Gazette des campagnes : journal du cultivateur et du colon, 14 juin 1951, jeudi 14 juin 1951
[" AJHIVEE ov 1.LU0VINUE 2/8 Me.ntoine Ror Ettfion du Parle:ent QUEBEC B92 1121 PENSER A CE QUE L\u2019ON ECRIT \u2014 \u2014 DIEU = GALETTE PATRIE - DES \u2014 \u2014 ECRIRE CE QUE L'ON PENSE FAMILLE CAMPAGNES Directeur: L.-de-G.FORTIN \u201cAutorisés cemme envoi postal de la seconde classe\u201d \u201cMinistère des Postes, Ottawa\u201d Editeurs-Propriétaires : FORTIN & FILS No 32 Série II.Vol 10 \u2014 \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 Jeudi, le 14 juin 1951.M.le Commandant Lucien Beaugé retourne définitivement en France.Ste-Anne-de-la-Pocatière, (D.N.C.) M.le Commandant Lucien Beaugé, de Le Relecq-Kerhuon, Francedirecteur du département d'Hydrologie, professeur d'Océanographie, de navigation et de pêche à l'Ecole Supérieure des Pêcheries de Ste- Anne-de-la-Pocatière, depuis février 1939, s\u2019est embarqué avec Mme Beaugé hier, le 13 à bord du navire \u201cScythia\u201d à destination de Hâvre, France.A l'occasion de son départ, une réception fut organisée, vendredi, le 8, par l'Ecole Supérieure des Pécheries à laquelle prirent part tous les professeurs de l'institution, de la Faculté d'Agriculture, ainsi que leurs épouses.Mgr Alphonse Fortin, supérieur, Mgr Wilfrid Lebon, P.D.du Collège de Ste-Anne; M.l'abbé F.-X.Jean, Doyen de la Faculté d'Agriculture; M.l'abbé Joseph Diament, directeur; M.Louis Bérubé, professeur à l'Ecole des Pêcheries et plusieurs invités étaient présents.On remarquait aussi: MM.les abbés Noël Pelletier, Procureur de l'Ecole, Auguste Tardif, Dir.de la Ferme de l'Ecole, Loyola Caron.Joseph Caron, Rosaire Bélanger, Eugène Bernier; dans le groupe: MM.et Mme Notaire L.-A.Dupuis, C.Gagné, Florian Champagne, Dr G.Dallaire, Dr Chs.Richard, Clément Germain: Jean Anctil, L- de-G.Fortin, Maurice Bélanger, Noël Lorent, Gérard Gaudette, Roger Baril, Jos-E.Chevrette, Auguste Scott, Champlain Perreault, Maurice St-Pierre, Michel-Ant.Pineau; MM.René-O.Lachance, Gérard Ouellet, Léopold Michaud, Gérard Dubé, Alphonse Gauthier, Roland Martin, Eizéar Campagna, et Ange-Marie Bourret, bachelier ês-Sc.Pécheries, qui partira bientôt pour un séjour de quelques années au service du gouvernement du Ceylan.M.l'abbé Joseph Diament, directeur, rendit hommage à M.le Commandant Lucien Beaugé pour tout le travail qu\u2019il avait accompli et l'intérét qu\u2019il avait toujours porté à l'Ecole Supérieure des Pêcheries, depuis sa fondation.L'Ecole des Pêcheries, dit-il perd un homme remarquable et un catholique convaincu\u201d.M.Diament eut des mots aimables pour Mme Beaugé, épouse d'une grande humilité et d'une culture supérieure.M.Charles Gagné, secrétaire de la Faculté d'Agriculture, invité à porter la parole, remercia M.ie Commandant Beaugé qui s'est toujours fait un point d'honneur de perfectionner ses méthodes d'enseignement en pêcheries; il a soullgné aussi sa belle culture généra- te.M.Louis Bérubé, professeur, à qui revient le mérite d'avoir amené au Canada M.le Commandant Lucien Beaugé, s\u2019est plu à souligner l'intérêt qu'il a toujours porté aux jeunes de l'Ecole des Pécheries.Le contact des jeunes avec un chercheur de la trempe de M.Beaugé, dit-il, ne peut qu'avoir une grande influence dans leur vie et leur avenir.\u201d M.le Commandant Beaugé, prenant la parole, remercia les professeurs de Ste-Anne pour tous les bons sentiments qu'ils venaient d'exprimer à son égard, Il fit part de ses impressions et des constatations qu'il a faites pendant son séjour de 13 ans au Canada.Il a été heureux de dire combien son séjour dans ce milieu culturel de Ste-Anne lui a été agréable, combien il a été content de travailler À la formation des jeunes qui seront demain les techniciens en pêcheries, \u201cLe peuple canadien-français a de belles traditions; qu\u2019il s'efforce de les garder\u201d; j'aimerais tant les voir en France! Il a souligné les malheurs de la France, ses guerres, ses répercussions matérielles, spirituelles et politiques sur un pays constamment menacé par le voisinage allemand.Il a vanté le charme, la grandeur et l'hospitalité du Canada.Ce savant français ,par son esprit de travail et de recherche, a rendu d'immenses services à notre province dans le domaine des pêcheries au cours de son séjour à Ste-Anne-de-la-Pocatière.Pour entrainer les élèves de l'Ecole à la navigation et pour faciliter au Commandant Beaugé ses recherches en océanographie et sur la pê- che dans le St-Laurent, l'École des Pécheries fit l'acquisiton de bateaux à voile et à moteur.Le résultat de ses recherches du poisson en mer ont amené justement, II y a quelques années, les premiers essais de pêche mécanisée jamais faits chez-nous par les nôtres.Il a également doté notre province de ses premières cartes de pêche.En 1941, le Commandant Beaugé publiait \"Le Manuel du pécheur\u201d et \u201cTable de Point\u201d, volumes substantiels et d'une grande importance, puisque c'est en quelque sorte le bréviaire de tout pécheur méthodique et de tout armateur.( M.Beaugé a publié deux plaquettes \u201cLe Cadran Portatif* donnant les moyens de s'orienter et de trouver l'heure n'importe où et n'importe quand; et \u201cFluctuations des stocks de poisson dans le domaine canadien\u201d.Il a aussi & son crédit \u201cLe Livre élémentaire du pécheur\u201d spécialement à l'intention des jeunes pêcheurs.Enfin, il publia le \u201cManuel Technique et pratique des Grandes Pêches Maritimes\u201d et s'est vu décerner pour ce volume par l'Académie des Sciences la plus haute récompense en Géographie.M.Beaugé a de plus donné des cours de géographie, des conférences à la Tribune du \u2018Réveil Rural\u201d de la Société Radio-Canada et au poste CHGB de Ste-Anne.1l a été un collaborateur dévoué de \"La Gazette des Campagnes\u201d et du journal des Pêcheurs \u201cA Pleines Voiles\u201d, publiés à Ste-Anne.Pendant son séjour au Canada, {1 a été l'invité de nombreuses sociétés patriotiques à Québec et à Montréal.Le Commandant Beaugé fit ses études classiques au Lycée d'Orléans, puis passa au Lycée de Brest pour suivre les trois années d'études spéciales qui permirent de se présenter au concours de l'Ecole Navale où il entra en 1896.Après une année d'application, il fut officier de marine jusqu'à la guerre, commanda un patrouilleur pendant les années 1917 et 1918 et fut nommé capitaine de Corvette en 1919.Ayant quitté la marine nationale pour des raisons personnelles, il commanda le navire hôpital des oeuvres de mer \u2018\u2019Ste-Jean- ne d'Arc\u201d sur les bancs de Terre-Neuve, de 1922 à 1925; et »'initia à la vie et aux besoins des marins pêcheurs.Au cours d'un voyage en 1925, il visita Québec et Lunenbourg, En 1927, il passa à l'Office Scientifique et Technique des Pécheries Maritimes de 1927 & 1933, Il se consacra entièrement À des recherches océanographiques.qui le ramenaient chaque année dans les eaux terreneuviennes.Au printemps de 1933, il poursuivit les mêmes études sur la côte de Mauritaine.L'observation des conditions de raréfaction du pola- son dans le domaine fréquenté par les pêcheurs français, c'est-à-dire, là région méridionale des bancs de Terre-Neuve le conduisit à aiguiller toute la flotte de pêche française dans les eaux groenlandai- ses, puis 4 explorer les pentes du talus continental.A l'automne de 1933, l'Office des Pêcheries ayant obtenu des pouvoirs publics l'autorisation de construire un navire de recherches océanographiques, il en prit le commandement et conduisit sauccessi- vement le navire dans les eaux du Maroc (1933); de la mer du Nord 43931); de Halifax, de Sydney, de Gaspé, de ia région de Terre- Neuve et du Golfe St-Laurent (Automne 1934); du golfe de Gascogne et de la Côte d'Espagne (1935); de la Mauritaine, du Sénégal, de la Guinée française en 1936 puis, à nouveau, de la Manche et de la mer du Nord.Le navire a été remis à la Marine Nationale, et M.le Commandant Beaugé continua ses études auprès des pêcheurs de Terre-Neuve.C'est à la vieille amitié qui le liait avec un de nos professeurs de l'Ecole des Pêcheries de Ste-Anne M.Louis Bérubé, que l'institution doit la bonne fortune d'avoir attaché M.Beaugé en 1939, à l'Ecole Supérieure des Pêcheries.Un goûter fut servi par huit jeunes filles de deuxième année du Cours Agricole Ménager, qui se tiennent à l'Ecole d'Agriculture, depuis les derniers jours de mai, et qui se termineront vers le 15 #ep- tembre.J.C.DUBEAU ASSURANCES - GENERALES VIE \u2014 FEU \u2014 AUTOMOBILE ACCIDENT \u2014 MALADIE \u2014 FIDELITE Ete.- Ete.Téléphone: 83 Rue Poiré \u2014 Ste- ANNE-de-la-POCATIERE Sirois, Caron, Renaud, Corviveass & Cis.Comptables Agréée QUÉBEC.PQ.- JONQUIÈRE, P.Q.MONTMAGNY, P.Q.- RIVIÈRE-du-LOUP, P.Q.Tét.s 6-7104 76, Rue St-Pierre, Québec.Monsieur le Chanoine O.Guimont Dans quelques jours, on chantera le service anniversaire de feu M.le Chanoine Odilon Guimont.L'occasion nous paraît bonne pour en rappeler brièvement le souvenir.Sa mémuire restera longtemps vivace À Ste-Anne-de-la-Pocatière.N'est-ce pas là qu'il fit ses études classiques et termina son ministé- re paroissial?Il fut vraiment le bon pasteur: et ce n'est pas là qu'on veuille m'en croire une formule conventionnelle.Né au Cap St-Ignace en 1872, il s'adonna d'abord plusieurs années aux travaux des champs et n'entra au Collêge de Sainte-Anne qu'à dix neuf ans, en Méthode, après une couple d'années d'études commerciales au Collège des Frères, à Montmagny.Auprès de certains de ses con- frêres de 13, 14 ou 15 ans, il faisait déjà figure d'athlète par sa taille, qui n'eut jamais à augmenter pour être culossale.Déjà A- Ké, il dut bûcher ferme pour les examens traditionnels.Son expérience et sa sagesse lui gagnérent immédiatement la confiance de ses maîtres.Il parut dans plusieurs pièces de théâtre et, dès la Rhéturique, on le nommalt réglemental re pour le reste de ses études.A la classe de chant comme à la fanfare, il était une vedette des basses.A la messe, || faisait souvent le solo, fonction qu'il aima toujours à remplir, même devenu curé.Ordonné prêtre au Cap Saint- Ignace, en décembre 1901 par 8.G.Mgr L.-N.Bégin, il quittait peu après te coliège pour le ministère paroissial.1) fut vicaire À la Ri- vière-à-Pierre (1902), à Saint-Jo- seph de Beauce (1ÿ02-U3), à 8t- Denis-de-la-Bouteillerie (1903), à Saint-Casimir (1803-06), à Saint- François de Beauce (1906-07), à Fraserville (1907-08), à Saint- Roch-de-Québec (1005-1910).Vu son âge déjà un peu avancé, le temps de la cure était venu.L'archevêque le nomma d'abord à Sainte-Apolline où t! bâtit église et presbytère.En 1917, il était transféré à Saint-Pamphile.Les paroissiens n\u2019y ont pas oublié sa Eénérosaité ni son dévouement.Cultivateurs ou bûcherons trouvaient toujours en lui l'ami, le conseiller par excellence.L'éducation des enfants, le ministère de la confession et de [a communion, la visite des malades furent ses principales occupations.C'est surtout par ce ministère que le prêtre s'attache les âmes.Un jour, en 1926, la cure de Ste- Anne devint libre.Qui serait l'homme de la situation?L'archevêque pensa aussitot à l'abbé Guimont.\u201cMis en face d'une affaire difficile à solutionner, écrit le direc- (suite à la page 2) i \u2014\u2014 page 2 Sur les Routes de l'Europe (XXI) Oberammergau, le jeu de la Passion (Passionsspiele) ' Historique C\u2019est pour accomplir un voeu qui date de trois sidcles que les ha- \u2019 bitants du village d\u2019'Oberammergau, inébraniablement fiddles à une tradition sublime, présentent au monde leur réalisation unique de la Passion de Notre-Seigneur.C'était en 1633, au milieu de la Guerre de Trente ans.Comme il arrivait presque toujours au cours des guerres anciennes, une peste, la Peste Noire se répandit tout à coup à travers l\u2019Europe: on bru- lait à l'entrée des villages ies cadavres des pestiférés, et même on n'attendait pas qu'ils soient morts.C'est ainsi que les voyageurs s'enfuyaient à la vue d'un feu de cette sorte et les villageois eux- mêmes défendaient l'entrée de leur patelin A tout étranger et brûlaient tout pestiféré qui apparaissait en vue du village.Grâce à ce moyen draconien le village d'Oberammergau avait réussi à s'exempter du terrible fléau.Mais voici qu'un citoyen du village, absent depuls fort longtemps et pris du désir de retrouver sa famille, quoique pestiféré, réusait à tromper la vigilance des gardes et pénétra dans le village en se faufilant la nuit par les forêts d'alentour.Le lendemain 11 mourait au milieu des siens, mais non sans leur avoir fait contracter le mal impardonnable.Bientôt les ravages s'étendent à la population et dans très peu de temps on compte au-delà de 80 victimes.C'est alors que, mûs par un sentiment de foi, les habitants réunis dans l'église font le voeu solennel de reproduire tous les dix ans le drame des souffrances et de la mort du Sauveur si le fléau s'éloigne du village.L'effet fut immédiat et dès l'année suivante, sous la direction des moines bénédictins d'Ettal, le village voisin, le voeu était accompli pour la première fois.Et c'est depuis 1680 que toutes les décades ont vu se reproduire le Jeu de la Passion avec le même ferveur et le même souci artistique et religieux.Ils ne furent arrêtés par aucune force ou guerre: on ne faisait tout au plus que retarder la représentation d\u2019un an ou deux.C'est ce qui arriva en 1810 et en 1870 alors que le Jeu eut lieu un an plus tard; et en 1920, à la suite de la Grande Guerre qui avait pris au petit village 70 hommes, lis ne purent reconstituer la troupe assez tôt pour mettre l'organisation sur pied.Ils travaillèrent ferme cependant, si bien qu\u2019en 1922 ils pouvaient reprendre ia tradition interrompue.C'était pendant la période terrible de l'inflation en Allemaghe, et malgré le nombre très considérable d'étrangera qui vinrent au village, le résultat au point de vue argent était fort pauvre: l'acteur principal recevait à la fin de la saison la somme de 20,000 marks, ce qui lui permettait tout simplement d'acheter une paire de souliers et quelques pains de savon, alors que l'Américain pouvait pour un dollar passer les trois jours dana le village et vivre avec grand luxe.Cette situation aurait pu les décourager ou du moins faire en sorte qu'ils se laissent tenter par des offres intéressantes: mais fidèles à leur tradition, ils refusèrent la somme, alors fabuleuse, de un million de dollars pour permettre que le Jeu soit reproduit au cinéma: c'était un geste héroïque de leur part, mais ce geste a permis de garder au village son caractère et à la tradition sa signification.Le Jeu a été repris ensuite en 1930, puis en 1934 pour célébrer le tricentenaire du voeu ,en même temps que pour souligner l'extension du jubilé de l'Année Sainte de 1933 au monde entier, Il y eut alors 73 représentations auxquelles assistèrent plus de 400,000 personnes de toutes les nations et religions.La guerre empécha la représentation qui devait avoir lieu en 1940, mais l'Année Sainte de 1950 rétablit la tradition qui, espérons-le, ne sera plus interrompue.Le théâtre.La représentation a lieu dans une salle de théâtre aux dimensions colossales.Les premières représentations, il y a trois cents ans, a- veient lieu dans l'église; plus tard, on s'installait sur le parvis ou dans l\u2019enclos de l'église.En 1830 on se transports à l'endroit actuel mais on ne construisit un théâtre qu\u2019en 1899: 1! pouvait loger 4,200 personnes.En 1929, on agrandit cette construction qui a maintenant près de 160 pieds de long, 130 de Jarge et une hauteur de 85 pleds; elle peut loger 6.200 personnes.Cette immense enceinte de construction fort solide est très bien pourvue de portes et d'allées en sorte que la circulation y est très rapide et qu\u2019on n'y est pas expose aux encombrements.Le service d'ordre y est également très La construction comprend trois parties: la salle des spectateurs que nous venons de décrire, la acène ou le plateau et l'arrière-scène ou les coulisses: cette partie est très considérable puisqu'elle sert à abriter les participants très nombreux et contient des chambres pour les principaux acteurs.1! y à une partie réservée aux enfants, une autre aux femmes et une troisième pour les hommes.Il y à aussi des chambres où sont gardés les costumes dont quelques-uns ont une .grande valeur: plusieurs costumes viennent directement d'Orient et ont été fabriqués à la main.Les armes des soldats, les lances, les piques et les boucliers des gardes sont suspendus aux murs des couloirs qui traversent l\u2019arrière-scène.La scène elle-même a une largeur de 140 pleds, et elle est à dé couvert.Les participants y entrent par deux portes qui ressemblent plutôt à des entrèes de rues.Entre ces deux entrées se trouve une petite scène en retrait aur laquelle se dérouleront quelques scènes de le Passion et où sont présentés les tableaux vivants.Le décor de cette petite scène change avec les tableaux.En dehors des entrées, c\u2019est-A-dire de chaque côté de la grande scéne, il y a les séries de gradins conduisant à des portes qui sont celles des maisons de Pilate, à gauche, et des grands'prêtres, à droite.C'est sur cette grande scène que se passent ies épisodes les plus importants de la Passion, ceux qui demandent un plus grand déploiement ou dont le théâtre fut ia place publique ou la rue.Ceux qui demandent un décor spécial ou qui se sont passés à l'intérieur, comme les épisodes de la dernière Cène, de l'agonie, se passent sur la petite scène du centre.Les décors du théâtre sont très simples, mais ne manquent pas de signification ni de goût.Aux décors palestiniens et historiques vient s'ajouter le décor majestueux de la montagne verte que l'on GAZETTE des CAMPAGNES Sainte-Anne, (Kamourasks).aperçoit dans l'arche antérieur de Ia salle, et le soleil qui pénètre Ubrement sur la acène vient ajouter de l'éclat aux costumes orten- taux déjà magnifiques.Kt les décors spéciaux pour les tableaux vivants et les scènes à l'intérieur sont aussi très beaux et sont chantés en un rien de temps: on n'attend jamais le changement de Les participants.Près du quart de la population du village participe au jeu: il va sans dire que tous n'ont pas des rôles de premier plan, mais on peut dire que cependant tous jouent un rôle important.car même les simples figurants contribuent par leur jeu très naturel à mettre de la vie et du mouvement dans les grandes manifestations.1] y a tout d'abord le Choeur de la Passion, \u2018Passionschor\u201d, composé de 50 chanteurs et chanteuses, de véritables artistes qui exécutent des chants d'une grande beauté et d'une grande puissante.Ce choeur est dirigé par le maître du jeu, le narrateur qui présente les tableaux et les scènes.Ce maltre de jeu est habituellement celui qui lors de la dernière représentation tenait le rôle du Christ, à moins Qu'il ne tienne encore ce rôle comme cela est arrivé pour les représentations de 1910, 1922 et 1930, alors que Anton Lang tint le rôle du Christ dans les trois représentations successives.C'est Ce narrateur qui a le rôle le plus long dans le Jeu et le texte qu\u2019il dit est d\u2019une haute valeur poétique.Le chant est accompagné par un orchestre de 50 musiciens qui ont leur place entre la scène et les spectateurs.Tous les principaux acteurs jouent merveilleusement bien leur rôle.Choisis sur le volet par un comité de vingt-quatre membres présidé par le guré, ils sont les plus aptes des habitants du village à tenir le rôle qu\u2019on leur confie, Le Christ est un homme d'âge mûr, il a un visage très sympathique et très beau.La Vierge a une allure très humble, Marie-Magdeleine a une chevelure magnifique, ses cheveux blonds, typiquement aryens \u2018descendent jusqu'à,la ceinture.S.Pierre est un homme à barbe grisonnante, 8.Jenn un jeune homme imberbe.Judas a la figure sombre et les cheveux en tempête.Anne et Caïphe ont des figures d'hommes retors et ambitieux, Pilate est dictateur et Hérode, jouisseur.Ces caractères sont tous bien campés chez les personnages et on les reconnaît tout de suite.Les scènes les plus importantes, comme l'entrée à Jérusalem et la condamnation à mort groupent plus de sept cents acteurs sur la scène.On nous fait remarquer que tous les participants sont des habitants du village: il n'y a d\u2019étranger que l'âne qui porte le Christ pour l'entrée triomphale: cet Ane est importé d'Autriche.Le Jeu ou le drame de la Passion.Le Jeu de la Passion est une représentation d'un déploiement unique d'une durée de plus de sept heures, allant de huit heures et demie à six heures avec un arrêt de deux heures pour le diner.Les tableaux et les scènes de la Passion sont présentés par un narrateur qui vient dire un prologue.Ce prologue qui revêt une forme poétique est suivi ou entremêlé de chants exécutés par le choeur accompagné par l'orchestre, La musique jouée par l'orchestre est, comme le chant d\u2019ailleurs, d\u2019une grande élévation, elle est très belle, religieuse ot expressive.Cette musique est l'oeuvre d'un compositeur du village même, Roch Dedier on jui doit plusieurs pièces de musique religieuse, entr\u2019autres une messe de Noël que l'on chante chaque année à l'église d'Oberammergau.Il vécut au siècle dernier.\u2018 Le Jeu est conçu de façon à mettre en lumière le rapport qui existe entre l'Ancien Testament et le Nouveau.Il comprend seize actes, un prélude et une conclusion.Chaque acte comporte tout d'abord un prologue ou une présentation, un ou deux tableaux vivants et quelques scènes de la Passion, Le Prologue sert à expliquer le lien entre le tableau vivant et la scène qui suit, explication imagée, accompagnée de chants célébrant les mérites, les grandeurs, la miséricorde du Christ.Le prélude, qui sert aussi de prologue au premier acte, présente deux tableaux vivants: l'expulsion du Paradis et l\u2019adoration de la Croix.Il célèbre le pardon apporté à l'homme maudit par le Christ.L'homme est banni du Paradis, Condamné au péché, à la mort, à la nuit, L'accès à l'arbre de vie lui est interdit, Menaçante, dans la main de l'ange, l'épée luit.Mais au loin sur le Calvaire, Perçant la nuit, aube claire, A travers les branches de la Croix, Un vent de paix souffle sur la terre.Puis il nous invite à suivre le Sauveur en ses souffrances: Salut à tous ceux qu'unit ici l'amour Du Sauveur, et qui veulent le suivre en ce jour A travers ses souffrances et ses maux, Jusqu'à ce qu\u2019il ait été mis au tombeau.Ceux qui sont venus de loin ou de près Qu'ils soient unis dans un sentiment de fraternité En celui qui pour nous tous à souffert.Celui qui, miséricordieux, s'est offert Volontairement & une mort affreuse, Que nos regards et nos coeurs Soient tournés vers Lui! Dans une gratitude unanime, .Que toutes nos pensées Lui solent consacrées Prieæz, priez avec nous à l'heure où s'accomplit Notre Voeu sacré, Notre dette envers l'Eternel.Et le Choeur chante une prière À l'Eternel pendant que la Croix est présentés en adoration.Rosaire Bélanger, ptre.(A suivre) Jeudi, le 14 juin 1961.eat publiée à i Me-ANNE-de-le-POCATIERE 1 Abonnements | a» 32.00 6 mois s1.25 + par | PORTIN & FILS.1 Io sumére $0.03 i M.le Chanoine.(suite de la page 1) teur de la \u201cGazette des Campagnes\u201d, l'abbé Guimont prit le système du défricheur qui épierre une terre, cailloux par cailloux, qui la nettoie souche par souche.I se mit au travail pour donner A Ste- Anne, piastre par piastre, de bonnes finances, sans jamais se lasser et sans pressurer, non plus, ses paroissiens alors victimes, eux aussi de la crise économique.\u201d Mais ce qui compte surtout chez le pasteur de la paroisse, c'est lo côté spirituel de la vie.\u201cPar sa piété, continue la \u2018\u201cGazette des Campagnes\u201d, sa scrupuleuse honnêteté et des convictions religieuses absolues, M.le curé Guimont sut se faire entendre tout aussi bien de tous ceux qui, dans sa nouvelle paroisse de Ste-Anne, (1929-1947), pouvaient être frottés de latin, de sciences, de philosophie, et pour plusieurs, même de théologie.Donnant l\u2019exemple d\u2019une haute dignité de vie, d\u2019une foi sans réplique, de qualités d'ordre et d'économie, d'une grande ponctus- lité à ses devoirs de prêtre, M.Guimont cherchait à rendre service à quiconque avait à l'approcher.D'un bon mot, d'un large sourire, et d'une tape qui souvent vous é- braniait bien un peu l'épaule, il cherchait à vous mettre à l'aise.Et si, d'aventul®; vous exprimiez une opinion qu'il n'approuvait pas, 11 secouait la tête, levait les mains à hauteur de l'épaule, rougissait et\u2026 vous compreniez qu'il ne fallait pas continuer.à le \u2018\u2019acanda- liser\u201d.Il fut nommé chanoine honoraire en 1946.Ses relations avec I'Alma Mater furent toujours excellentes.Continuant la tradition de ses prédécesseurs, il visitait souvent le Collège.Tous les dimanches, il s\u2019y rendait pour converser avec ses confrères, et ceux-ci allaient terminer chez lui leur veillée d'amitié.On comprend quel grand sacrifice fit M.Guimont en donnant sa démission; il ne vivait que pour ses paroissiens.Il vivra encore pour eux, mais loin d\u2019eux, chez les Dominicaines à Québec, où il passera deux ans, avant de disparal- tre pour toujours: deux ans de prière, de silence et même de souffrances, L'Hôtel Dieu lui ouvrit plus d'une fois ses portes.Il décédait le 20 juin 1950.Deux services funèbres furent célébrés au Collège.Le lendemain 8.Exc.Mgr Maurice Roy chantait, à l'église do Sainte-Anne, le service solennel, M.le chanoine Guimont repose maintenant dans le cimetière Painchaud, au milieu de ses confrères défunts, tout pris de ses anciens paroissiens.Aucun ne l\u2019oubliera dans ses prières.\u201cIn me- moria aeterna erit justus!\u201d Un AML (Action Catholique), Jeudi, le 14 juin 1951.GAZETTE des CAMPAGNES Sainte-Anne, (Kamouracka).DISCOURS D'ADIEU PAR LE VICE-PRESIDENT DES FINISSANTS ANNÉE 1950-1951 C'est l'heure suprême qui nous rassemble une dernière fois Dans quelques heures à peine, il nous faudra rompre avec un passé qui nous est cher et partir vers cette \u2018\u2018étoile\u201d que nos yeux fixent ce soir avec toute l'ardeur de nos vingts ans, pendant que les rayons du soleil couchant dorent une derrière fois pour nous les murs bénis de notre vieux collège.Demain la nature chantera, le soleil se fera plus resplendissant pour accueillir notre entrée dans le monde.Nous partirons avec un idéal tout neuf, fruit des sacrifices de nos parents et de nos éducateurs.Conscients de cette force, nous filerons tout droit sans regarder en arrière, car là-bas, à la croisée des chemins, ceux qui nous ont précédés nous appellent pour continuer l'oeuvre.Mais avant de lever la main dans un geste suprême d'adieu, avant que la nuit ne scelle de son cachet nos dernières confidences, nous voudrions unir dans un même chant de reconnaissance tous les artisans de nptre bonheur et leur dire merci une derniére fois.Chers parents, chers éducateurs, nous lisons dans vos yeux, votre joie, votre fierté bien légitime de voir vos fils au terme de leurs études, mais derrière ces regards si beaux nous n'oublions pas tout ce que notre idéal vous à coûté.Oui, pendant de longues années sans relà- che, imitant le geste du semeur qui confié à la terre les grains de la moisson future vous avez jeté dans nos âmes et dans nos coeurs la science humaine et les choses de Dieu.Chaque matin, devant l'autel, vous avez renouvelé l'offrande mélant, avec le pain et le vin, nos chagrins et nos miséres.Et pendant tout ce temps la moisson a crû.Vous avez suivi avec un intérêt paternel la lente montée de la sève, tremblant quelquefois lorsque presque à dessein nous compliquions l'écheveau de nos vies.Au terme de ces études qui vous ont coûté une bonne partie de vous-mêmes, sublimes moissonneurs du bon Dieu, nous vous offrons avec le merci de nos coeurs d'adolescents la gerbe de nos quarante rubans.Nos professeurs ont été pour nous de véritables parents spirituels, partageant nos joies et nos peines dans la conquête difficile du savoir.Îls ont guidé nos premiers pas dans tous les domaines des arts ne s'épargnant jamais de durs travaux supplémentaires pour la réussite de leur oeuvre.Notre idéal est tout plein de leur santé, minée par l'inquiétude de notre formation.Chaque année, lorsque septembre nous ramenait a Ste-Anne, nous les retrouvions un peu plus courbés, un peu plus vieillis, mais leur coeur, leur coeur admirable de prétre vibrait toujours intensément de zèle et de dévouement.Oh! ces coeurs tout pleins de sollicitude que bien des fois, hélas, nous avons fait saigner.Peut-être qu\u2019en d'autres lieux nous nous souviendrons avec nostalgie de l'amitié sans réticence de nos vieux professeurs de collège et c'est là que nous réaliserons pleinement tout ce que nous leur devons.A côté de nos professeurs, nos directeurs spirituels ont complété l'oeuvre de formation i 119.COURS qui devait faire de nous des hommes bien équilibrés.Ils ont suivi le cours tantôt tumultueux, tantôt calme, de nos vies, pour les aiguillonner vers les sommets.Ils ont su maîtriser l'élan de nos vingt ans et discerner la voie par laquelle Dieu nous appelle à Lui.Ils sont demeurés pour nous le centre de nos activités spirituelles, connaissant tous les recoins de notre âme ils savaient trouver les mots qui consolent.Lorsque la vie devenait plus lourde, lorsque nous n'apercevions plus l'étoile et que nos pauvres coeurs d'hommes blessés courbaient sous la peine, c'est dans la chaleur de leur chambre que nous allions reprendre le courage nécessaire à l'accomplissement de notre tâche.Puisse le souvenir de leurs conseils et de leur exemple nous guider partout sur le chemin de la vie, et inspirer chacun des actes que nous poserons.Dans ce cantique de louanges à nos éducateurs, nos maîtres de salle et notre directeur méritent eux aussi une place, car pendant notre séjour au collège, ils furent les compagnons discrets et attentifs de nos heures de loisirs, s'associant à nos jeux pour les égayer, a nos conversations pour les élever.Ils ont souvent passé l'éponge sur bien des gaffes, redressant cependant avec tact ce qui pouvait nous nuire.Avec leur âme, ils ont communiqué à nos vies le sens de cette véritable amitié toute faite de franchise et de bonne humeur qui resserre les coudres et rend plus fort.Leur rôle à demi- caché, obscur, ingrat même à certaines heures, n\u2019en est pas moins un rôle de saint.Et notre hymne de reconnaissance s'élève maintenant comme un encens très pur vers nos rents et ceux qui de près ou de loin ont collaboré à la réalisation de notre idéal.Maman, nous aimerions nous souvenir de vos premiers baisers, de nos premières prières apprises sur vos genoux aux nuits sereines de notre enfance?Oh! puissions-nous, toujours, sur la mer incertaine où nous nous engageons nous attacher à Marie dont vous nous semblez l'image.Puissions-nous recevoir à jamais, en.pleine lumière, le regard de cette maman du ciel que vous avez tellement priée pour le succès de nos vies.Plus tard, nos plus belles espérances auront beau s'effondrer et laisser taries des sources que nous aurions voulu jaillissantes; jamais cependant le souvenir de nos mamans ne\u201cquittera notre coeur.Papa, depuis notré entrée dans la vie, vous vous êtes imposé des sacrifices sans\u201d nombre, vous gravissez depuis huit ans surtout, un dur calvaire qui ne s'achève pas encore, vous vous êtes privé de bien des plaisirs, vous répétant au fond de voys-même, \u2018c\u2019est pour lui\u201d.Oui, papa, c'était pour nous, les longues heures de travail sous le soleil pesant des jours, ou les séances interminables de bureau, c'était pour nous les tracas journaliers et les peines qui ont blanchi vos cheveux; comment ne nous senti- rjons-nous pas responsables devant tant de peines endurées en silence pour que nous soyons ce que nous sommes ce soir.Oui partout où nous irons, il faudra la crier la souffrance de nos papas et de nos mamans, sans quoi nous serions des traîtres.Tout à l'heure en épinglant nos rubans devant la Madone nous avons pensé à tout ce qu'ils avaient coûté ces rubans, nous vous les offrons; ils sont votre oeuvre.Les uns iront au grand séminaire se former une âme d'apôtre toute remplie de mansuétude pour notre humanité souffrante.Ils continueront l'oeuvre de nos pasteurs paroissiaux.Dans la solitude des maisons d'éducation, ils prépareront d'autres générations d'écoliers qui prendront à leur tour la relève.Ils feront descendre la paix promise aux hommes de bonne volonté sur les âmes tourmentées, adoucissant les derniers instants du vieillard et de ceux qu'un coup mortel fauchera dans la fleur de l\u2019âge.Chaque matin, à côté de l'hostie, ils déposeront l'offrande de leur vie sacrifiée au coeur de Jésus.\u2018D'autres laisseront leursjeunesse s'épanouir dans les monastères, ou après une préparation de recueillement et de prière, iront par toutes les routes de la terre à la conquête des brebis égarées du Royaume.Missionnaires des sables brûlants de l'Afrique ou des glaces éternelles, Jésus vous appelle à sa moisson; les blés croissent et mûrissent; allez les recueillir pour en remplir les greniers du Père.Demain vous quitterez parents et amis pour aller porter aux âmes les plus délaissées, le message d'amour et de paix qui mous vient du coeur même du Christ.Chers confrères, vous qui demain, ferez vivants le pain et le vin, vous avez toute notre- admiration, vous avez peu à peu remplacé par l'amour du Divin Maître, le pauvre besoin d'amour humain auquel s'accrochent et se heurtent nos vies.Votre sacrifice est grand mais combien consolant pour vos parents et ceux qui vous entourent.De notre côté, nous nous dirigeons vers le monde pleinement conscients de répondre à l'appel de Dieu et de diriger nos vies sur le chemin qu'il nous a tracé de toute éternité, Prêtres ou laïques, nous avons tous l'ambition de collaborer à l'édification de vies menées en ligne droite vers le ciel.Les voies sont différentes, elles contiennent cependant un nombre égal de difficultés.Dans tous les rameaux de l'arbre humain, même les plus forts, il y a des boutons qui ne s'ouvrent pas, des existences mutilées, des ê- tres de souffrance que Dieu met sur notre route comme des crucifix pour nous rappeler la grande loi de l'amour et de la charité.À ces déshérités de la vie, il faut des prêtres pour fermer les blessures de l'âme, mais il faut aussi que des laïcs compatissants se penchent sur les corps pour leur donner un peu la joie de vivre, la confiance et la paix.Oe sera le role du médecin.Lé psychologue, le pharmacien, le biochimiste prépareront au médecin et au prêtre la guérison du corps et de l'âme.Le notaire, le journaliste et les sociologues se rappelleront dans chacun des actes qu'ils po- (Suite & ls page 6) \u201c ny Page 4 GAZETTE des CAMPAGNES Seinto-Anne, (Kamsuresn).\u2018 Jeudi, 1e 14 juin 1961.+ LES FINISSANTS 1950 - - 1951 \u20acT LEURS VOCATIONS Prêtre de STE-MARIE AUG.de l\u2019ASSOMPTION DOMINICAIN P.B.d'AFRIQUE GRAND SEMINAIRE - *, Charles-E.Charest Jacques Tremblay | éon Lacroix |_ouis Begin GRAND SEMINAIRE Gaétan Guimoi t Francois [Qouthier Urgel Delletier [Lionel Mercier Benoît Boucher GRAND SEMINAIRE \u2018 SCIENCES SOCIALES NOTARIAT « Jean-Marc Garneau ean-Eudes Martin Martin Caron | Jean-Claude Pelletier .PSYCHOLOGIE JOURNALISME EXPERIMENTALE PHARMACIE BIOCHIMIE GENIE MINER fe Chamard [Robert Ouellet [Rosaire Boucher [Ra mond Pa é Are Socrbinire View Dobrident O7 ?I Jeudi, le 14 juin 1051.| GAZETTE des CAMPAGNES Sainte-Anne, (Kamoussalm).Page 5 COLLEGE de STE-ANNE DE LA POCATIERE SCIENCES COMMERCIALES GENE CIVIL Gilles Leclerc Guy Liéveillé Wilfrid Cloutier GENIE FORESTIER GENIE MILITAIRE GENIE MECANIQUE [Roméo Caron |_éopold Anctil Paul-E.Blais MEDECINE Jacques Bernier MED.VETERINAIRE Gérard Bélanger a Page 6 Choix des vocations du 119e Cours GRAND SEMINAIRE Bégin Louis, fils de Mme Eugène Bégin, 595 rue Notre-Dame, Thetford-Mines, Boucher Benoît, fils de M.et Mme Emile Boucher, St-Camille, Bellechasse.Garneau Jean-Marc, fils de M.et Mme Ferdinand au, St-André, Kamouraska.Guimont Gaétan, fils de M.et Mme Stanislas Guimont, Cap St-Ignace, Montmagny.Gagnon Marius, fils de M.et Mme Antoine Gagnon, Ste-Louise, 1'Islet.Mercier Lionel, fils de M.et Mme Jos.-Emile Mercier, (Marin), Ste-Anne-de-la-Pocatière.Pelletier Urgel, fils de M, et Mme Ls-Philippe Pelletier, Ste-Anne-des-Monts, Gaspé Nord.Routhier Francois, fils de M.et Mme P.-C.Rouier, Chandler, COMMUNAUTES RELIGIEUSES Prêtre de Ste-Marie.Charest Charles-Eugène, fils de M.ot Mme Josep d St-Pascal, Kamouraska.Père Blanc d'Afrique.Lacroix Léon, fils de M.et Mme Philippe Lacroix, \u2018 St-Antoine de Tilly, Lotbinière.Augustin de l'Assomption.Lessard Marcel, fils de M.et Mme Jos.Lessard, St-Frédéric, Beauce, Dominicain.Tremblay Jacques, fils de M.et Mme Eugène Tremblay, La Malbaie, Charlevoix.MEDECINE.Arsenault Conan, fils de M.et Mme J.-F.Arsenault, Lauzon, Lévis, Bédard Conrad, fils de M.et Mme Adélard Bédard, Ste-Justine, Dorchester, Bernier Jacques, fils de M, et Mme Adjutor er, n, Frontenac.Carter Guy, fils de M.et Mme Alyre Carter, Ste-Marie, Beauce, Dubé Fournier Gaétan, fils de feu le Capitaine, et Mme Adrien Dubé, St-Jean Port-Joli, l\u2019Islet, Fortin Michel, fils de M.et Mme Le.-de-G.Ol » Ste-Anne-de-la-Pocatière, Kamouraska, Gagnon.Anatole, fils de M, et Mme Anatole Gagnon, St-Jean Port-Joli, l'Islet, \u2018 Marcoux Camille, fils de M.et Mme A.Marco Tête à Baleine, Labrador, Roy Arsène, fils de M.et Mme Gédéon Roy, Beauceville, PHARMACIE.Ouellet Robert, fils de M.et Mme Victor Ouellet, Cap St-Ignace, Montmagny.BIOCHIMIE, Boucher Rosaire, fils de M, et Mme Alfred Boucher, St-Pacôme, Kamouraska.PSYCHOLOGIE EXPERIMENTALE.Chamard Roger, fils de M.et Mme Emile Cha- St-Jean Port-Joli, l'Islet.MEDECINE VETERINAIRE, Bélanger Gérard, {ils de M.et Mme Adrien Bé- St-Roch-des-Aulnaies, l'Islet, COMMERCE., Caron Marc-Michel, fils de M.et Mme Adrien Caron, St-Aubert, l\u2019Islet, Pelletier, Hermel, fils de M, et Mme Le.-Phili Pelletier ve Sta-Anné-des-Monts, Gaspé Nord\u201d Léveillé Guy, fils de M.et Mme Jos.-R.Lévoillé Rivière-du-Loup, Rivière-du-Loup.\u2019 (Kameurssia).SCIENCES COMMERCIALES.Leclerc Gilles, fils de M.et Mme Ls.-Philippe Leclerc, .l'Islet.GENIE CIVIL.Léopold Anctil, fils de M.Mme Camille Anctil, Ste-.-la-Pocatiére, Kamouraska.Blais Paul-Eugène, fils de M.et Mme Eugène Ps St-François, Montmagny.Caron Roméo, fils de M.et Mme Pierre Caron, St-Aubert, l'Islet, GENIE MINIER.Pagé Ramond, fils'de M.et Mme J.-E.-R.Pagé, Courcelle, Frontenac.GENI ECIVIL, Cloutier Wilfrid, fils de M.et Mme Wilfrid Cloutier, St-Ephrem, Beauce, GENIE MECANIQUE.Emond Fernand, fils de M.et Mme Benoit Emond, - Escourt, Témiscouata.GENIE MILITAIRE.Godbout Placide, fils de M.et Mme Ulric Godut, - Ste-Anne-de-la-Pocatiére, Kamouraska, JOURNALISMEE, Raymond René, fils Raymond, Kamouraska.NOT'ARIAT.Pelletier Jean-Claude, fils de M.et Mme J.-Ca- mille Pelletier, o, Témiscouata.SCIENCE SOCIALE.Caron Martin, fils de M.et Mme Albert Caron, l'Islet, l\u2019Islet, Martin Jean-Eudes, fils de M, et Mme Philippe An, Edmundston, N.-B.Discours d'adieu.(suite de la page 3) de M, et Mme Alphonse seront que l'âme canadienne doit vivre et que le Québec français et catholique ne doit pas perdre sa trempe.Quant aux ingénieurs et aux comptables ils offriront au Seigneur comme un humble encens de louanges, leurs longs voyages et leurs calculs.Tous, nous nous garderons de passer sur la terre en amateurs, nous rappelant sans cesse que le Christ a besoin de nous pour compléter sa Rédemption.Dans la carrière où nous nous engageons, nous devrons répondre à chaque instant des talents qu'il nous a donnés.La réussite de sa création est entre nos mains.Sans cela, les sacrifices de huit ans d'études serait vains.Songeons a ceux qui sont restés en arrière pour que nous prenions la file; ils étaient aussi intelligents que nous.Dieu a voulu que ce soit nous qui portions au monde le flambeau de la vérité.Notre tâche est noble; elle contient cependant de grandes responsabilités, mais enfin, \u201cceux qui avancent ce sont ceux qui luttent, ceux dont un destin ferme emplit l'âme et le front\u201d., \u201cAyant devant les yeux sans cesse nuit et jour, ou quelque saint labeur ou quelque no- amour\u2019, voilà l'idéal, que tout à l'heure au pied de Marie nous nous sommes engagés à iser.; Devant cet avenir qui nous attend et le pas- 36 que nous laissons, nous sommes tristes en ce soir d'adieu, nous quittons des lieux dont nous conservons le souvenir, des compagnons aimés.Hier encore, c'était l'école du rang et le collège des Frères où nous avons fait nos premiers pas dans la science.La petite église du villa- , témoin discret de nos serments d'enfants.is nos années de collège, où chaque Septernbre nous ramenait en une franche poignée de main.Souvenir des heures de classe et d'études où des professeurs compétents et avertis ouvraient nos coeurs et nos intelligences à l'éblouissante lumière de la vérité.Souvenir de nos longues womenades à la \u2018\u2019petite rivière\u201d ou à Fatima.Souvenir de la \u201ccôte\u201d et de tous ses secrets.Jeudi, le 14 juin 1961.Mais souvenirs attachants entre tous, ces instants inoubliables consacrés à la Vénération de Marie.Vierge du Sanctuaire qui chaque dimanche matin nous ramenait à la chapelle pour la récitation de l'office, Vierge de la madone que nous priions avec tant de confiance au soir de nos congés de mai.Madone silencieuse et compafissante de la chapelle vers laquelle nous accourions, dans les midis sombres, ou les jours ensoleillés pour lui confier, nos joies et nos peines.Souvenirs encore tout près, de notre amitié fraternelle et de l'attachante sollicitude de nos maîtres, et parce que nos coeurs sont des lyres qui vibrent éperdument sous la brise délicieuse qui monte du val lointain de nos jeunes années, nous resterons attachés par toutes les fibres de notre âme, aux hommes et aux choses qui nous ont fait ce que nous sommes.Demain, nous connaîtrons le monde avec toutes ses misères et ses sublimités.Il faudra le consoler, faire sa conquête par le sourire, car il souffre dans tous ses membres.Douleurs des nations qui voient la fleur de leur jeunesse décimée par les guerres.Douleur des mères qui pleurent des vies ruinées pour lesquelles elles avaient donné le meilleur d'elles-mêmes.Douleur de ces êtres que la société n'a jamais compris.Oh, puissions-nous avoir la conviction de laisser tomber dans ces- âmes blessées l'aumé- ne d'une heure de vraie joie, de peupler pour un instant de notre amitié ces pauvres coeurs déserts.Jésus qui compte toût noble effort fait en son nom, saura nous en récompenser.Cette présence du Seigneur dans nos vies ne devra pas nous laisser indifférents, car dans la rude montée vers les cîmes, nous connaîtrons des heures moroses, où l'âpreté des sentiers ruinera en un instant des espérances péniblement édifiées.Il y aura des moments où nous nous retrouverons bien seuls avec nos rêves brisés.Le long du chemin de la vie nous avons bien des fois semé dans des coeurs d'amis que nous croylions sincères et éternels, le meilleur de nous-mêmes; et bien des fois aussi, à l'usure des jours, nous avons vu leur coeur se fermer et leurs traits se durcir en un masque étranger, mais parce que le Christ n'a pas mis de condition à son divin précepte d'aimer les hommes nos frères, nous continuerons toujours malgré les obstacles à semer un peu de cette joie du divin maitre.L'espérance de nous revoir tous ensemble à notre Résurrection dans la demeure du Père sera notre plus belle récompense.Nous aurions encore beaucoup de belles choses à vous direz rios coeurs en cette soirée d'adieu en sont tout pleins, mais pourquoi?Vous avez connu, vous aussi, chers parents, chers éducateurs, les nobles ambitions d'un coeur de vingt ans.Sur le miroir du souvenir, revivez par la pensée, votre idéal d'adolescent.I! était semblable au nôtre; et parce ue pendant longtemps nous avons été les témoins édifiés de la réalisation de votre idéal, notre plus chère ambition sera de marcher sur vos traces.Il ne nous reste plus maintenant qu'à dire un dernier adieu à notre Vieux Collège; nous ne reverrons plus ses corridors tranquilles, sa blanche chapelle, témoin de nos premiers serments, sa belle Madone qui sourit à travers son feuillage vert, et cette montagne qu\u2019à chaque printemps nous voyions renaître à la vie sous la caresse des premiers rayons d'Avril.Nous quittons ces lieux bénis, mais, nous en conservons au fond de notre coeur un souvenir, que ni le temps ni la vie ne pourront effacer.\u201cAdieux, Saint Collège, quand reviendrons- nous en tes murs?Nous allons où Dieu nous appelle.Nous gardons l'espérance de nous voir à brève échéance ici-bas ou du moins aux cieux.Au revoir et Adieux.\u201d Martin CARON.Vice-Président.PPYUVVUVUVOUV vo En vents aux ateliers de Fortin & Fils, Bte-Anne; Jeudi, le 14 juin 1951.SOCIETE HISTORIQUE DE KAMOURASKA Georges Levesque (suite et fin) Après avoir aussi scrupuleusement donné le texte de guelques-uns de ses discours, il serait superflu d'ajouter que Georges Lévesque n'avait pas suivi un cours d'études classiques ni à Ste-Anne-de-la-Po- catière - la paroisse voisine - ni dans un aucun autre collège de la Province.Son instruction se bornait à certaines notions de lecture et d'écriture très rudimentaires.L'orthographe avait pour lui des mystères inapprofondis, des secrets qu'il n'avait même pas essayé de pénétrer.Et comme il était beau parleur - les échantillons d'éloquence qui précèdent en font foi - il ne manquait pas d'émailler sa conversation de ces agréments aussi pittoresques qu'illicites, qu\u2019on appelle, dans le langage ordinaire, des velours et des cuirs, et qu'il avait le don de glisser par-ci par-là, dans les intervalles que pouvaient laisser les jurons.Il disait assez irrévérencieusement: J'ai z'eu, nom d'un chien, une migraine du diable.Ou assez drôlatiquement: J'ai-t-été en ville toute la semaine dernière, alorsse!\u2026.Mais pas besoin de faire remarquer qu'il n\u2019y entendait pas la moindre malice, Une fois, il avait pour interlocuteur ce pauvre Lucien Taché, un autre type sur qui il y aurait bien des choses À raconter.Ecoute, mon amt, lui disait-il, j'ai-t-acheté du velours, tarrieux! pour me faire.Tu veux dire du cuir, interromptit Lucien.Non du velours, Du cuir! \u2019 Du velours, tord-nom! je sala ce que je dis.Georges Lévesque ,tais-toi! tu as-t-acheté, c\u2019est du cuir.Du velours, tempête! Du cuir, cristi! Je te dis, Lucien, ma foi de gueux! que c'est du velours.Je sais ce que c'est du cuir; j'en ai z\u2019eu! Ca c'est du velours.Je te parle de cuir! | Je te parle de velours! Je te dis que j'ai z'eu du cuir, batêche! Et je te dis que quand on a z'eu du cuir, c'est du velours, animal! moi aussi je sais ce que je dis! Tiens, Lucien, écoute, mon ami.alorsse\u2026 je te comprends plus.Cré virgule! viens prendre un coup!.indubitablement.Notre ami aimait le petit verre de temps en temps.Ce n'était pas un ivrogne, mais il aimait le petit verre - surtout quand ses affaires l'amenaient à Québec.A la haute ville chez Laforce, et & la basse ville chez Boisvert, chez Dion, chez Pitre Bourassa, chez Marc Lapointe, il s'attablait, et durant de longues heures il racontait aes tribulations avec les autorités municipales de sa paroisse, ses exploits de pêche et de chasse, et en particulier ses voyages.Car il avait voyagé.Il avait en 1848 poussé une pointe jusqu\u2019en Europe; et c'est là principalement ce qu\u2019il aimait À se rappeler et à rappeler à ceux qui l'écoutaient.II avait vu des tempêtes, t'entends bien, écoute! là y'oùs que la mer, mardi! changeait de place avec le ciel, torrieux! Des moussaillons qui grimpaient, nom d'un chien! dans les mâts, cré virgule! comme des maringouins, tas de sacres! Il avait visité la tour de Londres; là y'oùs que chaque pierre était marquée de sang, virginis!.Anne de Boleyn, Jeanne d'Arc, Marie Stuart, Henri IV, torrieux!\u2026 Pas de cérémonies, chrysostome! on badinait pas, dans ce temps-là, t'entends bien, je te le dis! Un de ses plus intéressants souvenirs de Londres, c'était d'avoir pessé par-dessous I'Arthémise, un chemin, nonobstant, creusé sous la rivière.enfin.comme qui dirait entre la Malbaie et Kamouras- Ka, massacre!\u2026 par un Français, batéche! un nommé Brunelle, alorsse! ° Ce M.Brunelle voulait, t\u2019entends bien, comme de raison, donner son nom à son invention, cré démon! c'est tout naturel, c\u2019pas?Mais les Anglais aimaient pas çà, torrieux! c\u2019est tout naturel aussi, t'entends bien! Alorase, pour lorsse, écoute, qu'il y avait un nommé Patton.enfin.nonobstant.un Ecossais, vice!\u2026 qui avait fourni le ciment, mardi!\u2026 T\u2019entends bien, alorsse\u2026 on prit, crime! la fin des deux noms, ba- téchel.la fin de Patton et la fin de Brunelle.ton, nelle; ce qui fait en anglais \u201ctunnell\u201d, nom d\u2019un chien! Le tunnell de l'Arthémise, torrieux! C'est toujours comme ça avec les Anglais, blasse!\u2026 c'écriait-il sous forme de conclusions; quand il nous lâchent par un bout.t'entends bien, c'est pour nous rattraper par l\u2019autre, mardi! I! avait aussi visité la France.En France, disait-il, j'ai-t-été à Paris, j'ai-t-été à Lyon, j'ai-t-été & Bordeaux, vainqueur! A Marseille, batiscan!.alorsse, t'entends Bien, que j'ai vu la mer du Terranée, tonnerre de Chicoutimi!\u2026 La Basse-Bretagne, la Haute-Bretagne, la Suisse, la Bastille.enfin.Georges Lévesque a tout vu ¢a, mardi! indubitablement.alorsse\u2019 Vous êtes allé bien loin?lui demandai-je un jour.J'étais parti, t'entends bien, dit-il, pour ia ville de Rome, nom d'un serpent à sonnette!.Mais, ma foi de gueux! a fallu revirer, nonobstant.Pas d'argent, massacre! Une bande de requins, viime!.qui vous font payer, écoute, jusqu'd la chandelie, diable emporte, parce qu'ils appellent ga, alorsse,.de Ia bougle.enfin! Naturellement il avait vu des choses bien extraordinaires dans ce voyage-là.Oui, Shakespeare, (1 en avait vu! I) avait vu Louis-Philippe, vinguienne!\u2026 sur les barricades, alors- 9, à côté de lui, vice! au milieu d'une grêle de balles, que le ciel en était, nonobstant, obecurci.Pas un brin de mal ni l'un ni l'autre, bondance! Une permission du bon Dieu, alorsse!\u2026 indubitablement, t'entends bien! GAZETTE des CAMPAGNES Sainte-Anne, (Kamouraeka).I! avait vu des régiments de soldats, chrysostome! au grand galop, avec la queue de leurs chevaux sur la téte, batiscan! Des clochers, virginis! de deux, trois cents pieds de haut! Des estatues, t'entends bien, qu'on n\u2019aurait jamais dit, alorsse\u2026.que c'était fait à la main.> Des batisses.enfin, qu'il s'était laissé dire que c'était là depuis plus de deux cents ans, potence!\u2026 A Liverpool, virginis!.il avait vu des petits garçons hauts comme ça, vice!\u2026 qui parlaient anglais, nonobstant, comme des grand\u2019 personnes torrieux! Alorsse, t'entends bien, concluait-il, écoute, que c'en était, ma foi de gueux, ridicule! Une fois qu'il était en train de dépecer un jambon piqué de clous de girofle, il s'écriait: C'est en voyageant, écoute, mon ami, qu'on s'instruit, tord-sacre! C'est pas dans les séminaires.Ainsi, pour lorsse, t'entends bien, il en manque pas, dans ce pays-ci, des ignorants, mardi! qu'appellent ces choses-là des clous de girofle.Ils savent pas que des cous de girafe, torrieux! qu'il faut dire, alorsse!.Nonobstant que j'en al vu un vrai, moi, Georges Lévesque, un cou de girafe, batéchfe! au jardin des Plantes, cré virgule'\u2026 Je sais ce que je dis, t'entends bien.À preuve qu'il avait, indubitablement, au moins quinze pleds de long, alorsse!.Des clous de girofle.Si ça fait pas.enfin.suer, t'entends blen, un homme qui sait quelque chose, crime!.On l'a probablement remarqué, le chapelet de jurons que Georges Lévesque égrenait dans sa conversation n'allait jamais jusqu'au blasphème.Ses sentiments de bon chrétien s'y opposaient.Il n\u2019y mettait même jamais - je l'ai dit - l'accent énergique que comportait la rudesse des mots, Aussi personne ne s'étonnait de l'entendre.On ne concevait pas Georges Lévesque sans cet intarissable flux d'interjections sous lequel se noyait tout ce qu'il voulait dire.Avec cela, qu'on n'aurait pu trouver un plus honnête homme et un meilleur garçon, sur toute la côte du sud, depuis Québec jusqu'à la Baie-des-Chaleurs, Toujours le gousset au service des amis; jamais l'oreille fermée à l'appel du malheureux! [Il commençait par refuser, par exemple: Bande de bêtes qui se laissent fourrer dedans, mardi!\u2026 Tas de créve-faim, torrieux!.Paquet de feignants qu'il fallait nourri, cré virgule! pour encourager le vice, potence! Non.batêche! c'est pas Georges Lévesque, mardi! qu'était assez bête, t'entends bien, pour se laisser tondre, nom d\u2019un sabot! par les imbéciles et la canaille, alorsse! Mais cette brusquerie n'imposait à personne.Du reste, il mâchonnait encore ses batêche et ses torrieux, qu'il avait dijà à la main la somme demandée par l'ami, ou le morceau de lard ou la miche de pain réclamée par le pauvre.Il y avait un crédit ouvert à son hôte] pour tous les passants décavés, Il y avait toujours une bonne assiettée de soupe et une tranche de jambon à la cuisine pour toute cette vermine de vagabonds sans le cope, cré nom!\u2026 qui viennent embêter le monde respectable! t'entends bien, pour vivre alorsse\u2026 au dépens du public, mardi\u2026! et qu'on devrait écoute, mon ami!\u2026 chasser, batêche! à coups de fuail, torrieux!.indubitablement, Puis quand l'individu était bien rassasié, Georges Lévesque ajoutait le pousse-café, t'entends bien, alorsse, quand il n'avait pas offert le petit coup d'appétit en commençant ,nom d'un Juif! C'est un peu, grâce à cette générosité intarissable, que Georges Lévesque est mort pauvre.Mais, s\u2019il n'a pas légué de grands biens à nes héritiers, on peut dire en revanche qu'il les a un peu combiés de son vivant, et qu'il laisse au moins derrière lui une réputation sans tache, un nom sympathique, et des souvenirs dont la gaieté n\u2019altère en rien le côté cordial et quelquefois même attendrissant.FIN DONS A LA SOCIETE HISTORIQUE par M.le Chanoine Victor Tremblay, 3 viellles photos de la Pointe aux Orignaux.Hommage a.(suite de la page 8) part de la Ferme de l'Ecole.\"Si je me suis rendu jusqu'au bout\u201d, dit-il, \u201cje le dois aux conseils de mon père.Lorsque je me suis en- Kagé, il me dit: -\u2014Tu vas prendre une grosse besogne; sois sérieux, il faut t'arranger pour ne pas faire perdre de temps.aux hommes.Et surtout, obéis à ceux qui auront à te commander.\u201cEn effet, je me suis efforcé d'écouter tous ceux qui ont eu à me diriger: MM.les abbés Richard, Deschénes, Dupont, Morneau, Pelletler, Bois, Jean, Tardif.Je me suis toujours bien entendu avec eux.Je les en remercie.\u201d Comme vous voyez, beaucoup de sagesse en peu de mots.Après la réunion publique, les familles de Napoléon Ouellet, et de ses fils de Ste-Anne, réunirent chez M.Ferdinand Ouellet, la famille du jubilaire, les employés de la Ferme et quelques intimes.Avant de servir le goûter, on pria M.Boutet de payer son écot.11 chanta donc \u201cLes Boeufs* de Dupont, et Mme Géard Martin, \u201cLa Canadienne\u2019.Après quoi, on fit passer les invités à table.La distinction des mets était d'accord avec leur abondance, Mesdames Ouellet ont droit aux plus vives félicitations.Pendant le goûter, M.L.-de-G.Fortin fut chargé par M.Ph.Hudon, cérémoniaire, de remercier ies responsables de cette charmante réception, et M.Georges-Noël Fortin, gendre du jubilaire, exprima les sentiments de la famille Boutet, à ce chef aimé de ses enfants, de ses gendres et brus, comme de ses nombreux petits-enfants.Puis.le reporter s'en fut \u201cherser\u201d dans le champ, de ses notes.Ceux qui restèrent chez M.Ouellet commencèrent alors une vraie veillée de chez nous.qui ne se termina qu'avec la barre du jour.Chanceux!.\u2014em | Page 7 Le bienheureux PIE X.\u201cA Tivoli, raconte un prêtre canadien aux études & Rome, on admire les exagérations artistiques des cardinaux de la Renaissance.La villa du Cardinal d'Esté, fils de Lucrèce Borgia, en est un fameux spécimen.Imaginez un immense jeu d'eau, dans un terrain en escalier.En son genre, c\u2019est une merveille, On y compte plus de 1,000 jets d'eaux les plus variés: un vrai défi à l'imagination.Tout est artificiel: on voit ce qu'il a pu en coûter, et on se demande ou ces fameux cardinaux avaient la tête.La seule réponse à se donner: dls étaient de leur temps, un temps heureusenient révolu.\u201d Ces extravagants, le petit nombre, seraient profondément oubliés aujourd'hui, n'étaient leurs chAteaux de pierre.[ls représentaient fort mal l\u2019Église qui, à l'exemple du Christ, a toujours attiré vers elle les petits, les modestes, et glorifié sur ses autels ses serviteurs lex plus humbles: le saint curé d'Ars, la petite Thérèse de l'En- fant-Jésus, Marguerite Bourgeoys, Maria Goretti.et, dernier en lia- te, le Pape Pie X.béatifié dimanche dernier.Voici quelques traits de la vie de Pie X, ce saint contemporain.Il est mort au début de la dernière Grande Guerre, d'aucuns parmi les plus âgés se souviennent avec ¢- motion d'avoir été reçus par lui en audience, II était d'une aimpli- cité tout évangélique.On le critiquait, disant qu'il n\u2019était qu'un \u201cbon curé de campagne\".\"Je sais, répondait-il, que je ne suis pas un grand politique, mais un pauvre évêque.Je sais qu'ils disent que je ne comprends rien, que je suis un simple paysan.ça ne ne me fait rien.Je n'ai qu'un chemin et ud point de vue: le crucifix, - Aux grands qui lui demandaient quelle serait sa politique, il répondait simplement, montrant son crucifix: Voici ma politique.\u201d De famille pauvre, il n voulu rester pauvre toute sa vie.1j abhorrait le faste et aimait la compagnie des petites gens.Quelqu'un lui reprochait un jour de s'abaisser trop dans ses façons aveu les jar- «iniers du Vatican: \u2018Qui sait qui est l'Inférieur, eux où nous, répon- dit-W.Selon la justice de Dieu, le monde sera tout À l'envers de ce que nous voyons.\u2018 C'est dans cet esprit qu'il décréta que les enfants pourraient recevoir la communion.Et afin que tous les catholiques puissent prier simplement, aur de la beauté, {1 signa le MOtu Proprio pour purifier le chant d'église.Par ces actes-là et beaucoup d\u2019autres, son pontificat amorça définitivement la lutte de l'Eglise contre l'hérésie du modernisme.\u201cSi, écrit l'abbé Achille Glorieux, dans \"Notre Temps\u201d, le poste suprême qu'il occupa dans l'Eglise l'élève au- dessus de tous les chrétiens, sa sainteté est pourtant un exemple pour tous, par son humilité, sa pauvreté, son esprit surnaturel et ce souci d'une mortification constante dans la fidélité au devoir de chaque instant\u2019 G.-N.FORTIN \u2018La Terre de Chez-Nous). Page 8 GAZETTE des CAMPAGNES Sainte-Anne, (Kameuraska).Jeudi, le 14 juin 1851.Nouvelles de \u2018chez nous.\u201d Hommage a M.Aimé BOUTET.Dimanche soir, en la salle de l'Ecole d'Agriculture, plus de cent amis de M.Aimé Boutet, réunis sur une invitation de MM.Jos.Lapointe, employé de l'Ecole et de M.Philippe Hudon, employé de la Ferme Expérimentale, se réunirent pour lui apporter leur témoignage d'amitié et de reconnaissances pour les services rendus.M.Philippe Hudon lut une adresse de circonstance et offrit au Jubilaire, au nom des employés actuels et anciens de la Ferme, un superbe fauteuil \"Lazy Boy\u201d, où M.Boutet pourra se reposer confortablement lorsqu'il voudra bien s'accorder des loisirs.Puis, M.l'abbé Noël Pelletier, procureur, ancien directeur de I'Eecole et de la Ferme, rappela quels services a pu rendre cet homme adroit, jamais pris au dépourvu, d'une fidélité exemplaire, et aussi habile au soin des animaux qu\u2019à la pratique agricole.Suivant l\u2019orateur cette réunion marque moins un départ - après 46 ans de loyaux services - qu'une reconnaissance unanime de tous ceux qui sont présents, et qui représentent la maison, les anciens élèves et les cultivateurs de la région.La seule fois que M, Boutet lui ait désobéi, dit-il, mérite d'être racontée: Lui-même était en repos à l'Hôpital et M.Boutet était venu lui rendre visite.Il fit en sorte que M.Boutet tombât entre les mains de son propre médecin qui finit par lui prescrire un repos.Ca fait plus de 20 ans.et le pauvre médecin attend encore que son patient écoute ses avis.Jamais M.Boutet n'a refusé d'aller rendre service à un cultivateur, que ce fut le jour ou la nuit.II a rempli avec succès le rôle de vétérinaire, soit sur la Ferme, soit encore chez les cultivateurs, avant qu'on eut des médecins vét-æ-rinaires dans la localité, Il a rendu depuis 45 ans des services incalculables dans ce domaine.M.l'abbé Pelletier souligne ensuite que M.Boutet a su aussi bien faire prospérer sa famille que la Ferme, toujours en préchant l'exemple.Ses deux fils ont fait leur études classiques et sont bacheliers ès arts et bacheliers en sciences agricoles.Trois de ses quatre filles sont mariées et lui tressent une couronne de charmants petits- enfants.\u201cAu nom de la maison et du personnel, termine M, l'abbé Noël Pelletier, nous vous remercions des services rendus à la Ferme et À l'Ecole, comme aux cultivateurs de la région.\u201d M.l'abbé Noël Pelletier est lui-même au service de l'Ecole depuis 1914, soit depuis 87 années bien comptées.Mais M.Boutet lui enlève tout de même la palme par neuf années de plus, soit 46; soit encore la moitié de l\u2019existence de la maison, qui a ses 92 ans.M.J.-R.Pelletier, régisseur de la Ferme Expérimentale, souligne que pendant presque un demi-siècle, M.Boutet a été le premier au travail, le matin et le dernier à quitter la ferme, la nuit; un homme en qui on a pu avoir confiance en tout temps et en toute circonstance.Parmi les hommes marquants qui ont influé sur l'agriculture canadienne, dans le comté de Kamouraska, depuis un siècle, M.Boutet peut-être compté parmi les tout premiers.M.Boutet n\u2019est pas né dans le comté.Mais {l y vint jeune et y prit sa formation agricole, Le comté, qui a tant fourni de bons hommes à la province, au pays, doit être reconnaissant à la paroisse de \u2018Beauport qui lui a remis en M.Boutet un homme précieux, pour refaire l'équilibre, en ce mouvement d'aller et retour des hommes de valeur.M.l'abbé Auguste Tardif, directeur de la Ferme de l'Ecole dit, au début, que l'assemblée donne, ce soir, la preuve que la reconnaissance et le souvenir c\u2019est quelque chose qui existe encore.M.Boutet le mérite bien: élève modèle, puis travailleur acharné, contremaître habile en tout, bon et joyeux compagnon, le jubilaire fut un exemple pour tous ceux qu'il a eu à diriger.Discret, M.Boutet donne volontiers son avis, ne mesquine jamais sur une explication, donne des conseils, mais n\u2019en impose jamais; modèle d'obéissance aux ordres de ses supérieurs, il aut se faire obéir sans avoir À élever la voix.A force de lire dans le beau livre de la nature, M.Boutet y a trouvé cet équilibre qui lui a permis, dans sa vie publique, de respecter l'ordre, la charité, la fraternité.Ame d'élite, il s'est toujours satisfait d'avoir rendu service.Et M, l'abbé Tardif termine ainsi: \u2018Je vous remercie de vos loyaux services comme des nombreux conseils que j'ai reçus de vous.Je ne vous oublierai pas dans mes prières ,et que Dieu vous prête encore longue vie!\" M.C.-E.Bouchard, maire de Ste-Anne, était présent avec plusieurs conseillers.Il à tenu à venir rendre hommage à un ancien adversaire en politique municipale, et à lui exprimer au nom du conseil et de toute la paroisse ses hommages sincères et ses meilleurs voeux.\u2018J'ai accepté avec plaisir de venir ici vous remercier des services innombrables que vous avez rendus à vos concitoyens et tout spécialement à la classe agricole\u201d, dit M.Bouchard en terminant.M.J.-A.Birois, doyen des professeurs de l'Ecole d'Agriculture, qui connaît M, Boutet depuis plus de 50 ans, dit que si l'Ecole peut s'enorgueillir d'avoir eu le meilleur chef de pratique possible, les anciens élèves au nom desquels il parle, déclarant qu\u2019il fut le chef de pratique \u2018\u2019magnanime\u201d, le mieux fait pour endurer une jeunesse bruyante, lui montrer à travailler et l'empêcher de faire trop de sottises.Tous ont admiré son honnêteté, sa capacité de travail sans bornes, sa patience des plus admirable, car depuis 46 ans, on ne l'a jamais surpris en colère.Et M.Sirois lui souhaite de longues années de travail, de bonheur, avant le repos du vieil âge, et l'autre, le grand repos.M.l'abbé PF.-X.Jean louange le travail sincère, sérieux, et constant du jubilaire.Ayant été directeur de la ferme pendant 11 ans, ll fut à même de connaître M.Boutet.Quelques années après son retour de l\u2019Université, en 1926, M.l'abbé Jean avait de grands pro- Jets, un enthousiasme de jeune homme, et comme il le dit lui-même, le commandement un peu \u201cbref.Il souligne les anvôliorations réalisées avec le concours toujours acquis de M.Boutet: enlèvement des clôtures (2 sur 3), amélioration et récupération des levées, draina- Collège Canadien, el 3 juin 1951.Chers parents, Nous avons vécu aujourd'hui une de ces journées romaines que nous n'oublierons jamais.Le triomphe fait à Pie X rappelait par ses proportions celui du premier novembre, avec quelques différences, évidemment.Pour les béatifications, c'est surtout l'après-midi que la foulé abonde.La messe ordinairement est célébrée par un cardinal, le Souverain Pontife se réservant celle de la canonisation; ce matin, je n'y suis pas allé; les examens ne me permettant plus de sacrifier toute une journée.Comme vous le savez, c'est sur la place S.Pierre qu\u2019eut lieu, à 6h.30, la vénération de la relique de Pie X par le S.Pontife.Derrière l'autel érigé sur le portique de la Basilique, on ävait placé la châsse du nouveau bienheureux, que l\u2019on pouvait voir, à travers les glaces, reposant, vêtu de riches ornements pontificaux neufs.Pendant deux heures, la foule afflua de tout côté.À 6h30, tôute la place était remplie.Le S.Père arriva comme le premier novembre; il pria devant le corps de Pie X, puis pendant vingt minutes, parla des vertus héroïques de son prédécesseur.On comptait beaucoup de pèlerins étrangers, mais surtout des Italiens de Venise qui n\u2019ont pas oublié leur ancien patriarche, On avait dit que le corps de Pie X était bien conservé; c'était vrai; toutefois, il ne fallait pas crier au miracle trop tôt, car il paraît que sa figure commença à noircir, dès le lendemain de l'ouverture de la tombe.C'est pourquoi il est exposé le visage couvert d'un masque d'argent, D'ailleurs, en principe, il est assez difficile de savoir comment la conservation d\u2019un corps dépend des causes naturelles, des précautions prises à son inhumation, et des causes préternaturelles ou miraculeuses, D'ailleurs, la sainteté s\u2019accomode d'un état comme de l'autre, comme l'expérience le prouve.Après souper, sur l'invitation de M.I'abbé Gagné, du G.S8éminal- re de Québec, nous allons en automobile faire le tour de ia ville pour voir les illuminations.Avec nous, les trois du Collège Canadien, les abbés Noël et Roy, viennent S.Excellence Mgr Garant, Mgr Chamberland et le R.P.Albert, c.m.c, curé de Limoilou; une vraie vol- turée de Québécois.A St-Pierre, nous avons le bonheur de revoir le S.Pontife à sa fenêtre.La place est le rendez-vous de tous les flà- neurs.C'est au Colisée surtout que nous avons été impressionnés par un groupe de pèlerins allemands en train de faire le chemin de la Croix.Chacun tenait un flambeau à la main.Ils s'étaient distribués un peu partout autour de l'arène, jadis sanctifièe par le sang des martyrs.Pour prier avec dévotion, tenue et piété, il n' yen a pas comme les Allemands, J'avais eu l'occasion de le remarquer jeudi dernier, à Ste-Marie Majeure.Même si la guerre leur a fait une mauvaise réputation, ii leur reste encore de belles qualités.Ils savent prier en commun.J'escompte bien aller prendre contact avec leur pays avant de retourner.Mercredi, 6 juin\u2014 Je m'excuse de vous écrire par boute\u2026.! Je prends le temps libre.quand il en reste.Cet après-midi, je suis passé par l'Ecole pour consulter le programme des examens.L'examen d'harmonie aura lieu ie 11, lundi prochain.Nous avons onze heures pour le passer.On nous demande d'apporter notre diner pour le prendre sur place.Ceux qui passent la fuge et le contre-point remettent la feuille le soir, pour recontinuer, la journée suivante!.Les autres examens s'échelonnent jusqu'au 25, date de l'examen &e, etc, etc, I) avoue que ce dut être difficile pour le jubilaire, après 20 années de travail, de se soumettre aux directives d\u2019un jeune directeur de la ferme.\u201cJe l'en remercie bien chaleureusement, ce soir, pour la première fois, peut-être, ajoute M.l'abbé Jean, avec une sincérité bien évidente.Il rappelle encore qu'en 1933, Jpra de l'organisation de la Société de Colonisation et des secours aux colons de l'Abitibl, ceux qui l'ont aidé le plus, c'a été M, Boutet et son fils Paul, aujaurd'hui au Service de l'Etablissement Rural aux Chemins de fer Nationaux canadiens.\u201cHommage et félicitations els plus sincères; vieillesse heureuse et fructueuse!\u201d M.Félix Bélanger se dit fort heureux d'être, à titre d'officier de l'U.C.C., l'interprète des cultivateurs à cette fête de famille.\u201cB\u2019il fallait que nous ayions devant nous, ce soir, dit-il, tout l'argent que vous avez fait économiser aux cultivateurs, nous n\u2019en crofrions pas nos yeux\", ajoute-t-il.A madame Boutet, l'admirable compagne qui l'a si bien secondé, dans son dévouement À la classe agricole, il offre les hommages les plus mérités.M.Philippe Hudon, maître de cérémonies, ajoute que si les employés de la Ferme de l'Ecole se sont donnés le plaisir d'offrir à leur chef un cadeau-souvenir, le personnel de la maison, les anciens élèves et les cultivateurs des environs n'ont pas voulu rester à part; en conséquence, ils offrent une belle bourse au jubliaire, et 11 prie M.Jos.Lapointe, organisateur, avec lui-même, de cette réunion, de présenter le cadeau en leur nom.Et \u201cpour que ce ne soit pas toujours te tour des hommes\u201d à recevoir des souvenirs, il prie Mme Boutet d'accepter comme souvenir un sac à main qu'une charmante fillette vient lui remettre, aux applaudissements fort substantiels de l'assistance.\u2019 M.Boutet se lève et exprime en termes simples toute sa reconnaissance pour cette belle fête qu'on lui fait à l\u2019occasion de son dé- (suite à la page 7) de piano.Il est probable que je quitte Rome Je 27 au plus tard.Car mon programme sera plutôt chargé de là à mon arrivée à Québec.Je le prépare en causant avec les confrères qui ont déjà viai- té l\u2019Europe.En partant de l\u2019Ecole, je suis allé à 8.Pierre prier devant le corps du Bx Pie X.C'est un va-et- vient continuel dans la Basilique comme aux plus belles journées de l'Année Sainte.Jamais une béatification ne fut sl populaire.On y rencontre beaucoup de vieillards qui l'ont connu et qui se traînent pour venir le vénérer.D'ailleurs 1841, ce n'est pas si loin.J'aurais de belles tournées à vous conter, mais le temps manque.Dimanche, le 29, voyage avec 8.Exc.Mgr Garant à Frascati, Rocca di Papa, Tusculum, Castelgandolfo, Lac de Némi et Lac Albano, les endroits les plus jolies des environs de Rome.Hier, avec 8.Excet une dizaine de Québécois, autre visite & Nettuno, au pays de Maria Goretti, C'est un pèlerinage plein d'intérêt, qui nous ramène à méditer de nouveau de concept de la sainteté.Tout y est simplicité.Une seule chose fut grande: son \u201cnon\u201d héroïque, Jeudi dernier, visite du Quirinal l'ancien palais des Papes et du Roi Victor Emmanuel, C'est une richesse inoule qui rappelle celle de Versailles.En sortant de là, on se félicite presque de ce que ce ne soit plus dans les mains de I'Eglise.Les communistes auraient beau Jeu! Les examens approchent.On en a passé un par écrit en grégorien.Je crois avoir assez bien réussi.Salutations à tous.Corragio, Madeleine! Patienza, Thérèse! Votre fils affectueux, Alphonse (Fortin), ptre.ERRATA Page 6 \u2014 Lire GENIE FORESTIER et non GENIE CIVIL: Léopold Anctil, Paul-Engène Blais st Roméo Caron.Page 4 \u2014 Lire MARTIN CARON Vice-Président au | de Robert Ouellet, Vice-Président.PP VVUPYYYYPUYYVYYYVIYU IY \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 ee \u2014\u2014 MAISON a VENDRE a Ste-Anne.Terrain et maison de 2 étages, 8 appartements, avec eau courante aux deux étages, située À quelques pas de l'église de Ste-Anne.Aussi un verger de 250 arbrea de 8 ans, plantation située au rang de la Montagne Thiboutot.Pour plus amples ments, s'adresser à: Herménégilde Pelletier, St-Basile, N.-Brunswick.\u2014\u2014\u2014 MAMAAAMAAAAAAGAAAMAAGADEA renseigne- SUYTUUUVVTULUVUTVUVUVEUVVUVT tt rt MAISON à VENDRE à Saint-Pacôme Maison en blocs de ciment située dans le village de St-Pacô- me, près du couvent et de l'Eglise.8 appartements - chambre de bain.S'adresser à: M.Charles Dumais, Hotel Bte-Anne, Ste-Anne-de-la-Pocatidre.MD A te "]
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