Journal des campagnes, 15 mars 1888, jeudi 15 mars 1888
[" \u20187Téme Année OUR NA DES CAMPAGNES EDITION HEBDOMADAIRE, Paraissent tous les JEUDIS et contenant toutes les nouvelles do la semaine.Prix de l\u2019abonnement :-\u2014UNE PIASTEE + POUR LA FRANCE : 160 FRANOR Strictement payable d'avance.Imprimé et publié par LEGER BROUSSEAË.ÉDITEUR-PROPRISTAIBE No 9, Rue Buade, H.V.Québec.A RIMOUSKI On nous prie de publier l'adresse qui a été présentée à Mgr Edmond Langevin,et la réponse à cette adresse.Nous le faisons avec plaisir : A Son Excellence, Mer Edmond Langevin Ptre, Protonotaire Apostolique, ad instar.Vicaire Génénal du diocèse de Rimouski, elu etc.Excellence, Depuis ce grand jour de deuil et de miséricorde où se leva l\u2019astre régénérateur dont les rayons devaient illuminer le monde et verser une vie nouvelle aux nations assises à l\u2019ombre de la mort, près de dix-neuf siècles sont passés.\u2018Des trônes se- sont écoulés, des villes ont disparu, ef, facées de la surface du.globe, et plus'de soixante générations ont mê- é leur poussière.à'celle des générations qui les ont précédées, Et cependant, dans sa marche triomphante, cet astre béni,l'Eglise de JésuseOhrist, toujours jeune, -: toujours.;belle, de cette.jeunesse, \u2018de cette beauté.étèr- nelle portant le cachet de la.divinité, à, sans jamais s'arrêter, continué son œuvre sublime.Sa doctrine \"mysté- Tleuse et sacrée,sa loi d\u2019amour,comme un flot puissant et harmonieux, a envahi la terre entière.Le trône de Pierre n\u2019a pas vacillé sur la base, et la dynastie du premier pasteur a traversé les Ages dans une suite de rois pontifes qui se.sont succédés juequ\u2019à nos jours ; \u2014 chai- No merveilleuse dont le premier anneau est scellé au ciel et dont le dernier montrera au Ohrist à la fin des ~ temps, réalisant ainsi sa promesse : \u201cBt je suis avec vous jusqu\u2019à la consommation des siècles.\u201d A la mort de Pie IX l\u2019anivers catholique, comme le disait si bien, un mois passé, Sa Grandeur Monseigneur de Rimouski, s\u2019est senti ini- quiété, mal à l'aise.Quel successeur trouver au grand Pape dans un temps où l\u2019impiété, marchant -tête haute, faisait à l\u2019Eglise une guerre acharnée ?On semblait craindre.Mais quand ce profond philosophe, ce littérateur distingé, ce génie lamineux à la hauteur de ce siècle de progrès et de lumière, craignit la la tiare, toute appréhension dispa- æut : les peuples de toutes les origines et de toutes les croyances se levérent spontanément pour lni rendre hommage et le monde électrisé salua avec enthousiasme le nouveau représentant du Christ, l\u2019auguste et saint pontife que la postérité appellera immortel, l\u2019infaillible -Léon XTII ! | Général habile et expérimenté dont le commandement embrasse de millions d\u2019âmes,à l'instar de ses prédécesseurs, Léon XIII a su choisir avec discernement, parmi ses sujets, des officiers instruits, éclairés, ayant à luers crédit de bons états de service, pour combattre sous lui les combats du Seigneur \u2014Dans son brillant état major, combien d'hommes éminents appartiennent à l\u2019Eglise du Canada pour laquelle il semble avoir uno prédilection toute particulière ! N\u2019avons nous pas le droit d\u2019en être flattés 2 En apprenant, Monseigneur, qu\u2019un rang élevé vous était assigné dans la hiérarchie sacerdotale et que vous étiez appelé à prendre .place parmi ces officiers illustres-dont nous avons parlé, nous nous sommes réjouis sincèrement ; et s\u2019il est pour-nous un devoir agréable à remplir, c\u2019est celui | de venir aujourd\u2019hni vous féliciter à cette bien heureuse occasion.Nous ne saurions vous dire combien nous sommes heureux de l\u2019honneur qui vous a été conféré par le Saint Siège ; cet honneur nous le partageons et il rejaillit sur tout le diocèse de Rimouski, lequel, depuis de longues années, a eu l'avantage inestimable de vous compter parmi les membres les plus dignes de son 4.CE assedblée : % , clergé.Le Sovversin Pontife {en reconnaissant vos mérites, à acquis un titre de plus a notre affection.= Ouvrier pendant quarante- ans dans la vigne du Scigweur, votre zèle s\u2019ést jattais ralenti et votre dévouement n\u2019a jamais été trouvé en défaut.\u2014Travailleur infatigable, vos cheveux ont blanchi dans l\u2019étude.Non content d\u2019avoir approfondi les élèves te, votre soif de la science vous en a fait découvrir les trésors les plus cachés.Las lettres ont trouvé en vous un ami véritable, ua auxiliaire précieux, et vos écrits ont été utiles au pays et à la religion.La gloire de l\u2019Eglise du Canada nous a toujours été chère et vous y avez puissamment contribué.\u2014Mal- gré vos occupations multipliées, à force de patience, de soins et de veilles, vous avez réuni et coordonné une foule de preuves et de documents qui ont été d\u2019un secours remarquable dans la canonisation de quelques uns de ses saints.Bon citoyen, prêtre vénéré, apôtre constant de la charité, vous n\u2019avez cessé de mettre en pratique l\u2019enseignement du Divin Maître : \u201c Aimezvous les uns les autres.\u201d Aussi les pauvres, Monseigneur, les pauvres, vos amis, bénissent-ils le Saint-Père, du profond de leur cœur, pour le témoignage d'estime qu\u2019il vient de vous rendre.Car, combien de misères et de douleurs n\u2019avez-vous pas soulagées ! combien de larmes n\u2019avez-vous pas séchées ! Votre gauche,il est vrai, n\u2019a jamais connu ce que donnait votre droite ; mais, de même que, dans l\u2019obscurité, le diamant se révèle par l'éclat de ses feux, ainsi la charité du fervent disciple de St-Vincent de Paul a percé le mystère dont vous vous étiez plu à l\u2019entourer et à briller parmi vos autres vertus.i Votre famille: distinguée, Monseicneur, a été l'objet de faveurs spé- giales des Souverains Pontifes! Outre Sa Grandeur, notre vénérable évéque qui, à son titre de prince de I'Eglise, a ajouté celui de comte Romain, un autre de ses honorables dont le Canada a juste droit d\u2019être fier, porte la noble décoration de chevalier commandeur de St-Grégoire le Grand, une des plus hautes marques de distinction que Rome accorde aux lai- ques.qe Loos Cu wt RE [EE 5 + : Législativ .7 Puisse; \u201cMonseigneur, ce titre de Frotehotaire Apostolique être pour vous le dernier degré à franchir pour atriver à l\u2019épiscopat.souhait le plus sincère.Nous prions la Divine Providence de vous accorder de longs et heureux jours.Daigne, Votre Excellence croire à notre plus profond respect et à notre considération très haute, et très distinguée.C\u2019est notre J.N.PouLior, i Maire Pour les Citoyens.Rimouski, 19 Février 1888.- Son Excellence répondit en ces termes : M.le Maire, Messieurs et Mesdames Vous voulez bien me féliciter sur la prélature et le titre dont le Souverain Pontife m\u2019a décoré, et me témoigner que vous vous en réjouissez sincèrement.Certainement rien ne peut m'être -plus agréable en ce moment que de recevoir par votre organe l'assurance de la part que vous prenez à ce qui me touche.Appelé, il y a 21 ans, à suivre votre premier Evêque dans cette partie de la province ecclésiastique qui lui était confié par le St Siège, je devais me pénétrer de ses vues et de celles du :Pasteur Suprême, je devais travailler sous sa direction au salut des âmes dont il était le père.Je n'ai donc fait que remplir, et bien imparfaitement, je dois l\u2019avouer à ma confusion, des obligations qui s\u2019imposaient à moi.Je me suis efforcé de m'identifier, à la suite de mon chef, avec les nombreuses populations de ces districts, et en particulier avec celle de Saint- Germain de Rimouski ; et vous pouvez être assurés qu\u2019il ne m\u2019en\u2019 a pas coûté.Dès le commencement de mon séjour au milieu de vous, je me suis dit avec le Psalmiste.** Hic habitabo quoniam elegi eam \u2019\u2019 : voici le lien de ma demeure, JT passerai le reste de mes années si la divine providence le veut ainsi ainsi.Un jour ma dépouille reposera dans ce sanctuaire, et mon âme y réclamera les suffra res * 2 Cte JOURNAL DES CAMPAGNES de ceux parmi lesquels j'aurai été .appelé a vivre.Vers le déclin de ma carrière, et lors peut-être que le moment n\u2019est pas éloigné où il me taudra passer d\u2019une demeure terrestre au lieu du tabernacle admirable du Seigneur ; \u201cin locum tabernaculi admirabilis, \u201d je me sens encouragé par l\u2019approbation du Pasteur Suprême.Mais j\u2019attribue en même temps à la grande indulgence de cet excellent père dont la main tonjours ouverte distribue libéralement des bienfaits à tous ses enfants, même les plus éloignés.Oui, Messieurs, vous avez raison d\u2019exalter les mérites, la prudence, le grand dicernement, la sereine et en même temps la fermeté du Pontife qui est aujourd\u2019hui assis sur la chaire de Pierre.Pour ce qui concerne le Canada en particulier, non seulement il s\u2019occupe du plus petit des fidèles et exclésiastiques occupés à leurs études préparatoires, ou livrés à l\u2019excercice du ministère sacré, mais encore, à l\u2019applaudissement universel, il a pris un de ses enfants les plus illustres pour en faire un membre du Sénat des Cardinaux dont il est entouré ; il a formé de nouvelles provinces et leur a donné des évêques qui font l'honneur et la gloire de la Sainte Eglise.Je me serais reproché comme une ingratitude de n\u2019avoir pas joint ma voix aux vôtres.Messieurs, en cette occasion pour exprimer l\u2019administration dont mon âme est rémpli pour le pape infatigable qui règne depuis dix années sur l'univers catholique, pour souhaiter une fois de plus que son pouvoir temporel lui doit restitué comme héritier légitime du grand Pie IX.Rétabli dans ses droits le Souverain Pontife ne rencontrerait plus ces obstacles dont son autorité spirituelle est embarrassée à chaque pas, forcée de livrer une lutte continuelle contre les ennemis de tout bien,de toute liberté et de toute saine doctrine.Certes ! vous avez raison de dire, Messieurs, que;la gloire de l'Eglise de \u2018Oanade m'est plus chère que la vie cette Eglise qui nous a tousenfantés\u2019 je ne dois respirer que pour celle ; je veux quand l\u2019occasion s\u2019en présente affirmer avec tous ses fidèles enfants, son inviolable union avec l\u2019Eglise- Mère et me déclarer son soldat le plus dévoué, le plus empressé à exécuter ses moindres désirs.Les titres honorifiques donnés à deux membres de ma famills par le Saint-Siège et que vous rappelez dans votre adresse, sont des motifs additionnels de ma reconnaissance envers l\u2019Eglise Romaine.C\u2019est une délicate attention de votre part que d\u2019y faire allusion et je suis convaincu que notre Evêque et Sir Hector y seront extrêmement sensibles.Encore une fois, Messieurs, Merci de vos félicitations et de vos souhaits de longue et heureuse vie: acceptez en retour les prières que j'adresse à Dieu pour que vous jouissiez du bonheur et que vos entreprises et vos œuvres chrétiennes soient bénies et multipliées de manière à mériter la récompense du père de famille.Merci à tous et à chacun en particulier.Lettres de Berlin Berlin, 10 février 1888, La semaine politique.\u2014 Les travaux du Reichstag et du Landtag.\u2014Achat de cables sous-marins.\u2014 L\u2019achèvement du réseau stratégique oriental allemand.\u2014 Des félicitations californiennes, adressées au chancelier.\u2014 Emigration socialiste au Brésil, \u2014 La loi de bannissement contre les socialistes, rejetée par la commission parlementaire.\u2014 Réception de 19 néophites à la collégiale de Sainte-Avoge.\u2014 L'immortalité croissante de la capitale.\u2014L\u2019incinération défendue en Saxe.\u2014 Les inconvénients des mariages mixtes.\u2014 La réouverture du monastère d\u2019Essen, \u2014 Nouvelles de Bavière.\u2014La venté de charité de la princesse Radziwill, Quelle semaine émouvante que celle qui va se clore demain ! Lundi la capitale de l\u2019empire a eu une de ces journées parleront encore les arrière-petits-enfants des bruyants berlinois.Le chancelier a prononcé le discours si impatiemment attendu, et ce discours lui a valu une de ces ovations qui doivent lui rappeler les journées les plus populaires de sa longue existence.Après la séance, sur laquelle je ne reviens pus, le télégraphe ayaut amplement renseigné nos lecteurs, le chancelier est rentré à pied dans son palais et a regu sur son passage une ovation sans précé- dent.Aujourd'hui, à la garde montante, on a fait une grande ovation à l\u2019empereur, qui s\u2019est montré à une fenêtre du palais ; Ja foule ne cessait pas de pousser des vivats, I'impératrice s'est approchée dans sa chaise roulante et a été également l'objet d'une ovation enthousiaste.Le souverain nonagénaire et 1'im- peratrice ont été retenus par le mauvais temps dans leurs appartements.Les rares réceptions ont gardé un caractère absolument intime, d'autant plus que leurs Majestés seraient, dit on, très affectées des mauvaises nouvelles venues de San-Remo.Mgr Dinder, primat de Pologne, et Mgr Weyland, le nouvel évêque de Fulda, ont été reçus mercredi au palais.Il ÿ aura ce soir en leur honneur un diner chez l\u2019impératrice ; le baron de Franckenstein.chef de la fraction du Centre, a été également convié.Au Reichstag, le chancelier et le ministre de la guerre remportent des succès que le plus plat national-libé- ral n\u2019aurait jamais osé rêver.Les lois militaires et financières y sont adop- »tées en bloc, et sans discusssion.Pour la nouvelle loi militaire cela n\u2019a duré que deux minutes, juste le temps de faire la motion du vote en bloc.Quand le ministre de la guerre est arrivé, la loi était déjà votée.An Lardtag, on discute la prolongation de la période législative, et l'on y met plus d\u2019empressement que l\u2019on ne le fait au Reihstag.Il faut reconnaître que les partis de l\u2019opposition ne lésinent pas quant il s\u2019agit des forces défensives ou de l'extension de l'influence allemande.Ainsi, la commission du budget du Reichstag a voté l\u2019achat des câbles sous-marins qui relient l\u2019Allemagne à l'Angleterre : on a compris la nécessité pour l\u2019empire d'être propriétaire de ces moyens de communication.Sous ce rapport, les Chambres françaises feraient bien d\u2019imiter-un peu les parlementaires allemands ; car si j'ai bonne mémoire, vos Chambres ont fait la sourde oreille lorsque une subvention pour un câble sous marin transocéanique ; ici les cabales des insulaires intéressés n\u2019ont pas eu la du budget qui a voté haut la main les fonds nécessaires.La Gazette de Cologne dit apprendre de bonne source que le Landtag prussien va être saisi d\u2019an crédit de plus de 100 millions de marks pour le développement du réseau stratégique des voies ferrées des provinces orientales.La Gazette de I Allemagne du Nord publie un petit détail assez curieux sur les félicitations, parvenues aux chancelier, à l\u2019occasion de son discours lundi dernier.Le chancelier a reçu une dépêche de New-York, mercredi matin, à six heures et quarante-cinq, et une de San Francisco, dès quatre heures du matin.Or, M.de Bismark a clos son discours lundi soir, à quatre heures, il y a donc eu échange de discours et de félicitations sur un parcours de 24,791 kilomètres.Des socialistes de la province de Brandebourg se sont constitués en syndicat, en vue de réunir les fonds pour établir des comités en vue de réunir les fonds pour établir des colo- nies dans\u2019 la province Ste-Catherine moindre influence sur la commission.au Brésil.Cette province compte plusieurs colonies allemandes très florissantes et même uns ville allemande, Bluwenan.Or ces colonies sont peuplées de catholiques croyants et pratiquants ; aussi ne saurait-on guère les féliciter de ces recrües brand-bourgevises qui leur apporteront, avec leurs appétits, leur hérésie et le poison de leugs doctrines sociales.La commission parlementaire, chargée d\u2019étudier le projet de loi contre les socialistes, a rejeté à l'unanimité, moins les voix conservatrices, le paragraphe relatif au bannissement.Il est donc à prévoir que les socialistes ne seront pas traités comme de simples jésnites ; on leur laissera leur indigénat.Mais puisqua les nationaux libéraux rougissent maintenant de honte on présence d'une mesure aussi -dure, il est à espérer que cette indignation morale se maintiendra et se fera jour au moment où lès catholiques demanderont l\u2019abolition de l'inique et scandaleuse loi qui prive deleur indigénat allemand les membres de la compagnia de Jésus et de diverses autres congrégations, telles que celles du Saint- Esprit, des rédemptoristes, des dames du Sacré-Cœur, etc.Samedi dernier, deux israélites ont reçu dans la collégiale de Sainte- Avoye le sacrement du baptême.Immédiatement aprèe.17 luthériens ont abjuré devant le maître-autel leur hérésie et ont récité le Credo.Dimanche tous les 19 ont fait leur première communion, au milieu d\u2019un grand concours de peuple.La religion s\u2019en va de plus en plus et Berlin n\u2019a, sous ce rapport rien à envier à Paris.On cite une dame qui, à l\u2019envoyé du pasteur de sa paroisse luthérienne qui lui demandait si Jésus-Christ habita sa maison, répondit : \u201c Je ne connais pas ce monsieur-là.\u201d Oette réponse & été rapportée dans une réunion de pasteurs protestants où l\u2019on discutait les moyens de combattre l\u2019irréligio- sité de la capitale.La plupart des feuilles allemandes ont trouvé à renchérir sur cette réponse scandaleuse.-Ainsi toute la presse parle d\u2019une affaire épouvantable, compliquée d\u2019un cynisme et d\u2019un matérialisme révoltants, survenue au domicile d\u2019un négociant, nommé Boetzow, établi dans la Zossenerstrasse.Les journaux appellent cette affaire drame d'amour ; il s\u2019agit d\u2019une femme adultère, ayant pour amant un jeune fonctionnaire ; la femme et l'amant se sont empoisonnés au domicile conjugal.Tous les journaux libéraux entourent ce couple monstreux d\u2019une auréole.La Nationalzeitung dit même ce qui suit: La jeune femme a laissé une lettre dans laquells elle prie son mari de mettre, elle et Charles Fischer, son amant bien-asimé, dans la même tombe, et de leur ériger un monument ne contenant pour inscription que leurs initiales.Quelle aberration mentale et quelle abjection ! La chambre haute du Landtag saxon a pris une décision qui mérite d\u2019être connue à l'étranger, surtout en France.L'association pour l\u2019incinération des dépouilles mortelles, I'Urnc, de Dresde, avait présenté une pétition demandant la crémation facultative pour le royaume de Saxe.Mgr Bernert, évêque d\u2019Azoto, vi- cuire apostolique pour la \u2018Saxe, a pris la parole pour déclarer qu\u2019il était défendu aux catholiques de recourir à la crémation.M.Kohlschutter, président du consistoire supérieur luthérien, a déclaré, de son côté, que le consistoire avait envoyé une circulaire, au clergé luthérien pour l'avertir qu\u2019il n\u2019avait ni le devoir ni le droit d\u2019intervenir dans une cérémonie de crémation.Aussi la chambre haute a passé à .: - 7 LS \u2014\u2014 J l'ordre da jour sur la pétition.Ceux qui voudraient se faire incinérer ay.rontdonc, comme par le passé, à faire transporter leur cadavre dans le duché de Saxe-Gobourg-Gotha, où la crémation est permise par les an.torités.Un officier de cavalerie, M.de Chelius, d'une excellents famille catholique du Pslatinat, a épousé Mlle de Puttkammer, fille du ministre et parents du chancelier.Ce mariage mixie a donné lien à un incident, fort peu honorable pour une famille dont on devait attendre un autre exemple en raison de ce qu\u2019elle a fait pour l\u2019Eglise et les œuvres catholiques.M.de Chelius ayant fait part au nom de la famille de sa future femme, à Mgr le prince évêque de Breslau, de venir d\u2019abord faire célébrer son mariage à l'église de Sainte- Avoye et ensuite au temple protestant.Mgr le prince évêque lui a naturellement exposé I'impossihilité d'une pareille concession ; un conseil de famille, où les protestants ont eu la majorité, s\u2019est ensuite constitué, comme si de pareilles décisions devaient être prises à la majorité des voix.Il en résulte que M.de Chelius n\u2019a,pas fait célébrer son mariage à l\u2019église.Cet incident a très légitimement causé une impression très désagréable dans les cercles catholiques du Palatinat, où le nom de Chelius était jusqu\u2019ici synomique de dévouement à l\u2019Eglise et de soumission à ses enseignements.A L'abbaye d'Essen, dont plusieurs abbesses descendaient des plus hau tes familles de l\u2019Europe \u2014 (mentionnons entre autres l'abbesse Kunégonde, sœur de la Dauphine, Marie-Jo- : sèphe de Saxe ; des princesses de Loewenstein, de Salm, de Hesse.Rheinfels, etc.)\u2014Vva rouvrir ses portes aux religieuses de Notre-Dame de la congrégation du bienheureux Pierre Fourier, chassé le 1er avril 1876.Cette abbaye, établie dans la ville d'Essen, où trône le roi des canons, M.Krupp, est le plus ancien monastère des femmes de l\u2019Allemagne qui ait existé sans interruption depuis sa fondation jusqu\u2019à sa suppression temporaire en 1876.L'abbaye possède encore un règle ment, élaboré par l\u2019abbesse Béatrix de Holte et daté de 1299.En 1651 l\u2019abbesse Salomé, princesse Salm-Reifferscheidt, appela dans son abbaye les religieuses du bienheureux Pierre Fourier, établies en Lorraine depuis cette époque ; elles y pavaient déployé la vie religieuse ls plus féconde.Après l'expulsion elles s'étaient établies en Steyal en Hol lande ; leur maison y continuera son existence,de sorte que les bonnes religieuses auront maintenant un couvent de plus.On dit qu\u2019il y aura sous peu du nouveau en Bavière.Le bruit court que l\u2019épiscopat publiera un document collectif au sujet de l\u2019encyclique Of cio sanctissimo.En attendant, les catholiques du Lansdtag bavarois restent en expects tive.Le Fremdenblatt, un des organes catholiques de Munich, dit à c sujet : Le centre, dit-il, veut d'abord laisser agir les évêques à qui est adres sée l\u2019encyclique.Que l\u2019épiscopat - trace un programme et les députés s\u2019empresseront de suivre les indicæ : tions qu\u2019il voudrs bien donner.Aux : autorités ecclésiastiques d'exprimer leurs désirs ; à l'élément lsique de leur obéir.[Ç Des lecteurs de l\u2019Univers ont déjà appris le départ de Mgr Ruffo-Scills, nonce a \u2018Munich.La santé de Son Excellence laisse beancoup a désirer.8.A.8.Mme la princesse Antoine de Radzivill, fille de Mme la marqui se de Castellane, a organisé, comme chaque année, une vente de charité pour nos œuvres catholiques berli- noises.Elle est assistée dans cette noble tâche par la princesse Frédéric de Hohenzollern, la sœur de la tant regrettée duchesse de' Bragance, si rématurément eulevée à l'affection de dom Miguel IT et de ses enfants.Les dames et jeunes filles des plus grandes familles catholiques ont tenu à s'associer à l'œuvre de la princesse Antoine de Radzivill.Leurs Majestés la famille royale et la gorps diplomatique ont envoyé des objets et des et des offrandes.+ ae ar 0 ES EN ROUTE M.Mercier, qui met beaucoup de gasconnade dans sa politique, est embarqué sur la Gascogne pour revenir au pays dont il est l\u2019Idole.C'est à merveille, car il y a bien des questions a lui poser.Il y a plus d\u2019un an qu\u2019il est au pouvoir, et nous avons bien le droit de lui demander maintenant : Pourquoi l\u2019indemnité des députés et des -conseillers législatifs a été augmentée de $17,000, lorsqu\u2019il avait tonné contre ces augmentations en sa qualité de chef de l\u2019opposition ; Pourquoi il a brocanté les siéges du Conseil Législatif, avec une telle impudeur qu\u2019un de ses partisans a pu demander, sous sa signature, dans un journal, si certaine commission de conseiller n\u2019avait pas été achetée au prix de $7,000 ; et cela sans recevoir de réponse, ni de dénégation ; Pourquoi il a fait de l'élévation et de la diminution des droits sur la coupe des bois, un instrument élec- .toral, en particulier lors de l\u2019élection .d'Otiawa ; Pourquoi il s\u2019est nommé membre du Conseil de l\u2019Instruction Publique malgré l\u2019esprit de la loi de Boucherville, et les protestations de ses alliés ultramontains ; Pourquoi il a écrit à l'adresse du clergé de la province de Québec une circulaire insolente dans laquelle il faisait claquer son fouet sur la tête de prétendus délinquants ; Pourquoi il a fait jouer à la province un rôle de dupe dans l'affaire de l\u2019emprunt américain ; Pourquoi il a permis aux financiers yankees de nous faire perdre \u2018impunément $630,000 par leur manque de parole, et pourquoi il n\u2019a pas exigé et confisqué le dépôt de $100,000 promis par ceux qui l\u2019ont blagué ; Pourquoi il a contracté un emprunt de $38,500,000 lorsque les rembonr- sements d\u2019Ontario, de Montréal, et le jugement du Conseil privé\u2019 dans l\u2019affaire de la taxe sur les corporations commerciales, lui faisaient tomber dans lès mains, en quelques jours, au delà d\u2019un MIITLION de piastres ; Pourquoi il a fait collecter par M.Beausoleil, SONGASSOCIÉ, au mépris de toute convenance et-de toute pudeur, les arrérages de taxes dues Par les corporations commerciales, ce qui a dû rapporter une jolie commission ; Pourquoi, son parti, - à lui, le pur, l'immacnulé,le réformateur des mœurs publiques, a emporté des élections Par la corruption la plus éhontée et oe faux serments les plus épouvanta- es; Pourquoi un de ses collègues s\u2019est \u201ca, JOURNAL DES CAMPAGNES w trouvé la main prise\u2019 dans des ma- nœuvres frauduleuses bien établies ; Pourquoi il nous a donné pour pre- mier-ministre en son absence, M.Arthur Turcotte, l'homme du 4 juin 1878, l'incarnation de la trahison politique, le ministre sans portefeuille qui n\u2019a pas les moyens de vivre à Québec sans émoluments, et qui ne s\u2019est pourtant pas fait réélire, ce qui fait dire aux gens qu\u2019il doit y avoir une certaine façon d\u2019éluder la loi et de fausser la constitution ; Pourquoi il a travaillé d'après ses organes accrédités, à faire participer notre province à l'exposition révolutionnaire de 1889 ; Pourquoi les bureaux publics regorgent d'employés inutiles et nommés par favoritisme ; Pourquoi le gachisle plus comple régne dans certains départements, où le gaspillage ne connaît pas de bornes ; Pourquoi les entrepreneurs du gouvernement ne sont pas capables de payer leurs pauvres ouvriers faute, disent-ile, d'être payés eux - mêmes par le cabinet ; Pourquoi le ministère est entouré d'une nuée de cormorans passés maîi- tres dans l\u2019art du chantage et de la piraterie politique ! ! ! Nous n\u2019en finirions pas si nons voulions poursuivre cette énumération.Mais 1l y aura lieu à reprise.Même avec ce qui précède, il y aurait déjà un joli bouquet de bienvenue à présenter au grand homme qui va rentrer dans ses foyers.L\u2019UNION LIBERALE La Justice de mardi publiait ce qui suit : .CLUB Nos jeunes amis les libéraux de Québec viennent de fonder un club portant le nom d\u2019Union libérale et dont voici les officiers élus : \\ Président : Arthur Delisle ; Vice-présidents : Albert Malouin et Philéas Corriveau ; Directeur de l'organe projeté : Edmond Paré, Edouard Taschereau et N.Ne Olivier ; pas crétaire - correspondant : Rodolphe, oY; Âss-sec-correspondant : M.Lacombe ; Sec-archiviste : Blaise Letellier, ; Ass-sec-archiviste : Ludovic Brunet ; Trésorier : Napoléon Lavoie ; Ass-tréscrier ; J.B.Morissette ; Comité de direction : A.Corriveau, Philias Gagnon, F.X.Gosselin, Joseph Dussault, Narcisse Dion, Edouard Dorion et Elzéar Pichette.Par ordre, .BLAISE LETELLIER, Sec.-arch.Cette publication a causé tout un émoi dans les cercles libéraux de cette ville.En apparence c\u2019est très inoffensif.En réalité on nous affirme que c\u2019est grave, et qu\u2019il y a là un indice de difficultés et de misères intestines assez accentuées.Le fait est, que si on examine de près cette courte note, on y trouve matière à certaines obseyvations piquantes et significatives.Ainsi, parmi les 20 noms de jeunes libéraux en vue que l\u2019on y rencontre, en cherche en vain ceux de M.Gilbert Milville- Déchêne, de M.Achille Carrier, de M.Joseph Turcotte, de M.Ulric Barthe, etc.Qu'est-ce à dire ?M.Dechêne, par exemple n'est-il pas à la fois jeune et libéral ?\u2014Libéral ?.mais c\u2019est un pur 5 1000 Ah no © Cov od un écarlate,une réduction de J acobin,- moins la crinière et la carmagnole, un contempteur des compromis ot des demi-teintes !\u2014Jeune ?.mais il porte avec lui son passe-port, et nul ne pourrait songer à lui nier ni les apparences ni les attributs de la jeunesse ?Cependant M.Dechêne ne se trouve pas dans les rangs des jeunes libéraux ?\u201c Quel est donc ce mystère \u2018 comme on chante à la Dame Blanche ! Et M.Joseph Tarcotte, le jeune écrivain si remarquable quë l\u2019Ælecteur vient d\u2019enrôler sous ses drapeaux ?Et M.Achille Carrier, le paladin de la péninsule gaspésienne ?Et M.Ulric Barthe, le fidus Achates de M.Pacaud, l\u2019un des plus fermes dévôts de M.Mercier ?Qui nous expliquera pourquoi ces jeunes grenadiers de la jeune garde, ne figurent pas au milien des dignitaires du nouveau club ?Ah ! voici peut-être un indice.Nous lisons ces mots dans l\u2019entrefilet de la Justice : \u2018* Directeur de l'organe projeté : Edmond Paré, Edouard Taschereau et N.N.Olivier.\u201d L'organe projeté ?S'agirait il d\u2019une nouvelle direction donné à l'Electeur ?Non, c\u2019est impossible, M.Pacaud est dans la place, et, comme MacMahon à Malakoff, sa devise est : j\u2019y suis, j'y reste.Donc on veut fonder un nouvel organe libéral.L\u2019Electeur serait-il jugé insuffisant ?Voudrait-on lui faire compétition ?Serait-on mécontent de sn manière ?Alors nous comprendrions que M.Dechêne, que M.Barthe, que M.Turcotte, que M.Carrier, tous liés, de prés ou de loin, a la fortune du vieil organe, ne fussent pas \u2018pressés de se joindre aux créateurs éventuels de l\u2019organe futur.Cela explique pourquoi l\u2019Electeur n\u2019a pas publié la nouvelle de la fondation du nouveau club.Car, c\u2019est là le dernier symptôme et le plus grave, le journal de M.Pacaud a fermé ses colonnes à cette communication des jeunes libéraux.Cela donne à \u2018l\u2019affaire une signification tout-à-fait spéciale.Evidemment il y a désaccord.Les jeunes sont mécontents de certains vieux, ou les vieux se méfient de certains jeunes.S'il en était autrement l\u2019Electeur nous aurait servi un article de trois colonnes pour célébrer la naissance du poupon, qui, contrairement à toutes les règles, est allé se faire baptiser dans une paroisse voisine, à la Justice, aulieu de s'adresser à l\u2019Ælecteur, sa paroisse natale.En attendant plus de lumière, on cause de l'organe projeté, et l\u2019on assure qu\u2019il s\u2019appellera : L'Union libérale.Serait ce une ironie, ou un reproche ?ECHOS D'OTTAWA M.Therrien, M.P., a eu une entrevue avec le ministre du revenu de l'Intérieur, et a acquis l'assurance qu\u2019aucune ouverture a été faite an gouvernement par les manufacturiers de tabac de Montréal pour donner à ces derniers le monopole | de la vente et de l'achat du tabac en feuille.Le comité permanent des banques et du commerce sera requis de nommer un sous-comité dans le but de déterminer quelle législation sera- nécessaire lors de l'expiration des chartes de banques de 1899.M.Johnson, ex-membre du conseil du Nord-Ouest, dit que la population au Nord-Ouest est dans une condition heureuse et que l\u2019on serait satisfait grandement si la récolte cette année était la moitié aussi bonne que celle de 1887.Il ajoute que l'exportation de grains comprenait une moyenne annuelle de 16,000,000 de boisseaux L'honorable M.Carling a donné avis d'un bill peur autoriser la nomination d\u2019un sous-commissaire des brevets d'invention.Cette place échéera probablement à M.Richard Pope, chef de bureau présentement dans la section des brevets d\u2019invention.Il aura le rang de sous-minis- tre avec un traitement.de $2,800 par année.\u2014 a\u2014 Le comité des priviléges et élections s\u2019est occupé hier matin de l\u2019affaire du comté de Kent.Le ministre de la justice a dit qu\u2019il différait d\u2019opinion avec l\u2019Orateur sur l'émission d\u2019un bref d\u2019élection.Il propose que la preuve faite en cette cause soit imprimée pour l'usage du comité et que celui-ci se réunisse sur convocation de son président.Un ordre en conseil a paru samedi à l\u2019officiel d'Ottawa concernant l\u2019inspection des substances alimentaires.Les employés du Revenu de l\u2019Intérieur, mentionnés dans la section 5 de l\u2019acte des Falsifications, que le ministre du Revenu de l'Intérieur choisira, seront désignés sous le nom d\u2019Inspecteurs de substances alimentaires, et pour tels services pourront recevoir une rémunération additionnelle ; le salaire total ne devra pas excéder la somme de douze cents piastres ($1200), pour une année, tel qu'il sera décidé par le ministre du Revenu de l'Intérieur : la dite rémunération sera payée à même le fonds voté par le Parlement dans ce but.Tout fabricant, importateur, marchand en détail ou acheteur, qui désire se procurer une analyse d\u2019une drogue ou d'un échantillon de substances alimentaires, etc, pourra l\u2019obtenir du ministre du Revenu de l'Intérieur en payant la somme de cinq piastres ($5.00) pour chaque échantillon ainsi analysé ; les dites sommes placées au crédit de l'octroi concernant la falsification des substances alimentaires.Le ministre du Revenu de l\u2019Intérieur aura le pouvoir de faire, de temps à autre, dans les formes de certificats et autres formes employées en vertu des dispositions de \u201c l\u2019Acte des falsifications,\u201d conformément aux dispositions, les ghangements considérés nécessaires pour sa meilleure niise en force.a} Le nouveau bureau d'imprimerie coûtera probablement en chiffres ronds $150,000.L'honorable M.Greenway, pre- mier-ministre de Manitoba et l\u2019honorable M.Martin, procureur-général sont à Ottawa depuis hier I'aprés- midi, afin de s\u2019entendre avec le gouvernement fédéral sur la question du, désaveu. ér oan 2 4 ote E es su ra Ce & ~ JOURNAL DES CAMPAGNES Fur 1 RÉ SN oo BG & - Na t e ASN UN EVEQUE D'ACADIE DE PASSAGE A PARIS Sous ce titre, un ami des Canadiens, résidant à Paris, nous adresse l\u2019intéressante notice que voici : Le Figaro, coutumier du fait, donne constamment, à propos de tout, des renseignements aussi erronnés que ridicules._ Voici ce qu\u2019il publiait dernièrement en première page : .Parmi les hôtes de distinctions ue possède Paris en ce moment Âgure l\u2019évêque de la Nouvelle-Ecosse, ui porte un nom légendaire en rance.Le prélat est connu sous le nom de Mgr Oambrol.C\u2019est Cambronne qu\u2019il faudrait lire.Qu'est-ce qui a motivé de la part de l\u2019évêque canadien ou de sa famille l\u2019altération de ce nom glorieux ?Son retentissement histerique ?Le milieu en partie anglais où il exerce ses fonctions épiscopales ?\u2014 On l\u2019ignore.Mgr Oambrol a officié hier pontifi- calement, a Saint-Sulpice, dont c\u2019était la fête patronale.C\u2019est une physionomie des plus fines et des plus distinguées.Cet évêque (il faut l'apprendre a ee triste bavard du Figaro qui, on le voit, n\u2019a aucune qualité pour parler de personnes respectables et devrait bien garder le silence sur ce qu'il l\u2019ignore( ;.n\u2019a pas changé de nom.Il se nomme Mgr Cameron, ce qui est tout simplement un nom écossais.L\u2019Ecosse est la patrie d\u2019origine de la famille de ce prélat.Qu'\u2019avait donc à faire ici le souvenir de Cambronne ?Ce nom est peut- être plus ou moins légendaire, ailleurs, dans un certain milieu.Pourquoi le serait-il en Ecosse et sur les Tivages du golfe Saint-Laurent ?Mgr Cameron n'est pas l'évêque de la Nouvelle Ecosse.Il y a, dans cette province maritime du Canada, un archevêque dont le siège est a Halifax, capitale provinciale, et un évêque suffragant qui réside à Anti- .gonish, au nord-est de la province.Mgr Cameron est évêque d\u2019Antigonish et son diocèse ne renferme w\u2019'une petite partie de la Nouv-lle- Écosse.La grande île du Cap-Breton et les îles environnantes sont aussi sous sa juridiction.\u201c Jadis tousces pays étaient possessions françaises, sous le nom d\u2019Acadie : la Nouvelle*Ecosse, après les revers de la guerre de la succession d\u2019Espagne, fut cédée par Louis XIV à l\u2019Angleterre, en 18783, au traité d\u2019Utrecht.Plus malheureux et plus coupable que le grand roi, Louis XV, en 1763, par le fatal traité de Paris, abandonna à nos ennemis séculaires, avec toutes nos autres colonies de \u2018l'Amérique du Nord, l\u2019île du Cap Breton qui.jusqu\u2019à cette époque, avait porté le nom d\u2019ile Royale.Mais, malgré toutes les défaites, l'histoire proclame que c\u2019est nous qui avons porté dans ces contrées le flambeau de la civilisation et celui bien plus précieux encore de la vraie foi.Il n\u2019est pas permis, même à nn rédacteur du Feraro, d'oublier de tels souvenirs.Port-Royal dans la Nouvelle- Ecosse et Louisbourg au Cap-Breton ont été nos principales fondations dans ces parages.Louisbourg fut la forteresse la plus formidable de l'Amérique du Nord et lé boulevard de nos colonies sous Louis XV.Port- Royal, colonie plus riante et, par ordre de fondation, la première ville de l\u2019Amérique Septentrionale, se nomme aujourd\u2019hui Annapolis- Louisbourg est resté un amas de ruines depuis sa destruction par les Anglais.Mais, sur ces côtes éloignées, nous avons laissé autre chose que des noms et des ruines\u2026La race française qui colonisa l\u2019Acadie n\u2019a pas disparu.Elle reste encore sur le sol témoin des travaux, des combats et des malheurs do ses ancêtres, comme un vivant souvenir d'un glorienx passé.Ces Acadiens, dont les malheurs ont été racontés par Rameau, M l\u2019abbé Casgrain et Pascal Poirier, et chantés par Longfellow, l\u2019illustre poète américain, et Xavier Marmier, le sympathique voyageur, l\u2019un des 40 de l'Académie française, forment actuellensent la majorité catholique dans le diocèse de Halifax comme dans celui d'Antigonish.Ils sont toujours attachés aux vieilles traditions françaises d'autrefois, c\u2019est pourquoi ils sont si fidèles à la religion de nos pères.Encore aujourd\u2019hui ils parlent la noble langue de la mère-patrie, dont le nom et le souvenir n\u2019ont pas cessé de faire battre leurs cœurs.Nos amiraux et de marins, qui ont fait partie de la station de Terre Neuve, en peuvent témoigner.Le passage à Paris d\u2019un évêque d\u2019une contrée qui pour nous, français, a des titres exceptionnels à notre souvenir ne devait laisser indifférents les catholiques de la capitale.Nous ne saurio:s en effet, oublier que les Acadiens, qui furent les introducteurs du catholicisme dans les contrées etles Îles du golte Saint-Laurent, ont droit a\u2019avoir des évêques, qui excerçant noblement leur noble mission, comme il convient à des princes do l'Eglise protègent chez ces descendants des martyrs du dix-huitième siècle les belles traditions qui ont fait des Acadiens les enfants les plus soumis de l'Eglique catholique.Nous savons que Mgr Walsh, l\u2019archevêque d\u2019Halifax et parent du vicomte Walsh, si populaire en France, a laissé la plus belie réputation à cause de l\u2019intelligence et de la charité déployées envers les Acadiens de son diocèse, dont il aimait à entrenir les touchantes traditions.Nous avons aussi appris que le troisième successeur de Mgr Walsh sur le siège métropolitain Mgr O'Brien, s'est attiré déjà la reconnaissance de ses diocésaius fran çais par la façon si éclairée avec laquelle il a inauguré son épiscopat auprès d\u2019eux, prenant la plume pour venger leurs ancêtres de calomnies intéressées et revendiquant publiquement la gloire qui appartient à ces nobles fils de la France et de l\u2019Eglise.Ces exemples sont trop glorieux pour ne pas supposer qu\u2019ils sont fidèlement suivis par M Cameron et ses véritables collègues dans I'épiscopat.Les évêques de ces contrées ont tous, en effet, un grand nombre d\u2019Acadiens dans leurs diocéses.Celui de Chatham, en particulier, renferme une grande majorité de catholiques d\u2019origine française.Aussi, dans cette imposante église de Saint Sulpice, qui a mérité d\u2019être appelée le reine et le modèle des paroisses, desservie encore aujour- d\u2019hui par les fils du vénérable Olier qui envoya coloniser Montréal, à l'ombre de ce célèbre séminaire,.berceau de la compagnie de Saint Sulpice et pépinière d\u2019évêques pour le monde entier, au milieu d'un immense concours de fidèles et de l\u2019incomparable éclat des cérémonies de la fête patronale, nous avons été heureux de voir les offices pontificaux célébrés, cette année, par Mgr d\u2019 Antigonish, l\u2019évêque de nos frères Aca: diens qui avait bien voulu remplacer Mgr Perraud, évêque d\u2019Autun, l\u2019un des quarante immortels, empêché, au dernier moment par l\u2019état de sa santé de remplir cette fonction.Le même jour Mgr l'archevêque de Paris officiait à Rome, dans la basilique de Saint Pierre pour la béatification de son compatriote : le bienheureux Grignon de Montfort.Le même jour encore, l\u2019archevêque de Pharsale, nonce apostolique en France et trois autres évêques, outre M.Cameron, présidaient dans diverses paroisses de Paris d'autres fêt particulières.Et, à ce propos, puis \u2018 y > qu\u2019il est de tradition que certaines Paris, soient toujoars présidées par des évêques, nous espérons assistyr encore dans la même enceivte à d\u2019antres fêtes \u2018célèbrés anssi par-d s évé- ques d\u2019Acadie, du Canada ou d'autres pays lointains, msis qui nous sont egalement chers.Eu 1883, daus cette même église, n\u2019avons-nous pas vu, le jour de la Saint-Pierre, les offices du matin présidés par le primat d\u2019Afrique, l\u2019illustre cardinal Lavigerie, et ceux du soir par Mgr Rogers, év.ê- que de Chatham au Nouveau-Bruns- wick, encore un évêque d\u2019Acadie ! Faut-il s\u2019en étonner ?Paris, qui attire dans son sein les voyag- urs du monde entier, se trouve sur le chemin des pèlerins du Nouveau-Monde qui vont à Rome et à Jérusalem, et Saint-Sulpice partage avec quelques autres églises parisiennes le privilège d'attirer dans ses murs vénérés les évêques et les prêtres étrangers qui nous visitent en si grand nombre.La Normandie, un de ces magnifiques paquebors de la compagnie transatlantique française qui ont I\u2019honneur de transporter tous les voyageurs distingués qui traversent l'Atlantique, à reçu l\u2019autre jour à son bord au Havre, Mgr Cameron et Mgr Gravel, évêque de Nicolet dont la bonté si distinguée laisse le plus doux souvenir parmi tous ceux qui ont eu le bonheur de l\u2019approcher ! Les deux prélats et les prêtres qui les accompagnent seront à New-York entre le 9 et le 12 février.Mgr Walsh, évêque de London, dans le haut Canada, est parti pour Dublinreer pp) \u2014 rer Mgr Gravel à Nicolet L'heureux retour de Sa Grandeur Mgr Gravel, aprés une absence cing mois en la Ville Eternelle, a été une occasion de joie et de réjouissances publiques pour tous les citoyens de Nicolet.Sa Grandeur était accompagnée de son secrétaire, M.l\u2019abbé Thibaudier, qui, lui aussi a fait le voyage de Rome.Monseigneur, débarqué à New- York, le 7 février, est arrivé à Montréal le lendemain.En apprenant cette heureuse nouvelle, M.l\u2019abbé Suzor, V.G.s\u2019est aussitôt porté à sa rencontre à Montréal, pendant que les citoyens de Nicolet se mirent à organiser une réception publique, et vendredi Sa Grandeur mettait le pied à terre en la gare de la Pointe du Lac, au milieu d\u2019une foule considérable de prêtres et de fidèles du diocèse.À la gare Monseigneur a été reçn par M.l\u2019abbé Gélinas, V.G.M.l\u2019abbé Manseau, curé à la cathédrale, M.Ball, maire, et MM.les conseillers de la ville, etc.etc.Après avoir reçu la bénédiction épiscopale, une voiture trainée par deux chevaux blancs fut mise à la disposition de Sa Grandeur par les soins des membres du conseil de la ville de Nicolet.> Une procession de plus de cinquante voitures se forma à la suite de l'évêque, lui faisant escorte jusqu'aux portes de la cathédrale, où une foule immense attendart le cortège.Sa Grandeur pénétra alors dans le sanctuaire, étendant sa main bénis- sante sur son peuple et répandant les bénédictions du ciel sur son passage.La cathédrale avait été décorée avec goût, l'autel paré de ses plus riches ornements.À l\u2019entrée du vénérable évêque le chœur de l'orgue fit entendre ses chants les plus joyeux et la fanfare fit résonner les voûtes du temple des accords les plus mélodieux.Après le chant du Te Deum et le salut solennel, Sa Grandeur revint à son trône ; alors M.E.Belcourt, con- + solennités à Saint\u2019 Sulpice, comme | marches du trône et lut une magni.| dans beaucoup d\u2019autres églises d-!figue adresse au nom du-maire) des - En seiller de la ville, s\u2019approcha des membres du conseil et des citoyens de la ville de Nicolet réponse à cett: adresse Sa Grandeur a fait des remarques qui ont rempli d'émotion toute l\u2019assis: tauce.- Elle \u201cappela en quelques mots l\u2019accuei) sympathique et bienveillant que le Saint-Père lui a témoi- goé et combjen Notre Souverain Pontife a été heureux d'apprendre que le peuple de Nicolet lui était - profondément dévoué et attaché.Dans sa courte mais éloquente allocution Monseigneur a énuméré les faveurs dont le Saint Siège l\u2019a comblé et terminé en répandant la bénédiction que S.S.Léon XIII l\u2019avait chargé de donner à ses diocésains.: Dans la soirée de vendredi uneré- ception solennelle a été faite à Sa - Grandeur par les révérendes sœurs de l'Assomption et leurs élèves.La séance a été une séance littéraire et musicale du plus haut intérêt.Le programme a été des plus variés et les morceaux de littérature, de chant et de musique des mieux choisis.La fête s\u2019est terminée par une adresse présentée à Monseigneur par Mlle Eugénie Moreault.Cette adresse respire les plus beaux sentiments de piété et de dévouement envers l'autorité religieuse.La réponse de Sa Grandeur a été onctueuse et pleine de sentiments d\u2019une foi vivace et d\u2019exhortations aux élèves a toujours bien s'acquitter de leurs devoirs envers leurs supérieures et envers Dieu.- Samedi matin, vers dix heures, Sa Grandeur s\u2019est rendue à l'Ecole des Frères, accompagnée du personnel de l'évêché, des supérieur, directeur et professeurs du séminaire.Au nombre des laïques, on remarquait M.le maire et les conseillers de la ville de Nicolet, M.l\u2019inspecteur des Ecoles, M.le président et MM.les membres de la commissiôn scolaire de la ville, M.J.Prince, de la commission de Saint-Grégoire, MA.Gaudet, M.P., Dr Desaulniers, M.L.H.Fréchette, M.J.Rousseau, échevin à Trois-Rivières, M.P.Papillon, les Frères directeurs et sous- directeurs des localités voisines, La réception a été brillante.Dimanche, à la messe, Mgr Gravel a donné l'instruction.Il fit un résumé succinct de son voyage et de son séjour en la cité des Papes.Parti de Nicolet le 11 septembre dernier, Sa Grandeur s\u2019est embarquée le 15 pour l\u2019Europe.La traversée a été excessivement dangereuse ; une violente tempête s\u2019est déchainée et a failli plusieurs fois faire sombrer le batiment, corps et biens.Enfin, après avoir été quelques jours le jouet des vagues de l\u2019océan, le navire avarié put atteindre les côtes d\u2019Irlande.Après avoir rendu visite à Mgr Walsh, Mgr Gravel se rendit à Londres où il fut reçu cordialement par Son Eminence le cardinal Manning.De Londres l\u2019illustre voyageur passa à Paris, à Lyon, Viviers, Lourdes et ensuite en Italie et arriva à Rome, le but de son voyage.C'est de Rome surtout\u2019 que Sa Grandeur a parlé avec le plus d'éloquence, car le vénérable évêque ne peut jamais parler de Rome &t du Pape sans se sentir ému jusqu'aux larmes et sans faire pleurer son auditoire.Monseigneur a parlé des fêtes qui ont eu lieu À l\u2019occasion du jubilé sacerdotal de Léon XIII dontil a aussi fait l'éloge et retracé les vertus.Sa Grandeur a fait pleurer presque.constamment l'assistance en parlant du* Saint Père et des cérémonies de son jubilé.Vers les cing heures du \u2018soir, dimanche, Sa Grandeur est venue visiter la communauté du séminaire et en même temps entendre le rapport J % \u2019 JOURNAL DES CAMPAGNES 5 mm mes ~ \u201d de M.le préjet des études sur le travail des élèves pendant le 1er semestre de l\u2019année.La salle de réception, toute ornée de drapegux et d'inscriptions, présentait 1e plus beau coup-d\u2019œil possible.Monseigneur fit son entrée dans la salle au milieu des sons jo- eux de la fanfare.Le chœur, composé de plus de 50 voix, exécuta avec le plus bel ensemble le \u201c Vivat Pastor.Bonus.\u201d - Ensuite, un élève de rhétorique,- M.Paul Gravel, parent de Sa Grandeur, vint lui lire uñe maguifique adresse de circonstance.Monseigneur, tout ému, donna la bénédiction apostolique, puis avec une éloguence toute paternelle, raconta aux élèves et à leurs professeurs, ses entrevues avec le Saint-Père et les paroles du vénérable Pontife au sujet des séminaires.Il parla de l\u2019intérêt que Léon XITI porte au séminaire de Nicolet en particulier.Enfin, pour terminer la série des démonstrations faites en l\u2019honneur de leur premier pasteur, les dames de Nicolet ont imaginé de lui donner we grande réception publique lundi soir.Cette réception a consisté en vne soirée dramatique et musicale organisée par Madame George Ball, au profit de l\u2019Hôtel-Dieu.Les frais de cette séance remar- unable, la première de ce genre à icolet, out été entièrement faits par les dames et demoiselles, du com- mengement jusqu\u2019à la fin.Nous n\u2019avôns que les plus grandes félicitations à faire à toutes les dames qui ont concouru dans cette soirée qui a êté un vrai succès sous tous les rapports.Un chœur de 25 à 30 voix a habilement exécuté plusieurs magnifiques morceaux, entr\u2019autres , \u201c À Notre Père \u201d et \u201c L'Espérance® avec accompagnement d\u2019harmonium, piano et violon.Ensuite il y eut la représentation d'une pièce intitulée : \u2018\u2018 La Malédiction d\u2019une Mère.\u201d Les actrices se sont acquittés de leur rôle à merveille, Il est difficile de trouver à redire et à critiquer.Toutes ont fait preuve d\u2019un talent remarquable et ont joué avec aisance et naturel.Vers la fin de la soirée, Madame Ball, apparaissant en avant du théâtre, lut une magnifique adresse à Sa Grandeur, qui avait daigné assister à cette séance, accompagnée de Ml'abbé Gélinas, V.G., et d\u2019une trentaine d'autres membres-de gon clergé.Dans sa réponse, , Monseigneur remercia les dames de leur zèle et de leur dévouement et les félicita qu\u2019elles étaient entrées dans sa pensée en profitant de son retour de me pour en faire une fête dans le double but de la religion et de la charité.Puis l'assemblée se dispersa, chacun s\u2019en retournant enchanté de ce qu\u2019il avait vu et entendu.La répétition de cette émouvante soirée a eu lieu mardi soir avec les mêmes succès.\u2014-# DES PREUVES On nous crie depuis quinze jours que le traité accorde aux pêcheurs américains tout ce qu\u2019ils demandaient, tout ce qu\u2019ils considéraient comme important et précieux, et ne leur refuse que ce dont ils nevoulaient .Pas.Ainsi, faisant écho à une certaine presse américaine, les journaux de l\u2019opposition disent que !l\u2019interdiction des trois milles ne signifie rien pour les pécheurs américains ; qu\u2019ils Ne tiennent pas à venir pêcher dans 10s eaux.Pour répondre à cette prétention, sur le succès de la soirée et dit T il suffit d'ouvrir les rapports officiels.Ainsi, nous ouvrons le rapport du ministre des Pêcheries pour'1885, et | nous trouvons à la page 99 la \u2018déclaration suivante de M.Bertram, officier des pêcheries : Comme autrefois, les bateaux améri- caîns ont fait, cette année, la péche principalement dans la limite des trois milles, et nonobstant les négociations que peuvent opposer à ce fait des gens qui se prétendent des autorités en ces matières, il reste acquis, sinsi que peuvent l\u2019attester des milliers de personnes, que la plus grande partie dit poisson chargé par ces navires étrangers sur la côte du Cap Breton ou près de là, est péché dansla limite des trois milles.Ge fait n\u2019a pas besoin d\u2019être étayé par des preuves de mesurage ; il est démontré par tous les habitants de la côte.Je signalais cette question dans mon rapport de 188 4, et le faitque les équipages des bateaux de pêche américains reçoivent, avant de partir en campagne, tustruction d\u2019affièr- mer à tout événement qu\u2019ils ne prennent qu\u2019une très pelile partie de leur chargement dansles eaux du Canada, et que par conséquent le privilége de nos péche- ries a trés peu de valeur pour eux.Ceci démontre le peu de foi qu\u2019il faut reposer dans les relevés statistiques préparés par les pécheurs américains., Ainsi donc avant l\u2019abrogation du traité de Washington, les pêcheurs prenaient la plus grande partie de leur cargaison dans nos eaux.Aujourd\u2019hui, la pêche dans ces eaux leur est interdite, et l\u2019on a l\u2019impudence de soutenir que le traité est tout à leur avantage.De même pour la boitte.Nous lisons dans le rapport de M.Bertram : Le privilège que possèdent les bateaux américains de venir s\u2019approvisionner de boitte dans les eaux du Canada est un peu plus important qa\u2019on le suppose généralement, plus qu\u2019ils ne l\u2019admettent publiquement.Ces navires font une très grande partie de leurs opérations sur les bancs voisins de cette côte, et si on ne leur permettait pas de venir chercher de la boitte dans les eaux de l\u2019intérieur, la pèche qu'ils font sur les bancs\u2014 la plus profitable\u2014consiiluerait une perte pour eux C\u2019est encore là un des privilèges que le traité refase aux Américains.Il y a des gens qui disent : bah ! les pêcheurg de Gloucester n\u2019y tiennent pas, n'en ont pas besoin.On voit ce que pèsent ces ignorantes affirmations, Nous examinerons demain quelle est la valeur, pour les Américains, du privilège d'expédier leurs cargaisons de poisson en transit, par les voies canadiennes.Le fait est que tous les avantages les plus précieux convoités par les Américains, leur sont refusés, en vertu du nouveau traité.etl OP agp \u2014- oe mre En 1878, il » été importé au Canada 406,971 tonnes de charbon anthracite, 456,000 tonnes de charbon bitumineux, et les mines de charbon de la Nouvelle-Ecosse ont fourni 868,000 tonnes de charbon mou.En 188\", nous avons importé 1,220,058 tonnes de charbon bitumineux et les mines de la Nouvellé-Ecosse ont jeté sur le marché au-deld de 1,200,000 tonnes de charbon mou.tll rr L'honorable M.Shultz n\u2019assumera pas les fonctions de lieutenant-gou- verneur de Manitoba avant le mois de juin.Sa santé s\u2019est grandement améliorée dans tes derniers temps, ce dont se réjouissent ses nombreux amis.y UNE LETTRE TRONQUÉE La Justice ayant publié, en la tronquant, une lettre du R.P.Augier, datée du 25 janvier 1888, nous croyons remplir un devoir d\u2019équité, envers le Provincial de l'ordre des Oblats, en ouvrant nos colonnes à cette même lettre publiée intégralement.Disons d\u2019abord qu\u2019elle était une réponse au R.P.Paradis.Le 26 janvier ce dernier écrivait de Québec à son Provincial, avec la formalité de l\u2019enrégistrement, une lettre dans laquelle il lui demandait si sa lettre à Mgr des Trois-Rivières était un jugement, et le priait de lui notifier ce jugement, s'il était rendu.Il ajoutait qu\u2019il y allait de son honneur, de celui du clergé en général, et de l'honneur du R.P.Provincial lui-même.Voici la réponse du R.P.Augier que la Justice a tronquée, dont elle n\u2019a publiée que des fragments entre mêlés de commentaires injurieux : Montréal, 25 janvier 1888.Au°R.P.Raradis, % Québec, .Mon Révérend Père, Le fond de ce que contient la letire que j'ai écrite à Mgr Laflèche, évêque des \u2018Trois-Rivières, à la date du 20 décembre était coonu de vous avant que ma lettre eut été écrite.Cettre lettre est le résultat d\u2019un accord fait avec vous de vive voixdans ma chambre, à Montréal.Entre autres choses vous m'avez demandé de maintenir la réalité des paroles que vous avez dites à M.Taché : Il n\u2019y a pas assez d'argent et ie reste.Ma lettre n'implique de votre part aucun retrait de paroles, mais elle explique le sens de la phrase pour laquelle vous étiez incriminé, et cette explication ayant été acceptée par le plaignant fait tomber l'accusation.Il en est ainsi dans un Parlement lorsqu\u2019un mot non parlementaire a été prononcé, ce mot on peut le retirer, le maintenir ou l'expliquer Lorsque l\u2019explication est jugée suffisante, l'incident est clos.C\u2019est votre cas.C'est cette explication que j'ai rapportée, non pas comme juge, mais comme témoin.\u2018* Elle est complètement conte- \u2018* nue dans l'écrit que vous avez en- *\u201c voyé à M.Lacoste, dans lequel vous \u201clui demandez de prouver que vous \u2018avez réellement dit ce que M.Ross vous fait dire : c.a.d.de prouver que \u201c vous l\u2019avez réellement accusé.Si vous \u201c* contestez l\u2019accusation, vous n\u2019admet- \u2018 tez pas qu'elle existe.Si elle n'existe \u201c* pas vous ne l\u2019avez pas formulée, et si \u201c* vous ne l\u2019avez pas formulée,aviez-vous 6 l'intention de la formuler?(*) D'un au- \u201c tre côté je lui fais connaître mon senti- \u201c ment sur les documents que vous avez \u201c mis sous mes yeux et qui ont ser- * vi de base à mon appréciation.Ce sen- \u201c timent est que ces document ne prou- \u201c vent pas l\u2019accusation.\u201c\u2018 Il me.souvient très bien vous avoir \u201c* formulé toute la teneur de la lettre par \u201c* ces mots : \u201c Vous récusez l\u2019accusation \u201c et je déclare qu\u2019elle n\u2019est pas prou vée ; ù elle n\u2019est pas prouvée et elle n\u2019existe pas.\u201c Ce n'est qu'aprés avoir conclu cet \u201c accord avec vous que je vous dis : \u2018 sur ces bases un arrangement est pos- \u201c sible.Je fis appeler M.Lacoste par voie \u201c téléphonique.(Ceci se passait le same- \u201c di).Il ne put pas venir, il m\u2019envéya \u201c son clerc- principal auquel je remis \u201c votre pièce.Le lendemain soir, Gi- \u201c manche, M.Lacoste vint.Tout d\u2019abord \u201c il repoussa votre pièce et votre inter- (*) Note\u2014Dans cet écrit dont le texte est aux mains de M.Lacoste et qui est daté du to décembre, le P.Paradis entr\u2019autres choses dit : \u201c\u201c J\u2019ai rédigé un mémoire justificatif très étendu où j'établis péremptoirement ma défense.Maintenant mes documents sont prêts.\u201d De fait pour préparer ces documents et cette défense, il a eu depuis le 14 octobre jusqu\u2019au 10 décembre 1887.Et pendant ce temps, sauf les six jours de la retraite annuelle à laquelle il prit part, il n'a eu aucune occupation que celle de ce travail.On l\u2019avait exprès laissé à la maison de Montréal bien qu\u2019il appartint à celle de Québec, et il pouvait presque chaque jour voir son provincial et conférer avec lui sur son affaire.\u2014 \u201c prétation.Puis il finit par accéder à \u201c ma proposition d\u2019arrangement a I'ami- \u2018\u201c rable, et il me promit de l\u2019appuyer \u201c auprès de son client, saus répondre ** de son adhésion.\u201c Le lundi matin nous partions en- \u201c semble pour Québec.Chemin faisant \u201c pous nous arrétions à Trois-Rivières, \u201cet vous saviez que la raison de cet \u201c arrêt était de voir Mgr Laflèche et de * prier sa Grandeur de vouloir faire *\u2018 accepter à l\u2019hon.M.Ross, si c\u2019était pos- \u201c sible, l\u2019arrangement convenu avec.\u201c* nous.Je rédigeai la lettre sur place.\u2018* (La phrase ci-dessus étant à moitié ef- ** facée dans le letter-book, on a.dû n\u2019en * rapporter que le sens).Après l\u2019entre- * vue avec Mgr l\u2019évêque, vous vous êtes \u201c empressé de m\u2019en demander le résultat.\u201c Je vous répondis que je considérais la \u201c chose comme arrangée.Le retard mis \u2018 dans la publication de l\u2019arrangement \u201c est venu de certaines divergences de \u201c vues sur la rédaction de la lettre.Le règlement de cette affaire est maintenant définitif.Si avant toute publication d\u2019articles et de lettres dans les journaux, vous m\u2019aviez écrit pour vous retirer de l\u2019accord, j'aurais dit à M.Ross qu'après m\u2019avoir donné votre parole, vous la retiriez et il vous aurait poursuivi, non pas devant moi, qui nai jamais été qu\u2019un arbitre, mais devant le Cardinal de Québec auquel je vous aurais reovoyé.Vous le savez bien, je vous ai dit, à plusieurs reprises que si un accord n\u2019intervenait, pas, Son Eminence serait votre juge.Pour recommencer le procès, chose qui, malheureusement, ne vous déplairait pas, qu\u2019on vous conseille très probablement, il vous faut commettre de nouveau, et pour parler plus exactement, il vous faut commettre clai rement le délit, et déclarer au\u2019après avoir récusé l\u2019accusation de M.Ross ' vous la reprenez, et que vous vous faites fort de 1a prouver, comme vous aviez tout d\u2019abord engagé votre affaire, those attestée par vos mémoires, le brouillon et l\u2019autre.Et cette fois, c\u2019est \u201c* encore le cardinal qui vous jugerait,à * moins que M.Ross ne préférât les tri- \u2018*\u201c bunaux civils.De votre côté vous ** subiriez toutes les conséquences de ces * jugements, non seulement devant le \u2018 public, mais encore devant la congrégation.On pourrait aussi complèter l\u2019arrangement avec M.Ross de cette manière.Vous m\u2019écririez une lettre dans laquelle vous donneriez une adhésion pure et simple à ma lettre à Mgr Lafièche, et vous désavoueriez les interprétations, explications et arguties sophistiques de certains journaux.Je prendrais occasion de ma réponse à cette lettre pour vous laver des accusations fausses et injustes dont vous avez pu être l\u2019objet de la part de quelques uns.La chose m\u2019est d\u2019autant plus facile que ves explications dans ma lettre à Mgr Lafièche détruisent par la base ce qu\u2019a pu dire contre vous le Canadien à l\u2019occasion de votre article.Ce serait le meilleur parti.Aurezvous la sagesse de le prendre ?\u201c* Il est probable qu\u2019il ne vous sera \u201c pas conseillé par ceux que vous croyez \u201c* vos amis et qui n\u2019ont en vue qu\u2019une ** chose : l\u2019intérét du parti.Vous êtes \u2018+ leur dupe en attendant que vous de- \u2018 veniez leur victime.\u201c Je vous parle en père\u2019 et en ami, si ** vous écoutez les trafiquants de politi- (* que, si vous suivez leurs conseils, au \u201clieu de vous en tenir & ce que vous \u2018* disent vos supérieurs qui vous aiment \u201c* plus que vous ne croyez, et qui vous \u2018 ont, dans maintes occasions donné des témoignages non équivoques de leur \u201c\u201c affection et de leur dévouement, je \u201c\u201c vous considère comme perdu.Et pour \u201c ma part, après avoir cherché et em- 6 loyé tous les moyens de vous faire « du ien et de vous tirer des embarras dans lesquels je vous ai trouvé en ar- \u201cgrivant au Canada, je renonce à \u201cme charger et à m'occuper de vous.( Quant à mon honneur, grâce à \u201cfDieu, il n\u2019a rien à craindre des dires \u201c des journaux.ll se trouve dans des \u201c\u201c régions où n\u2019arriveront jamais ni la \u201c politique, ni la presse.Fais ce que doit \u201c* et advienne le ciel, c\u2019est ma maxime de * prédilection.Recevez mon Rév.Père, l\u2019assurance de mon religieux dévouement en N.S CeL.AuGiER, O.M.L, Prov.Les passages entre guillemets sont ceux'que la Justice avait omis.& | 6 JOURNAL DES CAMPAGNES- Ce mnt sense VE A CCD OS OS COR CON SE MSS REDITES IMPORTUNES L'Electeur n'est pas satisfait de notre polémique contre le gouvernement Mercier.Ce ne sont que des redites, s'écrie-t-il, de vieux différents déjà clos et vidés, et vos critiques rétrospectives sentent le fossilisme.Ce reproche est plaisant quand on songe que le cabinet Mercier n\u2019a en- eore qu\u2019un an d\u2019existence, et que nos accusations contre lui ne remontent pas, naturellement, au delà du jour de sa naissance.Du fossilisme ! Mais ce que nous reprochons au cabinet de vos amours, c\u2019est sa conduite, sa politique, ce sont ses scandales durant les, derniers douze mois.Cela ne remonte pas au déluge ; c\u2019est actuel, vivant, présent aux regards du public, et le parlement qui va s\u2019ouvrir devra s'occuper de tous ces faits.L\u2019Elecieur parle de redites, de fossi- lisme ! TI] y a belle grâce en vérité, eet organe, qui lorsqu'il était le porte-voix de l\u2019opposition libérale, allait chercher des arguments contre les cabinets conservateurs du jour, dix ans en arrière ; ce journal qui, Pannée encore, publiait de longs articles contre la vente du chemin de fer du Nord, consommée depuis 1882.Fossiles, vous-mêmes ! Ah ! nous comprenons que vous n\u2019aimiez pas à nous entendre parler des turpitudes et des gaucheries de vos chefs.Mais notre tâche, à nous, est de les démasquer sans relâche, et nous n\u2019y manquerons pas.C\u2019est en répétant la vérité qu\u2019on finit par la faire pénétrer\u2019 dans l\u2019opinion.Nos attaques contre l\u2019emprunt fatiguent particulièrement l\u2019Ælecteur.Il s\u2019écrie, d\u2019un ton ennuyé : Ce n\u2019est pas non plus quelque chose de bien neuf que l'accusation d\u2019avoir emprunté du Crédit-Lyonnais plutôt que du syndicat new-yorkais.À quoi sert à nos adversaires de répéter sur tous les tons que le gouvernement a ainsi fait perdre de l'argent à la province.Nous avons répondu dans le temps que \u2018le point de comparaison du dernier emprunt devait êlre chacun des emprunts contractés par les administrations prè- eédentes, et non un simple projet qui n\u2019a pas été mis à exécution précisément parce qu\u2019il était trop à l'avantage de la province pour être réalisable ; nous prouvions en même temps que le gouvernement avait obtenu plus d\u2019un mil- .lion de plus que ses prédécesseurs n\u2019avaient jamais pu réaliser sur le marché anglais.Evidemment, pour la dixième fois, il nous faut ramener l\u2019Electeur à la \u2018question.Nous répèterons donc que le gouvernement Mercier avait conclu \u2018un marché avantageux avec un syndicat américain, que $3,500,000 en bons, d\u2019abord, puis $109,000 en argent, [subséquemment, devaient être déposés par ce syndicat comme garantie de son exécution du contrat ; que le syndicat a failli à ses engagements, que le cabinet Mercier a été forcé par là d'accepter des conditions moins avantageuses du Crédit Lyonmais ; que ce nouvel emprunt, comparé à celui de New-York, fait perdre a la province $630,000 ; que le devoir du ministére était de confisquer le dépôt de $100,000 des américains, pour nous indemniser un peu de la perte subie par leur faute ; et, enfin, qu\u2019en n\u2019accomplissant pas ee devoir, le gouvernement a trahi la province et \u201c commis une fraude qui mérite la plus sévère condamnation.\u201d Paroles de M.Mereier lors du débat, sur:les $30,000 de M.Forget.) Voila la question.Ou bien les $100,000 n\u2019ont pas été déposées, ou bien, l\u2019ayant êté, elles n\u2019ont pas été confisquées.Dans les deux cas, le ministère a forfait à son devoir, et mérite la censure du parlement.Quant au mérite réel du dernier emprunt, pour le connaître il faut le comparer, non pas avec les emprunts conclus à des époques et dans des circonstances différentes, mais avec les emprunts conclus vers le même temps.Et nous avons prouvé que cette comparaison est désastreuse pour le gouvernement Mercier.Nous avions déjà dit ces choses ; nous les dirons encore, n\u2019en déplaise à l\u2019Elecieur, car c'est en tombant \u2018toujours à la même place que les gouttes d'eau finissent par transpercer la pierre.Mais que notre adversaire soit tranquille ; quoique nous n\u2019admettions pas que les scandales vieux d\u2019un au ou desix mois soient antiques, l\u2019organe libéral aura bientôt du nouveau à discuter.\u201c Il faut que les masques tombent.M.J.OLIVA M.J.Oliva, avocat et conseiller de la Reine est mort samedi après-midi, à Montmagny, à l\u2019âge de 60 ans.M.Oliva était un avocat distingué du barreau du district où il avait su se faire beaucoup d\u2019amis.Il fut constamment un ami dévoué du parti conservateur qu\u2019il avait suivi dans la mauvaise comme dans la bonne fortune.A la mort du juge McOCord, il fut sérieusement question de Ini comme son successeur sur le banc, et derniérement encore, ses amis avaient mis leur iuflnence en sa faveur pour le faire nommer à Gaspé.La Providence en a voulu autrement, et Dieu l\u2019a appelé à lui au moment où il pouvait compter encore sur une existence prolongée.M.Oliva était le frère du révérend M.Oliva, curé de St-Fran- çois,rivière du Sud, à qui nous offrons nos plus sincères condoléances.EE CESSE COR OO CAE» PETITE GAZETTE M.Amyot écrit à la Justice dans sa correspondance parlementaire, en parlant du vote sur la loi Scott, qui a donné 52 voix de majorité au gouvernement : .Vous ne devez donc pas considérer ce vote comme donnant le chiffre réel de la majorité du gouvernement.Tout de même, c'est un vole qui ne brille pas par l\u2019habileté de ceux qui l'ont démands, ni par son opportunité.: La Patrie se plaint amèrement de ce que les conservateurs se sont em- psrés du Conseil de ville de Montréal, et contrélent la majorité de presque tous les comités.M.Dabail, consul général de France revient au Canada à bord de la Gascogne avec l'hon.M.Mercier et M.Paul de Oazes.M.Augustin Côté, éditeur-pro- priétaire du Journal de Québec est entré, avant hier, dans sa 70ième année.Ilest dans le journalisme actif depuis 46 ans.Malgré ce grand 7 âge, notrë vétéran se porte comme un jeune homme et rend probable la réalisation de nos souhaits pour de longues années encore.Le St-Père vient de nommer camérier du cape et d\u2019épée le comte de La Salle, petit neveu du bienheureux de La Salle.Les cardinaux Rampolla, secrétaire d\u2019Etat du Pape, et Siméoni, préfet de la Propagande, sont nommés grand\u201d- croix de l\u2019Ordre du Lion et du Soleil- de-Perse, comme marque des bons rapports que le schah veut entretenir avec la Cour de Rome.Mgr Rotelli, nonce à Paris, a reçu le grand cordon de l'Ordre du Lion et du Soleil-de-Perse.Du Journal des Trois-Rivières : Le caveau fanèbre des Ursulines vient de s\u2019ouvrir de nouveau.Cette fois, c\u2019est la regrettée Mère Marie Esther Garceau de Saint-Thomas, que Dieu dans ses desseins impénétrables vient d\u2019enlever après deux jours de maladie, à l'affection de sa communauté et de sa famille affligée.Cette digne religieuse âgée de cinquante-six ans pouvait espérer de donner encore à Dieu et à l\u2019Institut de longues années et de bons services.Mais le bon Maître en avait décidé autrement, et il a voulu dès à présent récompenser sa servante des trente-cinq années chargées de travaux et de mérites.La regrettée défunte était sœur du Rév.Mess.Chs.Garceau, curé de St-Pierre-les-Becquets.EXPLIQUONS-NOUS M.Tardivel sollicite de nous une explication.Tl cite un extrait du Courrier du 27 février, dans lequel nous lisons que la protestation du R.P.Augier \u2018\u201ca été nécessitée par les excès de certains journaux ;\u2019\u2019 que des ârticles comme ceux de la Justice, par exemple, ne pouvaient passer sans protestation, \u201c qu\u2019ils constituaient un véritable scandale ?\u2019 que \u201c les actes disciplinaires d\u2019un supérieur religieux ne relèvent pas de la presse, \u201d et que \u201c les journaux donnent un détestable exemple quand ils empiétent sur les privilèges et les immunités de la hiérarchie ecclésiastique.\u201d Puis, après nous avoir cité, le rédacteur de la Périté ajoute : Comme la Vérité a traité la question dont il s\u2019agit plus à fond qu\u2019aucun autre journal, les lecteurs du Courrier seront portés à croire, naturellement, que notre feuille est comprise dans les \u201c\u201c certains journaux \u201d qui, au dire de M.Chapais, ont \u2018 empiété sur les privilèges et les immunités de la hiérarchie ecclésiastique.\u201d Nous invitons M.Chapais à faire voir en quoi et quand la Vérité s\u2019est rendue coupable de cette faute, ou bien à déclarer que ces \u201c\u201c certains journaux \u201d ne comprennent pas notre feuille.Notre réponse sera courte et honnête.Quand nous avons parlé des \u201c excès de certains journaux, nous avons certainement pensé à la Vérité, à l\u2019Etendard et à la Justice, qui, suivant nous, ont été excessifs dans leur polémique autour du nom du R.P.Paradis.C'est là une matière d\u2019appréciation pour le public, et nous sommes du public.Mais le reste de la citation s'appli- La quait clairement à la Justice seule, croyons-nous.Et lorsque nous parlions d\u2019empiétement sur les immunités ecclésiastiques, nous n\u2019entendions nullement désigner la Vérité qui, manifestement, a été beaucoup plus réservée, en ce\u2019 point, que son confrère national.Dans notre numéro du 8 mars, nous avons même opposé à la Justice la parole de M.Tardivel : \u201c Les journaux et le public n\u2019ont pas à intervenir dans les relations de supérieurs à sujet \u201det nous avons fait contraster l\u2019attitude des deux feuilles Le rédacteur de la Vérité ne saurait donc nous reprocher de l\u2019avoir montré sous de fausses couleurs.Mais puisque nous y sommes, à notre tour nous demanderons une déclaration à M.Tardivel.Approuvet-il l'immixtion de la Justice dans les relations de \u201c supérieur à sujet ; approuve-t-il en particulier l\u2019article du 26 février, où le R.P.Augier est attaqué en sa qualité de supérieur du P.Paradis ?M.Tardive)l ne l\u2019a pas encore dit nettement à ses lecteurs.Lui qui aime tant à savoir ce que pensent ses confrères de ceci et de cela, ne trouvera certainement pas notre curiosité déplacée.< .LES CONFERENCES M.LEGENDRE Charmante conférence à l\u2019Union Commerciale, vendredi dernier.Vingt ans de Québec, tel est le titre du travail intéressant que M.Napoléon Legendre, causeur disert et délicat, est venu lire devant un nombreux et sympathique auditoire.Vingt ans de Québec ce sont des réminiscences littéraires, c\u2019est l\u2019histoire anecdotique et piquante d\u2019un groupe d\u2019écrivains qui ont travaillé pour la publicité, de 1866 envir a 1886.: La conférence a paru courte à tous les auditeurs.MM.J.Frémont, président de .I'Institut-Canadien, et Faucher de St-Maurice, ont félicité le conférencier en termes très heureux.M.L\u2019ABBÉ-PAQUET M.l\u2019abbé L.À.Pâquet a donné sa deuxième lecon sur l\u2019apologétiqne chrétienne.Il nous en a fait, cette fois, l'historique.Rien de plus instructif et de plus attachant que cette revue rapide et éloquente de grands travaux des apologistes chrétiens.Nous avons caractérisé l'autre jour la manière du jeune et distingué conférencier.À propos de ces conférences nous -protestons une fois de plus contre les incongruités commises par des jeunes gens sans éducation,qui ne se gênent nullement de parler à haute voix, et de faire du bruit durant les séances et les soirées littéraires et musicales les'plus intéressantes.ll faudrait pourtant qu\u2019un tel abus prit fin.Avis aux Mères Le ¢ syrop calmant de Mme Winslowe devrait toujours être employé pour la deni, tion des enfants.Il calme l'enfant, adouoit les gencives, apaise toutes les douleurs guérit ls colique, et est le meilleur remède pour la diarrhée.Vingt cinq cents.Ja bou sille. w= = TLE - el, a + 4 JOURNAL DES CAMPAGNES 7 | Parlement Federal Chambre des Communes Ottawa, 7 mars 1387.L'orateur annonce que vu la mort du député pour Hastings Ouest, il a donné des ordres pour l'émission d\u2019un bref pour une, nouvelle élection dans ce comté.Les projets de lois suivants subisseut leur première lecture.M.Darcy\u2014Pour confirmer la charte de constitution de la compagnie du chemin de fer du Grand Ouest Central : M.Kowann.\u2014Pour autoriser la ville de Kincardine à imposer des droits de hâvre : M, SMALL-\u2014-Pour confirmer une convention entre les compagnies de chemin de fer : Grand-Tronc du Canada, Canada Sud, London et Port Stanley : et aussi une convention entre les compagnies de chemins de fer Sud-Est et du Canada Sud.: Sir CHARLES TUPPER présente un message du gouverneur général transmettant une copie du traité des pêcheries, du modus vivendi et des protocoles.Sir Charles Tupper est heureux de déclarer qu\u2019il a obtenu de Sir Lionel West et de M.Bayard, la permission de déposer sur le bureau de la chambre les proposilions faites par les plénipotentiaires anglais et les contre-propositions des plénipotentiaires américains.Voici la proposition des commissaires anglais : \u201c Qu'en vue d\u2019eulever toute cause de difficultés à propos des pêcheries, il est proposé par les plénipotentiaires de Sa Majesté que les pêcheurs des deux pays aient tous les privilèges dont ils jouissaient en vertu des clauses relatives aux pêcheries dans le traité de Washington, et cela en considération d\u2019une entente mutuelle pour la plus graude liberté du commerce entre les Etats Unis,le Canada et Terreneuve.\u201d À cetle proposition les plénipotentiai> res américains firent la réponse suivante: .\u201cTout en maintenant leur proposition soumise le 30 dernier et partageant entièrement le désir des plénipotentiaires de Sa Majesté Britannique d\u2019enlever toutes causes de difficultés à propos des pêcheries, les plénipotentiaires américains sont forces derefuser de deman der au président des Etats-Unis l\u2019autorité nécessaire pour prendre en considération la proposition qui leur a été faite le 2 du courant,comme moyen d\u2019en arriver à la fin désirée ; parce que la plus grande liberté du commerce qu\u2019on leur propose nécessiterait un réajustement du tarif actuel des Iitats-Unis par acte du Congrès.Ce réajustement, les plénipo- tentiares américains croient qu\u2019il est évidemment impossible de le faire par le moyen d'un traité dans les circonstances actuelles.Les plénipotentiaires américains ne peuvent non plus admettre qu\u2019une entente mutuelle comme celte qui est proposée par les plénipoten- liaives de Sa Majesté Britannique, ne saurait être accepté comme base de né- gotiations relatives aux droits et privi- léges des bateaux de pêche américains.ll semble encore possible aux plénipotentiaires américains de trouver un règlement des difficultés en s\u2019entendant sur une interprétation ou modification du traité de 1818; entente qui serait honorable pour les deux parties et qui enlèverait toutes causes de plaintes ; à l\u2019enlèvement desquelles ils sont actuellement prêts comme ils Font toujours été depuis le commencement de cette commission, à se dévouer.\u201d Sir Cus Turrer.\u2014en réponse à M.Mitchell, dit : la question d\u2019une plus grande liberté du commerce entre le Canada etles Etats-Unis n\u2019a été traitée qu\u2019en général.Il était laissé aux plénipoten- tlaires américains de discuter cette question en vue d'assurer des relations de commerce plus étendues et de dire Jusqu'où ils attendaient aller à ce sujet.Le gouvernement des Etats-Unis en est venu à la détermination de ne pas Mperettre de faire aucun traité avec aucun pays de manière à empiéter le moins du monde sur le pouvoir du Congrès de modifier le tarif de jouren jour, suivant les besoins du pays.La proposition des plébipotentiaires anglais fut catégoriquement refusée par les plénipotentiaires américains quine voulaient Das s'occuper de cette question la consi- érant tout à fait impossible à régler sans le concours du Congrès.Une grande partie du temps à Was.- ' hington a été consacrée par les plénipo- lentiaires anglais à faire des.efforts pour établir des relations de réciprocité commerciale éntre le Canada et les Etatsnis.La chambre se forme en gomité des subsides.Ottawa, 8 mars.Les projets de lois suivants subissent leur prèmiere lecture : M.Perrey \u2014Pour constituer légalement la Brenson and Western Lumber Co ; M.Brown.\u2014Pour obtenir des dispositions plus efficaces afin de prévenir la cruauté envers les animaux ; M.Rowann.\u2014Pour autoriser la ville de Kincardine à imposer et percevoir des droits de havre.M.Guay.\u2014Pour rappeler un acte intitulé : \u201c* Acte pour rendre plus facile la navigation du Saint Laurent dans et près du havre de Québec.: Sir Hrcron LANGEVIN, répond à Sir Cartwright que le gouvernement n\u2019a pas l\u2019intention de mettre devant la chambre la preuve faite devans la commission du travail, avant que les commissaires aient fait leur rapport.L'hon.M.McLELAN répond à M.Coutvre que le gouvernement a pris des arrangements avec la compagnie du chemin de Québec au Lac St.Jean, pour le transport des inalles entre Québec et Dequan.L'hon.M.CHAPLEAU, en réponse à l\u2019hon.M.Laurier, dit que le trois avril rochain a été fixé pour l'élection dans e comté de l\u2019Assomption et que c'était la date la plus prochaine possible.La chambre s\u2019ajourne à 6 heures p.m.L'hon.M.LAURIER demande si les documents relatifs aux pêcheries et qui ont été soumis à la chambre hier, ren- f£ermeñt tous les renseignements que le gouvernement entend donner.Sir CHs.TUPPER dit qu\u2019il espère que le ministre de la marine et des pêche- vies sera en état, à une date prochaine, de soumettre la correspondance relative à la question des pêcheries, et cela jusqu\u2019à cette date.Il yaeu quelque retard parce qu\u2019il fallait s'entendre avec le gouvernement impérial pour savoir quels documents seraient soumis.Tous les documents qu\u2019on pourra soumettre le seront bientôt.Le gouvernement n\u2019a pas l\u2019intention de soumettre rieu de plus à propos de la convention des pêcheries à \u2018Washington.M.DENISON\u2014 propose qu\u2019il soit nommé un comité spécial chargé de s\u2019enquérir s\u2019il serait à propos, pour le gouvernement, d\u2019acquérir toutes les lignes de télégraphe électrique en Canada.M, Denison croit que le gouvernement ayant le contrôle des postes, il devrait avoir aussi celui des télégraphes.L\u2019immense puissance pour le bien ou pour le mal que possède une ligne télégraphique ne .dévrait pas être laissée à une compagnie ou à des particuliers.Depuis 1878, l\u2019Angleterre a pris le contrôle de ses lignes télégraphiques et c\u2019est elle qui a inauguré les dépêches à prix réduits.Le tarif était d\u2019abord d\u2019un chelin par 12 mots et en 1885 il fut réduit à 6 deniers.Les lignes télégraphiques ont ét une source immense de revenus pour l\u2019Angleterre.Sir HECTOR LANGEVIN félicite M.Denison et dit que la chambre et le pays lui sont redovables d\u2019avoir attiré l\u2019attention du gouvernement sur cette question et pour les recherches qu\u2019il a faites.Un projet aussi vaste exigerait une dépense énorme etle gouvernement n\u2019est pas prêt à demander au pays de l\u2019encourir.Sir Hector Langevin dit que M.Denison sera heureux qu'on lui donne crédit de son idée et qu\u2019il voudra bien retirer sa proposition.La motion est retirée.M.BovLe demande que des pouvoirs plus étendus soient accordés au comité spécial chargé de s\u2019enquérir et de faire rapport sur les organisations de commerce.Il demande que dans ces organisations soient comprises les compagnies d\u2019assurances qui se montrent vraiment tyranniques dans leurs exigences.Le comité n\u2019a pas voulu s\u2019occuper de cette question des compagnies d'assurances sans en avoir la permission de la cham- re.La motion de M.Boyle est adoptée.Ottawa, 9 nfars 1888.Les projets suivants subissent leur première lecture.M.Fercuson (Welland) \u2014Pour constituer légalement la compagnie du pont de la rivière Détroit ; M.Horron.-Pour obtenir un acte constitutif en faveur de la Dominion Plate Glass Insurance Co.M.Hau.\u2014P our \u2018modifier l\u2019acte d\u2019incorporation de la compagnie d\u2019embranchement le chemin de fer de Hereford: changer le nom de la compagnie en celui de * compagnie de chemin de fer de Hereford \u201d et pour d'autres fins ; | M.TispaLe.\u2014Relatif à la compagnie de chemin de fer de Norfolk Sud.Sir CarTwrigHT.\u2014Le gouvernement a-t ARP nm om meena L'ELOQUENCE DES FAITS Le nouveau traité refase aux pécheurs Américains le privilège d\u2019expédier leurs cargaisons de poisson en transit par nos voies canadiennes.Ils n'auront cet avantage que si les Etats-Unis enlèvent les droits onéreux sur notre poisson, qui écrasent nos pêcheurs et leur ferment l'accès du marché américain.(Voir article 15 du traité).Voici une citation qui démontre l'importance de ce privilège pour les Américains : Une troisième circonstance qui fait que nos pêcheries du bord offrent plus d\u2019attrait aux pêcheurs américains,c\u2019est la facilité avec laquelle s'opère le transport (le Cap-Breton) à ceux des Etats-Unis.Il y à d\u2019abord le chemin de fer de Prolon- gement-Est qui va aboutir à Port - Mulgrane, sur le détroit de Canso et qui se raccorde par l\u2019Intercolonial aux voies ferrées américaines; ensuite les bateaux à vapeur de la ligne de Boston, Halifax et Ile du Prince-Edouard,qui font escale toutes les semaines à Port-Hawkes- bury, sur le côté du Cap-Breton du détroit de Canso.Avant l\u2019existence de ces facilité de transport de l\u2019île du Cap-Bre- ton à l\u2019ouest et au sud, les bateaux - pê- cheurs des Etats Unis, après avoir pris un chargement sur nos côtes, avaient à le transporter à destination, ce qui faisait perdre trois ou quatre semaines de péche, et dans les temps d\u2019abondance c'était une Perte sérieuse ; puis les bateaux américains qui faisaient la pêche au maquereau d'automne ne pouvaient faire, pour la plupart, qu\u2019un seul voyage; ils étaient rares ceux qui pouvaient venir prendre uu second chargement.à l\u2019automne et leur bonne fortune était enviée.Aujourd\u2019hui ce désavantage d\u2019avoir à aller porter le fruit de leur campagne n\u2019existe plus pour les bateaux américains, grâce aux moyens de transport dont je viens de parler; un bateaux américain qui vient faire la pêche sur les bords du ap-Bre- ton, quand il a pris son chargement et que la saison n\u2019est pas encore terminée, n\u2019a plus à s\u2019en retourner à son port,mais il se rend soit äPort-Mulgrave,où il transfère son chargement au chemin de fer, soit à Port Hawkesbury, ou.il lex pédie par les bateaux à vapeurs men- Lionnés plus haut.Grâce à ces facilités, les Américains restent sur les fonds de pêche toute la saison durant, doublent ou triplent, selon la plus ou moins grande abondance du poisson, la quantité annuelle de leurs captures d'autrefois.(Rapport-de M.Bertram, Rapport du ministre des Pécheries pour 1885; p.100.) On voit l'immense importance pour les Américains du droit d\u2019expédier leur poisson par nos voies ferrées ou par les steamers gui viennent faire \u201c escale dans nos ports.Obligés de s\u2019en retourner décharger leur première cargaison dans leur pays, ils perdent souvent presque la moitié de la saison de pêche.En 1885, il a été transbordé des bateaux -pêcheurs américains aux steamers de Port-Hawkesbury, 10,340 barils de maquereau.Par voie du chemin de fer de Port-Mulgrave et de l\u2019Intercolonial, 11 a été transporté des bateaux américains : à Boston 4,900 barils, à Gloucester 5,558, à Portland \"725, soit 11,170 barils.Onze mille par voie ferrée et dix mille par steamer, cela fait 21,000 barils de maquereau, ou près de 5,000,000 de livres.Eh bien ! ce privilège précieux exercé par les Américains sur une aussi grande échelle en 1885, ils ne peuveut plus en jouir.Le traité le leur refuse formellement, à moins qu\u2019ils n\u2019ouvrent leurs marchés librement à nos pêcheurs.Et ce n\u2019est rien, cela ?Et le traité\u2019 est une capitulation ?Et les droits sacrés du Oanada ont été misérablement sacrifiés ?Tas de farceurs ou d\u2019ignorants, croyez-vous en imposer bien longtemps ?DÉPÊCHES .CHAMBÉE DES DÉPUTÉS Raris, 7\u2014A la chambre des députés aujourd\u2019hui, M.Floquet s\u2019est plaint que les discours étaient trop longs et déclara que le gouvernement n\u2019aëceptait aucune responsabilité si le budget n\u2019était pas adopté à la fin du mois.Les estimations pour le département de l\u2019agriculture furent adoptées.Au cours de la dircussion sur les est1- mations en faveur du culte public, le gouvernement demanda une somme égale à celle accordée l\u2019an dernier.La première clause des estimations fut alors adoptée.Paris.7\u2014La chambre des députés a adopté aujourd\u2019hui la proposition du cabinet pour créer cinq postes d'inspecteur général.POLITIQUE ANGLAISE Londres, 7\u2014La reine a nommé M.Georges Thos.Rendell membre du Conseil Législatif de Terreneuve.LE FUTUR GOUVERNEUR DU CANADA .Londres, 7\u2014Lord Roseberry présidera à un dîner complimentaire qui sera donné le 21 courant, à lord Stanley, aux Willis Rooms.BANQUE Londres, 7\u2014Sii John Lubbock présidait l\u2019assemblée des.actionnaires de la Linque British North America, hier.Un dividende de 7} pour cent a été déclaré pour l'exercice écoulé.Le rapport des directeurs a été adopté à l\u2019unanimité.: MORT pe L'EMPEREUR GUILLAUME UNE REGENCE INSTITUÉE _ Berlin, 8\u2014Un bulletin publié ce matin disait que l\u2019empereur avait passé une assez bonne nuit et qu\u2019il avait pu prendre un peu de nourriture.Il n\u2019y avait pas d'autre changement dans son e e .Berlin 8&\u2014Le bulletin transmis ce matin de San Remo dit que\u2019 le Kronprinz Continue \u2018à prendre du mieux.Si ce \u2018Mieux persiste comme depuis trois jours, le prince pourra partir pour Berlin où sa présence est si nécessaire.Berlin, &\u2014Le dernier bulletin officiel \"dit qu\u2019encore que l\u2019empereur ait souffert moins hier soir, il a eu moins de sommeil et de repos, et il est très faible auyeurd hui.\u2018 ne régence à été instituée pour agir- ¥ or > pendant l\u2019incapacité de l\u2019empereur et d'absence du kronprinz.Londres, 8\u2014Les journaux publieut des éditions spéciales.L'empereur d\u2019Allemagne est mort.IMMIGRATION CHINOISE Wasnington 8\u2014I1 y a quelque temps, le bureau des statistiques de Washington a publié un rapport officiel d\u2019où il résultait que l\u2019immigration chinoise aux [tats-Unis, qui avait été de 85,614 individus en 1882,,avait été réduite, par suite de la nouvelle législation, entrée en vigueur en 1883, à 530 nouveaux venus dans le cours des années écoulées depuis cette époque jusqu\u2019à la fin de 1885.De là, l\u2019immigration chinoise avait été virtuellement arrêtée par celte législation.Cette publication, faite sous l\u2019autorité du gouvernement a causé un profond étonnement en Californie, où elle a été relevée par les journaux locaux, qui ont produit un documeut émané du collectenr des douanes de San Francisco, d\u2019où il résulte qu\u2019il est arrivé-dans ce port : Du 5 août 1382 au 31 décembre 1885.18,703 chinois : 6,714 pendant l\u2019année 1886, et et, 572 pendant l'année 1887.L\u2019explication de cette contradiction vient d\u2019être fournie par le chef du bureau des statistiques de Washington : suivant cette explication, le bureau ne comprend comme immigrants dans ses états officiels que les Chinois venant pour la première fois aux Etats- Unis, et non pas ceux qui y reviennent munis de certificats attestant qu\u2019ils en sont sortis après y avoir séjourné, et qui sont, par suite, ainsi que le prescrit la loi-consicérés, à ce point de vue spécial, comme citoyens des Etats-Unis.MORT pe L\u2019'EMP EREUR GULLLAUME Londres, 9\u2014Le Staatsanzeiger publie aujourd\u2019hui l'annonce officielle suivante :\u2018\u201c Il a plu à Dieu de rappeler de cette vie l\u2019Empereur, notre gracieux -£ouverain, à huit heures et demie ce matin.La maison Royale et la nation entière pleure son bien aimé et vénérable monarque dont la sagesse a présidé si longtemps et si glorieusement à leurs destinées dans la paix et dans la guer- | re.\u201d Berlin, 9.\u2014Le prince Bismarck, après la mort de l\u2019empereur, se rendit immédiatement au Reichstag qui était en session.Il fut reçu dans un profond silence parce que tout le monde devinait l\u2019objet de sa visite.D'une voix émue, le grand chancelier annonça à la chambre la mort de l\u2019empereur.Le reichstag ajourna ensuite.À la diète prussienne, le ministre Von Puckammer annonça aussi la triste nouvelle qui fut accueillie par un silence solennel.Le prince Frédéric Guillaume sera couronné empereur et roi sous le titre de Frédéric III, Londres, 9.\u2014A la chambre des Communes aujourd\u2019hui, M.Smith communiqua la nouvelle officielle de la mort de l\u2019empereur d\u2019Allemagne.La reiné a adressé ses condoléances.Toutes les fêtes de la cour et même les noces d\u2019argent du prince de, Galles ont été remises indéfiniment.\u2018 Frépénic - Louis, empereur d\u2019Allemagne, nêle 22 mars 1797, second fils du roi brédéric Guillaume IIl \u2018entra de bonne heure au service militaire, et assista aux campagnes de 1313 et 1815, contre la France.Lors de l\u2019avènement de son frère au trône de Prusse en 1840 il devint gouverneur de la Roméranie et chef de plusieurs régiments en Prusse et à l\u2019étranger.Il siégea à la première Diète convoquée à Berlin et eut une influence personnelle sur la direction des affaires politiques.Il faisait paraître une prédilection marquée pour le règne militaire.Regardé comme le principal soutien des doctrines absolutistes, il fut obligé, lors des événements de 1848, de prendre la fuite et résida quelques mois en Angleterre.Grâce à l\u2019habileté du ministère Camphauson, il rentra à Berlin au mois de juin, fut élu député à l\u2019assemblée nationale, mais n\u2019assista jamais à ses travaux.Lorsqu'au printemps de 1849, la Prusse fit marcher des troupes contre les révolutionnaires de Bade, ce fut à lui qu\u2019on en confia le commandement ; quelques semaines suffirent pour soumettre le pays insurgé, et au mois d\u2019octobre, il se fixa à Coblentz en qualité de gouverneur militaire des provinces rhénanes.: En 1854, il fut nommé colonel général de l\u2019infanterie et gouverneur de la forteresse fédérale \u2018de Mayence.Il se pro- NOnça très vivement, durant la guerre ~ \u2018 JOURNAL DES CAMPAGNES \u2014 * d'Orient, contre l\u2019attitude passive prise par le gouvernement vis-à-vis de l\u2019Angleterre et de la France.Au mois d\u2019octobrs 1852, l\u2019état de santé du roi Frédéric-Guàllaume IV le força de confier les rênes du pouvoir au prince de P russe, qui, l\u2019année suivante, par suite de l'aggravation de la maladie du monarque, fut déclaré régent, malgré l'opposition du parti dévoué à la politique de son frère.Cela se passait le 7 octobre 1858.Il monta bientôt sur le trône et s\u2019attacha tout aussitôt les hommes qui ne devaient plus le quitter et qui ont travail- 16 avec lui à rendre l\u2019Allemagne puissante, le prince de Bismarck et le général Moltke.Avant de descendre dans la tombe il a vu son empire grand et respecté, entre tous, il est mort sans voir le drafieau tricolore flotter de nouveau au-dessus de l\u2019Alsace-Lorraine ! LA MORT DE L\u2019EMPEP EUR Londres, 10.\u2014La mort de l\u2019empereur Guillanme continue à faire le sujet de l'attention générale du public de cette ville.Tous les journaux publient des bio grapifies de l\u2019empereur et, quelques uns mêmes, sont en deuil.De ce nombre sont des journaux du matin.C\u2019est là un tribut d'hommage qui est rarement rendu à un personnage étranger, quelqu\u2019illustre qu\u2019il soit.Un fait curieux c\u2019est que la première nouvelle de la mort de l\u2019empereur fut transmise à l'ambassadeur allemand de cette ville, par le moyen d\u2019un télégramme, reçu à neuf heures du matin, par lord Salisbury, et que ce dernier fit parvenir à l\u2019ambassade allemande.On a une preuve de la vénération du public anglais pour le vieil empereur dans le fait spontané suivant que les deputés des deux partis politiques aux Communes se décoiffèrent lorsque l\u2019hon.M.Smith lut le télégramme officiel, confirmant la nouvelle de la mort de l\u2019empereur Guillaume.LE JEUNE RÉGENT D'ALLEMAGNE Londres, 10.\u2014La politique du jeune -régent d\u2019Allemagne est suivie avec le plus vif intérét, On voit jusqu\u2019à quel point l'opinion publique redoute sa trop grande ardeur militaire par le fait que, dans plus d\u2019une circonstance, le jeune régent a jugé nécessaire de chercher à rassurer le peuple allemand sur son compte.Ce peuple a trop conscience et expérience des horreurs de la guerre pour ne pas désirer ardemment la paix.LE PRINCE DE GALLES Londres, 10\u2014C\u2019est aujourd\u2019hui le 25e anniversaire du mariage du prince de Galles.La reine Victoria dinera avec lui au Malborough House.C\u2019est la première fois qu\u2019elle dîne en dehors de son palais depuis la mort du prince Consort.Vu le décès de l\u2019empereur Guillaume,ce diner n\u2019aura pas le caractère d\u2019une démonstra- tiou publique.Ce ne sera qu\u2019une simple réunion de la famille royale ; et aucun autre personnage, à part les parents du prince et de la princesse de Galles, y assistera.M.CHAMBERLAIN Londres, 10\u2014Le steamer do la ligne Cunard, I'Umbria, avec M.Chamberlain son bord est arrivé dans ce port.au- jourd\u2019hui.M.Chamberlain part ce soir pour Birmingham où il sera l\u2019objet d\u2019une réception publique.UNE VILLE DÉTRUITE 15,000 PERSONNES TUÉES San Francisco, 17.\u2014Lo steamer City Sidney apporte des détails sur le trem- blemeut de terre de Yunnan.La ville entière est en ruines et plus de 15,000 personnes ont été tuées.Une grande êten- due de terre s\u2019est affaissée et a élé yem- placée par un lac.LE RAPE MALADE Rome, 11\u2014Le pape a été légèrement indisposé depuis deux jours.Bien que les symptômes ne soient pas dangereux, cependaut on craint que son vieil âge et la fatigue que lui ont causée les fêtes du jubilé, n'aient un mauvais effet sur sa santé.Un consistoire pour la nomination de plusieurs évêques se tiendra le 16 courant.LE CARDINAL CZACKI Une dépêche de Rome annonce la mort du cardinal Czacki.Le cardinal Czacki était né en 1834 et avait été nommé cardinal en 1882.LA TACHE HÉRÉDITAIRE DES HOHENZULLERN Berlin, 11\u2014Le mois de mars a été un mois fertile en événements dans la vie du vieux Hohenzollern qui a trépassé vendrédi matin.Sa mère, la reine Louise, naquit le 10 mars 1279, Vingt-trois ans plus tard, le 22 mars, l\u2019empereur Guillaume ler venait au monde.C'est en 1840 que son père Frédéric-Guillaume II, sentant sa fin prochaine, fit appeler ses deux fils, Frédéric Guillaume et Guillaume et leur cousin, le czar Nicolas, et le fit jurer la main dans la main, une amitié permanente entre les deux dynasties.Le serment a été tenu jusqu\u2019à présent, quoique Nicolas et Alexandie soient depuis longtemps dans la tombe.Tous deux sont morts au mois de mars.On se rappelle maintenant que Bismarck s\u2019opposa, en 1858, au mariage du prince héritier avec la princesse Victoria d\u2019Angleterre en disant qu\u2019il fallait éviter \u201c toute alliance matrimoniale avec guelfes scrotuleux.\u201d La situation actuelle justifie les appréhensions qu\u2019avait alors M.de Bismarck.Les affections scrofuleuses et autres plus terribles qui empoisonnent le sang de tant de familles royales sévissent surtout chez les Hobenzollern.Depuis bien des années l\u2019impératrice Augusta souffre de scrofules héréditaires ou d\u2019une maladie analogue.Elle tient cette affection de sa mère Marie Paulowna, qui était la fille du czar Paul,l\u2019un des hommes les plus scro fuleux de sa génération.Toutes les filles de Paul ont transmis la-tache à leurs descendants.L\u2019une d\u2019elles, Anne Paulowna, était la mère du présent roi de Hollande, et la mort récente de ses deux fils est attribuée à cette affection.Dans la branche mile des Romanoff, la même maladie a causé la mort du czarevitch, le frère ainé du czar actuel et il est fort douteux que le czarevitch actuel n\u2019atteigne l'âge d\u2019homme.Chez les Hohenzollern, ce n\u2019est pas seulement le prince héritier qui souffre de cette tache héréditaire, c\u2019est encore son fils Guillaume qui dans quelques semaines ou quelques mois sera empereur.Sa surdité est héréditaire et lorsqu\u2019il est né il n\u2019avait qu\u2019une boule de chaire informe là où devait être la main droite.La seul sœur du nouvel empereur est la .grande duchesse de Bade et de ses deux fils l\u2019un est mort le mis dernier et l\u2019autre est très malade à Cannes d\u2019une affection scrofuleuse.La maladie ne se ma- mfesta chez l\u2019impératrice Augusta que lorsqu'elle eut atteint l'âge mur.Depuis lors elle ne porte que des robes montantes.PETITE GAZETTE À l'ouverture de la Cour, le sept mars courant, monsieur Linière Taschereau, C.R., au nom de ses confrères du Barreau du district de Beauce, présenta à l\u2019honorable juge H.Oyrias Pelletier, qui succède à l\u2019hon.A.R.Angers, une adresse de bienvenue, à laquelle Son Honneur a fait une réponse remplie des meilleurs sentiments à l\u2019égard des membres du barreau de ce district.Un document historique qui ne manque pas d\u2019intérêt vient d'être mis au jour par le département du secrétaire d'Etat.Un des commis chargé de la classification des vieux dossiers par provinces, a mis la main sur original de la communication adressée au lieutenant-gouverneur du Bas Canada à l\u2019occasion de l\u2019accession de Guillaume IV au trône de l'Angleterre.Le document qui est parfaitement conservé, porte les signatures du duc de Wellington, duc de Roselyn, Henri Goulbourne, lord Ellenborough, Robert Peel et J.C.Harries.Le débat sur la destitution de M.Poirier et des deux M.Tremblay aura lieu demain.| \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014e rer 10 | » - = > - \u2018JOURNAL DES CAMPAGNES le | \u2018 FUNERAILLES - Les funérailles de madame Duchesnay ont eut lieu ce matin à la Basilique.Un grand nombre de parents ei d\u2019amis y assistaient.Le deuil était conduit par M.Honoré Ohouinard, gendre de la défunte, MM.Alexandre Lindsay, Arthur et Edouard Duchesnay, Alexandre Taschereau, Cirice Têtu, etc., etc.Mgr Henri Têtu a fait la levée du Corps.Son Eminence le Cardinal a chanté le service avec Mgr Légaré, V.G., comme prétre assistant, M.le curé de Québec et M.l\u2019abbé Mathieu, du Séminaire, comme diacre et sous- diacre.Le libera a été chanté par Son Eminence.La sépulture s\u2019est faite à l\u2019Hôpital Général.Nombreux clergé au chœur de la Basilique.On remarquait entre autres Mgr Pâquet, Mgr Hamel, Mgr Marois, MM.les curés de Saint-Roch, de Saint-Jean, de Beauport, de St- Jérôme, le R.P.Désy, supérieur des Jésuites, le chapelain de l\u2019Hôtel- Dieu, des Sœurs Grises, etc.Correspond unce Monsieur le Rédacteur ; C'est une bien belle chose que d\u2019avoir de l\u2019esprit, mais c\u2019est une chose que tout le-monde n\u2019a pas, bien que beaucoup croient l\u2019avoir : Or imaginez-vous donc la position de ces gens qui s\u2019érigent ainsi en beaux exprits et qui sous prétexte de vous servir des finesses vous offrent des plalitudes du plus beau cru.Ge qu\u2019il y a de remarquable surtout c\u2019est que, croyant, j'imagine que la bêtise a couvert toute la terre, ces fanfarons s\u2019en vont cacher leur naïveté à l\u2019ombre d\u2019un brin d'herbe ; mais, monsieur l\u2019individu qui signez \u2018\u201c Les Universitaires,\u201d l'ombre d\u2019un brin d'herbe c\u2019est bien peu de chose,etla protection tutélaire \u2018 d\u2019un Universitaire d\u2019autrefois \u201d qui conclue du singulier à l\u2019universel, c\u2019est bien peu solide.Croyez-m'en, Monsieur le critique : \u2018* L'esprit qu\u2019on veut avoir gâte celui qu\u2019on a.\u201d Tâchez donc de mieux prendre vos informations avant de prononcer votre jugement et sachez, qu\u2019abstraction faite, des errours typographiques volontaires et involontaires, \u201c Ni trop haut, ni trop bas, c\u2019est le souverain style.\u201d L'auteur de la lettre de l'*\u2018Evénement\u201d | ne vous a pas rendu responsable de son style.Et de quel droit avez-vous signé \u201c Les Universitaires ?\u201d Nous sommes 150 étudiants à l\u2019Université-Laval et plus de 130 ont à ma connaissance protesté contre vos deux lignes.Spécifiez vos accusations, monsieur le délicat, et surtout prenez garde qu\u2019on ne vous frappe sur les doigts \u201c consilio manu- que.\u201d Quant à l\u2019Universitaire d\u2019autrefois qui raisonne si bien rappellez-lui donc s\u2019il vous plaît qu\u2019un jour : Un gros serpent mordit Aurèle.Que croyez-vous qu\u2019il arriva 2.Qu'\u2019Aurèle en mourut ?\u2014Bagatelle ! Ce fut le serpent qui creva.Mille remerciements Monsieur le Rédacteur.UN UNIVERSITAIRE.LES CONFÉRENCES.JEAN CABOT M.l\u2019abbé Beaudoin, professeur au petit Séminaire, a commencé hier soir une étude biographique et historique sur Jean Cabot.Un auditoire nombreux se pressait autour de la chaire du conférencier dont l\u2019érudition historique est incontestable.Jean Cabot, Cabotto ou Shabot naquit tout problablement à Gênes, bien que certains auteurs lui donnent la Savoie comme lieu d\u2019origine, vers l\u2019année 1436.Il vient résider à Venise en 1461, alors que l\u2019opulente république avait à lutter contre Mahomet 1I, dont I\u2019empire était très redoutable.Cabot offrit ses services à sa ville d\u2019adoption, et il servit dans la marine marchande.Bien que Venise eût aussi une armée navale, Cabot dut avoir maintes occdsions comme marin de faire le coup de feu contre les musulmans.Cette guerre dure jusqu\u2019en 1476.Le 28 mars de cette même année, la ville de Venise lui offrit des lettres de naturalisation, qui en fireut un citoyen vénitien.Jean Cabot avait épousé une vénitienne dont il eut trois enfants : Louis, Sébastien el Censius.Des écrivains ont prétendu que Sébastien naquit à Bristol.M.l\u2019abbé Beaudoin nie cette assertion, et il prétend que Jean Cabot ne se rendit en Angleterre qu\u2019en 1477, et qu\u2019il séjgurna à Vénise jusqu\u2019à cette époque.Toutefois Cabot flt après 1478 une expédition commerciale à la Mecque, en Arabie.Après le retour de Christophe Colomb de son voyage .de découvertes vers les pays de l'Ouest, Jean alla offrir ses service à Henri VIT, roi d'Angleterre vi les accepta avec empressement.Il se fixa 4 Londres dans la rue Black Friars.Mais il ne s\u2019y fit on l\u2019a prétendu.Le 5 mars 1496, le roi accorda des lettres patentes à Jean Cabot et à ses trois fils qui avaient formé une compagnie, les autorisant à faire voile vers l\u2019ouest, avec 5 navires et autant d'hommes d\u2019équipage qu\u2019ils auraient besoin.La couronne d\u2019Angleterre se réservait le cinquième des profits nets.Jean Cabot leva l\u2019ancre le 2 mai 1497.Après avoir navigué vers l'ouest sur un arcours de 700 milles, il toucha enfin la terre ferme dont il prit possession en y plantant une croix.Il croyait avoir atteint Cathay ou Zipangu, c\u2019est-à-dire, la Chine ou le Japon.FI revint à Bristol le & août de la même année.Ce fut sa première expédition, mais ce ne fut pas parait-il, la plus importante.+ Certain historien a préténdu que Cabot toucha le sol d\u2019Amérique pour la première fois en 'anné 1494.Il s'appuie sur une carte de Clement Adams conservée par Hakluyt.Mais c\u2019est une erreur.= D'autres ont voulu enlever à Jean Cabot le mérite de cette démarche, pour en revêtir ses fils.C\u2019est à tort, car Jean Cabot était le chef réel de l\u2019expédition et c\u2019est à lui qu\u2019en revient l\u2019honneur.L'Expérience du Révéreni PÈRE WILDS.Le IMév.Père Z.P.Wilde, missionaire trés connu do la ville de New York, et frère de fou l'éminent Juge Wilds, de 1a Suprôme Cour du Massachusetts, ébrit co qui suit: \u201c178 E.bith St., New York, 16 Mai, 1882, MESSRS, J.C.AVER & Co : Je fus, l'hiver dernier, en proie à uue humeur qui torturait mes mornbres de démangeaisons intolérables ; In nait surtout mes souffrances étaient terribles, outro les déman- genisons, un feu intense me consumait, il m'était Impossible de supporter la plus légère couverture.«do souffrais en même temps d\u2019un violent catarrho, et d\u2019uno toux catar- rhewse; j'avais pordu l'appétit, et mon système était au plus bas.Connaissaut la valeur do la SALSEPAREILLE D'AYER, soit par observation dans plusieurs cas do maladie, soit par l\u2019usago que j'en avait fait moi-même quelques années auparavant, jo Sommen gal à m'en servir, pour mettre, s\u2019il était possible, un torme à mes horribles souffrances, Mon appétit commença à revenir presque à Ja première dose.Après un temps très-court la * fidvre et ies démangeaisons 60 calmèront, et tout signe d\u2019irritation do In peau disparut.Mon catarrhe et ma toux disparurent aussi, et ma santé s'améliorant graduellemont est devonue excellento.Je mie sens cent pour cent plus fort, et ce résultat je lo dois à Ia SALSEPAREILLE, quo je recommande en toute confinnce comme la meilleure médecine pour purifler lo sang.J'en prenais trois petites doses Jar jour, et avant que la deu- xièmo flacon fût fini, ma santé était complètement rétablie.Je mets ces faits à votre disposition, vous devriez les publier dans l'intérêt de nos semblables.A vous, avec respect, Z.P.WiLDs,\u201d Le cas cité ci-dessus est un entre mille.Nous recevons journollement des attestations «de cores merveilleuses, toutes prouvent In faculté de là SALSEPAREILLE D'AYER pour guérir toutes Jes maladies provonant de l'impureté et de Ja pauvreté du sang et d\u2019une vitalité affaiblie.La Salsepareille d'Ayer purife, enrichit, ot fortifie le sang, stimule l\u2019action de l'estomac et des {ntestins, ct par conséquent met le système à même de resister avec succès aux attaques de toutes les Maladics Scrofuleuses, Eruptions de ln Peau, Rhumatismes, Catarrhes, Débilité Généralo, et tous les désordres résultant d'un sang pauvro ct corrumpu ct d'un système faible et débile.PRÉPARÉE PAR LE Dr.J.C.Ayer& Co, Lowell,Mass.En vente dans toutes les Pharmacies; prix 81, six flacons pour 85, pas naturaliser, comme fichos & nouvelles - Manufacture Lyndi les ouvriers de la manufacture Gravel, à St.Romuald, ont commencé à travailler la nuit par suite du surcroit de travaux à faire.Les ouvriers sont divisés en 2 groupes : un pour le jour et l'autre pour la nuit.A Trois-Pistoles L\u2019église, paroissiale de Trois-Pistoles est maintenant tout à fait terminée et la paroisse y entend la messe depuis le ler janvier.On fera démolir la vieille au mois de mai et on parle d\u2019employer les matériaux à, la construction d'un nouveau presbytère.En agissant ainsi les paroissiens de Trois-Pistoles épargneront un $200 à 8300.Ces travaux seront commencés ce printemps.Union 8t-Joseph a St-Roch .Officiers élus le ter, mars 1888 :\u2014 MM.Chevalier J.E.Martineau, président ; Nap.Dussault, 1er.vice-président ; Jos.Bélanger, ème.vice-président; J.B.,Drouyn, sect.-arch ; L.L.Laliberté, Ass.-sect-arch ; Arth.Dion, sect-corresp; Jean Minguy,trésorier ; L.U.Lelièvre, assist.-trésorier; collecteurs, L.B.Godbout, C.N.Lafond, N.O.Blais, Oct.Ratté ; commissaire-ordonnateur) W.Bertrand ; ass-comm.- ordon., J.Thorn.Comité de régie : Philias Béland, Jos.Huart, Oct.Dionne, L.T.Bernier, et T.N.Chassé.Auditeurs : Alph.Laberge et L.G.Belzil.Religieuse Canadienne à la Louisiane Medemoiselle Lizzie Rutledge, autrefois de Montréal a prononcé dernière ment ses derniers vœux au couvent du Sacré-Cœur à Paris.Le cardinal arche- vêpue de Paris-et le cardinal archevé- que de Mexico assistaient à la cérémonie.La nouvelle religieuse est la sœur de Mme E.Marquette dont le mari est agent d'immigration ; elle est passée à New-York en route pour le couvent de Saint-Michel à la.Louisiane.: Tempète Un vent de nord-est des plus terribles a commencé à sévir lundi soir, et a fait rage durant toute la journée.d'hier, au grand détriment des voyagours.Tous les trains ont sinon été bloqués, du moins retardés.Les convois de l\u2019Intercolonial sont tous eneigés à l\u2019Islet.Le train du Pacifijur dû hier matin est arrivé ce mat u seulement.Les deux autres qui le suiv out sont en retard.Les vapeurs Pilot et Queen, qui font le service entre Québec et Lévis, n\u2019ont pu traverser de la journée, la glace les ayant retenus de ce côtéci.Iln\u2019ya que le Polaris, le vapeur du Grand Tronc, qui a pu faire un voyage dans le cours de la matinée.Cela a été cause que beaucoup de ersonnes qui désiraient assister aux unérailles de M.Collet, à St Henri, n\u2019ont pu le faire.> Mgr Marois a été plus heureux ; il est parti lundi.Le vent a causé dans la ville plusieurs accidents sans gravité.Plus d\u2019une cheminée a eu son chapeau enlevé, beaucoup de toits ont été endommagés, et plusieurs cuseignes ont été décrochées.L\u2019un des gros arbres en dedans de la grille de la cathédrale anglicane, sur la rue des Jardins, a été partiellement abattu et a failli écharper M- Arthar Prémont, commissionnaire de l\u2019hon.C.A.P.Pelletier, qui passait alors.Un des omnibus du tramway de St- Roch a été renversé par le vent, rue St-Paui.Heureusement, les deux femmes qui s\u2019y trouvaient en ont été quittes pour une culbute.: | | \u2014À St Sauveur, l\u2019échafaudage de la halle en construction s\u2019est écroulé.Deux des kiosques de la terrasse Frontenac ont été endommagés.\u2014La halle de Lévis a passablement souffert de l'ouragan.Les convois du Grand \u2018tronc et de l'Intercolonial ont été bloqués comme ceux de la rive nord.M.le curé de Lévis et plusieurs qui étaient partis pour assister aux funérailles de M.Collet, à St Henri, ont été forcé de rebrousser, chemin.L'entrepreneur des pompes funêbres M.P.Pouliot, de Lévis, n\u2019a pu se rendre T avec son corbillard, qui a été renversé et tellerfient avarié qu\u2019il a fallu-le laisser en route.Les conducteurs ont eu de la difficulté à sauver le cheval.;( \u2014Enfin, la glace entre Québec et l\u2019île d\u2019Orléans a été cassée sur.une grande étendue, et le chemin est disparu avec.\u2014Le Polaris a réussi à faire un sécond voyage, hier l'après-migi.= \u2014Les apprentis de la briqueterie Perrin, près de l\u2019hôpital du Sacré-Cœur, ont été renversés.\u2014Hier midi, le chapeau d\u2019une des cheminées de I'hdtel Blanchard a été enlevé parle vent et est tombé dans une carriole appartenant à un cocher de place du nom de Simard.Le cheval a pris peur el est parti au grand galop.Heureusement il a pu être arrêté avant d\u2019avoir été cause d'accident.Chambre de commerce L'élection des officiers de la Chambre du commerce de Lévisa eu liou avant- hier soir, et a donné le résultat suivant: .Président\u2014M.Julien Chabot ; Vice-président\u2014M.J.Buchanan ; Sec-Trésorier\u2014M.Alf.Lemieux ; Membres du conseil\u2014MM.L.E.Couture, T.Paradis ; Joshua Thompson, JE.Mercier, D.L\u2019Airé, J.B.Michaud, C.Darveau, G.T.Daxie, Dr N.Lacerte, Alp.Desjardins, T.Arsenault et Aug.Caurier.Un club à Chateau Richer M.Nap.L'Heureux, secrétaire correspondant du club d\u2019Iberville, récemment fondé à Château Richer, nous fait part de la fête religieuse donné dimanche dernier par le club à l\u2019occasion de la fête de Saint Joseph.On a exécuté sous la direction de M.Ed.Rousseau la messe de second ton harmonisée, avec- accompagnement de cornet à piston par M.H.Dick ; l\u2019ensemble a été parfait.Chose étonnante de la part de jeunes gens qui ne comptent que quelques mois d\u2019étude.On a aussi chanté l\u2019Agnus Dei de la messe brève de Gounod, et à vépres les psaumes harmonisés, les solos ont été exécutés par MM.J.B.> ne des - - UE À, a JOURNAL DES UAMPAGNES i3 Feuilleton du JOURNAL DES CAMPAGNES 15 Mars 1888.\u2014 No 2 RÉTATKARVHS 4 MAT (Suite) Sous le masque du dévouement, ils cachent une infime perfidie.Et, tandis que Marie Thérese recevrait le prix de sa complicité politique a ce qui serait l'assassinat d\u2019une nation on serait en droit de demander combien ses conseillers perfides tonche- raient de la Prusse pour prix de leur trahison.\u201d J'avais à peine prononcé ce mot que Ryswick, pale de rage, s\u2019avanca vers moi.« _Savez vous comte Alberti, me demanda t il que j'approuve la lutte de Catherine II contre Poniatowski, ce sujet dont elle fit un roi ?\u201c_\u2014Ce catholique dont elle ne put faire un rénégat.\u201c_Savez vous que Frédéric de Prusse est à mes yeux un grand politique, et que.\u201c\u2014Et que vous en avez reçu un cordon ?je le sais.\u201d De pâle qu\u2019il était, Ryswick devint blême, et me jeta ces mots : \u201c\u2014Tout n\u2019est pas fini entre noue, Monsieur ! \u201c\u2014Je l'espère, fis je en saluant.Je continuerai à défendre les vrais intérêts de l'Impératrice et ceux de l\u2019Autriche, tandis que vous resterez ici le champion dévoué de la politique prussienne.\u201d ' ; Un instant, j'ai cru recevoir en, plein visage le gant du général ; mais un ami de Ryswick l'a entraîné; tandis qu\u2019un groupe d\u2019amis dont je m\u2019honore d'avoir conquis l'estime, m\u2019entourait en me félicitant de ma hardiesse, mais en m\u2019interdisant d\u2019aller plus loin.\u2014Reynold était il là ?demanda anxieusement Agnès.\u2014Oui, répondit Carlo.\u2014Et il a pris parti.\u2014Pour Ryswick, répondit le comte.: : ; \u2014Pardonne lui, Carlo, pardonne ul.EN \u2014Je ne sais point hair, répondit lecomte ; d\u2019ailleurs,mon respect pour la\u2018comtesse Gutta et ma tendresse pour toi, ne me permettent pas d\u2019être l\u2019ennemi de ton frère.> \u2014Tout à l'heure tu m'as dit un mot terrible.Carlo.Ryswick a failli te jeter son gant au visage.\u2014Ecoute, chérie, dit le comte, ma raison, comme ma foi, repousse le duel.Se battre est risqueur de commettre un assassinat devant témoins: voilà toute la différence qui existe entre un duel et un meurtre\u2026 Que ceci suffise pour te rassurer.J'ai donné, je crois d'assez grandes preuves de bravoure sur le champ de \u201c bataille pour n\u2019être point obligé de commettre un acte que je crois cou- Ppable, afin de prouver que je ne redoute pas une épée nue.Seulement, Je ne puis répondre des violences de Ryswick.Je lui ai jeté devant tous le nom de traître, je l\u2019ai accusé de .comploter avec le roi de Prusse un acte déloyal, défavorable à l\u2019Autriche, et qui peut laisser sur le règue de Marie Thérèse une tache indélébile : J'al rempli mon devoir, mais qui sait Ce que lui conseillera la haine ?Agnès prit dans les siennes les deux mains dé son mari.\u2014Ta conscience est droite, lui dit elle, ta valeur a toute épreuve.Je crols en toi comme en un conseiller plein de sagesse, et je te respecte comme un maître.Ne souris pas, Carlo ; le mariage te fait réellement mon seigneur et maître.Ta vie est ma vie.J\u2019approuve tes scrupules.Si graves que puissent être les consé- juences de ton entretien avec yswick, nous serons deux à les supporier.\u2014Ohère femme ! , \u2014 Seulement tu as promis d\u2019être prudent, par tendresse pour moi, par respect pour ta mère.\u2014Oui, je le jure encore.\u2014Laisse moi maintenant t'offrir un talisman contre le malheur.Quand tu es entré ici, tu as vu, au milieu de mes parures, ce bouquet de fiançailles béni à l\u2019autel de Notre Dame de Zell.Dieu sait quel prix j'y attache, mon Carlo ; mais moi je ne redoute aucun péril.Je vis entre ma mère, toi et Reynold.Vos tendresses me protégent, tandis que tu viens de mettre le pied sur un serpent.Prends donc ces pauvres fleurs, cache les dans ta \u201cpoitrine, sur ton cceur.Je suis sûre qu\u2019elles te préserveront de tout danger.Car tu ne sais pas tout, Carlo.Le baron de Ryswick ne se trouve pas seulement ave tol en opposition de sentiments politiques, il existe entre vous une vieille haine inavouée dont je dois aujourd'hui te révéler le mystère.Quelques mois avant que tu demandasses ma main à ma mère, Ryswick, s'appuyant sur l\u2019amitié de mon frère, s'était présenté en prétendant.J'ignorais donc ce que pouvait amener la politique, mais je savais que le baron avait une foi faible et stérile, je le soupçonnais d'être plutôt protestant que catholique, et je ne pus me déterminer à l\u2019accepter pour époux.Toi, tu avais la foi, la jeunesse, l'enthousiasme : je te dunnai ma main et ma vie quand tu me les demandas.Mais, si Ryswick semble dans ses relations avec nous avoir perdu le souvenir de l\u2019humiliation reçue, sois sûr qu\u2019il en ressent une haine violente.Oette haine rejaillira sur toi; toi seul ; et qui sait si elle ne se manifestera point d\u2019une façon terrible ?\u2014Si j'étais né sujet Autrichien, répondit Carlo Alberti, sans nul doute la rancune du baron aurait pu m'\u2019attirer une disgrace ; mais je n\u2019ai d\u2019autre rang que celui que m\u2019assignent mon nom et ma fortune.J'ai refusé les emplois et les grades.\u2014T'u vis ! s\u2019écria Agnès, c\u2019est trop peut être pour Ryswick.\u2026.Prends donc ces roses, elle te seront un bouclier.Serrées dans ce coffret, elles me rappellent de temps le jour déjà lointain de nos fiançailles ; cachées dans ta poitrine, elles te garderont par un miracle de la bonté de Notre Dame de Zell.\u2014Enfant ! dit Carlo en posant sa main sur les cheveux blonds de sa femme.\u2014Faut il te le dire ?la querelle d\u2019hier m\u2019inquiéte moins en elle méme que par ce fait qu\u2019elle se rattache à un épisode qui fit sur moi jadis, l\u2019impression la plus grande.: \u2014Il existe donc des secrets que j'ignore, dans l\u2019Ame de mon Agnès.\u2014Oh ! ce fait te semblera peut être insignifiant, et moi même je l'aurais oabliè si ta querelle avec Ryswick ne me le remettait en mémoire.Il y a trois ans, je ne te connaissais point, Carlo, et ma vie se passait entre mon frère et ma mère aveugle.Un jour, au moment où je quittais Saint Etienne, je me trouvai en face d\u2019an rassemblement tumultueux: J\u2019entendis les mots de \u2018\u2018 sorcière,\u201d de \u201cmisérable.\u201d Je vis que les hommes irrités, à demi ivres entraînaient une gitane pâle de terreur, au bras de laquelle se cramponnait une enfant.Je me précipite vers ces malheureux, je me nomme ; on me permet de les faire monter dans mon carosse, au lieu de les soumettre à l\u2019humiliation de traverser la ville au milieu de groupes ramassant des pierres pour les lapider.Avant de me quitter, Ja vieille gitane me prit la main, en considéra les lignes avec une attention marquée, puis elle me dit : ** Un jour, vous et l\u2019homme que vous épouserez, vous vous trouverez dans une situation dont rien n\u2019égale- re l'horreur.Vous avez été bonne pour la gitane, celle ci sera prévoyante pour vous.\u201d La vieille femme arracha un sequin de son collier, et me le présenta : \u201c Gardez le, me dit elle, et donnez le à la personne que vous souhaitez protéger.\u201d\u2014Je pris le sequin, le voici.Prends le, fixe le a cette chaine, et ne t'en sépare jamais.\u2014Je te le promets, répondit le comte.; \u2014Tu me donnes ensuite ta paro- e\u2026 \u2014De ne point cherchercher querelle au baron, et d\u2019éviter l'occasion de le rencontrer ?\u2014Oui \u2014Je le jure, répondit Carlo.\u2014Merci, et à demain.\u2014Oui, mais à demain soir\u2026 Un exprès m\u2019a apporté une lettre du vieux garde Waster, et j'irai le trouver à l\u2019aube dans sa petite maison sur la lisiére du bois de Hardigmais sois tranquille, l\u2019hiver-n\u2019est pas assez rude pour que je rencontre des bandes de loups.\u2014Tu as le courage de rire ! dit Agnès.\u2014Sans doute, répondit le comte, puisque je t'ai promis d'être prudent.Carlo cacha le bouquet dans sa poitrine, fixa le sequin à une lourde chaîne d'or et quitta sa femme, qui, après l\u2019avoir suivi du regard, alla de nouveau s'agenouiller devant l\u2019image de Notre Dame de Zell.IT FACE À FACE Il faisait un temps froid, mais superbe, une de ces matinées d\u2019hiver ou la neige des hauteurs a, pour ainsi dire, une majesté riante, ou les aiguilles de glace décorant les branches noirs des sapins les font ressembler à des arbres de diamant.Les ruisseaux gelés s\u2019argentaient sous les rayons du matin ; sur les routes, le pas des montures et celui des hommes retentissaient avec un bruit clair.Le ciel, d\u2019une grande pureté, étalait le bleu intense du printemps ; si la nature sommeillait, on devinait que le réveil n\u2019était pas éloigné.Le comte Alberti, monté sur un de ses meilleurs chevaux, courait sur la route conduisant à la maison du garde qui l'avait fait mander.Carlo Alberti, fils d\u2019un père vénitien, s\u2019étant trop occupé d\u2019affaires de la sérénissime république, et prévenu par un ami qu\u2019il devenait suspect au conseil des Dix, avait, vingt ans avant l\u2019époque où se passe notre récit, quitté précipitamment sa ville natale, pour chercher la sûreté et la liberté en Autriche.Ses biens, vendus avantageusement en Italie, lui donnèrent le moyen d\u2019acheter dans sa nouvelle patrie des bois et des terres.Il acquit un château perdu au fond d\u2019une forêt, puis un hôtel à Vienne, et, reprenant durant l\u2019automne sa vie de chasseur déterminé ; en hiver, dans la capitale, son existence fastueuse, il tentait d'oublier son palais de Venise, et cette douce langue italienne dont la musique l\u2019avait bercé ! Carlo était alors un enfant.Il s\u2019accoutuma vite à sa nouvelle patrie.Mais il garda cependant un souvenir puissant des canaux de Venise, de Saint Marc, du champ du repos où dormait sa mère.Nes études, dirigées par un prêtre qui avait êté l'élève et l'ami du savant Athanase Kircher, furent rapides et brillantes.Il ne devint pas seulement un cavalier accompli, mais un homme érudit que sa science n\u2019entacha jamais de pédantisme.Il eut ce bonheur si rare d\u2019avoir pour père une homme dont la moralité égalait Ja tendresse intelligente, et pour précepteur un prêtre qui, tout en lui enseignant les sciences, les lettres et les arts, protégea sa jeunesse ardente contre \u2018des entraînements dangereux.Sa passion de l'étude, l'amour de la chasse,de longs et instructifs voyages occupèrent Carlo jusqu\u2019à l\u2019âge de vingt cinq ans.Il perdit alors son père et se trouva maître d\u2019une grande fortune.Riche comme il était, la plupart des autres jeunes gens, autant pour se distraire d\u2019une yroignante douleur que pour imiter les gentil- hommes légers de la cour au milieu de laquelle il était appelé à vivre, se seraient jetés dans la dissipation ; mais Carlo ne sentit pas même la tentation de renier les préceptes de son père et ceux de son gouverneur.Il habita, durant l'année de son deuil le château caché au milieu du bois de Hardig, et quand il reparut à Vienne, une expression de maturité précoce avait remplacé la bouillante ardeur de la jeunesse.Carlo Alberti revit les amis de son père, il se lia avec des hommes sérieux, travailla beaucoup, commença des œuvres d\u2019une véritable valeur littéraire, et noua avec le plus célèbre poète de Vienne à cette époque, Luc d\u2019Egra, une de ces amitiés qui sont la véritable fraternité des âmes.Deux années se passèrent encore ; puis, un dimanche, au moment où il sortait de Saint Etienne, Carlo Alberti, ayant va pafser Agnès de Haag conduisant sa mère.aveugle, se dit que cette jeune fille réaliserait le rêve qu\u2019il s\u2019était fait d'une affection à la fois tendre et puissante, et il se fit peu de temps après présenter à la douairière Gutta de Haag par un ami de la famille.L'honorabilité de Carlo.le chiffre de sa fortune, son nom inscrit au livre d\u2019or de la noblesse de Venise, sa conduite presque austère : tout militait en sa faveur.La comtesse ne souleva aucune objection sur cette alliance, et Agnès consultée répondit à sa mère en se jetant dans ses bras.Mais le consentement de celle ci, s\u2019il était le seul indispensable, ne suffisait cependant pas à la jeune fille.Elle eût souhaité l'approbation de son frère Reynold.Celui ci, depuis la mort de Hugo de Haag, avait pris d\u2019une main assez rude les rênes de la maison.Il touchait les revenus de sa sœur, les administrait sans contrôle, et s'efforçait d\u2019obtenir de sa mère, la gestion complète de ses biens.Mais Gutta de Haag, en débit de sa cécité, refusa constamment à son fils cette preuve de confiance.Elle dontait de la régularité de sa conduite et s\u2019effrayait de quelques unes de ses relations.Mais ce qui l\u2019afligeait plus que les dissipations de Raynold, c\u2019était de voir que ce jeune homme, circonvenu par des amis dangereux, se mêlait à un groupe politique dont les opinions religieuses devenaient à juste titre suspectes.Reynold inclinait vers le protestantisme.Il n\u2019apostasiait pas, et peut être n\u2019eût il jamais osé le faire, dans la crainte du courroux maternel ; mais il séparait son âme de la foi catholique, et ses discours respiraient l'esprit de la réforme, tandis que ses vices grandissaient privés du frein qui longtemps les avait retenus.L'ami qui avait causé dans l'esprit de Reynold ce changement dont s'affligeait la comtesse douairière était le général Ryswick.Parvenu très jeune à une situation enviée, riche encore en dépit de ses folies, il avait tenté de former un pafti religieux et politique à la cour de Vienne.C'était un homme remuant, pas- 4 14 sionné, ardent à toutes choses, dont les vouloirs devenaient inflexibles.Peut être Ryswick n\u2019eût il jamais trahi une parole donnée, mais jamais non plus il n'avait pardonné une offense.On racontait ses duels comme autant de drames lugubres, et il tirait vanité de son adresse à manier l'épée.Moins chevaleresque que spadassin, il inspirait aux hommes sérieux plus d\u2019antipathie que de confiance.Cependant, un groupe de jeunes gens dont les passions ne connaissaient poiut de règles, \u2018en avaient fait une sorte de héros d\u2019aventures.Ryswick dictait des arrêts pour ce ui touchait aux affaires d\u2019honneur, e mode et de littérature, car ce fou tenait à grand\u2019joie de recevoir à ses soupers les hommes d'esprit et les artistes de Vienne.Un seul, et c\u2019était Celui dont la célébrité devenait la plus incontestable, avait décliné ses invitations et ses avances.C'était Luc d'Egre, l\u2019ami de Carlo.Mme de Haag qui accusait dans son cœur Ryswick de donner à la vie de Reynold une pente dangereuse, refusa constamment de le recevoir dans l\u2019intimité.Cependant sa résistance aux souhaits de son fils n\u2019empêcha point celui ci de lui transmettre un jour, la demande que le général lui faisait de la main d\u2019Agnès.Oelle ci, consultée, repoussa l'offre de Ryswick avec une sorte d\u2019épouvante.Reynold ne se tint pas pour battu.Il avait toujours redouté de trouver dans le futur mari de sa sœur un censeur de sa conduite, et un homme disposé à lui demander des comptes.Or les dilapidations de Reynold de Haag avaient largement entamé la succession d\u2019Agnès.Le frère prodigue, empruntant des sommes importantes sur les biens de sa sœur, en vait presque absorbé la valeur.La fantaisie d\u2019un des juifs complaisants qui lui avançaient leurs ducats pouvait, du jour au lendemain, déterminer la vente des terres et des bois.La douairière,en apprenant que Reynold venait de ruiner sa sœur, ne pourrait manquer de garantir à Agnès une somme égale à celle que les coupables folies de Reynold lai faisaient perdre et sa situation de gentilhomme se trouverait réduite à une fortune de cadet.Or, si Ryswick épousait Agnès, il était convenu entre les deux hommes que le général dégagerait les biens territoriaux d\u2019Agnès de Haag, et que les sommes consacrées à ce dégrèvement seraient son cadeau de noces à Reynold.On comprend quel intérêt gardait le dissipateur à voir ça sœur accepter la demande de Ryswick.Mais, outre ce motif, il en existait un autre non moins grand.Les suppositions d\u2019Alberti étaient fondées ; Ryswick, que ses folies mettaient à toute heure sur le penchant de la déconsidération et de la ruine, avait trouvé dans l\u2019aide qu\u2019il apportait à la politique de Frédéric de Prusse, une source intarissable de fortune.L'influence dont jouissait le fastuenx débauché à la cour, l\u2019avait signalé au roi comme un des premiers dont il dût s'assurer le dévone- ment.Il fit agir à la fois l'ambition, en promettant de s'attacher Ryswick aussitôt les négociations terminées, et de lui ménager une situation telle qu\u2019il n\u2019eût à céder le pas à personne.Ensuite, ayant appris que le général paraissait prêt à devenir l\u2019allié des sectaires de la confession d'Augsbourg, il l\u2019encouragea vivement à s'enrôler parmi les membres de la réforme.Ryswick devint: donc à Vienne l\u2019agent de la politique de Frédéric, et il groupa autour de lui un certain nombre d'hommes avides de situations, de grades, de richesses, considérant la prise de la Pologné par Frédéric comme le plus sûr moyen d\u2019obtenir des faveurs, des grades et des gouvernements.% =.JCOENA! DES CAMPAGNES eon SU uma A SR EU ri ré A Le frère d'Agnès était trop l'ami de Ryswick pour ne point devenir son complice dans cette trahison\u2019 habilement dissimulée sous l\u2019apparence du dévouement.Il partagea bientôt les aspirations, les croyances du général, et quand celui ci manifesta le désir d\u2019entrer dans sa famille, Reynold prit sur lui d'obtenir le consentement de sa mère et celui de sa sœur.En ceci, il se trompa grandement.La douairière de Haag refasa Ryswick avec une sorte d\u2019indignation,et Agnès repoussa avec terreur la pensée d\u2019une semblable union.Mais ces deux hommes, unis pour une cause mauvaise avaient dans le caïactère assez de témérité pour ne point s\u2019effrayer du double refus d\u2019une jeune fille et d\u2019une infirme.Agnès était douce et timide ; Gutta de Haag vieillie avant l\u2019âge par la douleur et la maladie.Ils ne doutaient point de venir à bout d\u2019une résolution, si ferme qu\u2019elle pût être.La douairière et Agnès céderaient sous la pression lente de la volonté de Reynold ; il ne s'agissait que de savoir attendre.Un événement inattendu ne tarda pas à diminuer la confiance du.comte de Haag : Carle Alberti fit demander Mlle de Haag en mariage.Les renseignements, fournis sur sa personne et sa famille, furent tels que la comtesse Gutta donna son approbation à ce projet.La condvite de son fils, les prétentions de Ryswick, quelques mots presque menaçants rapportés à ia douairière lui faisaient redouter pour Agnès la persécution de Reynold et l\u2019obstination de Ryswick.Elle connaissait trop son fils pour ne point savoir qu\u2019il ne reculait devant aucune extrémité afin de parvenir à son but Sa santé déclinait, Dieu pouvait la rappeler à lui.et laisser Agnès sans défense.Il importait de lui donner un protecteur, et de le choisir à ls fois digne et ferme.Carlo pouvait être ce compagnon vaillant, et Carlo Aiberti reçut de la douairière l\u2019autorisation de se présenter à l'hôtel en qualité de fiancé.Le frère d\u2019Agnès ne fut averti de la situation prise par Carlo dans la famille, qu'après que les jeunes gens eurent échangé de solennelles promesses.: Ryswich dissimula mal sa colére.Il accusa Reynold de l'avoir mal ser- Vi et se répandit en menaces contre Carle Alberti.Mais, si grande que fat sa colére, il dat la dissimuler en partie, et, s'il garda au fond de son cœur l'intention de se venger d\u2019un rival heureux, il dut montrer assez deprudence pour ne point se compromettre avant l\u2019heure.Dans la crainte de mécontenter violemment sa mère, Reynold n\u2019osa point refuser d\u2019assister à un mariage dont chacun le félicitait.Mais en vain CarloAlberti,prévenu de la façon dont le frère d\u2019Agnès avait compromis la fortune de la jeune femme, témoigna à ce sujet autant de générosité que d\u2019indulgence ; il ne put s\u2019attacher Reynold, aui resta le confident, l\u2019allié, le complice de Ryswick.Quand il l\u2019eut compris, Carlo Alberti se contenta de dégager les titres formant la dot de sa femme, et\u2018 de mettre en règle la créance de Reynold.Il n\u2019exigea rien de celui ci, il n'avoua pas méme la situation du fils prodigue à la douairière, mais il confia tous les papiers relatifs à cette affaire litigieuse, à John d\u2019Egra, père de Luc, notaire royal à Vienne, et honoré de la confiance des premières familles de la cour.La conduite d\u2019Alberti, en cette occasion, loin d'apaiser la rancune de Reynoid, la rendit plus intense.Il ne pouvait se consoler d\u2019être, en quelque sorte, à là merci de son beau frère.Les qualités d'honorabilité, de désintéressement d\u2019Alberti lui faisaient sentir plus cruellement la bassesse et l\u2019égoïsme de sa conduite.Il en vint à haïr Alberti au même degré que le général Ryswick, et chacun d\u2019eux n\u2019attendit que l\u2019occasion de manifester cette haine par des actes.On comprend dès lors l'angoisse de la jeune femme quand elle apprit sur quel terrain dangereux avait glissé la conversation de la veille, et avec quelle tendresse alarmée elle avait tenté de protéger son mari contre les malheurs \u2018prédits par la gitane.Carlo courait de toute la vitesse de son choval.Il avait hâte de voir le vieux Waster de lui adresser ces cordiales et fortifiantes paroles qui font souvent plus pour la guérison que les cordiaux et les remèdes.Cet homme, ancien serviteur du comte Antonio, avait donné à toute la famille des preuves d\u2019un entier dévouement; on ne pouvait le laisser s\u2019éteindre tout seul daus sa maison isolée sans lui rappeler que ses maîtres devenaient ses amis.Le vieux Waster se mourait stoi- quement, paisiblement.Il était levé, et vêtu de son uniforme,dont il avait seulement négligé de boutonner, complètement la veste.Un chien au poil rare,et dont les pattes tremblaient de vieillesse et de douleurs, restait à ses côtés, la tête posée sur un de ces genoux, et semblaient lui demander le secret de ses dernières pensées.\u2014Oui, Turc ! oui, mon bon chien! dit le garde, il faudra nous quitter,et seul peut être tu suivras mon convoi.Nous avons fait ensemble de bonnes chasses; tu prenais les lièvres à la course, et tu te jetais à la tête d\u2019un sanglier saus craindre les coups de boutoir\u2026C\u2019est fini mon vieux,ton \u2019 flair s\u2019est perdu, mes jambes se sont ronillées.J\u2019ai fait de mon mieux dans la vie, et le ciel sera miséricordieux à mon égard.J'ai souffert ; tout homme est destiné à la souffrance ; mais je me suis résigné parce que je suis chrétien.Je ne demande qu\u2019une seule chose : revoir le comte Carlo, et lui dire que je le remercie de ses bontés !.Bien des jeunes seigneurs dédaigneraient sans \u2018doute à sa place de se rendre à la priére d'un garde trop vieux pour défendre les bois des braconniers ; mais le comte Carlo ne ressemble pas à d\u2019autres, il viendra.N'est ce pas, mon vieux Turc, il viendra ?.Le chien poussa une sorte de gémissement, releva la tête, aspira l\u2019air, puis il replaça son museau sur la cuisse du garde chasse.Les yeux de celui-ci se fixèrent sur la forêt dépouillée, et il s\u2019absorba dans une longue réverie.Tout à coup le chien se leva, dégourdit ses pattes ankylosées, ot s'approcha de la porte, qu'il gratia doucement.Un hennissement se fit entendre à une faible distance, car Tarc aboya en tournant ses yeux intelligents vers Waster.\u2014Jl vient, n\u2019est ce pas ?Turc, il vient.Avant que le chien eut répété son avertissement, le comte Carlo pénétrait dans la salle.\u2014Béni soit Dieu ! Monsieur le comte, dit Waster,je puis encore vous recevoir debout.Vous êtes bon de vous être hâté, car demain j'eusse été couché pour me relever Jamais., \u20141I1 faut combattre ces tristes idées, Waster, répondit le comte, voyez rien n'indique en vous la maladie .u œil est vif encore, la pensée lucie\u2026 \u2014C'est égal, monsieur le comte, la lampe manque d'huile.Je voulai vous voir seul pour vous recommander encore une fois l'enfant de mon frère, la petite Myrtille.Je ne lai point mandée aujourd\u2019hui, j'avais peur de céder à l'attendrissement.Puis je voulais vous remettre sa dot, mes pauvres économies.Je sais bien que Mme Agnès est bonne et s\u2019'occu- perà de son établissement ; mais c\u2019est égal, je veux quelle ait les bijoux de ma défunte femme et les quelques centaines dé ducats mis en réserve pour elle.\u2014Mon bon Waster, fit le comte, je suis venu ici pour faire ce que vous souhaiterez de moi, et vous \u2018prier en même temps de ne point refuser le vœu de votre jeune maître.Vous ne - pouvez désormais rester dans cette maison isolée, Myrtille vous préparera dans l\u2019hôtel une chambre voisine de la sienne.Le service de ma femme lui laisse encore assez de loisir pour qu\u2019il lui soit possible de s\u2019occuper de vous.Je sais que vous ne vous effrayez pas d\u2019une solitude où vous trouvez Dieu par la prière ; mais mon père, qui vous aimait, ne me pardonnerait pas de vous laisser au fond du bois de Hardig.Vous avez à cœur d\u2019être rassuré sur l\u2019avenir de Myrtille, accordez moi de me tranquilliser moi même sur votre compte.Du moins ce n\u2019est pas votre nièce qui viendra vers vous, c'est vous, mon bon Waster, qui viendrez vers elle.Un de mes carrosses vous viendra prendre.\u2014Monsieur le comte, dit le vieillard, je souhaitais mourir dans mes bois comme j'y ai vécu.\u2014Vous y reviendrez au printemps, Waster.\u2014Faites à votre volonté, monsieur le comte; répondit le vieillard ; mais qui sait si demain.Il poussa un profond n'acheva pas sa pensée.Le comteresta plus d\u2019une heure près du vieillard, le consolant, le réconfortant, lai parlant de la petite Myrtille, sa dernière affection en ce monde, puis il le quitta en lui promettant de lui envoyer ie lendemain une voiture qui l\u2019amènerait doucement à Vienne.Il pouvait être midi quand Carlo Alberti s\u2019éloigna de la maison du garde.Il remouta à cheval, piqua des deux, et prit la route de Vienne.A une lieue environ de la ville, se trouvait un torrent qui, grossi par les pluies, avait acquis la largeur d\u2019une rivière.Des arbres, jetés d\u2019une rive à l'autre, formaient un pont agreste, mais peu solide et\u201c vacillant sous-les pieds.Il eut été imprudent de le franchir à cheval, et les cavaliers avaient l'habitude de le passer en tenant leur monture par la bride.Carlo descendit à deux.pas du pont, et guidant son cheval, il s\u2019avança sur les arbres mal équarris.Il se trouvait à peu près au milieu de cette passerelle, quand il vit en face de lui un cavalier prêt à imiter sa manœuvre.Cependant le pont ne se trouvait point assez large pour permettre à deux et à leurs chevaux de le franchir à la fois, il était d'usage que le dernier arrivé attendit que l\u2019autre voyageur se trouvât sur la rive.Mais soit que le nouveau venu n\u2019eût pas vu le comte Alberti, soit qu\u2019il fût résolu à lui disputer le passage, il s\u2019engagea sur la passerelle avec son cheval.\u2014Monsieur, lui cria de loin Carlo, vous seriez fort courtois d\u2019attendre que je fusse parvenu à l\u2019autre bord, car nous nous trouverions, sans cela, dans une situation difficile ; vous ne pourriez avancer, et je ne saurais reculer.\u2014Ne m'avez vous donc point re connu, Carlo Alberti ?demanda le second voyageur.\u2014Le général Ryswick ! s'écris Carlo.Il s\u2019arrêta à l\u2019endroit où il était, et répéta d\u2019une voix tranquille : \u2014Vous connaissez les usages du pays aussi bien que moi, baron Rys wick ; permettez moi donc de conti: soupir et PS tr re trente éd tit cena éme ent re nuer mon chemin ; à votre place, j'agirais de la sorte.\u2014Gel« prouverait que vous possédez plus de politesse en pleins campagne que daus les salons de Sa Majesté l\u2019Impératrice.Je n'allais point à votre rencontre, œuis je voas trouve, et il couvient de vous demander l'explication des paroles prononcées hier.\u2014Je n\u2019en ai point à vous donner répondit froidermment Carlo Alberti.Ce que j'ai dit, je le pense encore : les conseils de votre politique sont dangereux, et pourront avoir des suites néfastes.Beaucoup de gens vous soupçonnent de soutenir les intérêts de la Prusse, et je suis de ceux là.\u2014Insolent ! s\u2019écria Ryswick, il te sied bien, fils d'un Italien d\u2019aventa- re, exilé de Venise pour des raisons \" faciles à deviner, de juger les hommes du pays qui te sert de refuge.En garde ! quelque mépris que tu m'inspires, je te ferai l'honneur de me battre avec toi.\u2014Je ne me bats pas en pondit Alberti\u2014 Serais tu plus lâche encore qu'insolent ?\u2014Je suis de ceux qui ne tirent l'épée que pour de nobles causes, pour Dieu, la religion ou le pays.Vous venez de m'\u2019offenser par vos paroles, je les dédaigne et je les ous blie.\u2014Mais moi, je n\u2019oublie rien ! répliqua Ryswick ; depuis dix ans, je te trouve sans fin sur ma route, contrariant mes projets, ruinant mes espérances.Ton astuce a fait écrouler la plus chère ; j'avais pour une union souhaitée, l\u2019assentiment de Reynold, et j'aurais vaincu les préventions de.\u2014Je vous défends de prononcer le nom de ma femme! fit Carlo en avangant de de deux pas.\u2014Âllons donc ! riposta Ryswick, j'ai trouvé le côté vulnérable, parait il.Eh bien ! je te parlerai de cette Agnès qui fût devenue ma compagne, si tu ne t\u2019étais jeté en travers de ma voie.Mais j'ai le poignet ferme et je tire en maitre, Italien de malheur ! Quand celle que je désirais sera veuve, j'en ferai une baronne Ryswick.\u2014Misérable-! misérable ! répéta Carlo.Les deux hommes se trouvaient en face l\u2019an de l\u2019autre sur l\u2019étroite passerelle.Les deux chevaux, à demi engagés, en obstruaient les deux extrémités, et les gentilshommes se mouvaient dans un espace excessivement restreint.Aucun d'eux ne voulait et ne pou- Vvait céder le pas.Cependant le baron de Ryswi:k, arrivé le dernier, aurait aisément pu faire reculer son cheval ; mais il avait une hâte trop grande de tirer vengeance de son rival et de son ennemi, pour laisser la place libre à Carlo.Celui ci ne voulait ni se battre, ni céder à la violence.Alberti avait sur le duel des idées arrêtées ; il le considérait comme un assassinat, et ja- duel, ré- mais il ne se fut abandonné au pre-| mier mouvement de violence qui nous porte à tirer vengeance d\u2019un outrage.Mais la modération de Carlo ne fit qu\u2019accroître la rage \u2018de Ryswick, qui, tirant l\u2019épée, se précipita sur Alberti.Cette fois il ne s'agissait pas de se battre, mais de se défendre.Le mari d\u2019Agnès n\u2019eut que le temps de sortir à son tour son épée du fourreau., Pendant un moment, les deux adversaires luttèrent avec un égal aventage.Ryswick mettait plus de rage dans l'attaque, Carlo gardait \u2018une réserve prudente.Il se convrait sans attaquer.Cependant le cliquetis du fer, la colère, le danger excitaient à la fois Ryswick et Carlo ; les regards JOURNAL DES CAMPAGNES des combattants occupés à suivre le jeu des épées brillaient comme l'éclair même des glaives, la fièvre du combat s'allumait en eax.Dans la crainte de se laisser entrainer, Carlo rompit, rompit encore, et Ryswick, bonciissant vers lui, l'atteignit à la poitrine.Carlo n\u2019était pas gravement blessé mais le sang gui coulait en ahondan- ce tacha rapidement 8 s vétements.Ryswick, manquant a toutes los lois de l'humanité et de l'honneur, voulut frapper Alberti une seconde fois ; mais celui ci releva son épée et s'en servit pour garantir sû poitrine.L'élan de Ryswick le jeta sur sa pointe, et il s\u2019enferra jusqu\u2019à la garde.Un rale s\u2019échappa de sa gorge ; puis il tomba de toute sa hauteur.Carlo arracha l\u2019épée de la poitrine de son adversaire ; puis, se penchant vers lui, il déboutonna l\u2019uniforme du baron, et constata que la bleseure était mortelle.Une pensée terrible traversa l'esprit de Carlo.Sans nul doute on l\u2019accuserait d\u2019avoir assassiné le général.Leur antagonisme bien connu ne permettrait point de croire à son innocence.Qui pourrait prouver que le combat avait été loyal ?Carlo Alberti n\u2019eut pas le temps de s\u2019interroger sur ce qu\u2019il devait faire; à la faiblesse soudaine qui s\u2019empara de lui, il comprit qu\u2019il avait besoin de songer d'ahord à sa conservation.Ryswick était mort, et Carlo sentait sa vie s\u2019en aller avec son sang.Il arracha son habit, tamponna, puis banda la plaie, et rassemblant ses forces, il s\u2019assura qu\u2019il pouvait bien se tenir à cheval.Rentrer à Vienne parut imprudent a Carlo.11 crut plus sage d\u2019attendre et de voir quelle tournure prendrait cette affaire avant d'affronter, et la justice, qui ne pouvait manquer de \u2018accuser, et le mécontentement de Marie Thérèse.Alberti songea que la maison de Waster se trouvait assez proche pour qu\u2019il pût s\u2019y rendre en quelques minutes.Avec des précautions infinies, il força sen cheval à reculer jusqu\u2019à l'extrémité de la passerelle ; puis il remonta péniblement sur son dos, et peu de temps après il se trouva pour la seconde fois devant la demeure du garde chasse.Celui ci avait repris sa place dans son grand fauteuil.Il songeait à la visite du comte, il pensait que le lendemain il reverrait Myrtille, et, les yeux fixés sur le beau soleil d\u2019hiver rayonnant dans un ciel clair et splendide, il remerciait Dieu, qui lui faisait une fin si douce après une existence si bien remplie.Le hennissement d\u2019un cheval qu\u2019il crut reconnaître le fit tressaillir ; il se leva et ouvrit la porte.En apercevant le comte Alberti chancelant sur son cheval, et pâle comme un mort, il éprouva un pressentiment d\u2019un malheur.Mon Dieu ! dit 1], qu\u2019est il arrivé?Alberti descendit de monture avec une difficulté visible, puis il laissa le cheval sous le hangar et entra dans la salle.Alors enlevant son habit, il dit à Waster : \u2014Moñû brave, tu as plus d\u2019une fois pansé des blesussures, soigne celle ci.\u2014Mon maitre, mon cher maitre, quel malheur ! \u2014Oui, un grand malheur, Waster: \u2018car, si mon sang coule, et si je me sens affaibli, il y a un homme inanimé sur la passerelle.Le vieillard alla chercher de \u201cla charpie, un bandage, visita la plaie faite par la pointe de l\u2019épée, de Ryswick et la jugea sans gravité.Après avoir pansé son maître, que réconforta un verre de vin vieux, le garde- * chasse demanda respectueusement le détail de ce qui s'était passé, Alberti lui racontu l'attaque de Ris- Wwick, le soin qu'il avait dû pxendre da sa défense personnelle,et la catastrophe qui venait de terminer le combat.\u2014Qu'allez vous faire demanda Waster.\u2014Essayez de me défendre et de lutter contre la justice serait inutile.La famille Ryswick est puissante et je porte un nom étranger.contre moi Reynold de Haag, mon beau frère.Je dois fuir en attendant l\u2019apaisement des rancunes.Je vais écrire un mot à Agnès, qui me croira et qui continuera à me plaindre et à m'aimer.\u2026.Cette lettre, tu la remettras à Myrtille, qui ne peut manquer de venir te voir demain.Il faut tout craindre des hommes, Waster, et tout attendre de la bonté de Dieu.\u2014Ce misérable Ryswick ! s'écria Waster, il aura donc réussi à ce qu'il souhaitait davantage, à briser votre bonheur ?\u2014Jl est à cette heure au tribunal de Dieu, répondit le comte, nous n\u2019avons plus le droit de l\u2019accuser.\u2014Mais, blessé comme vous êtes, aurez vous la force de fuir ?\u2014Je l\u2019aurai, mon brave.\u2014Possédez vous au moins une somme suffisante ?Quelques pièces d\u2019or et des bagues, l'indispensable jusqu'à ce que j'ai appris à Agnès la vérité sur cette cataetrophe, et qu\u2019elle ait trouvé le moyen de venir me rejoindre.Seulement, je ne saurais voyager avec un semblable costume.Sa richesse, le sang qui le couvre, suffiraient pour me rendre suspect.Cherche le plus simple de tes habillements, mon bon Waster.Le vieux garde tira d'une armoire une culotte de drap brun, des bas de laine, un gilet et une veste, duglinge assez gros, mais très blanc, et le comte Alberti se trouva un moment après métamorphosé en paysan.Il s\u2019assit alors à la table du garde, et traça, pour sa femme, une lettre que son émotion lui fit souvent interrom- re.: Quand elle fut finie, Carlo Alberti se leva, prit un morceau de pain et une tranche de venaison, qu\u2019il plaça dans une des vastes poches de sa houppelande, et cacha dans sa poitrine un petit poignard ciselé.Au même instant, un souvenir lui revint : \u2014J\u2019ai perdu le bouquet de roses d\u2019Agnès ! dit il.Tl songea un moment à retourner du côté de la passerelle ; mais le jour baissait, il pouvait se faire qu\u2019on eût déjà trouvé le cadavre du baron de Ryswick, et après avoir donné un regret à ce souvenir, auquel Agnès attachait un prix superstitieux, le comte Alberti adressa un dernier adieu au vieux garde et disparut dans la forêt dépouillée.III LE BOUQUET FLÉTRI Deux paysans longeaient le torrent glacé près duquel s\u2019était passé Je drame dont Ryswick avait été victime.Ils s\u2019entretenaient paisiblement de leurs fermes, de leurs récoltes.Ils semblaient heureux et gais, et marchaient de ce pas alerte qui indique a force et la belle humeur.Tout à coup, l'un d\u2019eux posa la main sur l\u2019épaule de son compagnon : \u2014Regarde, dit il, à droite, Ne vois tu pas un cheval frappant la terre de son sabot, puis un homme immobile ?\u2014 En effet, répondit Terril.Courons vers le voyageur, il me semble en méchant état.\u2014Sans doute, Terril, sans doute, J'aurai: (D on se doit à ses frères, à moins qu\u2019un inconvénient doive résulter de l\u2019aide que nous leur prétons.\u2014On ne calcule pas quand il s\u2019agit de sauver in homme en danger.\u2014On doit cal>uler toujours, au contraire.Mais rien ne prouve encore que ce voyageur ue soit pas tout simplement brisé de fatigue et n\u2019ait choisi ce lieu pour se reposer.Trag le second paysan, celui qui semblait le plus craintif des deux, laissa passer son compagnon et le suivit avec une frayeur mal dissimu- ée.Deux minutes apres, Terril et Trag se trouvaient en face d'un spectacle qui les fit reculer d\u2019épouvante.Le baron Ryswick, la poitrine ouverte par une large plaie, était étendu sur le dos.Sa face était convulsée, les yeux semblaient garder l\u2019et- froi stupéfiant du trépas.Une épée à poignée d\u2019or cerclé se trouvait à ses côtés ; cette épée était tachée de sang.À dix pas du baron se trouvait une autre autre arme, également rougie, puis dans une flaque brune on ponvait voir un bouquet de roses\u2019 flétries.Trag commença à trembler de tout son corps.\u2014OCe qui s\u2019est passé ici ne nous regarde guère, dit-il, à Terril ; m'est avis que nous ne devrions point nous en méler.\u2014Mais si ce malheureux vivait encore ! \u2014Lui, avec une blessure pareille ! c'est impossible.Vois-tu, Terril, j'ai toujours entendu dire à mon père qu\u2019on ne devait point porter la main sur un cadavre ou sur le corps d\u2019un homme atteint de blessures pouvant être le résultat d\u2019un crime.On risque gros et l\u2019on ne gagne rien.Une seule chose nous est possible : prendre par la bride ce cheval, qui, sans nul doute, était la propriété du mort, et le conduire chez le juge Horster, dont ma femme a nourri la fille, mademoiselle Marthe.Nous raconterons ce que nous avons vu, et la jus- ce fera le reste .Mais quant 3 toucher le cadavre, on me couperait plutôt les deux mains ; je suis sûr qu\u2019on m'\u2019accuserait d'avoir méchamment mis à mort ce géntilhomme.\u2014Non pas seulement un gentilhomme, Trag, mais un général.\u2014Raison de plus ! fit le paysan.\u2014II nous faut deux heures pour gagner la ville, ajouta Terril, la nuit ne sera pas tout à fait venue.\u2014C\u2019est égal ! mauvaise affaire ! fit Trag ; cette rencontre portera imal- heur au mariage de nos enfants.\u2014 Pourquoi ?avons nous commis une faute ?Nous remplissons, au contraire, un devoir sacré, et nous rendrons à la fois service à la famille du défunt et à la justice, qui ne peut manquer de poursuivre le meurtrier.Les morts, comme les vivants, sont dans les mains de Dieu, Trag ; prend la monture par la bride, je suis déjà suffisamment chargé.Le paysan obéit avec répugnance.Du reste, la bête du général semblait avoir peine à quitter le corps de son maître.Elle reniflait, se penchait, et poussait des hennissements plaintifs.L'heure avancée obligea Terril et Trag à presser le pas.Cependant la nuit était tout à fait venue quand ils entrèrent dans la ville; cinq heures sonnaient à Saint Etienne.Le juge Horster habitait à peu de distance de la cathédrale ; les paysans connaissaient sa demeure, et Terril, plus hardi, souleva le marteau de fer de la porte, qui retomba avec un bruit sourd.Pendant ce temps, Trag nouait la bride du cheval 3 un gros\u2019 anneau scellé dans la muraille, à côté d\u2019un large banc de pierre de taille.(A suivre) 16 -~ JOURNAL N'ES CAMPAGNES Marché de Québec Bœufs, Moutons, Etc.Québec, 15 mars 1888.\u2014lère qualité, par 100 liv.38 00 a 9 00 Bon Pere 600 a 7 00 3ème ¢ \u201c 5 00 a -6 00 Bœuf par livre.cor 0 06 @ 0 1p Mouton par livre .00a 012 Veau par livre.sc soc 0 106 O1 Poissons.Qudbec.15 mars 1888.Poissons\u2014sêche le quintal\u2026.S3 50 & 4 00 Morue verts le baril.6 00a 5 25 Saumon No \u2018, baril de 200 livres.\u2026.\u2026 17 00 a 17 50 Saumon No 1, lalivre.0 10 a 0 00 Hareng du Labrador.4 50a 5 00 \u2014 Provisions, Etc, Etc.Québec, 15 mars 1858, Beurre frais par livre.\u2026.\u2026.\u2026.$0 187 O22 Bewrre salé par livre.wees 0 18 2 0 20 Patates par minot.\u2026.\u2026.\u2026\u2026.\u2026.\u2026.0 40 a 0 50 ŒEufs par douzaine.\u2026.\u2026.\u2026.0 25 @ 9 40 Sucre d\u2019érable par livre.008 « 6 11 Fromage par livre.vo.UU 10 2 0 10 Qignons par baril.4 008 4 10 Pommes par baril.1.2 50 a 4 00 Oranges par caisse.\u2026 500a 520 Citrons par CAÎSS®.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.500 @ 5950 Tabac canadien en feuille par Ibs 00 10 a 00 00 Farine et Grains, Québec, 16 mars 1888.Farine\u20143up.extra, bari, 196.54 40 a 4 50 ÆEXLTA coevsrses vocvsovreese À 20 G 4 30 Forte pour boulanger.4 60 a 4 75 Extra du printemps.37 4 00 Superfine No 2.3 80 PiNDoscsessrecnsus sernesea 3 60 \u201cFarines en poches, de 100 livres.2 00 « de seigle en quart\u2026\u2026\u2026 4 50 hm C3 CO ov sesaa SDRANe Avis au Cierrèé EEE Ne J\u201d soussigué donne avis au Clergé et au public que MM.Arthur Toussaint & Cie, de Québec, sont les seuls agents autorisés pour la vente de mes vins, Claret (vin table), Port et vins de messe, Ces derniers sont approuvés par Messeigneurs Walsh, évêque de London et Thomas Dowling évêque de Peterborough, d\u2019Ontario.MM ARTHUR TOUSSAINT & CIE, seuls, ont un dépôt de mes Vins, ci-dessus énumérés.Ces vins sont analysés par le Dr Valade, d'Ottawa, analyste du gouvernemeat et par le Révd M: Pagé.professeur du chimie à l\u2019Université- Laval, Québec.; A.O.TOURNIER, Viticulteur à Sandwich, Ont; Tout vin offert en vente ne portant pas l\u2019étiquette et un bouchon brûlé de la maison Tournier, doit être considéré falsiñé.En vente chez tous les épiciers de première classe doit être mis en bouteilles, Ce vin acheté en futaille ou au gallon dans les 24 heures que le fut est ouvert comme cela vous aurez un excellent vin, autrement il perdrait de sa saveur.JAL ANALYSE, POUR M.A, TOUSSAINT &» Cie., deux échantillons de vin Porte (vin rouge, et Claret, fabriqués à Sandwich, Ontario, par M.À.C.Tournier, Ces deux vins sont agréables au goût et possèdent un arôme particulier que l\u2019on nc rencontre que dans les meilleurs vins.La proportion d\u2019alcool, dans ces deux vins est de 10 pour cent.Quont à Ja matière colorante je n\u2019ai aucun doute qu\u2019elle provienne du raisin, Révp.P.J.En, PAGÉ, Prof, de Chimie à l'Université-Laval.Québec, 8 octobre 1887.Ces Vins sont en vente à la Cave Française, 111, rue St-Pierre, ainsi que chez M.A.Grenier, épicier, rue St-Jean, Haute-Ville, chez MM.Côté & Frère, rue et faubourg St-Jean, et chez M.J.E.Asselin, A.Toussaint & Cie Marchands de Vins No.111 RUE ST-PIERRE Québec, 10 Décembre 1887.\u20141an, 711, Imprimé et publié par Léger Brousseau, ÉDITEUR-PROPRIÉTAIRE No 9, Rue Buade, Québer.Narcisse Brousseau \u2014{ DE }\u2014 Newberry, Michigan NNONCE qu'il est le propriétaire d'un agrès complet pour creuser des puits jusqu\u2019à une profondeur de 200 pieds, au moyen d\u2019un tuyau de six pouces de diamètre.Il atteint par ce moyen les sources d\u2019eau les plus pures et les plus salubres.L'introduction de pompes à une telle profondeur prévient la gelée dans n'importe quel climat, C\u2019est pourquoi il a été loisible À M.BROUSSEAU de construire des puits servant d\u2019aqueduc à des villages considérables et toujours avec succès, M.BROUSSEAU à de nombreux certificats attestant sa compétence, et il n\u2019exige rien de ceux qui ne se trouveraient pas satisfaits.Il espère qu\u2019une corporation voudra bien lui confier un ouvrage de cette nature, Québec, 8 mars 1588.750 PLUS DE PILULES!:! Les mamans l\u2019ainent! Les enfants l\u2019aiment !?Parce qu'\u2019ilest agréable au goût.IL GUERIT Tes affections du fois, Les désordres Bilieux, La Pituite, la Dyspepsie, La perte d appétit, La Migraine, La Constipation.de CampbeV* PX, 2c.LA BOUTEILLE.PALMO-TAR SOAP.NOUS AFFIRMONS AVEC AS- SURANCE QUE Ai CE SAVON N'A vit PAS DE RIVAL 2 POUR (4 AMELIORER LE BD £ Tei TEINT oi NAY ET LA PEAU.: LA PLUPART DES ERUPTIONS SQUAMEUSES, DES PUSTULES ET DES MALADIES CHRONIQUES DE LA PEAU SONT GUERIES PAR SON EM.Demandez te \u201cPALMO-TAR SOAP,\u201d et refuses tous les sudstituts, Davis & LAWRENCE C0., (Limited) M2*RREAL, Eprouvez-vons nne douleur quelconque ?EMPLOYEZ LE \u201cPAIN KILLER\u201d DE DAVIS, Et vous serez soulagé instantanément.GARE AUX CONTREFAÇONS, 25 Cts.la Bouteille.~~ o-oo PALMO-CARBOLIC SOAP = 2 Pagdo graisso animale] A Pas do matières AS colorantes 1 1 BH \\ Pas d'imitation, 4%) \u2018 Ay \"d'aucune espôce 1 1 1 ES phy 3 fas) Absolument Pur, ANS = r=AProphylactique pré- I ND Tao UE see cieux de la con- EST?tagion.I enlève à la peau toute odeur dés .sagréable, ~\u2014DEMANDEZ LE= \u201cPALMO-CARBOLIC SOAP,\u201d et refusez tous les substituts Davis & LAWRENCE Go., (Limited) MONTREAL re \u2014 \u2014\u2014\u2014 Palmo = Sulphur Soap.Merveilleusement efficace pour enleves les impuretés de la Pcauet ls conserver duns un (tat do santé varfsite.11 emboli 1 .c1at, et cone nt enratif des Plaien ot Rlegsures il au-dessus de tout 424\" élogr.HI n'existe aneune vorieth cde maladie Eruptve dons laquelle ve savon célèbre ue 50 SOÎt pas rsONtré epicuce.Dana le Bain fl est aussi paintaire quo lee ping Colibres Eaux Sulfureuses, lea tinvus de coton ou do laine lavés avce co savon acquièrent uno blancheur éclatante, ct sont désinfectés quand il s\u2019y trouve dce germes do mialadie.L'efliencité du Soufre somme agent do Notloyage ct Purificateur cat \u2018wAiverseilement reconnue.Demandez lo P4imo- Sulphur, ot fefusez tous Jes substituts 6 vo 12 ne serez pas trompé.DAVIS & LAWRENCE CO.Montreat.N À 4 TOUX, RHUMES, Croup et Consomption GUERIS PAR LE Baume Pulmonaire d\u2019Allen.26c.G0c.et $1.00 la bouteille.GW Sroci - ENTRE, \u201c= Sed BERT] * nier : 2 Devenr un Yrosse ge = Aleut Toner, Nhs cone be rt PT es i-ugn su \u20ac se en votlek, We olds Farge stuc «fhorser* XP 2104 fren), we query 35 stock, mekonrices re avussio and sell ON 257 terms, Visiters alter; 4 #-< come.Largucatale: te 1127 Addr Savage acu, Derxorr, ist, # de hètre ont Gt6 sciées par un homme, en 9 heures de temps.Des centaînes de personnes ont ecié de 5 À G cordes chaque Jour.C'ent*\u2019oxactomont\u201d\u2019 co dont chaque fermier ot bficheron a besoin.Le premier ordre dans votre voisinage vous assurera l'agence, Pas do droit à payer, nous fabriquons dans le.Ca- \u2018 nada.SEATS pour avoirlo Catalogue 1llustré, ous.G SAWING MACHINE CO., 808 to B11 S.Canal St., Chicago, Elle FEt\u2014 N RECOMMANDANT CETTE MACHINE A SCIER PLOYANTE, nous voulons rémédier à la destruction trop rapide des forêts qui déjà disparaissent trop vite.L'outil est véritablement un triomphe de l'art mécanique : pour l\u2019ouvrage prompt et satisfaisant, pour l'aise mise en action, et la facilité de transport, rien de pareil n\u2019a jamais été inventé, Un homme peut transporter cette scie dans les bois, en la portant sous son \u2018bras, le matin, et scier et ébrancher des arbres, les couper en morceaux et faire sept ou huit cordes de bois avant la nuit La compagnie ¢ FOLDING SAWING MACHINE,\" 303 à 311, S.Canal Street, Chicago, Ill., met en vente ces scies AÆles prix raisonnables, et tout fermier ou commerçant de bois possédant quelques acres de forêt regagnera dans un très court temps l'argent dépensé pour la première achetée.Demandez notre circulaire pour établir votre opinibn sur ce sujet.En en achetant une, beaucoup de temps, de fatigue et de copeaux seront économisés, Québec, 19 janvier 1888.SANTE POUR TOUS LES PILULES Purifient le Sang, corrigent tous les Dérangements du FOIE, de 'ESTOMAC, : et des INTESTINS., Blles fortitient et restituent la santé A des Constitutions délabrées, elles sont aussi inestimables dans toutes les Maladies particulières au sexe Feminin de toute âge.Pour les Enfants ainsi que pour les personnes âgées sont invaluables L\u2019ONGEI ENT Est un remède infaillible pour les Maux de Jam»es, ceux das Seins, Blessures A.c\u2019en nes, Flaies et Ulcères, Il est faux \"our la Goutte et Rhumatisme, Et pour tous les Dérangements de la Poitrine il est de même sans égal POUR LES MAUX DE GORGE, LA BRONCHITE, LES RHUMES, LA TOUX, Sonflement Glanduleux, et toutes les Maladies de la Peau, il est sans rival contractés et jointures raides il agit comme ua charme et pour les membres Ces Médecines sout préparées seulement à l'établissement du PROFESSEUR HOLLOWAY, 78, NEW OXFORD STREET, auparavent §33, OXFORD STREET.Et sevendent a \u201cs.14d., 2s.9d., 4s, 6d, 11s., 22.ot 33s.ls Pot ou la Boite, et ou pout les obten! 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