Gazette des campagnes : journal du cultivateur et du colon, 13 juin 1872, jeudi 13 juin 1872
[" 10e année Ste.Anne de la Pocatière (P.Q.) 13 juin 1872 Numéro 35 GAZETTE DES CAMPAGNES Journal du Cultivateur et du Colon, paraissant tous les Jeudis Editeur-Propriétaire «Du Rédacteur FIRMIN H.PROULX = NS 1 J.D.SCHMOUTH 4 ui loutes lettres concer- = y Toutes lettres, correspon.vant l'administration de la trazctte et les demandes pour abonnement devront vire adressées franco.L'abonnement! est de $l par at, pa vable d\u2019avarice.ty ne s\u2019abonne pas pour muine d\u2019une année.L'avis de discontinua- won doit être donné par «rit à ce Bureau, et les arrérages devront alors avoir été payés, sans quoi l'abonnement sera censé rontinuer, malgré le refus N= rae dances, concernant la Hédaction, devront être directement adress Rédacteur, bor au ANNONCES : D lère insertion, 10 ots, la ligne ; 2me insertion, etc.3 cts.par ligne, Pour les annonces à lo terme, conditions libérales.Que ceux qui désirent o\u2019adresser aux cuitivateure aunoncent dans notre Gazette agricole, \u2018v la (Gazettenr Chaque abonné retardataire trouvera le compte de - qu\u2019il nous doit ponr abonnement à la Gozettr des Campagnes dans le No.17 en date du 18 avril dernier.C'est le vuide le plus sûr et le formule la plus courte que neus ayons ra ce moment pour inviter lea retardataires à payer au PLUS TÔT.\u2018l'ous les journalistes se plaignent de ne pas être payés ; niu1x 00 comprendra facilement que n'ayant pas le patronage ra grands journaux, nds ressources n'étant que dans le prix dea abonnements, la gêne est pour nous plus considé- ruble et le besoin d'argent nécessairement plus pressant.\"CAUSERIE AGRICOLE PREPARATION DU BEURRE.(Suite.) L'écrémage et le battuge fréquents de la crême sont plus -mportants qu'on ne le pense généralement à Ja fabrication He beurre de bonne qualité.Ou peut dire, en toute sûreté, qu'une grande partie des beurres communs ve doivent leur fériorité qu'au long séjour de Ja crôme sur le lait ou qu'au retard apporté au barattage.Lorsque la orême séjourne longtemps aur le lait, elle con- fracte un goût détestable et se couvre de moisissures.Ces woisissures sont de véritables champignous qui se nourris rent aux dépeus de la substauce même de la crême ; de sorte que celle-ci non-seulement devient de mauvaise qualité, mais vhcore diminue en quantité.Si le barattage ne se fait que plusieurs jours après l'écré- wage, les mêmes moisissures se produisent, excepté lorsqu\u2019on a Ia précaution de saler Ja crême ou de la remuer de temps à autre.Mais dans tous les ons, la petite quantité de lait, enlevée aveo.la crême lors de l'éorémage, se coagule, vaille, et ne peut jamais être extraite entièrement.Le lait Si la guerre est la dernière raison des peuples, l'agriculture doit en être la première.Kmparons-nous du sol, si nous voulons conserver notre nationalité.caillé reste dono dans le beurre et l\u2019altère en peu de temps.Si uous pouvions obtenir du beurre parfaitement par, le salage serait inutile; et c'est pour empéoher l'altération du Lait caillé dans le beurre que l'on a recours à l'emploi du sel.Plus le beurre est pur, plus la quantité de sel doit être faible ; au contraire plus Je beurre est impur, c\u2019est-à-dire plus il est marbré de blanc et de jaune, plus le salage doit être abondant.Toi surgit un inconvénient dont le commerce tient un compte rigoureux.Les beurres très-salés sont dédaignés par les consommateurs et le vendeur est obligé de les snorifier.Généralement ces beurres sont vendus 177 ou 126 meilleur marohé que les beurres ralés avec mén ment ; c'est-à-dire que si lo prix de ceux-oi est de 20 oen- tioa la livre, celui des premiers ne dépasse pas 16 à 17 cen- tine, Ainsi, de quelque côté que nous envisagions la question, on perd énormément en laissant vieillir Is orême sur le lait et en retardant le barattage.Ii est dono important do faire disparaître ces fautes en obtenant du lait le plus de crâme possible.C'est ce que nous allons entreprendre.La pratique générale des oultivateurs bas-canadiens oon.siste 4 n'éorémer que lorsque le lait et caillé ; cette pea- tique n\u2019est pas mauvaise; on peut ainsi faire de bon beurre pourvu que le lait ne soit pas sûr lors de l'écrémage.Voilà tout le secret.Si le luit est sûr, Ia créme sera mauvaise ot le beurre inférieur.L'écrémage du lait cailié est plus facile que oelui du lait doux, c\u2019est là, oroyons-nous, la raison prinoipale qui a engagé les oultivateurs à donner la préférence au premier mode.Cependant nous counaissons bon nombre de localités.où l'on est convaincu que pour faire le beurre le plus fn, il faut en} ver ls orême avaut la coagulation du lait.Ailleurs, ou o'aticnd pas méme ls séparation de la crême, on : dans la Laratte le luit tout cotier, quelques heures après le traite et l\u2019on brasse comme ei l\u2019on n'avait à battre que de ie orôme seule.Ce procédé donne un beurre supérieur, ausgi 2eg2ud ap 113035).doy \u2018view: H'T'A C5 proue GAZETTE DES CAMPAGNES 274 fin que celui qu'on obtient avec de la orême recueillie our | vaise qualité.Voici d\u2019ailleurs un court résumé de ces expe.du fait doux; mais il est beaucoup plus embarrassant.Il lui | riences.Dans chaque easai, on à employé une quantité uni- faut des barattes d\u2019une capacité beaucoup plus considérable et plus de temps pour le battage ; ausei donnerions-nous la lérence au battage de la crême séparée du lait, pourvu que l'écrémage se fit sur le lait doux, Dans ce cas-ci, le point important est de choisir le moment où la crême est complétement montée.À cet effet, on visite souvent les vases à lait, et quand la crême est bien réunie, suffisamment ferme à la surface, on l'enlève avec précaution.L\u2019instant le plus favorable à l'écrémage varie suivant la température.Dans les journées les plus chaudes de l\u2019été, l\u2019éorémage doit avoir lieu 24 heures après la traite et alors on doit faire\u2018deux écrémages par jour.Dans les saisons moins chaudes, on peut n'écrémer qu\u2019une fois par jour tous les 36 ou 48 heures.11 ne faut jamais retarder inutilement l'écrémage ; aussitôt ue la eréme est entièrement montée ou lorsque le lait est cail- , tout retard est une perte.Nous savons fort bien qu'à cet égard, les opinions sont partagées.Certains fabricants de beurre prétendent que plus l'écrémage est retardé, plus la quantité de crême produite est considérable.Cette prétention est un contre-sens, mous l'avons déjà fait voir; mais lors même qu'elle serait vraie, il ne faut pas oublier la qualités du proluit et les facilités do la vente, Si dans l'espérance de faire quelques ouces de beurre de plus, on ne livre À la vente qu'une denrée inférieure que l'acheteur dédaigue- ra et qu\u2019on sera forcé de sacrifier, les profits de la spéculation seront bien diminués.Lorsque la crème a été recueillie avec tous les soins convenables, tout n\u2019est pas terminé : il reste encore la conservation de cette crème et sa transformation en beurre.Il importe beaucoup de conserver la orème dans un lieu frais et de ne pas la laisser vieillir.C'est en vain que l'on aura mis eo pratique les données précédentes si l\u2019on De suit les bons procédés de conservation.Avec de la crème de je qualité recueillis sur du lait doux on aura en main tous les éléments de succès ; cepeudant tout cela peut devenir inutile si on oublie d'empêcher l'altération du produit.La crème chaude moisit rapidement, doune un beurre mou, spongieux et laiteux ; la froide donne un beurre court et amer, dans oe dernier cas, le battage est en outre excessivement long.Les beurres les plus fins s'obtiennent en battant tous les jours la crème recueillie sur du lait doux ; mais on peut encore fabriquer d'excellents beurres en ne battant la crème que tous les deux ou trois jours pourvu que, pendant l'intervalle, elle ait été conservée dans un lieu frais exempt de mauvaises odeurs.Tous les cultivateurs saveat que la transformation de la créme en beurre est quelquefois très-longue et ils ont pu remarquer qu'alors le beurre est détestuble, même lorsque Ia vrème est de bonne qualité.C'est ce qui arrive souvent en hiver et pendant les chaleurs de l'été.Dana le premier ons, le température çst trop basse et dans le second elle est trop élorée.Pendant ces dernières années, des agriculteurs, désireux de se pourvoir de tous les éléments indispensables à une boone fabrication, se sont livrés à des expériences suivies ur connaître la température la plus favorable à la trans ormation de ls crôme.l)e ces expériences, il résulte que la température extérieure la plus favorable sous tons les ra pis est velle de 52 a D4 degrés Fahrenbeit; que pendant le barattage ln crête s'échauffe généralement de trois degrés #t que plus le battage est long plus le beurre est de mau- forme de 6 pots de créme.A une température de 60 degrés, le battage à duré trois heures, ot a donné 16 livres de beurre altéré par un long battage ; .A 52 degrés, le battage a duré deux heures et a donné 164 livres de beurre aussi parfait que possible ; À 54 degrés, le battage a duré 1} heure et a dooné 1¢; livres de beurre excellent, savoureux et forme comme lu cite; À 56 degrés, le battage a duré 14 heure et a donné 16j livres de beurre asses bon ; A 62 degrés, le battage a duré 1 heuré et a douné lt livres de beurre mou et inférieur ; A 65 degrés, le battage a duré } heure et a donné 15; livres de beurre mou, spongieux et laiteux.\u2014\u2014\u2014 mb \u2014 REVUE DE LA SEMAINE Mardi, le 11 courant, comptera glorieusement dana lon annales du Collége de Ste.Anne.Eü ce jour, les élèves de cette institution étaient appelés à fêter l\u2019anuiversaire de leur vénéré Supérieur, le Révérend M.Félix Buteau ; ils ont accompli ce devoir avec une allégresse, ua amour et une gru- titude bien digues de l\u2019homme sublime qui se dévoue à leur éducation scientifique et religieuse.D'ordinaire, la fête d'un Supérieur eat bieu belle, bien douce et bien joyeuse pour le: élèves surtout ; on y fait des superbes démonstrations d'es time, de respect, de vive reconnaissanco, mais elle ne dépasse pas les limites d\u2019une fête de famille où le père regoit avec joie les protestations de ses enfants.les élèves du Collége de Ste.Anne ont voulu sortir des vieux sentiers battus, en donnant à la fête de leur Supérieur un éclat inaccoutumé et nous pouvons dire qu'ils ont réussi au delà de leur attente Pour atteindre plus complétement leur but, ils ont appe 16 à leur aide les amis de l'éducation, en les invitant à vor soirée littéraire, dramatique et musicale, Fidèles à leur cru cieux appel, les nombreux amis de Ste.Anne arrivaient eu foule, dans la salle des représentations pour être témoins de la manifestation qui allait bientôt avoir lieu.Vers 63 heures P.M.la bande du Collége snuongait I'vu verture de la séance par la marche ZI Trovatore, exéoutér avec toute la perfection désirable.Lorsque les dernières notes de cette délicieuse mélodie eurent cessé de résonner à nos oreilles ravies, M.Philiber! Tanguay, présideut de l'Académie de St.Thomas d'Aquioso leva et prononça, au milieu d\u2019un silence parfait, le dis cours d'ouverture, Ce discours à lui seu) est une démonstration complète eu faveur de l'institution classique de Ste.Anne.À ohaque phrase on y voit surgir l'amour le plus Pâr de la religion et de la patrie ; d'un coup-d'œil on comprend que ces jeunes ado lescents sont déjà des hommes par Ia foi et par les privoipes Aveo uo tact; une délioatesse exquise, M.Tanguay vou laut ménager l'humilité de son vénéré Supérieur, mais désirant en même temps faire connaître à son auditoire les titres qu\u2019il avait à la reconnaissance, au respect et à l\u2019eatime dr tous les cœurs bien nés, s'attacha à énumérer les bienfoit- que lo Collége prodigue à ses nombreux élèves.\u2018 L'œuvre qu'accomplit le Collége de Ste.Aune, dit le jeune orateur, par l'intermédinire de son zélé Nupériear ef de ses dignes collaborateurs, est la plus noble, la plus eu blime, Is plus féconde en heureux résultats qu'il soit por GAZETTE DES CAMPAGNES 275 able de concevoir.Cette œuvre, qui n'est qu\u2019un tissu de bienfaits et qui s'accomplit uniquement en notre faveur, sans aucun calcul d'intérêt personnel, c'est l\u2019œuvre de Dieu méme, opérant par le Verbe qui a daigné habiter parmi sous, et par la Sainte Eglise Catholique, au moyen de laquelle l\u2019Incarnation s'est continuée, se continue et se conti- | nuera jusqu'à la consommation des siècles.Si grande qu'elle | voit, elle peut cependant se définie en quelques mots renfermant un sens trôs-profond dans leur majestueuse sim- plioité : elle consiste à nous élever, Je ne crois pas qu'il soit possible d'dtre plus laconique et cn même temps de s'exprimer avee plus d'exactitude.\" Alors M.Tangusy donna la signifiontion de ce mot clever, rt jeta un rapide coup-d'œil sur tout l\u2019enseignement de l'institution.L'histoire surtout lui a fourni un des plus beaux passages de son discours.«() won Dieu, dit-il, que vos voies sont adorables ! Comme l\u2019histoire nous révèle bien votre infinie sagesse ! Quol plaisir à vous surprendre, pour siosi dire, en flagrant délit de misérisorde 1.Quoi de plus ravissant que de enntempler les phases de la lutte entre votre bonté qui veut nous sauver et nos déplorables libertés qui ne veulent pas! ac laisser sauver ! \u201c Oui, toute l'histoire est dans cette lutte, et, qui ne sait ya le voir, ne saura jemais l'histoire.TJ faudrs qu\u2019il invente de fausses explications, qu'il groupe les faits artificiellement, et, comme il ne connait pas le principe vital de l'histoire, lequel en relie toutes les parties, comme le sang réunit en quelque sorte toutes les perties du corps, l'histoire sera, quoiqu'il fasse, divisée par lui en trongous qui auront ave certaine vie rewmuante, mais qui ne pourront | jamais s\u2019asembler et faire un être vivant, Plus loin, après avoir parlé de l'enseignement religieux, il ajouts : « On s'efforce de nous faire bien comprendre que nous de-; ons aimer la vérité pour elle, et que oo d'est pas sous que nous devons aimer en elle ; ou, en d'autres termes, que nous devons posséder la vérité aveo humilité, parce que toute vraie vertu & l'humilité pour compagne inséparable.La conclusion que nous avons nécessairement à tirer de là, c'est que si d'autres voient des vérités que nous ne voyons pas, cu les voient mieux qe nous ne les voyons, nous sommes strictement tenue d'admettre ces vérités lorsqu'elles viennent À briller à nos yeux; que, loin de suivre le malheureux et pernicieux exemple des hommes qui se bouchent les oreilles four ne pas dooner leur assentiment à des vérités qu'ils v'ont pas vues tout des premiers, nous sommes, au contraire, rhligés de les accueillir avec infiniment de respect.\u201c Pourvu qu'on nous enseigne ls vérité, écrivait le Pape St.Nicolas le Trand aux Bulgares, il ne nous importe de qui elle vionne.\u2018\u201d Puis, passant à un autre ordre d'idées, il roprit : \u2018* Il n'est pas inutile d'ajouter ici que si l'on prend tant de soie à nous former à la vertu, on n\u2019oublie pas de nous rappeler sans cesse que la vie publique, de même que la vie privée, doit être sainte daus tous ses actes.Le moade poli-; tique n\u2019est pas un milieu où le mal cesse d'être mal parce qu'il est commis politiquement.Loin de 13, le mal commis dans cette région acquiert une gravité d'autant plus grande qu'il s'attaque, bon plus à un simple particulier, mais à toute une communauté.LEE L'individu n'est parfaitement heureux que quand il accomplit sorupuleusement les préceptes divins; il en est de même pour la société, ce qui revient à dire quo ceux qui Dieu et de l'Eglise et veiller ensuite à ce que les autres les respectent, pour faire entrer les peuples dans l'ère du progrès véritable.\u201c Le progrès ne consiste point, pour un peuple, à preadre un acoroissement rapide, à aocumuler los richesses, à goûter la plus grande somme de bien-être matériel possible, mais à servir fidèlement le Seigneur.\u201c Heureux, s\u2019éorie-t-on, le peuple qui progresse matériellement, dit le Psalmiste, on se trompe : le peuple heureux est oelui qui marche dans les voies que Dieu lui à tracées.\u201d Après ce discours, M.Jean Gosselin, seorétaire.do I\u2019 Acsdémie, lut le procès-verbal de la dernière assemblée et fit son rapport pour les cinq derniers mois écoulés.Plusieurs promotions eurent ensuite lieu.Puis viot la lecture des devoirs insorits au oshier d'honneur.Cette lecture intérossa beaucoup l'assistance, tant par le bon choix des morceaux que par la perfection aveo laquelle ils étaient rendus.Enfin cette première partie de la soirée, se termina par un discours de remerciments prononcé par M.le Président.Nous en extrayons les quelques lignes suivantes : \u2019 \u201c Je vous ai dit combicu est soigné et catholique I'enseignement que nous avons le bonheur de recevoir dans cette maison.Quelle différenos entre oe qui se fait ici et ce qui se pratique dans les malheureuses écoles dont l\u2019Europe s\u2019est couverte depuis la fin du aiècle dernier! Les noms bénis de Dieu, de Jésus-Christ ot do la Vierge Marie n\u2019y sont plus prononcés ; on plutôt on ne les rappelle que pour les vouer à l'exéorstion et ec moquer de la bigoterie de ceux qui prétendent les respecter encore.\u2019 Voyez aussi les déplorables conséquences.L'Eglise, unique dépositaire de toutes les vertus, la scale dispensatrios le tous les biens, n'a presque plus droit de cité ches aucune des puissances autrefois si catholiques ; partout la Révolution déploie orgueilleusement ses drapeaux.Depuis deux ans deja, le dernier boulevard de la eatholicité, i Rome, la ville immortolle, a succombé sous ses attaques porfides, sous ses coups redoublés.Dieu sait si jamais, elle sers rendu su successeur de Pierre! \u2014 Et Pie IX, l'a et vénérable vieillard qui illumios le monde comme Le Vatican de ses quatre-vingts années; Pie 1X dont la voix douce et puissante vient encore de tomps à autre adoucir les agner- tumes des fidèles et ranimer l'espérance aux cœurs désolés de ses chers evfants; Pie IX, notre Saint Pére, on lo trompe, on l'abandonne, on le trahit, si déjà on ne se pro- de lui faire subir le dernier supplice ! ! \u201c Malheureuse Europe ! qu'est-ce done qu'elle 6e prépare en laineant sinsi déshonorer l\u2019oint du Seigoeur, le Viesire du Fils du Tout Puissant ! \" La seconde partie de la soirée fut bien remplie par an drame intitulé Les inconvénients de la paresse, et par une gentille romance : Le baiser de ma mère, chantée par M.! Alphonse Talbot, accompsgné sur le piano par M.Edmond Paradis.Toutes ces pièces choisies avec un soin délicat, furent exécutées avec uno perfection que des soteurs consommés auraient peut-être enviée.Pendant les entr'actes, la Bande du Collége, sous l'habile I direction de M.H.McKernan, exécutait lus beaux | moroeaux de son répertoire.M.MoKernan « droit d'être | fier de sos élèves.Les difficultés qu'il éprouve pu commen- oement de chaque année, à réorganiser la bande, rébaussent encore son mérite.Le chant a aussi vivement intéressé l'auditoire, e Ml'abbé Grondin doit être heureux du succès que ses élèves viennent d'obtenir.Mais à tout seigneur, tout honneur ; l'organisateur, l'âme la dirigent doivent d\u2019abord respeoter eux-mêmes les lois de 276 GAZETTE DES CAMPAGNES de cette soirée, a été comme toujours, le Révérend M.Bacon préfet des études, et c'est à lui surtout que nous devons nos Plus Fiocères remerctments.À la fin de la Séance, M.le Supérieur invita l'assemblée à ve rendre sur lu butte, afin de jouir du apeotacle d'un feu d'artifice préparé par le Révérend M.Wilbrod Tre wblay, directeur de l\u2019école d'Agriculture.Malgré le temps humide, cette dernière partie de la fête a été tras bien remplie.Outre trois ballons et de nombreuses fusées de réjouissance, on & remarqué les ineoriptions suivantes en lettres de fou, de couleurs variées : Salut\u2014 Vive Pie IX\u2014Gloire à notre Supériear\u2014 Honneur aux bienfaiteure\u2014 Adieuee me OS ne, Pronostios.On entend par pronostics la conjecture de ce qui doit arriver.Il ne faut pas confondre avec les prédictions stupides rapportées dans la plupart des almanaca et les préjugés enfantés par l'ignorance, ces marques utiles sur les changements du temps que l'expérience a mille fois confirmées, et que la physique peut expliquer, Voici une analyse de oelles dont la connaissance importe le plus aux agriculteurs, aux hortioulteurs et aux habitants de la campagne on général, pour régler le temps de leurs travaux.PRONOSTICS DU MAUVAIS TEMPS, Soleil\u2014N'eapérez pas un beau jour si, au lever du soleil, son disque paraît obsour où marqué de taches, Si le vent du nord ou celui du midi souffivnt à l'opposé et obscureis- seot sine partie de ses rayons, s'ils le fout paruître concave, s'ils n'en iaissent briller que le centre ; ri son disque entier se couvre d'un voile bleuâtre.ersignez la pluie, craignez la encore ui des couronnes ou cercles blanchâtres se montrent autour du roleil, de la lune ou des étoiles.Quand vous verres le soleil briller d'un rouge enfammé et colorer de ses feux pourpres les nuages qui l'environnent, oraignez de violents orages.Craigues les aussi lorsque les étoiles perdent de leurs olartés sans qu'il pañairse de nuage.Si la couleur bleustre se mélange confusément à celle da soleil, 1a pluie et les vents règneront tour A tour.Si pendant le beau temps il survient un brouillard qui s'élève et forme des nunges, le mauvais temps est immanquable.Il en est de même si, su moment du lever du soleil ou de son coucher, ses rayons sont obscurcis par d'épais nuages à travers lesquels ils se développent sans peine, et ne parviennent jusqu\u2019à vous que divisés par faisceaux, De petits uages blancs passent devant le soleil loraqu'il est près de l'horizon, et-s'y colorent en rouge, en jaunc, cn vert, etc, annoncent encore la pluie.til survient une gelée blanche Lorsque aorès le ver, qui\u2019 se dissipe en brouillard, vous aurez un tempa pluvieux ct wal.sain.Tempête \u2014Quand le vent change fréquemment de diree- tion, c'est signe de tempôte ; il en cet de même quand le soleil est entouré de nues jaunes: même sigoe lorsque les nuages qui entourent le soleil sout noirs et qu\u2019ils le couvrent d'un voile sombre: si un ou deux cercles obscurs l\u2019environnent également, la tempête scra plus violente, Lune \u2014$i l\u2019on voit que la lune soit couronnée d'un clair obscur du côté le plus noir, c'est un signe de pluie ; s\u2019il s'élargit ou rougit, il fers un grand vent ; s\u2019il est jaune, tem- pôte, grêle et foudre.Si c'est en été, les cornes de ls lune claires annoncent le beau temps, et le mauvais temps si elles sont troubles.Etoiles\u2014 Quand les étoiles sont plus claires que de cou- { souvent.Les corbeaux ct les ! signe de pluie pour lus jours suivants.De même, lorsque los tume, et qu'elles semblent tomber ou changer de place, c'est signe de grand vent ; si elles sont troubles, c\u2019est brouillard et pluie; si le vent qui a cours ne cesse alors, il pourra oon.tinuer pendaut plusieurs lunes, ai elles paraissent grandes et rapprochées, le temps va changer.Nuages.Plus les vuages, dans un temps incertain, sc rapprochent de la terre, plus ils sont prêts de fondre en eau, les nuages qui après la pluie descendent, annoncent le bequ temps.\u2026 Pluie \u2014 Su in plaie fume en tombant et que par sa chute sue forme des bulles aur l'eau, c'est un signe qu'il pleurrs | longtemps et abondamment ; si, après une petite pluie, nu j'aperçoit près de la terre un nuage ressemblant à de la fu mée, c\u2019est un signe certain qu'il tombera beaucoup de pluie.Arc-en-ciel \u2014Si l'arc en-ciel se forme au midi aveo la pluie, elle continuera plus abondumment ; si c'est du oôté de l'a tient il viendra du beau temps; ci l'arc est plus vert que d'ordinaire, grande pluie ; s'il est rouge, grand vent ; s'il est jaune vers le couchant, tempête.L'arc-en-ciel bien coloré sononce une continuité de pluie.Les couronnes en cercles blanchâtres qui se montrent autour du soleil, de la lune ct des étoiles, sont un signe de pluie.Vents.\u2014 Plus les vents tirent au et insupportables, plus ils spporlent de neige ; un vent méri dional ÿacillant accompagné de chaleur humide annonce pre chainement de la pluie et rend l'air plus lourd.Lorsque le- ; venta sont près de déployer leur futeur, un bruit effrayant \u20188e fait entendre sur la cime des monts, et se prolonge par les échos ; la mer élève ses flots, son écume blanchit le ri : vage, le héron le gagne à tire d'aile, et annonce l'arrivée de |la tempôte par ses cris; les canards et les plongeons s'agitent | dans l\u2019eau et fuient vers leurs retraites.Si Don entend de {loin le son des cloches, c'est un signe de vent ou de change | ment de temps.| Indications fournies par les animaux.v lorsqu'il va pleuvoir, oa voit le canard et les autres oiseaux , 8quatiques plonger et replonger sans ocsse, crier et voler ça et là, L'hirbodale rase la terre, voltige bas autour des ri vege, se balance eur l'eau qu'elle «fleure d'une aile légère, et y baigne fon plumage.Lex pigeons reviennent tard au eolombier.La voix de la grenouille s6 fait entendre plus \"longtemps qu\u2019à l'ordinaire et avec plus de force au milieu \u2018des marais.Le hibou pousse des cris lugubres.Le bœul élève ses larges naseaux, comme pour flairer les vapeurs Lee oiseaux s'appellent pour se rassembler.La fourmi s'em- | presse de tirer nes œufs de sa demeure souterraine.La che- .Bille, le limagou ct le ver de terre rampent sur les murs.Les brebis sont âpres à la pâture, la poule s'épluche et glousse geais se réunissent par groupes nombreux et contrefont la voix de l'épervier, les premiers croassent beaucoup.Le pigeon voltige le matin en imitant vord, plus ils sont froid: \u2014 Presque toujours, \u2018le chant de l'alouetto.Tous les biscauz maritimes quittent {leur élément.Les abeilles s'écartent peu de leur ruche, el arrivent ou foule, avant le soir, sans avoir achevé leur charge.Si les pigeons reviennent tard au colombier, c'est poules we roulent plus que de coutume dans la poussière.Les cogs chantent à des Leures extraordinaires.Les orapauds sortent le soir en grand nombre; les vers quittent leurs trous.Si les taupes Tabourent plus que de coutume, v'ust un indice de pluie.Lorsque, au coucher du soleil, les Duages se forment à l'ouest ct se culorent en rouge, c'est un indice de vent et de temps sec.Orage\u2014Loreque les mouches piquent, deviennent plus GAZETTE DES OAMPAGNES 277 importunes qu\u2019à l'ordinsire et que les abeilles attaquent ceux qui les approchent, c'est un signe d'orage.Le tonnerre du soir amène uu orage ; celui du matio indique le vent, et celui du midi la pluie.Le tonnerre continue) Annonce une bourrasque et un fort orage.Confection du fromage de Brie Parmi les fromages gras qui ont du retom, celui de ta | Brie me platt mieux que les autres, et n'exige pas autant de \u2018 soins qu'on veut bien le dire.Evoutes plutôt : je prends un, seau contenant 10 à 12 pots et nouvellement trait, j'y verse À peu près une démi-cuiller à bouche de présure, après quoi 1e remue et mêle bien ; péndant que mov lait caille, j'étends sur une table une natte de paille ou de jonos, et sur cette natte je place un moule en bois, percé de petite trous à »a circonférenoe, comme qui dirait le cercle d'un petit tamis de cuisine.Ensuite, je retire le caillé du seau et j'en remplis le moule.Le petit lait s'en va, le caillé se réduit, et, au bout de quelques minutes, je remplis de nouveau le moule et le recouvre d\u2019une natte de même sorte que celle de demous, | of sur vette natte j'étends une essule-mains.Au bout de dix-huit heures énviron, la pâte est assez ferme, j'enléve le moule, je remplace les nattes mouillées par des nattes sèches, of je frotte un des côtés du fromage avec une pincée de sel to.Le lendemain, je frotte l\u2019autre oôté de la même manière, rt aiosi deux jours de suite.\u2014 Voilà mon fromage de Brie; il ve me reste plus qu'à le mettre à la cave et à remplacer tous les jours les nattes humides par des nattes sèches.Ausstot qu'il se forme eur le fromage une espèce de mousse d'un banc bleuâtre, je la fais dieparaître doucement avec le dos d'un couteau.Dès que mon fromage est mûr, je le re- vonnaît à la teinte jaunêtre qu\u2019il prend, et je le vends tout de suite.C'est l'affaire de quinze jours ou trois sewaines en eté.\u2014 Les veillées de l« Ferme.Confection du fromage de Neufchêtel Lea fromages de Neufchâtel, que l'on appelle aussi bon- \u201cvus, ne sont pas plus difficiles à faire que ceux de Brie ; on Tourrait même ajouter qu'ils sont plus faciles, et pour le luoins aussi délicats \u2014Je prends du lait que je n'éorôme pas, je le filtre quand il est encore chaud, et après cela je le verse duns uo pot de la contenance d'une dizaine de pois Iv suppose; je verse une demi-cuillerée de présure, plutôt moins que plus, je recouvre le pot avec un morceau de laine \"t je mets une planche par-desæus.Le troisième jour, au matin, je cherehe un panier d\u2019orier bien propre, je le garnis d'un linge blano, et y verse le caillé et le petit lait qui sont | das le pot.Le soir, quand lo fromage est égoutté, je le retire du panier, l\u2019enveloppe d'un linge et le charge de poids tendant un jour.Le lendemain, j'ôte le linge mouillé, je mets le fromage dans un linge sec et le broie avec les mains Jusqu'à ce que ma pâte devienne douce comme du beurre.Je presse de nouveau cette pâte en la chargeant de nouveau raduellement, non en une seule fois.\u2014 Du moment qu\u2019il n\u2019y plus de petit lait, je moule la pâte en on bourrant des cy liudres do fer-blauc ; je pousse ensuite les fromages hors des cylindres, et je les ssupoudre do sel fin en commengant par les deux extrémités.Je Frotte de sel avec le plat de la main | pour qu'il pénètre bien dans les fromages que j'étends sur une plauche pour les laisser égoutter jusqu'au lendemain, Après oela je les étends sur des olaies ies de paille, et w'arrange de façon à ce qu'ils ne se touchent point.II ne me reste plus qu\u2019à retourner souvent les fromages pour les em: pécher de s'attacher à la paille, et au bout de quinze jours ou trois semaines, lorsque les fromages se veloutent et deviennent bleuâtres, je les transporte sur d'autres claies garnies de paille et les y place debout.Seulement, j'ai aoïn de les changer de côté de tempé en temps.Au bout de trois se- aioe, quand j'apergois des taches rougeâtres sur la peau bleue, je me dis que le moment est venu de les vendre.\u2014 Les veillées de le Ferme\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 Du role des femmes en agriculture Suite et fin.Les (rausfornalions successives qui s\u2019opèrent dans notre cul- tute, ses rapides développements, l\u2019introduction des racines.les soins nouveaux multipliés que réclame le détail, ont crèé dans nos campagnes une somme de travaux auxquels il cous serait impossible de satisfaire si nous demandions exclusivement uux bras des hommes de les exécuter.\u2014Ces bras, du reste, deviennent de plus en plus rares, de plus en plus chers.\u2014l\u2019émigration nous enlève les plus vigoureux ; l\u2019attraction des villes, la\u2019 domesticité dorée, les hauts salaires que leur offre Piudustrie, nous privent des plus iutelligeute.\u2014H faut bien que les femmes de 1108 campagiies viennent à votre secours.Les machines, en supprimant la partie de nos Lravaux la plus dure et la plus diffigle, leur out ouvert l\u2019accés de l\u2019atelier agricole.Répaudre dans le sillon la semence de uos betteraves et de nou carottes, y dépuser le tubercule de la patate, éclaitcir ces plantes, les sarcler, donner de legers binages, faner les foins, réunir les javelles abattues par la faux ou par la machine à moissonner, récolter et netloyer les racines, répandre les engrais, approcher les gerbes du lablier de la machine à battre, en secouer la paille, etc , voila certes une série de travaux que la femme de nas campagnes peut exécuter sans excéder ses forces, sais compromettre an aauté ;-\u2014olle y Irouvera plutôt la vigueur et l\u2019énergie qui l\u2019abandonnent si souvent quand, se livrant aux travaux nédentaires de l\u2019aiguille, elle perd, dans une immobilité prolongée, l\u2019habitude de l\u2019activité et du mou- vemoul.; Je le dis avec un profond regrel, mais il faut le dire pourtant, C\u2019est avec bien «de la peine que l\u2019ou rencontre dans nos catupagues le concours des femmes de uos journaliers ; elles répugnent instincliverneut à tous ces lravaux, et c\u2019est seulement par exception que quelques-unes se sont habituées à braver le soleil, à renoncer aux douceurs du babil, au fur nienfe du coin du feu, et a partager conrageusement le labeur de leur mari.C\u2019est la une cause puissante des difficultés que l\u2019agriculture rencontre.; Ce mal est grand, il s\u2019aggrave lous les jours, sous l\u2019inflvence d'un systéme d'éducation qui éloigne de plus en plus les femmes de nos campagnes des travaox champêtres, pour les livrer aux périlleuses professions que révlame l'élégance de 108 mœurs nouvelles.Nous la connaissons tous, la profondeur de cette plaie ;\u2014 tous aussi tous devons apporter notre conconss pour chercher à la guérir.11 est encore un autre aspect sur lequel on aime à rencontrer la femme associée à nos lravanx agricoles et à notre vie des champs._ C\u2019est la compague borne et courageuse de ce riche proprié- .taire qui cherche, dans lu direction ou dans l\u2019exploitation de ; 88s (lomaines, un salulaire remêde contre le déeœuvrement ; | c\u2019est celte femme du monde, qui en a soudé la stérilité, ledan- ger, le néant, qui en a arraché toutes ses affections, mari et enfants, pour donner, à la campagne, un aliment § leur aoti- vité, ua sojel d'étude à leur iutelligence, un intérêt'à leur travail ; qui a voulu resserrer les liens de la famille que le séjour des villes détend de plus en plus; posséder, diriger ceux qu\u2019elle aime.Ces femmes «d\u2019élite dont nous nous enrichissons peu à peu, out au fond du cœur le germe de cetle douce et divine poésie qui se développe si bien en face des splendeurs de l\u2019œuvre de ieu ;\u2014elles ont d\u2019abord été atlirées par les fleurs, ce gracieux 278 GAZETTE DES CAMPAGNES el charmant sourire de ta nature ; bientôt, du parterre elles ont pénétré dans le verger, où, le sécateur et la serpette à la main, elles se sont essayées à l\u2019application des leçons des Dubreuil, des Lepère et des Gressent.Puis elles ont appris à aimer le bétail qui peuple nos étables, à s'intéresser a travail de tous ces instruments perfectionnés que nous livre l\u2019ingénieuse industrie ; enfin elles n\u2019ont pas dédaigué d\u2019ouvrir nos journaux agricoles, elles dissertent avec nous des difficiles questions de notre art.Avec elles ont pénétré dans 16e campagnes le confort et les arts, auxquels elles n\u2019ont renoncé ; l'habitation s\u2019est embellie, le jardin s\u2019est élargi, et nos échos élonnés répétent souvent de mélodieux accords.La bienfaisance et la charité ont suivi leurs pas ; les secours et les consolations ne manquent plus aux pauvres habitations du village.Ah! c\u2019dst-ainsi que nous les voulons hubitées, nos chéres campagnes ; nous en voulons faire une grande el seule famille.En t, la fortune intelligente, éclairée, ingénieuse au bien, religieuse et charitable, foyer de lumières et de bienfaits, ex- emple de mœurs et de vertus; Re venant pas au milieu de | nous, insouciante et lésœuvrés, pour s\u2019y délasser des fatigues et des plaisirs de la ville, et pour y refaire, dane l\u2019abstinence, ; sa bourse et sa santé ; mais sédentaire, mais active, el participant à nos travaux et à 110s soucis, comme à notre paix et à Los jouissances.Puis cette classe moyenne des fermiers et des laboureurs devenus dignes de celte honorable désignation de gentlemen farmers : les fermiers indépendants par le capital, par le savoir et r le travail, gentilshommes vrasment, par l\u2019intelligence et la loyauté.C\u2019est la femme qui, à tous ces degrés, resserrera len liens qui doivent tous unir, et réalisera ce grand programme.Adjurons donc ceux qui sont chargés de l\u2019initier à la vie de lui faire comprendre la grandeur de aa mission ; demandons-leur de chasser de son cœur la frivolité, vanité stérile, l\u2019égoïsme, la réverie, pour y placer le germe des vertus solides de la mére de famille, qui seront l\u2019éternelle base de cette société forte et saine que nous atlendons ; et à lous ces degrés aussi, c\u2019est l\u2019éducation, c\u2019est l\u2019instruction solide el sérieuse, sagement appropriée à la condition de chacun, qui, pour tous, aménera le perfectionnement moral qui devra les réaliser.Sans doute, la transition qui doit sous y couduire est semée d'entraves et de difficultés ; sans doute elle crée souvent pour | uous un état de chose dont nous n\u2019avons pas à nous louer : mais soyons patients, eoyons persévérants.Si, à bon droit, nous redoutons la démocratie ignorante et passive, ayons confiance dans la démocratie sagement éclairée, et prudemment active.C\u2019est elle qui dissipera les résistauces et les préjugés, les impatiences et les systèmes, les vanités et les ambitions, et quand elle éera venue, nous pourrons saluer la paix, le progrés ot In liberté ! !!\u2014L.GaLLiÈnEn.me Ressourcos du oultivateur 11 faut en towies choses, pour agir, les ressources et l\u2019intel- ligeuce qui les met en œuvre.Plus cette intelligence est grande et plus elle a de ressources à sa disposition, plua l\u2019impulsion donnée à toute la machine sera vigoureuse.Certaines personnes qui savent mieux écrire et compter que penser, el qui, ue voyant et ne jugenat ne de leur cabinel, ne distinguent pas l\u2019être intellectuel de Véire matériel, n\u2019imaginent que pour mener une exploitation agricole il ne faut être qu\u2019un paysan, tout comme le bœuf qu\u2019on atjelle à la charrue n'est qu\u2019un bœut.Mais que ces messieurs ne donnent pas de conducteur, ou qu\u2019ils donnent un mauvais couducleur à ce bœuf, et ils verront le bel ouvrage ! Il faut done, comme nous le savons, à un cultivateur quelque chose de plus qu\u2019on ne pense communément ; il faut qu\u2019il sache quelque chose de lus que lire, écrire et battre du grain, ou autres choses rem- Plabice.Ceux qui bornent là son talent prouvent leur complète ignorance de la science agricole, et il serait tout ausei inutile je discuter avec eux que de parler des couleurs avec un aveu- le.Nous nous adresserons plutôt aux cultivateurs eux-mêmes, ceux qui, débutant dans la carrière, ont besoin d'instruction et d\u2019indulgence.Nous en trouvons ici beaucoup qui, avec peu d\u2019intelligenca, ou une intelligence suffisante, mais que l\u2019expérience n'a pas encore mûrie, prétendent d\u2019abord à la perfection où à ce qu'il preanent pout elle.Trop prompts à quitter la vieille routine, ils réglent de nouveaux assolemets selon leur goût, où sslou des idées qu\u2019ils ont prises dans des voyages ou dans des livres, ne pensant pas que ce qui est bon dans un sadroit peut ne pas Pêtre partout, que ce que l\u2019un peut n\u2019est pas pour cela praticable pour tout autre.Arrêtés bientôt pour les obstacles, ils sou! obligés de rétrogæder, non sans quelque honte, souvent avec beaucoup de perte, et ile recourent, pour se relever, à cetlr routine tant méprisée, à moins qu\u2019opiniâtres autant qu\u2019ile ant été imprévoyants ils ne persévérent dans la mauvaise route on ils se sont engagés et dont ils reconnaissent la fausseté, plutôt que de céder aux circonstances et à la nécessité.De telu hommes ne savent ni coordonner ni unir les différentes parties de leur affaire, vi maintenir dans leur culture l\u2019équilibre entra la production et les moyens.De là tout est chez eux chance- laut, en souffrance, et le lout ressemble plutôt à un amas dn beaux débris qu\u2019à un édifice complet.Ils vivent au jour le jour, imprévoyants du lendemain.La machine ne marche-t- elle pas : c\u2019est assez pour eux qu\u2019elle ait dû soarcher.Si un bon conseil pouvait, chez de tels hommes, n'être pas perdu, je les engagerais à s\u2019en tenir à la culture de laurs vos sins, où à confier la direction de leur affaire à un aide habile, juequ\u2019à ce que le maître lui-même en sût davantage.Supposons maintenant que l\u2019intelligeuce et l\u2019expériense soient là.Mais que peut |a tête sans bras?C\u2019est à l\u2019intell:- gence de régler un bon amsolement, et c\u2019est aux bras de le mettre en œuvre.[ci il ne (aut pas perdre de vue qu'entre les divers assolements les uns exigent plus de moyeus que lue aatres, si Ion veut en tirer tout ce qu\u2019ils sont susceptibles da rendre.Que fera, par exemple, un homme qui manque d\u2019ar- | gent, avec un assolement riche en plantes destinées à la vente, mais qui exigent beaucoup de main-d'œuvre ?Que lui servira de couvrir tous les deux ans ses champs de récoltes fourragères et de racines s\u2019il ne peut se procurer le bétail pour les 001 - sommer ?Qu\u2019avec de mauvais attelage, de mauvais équ' pages, il entreprenne de grands travaux: il les exécute mal ou succombe sous le fardeau.\u2014 ScHWERY.mee Oiseaux de basse-cour LA PONTE.(Suite.) | Il en est de Paptitude à produite les œufs comme de toutss les facultés animales ; alle a des degrés fort divers et 6e mou- tre plus ou 1moine développée suivant la race et suivant les mn dividue.| y à des races réputées bonnes pondeuses, comme I y à des races réputées boniles laitières ; et parmi celles-ci il y à encore à choisir les animaux les mieux douée pour en forme: \u201cles troupeaux d\u2019élite dans lesquels on trouve à la fois les pro- i \u2018| ducteurs et les reproducteurs les plus précieux.De même que l\u2019engraissement ne peut se (sire avec profit, ou tout au moins avec un profit égal sur (ous les sujets indis tinctement d\u2019une race donnée, de même on ne conserve pas à la ponte, avec un avantage égal, indifféremment touies les poules d\u2019un même élevage.Et oi l\u2019engraissement luoratif ns pent s\u2019oblenir qu\u2019à la condition d\u2019entayer en quelque sors toutes les fonctions de la vie étrangères à l\u2019acte de la nutrition.il en est absolument de même des reproductions des œufs chez la pondeuse par destination.\u2018est que dans l\u2019économie animale, et tout le monde est d\u2019accord sur ce point, un produit n\u2019est abondamment fourni que par l\u2019exaltation fonctionnelle de l\u2019apparerl organique qui en est chargé.Poussé dans ses conséquences extrémes, Ce principe conduit, autant que cela peut être compatible avec ls santé, à imposer à tous les autres appareils le silence et ia dépression.Alors la plus grande somme des forces vitaies cou- verge en une suprême résultante appliquée toute entière à la formation du produit. GAZETTE DES CAMPAGNES 279 Chez ls pondeuse, ce produit est l\u2019œuf, comme chez laitière | abondante ce produit est le lait, comme chez l\u2019aninfal de travail ce produit est la force musculaire, etc.L'abondance du produit emporte avec soi une conformation spéciale.Celle-ci elle-même est dus au développement le plus large et le plus complet de l'appareil organique dont la prédominance, en déterminant l\u2019aptitude assure l\u2019abondance du produit.Cela étant, on s'explique que les poules les plus fécon- den, de mères en filles, portent certains caractères ou nertains signes qui ne se rencontreront pas aussi prononcés chez les ndeuses médiocres des races peu fécondes.C'est ainsi que ler races laitières ont une conformation spécialisée par leur destination même, et que certains signes particuliers décèlent 1e degré d'aptitude à donner abondamment ou peu, pendant longtemps, ou seulement pendant une période plus courte.Cependant la connaissance exacte de ces signes ou de ces caractères ne laisse par que d'offrir beaucoup de difficultés.Nous croyons à leur existence, nous venons de le dire, mais il n'est pas aussi simple de les apprécier qne quelques écri- rain se sont plu à l\u2019assurer, « De même que l\u2019ombre suit le corps, a dit L.Prangé, et | que Paiguille trahit le mouvement intérieur de l\u2019horloge, «de méme la crête, le disque, les barbillons et la forme de l\u2019anus ton prérager, par les signes qu\u2019on peut y rencontrer, les changements, les actions, les excitations des organes générateurs.Encore une fois, cela doit être, mais reste toujours [a diffi- vullé de reconnaître et d\u2019interpréter ces changements divers.C\u2019est moina aisé, à coup sûr, que de voir l\u2019ombre qui auit le ' vorps, que de lire sur un cadran les marques de l\u2019aignille em - portée par le mouvement intérieur de la machine.C\u2019est le sen- | tunent de beaucoup de praticiens et de M.Ch.Jacque entre autres, En effet, nous lisons dans le Poutailler cette p rase : \u201c Quant aux signer auxquels on peut reconnaître les bonnes : rundçuses, nous les croyons au moins «donteux, car des svjets romplétement dépourvus de ses signes soi-disant infaillibles, | indiqués et recommandés par plusieurs auteurs, possèdent les mésmes qualités prôlifiques que les aujets les micux pourvus.Everne Gavor.(A continuer) \u2014\u2014\u2014\u2014 S\u2019occuper des intordts agricoles La Revue d\u2019économie rurale, au sujet d\u2019une assemblée de la Mcièlé centrale d'agriculture en France, fait les réflexions sui- vurites : 11 serait bien temps que l\u2019on s'occupât sérieusement ve l\u2019a- eueulture, cette bonne mère nourricière que l\u2019on délaisse sans | savoir pourquoi, alors cependant qu\u2019elle a tant de tendresse pour tous ses enfants, sans distinction.L\u2019Eint ne peut pas tout lane, c\u2019eat évident ; mais il peut largement venir en aide à \u2018'entreprise individuelle qui est impuissante pour faire le tuen et ventent ie plua souvent de graves difficaltés, \"ments et qu\u2019elle réunisse tons les efforts pour accroître la production, ve mat beau taire, c\u2019est à l\u2019agriculture seule qu'il appartient de ré- , soudre cet important probléme.> : Nuu« lisonu plua Join, dans le même journal : 11 est vrai que les habitants doivent a\u2019atlendre, dans | e lempa où nous vivons, à ce que leurs véntables iniéréts «vient négligés.Ces derniers seront tonjours mal traités tant \"ils ne choisisont pas pour leurs représentante les vrais amis de l\u2019agriculture, et non pza de ces hommea qui ne révent \u2018jue politique pour donner satisfaction à leurs ambitions.| Que le mot d'ordre que chaque cultivateur ait à adresser à ' \u201clui qui sollicite son suffrage pour les élections, soit celui-ci : ; Qu'uvez-vous fait pour l\u2019agriculture! Si vous êtes convain : «que cet homme « réellement travaillé dans les intérête de la
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