Journal des campagnes, 13 janvier 1887, jeudi 13 janvier 1887
[" LA L'industrie agricole doit to 5ème Année Jeudi.13 Janvier 1887 No 50 JOURNAL DES CAMPAGNES! EDITION HEBDOMADAIRE, Paraïssant tous les JEUDIS et contenant toutes: les nouvelles de la semaine, Prix de l'abonnement :\u2014UNE PIASTRE POUR LA FRANCE : 10 FRANCS Strictement payable d'avan.Imprimé et publié par LEGER BROUSSEAWN, ÉDITEUR-PROPRIÉTAIRE No 9, Rue Buade, H.V., Québec.0 FRANCE Paris, 14 décembre, Le télégraphe vous a appris ce matin la découverte de M.Goblet.Aprés avoir vainement offert le portefenille des affaires étrangè:es à divers diplomates, le premier ministre de M.Grévy a enfin trouvé un homme de bonne volonté.Il est vrai que cc: bomme n\u2019est pas \u201c de la carrière,\u201d qu\u2019il n\u2019est ni sénateur, ni député, et qu\u2019en lui offrant le portefeuille de ministre on lui offre un avancement absolument\u2019 bizarre et inatteñdu.L\u2019élu de M.Goblet se nomme Emile Flourens ; il est président de section au conseil d\u2019Etat et n\u2019a d'autre titre au portefeville des affaires étrangères que l\u2019amitié de M.Goblet, dont il a été le servile instrument an ministére .des cultes.Car M.Floûrens a été directeur des cultes; c\u2019est même là qu\u2019il a su iaériter l'affection et la faveur de M.Goblet./_ Je peux rappeler de lui un assez .beau trait : alors qu\u2019il était directeur des oultes, M.Flourens, qui aimait à écrire aux évêques des lettres respec- tneusement insolentes, ne dédaiguait oint pour cela les petits détails de \u2018la question\u2019 religieuse.Un jour, il partit en guerre contre Mgr l\u2019archevêque de Paris, le cardinal Guibert, à propos d'une religieuse défroquée qui, sprês avoir quitté son couvent, avait imaginé d\u2019intenter au dit cou- Ve.st un procès ridicule.M.Flourens s'intéressait a cette \u201c victime de la tyranale des couvents.\u201d Il intrigua à l'archevébhé, à la nonciature.Pvine inutile.Sa cliente n\u2019était pas défen- Ie .+ dable, et il perdit la partie.Que fit alors ce directeur des cultes, ce futur ministre des affaires étrangéres de M.Goblet ?Il communiqua aux jour- \u2018naux des pidces de la correspondance officielle et confidentielle échangée entre le ministère, la nonciature et l\u2019archevêché au.snjet de cette triste histoire.Bien mieux, il osa se couvrir de la nonciature pour attaquer le cardinal Guibert.Aujourd\u2019hui on a peut-être oublié cette histoire, mais la diplomate dôit s\u2019en souvenir.En tout cas voilà le tact, la.bonne éducation du conseiller -d\u2019Etat que M.Goblet appelle inopinément à l'honneur de diriger les affaires de la France ! Voyez-vous l'embarras, la honte de tous nos diplomates de l'étranger maintenant qu\u2019ils connaissent \u2018 lé choix de M.Goblet?Ce n\u2019est pas parce que M.Flourens s'est montré au ministère de l\u2019instruotion publique le bon commis de M.Goblet qu'il fallait le choisir pour diriger la diplomatie française et notre politique extérieure.Nous avons, dans le moment, des négociations fort importantes et délicates à continuer aveu la Russie, aves l'Angleterre.Où M.Flourens prendra-t-il l'autorité nécessaire pour mener à bien ces négociations auprès des cabinets européens ?Quelle confiance ce ministre d'occasion, pris au rabais, inspirera- ti! aux dits cabinets ?Il me semble que depuis aujourd\u2019hui les représentants de la France à l\u2019étranger doivent éprouver une gêne considérable d'avoir pour chef M.Flourens.De pareils accidents diminuent un pays plus qu'une bataille petdue.On se relève d\u2019une défaite.On se relève difficilement d'un régime de décadence et de déconsidérrtion.À l'heure où je vous écris, la séance dite des \u201c douzièmes provisoires,\u201d vient de reprendre après une suspension d\u2019une heure et on ne peut prévoir au juste comment elle fiuira.M.Flourens, le nouveau ministre des affaires étrangères, a osé monter à la tribune pour déposer le projet de traité de commerce avec la Grèce, et il a obtenu immédiatement un joli succès d'hilarité.: En son propre nom, M.du Baudry d\u2019Asson a vigoureusement protesté contre l\u2019opération d'escamotage parlementaire d\u2019où est sorti ie ministère Goblet et'a déclaré que pour son compte il ne voterait \u2018pas les douzièmes provisoires réclamés par le ministre.Au nom de la droite, M.de Maokau a dit qu\u2019il voterait l\u2019urgence dans l\u2019intérêt des services publics.Cela indique sufflsamment la nature des sentiments de la droite envers le ministère.Quant à l\u2019extrême gauche, on commence a croire que, malgré les menaces et les injures de ses jour- naur, elle /capitulera et accordera au nouveau ministére un crédit de quelques semaines, quitte à provoquer une nouvelle crise en janviee.Cest \u2018d'ailleurs tout ce que demandent M.-Grévy et M.Goblet pour le moment.\u2014\u2014 llr >.- L\u2019impératrice Eugénie On nous écrit de Turin an sujet du passage dans cette ville de l\u2019impératrice Eugénie : L'impératrice a passé trois jours à Tarin, où elle était descendue à l\u2019hôtel d'Europe, accompagnée de la comtesse Bourbaki et de M.Piétri, avec six personnes de service.L'impératrice paraissait fort abattue.L'âge et le malheur ont argenté sa chevelure ; sa mise, toujours élégante, était en même temps d\u2019une grande sévérité.Le jeudi elle a reçu en audience privée quelques autorités et des dames de la colonie française.Puis, avec sa dame de compagnie et son secrétaire, elle s\u2019est rendue au château de Moncalieri, pour y faire visite a la princesse Olotilde.Les deux cousines se sont étroitement embrassées; l'entrevue a été, dit-on, des plus émouvantes, l'entretien n'a pas duré moins d\u2019ane demi-heure.A ce propros, le bruit court que l\u2019impératrice se propose de donner ses propriétés au prince Victor et ses joyaux à la princesse Letizia, après avoir pris l\u2019agrément de la princesse Clotilde.Oelle-ci a présenté sa fille à l\u2019impératrice, qui lui a fait compliment sur la belle santé qui rayonne sur la belle figare de la jeune princesse, aujourd'hui proche de ses vingt ans.On ne sait s'il a été question du mariage qu\u2019on dit projeté entre la princesse Letizia et son cousin la prince Roland:Bènaparte.Le vendredi, la princesse .Clotilde ét sa fille ont, rendu à prmpératrice en ses appartements de l'hôtel d\u2019Europe la visite.qui leur avait été faite.Le samedi, l'impératrice a visité ncognito l\u2019église de la Consolata, où on l\u2019a vue longtemps-en.prières.Elle avait le désir de visiter.les tombes royales de la Superga, mais elle en a été empéchée par l'inclémence du temps.De Turin -I'impératrice a dû se diriger sur Rôme par Gênes.À la veille de son arrivée à Rome, l\u2019Osservatore Romano a publié la note que voici : \u201c Incessamment l\u2019impératrice Eugénie viendra à Rome.* Nous saluons cette visiteuse auguste dont les infortunés ont égalé la grandeur.\u201c En posantle pied à Rome, peut, être ses blessures se rouvriront-elles car elle se rappellera que son trône a croulé presque en même que celui du Pape-Roi, et que celui-ci est tombé quand la chute du tréne de Bona} parte a fourni à d\u2019autres l\u2019occasion propice de violer'la foi jurée.\u2018 « Mais si, en regardant une des collines de Rome, elle devra être attristée par la pensée de cette ingratitude, d'autre part, en levant les yeux vers une autre colline, celle du.Vatican, elle verra ces bras toujours ouverts pour accueillir tontes les infortunes et qui s'ouvrent à elle comme ils s'ouvraient à une autre Bonaparte malheureuse comme elle.\u201c Que la bénédiction du vicaire de Dieu soit un soulagement pour ses douleurs.\u201d La visite que l'impératrice se propose de faire au Vatican, implique qu'elle n'ira pas au Quirinal, sur la colline, où, comme dit l\u2019Osservatore.Romano, est le trône de l'ingratitude, pour ne rien dire de plus.=> pr remets Aux Etats-Unis Nos compatriotes qui résident aux Etats-Unis, n\u2019oublient pas leur chère patrie.Ils se rappellent encore les déu- ces joies qu\u2019ils éprouvaient lorsqu\u2019ils \u2018avaient le bonheur de vivre sous le toit paternel.M.H.Archambault, de Bos- Lon, vient de nous en donner une nouvelle preuve, en publiant dans l'Indépendant un magnifique article sur les fêtes de Noël «L du Nouvel An av Cavada.Ou sent le vrai Canadien et le \u201c patriotisme dans cet écrit. La Me Ty auf = ; - Mode Freycinet \u201cVoila M.de Freycinet 3 la mer, et, cette fois ont ne pourra pas le ré- pêcher \u201d, disait-on hier soir.Aujourd\u2019hui, bien que la démission de tout :le ministère soit officielle la chose paraît moins sûre.Déjà M.de Freycinet surnage et on croit qu\u2019il reprendra pied.\u201c\u2026 Au fait, pourquoi cet amphibie se noierait-il Ÿ Le coup d'hier l'a étourdi, mais tant de perches de sauvetage lui sont tendues qu\u2019il pourra en saisir une, recouvrer ses sens et rattraper son portefeuille.Il laissera de côté ceux qui, dans le cabinet défant, le gênaient et deviendra l\u2019homme d\u2019une politique nouvelle.Son cractère plus que souple, qui lui permet d'accepter tous les camouflets, d\u2019être sourd à tous les sifflets, lui donne cette chance.Et puis, une autre raison plus forte rend son retour probable et presque nécessaire ! il est l\u2019homme de la situation.En effet, ce ministre sans fermeté, sans principes, sans opinion, prêt à suivre n'importe quelle voie, à servir n\u2019importe quel groupe, est l'instrument indiqué d\u2019une Chambre sans majorité, d\u2019un pouvoir exécutif sans volonté, d'une organisation gouvernementale où tout se décolle.Qui mettrait-on à sa place ?M.Brisson ?Non, son passage au pouvoir a fait plus que montrer son impuissance ; il l\u2019a rendu ridicule.M.Jules Ferry ?C'est le seul de la horde auquel on puisse soupçonner, à tort peut-être, un certain esprit et même une certaine force de gouvernement.Mais l\u2019affaire du Tonkin est trop sombre encore pour qu\u2019il puisse redevenir ministre ; ses amis eux-mèmes redoutent son impopularité.M.Clémenceau, l\u2019ami du juif Cornélius Herx ?On disait de lui il y a six mois : Il n\u2019est pas encore possible.On dit maintenant qu\u2019il était moins impossible il y a six mois qu\u2019aujour- d'hui.Son prupre groupe, autrefois si soumis, lui montre chaque jour moins de confiance, et il n\u2019a certes, rien de gagné sur les groupes voisins.Encore une étoile républicaine qui devient étoile filante.Où trouver, après ces trois chefs des diverses gauches, un député ou sénateur républicain auquel on puisse, avec chance de succès ou seulement de durée, confier -le premier rôle ministériel ?On murmure avec embarras le nom de M.Floquet, le citoyen qui doit sa fortune politique a cette bé- _ tise insolente adressée, chapeau en téte, au czar: \u2018 Vive la Pologne, môsieu !\u201d Sans doute M.Floquet, comme président de la Chambre, a gagné du terrain dans l'opinion.Il a de la tenue, parfois, il s'élève jusqu'à l\u2019impartialité.Cependant, au total, c\u2019est un fantoche, représentant de mauvaises idées et ne possédant aucune influence politique.Président du conseil, il exciterait la risée de la France et nous compromettrait aux yeux de l\u2019Europe.Arriére encore eelui-là ! Vous voyez bien qu\u2019il faut revenir à M.de Freycinet.Cependant, si l\u2019on voulait rentrer, ou-plutôt entrer dans la réalité du régime parlementaire, un autre homme politique devrait recevoir de M.Grévy mandat de former un.cabinet.Ce sauveur, auquel on ne\u2019 songe pas, c\u2019est M.Raoul Duval Sans doute, au lieu d\u2019être \u201c républi-| M caiu de la veille, \u201d il est seulement républicain d'hier, chose très diffé- \u2018rente ; mais en somme la république l'a reconnu pour l\u2019un des siens et il vient d\u2019être l\u2019homme de la majorité.C'est lui qui a renversé Mde Freycinet.Que M.Raoul Duval recueille le fruit \u201cde sa victoire, et Ja droite \u201cho républicaine, ce rêve d'il ya huit! jours, deviendra tout de suite une réalité.Pourquoi le centre ne sou- tiendrait-il pas un cabinet Raoul Duval?Et quelle opposition la droite monarshique, elle-même, pour- rait-elle faire a ce cabinet, qui, nécessairement, se placerait sur le terrain de l\u2019ordre et de la conservation ?Cette proposition ne.paraîtra pas sérieuse ; nous ne prétendons pas qu\u2019elle le soit absolument.Mais elle montre, au moins, qne la République est dans une impasse.En réalité, ce régime n\u2019a plus que deux hommes qui puissent lui donner une figure de gouvernement : M.Jules Ferry et M.de Freycinet.Or, l\u2019un et l\u2019autre sont usés.Et comme il ne trouvera en dehors d\u2019eux que des doublures propres tout au plus à faire un intérim, il faudra qu\u2019il revienne à celui-ci ou à celui-là.Lequel devons-nous préférer ?M.Ferry rend la république plus hais- sable, M.de Freycinet la rend plus méprisable.Ces titres se balancent.Cependant, s\u2019il fallait absolument choisir, nous choistrions probablement M.de Freycinet, car le régime qui tombe sous le coup du tmépris est plus écrasé que celui qui tombe sous le coup de la haine.: .EUGÈNE VEUILLOT.ron mene + all La fin de M.Minghetti Plusieurs journaux de France et d'Italie, en parlent des derniers moments de M.Minghetti, ancien ministre du Pape, traître à son souverain légitime et complice de l\u2019invasion des Etats pontificaux, ont répandu le bruit qu\u2019il avait reçu les derniers sacrements des maius du chanoine Anzino, aumônier de la cour du Quirinal, bien que le mourant eût refusé de rien rétracter au sujet de ce qu\u2019il avait fait pour le compte de l\u2019unitarisme révolutionnaire Italien.coe À ce sujet, \u201cl\u2019Osservatore Romano\u201d publie les informations que voici: \u201c A*peine le bruit se fut-il répandu que la maladie de M.Minghetti se terminerait prochainement par une catastrophe, S.Em.le cardinal Parocchi, vicaire général de Sa Sainteté, donna tous ses soins pour que le malade ne manquât pas des secours religieux qu\u2019il avait clairement manifesté le désir de recevoir.Il envoys donc un prêtre à la famille avec mission de lui offrir son.ministère et de déclarer que Son Eminence elle-même était prête, dans le cas où le malade en pourrait recevoir quelque consolation, à se rendre près de lui, pourvu, naturellement, que les devoirs et la dignité du cardinal fussent sauvegardés.\u201c Cette offre de l\u2019éminent cardinal- vicaire était provoquée non seulement par son zèle pastoral, mais aussi par le fait qu\u2019il avait connu M.Minghetti à Bologne, quand le cardinal fut archevêque de cette ville, et parle souvenir de la bienveillance courtoise dont avait usé alors M.Minghetti envers l'archevêque.\u201c* L'offre, accompagnée de paroles courtoises, fut portée d'urgence.Mais, le mal s\u2019aggravant toujours, la famille avait télégraphié d'elle-même à Mgr lechanoine Anzino, lequel, aussitôt de Mantoue, «arriva hier.matin à Rame et se rendit du chemin de for directement\u2018à \u2018la maison de Minghetti.\u201c Il le trouva ayant perdu connaissance, et c\u2019est seulement au.bout d'un quart d\u2019heure que Mgr Anzino était Ason chevet, que le malade revint à lui ; interrogé s'il demandait pardon de ses fautes à Dieu et à l\u2019Elise, ilserra la main du prêtre et se JOURNAL BES CAMPAGNE mit à pleurer.L\u2019état da malade ne lui permettaat pas de parler,le prêtre Too Ee WS wt to .be v, remplit son devoir de ministre de là pénitence,et plus.tard il lai administra l\u2019extrême-onction, à laquelle assistèrent les personnes présentes avec émotion et recueillement.\u2018 Mgr Anzino.ayant donné au malade la bénédiction in articulo mortis,demeura encore quelque temps près de lui ; puis, les médecins ayant dit que l'agonie serait probablement assez longue, il se retira un instant chez lui pour y prendrè un peu de repos.Un peu après gratres heures, il retourna près de M.Minghetti, mais celui-ci était mort._\u2014 deo Agriculture Culture du céleri La graine doit être seméè an printemps, sur une légère couche de terre, et lorsque la température devient assez chaude, les pieds doivent en être plantés dans une couche de terre riche, à trois pouces de distance, ou bien placés en rangs éloignés aussi de trois pouces ; plus tard on les éclaircit, de manière à laiser la meme distance entre chaque plant.Le sol \u2018convenable doit être composé, moitié de vieux fumier bien fermenté, et moitié de bonne terre de jardin, avec un peu de sable ; il ne doit pas avoir plus de six pouces de profondeur, doit être placé sur une surface plane et dure qui empêche les racines de pénétrer, et s'il est possible doit être ombragé.En juin | ou juillet, ce qui dépend de l'avancement des jeunes plants, on fait des tranchées de quinzeà dix-huit pieds de largeur et d\u2019un pied de profondeur, et cela dans un morceau de terre riche et humide; on jette la terre des deux côtés des tranchées ; si le sous-sol est mauvais, on doit le jeter d\u2019un côté, et de l'autre la terre de la surface.On doit ensuite remplir ces trau- chées aux deux tiers avec du famier bien fermenté ; on mêle la terre de la surface, de manière que ces tranchées se trouvent comblées.Avant d\u2019y placer les jeunes plants, la terre doit être bien arrosée ; ensuite on.les sépare les uns des autres en coupant \u2018la terre perpendioulaire- ment avec un couteau, de\u2018 manière à conserver autour des jeunes plants un morceau de terre carrée l'on enterre facilement avec eux ; ce qui est très-utile, en ce que ça préserve les jeunes plants lorsqu'on les trans plante.On les place \u2018dans les tranchées à la distance de huit à neuf pouces les uns des autres et on les arrose bien.Si le temps est très-sec, les rangs doivent être ombragés pen- | dant quelques jours, et arrosés journellement jusqu\u2019à ce que les plants\u2019 aient commencé ä\u2019croître de nouveau; après cela, il faut encore arroser abondamment toutes les fois que le temps est seé, vii que le céleri demande une grande humilide pour être grand et tendre.: A mesure que les jeunes plant croissent, il est nécessaire de les renchausser toutes les semaines, \u2018et cela un jour sec; on saisit \u2018d\u2019une main les feuilles, tandis que de l\u2019autré ou ramène la terre autour en prenant bien garde que la terre ne parvienne pas dans-le cœur des jeunes | plants ; autrement, cela contribuerait à les faire pourrir.Ordinairement on fait les tranchées à six pieds de distance les-unes des autres pour permettre de ren- chausser ; mais, Comme le céleri se conserve même en hiver lorsqu\u2019il est couvert dans le jardin où il a pris naissance, que lorsqu'on le transporte dans une cave et planté dans le sable, il est préférable de mettre huit pieds entre chaque tranchée, | j afin de permettre de le recevoir et préserver :dn-froid ; on place éntre les rangs dè céleri des choux, des pois, des fèves, ou d\u2019autres végétaux -Que l\u2019on enlève lorsqu'il est nécos- saire de recoavrir le céleri.Après la première forte gelée, on coupe les têtes de céleri au niveau de la terre qui recouvre la plante, et en place on met de la paille avec un.peu de terra pour empêcher le fond de pénétrer.Au moment de l'hiver, on recouvre chaque rang d\u2019une bonne couche de paille, par dessus laquelle on jette huit à dix pouces de terre que l\u2019on prend.dans l\u2019espace qui se trouve entre les rangs ; la surface doit en être inclinée et battue légèrement pour prévenir l\u2019humidité.Quelques personnes peuvent croire que c\u2019est là trop de trouble, mais en aisant l\u2019expérience, on s\u2019apercevra que le trouble est moins grand que lorsqu\u2019on arrose les pieds de céleri, qu'on les transporte dans les caves, et qu\u2019on les plante danc le sable.En hiver, il sera en tout temps facile d\u2019arracher ces plants, d'autant plus qu'en faisant bien ce qui vient d'être it, on verra que la gelée n'est pas parvenue aux racines.Les huit ou neuf pouces de terre qui' recouvrent Ja tête du céleri s'enlèvent avec la pioche ; alors on \u2018retire le pied que l'on désire, mais on doit avoir grand soin de bien recouvrir cette partie da sang avec de la paille et de la terre.non gelée qui se trouve au fond de la tranchée.\u2014\u2014\u2014-\u2014- eu | Les neuf filles du laboureur Un brave cultivateur avait neuf | filles et un garçon.Tousles dimanches cette nombreuse famille recevait la sainte communion.Pendant la semaine, l'on vaquait aux travaux des champs, au soin des animaux, à la couture, aux diverses occupations du ménage, et ainsi de suite.Ohaquematin, à cinq heures, la moitié de la famille allait entendre la sainte messe dans un village voisin ; la semaine suivante l\u2019autre moité jouissait du même privilège.° : Depuis plusieurs mois le père était.incapable d'aller à l\u2019église, excepté le dimanche, et encore le faisait-il avec beaucoup de difficulté.Pour s\u2019y rendre il fallait traverser un ruisseau pas bien profond, et il est vrai, mais très lage.Les gens d'alentour \u2018y avaient posé à des intervalles réguliers, de grosses pierres plates, sur: lesquelles on marchait pour éviter l\u2019eau.Un jeur de janvier, le pare fut .étonné de voir ses filles de retour :à la maison après une absence de vingt.minutes.Qu\u2019y a-t-il donc, mes enfants ?\u201d demanda-t-il.Tenez, cher père, l\u2019eau et, en se retirant, les a laissées couvertes de glace.C'est pourquoi, craignant quelque accident si nous osions traverser, nous sommes reveuues.\u201d \u2018 Pour l'amour de qui étiez-vous.parties ?: : \u201c « Mais, père.pour l\u2019amour de Dieu.\u201d Très bien ! alors retournez sur vos pas.Car si vous allez à la messé uniquement pour l'amour de Dien, il saura sans doute vous protéger.Le Saint-Sacrifice vaut bien la peine qu\u2019on peut se donner pour l'honneur : et la consolation d\u2019y assister.Quand je pouvais encore marcher, et qu'il\u2018 se trouvait de la glace sur les pierres, eme déchaussais et traversais à - .l\u2019eau.Allez, vous dis-je, faites com- .me votre pire; vous avez endbre.assez de temps.Les jeunes filles, non moins pieuses que leur père, réprennent le chemin de l'Eglise, et{passent pieds nus le torrent glacé ! Voilà un noble exemple \u2018que .eunes démoiselles feraient bien méditer.[ 2 Messenger of the Sacred Hart Trad\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 .ES CT pra FN w.; 4 PT \u2018 \u201c JOURNAL DES CAMPAGNES + 13 Feuilleton du Journal des Campagnes Québec, 18 Janv.1887 \u2014Ne 2 ALBERTE ap ses 4 - (Suitey \u2014C\u2019était plus noble, en effet, mais nos nababs n\u2019ont pas besoin de noblesse, ils ont tant d\u2019argent ! \u2014A sa générosité, j'ai bien deviné qu\u2019il était cousu d\u2019or.Elle appuya son front sur ses mains et murmurs : \u2014Ah ! Por, quelle puissance! Je ne vois pas de ces étrangers sans les envier un peu.\u2014Moide même, ajouta madame de Lextreville, devenue songeuse aussi.Quel débarras de n'avoir jamais nul souci, quelles que soient les dépenses qu\u2019il plaît de fairé ! \u201c Ainsi voilàces Louzéma installés au Continental, à cent francs par jour, je ne parle pas des domestiques, - etse donnant \u2018plaisirs sur plaisirs sans que cela\u2018entame d'un centime leurs revenus.\u2014Quelle heureuse vie! Moi, quand je fais un voyage à l'étranger, \u2014 J'adore les voyages,\u2014il me faut subir six mois d'économies et de récriminations.- \u201c C'est pourquoi j\u2019engage 'Alberte à choisir parmi ses prétendus, non pes le plus titré, non pas \u2018le plus au, mais le plus riche., \u2014Mèême si elle devait\u2019 s\u2019appeler un jourmadame David Louzéma ?Madame de Valroux fit un mouvement.: \u2014De ce nabab, il n\u2019est point encore question, madame, dit-elle.\u2014Ët si je vous disais que nabab l\u2019admire trèsfort et la.euit .partout où elle va, sans se montrer, bien entendu ! \u2014Est-ce possible ?\u2014Oela est ; je suis très bien .ren- soignée par une dame espagnole.Je .vais vous étonner, mais il est fort question de votre sœur Alberte, dans ce groupe d\u2019étrangers, depuis le jour de la vente.- \u2014Eh quoi ! cette.première entrevue aurait eu cet effet foudroyant ! * \u2014L'effet s'appuyait sur un souve- Nir : monsieur David et mademoiselle Alberte se sont connus enfants.\u2014Où ?.comment ?Je n'ai jamais va dindiens a.Paris.Co \u2014Ils ont passé une saison a Cannes, dans une des villas voisines.\u2014AÂh ! je me souviens.Pendant un de mes voyages en\u2019 Ecosse, je \u201claissai Alberte, qui ne pouvait pas .soufrir le pensionnat, aux soins de * motre tante de la Rochefaucon, \u2018qui lemmena à Cannes, et à la - Rochefaucon.Elle en revint convertie.\u2014Je ne suppose-pas que les petits Indiens y aient contribué, remarqua madame de Lextreville avec un sou: - .rire sournois.Ils étaient fort gâtés, m\u2019a-t-on dit, et, à cette heure, ce ne .sont rien moins que des saints.-\u2014Comment l\u2019entendéz-vous ?\u2014Oh ! rien.de \u2018 anse, chante, ot compte parmi les plus intrépides de la co rien de lui, mais'il ressemble sans ns qui ont \u2014O'est tine vraie fortune que la \u2014Tout ce qu'il y a de plus vrai.\u2014 Et elles6 monte à combien ?y P\u2014Le'frère et la sœur ont quelque .chose comme un million de rente.\u2014Un million ! Co \u2014Au premier mariage, le partage fle.aura lieu cela ne fera plus que cinq cent mille francs à chacun.\u2014Quoi ! s\u2019éeria madame de Val- | roux ; vous en parlez bienà votre aise, vous qui n\u2019avez ni onfants ni charges.Cinq cent mille francs de rente, c'est superbe.Jamais prétendant d\u2019Alberte n\u2019a atteint ce chiffre Ah ! pourquoi ce jeune homme est-il Indien ?C'est un vrai guignon.\u2014O'est un Indien.très civilisé, madame ; n\u2019était son teint, on le prendrait pour un Parisien pur sang.\u2014Oertainement.Vous dites qu\u2019il a remarqué Alberte.?\u2014I1 en est fort occupé ; il cherche un moyen de se faire présenter dans les règles.Consentiriez-vous à le recevoir ?.\u2014Eh ! pourquoi' pas ?Je vous demande un peu si dans notre temps on refuse l'entrée de sa maison à des étrangers de cette distinction.\u2014Il y aurait cent moyens de vous les faire rencontrer.\u2014Il y en a mille.\u2014Choissez-en un.\u2014Voyons ! La marquise devint pensive ; puiselle s\u2019écria : \u2014Vos Indiens patinent-ils ?\u2014Je sais qu\u2019ils ont l'intention de le faire.[ \u2014Eh bien, vous venez demain avec nous.Qu'ils se rendent eux- mêmes au tir aux pigcons.Vous les rencontrez, nous vous rencontrons, et vous me les présentez.\u2014Parfait.La glace sera \u2018d'autant plus vite rompue que mademoiselle.Alberte sera probablement bien aise de revoir son ancienne connaissance de Cannes.: \u2014Nous verrons cela.Alberte ne m\u2019a jamais parlé d\u2019elle qu'avec indifférence, et elle est pétrie de préjugés.Enfin nous essayerons, Un prétendant de plus, ce sera un adversaire de plus pour Roger de Châteaugrand et je ne veux pas de ce mariage, non,je n\u2019en veux pas.* \u2014Et son pied -frappa \u2018plusieurs ois le tapis par un mouvement fébri \u2014OC'est à votre expérience à guider cette jeune fille, dit madame de Lex treville en se levant.Je vous aiderai en ceci.Demain nous commençons les hostilités, par la présentation.Je préparerai les choses et les gens; mais que votre sœur ne manque päs au rendez-vous.\u2014Oh ! ne craignez rien, elle aime a patiner et ma fille I'entrainerait de force; s'il le fallait.Comptez sur nous.\u2014J'y compterai.Si-nous man- uions cette petite partie, tout manquerait à la fois.Plusieurs Espagnols veulent entraîner les Louzéma à Saint-Pétersbourg et leur départ de Paris ne tient qu\u2019à un cheveu, à un cheveu de mademoiselle Albérte.- \u2014J'ai peine à le croire, répondit madame de - Valroux, en se levant à tour ; enfin nous verrons.À demain.Faut-il passer vous prendre ?\u2014Âyez cette amabilité.\u2014Deux heures vous conviehneent- elles ?\u2014Parfaitement ; le rendez- vous sera à trois heures.Préviendrez-vous votre sœur ?\u2014Je m'en garderai bien ; je réveillerais quelques préjugé.Non, non, | ceci entre -nous.et mettons-y une ; grave.La jeune '§ fille cavalcade, \u2018danse, \\ certaine prudence.Ne vous avancez .pas; car enfin.cet Indien.un mar- -chand'de diamants.un Louzéma ?onie étrangère.Lui je ne sais | \u2014Et cinq cent mille \u201cfrancs de , rente.Ah ! cela, c\u2019est superbe, dit mada, mé de Valroux avec un gros soupir\u2019 cela, c\u2019est magique, madame.Elles se serrèrent la main .et madame de Lextreville sortit en disant: \u2014À demain.qu = EN PATINANT Le lendemain, un pen avant deux / \u2026 ç | 4h ME } heures, la voiture de la marquise de Valroux venait l\u2019attendre devant le perron de l'hôtel.- Le cocher, le nez enfoncé dans sa pélerine de fourrure, maintenait difficilement ses chevaux ferrés à glace, auxquels le froid très vif donnait des ardeurs inusitées.Mais il lui fallait attendre, la marquise de Valroux ne se décidant pas à descendre sans sa sœur, et Alberte refusant, on ne savait pourquoi, d\u2019aller patiner ce jour-là.Madame Valroux, dont la grêle petite personne disparcissait dans ses riches fourrures, continuait a.combattre la résoluticn de sa sceur, sans toutefois lui révéler encore le motif secret de son insistance.\u2014-Au moins, dis-moi pourquoi tu ne m\u2019accompagnes pas aujourd'hui, 8'écria-t-elle, je ne puis m\u2019expliquer ce caprice.Hs-tu souffrante ?\u2014Non.répondit Alberte qui continuait d- dessiner avec le plus grand sang-froid, je ne me sers jamais d'un prétexte, quelque commode qu\u2019il soit.\u2014Donne-moi une raison, alors.\u2014J\u2019en ai deux.\u2014Voyons.\u2014D'\u2019abord je crains que ma tante de Châteaugrand ne revienne aujour- dhui.- ,\u2014Ce n'est que cela ?J'enverrai Johnà l'hôtel avecma carte et un mot avertissant madame OChâteau- grand que nous passerone par l\u2019hôtel du Louvre en revenant du bois.Alberte tendit la main à sa sœur et dit : \u2014Je te remercie, Madaleine, mais sans faire un mouvemsnt pour se lever.\u2014J'ai fait ce que tu veux, va donc vite t\u2019habiller.\u2014Tu oublies que j'ai.une autre raison.\u2014Laquelle ?Si elle vaut l\u2019autre !.\u2014À celle-ci tu ne peux rien.\u2014Allons, dis vite.Alberte déposa son crayon et, levant les yeux sur sa sœur, dit gravement : \u2014Je ne tiens pas à me montrer an bois dans la même voiture que madame de Lextreville.Madame de Valroux- rougit jusqu\u2019aux tempes et recula brusquement Jusqu'à la porte comme pour sortir ; puis, reprenant un peu d\u2019empire sur elle-même, elle répondit d\u2019une voix pleine d\u2019irritation : \u2014Voilà où te mènent les absurdes carcans de nos douairières.\u2014Madeleine ! .\u2014 Eh! certainement.Je n\u2019ai jamais vu médire comme en certains salons réputés dignes de servir de refuge à toutes les vertus.Ta crédu- \u2018lité m'agace, Alberte.\u2014Et moi ton audace, Madeleine.Tu te lies avec les gens sans les con- naitre du tout : la réputation est un bie.s précieux, cependant.- Madame de Valroux sourit d\u2019un air mogueur.- \u2014Notre tante de la Rochefaucon t'a légué autre chose que ses bijoux, dit-elle ; tu parles absolument com me elle.\u2014I] n\u2019y a pas deux manières de comprendre certaines choses, Madeleine, et j'ai tout pris.dans l'héritage de la Rochefaucon, même les choses gênantes.\u2014Garde-les.Pour moi je m'arrange fort bien des libertés modcrnes, et d\u2019ailleurs je suis bien libre de rece voir la femme du baron de Lextreville.Ce vieillard était un amide mon père.a \u201c Mais nous perdons du temps en ces discussions oiseuses.Nous ne nous sommes jamais entendues, neus ne nous entendrons jamais.\u201c Vins-tu an bois ?Je t\u2019assure que si je n'avais un motif partioulier.de te faire m'accompagner aujourd\u2019hui, je serais déjà partie.Ww .\u2014Et quel est ce motif?demanda Alberte.-Je voulais te faire une surprise, et une surprise très agréable.Te rappelles-tu cette famille indienne que la duchesse de la Rochefaucon appelait : les Montézuma ?\u2014Si je me la rappelle ! répondit Alberte d\u2019une voix profonde, nous nous aimions beaucoup, mes petits voisins et moi.\u2018 \u2014Eh bien, ils sont à Paris, et la jeune fille qui aun nom étrange\u2026 .\u2014Luna, interrompit Alberte.\u2014Peut-être ; la jeune fille a le plus grand désir dete rencontrer.Mais tu sas, tu t'es-donné une réputation telle, que toute personue qui n\u2019est pas connne, présentée, très présentée, n\u2019ose t\u2019approcher.\u201c Traiteras-tu ton Indienne avec la même désinvolture que cette pauvre baronne de Le-treville ?\u2014Je ne sais ce qu\u2019est devenue Luna, répondit Alberte ch rangeant machinalement ses crayonssur sou chevalet ; mais une première visite n\u2019engage à rien, et je se:ais heureuse de la revoir.\u2014Alors tu nous accompagnes ?Alberte réfléchit uu instant ef répondit : \u2014Si Médéric est de la partie.\u2014Ah ! il te fant Médéric ?\u2014Oui.Je ne veux pas qu\u2019on dise que mademoiselle de la Rochefancon se promène seule au bois avec madame de L-xtreville.\u2014Et moi ?\u2014Oh ! toi, ta ne comptes pas.On te sait légère et inconséquente ; mais cela est accepté.Madame de Valroux fit une révérence.: \u2014Merci du compliment, dit-elle.Elle se détourna vers la porte qui s'ouvrait.\u2014Agnés, dit-elle, vadire à ton père que mademoiselle de la Rochefaucon désire qu'il l'accompagne au bois.Une jolie tête d\u2019enfant, coiffée d\u2019une toque bordée de grèbe, s\u2019allongea derrière la porte et une voix joyeuse s\u2019écria : \u2014Mademoiselle déla Rochefauco\", prépare-toi, pendant que je vais faire ta commission, car les chevaux ont froid.Alberte se leva, et, au grand contentement de madame de Valroux, se dirigea vers une armoire à glace qu'elle ouvrit.\u2014Je vais voir si tout est préparé, dit la jeune femme ; hier nos chauf- fe-ettes étaient à peine tièdes pour un froid de je ne.sais combien de degrés.Et elle disparut.\u2018 Alberte fit eapidement sa toilette \u2018de sortie.Elle posait sur ses épaix handeaux a l'ingénue une capote de velours, quand la porte s'ouvrit devant la petite Agnès qui entraînait un hom- med\u2019une qurantaine d'années, dont les grands favoris ondoy ants étaient blonds mêlé de gris, et dont la taille aute et mince se Voûtait avant le temps.\u2014Alberte, je ne comprends pas du tout ce que me raconte : Agnès, - dit-il moitié riant, moitié fâché.Elle me fait manquer une supezbe épreu- \u2018ve photographique en pénétrant - malgré ma défense dans la chambre noire.\u2014Médéric, si je vous avais su occupé de vôs photographies, je ne vous aurais pas demandé de m\u2019accompagner, répondit la jeune fille.Madeleine veut absolument que j'aille au bois aujourd\u2019hui.\u2014Et depuis quand vous suis-je nécessaire pour patiner ?Alberte s\u2019ap;rocha de lui.\u2014Madame de Lextreville vient avec nous, dit-elle, et, pour une première fois surtout, je désire beau- ° boc ; Te LS wi ; tt vo oy gc 24 JOURNAL DES.CAMPAGNES FUTUR CU ea vw Hu + moe ee ty ! \u2018 ES 5 coup votre présence.M.de Valroux leva au ciel ses mains blanches tachées de collodion.\u2014Absurde, dit-1l ; Madeleine m\u2019avait promis de s\u2019en tenir aux visites privées ; mais Madeleine n\u2019a jamais su tenir parole.Eh ! parbleu, si cette compagnie ne vous convient pas, n\u2019allez pas au bois aujourd\u2019hui.\u2014 Aujourd'hui précisément jai le désir d\u2019y aller.\u2014 Quelle rage \u2018de patiner vous possède ! .\u2014Ce n\u2019est point seulement pour patiner, je dois y rencontrer une amie d\u2019enfance.C\u2019est différent.Eh bien, que Madeleine laisse de côté sa baronne + de Lextreville.Je vais lui parler de cela et vous débarrasser d\u2019une compagnie génante.1l sortit vivement, et Alberte attendit en remettant tout en ordre sur son chevalet.Tout à coup elle s\u2019entendit appeler rar la claire petite voix d\u2019Agnès.Elle sortit de son appartement et vit madame de Valroux qui descendait l\u2019escalier au bras de som mari, en toilette de promenade.Alberte sourit.Elle était habituée à ces volte-faces d\u2019un mari trop complaisant ; mais celle-ci avait été exécutée avec une telle rapidité, que M.de Valroux, en offrant la main à |.sa belle-sœur pour monter en voiture lui dit à voix basse : ' \u2014II a bien fallu en passer par 1a ; grâce à vous, je serai de corvée chaque fois qu'il faudra subir madame de Lextreville ; aussi cela ne durera pas longtemps.Un second sourire fut la réponse d\u2019Alberte, et la voiture roula vers le boulevard Saint-Germain, encombré de ces pyramides noirâtres de neige dont l\u2019édilité ornait les rues de Paris en cet interminable et terrible hiver de 1880.Quand la calèche s'arrêta devant la superbe maison neuve dont le baron de Lextreville occupait le premier étage, madare de Valroux aperçut un coupé arrêté devant la porte corchère, À travers la vitre se voyait le visage maladif et ennuyé d\u2019nn vieillard, enveloppé de couvertures jusqu\u2019aux yeux.Sur un ordre donné de l\u2019intérieur.le coupé décrivit une courbe et vint se placer à droite de la calèche.Le carreau decelle-ci se\u2019 baissa soûs la main de madame de Valroux en mé- me temps que celui du coupé sous celle de madame de Lextreville, et les deux jenues femmes se penchèrent l\u2019une vers l\u2019autre.\u2014 Madame, pardon, dit la baronne; mais il veut absolument m'\u2019accompagner au lac.- Etelle étouffa un méchant éclat derire dansson manchon de martre.- | -Alors, nous nous y rendons chacune de notre côté ?: \u2014Si vous le voulez bien ; mais promettez-moi de m\u2019attendre à l\u2019arrivée.Madame de Valroux répondit par un signe d'intelligence, les deux glaces retombérent et les deux voitures prirent d\u2019une allure différente le chemin du bois.Les chevaux ardents du marquis de Valroux eurent bientôt devancé la grande jument bai brun du baron de Lextreville.Le Excités par la froide bise qui leur entrait dans les naseaux, ils volaient sur la neige durcie, se croisant: avec de rares équipages et avec des trai- neaux que les passants suivaient d\u2019an œil curieux.Levi Au delà de l\u2019Arc de Triomphe les véhicules vulgaires devinrent très rares et, à la bifarcation des allées conduisant vers les parties bien distinctes du lac, on ne vit.plus que d'élégants équipages prenant à la file la belle route neigeuse qui conduisait à la partie réservée aux aris- tocratiques patineurs.Là, du moins, il n\u2019y avait pas d'intrusion possible.Les quelques étrangers qui avaien été admis à patiner en cet endroit réservé avaient fourni des références suffisantes, et, malgré toute sa légèreté d'esprit, la marquise de Valroux commençait à se demander ce qu\u2019elle aurait tait de madame de Lextreville s\u2019il n\u2019avait pas plu à son vieux mari de la suivre, malgré la rigueur du froid.\u2014Je vous engage à en rester là de vos intimités avec madame de Lextreville, lui avait dit son mari quand les deux voitures s'étaient séparées, et en parlant tout bas à sa femme, afin qu\u2019Alberte et Agnès ne comprissent pas ses paroles, il est tout à fait question de la rnettre en quarantaine.Madame de Valroux protesta en chuchotant si h «at qu\u2019 Alberte comprenait \u2018tont ce qu'elle disait ; mais M.de Valroux tint bon et déclara qu\u2019il n\u2019accepterait pas qu\u2019Alberte se montrât avec elle dans les lieux publics.\u2014Pour aujourd\u2019hui elle ne vous gênera pas, répondit madame de Valroux avec aigreur, puisqu\u2019elle aura son mari et sa voiture.-\u2014\u2014Heureusement ! Ne manquez pas de lui dire qu\u2019elle ne peut quitter ni l\u2019an ni l\u2019autre.\u2014Elle a assez de tact pour savoir se conduire, Médéric, et je vous trou- | ve d'une sévérité bien singulière.Il y a des femmes dans notre société, qui ont fait plus de scandale que cette pauvre madame de Lextreville\u2014 Notre société n\u2019en est pas plus fière.C\u2019est déjà bien assez de subir les folies des nôtres sans aller nous mettre sur le dos celles d\u2019une femme étrangère, doublée d\u2019ane intrigante.\u2014 Oh! vois donc, Madeleine, le charmant équipage, s\u2019écria Alberte, qui essayait d'attirer l\u2019attention d\u2019Agnès au dehors pendant cette conversation imprudente ; je n\u2019en ai pas vu de mieux réussi ; d'est du russe pur, n\u2019est-ce pas, Médéric ?Les deux époux se penchèrent pour mieux regarder.\u2014C'\u2019est mon nabab, s'écria madame de Valroux, ourliant toute prudence.Quelle merveille d\u2019équipage ! Le traîneau qui arrivait par une allée latérale était en effet aussi original que charmant.Un magnifique cheval gris le trai- nait au son clair des clochettes de son attelage, il était élégamment conduit par un jeune homme, dont les yeux noirs étincelaient sous la fourrure fauve de sa toque.; Sur le second siège se trouvaient deux femmes enveloppées jusqu'au menton et soigneusement voilées.Rapide comme l'éclair, il glissa devant la calèche et disparut dans un nuage de neige friable.\u2014Voilà le plus joli traîneau de Paris, déclara madame de Valroux qui avait baissé la vitre pour'lè regarder passer.i \u201c Comme il va, voyez donc, Médé- TIC : : \u201c L'année prochaine,s\u2019il neige, vous m\u2019achéterez un traineau.Il est ridicule de traverser ce beau paysage sibérien dans une voiture vulgaire.\u2014Nous verrons cela cela l'an prochain, répondit M.de Valroux avec un hochement de tête significatif.Ce sont de chers caprices que ceux-là.\u2014Papa, il neigera l\u2019an prochain, n\u2019est-ce pas, s\u2019écria Agnès qui passait son'temps-à essuyer la vitre avec ses gants fourrés pour regarder au déhors, c\u2019est si beau la.neige ! E \u2014Cela rompt la monotonie de I'hiver, c\u2019est certain, dit madame de Valroux.\u2019 Et elle ajouta en se pelotonnant dans ses fourrures : * \u2014Si les rues étaient assez propres pour qu'on ne craignit pas de casser\u2019 les jambes à ses chevanx en allant le soir au théâtre, je m\u2019accommoderais parfaitement de ce froid sibérien penne | cendre de voitures'adonnait tout entière à son \u2018son élan.dant trois mois.: Et moi donc ! dit Agnés gaiement ;; et toi aussi, ma tante Alberte.= \u2018Tu ne dis rien ; est-ce.que tu n\u2019aimes pas la neige ?\u2014Je la trouve admirablement belle, ici surtout, répondit sérieusement Alberte : il y a là-bas un massif d'arbres féeriquement joli.\u201c Plus loin on dirait une carrière de blocs de marbre, c\u2019est de la neige solidifiée.Près de nous, les arbustes sont de verre filé ; c\u2019est aussi ravissant que fragile.\u2014Et sur cet arbre, vois donc ces gros morceaux de neige, .ma tante, on dirait de gros chats angoras tapis entre les-branches.Et cette grande pelouse blanche,et ses sapins si noirs car il en y a qui ont secoué la neige.Je ne sais plus dutout dans quel pays je suis.Je n\u2019ai jamais vu tant de neige, tant de glace.Je voudrais que tous les hivers il fit ce temps-là.\u2014Ce serait souvent, Agnès, répondit Alberte, et tout le monde ne serait pas de ton avis.\u2014Si, je t\u2019assure ; tu vois comme il y a des patineurs.\u2014Ce n\u2019est pas là tout le monde.Tu ne penses jamais qu\u2019aux heureux.Agnès.J'aime aussi cette neige brillante, ce froid vif me plait beaucoup; mais il fait horriblement souffrir les pauvres, etilya tant de pauvres dans Paris ! .\u2014 Voilà.Alberte ! dit madame de Valroux avec un léger haussement d\u2019épaules en regardant son mari.À propos de la neigé, elle vient vous parler des pauvres.: Alberte allait répondre ; mais tout à coup la voiture s'arrêta, ils étaient.arrivés devant le tir aux pigeons.Entre les deux élégants colombiers à la toiture de-neige, était tendue une corde contre laquelle voltigeaient des oriflammes rouges.Au delà étincelait la nappe de glace couverte de patinéurs.Agnès ne comprenait pas les lenteurs que sa mère - mettait à entrer \u2018dans l\u2019enceinte réservée.\u2014Médéric, allez avec votre fille, dit tout à coup madame de Valroux ; il me paraît poli d'attendre madame de-Lextreville, qui peut désirer des- Alberte.tu peux: suivre ton beau-frére.Je ne charge personne des corvées que je me suis imposées.Albérte ne se le fit pas dire deux fois.Elle prit Agnès d'une main, passa l\u2019autre sous le.bras de M.de Valroux, et ils entrérent dams l'enceinte réservée aprés s'étre fait recon-.naitre.S\u2019attacher des patins aux pieds fut l'affaire d'un instant, et bientôt Alberte et Agnès s\u2019élancèrent, les mains croisées, sur la brillante surface, et se mirent à décrire les courbes les plus gracieuses.Alberte avait relevé son voile et | plaisir gymnastique.0 Tout à coup Agnès l\u2019arrêta dans .\u2014Regarde donc M.de Lextreville, dit-elle, il me fait peur.oo Alberte regarda vers l'entrée.Le coupé de monsieur de Lextreville était arrêté vis-à-vis de la barrière d'entrée, et derrière la vitre se dessinait le profil souffrant du vieil époux de la nouvelle amie de madame de | Valroux.\u2014Vois-tu madame de Lextreville dans le coupé ?demanda Alberte: \u2014Non, ma tante.Ah! la xoilà qui passe la barrière derrière maman, \u2014Ona l\u2019éir de larréter.non.| elle entre.Partons, ma tante ; notre grande figure maintenant, en l\u2019honneur de l\u2019entrée de maman.\u2014 I] est mieux d'aller saluer madame de Lextreville, répondit Alberte Un peu de repos nous fera du \u2019 bien.4 Et elle entraîna la petite fille vers l\u2019endroit où elles pouvaient se débarrasser un instant de leurs patins pour \\ 2 PE \u2018venirretronver madame de Valroux et.madame de Lextreville: Ces dames s'étaient assises sous une guérite de paillé, asile préparé pour le public et aussi pour les patineurs fatignés.Un brasero, placé à leur portée, leur envoyait de bienfaisantes bouffées dé chaleur.; \u2014Madanie,\u2019 dit tout 4 coup madame de Lextreville, saisissons l'occasion sux cheveux, voici mon Espa- @nole qui m'amène ses amis Louzéma, je vous les présente, cet vous.les retenez jusqu\u2019à l\u2019arrivée de votre sœur.\u2014C'est cela, répondit madame de Valroux en laissant tomber.négligemment à ses pieds la peau d'ours de la guérite, qu\u2019elle avait remontée surses genoux.Quelles élégantes toilettes ! \u2019 \u201c C\u2019est bien lui qui conduisait le joli traîneau qui nous a dépassés.Je l\u2019ai aussi aperçu pendant que je vous attendais.Ii regardait Alberte patiner.\u201c Un Indien ! C\u2019est fort drôle.\u2014OCing cent mille francs de re nte murmura madame de Lextreville.\u2014Heureux mortel ! soupira madame la comtesse de Valroux.Elle ajouta.sur-le-champ.° \u2026 Elle n\u2019en dit pas davantage, car la à madame de Lextreville et-lui présenter David et Luna dont les yeux étincelaient, et dont un vêtement d\u2019une grande richesse enserrait la taille, extraordinairement mince et souple.Après quelques mots échangés, deux jeunes gensà madame de Valroux, qui leur prodigua ses plus aimables sourires, et qui s\u2019empressa de rappeler les souvenirs de la saison pendant laquelle ils avaient.connu sa sœur.\u2014Alberte sera charmée de vous, \u2014Oh ! moi, jai une envie folle de l'embrasser, s\u2019écria l\u2019ardente jeune fille.Depuis que mon frère m\u2019a parlé d\u2019elle, j'en rêve toutes les nuits.Estelle arrivé ?Est-elle ici ?con patine depuis une demi-heure, dit David ; tu l\u2019as croisée plus d\u2019une fois sur la glace.\u2014Et tu ne me l'as C\u2019est d\u2019une malice ! Luna.Mais tu n\u2019as rien perdu pour attendre.La voici.t.\u201c Alberte arrivait en effet, Agnès à son \u2018bras, - 24, y Luna s\u2019élança vers elle.On entendit ces deux noms : ~Alberte\u2014Luna.: Ptiis les deux jeunes filles s'embras- ,sérent avec effusion.\u2026 \u2014Madame, vous permettez, s\u2019écria donc ! ;\u2018 - \u2018Alberte, je vous présente mon frère, l\u2019auriez-vous reconnu ?.qui lui tendit la main et dit en souriant.\u2014Mon acheteur de roses.\u2014Trop heureux de vous avoir-ren- contrée, mademoiselle.\u2014AÂvons-nous vieilli depuis Cannes! s\u2019écria Luna gaiement.Je \u2018petite duchèsse.\u2014Moi, j'aurai En ce moment arriva M.de Valui arrachait Alberte et sa fille à l'exercice du patin.Madame de Valroux recommenga les présentations du fond de sa bientôt:on les vit toutes deux volti- \u201cger'sir la glace'en offrant le plus \u2018 \u2014La jeune fille est \u201ctrès jolie; gi .j'avait un fière, je la lui ferais épouser - :dame espagnole venait serrer la main .; madame de Lextreville présenta les | revoir, mademoiselle, dit-elle à Luna.- \u2014Mademoiseille de la Rochefaupas dit, David! \u2014J'ai voulu t\u2019éviter une chute, David s'inclinait devant Alberte © n\u2019aurais pent-étre \u2018pas\u2019 reconmu:ls.:.- .A 4104 aurais reconnu Luna; répondit Alberte, en la contemplant.+.roux qui venait s'informer du motif guérite ; puis Luna entraina Alberte et.Luna.-David, viens donc ; mais viens = = LL Ee Sou = A Coe .- Io! A \u2014 + a So ¢ JOURNAL DES.CAMPAGNES 15 joli tableau du-monde par \"le contraste.: \u2014Voilà en vérité deux femmes rharmantes, chacune dans leur gen- ce, dit miadame de Lextreville qui les suivait des yeux, \u2014Votre sœur est ravissante, monsieur, ajouta la marquise de Valroux en s'adressant à David, qui était resté près d'elle.LU \u2014Elle a toute la grâce partiéulière aux femme de notre pays, répondit- ik La conversation se continua ainsi surtout entre David et lamarquise de Valroux, qui se montra prodigue d'amabilités Monsieur de Valroux, qui s\u2019amusait a trainer sa filiesur la glace dans un petit fauteuil roulant, revint le premier vers ces dames, \u2014 Vous devez en avoir assez, dit- il asa femme ; n'avez-vous point - freid dans cette guérite ?\u2014J'y suis fort bien, patinez tout à votre aise, répondit-elle.\u2014Alberte m'a dit qu\u2019elle désirait rentrer ; la voici qui revient.\u2014Pourquoi ?\u2014Elle va vous le dire elle-même.Albexts et Luna revenaient appuyées sur le bras l\u2019une de l\u2019autre.\u2014Tu veux paatir ?dit mrdame de Valroux.: Alberte tira desa ceinture une petite montre d'or.\u20141I1 est quatre heures, répondit- elle.\u2014Eh bien, nous dinons a sept.Tu peux rester une heure encore.\u2014-Et notre visite à ma tante de Châteaugrand ?\u2014Se fera un autre jour.\u2014Je désire la voir aujourd\u2019hui, je me suis fait annoncer.\u2014Et les chevaux ! Il paraît qu\u2019on glisse horriblement rue de Rivoli.- Alberte ent l'air contrarié.\u2014 Est-ce vrai, Médéric ?demanda- telle., \u2014Je n\u2019en sais absolument rien.\u2014Papa, cria la voix claire d\u2019Agnès, voici mon oncle Roger.oo M.de Valroux se détourna et aper- cut le jeune officier de dragons en petite tenue.[ \u2014Parfait, dit madame de Valroux en se renfonçant dans la guérite ; tu vas pouvoir le charger de tes regrets.\u201c Pour moi, je n'ai pas le temps d\u2019aller à l'hôtel du Louvre ce soir.\u2014Nous allons le direà Roger, répondit M.de Valroux, en marchant au-devant du jeune homme, Ils revinrent ensemble en causant, et Roger, aprés avoir salué et serré la main à Alberte et à sa sœur, qui lui offrit deux.doigts de fort mau- Vaise grâce, demanda si ces dames allaient patiner.\u2014Je me disposais à partir, Roger, dit Alberte, j'espérais aller voir ma tante ce soir ; mais il paraît que la rue de Rivoli est très glissante.\u2014Pas plus que les autres rnes de \u2018Paris, ma cousine.\u2014Allons-nous ?demanda Alberte en regardant sa sœur.- \u2014Jl est trop tard, répondit-elle ; ma tante dine de très bonne heure.\u2014À six heures, dit Roger.\u2014Nous arriverous au milieu de son dîner, remarquade nouveaux madame de Valroux: \u2014OCe sera donc pour demain, répondit Alberte avec un sonpir de regret.~ ~~\u201c Roger, j'irai surprendre ma tante demain matin.° \u201c Veuillez le lui dire.\u2014dJe le lui dirai, Alberte.Votre visite lui fera d'autant plus de plaisir, qu'elle est seule tous lès matins, mon service m'obligeant à la quitter à sept heures.\u2014Vous partez ?demanda madame de Lextreville en voyant madame de Valroux se lever., \u2014Oni, décidément Médéric a rai- * son, le froid devient saisissant.\u2014Allons, répondit madamé de ) | Lextreville.Et elle ajouta avec un sourire plein de malice : \u2014Je crois que monsieur de Lextreville en aura assez du petinage et qu\u2019il sera guéri du désir de m\u2019accompagner.: On se salua, Luna et .Alberte prirent leurs mesures pour se revoir, et s\u2019en allèrent ensemble vers la barrière d'arrivée.Roger de Châteaugrand \u2018les suivit et offrit la main à ces dames pour monter en voiture.Pendant que madame de Valroux s'installait dans la calèche, il se pencha vers Alberte.\u2014Quel est ce jeune homme qui causait tout à l'heure si familièce- ment avec votre sœur ?demanda-t- il.\u2014C\u2019est un étranger, un ami d\u2019enfance, répondit-elle avec embarras.\u2014Mon cousin, accompagnez donc madame de Lextreville jusqu\u2019à son coupé, dit ence moment la voix perçante de madame de Valroux.Mais Roger y mit si peu d\u2019empressement, que M.de Valroux dut offrir le bras à madame de Lextreville, qui s\u2019en alla en jetant au jeune officier un coup d\u2019œil malfaisant.M.de Valroux revint en grommelant.Il avait trouvé M.de Lextreville à moitié gelé, etil dit qm\u2019il espérait que cette expédition était la dernière avec cette femme, qu\u2019il n\u2019entendait pas admettre dans sa société.Madame de Valroux écoulaimpa- tiemment son petit speech et répondit aigrement : ; ° \u2014Laissons cela, je ferai ce qu\u2019il me conviendra.- : Et se tournant vers Alberte, elle ajouta : _ \u2014Parle-moi detes étrangers, Albèrte, ils sont charmants ! IV VIE INTIME .\u2014Laissez-moi donc tranquille avec vos Châteaugrand, Médéric ; je vous dis-qu\u2019Alberte ferait la plus grande folie du monde .en épousant Roger.Elle est fort à la mode en ce moment et si je pouvais tout vous dire, vous reconnaîtriez commé moi qu'elle aurait le plus grand tort de se laisser endoctriner.par madame de Châteaugrand.\u2014Encore un nouveau mystère, Madeleine.Si vous voulez me convertir à vos idées, le mieux serait de me parler franchement et clairement.-Je ne peux pas, en vérité, je ne peux pas, dit madame de Valroux en s\u2019asseyant devant la petite table sur laquelle avait été déposé son premier déjeuner, c\u2019est à peine si j'ose y croire moi-même.Ce secret ne m\u2019appartient pas encore.\u2018 Monsieur de Valroux sourit d\u2019un air ironique, et s'écria : \u2014Si c\u2019est un secret, il est en bonnes mains.\u2014Mais certainement, dit madame de Valroux en faisant tourner sa petite cuiller de vermeil dans le chocolat parfumé ; vous ne le savez pas encore : donc j'ai su le garder.\u2014Oh ! moi, je suis le confident de la onzième heure.Franchement, Madeleine, à combien de personnes avez-vous déjà conté ce merveilleux secret ?Lu \u2014À personne, Médéric, à personne encore, je vous le jure.Monsieur de Vairoux se mit à rire ; puis il ajouta : \u2014Enfin c\u2019est bien entendu, vous ne voulez pas que je propose a Alberte dela conduire a l'hôtel du Louvre ?\u2014Non, certainement.Oe n\u2019est pas à vous à la jeter dans les bras des Ohâteaugrand.D'ailleurs il fsit trop froid pour qu\u2019elle sorte en voiture découverte.C'est cela, vous avez inventé le plus admirable des prétextes.Sur ce, je pars.Si Alberte vent sortir, d\u2019ail- eurs, elle fera atteler le coupé.Monsieur de Valroux fit un geste d'adieu à l\u2019adresse de sa femme, prit \u2018son chapeau et sortit.Il traversa le large corridor, frappa a une porte et entra dans une vaste salle entourée d\u2019'armoires vitrées pleines de livres.Au milieu se trouvait une table carrée, recouverte d\u2019un tapis vert ; sur cette table, des encriers, des livres, du papier.Autour trois personnes ; une jeune fille vêtue avec cette élégance de mauvais goût particulière aux Parisiennes de la ban- licue, et deux enfants.: Agnès écrivait d\u2019un air docte; un petit garçon, plus jeune qu\u2019elle, avait fait un oreiller de ses livres et de ses cahiers.\u2014Eh bien, Maurice, c\u2019est comme cela que tu prends ta leçon ?dit Mde Valroux après avoir salué cour- toisoment la jeune maîtresse qui s'était levée à son entrée.Et il alla prendre par son petit toupet frisé Maurice, qui avait le visage aussi gracieux qu\u2019ennuyé.\u2014M.Maurice ne veut rien faire absolument ce matin, dit la jenne fille.\u2014C\u2019est toujours comme cela quand ma tante Alberte n'est pas ans la bibliothèque, déclara Agnès, à laquelle Alberte avait fini par inspirer un certain goût pour l'étude.\u2014Et pourquoi ne vient-elle pas, ce matin ?.\u2014Elle m\u2019a dit qu\u2019elle devait sortir.\u2014 Mais je ne crois pas, répondit monsieur de Valroux.Maurice, prenez votre place, ajouta-t-il en grossissant sa voix.: \u201c Oela dit, il embrassa ses enfants, salua la maîtresse et sortit.Il n\u2019avait pas fermé la porte que Maurice jetait-son porte-plume au plafond: \u2014-Je vais chercher ma tante, s\u2019écria Agnès.\u2014Non, non, cria le petit garçon.Mais Agnès était fort résolue.Elle eut bien vite fini de sauter de dessus son tabouret et de s'échapper, avant que Maurice pût aller lui barrer le passage à la porte.Elle arriva toute haletante dans la chambre d\u2019Alberte, qui, debout, en toilette de sortie, regardait tomber la neige.\u2014Ma tante, viens vite dans la bibliothèque, s\u2019écria Agnès, Maurice est très méchant ce matin et il répond très mal à mademoiselle Adèle.\u2014Il faut prévenir ta maman, Agnès répondit Alberte.\u2014Maman lui donnera du chocolat praliné, ma tante, et il deviendra plus méchant encore.\u2014 C'est que je vais sortir avec ton père.\u2014Papa est sorti tout seul.\u2014Je l'ai fait prévenir cependant, \u2014Ecoute, dit Agnès, papa siffle son cheval.Alberte se détourna vivement vers la fenêtre.Monsieur de Valroux, qui avait fait avancer sa charrette anglaise jusqu'au portail, venait d\u2019y monter, et, en prenant les rênes des \u2018mains de son domestique, il sifflait doucement, ce qui était sa manière de se faire reconnaître de son cheval favori.Alberte porta vivement la main à l\u2019espagnolette de la fenêtre et l\u2019ouvrit : mais au moment même la voiture légère s\u2019éloignait.Elle referma la fenêtre, secoua la tête pour faire tomber de ses cheveux le grésil qu'une bouffée de vent y avait jeté, et dit à Agnès : \u2014Va donc demander à ta mère uelle voiture je dois prendre pour aller À l'hôtel du Louvre.\u2014Je veux bien, ma tante ; mais \"si tu ne viens pas dans la bibliothèque, Maurice ne fera pas ses devoir ce matin ! \u2014J'y cours, dit Alberte,tu m\u2019y trouveras.Elles sortirent.Agnès s\u2019élança vers l'appartement de madame de Valroux, Alberte entra dans la bibliothèque et trouva Maurice galopant à cheval sur une règle.À l'entrée d\u2019Alberte, il interrompit son exercice équestre, et, sur son commandement formulé d\u2019un ton très sévère grimpa sur sa chaise d\u2019écolier.Alors Alberte, sans en demander davantage, s'assit auprds de lui, et, tantôt le caressant, tantôt lui parlant sévèrement, elle\u2018 parvint à le faire entamer sa page de copie.Il traçait de superbes majuscules sur son cahier quand Agnès rentra dans la salle d\u2019étude.Elle ne prit pas garde à Maurice qui lui jetait un coup d'œil triomphant, et, s\u2019'approchant de satante, elle lui dit bien bas : \u2014Maman dit qu'il est dangereux de faire sortir les chevaux ce matin à cause du verglas.Et passant ses deux bras autour du cou de sa tante, elle ajouta en lui parlant à l'oreille : \u2014 -Maman est très mécontente que tu ailles voir ta tante à l'hôtel.\u2014Si je n\u2019y vais pas, je ne la verrai pas, répondit Alberte en dissimulant la contrariété que lui faisait éprouver le refus déguisé de madame de Valroux.Agnes, ci j'étaisen voyage, à l\u2019hôtel, tu viendrais bien m'y voir, n\u2019est-ce pas ?: \u2014Oui, tante j'irais te voir partout.Maman a dit aussi que tu serais plus raisonnable de faire travailler Maurice, qui ne fait rien quand tu n\u2019es pas là.: \u2014Chaque chose a son temps, dit sérieusement Alberte.Ma tante part demain, je n'ai pas à choisir le moment de ma visite qui est annoncée.Il fait beau, je-vais aller chercher mon vieux Morin.Nous irons aussi vite à pied qu\u2019en voiture.\u201c Cependant je me ferai peut-être attendre pour le déjeuner.\u2014Tu es bien heureuse d\u2019avoir ton vieux Morin, et desnrtir quand tu veux ! Alberte sourit, embrassa tour à tour les deux enfants, recommanda à mademoiselle Adèle de lui laisser une note écrite sur la manière dont Maurice finirait sa leçon, et sortit de l'appartement.Dans le corridor, elle s'arrêta un instant toute hésitante.Irait-elle avertir elle-même sa sœur de sa résolution d\u2019aller à pied visiter sa tante de Châteaugrand ?\u2014Non, dit-elle avec un petit hochement de tête un peu altier : j'ai un devoir à remplir, je le remplirai sans entendre des récriminations - incompréhensibles.En conséquence, elle ne remonta pas le corridor, mais le suivit jusqu'au bout.Là se troûvait l'escalier qui conduisait aux étages supérieurs.Alberte le monta, et, au second étage, prit un petit escalier de service qui desservait les mansardes.Elle sonna à une porte qui ouvrait sur l'aile dont le rez-de-chaussée était occupé par les écuries.Elle lui fat aussitôt ouverte par une femme encore jeune.\u2014Oh ! mademoiselle, c\u2019est vous dit celle-ci en souriant.Oroiriez-vous quo mon père vous a Votre coup de sonnette ?\u2014Je viens le chercher, Marie, dit Alberte, si toutefois vous ne craignez pas qu'il lui arrive quelque accident.\u2014Non, non, mademoiselle, mon père est très solide encore sur ses jambes.Il est allé promener les enfants hier, et le plaisir de vous conduire le ferait sortir par n'importe quel temps.reconnue à à suivre - TS + me Fes 1 LT Hellen to NT RE 2, ie oT 2° 5 KK Bd ¢ 1.JOURNAL DES CAMPAGNES LR toh ee , et aus be ol x; LOT RS Te .oo .= Ie.Purifient le Sang, corrigent SANTÉ POUR TOUS ! 8 \u2014 pa eit 1 h ; NC d I + v .A a Bn kid SAB 3 or 3 Pt RE a er rare Von 0 A ALI oh Vt Se AS LES PILULES Co tous les Dérangements du FOIE, de I ESTOMAC et des INTESTINS., Elles fortifient et restituent la santé & des Constitutions délabréas, elles sont;aussi inestimz bles - dans toutes les Malsdies particulières au sexe Feminin de toute âge.Pour les Enfants ainsi que pour les personnes âgées sont invaluables.L\u2019ONGUENT - Est un remède infaillible pour les Maux de J am\u201cies, caux das Soins.Blyssu Plaies et Ulcères.Il est faux pour la \u2018outto et Rhumatisme, \"#s, Auciennes, Et pour tous les Dérangements de la Poitrine il est de méme sans égal.POUR LES MAUX DE GORGE, LA BRONOHITE, « LES RHUMES, LA TOUX, Gonflement Glanduleux, et toutes les Maladies de la Peau, il est san: vil contractés et jointures raides il agit comme un « as me et pour les°membres \u2014 ! 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