Le bien public, 30 juin 1977, jeudi 30 juin 1977
[" soco.Gan- 19 ouost TU Montreal 2Y 184 Trois-Rivières, Nos 26, 27 et 2 Vendredi, les 30 juin 8 et 15 juillet 1977 1563, nue Royale Trois-Rivières, Qué.Tél.378-8404 gu Microfilm 1nd: e Le Royer sopte Envegistrement numéro 0475 Courrier de la Deuxième classe Port de retour garanti Abonnement $5.00 par année L copie.20 cents Le malaise canadien Au Canada anglais, on se railie de plus en plus à la thèse voulant que le Québec puisse se résoudre Un jour au séparatisme malgré le coût économique élevé d'une telle opération.C'est l\u2018admission de cette possibilité qui a poussé le you- vernement fédéral a créer le dispositif d'urgence Pépin-Ro- barts pour sauver le Canada, dont on entendra beaucoup parler.Flegmatiques et réalistes devant les faits, les Canadiens anglais n'ont plus guère d\u2019illusions sur la crise constitutionnelle qui secoue le pays.Pour eux l'unité canadienne n'est plus affaire de décentralisation des pouvoirs d'Ottawa, ni de statut particulier pour le Québec, mais bien plutôt.d\u2018une nouvelle vision du Canada français que doivent avoir les anglophones s\u2019ils veulent conjurer l\u2019irrémédiable.Les paroles de Gordon Rebertson, secrétaire du cabinet pour les relations fédérales- provinciales, n\u2018ont pas été sans faire réfléchir quand il a dit récemment cdsvant les étudiants de l'Université de Dalhousie (N.-E.): \u201cA moins que notre esprit n\u2018apprenne à être grand, sans retour et sans détour, la sécession du Québec sera tôt ou tard inéluctable et tout aussi inéluctable l'effondrement du rêve séculaire des Canadiens : l'édification d\u2019une grande nation \u2018\u2019a mari usque ad mare\u201d.La racine du mal n'est pas dans la constitution, la répartition des pouvoirs ou l'économie mais dans la dignité blessée des Canadiens français qui, selon les termes de Gordon Robertson, \u2018\u2019ont constaté au fil des années que les anglophones n'étaient pas assez \u201cgrands\u201d pour traiter avec eux sur un pied d'égalité, pour leur donner la place qui leur revient dans toutes les régions du pays, dans toutes les sphères d'activités.\u201d Observations nétrantes d'un authentique Bonadion qui croit encore, malgré tout, en la convergence entre les intérêts des deux communautés.Pour permettre au pays de survivre à la crise, il y a beaucoup de concessions à faire de part et d'autre.\u2018lon M.Robertson, au cours de \u201c190 ans de vie confédérative, le Québec a déjà fait les siennes.On attend à présent.celles du Canada anglais.Clément Marchand ! i= Hiftoire Nasmrelle qui fait qu'il y 4 quantité de befics i fauves.Depuis Quebec julques aux trois-Riuseres du imeime collé du Sud, lesterres fone affez belies, 8.ily a d'aifez beau bois; mais elles four éleutes jufquesà fix ou fepe ; licués au deffous des trors-Riuic- res, où clics commencent à cftre baffes, belles, vnics : & cela conti.i nut jufques dans le pays des Iroguess, Ces terres font parfuse- menr bonnes , chrrecoupées de ri- uicres,varniesde lacs per endrois.Quantité de prairies {© rencon- trente non feulement le long, du Heuue, à l'entour dus lacs dans ces petites riders , mas cncore dans des terres sce qui far que la chatle vett abondante, taur d'Oyfaux que d'Animaux.Ducofté du Nort depuis le Cap.Tourmente, qui cit fépe licuès plus DRE ie SAGAR IN Se HAT 3 ARN PALS Ak qui de Canadas.33 bas que Quebec, jufques au Cap Rouge, qui eft trois licués au dei.füsscela cit habité lc long du grand f'icuue : depurs Ie Cap-Rouge wi ucsà la riviere faince Anne, qui \u2018 ont chuiron dix-fepe leuës de Paysen montant, les terres y font affez belles; mais l'abord n'en eft pas fi agreable, à caufe que la pluf- part de la coîte eft picireufe.Une faille pas de s'ycrouuer de belles riweres , & des prairies par endroits.Depuss la riviere fainte Anne jufquesaux trois-Rivieres, qui concienc enuiron dix licuës de il paysiles terres y font tres-belles & j bafiesle bordage le long du grand ! | Flenuceft fableon prarries ; les fo- reits y font tres-belles & bien-ai- + sécs à défricher.i Depuis Quebce.jufques aux ! trois-riwicresiln'y a pomr d'Îlles, finon deux pecites d'environ vnc | Quelques-unes des pages où il est question de Trois-Rivières Le premier auteur trifluvien à l'honneur Le Musée Pierre-Boucher tient présentement au Séminaire St-Joseph de Trois-Rivières, une exposition spéciale dont le sujet est \"L'Histoire d'un Livre\u201d.Ouverte depuis le 21 juin, cette exposition se poursuivra jusqu'au 16 septembre prochain.Si d'une part, nous pouvons y voir des cré- sors anciens concernant les métiers de l'imprimeur et du relieur, d'autre parc nous pouvons remarquer non seulement des oeuvres et souvent des manuscrits de Ringuet, Sylvain, Marchand, Piché et combien d'autres, mais aussi et surtout des pièces très rares comme un vénétable exemplaire de l'histoire du Canada par Pierre Boucher lui-même.Qui était Pierre Boucher ?Pierre Boucher fut le premier Gouverneur des Trois-Rivières; à la demande de Coibert}, il rédige, en vue d'attirer de-nouveaux colons en ces terres de Nouvelle-France, une Histoire du Canada qu'il fera publier à Paris, dès 1664, \"chez Florentin Lambert, tue Saint-Jacques, vis à vis Saint Yves, à l'image Saint Paul\u201d.Le titre de l'oeuvre : \"Histoire véritable et naturelle des Moeuts et Productions du Pays de la Nouvelle France, Vulgairement dite Le Canada\u201d.Pour écrire un tel livre, Pierre Boucher a derrière lui, une grande expérience de ces contrées récemment découvertes; arrivé au Canada dès 163$ à l'âge de 13 ans, très bientôt en Huronnie il aidera les missionnaires; en 1644, il sera nommé interprète officiel au fort des Trois-Rivières et, par la suite, Gouverneur; de plus, \"il a troqué la fourrure, il a combattu les Iroquois, il a tzavaillé \u2018la terre, ce fils de menuisier a été juge, seigneur (.), et il a eu beaucoup d'enfants.\u201d2 Les historiens d'un livre Ce livre de l'Histoire du Canada que Pierre Boucher fera publier en 1664, alorsiqu'il est Gou- PAR MARCEL NADEAU verneur des Trois-Rivières, n'est certes pas le premier écrit pour faire connaître à la France ce pays de Neuve France; il y a eu cffectivement, \u201cles récits de Lescarbot, les Voyages de Champlain, les lettres annuelles des Jésuites\u201d 3, mais il faut dire tout de même que le livre de Pierre Boucher est et restera le premier ouvrage canadien de cette facture ct il est l'ocuvre d'un français devenu trifluvien.L'historicn Benjamin Sulte fut justement un des premiers à mettre en valeur l\u2019ocuvre de Pierre Boucher; dans les Mémoires de la Société Royale du Canada (1896-97), Sulte publiera le texte de cette \"Histoire véritable et naturelle.de la Nouvelle France\u201d par Pierre Boucher, le tout précédé d'une savante introduction.En 1964, la Société Historique de Boucherviile fera rééditer cette \u201cHistoire Véritable et Naturelle\u201d avec la reproduction du texte original; une préface, un avant-propos et une longue introduction historique nous livrent suffisamment de coordonnées pour bien saisir le cadre et les visées précises de l'ouvrage de Pierre Boucher.Plus tard, un historien trifluvien Raymond Douville, dans son Pierre Boucher (collection des petits classiques canadiens, chez Fides) devait commenter pertinemment ces évocations palpitantes d'intérêt du premier auteur trifluvien.Quelques pages inoubliables Pierre Boucher a lui-même donné les principaux caractères de son écriture: \"(.) la simplicité de mon style, qui est sans artifice (.)\" *; cependant, son témoignage demeure unique pour décrite les premiers temps de la Colonie.À cer effet, nous aimerons citer quelques passages qui touchent plus particulièrement la région des Trois-Rivières et des environs.De ces écrits, nous donnerons une traduction contempo- traine; les photos ci-jointes livrent déjà le texte original.\u201cLes terres que l'on a commencé à déserter sont sablonneuses, mais qui ne laissent pas de produire à merveille, étant un sable gras au-dessus.On s'est bâti seulement du côté du Nord./ [1 y a comme deux habitations séparées par une grosse rivière, on l'appelle les Trois-Rivières, à cause qu'étanc entrecoupée par des Îles, elle fait comme trois rivières en ce lieu-là, qui vient de dedans les terres du côté du Nord.\u201d Plus loin, on peut lire; Depuis Québec jusques aux trois-Rivières du même côté du Sud, les terres sont assez belles, et il y a d'assez beaux bois; mais elles sont élevées jusques à six ou sepe lieus au-dessous des trois-Rivières, où elles commencent à être basses, belles, unies : et cela continue jusques dans le pays des Iroquois.\u201d Un témoignage unique Grâce au Musée Pierre-Boucher qui offre ac- tucllement au Séminaire St-Joseph de Trois-Riviè- res une exposition avant tout consacrée aux écrivains trifluviens, nous pouvons donc le voir le fameux exemplaire si bellement imprimé qui nous refère au témoignage unique de Pierre Boucher.Cette Histoire de Nouvelle France est précisément pour le patrimoine québécois une ocuvre fort importante; dans le monde entier, il n'en resterait tout au plus qu'une vingtaine d'exemplaires de l'édition originale et ils sont aujourd'hui d'un prix inestimable.Ce spécimen qui fait vraiment le clou de l'exposition \"L'Histoire d'un livre\u201d, provient de la Bibliothèque Nacionale de Québec; nous devons féliciter avant tout Jean Panneton, coordonnateur de l'exposition, d'avoir pu dénicher ce trésor ! C'est avec émotion que nous pouvons dès lors nous pencher sur cet ouvrage ancien; pages jaunissantes comme il se doit, impression parfois inégale des caractères de bois.Sans doute, quelques-uns de nos ancêtres, après avoir été indirectement influencés par ce document de Pierre Boucher, ont-ils décidé de franchir l'Atlantique et d'aborder en cette Nouvelle France; Boucher ne dit-il pas: \"J'ai pensé que j'obligerais beaucoup de monde, de ceux qui auraient quelques desseins d'y venir, ou d'y faire venir quelques uns de leurs alliés, de leur pouvoir faire connaître le pays avant que d'y venir\u201d.* \u2014\u2014 1.Douville, R.:.Pierre Boucher, Textes choisis et présentés.Coll.Classiques Canadiens, Ed.Fides, Mtl, 1970, 96 p.Pp.(7)-8.2.Trudel, M.: Préface.Histoire Véritable et Naturelle.de Pierre Boucher.Ed.Soc.Hist.de Boucherville, 1964, 416 p.P.(X).3, Ibid, p.(X).4.Boucher, P., cité in A.Tessier, Introlhistorique.Histoire Véritable et Naturelle.de Pierre Boucher, p.(XXXVID).5.Ibid, p.(XXXVIID. Page 2 LE BIEN PUBLIC Vendredi, es 30 jüin, 8 et 15 juillet 1977 Dans les 7 jours par Marcel Nadeau L'Oeuvre de Claude Gauvreau Les Editions Parti Pris de Montréal viennent d'éditer les oeuvres complètes du poète et dramaturge Claude Gauvreau.Le volume de 1504 pages s'inti- wile: \u201cGauvreau: Ueuvres créatrices complètes\u201d, et restera un témoignage de cette écriture relevant de l'étrange et de l'abscons, ce lyrisme prolifique, par ailleurs, ne sera pas sans donner à Gauvreau l'auréole dune nouveau Prince des Poètes.Le lancement avait lieu le 20 juin dernier, Place Desjardins, Montréal, à l'occasion de la reprise du Solstice de la Poésie Québécoise dans le cadre de la grande semaine du Patrimoine.Le ministre Gérald Godin présidait la cérémonie; parmi les nombreux invités, nous pouvions rencontrer Gaston Miron, Alphonse Piché, Paul-Marie Lapointe, Roland Giguère, Gilles Hénault, Paul Chamberland, et combien d'autres, tous poètes des éditions Parti Pris ou de l'Hexagone.Les fêtes de la St-Jean Cette année, la Saint-Jean re- vétait un caractère plus spécial que par les autres années, elle devenait effectivement par décret, fête nationale des Québécois.Sommet de la semaine du Patrimoine dont le thème était \u201cJ'ai la mémoire en fête\u201d ces fêtes de la Saint-Jean auront permis aux Québécois de \"se fêter' pour une 143e fois! Une date mémorable: la première St-Jean au Québec eur lieu en 1834.\"Se fêter\u201d, qu'est-ce à dire ?Les feux de joie, les danses populaires, mais surtout les chansons où l'on ne parle plus que d'amour, d'espoir et de conquête pour célébrer les beautés d'un pays et dire qu'il est bien à nous ce pays, Félix Leclerc nous a donné à nouveau cette parole: \u201cLes fruits sont mûrs dans les vergers\u201d.A la mémoire d'une grande Dame Le 25 juin dernier, à l\u2019âge de 88 ans, est décédée Lady Baden- Powell.Tout comme son mari Lord Baden- Powell fondateur du scoutisme, Lady Powell se dédia entièrement à la cause de la jeunesse.A titre de Chef guide du monde, cette grande dame a visité inlassablement les Guides des cinq continents; partout, clle a parlé de paix, d'espérance et d'amitié.Son plus grand rêve: que dans la joie et le service des autres la jeunesse puisse développer chacune de ses potentialités, Hommage au R.P.Guillaume Lavallée Le 29 juin, dans l'après-midi, un groupe d'amis choisis se pressait dans la chapelle conventuelle des Franciscains pour assister à une messe dite par le Révérend Père Guillaume Lavallée et célébrer ainsi le jubilé d\u2019or de sa vie sacerdotale.Homme de prière, mais aussi homme d'action, le Père Guil- Jaume Lavallée s'est toujours montré d'un grand dévouement; prédicateur, aumônier de diverses associations, éducateur, écrivain et conférencier; il aura meme été à l'origine des Rendezvous Culturels de notre région, enfin, le Cercle Gabriel-Marcel est heureux de le compter parmi ses membres fondateurs.Collaborateur de notre journal, auteur de \"Citations de choix\u201d, fin conteur, critique pénétrant des oeuvres les plus diverses, Guillaume Lavallée a été chez nous depuis trois décennies de toutes les manifestations intellectuelles, ll est également apprécié comme conférencier.A l'occasion de ce jubilé d'or de vie sacerdotale, nous offrons donc au Père Lavallée nos meilleurs souhaits et hommages ! Cinéma Lumière Les 15 et 16 juiller (19.15 hres), \"A film about Jimi Hendrix\u201d, chanteur et guitariste illustre, hélas décédé à la suite d'une \u201coverdose\u201d d'héroïne.' La drogue ne lui aura pas pardonné ses abus et ses lourds emprunts.\u201cEn 2000.il conviendra de bien faire l'amour\u201d (21-23 juillet, 19 hres), que nous réserve ce film de Festa Campanile?Lauteur de dire: \u201cJe pense que l\u2019homme moderne est.très conditionné par la vie sexuelle, et ce d'autant plus qu'il est socialement frustré.\u201d Une explication à retenir sur le comportement de l'homme à notre époque.Les 29-30 juillet (21.30 hres), \u201cThe concert for Bengladesh\u201d.Selon Saul Swimmer, il s'agit des \u201cplus.grands noms de la musique moderne, qui interprètent avec le meilleur d'eux-mêmes leurs plus grandes chansons et compositions\u201d.Jeanne Frigon, C.A.Roger Letendre, C.A.RENÉ DE COTRET, ST-ARNAUD & CIE Comptables Agréés André Saint-Arnaud, C.A.1300 Notre-Dame Case postale 1464 Tél.: 379-1831 Potit.Lexique Chômeur, état de celui qui a perdu son emploi et qui n\u2019en peut trouver un autre.Aussi, nouvelle profession qui est pratiquée de père en fils dans certaines familles.\u2014x-\u2014 Politique: Occupation dont tous se défendent mais qui concerne chacun de nous au moins à titre de spectateur.\u2014 Progrès: \u2018Mot magique par lequel des faiseurs proposent beaucoup de choses anciennes tout en prétendant qu\u2019elles sont arrivées avec la dernière pluie.Dans maints cas, art de faire croire qu'on a avancé quand, en fait, on a reculé.\u2014 \u2014 Avortement : Le plus sûr moyen de noyer la relève humaine et de nier les Droits de l\u2019homme, notamment celui de voir le jour après les neuf mois requis.Aussi, crime contre la personne.eX Féminisme: Un moyen détourné pour la femme d\u2019assumer les emplois masculins, de dominer l\u2019homme, tout en lui faisant croire que c\u2019est l'égalité seule qui est recherchée.eX Emprunt : Maniére de combler les fonds publics quand les impôts ne suffisent pas.Un art de vivre pour les gouvernements et un péché pour le simple citoyen.\u2014F-\u2014 Fête nationale: Pour plusieurs, une occasion de se gargariser de grands mots ronflants sans changer quoique ce soit à son comportement intérieur.\u2014-\u2014 Amis: Mot qui ne s\u2019emploie qu\u2019au singulier mais qu\u2019on persiste à rendre pluriel sous le coup de l\u2019illusion., a Amitié: Art qui consiste à utiliser les autres en leur faisant croire que c\u2019est dans leur intérêt.eK Argent: Vil métal que chacun vous demande même si vous n\u2019en avez pas.\u2014 \u2014 Inflation : Mot commode pour excurer toute hausse indue des profits.\u2014 eee Crise: Bouleversement autrefois passager devenu permanent dans presque tous les domaines.Tourisme : Le seule moyen de dépenser joyeusement son argent.\u2014 a) Mémoires: Ecrits qui aident à passer les temps durs en évoquant moins pénibles l\u2019auteur.Aussi, écrits où la mémoire fait souvent défaut.ree J Coeur: Ce qu\u2019il faut ouvrir autant que l'esprit.Maurice Huot ! + des temps Plantes.du sol trifluvion.XVII LE GRAND TREMBLE Le Grand Tremble (ou plus scientifiquement le Peuplier à grandes dents) est un arbre qui nous fournit un spectacle singulier lors de la feuillaison, dans la seconde moitié de mai.Des bourgeons mats ou légèrement duveteux sortent des feuilles blanc verdâtre à l\u2019aspect feutré.Ces arbres argentés ont un aspect unique dans nos forêts; ils ressortent sur le fond vert tendre que forment alors les jeunes feuilles des érables et des bouleaux déjà épanouis à ce moment.Les chatons longs et pendants étaient déjà apparus vers la mi-avril et les innombrables graines portant une touffle soyeuse connue de tout le monde étaient déjà dispersées.LE TREMBLE Le Grand Tremble est voisin du Peuplier faux- tremble mieux connu sous le nom de Tremble (ii est bon de savoir que le véritable Tremble, Populus Tremula est une essence d\u2019Europe, d\u2019ailleurs très semblable à la nôtre).On distingue ces deux espèces de peupliers par divers caractères : les feuilles du Tremble sont vertes dès leur sortie du bourgeon, qui est luisant; le rameau du Tremble est mince et lustré alors que celui du Grand Tremble possède un diamètre plus grand et est duveteux lors de l\u2019apparition des feuilles.L\u2019écorce du \u2018Grand Tremble est marqué de petits losanges beiges; celle du Tremble est sillonnée horizontalement.LA TREMBLAIE Nos deux trembles font bon ménage sous notre latitude; ils se partagent la conquête des bois détruits par l\u2019incendie ou la coupe à blanc.La plupart de nos Erablières et de nos Bétulaies jaunes (groupements à Bouleau jaune) ont passé par un stade où les trembles ont d\u2019abord dominé.Grâce à la protection contre le vent et contre un éclairage trop direct, les jeunes pousses d\u2019Erable à sucre, de Hêtre, de Bouleau, de Sapin et de Pruche peuvent s\u2019établir et croître; d\u2019autre part les trembles vieillisent et disparaissent du paysage végétal.Sur les coteaux et de façon générale dans le sud du Québec la Tremblaie est très répandue; les terrains secs ou modérément humides sont ceux qui lui conviennent le mieux.On voit à Trois-Rivières des tremblaies qui évolueront vers des érablières à hêtre, des érablières à bouleau jaune et des érablières à pru- che et pin.Les trembles sont souvent accompagnés dans leur oeuvre de pionniers végétaux du Bouleau à papier, du Pin gris ou du Cerisier de Pennsylvanie (ou petit merisier).Les plantes de leur parterre aiment à la fois l\u2019acidité et un éclairage tamisé comme le Coudrier, la Dièrevillée, l\u2019Aralie à tige nue ainsi que plusieurs autres espèces décrites dans cette série d\u2019articles; leur appartenance à ce groupement végétal est mentionné.LES AMELANCHIERS Une autre espèce ligneuse produit des jeunes feuilles argentées, quoique de façon moins spectaculaire; il s\u2019agit de l\u2019Amélanchier arborescent, joli petit arbre à feuilles finement dentées.Sa rainure abondante, la régularité du contour de ses feuilles ainsi que la beauté spectaculaire et hélas trop brève de sa floraison en font une essence estimable dans les plantations.De plus cet amélanchier se contente des sols maigres de nos coteaux.Ses fleurs blanches à cinq pétales longs et étroits sont jolies; il est inutile de vouloir les conserver, même la tige dans l\u2019eau, plus que quelques heures car les pétales se recroquevillent.On a remarqué la présence de l\u2019Amélanchier glabre, en tous points semlable au précédent sauf que ses jeunes feuilles sont glabres et rouges.Les fruits des deux espèces, nommés amélanches en Europe et petites poires ici peuvent faire des gelées.Leur cuitu- René Verrette * » » Dans l\u2019article précédent (XVII, La Fougère des Aigles), une erreur s\u2019est malheureusement glissée.|.re a déjà été prônée.-L\u2019avant-dernière ligne du dernier paragraphe consacré à la Fougère des Aigles devrait se lire comme suit: rouille qui se marie avec les ors des Verges d'Or et le bleu ete.R.V. Vendredi, les 30 juin, 8 et 15 juillet 1977 LE BIEN PUBLIC Page 3 BEBBBSBLEE RD e bien public.::::::000:: BEBELELELE RP ur.2 BIEN PUDHC 222 2osoouse Pelléas et Mélisande La télévision d'état nous présentait, Couleur du temps Le bonheur gratuit trisme naiuret des enfants.La longue l'autre dimanche, une adaptation de Pel/- léas et Mélisande, d'après le chef-d'oeuvre de Maurice Maeterlinck (1862-1949), célèbre écrivain flamand.La RTB (radio-télé- sion-belge) avait réuni plusieurs comédiens réputés, dont Philippe Morand que les cinéphiles connaissent sûrement.Pelléas et Mélisande, c'est \u201cla mort qui frappe une jeune fille vouée au malheur et se sentant exposée à son destin terrible\u2019\u2019.! Cet amour tragique absolu, que transcende la mort des deux amants, se situe dans la foulée des grands drames universels et intemporels que sont Tristan et Iseut, Roméo et Juliette.L\u2019action se déroule lentement, mystérieusement.L\u2019adaptation télévisée a mis en valeur le symbolisme profond qui caractérise tout I'oeuvre de Maeterlinck; que l'on songe à la scène de la grotte, où Goland entraîne Pelléas.Celui-ci, effrayé par la vision des trois vieillards, par deux fois est pris de vertige devant le gouffre et Goland le retient.D'autre part la scène entre Goland et son jeune fils Yniold est pleine de familiarité et d'humanité, malgré l'enjeu suprême qui est en cause : Mélisande, amoureuse de Goland ou de Pelléas ?Ce dialogue, dans lequel le père mélange douceur et violence physique, n\u2019est pas sans rappeler le dialogue Argan \u2014 Louison dans Le Malade imaginaire.Malgré le fossé qui les sépare (tragédie \u2014 comédie), Maeterlinck, comme Molière, à su monter l\u2019habileté et l\u2019égocen- chevelure blonde de Mélisande et l'anneau échappé dans la fontaine ajoutent au caractère légendaire, quasi mythique, de cette oeuvre, insérée dans un Moyen-âge féerique.Comment ne pas apprécier l\u2019agencement habile de la trame musicale ?En 1898, six ans après la parution de Pelléas et Mélisande, Gabriel Fauré (1845-1924) compose une suite pour orchestre portant le même titre et en 1902 Debussy crée son principal opéra à partir du même sujet.Les deux partitions sont utilisées tout le long du drame.L'admirable sicilienne de Fauré, toute en douceur, dans un halo de mystère et dans la transparence de la pureté, accompagne les scènes d'amour, dialogues passionnés où l'intensité de l'oeuvre atteint son maximum.Dans la forêt centenaire qui étouffe de son ombre perpétuelle Mélisande, et sur la plage, où se traînent des paysans faméliques, la musique de Debussy s\u2019insère tout naturellement.l| faut rendre hommage à Radio-Ca- nada de diffuser des oeuvres aussi importantes dans une présentation susceptible de plaire à un très vaste public.RENE VERRETTE 1.Majault J.; Nivat, J.-M.; Geronimi, C.; Wintzen, R.: Littérature de notre temps; Casterman, Tournai, 4e édition, 1966.En cette fin de semaine de la Saint-Jean, la vie est belle malgré le temps maussade.Je partage avec la foule les joies de la fête nationale.J'ai mis moralement une fleur à ma boutonnière.Je me laisse aller à la joie collective, une joie pleine d'espérance pour un avenir incertain mais si rempli de promesses qu'il tient à nous d'abord de réaliser.La fête nationale me remplit d'indulgence et de tendresse c'est une sorte de Noël sans la neige.Je me sens une âme claire comme la sincérité, une âme aimante.Je savoure ce bien-être fugitif qu'on perçoit à certans moments de la vie.Pour rien et pour tout.J'apprécie l'oubli momentané de la dure réalité.Cela est difficile à préciser, mais demande-t-on des explications au bonheur même incomplet, même limité ?À mon balcon, le fleurdelisé se balance doucement dans le vent.Ce n'est pas un drapeau commercial, mon épouse l\u2019a fait de ses mains en batik avec amour, sur ma demande.|| est beau, la beauté est simple et aimable.L'été aussi est beau même si parfois le ciel pleure car il fait chaud et la brise qui descend du Mont-Royal charrie des parfums enivrants.A travers la ville des gens ont chanté, dansé hier.lls se sont laissés aller aux émotions.lls ont fraternisé.N'est-ce pas merveilleux de pouvoir se serrer les coudes comme peuple, d'oublier les différences pour ne monter en épingle que le fond commun, que les ressemblances ?L'identité retrouvée.Cette gratuité de la joie, cet abandon au sein de la fête, quoi de meilleur pour rapprocher les coeurs et les esprits.C'est aujourd'hui que je constate que rien ne se perd et que tout est dans la façon de conserver ce qui est valable du passé, tout en progressant.Mais la sérénité que je ressens n'est pas la méconnaissance des ennuis de ce monde.Elle n'est pas refus de partager les peines autant que les joies.Je ne cherche pas une paix égoïste qui ne pourrait déboucher que sur la frustration.Il faut que les coeurs battent à l'unisson même au sein des bon- Propos du jour A CONTRE Un hasard me fait lire ce livre étonnant de Gaston Bardet: \u201cDemain, c\u2019est l\u2019an 2,000 !\u201d, \u201clivre révolutionnaire\u201d, écrit son préfacier, Gabriel Marcel, \u201cau plus beau et au plus vrai sens du mot\u201d.L'homme n\u2019accomplit plus la Création, il la détruit.De jardinier du monde, il s\u2019est changé en pirate.\u201cSon exploitation a blanc du sol, son gaspillage de ressources minérales, son esclavage des animaux et de ses semblables, sa peur des contacts et sa production d\u2019ondes nocives de toutes sortes, la pollution de sa propre atmosphère et de ses propres eaux, sa falsification de ses propres aliments semblent conduire au retour à la terre informe et vide\u201d.L\u2019homme a abusé de la terre; la terre s\u2019en va en poussière, c\u2019est l\u2019érosion, pire que la guerre et qui y mène d\u2019ailleurs tout droit.\u201cEH n\u2019y aura bientôt plus à compter sur les exportations des Etats-Unis et du Canada, en raison des pertes .colossales de terres cultivables qui les amputent chaque année\u201d.COURANT Du fait de l\u2019érosion, suite de déboisements brutaux, les U.S.À.perdent annuellement trois milliards de tonnes de terre cultivable.\u201cEn année normale, l\u2019érosion enlève au sol vingt fois plus de substances nourriciéres que n\u2019en représente la totalité des produits agricoles vendus à l'exportation !\u201d Ce livre lucide et bouillonnant du grand urbaniste français nous conduit sur un sommet d\u2019où se déploient les mille formes de la déshumanisation du monde.Elles vont des méthodes de culture qui assassinent la terre à la ponte forcée des poules, de la chirurgie jusqu\u2019à ce monstre qui se nomme une horloge-pointeuse.Gaston Bardet a écrit là un livre dont chacun doit tirer profit, car chacun doit et peut dans sa maison, sa famille, ses affaires, prendre part a cette oeuvre de réhu- manisation a laquelle \u201cil faudra bien que bon gré mal gré l'homme se soumette, s'il ne veut pas périr dans la pire objection que le monde ait connue\u201d.Frère JACQUES Réfléchissez bien avant d'agir En décidant d'acheter une maison neuve, la plupart des familles s\u2019engagent dans le plus gros investissement de leur vie.C\u2019est pourquoi il vaut la peine de bien y réfléchir et de bien en penser tous tous les éléments, afin que l\u2019aventure ne tourne pas au fiasco.Un des aspects les plus .importants à analyser est celui du financement.Non seulement le versement initial devra-t-il être à la mesure de vos moyens, mais surtout vos mensualités hypothécaires et autres dépenses courantes (chauffage, électricité, entretien) devront-elles être bien en deçà du montant que vous pouvez affecter à l'achat de la maison.Une analyse sérieuse de vos possibilités financières par rapport à l\u2019achat d\u2019une maison contribuera grandement à votre bonheur, une fois en possession de votre nouvelle demeure.heurs individuels.MAURICE HUOT UNE FIRME TYPIQUEMENT DE CHEZ NOUS Une firme bien de chez nous, Rousseau & Frère, vient de fêter a'lègrement son cinquantieme anniversaire de fondation.Son président fondateur Arthur Rousseau garde encore un air de jeunesse après ce demi siècle d'activité.Ces jours derniers, avec celle qui est devenue sa deuxième épouse après avoir été pour lui une collaboratrice dévouée, il présidait l'événement salué par plus de 250 participants.La grande famille de la maison Rousseau était là au grand complet.Au cours d'un diner ponctué de discours, on a évoqué les modestes débuts de l'entreprise dans des locaux qu'elle transforma, rue des Forges.Sous l'impulsion dynamique d'Arthur et d'Anaïs Rousseau et plus tard, de leurs fils, la firme se développa et construisit le vaste immeuble qu'elle occupe présentement à l'angle des rues Royale et des Volontaires.Ft Arthur Rousseau devint maire, et un maire d'une rare efficacité administrative, pendant que son épouse se faisait connaître dans les sphères de l'éducation, comme inspiratrice et animatrice de maints projets d'envergure sur les plans de la musique et des arts en général.Les années ont passé et les affaires ont évolué au rythme du progrès qu'affiche notre ville toujours vrientée vers de nouvelles réalisations.Après cinquante ans d'existence, la firme Rousseau & Frère jouit d'un crédit spécial auprès de la population trifluvienne.On n'oublie pas ses services rendus à la communauté, non plus que ses multiples participations sur le plan civique.C.M.Vacances annuelles Les bureaux et ateliers du Bien Public seront fermés du 16 juillet au ler août pour les vacances annuelles. Page 4 LE BIEN PUBLIC Vendredi, les 30 juin, 8 et 15 juillet 1977 NOUVELLE INÉDITE PAR NEGOVAN RAJIC TERRE D\u2019AUCUN HOMME No man's land, terre d'aucun homme, zone comprise entre les premières lignes de deux armées ennemies.Ce fut la guerre, la guerre qui durait déjà depuis trop longtemps.Les hommes ne se rappelaient plus la paix et ils n'espéraient plus voir la fin de la guerre.Comble de l'absurde, ils ne se souvenaient plus pourquoi la guerre avait commencé, mais consciencieusement ils continuaient de la faire.Les officiers croyaient fermement que les soldats, qui se battaient avec un tel courage, savaient pourquoi ils se battaient, tandis que les soldats étaient persuadés que les officiers qui donnaient des ordres avec tant de conviction, connaissaient les buts de la guerre.Ainsi la guerre continuait.C'était une guerre de positions.Ainsi l'appelaient les généraux qui, sur les grandes cartes d'état-major, déplaçaient les petits drapeaux.Pendant ce temps, les bottes des soldats pétrissaient la boue des tranchées.Certains jours le soleil brillait et partout on sentait l'odeur nauséabonde de l'urine et du sang.Ceux qui participaient à la guerre se partageaient en amis et ennemis.Ceux qui étaient dans la même tranchée s'appelaient entre eux des amis, mais ensemble ils considéraient ceux qui étaient dans la tranchée d'en face comme des ennemis.Ceux dans les tranchées d'en face pensaient exactement la même chose.Il arrivait pourtant que les amis et les ennemis se rencontraient dans la même tranchée et alors il était difficile de les distinguer, surtout, s'il faisait nuit.La terre entre les tranchées s'appelait : \u201cLe no man\u2019s land\u201d, ce qui voulait dire : \u201cLa terre d'aucun homme\u201d et en vérité ni les amis, ni les ennemis n'aimaient s'aventurer dans cette terre et ni les uns, ni les autres n'aimaient que les autres y aillent.Quelque soit la saison, cette terre était labourée par de gros et de petits obus.Les gros obus creusaient de gros entonnoirs et les petits obus creusaient de petits entonnoirs.Les uns et les autres blessaient les arbres, mais ceci n'avait plus d'importance puisque les arbres étaient morts depuis longtemps.Pour ceux qui étaient tués sur cette terre, on disait qu'ils étaient tombés au champ d'honneur.On oubliait de dire qu'ils ne pourraient plus se relever et que ce champ était en friche.À part ça, la guerre était assez monotone.* 5 ® Le cas de Pierre R.s'est produit, en uelque sorte, justement dans cette terre \u2018auncun homme.Pierre R.était un homme ordinaire.Avant la guerre, il voulait devenir instituteur et il fréquentait l'école normale.Il vivait avec sa mère et son frère, apprenti chaudronnier.Son père était mort alors qu'il était tour bambin.Mobilisé dès le début des hostilités, sa vie né se distinguait pas de la vie de millions d'autres hommes jusqu'à ce jour mémorable, dont il est question ici.Or ce jour là, un nouveau Pierre Rnaquit dans cet homme ordinaire, et une vie nouvelle commença comme si la mort était devenue un événement sans importance, mais aucun homme ne se rendit compte de la naissance d'un nouveau Pierre R.Tout s'est passé à l'aube d'un jour d'octobre.La nuit était d'abord froide et dans cette terre qui n\u2019était ni aux amis, ni aux ennemis, Pierre R.était la sentinelle avancée d'une armée engourdie dans les tranchées, aspirant à la chaleur et au sommeil.Une faible lumière apparut à l'horizon et les longs nuages se croisèrent D'après le dictionnaire.avec les lointains peupliers comme les bateaux d\u2019une immense prison, dont les amis et les ennemis étaient des otages.Dans la guerre d'aucun homme, les arbres mutilés imploraient la grâce.Usés par la veille, les yeux de Pierre Rguettaient un signe de vie dans cette terre de la mort, quand soudainement, dans un éclair du temps qui se grise, il vit, dans la lueur du jour naissant, un homme qui marchait lentement et faisait de larges gestes comme s'il était en train de jeter la semence dans ce champ labouré par les obus.Aussi insolite que cela puisse paraître, Pierre R.ne pouvait en douter, il y avait là, entre les tranchées, un homme, peut-être un soldat devenu subitement fou, qui jetait la semence et préparait les moissons imaginaires.Pendant quelques secondes, sa silhouette se découpa contre le ciel puis elle se confondit avec la forêt des arbres morts debout.D'une voix étouffée, Pierre R.appela le sous-officier de garde somnolant dans le boyau de la sentinelle avancée.Le sous- officier scruta longtemps l'obscurité mourante, mais il ne vit rien.Toutefois, sachant que la guerre était sans merci et l'ennemi capable de toutes les ruses, il alla prévenir le lieutenant.Réveillé dans la fraîcheur d'un jour naissant, le lieutenant, un homme au visage sec, était de fort mauvaise humeur.Avec ses jumelles il fouilla méthodiquement chaque pied de cette maudite terre puis dit, en remec- tant ses jumelles dans l'étui : \u201cQue le diable m\u2019emporte si j'y vois un semeur\u201d.Le lieutenant était un homme de ce monde et on devait lui faire confiance.Le lieutenant donna l'ordre de remplacer aussitôt Pierre R.par une nouvelle sentinelle.Plus tard, lorsque le jour s'était déjà levé, le lieutenant et le capitaine parlèrent longtemps à voix basse devant le poste de commandement.Dans la froide matinée d'octobre, leur haleine se confondait avec la fumée du tabac gris.Une ou deux fois le regard perçant du capitaine se fixa sur Pierre R.Avec d'autres soldats, Pierre R.était en train de vider sa gamelle, debout dans la tranchée.Dans l'après-midi, quand le soleil était déjà à son couchant, l'infirmier de la compagnie convoya Pierre R.à l'hôpital de campagne, loin derrière la ligne du front.Là, dans une grande salle aux murs blanchis à la chaux, étaient alignées deux rangées de lits.Un de ces lits ac- tendait Pierre R.Oubliée, entre deux fenêtres, pendait la photo du chef d'état qui avait commencé la guerre.Autrefois, dans cette même salle, les voix d'enfants ânonnaient les lettres de l'alphabet.Ainsi se termina le plus étrange jour de la vie de Pierre R.Le lendemain matin, un homme en blouse blanche, interrogea longuement Pierre R.sur des choses qui n'avaient rien à voir avec l'événement de la veille.A la fin, il lui demanda de répéter ce qu'il avait vu dans cette terre qui sépare les amis et les ennemis.Encore une fois Pierre R.raconta son incroyable histoire du semeur aperçu à l'aube.L'homme en blouse blanche hochait la tête comme s\u2019il l'approuvait et grignotait le bout de sa cigarette comme s'il était pressé d'entendre la fin de cette histoire saugrenue.Enfin il die: \u201cDonc tu as vu un homme semer entre les tranchées?\u201d Oui, je l'ai vu, répondit Pierre R.et à cet instant la guerre était bien terminée pour lui.A partir de ce jour, le temps se mit à couler de plus en plus lentement pour Pierre R.On l'envoyait d'un hôpital à l'autre, toujours plus loin du front.Les hommes en blouse blanche l'examinaient, l'observaient, prenaient des notes, l'oubliaient, puis brusquement revenaient vers lui dans un étrange ballet autour d'un insecte rarissime.Et pourtant Pierre R.n'était pas vraiment malheureux.Juste une ombre de tristesse glissait de temps en temps dans son regard.Quelquefois, quand le visage doux et jeune d'une infirmière se penchait sur lui, il savait que le bonheur existait, même si lui, Pierre R.ne devait jamais le toucher.Enfin vint le jour où Pierre R.fut amené dans une grande bâtisse jaune entourée d'un vaste parc.Les pensionnaires de la grande bitisse se promenaient dans les allées du parc ou dans les longs couloirs blancs, pendant les pluies d'aucom- ne.D'autres ne sortaient jamais de leur chambre.Ainsi Pierre R.pénétra dans le monde du temps figé.Mais pendant que se poursuivait l'étrange cheminement de Pierre R.vers la maison du temps figé, la guerre s'était enfin terminée.Naturellement les amis sortirent victorieux de la guerre et de ce fait même d'autres amis furent vaincus.Ceux qui étaient tombés au champ d'honneur, et quel que ce soit leur camp, ne se réjouirent pas de la victoire et ne saf- fligèrent point de la défaite; ils restèrent fraternellement unis dans leur silence.Les mutilés reçurent à peu près le même pécule et les survivants furent remerciés par des discours vibrants.Ce fut en somme une assez piètre victoire.Nul ne sut si Pierre R.avait appartenu au camp des vainqueurs ou au camp des vaincus, mais ceci était sans importance puisque aussi bien les vainqueurs que les vaincus oublièrent Pierre R.La première année de son séjour dans la grande bâtisse jaune, sa mère et son frère lui rendirent plusieurs fois visite, puis sa mère mourut et son frère se maria et cessa de venir.Vivant dans ce monde qui n'est ni tout à fait celui des vivants ni tout à fait celui des morts, Pierre R.sut garder en lui une toute petite flamme de la joie, vacillante certes, mais se perpétuant néanmoins.Il était devenu menuisier de la grande bâtisse et il veillait à l'entretien des innombrables portes, fenêtres et meubles.Une fois il construisit même la bibliothèque du directeur qui le félicita personnellement.Il aimait donner au bois des formes nouvelles comme il aimait l'odeur des copeaux qui étaient un peu celle des forêts.Ainsi vivait Pierre Rdans la grande bâtisse jaune.Les années passaient lentement, mais inexorablement, comme ces chariots qui le jour du marché longeaient le mur de l'établissement.Certains soirs d'été Pierre R.restait longtemps assis sur le banc du parc à regarder les petits nuages, qui tel un troupeau de moutons célestes, survolaient le cimetière du village puis disparaissent derrière la sombre forêt de sapins.D'où viennent ces nuages et où - vont-ils, songeait Pierre R.Dans la douceur d\u2019un soir d'été, les pensées naissaient au hasard, s'ordonnaient tant bien que mal, puis se dispersaient de nouveau, comme ces lambeaux de brouillard dans la montagne, qui sans cesse se font et défont.Durant ces soirées, Pierre R.croyait que même les nuages ont une âme.Quand la nuit se faisait déjà plus sombre, Pierre R.rentrait dans sa chambre aux murs nus.Ainsi vivait Pierre R.hors du temps.° = + Le dernier événement, dans la vie de Pierre R., se produisit quelques années avant sa mort.Evidemment c'est à peine si on peut parler à ce propos d'un événement.Il aurait fait sourire les hommes assoiffés de voyages, d'affaires, de promotions, de rencontres, bref ceux qui dans les changements extérieurs voient la seule preuve de leur existence.Pierre R.était de cette race d'hommes qui portent en eux-mêmes leur événement.Là où les autres ne voient qu'un temps figé, qu'une suite monotone de jours qui s'égrènent, les instants privilégiés peuvent jalonner les heures d'une vie.Il arrivait ainsi qu\u2019une interminable après-midi de pluie noyait la grande bâtisse jaune et toute la nature.Les hommes devenaient moroses et seul dans son atelier Pierre Rse réjouissait; il s'arrétait de scier et de raboter pour s'approcher des fenêtres et regarder les grosses gouttes glisser hésitantes le long des vitres, l'image du parc avec ses arbres et ses allées devenir floue et ondoyante, perpétuellement recréée par un peintre invisible, comme si une beauté nouvelle revêtait les choses fort anciennes, car la beauté des choses est en nous et c'est notre vie qui charrie notre ennui.Voilà quel fut le dernier événement dans la vie de Pierre R.Par ordre de l'intendant de la grande bâtisse jaune, les vieilles revues, que les organisations charitables envoyaient aux pensionnaires, devaient, lorsque plus personne n'en voulait, être déposées dans l'atelier de menuiserie.On les brûlait ensuite avec les copeaux.Depuis des années Pierre Ravait pris l'habitude de les regarder le matin, avant qu'on les jette au feu.Avant de commencer sa journée de travail il s'accordait quelques instants de réverie.Accouché sur-son établi, michant son pain et buvant son lait, il feuilletait distraitement les pages défraîchies.Certaines de ces revues dataient de plusieurs années et les nouvelles qu'elles apportaient étaient comme le lointain reflet d'un monde qui avait existé tout comme les éclats des étoiles, mortes depuis des millions d'années, témoignent encore de l'existence des constellations disparues.Il arriva donc un matin qu'en feuilletant les vieilles revues son regard se fixa soudain sur une photographie jaunie, comme à l'aube de ce jour, déjà si lointain, il avait vu, entre les tranchées, un homme marcher et faire de larges gestes de semeur.La photographie représentait un champ de blé.À la lisière du champ se dressait une rangée de peupliers.Un vent invisible faisait ondoyer les tiges.Au-dessous un titre presque banal et mièvre: Bientôt première moisson sur un ancien champ de bataille.Pierre R.ressentit une immense joie.Il lui sembla reconnaître dans ce champ de blé cette même terre qui jadis était hérissée d'arbres implorant la grâce.Ce qui autrefois était la désolation et la mort semblait maintenant un chant à la gloire du soleil et de la vie.Mais avec la joie naissait déjà dans le fond de son être une légère tristesse puisqu'il savait que le moment n'était pas encore venu où les hommes finiront par croire que C'est sur cette même terre qu'il a vu autrefois un homme jeter la semence.Il savait, qu'avec leur implacable logique, les hommes lui prouveraient l'absurdité de ses visions, l\u2019incohérence de ses propos, sa folie même.Ce fut la raison pour laquelle il garda le secret de la vieille photographie, épinglée au mur de l'atelier, trésor dérisoire, preuve irréfutable de ba déraison des hommes de ce monde.Pourtant, à partir de ce jour, la flamme de sa joie tessa de vacilles, une force tranquille naquit en lui et fit qu'on pouvait lire, d is, sur son visage comme une folle assurance.Quelues-uns la prirent pour le signe de sa émence.(suite à la page 5) Vendredi, les 30 juin, 8 et 15 juillet 1977 Les 10 ans de Terre des Hommes Les Trifluviens ainsi que tous les autres Québécois qui s\u2019arrêteront cette année à Terre des Hommes à Montréal à l'occasion du dixième anniversaire de cette exposition universelle, doublée d'un vaste parc d'amusements, sont assurés de très agréables moments.Ces quelques lignes peuvent avoir l'air de la propagande, mais je le dis comme je le pense et vois dès les premiers jours de l'ouverture de la saison 1977.Je n\u2019ai rien à voir de près ou de loin avec Terre des Hommes, ni officiellement ni officieusement.Je parle en simple visiteur et puis dire que ce site est demeuré un des plus attrayants pour les touristes étrangers, ou Québécois.La nature y est belle avec ses arbres, ses fleurs, ses vasques et fontaines.La musique y est abondance, les pavillons offrent des exhibits des plus variés, les restaurants sont bien tenus et il y a nombre d\u2019endroits ou piqueniquer à même ses propres ressources.A Terre des Hommes jeunes et vieux trouvent de quoi s'intéresser ou simplement flâner en regardant défiler la foule bigarrée, ce qui constitue une des attractions de cette exposition ou on fraternise avec plus d'aisance qu'ailleurs.La réputation de Terre des Honmes solidement établie pour sa propreté reste intacte.Les pavillons ont été repeints et rafraîchis, on ne voit aucun rebut ou papier traîner dans les allées ou bosquets ce qui a contribué à attirer à ce site la louange des touristes américains à chaque année.Bref on peut passer une journée entière à Terre des Hommes et même plusieurs jours, en s'y plaisant énormément.Beaucoup de choses y sont gratuites dont l'entrée.La visite des pavillons est à prix minimal.Selon des rumeurs récentes il se pourrait que ce soit la dernière année de cette exposition sous sa forme actuelle, autant alors en profiter au cas où ce rêve s'évanouirait.Il faudrait évidemment que Terre des Hommes continue à constituer une des plus solides attractions du grand Montréal, même s\u2019il faut y consacrer des sous en la considérant comme un servicé à la population.Le maire Jean Drapeau a été le père de Terre des Hommes et il convient de le féliciter de sa ténacité à maintenir ce site éducatif et récréatif dont le sort fut maintes fois mis en péril.Fête nationale des Québécois Précédant celles du Canada, les célébrations de la Saint-Jean depuis longtemps sont terminées.Elles auront servi a faire davantage prendre conscience de l'entité de notre nation, même si certains n'y ont vu qu\u2019une bonne occasion de faire des libations, tandis que d'autres la main sur le coeur ont rendu hommage aux Québécois de façon intéressée et superficielle, par simple opportunisme.Et maintenant, il faut se remettre à la besogne, car il y a énormément de besogne à abattre pour unir les francophones québécois en un peuple distinct au sein des divers groupes et nations.Il y a une économie à soigner, il y a une langue à préserver et une spiritualité a ranimer.Disons-le sans ambages, le Canadien français devra dans la ligne de son ascendance demeurer un croyant et un parlant français, soit les deux assises fondamentales du peuple.Ces deux idéaux ne peuvent constituer un obstacle à la réussite purement matérielle mais an contraire un stimulant à bien faire dans la justice et le respect des autres.Le Canadien français ne devrait pas avoir peur de la lutte.S'il se réfère à l'Histoire, il trouvera plusieurs modèles à imiter parmi les aïeux qui ont bâti son pays.Jean Ménard Le poète Jean Ménard s'est éteint encore jeune à Ottawa où il habitait.L'auteur de Les myrtes et de Plages avait déjà établi sa renommée d'\u2019excellent poète et d'homme de lettres canadien-français.Il prit une part active à l'essor de la littérature dans son milieu de la capitale nationale non seulement comme auteur, mais comme enseignant de littérature, critique.J'ai eu la joie de le connaître lors de mon séjour au journal Le Droit.J'avais été frappé par sa discrétion, ses grandes qualités de gentilhomme, sa sensibilité, son intelligence où fleurait un humour qui en disait long sur sa connaissance intuitive des hommes.Grand humaniste et voyageur, Jean Ménard a abordé à sa manière, les grands thèmes universels qu'il traita de façon intimiste un peu comme Nérée Beauchemin.On pourrait citer de lui des pages entières de ses poèmes composés avec rigueur.En voici un entre autres pris au hasard et qui me semble révéler l'auteur tout entier: Ami, voici ma mère et voici ma maison, Mon ami, tu dois boire et manger.Sur la table, LE BIEN PUBLIC Le fromage.le vin, du pain, de l'eau potable.Nous sommes sans renom et sans sans aucun blason.Mon ami nous t'uffrons ce lit.Que ce tison Rende ton sommeil encor plus délectable.Mon ami, lève-toi.Viens contempler l\u2019étable Où mon vieux père oeuvrait, avant la garnison, Et la mort.Mon ami tu géles.H faut boire Du café.Mon curé sans gloire.ni ciboire D'or nous attend.Il sait que tu viens de très loin.Voici le Professeur, l'oeil plein de bonhoniie, Mon enfance révait dans cette cour blémie.Toi, tu viens de très loin.Je naissais dans ce coin.Ce poème tiré de Plages, un recueil de sonnets démontre en même temps que de la douceur, une grande virtuosité dans le maniement du vers.Le poète ressort encore tout entier dans le poème liminaire de Les Myrtes : Dans les abords des mers tremblaient des feuilles vertes.Le soleil et la pluie et l'embrun qui montait de l\u2019algue d'or erraient avec des doigts alertes.Autour des calmes fleurs que gaiement transperçait Une lueur de gloire, une splendeur précatre Tombant du ciel.Et l\u2019air au front pâle et muet Dormait dans les rameaux où révait solitaire L'amour entre le roc et un azur sà lourd Que les feuilles, parfois, venaient frôler la terre.Les myrtes tachetaient de blanc la fin du jour.En prose Jean Ménard nous a donné d'importantes oeuvres de recherche littéraire comme L'oexvre de Boylesve, qui lui valut le prix Max Barthou et qui fut publiée à Paris.On lui doit aussi De Corneille à Saint-Denys-Garneau ainsi que Madame de Staël et la musique.Jean Ménard laissera le souvenir d\u2019un authentique homme de lettres.Il en avait fait sa raison de vivre, son travail et sa joie.Dickens évoque Dans la Gazette de samedi 25 juin dernier, le spécialiste anglophone de la petite histoire de Montréal, l'excellent Andrew Collard ancien rédacteur en chef à sa retraite active, parle du passage de Charles Dickens à Montréal il y a 135 ans.Dickens Page 5 es MOtS.ow était dans la jeune crentaine alors ec déjà il avait conau la gloire littéraire par ses merveilleux contes qui sont devenus des classiques.Collard rappelle le souvenir de Dickens à cause de l'incendie de l'hôtel où il descendit après son voyage aux Etats-Unis.Cet hôtel désaffecté situé dans le Vieux Montréal était classé monument historique et avait subi des réfections à son toit pour une somme de S281,000.ll est regrettable que l'incendie ait dévoré cet immeuble vécuste, car on aurait pu le rendre à sa vocation d'hôtellerie ou le convertir en élégances appartements meublés comme il était autrefois, mais avec le confort moderne.Hélas, cette suggestion que j'avais moi-même faite semble maintenant irréalisable.Une chaîne d'hôtelleries aurait pu se charger de cette rénovation avec l'aide de subsides gouvernementaux.Cela aurait con tribué énormément à redonner vice au Vieux Montréal d'une façon pit toresque.Que de fautes on a commises au sujet du Vieux Montréal.Ce fut une autre faute que de laisser démolir le vicil édifice du journal Le Devoir qu'on aurait pu transformer en une maison de documentation et d'histoire de journalisme, un lieu que les touristes auraient visité nombreux.Mais évidemment, là a encore, on a manqué d'imagination et d'esprit de conservation.Terre d\u2019aucun homme.(suite de la page 4) Ce fut le dernier événement dans la vie de Pierre R.Il lui avait apporté la joie et la tritesse mais à partir de ce jour et jusqu'à sa mort Pierre R.porta en lui cette force tranquille, croyant naïvement au jour où les hommes recon- naîcront que le semeur de la terre qui n'était ni aux amis ni aux cnnemis existait vraiment.Pierre R.est mort un été.L'été fut chaud.Le soleil dardait les corps musclés des paysans dans les champs, l'air trépidait et la fine poussière de la paille collait à la sueur des hommes.Sur les chemins de la terre les chariots gémissaient sous leurs fardeaux.Les paysans se hâtaient de mettre à l'abri la récolte.La nuit avant son enterrement, le corps de Pierre R.reposait dans le silence de la petite chapelle du cimetière, Après minuit la lune se glissa à pas feutrés dans la chapelle et éclaira longtemps son visage.Si à ce moment un être vivant s'était penché sur le mort il aurait vu sur son visage cette même force tranquille qui I'habitait de son vivant et qui au lieu de mourir avec son corps semblait maintenant lui survivre et commencer une vie nouvelle et sans fin.Dehors, dans la chaude nuit d'été, les étoiles brillaient, les cigales chantaient, les lucioles volaient dans les champs comme si tous voulaient célébrer la naissance de la force tranquille. Page 6 LE BIEN PUBLIC Vendredi, les 30 juin, 8 et 15 juillet 1977 Notules et commentaires Des spécialistes dans la rédaction des lois Dans tous les pays démocratiques, la rédaction des lois et des règlements d\u2019aspect juridique est confiée à des spécialistes qualifiés et dont la compétence en ce domaine est reconnue, après un long et sérieux apprentissage.Cicéron en faisait la base de toute bonne société, et Montesquieu, plusieurs siècles plus tard, en a fait le fondement de son livre resté classique, L'esprit des Lois.Notre nouveau gouvernement, sans doute bien intentionné et n\u2019en prévoyant pas les conséquences, sous prétextes d\u2019économie et voulant faire taire les critiques, a décidé de confier la rédaction des projets de loi à des fonctionnaires, hommes de loi ou non.I croyait éviter ainsi ce qu\u2019on appelle le \u201cpatronage\u201d.Mais il a fait erreur, et il semble aujour- d\u2019hui l\u2019admettre.Le rédacteur-en-chef de Dimanche-Matin attire l\u2019attention publique sur ce sujet, dans un articulet tout- à-fait au point.\u201cAu moins deux ministres du cabinet actuel, écrit-il, ont admis publiquement que c\u2019était une grave erreur qui expliquait d\u2019ailleurs le fiasco des quelques projets de loi soumis à l\u2019Assemblée nationale jusqu'ici et qui doivent être rédigés, de nouveau de À à Aussi, ce n\u2019est plus un secret, certains chefs du gouvernement actuel commencent à penser qu\u2019il serait sage de confier la rédaction des projets de loi de base à des avocats d'expérience, plutôt que de laisser de jeunes technocrates s\u2019empêtrer dans ce délicat domaine.Le même rédacteur mentionne quelques spécialistes des précédents gouvernement qui oeuvraient dans ce domaine et dont certains projets n'avaient jamais a être retouchés.Il nomme, par exemple, des techniciens chevronnés du domaine juridique, comme Louis- Philippe Pigeon, Antoine Geoffrion, Edouard Asselin, Noël Dorion.I aurait pu ajouter d\u2019autres noms, dont certains sont Trifluviens, comme Léopold Désilets, Emile Tourigny, Jean-Louis Doucet, dont la science juridique est également bien connue et qui ont accompli d\u2019excellent travail, sous les gouvernements précédents.L'expérience ne se remplace pas.On en a ici un autre frappant exemple.\u2014x\u2014_ Une maladie nouvelle: la technocratie Elle s\u2019est infiltrée un peu partout depuis quelques années, sous le prétexte de planification et d\u2019unification des tâches.In est en train de se rendre compte, surtout chez les industriels que c\u2019est un chancre plutôt qu\u2019une panacée.Les gouvernements, étant naturellement plus lents à agir et surtout à réagir, en sont encore affligés.Le nôtre en particulier.Mais il n\u2019est pas le seul.La France est égalment atteinte, et la technocratie a reçu un sérieux coup au flanc il y a quelques années, par la démission de son poste de président de sa compagnie, du grand industriel Ricard.Un ouvrage a été écrit à ce sujet sous le titre \u201cLes quatre vérités d\u2019un grand industriel\u201d, et le premier chapitre s\u2019intitule \u201cLe harakiri d\u2019un P.D.G.\u201d \u201cL\u2019industriel le plus comblé de France, liton au début du livre, abdique, à la fin de 1968, la présidence du groupe d\u2019affaires qu\u2019il a créé.1l jette sa démission à la figure de la technocratie qui s\u2019est emparée des pouvoirs dans l\u2019Etat et les prend dans les entreprises privées, persécute les chefs d'industrie dynamique, paralyse l\u2019économie nationale pour la soumettre au dirigisme total, à la dictature d\u2019une caste de hauts fonctionnaires.\u201d Monsieur Ricard veut surtout, par son geste, attirer l\u2019attention publique sur un état de choses qui mène la France à la ruine.Personnellement, il pourrait fermer les yeux.Il est riche, un des hommes des plus fortunés de son pays.Mais c'est aussi un apôtre, un sociologue.II a fait participer à son entreprise tous ses employés, et son initiative a retenu l'attention de tous les sociologues.\u201cJe me disais que la richesse des uns ne devait pas provenir de la pauvreté des autres, que le monde industriel devait apporter le bien- être général.\u201d Aussi, des 1939, \u201cj'ai fait, dit-il, de tous les salariés de mon entreprise des associés.Ce que j'ai appelé le capitalisme populaire.\u201d joctif tant recherché.Notre produit assure Ne tardez pas.Em car SOYEZ VOTRE PROPRE PATRON Occasion exceptionnelle pour hommes et femmes désirant travail à temps plein ou à Savoir épargner sur le coût des aliments est l\u2018ob- rte des dollars.Téléphoner : ou écrivez à boîte postale 639, Rawdon, Québecpartiel.rantie ou argent remis.vos temps libres.: 834-2505 turel.Exemple unique de compréhension, de clairvoyance et aussi de charité.Un exemple que les autorités auraient dû encourager, respecter et imiter, évitant ainsi bien des désordres, des grèves et des révoltes.\u2014x\u2014 Hommages divers à des Trifluviens Trifluviens, ou personnages du cour du Québec, c\u2019est tout comme.Commen- ¢ons donc par ces \u2018Lettres d\u2019une paysanne à son fils\u201d, que vient de publier le magasine Perspectives, accompagnées d\u2019intéressantes photos inédites.Il s\u2019agit ici de Rolodphe Duguay.La \u201cpaysanne\u201d est sa mere, qui lui écrivait réguliérement.Ces lettres font partie d'un ouvrage que les éditions Leméac viennent de publier, avec préface de Maurice Carrier, professeur d'histoire à l\u2019Université de Trois-Rivières.Lettres très révélatrices d\u2019une affection maternelle à laquelle le peintre Duguay resta toujours sensible.Ceux qui ont connu Rodolphe Duguay dans son age mir constateront avec plaisir a quel point il ressemblait physiquement a son pére.L'atelier Duguay, a Nicolet, deviendra bientôt, on le sait, une musée dédié à sa mémoire et un centre cul- Bravo! D'autre part, le sympathique chroniqueur littéraire du journal québécois Le Soleil, Jean Royer, a profité d\u2019un récent séjour à Trois.Rivières pour rencontrer deux écrivains de chez nous Clément et Alphonse Piché.Il avout franchement: \u201ce ne me suis pas ennuyé à TroisRivières\u201d.La raison; La capitale de la Mauricie reste un des plus intenses foyers de culture du Québec.Pourquoi?Parce qu\u2019au lieu de chercher une vaine et volatile publicité, on travaille, on cherche la beauté et on l\u2019exprime en des termes que chacun peut comprendre.Aussi le directeur du Bien Public a raison de dire, et nous savons qu\u2019il est sincère: \u201cJe n\u2019ai jamais été tenté par la notoriété littéraire.J'ai vite compris que celui qui l\u2019obtenait était un jouet des circonstances, une fabrication de l\u2019é que\u201d.Quelle sereine philo- - sophie ! De même s\u2019exprime Alphonse Piché, en d\u2019autres termes: \u201cA soixante ans, Alphonse Piché veut être libre.C\u2019est ce qu\u2019il a toujours cherché aux quatre point cardinaux de sa vie: l'amour, l\u2019eau, la musique et la poésie\u201d.Et voici qu\u2019arrive en même temps de Paris une entrevue de François Hertel, entrevue qu\u2019il a confiée au Tédacteur de La Presse, Louis-Bernard Robitaille.Un Hertel assagi, devenu philo- -sophe, qui regarde vers le BROUTILLES © L\u2019ambition, cette \u201cvertu\u201d triste.Comme si ce titre, cette situation, ce grade pouvaient ajouter tant soit peu à ma valeur! On se ronge sottement le coeur parce qu\u2019on n\u2019est pas chef de service, président, directeur.Et le premier honneur à revendiquer, ce- Jui d\u2019être un homme vrai, généreux, aimant, on ne s\u2019y arrête point.Tombés les oripeaux de la vieillesse venue, que nous restera-t-il d\u2019autre pour justifier un peu notre existence ?Les enfants nous quitteront; nous resterons seuls l\u2019un devant l\u2019autre.H n\u2019est pas suffisant de trouver en eux notre accord.Dès ce soir, plaçons-le plus haut, à ce niveau spirituel, presqu\u2019ineffable, où fiancés, nous nous sommes accordés.© Des gens mariés, chargés d\u2019enfants, et \u201cqui l\u2019ont dur\u201d ne peuvent me céder leur plainte : \u2014Dire que nos parents, des vieillards, entassent l\u2019un sur l\u2019autre leurs revenus stériles.Vous comprenez cela ?Et ils nous aiment sans voir que nous étouffons sous les soucis d'argent.\u201cVous serez très à l\u2019aise, après notre décès\u201d.Mais alors, tout viendra trop tard; c\u2019est aujourd\u2019hui que la santé, l\u2019avenir de nos enfants est en jeu ! ŸY a-t-il donc un aveuglement du coeur propre à la vieillesse ?J'enregistre en silence, plus résoulu que jamais à me dépouiller au soir de ma vie, à éviter que mes enfants, lorsqu\u2019ils m\u2019embras- passé plutôt que vers l\u2019avenir.: Vraiment, Trois-Riviéres est comblé par le temps qui court.\u2014_\u2014X\u2014 - Nouveau membre a la Société des Dix La Société des DIX, laquelle, comme on sait, publie un Cahier annuel contenant un article de chacun des membres et dont l\u2019impression est confiée à l\u2019imprimerie du Bien Public, vient d\u2019admettre dans ses rangs un autre historien chevronné en la personne du père jésuite Lucien Campeau.En plus d\u2019avoir écrit plusieurs ouvrages et de nombreux articles, le père Campeau anime chaque dimanche, avec le père Legault, l\u2019émission consacrée à l\u2019histoire religieuse du régime français.Le père Campeau remplace à la Société M.Louis- Philippe Audet, spécialiste des questions pédagogiques, qui se retire pour raison de santé.Il reste toutefois .membre retraité et, a I'occasion, collaborera aux prochaines livraisons.On annonce la publication du prochain Cahier pour cet automne.VILLERAY seront décrépit ne soupirent malgré leur amour: \u201cEncore si jeune !\u201d.© Henry Ford a déclaré : \u201cLes grandes villes sont au- jourd\u2019hui en faillite, demain elles auront disparu\u201d.Mais le cultivateur continue de fabriquer des petits- employés; la sève humaine des campagnes n\u2019arrête pas d\u2019affluer dans nos misères citadines, où elle active la fermentation des mécontentements grégaires.Je quitte à l\u2019instant une curieuse famille.Lui, ancien industriel a demi ruiné et sa femme, de souche bourgeoise.Depuis trois ans, avec leurs fils, les voilà fermiers, non pas du fond de leurs fauteuils, mais trayant leurs bêtes, épandant leur fumier, tondant leurs brebis.Leurs grands gaillards aux traits racés, les mains gonflées par le travail, magnifiques de santé dans leur \u201cbleu\u201d maculé de cambuis, tous ont une allure virile qu\u2019on ne voit pas aux plus beaux specimens \u2018\u201c\u2018sportifs\u201d.Demain, ils seront des hommes.Faut-il ajouter qu\u2019ils sont décriés par \u201ctoute 1a famille\u201d, gratte-papier compris ?© Si, dans quelque milieu que ce soit, je sens que je puis apporter de la joie, une idée, un brin de fantaisie ou de plaisir, aussitôt je m\u2019éveille, je brille et donne ce que je puis.Par contre, suis-je en présence de gens qui n\u2019attendent rien de moi, me voilà le plus stupide et le plus terne des hommes.Il est donc fort important pour autrui que j'attende beaucoup de lui.Ainsi lui offrirai-je une occasion d\u2019exister.Dans tous les ordres, demander est plus que donner.Ce que nous aimons en autrui, c\u2019est qu\u2019il croit en nous-même.© \u201cJe me suis trompé de vocation\u201d, dit celui-ci; et l\u2019autre \u2018\u201cEtait-ce bien la femme qu\u2019il me fallait.?\u201d Ces considérations sont parfaitement oiseuses.À un certain degré de bonne volonté, toute situation en vaut une autre.Une vocation se choisit chaque jour et nous devenons ce que nous faisons.La matière première de notre existence est quasi indifférente.D\u2019une certaine façon, nous créons tout, à mesure.Frère JACQUES NE L'OUBLIEZ PAS LA CROIX-ROUGE Vendredi, les 30 juin, 8 et 15 juillet 1977 L\u2019automne d\u2019un écrivain Il y a des moments où l\u2019on se rend compte que la télévision a du bon, par exemple, en cette soirée du lundi 6 juin, pendant l'interview d\u2019une heure de Gilbert Cesbron, à l\u2019émission \u201cLivraison Spéciale\u201d de Radio-Qué- ec.J'avais déjà, il y a quelque temps, entendu une radioscopie de l\u2019écrivain à la radio; l\u2019intérêt de ses propos était relevé par une voix nuancée et chaude.La télévision nous offrait en plus un beau visage de penseur, bien modelé et encadré de cheveux blancs; des yeux très noirs et un sourire fugitif mais charmant; bref, une personnalité séduisante.Beaucoup d\u2019entre nous connaissent Gilbert Cesbron, écrivain catholique de combat, avocat des \u201cChiens perdus sans collier\u201d, des \u201cSaints qui vont en enfer\u201d, auteur de vingt-six livres, romans ou essais, ainsi que de plusieurs pièces de théâtre.Mais en ce soir du 6 juin, c\u2019est l\u2019homme tout entier qui se livre à nous et si certaines de ses prises de position peuvent sembler discutables, il est impossible de n\u2019être pas conquis par la franchise et l'honnêteté qui transparaissent dans toutes ses réponses.A l\u2019automne de sa vie, il fait le bilan; il avoue ses regrets, ses remords mêmes.Il s\u2019analyse sans complaisance et recon- nait n\u2019avoir pas réalisé toutes ses ambitions de jeune homme.Mais de toute évidence, la vie lui a apporté la sagesse et la sérénité, ainsi que l\u2019indulgence à l\u2019égard des erreurs et des fautes d\u2019autrui.Gilbert Cesbron est un être essentiellement compatissant, chez qui les souffrances de ses semblables trouvent une résonance \u201cviscérale\u201d; il a fait la guerre de 1939 dont l\u2019absurdité et la cruauté l\u2019ont profondément marqué et l\u2019on comprend qu\u2019un homme aussi sensible se soit fait par la suite l\u2019avocat des objecteurs de conscience.Il nous confie que pendant la composition de l\u2019un de ses romans dont le personnage principal est une femme atteinte d\u2019un cancer du sein, il ressentait une douleur physique à la poitrine chaque fois qu\u2019il travaillait à ce livre.Ce n\u2019est qu\u2019après la mort de la malade (dans le roman) que cette douleur cessa de se manifester.C\u2019est dire à quel point l'écrivain s'identifie à ses personnages pendant leur création.Honnêteté, simplicité, vérité, voilà la deuxième caractéristique de cet homme qui a soixante ans passés et qui dit n\u2019avoir plus rien à perdre.Il avoue connaître la peur: \u201cTout le monde a peur, mais la différence entre les courageux et les autres, c\u2019est que les courageux aiment avoir peur.\u201d Les honneurs, les titres, les décorations le laissent indifférent.A ce sujet, il nous raconte qu'ayant été pressenti pour être élu à l\u2019Académie française, il en avait d\u2019abord éprouvé une grande joie.Mais après avoir été témoin des petitesses auxquelles donnent lieu les élections de cette illustre Assemblée, il comprit que l\u2019Académie française est au fond un Club d\u2019écrivains notoires, avec une mentalité de club.Il nous cite alors un mot de Claudel à qui on demandait pourquoi il ne se présentait pas à l\u2019Académie française : \u201cAu seuil de l\u2019éternité, je n\u2019ai pas de temps pour les frivolités.\u201d Les gens qui l'ont le plus marqué au cours de sa vie, ce sont ceux qui vont jusqu'au bout de leurs convictions, que ce soient des saints ou des hommes politiques.Par ailleurs, après nous avoir confié qu\u2019il a une préférence marquée pour Paul Valéry et Stendhal, il ajoute qu\u2019il n\u2019a jamais cherché à rencontrer personnellement les poètes, peintres, écrivains ou artistes qu\u2019il admire, car il a trop peur d\u2019être déçu si l\u2019homme n\u2019était pas à l\u2019image de son oeuvre.LE BIEN PUBLIC Page 7 Les faux frères Dans le périodique PRIONS EN EGLISE, utilisé dans nos paroisses, on propose des formules de prières en faveur de nos frères persécutés (?) au Chili ec au Brésil (sous des gouvernements de droite).Jamais on ne fait prier pour nos autres frères chrétiens, marcyrisés par les Marxistes en pays dominés par les Communistes.Pourquoi?La revue L'ORDRE FRANÇAIS proteste contre une semblable discrimination que l'on constate dans les églises de France (cf.avril 1977).\u201cLa revue Suisse ETUDES POLITIQUES publie le témoignage de l'écrivain polonmiis Josef Mackiewicz, aujourd\u2019hui exilé en Angleterre.qui eut en 1943 lu possibilité d'examiner les fosses communes de KATYN où furent cntassés 4,500 des 14,500 officiers polonais assassinés par les soviétiques au printemps de 1940.Un obélisque commémoratif de ce massacre sans précédent a été inauguré dans un cimetière de Londres, le 18 septembre 1976, 36 ans apres ce crime odieux\u201d Maintenant, nous apprenons que les Marxistes se sont récemment surpassés au CAMBODGE, par un épouvantable génocide, que dénonce l'abbé JEAN MONTAURIER dans le no.de février de CATACOMBES, revue de France.Pour la période allant du 17 avril 1975 à décembre 1976, UN MILLION CENT MILLE MORTS, massacrés avec une cruauté barbare.&t cela continue.L'abbé Montaurier commente : \"Que peut donc faire l'Eglise\u201d Elle peut, au moins, instruire ses fidèles des dangers mortels qui menacent leur foi.Au nom sacré de Jésus Christ, elle peut demander de prier pour ces millions de martyrs qui souffrent «+ meurent chaque jour parce qu'ils sont chrétiens.Au fait.cette immense supplication des chrétiens encore libres en faveur de leurs frères enchainés ou massacres.l'entendez-vous monter au moins tous les dimanches dans nos églises?Mais le cure qui ferait ainsi prier pour eux, ne passerait-il pas pour un original?De quoi se mélerait-il, l'impradent / Dans nos églises.nous entendons prier, ici et là, pour la libération de l'homme par le socialisme marxiste (illusion mensongère).Après le CREDO, on dit LA PRIERE UNIVERSELLE.Mais elle ne franchit pus le ridean de fer ou de bam bou.\u201cQuand je pense à nos indifférences, continue l'ab bé Montaurier, je vous avoue que J'AI PEUR.Dans nos églises, on parle de bien des choses, mais quel sujet serait plus important que de prier la Reine des Martyrs devant la Croix pour nos frères persécatés et martyrises dans les pays domines par les communistes 2\u201d Au Canada français, nous pourrions bientôt avoir le même sort, si nous laissons continuer la propagande marxiste dans nos ecoles et universités.\u2026.La tactique des Communistes marxistes, est toujours basée sur LE MENSONGE.ls sont redoutables; mais, comme l'a écrit le Cardinal- Primat de Pologne, on doit craindre encore plus LES FAUX FRERES.GEORGES PANNETON, prêtre En réponse à une question \u201cpiégée\u201d de l\u2019interviewer, Gilbert Cesbron ré pond: \u201cQui, c\u2019est vrai, j'ai dit que je n\u2019aime pas les \u201cjeunes\u201d, mais je m'explique.On aime ce qui est aimable.Estce que les jeunes sont aimables ?Ils sont à l'âge où on conteste tout, où on veut refaire le monde mieux que les aînés; âge essentielle ment ingrat et difficile et on sait qu\u2019un tout petit nombre de ces aspirants-révolu- tionnaires fera oeuvre valable par la suite.\u201cMais ce que je déteste le plus, c'est l'attitude des adultes qui se mettent à genoux devant ces jeunes gens, en battant leur coulpe, en flattant leurs excès; c\u2019est ce qui s\u2019est passé en France après mai 1968\u201d.Gilbert Cesbron est lui- même père de quatre enfants.Il reconnait qu\u2019il est difficile d\u2019être un bon père de famille.À son avis, l\u2019essentiel, c\u2019est de savoir écouter \u201ces enfants.\u201cComment voulez-vous que les générations différentes se comprennent, alors qu\u2019on ne prend pas le temps d\u2019écouter les autres!\u201d A la question finale: \u201cQu'y a-t-il de plus important pour vous dans la vie?\u201d, l\u2019écrivain répond : \u2018\u201cLe Christianisme.Jeune homme, j'allais à l\u2019église \u201cpar politesse\u201d plutôt que par conviction.Mais en avançant dans la vie, j'ai découvert par expérience personnelle que seul le christianisme a les réponses, toutes les réponses, aux problèmes des hommes.\u201d \u2014Et la mort, y pensez- vous ?\u201cJ\u2019y pense beaucoup.Avant de vous dire ce qu\u2019elle représente pour moi, je voudrais vous rappeler le visage du Christ tel qu\u2019il s'est imprimé sur le Saint-Suaire de Turin, \u201cla photo de Dieu\u201d, comme disait Claudel.Sur le visage douloureux (j'en porte toujours l\u2019image sur moi), les yeux sont baissés, heureusement, car on ne pourrait soutenir leur regard.Eh bien ! la mort, je me l\u2019imagine comme le moment où les yeux du Christ s'ouvriront pour moi.\" C'est sur cette dernière image, combien belle et pathétique, que se termine la remarquable interview de Gilbert Cesbron.Marie Prayal Juin 1977 LA CONSECRATION DE L\u2019INFINI La société dans son essence oublie souvent de s'intéresser à l\u2019art.Grave omission qui peut-être efficacement réparée si l\u2019on essai d\u2019informer la population des nouveautés brillantes.Ainsi dans le domaine de la peinture, un jeune triflu- vien, Claude Hubert, expose actuellement à la Galerie Signal de Montréal.Ce peintre tente par un éclatement des frontières de fixer la lu- miière, d'engendrer une vision dépouillée des choses, en montrant par des traits incisifs et simples l'immensité d\u2019un univers où l\u2019espace devient percutant, tant sa perception re pétrifie de manière incandescente.Nous serions véritablement ébranlés par ces jets epo- radiques qui manifestent une recherche acharnée du global, de la totalité, de l\u2019absolu : des lueurs incarnées dans un rouge éclatant, dans un bleu phosphorescent, nous invitent à la grande fête de la vie comme si la puissance d\u2019une fantaisie volontairement saisissante et conciemment envahissante allait jusqu'à la plus éclatante, la plus dangereuse den expressions d\u2019un cosmos dont le mystère, ici, n\u2019est pas dévoilé mais devenu tangible par la seule présence d\u2019un moment, d'une jouissance éphémère mais vitale.En effet si Claude Hubert par son originalité n\u2019habite pas les paysages visibles, ou les convulsions tortueuses de la réalité ou encore les morceaux figés d'une imagination qui s'incorpore 3 la vérité, il nous démontre que, jaillissante et bouleversante, la vie peut être simplement la consécration de l'infini: soit l'impact de l'extérieur sur la conscience, le voyage innocent vers ce point lointain qui nous appelle.Pour les profanes comme moi, ces peintures n\u2019évoquent que cette collision fatale entre l\u2019individu et le centre quasi inconcevable, quasi indéchiffrable d\u2019une agglomération des lignes et des courbes, des poids et des vertiges à la fois de l\u2019hormime qui apprend à dépasser son propre univers et de la réalité qui est toujours mouvante et vagabonde.Je tiens à mentionner que Claude Hubert est un talent de chez nous; Il faut donc bien comprendre, pour qu'un artiste persiste dans son oeuvre, que I'appui, I'approbation et I'encouragement des autres s'avèrent indiscutablement nécessaires, Une exposition sobre mais révélatrice.MARC GARIEPY Page 8 LE BIEN PUBLIC Quand un n nordique visite la Bolivie N.de la r\u2014Un vieux missionnaire s'est fait \u201ctouriste\u201d, de son pays esquimand, il s'est rendu en Bolivie, l'hiver dernier, chercher non seulement du repos, mais aussi un autre soleil! I! vous raconte à l'instant le paysage, les beautés qu'il a pu vivre ld-bas.(M.N.) Le grand Carnaval d'Oruro Figurez-vous: Walt Disney ec le Commandant Cousteau font un film ensemble; ils veulent photographier Li vie des Boliviens depuis cinq mille ans jusqu'à nos jours, ec voici: à crois mille mètres d\u2019altitude, en pleine lumière, se déroule un célèbre Carnaval, les pics neigeux des Andes servant justement de toile de fond; ce carnaval n'est nul aucre que celui d'Oruro ! Ec que voient nos cinéastes Disney er Cousteau ?Les Incas qui one occupé le pays pendant des millénaires, les Espagnols qui exploitaient les mines d'argent ou d'étain, et ramassaient la richesse de ces peuples; les esclaves noirs, amenés d'Afrique, eux qui cultivent maintenant les bananes et les vignes dans les vallées.R.P.Marcel Rio, 0.m.i.Dans ce Carnaval, chacun défile devant vous.avec ses qualités, ses défauts; il y a même des diables et des anges, ils se coudoient, s'invectivent, se regardent dans la pique des yeux, mais n'en viennent jamais aux mains.Maintenant, imaginez-vous tous les Orchestres symphoniques du Canada et des Etats-Unis qui défilent au Cap-de-la-Madeleine et à Trois-Rivières: cuivres reluisants et inscruments sonnants, décontractés, juste avec le sérieux qu'il faur, ajoutez aux symphonies de Bach, Beethoven ou Mozart, la musique Inca, des airs populaires d'il y a trois mille ans: devant un tel sens de la musique, vous demeurez charmés ! Par ailleurs, quel imprévu d'habillement! C'est peut-être pour \u201cpalper\u201d l'un ou l'aucre des figurants, que des garçons ou filles (surtout des filles !) se faufilent dans le défilé, empoignent par le cou ou lc bras, un de ces êtres musiciens qui font rêver, er auxquels ils demandent de rester là pour une photographie ! C'est peut-être aussi pour mieux se rendre compte si ces figurants du Carnaval sont vraiment des \u201chumains\u201d comme nous, que des dames, \u2014 de belles dames au coeur généreux ct compatissant, \u2014 glissent des grains de raisin dans les interstices des masques où doit se trouver la bouche, Et ces êtres qui font penser à ceux de la science-fiction, disent à la fin, d'un geste, un beau merci ! Mais attention ! Pas de pagaille; vive la discipline! Surtout parmi les groupes d'Orchestre, les équipes de Baller; l'entraîneur, celui qui bat la mesure;\u2018ira :même : jusqu'à faire \u2018de\u2019 \u2018gros: yeux; contre:quiconque peut nuire à cette même mesure! Jen ai même vu un rugir! Il n'y a nulle place pour le désordre.Se procurer un costume de Carnaval coûterait des années de salaire.Qu'à cela ne tienne.On peut les louer pour un prix modique; même, des mécènes généreux vont payer pour vous.À une condition, cependant; il faut être à la hauteur de la situation; pour faire partie de t:1 ou tel groupe de Baller ou d'Orchestre, il faut s'exercer sous la direction d'un professionnel; et cela, de longues soirées de répétition, pendant même des mois! Ajoutons : les volontaires, les doués ne manquent pas paraît-il; quand on est musicien, né danseur de race, on a le rychme au corps! De plus, on m'a dit que beaucoup de ces figurants avaient fait un vozu a Dieu ou à Notre-Dame.Autres souvenirs de Bolivie Lors de ce temps de festivités, j'ai remarqué l'accueil accordé à l'étranger, le désir de se montrer aimable; cela, non seulement dans la Capitale, mais aussi dans tout le pays.Jai effectivement voyagé, pour mieux voir d'autres aspects de la Bolivie.Je le faisais en autocar, mé- me par les routes de montagne, jusqu'à quatre mille mètres d'alcitude.A peine monté, des passagers m'ont déligui \u2014 quelle gentillesse, \u2014 un monsieur qui parlait honorablement Français et Anglais.Une grand-mère m'a même offert sa place près de la fenêtre.Je lui ai fais dire! \u201cBeauté avant l\u2019âge\u201d.Er cela l'arrangeait bien.Aux arrêts, elle marchandait fruits, légumes, tissus de laine d'alpaka, ceci, cela.Elle trouvait les prix un peu élevés, restait silencieuse, soupesait, palpait, regardait attentivement, semblaie repousser l'offre.Mais les femmes entre elles, s'arrangent ! Finalement, elle gagnait le morceau, tour à fait à son propre prix; par la fenêtre de l'aucocar, elle saisissait l'emplette et la déposait sur le plancher devant elle.De temps, on se regardait tous les deux, on se souriait, et on se trouvait bien aimables ! J'ai fait des centaines de milles d'autocar.Dans les coins les plus reculés des montagnes boliviennes, les carnavals allaient bon train.Dans un lieu de pèlerinage appelé Copa Cabana, j'ai pu assister à un audio-visuel \"Son et Lumière\u201d féerique; le tout se déroulait devant la Basilique.Ça dansait, ça sautait, ça tourbillonnaic.C'était la grande farandole Tambours.Fiûtes.Nombreuses voix pour chanter.Danseuses costumées, enguirilandées, qui dansaient, sautillaient, évoiuaient comme des aurores boréales en pays esquimaud.Regrettable que j'aie eu soixante-dix-huit ans! Soixante ans plus jeune, quelle chance ! Les boliviennes sont comme des gazelles ! Dans la rue, je cherchais un restaurant.Je me suis fait repérer.Je n'ai vu qu'une ribambelle de danseuses qui saucillaient, tourbillonnaient autour de i.J'ai sonti de l'a\u2019r frais, des châles m'ont caressé.Jai eu l'impress'on d'être un homme terrestre parmi des fantômes en Hiesse.Mais en bon Breton, je leur ai envoyé de bons becs du bout des doigts, et en bon esquimaud, je n'ai pas oublié mon restaurant: \u201cprimo vivere\u201d, en premier lieu, vivre.Aucrefois, entre 1926-1956, j'étais missionnaire en pays esquimaud, Mon poste était à la Baie d'Hudson, franc nord avec le Cap-de-la-Madeleine et Trois- Rivières.Notre Evêque, Monseigneur Turquetil, nous disait de faire le fou pour ne pas le devenir.Moi-même, à soixante-dix-huit ans, je suis allé tout bonnement au Carnaval d'Oruro; j'ai participé à la liesse de tout un pays; partout c'était la fête, les Bens s'amusaient; et je me suis dit: ce voyage en Bolivie m'aura fait vivre la sagesse de tous les Arlequins du monde; jamais, je ne pourrai l'oublier * MARCEL RIO,:0.mi, ' Ÿ Dans la ville emmurée de Louisbourg Chaque jour ouvrable au cours de l'été, Mme Jeannette Boudreau-Haley, de la ville de Sydney, en Nouvelle-Fcosse, se lève, fait à déjeuner, prépare un unch et puis s\u2019en va travailler au 18ème siècle.Elle plaisante en disant: \u201cJe ne suis pas la même quand je suis au travail.Je suis très timide, mol, mais vous n'êtes ja- maig timile lorsque vous êtes en costume: vous avez l\u2019impression d\u2019en faire partie vous vie vez vraiment cette vie.\u201d \u201cCette vie\u201d, c'est la vie quotidienne de la ville emmurée de Uouisbourg, qui fut créée en 1713 aur les ordres de Louis XIV, roi de France, par les irréguliers le la Nouvel- ie-Angleterre en 1745, retournée aux Français trois ans plus tard, et qui, lorsqu'elle fut reconquise par les Britanniques en 1758, subit presque le même sort que Carthage qui fut complètement détruite.Les combats pour l'hégémonie de Louisbourg sont parmi les évé- nements cruciaux de l'histoire de l'Amérique du Nord.Avec la perte de Louisbourg, la ville de Québec fut embouteillée dans la vallée du Saint-Laurent et tomba l'année suivante.L'historien Dr Robert Morgan soutient done que: \u201cCeci eut pour résultat que le Canada devint une na- capturée « tion anglophones comportant des enclaves françaises, plutôt que l'inverse.\u201d Mais Louisbourg est renée.Et cela, dans une reproduction qui est si précise qu\u2019elle va même jusqu'aux clous, qui sont frappés à la main dans la forge de M.$ JACQUES-CARTIER CROISIÈRES SUR LE ST-LAURENT Tor JUIN AU 30 SEPTEMBRE 2 DEPARTS PAR JOUR 14:00h - 20:00h SALLE CHAUFFEE-BANQUETS - BAR-DANSE-ORCHESTRE NARRATION - 250 PERSONNES Disponible pour groupes.Croisière spéciale pour étudiants.Tél 379-7250 la plus importante société de fiducie TRUST GENERAL SERVICES FIDUCIAIRES COMPLETS Edifice Place Royale, Trois-Rivières canadienne - française - DU CANADA ATTENTION GUICHET DE VENTE AL'EXTEMIEUR DE L'ESTRADE OUVERT DE Sh À 7h15 TOUS LES SOIRS DE COURSES COURSES ® COURSES COURSES ®* COURSES *® COURSES A LA PISTE DE L EXPOSITION COURSES ® COURSES ®¢ COURSES LICENCE COMPLETE AOMISSION: $1.75 MARDI soirée des dames $1.09 Les enfants en-dessous de 16 ons ACCOMPAGNAS NU non ne août pas ads SISYNOI + SISYNOI "]
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