Le bien public, 7 janvier 1977, vendredi 7 janvier 1977
[" Noe 5.Raymond Denault 19 rue Le Royer Quest Montreal H2Y 1W4& Trois-Rivières, Nos 1-2 et 3 Vendredi.les 7-14-21 jenvier 1977 1563, rue Royale Trois-Rivières, Qué.Tél.378-8404 fev.7v DU | TRIFAUVIEN Enregistrement numéro 0475 Courrier de la Deuxième classe Port de retour garanti Abonnement 55.00 par année ° La copie: 20 cents LA FRANCE OFFICIELLE ET LE QUEBEC Après tout ce que l\u2019on a imaginé ces derniers temps sur l\u2019avenir du Québec, c\u2019est avec une certaine satisfaction que l\u2019on voit partir René Lévesque pour New-York où, en même temps que le gouverneur Hugh Carey, il sera conférencier au dîner de l\u2019Economic Club, le 25 janvier prochain.Il aura alors devant lui les personnalités les plus en vue du monde financier.Nous pensons que, dans la conjoncture actuelle, c\u2019est encorc vers les Etats- Unis qu\u2019il est le plus avantageux pour le Québec de se tourner pour trouver l\u2019assistance concrète dont il a besoin pour réaliser ses projets.On est toujours tenté, sentimentalement, de se raccrocher à la France, aux représentants si aimable: qu\u2019elle nous délègue parfois.Hélas, la dernière visite du ministre giscardien Rossi auprès de nos gouvernants est la parfaite illustration du néant auquel sont vouées de pareilles relations.Un grand visionnaire comme de Gaulle est un cas isolé dans la politique française.Il est le seul à s\u2019être jamais compromis à notre sujet.On ne lui a jamais pardonné cet impair qui couvrait de ridicule la France entière.Son \u201cvive le Québec libre\u201d résonne peut-être encore à nos oreilles comme l\u2019écho d\u2019un gran 1 rève, mais il ne faut jamais oublier que ce laconique morceau de bravoure fut pour le fameux général le commencement de la fin.Non, décidément, la Quatrième République ne veut rien avoir à faire avec nous, car elle en a plein les bras de ses obligations européennes et de son rô- le de grande puissance économique.Fort internationalisés et portés à la fine pointe de l\u2019évolution mondaine, les Français d\u2019aujourd\u2019hui n\u2019ont de considération pour le Québec que sous l\u2019aspect folklorique.Pour eux, malgré, ses contorsions indépendantistes, le Québec est un bon géant voué au servage des intérêts américains et anglo-canadiens.Un point, c\u2019est tout.Ne nous méprenons donc pas quand le tout Paris d\u2019un soir d\u2019ennui de vivre va applaudir Robert Charlebois ou Viola Léger.A travers eux, les Français reconnaissent assez distraitement le cousin anachronique et mal dégrossi, dont le côté vieille France rafraîchit quelque peu.Mais il ne viendrait à l\u2019idée de personne au sein de cette société évoluée d\u2019amorcer un vrai dialogue: avec ces prototypes du trop fruste tempérament.Au lieu de s\u2019en étonner, il aurait fallu comprendre l\u2019attitude distante.et évasive d\u2019un André Rossi venu ici nous si- \u201cgnifier sans ambages le froid réalisme de la politique giscardienne à notre égard, à savoir que pour la France officielle, le Québec: a toujours été et:reste:bel et-bien une province comme les autres, méme après l'élection du 15 novembre.Les intérêts actuels de la France penchent du côté d'Ottawa et non de Québec.Cela est assez compréhensible.À quoi servirait alors la cour sent:mentalement indésirable de la belle province à l'endroit des hôtes actuels de l\u2019Elysée ?Successeur de vrais amis du Québec comme de Gaulle et Pompidou, le président Giscard d\u2019Estaing et la haute finance qu\u2019il représente répugnent profondément à des affinités québécoises qui nuiraient aux affaires et paraîtraient vieux jeu sur le plan international.À la tête d\u2019une nation immensément riche aui trafique allègrement sur le matériel de guerre et les Mirage, le président actuel est un snob à l\u2019anglaise, un technocrate au coeur sec qui ne se découvre pas beaucoup de sentimentalité, du moins pour le génant cousinage québécois.A l\u2019occasion de la visite de M.Rossi, le gouvernement de M.Lévesque voulait, selon Pexpression de Georges Vigny, \u201cremplacer des liens préférentiels avec le Commonwealth par des relations plus intimes\u201d avec la France.Le délégué français s\u2019est contenté de parler de petits échanges commerciaux et culturels tout en éludant fermement les questions trop pressantes.Les choses en resteront donc là sous M.Lévesque comme sous MM.Bourassa, Johnson et Lesage.Sait-on ce qu\u2019il en cotiterait à la France pour se risquer à aider le Québec ?Le support des minorités ne risque-t-il pas d\u2019être inutilement coûteux ?Et \u201cla France ne veut pas être le Québec de l\u2019Europe\u201d, comme vient de le déclarer un de ses ministres.Elle ne tient pas à se mettre des puissances à dos en faveur des cousins du Canada.Peuton reprocher à l\u2019ancienne mère-patrie d\u2019être quelque peu dénaturée ?\u201c Jusqu\u2019ici la collaboration France- Québec n\u2019a donné que de piètres résultats.Elle se limite toujours à de timides échanges sur les plans culturel, technique et aommercial.Aucun grand projet, semble-t-il, ne saurait voir le jour.Prudence et attentisme interceptent les actes positifs et importants.La France officielle d\u2019aujourd\u2019hui a démontré qu'elle n\u2019est pas inférieure aux autres nations dans l\u2019opportunisme politique.En ne prenant pas trop au sérieux l\u2019arrivée d\u2019un chef indépendantiste au Parlement de Québec, les milieux officiels français se montrent soucieux avant tout de ménager la susceptibilité d\u2019Ottawa.Il faut en prendre son parti: Paris veut éviter toute nouvelle confrontation avec Ottawa dans cette désormais épineuse affaire de l\u2019indépendantisme en marche au pays de Québec.| Clément Marchand ) / DE RAYMOND LASNIER TROIS-RIVIERES SE SOUVIENT Le lancement d'un livre sur le peintre trifluvien Raymond Lasnier, avait lieu, il y a quelque temps, au Pavillon Saint-Arnaud, en présence des auteurs ct de l'éditeur de l'ouvrage.Ce livre aidera à faire connaître l'art subtil et riche d'un peintre que les milieux officiels de la critique ignorent encore.Sur cette photo prise pour la circonstance, on peut reconnaître M.Denis Vaugeois, éditeur et maintenant dépulé de Trois-Rivières, le maire Gilles Beuudoin, Louise Panneton, co-auteur des textes, Richard Normandin, le graphiste et Lévis Martin.Le tracteur de l'UQTR, Monsieur Gilles Boulet, assistait au lancement mais ne paraît pas sur la photo.(Photo André Bouchard) Qui détiendra ie pouvoir au Québec?Les analystes du dernier scrutin québécois n\u2018ont pas manqué de souligrer [apport des centrales syndicales à la victoire péquiste.Le gouvernement Bourassa avait poussé l\u2018aberration jusqu'à provoquer directement les forces du travail organisé qui ne manquèrent pas de lui casser les reins.Les centrales syndicales menèrent le Québec sous Bourassa, et Bourassa serait resté en selle s\u2019il n\u2019avait tenté de maîtriser sa monture.Aujourd'hui, peut-on dire que le pouvoir québécois est véritablement passé aux mains du gouvernement élu le 15 novembre dernier ?Il faudra attendre encore g'el- que temps pour le savoir.Jusqu'ici on inelinerait à penser que le gouvernement actuel évite soigneusement tout affrontement avec le colosse syndical.La mise au rancart des mesures anti - inflationnistes dans le secteur public, dent se réjouit M.Laberge, laisse entendre que le gouvernement de M.Lévesque n\u2019a pas osé commencer son ferme en déplaisant aux dites forces syndicales qui gagnent ainsi, dès la première manche, un traitement de faveur, La boulimie syndicale se trouvera-t-elle apaisée pour autant ?Rien ne laisse supposer que le gouvernement Lévesque connaîtra quelque répit avec des éléments qui, selon toute apparence, ne le céderont jamais plus qu\u2019à un pouvoir assez fort pour les contraindre.À peine le gouvernement péquiste donne-t-il des gages aux salariés du secteur public en les payant plus qu\u2019il ne devrait que la CEQ et la FTQ s'apprêtent à revendiquer leur part du gâteau.Dans les centrales syndicales, on ne veut pas, pour le gouvernement, d\u2019un radica- lieme sur papier, mais que \u201cle préjugé favorable aux travailleurs\u201d passe dans les actes.En d'autres termes, pour maintenir sa prospérité, le syndicalisme québécois exige pour ses membres un traitement de faveur, un statut privilégié.Ainsi nous assisterons bientôt à de nouvelles confrontations et le clan qui les aura dominées méritera d'exercer le véritable pouvoir au Québec.C.M. Page 2 COULEUR DU TEMPS LA FIN Pendant quarante ans, Jacques avait travaillé comme machiniste à l'usine de pâtes et papier.En ce matin de décembre, il s'était levé à l\u2019heure matinale habituelle pour son dernier jour d\u2019ouvrage.I avait atteint la limite d'âge.Son chef d'atelier, le gros Gaston, et ses compagnons immédiats l\u2019avaient fêté la veille, au cours d'une cérémonie bien simple mais touchante, au moment où l\u2019équipe de jour sortait et que l\u2019équipe de nuit entrait.On avait ri et pleuré furtivement au milieu du cliquetis des verres d\u2019adieux, tout en dégustant quelques sendwi- ches de fantaisie.On avait présenté à Jacques une canne à pêche, la montre en or patronale, et un beau sac de voyage.Il y eut quelques brèves allocutions auxquelles Jacques répondit sans apprêt en évoquant des souvenirs tout en masquant son émotion.Ce matin, il regagnait pour la dernière fois son lieu de travail.Cette usine à l\u2019intérieur de laquelle il avait peiné sous les quatre saisons.Pour la dernière fois, il voyait les fenêtres enduites de suie par lesquelles filtrait la blanche et pâle lumière.D longea comme à tous les jours l\u2019enfilade des ateliers au milieu des bruits familiers des machines, prit place à son établi et termina un travail commencé depuis quelques jours.A midi, il ouvrit sa boîte à lunch noire et cassa la croûte avec ses camarades comme si tout allait continuer demain, après-demain.\u2018Mais tout était fini.M était arrivé au bout de sa carrière de travailleur spécialisé.Désormais il ne gagnerait qu\u2019à la Lise au salaire minimum ce qu\u2019il lui faudrait pour arrondir les fins de mois.Le soir il dit un dernier au revoir à ses compagnons, puis regagna son modeste logis.Il était devenu un simple retraité que la société venait de mettre sur la tablette en attendant la mort.Désormais Jacques se confondait avec ses prédécesseurs dans la foule anonyme et grise des citoyens de l\u2019Age d'Or qui déambulent encore quelque temps comme des ombres au seuil de la pauvreté matérielle en attendant la maladie puis la fin, en évoquant des souvenirs dont son entourage se lassera bientôt.LE BIEN PUBLIC Vendredi, les 7-14-21 janvier 1977 Pour le 2e centenaire des Etats-Unis Je viens de parcourir la belle revue FROM THE HOUSE TOPS (prêchez sur les toits, Matt.10, 27) automne 1976, publiée par The Saint Benedict Center, Still River, Mass.U.S.A.Cette revue est dirigée par le R.P.Francis, nom religieux de M.Fakhri Malouf, qui a vécu à Trois-Rivières, récemment, comme professeur d\u2019université.Dans cette revue, j'ai trouvé un article intéressant concernant l\u2019Eglise catholique aux Etats-Unis, à l\u2019occasion du deuxième centenaire de l\u2019indépendance de ce pays, fêté en 1976.A propos de la découverte de l\u2019Amérique par Christophe Colomb en 1492, nous avons appris que ce nom AMERIQUE vient d\u2019un navigateur florentin, qui aurait écrit sur le continent découvert par Colomb: Americ Vespuce (Amerigo Vespucci).Or la revue sus-dite révéle que le patron de Vespuce était SAINT EMERIC fils de Saint Etienne, premier roi de Hongrie, au XIe siècle (nous le fêtons le 2 septembre).Le nom AMERIQUE serait dérivé de EMERIC.Nous pourrions invoquer Saint Emeric en faveur de l\u2019Amérique.Dans la revue HOUSETOPS, je trouve une autre anecdote bien plus importante, au sujet du fondateur de la République des Etats-Unis, le fameux général GEORGE WASHINGTON.Il était d\u2019une famille protestante très religieuse.Lorsqu\u2019il joua un rôle important pour préparer l\u2019indépendance de la colonie anglaise, il était lié d\u2019amitié avec le Père jésuite John Carroll, qui devint le premier évêque catholique de ce pays et apôtre du Maryland.Washington protégeait les catholiques; Il contribua à l\u2019érection de l\u2019église catholique Saint Augustin dans la ville de Philadelphie.Dans sa résidence de Mount Vernon, il avait suspendu au mur de sa salle à diner une splendide peinture de la Très Sainte Vierge.1 interdit la \u2018\u201cPope\u2019s Day\u201d, féte blasphématoire contre le Pape catholique, organisée par des fanatiques protestants.Washington assistait lui-méme assez souvent a la Sainte Messe célébrée par des prétres catholiques.Enfin, en 1799, le Pére de la République des Etats-Unis tomba gravement malade.Alors il demanda a son serviteur noir de traverser la rivière Potomac pour aller chercher un prêtre catholique, un de ses intimes, le R.P.Leonard Neale, qui accourut au chevet de l\u2019illustre mourant.Ce prêtre reçut son abjuration et lui donna les sacrements de l'Eglise catholique.On comprend que les Pères Jésuites gardèrent ce fait extraordinaire en toute discrétion, pour éviter des contestations.Le fait est attesté dans les annales des Pères Jésuites : George Washington fondateur des Etats-Unis est mort catholique.D'ailleurs cette terre d\u2019Amérique avait été sanctifiée par le martyre de S.Isaac Jogues, et par l\u2019apostolat du Père Marquette découvreur du Missisipi et de tant d\u2019autres missionnaires.GEORGES PANNETON, prêtre.\u2014m\u2014\u2014\u2014 Maurice Huot Au coeur de la Gaule Vercingétorix et César, Attila et Clovis sont devenus des héros de la bande dessinée ! La Librairie Larousse publie en effet désormais, sous une forme mensuelle, une Histoire de France entièrement imagée.Le premier fascicule est consacré au \u201ccoeur des Gaules\u201d, à \u201cVercingétorix _l\u2019Arverne\u201d et à la \u201cGaule romaine\u201d.Nous réapprendrons ainsi à connaître \u201cnos ancêtres les Gaulois\u201d.\u201cRemarquables agriculteurs, ils étaient également réputés dans le monde antique comme d\u2019habiles forgerons, orfévre et potiers, Chasseurs, pécheurs, guerriers intrépides (ils combattaient parfois nus pour montrer leur courage), ils sont aussi crédités de plusieurs inventions (le tonneau, le savon).La religion des druides constituait un lien entre les cités gauloises, autonomes, souvent ennemies, et tour a tour dominées par des rois ou des oligarchies.Dans la pensée politique gauloise, la notion d\u2019Etat centralisé n'existait pas.Ceci facilita Lesvisées expansionnistes de la république romaine.En 125 av.J.-C, Rome s'assurait le contrôle de la \u201cProvincia\u201d (notre actuelle Provence), prolongement naturel de l'Italie vers I'Espagne.Le dynamisme de l\u2019é- comie romaine, les ambitions de César et la force guerrière des légions triom- phérent des résistances gau- oises, des Vénètes jusqu\u2019à Alésia, et permirent la conquête, de 58 à 50, d\u2019un territoire compris entre le Rhin et l'Atlantiqueune politique habile, faisant place à l'aristocratie locale dès Auguste, et surtout sous Claude, par l\u2019instauration de nouveaux circuits d\u2019échanges qui favorisaient la bourgeoisie urbaine et les propriétaires fonciers, enfin par l'élimination des druides, s\u2019élabora un civilisation gallo-romaine dont les traces se sont perpétuées jusqu\u2019à nos jours dans la pierre des thermes, des temples, des théâtres et amphithéâtres.Une fois I'an, les représentants des 60 cités gauloises se rendaient à Lyon, A l\u2019autel fédéral des trois Gaules, pour rendre un culte à l\u2019Empereur et à Rome.Le ralliement des groupes dirigeants ne doit cependant pas nous cacher que la \u201cPax romana\u201d fut souvent troublée par des révoltes et des insurrections impitoyablement réprimées.Le glaive des Césars s\u2019abattait aussi sur les chrétiens, avant que la nouvelle religion, épisodiquement proscrite, ne devint celle, officielle de l\u2019Empire au IVe siècle.\u201d Par - MANUEL DE FALLA: L\u2019HOMME ET L\u2019AME.On a fêté le 23 novembre, le centième anniversaire de la naissance de Manuel de Falla.Ce compositeur et pianiste espagnol, né à Cadix, a vécu sous le signe d\u2019une foi catholique exigeante.Son oeuvre est marquée par deux périodes: I'\u201candalouse\u201d, pendant 1laquelle le musicien produisit la majorité de ses oeuvres importantes, et la \u201c\u2018castillan- te\u201d, toute de renoncement et d\u2019intériorité qui lui fit trouver des sonorités âpres et dépouillées.Sa vie émouvante est fort bien décrite dans la Grande Encyclopédie Larousse: \u201cAndalou par son père, Catalan par sa mère (qui fut son premier maître de piano), il étudia la composition au conservatoire de Madrid auprès de Felipe Pedrell (1841-19 22), dont l'influence s\u2019avéra décisive.Après des débuts laborieux, marqués par d\u2019obscures besognes alimentaires (les 4 Zarzuelas inédites de 1900-1902), il remporta un premier grand succès avec son opéra \u201cla Vie brève\u201d, qui se vit attribuer le prix de l\u2019Académie royale des beaux-arts en 1905.Cela lui permit de monter à Paris, où il vécut de 1907 à 1014 une existence difficile, mais passionnante, fréquentant Debussy, Ravel, Dukas et Albéniz.Ce furent des années décisives pour le mûrissement de son art, mais dont la véritable moisson créatrice ne fut récoltée qu\u2019au lendemain de son retour en Espagne.H vécut à Madrid jusqu\u2019en 1921, puis se retira à Grenade, où il mena une vie de plus en plus érémitique, assombrié par une santé précaire.Le rythme de sa création se ralentit encore: sa dernière oeuvre achevée importante, le bref Concerto pour clavecin de 1923-1926, exigea trois années de labeur acharné.Il entreprit ensuite son oeuvre la plus vaste et la plus ambitieuse, l\u2019oratorio \u201cPAtlantide\u201d, demeuré inachevé au terme de vingt ans d\u2019efforts et complété d\u2019après ses nombreuses esquisses par Ernesto Halffter Escriche (né en 1905) [première audition en 1961].En 19 39, bouleversé par la guerre civile, il émigra en Argentine, où il mourut dans le dénuement.\u201d Mes observations sur les mammifères par Paul Provencher \u201cCette vraie joie de vivre que j'ai connue durant toutes mes années de forestier, je ressens aujourd\u2019hui le profond désir de vous la faire partager.en vous exposant le résultat de mes observations sur quelques- uns des habitants que notre forêt boréale abrite, afin de vous les faire mieux connai- tre et mieux aimer.\u201d Dans le méme esprit que Mes observations sur poissons, le dernier des coureurs de bois nous présente maintenant quelques - uns des mammifères de nos forêts, décrivant avec sa verve coutumière et son souci du détail les particuliarités de leur anatomie, leur habitat, leur mode de vie, l\u2019organisation de leurs sociétés, les relations entre espèces, faisant la part de da légende et celle de la vérité.Mes observations sur les mammifères étudie les animaux suivants : Caribou, castor, chevreuil.Ecureuil roux, hermine, lièvre.Loup, loutre, lynx.Marmotte, mouffette, orignal.Ours noir, porcépic.Rat musqué, renard, tamias rayé.Paul Provencher a déjà publié aux Editions de l'Homme, Vivre en forêt, Le guide du trappeur, Provencher, le dernier des coureurs de bois et Mes observations sur les poissons.Mes observation sur les mammifères, par Paul Prevencher, un \u2018livre de 160 pa- Sot en vente péctout au prs: est en ven ut au de $5.00, | P Vendredi, les 7-14-21 janvier 1977 BUBCCCEBEE p BELEECULEBÉEE ur le bien EGUBEEELLELLEELE COULEUR D\u2019) TEMPS LA VIE Ceux qui disent qu\u2019ils ont tout vu parce qu\u2019ils ont vécu longtemps se trompent.Chaque jour est nouveau pour qui vit de l\u2019esprit.On a 20 ans et on découvre de nouveaux horizons.On a 40, 60, 80 ans et on explore encore et toujours son milieu.On souffre certes à tout âge, mais on a aussi des joies.A tout âge on est sensible aux échecs comme aux réussites.Au fond, on est constamment en apprentissage de la vie parce qu\u2019à toute étape de la vie on arrive neuf, sans expérience préalable.A tout age, on aspire au bonheur.A tout age, on espère et on a raison d\u2019espérer que demain sera mieux qu\u2019hier.À tout âge, il faut travailler à ce que cela aille mieux en commençant par soi, en se souciant des autres aussi car leur bonheur et notre bonheur sont intimement \u2018liés.Je songe à tout cela en ce dimanche quiet et blafard qu\u2019un timide soleil tente de réchauffer.Mais le bonheur qu\u2019en Philosophie on a défini comme l\u2019objet inévitable pour l\u2019homme.L'homme, disait-on, n\u2019est pas libre vis-à-vis du bonheur, il le recherche sans cesse obligatoirement et par mille voies.Voies trompeuses parfois.\u2018Mais qu\u2019est-ce que le bonheur?Eviter toute souffrance ?Amoindrir toute joie?Je crois que c\u2019est aimer sans arriére-pensée.S\u2019engager résolument sur le chemin qui monte vers l\u2019idéal entrevu dans sa jeunesse, alors que de bons maîtres s\u2019évertuaient à nous dire d\u2019avoir de l\u2019âme.Viser à la sérénité quoiqu\u2019il.arrive.Tout cela n\u2019est pas facile; les choix sont nombreux à faire au cours d\u2019une vie.H faut s\u2019arréter aux bons qui ne sont pas toujours les moins coûteux pour l\u2019égo.Cela ne s\u2019apprend pas dans les gros livres.Cela se vit.Au jour le jour.Se battre quand on est jeune pour les bonnes causes.Persévérer dans l\u2019âge mir.Vieillir pour regarder vivre les autres avec sympathie, avec la compréhension de celui qui a connu le feu des enthousiasmes et la glace des abandons.Ne pas s\u2019apitoyer sur le passé, encore moins sur soi-méme.Et surtout, ne jamais laisser refroidir les braises du coeur qui ne doivent jamais s\u2019éteindre.MAURICE HUOT LE BIEN PUBLIC IMPRESSIONS Ceux qui craignent le referendum n\u2019ont rien compris au mot démocratie.\u20140\u2014 L'air conartonné ou climatisé ne s\u2019applique pas uniquement aux réfrigérateurs, plusieurs humains le portent sur le visage.\u2014 0 - Certains contrats aux clauses obscures constituent PR Page 3 e ubli OB BE BBB BEE BBBBBEGBBBBBBBEBBBEBEBG pourtant des titres clairs.tout paradoxal que cela puisse paraître.\u2014 0 \u2014 Un auteur a dit que la fourchette a tué plus d\u2019humains que l\u2019épée, C'est peut- être qu'on utilise plus souvent la première que la seconde.\u2014 0 \u2014 Aux humains, la souffrance ne manque pas, ce qui manque.cest comment souffrir.Propos du jour Chez mon coiffeur Quand on livre sa tête à un inconnu, il.faut s\u2019attendre à quelque intimité.Mon coiffeur n\u2019abuse jamais de sa situation.Pour moi, je suis loin de refuser l\u2019une des dernières occasions qui \u2014 Vous voyez bien.aussi.accident d\u2019auto.mes ?\u2014 Un autre, bon vivant s\u2019il en füt me plaignait, lui Il est mort dans un \u2014 Et vous vivez encore.\u2014 Avec mes rhumatis- Plantes du sol trifluvien X La Blevetiére \u2014 Après avoir sommairement décrit la Pinède grise.arrêtons-nous un instant sur la Bleuetière.Cette association végétale préfère presque uniquement les sols sablonneux, secs et acides.Deux espèces de bleuets\u201d!, l'Airelle à feuilles étroites ou Airelle du Canada ainsi que l\u2019Airelle fausse-myrtille se partagent le territoire, la première s\u2019emparant des endroits les plus ensoleillés, la seconde supportant l\u2019ombre des Pins gris.A-t-on vraiment besoin de décrire ces deux petites Ericacées si familières?Soulignons simplement que l\u2019airelle fausse-myrtille se distingue de l\u2019autre bleuet grâce à ses feuilles et à ses tiges finement pubescentes.On remarque aussi que ses feuilles sont moins rougeâtres: il ne s\u2019agit peut-être là qu\u2019une différence due à l\u2019ombre.Les petites corolles blanches ou roses apparaissent en multitudes dès le début de juin.Un mois ne s\u2019est pas passé que les fruits bleus s'offrent aux cueilleurs armés de récipients de tous formats et .d\u2019une patience en rapport avec la souplesse de leur colonne vertébrale ! Si nos \u2018\u2018ramasseurs\u201d de bleuets peuvent échapper à l\u2019envoûtement des airelles ils apercevront des compagnes fidèles de nos bleuets : le Thé des bois, Ja Fougère-d\u2019Aigle et la modeste Violette du Labrador.Les endroits les plus arides peuvent accueillir la Potentille tridentée et la Léchée intermédiaire que vous connaissez déjà.Çà et là des touffes de Dièrevillées, d'Immortelles et d\u2019Aronies viennent apporter une peu de variété.Si vous prêtez attention, vous verrez une très grêle Orchidée: la Spiranthe gracile.Sur les versants exposés aux vents nordiques le minuscule Cornouiller du Canada qu\u2019accompagnent les Lycopodes et le Maïanthème égaie de ses fausses corolles blanches le tapis moussu des Polytrics.L\u2019Eperviére scabre et 'Eperviére de Kalm sont surtout remarquables en juillet, de méme que la précieuse Aster a feuilles de Linaire en août.Parmi les Graminées l\u2019Herbe de pauvreté (Danthonie) et les Oryzopsides se contentent des sols les plus maigres.Pour finir mentionnons la présence intrigante de l\u2019Apocyn à feuilles d\u2019Androsème.Certains auteurs lui donnent mauvaise réputation : cette jolie plante aurait, chez certaines personnes, les soient, dans une grande ville, d\u2019un contact simple et humain.\u2014 Et vos rhumatismes ?Un peu moins pénibles ?\u2014 Oh, vous savez, voilà onze ans que nous nous tenons compagnie.J\u2019en parle le moins possible aux clients.Ennuyeux, vous savez! S\u2019ils me savent atteints de cette infirmité, par politesse, ils m'en demandent des nouvelles.Je réponds.Je risque de les raser.Je ne réponds pas; j'ai l\u2019air d\u2019un grossier.\u2014 Eh bien, n\u2019en parlons plus.\u2014 Tenez, voilà six mals, un client me proposait mille remèdes \u2026 Quelque temps après, j'apprenais qu'on Vamputait des deux jambes.Jusqu'au shampoing, il détailla les hauts et les bas.Je me sentis gêné de n\u2019en pas souffrir.Mais quelle leçon me servit modestement mon coiffeur, si heureux d\u2019être tombé sur une épouse serviable et patiente ! \u2014 Voilà onze ans, Monsieur, le cing octobre, je suis parti de l\u2019église, en lui donnant le bras.Dix jours plus tard, c\u2019est moi qui marchais au sien.Elle ne m'a connu valide qu\u2019une bonne semaine, Jamais elle me s\u2019est plainte.Tout cela vous avait la couleur d\u2019une journée banale, et, pourtant, tout cela rendait l\u2019accent de la misère et de la grandeur de vivre.Frère JACQUES lônes électriques.ses erreurs.1971.mêmes effets que l\u2019Herbe-à-la-puce.Pour ma part je l\u2019ai manipulée sans dommage aucun.Des Bleuetières se sont installées le long des py- Elles sont maintenues artificiellement par les coupes effectuées régulièrement par les employés de l\u2019Hydro-Québec, sinon elles évolueraient vers une Pinède grise comme l\u2019attentent les nombreuses pousses de Pin gris.C\u2019est un exemple d\u2019un effet bénéfique sur l\u2019environnement.Note : dans le dernier article sur la Pinède grise des erreurs se sont glissées.Voici le texte corrigé : et une petite plante grêle rappelant une Graminée mais tout à fait distincte : le Carex lucorum au Laîche des bois ouverts.(- - -) Après un stade \u201cPinède grise\u2019, la forêt, atteint son maximum de développement, ou si l\u2019on veut, son climax au stade de \u201cPinède blanche\u201d.Je prie les lecteurs d\u2019excuser ces malencontreu- A.Jacques Rousseau proposait \u201cbluet\u201d.qu'il consacrait à ce canadianisme dans Le Parler canadien et le Français universel, Ed.du Bien Public, Trois-Rivières, René Verrette Voir {article Méme les prudes préfèrent la vérité toute nue.\u2014 0 \u2014 Il y en a qui se flattent d\u2019être à gauche, d'autres d\u2019être à droite.d\u2019autres encore, au centre.Si on visait surtout à être du côté du bon sens lequel est un voyageur qui passe indifféremment de gauche à droite et vice-versa, selon le besoin \u2014 oO \u2014 Tout grippé, dit qu\u2019il a une grippe de cochon, Mais avec la grippe porcine ça y est ! \u2014\u2014 0 \u2014 Les plaignards de naissance sont plus affligeants que ce dont-ils s'affligent.\u2014 0 \u2014 IL y a les capricieux de la table comme il y a les ca- pricieuxr de l\u2019esprit.Les uns ne trouvent rien de bon.les autres rien de beau.\u2014 0 \u2014 Il est rare que la louange inconditionnelle ne cache pas quelque intérêt.\u2014 0 \u2014 Qu'il serait facile de juger si tous les hommes avaient les mêmes qualités et les mêmes défauts.Cela n'étant pas et chacun étant unique, la sagesse consiste à ne pas juger trop sévèrement son prochain.Au fond que savons-nous de lui au juste ?\u2014 0 \u2014 Le grand défaut des avant-gardistes c\u2019est qu\u2019ils sont tellement en avance, ou prétendent l'être, qu\u2019on ne sait trop de quoi ils parlent.\u2014 0 \u2014 Le solitaire passe souvent pour un mauvais coucheur ou un orgueilleux qui méprise les autres.Et s\u2019il était celui qui en a assez des conversations bunales et des propos éculés, tout simplement ?\u2014 0 \u2014 Le temps qui varie au jour ne constitue-t-il pas une leçon de sagesse pour ceux qui ont l\u2019idée fixe ?\u2014 0 \u2014 La vie pose beaucoup plus de questions qu\u2019elle n\u2019ojfre de réponses.\u2014 0 -\u2014 Le Christ nous a invité à porter chacun notre croix, mais il n\u2019a pas défendu de se faire aider, ni de la déposer un peu pour reprendre souffle.\u2014 0 \u2014 Le mauvais orateur qui nous endort ne nous rend pas toujours un mauvais service.\u2014 0 \u2014 Il suffit au temps des Fétes d'une petite bouteille, vidée mal à propos pour causer tout un embouteillage ! Maurice Huot Page 4 ENTRE IGNORANTS Le nombre de gens qui parlent de choses qu\u2019ils ignorent est prodigieux.J\u2019en parle à mon aise; j'en suis.Le moyen de faire autrement ! Laisser la parole aux seuls spécialistes ?Rien de plus ennuyeux qu'un spécialiste.Qu'il soit gynécologue, économiste ou neurologue, il mettra son point d'honneur à parler de façon que personne ne l\u2019entende.On serait bien avancé ! Entre ignorants et profanes, du moins se com- prend-on.Il reste bien ça ec là quelques oiseaux rares, du type de l\u2019ancien \u201chonnête homme\u201d, de ces humanistes qui réussissent à parler de problèmes abscons dans une langue limpide.Ils ne sont pas considérés.Aujourd\u2019hui, il faut ennuyer son monde pour donner du crédit à sa compétence.E.J.RECONCILIATION Incartade, cette fuite mouvante, étanchée, solitude fleurissante que froisse la cosmique étendue, nuit nuptiale ou le retour s\u2019abreuve des plus délectables horizons j'entends marcher au sommet de toute plénitude, les heures vagabondes, mon marasme est vierge, ma forêt entière, l\u2019idéale captivité que cette passion qui dégénère en lente progression la terre est soumise aux moindres frissons qui se perdent dans l\u2019admirable conception azur infini, trésor de l\u2019entendement où viennent boire les désirs solitaires, la nuit déferle comme une vague irrésistible, est-il permis de se soustraire à l\u2019immuable métamorphose ?les liens conduisent à d\u2019inséparables jeux que mon corps humble s\u2019approprie, les lumières invisibles scintillent d\u2019un éclat énigmatique, saurais-tu lecteur incompris descendre sur mes gerbes affolées, sur ma lyre silencieuse, sur mon âme éplorées ?que prépare le songe qui tournoie, si l\u2019écho de ta voix se répercute comme l\u2019inlassable frugalité de la simple convoitise ?je sais la joie de se perdre, quand-l\u2019ombre jalouse épie l'angoisse des départs, mais connais-tu toi-même le vague ennui de taire les larges complots que fomente la perte du sommeil, la perte du plaisir, la perte des otages, ma nudité règnera comme un délire heureux, et sur ma tombe erreront d'indiscutables nuages qui laisseront tomber l\u2019eau de la misère, l\u2019eau du souvenir afin qu\u2019un jour vienne où la pure nostalgie fasse germer sur terre d\u2019inconsolables fleurs, chacune plus pâle et plus mystérieuse que la mort devenue étrangère.Marc Gariépy RENÉ DE COTRET, ST-ARNAUD & CIE Comptables Agréés André Saint-Arnaud, C.A.Jeanne Frigon, C.A.Roger Letendre, C.A.1300 Notre-Dame Case postale 1464 Tél.: 379-1831 LE BIEN PUBLIC Vendredi, les 7-14-21 janvier 1977 KATIA GRANOFF POETESSE FRANÇAISE [I fauc parcourir Méditerranée: Rivage des Dieux} pour saisir les fondements d'un humanisme donc a coujours vécu Katia Granoff, et qui soutiendra la poétesse dans coute son oeuvre poétique.Confluent de cultures si diverses, terre où l'Orient s'est marié à l'Occiclent, la grandiose magie de ce cercle méditerranéen peut à lui seul résumer le plus suprême des voyages ! Effectivement, un seul souffle anime les nombreux recueils de poèmes que cette femme écrivain a élaburés au cours de sa longue carrière; je songe en particulier, aux titres suivants: l\u2019Egypre: Les temps pétrifiés; Reflets d'Israël, De l\u2019Espagne?.Katia Granoff est née à Niolaëv, en Russie; c'est à Odessa (Turquie) qu'elle a vécu son enfance.Alors que la révolution russe bac son plein, la jeune fille connaît successivement les pays de Suisse et d'Allemagne, ec enfin, comme \u2018Alice aux pays des merveilles\u201d, la France! Très côte, Katia Granoff entre en contact direct avec le monde de l'arc piccural : autour d'elle, se regroupent divers peintres, ec progressivement elle devienc la grande marraine de combien d'artistes! Femme perspicace, audacieuse, elle déploie jusqu'à maintenant la carrière d'un des plus cé- lëèbres marchands de tableaux en tute l'Europe ! N'est-ce pas Kacia Granoff qui, plus que tout autre, suc remarquer les beautés profondes de Chagall, Bonnard, Monet?Matisse, Braque, Picasso?Dufy, Rouault, Utrillo, Modigliani et combien d'autres ?Si tanc d'oeuvres picrurales ont brillé dans le ciel de Katia Granoff, l'important est certaine- menc d'avoir été ce précieux témoin d'une civilisation en train de se refaire toujours et toujours, d'être aussi demeurée attentive à ce qu'il a de plus humain ec de plus magnanime en l'homme ! À ce propos, il suffit de poursuivre avec cette poétesse, l'exceptionnel \u201cChemin de Ronde\u201d qu'elle nous offre dans son merveilleux \"livre de Souvenir er d'Espoir\u201d intitulé Mémoires 3.Parole lumineuse, incisive, où nous pouvons retrouver route une sagacité, le don superbe de la vigueur et de la nuance, la joie de vivre! Dans ces Mémoires, Katia Granoff évoque les nombreux événements qu'elle a vécus, son cheminement intérieur, les êtres qui l'onc particulièrement marquée, et la poésie qui lui a toujours donné des ailes, Il s'agit, à la vérité, d\u2019une importante fresque où se révèlent à chaque page des dons remarquables de sensibilité er de visionnaire inspirée.Art ec Poésie demeurent donc les deux granis pôles de toute la vie de Katia Granoff.L'un n'a fait que nourrir l'aucre, ec le porter à son sommet d'incandescence.L'oeuvre picturale est poème, et le poème est tableau d\u2019une vie intérieure.| Poètes et Peintres maudits® est à ce sujet, une des oeuvres les plus notables de Katia Granoff! Enfin, dans le long icinéraire de cette femme écrivain, nous ne saurions jamais assez souligner le \u201cgrand service\u201d qu\u2019elle a rendu \u201cà la Poésie\u201d, selon les mots mêmes de Gaston Bachelard.N'est-ce pas Katia Granoff qui a daigné présencer au-delk de quatre-vinge poètes dans une célèbre Anthologie de la Poésie Russe ?5 Travail de géant que certe traduction fran- Çaise des poètes russes les plus renommés! Travail de création admirable également, puisque cette traduction est toute en vers classiques, rimés et rychmés! Un travail qui restera donc unique! Pour terminer cette trop courte présentation, je m'en voudrais ce ne pas dire à nouveau la grandeur d'esprit ec de coeur de cette poétesse.Dans ses Mémoires, Katia Granoff a justemen écrit: \"Baignée, tantdt de lumière, tantôt d'ombre, resterai-je incomprise de moi-même?M'au rait-elle épargnée, cette connaissance exhaustive, alors que j'approche des confins de la vie, plus neuve qu'en ma jeunesse, avec mes chimères et mes passions ?\" 6 Ainsi, la vie de Katia Granoff nous offre un très profond mystère! Le mystère de \u201cce coeur inguérissable qui chérit des miracles\u201d, mais qui ne se déroba jamais aux êtres que le destin lui avait confiés, comme aux tâches\u201d auxquelles il s'était assigné\u201d! Voilà donc le plus éclatant caractère de cet humanisme demeuré inaltérable.Enfin, nous souhaitons vivement que les divers recueils de poèmes de Katia Granoff soient un jour et très bientôt, réunis en un seul recueil, comme un autre splendide fleuron pour couronner chez cette poétesse renommée, une telle \u201csomme de travail, d'amour et de fidélité\u201d ! MARCEL NADEAU Ed.Flammarion.1.2.Ed.Seghers.3.Union Générale d'Editions, Coll.10-18.4.id.5.Librairie Gallimard, 6.Granoff, K.: Mémoires, Chemin de Ronde.U.G.E., Paris, 1976, p.9.7.Ibid.pp.9-10, LES MANOIRS DU QUEBEC, UN \"GROS MORCEAU\u201d DE NOTRE PATRIMOINE Montréal, décembre 1976.les censitaires des renseignements disponibles sur chaque manoir : état actuel, bibliographie, iconographie, etc.venaient En comparant les vues \u2014Connaissez-vous la défini tion du mot \u201cmanoir\u201d ?Savez-vous qu\u2019au début du siècle, au Québec, il existait encore une centaine de ces maisons et qu\u2019il n\u2019en reste aujourd\u2019hui que 54?Que cinq d\u2019entre elles sont en ruines ?Si vous vous intéressez à notre patrimoine architectural, vous lirez avec plaisir Les manoirs du Québec que viennent de coédi- ter la maison Fides et l\u201dEditeur officiel du Québec.Cet ouvrage marque, en effet une étape dans l\u2019étude des vestiges architecturaux du régime seigneurial sous lequel le Québec a vécu pendant plus de deux siècles, jusque vers 1850, et qui a laissé, sur le territoire et dans les institutions, des traces ineffaçables.Le manoir, en effet, était la résidence du seigneur, propriétaire de la seigneurie, l'endroit où payer la rente.Un demi-siècle après la publication, en 1927, de Vieux manoirs, vieilles maisons, de Pierre-Georges Roy, Raymonde Gauthier a entrepris de faire l\u2019inventaire des manoirs qui existent ou ont existé au Québec.Ses recherches, dans les archives nationales et locales, lui ont permis d\u2019établir un bref historique de chaque édifice et de rassembler une intéressante iconographie.Dans son introduction, l\u2019auteur décrit le régime seigneurial et explique les obligations qui incombaient au seigneur ainsi que celles que l\u2019on imposait aux censitaires.Elle traite également de l\u2019évolution de l\u2019architecture des manoirs.A la fin de l\u2019ouvrage, les étudiants et chercheurs trouveront des fiches signalétiques contenant l'essentiel anciennes et, les photos actuelles de nos manoirs, le lecteur verra comme notre patrimoine a souffert de notre insouciance et de notre incurie.11 constatera combien de magnifiques maisons, inventoriées en 1927, par Pierre-Georges Roy, ont complétement disparu, combien sont en ruines, combien ont été défigurée, combien sont enlaidies par leur voisinage.Ce livre, qui intéressera tout autant le grand public que les spécialistes, est en quelque sorte Un appel au secours.Les manoirs du Québec, par Raymonde Gauthier, une coédition Fides-Editeur officiel du Québec, 244 pages, abondamment illustré, comprend également une fiche signalétique pour chacun des 111 manoirs du Québec.En vente dans toutes les librairies. Vendredi, les 7-14-21 janvier 1977 EI Un critique Il ne faut pas trop chicaner nos critiques modernes d\u2019avoir le souffle court et le jugement-éclair.Ils s'adressent à un public qui ne lit plus de textes interminables, la dispersion d\u2019esprit pour laquelle Alexis Carrel a dit qu\u2019il n\u2019y a pas de remède étant son lot.I est toutefois intéressant de se reporter aux textes de critiques disparus, car ils allaient en profondeur dans leurs analyses.Une des caractéristiques de notre temps est qu\u2019on n\u2019accorde d\u2019attention qu\u2019aux oeuvres qui sentent encore l\u2019encre fraîche.Beaucoup trop de lecteurs, de jeunes surtout, .démontrent une totale indifférence pour les auteurs plus anciens et pour ce qu\u2019on en a dit dans le temps.Et pourtant, quantité d\u2019oeuvres anciennes n\u2019ont jamais été dépassées et leur fréquentation peut être tout profit pour éclairer le présent.Si par exemple la critique littéraire n\u2019est pour certains qu\u2019un prétexte à prendre une pose et à s\u2019interposer entre l\u2019auteur et le public, il n\u2019en est pas de même chez Sainte-Beuve qui a fait une critique si fouillée et si pénétrante de Chateaubriand.Non seulement s\u2019applique-t-il dans un fort volume paru chez Garnier jadis, mais en passant, il corrige ce qui lui semble avoir été les injustices d\u2019auteurs et de critiques de son temps envers l\u2019auteur des Natchez, tel l\u2019ironique André Chénier dans son \u201cTableau de la littérature.\u201cQuant on relit Atala sans prévention, écrit Sainte-Beuve au sujet de Chénier, une telle critique cesse d\u2019être simplement piquante et injuste, elle est souverainement pauvre.\u201d Comme beaucoup de nos contemporains non acquis aux vers Hibres admirent toujours Victor Hugo parce qu\u2019il fut magnifique dans ses expressions, Sainte-Beuve est envoûté par le génie de Chateaubriand.Sainte-Beuve est un critique qu\u2019il est bon de relire.Lui même grand, il avait les qualités nécessaires pour parler des grands.Jules Lemaître, Léon Bloy, ont eu aussi des vues profondes sur les- écrivains de leur temps.C\u2019est Bloy qui, par exemple, a su reconnaître en Verlaine, un des plus grands lyriques chrétiens dans son recucil intitulé, \u201cSagesse\u201d.Mais des critiques comme Sain- te-Beuve ct Lemaitre (relisons ses \u201cContemporains\u201d) sont à mon LE BIEN PUBLIC sens parmi les plus lucides parce qu\u2019ils ont écrit en donnant de solides raisons de leurs préférences comme de leurs réserves, ces dernières n\u2019étant d\u2019ailleurs jamais sans appel.On dira peut-être pourquoi ce retour à une littérature passée ?C\u2019est que je voudrais rappeler aux jeunes qui, trop pris par l\u2019actualité, dédaignent les incursions littéraires en-deça de l\u2019âge atomique, Joubert a déjà écrit: \u201cL\u2019embéte- ment avec les livres nouveaux, c\u2019est qu\u2019ils nous cachent les anciens\u201d.Léo Ayotte Le décès du peintre Léo Ayotte survenu ces jours derniers, aura affligé la colonie artistique québécoise.Originaire de la Mauricie, Avotte s\u2019était hissé par la force de ses poignets au niveau enviable qu\u2019il avait atteint durant la fin de sa carrière alors que sa réputation d\u2019excellent peintre s\u2019était effer- mie et que sa cote montait de plus en plus chez les collectionneurs.Ayotte avait humblement débuté dans le métier quand, ayant obtenu un emploi à l'Ecole des Beaux-Arts, il servit comme modèle, concierge et appariteur.C\u2019est à l\u2019occasion de la fréquentation de ce milieu que son talent se fit jour et qu\u2019il commença à peindre des natures-mortes, des portraits et surtout des paysages, au dire des connaisseurs.la meilleure part de sa production.Durant les années 50, je me souviens d\u2019une exposition de scs ocuvres qui souleva l\u2019intérêt de la critique.Ayotte a beaucoup peint, et on trouve aujourd\u2019hui ses toiles chez nombre de particuliers et dans les galeries les plus huppées de Montréal, de Québec, et même de l\u2019étranger.Ayotte, comme tant d\u2019artistes- peintres n'aura connu que brièvement le succès matériel que lui apportait son oeuvre.C\u2019est qu\u2019il pcignait non pas pour s\u2019enrichir Mais pour répondre au besoin de vivre dans le plein sens mot, par la peinture, C\u2019était toute sa vie ! Paysagiste tantôt vigoureux, il imprégnait ses toiles d\u2019un remarquable souffle poétique, et il sut chanter nos paysages urbains ou ruraux avec amour, avec un coloris distinctif.Aucun sujet ne le rebutait et il trouvait de la poésie dans les scènes les plus banales qu\u2019il savait exalter par la magie de Are.Comme plusieurs autres, Ayotte fut un bon artiste québécois qui trouvera sa place non seulement parmi les survivants de sa génération mais au temple de la renommée artistique de chez nous.Avyotte disparut sans bruit, comme il avait vécu.\u2018les manoirs du Québec\u201d Dans la collection \u201cLoisirs et culture\u201d de la maison Fides, il importe de signaler dans la production de cette année, l'utile et important ouvrage de Raymonde Gauthier sur Les manoirs du Quebec ces vieilles maisons seigneuriales qui existent ou qui ont existé au Québec.Raymonde Gauthier a repris cette recherche historique de notre patrimoine architectural déjà entamée en 1927 par Picrre-Gcor- ges Roy qui en cette année-là, pu- blait \u201cVieux manoirs, vieilles maisons\u201d.La coédition Fides et l\u2019Editeur Officiel du Québec constitue un nouvel inventaire bien documenté qui parfait l\u2019œuvre de Roy à la lumière de recherches récentes.C\u2019est avec nostalgie que l\u2019aude Les manoirs du Québec a constaté combien on a eu peu soin de ces reliques d\u2019un passé glorieux dont certaines ont été abandonnées à la ruine, tandis que d'autres sont outrageusement entourées de construction modernes qui les déparent.Ce livre est un appel à la conscience des Québécois pour qu\u2019ils veillent sur leur patrimoine dans les divers domaines, Des livres comme celui de Raymonde Gauthier y aideront.T y a beaucoup de recherche à faire dans ces domaines mais les ouvriers sont peu nombreux.A quand par exemple une recherche exhautive de la lutherie au Québec ?Les manoirs du Québec se présente comme une édition attrayante fort bien illustrée de nombreuses photographies.Du bel ouvrage qui laisse espérer d\u2019autres coéditions avec l\u2019Editeur officiel du Québec.Dictionnaire pratique Deux ouvrages importants sont à signaler parmi la production récente des Editions Fides: le Dictionnaire pratique des auteurs québécois par Réginald Hamel, John Hare et Paul Wyczynski, et \u2018Montréal, la formation d\u2019une société, 1642-1663\u201d.Le premier ouvrage d\u2019ordre utilitaire est une source de réfé- Page 5 es MOtS.rences sur quelque 600 auteurs de langue française au Québec et dans les autres provinces du Canada.On y trouve l'information essentielle sur ces auteurs consignés, L'oeuvre se veut ouverte sur l\u2019avenir et à compléter au fur et à mesure des besoins.Déja, elle groupe des renseignements sur- crits quant à une foule d\u2019écrivains dans le sens le plus large de ce terme.Bien sûr, comme dans ce genre d'oeuvres, il y a des lacunes.Des noms ont échappé aux auteurs qui mériteraient de figurer dans ce dictionnaire qui se veut le plus complet possible mais ce sera sans doute pour l\u2019appendice.Pour ce qu'il présente, on peut toutefois se fier à des compilateurs et chercheurs de la trempe de Hamel, Wyczinski et Hare.Dans la tour de l'Université de Montréal, Hamel a ocuvre dans les années soixante sur de nombreux cahiers bibliographiques des lettres québécoises.Il nous a donné aussi la Correspondance de Charles Gill.Le professeur Wyczinski est l\u2019auteur d\u2019une étude en profondeur sur Emile Nelligan ainsi que des études fouillées sur la poésie et le théâtre au Canada français.John Hare est l\u2019auteur de Les Canadiens français au.quatre coins du monde, une bibliographic commentée des récits de voyages de 1670 à 1914 et entre autres Les In:primés dans le Bas- Canada ct Contes «1 Nouvelles du Canada français.Tous gens donc qui ont mis sé- ricusement la main à la pâte de notre littérature qu\u2019ils ont aidé par leurs métier de chercheurs à sortir de l\u2019ombre.Tous ceux qui ont chez nous le souci de la culture littéraire leur seront reconnaissants de cet ou- on peut vaincre le cancer SOCIÉTÉ CANADIENNE (DU CANCER | Page 6 LE BIEN PUBLIC Vendredi, les 7-14-21 janvier 1977 La primauté de Pierre 8.Primauté d'enseignement Peu de temps avant de mourir et en présence de ses Apôtres, Jésus s'adresse à sun Père: « J'ai achevé l\u2019oeuvre que vous m'avez donnée à faire ».(Jn.XVII, 4).Cette Oeuvre de Jésus est son Eglise.Elle est parfaite.Mais elle doit survivre, continuer, grandir.Jésus s\u2019est donné un Vicaire dans la personne de Pierre et de son Successeur, jusqu\u2019à la fin des temps.Pour assurer la vie de l\u2019Église, deux choses sont nécessaires: la gouverner et perpétuer l\u2019enseignement de la Vérité révélée.Telle est la double fonction suprême (ou primauté) du Vicaire de Jésus-Christ.«La suprématie du Pape, écrit Joseph de Maistre, est le dogme capital sans lequel le christianisme ne peut subsister; toutes les Eglises qui rejettent ce dogme, dont elles se cachent l'importance, sont d'accord, même sans le savoir ».(Du Pape, p.476).Jésus-Christ a donné à son Vicaire les Clefs du Royaume des cieux.Là est le pouvoir de gouverner.Le fait de communiquer ce pouvoir aux autres Apôtres ne diminue en rien le pouvoir personnel de Pierre.«La suite ne renverse pas le commencement, écrit Bossuet, les promesses de Jésus-Christ aussi bien que ses dons sont sans repentance.Ce qui est une fois donné indéfiniment est irrévocable.Cette première parole: Tout ce que tu lieras, dite à un seul, a déjà rangé sous sa puissance chacun de ceux à qui on dira: Tout ce que vous remettrez ».(Cf.Dom Gréa, p.148).De plus, Jésus dit a Pierre: « Pais mes agneaux, pais mes brebis », et non pas: « Pais mon troupeau ».pour bien désigner chacune des ouailles, qui composent l\u2019ensemble.Jésus dit encore: à Pierre: « Confirme tes frères dans la foi.» Là est le pouvoir de nourrir de la Parole divine, de la garder intacte chez tous.Voyons dans ces pages la primauté d\u2019enseigner, prérogative du Successeur de Pierre.La primauté de gouverner sera considérée au chapitre suivant.Nous verrons quelques exemples de l'application de cette primauté au cours de l\u2019histoire.a) Primauté d\u2019enseignement peut vouloir dire que le Vicaire de Jésus-Christ, dans ce domaine, a le premier et le dernier mot: \u2014 le premier mot, parce que le premier Il a le devoir d\u2019enseigner, de prêcher à J\u2019univers la Parole de Dieu; \u20141le dernier mot, parce qu\u2019ll a le premier pouvoir et le premier devoir de conserver intact le dépôt de la Foi, de confirmer ses frères dans la Foi, de dirimer toute controverse autour de la Vérité divine: Dans la récente Exhortation Apostolique Evangelii Nuntiandi (8 déc.75), S.S.Paul VI expose très clairement que le premier « ouvrier de l\u2019évangélisation » est le Pape Lui-même, avec et avait tous les évêques chargés eux-mêmes de ce premier ministère.«Le Successeur de Pierre est ainsi, par la volonté du Christ, chargé du ministère prééminent d\u2019enseigner la vérité révélée.Saint Léon le Grand parle de lui comme de celui qui a mérité la primauté de l\u2019apostolat.C'est pourquoi aussi la voix de l'Eglise montre le Pape «au sommet le plus haut \u2014 in apice, in specula \u2014 de l\u2019apostolat.Le Concile Vatican II a voulu le réaffirmer en-déclarant que le mandat du Christ de prêcher l\u2019Evangile à toute créature regarde avant tout et immédiatement les Evêques avec Pierre et sous la conduite de Pierre ».«Le pouvoir plénier, suprême et universel que le Christ confie à son Vicaire pour le gouvernement pastoral de son Eglise, c\u2019est donc spécialement dans l\u2019activité de précher et faire précher la Bonne Nouvelle du salut que le Pape l\u2019exerce.» (n.67).De cette Exhortation Apostolique, un éminent théo- Jogien, Mgr Ph.Delhaye a pu écrire « qu'elle sera certainement considérée comme un des textes essentiels du pontificat de Paul VI».(Ami CL.5 fév, 1976, p.65).Prêcher la Bonne Nouvelle ou la Parole de Dieu est intimement lié à deux autres éléments, savoir: la Tradition et le Magistère.« Ecriture, Tradition, Magistère: le catholique considère en ces trois choses le triple et unique canal par quoi la Parole de Dieu lui parvient.Il les voit toujours, loin de se nuire l\u2019une à l\u2019autre ou de se limiter l\u2019une l\u2019autre, s'appuyer au contraire, s\u2019organiser entre elles, se confirmer, s\u2019éclairer, s\u2019exalter mutuellement.Il comprend que leur sort est lié.Il y reconnaît ce funiculus triplex qui ne se laissera point rompre ».(P.de Lubac: Médit.Egli.p.212).La Constitution dogmatique Dei Verbum, (n.10, Vat.II) reprend la même pensée: «La sainte Tradition et la sainte Ecriture constituent un unique dépôt sacré de la parole de Dieu, confié à l\u2019Eglise.La charge d'interpréter de façon authentique la parole de Dieu écrite ou transmise, à été confiée au seul Magistère vivant de l'Eglise.» De même que Jésus nous dit: « Ma doctrine n\u2019est pas de moi, mais de Celui qui m\u2019a envoyé >», (Jn, VII, 16); de SOUVENIRS DU BRÉSIL ET DE L\u2019ARGENTINE MM.les \u2018abbés Philippe Normand et Georges Panneton sont revenus de Bue- nos-Ayres où ils ont assisté au congrès eucharistique international.Nous avons été assez heureux de rencontrer M.l\u2019abbé Georges Panneton qui nous a raconté des souvenirs intéressants sur ce voyage.L'abbé Panneton nous a déclaré qu\u2019en dehors des fêtes religieuses, qui ont été spendides, c\u2019est la civilisation latine, encore dans sa fleur en Amérique du Sud, qui l\u2019a le plus impressionné.\u201cCette civilisation est plus prenante que celle de l\u2019Europe.Elle a gardé toute sa pureté exempte qu\u2019elle est des idées avancées qui s\u2019abattent sur l\u2019Europe, notamment du bolchévis- me.\u201cUne autre impression agréable que j'ai rapportée de l'Amérique du sud, c\u2019est que la langue française est la langue seconde des gens cultivés.On y remarque même une certaine affectation à parler français, à connaître la littérature francaise.A Rio de Janeiro, Brésil, l\u2019abbé Panneton a remarqué une bibliothèque dont une partie comportait des ouvrages en langue portugaise et une autre partie consacrée uniquement à la littérature française.Or, sur un catalogue de 40 pages, 30 pages étaient consacrées à la littérature française et 10 à la littérature portugaise.L\u2019admirable baie de Rio est dominée par la Statue colossale du Christ-Roi (100 pds haut, en béton) située au sommet du Pic Corcovado; Jésus étend ses bras sur la capitale du Brésil.On vient de bâtir au centre du pays la nouvelle capitale BRASILIA.Près de SAO PAOLO, ville très riche, on visite BUTANTAN, ferme où l\u2019on conserve des serpents COBRA, dont le venin sert à distiller un calmant plus fort que la morphine.La ville de Buenos-Ayres compte une population de 2,500,000 âmes.Elle possède 26 quotidiens en cinq principales langues : l\u2019espagnol, le français, l\u2019anglais, l'italien et l\u2019allemand.Il y a 61 églises catholiques, soit 36 églises de paroisses et 35 chapelles.De plus (un exemple à suivre aux Trois-Rivières) 17 bibliothèques.A ce sujet il est intéressant de noter l\u2019un des faits les plus étonnants du voyage.Entré dans un magasin de musique pour acheter des recueils de cantiques, l\u2019abbé Panneton aperçoit un homme du Montevideo, M.Careau qui lui présente la vie de Gérard Raymond de l\u2019abbé Genest de Québec, traduite en espagnol.C\u2019est ce qui fait le plus voir la propagande que notre pays peut acquérir à l\u2019étranger par sa foi.En effet, en quel pays la foi du Canada ne rayonne pas ?C'est ainsi que par exemple, au monastére des Péres du même le Pontife Romain n\u2019est pas le maître de la doctrine révélée, mais le Serviteur, le Gardien attitré et autorisé.L'histoire de la Papauté est inséparable de l\u2019histoire de la transmission de l\u2019Evangile depuis vingt siècles.Le ministère de l\u2019unité devient aujourd\u2019hui beaucoup plus difficile et vitalement indispensable.« L\u2019Eglise de demain, note le Cardinal Marty, ne pourra se passer, moins que jamais, de la responsabilité universelle de l\u2019Evêque de Rome.» (Doc.C.6-6-76).Gardons les yeux fixés sur le Successeur de Pierre et attachons-nous à son oeuvre évangélisatrice.Elle sert de critère à tout autre évangélisateur, quel que soit son rang.Au VIe siècle, le Pape saint Grégoire le Grand (590- 604) envoie des missionnaires en Angleterre pour convertir les Anglo-Saxons.Le succès fut tel que l\u2019histoire a surnommé ce pays l'Ile des Saints ! L'histoire continue, .Et aujourd\u2019hui l\u2019on peut dire que sans l\u2019action évangélisatrice des Papes de ces derniers temps, l\u2019essor missionnaire de l\u2019Eglise aurait vite manqué de souffle et de cohérence, s\u2019il n\u2019avait été le fait que de chaque Eglise locale.« Ces nouvelles Eglises locales, note le Cardinal Marty, implantées dans d\u2019autres cultures, rapidement pourvues d\u2019un clergé autochtone, disent à elles seules l'importance de la papauté pour le service de la Foi aujourd\u2019hui.» (Doc.C.6-6-76).Il n\u2019est pas hors de propos de signaler au passage combien ce mot du Cardinal Marty marque l\u2019importance de l\u2019aspect pontifical (ou papal) des Oeuvres Missionnaires, telle la Propagation de la Foi, l\u2019Oeuvre de Saint- Pierre-Apôtre, etc.Restreintes aux Eglises locales, ces Oeuvres Missionnaires perdraient de leur catholicité.Connaissons-nous un évèque qui soit aussi assidu, aussi fécond, aussi écouté dans son enseignement de la Parole de Dieu, que l\u2019Evêque de Rome ?Et cet Evêque de Rome a aussi le « souci de toutes les autres Eglises » du monde catholique!.Le Pape actuel, Paul VI, rend.un hommage parfait à la Primauté d\u2019enseignement qu\u2019Il détient comme successeur de Pierre.; MGR JOSEPH-LOUIS-BEAUMIER (à suivre) St-Sacrement, l\u2019abbé Panneton rencontre un religieux au nom bien canadien, le Père Germain.Il lui demande son lieu d\u2019origine \u2014 Warwick! de répondre le religieux.On sait que Buenos-Ay- res fut fondée en 1534 (100 ans avant 3-Rivières).C\u2019est peut-être la ville au monde qui possède le meilleur système de transport.En plus du métro, des tramways, des taxis et des autobus, la ville possède un système de transport qu\u2019on appelle le collectivo et qui tient le milieu entre le taxi et l\u2019autobus Le véhicule peut transporter 12 personnes; le prix du transport est le même qu\u2019en autobus et le service, on le comprend, est beaucoup plus rapide qu\u2019en autobus.Le Canada français n\u2019est pas inconnu en Argentine, bien que séparé de ce pays par un immense écran; les Etats-Unis.Plusieurs Canadiens d\u2019origine se sont établis en ce pays de l\u2019Amérique du Sud.En passant, l'abbé Panneton a remarqué un magasin portant le nom de \u201cLaflèche\u201d.Bien plus, notre ville même est connue là-bas.Au cours d\u2019une visite à Rio de Janeiro, notre voyageur s\u2019arrête à un grand journal \u201cA Noite\u201d (La Nuit).Après avoir parcouru les 22 étages de cet édifice magnifiquement construit, l\u2019abbé Panneton s\u2019informe de quel papier on se sert pour imprimer le journal.\u2014 \u201cDu papier canadien\u201d, répond- on.En visitant l'atelier d'impression, l\u2019abbé Panneton avise un rouleau de papier non déballé et lit en toutes lettres: \u201cSt-Lawren- ce Paper Co., Trois-Riviè- res\u201d.Le gérant demande alors au visiteur de bien vouloir dire aux nôtres que le papier fabriqué aux Trois-Rivières est excellent.Ces pays sont très riches.La crise commence à s\u2019y faire sentir quelque peu maintenant que le marché du monde se ferme peu à peu au boeuf et au blé de l\u2019Argentine.Mais les produits, surtout la viande est excellente en ce pays, et le Canada a un concurrent dangereux en ce domaine.Pour terminer, une autre histoire.Ayant affaire à demander un renseignement à un conducteur de tramways, à Buenos-Ayres, l'abbé Panneton se sert pour la première fois de l\u2019espagnol avec lequel il n\u2019est pas aussi familier qu\u2019avec l'italien.Le conducteur lui fait immédiatement la remarque: \u201cVous êtes Italien ?\u201d .De retour l\u2019abbé Panneton, tout heureux de\u2018 ce compliment, s\u2019empresse de raconter l'aventure aux prêtres de Buenos A: Justement, répondent les compagnons, ce sont précisément les Italiens qui parlent le plus mal l\u2019espagnol !\u201d | GEORGES PANNETON, prétre.octobre 1934.: Vendredi, les 7-14-21 janvier 1977 LE BIEN PUBLIC Notules et commentaires Bons et mauvais perdants Pour plusieurs, la politique est avant tout un sport, et comme dans tous les sports, il y a de bons et de mauvais perdants.H y a les fielleux, les bilieux, les indifférents, les consternés, les dégoûtés, les désappointés, etc.Il y a aussi, heureusement, les gens normaux qui acceptent la défaite avec sérénité et = philosophie.Ceux-ci ont droit à notre admiration, car ils restent grands dans la défaite.Peut-être sont-ils peu nombreux.C\u2019est pourquoi il faut les citer et les féliciter.Lors des élections du 15 novembre dernier, on aura remarqué particulièrement les réflexions de deux anciens ministres, qui ont connu la défaite et ont fourni leurs commentaires.Ce sont ceux de M.Jean-Paul L\u2019AIlier, ex-ministre des Affaires culturelles, et Bona Arsenault, doyen de la dernière Assemblée nationale et député de Matapédia.Tous deux ont été battus, comme on sait, par des représentants du parti québecois.M.L\u2019Allier a eu des paroles émouvantes et a généreusement félicité son adversaire plus heureux que lui.Naturellement, il se dit déçu.\u201cLa défaite, dit-il, est toujours la défaite quels qu\u2019en soient les causes et malgré les discrètes marques d\u2019amitié qui se manifestent et qui font tant de bien.C\u2019est la fierté, c\u2019est l'âme, qui sont blessées.C\u2019est l'intelligence aussi, qui accepte mieux qu\u2019elle ne comprend le jugement anonyme mais implacable de milliers de citoyens et même d'amis s\u2019exprimant pour que se réalise la démocratie.\u201d Les félicitations que M.L'Allier adressait à son adversaire le soir même de l\u2019élection de ce dernier sont inspirées du même esprit: \u201cC\u2019est, dit-il, un homme compétent en son métier et de qualité.Je lui souhaite bonne chance et bonne santé; dans votre intérêt, il aura besoin des deux.C\u2019est à lui maintenant de vous aider.Il vous appartient.\u201d Les réflexions que livrait l\u2019ex-ministre Bona Arsenault au journaliste Gilles Lesage, du \u201cSoleil\u201d, au ledemain de sa défaite, sont d\u2019un esprit aussi \u2018généreux.Aucune amertume.Philosophie souriante, optimiste même, comme lorsqu\u2019un malade se relève d\u2019une grave maladie.\u201cDéjà, dit-il, en 1970 et 19 73, je voulais prendre ma retraite politique.Cette année, c\u2019est la politique qui m\u2019a quittée !.Il y a au Québec une atmosphère de détente qui me réjouit sur le plan démocratique.\u201d Il termine ses réflexions en disant qu\u2019il passe le flambeau avec le sourire, sans amertume, retournant à ses véritables amours: l\u2019épopée acadienne, dont il parle avec ferveur.Ajoutons que \u201cce jeune vieillard de 73 ans\u201d, comme il se qualifie lui-même, a passé 45 ans dans la vie publique, dont 12 comme député à Ottawa, et 16 à Québec.Son départ sera regretté de tous les hommes politiques qui l\u2019ont côtoyé, de quelque parti qu\u2019ils aient été, et qui admiraient des qualités de gentilhomme, son humour, et sa pittoresque sérénité.Il aimait à rappeler un mot d\u2019esprit de l\u2019hon.Duplessis à son endroit.Lors d\u2019un discours en Chambre sur un sujet quelconque, M.Arsenault rappelait les victoires de Napoléon et son sens de la politique.Alors M.Duplessis lança ce mot: \u201cIl faut que Bona.parte!\u201d _\u2014_ x \u2014 Peut-on encore sauver l'école ?.C\u2019est le titre d\u2019une série de cinq articles d\u2019une grande actualité que vient de publier \u201cLe Soleil\u201d et qui sont un pénétrant témoignage d'une religieuse enseignante, soeur Thérèse Sasseville, qui répond ainsi aux questions que des milliers de parents et d'étudiants se posent depuis quelques années: Pourquoi les étudiants sont-ils dégoûtés de l\u2019enseignement qu\u2019on leur procure: pourquoi chercher a produire des valets diplômés au lieu de former des êtres au jugement sain et conforme à la réalité humaine.Ces propos sont d\u2019une personne enseignante de carrière et qui, enfin, écrit publiquement ce que des milliers de personnes pensent.Nous ne pouvons ici que donner quelques échantillons de la pensée de cette religieuse.\u2018Quand elle se demande \u201cPourquoi les adolescents sont-ils dégoûtés de l\u2019école?elle répond: C\u2019est que, tout d\u2019abord, l\u2019économie prime tout.Souvent on embauche les professeurs les moins coûteux, donc ceux qui ont le moins d\u2019expérience ¢t le moins de qualifications, des professeurs qui font leur expérience sur le dos des élèves.\u201d Qui oserait lui donner tort ?Soeur Sasseville s'appuie, non seulement sur son expérience personnelle, mais sur celle d\u2019autres professeurs qui, comme elle, ont observé et noté, dans des études et des ouvrages sérieux, les failles de notre enseignement actuel et leur répercussion sur la formation de ceux qui demain seront l\u2019élite de notre société.Elle n\u2019est pas tendre, naturellement, envers les autorités de notre ministère de l\u2019Education.Ses réflexions arrivent à un moment où un nouveau gouvernement prend en mains la cause de l'éducation.Espérons que les nouveaux responsables accepteront l'avis des éducateurs de carrière et reviendront à une politique de bon sens.Car, note encore cette éducatrice, il faut écouter ceux \u201cque la philosophie aura rendus lucides et capables de désavouer ce monde où tout souffle spirituel semble sur le point de s\u2019éteindre, des jeunes capables de dire que l\u2019homme ne vit pas seulement de bière, de drogue et de whisky, mais de vérité, de justice et de droiture.\u201d \u2014_X \u2014 Bizarreries En effet, il est bizarre de constater qu\u2019alors que les gouvernement qui se sont succédés au Québec depuis une dizaine d\u2019années tentent par lous les moyens d\u2019intensifier chez nous la culture francaise, on n\u2019attache que peu d\u2019importance à l\u2019enseignement du français dans nos écoles.L\u2019éducatrice dont nous venons de citer quelques réflexions déplore avec beaucoup d\u2019autres enseignants le retrait de la grammaire (en plus du catéchisme) des programmes d\u2019enseignement.Soeur Sasseville cite de nombreux exemples qui prouvent que nos élèves actuels ne connaissent pas l\u2019orthographe.Tous ceux qui ont des employés: secrétaires, sténographes, publicistes, etc, le deplorent également.Un officier supérieur d\u2019un ministère nous faisait voir, il n\u2019y a pas longtemps, un échantillon d\u2019une lettre banale, un simple accusé de réception qu\u2019il ne croyait même pas avoir à dicter.Or, l\u2019employée a tout simplement écrit: \u201cNotre département aeuse réception de la votre daté du 16 du courant.Quatre fautes élémentaires dans une simple ligne.Ce n\u2019est ià qu\u2019un simple échantillon de la faillite de l\u2019enseignement actuel du français.Pauvres élèves ! \u2014X \u2014 Mgr Tessier toujours présent L\u2019élan donné par ce grand éducateur à l\u2019enseignement ménager et dont nos technocrates modernes ont complètement modifié l\u2019objectif sous prétexte de modernisation, retrouve sa place d'honneur dans certains pays africains en voie de développement.Nous écoutions récemment un excellent reportage du poste Radio-Québec consacré à l\u2019enseignement en Algérie, sous le gouvernement actuel.Un -profes- Janvier 1977 Page 7 EDITIONS DU BIEN PUBLIC 1563, rue Royale Trois-Rivières, Qué., Canada.DES ARCANES ET DES JEUX XXII ordonnances pour une fête baroque par ALEXIS KLIMOV Voici une oeuvre authentiquement hermétique, dont les racines s'enfoncent dans une vision poétique, métaphysique du monde.Des Arcanes et des Jeux est le récit d\u2019une aventure qui s'inscrit dans un paysage spirituel dont le cirque, les châteaux de Louis Il de Bavière, la boutique du cordonnier Jacob Boehme, la cathédrale gothique, I'antre de l'alchimiste, le campement de tsiganes, le temple noir de Konarak et ie Hradschin de Prague constituent quelques - uns des hauts lieux.Des Arcanes et des Jeux est l'évocation de rencontres avec des êtres qui, ayant eu l'audace d'aller au delà d'eux-mêmes, réussirent à ramener des profondeurs de la Nuit le feu incorruptible de la Vie: Maitre Eckhart, Dante, Miguel de Magnara, Mozart, Novalis, Kleist, Caroline de Gunderode, Gérard de Nerval, Dostoievski.Des Arcanes et des Jeux est une oeuvre érotique et mystique qui, pour reprendre un thème cher à Alexis Klimov, \u2018\u2019enténèbre la logique par la ctarté des paradoxes\u201d, une oeuvre énigmatique comme ce jeu de tarot qui, en vingt-deux ordonnances majeures, détermine la fête vertigineuse au cours de laquelle, sur le lit de la destinée de l'homme, s'opère l'accouplement, à la fois terrible et beau, de la mort et de la vie.* * * Connu, comme l'a écrit Jacques Masui, \u201cpour sa sensibilité aux phénomènes de la vie intérieure\u2019, Alexis Klimov est l'auteur de plusieurs ouvrages consacré notamment à Jacob Boehme, à Dostoïevski et à Nicolas Berdiaeff.Né à Liège en 1937, Alexis Klimov vit actuellement a Trois- Rivières où il est professeur de philosophie à l'Université du Québec.Alexis Klimov est également codirecteur de la revue Etudes slaves et directeur, aux Presses de l'Université du Québec, de la collection \u201cTextes et Etudes Slaves\u2019.Un volume de 208 pages, sur vélin de Rolland, orné de 28 figures, $6.00 seur de l\u2019université d\u2019Alger a particulièrement insisté sur la réforme qu\u2019on est en train d\u2019appliquer dans Jes écoles spécialisées.Selon lui, on attache une importance primordiale au rôle que les jeunes filles sont appelées à remplir dans la nouvelle société.C\u2019est exactement le programme implanté par Mgr Tessier et qui a donné des résultats dont ceux qui forment aujour- d\u2019hui notre société bénéficient et font bénéficier toute la population.Les professeurs algériens spécialisés dans ce domaine ne connaissent sans doute pas la technique de Mgr Tessier.Mais ils cherchent à l\u2019appliquer chez eux, car c\u2019est le gros bon sens.\u2014x-\u2014 Une puissance qui s'ignore C\u2019est notre puissance économique, et c\u2019est le nouveau ministre de l'Industrie et du commerce, M.Rodrigue Tremblay, qui l\u2019affirmait lors du passage à Québec du ministre français du Commerce, M.André Rossi.\u201cLe Québec, disait M.Tremblay, figure au 7e rang parmi les 146-plus grands pays, et son produit national brut atteint les 40 milliards et le situe au 23e rang dans le monde et son revenu national est le Ile plus élevé.\u201d C\u2019est beau citer les statistiques officielles, mais quand on tombe dans la réalité économique, dans les faits on se rend compte que les Canadiens - français, chez eux, restent pauvres et ne contrôlent qu\u2019une infime partie de leur industrie et de leur économie.À qui le faute A chacun de nous, qui alimentons par nos achats les multinationales, les grands magasins d\u2019alimentation, les compagnies d'assurances étrangères.Alors que depuis quelque temps on cherche à faire du Québec une nation forte, capable de se suffire à elle- même, nos capitaux continuent, eux, à s'expatrier, suivant l\u2019exemple des compagnies anglaises du Québec, qui ont fait leur fortune chez nous, grâce à notre négligence et notre manque de sens pratique.En dépit des statistiques citées par M.Tremblay et qu\u2019il croit éloquentes, il reste que nous sommes un peuple pauvre, et cela par notre faute.VILLBRAY. Page 8 Photo Armour Landry LE BIEN PUBLIC, De gauche a droite : Armour Landry, de la Société Historique de Montréal, Mgr Adrien Verrette, P.D.président de la Société historique franco-américaine, Mgr Julien de Lowall, Mass, délégué de son éminence le cardinal Medeiros, archevé- que de Boston, Mme Conrad Godin, de la Société Historique des Trois-Rivières et M.Guy Brassard, chel de la délégation du Québec à Boston.L'apport français dans l'histoire de Boston Trois jeunes religieuses des Ursulines de Trois-Rivières fondèrent la première institution catholique d'enseignement de Boston.(Exclusif au Bien Public) Récemment, pour être précis, le 12 novembre 1976, la Société historique franco- américaine, dont le siège social est à Manchester, N.H., réunie à Boston, Mass., célébrait avec éclat le Bicentenaire de la révolution américaine, soulignant en particulier la part prise par les franco-américains dans l'épanouissement économique et culturel du pays.Quelque quatre cents délégués venant de tous les coins de la Nouvelle-An- gleterre, et même du Canada et de la France, se sont railiés auiour de Mgr Adrian Verrette, P.D., qui était un grand ami de Mgr Albert Tessier.Président de cette société historique des francos aux USA, il est toujours, malgré un certain âge, le porte flambeau vigoureux animant outre-fron- tière l'héritage reçu de la France et de la Nouvelle-france.Pour faire valoir l'apport français dans l\u2019histoire religieuse de Boston on a procédé au dévoilement d'une plaque de bronze à la mémoire de Mgr Jean-Louis Lefefbvre de Chéverus (1765-1836) sulpicien français qui occupa ce siège épiscopal durant vingt ans, pour aller mourir en France, cardinal- archevêque de Bordeaux.Ce mémorial de bronze sera installé dans la cathédrale de la capitale du Massachusetts, où l'archevêque, son éminence le cardinal Medeiros est reconnu pour sa grande affabilité à l'égard des franco-américains, ayant été élevé parmi eux dans une paroisse de Fail-River, Mass.|| parle un excellent français avec un léger accent portugais.Après le dévoilement de la plaque il y eut un geste surprise qui a permis à l'assis- lance d'apprendre que Trois-Rivières avait aussi sa part dans l'établissement de l\u2019histoire religieuse de ce diocèse.Au nom de la Société Historique des Trois-Rivières, Mme Conrad Godin présenta à Mgr Julien, de Lowell, Mass., délégué du cardinal Medeiros, une photographie du monastére des Ursulines des Trois-Rivières d'où sont parties trois jeunes religieuses qui sont venues fonder la première institution catholique d'enseignement de Boston.Dans le deuxième volume des annales des Ursulines des Trois-Rivières, publié chez P.V.Ayotte en 1892, on peut lire tout un chapitre très émouvant sur la fondation de cette institution américaine, le mont Saint-Benoit de Boston.Les trois religieuses venues des Trois-Rivières et désignées pour prendre charge de l'établissement étaient arrivées jeunes chez les Ursulines, venant d'Irlande.Elles furent prises en charge et formées sous la tutelle du che- pelain du monastère l'abbé de Calonne, qui avait été un confrère de classe de l'évêque nouvellement nommé à Boston.Après quelques années de préparation, en juin 1820, elles furent dirigées vers leur nouveau champ d'apostolat.L'abbé de Calonne les accompagna jusqu'à Montréal d'où Mgr de Chéverus, hôte des sulpiciens, est venu les chercher.C'était le commencement d'une dramatique carrière qui a laissé une marque profonde dans l'histoire religieuse américaine, n'oubliant pas la part prise par l'abbé Ladislas de Calonne, frère de Charles- Alexandre de Calonne qui a été ministre des finances à la cour de Louis XVI.ARMOUR LANDRY Retour au À Vendredi, les 7-14-21 janvier 1977 pays après une longue absence (Photo et texte Ardré Bouchard) Un missionnaire Oblat bien connu et en Mission av Lesotho, le P.Rocheleau était de pa dernièrement dans sa famille du Cap-de-la-Madeleine.Il à fait l\u2019objet d'un reportage dans un journal américain.Il oeuvre à la mission Ste-Thérèse de l\u2018endroit depuis onze ans maintenant.L'une des principales responsabilités du Père Rocheleau est de visiter une quinzaine de (postes) villages, deux ou trois fois, par année.C'est une région sous-développée e?la plupart de ses habitants travaillent dans les mines de Johannesburg à quelques 700 milles du lieu de leur résidence.I! a même appris leur langue \u201cLe Lesotho\u2019 et le parle très bien.Sur les 30 habitants que compte le pays, l'on compte 10,000 catholiques dans la région où il oeuvre.Sur cette photo, on peut roconnaître le P.Rocheleau en compagnie de sa mère, avant le retour dans sa mission du Lesotho.Ce jeune garçon qui est revêtu du costume du pays nous donne un aperçu de la façon dont sont vêtus les enfants du Lesotho.I! s\u2019agit de Jean Sébastien, fils de M.et Mme Roger Rocheleau, frère du P.Rocheleau et demeurant à Trois-Rivières.T = \u2014 .DU CANADA SERVICES FIDUCIAIRES COMPLETS Edifice Place Royale, Trois-Rivières Tél.: 379-7230 la plus importante société de fiducie canadienne - française TRUST GENERAL BILLETS SE VS rinvoiant pan GAGNE GAGNENT 007 hihi ean HALETS SE 18 truant ean - TIRAGE DU 30 DÉCEMBRE, 1970 GAGNE ORION 523,125 12.986 $1,220,850.18 Mubuit enn GAGNENT billets vendus Gagnants en pra 1606 SES ran GAGNENT GAGNE GAGNE 18 Tenant san GAGNENT $4, VB SOLS pan GAGNENT 008 \"tinish pin GAGNENT $ 1008 NLS par GAGNENT GAGNE GAGNE V6 rian: san GAGNENT sq VS Trims pan GAGNENT TN; $An GAGNENT 1608 Pésinnour van GAGNENT 112 gS 133 8,890 \u2019 ND \u201d Diets endys a DEEE en IES 21/6/6/5/6/1 8 991,100.1 110,000 COMPTANT ET s100.000 2 Qagnanis en pro PAR AN PENDANT 14 ANS 1115/9/5/5/0)1).«
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