Le bien public, 20 septembre 1974, vendredi 20 septembre 1974
[" kK.J.ReyD 19 rue Le Montreal 62e année Trois-Rivières, Nos 38 et 39 Vendredi, les 20 et 27 sepiembre, 1974 1563, rue Royale Trois-Rivières, Qué.Tél, 378-8404 % ond penaul fev.'7v Enregistrement numéro Courrier de la Deuxième classe Port de retour garanti Abonnement: 53.00 par année * La copie: 10 cents Fini le flirt France-Quebec Au moment où Pierre Lepage, député de Tours et grand artisan du rapprochement fianco - québécois, vient rendre l'âme à Toronto, il n\u2019est pas inopportun de se demander où en sont les relations diplomatiques entre Paris et Québec.L'oligarchie libérale qui règne à l'Elysée depuis le départ de Pompidou a eu tôt fait de mettre de côté les attentions particulières que le gouvernement français réservait au Québec depuis le fameux discours au balcon en 1967.Comme le notait récemment l'an- - cien ministre unioniste Jean-Guy Cardinal, deux fois reçu à l'Elysée par le Général, le Québec est redevenu, aux yeux de Paris, une province comme les autres.Sous l'homme \u201cneuf\u201d qu'est Giscard, ami du fédéraliste international Servan-Schreiber, il est de bon ton de secouer les mottes que l\u2019on a au talon.Il s'impose de reviser des politiques, notamment celle qui nous concerne.On regardevers le Canada et l'on renoue des relations amicales avec sa capitale.Si Pierre-El- liot, le doucereux dompteur du Québec, daigne s\u2019amener, on le pressera sur son coeur.Quant à Bourassa, premier ministre d'une province au savoureux accent normand, on le recevra bien avec les honneurs, mais, pour lui, les tapis rouges seront moins larges et plus courts.Car, de toute évidence, objet d'interventions \u2018\u2018discrètes\u201d de la part d'Ottawa, la France officielle s'est ravisée.Mettant de côté le sentimentalisme racial, elle se range du côté de l\u2019establisment.D'ailleurs, croit-elle encore, comme sous de Gaulle, aux valeurs culturelles et économiques du Québec ?Ses derniers gestes officiels à notre endroit permettent d\u2019en douter.Cette France élyséenne que nous courtisions si bellement sous Johnson et Lesage s'est considérablement refroidie à la vue de Bourassa.Et cette attitude plus lointaine des milieux officiels n'a pas manqué, par ricochet, de nous déconsidérer auprès de ia francophonie.Ainsi, dans les rencontres des nations francophones, comme en témoignent les incidents de l'AIPLE à Bruxelles, le Québec a perdu ce que l'on appelle le statut de participant à part entière.En moins de deux ans, Ottawa a donc réussi, par le jeu de sa diplomatie, à empé- cher le Québec de se prétendre à l'étranger un état souverain et de participer directement aux rencontres internationales.: Avec la France, le pays du réalisme, s'il en est un, les questions de parenté sont toujours traitées selon la conjoncture économique et soumises à la problématique culturelle, toutes deux défavorables au Québec, en ce moment, selon l'optique de l'actuel gouvernement français.Clément Marchand em ee Jules le bossu, (marbre) par Joseph Mignolet.C'est ici la complainte toute simple que la mort de Jules, dit le « Bossu de chez Christo», a inspirée a Jean Laprise, jeune écrivain de chez nous.Le personnage qu\u2019elle évoque avec émotion et tendresse faisait partie de l'imagerie tri- fluvienne.Surgi de nulle part, il se confondait avec les ombres, à la nuit tombante, sous le porche de la cathédrale et dans les allées du parc.Que de fois, à l'heure où le passant se fait rare, Jules a-t-il déambulé sur la place de l\u2019hôtel de ville, de sa démarche zigzagante et saccadée, cherchant sa voie en regardant de guinguois.Jamais peut-être, tant il avait la tête ployée vers le torse, il n\u2019aura pu voir un croissant de lune naître dans l\u2019azur sombre et disparaître derrière un léger nuage.A-t-il seulement jamais pu admirer le feuillage d\u2019un orme ?Il ne connaissait de l\u2019arbre que le fût et les racines qui courent sur le sol.Son âme voyageait toujours seule à l'abri des rencontres et.des sourires.C\u2019est ce destin contraire, inachevé, qu\u2019évoque ici Jean Laprise avec ces mots de tous les jours dont peut-être Jules se servait pour se ra- - conter à lui-même des histoires, pour s\u2019inventer des chimères et tenter d\u2019échapper ainsi à la réalité cruelle, à la rigueur de son destin.C.M.\u2018Comme la mort des grands notables, député, maire, évêque de ce monde, celle des plus misérables a de tout temps, commandé l'inspiration des artistes, musiciens, poètes, sculpteurs, qu\u2019ils soient venus de la cour ou de la rue.Il était un bossu.il existe toujours.un être entouré de mystère, de sa naissance à la mort, qui préféra disparaître de nuit, en plein silence dans sa pleine misère, dans sa pleine grandeur.Il vécut seul, ignorant même le secret d\u2019une chanson qui s\u2019approchait de son portrait me disait-on.Comme il marchait bien le bossu! Pour le sculpteur, Jules ne boitait pas, il dansait; il ne penchait pas, il était l\u2019équilibre.Le savait-il que des gens l\u2019aimaient jusqu\u2019à le conter en histoire, jusqu\u2019à tailler son corps beau dans la pierre ou le bois, debout à jamais, contre la mémoire, sur son gros morceau : de marbre, de vrai marbre.La prochaine chanson n\u2019est pas une chanson C\u2019est une histoire une chanson vraie Celle de Jules le bossu Jules le bossu de Trois-Rivières Tout le monde connaît Jules mais personne ne sait Ce qu\u2019il fait d'où il vient personne n\u2019en sait rien On le voit dans les rues qui supporte son dos Une bosse dessus gros comme un nid d'oiseau Jules ne dit jamais mot Jules ne parle à personne Sauf à son nid d'oiseau qui pèse bien deux tonnes Deux tonnes de secrets deux tonnes de mémoires Si cela vous étonne écoutez son histoire Dix millions de joies que Jules n\u2019a pas vues Dix millions de fois que Jules \u2018aurait voulu Courir nu pieds dans le sable danser des rôndes en chantant Jouer à faire le singe apprendre ses culbutes S'inventer des histoires et finir par se croire Aussi grand que Tarzan plus bon et plus puissant Et tous ces jeux d\u2019enfants auxquels on a tous droit Toutes ces joies si pures qu\u2019on retrouve en s\u2019aimant La joie de s\u2019allonger nu au bras d\u2019une femme De l\u2019embrasser de lui donner son amour La joie de s\u2019étirer aussi long qu\u2019un désir Et de plonger creux tout au bout du plaisir De coucher près de soi ces filles de Minuit Et caresser des doigts ce qu\u2019elles nous montrent d'âme D\u2019en oublier la terre d\u2019en oublier sa misère Retrouver la vie oublier d'en mourir Tout le monde connaît Jules Jules le bossu Ce qu\u2019il est ce qu\u2019il pense personne n\u2019en sait rien Dix millions de peines que Jules a connues Dix millions de fois que Jules a tout perdu Il a perdu le droit de vivre tout droit De vivre planté de vivre comme un autre On le trouve laid idiot ou de trop On passe et on rit du fait qu\u2019il a deux dos Tout le monde connaît Jules le bossu de malheur Celui qui nous fait peur ou celui qu\u2019on insulte Je voudrais tant ce soir devenir un oiseau Pour m'\u2019approcher de Jules et monter sur son dos Mais je me dis qu\u2019un jour avant qu\u2019un de nous meure Je parlerai à Jules Je lui dirai bonjour Ou bien j'lui d\u2019manderai l'heure ou bien j\u2019lui dirai rien Je l\u2019écouterai parler jusqu\u2019au lendemain Je l\u2019écouterai me dire ce qu\u2019il est ce qu'il aime Ce qu\u2019il pense ce qu\u2019il sait d\u2019où lui vient ce qu\u2019il penche Tout le monde connaît Jules mais personne ne sait D\u2019où il vient ce qu\u2019il fait personne n'en sait rien Je me souviens des soirs quand les enfants criaient Ma mère nous racontait des histoires à faire peur Elle nous parlait souvent de Jules le bossu Jules le bossu de Trois-Rivières Il y avait un oeil dans la bosse du bossu , (à suivre en page 2 Page 2 CHANSON DE JULES ( suite de la page 1) Un oeil qui nous voyait et qui voyait tout pour vrai Tout le monde connait Jules Jules le bossu Ce qu\u2019il pense d\u2019où il vient personne n'en sait rien Or en vérité la bosse du bossu les gens trouvaient génant De la voir nue dans la rue Car la vérité on devrait la cacher Vérité bien gardée il fallait la ranger Parce que c\u2019était contraire à ce que l\u2019on était A ce que l\u2019on faisait à ce que l\u2019on disait Ce que je viens de dire n\u2019allez pas le répandre D\u2019autres pourraient l\u2019entendre qui voudraient [se reprendre] A faire semblant d\u2019être bossu à faire semblant de [vivre pour vrai] Ceux-là sont mieux de rester ce qu\u2019ils sont De rester où ils vont de rester ce qu\u2019ils disent Autrement ils verraient un oeil les regarder La bosse du bossu montée dessus leur dos Mais alors ils sauraient le mensonge qu\u2019ils sont Le trou noir où ils vont les yeux morts qu\u2019ils ont Or tous iraient se pendre sur la plus haute branche Tombant morts écrasés dessous leur nid d\u2019oiseau Dix millions de riens dix millions de fois Tout ça donne bien deux tonnes de vide Si on s\u2019y penche vraiment leur histoire se comprend Personne ne peut porter deux tonnes de vide Or tous iraient se pendre sur la plus haute branche Tombant morts écrasés dessous leur nid d\u2019oiseau Tout le monde connaît Jules la bosse du bossu Celui qui nous fait peur ce Jules qu\u2019on insulte.JEAN LAPRISE.Survivance de | ¢\u201cSaint-Ex\u201d\u2019 Il existe une légende \u201cSaint- Ex\u201d (ainsi le nommaient familièrement les amis de l\u2019aviateur), née tout naturellement de sa disparition mystérieuse au large de Ja Corse, le 31 juillet 1944.Cet écrivain, qui exprima avec tant de noblesse des sentiments profondément fraternels envers l'humanité, a laissé à la jeunesse \u2018un des plus rares exemples de courage pacifique et l\u2019image, toujours vivante, d'un mystique de l\u2019action et de la fidélité.André Bourin et Jean Rousselot évoquent ainsi sa mémoire dans le Dictionnaire de la littérature française contemporaine (Larousse éditeur): \u201cRomancier et essayiste, pilote de ligne, puis pilote de guerre, Antoine de Saint- Exupéry appartient \u2018à ce que l'on peut appeler la littérature de J'aviation.Cela pour le sujet de la plupart de ses livres, qui relatent son experience civile et militaire d\u2019homme volant.Quant au fond, il se rattache à une tradition littéraire qui va de Corneille à Montherlant en passant par Vigñy, celle de l'héroïsme, de l'affrontement brutal du destin, de la réalisation suprême de l'homme dans l\u2019action périlleuse ou le choix inéluctable.Saint-Exupéry, qui n\u2019était pas un écrivain professionnel, a très rapidement renoncé à romancer ses aventures, comme il avat fait dans son premier livre, Courrier Sud ( 1929), pour narrer directement ses voyages et passer en écriture ses méditations.Vol de nuit (1931) et Terre dde hommes (1939) l\u2019ont justement classé parmi les grands écrivains de notre temps.La critique a vanté la pureté de sa langue, la hauteur morale et l\u2019élan lyrique de sa pensée,\u201d Sa droiture, on devait encore en retrouver la trace, \u201cen 1948, dans un gros recueil posthume, Citadelle, où il avait, depuis 1936, noté ses pensées les plus méditées et qui constitue, a dit le critique Henri Clouard, une \u201cphilosophie de l'héroïsme\u201d.Le Petit Prince, paru à New York en 1943, est un conte pour grandes personnes, tendre et poétique, un temps de repos dans l\u2019œuvre grave et tendue de son auteur.\u201d Une ivresse fatale: celle des profondeurs Au moment où vous rassemblez et examinez l'équipement qui fera de vous un plongeur audacieux, pendant les prochaines vacances, il convient de rappeler que l'exploration sous-marine n\u2019est pas un sport sans danger.Dans consacré à l'Homme et la mer par Larousse(en coédition avec Paris-Match), Stéphane Groueff nous explique, en effet, que \u2018\u201cl\u2019azote comprimé produit des effets semblables à l\u2019intoxication par l\u2019alcool, la narcose.Les plongeurs français l\u2019appellent poétiquement 1\u201civresse des profondeurs\u201d.Selon leur natu- \u2018re, les gens deviennent euphoriques ou déprimés, hébétés ou sujets à des nausées.On perd le contrôle de ses pensées et de ses mouvements, ce qui peut se terminer par une mort plus ou moins agréable.Le capitaine .A, R.Behnke, de l\u2019'U.S.Naval Medical Corps, découvrit que ces symptômes disparaissaient si l'on éliminait l\u2019azote de l'air en le remplaçant par de l'hélium, et il faisait respirer aux plongeurs un mélange d'un volume d'oxygène et de quatre volumes d\u2019hélium.Haldane et Case prouvérent que Phydrogéne est également efficace.Leur recette était un volume d'air pour neuf volumes d'hydrogène.Ce mélange ne contenait que 2 p.100 d\u2019oxygène, mais, sous 10 atmosphères de pression, c\u2019était plus que suffisant pour une bonne respiration.À la même époque et indépendamment des chercheurs anglo.- saxons, l'ingénieur suédois Arne Zetterstrom prépara un autre mélange d'hydrogène, qui lui permit de descendre à 135 mètres sans souffrir de narcose.l\u2019ouvrage - LE BIEN PUBLIC Une croix de chemin JEU DRAMATIQUE par Monique Miville - Deschênes .illustré par Andrée S.de Groot A l'automne 1972, des amis comédiens demandaient à Monique Miville-Deschênes, au- teur-compositeur de chansons, d\u2019écrire un jeu de la Passion qui serait présenté, l\u2019été suivant, dans les jardins de l'Oratoire Saint-Joseph, à Mont- Téal, ces jardins qui, depuis vingt ans, sont le seul théâtre de plein air au Québec sinon au Canada.Après quelques hésitations dues au fait que le drame de la Passion a été très souvent repris par des auteurs de tous genres, Monique Miville-Des- chênes accepta.C\u2019est son texte qui paraît au- jourd\u2019hui aux Editions Fides, agrémenté de très belle illustrations de l\u2019artiste Andrée Sde Groot.\u201cVoici donc, écrit Monique Miville-Deschênes dans un a- vant-dire, une femme, un prêtre, un maçon, un étudiant, et ce clown qui ne personnifie pas ici le Christ, mais le sans-dé- fense qui se retrouve toujours seul a porter les fardeaux.Des personnages tantôt d\u2019une couleur, tantôt d'une autre; des personnages selon les vents, face au Christ jugé, arrêté, condamné, face à une réalité quotidienne; celle qui part du seuil de la porte ou qui est mondiale, condamne et crucifie parfois de grandes vérités, Alors si certains personnages sont gênant, ça n\u2019est pas parce qu\u2019il sortent entièrement de la fiction.En plus du texte lui-même du jeu dramatique et des illustrations en couleurs d\u2019André de Groot, l\u2019ouvrage comporte la transcription musicale des chants qui font partie de ce jeu dramatique.UNE CROIX DE CHEMIN \u2014 jeu dramatique.Par Monique Miville-Deschênes, 1974.Illustrations de Andrée S.de Groot.72 pages.$3.00 : * Qu'est-ce que la glyptique ?La glyptique est l\u2019art de graver sur pierres fines.Le mot, nous dit le Petit Larousse, est emprunté au grec \u201cgluptikos\u201d, relatif à la gravure.C\u2019est de Mésopotamie que nous viennent les plus anciennes pierres gravées.La Grande Encyclopédie Larousse nous rappelle l\u2019histoire de cet art un peu oublié : Dès le Ve et surtout le TVe millénaire, les hommes creusèrent dans la pierre des cachets, puis des cylindres.Ces sceaux s\u2019appliquent ou se déroulent sur l\u2019argile encore molle, dans laquelle ils s\u2019impriment en relief.On utilisait la stéatite, la serpentine, le jaspe, I'hématite, le marbre.Les cylindres fournissent un éventail iconographique très large : de nombreuses scènes de la vie courante, de la vie religieuse ou de la mythologie y ont été représentées.Le héros Gilgamesh et son ami l\u2019homme sauvage Enkidou sont particulièrement populaires.Les Egyptiens fabriquèrent en très grand nombre des scarabées en terre ou en stéatite émaillées portant des inscriptions d\u2019un grand intérêt .historique.\u201d Vendredi, les 20 et 27 septembre 1974 Notre liberté est menacée = On louange à tout propos les progrès de la technologie, c\u2019est bien.Toutefois, on passe trop souvent sous silence la présence omniprésente et obsédante de l'ordinateur! qui détient de plus en plus de renseignements sur chacun des citoyens, Le danger réside dans le fait qu\u2019on rassemble le plus de détails possible sur chacun des citoyens côté appartenance politique, déplacements, état de santé et vie professionnelle.Imaginez la présence de tels renseignements entre les mains de l\u2019administration de la police et même des employeurs.Le grand public peut se passer aisément de ce genre d\u2019indiscrétions.Face à cette intrusion dans la vie privée, on en vient à la même conclusion que l\u2019organisation de coopération et de développement économique (OCD E): «L\u2019avénement de l\u2019ordinateur tend à bouleverser l\u2019équilibre (social) en faisant pencher la balance du côté qui favorise la société aux dépens de l'individu».Est-ce que nous allons échapper à cette forme de «surveillance» qui nous rappelle si bien « 1984 » de George Orwell ?Alain Dufault 1.Québec Science, mai '74, \u201cL'ordinateur électro-ména- ger\u201d, p.43.Le jeu du \u201ccadavre exquis\u201d Il en est des jeux de société comme de tout ce qui suscite l'engouement: un caprice les mets à la mode, une désaffection imprévue et non motivée les fait abandonner.Mais il suffit d\u2019un dimanche de pluie passé en famille, pour en retrouver subitement la saveur perdue.Le jeu du Cadavre exquis connut une grande vogue, pendant une dizaine d\u2019années, à l\u2019époque surréaliste.Le Grand Larousse encyclopédique nous en rappelle la règle.vo LL 8 wy \u201cOn s\u2019assied à cinq autour d\u2019une table; chacun, en se cachant des autres, écrit sur une feuille de papier un substantif; il plie cette feuille de façon à dissimuler ce substantif à son voisin de gauche, auquel il la transmet, et il reçoit de son voisin de droite une feuille pliée de la même manière; on trace sur le papier un adjectif ou un membre de phrase destiné à qualifier ou à déterminer ce substantif que l\u2019on ignore; on procède ensuite de la même façon pour un verbe, un substantif devant servir de complément à ce verbe, et, enfin, pour un adjectif ou un membre de phrase propre à qualifier ou à déterminer ce second substantif.On déplie la feuille et l\u2019on donne lecture, après avoir accordé grammaticalement les membres de la phrase collectivement construite.La première qui fut ainsi obtenue a donné son nom au jeu: Le cadavre exquis boira le vin .nouveau.On a voulu voir dans ces cocasseries des modèles de poésie subconsciente.\u201d Il y a trois cents ans, un ascéte du portrait.On a célébré le 12 août le trois centième anniversaire de la disparition d\u2019un peintre français, originaire des Pays-Bas du Sud, qui fut l\u2019un des fondateurs de l\u2019Académie royale de peinture et de sculpture.Ses contemporains aimèrent les grandes compositions religieuses que Philippe de Champaigne peignit pour les églises et les couvents de Paris.Pour nous, c\u2019est le portraitiste qui a donné sa vraie mesure dans la recherche d'une profonde vie intérieure.- Ainsi que le rappelle la Grande Encyclopédie Larousse, \u201cle parti pris d\u2019austérité - qu\u2019il se propose, sans concession à la mode, sans complaisance, lui \u2018attire très vite la clientèle de Port-Royal: il laissera l'effigie des plus grands représentants de la communauté, tel I'Abbé de Saint-Cyran (1643, musée de Grenoble).La quête de la dimension intérieure, poussée pour la première fois en peinture aussi loin qu\u2019en littérature, s\u2019orientait d\u2019elle-même vers la forme privilégiée du portrait et une extrême simplicité de formes et de couleurs.Dans le Prévôt des marchands et les échevins de la ville de Paris (1648, musée du Louvre), la monotonie voulue dans le traitement des costumes, robes noires à col blanc et manteaux rouges, souligne silencieusement l\u2019étonnante \u2014 diversité d\u2019expression de chaque visage.Le goût de Philippe de Champaigne pour le dépouillement ne cessa de croître; en 1662, dans l\u2019Ex-voto du Louvre, composition en deux tons, ocre et gris, l\u2019intensité du rayonnement mystique des deux religieuses balance entre une volonté de raison pure et un sentiment de profonde humanité: le \u2018classicisme atteignait un sommet de spiritualité.\u201d Jeanneau Prudent dit : Apprenez d'un instructeur de la Croix-Rouge.bon nageur et prudent.Encouragez les autres à la prudence.la Sécurité aquatique.Communiquez avec la Croix-Rouge pour plus amples informations sur Soyez Vendredi, les 20 et 27 septembre 1974 LE BIEN PUBLIC Page 3 BECEELELGEE BECLELEBEE Un parc familial aux Vieilles Forges Le conseil municipal de Trois-Riviè- res a adopté une résolution homologuant un territoire de 110 acres aux Vieilles- Forges, le long du St-Maurice en vue d\u2019établir un nouveau parc familial.Nous ne pouvons manquer de crier BRAVO! tout en restant un peu sceptique.La ville de \u2018Trois-Rivières possède déjà un site extraordinaire pour un parc familial intermunicipal: l'Ile St-Quentin.Cette île entre Trois-Rivières et le Cap-de-la-Madeleine a déjà une marina, un parc de camping et ce parc pourrait avec l\u2019Ile St-Chrystophe et 1'Ile St-Joseph constituer le plus important centre récréatif.Une partie de l\u2019Ile est louée au gouvernement fédéral pour la somme de 1 dollar par année.Ce qui veut dire que ce territoire nous appartient déjà.Quand on constate le gâchis de l\u2019homologation sur la rue des Forges, entre les rues Royale et St-Denis on peut se demander ce que donnera l\u2019homologation d'un territoire aux Forges.Veut-on geler le développement par l\u2019entreprise privée ?Au moment où le site des Vieilles- Forges est en voie d\u2019être aménagé par le gouvernement Fédéral, on doit assurer la collaboration de tout le monde en vue de l'affluence des touristes qui viendront nous visiter.Marcel Thérien.A quand l'ouverture de la route 40 Le réseau routier en Mauricie a fait des progres considérables au cours des quatre dernières années.De nouveaux tronçons de la route transquébécoise ont été ouverts à la circulation .Quant à la route 755 qui reliera les trois villes du Trois-Rivières Métropolitain, les travaux avancent et nous avons tous hâte qu\u2019ils soient terminés et cela afin de décongestionner le centre-ville de Trois-Rivières et de permettre une circulation interurbaine plus-rapide.Il y a cependant une route où nous avons l\u2019impression que les travaux retardent.C\u2019est la route 40 qui reliera Trois- Rivières à Berthier et qui complètera l\u2019autoroute Montréal-Trois-Rivières.Ceux \u2018qui empruntent la route no.2, entre Trois-Rivières et Maskinongé, afin de se rendre dans la métropole, pestent avec raison contre les lenteurs de la circulation.Cela se produit en particulier les vendredis soirs et lorsque des évènements spéciaux ont lieu en Mauricie.C\u2019est alors impraticable et les automobilistes ne sont pas heureux et avec raison.Ne serait-il pas possible d\u2019accélérer les travaux ?N\u2019y aurait-il pas moyen d'utiliser certains tronçons et cela même si la dernière couche d\u2019asphalte n\u2019est pas posée.Sans doute sommes-nous incompétents pour discuter de tous les problèmes que la construction d\u2019une route représente, mais nous faisons appel à nos députés, aux ingénieurs en charge des travaux pour qu\u2019ils fassent des pressions auprès des entrepreneurs.Nous n\u2019ignorons pas que les grèves ont pu retarder les travaux mais nous sommes certains que les ouvriers voudront redoubler d\u2019efforts pour que la 40 soit mise en service le plus tôt possible et cela dans l'intérêt de toute la population.Marcel Thérien.POURQUOI JE REVE DE L'ILE MAURICE lle méconnue mais qui mérite plus d'attention : L'Ile Maurice, ou sud-est de l'Afrique tout près de Madagascar.lle pleine de surprise où l\u2019on conduit à mer d\u2018émeraude, sans parler d\u2019une plage de sable fin.On nous mentionne dans le numéro de mars de la Revue Atlas que 1'lle Maurice est née d'un volcan aujour- français.On trouve dans l\u2019île enchanteresse des noms de lieux aussi imagés que \"beaux sanges\u2019\u2019 et \u2018trois 1\u201d + mamelles\u201d.L'auteur de gauche comme à Freeport et où l\u2019on paie avec la roupie.Les arcs-en-ciel sont fréquents dans çelle que l\u2019on décrit comme \u2018\u2018un cocktail d'Orient et d'Occident\u201d.Toutes les religions sont représentées avec leur cérémonial parfois insolite.L'Île Maurice porte la devise suivante: \u2018\u2018Etoile et clé de la mer de l\u2018Inde\u2019\u2019.Plusieurs civilisations y sont représentées on y retrouve les nationalités Hollandaise, Française, Anglaise, Africaine, Indienne, Chinoise, et bien sûr Mauricienne.Totalisant 850,000 habitants, 1\u2019lle Maurice, tourmentée par les cyclones et au climat subtropical, est entourée de récifs et d'une d\u2019hui éteint et que l\u2019on peut visiter.L'île reçoit le nom de Maurice en I\u2019honneur de Maurice Van Nasseau prince des Pays-Bas à la suite de la prise de possession par la Hollande vers 1598.L'Île Maurice apparût à l\u2019époque de la découverte peuplée de tortues marines\u2019 géantes, couverte de nombreux bois exotiques et où se trémoussaient un nombre, important d'oiseaux énormes appelés dodos, sorte de poule-canard-dindon typique de l\u2019île mais aujour- d\u2019hui disparu.Tout amateur d'histoire serait passionné en \u2018revoyant l\u2019évolution de ce bijou à part de l'Océan Indien.Une île vraiment pleine de contrastes où l\u2019on parle partout le l\u2019article de la Revue Internationale a l\u2019à-propos de conclure: \u2018\u2019c\u2018est l'ile-piége, loupe et carrefour, elle relâche avec peine le visiteur conquis par le chant des sirènes, moderne.Calypso\".Etudiant au collège Loyola en 1973, j'ai eu la chance d'assister à une conférence d'un critique de (\u2018lle Maurice que les relations publiques du Loyola avaient fait venir à grands frais pour nous entretenir de lo.littérature mauricienne.Il nous avait éblouis par sa culture étendue et son langage coloré.L'Île Maurice: Un centre de villégiature de plus en plus fréquenté et qui émerveille le touriste.ALAIN DUFAULT our le bien public:::::-ccc0z.veorbrorepBEEEEEEEE RYDIIC cocoozenzes LE DOYEN DU CLERGE DIOCESAIN à 69 ans de prêtrise A 93 ans révolus (31 juillet dernier), M.l/abbé Hector MARCOTTE, qui a toujours vécu au Séminaire Saint-Joseph, est le doyen des prêtres du diocèse.Il vient d'atteindre le 69e anniversaire de son ordination sacerdotale: 23 septembre 1905-1974.Depuis l\u2019origine du diocèse (1852), il est le quatrième prêtre à franchir le cap des 93 ans.Un seul compta 96 ans, M.Ernest Béland, décédé en 1955.Dans l\u2019histoire du diocèse, M.l\u2018abbé Marcotte est le seul de cet âge à jouir d'une santé qui lui permet une activité à son heureuse vieillesse.: Ainsi, tous les jours il est assidu: \u2014 à célébrer la sainte Messe et à remplir ses Obligations sacerdotales; \u2014à des visites en ville pour diverses nécessités; \u2014à la lecture quotidienne de journaux français et anglais, qui le met au courant de la vie actuelle sur les plans politique, économique, intellectuel, social, et religieux.Toute la vie sacerdotale de M.l'abbé Marcotte s\u2019est déroulée sereine et optimiste sous la projection d'une double lumière: celle de la philosophie et celle de la théologie.Professeur durant de longues années de ces deux sciences supérieures, le premier il a vécu de ces sciences: de la sagesse et de la connaissance de Dieu.Que de gens ne savent pas vivre selon la sagesse, déposée dans notre âme par le Créateur! Cette sagesse que le peuple appelle le gros bon sens ! Que, de gens s'égarent en suivant une fausse sagesse, une philosophie dévoyée, qui n\u2019a plus de nom! lis sont balottés par les préjugés, les passions; par les erreurs, les idéologies à la mode, bizarres et contestataires.\u2018 Sachons regarder vivre les vrais sages et imitons- les.\u2018\u2019Interroga majores et dicent tibi\u201d\u201d (Deut.32, 7; interrogez les anciens et ils vous diront (quoi faire).Au-dessus de la philosophie, méme la vraie, il faut placer la théologie.Disons, pour l\u2019humble peuple chrétien, le catéchisme.Encore là, M.l'abbé Marcotte a vécu sa théologie: la théologie pure et saine de saint Thomas ; la théoloie de l\u2018Eglise et non pas celle de tel universitaire ou de tel docteur quelconque; la théologie authentique qui rassure, qui console, qui réconforte la vie.Et avant tout, la théologie du Sacerdoce et de la Sainte Messe.Il n'est pas de ces prêtres modernisants, traumatisés, qui ne croient plus à la Messe célébrée par un prêtre seul.Certains prêtres au- jourd\u2019hui ont si peu de théologie du Saint Sacrifice de la Messe qu\u2019ils préfèrent ne pas célébrer durant des jours et des jours plutôt que de célébrer seul la S.Messe pieusement dans un oratoire ! .La déviation théologique en est rendue là ! Au contraire, quelle consolation, quel réconfort pour un prêtre âgé que de pouvoir célébrer la S.Messe chaque jour, lentement et savoureusement, comme préparation à une Eternité sacerdotale ! \u2018Interroga majores, et di- cent tibi\u2018\u201d, Hommage fraternel à Ml'abbé Hector Marcotte, doyen de notre clergé tri- fluvien ! Mgr JOSEPH-LOUIS BEAUMIER Le 23 septembre 1974.Nominations à l'UQTR M.Louis Dessureault, professeur au département des Sciences de l'éducation, a officiellement été nommé membre du Conseil d\u2019administration de l\u2019Université du Québec à Trois- Rivières.La nomination a été faite par le lieutenant-gouver- neur en conseil.Par ailleurs, le Conseil d\u2019administration de l\u2019Université du Québec à Trois-Rivières a procédé, à sa dernière réunion du 9 septembre, à la nomination de trois vice-doyens.Ce sont: \u2014M.Jean-Luc Gouvéia, vi- - ce-doyen de la famille des Sciences de l'éducation, dont le mandat a été renouvelé; \u2014M.Paul-André Quintin, vice-doyen de la famille des Arts et des Sciences humaines, qui succède à M.Gilles de La Fontaine; \u2014M.André-Guy Lacerte, vi- ce-doyen de la famille des Sciences pures, appliquées et de la santé, qui succède à M.Marcel Lambert.Ces mandats sont d'une durée de trois ans, soit du ler septembre 1974 au 31 mai 1977, Page 4 LE BIEN PUBLIC Notules et commentaires Les gens qui ont du coeur sont tous un peu fous ! .Cette expression nous revient à la mémoire à la lecture du dernier ouvrage publié chez Beauchemin et qui a pour auteur le père Ambroise Lafortune, sous le titre « Madinina, l\u2019île des fleurs ».Cette île, c\u2019est la Martinique, et l\u2019auteur le signe tout simplement: « Ambroise, pre; tre ».Il avait intitulé un pré- cédent ouvrage: «Je suis un peu fou».Il avait raison, mais non auprès de ceux \u2014 et ils sont trop nombreux, hélas! \u2014 qui se croient intelligents et dont l\u2019action est stérile, à quelque domaine de la hiérarchie qu\u2019ils appartiennent.Car l\u2019unique activité qui compte, c\u2019est la charité, le don de soi, le dévouement.Et Ambroise, prêtre, la vécu, la vit ericore et si on cherche à le déprécier en certains milieux, c\u2019est qu\u2019on ne peut ou ne veut pas reconnaître son apostolat, la façon dont il entend l\u2019apostolat, qui n\u2019est pas une sèche et froide doctrine, mais une façon d\u2019être utile aux siens, de les comprendre, de partager leur vie et de leur insuffler l\u2019espoir sur le plan matériel qui est la voie normale et sure vers le plan spirituel.Les grands auteurs, les beaux parleurs, les assoiffés de discours devant des auditoires de snobs, les universitaires de salons, peuvent essayer d\u2019endoctriner ceux qui les écoutent patiemment, en attendant l'heure des rafrai- chissements et des cocktails.Ambroise lui-méme en a donné de ces causeries, et Dieu seul sait combien ! mais ce qui le distingue, c\u2018est qu\u2019il a toujours parlé de faits vécus par lui ou auxquels i! a assisté.Il s\u2019est toujours mêlé au peuple, il parlait son langage.Il est resté simple, humble, même et surtout avec les grands.Et il est toujours sincère.Car il a souvent des mots amers et durs pour ceux qui veulent plaire mais qui ne le peuvent pas, parce qu\u2019ils n\u2019ont pas dans leur coeur la véritable charité, dont parlent les Ecritures.Ils ne sont souvent, comme disait Saint-Paul, que « des cymbales retentissantes ».Le dernier .livre d\u2019Ambroise est rempli de réflexions qui nous montrent un homme, un pre- tre aussi, mais surtout un apôtre qui a vécu, qui a toujours cherché à rendre les autres meilleurs.Nous ne parlerons pas ici de son apostolat auprès des jeunes, les scouts, les cheftaines, et autres mouvements de jeunesse à qui il a inculqué tant de principes de vie active et d'esprit de charité.Il a accompli le même travail de spiritualité tout le long de sa vie de missionnaire -en Martinique.Et on ne saura jamais jusqu\u2019à quel point cet apostolat humain fut efficace.Il parle de ce travail dans son dernier ouvrage tout humblement, tout simplement, comme du travail d\u2019un laboureur, d\u2019un semeur, qui accomplit \u2018sa tâche habituelle: Semer des idées saines, c\u2019est comme semer du bon grain.On espère la moisson.Et cette moisson sera saine dans le champ d\u2019Ambroise, même si à certains moments on a cherché à jeter de l\u2019ivraie dans le sillon de son activité, x\u2014-x Un franc parler Le père Ambroise a aussi son franc parler.Ce qui lui nuit, et il le sait, dans certains milieux qu'on peut appeler ultramontains, pour employer un qualificatif de l\u2019autre siècle devenu désuet.Mais lui est bien de son siècle, puisqu\u2019il est psychologue et connaît son époque, ceux qui la vivent et qui en vivent.C\u2019est pourquoi certaines de ses réflexions peuvent choquer quelques esprits.Nous ne les citerons pas ici, pour laisser à ceux qui voudront se procurer son dernier ouvrage de les savourer, comme un bon mets de chez nous, bien préparé, bien à point et bien épicé également.X\u2014X D\u2019autres qui ont \u2019 du coeur.Pour rester dans la même veine de ceux qui, comme le père Ambroise, sont un peu fous et qui ont un coeur discret, signalons une couple d\u2019exemples tri- fluviens.Il y en a d\u2019autres chez nous, et nous en parlerons dans de prochaines chroniques.Nous voulons simplement parler ici \u2014 nous y avons déjà fait allusion, \u2014 de cette excellente et discrète initiative qu\u2019est l\u2019oeuvre connue sous le nom de «La popote volante ».Des dames et demoiselles se dévouent chaque semaine pour préparer et distribuer des repas à des personnes âgées et parfois infirmes.les se rendent à divers jours de chaque semaine dans des foyers semer du réconfort et du bonheur, non seulement en apportant des aliments mais en offrant de la sympathie, une simple et sincère amitié et des paroles de réconfort.Une autre initiative aussi discrète et bienfaisante que celle dont nous venons de parler a pour nom « La Traverse de l\u2019Age d'or».Elle a eu comme initiateur un citoyen bien connu pour son dévouement et son dynamisme, M.Al- - bert Blanchette.Avec un groupe d\u2019amis il a transformé en refuge pour les retraités l\u2019ancienne salle d'attente de la traverse Trois-Rivières - Sainte-An- gèle.M.Blanchette a obtenu l\u2019appui des personnes les plus influentes de la ville : Maire, conseillers municipaux, juges, avocats, médecins et autres citoyens de marque.Lieu de réunion, de causeries, etc.Il s\u2019y trouve même une bibliothèque, avec volumes, revues, journaux.Nous nous y sommes rendu récemment.L'endroit fourmille de personnes réjouies, animées et qui passent agréablement leurs journées face au fleuve qu\u2019animent sans cesse le passage et l\u2019arrivée des navires.C\u2019est ça la vraie charité.Sans \u2014ostentation, sans bruit, mais combien efficace.Telle que l\u2019a enseignée et pratiquée tout au long de sa fructueuse carrière le père Ambroise, dont l\u2019activité et la lecture de son dernier ouvrage nous ont inspiré ces quel-' ques rapides commentaires.D\u2019autres oeuvres sociales, charitables et philanthropiques, on le sait, sont également\u2019 méritoires et mériteraient d\u2019être soulignées.Mais nous nous en tiendrons aujourd\u2019hui a ces quelques exemples, sauf que nous désirons dire un mot en terminant d\u2019une autre oeuvre d\u2019envergure qui n\u2019est pas, croyons - nous, suffisamment connue, même si elle ne concerne qu\u2019indirectement notre région.X \u2014X A la défense d\u2019un grand archéologue L\u2019excellent jeune journaliste du quotidien québecois «Le Soleil », Vianney Duchesne, vient - de publier un vigoureux article à la défense de cet archéologue \u2018actif et compétent qu\u2019est René Lévesque.Cet infatigable travailleur mérite bién que son oeuvre soit mieux connue, René Lévesque a commencé sa carrière dans la région des Cantons de l\u2019Est où il a fait des fouilles importantes qui \u2018llustrent à merveille l\u2019histoire de cette riche région, particulièrement en ce qui concerne la vie des Indiens et les guerres du régime fran- Vendredi, çais.Il passa aussi un été à Batiscan pour y chercher les restes d\u2019un village indien, le long de la ligne du chemin de fer.Ensuite il se dirigea vers la Côte Nord et avec le concours du CEGEP de Mingan, le centre d\u2019Etudes-nordiques de l\u2019Université Laval et la faculté de géodésie, il fit d\u2019étonnantes trouvailles, les plus \u2018importantes à coup sûr jusqu\u2019à présent dans ce domaine.Le camp se déroulait, selon un programme tracé d'avance, du ler juillet au ler août.Dès le 25 mai.Une lettre avait été adressée en avril au ministère des Affaires culturelles, demandant l\u2019autorisation, selon la loi de procéder à des fouilles.Or la réponse ne parvint qu\u2019une semaine les 20 et 27 septembre 1974 avant la fin des travaux, soit le 23 juillet, et la demande était refusée.La grande partie des travaux a par conséquent été accomplie dans l\u2019illégalité.D'ailleurs, depuis le début de son activité, René Lévesque s\u2019est toujours bu- \u2018té à l\u2019incompréhension, à la négligence et à la stupidité des autorités du ministère.Il a été tout simplement héroïque, comme bien d\u2019autres dans des domaines similaires, soit l\u2019histoire, les arts, les lettres, etc, et qui sont toujours ignorés.Un grand ménage et du sang nouveau seraient bien vus de toute la population pour rendre ce ministère véritablement efficace et progressif.VILLERAY.LE LIVRE DES PROVERBES QUEBECOIS Les Editions l\u2019Aurore viennent de publier: LE LIVRE DES PROVERBES QUEBECOIS de Pierre DesRuisseaux.Voici comment l\u2019auteur présente son ouvrage : \u201cIl existe des dictionnaires de proverbes pour la plupart des pays.Il m\u2019a semblé utile, pour ne pas dire nécessaire, qu\u2019il y eut enfin un ouvrage consacré aux proverbes du Québec.\u201cLes proverbes contenus dans ce livre sont populaires, c\u2019est-à-dire qu\u2019ils sont utilisés, à quelques exceptions près, dans le langage connu et sur une base quotidienne.\u201cLes proverbes populaires apparaissent, - par ailleurs, comme une sorte de langage culturellement ésotérique, codé, au sens ou ils véhiculent des séries de messages culturels ou de valeurs, qui ne seront compris, a toute fin pratique, que par ceux qui, faisant partie de cette culture, connaîtront déjà les significations des proverbe utilisés.\u201cMême si les proverbes ne peuvent pas tout nous dire de ceux qui les utilisent du moins peuvent-ils, en tant que partie verbalisée de la culture, éclairer des traits culturels des caractéres individuels et collectifs propres a une société donnée.tFaisant la somme de ces proverbes, cet ouvrage se veut autant outil de consultation que source d\u2019enrichissement personnel.\u201d Pierre DesRuisseaux a déjà publié Croyances et Pratiques populaires au Canada Français (aux Editions du Jour).LE LIVRE DES PROVERBES QUEBECOIS est en vente partout au prix de $5.95.Le Grand Almanach La Presse 75 Il y a déjà un an de cela, Les Editions La Presse mettaient sur le marché leur premier Grand Almanach.Rapi-\u2019 dement, cet ouvrage d'information pratique trouva sa place dans des dizaines de milliers de foyers québécois pour y être, tout ay long de 74, une riche source de renseignements et de divertissements.Il fallait donc se remettre au travail et créer, cette fois, Le Grand Almanach 75.\u2018 De nouveau nous avons réuni vos artistes et journalistes préférés: Eric Cartier, Jacques Duval, Roger Foisy, Jean- Pierre Girard, Me Hector Grenon, Jacques Lebrun, Lise Moreau, Dr Jean- Paul Ostigny, Alcide Ouellette, Paul Pouliot, et j'en passe.Aux premiers se sont joints Roger Baulu, Pierre Daignault, Josette Ghedin, Victor Serebriakoff et bien \u2018d\u2019autres encore.Tous se sont réunis pour vous tenir à la pointe de l\u2019information sur; la chasse, la péche, la météo, la mode, le jardinage, le, bricolage, la santé, l\u2019esthétique, pour vous apprendre aussi à équilibrer votre budget à mieux comprendre les lois ete.Le Grand Almanach La Presse est un ouvrage qui intéressera tout le monde, à toute heure, en toute saison.Un livre vraiment populaire qui recèle des heures de lecture passionnantes.En vente partout au prix de $2.25 l\u2019exemplaire.C3) ON PEUT Ge VAINCRE SOCIETE CANADIENNE DU CANGER FHS HEE EEE o LE BIEN PUBLIC 1563, rue Royale, Trois-Rivières 1-819-378-8404 Abonnement : $3.par année Vendredi, les 20 et 27 septembre 1974 CREDO DE NICEE OU SYMBOLE DES APOTRES I Les évêques du Canada ont demandé à Rome l\u2019autorisation d\u2019utilisér à la Messe le texte du Symbole des Apôtres au lieu du Credo traditionnel, dit de Nicée-Cons- tantinople.Précisément à ce sujet, un éminent liturgis- te de Solesmes, Dom Guy M.Oury, bien connu chez nous, vient de publier, dans l\u2019Ami du Clergé (ler août, 1974), un article très instructif: « Credo de Nicée ou Symbole des Apôtres à la Messe ?» Les études et les ouvrages de ce Bénédictin révèlent toujours une doctrine puisée aux sources les plus pures.Son article sur le Credo est à bonne enseigne.Importance du Credo Au Synode des Evêques de 1967 à Rome, la question des deux symboles a été posée.Le vote favorable des évêques pour l\u2019option de l\u2019un ou l\u2019autre comportait toutefois des conditions.Le Synode de Rome demeure un Conseil de consultation qui n\u2019engage aucunement le Pape.Le nouveau Missel Romain, dit de Paul VI (1969), ne parle pas de la possibilité d\u2019introduire à la Messe le Symbole des Apôtres, «au jugement des Conférences épiscopales ».L'acte solennel posé par S.S.Paul VI, le 30 juin 1968, à la fin du 19e centenaire du martyre des S.S.Apôtres Pierre et Paul, en fait foi: « Nous allons prononcer, proclame le Saint-Père, un Credo qui, sans être une définition dogmatique proprement dite, reprend en substance avec quelques développements réclamés par notre temps, le Credo de Nicée, le Credo de l\u2019immortelle tradition de la Sainte Eglise ».Ce préambule témoigne de la pensée du Pape sur le Symbole de Nicée.«Il est bien évident, note Dom Oury, que les deux Symboles expriment la foi de l\u2019Eglise.Ils sont tous deux vénérables et ont leur place privilégiée dans le culte chrétien.L\u2019un est plus ancien et pourrait remonter, sous sa forme actuelle aux premières années du IIIe siècle; l\u2019autre est une profession de foi plus complète et plus élaborée ».Dans le Credo nous \u2018'affirmons hautement, nous confessons avec fierté et joie notre foi aux plus grands mystères de notre Sainte Religion : Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit; Incarnation, le Fils de Dieu fait homme : une seule Personne divine et deux natures nettement distinctes; Rédemption par la Passion et par la Croix, et Résurrection de Jésus-Christ.« Une profession de foi, écrit Dom Oury, même formulée en termes théologiquement élaborés, a sa place dans la liturgie.Le Credo de la Messe est ainsi, par sa présence, le symbole de l\u2019union étroite qui unit foi et louange, culte et théologie ».Note historique Notre Credo de la Messe prend sa source dans les deux premiers Conciles oecuméniques : Nicée (325) et Constantinople (381).Il nous vient donc de l\u2019Orient chrétien, illustré par tant de grands Docteurs de l\u2019Eglise.En Orient, dès le VIe siècle le Symbole de Nicée- Constantinople est introduit à la Messe.«A plus ou moins brève échéance, il est adopté partout où l\u2019on célébrait la liturgie byzantine » (Oury).Peu après, ce Credo est introduit en Espagne, puis dans d\u2019autres régions de l\u2019Occident chrétien.Si Rome attend jusqu\u2019à 1014, sous le Pape Benoît VIII, pour l\u2019introduire à la Messe, « c\u2019est parce que, nous dit un témoin de l\u2019histoire, jamais l\u2019Eglise Romaine n\u2019a été entachée d\u2019erreur, inébranlablement fixée qu\u2019elle est sur le roc de la foi catholique suivant la doctrine de Pierre.Ce chant fréquent du Symbole n\u2019est nécessaire qu\u2019à ceux qui ont pu être infestés d\u2019hérésie».(Bernon de Reichenau : Ami CL id.p.479).Cette noble réponse n\u2019est pas sans valeur historique et théologique.Au XIe siècle, le Pape Benoît VIII introduit le Credo à toutes les Messes.Dans la suite, la fréquence a varié.Aujourd\u2019hui l\u2019usage du Credo est très réduit, peut-être même trop restreint.Mgr Joseph-Louis Beaumier (à suivre) LE BIEN PUBLIC Page 5 Marie de l\u2019Incarnation Marie Guyart à Tours, en France, le 28 octobre 1599.Fille d\u2019un maître bou- .langer, elle appartenait à un milieu de maîtres artisans \u2014 nous dirions aujour- d\u2019hui de petits industriels et de commerçants.Elle fut élevée pieusement et songea un moment au cloître.Mais on la maria à Claude Martin, un maître ouvrier en soie, qui mourut deux ans plus tard en lui laissant un fils de six mois.Marie avait tout juste vingt ans.Elle pensa de nouveau à se faire religieuse, et bientôt sa résolution fut prise.Pour lors elle se consacra à la succession fort embarrassée de son mari, qu\u2019elle régla avec bonheur.Puis elle alla vivre chez sa soeur, qui avait épousé un marchand-voiturier.En 1625, Marie prit la direction de l\u2019entreprise considérable de son beau-frère, montrant encore une fois ses remarquables qualités de femme d\u2019affaires de même que sa parfaite adaptation à son milieu.En 1631, confiant son fils Claude à des mains amies, Marie entra chez les Ursulines de Tours.Elle y prononça ses voeux en 1633.En 1635, elle prenait conscience de sa vocation missionnaire et, le ler août 1639, après une traversée de trois mois, elle débarquait 3 Québec.Elle allait avoir quarante ans.* * * A Québec, Marie de l\u2019Incarnation fut essentiellement une missionnaire, une fondatrice doublée d\u2019une femme d'affaires et une grande mystique.* * * Missionnaire, Marie le fut pleinement, non seulement parce qu\u2019elle catéchisait, dans son couvent, les petites Indiennes qu\u2019on voulait bien lui confier, mais aussi parce qu\u2019elle prenait une part active, par ses conseils et par ses prières, a l\u2019oœeuvre apostolique des Jésuites.Elle recevait elle-même et nourrissait les Indiens \u2014 les nouveaux chrétiens surtout, dont elle aimait à parler dans ses lettres.Non contente d\u2019enseigner les langues indigènes à ses soeurs, elle rédigea des dictionnaires et un catéchisme dans les langues du pays.À plus de quarante ans, et sans sortir de son monastère, Marie avait appris, au point de les maîtriser, l\u2019algonquin, le huron et'l\u2019iroquois.Elle fut aussi une fondatrice avisée et une femme d\u2019affaires.En plus de don- .ner à sa jeune communauté ses constitutions et ses règles, préparées avec la collaboration du père Jérôme Lalement, elle établit matériellement les Ursulines à Québec, y construisant, malgré le peu de ressources dont elle disposait, un vaste couvent de trois étages terminé en 1642.Ce bâtiment fut détruit par un incendie en décembre 1650.Marie le reconstruisit, plus grand encore.Habile administratrice, elle fit des miracles d\u2019ingéniosité pour maintenir et faire progresser sa communauté, pour continuer de nourrir les Indiens qui se présentaient à elle en grand nombre et pour secourir les colons nécessiteux.Jamais peut-être fit-on autant avec si peu de moyens.Cette femme réaliste, efficace, rompue aux affaires, fut aussi \u2014 le croirait- on ?\u2014 une des plus grandes mystiques de tous les temps, qu\u2019on \u2018a comparée avec raison à la grande sainte Thérèse d\u2019Avila.Au milieu même de ses travaux, Marie était en relation continuelle avec Dieu, > et elle eut avec la Trinité des communications toutes particuliéres, dont elle a fait part dans des relations admirables rédigées a la demande de ses directeurs spirituels.Peu d\u2019humains ont joui d\u2019une telle familiarité avec les trois Personnes divines.A tous égards, Marie fut, dans l\u2019ordre surnaturel, un être privilégié.* * * La plupart des personnes du passé ne seraient plus, de nos jours, que des figures anachroniques.Tel n\u2019est pas le cas pour Marie de l\u2019Incarnation, qui nous apparaît comme très moderne, et qui vivrait à l\u2019aise dans notre monde.Marie, tout d\u2019abord, a pratiqué une religion d\u2019amour plutôt que de crainte, portant à un haut degré cette sorte de relation amoureuse entre Dieu et sa créature que s\u2019efforce justement d\u2019inculquer la cathéchèse actuelle.Chez elle, nulle crainte de Dieu, parce que Dieu est essentiellement Amour et que la créature doit répondre à l\u2019Amour par l\u2019amour.Or l\u2019amour est source de confiance, de fidélité, de générosité, de désintéressement.C\u2019est tout le fondement de sa religion \u2014 une religion toute moderne, on le voit.En communion constante avec Dieu, Marie n\u2019était pourtant pas bigote.Elle l\u2019était-si peu et faisait si bonne figure au : monde que ses parents ne soupçonnèrent pas sa vocation religieuse et la marièrent.Elle était, en effet vive et enjouée, aimant la compagnie et ne dédaignant pas, dans sa jeunesse, de lire des romans.Rien d\u2019étroit ni de compassé dans sa religion: elle aimait Dieu comme elle respirait, et d\u2019un amour si authentique qu\u2019il n'avait rien de gênant.Marie savait même être contestataire \u2014 à l\u2019occasion! Rédigeant les constitutions et les règles des Ursulines, elle résistait au père Lalement, qui y travaillait avec elle quand elle n\u2019était pas d\u2019accord.Plus tard, Mgr de Laval voulut modifier ces mémes constitutions: Marie refusa, écrivant même qu\u2019elle s\u2019y opposerait jusqu\u2019à la limite de l\u2019obéissance.Femme virile s\u2019il en fut \u2014 au sens du moins où Thérèse d\u2019Avila l\u2019entendait quand elle disait à ses religieuses.: « Mes soeurs, soyez des hommes ! » \u2014, Marie de l\u2019Incarnation resta toujours très humaine et d\u2019une exquise féminité.Chez elle, le coeur, l\u2019amitié, l\u2019amour maternel avaient gardé leur juste place.Elle eut de grandes amies, Mère Saint Joseph et Mme de La Peltrie entre autres, et elle n\u2019oublia jamais son fils Claude, devenu moine bénédictin.Lisez ce qu\u2019uh jour elle lui écrivait!: « Vous me dites que vous n\u2019avez vu personne qui m\u2019ait parlé, depuis que je suis dans ce pays.J'ai fait venir [un] honnête jeune homme qui va s\u2019embarquer /pour la France], et j'ai levé mon voile devant lui.Il vous dira qu\u2019il m\u2019a vue et qu'il m\u2019a parlé.» Voilà bien Marie Guyart de l\u2019Incarnation, cette femme équilibrée \u2014 la sainte de l'équilibre \u2014 dont notre temps aurait grand besoin [*].André Vachon, s.r.c.de la Société des Dix.1.Il faut se rappeler, pour comprendre ce passage, que les Ursulines avaient le visage voilé.LI] Voir la biographie de Marie de l\u2019Incarnation que j'ai publiée dans Encyclopaedia Universalis, VIII (Paris, 1970): 180, . Page 6 Il Femmes au volant L'expérience prouve que nombre de conducteurs de taxis, de camions, et même de voitures privées, sont convaincus que les femmes conduisent mal leur auto.Si on faisait un sondage en ce sens, On trouverait sans doute qu\u2019en grande majorité, les femmes sont moins souvent impliquées dans des accidents, tant à la ville que sur les grandes routes, que les hommes.La femme conduit avec plus de prudence et, surtout, elle est plus polie pour les autres automobilistes et même les piétons que les hommes.On verra rarement, par exemple, une femme enfiler une rue étroite de la ville comme si elle participait à un concours d\u2019accélération.Combien de conducteurs masculins enfoncent l\u2019accélérateur même où il y a risque d\u2019écrabouiller un piéton, un enfant ou de heurter d\u2019autres voitures.Rares sont les femmes surprises en état d\u2019ébriété ou volant.Par contre, combien d\u2019hommes sont priés par la police de souffler dans la baloune pour déterminer de combien trop ils ont sacrifia à Bacchus! Qui lance des injures \u2018grossiéres à un autre conducteur, les hommes ou les femmes ?Qu\u2019on ne se.méprenne pas.Je n\u2019écris pas ici un papier féministe ou en faveur de la libération de la femme.Toutefois, il faut donner justice a qui de droit.Or j\u2019estime que, dans le domaine de l\u2019auto, la- femme est plus prudente que l'homme.Elle sait mieux que les hommes dompter ses quatre cylindres ou ses trois cents chevaux.Tout comme les hommes cependant, elle a droit elle aussi à sa part d\u2019erreurs et à la manifestation de ses émotions dans des moments critiques.L'art du compromis Dans tous les conflits ouvriers qui opposent les syndicats aux patrons, la grande porte de sortie est pour les uns comme pour les autres, le compromis.L'épreuve de force ne saurait être ni pour un camp ou l'autre l'argument définitif, sans quoi on risque de débourser sur des injustices criantes.Actuellement, on fait face à une in- .flation dévorante.Les clauses monétaires plus que les conditions de travail sont donc en cause dans tous les conflits de travail.La solu- + LE.BIEN PUBLIC Vendredi, les 20 et 27 septembre 1974 eloues mots.tion n'est pas facile pour les dirigeants qui voient leurs profits rongés, ni pour les travailleurs qui doivent se serrer la ceinture parfois au- dela du possible.De vieux contrats de travail sont actuellemen érodés par la hausse constante du cofit de la vie.Est-ce la faute du travailleur qui n'a aucune influence sur l'économie générale ?Ce n'est pas toujours la faute non plus des entreprises dont bon nombre, surtout chez les moyennes et les petites, doivent faire des miracles pour continuer à progresser ou même à demeurer stationnaires.L'heure est donc aux concessions mutuelles.Mais le plus souvent une partie ou l'autre ne veut voir que son point de vue.La passion du gain, l'égoïsme, l'esprit de lucre qui se retrouvent des deux côtés prennent le pas sur la raison.On se méfie les uns des autres et parfois, hélas, on a raison.La confiance manque.Comment dans un tel climat régler des conflits ?Tout dépend des gens qui se trouvent à la tête des forces en présence.Il y a de mauvais chefs ouvriers comme il y a de mauvais dirigeants d'entreprises.Ceuxlà peuvent mal aiguiller leurs troupes, exiger l'irrai- sonnable.Le gouvernement par ses agences chargées de mettre en oeuvre des mécanismes d'arbitrage indépendants, doit alors intervenir avant que les conflits ne pourissent et que la violence ne s'installe.La règle du plus fort est à bannir dans de tels conflits.Aux puissants, on demande de mettre leur pouvoir et leurs talents du service du peuple, non pas de faire petitement de grandes choses.qu'ils puvent faire.L'harmonie dans les conflits d'inié- rêt ne peut émaner que de la bonne volonté, le respect du dirigeant \u2018pour le dirigé et vice-versa.On dira que ce sont là banales vérités.Mais la vérité même banale ne doit-elle pas être rappelée.Tant qu'il y au ra des hommes, on recherchera toujours l'idéal sans jamais l'atteindre, car les hommes sont imparfaits, déchirés par leurs passions, mais ce n'est pas une raison pour su- porter l'injustice où qu'elle montre la tête.Il faudra toujours lutter pour apporter une bonne mesure de justice dans Aux uns on demandera l'action directe, aux autres au moins de ne pas nuire à cette acion en répandant l'erreur, les arguments spécieux, le mensonge.En ne contribuant pas à brouiller les cartes pour en tirer un avantage immédiat et étroit.Dans le monde Les coquetels et autres réunions mondaines sont les lieux de prédilection où prodiguer la flatterie.Cela n'empêche nullement qu'en aparté, certains convives se dévorent à belles dents.Toutefois,.toutes les flatteries ne : sont pas fausses et le seraient elles que notre vanité s'en ac- comoderait assez bien.Qui a un peu vécu sait très bien faire la différence entre les\u2019 compliments d'usage et la vérité même si tout vivant se lève un bon matin bien décidé à se défouler et à dire la vérité même ex- trémement déplaisante.Les plus raisonnables refrènent cette envie de tout dire qui ne peut que blesser sans rien corriger.Sans flatteries, même celles qui ne trompent personne, la vie sociale deviendrait impossible.La vie en commun exigera toujours des ménagements pour autrui.Ce n'est pas nécessairement, trahir la vérité que de rentrer ses griffes et faire patte de velours.C'est simple civilité.Ces joutes de hockey Les parties de hockey internationales comme celles qui ont lieu actuellement entre l'équipe mondiale canadienne et la Russie, suscitent un intérêt considérable.Depuis le début de la présente série qui se poursuivra à Moscou on a assisté à du grand hockey, à du hockey comme on en voit parfois aux finales de la ligue natiunale.Mais dans les joutes internationales, il faudrait éviter que l'idéologie politique prenne le pas sur le jeu lui-même.C'est-à-dire qu'il faudrciit éviter que le jeu ne soit que\u2019le pretexte à marquer la supré- maue dun regime polique sur un autre.Cdr, il y a toujours aanger de trainer au stade les querelles raciales.vans la presente série, comme dans celles qui viendront plus tard, car on parle de joutes non seulement contre la hussie mais aussi contre les equipes de certains autres pays d'Europe et peut-être, sait-on jamais, d'Asie, il convient d'appiaudir tour à tour aux exploits des clubs et des joueurs de quelque côté qu'ils se produisent.Naturellement si on a le coeur à la bonne place on voudra que l'équipe qui représente notre pays gagne la palme, tout en sachant reconnaître le mérite où il est même chez l'adversaire.Vie chère En ces temps où chacun se plaint de la vie chère et où les économistes les plus chevronnés hochent du bonnet en songeant aux remèdes apparemment introuvables pour Juguler l'inflation, le gars ordinaire, le gagne-petit, apportera probablement la solution à la hausse des prix en retardant d'acheter les biens durables et des services non essentiels.Par la force des choses le consommateur moyen laissera s'empoussiérer derrière la vitrine des magasins et dans les entrepôts, les marchandises que son crédit épuisé et ses goussets vides ne peuvent atteindre.C'est ainsi que faute de combattants, la victoire contre l'inflation s'obtiendra et que les prix forcément tomberont.Le consommateur devra procéder par priorités.Ou la maison ou l'auto, ou les tapis dans la maison.ou un voyage, ou du steak ou bien des fruits et ainsi de suite.Mais les restrictions même involontaires que doivent déjà s'imposer les consomma- \u2018 teurs que nous sommes tous devont être assorties de mesures gouvernementales tendant à contrôler de façons ferme, prix et revenus.On n'en sortiia pas autrement.Le bénévolat et le volontariat, les déclarations de bonnes intentions, ne suffiront pas à arrêter l'inflation.Celle-ci diminuera quand les gens auront compris que tout acheter & n'importe quel prix n'est pas la solution. Vendredi, les 20 et 27 septembre 1974 PROPOS Après l\u2019atonie du mois d'août.l'automne nous ap- parait, un jour.au coin d\u2019un nuage.avec.son cortège \u2018de couleurs! Malgré tout, l\u2019automne est certes une saison difficile.Ce n\u2019est plus\u2019 l\u2019été hélas.encore tout proche.ce n\u2019est pas encore l\u2019hiver qui brusquement, mais sûrement fera son entrée une bonne nuit, sans s\u2019annoncer ! Septembre qui finit, mois de transition par excellence, a vu et vécu le lent et pro- | Pour un service PROMPT ET COURTOIS LUCIEN DEFOY \"Huile à chauffage\u2019 Entretien et réparations de brûleurs à l\u2019huile 691 Hertel, Trois-Rivières Tél.: 375-9666 FPP RII POUR VOS ASSURANCES © Automobile e Accidents e Responsabilité eo Incendie RICHARD BERGERON { Coutier en Assurance Tél: 375-2655 573, rue Bonaventure Trois-Rivières [Of n'en coûte que $3.pour s'abonner à notre journal.VEUILLEZ ADRESSE, UN AN À adresse apparaissent ci-dessous, suivis de mes propres noms et D'AUTOMNE gressif passage des vacances à la vie normale.Si les bronzages savamment prolongés se sont peu à peu estompés, plusieurs week-ends ont cependant permis de se replonger quelques heures sous de chaudes soleillées; nostalgie de nos douces vacances que l'on abandonne qu\u2019avec bien \u2018du regret.Mais octobre est déjà là, et l\u2019on ne peut plus tricher .longtemps; adieu les illusions.Il faut sans hésitation tirer le rideau sur les îles ensoleillées du rêve, les plages dorées et la verte campagne; on se doit de le faire sans amertume, ni tristesse aucune.Il reste tant de raisons et de motifs de chasser la morosité des jours gris ! \u2018Pensez d\u2019abord qu\u2019il y a une certaine beauté dans on peut vaincre le | concer SOCIETE CANADIENNE DU CANCER LE BIEN PUBLIC Ihiver.Cest le coeur et la joie que vous saurez mettre autour de vous, lesquels apporteront de la lumiére a la vie de chaque jour.Àvant tout, lutter contre la\u2019 monotonie, contre les vieilles habitudes., Renouvelons notre intérieur, rajeunissons le cadre de nôtre vie en apportant autour de nous de la couleur et une gaieté nouvelles afin d\u2019y vivre avec bonheur ! Apportons donc à notre quotidien un peu de cet imprévu, gage d\u2019une jeunesse qui ne veut pas mourir, même si l\u2019on nous assure que c\u2019est précisément en hiver que nous vieillissons le plus vite.Alors, commençons par ne rien laisser vieillir autour de nous, préservant ainsi ce bien précieux qu'est notre jeunesse.modifier par petites touches: coiffures, toilettes, maquillages, nous ménageant également quelques rafraichissements et changements dans le mobilier, en un mot recyclons l\u2019intérieur du foyer ! Et puis.à ce profond mystére, a ces immenses désirs de l\u2019âme humaine, répondons par une volonté tenace, incroyable à vouloir quand même être heureux.Répondre résolument en semant le sourire sur son chemin, en créant une moisson de dévouement, dans son milieu, autour de soi.Que ce mois d\u2019octobre, loin d\u2019être l\u2019occasion du traditionnel repli sur soi-même, soit au contraire pour nous, le signal du renouveau.C\u2019est ainsi que cette saison nous ouvrira toutes grandes les deux larges portes du bonheur bien féminin: la jeunesse et la beauté.Céline Leblanc.André Saint-Arnaud, C.A.Paul René de Cotret, C.A.RENE DE COTRET, ST-ARNAUD & CIE .Comptables- agréés 1300, Notre-Dame Case postale 1464 Tél: 378-4831 destinataire dont [J Paiement inclus.[0 Paiement sur facture.[) C\u2019est un renouvellement.() C\u2019est un abonnement-cadeau ou les noms et sg | 8 8 a | adresse.a | n eo - om v ° 3 d a o| Adresse 2 Sa ville 0 2 | 3 | (vos noms et adresse s\u2019il s\u2019agit d'un abonnement-cadeau) e Découpez et adressez à Page 7 Les dimanches citadins \u201cRÉFLEXIONS Drôle de jour où le soleil a tour à tour vaincu les nuages et a été vaincu par eux.Ce sont les nuages qui ont gagné vers la fin de ce dimanche.De gros nuages lourds et noirs qui ont laissé tomber une pluie froide comme il en choit en automne.Observateur des saisons j\u2019ai signalé à mes proches que des arbres à l\u2019avant-garde arborent déjà leur toilette multicolore.Les jours ont déjà la lumière plus courte, Moi, j'accepte que c\u2019en soit fait de l\u2019été.J'aime l\u2019été mais je ne pleure pas son départ.A quoi bon?S\u2019ac- croche-t-on à un ami ou à une amie qui s\u2019éloignent.Je préfère accorder mon âme au présent, au jour qui passe, à la nouvelle saison qui s\u2019installe.Si je ne peux sortir parce qu\u2019il fait trop vilain dehors, j'ai mes livres qui m\u2019attendent dans le cercle d\u2019or de ma lampe, - une toile vierge sur laquelle peut-être aurai-je le goût de peindre un paysage imaginaire plus beau, du moins je le crois, que natare.Et, si je me lasse de lire, de peindre, mon violon fidèle compagnon de ma vie dort dans son étui attendant le moment où je ferai naître de ses flancs les mélodies les plus aimées.Je suis armé contre l\u2019ennui, Ma solitude est peuplée; je ne crains \u2018pas les éléments qui, dehors, se disputent le ciel.Septembre a des ressources qu\u2019Août n\u2019avait pas.Des ressources de vie intérieure qui valent tous les dialogues du monde.Il y \u2018a longtemps que j'ai renoncé à retenir l'heure qui passe même si elle fut heureuse.Ce dimanche s\u2019achève.Je l\u2019ai pris comme il est venu avec ses promesses de soleil et de lumière au début, avec ses ombres vertes suivies de ses noirceurs pluvieuses.Ce dimanche a voulu être compris comme un ami auquel on pardonne ses sautes d'humeur.Il m\u2019a offert son coeur en le retenant comme un être familier auquel on ne demande pas de comptes.J'ai oublié les prix qui montent pour tout, les bruits de fracas et de guerre se sont tamisés, j'ai promené une enfant à travers la ville et elle m\u2019a fait reprendre confiance en la vie par la confiance qu\u2019elle a en moi.Cette confiance gratuite m\u2019a bouleversé.Demain ce sera autre chose.La vie active pour le gagne-pain reprendra.Je devrai me faire une âme de tous les jours ouvrables.L\u2019âme du travail, mêlé de doutes, de combats contre moi- même et aussi les autres.J\u2019ai fait la halte de la fin de semaine.Celle des jours ou rien ne me presse et où mon imagination tisse ses fantaisies où le révolu se mê- le au présent.Tout à l\u2019heure la nuit viendra et le rideau tombera sur mes bonheurs et mes misères que je me plais à exagérer.A demain pour un nouvau jour que je ne connais pas encore mais que je devrai vivre debout en m\u2019en tenant à l\u2019essentiel: le sourire, la foi et l\u2019espérance FLANERIE En ce dimanche de soleil, Montréal étire ses heures.Les Montréalais profitent du beau temps pour faire la promenade à pied longtemps négligée ou bien ajournée.Ils envahissent les parcs, les squares.Ils goûtent cette dernière journée du week-end.A demain le travail, les soucis.Comme eux et avec eux, je me sens libre.Comme eux, je construis l'impossible rêve du bonheur.Chacun, les jours de congé, échafaude des rêves, peint en rose la réalité.Probablement pour la mieux camoufler.Ne sommes-nous pas tous un peu tricheurs avec la réalité qui nous blesse ?Mais trêve de philosophie.Voilà mes amis qui montent sur mon perron; un écureuil, deux oiseaux fidèles qui, dès qu\u2019ils me voient, viennent chercher leur pâture.C\u2019est un peu de bonheur que bien accueillir ces bêtes amicales qui comptent sur vous.Je pourrais les effrayer et les renvoyer brutalement, car ils reviennent trop souvent.Mais non, je tire de ma poche un biscuit mis là à leur intention.Je ne voudrais pas qu\u2019ils ne reviennent plus.Il y a assez des hommes qui perdent le sens de la mémoire et qui laissent pousser l\u2019herbe sur le sentier de l'amitié.Je tiens à garder ces amis- là.Ces muets, que je nourris et qui se souviennent.Je suis presque heureux.On n\u2019est jamais seul quand on est heureux.Maurice Huot. Page 8 LE BIEN PUBLIC Venidredi, les 20 et 27 septembre 1974 «0 LE MINISTRE NORMAND TOUPIN CHEZ CAILLETTE CE TN to Y 0 Un investissement d'un million de collars pour l'industrie Caillette de Maskinongé.C'est en présence de quelques centaines d'invités d'honneur que les dirigeants de cette firme prospère annonçaient la chose en fai- sont l\u2019inauguration à laquelle assis- toit notamment le ministre de l\u2019Agriculture, M.Normand Toupin Présentement, la firme Caillette traite avec pas moins de 750 producteurs, soit pu tota! de réception de 125 millions de livres de loit par année.L'immobilisation de l'usine est de l\u2019ordre de $3 millions, un million LE VAINQUEUR DE L'ÉLECTION DANS JOHNSON, AU RICHELIEU Une journée d'Autriche à la station de St-Gérard Une belle journée autrichienne se tenait récemment à la Station de ski St-Gérard où toute une gamme d'activités était prévue.Une interessa\u201cte course de ca.ots s'est également \u2014.o.- lée où pas moins de dix-huit éyvzes ont compétitionné amicalement dznt deux d'Autriche qui se sont assez bien classés, malgré le peu de pratique dans cette discipline.Il va sans dire que tous se sont bien amusés.Ure parade de mode sur les sports d'hiver d'Autriche a clôturé le tout.Sur cette photo, on peut reconnaître le délégué commercial d'Autriche et M.Jean-Pierre Gauthier, président de la Station de Ski St-Gérard et la Maison P.A.Gouin.(André Bouchard).le plus importante sociéte de fiducie canadienne - française = TRUST GENERAL
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