Gazette des campagnes : journal du cultivateur et du colon, 22 mars 1951, jeudi 22 mars 1951
[" ACHING 8 \"LS 1.(VILE 8/8 Ke.ntoine oy Ecifiom du Parlerent : QUEBEC B9Q.1231 PENSER A CE QUE L'ON ECRIT \u2014 \u2014 DIEU - PATRIE = \u2014 \u2014 ECRIRE CE QUE L'ON PENSE RE FAMILLE GALETTE = CAMPAGNES Directeur: L.-de-G.FORTIN \u201cAutorisée comme envoi postal de la seconde classe\u201d \u2018Ministère des Postes, Ottawa\u201d Editeurs-Propriétaires: FORTIN & FILS Série II.Vol 10 \u2014 No 20 Sainte - ANNE - de - la - POCATIERE, = (Kamouraska) Jeudi 22 pars 1951 RESURREXIT La résurrection de Jésus, voila le terme d'un drame commencé quarante siècles plut tôt, lorsque le Seigneur, après avoir chassé nos premiers parents du Paradis Terrestre, eut pitié de la faiblesse humaine et leur promit un Rédempteur.Pendant deux mille ans, ce fut une bien pauvre humanité qui traïna sa misère sur la terre.Et c\u2019est pour préparer la venue de son fils, que Dieu choisit le mésopotamien Abraham, lui dit de quitter sa ville, Ur, en Chaldée, pour se laisser diriger par Sa main et fonder un grand peuple, le peuple de la Promesse.Cinq siècles plus tard, Dieu viendra encore au secours des fils du Père des hommes qui étaient devenus les esclaves des pharaons d'Egypte, en suscitant Moise, cet Hébreu instruit à l\u2019égyptienne, mais resté fidèle au Dieu d'Abraham.Moise sortira son peuple d'Egypte, le guidera dans le Désert, fui donnera les Tables de la Loi, l\u2019Arche d\u2019Alliance et les conduira près de la Terre Promise.Puis, pour avoir douté de la parole de Dieu, ce grand chef mourra sans l'avoir toucchée.Mais il aura donné la Loi à ses frères, loi dont nous vivons encore après trente-quatre siècles! Encore cinq siècles et ce sera cette fois, David qui sur les collines de Sion établira non seulement sa royauté, mais aussi le culte du Très-Haut! Le Saint Roi laissera à son fils Salomon une royauté bien établie et aussi le soin d'exaîter, par la construction du Temple de Jérusalem, cette gloire du Seigneur que lui, David, avait chanté si éloquemment dans les Psaumes immortelg! Et puis, aussitôt après Salomon, ce sera la division, l\u2019affaiblisçe- ment du royaume et de la foi qui conduiront plus tard, à la \"déportation à Babylone, sous la férule sans pardon des Assyriens; et ces exilés ne recouvreront la liberté que par la victoire inespérée de Cyrus et par sa clémence, encore plus inespérée.Mais dès l\u2019exil, afin que ne se perde pas ta Parole, des prophètes l'avaient recueillie pour édifier ce monument sans égal dans la littérature des hommes: les Livres Saints.Les Ecritures tiendront lieu de patrie de ces errants; et 25 siècles plus tard, ils les conserveront encore, fait inconnu dans l\u2019histoire des hommes ou des religions.Autres prévoyances de l'économie providentielle: cette dispersion des Juifs dans tous les pays de la terre, avant la venue du Christ, quel beau terrain pour que se développe le levain de l\u2019Evangile, plus tard, l\u2019heure étant venue, non plus des prophètes, mais des apôtres! Enfin, une vierge de Galilée avait été trouvée assez sainte pour devenir, parmi toutes les femmes, la mère de l'Enfant-Dieu.Quand il fut homme, voilà que, précédé d\u2019un prophète: Jean le Baptiste, le fils de Marie s'était mis à prêcher la parole de Dieu.8'il se fit des disciples, il se fit des ennemis chez les puissants, les ambitieux, chez tous ceux dont il dévoilait l'hypocrisie.| \u201cJe ne suis pas venu pour abolir la Loi, mais pour l\u2019accomplir\u201d, disait-il.Et puis il s'est dit le Fils de Dieu.Au lieu du monarque puissant attendu par un peuple humilié, tant balloté à droite et À gauche depuis mille ans, on n'avait donc que ce prêcheur d'Amour, de Charité, de Pardon, enfin, cet incapable de se sauver lui-même\u2026 et il fut abandonné de tous, sauf par quelques femmes et quelques jeunes gens.1) était mort sur une croix, Iignominieusement, comme un esclave romain! \u201cAffaire ratée, comme tant d\u2019affaires mal calculés\u201d, pensait-on.| \u201cJe ressusoiterai le troisième jour\u201d avait-il dit.On verra bien! Et des soldats garderont son tombeau.Et c\u2019est ainsi que ses ennemis construiront eux-mêmes la preuve historique de la Résurrextion et de la Puissance Divine du fils de Marie.A l'heure où tout semblait perdu, tout est retrouvé, par sa résurrection.Ressurrexit sicut dixit.Alleluia! L.-de-G.Fortin, L\u2019INOUBLIABLE OUBLIE Hier encore, des acclamations remplissaient le ciel et la terre: chacun voulait manifester à sa manière la joie profonde qui com- biait son coeur à la déborder.Les derniers cris de \u201cHosanna au plus haut des cleux\u201d sont encore sur les lèvres des plus enthousiasmés, tous proclament ses merveilles; ici et là on raconte ses prodiges, partout on publie sa bonté et sa grandeur.Mais tandis que des coeurs l\u2019exaltent, d'autres mûrissent déjà des desseins perfides.Le Rol de amour voit venir son heure, avant de nous quitter ii veut nous combler en nous donnant le plus beau témoignage de son Amour par l'institution de I'Eucharistie.Aujourd'hui il apporte la nourriture aux hommes, demain il leur apportera la délivrance par le sacrifice de sa vie sur le Calvaire.Ce devait être un jour sombre comme ceux qui se posent sur la campagne durant la saison d'automne.Dans la nuit, on l'a accusé injustement; contre Lui s'est élevé le même peuple gui, quelques jours avant, l'avait glorifié.On le condamne, on le flagelle, c\u2019est le commencement des souffrances, c'est le commencement du rachat des hommes, Cet homme, tout illuminé par la grâce, reflétant la bonté et le divin, porte sa croix jusqu'au Calvaire.Sur la route longue et pénible il trébuche, il tombe mais levant les yeux vers le ciel il demande à Dieu la force qui couvre les Forts.Sa chair se meurtrit, ses jambes croupissent sous son corps, le sang baigne son visage mais son coeur paipite toujours pour le pardon de nos péchés.Partout on le ridiculise, il passe au milieu des foules en misérable et en pêcheur ses yeux levés vers le ciel il implore pour les péchés des hommes.Le mont Golgotha se dresse majestueusement devant Lui, c\u2019est là qu'il achève de consommer son sacrifice.Il aurait mille raisons d'abandonner la lutte pour atteindre son sommet mais une soif le devore; c'est une soif qu'on n\u2019assouvit pas, c'est la soif des coeurs et des âmes qu'il veut sauver.Enfin le voilà rendu; son Ame est triste mais son coeur brûle dune flamme qui ne s'éteint jamais.Une heure plus tard une croix s'élève vers le ciel.On y voit attaché Celui qui a guéri les malades et les infirmes, Celui qui a tracé à l'humanité les voies qui conduisent aux cieux.Sur la terre un souffle de tristesse enveloppe les êtres et les choses, l'oeuvre Rédemptrice est accomplie, c'est la mort d'un Dieu pour la vie d'une humanité.Celui qu'on vient d\u2019immoler cest le Roi du monde, c'est le Christ, c'est notre Sauveur.O chrétiens, voyons combien notre trésor spirituel est riche d'amour et d'espérance.Et pourtant, combien de fois n'abandonnons- nous pas notre croix, prétextant qu'elle est trop lourde ou que ce n'est pas la nôtre.Durant les jours saints, ces mêmes tableaux défilent sous nos yeux dans les jours ensoleillés ou les midis sombres de Mars, nos coeurs s'imbibent de ces souvenirs.Ayons l'humilité de reconnaître nos faiblesses et formons le désir de toujours porter notre croix.Oui, Christ Jésus, profond est ton coeur et grande est ton âme, Toi qui nous airma jusqu'à mourir pour nous! Ferdinand Ouellet, (Etudiant au Collège de Ste-Anne) Corporation des Agronomes Le BEAU VOYAGE de M.ALARIE.Vendredi, le 16 mars, réunion de la Corporation des Agronomes.Ce soir-là, le conférencier invité \u2018était le Dr Albert Alarie, qui, au retour de son pèlerinage à Rome, (comme représentant de la paroisse de Ste-Anne), crut bon de faire une boucle dans quelques pays agricoles du Nord de l'Europe, et profiter ainsi de la chance qui s'offrait à lui de rencontrer des savants célèbres, chez eux, dans leurs propres laboratoires.Peu après les tristes circonstances de 1'Oblou, dont il n déjà été question ict, le Dr Alarie partait pour Stockholm, en avion, au grand désespoir des amis canadiens qui, à Paris, manifestaient envers l'avion une déflance assez explicable.Seulement, ce seul moyen, l'avion, lui permettait de gagner du temps: il s'en servit du reste, avec succès sur toute la ligne.Il atterrit donc à Stockhlom, et partit immédiatement pour Upsala où est l'Institut Royal de Suède, & 40 milles de la capitale, I y a là une université qui est, en même temps que centre scientifique, un centre théologique important.La, le Dr Alarie put rencontrer plusieurs savants de notoriété mondiale et échanger avec eux des vues et des.revues, sur les bactéries des sols, ses \u201cbibit- tes\u201d préférées, comme on sait.Au cours du voyage, il passa près d'Alsike, en Suède, qui est le nom d'une localité, nom beaucoup connu d'une variété de trifle qui tire ses origines de ce pays, comme on sait.C'est aussi le pays des expériences sur les pois à soupe.L'appareil pour en mesurer la cuisson expérimentale a été justement inventé par un professeur qu'il rencontra, et avec qui il échangea des trucs du métier, comme on devine bien.En Suède, les inoculants des légumineuses sont distribués par l'Etat.et leur utilisation augmente d'année en année.De quelques boîtes, veds 1919, on y distribue aujourd'hui des quantités astronomiques de boîtes fermées à pression, et non sccllées comme c'est l'usage ici.Pendant ce bref séjour en Sudde, il put rencontrer beaucoup de savants suédois, goûter J'hospitalité de ce peuple poli et accueillant.Le lendemain, il fallait monter dans l'avion de retour: cette fois-ci, par la Mer du Nord, Hambourg, et la Hollande.Un temps nuageux qui permit tout de même de voir les canaux de ce pays ainsi découpé de voies d'eau et de voies de fertilité aussi.En Hollande accueil favorable, comme en Suède, On y parle encore de bactéries du sol.En quelques jours, le voyageur peut visiter plusieurs établissements de recherches et d'enseignement agricoles, là-bas intimement reliés et donnant le ton en agriculture.A Paris, le point principal que visait le voyageur canadien, c'4- taif le fameux Institut Pasteur où, depuis le grand découvreur des infiniment petits, une oeuvre hu-_ manitaire de premiére valeur se poursuit par des élèves du maltre et dans ie même esprit.Tout près, revivent des souvenirs de cet homme qui fut aussi grand par sa simplicité que par son oeuvre, et dont la mémoire, on se le rappelle, touchait particulièrement un ancien premier ministre canadien, feu M.W.-L-M.King, qui lui vouait une sorte de culte.Après l\u2019Institut Pasteur et ses dépendances, l'Institut Agronomique, oû l'on se fit expliquer jes relations existant entre le Laboratoire des Sois de in Province et l'Ecole d'Agriculture, relations que l\u2019on trouva merveilleuses, tout simplement.Puis ce fut l'Institut de recherches de Versailles, où M.Alarie retrouva M.Bustaret et quelques autres agronomes français, venus ici au Canada après la guerre.On apprendra avec plaisir que ces visites À Paris et dans les environs furent faites en compagnie du Colonel Harry Tremblay, représentant agricole du gouvernement Canadien à Paris, ancien diplômé de l'Ecole de Ste-Anne, et un ancien résident de Ste-Anne, vers 1925, alors qu'il partit pour l'Ontario et l'Alberta où il devint peu après, député provincial, puis fédéral.S'étant enrôlé au début de la guerre, il partit pour l'Europe où il réside en compagnie de Mme Tremblay.Ces distingués compatriotes sont venus passer leurs vacances d'élé au pays, en 1950.Puis ce fut I'envolée vers I'Angieterre où tout agronome tient À visiter la Station expérimentale de Rhotamsted, la plus vieille du monde, Ii y a là des parcelles où l'on cultive du blé, depuis plus d'un siècle, sans engrais, et avec engrais.aussi! M.le Dr Alarie fut reçu, très aimablement, par Sir W.Oggequ'il avait connu, l'été dernier, comme chef de la délégation bri- tennique au Canada.L'impression que le Dr Alarie garde de sa visite en Angleterre eat que ce pays met le méme esprit pratique et réaliste en mclen- ce agricole que dans d'autres domaines des activités humaines.Les impressions du Dr Alarie peuvent se résumer ainsi: a).En Europe, la science agricole est considérée comme aussi importante que toute autre aclen- ce.Et on agit en conséquence.b) Les laboratoires ne sont pas mieux organisés qu'ici, où tout a beau être neuf\u2026 et dernier cri! c)-\u2014Est-on bien plus avancé qu'ici?Pas en tout; les échanges d'idées et de techniques le prouvent.Nous serions prêts à faire du beau travail, au Québecd)\u2014LäA-bas, on travaille plus, et pour pas plus cher qu'ici.Question d'entraînement peut-être, mais aussi de nécessité dans un pays où la concurrence est serrée.e) Absence totale et déplorable d'étudiants canadiens en agriculture, et dans les laboratoires anglais et européens, alors qu'il y en a tant dans d'autres sciences et arts, comme on sait.Pourquol?11 serait à souhaiter qu'on envoie des étudiants ou des professeurs là-bas, quand ce ne serait que pour bien savoir ce qu'on y fait et où on en est rendu.f)\u2014 Nous devrions recevrir plus de littérature européenne en recherches et en enseignement agricole que nous n'en recevons actuellement.En terminant, le Dr Alarie indique qu'il doit au Conseil de Recherches de la Province la faveur d'avoir pu visiter tant de pays et de savants.Et il le remercie.Ici, au journal.nous en faisons autant.LG.F. page 2 SOCIETE HISTORIQUE DE KAMOURASKA Le CAP MARTIN \u201cMes amis, vous vous rappelez sans doute l'année du grand choléra, cette année où l'épidémie asiatique fit tant de victimes à Québec.Ce fut en 1832.Toute la population était plongée dans la plus grande désolation et désertait la ville en foule pour échapper au terrible fléau.Trois pères de famille, dont les femmes et les enfants reposaient dans leur dernière demeure, au cimetière du Gros Pin à Charlesbourg, montèrent Un soir sur une fréle embarcation et partirent de Québec pour descendre à la Rivière-Ouelle.Une légère brise soufflait alors du sud-ouest, et la lune brillait dans tout son éclat.Le voyage promettait d'être des plus heureux.En effet, la nacelle glissa d'abord, pour ainsi dire, sur la plaine liquide et allait même toucher bientôt au terme de sa course, lorsque rendus A la Traverse de St-Roch des Aulnaies, les nouveaux mariniers sont tout À coup assaillis par une furieuse tempête de vent de nord qui, dans l'espace de quelques minutes se change en véritable ouragan.Le tonnerre gronde avec un fracas épouvantable: les éclairs succèdent aux éclairs avec une rapidité vertigineuse; le firmament prisente parfois l'apparence d'une vaste incendie; la pluie tombe par torrents; le jour vient de finir et de faire place à une nuit d'horreur et de désepoir; les va gues moutonnent et déferlent méme avec fureur; la fragile embarcation gémit, bondit, dis- parait sous les flots courroucés, rebondit, se tord sous la violence du vent et, à chaque instant, semble devenir la proie des éléments déchainés.Une bourrasque, plus terrible que les autres, met en pièces l'unique voile.le mât craque, plie, casse et tombe dans les flots; le gouvernail est arraché de ses gonds et emporté par une vague.La mort, la pâle mort s'avance avec son cortège de souffrances; encore quelques instants, et la nacelle, secouée comme le plus petit copeau, sera engloutie dans la profondeur des ondes.Les malheureux nautonniers ont perdu tout espoir de salut et ont tourné leurs regards vers le Ciel, qui seul peut les sauver en faisant un miracle; ils prient de toute la ferveur de leur âme et demandent pardon à Dieu des péchés dont ils se sont rendus coupables.Tout à coup une vagle énorme, aussi haute qu\u2019une montagne, sur- Bit à côté de la chloupe, l'enveloppe bientôt d'un linceui et l'entrai- ne dans l'abime.C'en est fini.l\u2019'embarcation est culbutée sens dessus dessous à quelques arpents du Fer à Cheval vis-à-vis de Ste-Anne, et les malheureux qui la montent disparaissent en poussant ce cri suprême: \u2018Mon Dieu! mon Dieu!\u201d Le drame est terminé, et un voile lugubre se dresse devant la scène.Il est alors minuit.Le lendemain, vers trois heures du matin, deux braves habitants de cette paroisse viennent visiter leur pêche que vous voyez en face de vous, près de cette pointe (le narrateur montre du doigt l'endroit désigné).En arrivant au pied du rocher, leurs regards tombent sur une 4pave; c'est une chaloupe qui repose sur des cailloux, 1 aquille en l\u2019air.Ils s\u2019approchent de I'ambarcation naufragée, ils la retournent, et, 6 surprise! ils sont en présence d'un noyé qui se tient cramponné à un banc de la nacelle; de la main gauche, le noyé presse sur sa poitrine le scapulaire de Notre-Dame du Mont-Carmel.Les deux pêcheurs enlèvent de la chaloupe la malheureuse victime de la tempête de la nuit précédente, et la déposent sur le vaste plateau sur lequel nous sommes assis.L'un d'eux examine attentivement le noyé.\u201cO miracle, s\u2019écrit-il, il n\u2019est pas mort.Non, il respire encore, j'en suis certain.Regarde, dit-il, en s'adressant à son compagnon, le petit miroir que je viens de lui poser près de la bouche s'est couvert de sueur, Cette espèce de rosée est produite sans aucun doute par sa respiration, bien que les mouvements en soient imperceptibles.\u201d A l'instant, les pécheurs se mettent à frictionner le noy$, à le rouler sur un baril et à lui administrer, en un mot, tous les remèdes que suggère l'expérience en pareil cas.Non, il n'est pas mort; car bientôt le noyé commence à vomir, et le vomissement dure au moins dix \u2018minutes: dans ce moment les minutes paraissent plus longues que les heures.Quelques secondes s'écoulent encore et sa poitrine se soulève, ie noyé remue un bras et une jambe.\u2018Miracle! Miracle s'exclament les deux pêcheurs.Il est sauvé!\u201d Aussitôt le prétendu noyé agite l'autre bras et l'autre jambe: il ouvre les yeux, qu'il promène de tous les côtés, et on l'entend alors murmurer: \u201cMon Dieu! où suis-je?\u201d Ses sauveurs lui défendent de parler et lui conseillent de rester calme et de contenir les émotions qui l\u2019assiègent.Plus tard vous remercierez le Ciel de vous avoir protégé d\u2019une manière aussi visible.Le noyé obéit, ferme les yeux et dort d'un profond sommeil jusqu'au lever du soleil.Les pécheurs lui avaient dressé une couche de sapin et l'avaient recouvert de leurs habits d'étoffe du pays.A son réveil, le naufragé ressentait encore une grande faiblesse dans tout son être, et tout le corps lui paraissait comme meurtri.Sac à papier! il ne faut pas vous en étonner, mes amis, si cet homme était faible alors après la nuit terrible qu'il venait de passer.Son premier soin en revenant à la vie fut de se jeter À genoux, de remercier la sainte Vierge qui l'avait arraché à une mort certaine, et de témoigner sa reconnaissance à ses sauveteurs, qui n'avaient rien épargné pour secourir leur semblable.Les pêcheurs lui demandèrent ensuite le récit de l'effroyable tempête qu'il avait essuyée pendant la nuit.Le naufragé exauça leurs voeux et leur raconta ce que vous connaissez déjà.Je me contenterai de vous rapporter la fin de sa narration.\u2018\u2019Lorsque notre embarcation chavira \u2014c\u2019est le naufragé qui parle\u2014 mes deux Infortunés compagnons de voyage furent emportés par la vague énorme qui nous enveloppait de toutes parts, et ils ne reparurent plus.En constatant l'imminence du danger auquel nous étions sans cesse exposés, je saisis un banc de la chaloupe de la main droite, et je pris mon scapulsire de la main gauche en disant à ma bonne mère Marie: \u201cO Vierge immaculée sauvez-moi du danger.\" Ce furent mes dernières paroles; j'enfonçai dans les flots avec la chaloupe et je perdis connaissance.Vous saves ie reste.C'est mon scapulaire qui m'a sauvé; j'en rendrai éternellement grâces À In glorieuse mère de Dieu\u201d.Le père Martin avait fini son histoire.Mais, père Martin, lui demandèrent les étudiants, connaisses-vous le nom de Ce naufragé?GAZETTE des CAMPAGNES Sainte-Anne, (Kamourasks).Chez les FERMIERES de STE-ANNE\u2014 Les TENDANCES de la MODE - Séance d'étude du 16 mars - Mesdames, .Nous allons traiter aujourd'hui d'un sujet toujours brûlant d\u2019actualité et dont les fetimes ne se lassent jamais, je veux dire \u201cLA MODE\u201d.Nous en parlerons d'autant plus À notre aise que nous sommes \u2018entre femmes\u201d et nous naurons pas à subir les petites allusions sarcastiques de ces messieurs du sexe fort qui nous rapro- chent souvent de ne parler que dentelles et chiffons!\u2026 Si javais beaucoup plus de temps & ma disposition, je développerais ce thème au point de vue définition générale, évolution à travers les Ages et caractéristiques particulières aux autres pays.Mais je me limiterai aujourd'hui aux \u201cpronostics\u2019 du printemps 51.Dès que la première brise printanière nous a effleurées, qui d\u2019entre nous, mesdames, n'a pas immédiatement songé À sa garde-robe personnelle?Dailleurs, les journaux, revues ou étalages nous invitent chaque jour à admirer les toilettes les plus pimpantes, et malgré nous, même si nous avons décidé avec sagesse que notre budget ne nous permettait pas d'ajouter quoi que ce soit À notre garde-robe actuelle, nous risquont toujours un regard admiratif et plein de tentations! Après tout, c'est bien légitime de se rensei- £ner sur la mode prédominante, et notre imagination aidant, nous pouvons parfois à l'aide d'un détail, dun accessoire choisi avec goût, rajeunir une toilette et lui donner un petit air tout'à fait 1951 Jetons d'abord un rapide coup d'oeil au chapître de la couleur.Ce sera, dit-on, un printemps \u2018\u2019coloré\u201d, et tous les goûts seront servis À souhait, parce qu\u2019il n\u2018y a jamais eu autant de variétés dans les teintes des tissus.On y voit toute la gamme des roses pastels et des mauves, les teintes vives de rouge, d\u2019orange et de jaune, tangerine et melon.Les beiges et les gris sont en vogue pour les costumes quoique le grand favori au retour de chaque printemps reste toujours le bleu-marine.Cette dernière nuance se marie particulièrement bien avec le mauve-lilas qui connaît une si grande vogue ce printemps.La silhouette de 1851 n'a pas beaucoup changé sauf pour quelques petits détails.Les bourrures exagérées qui donnaient l'aspect d'épaules de lutteurs ont beaucoup diminué et dans certains cas, sont complètement disparues.Les costumes sont très ajustés à la taille et l\u2019attention se porte surtout sur les revers qui descendent et attachent très bas et sur les hanches rembourries.Les jupes préconisent toujours la ligne droite et sont maintenant stabilisées à 14 pouces du sol.Cependant, ici comme dans tous les derniers décrets de la mode, il ne faut pas se déclarer esclaves et y sacrifier son apparence et sa personnalité.Ce qui importe avant tout c'est de connaître exactement \u2018son type\u201d, c\u2019est-à-dire ce qui nous va et ce qui ne nous va pas, Tel vêtement peut être tout simplement ravissant ou devenir une horreur selon qu'il soit porté par telle ou telle personne.Il suffit tout simplement de se regarder bien en face, de reconnaître ses défauts physiques, et ensuite de les dissimuler par les vêtements appropriés.Nous verrons aussi beaucoup de manteaux courts ou d'ensembles doublés du même tissu que la blouse ou la robe qui les accompagnent.Les imprimés sont toujours favoris, mais ce sont surtout les petits dessins qui prédominent.On voit encore beaucoup de drapés.On a remarqué aussi pour le printemps la silhouette trompette, c\u2019est-à-dire la jupe étroiite jusqu\u2019à la ligne des genoux et de là retombant en godets- ou volants.Cependant, beaucoup d'entre nous n'ayant pas l'avantage d'avoir un budget important pour se procurer de nouvelles toilettes auront tout simplement recours aux accessoires pour - varier l'aspect de leurs vêtements et se donner l'illusion d'avoir une garde-robe bien élaborée.Echarpes et fleurs sont au premier rang dans le domaine des accessoires et jettent la note gaie sur n'importe quel costume sombre.On voit des fleurs partout, à l'encolure, à la taille, .sur son sac à main, etc\u2026 Les gants sont devenus indispensables pour accompagner même la plus petite toilette.Ils sont maintenant si gentils avec\u2018 leurs multiples fantaisies que nulle femme ne peut y renoncer.Mesdames, il y aurait matière à parler des heures et des heures sur Ce sujet at étendu, mais je vais m'arrêter là.Ayez surtout recours à votre imagination et à votre bon goût, ajoutez-y une note de personnalité et d'originalité, et vous serez jolies! : Thérèse Dionne, Sec.Ferme Expérimentaletae t\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 mee ee Sans doute, répliqua le conteur.C'était mon père.Après avoir été sauvé de la mort comme vous venez de le voir, il prit la résolution de demeurer à la campagne, dans un lieu solitaire, loin du fracas et du tumulte de la ville, il acheta une terre; 1] se conatrui- sit une élégante mailsonnette que vous pouvez admirer encore a quelques arpents au sud de ce cap: il se maria en secondes noces, et quand il descendit dans la tombe, il était entouré d'une nombreuse famille, six garcons et six filles.C'est en souvenir et en l'honneur de mon vinérable père que les habitants de la paroisse ont baptisé cette montagne du nom de Cap Martin.° Les ombres commencent alors à s\u2019allonger dans la plaine.Les quatre étudiants se levèrent, serrèrent affectueusement Ja main du patriarche et reprirent le chemin du village, en faisant retentir la colline du cri de : \u201cVive le père Martin!\u201d Sirois, Caron, Renaud, Comiveau & Cis.Comptables Agréée QUÉBEC, P.Q.- JONQUIÈRE, P.Q.MONTMAGNY, P.Q.- RIVIÈRE-du-LOUP, P.Q.TL: 85-2104 76, Rue St-Pierre, Québec.Jeudi 22 mars 1951.Discussion à Chambre de Commerce Lundi, le 12 mars, la C.de C.Junior de Ste-Anne tenait sa réunion mensuelle.Après les rapports du secrétaire et des respon- bles de comités, M.Bertrand Forest, président, exposa au membres et au public invité comment on complèterait la séance.Un sujet depuis longtemps discuté et qui rebondit de temps à autre, dans Ste-Anne, serait à l'ordre du jour: \u2018\u2019Serait-i] avantageux, à Ste-Anne, d'avoir deux municipalités, au lieu d\u2019une seule\u201d?Pour qu'une discussion de ce genre soit constructive, il importe de la bien règler, d'abord, et de la bien diriger ensuite.= C'est pourquoi, une fois les modes de discussion établis, M.Forest pria son Honneur le Maire de Ste-Anne, M.C.-E.Bouchard, de prendre son siège et de se faire mal- tre du débat, Deux orateurs se sont succédé: le premier, M.Gilbert Dubé, ex- secrétaire municipal de Riviére- Ouelle, opta et argumenta en faveur de la division; et son adversaire, M.Louis-Georges Dionne, secrétaire municipal de Ste-Anne, défendit la thèse qu\u2019une seule municipalité était la meilleure solution.\u2018Tous deux étant expérimentés dans les affaires municipales, les arguments furent nombreux et sérieux, de part et d'autre Chaque orateur disposait d'une vingtaine de minutes pour faire son exposé, puis de quelques minutes de réplique; après quoi, le public était admis à faire valoir des opinions.M.le maire eut, à quelques reprises, À faire observer les règles du jeu, soit en avisant un orateur que les minutes allouées étaient expirées, soit encore en déclarant certains arguments hors d\u2019ordre; bref, en aucun temps, le débat, qui soulevait un sujet plutôt brûlant, ne dépassa les limites de la plus grande politesse; et les adversaires surent toujours conserver leur sourire.Le sujet est loin d'être épuisé; au contraire, on n\u2019a fait que l'effleurer.Et nous souhaitons que de telles discussions, aussi bien préparées et aussi sagement conduites, se répètent et continuent d'intéresser et d'instruire.Une discussion ne casse jamais rien, lorsqu'elle est maintenue dans des bornes raisonnables.Au contraire ,une décision prise à la hâte ou le retard à en prendre une, ont pu faire grand mal à des sociétés humaines.C\u2019est ce qu'il importe d'éviter; et une discussion objective, franche, éclairée ne peut que servir le bien public.Plusieurs auditeurs ont suivi avec intérêt le développement des arguments apportés par l'une ou l\u2019autre des partics en lice.Quelques-uns paraissaient avoir une opinion faite d'avance; en ces choses, mieux vaut aller lentement, car il ne semble pas que la vérité soit tout entière d'un côté, comme de l'autre, Chaque thèse 8 du bon; et le problème n\u2019en est pas un qui peut se résoudre en un tour de main.C'est pourquoi nous exprimons le souhait que d'autres débats soient tenüs sur ce sujet, et qu'on apporte encore plus d'arguments d\u2019un côté comme de l'autre; chaque modalité de gouvernement municipal a ses avantages; et s\u2019il est quelqu'un qui doive être mis au courant de chacune c\u2019est bien le contribuable.De telles discussions ne peuvent qu\u2019éclairer ceux qui, parmi les jeunes, auront À diriger les destinées communes, lorsque leur tour sera venu.On n\u2019est jamais trop préparé.Excellente soirée.LGF. Jeudt' 28 mare 1981 NOUS VOILA (Faculté d'Agriculture et des Pêcheries) Page Etudiante GAZETTE des CAMPAGNES Sainte-Anne, (Kamourache).Page 3 te Chronique étudiante La succession des jours a toujours donné lieu & ces sortes d'implorations: \u201cO temps! suspend ton vol\u201d, ou bien, \u201cTemps! héte-toi, fuis\u201d.Mais le temps qui est sourd et impassible a suivi son cours normal, et nous voici rendus au commencement d'une autre semaine.Je vais vous en faire la chronique ayant soin d'être le plus fidèle possible de peur de blesser certains simplistes, amants tenaces de'la vérité historique et esprits impernréables À la plaisanterie.Dimanche.Après le film de 2 hres, Paul-Eugène revenait à l'Ecole avec ie sourire sur les lèvres, c'est naturel puisqu'il venait juste de voir \u201cAvec le sourire\u201d.Mais sa jole fut courte à la vue d'un couple qui le précédait; il pâlit et faillit s'effondrer.I! se remit bien vite, car A 8hres, en se rendant au théâtre de l'Ecole, il chantait A tue-téte, de sa belle voix de ténor: \u201cFemme varie, fou qui s'y fie\u2019.La séance était présentée par un cinéaste bien connu des environs, M.Léopold Michaud, qui a filmé quelques scènes sur l'Ecole d'Agriculture et des Pêcheries.Professeurs et étudiants ont été heureux de se voir et ont été reconnaissants envers l'artiste qui les avait faits si ressemblants, et rendu si vivantes les diverses scènes dans tous les départements.Suivirent quelques documentaires de toute première valeur.Voyons Jean-Jacques, laisses-la tranquille! Lundi\u2014 La neige fond, les grandes bottes sont de mise.Jcan- Guy est guéri; il a perdu avantageusement de son embonpoint; sa bibliothèque n\u2019en est pas moins imposante.\u2014A 4 hres, séminaire.M.Josaphat Bilodeau expose les résuilats d'une enquête poursuivie sur les graines de semence dans le comté de Kamouraska, \u2014Test sur les engrais chimiques: les élèves de Ile se montrent normalement (sic) plus expérimentés que ceux de 1ère.\u2014Ohristy se montre entreprenant.Jean-Jacques l'a vertement tancé.Du respect, mon p'tit gars! Mardi\u2014 Saint-Hilaire s'est fabriqué une brouette pour transporter ses livres au cours de 8 hres.\u2014M.D'Aoust salue le retour de Jean-Guy.Ce dernier a beaucoup manqué à ses compagnons de table.\u2014Au laboratoire de Zootechnie, nous avions un travail charmant: recherches généalogiques sur les bovins et porcs.Les étudiants ont fait preuve d'une activité fébrile dans le transport de vieux bouquins: vraie montagne de papier.Ruade dans les chambres à la recherche d\u2019un papier assez spacieux: les vieux calendriers ont fait l'affaire pour inscrire des nome parfois pittoresques comme: \u2018\u201cDame Lily of Sun Valley\", des noms barbares \u2018Sir Roughorn\u201d.C'est une oeuvre de longue haleine qui demande une patience de béné- diotin.Dufour était vivement contrarié quand l'heure de la sortie arriva.Il voulait poursuivre, ses recherches pour savoir si Darwin avait raison ow non.Mercredi.\u2014 Nos aînés de IVe affrontent avec cette belle insouciance un examen spécial pour l'obtention de bourses du Conseil des Recherches.~\u2014On dit bien souvent et à juste titre que la plupart des hommes ont des propriétés cachées que le hasard fait découvrir.Ceci s'applique à notre ami P.-A.Dufour qui a fait, dans un espace assez restreint, la même expérience que d'éminents savants ont réussie à Bikini.Rien ne fut oublié: l\u2019explosion, les vapeurs blanches, etc.Jeudi \u2014 La Rana pipiens a réeisté incroyablement au scalpel à mesure qu'elle nous a dévoilé s& morphologie interne et nous a chargé la mémoire de noms déconcertans.\u2014A 8 hres p.m, les vues.En vedette, \u201cNormandie\u201d dans ses grandeurs et décadence, et June Allyson dans \u201cDu burlesque à l'opéra\u201d.Nous avons ri de bon coeur; cela & facilité notre digestion et dilaté nos poumons, \u2014A 10.30 hres p.m., en entrant dans la chambre d'un copain, je le trouve en train d'exécuter des pas de danse avec son oreiller, Il essayait un \u201cCheek to Cheek\u201d impossible.11 m\u2019'a franchement expliqué qu'il s'exercait pour samedi soir.\u2014Aves-vous remarqué qu'Ailft.M.a un attrait nouveau a son sourire ?., Vehdredi\u2014 Ce matin, au cours de Zootechnie, Victorin a été violemment\u2018 secoué par an hoquet inopiné.Ces \u201chic, hec, hoc\u201d étalent sonores.mais comme toujours les étudiants étaient trop attentifs aux explications du professeur pour se rendre compte de l'influence perdicieuse qu'un film pouvait avoir sur un de nos jeunes.\u2014\u2014Au laboratoire de chimie quantitative, 1] y a eu des pleurs et des grincemsnts de dents causés par In vapeur de HCI.Tout le monde toussait, pleuruit: le professeur, dans cette circonstance, a eu le sang-froid d'otivrirries fenêtres.Freddy qui n'aime pas faire comme les autres, -eupposément moutons de Panurge, a dédaigné la toux; il à préfées-éterhuer, II se dressait de toute sa taille, lan- galt un regard cireuîtire plein de défi, poussait un hi! strident suivi par un \u201ctdeun\u201d catewtrophique.Les burettes, éprouvettes, floles, tout tremblait sous Teffet de cette puissance gutturale.Puis avec ostte dignité qu'on lui connaît, 11 s\u2019est remis au travail en fredonnant.son.ain préféré: \u201cLa barbe à tonton\u2019.NOS FINISSANTS 1950-51 Portrait de \u201cMon frère\u201d Si, un soir brumeux et froid, vous vous hasardez à braver le vent rapide et coupant qui se glisse entre les habitations du village de la Pocatière, vous apercevrez probablement sous un bérét calé jusqu'aux larges épaules un tout petit homme tout de noir habillé.Il ira vivement, droit devant lui, sans détourner la tête, les mains dans les poches.Si ce bérêt cache un crâne anguleux, aux cheveux épars, d'un blond laiteux, c'est celui de mion confrère Jean-Maurice Bellemare, S'il erre ainsi dans les haillons de brume, ce n'est pas que ce décor soit en accord avec son caractère, mais parce que l'exil lui pèse.En effet, on l'a arraché aux rives ensoleillées de la Gaspésic qui l'a vu naître et, on l'avait probablement espéré: grandir.Méme si Jean-Maurice n\u2019a pas joui d'un taux de croissance élevé, n\u2019allez cependant pas croire qu'il n'ait pas grandi.En effet, si la courbe de croissance physique hésite À s'élever, il n'en va pas de même de la courbe de croissance intellectuelle.Tôt, dans le superbe décor gaspésien, il 8 su ouvrir son esprit à la largeur de la vaste mer qui venait mourir À ses pieds.Les gentilles maîtresses d'école qui lui ont appris l'alphabet ont dû l'impressionner vivement, car il a, depuis, conservé une affection surprenante pour elles, Bientôt, cependant ,il dût, comme tant d'autres malheureux, renfermer sun esprit entre les quatre murs du séminaire de Rimouski.Je ne puis dire l'avis de ses professeurs sur cette vie privée, mais on peut la résumer en affirmant qu'il leur était soumis.En même temps, il grandissait, mais uniquement en esprit et en age.Puis, Un jour, ce fut le baccalauréat, et le couronnement de ses études classiques.Et il y eut un moment d'hésitation\u2026 quelle carrière lui permettrait de réaliser l'idéal correspondant à ses hautes aspirations ?Jadis, les apôtres avaient suivi le Seigneur après avoir été simples pêcheurs.Il a voulu suivre leur exemple, mais en homme moderne, fort de toute la science de notre époque.Une carrière noble et illimitée s'offrait à iui: l'Ecole Supérieure des Pécheries, récemment fondée, résumait en une apothéose les connaissances des hommes dans le domaine des pêcheries.En venant ainsi puiser À la source de l'enseignement scientifique en pêcheries du Canada, pour ne pas dire de l'univers, ils ne se soustrayait pas à l\u2019atmosphère marin de la Gaspésie.\u2018 Pendant les saisons estivalés, il retourne À la mer, la source de richesses immenses; De la Blanchère n'a-t-il pas écrit que la mer doit un jour nourrir la terre?Il lui arrive d'expérimenter la pêche tantôt dans une entreprise commerciale personnelle, tantôt pour le compte du gouvernement de notre province.Ainsi, il suit la vole tracée par ceux qui ont voisiné le plus grand de tous les êtres car on ne grandit que dans la mesure ou on se rapproche de Lui, Je n'oublierai jamais celui qui a consenti à m'honorer de l'appellation si sympathique de \u201cmon frère\u201d.Jean Fréchet, IV Péch.Conclusion de ce laboratoire: les vapeurs de HCT guérissent les enrhumés et enrhument les biens portants.\u2026 Samedi \u2014 M.F.De la Durantaye nous présente un travail solide sur Montmagny.Il trace à larges traits les grandes lignes de son comté.C'est une vue à vol d'oiseau qui plait et repose.\u2014A 5.30 hres, Marcel, Jacques, Johny et moi avons écouté notre programme favori sur les ondes de C.H.R.C.: \u201cle diament magique\u201d ou \u2018les aventures du Prince Mirald, le d'Artagnan moderne\u201d.Le programme a pris fin nous laissant angolssés: nos héros ont été attaqués par Lobo\u2026 Qu'adviendra-t-il?.Voyons Jean-Jacques, laisses-la donc tranquille.Comme vous voyez, la semaine à été assez mouvementée pour nous qui menons une vie uniforme et laborieuse.Bur ce, je vous souhaite au nom «de mes camarades: \u201cJoyeuses Pâques\".Guy Bourjotiy, tère Agr.J.C.DUBEAU ASSURANCES .GENERALES VIE \u2014 FEU \u2014 AUTOMOBILE ACCIDENT \u2014 MALADIE ~ FIDELITE Bee.- Les.Rue Poiré \u2014 Tééphonn: 88 Sainte - ANNE - de - la - POCATIRRE A notre aimable spectateur de Saint-Piilippe, malheureusement réfractaire à quelques règlements du hockey, nous te: À dire que des circonstances, jugées partiellement de part et d\u2019autres, ne ré- soivront pas ce problème enfantin des rancunes de coeur.Celles-ci se réglent plus facilement à l'amiable entre tes personnes et&t CAUse par une franche poignée de main plutôt que sur le papier.Autrement, le problème peut être aggravé en créant une inimité non voulte entre la majorité des membres des deux clubs en présence, surtout en essayant d'expliquer un événement des plus futils sous un angle qui s'éloigne un peu de la vérité, Demain, ce sera Pâques: que le bon esprit ressuscite chez tous et la bonne entente sera de rigueur.J.E-Thais.Entre-filets A.Dumas disait un jour à un génie de son siècle: \u201cMon cher, veux-tu être renseigné sur tes contemporains?Eh bien, crie dans la rue: \u2018\u201cImbécile\u201d\u2026 tu verras tout le monde se retourner\u201d.Dernièrement 1a page étudiante de ce journal criait: \u201cPique-nique à Rivière-Ouelle\u201d*.A ce cri un seul s'est retournd: il a riposté en faisant parvenir aux étudiants la lettre dont les lecteurs ont pu prendre connaissance la semaine dernière.Quel grand événement à donc pu déclencher la verve de cet \u201cétymologiste\u201d ?N'est-ce pas Cicéron qui disait: \u201cD n\u2019y à pas d'abgurdité qui n\u2019ait été soutenue par quelque philosophe\u201d.Pour en revenir au compte-rendu en question.disons qu\u2019il n'était pas tout-à-fait vide, car il contenait une splendide hyperbole.Cette hyperbole, sans doute, était fulgurante, parce que X.en a été aveuglé dès le début et s'est perdu jusqu'A la fin du récit.Rien de surprenant, l'hyperbole est difficile à comprendre; ce n'est que par des démonstrations mathématiques compliquées qu'on en saisit le sens et encore.Dans sa lettre X.dit qu'il lit et qu'il relit certaines phrases sans comprendre.Avec un minimum de sagesse, il aurnit dû comprendre!.Puisse-t-il ne plus me creuser la tête aujourd'hui.Dans le paragraphe où il est question de spectatrices, X.est fortement intrigué; il a tort, Nous sommes assurés que les gens de Rivière-Ouelle ne sont pas aussi susceptibles que X.Heureusement! Chez-vous, nous avons été bien accueillis.Votre esprit sportif et votre équipe nous attireront encore l'an prochain nous l\u2019espérons.Quant à vous (jeunes) spectatrices, jo ne crois pes que vous soyez intrigudes.Vous avez dû constater clairement que \u201cl'ironie s'appliquait aux camarades et à leur chapeau\u201d.| D'ailleurs notre conduite envers vous doit témoigner en notre faveur.Comme marque d'estime croyez qué sincèrement avec votre consentement nous serions heureux de finir l\u2019année scolaire par un véritable pique -nique chez-vous\u2026.Un epectateur.+ \u2014\u2014\u2014\u2014 Page 4 St-Jean Port-Joli, village modèle de vie coopérative ° A cinquante-cing milles de Lévis, sur les bords du fleuve La critique la plus souvent entendue vers 1939-40, était que le cultivateur devait s'organiser en coopérative agricole; St-Laurent, St-Jean Port-Joli est bien connu pour ses ouvrages d'artisanats, sculptures sur bois, bateaux miniatures, tissage, meubles, etc\u2026 Et pourtant, peu d'entre mous savent que ce coquet village est un modèle de vie coopérative, Six florissantes sociétés, dont la plus vieille date de 1884, y ont vu le jour grâce à l'initiative de leurs membres.Aujourd'hui, elles témoignent d'une grande vitalité, et la direction d\u201c\u201cA Pleines Voiles\u201d est heureuse de leur consacrer une rye entière, et de leur souhaiter .longue.vie et Plein succès.Le texte et les documents nous ont été gracieusement fournis par M.Simon Fortin, propagandiste de la coopération, à St-Jean Port-Joli.La famille coopérative grandit tous les jours dans la province de Québec.elle recrute indifféremment ses adeptes dans différentes sphères de l'activité économique.Elle.s'est appliquée au début, à grouper les économies des classes rurales, et ensuite dans les villes, par l'entremise des Caisses Populaires.Malgré le préjugé que le Canadien-français est individualiste, la coopération a réussi à s'établir en réunissant producteurs et consommateurs.cependant il sortait de son domaine lorsqu'il désirait s\u2019organiser pour la consommation, Il n'avait pas les connaissances et le commerce ne lui appartenait pas; on était voué à un fiasco.Sans doute, une telle coopérative ne durerait pas plus de six mois.Pourtant, l'heure sonnait pour le propagandiste, les directeurs et les coopérateurs de prouver leur prudence, leur clairvoyance; d'écarter les difficultés par leur Paix\u201d énergie et leur esprit pratique.n C\u2019est en 1936 que remonte l\u2019organisation coopérative à St-Jean Port-Joli, si l\u2019on excepte la Mutuelle-Incendie fondée vers 1884 par les MM.Verreault.Au mois de mars 1936, eut lieu la fondation de la Caisse Populaire, après étude du catéchisme des Caisses sous la surveillance de l\u2019abbé Plante.Les débuts lents mais assez progressifs, les services bénévoles de Mme Alfred Chouinard, ont contribué à lui assurer une bonne situation financière.Durant les années de 1936 à 1939, l'éducation resta au même degré qu\u2019au début, Il ne fallait pas laisser là de si beaux présages, Les cours de Coopération sous l\u2019égide du Servive Social- Economique de Ste-Anne-de-la-Pocatière, commencés en 1938 ont formé de bons propagandistes, Durant l'hiver 1939, les cercles d'étude organisés dans toute la paroisse ont donné un élan nouveau au mouvement coopératif.Le sujet de discussion était: \u201cLa coopération en regard de la situation actuelle\u201d; la comparaison avec les autres théories et les succès que nous pourrions obtenir par la coopération.Les principes coopératifs et l'organisation furent étudiés durant l'année.Ce ne fut qu'après être assurés d'un nombre suffisant de coopérateurs renseignés, décidés de vaincre les obstacles, convaincus de réussir et avoir réfléchi aux sacrifices du début que \u201cLa Paix\u201d a ouvert magasin, \u201cLa Paix\u201d, nom qui nous donne le réconfort, le courage surtout durant ces années de guerre, Avec \u201cLa Paix\u201d, l'on recherche la bonne entente, l\u2019union de tout ce qui contribue à établir l'harmonie entre les citoyens d'une paroisse, d'une région, d\u2019un pays et de l'univers.\u201cLa Paix\u201d coopérative de consommation, a commencé ses activités, le 10 mars 1940, sous la présidence de M.Edouard Leclerc et la gérance de Charles-Emile Gagnon.Avec un capital de $1100.00, soixante membres, en majorité des cultivateurs, et malgré les prédictions qui n'accordaient pas plus de six mois d'existence à la Coopérative de consommation, elle terminait l'année avec un chiffre de ventes de $11,226.en 1940, De plus, elle avait acheté au mois d'octobre un local au prix de $2800, La Coopérative, non seulement était encore vivante, mais elle pouvait déjà prendre son élan vers le progrès.Les ristournes distribuées depuis le début sont de $33,205.Durant les six dernières années, le taux fut de 10%.Le chiffre d\u2019affaires au bilan de la dernière année était de $126.- 000.00.Les réserves accumulées sont de $18,500.00 et le capital de $10,500.00, sans emprunt.\u2018La Paix\u201d de St-Jean Port-Joli tient son assemblée annuelle Dans la magnifique salle paroissiale de St-Jean-Port-Joli avait lieu, le 5 mars, l'assemblée générale de \u201cLa Paix\" coopérative de consommation, de St-Jean-Port-Joli.À cette occasion, les membres ont fait une espèce de récollection coopérative, qui a débuté aux pieds de l\u2019autel par une messe spéciale a leurs intentions, la messe, lecture du bilan et élections; le diner fut offert par la coopérative à ses membres; durant l\u2019après-midi, séance d'éducation et de propagande coopérative.Le bi'an de la coopérative est remarquable par plusieurs de ses chiffres.D'abord, les comptes recevables sont nuls; de même les comptes payables sont également nuls.D'où l'on voit la sagesse de la méthode que prêche-la coopére- tion: en vendant au comptant, on ne manque pas de liquide pour payer les créanciers.Cette coopérative a accumulé des réserves de $19,088.16 en 10 ans., par contre Port-Joli.Son actif actuel est de $40,548.03, elle a déjà payé en ristourne à ses membres, le joli montant GAZETTE des CAMPAGNES Sainte-Anne, 2 En hommage à \u201cLa coopérative de consommation, et coopérateurs de St-Jean Simon Fortin, prof.(Kamourssks).Au début, les citoyens des paroisses environnantes devenaient membres de \u201cLa Paix\u201d.Depuis nous avons organisé des équipes d\u2019étude dans ces paroisses.Lorsque les coopérateurs furent assez nombreux, ils ont décidé d'organiser leur propre coopérative, En plus de la propagande, nous avons mis à leur disposition notre pouvoir d'achat.Ceci a contribué à la fondation du \u201cFoyer\u201d, coopérative de consommation de Ste-Louise, de l\u2018Espoir\u201d de St-Aubert, de \u201cLa Victoire\u201d de St-Damase, Etait-il sage d'agir ainsi?Nous avons, je crois, différé d\u2019avec les autres régions.Au lieu d'établir des succursales nous avons pensé que ces paroisses devaient garder leur indépendance,\u2018pour l'organisation et la marche de leur coopérative, tout en leur donnant notre meilleure collaboration.En union avec les autres coopératives de la région, au nombre de 14, nous .achetons les matériaux de construction et quelques autres lignes.Nous faisons partie de l'union des Coopératives du Bas St-Laurent et de la Gaspésie, avec son service de Surveillance et de Vérification, au Service Social-Economique de Ste- Anne-de-la-Pocatiére.Lorsque nous avons jugé que la coopérative de consommation était sur de solides bases, que l'éducation avait réalisé des progrès réels, que les esprits étaient bien disposés, nous avons jugé temps d'organiser la coopérative agricole.équipes d'étude se continuaient, toujours avec un sujet orienté vers l\u2019action.Donc, en 1942, nous fondions la coopérative agricole.Elle s\u2019occupait de l'expédition des animaux, de l\u2019achat des grains, moulées, engrais chimiques, le tout détaillé par \u2018La Paix\".En 1943, elle fait l\u2019achat de la beurrerie locale et elle s'occupe depuis ce temps-là de la distribution des graines, moulées, engrais chimiques et de la fabrication de moulées balancées.Les opérations se font au comptant comme à \u201cLa Paix\u201d.Le chiffre de ventes l'an dernier était de $422.000.00; les réserves de $9,300.; l\u2019actif de $34,100.Nous fabriquons les moulées balancées pour les coopératives du comté.Tous sont satisfaits des services et de la collaboration de la Société Coopérative Agricole de St-Jean Port-Joli, avec ses 140 membres.En 1947, les cultivateurs de quatre paroisses se sont organisés pour la fondation de la Société d\u2019Amélioration des Terres.Cette Société posséde un \u201cbulldozer\u201d.Tous sont satisfaits d\u2019une telle organisation et des services rendus.Elle contribue largement au succès du mouvement coopératif et de-la bonne entente entre les paroisses.Quels seront les prochains services à être exploités coo- pérativement?.Le besoin existe pour plusieurs.Nous les étudierons dans nos équipes d'étude cet hiver.Sera-ce le garage, le téléphone l\u2019entreposage des légumes, la boucherie?Ce sera selon l'esprit de la majorité des ccopérateurs, Voilà un résumé de nos activités dans le domaine de la coopération depuis dix ou onze ans.Les succès obtenus jusqu'à ce jour sont surtout attribués à l'esprit coopérateur des membres, qui n\u2019ont pas craint les sacrifices occasionnés ou par la distance où par la nécessité du comptant.Les membres et les organisateurs n\u2019ont pas craint les sacrifices car ils constataient avec justesse que c'était dans la coopération qu\u2019ils pourraient remonter la pente où les condduit l'individualisme, aux de $40,635.12.Le capital des membres dans la coopérative est de $9,832.11.De ces trois chiffres ressortent deux faits: lo la coopérative a repayé en ristourne à ses membres quatre fois le montant de leur capital, 2o le capital a fructifié et rapporté aux membres 9 pour 1.Ceci démontre \u2018clairement le rôle bienfaisant que peut jouer le magasin coopératif dans l\u2019économie nationale en rapport avec le budget familial, Au moment ou le coût de la vie monte sans cesse, il est opportun et salutaire d'offrir au consommateur une institution qui lui sauve des sous.\u2018La Paix\u201d, comme magasin-général, retournera à ses membres une ristourne intéressante, ce qui diminuera leur coût de vie dans la même proportion ou à peu pres, Ces chiffres démontrent également, que nos magasins sont viables.Je ne me base pas sur ce seul cas isolé, je pense encore aux autres magasins coopératifs qui réussissent si bien, un peu partout dans la province.Cet exemple de \u201cLa Paix\" servira d'encouragement aux consommateurs qui songent sérieusement à organiser leur magasin coopératif; il sera un stimulant pour ceux qui travaillent avec ardeur à consolider leur finance; il sera une émule pour ceux qui réussissent déjà bien.La séance d'éducation et de propagande tenue dans l\u2019après-midi, nous a fait connaître le secret du succès de la coopération dans cette paroisse; l'éducation par le cercle d'étude, \u201cLa Paix\" a dépensé au cours de l\u2019année un montant de $536.00 pour p! ande et publicité.Mais ce n'est pas tant cette propagande que l'étude faite en commun, par équipe d'étude, qui a assuré le succès de la coopérative.Nous félicitons M.Simon Fortin, propagandiste et M.Marc Chouinard, gérant pour leur intérêt et le travail qu\u2019ils accomplissent dans ce domaine, Parmi les invités à l\u2019assemblée générale, on remarquait: M.le curé Fleury, M.le maira, M.l'abbé Blais et M.Maurice Bélanger du Service Social-Economique de Ste-Anne, M.J.-L.Albert, agronome régional, MM.les gérants des coo- péretives agricoles de St-Jean-Port-Joli et de Montmagny, .A, Deschènes et G.Cloutier, Environ 150 membres étaient présents, dont un bon nombre de dames.M.Bélanger.Jeudi 22 mars 1951, Le tourisme dans la province Le président et le directeur de l'Office de Tourisme de la ville de Montréal évoquaient il y a quelques jours, au cours de l'assemblée annuelle de cet organisme, les revenus procurés par les touristes à Monréal et à la province.On estime que notre ville a hébergé l'an passé quelque 2 millions de touristes qui y ont dépen- + sé $50 millions environ.Li province de Québec, de son côté, a reçu 3,300,000 visiteurs qui y ont laissé $130 millions.Ces chiffres qui ne sont d'ailleurs que des estimations, ont le mérite de nous rappeler l'importance primordiale du tourisme, comme source de revenus, Il est devenu une des principales industries du pays, industrie, qui est appelée à se développer encore à l'avenir, avèc l\u2019amélioration de notre industrie hôtelière et le développement des moyens de transport.C\u2019est ici le moment de rappeler que le tourisme \u2014 exportation \u201cinvisible\u201d \u2014 joue un rôle de premier plan dans l'équilibre économique du pays, en procurant au Canada des montants importants de dollars américains.La province de Québec, est une des plus favorisées, tant par sa situation que par le pittoresque de ses sites et les ifférents aspects canadiens- français qu\u2019elle peut offrir, aspects uniques en Amérique du Nord.Peut-on affirmer toutefois que tout est mis en oeuvre pour mettre en valeur ces manifestations canadien- nes-françaises, de quel ordre qu\u2019elles soient?Offre-t-on assez aux touristes ce que nous avons de plus typiquement québecois?Poser la question, c'est dé- ja se convaincre qu'il reste beaucoup a faire dans ce domaine, Comme on l\u2019a sou vent remarqué (les visiteurs étrangers le remarquent eux- mêmes immédiatement) l'hôtellerie de notre province est très \u2018\u2018américanisée\u2019\u201d\u2019 et les touristes américains, qui sont la très grande majorité, ne trouvent souvent ici que peu de différences avec leur pays.Le problème dépasse d\u2019ailleurs l'hôtellerie, (ce terme comprenant tout ce qui a trait aux restaurants) et touche a la publicité et à l'ensemble des manifestations copiées sur celles de nos voisins.On n\u2019oserait pas affirmer non plus que tout a été fait ur améliorer le confort et agrément des visiteurs aur nos routes et dans nos villes.T1 reste un problème urgent de circulation à résoudre à Montréal.Quant aux routes de la province, malgré des progrès certains dans quelques régions, elles ne sont pas encore à la hauteur du grand tourisme que le Québec mérite.Un voyage dans la province voisine, l'Ontario, est assez convaincant à cet égard. Jeudi 22 mars 1951 GAZETTE des CAMPAGNES Sainte-Anne, (Kamouraeka).Sur les routes de l\u2019Europe (XIII DE ROME A LORETTE ET A ASSISE (ler et 2 juillet) Toutes les belles choses ont une fin: ainsi devait-il en étre de notre séjour à Rome.Malgré le désir que nous avions tous d'y séjourner plus longtemps pour puiser à ses trésors intellectuels et spirituels, il nous fallut bien quitter ces leux où nous avions res- \u2018senti les plus vives émotions de notre vie.Et c'est alors que com- mencérent à proprement parler nos pérégrinations sur les routes de l'Europe.Nous parcourrons l'Italie en zigzagant de la Méditerrannée à l'Adriatique, traversant trois fois la chaine pittoresque des Apennins; puis nous traverserons les Alpes vers l'Autriche et l\u2019Allemagne, la Suisse et la France.Ce sera ensuite les Pays-Bas que nous visiterons très rapidement pour revenir en France puis traverser les Pyrénées, frontière de l'Espagne.Ce pays ne nous servira que de passage pour aller terminer au Portugal, au pied de Notre- Dame de Fatima.De Rome à Lorette.Cette randonnée qui devait se terminer à Un sanctuaire de la Vierge commençait aussi à un sanctuaire de la Vierge: Lorette.Partis de Rome sur l'heure du midi, parès avoir mis à la poste les souvenirs que nous avions achetés à Rome, afin de ne pas trop charger notre voiture, nous traversons tout d'abord la magnifique campagne romaine, campagne riche; on est À y faire la moisson.Mais nous ne tardons pas à aborder la montagne: la route est des plus pittoresque, toutefois elle ne manque pas d'être à certains moments passablement dangereuse, la moindre distraction pourrait nous entraîner dans un précipice.Comme toutes ces routes de montagne, elle monte en lacets qui se croisent en zigzag.Sur ces flancs de montagne, le paysage est merveilleux: nous dominons d'étroites vallées où une belle verdure autour d\u2019un petit village forme contraste avec l'aridité de la montagne elle-même dont la végétation est brûlée par le soleil et dont le sol subit une très forte érosien.Parfois, nous cotoyons des ravins très profonds en suivant un chemin pratiqué dans la falaise de roc qui s'élève au-dessus de nous aussi haut que le ravin est profond en-dessous.Il arrive que de l'autre côté du ravin nous voyons passer la ligne du chemin de fer: les hommes ont utilisé pour leurs propres voies la voie tracée par l'eau puissante qui a creusé la pierre.Cette route de montagne nous offre à chaque tournant un spectacle nouveau, un charme spécial, et si nous nous écoutions, nous serions toujours arrêtés pour admirer le paysage et prendre des photos magnifiques.Il y a parfois un petit village perdu dans la montagne.Le plus souvent, ces villages sont fort pauvres, mais parfois il y en a qui sont propres et semblent plus fortunés, tel celui de Tagliacozzo où nous prenons notre diner.C'est un village fréquenté par les touristes en été, ils y viennent chercher l'air pur de la montagne.On nous sert, dans une auberge coquette, un excellent dîner qui nous fait oublier la mauvaise impression que nous avions eue de la cuisine italienne lors de notre premier diner, à Pompél.Un petit incident vint agrémenter la fin du repas: celui du groupe qui avait appris un peu d'italien pour nous permettre de ne pas être trop embarrazsée en Italie voulant faire l'essai de ses connaissances italiennes demande à l\u2019hôtesse de nous apporter une seule note; \u201cbighlietto\u201d, pour tout le groupe.Mais il faut croire qu'il ne s'exprime pas assez clairement, car au lieu du \u201cbighlietto\u201d, elle nous apporta une \u201cbyrrha\u2019, une bouteille de bière.qui était d'ailleurs délicieuse au dire des connaisseurs.Partis de Rome À une altitude très peu élevée, nous avons monté jusqu'à plus de 4,000 pieds d'altitude pour redescendre ensuite au niveau de la mer sur la rive de l'Adriatique: nous avions parcouru une distance de 140 milles.C'est dire que les montées ont été assez raides et les courbes nombreuses aussi, car en ligne droite l'Italie n\u2019a pas plus que 100 milles de largeur là où nous l'avons traversée.Mais nous avons eu une bonne idée de ce que sont les Apennins, cette chaîne de montagnes qui forme la partie que l\u2019on pourrait appeler la \u201cjambe\u201d de la botte italienne, Nous atteignons l'Adriatique & Pescara, grosse ville industrielle, moderne dans certaines parties, mais très anciennes dans d\u2019autres; il y a des rues étroites obstruées par des vendeurs de toute espèce de choses; il y & beaucoup d'artisanat.Notre programme était de nous rendre à Lorette le soir même, mais une petite défectuosité de la voiture, plus incommodante que dangereuse, nous força À passer par un garage et nous retarda au point que nous dûmes passer la nuit A Pescara; et c'est au soleil du matin que nous longeons la merveilleuse Adriatique pour nous rendre À Loreto.Dans la fraicheur du matin et avec un soleil splen- @ide, ce fut un trajet magnifique sur une route très belle et droite comme une flèche, que ce parcours de 100 milles qui nous amena au célèbre lieu de pèlerinage.La mer aux eaux vertes nous apparaît parfois À travers un beau décor d'arbres; d'autres fois, nous la contemplons dans toute sa splendeur lorsque la route nous améne tout près du rivage.L'activité est intense partout en ce dimanche matin, blen qu'il soit assez tôt: c'est que les gens profitent des quelques heures de fraîcheur de la matinée pour sortir, car sur le haut du jour la chaleur est très grande.Nous traversons un grand nombre de villages en cours de route, des petits et des gros: il y en a peu qui frappent par leur opulence, c'est plutôt le contraire.On voit des fêtes organisées À certains endroits, des décorations, des fleurs, des réjoulssances populaires, etc.Les égllses sont à peu près partout petites et pauvres.Lorette.C'est vers neuf heures que nous apercevons devant nous le dôme d'une basilique que nous avons tôt fait d'identifier comme étant celle de Lorette.Ce sanctuaire est magnifiquement situé ,sur une petite colline; à quelque distance de la mer, 11 domine une région charmante que le voisinage de l'Adriatique rend encore plus belle.\u2018Tout le monde sait que c'est à Lorette que se trouve la maison Ge la Sainte Famille.Cette tradition fait sourire bien des gens, mais tout de même, la dévotion qui se manifeste à cet endroit et les nombreuses faveurs que la Sainte Vierge accorde à ceux qui vont y prier démontrent bien que, si le fait historique n'est pas prouvé de façon irréfutable, la croyance et le culte dont il est l'ob- .jet reçoivent l'approbation en haut lieu.puisque la Sainte Vierge elle-même se charge de venir y bénir ses enfants.Ce sanctuaire remonte À la fin du XIIIe siècle.La maison de la Sainte Vierge à Nazareth fut d'abord vénérée en l\u2019alestine où une église fut construite par-dessous elle par les soins de Sainte-Hélène.Mais des infidèles, les Sarrasins, s'étant emparés de la Terre Sainte, les anges transportérent la Sainte Maison d'abord en Dalmatiepuis trois ans plus tard, en 1294, en Îtalie sur une colline couverte de lauriers \u2018lauretum) d'où le nom de Lorette.D'autres disent que ce nom de Lorette vient du fait que cette colline apparte.ait À une vetive du nom de Lorette.L'origine du nom importe peu: une chose demeure: la réalité du culte dont ce sanctuaire est l'objet depuis ce temps.La basilique À l'intérieur de laquelle se trouve la Santa Casa a \u2018Îté commencée en 1468, et elle est ornée d'oeuvres de tous les siècles.C'est un magnifique sanctuaire, très vaste, orné d'une majestueuse coupole sous laquelle se trouve le coeur du sanctuaire, la Sainte Maison, recouverte d'une magnifique décoration de marbre.Cetle décoration porte la signature d'artistes très célèbres: Bramante, le premier architecte de St-Pierre de Rome, Sansovino, Montelupo, etc.Les sculptures évoquent divers épisodes de Ia vie de la Sainte Vierge: l\u2019Annonciation, la Nativité de Notre-Seigneur, l'Adoration des Mages, et même le transport de la Santa Casa.La sainte maison renfermée à l'intérieur de ce revêtement de marbre est toute petite et toute simple.Elle a 12 pieds de haut sur 25 de long et 10 de lerge.C'est, une construction de briques.Les murs sont recouverts d'ex-votos, et il y a au fond un petit autel où les prêtres pèlerins peuvent dire la messe.Comme nous n'étions pas annoncés.il n'y avait évidemment pas de place pour aucun d'entre nous.II y a toujours un grand nombre de pèlerins qui se succôdent à l'intérieur de la petite maison qui porte une ouverture de chaque côté pour faciliter la circulation.La brique très friable des murs intérieurs semble être une tentation pour les pèlerins qui veulent apporter une relique avec eux, et nous sommes quelque peu aurpris de voir que ces murs sont pratiquement intacts, ce que nous ne verrons nulle part ailleurst l'explication nous en est donnée par ce petit fait qu'on nous raconte: un évêque espagnol succomba un jour à la tentation et apporta chez lui un fragment de cette brique.Mal lui en prit, car rendu chez lui il tomba malade et ne recouvra la santé qu'après avoir retourné la relique au sanctuaire.Lorette est un lieu de pèlerinage très fréquenté; on dit que c'est le Lourdes de l'Italie Au fait, nous voyons très souvent, rans toutes les villes, des annonces de pèlerinages pour Lorcto.Et on y amène des malades en très grand nombre, comme à Lourdes.Nous en avons vu beaucoup, et de grands malades; des infirmières en prennent soin dans un lieu organisé spécialement pour eux.Cette affluence de malades et de pêlerins était peut-être due en partie au fait que nous étions là à une fête de la Sainte Vierge et même à une fête apéciale pour le sanctuaire: la fête du transport de la Sainte Malson qui coïncide avec Ia fête de la Visitation, le 2 juillet.Il y avait en outre une ordination sacerdotale ce matin; quelques Pères Capucins y recevaient les saints ordres.Notons que ce sont les Capucins qui ont la garde du sanctuaire, De Lorette à Assise.Après avoir mis notre voyage sous la protection de la patronne des voyageurs et lui avoir recommandé nos intentions les plus chères, nous quittons ce lieu si attachant pour un autre lieu très intéressant lui aussi: Assise.Pour cela il nous faut traverser de nouveau les Apennins, du moins en partie, car Assise est au centre de la péninsule, à peu près à égale distance des deux mers.La route que nous suivons ressemble beaucoup à celle que nous avons faite la veille, nous ne sommes d'ailleurs qu'à 75 milles plus au nord.C'est toujours ce merveilleux paysage de montagne avec ses imprévus et ses accidents, ses beaux petits coins cachés, ses précipices, ses montées et ses descentes, ses courbes et ses lacets.Sur notre chemin se trouve la ville de Tolentino illustrée par un de ses enfants: S.Nicholas de Tolentino.Il y a aussi la ville de Foli- Eno, patrie d'une grande sainte, Sainte Angèle de Foligno dont nous allons voir le tombeau dans la cathédrale.Nous prenons le diner à Tolentino.On nous sert très bien encare, mais pour avoir de la crème glaose comme dessert, il nous faut aller au café voisin de l'auberge: en Italie et méme ailleurs aussi.on nous sert habituellement des fruits pour le dessert; quand on veut Avoir des gâteaux ou autres desserts À la made de chez-nous, il nous faut aller aux cafés où on ne sert pas de repas complets: autres pays, autres coutumes.Il fait bon au cours des trajets un peu longs s'arrêter au bord de la route pour prendre un peu de repos: c'est ce que nous faisons aujourd'hui près du fleuve \u201cChienti\u201d oh nous allons nous layer les pieds.C'est un fleuve plus petit que nos plus petites rivières, et nous sommes heureux d'y trouver de l\u2019eau car beaucoup de ces fleuves que nous voyons au passage sont passablement secs.Et c'est ainsi qu\u2019une après-midi de trajet magnifique nous amène à un sanctuaire unique: La ville d'Assise dont le nom s'identifie avec celui du poverello François.Rosaire Bélanger ,ptre.SUPPORTS SPENCER © Pour tous vos problèmes de e taille -\u2014 consultez Ordonnances Corsets Mme Ls-de-G.FORTIN médicales maternité, exécutées avec médicale Spécialiste en corsetterie supporte orthopédiques, attention brassières, Ste-ANNE-de-la-POCATIERE © Tél.: 60.5 - 3 © SPECIALITE Ceintures chirurgicales, bernière GAZETTE DES CAMPAGNES ; est publiée à h Ste-ANNE-de-le-POCATIERE par \" PORTIN & FILS { Abonnements I 1.$2.00 ' 6 mois $1.29 | le numére $0.03 \\ Directeurs La-de-G.Fortis.|! Nouvelles économiques L' Agriculture.Le bureau des statistiques du Dominion estime que durant l'année 1950, les fermiers ont réalisé comme revenu en argent, de la vente de leurs produits, un montant de $2,- 160, milions, ou 11.7% de moins que le niveau de 1949; soit le plus bas depuis 1947.La construction: McLean Building Reports, Ltée estime que la valeur des contrats de construction donnés en 1950 a atteint le montant record de $1,525.millions représentant une augmentation de 33.877 sur le total de 1949, $1,140.millions.Industrie de la péche: Les captures de poisson de mer au Canada, exclusion faite de Terre-Neuve, représentent 1,331.millions de livres en 1950, une augmentation de 12.7\u2018 sur le total de 19- 49; tandis que la valeur totale était de 67 millions de dollars, soit une augmentation de 26.2+, Emploi de la main-d'oeuvre.L'emploi de la main-d'oeuvre industrielle au Canada, le ler décembre 1950 a montré sa neuvième augmentation de 0.79 au-dessus du niveau du mois précédent et de 5.- 3% sur décembre 1949.Salaires: La moyenne des salaires par semaine des salariés employés à l'heure, dans les principales industries manufacturières du Canada, en date du ler novembre était de $45.67, ce qui représente un nouveau record, à comparer avec 342.59 du mois de novembre 1949.Avis d\u2019emprunt La Municipalité Scolaire no 2, de Ste-Anne-de-la-Pocatiè- re, donne avis qu'elle empruntera sur billet, à 3 et demi pour cent, afin de pourvoir aux besoins de la construction d\u2019une nouvelle école des garçons dans les limites du village, Dans le cours de l'automne, ces billets seront échangés pour des obligations.Pour tout renseignement: Adrossez-vous a Municipalité Scolaire no 2, a\u2019s Ludger Raymond, sec.Ste-Anne-de-la-Pocatière.SE Page 6 ° GAZETTE des CAMPAGNES Sainte-Anne, (Karmouraske).Jeudi 23 mars 196L Nouvelles de \u2018\u2019chez nous.\u2019 » .Réunion de la Soerr * .ciété Historique La Société Historique se réunit le 14 mars, au Collège, sous la présidence de M.le Notaire L.-A.Dupuis.Après lecture du procès- verbal de ia séance précédente, les membres furent invités à apposer leur signature après celle du président; ainsi firent: Mgr Lebon, M.l'abbé Marius Paré, M.le Curé A.Fortier, de St-Pacôme, Ml'abbé Léon Bélanger, secrétaire, M.l'abbé Fernand Bernier, Ml'abbé Robert Hudon, M.l'abbé R.Tanguay, conservateur du Musée, tous du Collège: MM.L.-A.Gagnon, P.Lajoie, et Dr Albert Royer, de St-Pacôme; M, Aubert Hamel, agronome, M.L.Danjou, professeur au Collège; le Dr Albert Alarie, M.le Commandant Lucien Beaugé, et M.L.-de-G.Fortin, publiciste, tous trois des Ecoles Supérieures d'Agriculture et des Pêcheries.Puis M.le Notaire Dupuis, répondant à une question antérieurement posée, dit qu'au Canada on tient les registres paroissiaux en double depuis l'année 1678, et cela pour obéir à un édit royal promulgué cette année-là.C'est une des raisons pour lesquelles nos archives sont si complètes, malgré des accidents possibles aux archives locales; le double est là, aux archives ou dans les bureaux de districts, pour refaire le chaï- non qui peut venir à manquer.Malheureusement ,avant cette date, certains faits historiques sont fort difficiles à vérifier; on y arrive par des recoupements, lorsqu'on a la chance de toinber dessus, C\u2019est ainsi qu'on est encore perdu sur le sort du seigneur de la Combe Pocatière, dont on sait qu'il est mort à Ste-Anne, en 16- 72, mait dont on ignore le lieu de sépulture, faute d'acte, ou faute de l'avoir pu retracer.Puis, M.le Notaire Dupuis rappela le temps où au Collège les élèves regardaient du côté du fleuve, certains matins, et di- sajent: \u201cLa marée parait bonne; nous allons avoir un bon diner, ce midi\u201d, Et cela, pour soulignér que le fleuve a tenu dans le passé une place importante dans la vie de nos familles ou des communautés riveraines.Il convient donc que les secrets de ce voisin plus ou moins connu nous soient révélés par un spécialiste; et c'est M.le commandant Beaugé qui a bien voulu se charger de nous faire pénétrer au coeur de cette vie de la mer et de ses fruits.M, le commandant Lucien Beaug6 commence par donner une explication d'un phénoméne assez curieux: les marées, qui ont 20 pieds de hauteur & Québec, ne sont que de 3 pieds aux Iles de la Madeleine.Il base sa démonstration sur la propagation des mouvements de bascule, dans un bassin de longueur et de profondeur déterminées.Puis, ad point où il nous situe, il fait rayonner les marées en tenant compte des influences diverses rencontrées par celles-ci dans le direction qu'elles prennent.Après quoi, il explique les courants, les entrées et les sorties d'eau du Golfe, l'influence des glaces aur leur température, et l'influence de la température de ces eaux sur celle de l'atmosphé- re; il mesure la vitesse des eaux su montant et au balssant, pour conclure que les masses d'eau s'en vont vers l'est, d'environ 17 milles par marée.Puis, mesurant le volume d'eau que renferme le Golfe St-Laurent (un chiffre imposant de milles cubes), il en arrive à la conclusion que pour réchauffer cette masse impossible À imaginer, d'un seul degré Centigrade (environ 113 Farenheit), toutes les forêts du Canada n\u2019y suffiraient pas!.Il décrit alors le comportement des courants froids du nord qui, lorsqu'ils rencontrent un seuil dans le fleuve, font demi tour et viennent frapper certains points de la rive-sud où la température s'abaisse d\u2019une manière sensible, de pas loin de 10 degrés F; pendant ce temps, au centre du Golfe, ou rencontre des points où la température atteint même 68 oF.alors que dans le flauve, nous devons nous baigner dans une eau d'une vingtaine de degrés plus froide! Il en arrive donc à démontrer que si le Détroit de Belle-Isle entretient une chaleur relative à l'automne par ses masses d'eau réchauffée au cours de l'été, il n'en est plus de même au printemps, alors qu'il devient un réfrigérateur énorme diffusant des \u201cfrigories\u201d, pendant que le soleil diffuse ses \u201ccalories\u201d! Un mètre cube (une verge cube) d'eau qui se réchauffe d'un degré, au printemps, refroidit d'un degré 3 118 mètres cubes d'air.On peut juger alors de ce que peut fournir, chaque printemps, ce bon soleil qui réchauffe à la fois la terre et la mer! Finalement, le conférencier établit que nous avons ici un climat maritime, puisque le St-Lqu- rent est un grand régulateur de température, comme toutes les masses d'eau considérables, les Grands Lacs canadiens, par exemple.Bref, ces notes ne font guère plus que souligner les grandes li- Enes de la démonstration faite, cartes à l'appui, de l'influence que le St-Laurent, golfe et fleuve, à sur notre existence et sur tout ce qui nous entoure.Et comme le commandant n'a pas l'habitude d'allonger indéfiniment ses démonstrations qu'il concentre souvent en une formule mathématique, rien n'est moins facile que le résumer.M.L.-de-G.Fortin (qui avait eu l'imprudence de griffonner quelques notes au Cours de la très belle causerle du commandant Beaugé) fut appelé par M.le Président à remercier le docte conférencier.M.Fortin crut bon de faire en sorte que le Commandant Beaugé eût à répondre À une foule d'autres questions concernant les êtres vivants de ce même Bt- Laurent doht il venait de donner les régles de vie; et Yon parla crevettes, poissons, engrais marins, dépôts sous-marins utilisables pour fertiliser les sois, etc.etc, jusqu'à une heure avancée de la soirée.J LG.Fee pe APOSTOLAT DISCRET Chaque matin, su retour de son travail de nuit, un employé d'une manufacture amène avec lui 3 ou 4 de ses compagnons à la messe.Dix justes auraient suffi, d\u2019après la Bible, à sauver Sodome et Gomorrhe.C'est probablement parce qu'il y a plus de dix de ces apôtres discrets, comme celui dont nous parlons, que nos\u2019 villes modernes ne sont pas incendiées, L.-8.C.Concours d\u2019éloquence au Jeune Commerce Mardi, Je 13 mars, la Chambre de Commerce tenait un premier tournoi éliminatoire d'éloquence en vue du concours national qui sera tenu au début de l'été.Tout l'hiver un comité, présidé par M.Gilbert Dubé, a tenu des séances hebdomadaires, où des membres se sont entraînés à exprimer leurs idées en public sur- une abondance de sujets; l'alcoo- liame, les permis de vente de boisson, les techniques des principaux métiers, etc, etc.Cela, non pas tant pour pouvoir prendre part au concours d\u2019éloquence que tiendra la Chambre de Commerce des Jeunes du Canada, que pour rendre nos hommes publics de demain capables de s'exprimer avec facilité, clarté et élégance.Le concours était sous la présidence de M.Bertrand Forest; mais celui-ci, une fois la séance ouverte, s\u2019est effacé et à remis la gouverne de la soirée entre les mains de M.Léonard Laplante, maître de cérémonies, qui a donné les instructions aux jury invités, Celui-ci était formé de: M.le curé Aurèle Hudon, de S.Honneur le maire C.-E.Bouchard; de M.Albert Sirois, sénateur de la C.de C.; de M.le Notaire Louis- A.Dupuis, et du Dr Nelson Asælin.{ fe sujet imposé pour la circonstance était le suivant: \u201cUn bon gouvernement municipal est la pierre angulaire d'une saine démocratie\u201d.Chacun pouvait le traiter à sa façon, mais devait débiter son discours, sans autre moyen que des notes écrites sur des cartes qu'il pouvait gissimu- ler dans sa main.Prirent part au concours et parurent dans l'ordre indiqué: MM.Bertrand Forest, Joseph Fortin, Gilbert Dubs, Maurice Fortin et Raymond 8t-Cyr.D'après les membres du jury.\u201cI n'y à eu qu'un vainqueur, mais pas de vaincus\u201d.C'est un peu l'impression qu'a eu le public, car chaque orateur a développé sa thèse, qui en s'appuyant sur l\u2019histoire politique des démocraties, qui sur des arguments philosophiques, qui par des considérations tirées de la vie paroissiale, canadienne; bref, les auditeurs furent intéressés du début À la fin, car plusieurs membres se firent une concurrence plutôt serrée.Quelques-uns firent de bons travaux: ce qui n'empêcha le public d'y prendre intérêt.Il faut fSL- citer, je crois ceux qui ont conseillé aux plus timides d'agir ainsi, car en aucun temps le public n'a eu l'impression que le candidat pouvait souffrir de gêne, d'inexpérience; et lYmpression générale fut excellente, et tout à l'honneur du comité qu'a dirigé avec zéle et compétence M.Gilbert Dubé, l'un des concurrents.Le gagnant fut M.Bertrand Forest, et toute l'assistance approuva longuement la décision du jury, rendue par M.l'abbé Aurèle Hudon, curé de Ste-Anne.Une assistance nombreuse vint entendre les concurrents, car c\u2019était en même temps la veillée que la Chambre de Commerce tenait en faveur des oeuvres paroissiales.Des prix de présence furent décernés, et un panier de provisions trouva également acquéreur.Nous ne saurions trop féliciter la Chambre de Commerce pour l'initiative qu\u2019elle a prise en créant son comité d'Eloquence, au début de le saison.Il est intéressant certes que nous envoyions au concours régional un homme aussi qualifié que M.Forest, ou son plus proche concurrent, M.Gilbert Dubé; mais encore plus intéressant est le bien accompli par le comité, car ce soir-là, trois orateurs prenaient pour la première fois la parole devant un grand public.cassant la terrible glace et donnant l'exemple d'un effort méritoire aussi bien dans la composition que dans l'exposition de leur argumentation.Ca augure bien pour les années à venir, & lors que d'autres jeunes viendront s'ajouter à ceux qui ont déjà affronté les feux de la rampe, et la critique d'un public averti.Si l'on songe que cette séance était tenue au lendemain de la discussion rapportée dans une autre colonne, il faut féliciter la C.de C.des Jeunes de son excellent travail éducatif.L.G.F.Marguerite Bourgeoys pe Radio-Canada a fait la joie d'un grand nombre d'auditeurs en diffusant, de Saint-Pierre de Rome, les cérémonies de la béatification de Mère Marguerite Bourgeoys.Les religieuses de la Congrégation de Notre-Dame, qui poursuivent l'oeuvre d'apostolat commencée à Ville-Marie en : 683, ont eu récemment l'agréablé\u2018surprise de recevoir du directeur général de Radio-Canada, M, Augustin Frigon, un monies.album de disques qui ont été gravés pendant la diffusion des céré- On voit ici, de gauche A droite, Mére Sainte-Madeleine- du-Sacré-Coeur, maîtresse générale des études, Révérende Mère Saint-Ignace, supérieure générale de la Congrégation de Notre-Dame et M, Frigon.La présentation a été faite à la maison mère de la communauté, rue Sherbrooke, à Montréal.Réunion du Cercle de Fermières Le 16 mars, une centaine de membres du Cercle de Fermières se réunissaient à la grande salle de l'Ecole Supérieure d'Agriculture, pour la séance du mois.Cette assemblée colncidait avec la clôture des cours de couture donnés par Mesdemoiselles Rita Chabot et Madeleine Riverin, techniciennes de l'Ecole des Arts Domeatiques, au ministère de l\u2019Agriculture provincial.Ces cours ont débuté le 6 mars avec un groupe d'élèves très intéressées, \u2014 quoique peu nombreuses, dit-on \u2014 à profiter de la compétence de ces professeurs en couture.\u201cNous serions prêtes à recommencer\u201d, dissient les \u20ac lèves, après ia dernière leçon.Comme preuve du succès des cours, il y eut une parade des articles confectionnés pendant ces dix jours où les ciseaux et l'aiguille eurent libre cours.Après la parade qui fut un beau succès, Mlle Thérèse Dionne, secrétaire à la Ferme Expérimentale de Ste-Anne, présents un magnifique travail sur \u201cLes tendances de la mode\u201d, travail que nous retrouvons dans une autre colonne de ce journal.Le Comité récréatif a su plaire À toutes par sa présentation de \u2018M.Printemps\u201d.La salle avait un air printanier, dans son magnifique décor de fleurs confectionnées par une fermidre, Mme Joseph Bélanger, ches qui on peut toujours trouver un assortiment des plus variés de fleurs artificielles.Félicitations aux élèves qui ont su donner une appréciation franche et spontanée toutes à le louange des cours, qui se termi- nalent, et à Miles Chabot et Riverin qui ont su si bien démontrer la valeur de la couture chezy soi! M.l'abbé Aurèle Hudon, curé de Ste-Anne, et M.l'abbé Joseph Diament, directeur de l'Ecole Supérieure d'Agriculture, assistd- rent à la séance et surent, comme toujours, prodiguer leurs bons conseils et encouragements.Travaillons toujours à rendre nos assemblées instructives et vivantes.Que chaque fermière y apporte son concours en faisant part de ses idées, de ses suggestions.Au revoir, en avril! Une fermière.Mesdames! Votre manteau de fourrure demande-t-il des réparations?Ou encore, voulez-vous en renouveler la mode?Mile MARIE BELZILE, ches M, L.de-G.Fortin, Ste-Anne-de-laPocatière.Tél: 60-8.3 ° Fr 4 "]
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