Gazette des campagnes : journal du cultivateur et du colon, 7 mai 1862, mercredi 7 mai 1862
[" (France de Port.) lère année.Sainte Anne de la Pocatière, 7 mai 1862.Numéro 9.bAZETTE DES CAMPAGN Journal du Cuitivateur et du Colon.ABONNEMENT: CANADA \u2014 3s.94, payable invan- ablement d'avance par tiers.ÉTRANGEP \u2014 6s.3d.(Afranchir.) Ou ne s'abonue pas pour moins de 6 inois \u2014\u2014 ee =i Ia guerre ost la dornidre raison des peu- pes, l'Agriculture doit en être la première.ANNONCES: Premiére insertion Tets.la ligne, Insertions subséquentes 2 « Pour annonces à long terme, conditions libérales.Emparons-nous du sol, si nous voulons conserver notre nationalité, PARAISSANT TOUS LES QUINZE JOURS.AVIS.Toutes lcs personnes qui désirent s'abonner à la * Gazette des Campagnes, \u201d ou Payer leur abonnement, envoyer des annonces, devront s'adresser, par leitres «ÿranchies, au soussigné Propriétaire-Gerant.C'est à lui aussi que devront se payer les ai rérages.Toutes les leltres qui auron! pour but d'aider la rédaction par correspondances, par avis ou de loule aulre mamicre, devront étre adreseces au \u201c Rédacteur Agricole, à Ste.Anne de la Pocatière.Nos ressources restreinies nous mellent duns la nécessité de rappeler aux souscripteurs de la Gazente que l'abonnement cst payable d\u2019avance, si ce n\u2019est pour l\u2019année, au moins par trimestre.Les abonnements devront durer au moins six mois.Ceux qui voudraient cesser leur abonnement, devront nous avertir au moins un mois d'avance, Les nouveaux abonnés qui désireraient avoir les numéros déjà publiés devront nous en avertir, el si le nombre en est assez considérable, nous les réimprimerons.Les anciens abonnés qui ont payé l\u2019année entière à M.Emile Dumais, ont droit à 18 numéros d'ici au ler novembre prochain.Les nouveaux abonnés devront POYeT TROIS CHELINS pour d'ici à la méme dote, ou TRENTE sous par B numéros.A partir du ler novembre tous les abonnements seront sur lu méme pied, el courront en même temps.Messieurs les Editeurs de journaux qui veulent bien Aonorer la \u201c Gazette des Campagnes\u201d de leur échange, auront la bonté d\u2019adresser à l\u2019avenir au Rédacteur à te.idre.Ste.Anne dela Pocatitre.pay PROULX, Propriélaire-Gérant.BONS EXEMPLES.Aujourd\u2019hui nous cédons notre place à un currespon- dant qui, par les exemples qu\u2019il fait connaître, complète en quelque sorte ce que nous avons écrit sur la possibilité d'améliorer nos terres.Cette fois ce ne sont plus des étrangers, mais des enfants du sol qui, par leur expérience, prouvent à leurs concitoyens qu\u2019ils peuvent, sans être riches, doubler et tripler les revenus de nos champs.Nous aurions voulu ne pas interrompre lo cours de nos causeries, mais l\u2019à-propos de cet écrit, ses rapports avec notre dernier article, et le défaut de place dans nos colonnes destinées aux correspondances, nous mettent dans la néceesité d\u2019en agir ainsi.De la culture améliorée.S'il est un moyen sur lequel il faut insister constamment, dans Pamélioration de la culture canadienne c\u2019est bien celui dy, bon exemple.Les préceptes sur ce point, comme bs bien d\u2019autres choses, même les plus essentielles, trouvent toujours des contradicteurs, L\u2019ignorance, le défaut de jugement, l\u2019amour propre, la paresse d'esprit et de corps, s'élèvent souvent contre la raison, et même contre la nécessité ou la sainteté du précepte.Maie, placez à la portée de ces esprits malades, un exemple de la vérité que vous prêchez, alors, le plus souvent, on abat pavillon et on reconnait la vérité.Il n\u2019y a plus en quelque sorte que les aveugles-nés ou les esprits unpeu hiboux qui ferment les yeux à la lumière., Depuis qu\u2019an meilleur esprit public a commencé de cr pr = 70 GAZETTE DES CAMPAGNES.se faire, à l'égard de l\u2019amélioration de l'agriculture canadienne, bien de bons exemples ont été donnés, et ont fait plus peut-être pour convaincre les csprits prévenus que les enseignements directs.Par exemple, i} y a déjà passez longtemps qu\u2019on nous dit que les travaux fuits sur la ferme du Collége de Sainte Anne, ont servi beaucoup à éclairer quelques cultivateurs, et à les engager à imiter chez eux en petit ce qui se fait Ii pins en grand.Et pourtant, l'exemple, ici, avait son mauvais côté, selon la manière de juger ordinaire À nos cultivateurs routiniers.La, disait-on, on cultive en grand parce qu\u2019on a les moyens.On y pratique le drainage, on y fait des clôtures en pierre, on y élève de beaux et de nomUréux animaux, on y a ce qu\u2019il faut pour y fuincr le sol abondamment ; enfin on y fait des merveilles parce que les moyens y sont.Mais, ajoute- t-on, | habitant peut-il faire ces choses?En a-t-il les moyen, quand même il le voudrait ?\u2014Et oui certainement il en à les moyens.D'abord qu\u2019il fasse en petit ce qu\u2019il voit faire ici en grand.Du reste les moyens sont absolument les mêmes : c\u2019est-à-dire avec moins d'argent, que le cultivateur fasse, avec ses bras, sa charrue, ses animaux, ses engrais, et surtout avec ses fils et son intelligence, ce que font, avec les mêmes moyens, ceux dont il ne peut comprendre les succès cn agriculture.Et que font les grandes dimensions d\u2019un champ pour prouver le succès de ces moyens?Six arpents de terre suifisent pour développer tous les secrets de ce succès, comme le dit et l\u2019explique, en ce moment, la Gazeite des Campagnes.Lisez donc seulement, et, mettant de côté, un instant, voire amour- inalheureux pour la routine, proposez-vous de suite d'essayer du moius ces secrets si simples.D'ailleurs vous n\u2019y perdrez pas plus à cet essai que n\u2019y ont perdu les bons esprits qui ont su mettre enfin leurs préjugés de côté.De nouveaux exem les s'offrent à vous, en ce genre, tous les jours.Déjà il en a été cités dans la Gazelle, et nous prions de nouveau tous les amis de la bonne cause de lui en faire connaître le plus qu\u2019ils pourront ; car, encore une fois, c\u2019est le plus fort argument pour la plupart des récalcitrants.L'année dernitre, 8 St.Jean Chrysostome, prés de | PO Québec, il y a eu des résultats tout-à-fait heureux et encourageants en faveur de l\u2019agriculture raisonnée el raisonnable.Ces résultats ne datent pas seulement de cette année.Grâce au bon exemple donné par deux des principaux citoyens du lieu, des cultivateurs, un surtout, M.Louis Cantin, ont eu légfon esprit d'essayer la réforme de leur culture.Ils Wy ont rien perdu, certes.Au contraire, outre les produits nouveaux qu\u2019ils ont obtenus de cette réforme ; outre l\u2019amélioration graduelle de leurs champs qui leur promet pour l\u2019avenir de meilleurs rendements, ils ont acquis l\u2019intelligence et la certitude de l\u2019efficacité de la nouvelle méthode.Ils se proposent donc de continuer l\u2019exercice de cette méthode jusqu\u2019à ce que toutes les parties de leurs terres y aient été soumises; et pour y réussir avec plus d\u2019inielligence de la chose, ils souscrivent aux journaux agricoles, Déjà la Gazette des Campagnes, grâce surtout À la sage bienveillance de M.le Curé du lieu, compte un bon nombre de souscripteurs parmi ces cultivateurs bien disposés, et bientôt ce nombre sera doublé.M.Cantin avait commencé comme d'autres cultivateurs d\u2019un bon esprit.Il lisait attentivement le journat agricole que M.le Curé lui passait, et il eut bientôt le courage de mettre en pratique ccite lecture.\u201d Puisse done ce bon esprit duns le cultivatear, et cetie rage bienveillance dans le Prêtre se répandre partout, et li cause est gagnée ! Quelques détails maintenant.Deux ciloyens de St.Jean Chrysostôme ont recueilli, cette année, l\u2019un 1000 minots de navets, l\u2019autre TOU, et de grosseur et de qualité remarquables.L'un de ces citoyens, qui avait acquis, il y à quelques années, une terre en très-mau- vais ordre qui ne pouvait plus faire vivre son proprié taire et sa famille ; terre ruinée en partie par le systèm- de la routine, et de l\u2019autre ne rapportant plus que du chien-dent et autres herbes nuisibles, cst devenue toutefois entre les mains du nouveau propriétaire, depuis six ans qu\u2019il l\u2019a soumise au système de rotation, une terre déjà bien autrement productive que ci-devant ;\u2014 laquelle promet pour l\u2019avenir, si on l\u2019entretient cons tamment, un résultat assuré et croissant.Déjà aur ce champs, cette année, on a levé 120 voyages de foin.au lieu de 50 à 60 voyages qu'il produisait auparavant ; et encore quel foin ! L'autre citoyen de St.Jean, dont la culture est raisonnée, et dont les récolies en général répondent bien à ses soins, a recueilli 2000 choux, cetie année.Si on objecte les moyens pécuniaires de ces cultivateurs intelligents, qu\u2019on sache seulement faire en petit ce qu\u2019ils font en grand, le reste esti la portée de tous les cultivateurs.Semez moins, abandonnez la routine, fumez beaucoup, égoutez partout où il y a besoin, choisissez vos grains de semence ; et puis, sarclez quand il le faut, sachez bien labourer, n\u2019épuisez point le sol par des moissons toujours les mêmes, semez de la graine de foin avec vos bleds, votre avoine et le reste : voilà resque tous les secrets de ceux qui vous étonnent par les bons résultats de leur culture raisonnée.Ils n\u2019ont int d\u2019autres sortiléges que ceux là; c\u2019est leur Grand et leur Petit Albert! et leurs moyens pécuniaires, auxquels vous attcibuez uniquement leur succès, ne sont là que pour la quantité plus grande du terrain amélioré, nullement pour la valeur et la méthode de l\u2019amélioration elle-même.fr MEE 4 HISTOIRE DE LA QUINZAINE.Nous commencerons cette fois notre Quinzaine par un coup- d'œil jeté sur notre mére-patrie, PAngleterre.Des débats assez sérieux dans ses chambres législatives viennent d\u2019y traiter de nos destinées politiques et militaires.Certes, parmi les orateurs qui ont pris part à la lutte nous y voyons des défenseurs sincères et généreux, en même temps qu\u2019il faut y reconnaître presque des ennemis, ou du moins des indifférents.Le noble GAZETTE DES CAMPAGNES.1 duc de NewCastle, dont le nom désormais restera attaché glorieusement à nes destinées, s\u2019est rangé tout naturellement du côté favorable à nos intérêts, II veut un Canada aimé et pro- tégt par l'Angleterre.Il à été témoin parmi nous de la franche loyauté des Canadiens.Il a vu de près leurs ressources, leurs mœurs, leurs aptitudes, l'ensemble de tous leurs moyens pour devenir un peuple sage et heureux ; alors, chaque fois que le noble lord en a eu l\u2019occasion, il a aimé à la saisir pour faire triompher les intérêts canadiens qu\u2019il connaît plus qu'avcun de ses collègues.Il ne sera donc point de l\u2019opinion de ceux qui, en Angleterre, ne veulent rien moins que l\u2019abandon de notre colonie par la mére-patrie.On ne voudrait point nous fournir les moyens de nous défendre contre les ennemis de l\u2019Angleterre plus que contre les nôtres.ITeureusement pour nous le duc de New-Castle avec sa puissante influence n\u2019est point seul à représenter nos intérêts.De sorte que nous pouvons espérer qu\u2019une saine politique prévaudra en notre faveur, et que l'Angleterre verra que le Canada, bien autrement qu\u2019au temps de Le \u2018s NV, mérite d'être conservé et défendu.Les quelques arpents de neige de cette triste époque y sont changés en provinces dignes toul-à-fait de servir de joyaux à la couronne anglaise, quoique déjà si riche en colonies et en ressources de toutes sortes.S'il en est ainsi, c\u2019est donc à l\u2019Anglelerre, et nullement à la la province du Canada, à fournir la principale force militaire qui convient à la défense du pays.Qu\u2019après cela, nous présentions, à nos frais, une aide, un contingent à cette force, c\u2019est ce qu'il nous paraît aussi juste qu\u2019honorable pour nous.Les liens bien entendus entre la colonie et la mère-patrie sont réciproques : les devoirs comme les droits et les intérêts doivent l\u2019être de même, Sous un autre rapport qui ne tient point à nos intérêts privés, mais bien à l\u2019histoire du jour, qui intéresse tout le monde, on remarque de singulières et tristes choses en Angleterre : chuses qui, comme ailleurs et plus qu'ailleurs, vû le long subisme dans lequel est plongé ce grand empire, viennent de l\u2019absence des vrais principes et du règne, à leur place, de toutes les erreurs.Ainsi, après le divorce dans le mariage chrétien, proclamé, en Angleterre, et par Porreur religieuse ct par l\u2019omnipotence indue de son Parlement, voilà qu\u2019on tente d'y légitimer aussi l\u2019union incestueuse du beau-frère et de la befle-sœur : crime dont le scandale fut donné, comme on sait, par le roi Hérode, et qui condamné liautement par le saint Précurseur, valut à celui-ci la pcine de la décapitation.Or, cela se passait au temps même où le divin législateur habitait avec les enfants des hommes, et où cette loi primordiale était sanctionnée par sa présence.Depuis, cetle même loi est restée dans le dépôt des lois de l\u2019Eglise.Rien donc de plus clair.Cependant aujour- hui un grand empire reputé chrétien, qui déjà, depuis trois siècles, à failli plus d\u2019une fois renverser tout-à-fait l'arche sainte des vraies doctrines, semble vouloir en venir aux derniers aflentats contre les lois sacrées du mariage chrétien.Déjà, tout récemment, le baptême chrétien, la divinité du Christ, le lien indissoluble du mariage, la divine inspiration de la Bible, et bien d\u2019autres vérités sacrées, y ont été défigurées ou mises à néant par le pouvoir humain ou par la liberté d\u2019examen.De sorte que bieniôt on ne saura plus, dans ce pays, à part les congrégations catholiques qui y vivent et progressent, malgré la confusion générale des sectes, si, au train qu\u2019y vont les choses, il restera assez de bons principes pour y faire vêge- ter encore longremps la société, l\u2019état, la famille et l\u2019individu.Hélas?c\u2019est bien aujourd\u2019hui le mal commun, plus ou moins, dans tous les Etats européens.Aussi sont-ils murs pour le châtiment par la grande verge de ln Révolution qui approche et qu\u2019ils commencent à redouler.Un autre signe des temps et des doctrines, en Angleterre, est donné même du haut du tréne.Rompant avec les traditions séculaires de la royauté chrétienne, notre Gracieuse Reine Victoria se dresse, dit-on, un monument daus un simple jardin.C'est là, dit-elle, qu\u2019elle veut reposer après sa mort, avec l\u2019époux qu\u2019elle ne cesse de pleurer.En d'autres temps, qui furent ceux de l\u2019Angleterre même protestante jusqu\u2019à son prédécesseur royal immédiat, un temple chrétien, consacré tout spécialement à cette fin, recevalit et conservait les cendres chrétiennes des chefs de la nation.I! en était partout ainsi chez les autres peuples depuis, on peut dire, que le christianisme monta sur le trône dans Ja personne de Constantin le Grand.Aujourd'hui, après seize siècles d\u2019une tradition aussi sainte devant Dieu que hautement convenable à Ja dignité royale devant les hommes, la Majesté royale se refuse elle-même aux honneurs et aux avan- lages sacrés de cette longue et vénérable tradition.Déjà il est vrai, au premier quart de ce siècle, on a déposé la royauté de Napoléon 1er au temple des frvalides, digne sépulture assurément d\u2019un héros et d\u2019un chrétien.Mais St.Denis est le tombeau obligé des rois de France : c\u2019est pourquoi l\u2019on dit que tôt ou tard, si le neveu peut venir à bout d\u2019asseoir en France, per- manemment la succession dynastique de l\u2019oncle, les cendres du grand Empereur laisseront les Invalides pour aller reposer sous les dalles de St.Denis.Alors Dieu et le temps auront enfin, il semble, consacré cette lignée impériale après tant de vicissitudes ; et la tradition aura eu encore raison, elle aura vaincu les aberrations d\u2019un siècle livré à tout vent de doctrine, de sentiment ou de fantaisie.Les rois que fait et défait le peuple, à la façon du jour, peuvent dormir partout leur dernier sommeil ; mais les rois qui ne régnent que par Dieu, ont droit aux honneurs sacrés du temple, parce qu\u2019ils ont été envoyés comme les évêques du dehors pour protéger les peuples dans la justice et la vérité.C\u2019est pourquoi, les rois sont encore appelés par St, Paul les mirristres de Dieu pour le bien.Il semble heureusement que l'Angleterre, à bout d\u2019erreurs, va revenir enfin à cette foi unique et suuveraine qu'un roi cruel et sans mœurs lui a fait perdre.Voilà que depuis plusieurs années le clergé anglican, les universités mêmes, les grands corps publics, les plus illustres citoyens recrutent le catholicisme d'hommes les plus éminents.Les temples catholiques augmentent en nombre, agrandissent leur enceinte pour recevoir la foule des fidèles.Des conversions journalières, toujours va ge 12 GAZETTE DES CAMPAGNÉS.progressives, ct opérbes en des bommes de toute nation, dans ce grand centre du commerce universel, grossissent cette foule des fidèles.Des communautés religieuses d'hommes et de femmes, wonsacrées au besoin spirituel el matériel de l\u2019humanité, surgissent ct se perpétuent rapidement dans les principales villes.Enfin, voilà que Londres, grâce aux efforts de l\u2019illustre Cardiual Wiseman, va voir s\u2019élever dans son immense enceinte un autre Suint-Pierre, un temple catholique à dimentions monumentales.Là, comme à Rome, tous les peuples chrétiens y pourront prier chez eux.\u2014Le jour des réparations est-il donc venu pour ce grand peuple, pour cette Ze des Saints! Toujours est-il que les chose en sont là, et que de nombreux catholiques, cn France surtout et ailleurs, prient depuis longtemps pour le retour de l\u2019Angleterre à la vraie foi.Ces prières, qui Oserait dire aujourd\u2019hui qu'elles ont été vaines ?Au contraire, qu\u2019elles continuent à s\u2019élever vers Dieu pour un peuple si propre aux grandes choses tant du domaine de l\u2019âme que pour l\u2019avantage de l\u2019ordre temporel, public et privé.En cffet, quel poids puissant et protecteur l\u2019Angleterre ne mettrait-elle pas aujour- d'hui dans la balance des intérêts sociaux des peuples curopéens, si elle était catholique! Au lieu de propager l'esprit révolutionnaire par ses émissaires et ses hommes d'Etat, sous le couvert du protestantisme, ce foyer trois fois séculaire de toutes les indépendances ; el par son constitutionalisme qu\u2019elle élève presque à la hauteur d\u2019un dogme, et dont elle fait une panacée gouvernementale sous prétexte de libérer les peuples, même ceux les moins fuits pour ce régime forcé ; au lieu, disons-nous, de semer partout l'esprit d'indépendance chez les peuples, si l'Angleterre, revenue catholique, s\u2019employait à la paix du monde en le raimenant sur ses vraies bases sociales, qui ne peuvent être retrouvées que dans le catholicisme, quel magnifique rôle il lui adviendrait dans ce grand œuvre ! Le pressent-elle?.Ce il y a de consolant c\u2019est que la vérité sur le drame infâme que jouent en Italie la Révolution et le Piémont, commence à st faire chez le peuple anglais ; et ce, jusque dans l\u2019enceinte de son Parlement.Ispérous donc et prions, nous canadiens attachés politiquement aux destinées sociales de la nation britannique, que Dieu ajoute à toutes les forces naturelles dont il l\u2019a douée, celles bien plus sûres que donne l'unique foi divine qu\u2019elle a perdue.Dans notre dernière revue, nous disions un mot touchant les houveurs qu\u2019a reçus en France de la part du gouvernement l'institution anti-sociale et anti-chrétienne qu\u2019on nomme la franc- maçonnerie.On ferait toute une bibliothèque des auteurs les plus graves, les mieux autorisés, les plus éclairés, qui ont mis à jour les dangers sociaux et individuels qu\u2019ensère cette institution à mille formes, mais aboutissant à un seul but définitif, toujours proserit jusqu\u2019ici, avec grand droit, par la société, la politique et l\u2019église chrétienne.Aujourd\u2019hui, grâce toujours à l\u2019absence ou à la confusion des principes, les princes, les chefs des nations, dans le protestantisme surtout, sont gozetlés publiquement comme francs-magons, ou aspirants uux mystères maçonniques.Dans le catholicisme, cette incompréhensible anomalie s'est fait remarquer assez récemment dans la famille des Buonaparteslorsqu'il s\u2019est agi de la lutte présidentielle du grand-orient entre le prince Napoléon et le prince Murat ; et, en second lieu, lors de la discussion malheureuse et toute récente, dans Jes chambres françaises, au sujet de la Société de la St.Vincent de Paul.On sait qu\u2019elle eut l\u2019honneur d\u2019être mise en parallèle avec ta franc-maçonnerie.lt voilh encore des signes, s\u2019il en fut jamais, de l'époque néfaste que nous traversons.En Italie, les détails qui se présentent sont que tout se prépare pour arriver à la fin.Les peuples s\u2019ameutent ; la Révolution, avee Garibaldi et Mazzini, s\u2019exerce déjà au tir national ; Emmanuel se voit sincèrement débordé, et son nouveau ministre, IRatazzi, ne sait où donner la tête, 11 invoque bien PEmpereur plus que jamais ; il le fait presser en tout sens: méme il ira à l\u2019aris, dit-on.Mais le moyen pour l\u2019Empereur de contenter tout le monde et le Piémont ! Et voilà aussi où en est l'Empereur.De son côté il fait bien quelque chose pour son royal protégé ; Lavalette ct Goyon en savent plus qu\u2019il ne faut là-dessus pour leur tranquillité et pour l'honneur de la justice et du droit.En attendant, les évêques du monde catholique se rendent tout paisiblement à Rome, centre aujourd\u2019hui de la tempête qu\u2019on inédite et qui peut éclater au moment même que réunis à leur chef, ils acclameront avec lui la gloire céleste des véritables héros chrétiens et des plus sûrs protecteurs des peuples.Que Dieu les assiste ?que Dieu les protège ! Le Beurre.Ci-suit l\u2019extrait d\u2019une lettre reçue d'une personne haut placée dans notre société.Nous traduisons de l\u2019anglais : # .v.Monsieur, voici un sujet sur lequel je prends la liberté d\"attirer V'attention de votre Gazette, et je suis cerlain qu\u2019elle s\u2019en occupera avec intérêt.Je veux parler de la manière de préparer le beurre pour le marché.Les cultivateurs ont l'habitude de se servir de gros sel au lieu de sel fin, qui n\u2019est presque pas plus dispendieux.La conséquence est que le beurre ne peut être transporté sur les marchés étrangers sans être préparé de nouveau.De plus, cet article, au lieu d'être placé daus des petites tinettes, grossièrement faites, devrait être mis dans des vases propres et étanches, de plus, il devrait être couvert d\u2019un linge blanc.Par leur pro- céde, les cultivateurs diminuent le prix de leur beurre.Pourtant toutes les paroisses d\u2019en bas pourraient, comme bien d\u2019autres, fournir une quantité considérable de beurre pour l\u2019exportation.Je suis certain que vos efforts réussiront à opérer ce changement.\u201d Cette correspondance nous fournit l\u2019occasion de faire quelques réflexions sur le sujet qu\u2019elle traite, et nous la saisissons avec empressement, car nous croyons être utile, Ily & plusieurs conditions à observer pour faire de bon beurre, nous allons les signaler.En premier lieu, la propreté la plus grande doit être la vertu favorite de la fermière et l'accompagner à l\u2019étable comme à la laiterie.Elle doit éloigner de cette dernière tout ce qui peut en vicier l'air, tenir le plancher et les murs toujours nets.En second lieu, comme l\u2019air est l\u2019agent le plus actif pour faire sortir la crême du lait, il faut lui donner le plus grand jeu possible, conséquemment les terrines ou les vases en fer hlanc.destinés à contenir le lait, doivent être trés-larges GAZETTE DES CAMPAGNES.13 \u2014 du laut et retréeis du bas et doivent rester découverts.Lorsque le lait en est retiré, il faut les laver avec de l\u2019eau bouillante et les frotter de manière à enlever toutes les parties de crême où de lait qui auraient pu s\u2019y attaches, ensuite on les rinee à l\u2019eau froide et on les fait sécher avec soin.En hiver comme en été, on doit s\u2019efforcer de conserser à la laiterie la méme température ; car si par un excès de chaleur la crôme monte trop vite, ou si par une tempéralure trop froide, elle monte trop lentement, elle s\u2019altôre.Dans le premier cas, elle prend une saveur aigre, et le beurre qu\u2019elle procure est mou et gras.Dans le second cas, elle sent le rance et elle produit un Leurre sec et cassant.Dour éviter ces excès, eu élé on place ln laiterie à l'ombre et on établit un courant d'air capable de refroidir la température intérieure, en hiver on chauffe faiblement.Ea Canada, Pusage de n\u2019enlever la crôme que lorsque le lait est coagulé est assez répandu, cependant cet usage nuit à la qualité et à la conservation du beurre ; surtout si on attend que le lait soit acide (sûr).Les cremières ne doivent pas être prises indifféremment, et il est très-important de choisir un vase où la crôme ne puisse pas être alterée par son contact avec le vase.Un vase en terre cuite, en graie ou en frène n\u2019offrira aucun danger, surtout s\u2019il est fermé avec soin.Chaque fois qu'on y verse de la crême sur celle qui y est déjà déposée, il faut avoir soin de brasser et de les mêler ensemble.La crême ne doit pas rester dans la cremière plus de cinq à six jours.Plus tôt vous séparerez le beurre du lait de beurre, plus le pre- tnier sera doux et fin.Mais pour conserver cette qualité, il faut qu\u2019il soit parfaitement purgé du lait de beurre.Pour que le battage de la crême opère promptement en été, il faut travailler dans le lieu le plus froid, à sa disposition, par exemple, dans la cave, si elle est assez élevée ; en biver, dans un lieu faiblement réchauffé.Quant au battage, l'instrument en usage presque partout et appelé moulin à beurre, offre de grands avantages sur la baratte.Autant que possible, il faut retirer le beurre du moulin, dès qu\u2019il est en grains, car alors le lait de beurre n\u2019a pu se renfermer entre les parties grasses, on le fait sortir entièrement, le lavage est plus facile, et le produit plus agréable au goût.Pour pétrir le beurre, il faut se servir de cueilléres ou de palettes de bois, et ne se servir des mains que lorsqu\u2019on ne peut faire autrement ; et dans ce cas, il faut que les mains soient nettes et pures de toute transpiration.Pour la salaison du beurre, nous dirons avec notre correspondant: Servez-vous de sel fin, car il pénêtre plus facilement toutes les parties, se dissout plus aisément ; évitez le gros sel, car il ne peut atteindre que certaines parties de la masse, se dissout péniblement ou pas du tout, son effet est presque nul et par là est cause que le beurre est traversé cn tout sens par des veines de différentes couleurs qui ne sont rien moins que des parties détériorées.Placez-le dans un vase propre et bien clos, qui ne permette pas à la saumure de s\u2019en échapper, et qui le mette à couvert du contact de l'air extérieur.Si c\u2019est possible servez-vous de vases de graie, de frène ou de bois dur.Aussitôt que votre beurre est dans son vase, versez-y de la saumure, qui se répandra entre le contenu ct ce vase.Courrez-le ensuite d'up linge bien blanc et bien net, imbibé de seumure, et mettez-y de plus une couche de sel.Que le couvercle close le vase parfaitement.En employant ces moyens vous augmenterez de beaucoup le prix de votre beurre, car il pourra être choisi pour l\u2019exportation à l\u2019étranger.Ainsi à l\u2019œuvre et quecès.etme, EI fre eens Crédit Foncier.Nos lecteurs savent déjà qu\u2019une grande assemblée des délés gués du Bas-Canada a été tenue à St.Hyacinthe, le quinze du mois dernier, dans le but de s'occuper de l\u2019établissement d\u2019une banque agricole.Aujourd\u2019hui cette question est à l\u2019ordre du jour, elle fait le sujet des conversations de tous nos cultivateurs.Le manque d'argent, les intérêts ruineux qu\u2019on impose à ceux qui sont dang la nécessité d'emprunter, tout leur fait désirer l\u2019établissement d\u2019une banque où ils pourraient emprunter à des intérêts réduits, à des conditions faciles.Voici ce que nous disait ces jours derniers un cultivateur bien pensant + \u201c Il faut, de toute nécessité, que le Gouvernement et les Chambres nous viennent en aide, soit en passant une loi qui prohibe l\u2019usure, sous les peines les plus sévères, soit en favorisant l\u2019établissement d\u2019une banque, qui nous permette de laisser les usuriers à l\u2019écart avec leur cher argent.\u201d Nous espérons que ce trop juste désir sera rempli, et que dans cette Session même, on eo viendra à l\u2019une ou l\u2019autre détermination.\u201cNous ne pouvons douter un instant du bon vouloir de nos législateurs envers la classe agricole.Chemin Taché.Nous nous empressons de donner insertion à la Correspondance qui suit, vû les services qu\u2019elle peut rendre à bon nombre de nos lecteurs.L\u2019Agent des Terres de la Couronne pour les cantons désignés dans cette correspondance, y fait preure, comme toujours, de son zèle à favoriser la colonisation.Au nom de tous les intéressés nous l\u2019en remercions, M.le Rédacteur, Permettex-moi de choisir la voie de votre importante et utile publication, pour porter à la connaissance de ceux qui désirent s\u2019établir sur les terres traversées par le Chemin Taché, dans les Cantons Garneau, Lafontaine et Chapais, que je suis chargé par le Gouvernement d\u2019octroyer de suite Jes lots qui se trouvent dans cette partic du Chemin, à ceux qui en feront la demande.Pour plus d\u2019éclaircissements, voici comment sont situés ces cantons : Le canton Garneau se trouve vis-à-vis la paroisse de Nt.Jean Port-Joli ; le canton Lafontaine, vis-à-vis St.Roch des Aulnets ; et le canton Chapars, vis-à-vis les paroisses de Ste. 14 GAZETTE DES CAMPAGNES.Anne ct de la Rivière-Oucile.Tons ces cantons, situés sur la même ligne, sont à une distance d\u2019environ 8 lieues du fleuve St.Laurent.Voici la liste des lots qui restent à octroyer, ce jour, sur la partie du Chemin: Zaché dant il est ici question : CANTON Gaguzau Haze du coté nord du chemin\u2014Lots, numéros 3, 4, 17, 22, 23, 24, 25, 26, 27, 28, 29, 30, 31, 34, 35, 36, 37, 39, 40, 41, 42, 43, 100 acrea; 44, 106 acres.du chemin\u2014Numéros 2, 3, 6, 13, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 7, 29, 30, 31, 32, 33, 34, 3b, 36, 40, 41,- 42, 43, 100 acres ; 44, 106 acres.CanTtox LAroNTAINE\u2014 Rang du cété nord du sud du chemin\u2014 Lots wuméros 11, 12, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 102 acres ; 39, 125 ac; 40, 120 ac; 41, 115 ac; 42, 109 ae ; 43, 105 ac , 44, 104 ne ; 15, 46, 47, 48, 49, 50, 51, 52, 100 ne ; 53, 94 ac ; 54, 74 ac ; 65, 56 ac; 56, 21 acres.Bang du côté sud du chemin\u2014Numéros +5, 98 ac ; 33, 132 ac ; 34, 136 ac ; 35, 144 ac ; 36, 58 ae ; 37, 66 ac ; 88, 73 ac ; 39, 79 ac; 40, 85 ac ; 41, 91 ae ; 42, 97 ac ; 43, 101 ac ; 44, 45, 46, 47, 53, 54, 55, 106 ac ; 56, 119 acres.Cantox Cuarais\u2014Rane du côté nord du chemin\u2014Depuis lo Int numéro 1 jusqu\u2019a 51, 100 acres.Rung du cité sud du che- nrin\u2014Depuis le lot numéro 1 jusqu\u2019à 41, 100 ac ; 42, 76 ac ; 43, 44, 45, 46, 100 nc ; 47, 92 ac ; depuis le lot numéro 48 jusqu\u2019a 42, 100 acres.Voici à quelles conditions : # TI sera octroyé 100 acres de terre à tout colon âgé de 18 uns.« Il devra prendre possession de la terre dans Je cours d\u2019un - mois, et mellre en culture au moins douze acres dans le cours de quatre uns, y bâliv une maison d\u2019au moins 20 x 18 pieds, * et résider sur le lot jusqu\u2019au parfait accomplissement des conditions d\u2019etablissement ; après quoi seulement il aura droit à \u201cun titre de propriété.Les familles composées de plusieurs colons ayant droit à des octrois gratuits pourront demeurer % sur le même lot et être exemptées de l\u2019obligation de bâtir et \u2018+ de résider, excepté sur le lot sur lequel elles demeurent, pour- - vu que le défrichement requis soit fait sur chacun des autres lots.» Le manque d'accomplir ces conditions entraînera la perte - immédiate du lot de terre assigné qui sera vendu ou octroyé + de nouveau.\u201c Ces chemins ayant été construits aux frais du Gouvernement, les colons seront obligés de les tenir en bon état de * réparation.\u201d Je saisis cette occasion pour prier les personnes qui demandent des terres par la voie de la poste, de bien préciser dans leurs lettres le numéro du lot de terre qu\u2019elles reclament, avec aussi, le rang où il se trouve, soit au nord soit au sud du chemin, rt le nom du canton ou towasbip.Sur les lots qui contiennent plus de 100 acres, il est chargé une somme de $4 pour le surplus qui s\u2019y trouve, poursu que ce surplus ne dépasse pas 16 acres; dans le cas contraire, alors, rhaque acre au-dessus de 100 acres donnés gratuitement coûte 15.6d., payable lors de la demande du fot.Dour éviter aux personnes d'une même localité les déponses d'un voyage et lu perte de temps, nous leur canseitlons de déle- suer deux ou trois d\u2019entre eux et les charger de choisir pour cux les lots qu\u2019ils désirent prendre.Je termine avec la persuasion que cet envoi vous scra agréable, puisqu'il vous permettra d'étendre davantage le cercle des nombreux services que vous rendez déjà à la classe.agricole du pays.Agréez, monsieur, l\u2019assurance de mon parfait dévouement, et ~royez-moi Votre obéissant serviteur, STANISLAS DRAPEAU.st, Jeau Port-Joli, 3 mai 1862.Rang du côté sud | Courrier du Canada.Pour l'encouragement de nos lecteurs, nous donnons ci-après l\u2019appréciation que le Courrier du Canada fait de la Gazette des Campagnes.Nous le remercions de ses bienveillantes paroles.\u201c La Gazette des Campagnes, journal du cultivateur et du colon, qui s'était vue forcée, à la suite de circonstances fà- cheuses, d'interrompre sa publication, vient de réparaitre.D\u2019après les nouvelles combinaisons, cette intéressante publication paraît se trouver dans de bonnes conditions de solidité et de: prospérité.Elle se publie maintenant à Sainte-Anne de la Pocatière.Le nouveau propriétaire-gérant est M.Firmin II.Proulx, homme intelligent, qui a longtemps travaillé dans les ateliers du Courrier du Canada.Nous ne savons pas le nom du rédacteur agricole de la feuille, mais nous le voyons à l'œuvre dans les deux numéros qui ont déjà paru : style sünple, clair, coulant ; langage qui convient parfaitement aux cultivateurs ou habitants.Veut-il par exemple, demontrer la nécessité d\u2019améliorer le soi, il a une manière de preuve qui, mieux que tous les raisonnements didactiques, détruit les préjugés, frappe les esprits et y porte la persuasion.Voyez comme il renverse le préjugé, malheureusement trop répandu dans les campagnes, qu\u2019il n\u2019est pas possible d\u2019améliorer les terres.\u201d (Ci-suit une assez longue citation de notre dernier article.) \u2014\u2014\u2014\u2014 Bon exemple à suivre.Si jamais paroisse s\u2019est montrée digne d\u2019être citée comme modéle dans l'encouragement qui nous a été pccordé, c\u2019est bien celle de Notre-Dame de Lévis.Cetle paroisse, à l'appel de son pasteur, nous a envoyé 72 abonnements, çt promets de nous en envoyer encore presqu\u2019autant.D\u2019autres localités marcherout bientôt sur la même ligne que Notre-Dame de Lévis et Ste.Anne de la Pocatière, si le zèle des amis de notre Gazette se soutient.Nos remerciments pour l\u2019envoi des brochures suivantes : Tableaux du commerce et de la navigation, pour la prosince du Canada, pour l\u2019année 1861.Rapport du Commissaire des Terres de la Couronne, du C'a- nada, pour l'année 1861.Rapport du Maître-Général des Postes, pour 1861.Comptes publics de la province du Canada, pour 1861.Nous remercions aussi ceux des amis de la Gazette qui nous ont adressé des lettres pleines de bienveillance.Quoique nous nous reconnaissions indigne des éloges que contiennent ces lettres, nous n\u2019en savons pas moins gré à ceux qui, pour nous encourager saps doute, nous les adressent, Deux correspondances remises faute d'espace.A nos abonnés.Le Propriétaire-Gérant de la Gazette prie les abonnés de loi pardonner le retard de quelques jours apporté à la publication de ce numéro.Ce retard, oecasionné par le transport de sa famille de Québec à St.Anne de la l'ocatière, devant nécessairement avoir lieu à cetle date, ne se renouvellera plus; i} peut assurer que la publication se fers maintenant régulièrement. GAZETTE DES CAMPAGNES.15 hs = RECETTES AGRICOLES.Ibs deux receltes qui suivent ont été expérimentés bien des fois eb toujours avec le plus grand succès.Nous les avons déjà vonseillées nous-mêmes et les personnes qui ex ont fait usage n'ont eu qu\u2019à s\u2019en féliciter.Soins à donner aux moutons après la tonte.Aussitôt après la tonte des moutons frottez-les avec lv mélauge suivant : Pour quinze moutons prenez une chopine et dernie d'huile de morue où autre huile à éclairer, mélez y un Quarton de souffre vt enduisez vos moutons.Il n\u2019est pas nécessuire de les couvrir entièrement de ce mélange, il suffit de faire des bandes de deux pouces de largeur sur la longueur du mouton, et «listantes les unes des autres d'un pouce.Il faut éviter den mettre sur lo pis des brebis.Voici quel devra étre lé résultat «de votre opération : Les poux, si vos moutons eu ont, disparaîtront entièrement, les œufs de ces poux «léjà déposés sur la peau seront entièrement détruits, es les matières étrangeres qui encrassent la peau seront enlevées ,vur faire place a la plus grande pro etd.De plus la laine poussera plus abondante et plus fine.Trois à quatre jours après celte opération, lavez ces moutons avec de l\u2019eau salée et évitez qu\u2019ils prennent du froid.Pendant ces trois À quatre jours qui s\u2019écoulent entre la première opération et la seconde, il est plus prudent de ne pas les mettre au soleil.Destruction des poux et des vers chez les bêtes à cornes.- \u2014_ ll arrive fréquemment que des vers blancs qui, plus turd deviennent de véritables chenilles, s\u2019introduisent dans la peau des bêtes à cornes, au-dessus de l\u2019épine dorsale.Ces insectes cau- seut Leaucoup de mal aux animaux qu\u2019ils visitent: leur fout perdre leur embonpoint, les font maigrir excessivement et souvent seuveut même leur donner la mort, si on néglige (le fes détruire, Fous éviteres ces mauvaises conséquences si Vous employez le remêde suivant : Prenez de l\u2019huile d'éclairage, comme dans le vas précédent, faites-la chauffer jusqu\u2019à ce qu\u2019elle soit prête à bouillir, alors servez-vous en avec la main, ou un morceau d'étoile ; frottez fortement les endroits affectées ; au bout de deux ia rois Jours lavez les parties enduites avec de la saumure et c\u2019en sera fait de cos ennemis do nos animaux.Le même procédé peut être employé pour détruire les poux et les insectes de toutes vspèces qui s\u2019allachent à faire la guerre aux animaux et même | P' aux personnes ; mais dans ce dernier cas on ne devrait pas se servir dl\u2019huile chauifée.VARIÉTÉS.MÉMOIRES D'UN DÉPHATÉ A LA GUYANE PRANÇAISE.Et elle alla avec un gros soupir déposer son livre de messe à la place accoutumeée.Z Oh le vilain ! s\u2019écria-t-elle en se retournant rouge de plaisir, oh! le vilain ! qui m°a trompée.Elle tenait à Ja main une Yettre & mon adiesse avec uu beau cachet de cire verte.C'était la première que je recevais, ot elle venait de mon cher André.Nous la limes à haute voix et avec force commentaires ; de la journée il ne fut plus question que de la lettre qui, remise précieusement sous son enveloppe, fut soigneusement plucée dans le bahut.Chaque quinzaine, à pareil jour, André continua à nous écrire.Enfin, le mois d'août arriva, et nous fmes de nouveau réunis; mais alors c'était déjà un savant, il avait cemporté deux prix, et parlait d\u2019entrer dans une édble militaire.Plus modeste dans mes désirs, je n\u2019avais alors d\u2019autre ambition que de rester auprès de mes parents adoptifs.J'avais déjà treize ans lorsque £ fis ma première communion ; je savais alors lire et compter trés-passeblement, et j'aurais pu téciter à rebours mon catéahisme, depuis la dernière page jusqu\u2019à Na première.Combien mon âme était pure à cette époque! je croyais en Dieu fermement et je l\u2019aimais du fond de mon cœur.Aussi, ce fut avec un grand recueillement que jo me préparai à le recevoir.Au moment où, si loin de la France, j'écris cex lignes, je conserve encore l\u2019image commémorative que le curé donna à chacun do nous en cutte vecasion.Cette grunde et tou- chantu cérémonie fut pour moi la transition de l\u2019enfance à la jeunesse.Lé lendemain du jour de Pâques, mon père, qui depuis quelques mois avait cessé de me traiter en enfant, mo fit venir eu présence de ma mère, .\u2014 Pierre, me dit-il, avjourd\u2019hui tu es un homme et uid te parler sérieusement: nous t'avons jusqu\u2019à présent regardé comme un fils, et nous nous engageons à te trailer toujours comme tel; mais il est jusie quo lu commences à travailler pour nous.Tu sais lire, écrire et compter, c\u2019est toi qui seras chargé de tenir notre livre de dépenses, ot tu t\u2019oceuperas du jardin avec ta mère : dans un an ou deux, si tu fais bien, je te prendrai avec moi pour les oliviers et les garances.Je ne puis pas te faire riche ; mais si tu nous écoutes, tu deviendras un bou et honnête fermier, et peut être un jour pousras-tu avoir une ferme a toi.Crains Dieu, jonore les parents, fuis les mauvaises compagnies, ne désire pas ce que lu né peux pas posséler justement, et tu seras heureux.Je promis en pleurant de me souvenir de ces conseils.\u2014 Que Dieu te bénisse comme nous te bénissons, ajouta-t-il en posant la main sur ma tête.\u2014Que la Vierge te protège et te bénisse, dit ma mère en me passant au cou une petite médaille.À partir de ce jour, j\u2019entrai sérieusement dans la vie, et les au- nées qui suivirent s\u2019écoulérent rapidement duns le caline et dans le bouheur.André s\u2019engagea dans un régiment ; 1108 parents n\u2019a- vaieut pas le quoi payer son école: il y renonça bravement.C'était un beuu Jeune homme, pas grand, mais fort, leste et hardi.It choisit pour anne le régiment des chasseurs de Vincennes dont le dépôt se trouvait alors à Draguignan.Un an après il vint passer quinze jours avec nous; il \u2018était déjà corporal et partait pour lu guerre d'Afrique.Je ne l\u2019ai revu depuis que dans une bien triste circonslunce.George vst marié.Louis dirige maintenant la ferme où s\u2019est écoulée notre enfance.Comme me l\u2019avait prédit mon pére, je devius un excellent ouvrier, et ma réputation de bon travailleur me valut souvent des offres avantageuses, quo je refusais tant que mes deux frères furent incapables de me remplacer.Mais ensuite, je ne voulus plus être à leur charge: je n\u2019avais aucun droit de artager le modeste héritage de cenx qui me regardaient comme four tére.Dieu m'avait donné la force et la santé, le plus récieux capital d\u2019un ouvrier.Bien décidé à partir, j\u2019allai consulter le bon curé qui, alors âgé de quatre-vingts ans, était resté pour moi le guide le plus affectueux.Je lui fis part do mu résolution : il Papprouva, tout en m\u2019exhortant a ne pas me hâter et à attendre une occasion favorable, Elle ne tarda pas à se présenter.Un riche spéculateur venait d\u2019acheler, le long de la rivière du Var, un vaste terrain maréea- eux qu\u2019il voulait drainer pour y cultiver la garance et le mârier.\u20ac stie exploitation n\u2019était, disait-on, qu\u2019à trois lienes de la maison et nécessitait un grand nombre d'ouvriers.On lui parla de moi ave@bloge ; il vint à la ferme sous prétexte do visiter nos plantations, me conduisit à l\u2019écart et tne dit le véritable motif qui Pavait amend ; il me dépeignit les avantages nombreux que j'aurais si je voulais n\u2019attacher à son service, me proposant, outre une bone rétribution, une part des profits éventuels.A la première vue, cet homme ne me déplut pas ; il était petit ct replet, sanglé dans son habit bleu, avait les cheveux rouges coupés en brosse, et de petits yeux brillants de malignité ; malgré cela, l\u2019expression de son visage ne manquait pas de douceur, et si sa voix était rude, ses paroles étaient pleines de bonté.En un mot, c\u2019était tout le rirait du bourru btenfaisant.J'aurais désiré réfléchir, et je lui demandai deux jours.\u2014 C\u2019est une offre d\u2019or, me dit-il, j\u2019ai déjà reçu plus de vingt de- mondes; c\u2019est à prendre ou à laisser ; puis-je où non compter sur vous El me prêcha si bien que )\u2019acceptai.\u2014 À demain, me dit-il, j\u2019ai votre parole, je vous attendrai au village à quatre heures du soir.Je rentrai le cœur gros; ma mère était au jardin.\u2014Qu\u2019as-tu donc, Pierre?me dit-elle ; es-tu malade ?\u2014Non, mére, je vous remercie. i6 \u2014 Eu es pâle cependant, el je suis sûre que tu souffres.-\u2014Non, mère ; je me porte bien.Efle me regarda avec inquiétude et continua son ouvrage en ai- tence.J\u2019essayai de travailler À avoir une contenance, mais je n\u2019avais pas lu cœur à m'occuper; je jetai mon rateau et sortis me pro- meuer dans la campagne.Quand je reutrai, mun père, ma mère et mes deux frères m\u2019attendaient pour souper; ils ne m\u2019interrogé- rent pas, mais jo vis bien à leurs regards que mon état leur causait \u201cde Piiquiétude.Après le repas, mon père me lemanda de Pacrompagner au jardin.An bout de quelques pas, il s\u2019arréta.\u2014 Pierre, me dit-il, as-tu des secrets pour noi ?Pour touts réponse, je lui avouai ce que je venuis de faire et le tnotif qui m'avait poussé.l! me laissa aller jusqu\u2019au bout sans \"interrompre.\u2014 C\u2019est le premier chagrain que la ne causes, mo dit-il enfin, l'es pérais que tu te regardais comme de la famille.Puis, après qelques moments il ajouta : \u2014 Un horame ne doit avoir qu\u2019une parole : la tienne est onga- qée, que Dieu to conduise; mis sonviens-toi que la maison te se- 14 tonjours ouverte, ct ne nous oublie pas.It est inutile d\u2019en parser ce soir à Elisa, deinain il sera bien assez tôt.Ensuite il me demanda des détails sur la propriété, zur les oc- \u2018apations que j'aurais, ct me donna de bons conseils.Le len«e- lemain (ut un jour bien friste ; ma mère ne fit que pleurer jusqu\u2019au moment de mon départ; alors elle éclata en sanglots.Pavais aussi le cœur brisé; il fullat que mes frères préparassent eux- mênies mon paquet et ne mon père m\u2019avertit qu\u2019il était temps de partir.Alors je los embrassai tous une dernière fois et m°éloignai rapidemen.Au détour du chemin, je me retournai: ils étaient en- vare devant la porte et in°envoyèrent un dernier adieu.M.Hatrys m\u2019attendait au village ; je vis en arrivant le cheval attaché pres du cabriolet à un de ces arbres que je connaissais si ate, \u2014 Voilà ce que j'aime, mon garçon, me ¢ria mon nouveau mai- \u2018re de Ja porte de Pauberge.Eh! quatre heures juste, coulinua-t- Ven Grant une grosse montre «l\u2019or dont les breloques tombaient en \u201cascade sur son ventre rebondi.Jacques, mets le cheval pendant \u201ctue nous allons boire une bouteille de bienvenue.Hé! la Zounet, in cachet vert et denx gobelets ! J'étais fort pea en train de boire, et j\u2019avais plus envie de pleurer que de rire; cependant, comme jo ne voulais pas faire dés le aremier moment quelque chose de désagréable à une personne dont ma position et a fortune dependaicnt, je me forgai, el nous nous atabldmes.line parla encore de ses projets, m\u2019appris qu\u2019il était Américain, mais qu\u2019ayant marié une de ses filles en France, il tait voulu I\u2019y suivre, et qu'il s'était fait propriétaire pour se créer les occupations.Une heure aprés, nous roulions rapilement sur le chemin des \\ulnaies.C\u2019était la première fois due je faisais cette route ; mais, à la vitesse avec lagnelle nous allions etau temps que nons mimes, ;e caleulai que la ferme était au moins à six lieues du village, Eufin, je vis à horizon une grande ligno de peupliers et d\u2019ormeaux, à l'ombre desquels coulait le Var.Lo sol s\u2019inclinait sensiblement vers cet endroit ; bientét nous fûmes en plein marécage : les herbes melées de joncs convraient la plaine, où l\u2019on apercevait ça et là de larges flaques d\u2019eau et «les bouquets d\u2019aunes avec leur grosae téte chevelye et leur trone courtet coutourué.Du reste, pas la moiudre culture.i \u2014 Voilà ma propriélé, me dit M.Harrys d\u2019un air triomphaut ; Je lai achetée une piastre l\u2019arpent.Bonne spéculation, eh! ma- snifique spéculation ! ; Et il se frappa sur Je ventre pour témoigner sa joie.\u2014 Où suis-je venu me fourrer?pensai-je en moi-même ; oh ! ma ferme, ma jolie ferme, si jolie, ai bien tenue! je l\u2019ai quittée pour venir habiter un trou à grenouilles, saus compler que la fievre et le mauvais air doivent être ici de rudes travailleurs.L'Américain comprit sans doute à ma physionomie ce qui se assait en moi.\u2014Hé! hô! si vous éliez Kentailien, vous ne vous eflrayeriez pas ur si peu, mon cher; vous antres Français, vous attendez que foe cailes vous tombent tons rôties du ciel ; mais nous, c\u2019est ditfé- rent : prenez palience ct vous allez voir si j'ai fait une mauvaise affaire.(A continuer.) GAZETTE DES CAMPAGNES.ee me mn OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES, Mars 1868, Faites à P Ecole & Agriculture de Ste.Anne de la Pocatière.AT degrés, 29 moimeies ot 7 arcades de Iutitade Nord.70 degrés, | nuèvute 40 sronndon de bongiinds Dut # AGL A.M, | A3h.P.M.| A 10h.P.M.ÉTAT = L, 2 be ï Baru- di = |Baro- Ef 2 Baro- gel ë 3 [mètre mêtre (É$| > |mêtrels$; = CIEL.2 =] 1129.11034°N-E 29.N J:9.410j81-N [Couv\"t, neige j20.54023-|S 29.S-0 H9.570/30\"|S-O [Três-beau.3729.61024°15-0 29.N-O R29.55028\" Trés-bean.9.380,30\" |N-O 29.N-ER9.170{33\" Couvent.29.130,32\" |N-E 29, INE 29.230533° Veigeus 9.21031* N-E 29.N 29.206037 Neigeux.9.25031\"|N 129.N-E [29.4232 IN-F [Couvent, 9.55031\" (N-E 29.E R9.750131° Demi couveut 9.880 32
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