Gazette des campagnes : journal du cultivateur et du colon, 23 juin 1892, jeudi 23 juin 1892
[" Ste-Anne de la Pocatière, P.Q., 28 juin, 1892 TE M JOURNAL DU 9500 ET DU COLON.AG Ca 4 CULTIVATEUR Lads Si la guerre est 1a deruière raison des peuples, l\u2019sgriculture doit cn être la première.Emparons nous du gol, si nous voulous conserver notre nationalité \u2018 > 7 Po POSTER ORD Unan,$1 Rédacteur : FIRMIN H.PROULK\u2014Gérant : HECTOR À PROULX Us an, 81 SOMMAIRE : Revue de la semaine : Fêtes religieuses au Nord-Ouest \u2014 Collegiana.\u2014La campagne présidentielle aux Etats-Unis Funérailles de M.l'abbé E.Demers, \u2014 Une cérémonie funèbre.\u2014Appureuce des récoltes à Ontario.La pro vince de Québre à l'exposition de Uliica:xo, \u2014 Ecole d'a- grisulture de Manitoba.Causeric agricole : Amépagement dus prairics.Sujets divers : Les syndicats agricoles, (Suite ct fin).\u2014 La culture des champs «t les industries agr coles, \u2014 L'œstre des moutons.\u2014 Manière d'obtenir et de recueillir la crème.Choses et autres : Un excellent compost.\u2014 Précautions à prendre à l'égard de la crème pour obtenir du bon beurre, \u2014 Effet étonnant du sel sur le sol, Recettes : Moyen de préserver les arbres fruitiers d'un entier dépérissement.\u2014 Conservation des viandes par la suie, \u201c REVUE DE LA SEMAINE Fétes religieuses au Nord-Ouest.\u2014 Les démonstrations religieuses des Sauvages du Nord-Ouest et de la Colombie Anglaise, aux fêtes cucharistiques tenues à la Mission Sainte-Marie, ont eu un véritable succès.Ces fêtes ont attiré à cette mission plusieurs milliers de sauvages catholiques et même des infidèles.On a représenté, avec beaucoup de suecès, en tableaux vivants, les principales scènes de la passion te Jésus-Uhrist.Les Sauvages étaient eux-mêmes les acteurs : Les agents du gouvernement du Canada, et ceux le celui des Etats-Unis, qui ont eu connaissance de ces fêtes, font rapport qu\u2019elles sont très propres à favoriser le développement de la civilisation chrétienne parmi les infidèles, Collegiuna \u2014Aujourd\u2019hni notre collège est désert.Ln gent écolière a pris hier Ie chemin du foyer pour aller goûter pendant quelques mois le doux repos des vacances.Quels beaux jours pour nos jeunes lutteurs ! Nous avons assisté mardi soir au couronnement de leurs travaux, nous les avons vus ivres de joie, venir au milieu des applaudissements et sous les regards de leurs méres, recevoir de leur digne supérieur la récompense publique des travaux d\u2019une nunée bien remplie.Nous donnerons la semaine prochaine la liste de ceux qui ont obtenu les palmes de lu victoire.À la suite de la distribution des prix, suivant l\u2019asage antique et solennel, a eu lieu le discours pcs 138 \u2014 GAZETTE DES CAMPAGNES d'adieu des finissants.Le jeune orateur de circonstance, M.Nap.Talbot, avait cette année un discours rempli de pensées profondes et de nobles élans du cœur.Rendus à cet endroit où la vio se partage, le départ est toujours touchant, alors qu\u2019il faut dire adieu à tous et aller chacun où Dieu l'appelle.Sur huit finissants, cinq embrasseront l\u2019état ecclésiastique, et parmi les trois autres nous comptons un avocat, un notaire et un médecin.Examens du baccalauréat : Tous sont sortis victorieux des épreuves du baccalauréat cette année ; voici les noms de ceux qui se sont le plus distingués : En Physique on compte un lauréat ou 45 M.Emile Langlais, et deux bacheliers ou 2;3, MM.Cléophas Giroux et Elzéar Chesnel \u2014 En Rhétorique, un lauréat, M.Jules Gervais; quatre bacheliers, MM.Georges Michaud, Wenceslas Levesque, Joseph Gignac et Ludger Hudon.La campagne présidentielle aus Etats-Unis.\u2014 La convention républicaine qui a siégé la semaine dernière à Minnéapolis pour faire le choix d\u2019un candidat à la présidence des Etats-Unis, a terminé ses travaux vendredi.Cinq candidats étaient sur les rangs : Harrison, le président actuel ; Blaine, l'ex-secrétaire d\u2019Etat ; McKinley, célèbre par les lois douanières qui portent son nom ; Lincoln et Reid.Contrairement à l'opinion générale, Harrison a été choisi par 535 voix.Le nombre nécessaire pour être choisi comme candidat à la présidence était de 458 voix sur 904 délégués Les partisans de M.Blaine ont fait des efforts inouïs pour faire élire leur candidat et vendredi encore, on était tout porté à croire que l'ex-secrétaire d'Etat avait de fortes chances de succès de l'emporter comme porte-drapeau du parti républicain aux prochaines élections présidentielles en novembre prochain, M.Blaine et M.McKinley ont été battus.Le résultat va probablement susciter des troubles au sein du parti républicain ; les amis de M.Blaine se retireront probablement sous la tente lors de l'élection présidentielle, et il arrivera ceci, c'est que le parti démocratique a chance de faire passer son candidat entre les deux factions Dans ce cas-là, nous ne serions pas surpris de voir l\u2019ex-président Grover Cleveland, reprendre possession de la Maison Blanche.Cleveland est le plus puissant candidat que le parti démocrate aux Etatsnis puisse présenter.Cleveland est adoré de ses amis et respecté et estimé des républicains.Quant à M.Benjamin Harrison, st uous ea croyons les journaux uniéricains, il ne jouis pas d'une grande popularité, ct d'un autre côté, M.James Blaine n'est pas ce qu'on peut appeler un homme populaire ; mais sa haute intelligence, son habilité politique et ses grandes connaissances lui ont valu de tout temps l'admiration de tous, démocrates comme républicains.A l\u2019étranger, on oublie parfois le nom du président des Etats-Unis; mais celui de Blaine seul pour ainsi dire y est connu, est resté, personnifiant la république américaine ; tout comme autrefois, le vieil emperateur Guillaume I restait dans l'ombre ot, quand on pensait à l'Allemagne, on n'y voyait que Bismark.L'insuccès de M.Blaine nous & un peu surpris ; car il est d'une longue ficelle supérieure à Benjamin Harrison ; mais il est vrai de dire que, dans ce bas monde, il y a à peine une supériorité par cent mille âmes qui arrivent au poste qui lui convient.OE Funérailles de M.| abbé E.Demers.\u2014 Les funérailles de M.l'abbé Ed.Demers ont eu lieu la semaine dernière à St-Philippe de Néri, au milieu d\u2019un grand concours de membres du clergé et de fidèles L'église de St-Philippe, décorée de draperies funèbres, était encombrée par une foule recueillie, qui venait rendre les derniers devoirs à son pasteur.Un grand nombre d'étrangers assistaient à la cérémonie funèbre.C\u2019est Mgr Têtu qui a chanté le service et fait l\u2019absoute, assisté de MM.les abbés L.Dumais et Lavoie comme diacre et sous-diacre.Mgr Tétu a aussi prononcé une oraison funèbre dans laquelle il & fait ressortir en termes très heureux les traits catéristiques de la carrière du regretté défunt.Une cérémonie funèbre.\u2014 Un service solennel & été chanté la semaine dernière à la basilique de Québec pour le repos de 'ime de M.Charles Paquet, ancien zouave pontifical, décédé à Rome dans le courant do ce mois.Un grand nombre de zouaves e, d'amis du regretté défunt assistaient à cette imposante cérémonie.La messe a été célébrée par le Rév.M.Bélanger curé de St-Roch de Québec ; MM.les abbés Mathieu et Paquet, du Séminaire de Québec, remplissaient les fonctions de diacre et de sous-diacre, Le programme musical a été exécuté par les élèves de l\u2019Ecole Normale et du Séminaire.Deux morceaux de circonstance ont été très bien rendus à l'offer- GAZETTE DES CAMPAGNES 189 e= toire par les élèves de l'Ecole Normale.C\u2019est M- Gustave Gagnon qui touchait l'orgue.Plusieurs membres du clergé assistaient au chœur entre autres Mgr Paquet, recteur de l\u2019Université Laval, Mgr Têtu et Mgr Gagnon, du palais du cardinal, MM.les abbés Faguy, curé de Québec, Rouleau, principal de I\u2019Ecole Normale, Vaillancourt, etc.Apparence des récoltes à Ontario.\u2014 Le département de l'Agriculture de la Province d'Ontario publie un bulletin sur l'apparence de la récolte dans les diverses parties de notre province-sœur, Ce rapport est très satisfsisant.Tout réussit admirablement bien et il n'y & d'exception que pour le grain semé semé tard dans les terrains bas et humides.La province de Québec à l'exposition de Chicago.\u2014Le gouvernement provincial a décidé de faire représenter la province à l\u2019exposition universelle de Chicago.Sur une motion de M.Beaubien, M.Me- Intoch, député de Compton, a été nommé com mis- saire.Un cyclone.\u2014 Il est passé sur notre province mardi de la semaine dernière, un de ces météores comme on en a vu bien peu d'exemple.Un nombre considérable de localités ont été dévastées d\u2019une manière désastreuse.Les pertes sont énormes et un grand nombre de cultivateurs se trouvent en partie ruinés.Ecola d'agriculture de Manituba.\u2014Le gouvernement de Manitoba a décidé d'établir une école d'agriculture, et il soumettra cette question à l'attention des membres de l\u2019assemblée législative de cette province afin d'obtenir l'argent nécessaire à l\u2019achat d'un terrain nécessaire à cette institution agricole.\u2014 CAUSERIE AGRICOLE Aménagement des prairies Un ne peut contester que la prospérité du bétail tient essentiellement à le qualité du fourrage dont on le nourrit habituellement, comme à l'espèce de celui qui convient le plus à lu constitution particu- litre des animaux de lu ferme.Le cultivateur doit donc, au moyen d'observations constantes, s'appliquer à rechereher quelles sont les plantes que chaque espèce d'unimaux de lu ferme affectionnent davantage, lorsque les animaux sont à l'étable ou au pâturage ; cat les prairies, il y à des espèces de plantes que les bé- tes à cornes rejettent, tandis que les moutons ou les chevaux les recherchent, surtout dans leur première végétation.D'un autre côté il s'y trouve des plantes nuisibles même à la santé des animaux et que la faim les force parfois de manger au râtelier à défaut d'autre fourrage.Quand le cultivateur saura distinguer, par expérience, les plantes sslu- taires et avantageuses d'avec celles qui sont inutiles, même nuisibles aux animaux, il lui sera possible de multiplier les unes et de détruire les autres.Pour obtenir cette connaissance, il suffirait d'observer quolles sont les plantes que les bestiaux, en liberté, laissent -dans les pâturages On pourrait ensuite les arracher, puis remplir les vides avec de bonnes graines de plantes que les bestiaux affece tionnent davantage.Ce moyen est employé avec succès dans plusieurs parties de l'Europe, où l\u2019industrie laitière\u2019 est en grande renommée, parce qu'on attache une grande importance à la qualité des herbes des prairies et des pâturages.À l'égard des prairies qui sont fauchées habituellement, l\u2019extirpation des mauvaises herbes, les engrais et la coupe précoce des fourrages, sont les meilleurs moyens d'amélioration.L'extirpation des mauvaisses plantes dans une prairie suffit pour l'amélioration de la qualité des fourrages ; mais au lieu d'en augmenter la quantité, elle la diminue par les vides que cette extirpation opère.Il faut donc regarnir ces vides, et l\u2019on y parvient aisément en y répandant au printemps de bonnes graines de foin dont la qualité et la maturité soient toujours certaines.On peut pour cela s\u2019adresser à des grainetiers recommandables, ou cultiver soi- même les plantes fourragères reconnues meilleures, pour en obtenir la graine.Lorsqu'une prairie présente quelques parties marécageuses ou trop fraîches, il importe de les dessécher complètement ; car en leur tant cette humidité surabondante, on fait périr les plantes aquatiques qui sont insipides et même nuisibles aux animaux.De nouvelles graines réparties sur les parties ainsi améliorées, dont la végétation pourrait être aidée par de nouveaux engrais, remplacerait avec avantage les plantes aquatiques.Une prairie ainsi améliorée ne saurait être pâturée par les ani- manx la première année, afin de donner aux plantes fourragères nouvelles le temps d\u2019implanter leurs racines fortement dans le sol ; autrement le piétinement des animaux leur serait nuisible, surtout en chacun sait que dans [lowes de pluie. mr pr ES \u201c140 GAZETTE DES CAMPAGNES \u2014 Après avoir amélioré la qualité des herbes de ces prairies, on doit chercher à en augmenter la qualité par des engrais, ou an moins entretenir par ce moyen leur fertilité naturelle.Quoique de toutes les cultures, les herbes sont celles qui occasionnent au sol la moindre déperslition de fertilité, cependant si petite qu'elle soit chaque année, elle n\u2019en est que moins réelle.On ne doit done pas laisser aux prairies le soin de s\u2019entretenir elles-mêmes, c'est-à-dire de les abandonner à la nature, afin d'utiliser les engrais À d\u2019autres cultures.On ne doit pas ignorer, non plus, que les produits des prairies diminuent progressivement lorsque leur fertilité n\u2019est pas entretenue par des engrais périodiques, II faut donc leur en procurer de temps à autre; cette dépense sera d'autant moins considérable, que la déperdition des principes végétaux est moindre chaque année, Les effets des engrais sur les prairies sont toujours prompts et très productifs ; c'est pourquoi on ne saurait hésiter de faire cette dépense.A l'égard des prairies, tous les engrais sont bons.mais les meilleurs sont ceux que l'on peut se procu: rer à meilleur marché et le plus facilement : tels sont les fumiers bien décomposés, le plâtre, ls chaux» les cendres de lessive, la tourbe séchée ayant servi de litière aux animaux, les vases de mer, les curures des fossés, etc ; seulement, avant de les employer, il faut consulter le terrain, parce que les engrais ne sont pas aussi bons les uns que les autres sur les différentes natures du sol.L'expérience pratique: comme l'exemple de cultivateurs qui s\u2019y entendent dans ces sortes d'opérations, peuvent servir de guide.Si l\u2019usage de ces engrais était trop dispendieux> il vaudrait mieux défricher les prairies qui paraissent épuisées, que de les conserver au pâturage pour cela, on pourrait cultiver alternativement les végétaux, puis les céréales, et ensuite de nouvelles prairies.Loa Syndioats agricoles (Suite et fin) VI.\u2014Patrimoine et personnalité du Syndicat.\u2014 Article 33.\u2014Les fonds recueillis à raison des institutions économiques ou de prévoyance qui pourront étre fondées en faveur de certaines catégories de membres du Syndicat formeront autant de caisses spéciales.Ils resteront la propriété commune des membres participants et ne font pas partie du patrimoine syndical.Article 36.\u2014Le président du Bureau agit au nom du Syndicat et le représente dans tous les actes de la vie civile.Il exerce toutes les actions judiciaires, tout en de- mardant qu\u2019en défendant, et tous droits immobiliers, tant activement que passivement, en vertu d\u2019une délibération du Bureau et après autorisation de la Chambre syndicale.Il règle librement toutes les dépenses courantes dans les limites tracées par le budget.S'il y a lieu d\u2019exercer des poursuites contre les fournisseurs du Syndicat, la Chambre syndicale exercera ces poursuites au nom de l'acheteur intéressé, mais aux frais et diligences du Syndicat, L'acheteur sera personnellement responsable de toute réclamation justifiée.Toutes les contestations seront portées devant le tribunal du lieu où se fait la livraison.VIL\u2014 Dispositions générales, \u2014 Article 37.\u2014Les présents statuts sont susceptibles de révision et de ; modifications pourront être faites sur la proposition du Bureau, par la Chambre syndicale, à la majorité des deux tiers des membres présents.Toutefois, près deux convocations successives, la Chambre pourra délibérer valablement, quel que soit le nombre des membres présents.Sa résolution à cet égard sera soumise à la ratification de l'essemblée générale lors de sa première session | Article 88,\u2014La dissolution pourra être prononcée dans la même forme.Dans ce cas, l'assemblée générale serait convoquée de suite.Il est formellement entendu que le patrimoine social serait alors liquidé et partagé entre les membres du Syndicat, au pro rata de Ia part contribu- Article 34\u2014Le patrimoine du Syndicat est formé, tive de chacun, à moins que l\u2019assemblée générale ne au moyen : lo.des cotisations régulières de ses, décide que le montant en sera remis À une ou plu- membres ; 20.des dons et libéralités qui peuvent sieurs institutions agricoles, horticoles ou venicoles lui être faites ; 30.des subventions qui peuvent lui qu\u2019elle désignera.être accordées, i Article 39.\u2014Le président est autorisé par les Tl est administré par le Bureau sous le contrôle présents statuts à demander, sur l'avis conforme de la Chambre syndicale.du Bureau, l\u2019affiliation du Syndicat agricole d\u2019An- GAZETTE DES CAMPAGNES 141 \u2014 jou à l'Union des Syndicats des agriculteurs de France.Article 40 \u2014Les présents statuts seront imprimés et un exemplaire en sera remis à chaque sociétaire avec l'indication de son nom et de la date de son admission.Article 41.\u2014Le président est chargé de faire le dépôt légal des statuts ainsi que des noms des membres du Bureau et de la Chambre syndicale, conformément à l'article 4 de la loi du 21 mars 1884.La culture des champs et les industries agricoles.Les industries dont les matières premières proviennent des champs sont très avantageuses aux cultivateurs, mais à ls condition qu\u2019elles n\u2019enlèvent pas au sol ce qu'on ne pourrait lui rendre par la suite ; car ce serait épuiser le sol sans pouvoir lui rendre la fertilité nécessaire à la production d\u2019autres récoltes.C\u2019est cependant ce qui ne manque pas d\u2019arriver lorsque certains produits sont vendus en dehors de la ferme, et qu\u2019ils constituent la principale culture de la ferme, celle à laquelle on consacre le plus de terrain.Ou en d\u2019autres termes, plus les produits s\u2019en vont de la ferme sous forme de piastres, plus la ferme s'appauvrit ; plus les produits sont consommés à le ferme même, plus elle s\u2019enrichit.On ne manque pas de proclamer bien haut que les industries font la richesse du cultivateur : qu\u2019elles lui rendent de très grands services en employant ses betteraves pour en faire du sucre ; ses pommes de terre pour la fécule ; son lin, pour la toile ; son orge, pour la brasserie.Cela peut être vrai, jusqu'à un certain point.Mais si l\u2019on abuse de ces différentes récoltes en épuisant le sol outre mesure, on y trouvera la ruine plutôt que la richesse, Lorsque les cultivateurs de plantes industrielles, comme le tabac, le lin, l'orge, les pommes de terre, la betterave À sucre, ete, ont affaire à des terrains très riches et qu\u2019ils n\u2019abusent pas de ces différentes cultures, l\u2019industrie rend en effet des services ; mais si elle améliore par moments la position de centaines de cultivateurs, elle en ruine parfois des milliers.Si l'on demande de loin en loin, à un sol extrêmement fertile, une récolte que l'on vendra toute entière, sans en réserver les débris, on ne saurait par cela compromettre les récoltes futures; on pourrait par ce moyen se procurer de l\u2019argent né- Çessaire À certaines améliorations sur la ferme, * Mais si l'on consacrait une grande étendue de terrain pour répondre à la demande des industriels, et qu'on leur abandonnât racines, tiges, feuilles et graines sans jamais se réserver les résidus, ce serait ruineux pour le cultivateur.Ainsi, dans le cas de la betterave à sucre, pour que le chose ne soit pas pour le cultivateur une source d'épuisement de aa terre, il lui faudrait obtenir les résidus qui pourraient servir à la nourriture du bétail ; il en est de méme pour le foin, qui ne saurait être vendu en dehors de la ferme qu\u2019avec la plus grande réserve.Vendre le blé, les pailles, les graines oléagineuses sans retenir les tourteaux, les botteraves sans retenir la pulpe ; l\u2019orge pour les brasseries et le seigle pour les distilleries sans retenir la drèche, c\u2019est se livrer À une culture désastreuse.Sortir les résidus de la ferme et ne pas les y faire rentrer, c\u2019est courir au-devant de la gène, car avec quoi le cultivateur nourrira-t-il son bétail: avec quoi fabrique- ra-t-il du fumier.Le cultivateur qui s'y entend en fait de culture ne vendra pas ses fourrages ; il ne vendra pas davantage les pailles.S'il conduit des betteraves à la sucrerie, il en rapportera les résidus.Pulpe, tourteaux et drèche lui serviront à nourrir du bétail et À produire du fumier qui vaudra d'autant mieux qu\u2019il rendra à la terre les éléments qui en proviennent.Celui qui garde sur sa ferme que peu d'animaux, dans l\u2019unique but de faire le commerce du foin au dehors, parce qu\u2019il en obtient un bon prix, fait un mauvais calcul, car en agissant ainsi, il ne pourrait plus rapidement et plus sûrement épuiser se terre ; il pourra facilement s\u2019en convaincre par le fait qu\u2019une tonne de foin contient de six à neuf piastres de matières fertilisantes, et c'est autant que le cultivateur enlève à sa terre lorsque ce foin n\u2019est pas consommé par ses propres animaux.\u2014\u2014\u2014\u2014 Manidre d\u2019obtonir et de recueillir 1a crème Du moment que le lait est placé dans les terrines et que ces vases ont été rangés les uns à côté des autres sur ln table de la laiteric, les parties butyreuses, comme les plus légères, commencent à se séparer et À s'élèver à la surface.L'action continue à mesure que le lait s'aigrit, jusqu\u2019au moment où le caséum, venant à se coaguler, forme le caillé, qui ne permet plus aux globules gras de s'élever.Alors ia séparation de la crème cesse nécessairement, Le temps que demande la séparation complète 142 GAZETTE DES CAMPAGNES des deux substances est fort variable.II peut durer de 24 à 72 heures, selon la température.La crème monte d'autant plus vite que la chaleur est plus élevée.La plus favorable est celle de 12 dégrés centigrades ; au-dessus, l'opération est trop rapide, ct le lait s'aigrit ; au-dessous, elle est trop lente et amène le même résultat.II faut donc rafraîchir en été sa laiterie pour en abaisser le température à ce niveau, en hiver la chauffer un peu en y faisant passer le tuyau du fourneau de la laverie.La crème qui monte la première est la meilleure, et elle est d\u2019autant plus fine que Je lait est tiré depuis moins de temps.Celle qu\u2019on doit servir sur la table, sans la faire passer à l\u2019état de beurre, doit être levée au bout de sept à huit heures.Cela n\u2019om- piche pas la montée de continuer sur la terrine dont la première crème a été ninsi prélevée.Mais on peut, si l\u2019on veut, n\u2019employer À cet usage qu\u2019une quantité de lait, et alors, pour Jui faire rendre en peu de temps toute la erème qu\u2019il contient, on le met dans l'eau chaude au Lain-maric.Pour que la crème, en la faisant chauffer, ne tourne pas, il suffit d'y ajouter par pinte environ vingt-cinq gouttes d'ammoniaque, ou \u2018leux gros de carbonate de soude.Quand Ja laiterie jouit d\u2019une température de 12 dégrés, toute la crème est ordinairement montée au bout de 24 heures.On le reconnaît en passant la surface de la crème avec le doigt.Si on le retire sans empreinte, on pense que toute la crème est montée Dans le Holstein, on plonge le doigt dans la crème : si le lait ne revient pas à la superficie, c\u2019est le moment opportun pour écrémer.La séparation est aussi complète que possible lorsque le liquide qui so trouve sous la crème a perdu sa couleur blanche et ressemble à du petit-lait.Ce moment est important à saisir pour écrémer.On attendait autrefois pour cette opération que le lait fût coagulé et aigri : ce n'est pas du tout nécessaire.La crème du lait doux donne du beurre plus fin que celle de lait caillé, et la quantité n\u2019augmente pas quand on attend cette décomposition pour l\u2019enlever.L'écrémage se fait sur les terrines au moyen d\u2019un disque d\u2019étain ou du fer-blanc percé de trous.Dans quelques laiteries, pour se dispenser de ce soin, on met crémer le Jait dans «lo très larges bassins de zinc montés sur dos piods et mu-\"« d'un robinet ; quand la crêmne est montée, vi 1.robinet pour que le lait s'écoule cu laissant le lait dans la bassine.Ces crémenses jeuvent contenir chacune 20 pintes de liquide, «t lex consommateurs qu'à ouvrir le n\u2019ont rien À craindre des sels nuisibles que le zine développe wénéralement dans le contact avec les acides.Tl est d'usage de mettre chaque jour la crème, à mesure qu\u2019on la lève, dans une terrine ou dans un baril.Mais il ne faut pas oublier que la jeune crème est la seule propre À faire du beurre de première qualité, et que par conséquent on doit la battre tous les jours si l\u2019on tient à l'excellence des produits.Cette doctrine, on le voit, est complètement opposée à celle qu'on professait autrefois et qui enseignait que la crème devait être aigrie avant d\u2019être soumise au barattage.Jamais la crème ne doit être conservée dans une pièce destinée au lait frais.Il faut la tenir dans la baratterie ou dans ln laverie, en ayant soin d'y maintenir une température moyenne qui ne dépasse 15 degrés ni en été ni en hiver.L\u2019œstra des moutons Cet insecte à le corps d\u2019un brun noirâtre, ponctué et taché de Llanc.Les aîtes sout ponctuées de brun ; il a quatre lignes de long.La larve vit dans le nez des bêtes à laine.Rarement y a-t-il plus de trois ou quatre de ces larves dans la tête d'un seul mouton.Cependant il arrive souvent qu\u2019elles oceasionnent des vertiges à ces animaux, et qu\u2019elles les tourmentent beaucoup, au point qu\u2019elles font beaucoup d'efforts pour s\u2019en débarrasser.Ces larves vivent ainsi depuis le mois juin ou de juillet jusqu\u2019au mois d'avril ou de mai de l\u2019année suivante, aux dépens du mucilage qui suinte de la cavité où elles se trouvent ; mucilage dont elles augimnentent la sécrétion par lire ritation qu\u2019elles causent.Elles ont aussi deux crochets à la tête pour pouvoir s'attacher à la membrane des sinus frontaux du mouton ; car comme les moutons ont toujours la tête baissée, elles seraient exposées à tomber ou à être rejetées par le plus faible éternuement.Ce n'est pas une chose facile aux femelles de l\u2019œstre des moutons que de s\u2019introduire dans le nez des moutons pour y aller déposer leurs œufs, car ces animaux y mettent tous les obstacles possibles en se cachant le nez en terre ou dans la laine de leurs voisins.Il y a une agitation extrême dans tout le troupeun de moutons, toutes les fois qu\u2019une seule de ces femelles se présentent.Pour faciliter la sortie sle ces insectes on les faisant mourir, on expose les moutons qui en ont À la vapeur de l'essence de térébenthine.On peut aussi les forcer de sortir en en- GAZETTE DES CAMPAGNES 143 voyent dans les narrines du mouton de la fumée*de tabac au moyen d\u2019un tube en fer blane fait exprès pour ccla, of que tous les éleveurs de moutons devraient avoir.So a \u2014\u2014 ame Chones «1 autres \u2014 Parmi les oiseaux utiles à l'agriculture, on compte surtout ceux-ci : \"VITE Le hibou a les appétits de la bure.Bu outre, il détrait les inscetes nocturnes et crépusculaires.Le héron qui garde le biuf des mouches, défend l\u2019espèce bovine.La pie fait justice des inscetes destructeurs du bois.Le corbeau engloutit une quantité prodigicuse de vers blancs, La caille et la perdrix mangent des vers de terre.Le concou, qui vaut mieux que sa réputation, s'arrange de chenilles velues que les autres oiseaux ne peuvent man- Tr.Fe merle purge les jardins des colimagons et des limaccs.Comme la grive, il avale par millions, dans le cours d'une année, les insectes nuisibles, Le menu de l'étourneau est à peu près le même que celui de la grive.Il fait aussi une forte consommation de sauterelles, L'allouctte s'attaque aux vers, aux grillons, aux sauterelles.aux larves de fourmis.Le moineau dévore les hannetous, les mouches, les puce- rous, etc.Sa couvée a besoin de 400 inscetes par jour, Il faut chaque jour, à une couvée de roitelet, 150 chenilles, Le rossignol cst un graud destruetcur de larves de fourmis.La fauvette chasse dans l'air lcs mouches ct les pucerons.5 ot hirondells a tn estomao dans lequel on peut trouver 40 § , Vingt bocacrannettes purgent de charançons un grenier de Ye \u2018Or, In destruction d\u2019un charançon sauve 92 grains de frôment.\u2019 Mais détruire l'être qui, sur mille graines qu\u2019il sauve, en prélève une, scrait la plus fatale des fantes de caleul, ct le \u2018plue coupable des notes d'ingratitude.Cela Squivaudrait à fire un orime aa moissonneur de se nourrir de pain.Protégcons done ces charmants êtres qui, à leur titre de sauvoirs de récoltes, joignent celui de chanteurs des jar- dise, dos ohamps et des forêts.= Encore un phénomène naturel étrange : Les.sauterelles nc sont pas en oe moment les seuls ennemis contre Icaquels Jes agriculteurs aient À se mesurer dans l'Afrique du nord.Les moincaux, qui apparaissent chaque année cn Tunisie au woment où lcs orges commencent à mûrir, fourmillent cette fois d'une façon incroyable.Le bey vient de rondre un décret, mobilisant toute la population valide do la régence, pour combattre une invasion sans précédent et aussi menaçante que peu ordinaire.\u2014- L'ellébore blanc détruit les chenilles des gadelliers et des groseillers.On l\u2019applique en poudre sèche ou mélangé à l\u2019eau, 1 once par deux gallons d\u2019eau.Un excellent compost -\u2014Vuici un excellent compost qui ent être avantageusement utilisé pour la culture du blé, du blé-d'Inde et nutros céréales, de même que pour les vergers et la vigne.Lus proportions suivantes sont suffisantes pour améliorer un un denx arpents de terre, ct lo coût ne dépassera pas dix piastres : .Vingt minots de tourbe sèche.Trois minats de cendre nun étainte, .Trois minots d'os ealeinus, .Trois minota de plâtre \u201c1 poudre.» Quarante livres de nitrate de soude.Trente-troig livres de chaux, .Quarante livres de sulfato de soude.Tôlez les numéros un, deux et trois cosemble; puis mêlez séparément les numéros cinq, six et sept dans cing gallons d'eau, puis «joutez à cette composition les numéros un, deux et trois ; ajoutez en dernier lieu le numéro quatre, soit les trois minoi- de plâtre.Vous aurez ainsi formé un bon fertilisant que vous mottroz à l'abri, pour vous cu servir au besoin.Précautions à prendre à l'égard de la crème pour obtenir du bon beurre.\u2014 Les soins de propreté ct de bonne aération que l'on doit apporter au lait, sont également appliquables À la crème pour obtenir un bourre de qualité supérieure.A part cula, les plus grandes précautions doivent être prises lorsqu'on enlève la crème du lait, afin de ne prendre strictement\u2019 que la crème.La crème môlée au lait, quel- qu\u2019en soit la quantité, contribue à donner un mauvais goût au beurre qui devient alors difficile à conserver ; le lait qui s\u2019y trouve se forme pour ainsi dire en fromage, car il n'y a réellement que la orème qui fait le beurre.La jarre dans laquelle on met le beurre doit être de bonne qualité ct épaisse.ayant an bon couvert, pouvant mettre la crème à l'abri des inscetes et de la poussière.Elle doit être gardé: à une température égale, à 60 dégrés Fahrenhoit.Le beurre doit être fait aussitôt que l'on s'aperçoit que la crème commence à sûrir.La jarre doit aussitôt être lavée lorsqu'elle eat vide, ed wT 00 DO Effet étonnunt du sel sur !.s.l.\u2014Nous voyoos duns un journal d'agriculture anglais, qu'un cultivatour du comté de Caven, Irlande, répandit dans le mois de janvier une demi toune dv sel sur un chaume d'avoine ct y sema des patates le printemps suivant.Ces patates vinrent à merveille ct ne furent attaquées par aucune maladie, elles ne pourrirent nullement, tandis que dans un champ voisin qu'on n'avait point salé, les patates pourrirent tellement, qu\u2019on ne les cucillit même pas, Ce journal ajoute qu\u2019il pourrait citer une foule de cas semblables.S'il en cat ainsi Ja chnso vaut la peine d\u2019être essayée, \u2014\u2014__.\u2014\u2014emrtbe\u2014 mem RECETTES Moyen de préserver les arbres fruitiers d'un entier dépérissement, On dépouille 4 leur écorce les parties malades où g&- tées de l'arbre, ct on les enduit avec de la térébenthine, A la chaleur du soleil.Peu da temps après, ces parties de l\u2019arbre ninsi encduites, paraissent être couvertes d'une eapèce du laque, qui empêche l\u2019uir d'y pénétrer, et l'arbre prend une nouvelle vigueur, Conservation des viandes par lu suie, Prenez une piuts do suic, versez dessus quatre pintes d'ena Lonillante.laissez reposer et décantez, Faites treme per peudeuit quelques heures, dans cute solution, la viande que vous voulez conserver : ellu acquiert une valeur analogne it lu viaude faméo et peut so conserver lougtemps. 144 GAZETTE DES CAMPAGNES TOUT NOUVEAU! L'AVEZ-VOUS VU?Le PAIN-KILLER GRANDE BOUTEILLE DOUBLE DE LA L'ANCIERNE QUANTITE GRANDEUR ror je\u201d \\ Fay Fores Eas ES.L'ancien Prix Populaire 25¢.CHEMIN DE FER INTERCOLONIAL 1891 \u2014Arrangement pour la saison d\u2019hivec\u20141882 Le et après lundi, le 19 octobre 1891 les trains de ce chemin partiront de la Station de Sto-Aune (le dimanche excepté) comme suit : Pour Lévis (hnecommodation).24,32 Pour Lévis (Express).9.26 Pour Lévis (uccommodation.4 9.45 Pour la Rivière-du-Lonp [accommodation].11,11 Pour 8t-Jean et Halifex (xpress).16.40 Pour Ju Rivière-du Loup (Accommodation).22.33 Tons Jes trains marchent sur l'heure du temps convention nel de l\u2019Ést.D.POTTINAKR, Surintendant en chef Bureau du chemin de for.Moncton.N.Bk., 15 votobre 1891, Prix: $1 NOTIONS D'AGRICULTURE J.-E, POULIOT A vendre À ce bureau.\u2014 Prix 50 cents en librairie, 60 cents par lu malle.N.B.\u2014On le trouve chez les libraires de Québec.19 mai, 1802, | an.A vendre aun Bureau de la \u201c GAZETTE DES CAMPAGNES \u201d Teg rie Résumédes différentes méthodes de conservation des fourrages verts d\u2019après les dernières expériences et enquêtes française- anglaise-américaine, VADE-MECUM DE L\u2019ENSILEUR Par Gaston Jacquier Membre de la Société des Agriculteurs deFrance et de l'Association française pour l'a-vancement des sciences, Secrétaire de la Société d\u2019Agriculture de Grenoble.Solentifio American Agency for mu ig ec FENN: Lad < Ee i.am Orsi Las a 5 He ME vis sis Piper ss on Boson 1e Lag ESSER dee buses, dor securink puteste fn meriée, feaiohs Pub bY & Botios piven Pres of charge in (Be ES» wae LT! E Scientific American sin Larges cirentation of any actentige paver a the gp 3: uÿs : ST SHE 5 CONDITIONS D\u2019ABONNEMENT GAZETTE DES CAMPAGNES Le prix d\u2019ahonnement est de une piastre paran L'abounes mont peut dater du 1er de chaque mois, et on ne s\u2019abonne pas eins, que pour un an.L'avis de discontinuation doit 8tre donné, par tou de l\u2019année d'abonnement, et les arrérages alors devront avoir été payés.¢, au Bureau din souseigné, un vivis avant l'expira- Tout ce qui concerne l'adivinistration doit être adressé à HECTOR A PROULX, Gérant, "]
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