ces Lettres, qu'avec la consolation si efficace que Nous ont apportée, pour adoucir Nos soucis et Nos peines, fous ces témoignages de respect, d'affection et d'amour, ils laisseront aussi en Nous un souvenir et une gratitude gui ne périront jamais, \u2014 Mais il est un devoir, et plus haut et plus saint, qui Nous reste à remplir.En effet, dans cette disposition des âmes s\u2019empressant avec une ardeur inaccontumée pour entourer d\u2019honneur et-de respect le Pontife romain, il Nous semble reconnaître un signe de la volonté de Celui qui sait souvent, et qui le peut seul, faire naître des plus petites causes le principe des plus grands biens.Il est certain que la Providence de Dieu semble avoir voulu au milieu de tant d\u2019erreurs de la pensée, réveiller la foi et donner occasion au peuple chrétien de reprendre les préoccupations de la vie surnaturelle.Ainsi une chose nous resté à faire : travailler à ce que ces bons commencements amènent dans la suite de bons résultats, et faire effort pour qu\u2019à l'intelligence des desseins divins s'ajoute l\u2019activité qui les réalise.Alors seulement ce dévouement envers le Siège Apostolique aura sa pleine et entière perfection, quand, s\u2019unissant honorablb- ment aux vertus chrétiennes, il sert au salut des âmes; c\u2019est là le seul résultat qu\u2019il faut rechercher, le seul qui doit demeurer toujours.Du haut de ce degré suprême de la charge apostolique où la bonté : de Dieu Nous a placé, il Nous est fréquemment arrivé de prendre, selon notre devoir, la défense de la vérité, et Nous Nous sommes particulièrement appliqué à exposer les points de doctrine qui Nous paraissaient No 52 d'un intérêt plus actuel pour la chose publique: Nous voulions que ce tableau de la vérité inspirât à chacun vigilance et précaution, pour évitèr la funeste contagion de l\u2019erreur.Atijourd'hui, Nous voulons adresser la parole à tous les chrétiens comme un bon père qui parle à ses enfants, et, | par une exhortation familière, exciter chacun d\u2019eux à régler saintement sa vie.Car il est de toute nécessité, pour mériter le nom de chrétien, qu\u2019à la profession de la foi l\u2019on ajoute- la pratique et l\u2019exercice des vertus chrétiennes ; et ce n\u2019est pas seulement le salut éternel des âmes qui y est intéressé, mais aussi la prospérité vraie et la tranquillité stable des relations humaines et de la société.Or, si l\u2019on examine ce qu\u2019est communément la vie des hommes, Il n\u2019est personne qui ne voie combien les mœurs publiques et privées sont en désaccord avec le principes évangéliques ; et ce n\u2019est qu\u2019à trop juste titre que paraît s'appliquer à notre âge cette parole de l'apôtre saint Jean: \u2018\u201c Tout ce qui est dans Je \u201c monde est concupiscence de la \u201c chair, et concupiscence des yeux, \u201c et orgueil de la vie.\u201d En effet, la plupart des hommes, oublieux de leur origine et de leurs pensées fixées vers ces biens fragiles et périssables : faisant violence à la nature en renversant l'ordre véritable, ils asservissent leur volonté aux choses sur lesquelles l\u2019homme comme la raison même le proclame, devrait dominer.Le goût du bien être et du plaisir à naturellement pour comipagnon le désir de ce qui peut nous procurer l\u2019un et l\u2019autre.De là cet amour effréné del\u2019argent qui aveugle ceux qui en sont saisis et dont l\u2019ardeur, quand il s'agit d\u2019assouvir sa cupidité, ne peut plus se contenir, foulant aux pieds la distinction du juste et de l'injuste, et affichant parfois pour la misère : d'autrui le plus insolent dédain. 0 C\u2019est ainsi qu\u2019un grand nombre, tout en passant leur vie au sein\u2019 des , richesses, se servent du mot de fraternité auprès d\u2019une foule pour qui leur cœur, au fond, n'a que de su- Perbes dédains.Enflé pareillement par l\u2019orgueil, le cœur rejette tout respect de la loi, toute crainte de l\u2019autorité ; l\u2019amour de soi, voilà pour lui toute la liberté.\u201c Il se croit né pour \u2018* la liberté, comme le petit de l\u2019âne sauvage.\u201d Ajoutons à cela ces séduc- lions du vice, ces funestes invitations au péché :nous voulons parler de ces représentations théâtrales où s\u2019étalent l\u2019impiété et la licence, de ces livres et ces \u201cjournaux écrits dans le but de ridiculiser la vertu et de glorifier l\u2019infamie, de tous ces arts qui, inventés pour les besoins de la vie et les honnêtes jouissances de l'âme, sont mis au service des passions pour suborner les âmes.Et ce n\u2019est pas sans frayeur que Nous portons Nos regards vers l\u2019avenir, en pensant à ces futures moissons de maux dont on ne cesse de jeter les germes dans le cœur de l'enfance.Vous savez ce que sont devenues les écoles publiques : aucune place n\u2019y \u20acst plus laissée à l\u2019antorité de l\u2019 égli- ge, ct, à ce moment où il serait si nécessaire de travailler avec amour -à façonner ces âmes encore tendres aux devoirs de la vie chrétienne, c\u2019est alors qu\u2019on impose silence à la Voie de la religion.Oeux qui sont plus avancés en âge courent un péril encore plus grand : celui du vice même de l\u2019enseignement, qui, au lieu d\u2019initier la jeunesse à la connaissance du vrai, ne produit en elle que Yinfatuation des doctrines les plus fallacieuses.Combien de professeurs qui, dans leur enseignement, mettent leur philosophie à la seule école de la raison, laissant absolument de côté la foi divine, et qui, privés de ce ferme appui et «de ce surcroit de lumière, tombent à chaque pas sans arriver à la vérité ! Toutes ces erreurs: que tout, dans le monde, est matériel ; que l\u2019homme et la bête sont unis ensemble par la communauté de leur première origine et la parenté de leur nature, c\u2019est d\u2019eux qu\u2019elles nous \u2018viennent.Il en est même qui vont jusqu\u2019à mettre en doute l\u2019existence de Dieu même, le souverain maître de toutes choses et créateur du monde, ou qui commettent, au sujet de sa nature, les plus grossiéres erreurs des paiens.De la quelles altérations doivent nécessairement découler dans la notion même, dans l'essence de la vertu, du droit, du devoir ! Bt c'est ainsi que, pendant qu\u2019ils glorifient complaisamment la souveraineté de la raison.et qu\u2019ils exaltent la puissance de leur génie par des panégyriques hors de toute mesure, ils subissent, par l'ignorance des vérités les plus essentielles, le juste châtiment de leur orgueil.Et en même temps que l\u2019erreur corrompt leur esprit, la corruption morale s\u2019insinue en quelque sorte dans leurs.veines et dans.la moëlle de leurs 0s, laissant hélas ! en de tels hommes bien peu de chances à la guérison, grâce, d\u2019un côté, à cette altération de la notion du bien produite en eux par leurs opinions vicieuses, et, de l'autre, à cette absence des clartés de + ant 107 - oe PA 1a foi divine, laquelle est le principe et le fondement de toute justice.Quelles calamités un tel état de choses devrait attirer sur la société humaine, il nous arrive aujourd\u2019hui de le contempler en quelque sorte de, nos yeux.Le venin des doctrines a par une circulation naturelle, pénétré dans les actes de la vie et dans\u2019la politique ; le rationalisme, le matérialisme, l'athéisme ont enfanté le socialisme, le communisme, le nihilisme : tristes fléaux sans doute, et pleins de sinistres augures, mais qui devaient naturellement, qui devaient presque nécessairement naître de principes pareils.Et, de fait, si l\u2019on peut impunément rejeter la religion catholique, dont tant de notes éclatantes attestent la divine origine, pourquoi ne rejetterait-on pas toutes les autres religions, à qui de tels signes de crédibilité font évidemment défaut ?Si l'âme n\u2019est pas, de sa nature, distincte du corps, et, ce qui en est une conséquence nécessaire, si, lorsque le corps retourne à la terre, aucune espérance ne nous est laissée d'une vie bienheureuse et immortelle, quel motif aurons-nous de nous imposer des travaux et des peines pour soumettre nos appétits à l'obéissance de la raison ?Le souverain bien consistera pour l\u2019homme dans la jouissance des commodités de la vie et dans la possession des plaisirs.Et comme il n\u2019est personne que l'impulsion et l'instinot même de la nature ne porte à rechercher le bonheur, chacan sera autorisé à prendre aux autres le plus qu'il poutra, afin de trouver dans leurs dépouilles le moyen de vivre heureux.Et il n\u2019est point de puissance disposant de freins suffisants pour pouvoir maîtriser la surexcita- tation des convoitises ; car Ja conséquence de cette répudiation de la raison suprême et éternelle d\u2019un Dieu nous imposant ses ordres ou ses défenses, c\u2019est que la force des lois soit brisée ou toute autorité réduite à l\u2019impuissance.De là cette pertur bation inévitable Jusque dans les fondements de la société civile ; de là cette lutte sans trève entre les appétits inassouvis,chacua se mettant en guerre soit pour défendre ce qu\u2019il a, soit pour acquérir ce qu\u2019il convoite.- C\u2019est la pente où notre siècle semble prêt à glisser.\u2014I]l est pourtant une pensée caprble de nous consoler du spectacle des mœurs présentes et de relever nos âmes par l\u2019espoir d'un meilleur avenir.C\u2019est que \u201c Dien a \u201c créé toutes choses pour la vie et \u201c qu'il a fait guérissables les nations \u201c de la terre \u2019\u2019 Mais, de même que monde visible ne peut être conservé que par l'action de la providence de Celui qui l\u2019a créé par sa volonté, de même aussi les hommes ne peuvent être guéris que par la vertu de Celui là même à la bonté de .qui ils doivent d'avoir été rappelés de la mort à la vie.Car si la race humaine n\u2019a été rachetée] qu\u2019uneffois par l\u2019ef- fasion du sang de Jésus Christ, permanente et perpétuglle est la vertu de cette grande œuŸre et de ce grand bientait, et \u2018\u2018 il n\u2019y& de salut en aucun autre.\u201d C'est pourquoi tous ceux qui travaillent à arrêter, par l'interposition des lois, l'incendie toujours croissant des convoitises populaires, combattent sans doute + JOURNAL DES S CAMPAGNES | ie ea RE pour la justice; mais, qu\u2019ils le sachent bien, le fruit qu\u2019ils tjreront de leurs travaux sera nul, ou du moins sera fort peu de chose, tant que leur cœur s\u2019obstinera à repousser la vertu de l'Evangile et à faire fi du concours de l\u2019Bglise.Il n'y à qu'un moyen de\u2019 guérison pour nos maux : réformer ses sentiments, et dans les mœurs privées comme dans les mœurs publiques, revenir au point d\u2019où l\u2019on s\u2019est éloigné, à Jésus-Ohrist et à Is loi chrétienne de la vie.Or, toute la vie chrétienne peut se résumer dans ce devoir capital : ne point céder à la corruption des mœurs du siècle, mais lni opposer une lutte, une résistance constante: C'est là ce que \u201c l\u2019auteur et le consommateur de notre foi,\u2019 ce que Jésus proclame par chacune de ses paroles et de ses actions, par ses lois et ses institutions, par sa vie et par ça mort.Quelle que soit donc l\u2019opposition que la dépravation de notre nature et de nos mœurs mette dans nos tendances, c\u2019est notre devoir de courir \u201cau combat qui nous est proposé \u201d animés du même esprit et armés des mêmes'armes que Celui qui, \u201ca la joie qui lui était proposée a préféré la croix.\u201d i t pour cela, que les hommes voient et comprennent bien tout d\u2019abord combien est contraire à la profession du nom de chrétien cette recherche, si commune aujourd\u2019hui, des plaisirs de toute nature, cette horreur pour les travaux inséparables de la vertu, cette tendance à ne se refuser aucune de ces délicatesses qui flattent agréablement nos sens.\u201c Oeux qui sont au \u201c Christ ont crucifié leur chair avec \u201cses vices et ses concupiscences,\u201d d'où la conséquece qu\u2019ilsn\u2019appartiennent pas au Christ ceux qui ne s\u2019exercent ni ne s\u2019accoutument à souffrir et qui ne savent pas mépriser les recherches et les délicatesses du plaisir.L'homme, en effet, par l'infinie bonté de Dieu, a été rétabli.dans l'espoir des biens immortels d\u2019où il était déchu ; mais il ne peut les atteindre qu\u2019en s\u2019efforcant de suivre les traces mêmes du Christ et en se conformant, dans son âme et dans ses mœurs, au souvenir de ses exemples.Ce n\u2019est donc pas un conseil, mais un devoir, et un devoir qui ne concerne pas seulement ceux qui ont embrassé la vie parfaite, mais qui s'adresse absolument à tous, de porter |.chacun \u201cdans son corps les mortifications de Jésus ?Comment, sans cela, la loi naturelle elle-même, qui impose à l\u2019homme l\u2019obligation de pratiquer la vertu, pourrait elle subsister?Oar le saint baptême détruit bien le péché contracté en naissant ; mais toutes ces fibres entremêlées et perverses que le péché a enracinées dans l'âme, elles ne sont nullement arrachées.Cette partie non raisonnable de l\u2019homme ne peut nuire, sans doute, à qui, par la grâce de Jésus-Christ, résiste et lutte courageusement ; mais pourtant elle ne.-cesse de disputer l'empirerà\u201cla raison;:troublant perpétuellement l\u2019état dé:notre âme et pour la détacher de la vertu, tyrannisant notre volonté avec une violence telle que ce n\u2019est.qu\u2019au prix d\u2019une lutte de chaque jour que nous pouvons fuir le vice et accomplir le i 298 NS 3 Se + devoir.\u201c Que ce foyer, cette concupiscence demeure dans les baptisés, le saint Concile l\u2019avoue et le reconnaît ; mais elle ne peut nuire à ceux, qui n\u2019y consentent point, mais qui y résistent par la grâce de Jésus-Christ ; bien plus, celui qui aura légitimement combattu sera couronné.\u2019\u2019 Dans un combat, il y'a un degré de force où une vertu supérieure peat seule atteindre ; c\u2019est le cas de ceux qui, dans leur lutte contre les mouvements contraires à la raison, ont poussé si loin la victoire qu\u2019ils semblent mener sur la terre une vie presque céleste.Qu\u2019une telle supériorité soit le partage d\u2019un petit nombre, sôit ; mais (et c'était là le principe de la -philosophie antique elle-même) il n\u2019est personne qui ne doive garder ses passions sous le joug, et le zèle - pour cela doit être plus grand en ceux-là mêmes qui, par l'usage quotidien des choses mortelles, en ressentent davantage les tions ; à moins qu'on n\u2019ait la folie de penser que la vigilance est moins de rigueur là où le danger nous menace defplus près, et qu\u2019à mesure que la gravité du mal augmente, la nécessité du remède diminue.Mais ce travail que la lutte nous impose Nous apporte, sans parler des récompenses célestes et éternelles,de grands biens en compensation ; et d\u2019abord, la restauration de notre dignité primitive, qui, par cet apaisement de nos séditions intérieures,est en grande partie accomplie.C\u2019est, en effet,sous cette loi, dans cet ordre que l\u2019homme .a été créé : l\u2019âme, chez lui, doit commander au corps, et \u2018les appétits doivent être gouvernés par les conseils et la raison : d\u2019où il suit que refuser de se soumettre à la honteuse tyrannie des passions, c\u2019est la première et la plus enviable des libertés.De plus, même dans la société humaine, on ne voit pas ce qu\u2019on peut attendre d'an homme qui n\u2019a pas cette disposition d'âme.Sera-t-il porté à bien mériter de cette société, celni qui prend son intérêt personnel pour mesure de ce qu\u2019il doit faire ou éviter ?Comment sera:t-il magnanime, bienfaisant, miséricordi\u2018ux, tempérant, celui qui n'aura pes appris à se vaincre lui-même et à faire céder toutes les considérations humaines devant la vertu ?Et pour nous toute Notre pensée, cela nous semble vraiment une économie de la sagesse divine que l\u2019homme ne puisse qu\u2019au prix de l'effort et de la souffrance atteindre le salut.En effet si Dieu a accordé au genre humain la rémission de sa faute et le pardon de son péché, ce n\u2019a été qu'à la condition que son Fils unique lui psierait la juste peine qu'il avait le droit d'exiger.Or, Jésus- Christ, qui pouvait de bien des façons satisfaire à la \u2018justice divine, a mieux aimé satisfaire en sacrifiant sa vie dans les plus affreux tourments.Et par là il a imposé à ses disciples et à Ses adeptes cette loi qu'il a scellée de son - sang, que leur vie devint un perpé- - tuel combat contre les vices des\u201d mœurs et des temps.Qu'est-ce qui a rendu les Apôtres invincibles dans leur entreprise de propager la sagesse dans le monde ?Qu'est-ce qui a for- excita- dut ~ tifié cette foule innombrable de martyrs dans le témoignage sanglant qu\u2019ils ont rendu à la foi, sinon la dis- pasition où était leur âme d\u2019obéir sans crainte à cette loi ?Et ils n\u2019ont pas marché par une autre voie, tous TTT Ta A TOITS ma No ceux qui ont -eu à cœur de vivre chrétiennement et.dese sauver par la vertu : nous donc, nous ne devons pas en choisir une autre, si nous voulons assurer tant notre salut propre à chacun de nous que le salut commun.C'est pourquoi, au milieu de ce règne éhonté des passions, il faut qu'avec un courage viril chacun se défende contre les séductions de la sensualité : et, tandis que de toutes parts les jouiesances de la fortune et de la riches:e s\u2019étalent avec insolence, il faut fortifier son âme contre Jes attraits fastueux de la richesse,\u2019 de peur qu\u2019en aspirant à ces choses qu\u2019on appelle des biens, mais qui ne peuvent pas la rassassier et bientôt vont disparaître, on ne peut perdre ce trésor, dans le ciel, qui ne périt jamais.Enfin, ce qu\u2019il faut déplorer surtout, c'est que par l'influénce perni- -ciense de 'opinion ou de l\u2019exemple d\u2019amollissement des mœurs, on en soit venu à ce point que le nom et la vie de chrétien soient devenus pour beaueoup presque un sujet de honte ; déplorable effet ou d\u2019une perversité profonde, ou de la plus lâche des faiblesses : dans l'un et l\u2019autre cas, mal détestable, mal le plus grand qui puisse arriver à l\u2019homme ?Car quelle est la chance de salut, quelle est l\u2019espérance qui peut venir aux hommes, s'ils cessent de mettre leur gleire dans le nom de Jésus-Christ et s'ils n\u2019ont plus ce courage de conformer ouvertement leur vie à\u2018la loi de l\u2019Evangile ?On se plaint sonvent -que notre siècle est stérile en hommes de caractère.Qu\u2019on ressuscite des \u201c mœurs chrétiennes : du même coup on aura redu aux âmes leur dignité et leur constance.(\u2018azazns y) al Ge = me Inauguration de la Salle d\u2019Exercice a Montreal ; Presentation a sir Hector Discours par sir John, sir Adolphe et les honorables ostigan et Foster L'inaugoration de la Salle d\u2019Exer-cice Militaire a été ces jours derniers l\u2019occasion d\u2019une ovation des plus imposantes en honneur de Sir Hector Langevin.Le premier ministre sir John À.Macdonald et ses collè- .gues, sir Adolphe Caron, ministre de la milice, I'hon.M.Costigan, ministre de l'intérieur et l\u2019hon.M.Foster, ministre des finances, avaient rehaussé par leur présence l'éclat de -cette belle fête.| Le drapeau britannique flottait au- dessus de l'immense édifice et la porte accédant aux quartiers du 65ème \u2018bataillon était ornée .de drapeaux variés, de banderolles allant se relier :à une cartouche portant les initiales » du ministre des travaux publics.Les \u201c-décorations de la salle étaient du meilleur goût et témoignéient du \u2018talent des artistes de la maison .Beullac.\u2018 , Sur un piédestal dont le pied était -orné de fleurs et de plantes exoti- ques se dressait la- statuette en bronze du héros de la féte.A côté du piédestal était une splendide corbeille de fleurs odoriférantes.Sur une couche d'immortelles on lisait I'inscription en petites fleurs bleues \u2018 Montréal to sir Hector.\u201d La plateforme destinée aux ministres était entourée de plantes vives produisant \u2018un joli coup d'œil.À deux heures et quart, les ministres firent leur apparition dans la salle aux applaudissements de la nombreuse assistance.Ils étaient escortés par Son Honneur le maître Abbott et M.Emmanuel St Louis, l\u2019entrepreneur de l\u2019édifice.Sir Hector fut invité à monter sur lu plateforme et le maire de Montréal, ayant à ses côtés les ministres fédéraux, lui donna lecture de l'adresse suivante .A l'honorable sir Hector Langevin, K.C.M.G.C.BP.C., ete, ministre des travaux publics.Honorable et cher monsieur.Les citoyens de Montréal, de toutes les classes et sans distinction d'aucune esurte, s'unissent cette après midi pour vous présenter leurs respects et vous payer leur tribut de remerciements pour la manière digne et majestueuse avec laquelle vous avez mené à bonne fin la construction de la salle d'exercice de la milice de Montréal.Comme ministre des travaux publics pendant les dix dernières années votre administration a été caractérisée par ia construction d\u2019édifices publics tels que le bureau de poste et autres travaux très im- portancs dans cette ville et par toute la Confédération, mais dans aucun peut être vous n\u2019avez déployé tant de sollicitude pour qu\u2019il répondit parfaitement à l\u2019objet an«uel il était destiné, que celui dont nous célébrons aûjourd\u2019hui le parachèvement.Cette salle d'exercice est, en effet, un édifice dont tous les citoyens de Montréal ont raison d\u2019être fiers.Comme la cité a généreusement fourni le terrain dispendieux, vu sa position centrale, il fait plaisir de le voir occupé par un monument aussi imposant.Nous espérons de plus, monsieur\u2014et nous sommes en ceci l\u2019écho du sentiment général\u2014 que vous continuerez à donner des preuves de l'intérêt que vous portez à notre ville, que vous continuerez l\u2019œuvre à laquelle votre nom est attaché en améliorant les avantages du port de Montréal et en secondant les efforts de nos principaux citoyens pour l'agrandissement et le développement de notre commerce et de notre navigation océanique.En tarminant, Sir, Hector, nous Vous.prions d'accepter, en souvenir de cette occasion, votre statue en bronze modelée et coulée à votre intention à Paris, par notre artiste distingué M.Hébert.Vous remerciant pour votre présence au milieu de nous, cette après- midi, Nous demeurons, Sir, Vos obéissants serviteurs.Oette adresse était un véritable chef-d'œuvre d'enluminure exécuté par M.Edwin Cox.Elle était encadrée de feuilles d\u2019érables dessinées * nr JOURNAL DES CAMPAGNES sur un fond d'argent.Elle était renfermée dans un très riche portefeuille en cuir de Russie.Elle portait la signature da maire de Montréal ; de l'évêque anglican Bond, de Montréal ; de l'hon:; M.Drammond, président de la chambre de commerce : M.Andrew Robertson, président de la Commission du Hâvre ; A.Desjardins, M.P.; D.Girouard, M.P.; F.Vanasse Vertefeuille, M.P.; J.P.Rottot, M.D.; l'échevin Laurent ; col.T.T.Turnbull, D.A.G.; Edward Murphy ; colonel Frank Bond ; le major Hector Prévost ; le col.Onimet ; C.P.Hébert, A.T.Lépine, M.P.Sir Hector, après que ses collègues eurent pris place à côté de lui sur la plateforme, répondit à l'adresse qui lui avait'été lue en anglais et en français.Il remercia le maire et les citoyens de Montréal pour l\u2019ovation qu'ils lui avaient faite et particulièrement du cadeau de sa statue qui resterait, dit-il, dans sa famille, comme un souvenir de cette belle fête.Il était d\u2019autant plus sensible à cette démonstration qu\u2019il y voyait la présence d\u2019un grand nombre de personnes qui ne partageaient pas ses opinions politiques,c\u2019était une preuve que ses actes méritaient l'approbation de ses ennemis.Ii dit qu\u2019il continuerait à porter un vif intérêt à la prospérité de Montréal, particulièrement à son havre et à son chenal.Ce n\u2019etait pasun intérêt officiel, mais un intérêt canadien.Ce qu\u2019il faisait pour Montréal, c\u2019était dans l'intérêt detoute la Puissance.Le discours de Sir Hector fat souvent interrompu par les applaudissements enthousiastes de la foule.Sir John parla ensuite et fit avec le tact et l\u2019esprit qu\u2019on lui connaît les éloges de son collègue aux travaux publics et le félicita de la construction de la salle d\u2019exercice.Sir Adolphe, l\u2019hon.M.Costigan et M.Foster parlèrent ensuite et abondèrent dans le même sens que le premier ministre.Après ces discours les ministres furent invités à un goûter au champagne servi par le maître d\u2019hôtel du St-Lawrence Hall.Parmi les personnes présentes à la démonstration, nous avons remarqué, à part de celles qui avaient signé 'adresse, les échevins Laurent, White, Martineau, Robert, Stevenson, Cunningham, Malone, Donovan, Rolland, Rainville, Olendinneng, MM.le con- sul-général Dubail, le vice-consul Schwob, le consul-général Munderloh, H.Montplaisir, M.P., Desaulniers, M.P., Bain, M.P., le sénateur J.B.Guévremont, l\u2019hon.M.Laviolette,le Col.Lamontagne, D.A.G.Jos- X.Perrault, Jos.Duhamel, C.R.L.Huot, F.Massey, R.Roy, C.R.L.Ethier, Geo, Ball, maire de Nicolet, J.Cameron (de Québec), L.Galibert, Victor Hudon, J.M.Fortier, col.Hughes, le chef Benoit, J.O.Villeneuve, O.N.Armstrong, J.O'Neill, l'ex-chef Paradis, le colonel F.Caverhill, ie colanel Lyman, A.F.Gault, Moise Brossard, Victor Hudon, Geo.W.Parent, J.M.Dufresne, Arthur Dansereau, J.G.H.Bergeron, M.P., etc, etc, Au dessus de la table du \u2018banquet, on lisait sur une banderole bleue ces mots en lettres d\u2019or, \u201c Honneur au ministre des Travaux Publics.\u201d ARE CEE CNE SO MORT D'UN BIENFAITEUR INSIGNE Le 16 du présent mois s\u2019éteignait muni de tous les sacrements de \u2019Eglise, à StGilles de Beaurivage, Monsieur Narcisse Dionne, ancien marchand de cette paroisse.Originairé de la Rivière Ouelle, iL fut baptisé le 12 août 1814 par le Révd P.Olivier Bruneau alors vicaire.À peine âgé de 14 ans le jeune Dionnequitta la maison paternelle et s'engagea au service de messieurs Félix et Charles \u2018Têtu faisant le commerce en société aux \u2018Trois-Pistoles.Le jeune Dionne n'ayant fréquenté que l\u2019école de sou village aidait cependant ses patrons au magasin.Il demeura là trois ans.Lors de la dissolution de la société Têtu, il revint à la Rivière-Ouelle avec monsieur Charles qui le garda à son magasin pendant huit années consécutives.Ayant remarqué ses rares aptitudes pour le commerce et surtout sa parfaite tonnéteté, Monsieur Têtu n\u2019hésita pas à le mettre à'la tête de sa maison de commerce de St Gilles de Beaurivage.Pendant vingt un aos il servit ses patrons avec dévouement et parfaite honnêteté.Aussi, lorsque Monsieur Têtu se retira du commerce, en 1856, il vendit à Monsieur Dionne, à très bonnes conditions, son fonds de commerce et sa roprié:é: Ayant la confiance du peuple, il tit de très bonnes affaires.En 1859, il s\u2019associa son frère, J.Bte, et fit le commerce Société, jusqu\u2019en 1885.Pendant ce court espace de temps, c\u2019est-à-dire, en 29 ans, ils amassèrent une jolie fortune.J\u2019ignore le montant, mais si j'en crois.la\u2019 rumeur publique, elle se montait lors de leur sortie du commerce à la jolie somme da $150,000.00.Il a été un fervent chrétien.Il com- fnaniait tous les mois à la grande édification de ses co-paroissiens.Il était homme de bons conseils.Que de procès il a apaisés!que de querelles il a pacifiées ! que de sages avis il a douués ! En un mot il était le bras droit de son curé.: Que dire maintenant de sa charité?N'a-t-il pas de concert avec son frère J.-Baptiste donné d\u2019un seul coup treize mille piastres pour le support de son curé et l'entretien de l\u2019église de St Gilles ?De plus, lors de la construction de l\u2019église il a donné six cents piastres pour le clocher.Sachant qu\u2019il est mieux de faire des bonnes œuvres de son vivant, à différentes reprises il est venu en aide aux membres de sa famille.On nous dit que ses fondations de messe et les dons faits au curé et à l'Eglise de St Gilles et les dons à sa famille s'élèvent à la somme de soixante quinze mille piastres, par conséquent la moitié de sa fortune.Ses funérailles ont en lieu dans l\u2019église de St.Gilles samedi à 9 heures au milieu d\u2019un grand concours de peuple venu de toutes les paroisses environnantes.Au chœur on remarquait MM.les abbés Kelly, Montminy, Roy et Garon, curd de St Gilles, qui étaient venus rendre un dernier hommage à ce bon citoyen et à ce grand chrétien.Monsieur l\u2019abbé Montminy a fait la levée du corps ; le service a été chanté par Monsieur Garon curé de la paroisse et l\u2019absoute a été donnée par Monsieur Kelly curé de St.Agathe.M.Dionne est mort mercredi le 16 à ° 92 hrs du matin.Pendant sa dernière maladie qui a duré un mois et plus,il n\u2019a pas laissé échapper vne seule plainte, ni manifesté le moindre regret de laisser sa fortune.Qu'\u2019il repose en paix! UN amt Notre ami M.Oasgrain a prononcé, hier soirun magnifique discours sur une question pratique qui intéresse tous jo citoyens de Québec et du comté de Québec: la question des cheminsa barriéres.Le député du comté de Québec a saisi la chambre de ce sujet qu\u2019il a traité à fond.: Nous reparlerons de ce discours remarquable. - ~ Al ee ER ERE RTI ERTRERESERERR= \u2019 ey - a wy PTE RE EE ET Cas Se = A VE ve .tete Ce IR EA Fi Es 00 Tes mc.27 .5 \u2018 & LEE - JOURNAL DES CAMPAGNES eR 477 an LE BILL | UNE RECULADE | -_ DES MAGISTRATS Tr; MM.Taillon et Oasgrain ont démontré hier soir que le bill des magistrats de cette année n'est pas.identique à celui de l\u2019an dernier.Le discours du Trône annonçait le même bill.C'était faux.La loi de l\u2019an dernier abotissait la Cour de Circuit.Le bill de cette année la laisse intacte.La loi de l\u2019an dernier donnait à la cour des magistrats tous les pouvoirs de la cour de circuit, droit d'appel, d\u2019évocation, de certiorari, qui donnaient sans contredit à cette cour le caractère d\u2019une cour supérieure.Le bill de cette année enlève ces pou- Voirs aux magistrats.En un mot, la loi de cette année coutient des divergences radicales entre les deux lois.M.Taillon a réduit M.M.Mercier et Turcotte à quia.! Is se sont embrouillés, contredits, empétrés.Très joli spectacle.! LE BILL DES JESUITES On lisait dans un dés derniers | numéros du Progrès de l\u2019 Est : Les orangistes et les Young Britons d'Ottiwa, qui s\u2019affublent du titre de \u201c loyaux snjets de Sa Majesté, \u201d dans une requête adoptée, jeudi dernier, demandent au gouverneur général le désaveu de la loi concernant les Jésuites.Ils allèguent les résultats pernicieux de l\u2019ingérence des Jésuites dans les affaires politiques el ils protestent contre tout octroi d'argent à des hom- Tes qui enseignent que les catholiques ne doivent point obéissance aux lois des souverains protestants.Dans leur opi?nion, Ce serait le signal d\u2019une course sur, le trésor public de la part de toute espèce d'institutions religieuses.Une resolution a été adoptée aux fins d\u2019envoyer une copie \u2018de cette requête dans toutes les cités, villes et villages de la province Ontario et d\u2019y recueillir les signatures de toutes les associations prolestantes et des protestants, en général, après quoi celi : requête monstre seva envoyée auZgouverneur.os félivitatiors aux bleus de notre province qui sont les alliès politiques de ces mangeurs de Jésuites, Vous allez voir qu\u2019il n\u2019y aura point de protestations de leur part.Dans leur espoir que le désaveu de cette loi nui- raità M, Mercier, ils sont prêts à tout avaler.- Les tristes sires Langevin et Caron vont avoir encore une fois l\u2019occasion de se distinguer.La réponse à cette article se trouve dans les lignes suivantes publiées par l\u2019Ælecteur d'hier : Le gouvernement fédéral fait annoncer semi-officiellement par ses organes qu'il en est venu à la conclusion de ne pas appliquer le veto à cette loi.Donc les Sires Hector Langevin et A.P.Caron, n\u2019ont pas courbé le front devant les orangistes.Sans doute les organes libéraux vont rendre justice à nos chefs ?Pas du tout ; l\u2019Electeur publie un long \u2018article dans lequel il trouve encore moyen de critiquer le gouvernement fédéral à ce sujet : Lisez cela : La décision est sage, mais elle a le-tort de w'étre pas arrivée assez vite.La décision donnée en effet pour expliquer le non-désaveu enlève toute justification aux hésitations et aux lâtonnements des autorités féderales en la matière.Cette raison, c'e t qu\u2019il ne saurait y avoir le moindre doute sur le droit de la législature de passer une pareille loi.Et une colonye sur ce ton !.L'autre jour, les organes libéraux tonnaient contre le gonvernement \u2018Jésuites.Aujourd'hui, la rumeur arrive que le gouvernement ne désavoue pas le bill.On tonne encore sans prétexte que cette déclaration vient trop tard.Méprisant ces criailleries ineptes, tirons la sitnation au clair.Nous avons-dit depuis des meis que le bill ne sera pas désavoué.Il ne le sera pas, les organes libéraux l\u2019admettent eux-mêmes à présent.Mais cela n\u2019empêche pas que le délai pour désavouer est d'un an, et que la constitution ne donne pas au cabinet fédéral le droit d\u2019aveu, the power of avowal.Qa\u2019on annonce semi-offi- ciellement que la loi ne sera pas désavouée, c\u2019est à mérveille pour calmer les téteschandes.Mais pour Rome, on conçoit que l'expiration de peut être exercé, soit la seule assurance satisfaisante.C'est notre constitution qui le veut ainsi.Nous reviendrons sur ce.sujet, et nous parlerons en particulier d\u2019un article du Globe, et d\u2019un article du Mailmm mee ll ml AP ete LAPRAIRIE ~ M.Goyette, dont I'élection avait été annulée par les tribunaux, a été réélu, hier, dans le comté de Laprairie par une cinquantaine de voix de majorité.Nous ne ferons pas de longs commentaires sur cette élection partielle Elle ne comporte aucune signification nouvelle.Nos adversaires avaient gagné le comté de Laprairie : ils l'ont gardé.Nos amis ont conservé leur terrain.L'influence et les ressources gouvernementales l'ont emporté, mais les conservateurs de Laprairie ne sont pas en déroute, et ont livré un beau combat.\u2018 Toutes ces élections partielles, où nos adversaires l\u2019emportent péniblement, où nous disputons le terrain pouce\u2019à pouce; démontrent la vitalité du parti coneervateur.cons retro lA ER mt UL Pr wrt erent tte.LE GOUVERNEMENT FEDERAL ET LE BILIL DES TÉSUITES du veto et de la loi relative aux biens des Jésuites : Les organes de sir John Macdonald annoncent semi-officiellament que conformément à un rapport de Sir John Thompson, il a résoln de laisser prendre opération à la loi des biens des Jésuites.\u2018I n\u2019y avait pas de nécessité absolue pour le premier-ministre d\u2019annoucer ainsi qu\u2019il n'entend pas écouter les requêtes de l'Alliance Evangélique et des Orangistes.Sir John n'avait qu\u2019à ne rien faire, et le bill des Jésnites serait entré en opération vers le- milieu de l\u2019été prochain par le seul fait qu\u2019il n\u2019aurait pas été désavoué dans l\u2019année après sa réceptioo'à Otlawa.Jusqu\u2019à tout récemment, il paraît que telle était l'intention dv gouvernement.Mais derniérement les Loges out demandé activement l'exercice du veto contre le bill des Jésuites.Jeur agitation s\u2019est manifestée avec une force croissante.Nous présumons.que Sir Joha s'est apergn que les Loges allaient se commettre fortement durant les prochains mois, \u2018s\u2019il ne leur signifiait de ne pas l'enuuyer de leurs clameurs [ ersistantes pour le désaveu.Donc, d\u2019après le Globe, Sir John a voulu, par cette annonce semi-offi- fédéral qui avait désavoué le bill des | cielle, signifier aux orangistes de so l\u2019année dans laquelle le droit de veto | Le Globe de mardi disait, à propos | taire.Co \"Cela va-t-il empêcher la presse nationale de crier à la domination orangiste ?Voyons maintenant le Mail : Jeudi dernier, dit-il, les Orangistes d'Ottawa adopièrent un mémoire au gouvernement de la Puissance demandant le désaveu du bill des biens des Jésuites.Deux jours après le cabinet s'est réuni et a pertnis à ce bill de devenir loi.ll est très improbable que la pétition du corps ovangiste soit parvenue officiellement aux ministres avant qu\u2019ils aient pris cette décision.Mais ils en avaient appris la préparation par la presse, et ils savaieut aussi que des pétitions semblables soraient présentées par les orangistes de differents endroits.Il semble que le gouvernement ait remarqué qu\u2019un nuage se formait à l\u2019horizou, et se soit déterminé à éviter la tempête en donnant une décision immédiate.Ainsi le Mail, lui aussi, proclame que le gouvernement a voulu avertir les orangistes de rengainer leurs protêts.Où est dans tout cela la domination tyrannique de l\u2019orangismie ?Nous ne sommes pas surpris de ce qui arrive.Nos lecteurs savent que, dès le début, nous ayons toujours boutenu que le bill ne serait pas désavoué.Sans doute l'année du désaveu n'est pas encore expirée.Nouscomprenons que le Souverain- Pontife, justement soucieux des formes et de la régularité diplomatiques, attende le terme du délai légal pour exercer la |- discrétion qui lui est réservée.Mais, dès à présent, les catholiques canadiens peuvent être assurés qu\u2019il n\u2019y a lieu d'entretenir aucune appréhension quant à l'action da \u2018cabinet fédéral.La presse libérale pourra continuer de crier tant qu\u2019il lui plaira à l'orangieme.Les honnêtes gens enclins à croire la calomnie ont désormais une preuve éclatante que le gouvernement de Sir John est parfaitement indépendant des .loges orangistes.Espérons que ce cri de parti a fait son temps, et que l'ou va cesser de le jeter à la figure de catholiques sincères et profondément dévoués à l\u2019Eglise.-\u2014R tO AP me mmeis UN INCIDENT PARLEMENTAIRE M.Gagnon a prétendu donner hier une explication de certaines paroles, qu\u2019il a prononcées à la séance de mardi soir.0 Le secrétaire-provincial, au cours de ses critiques améres contre 1'administration des Terres de la Couronne par M.Lynch, avait dit : \u201c Il \u201c fallait demander la permission d\u2019un \u201c Anglais protestant pour coloniser la \u201c province de Québec, c'est peut-être \u201c dur, mais je le maintiens.\u201d Ces paroles créèrent une vive sensation parmi les députés, et soulevèrent de nombreuses et bruyantes pro- \u2018testations.M: Flynn releva avec chaleur cette attaque contre M.Lynch, alors absent de la chambre, et cette provocation aux préjugés.La presse anglaise se fit l\u2019écho de l\u2019indignation des amis de M.Lynch La Gazetle, le Chrenicle prirent à partie M.Gagnon.Celui-ci comprit \u2014 , qu\u2019il était allé trop loin, et voulut esquisser hier soir \u2018uné sorte dé retraite.oo ' Mais son explication n'a pas été heureuse.Il n'avait pas vonlu acot- ser M.Lynch de fanatisme national où religieux ; il n'avait pas eu l\u2019intention de faire appel aux préjugés ; il avait beaucoup .d'estime \u2018pour le député de Brome eto.Tout cela est bien beau, mais.enfin poürquoi M, Gagnon a-t-il dit : \u201c TI fallait demander la permission à un Anglais protestant.\u201d En employant ' cette expression, il provoquait du coup le sentiment mational.Si, devant un auditoire d'Ontario, un ministre fédéral disait : \u201cIl nous faut demander à un français catholique, a french catholic, 1a permission d\u2019appeler ici l'immigration\u2018 britannique,\u201d que dirait la presse nationale?Elle crierait au fanatisme, à l'oran- gisme, à la francophobie, et elle: aurait quelque raison.Eh bien, M.Gagnon s'est mis dans.cette position en sens inverse.Cesmots Anglais protestant, dans la.bouche d'un ministre, avaient un sens agressif et provocateur qui justifient les récriminations de nos- concitoyens anglais.Le secrétaire provincial n\u2019a pas.retiré ses paroles.Il a prétendu les- expliquer, plaider l'innocence d\u2019intention, mais-il n\u2019a réussi qu\u2019à faire une maladroite et piteuse reculade.
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